Le Voyage en Italie

Note: 3.79/5
(3.79/5 pour 47 avis)

1990 : Prix Canal BD Une histoire d'amitié entre 2 anciens du Viet-Nam.


Aire Libre Auteurs suisses Cosey Dupuis Italie Les Meilleurs Diptyques Love Stories Prix des Libraires de Bande Dessinée Séquelles de guerre

Art et Ian sont amis depuis l'adolescence. Ils étaient alors amoureux fous de Shirley, une fille effrontée, fantasque, idéaliste et belle. 15 ans après, elle les fascine toujours autant. Mais, comme beaucoup d'autres, les deux hommes ont laissé leur jeunesse dans les rizières du Viet-Nâm. Art fait des cauchemars et a perdu le goût de la vie. Ian s'étourdit dans les plaisirs pour cacher son mal être. Et puis un jour, Shirley leur propose de la retrouver sous le soleil italien. Une surprise attend les deux soupirants rivaux : la jeune femme est accompagnée de Keo, une petite orpheline cambodgienne. Keo ne veut pas rentrer dans son pays, elle rêve de voir Hollywood. Shirley a décidé de reformer le trio pour permettre à sa petite protégée de passer en douce aux States. Indescriptibles, les flash-back, les regards, les sourires. Ce qui rend cette histoire remarquable, c'est la façon de révéler la vie des personnages : en pointillé, par petites touches : les drames, les secrets, les joies, juste ce qui est nécessaire pour les sentir vivre et croire en leur indéfectible amitié.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 1988
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus

Couverture de la série Le Voyage en Italie © Dupuis 1988
Les notes
Note: 3.79/5
(3.79/5 pour 47 avis)
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16/08/2001 | Gaëlle
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Par Miguelof
Note: 4/5
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J'ai terminé de relire les deux albums et j'aime beaucoup. À l'époque, j'avais surtout apprécié les dessins, mais maintenant les sentiments et les émotions ont plus de poids. Le voyage en Italie est principalement un voyage au fond de soi, pour Art. J'ai été satisfait d'un certain bonheur qu'il a atteint. Au contraire, une certaine tristesse finale est restée en moi à propos de Shirley et beaucoup de peine pour Ian. Tout est dessiné avec une grande sensibilité par Cosey. Je ne suis pas très porté à exprimer mes émotions mais ici l'anonymat aide. Je trouve que l'image des couvertures, combinée, est très réussie.

03/06/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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« Le Voyage en Italie » fut ma première BD de Cosey. Je lui avais attribué la note maximale suite à ma première lecture en 2003… Je relis ce diptyque 23 ans après, et ma note reste à 5/5. Il s’agit pour moi du « roman graphique » parfait… une histoire incroyablement humaine, une galerie de personnages complexes et attachants, et une intrigue « road movie » dépaysante et prenante. L’amitié qui lie les protagonistes est contagieuse, et on se sent investi dans le succès de leur projet d’adoption, on vibre avec eux… la fin, elle, est juste parfaite. Cette toute dernière planche m’émeut toujours autant, je la trouve tellement triste. « Le Voyage en Italie » fut aussi mon introduction au dessin de Cosey, que j’ai ensuite admiré dans ses autres œuvres (à commencer par le superbe A la recherche de Peter Pan). J’adore son style typé ligne claire et très détaillé, et ces couleurs pastelles. Un sans-faute en ce qui me concerne, que j’ai eu la chance de découvrir dans la collection « Horizons », à 5.50 euros l’album couverture souple !

30/07/2003 (MAJ le 25/05/2026) (modifier)
Par Vaudou
Note: 2/5
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C'est assez rare que je n'apprécie pas l'oeuvre d'un auteur phare des années 80-90 mais c'est le cas ici. Une question de goût simplement. Si vous aimez le genre Tranches de vie en mode introspectif, vous allez adorer. Cosey est en quelque sorte le père spirituel de beaucoup d'auteurs actuels qui mélangent biographie et fiction. Au moins chez Cosey on évite l'aspect nombriliste de cet exercice de style. Mais pas l'aspect déprimant. Le dessin varie étrangement entre le correct et le très bon. J'ai eu du mal avec les visages parfois. Je vais passer mon tour pour le reste de ses œuvres mais c'est un auteur incontournable à découvrir pour les nouvelles générations qui apprécient ce genre.

23/02/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Bastien1008

Voyage en Italie est une bande dessinée profondément introspective, qui saisit avec beaucoup de justesse une génération marquée par la fin des illusions et les cicatrices laissées par la guerre du Viêt Nam. Cosey met en scène une époque paradoxale, à la fois encore légère dans ses apparences et déjà lourdement chargée de désillusions. Art incarne parfaitement ce héros ordinaire, profondément humain, sans héroïsme forcé ni excès de bonté : un « bon type » crédible, dans lequel il est facile de se projeter. La relation entre les personnages constitue le cœur du récit. Les non-dits, les espoirs avortés et les blessures du passé affleurent constamment sans jamais être surlignés. La guerre, omniprésente mais souvent hors champ, agit comme une fracture durable dans les trajectoires individuelles. Shirley et Ian complètent ce trio fragile, tandis que Keo apporte une dimension supplémentaire, plus silencieuse encore, sur l’exil et l’innocence déplacée. Graphiquement, le dessin affiche aspect très rétro qui contraste avec la modernité des thèmes, du rythme et des dialogues. Ce décalage fonctionne pleinement et renforce l’ancrage temporel du récit. Les couleurs sont remarquablement exploitées, les planches très lisses et aérées accompagnant parfaitement le ton contemplatif. Peu d’action, mais une grande précision émotionnelle : une œuvre adulte, subtile et maîtrisée, qui trouve sa force dans l’introspection plutôt que dans le spectaculaire.

23/12/2025 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
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J’ai été captivé par la complexité des personnages, Art et Ian, dont les vies ont été marquées par la guerre du Vietnam. Leur amitié indéfectible et leur amour pour Shirley ajoutent une dimension émotionnelle forte à l’histoire. L’intrigue m’a semblé bien ficelée, avec des flashbacks qui s’intègrent naturellement au récit. Les thèmes de l’amour, de la guerre et de l’adoption sont traités avec finesse. Le style de dessin de Cosey, bien que simple, est efficace pour transmettre les émotions et l’ambiance des lieux, que ce soit les rizières du Vietnam ou les paysages italiens. La conclusion de l’histoire laisse une impression durable. Elle est subtile et invite à la réflexion sur les choix de vie et les conséquences de nos actions. En somme, cette bande dessinée offre une expérience de lecture riche en émotions et en réflexions, malgré quelques petites longueurs par moments.

22/06/2024 (modifier)
Par Baervar
Note: 5/5
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Une des grandes grandes BD de Cosey avec Orchidea ! On y retrouve cette touche sentimentale, un peu hippies des 70's, avec des gens comme vous et moi, imparfaits et entrainés dans une histoire qu'ils devraient pouvoir gérer mais sans y arriver tout à fait ... C'est a ce point réaliste qu'on se demande si on ne pourrait pas être à la place des personnages, en le craignant un peu... Si j'apprécie beaucoup son dessin en ligne claire (bien que pas parfait), c'est bien le scénario qui qui en fait un grand moment : même si sur le coup on peut avoir un petit sentiment d'inachevé, un petit manque d'on ne sait quoi, c'est l'un des rares scénaristes où on repense à l'histoire qq jours plus tard en se disant "Et si c'était moi sur qui ça tombe ??!!"

27/04/2024 (modifier)
Par Cosme
Note: 3/5
L'avatar du posteur Cosme

J’adore Cosey, du moins le peu que j’en ai lu, c’est à dire Jonathan qui est à mes yeux une série culte, découvert à l’adolescence sur les conseils de mon père, A la recherche de Peter Pan que j’ai adoré, et les deux albums de Mickey Minnie et le secret de Tante Miranda et Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie qui m’ont plu mais sans plus. Cosey, j’en ai l’image de cet auteur très marqué par les années 60, 70, limite hippie, avec des albums très souvent contemplatifs, contenant un message et un engagement très humaniste. J’ai décidé de me lancer dans les albums que je n’avais pas lus de lui, en grande majorité dans la collection Aire Libre, et Le voyage en Italie, avec toutes les excellentes critiques qu’il a recueillis, me paraissait l’idéal. On suit donc deux anciens soldats de la guerre du Vietnam, en voyage en Italie, d’où le titre, réunis dans un triangle amoureux, et une histoire d’adoption. J’y retrouve Cosey, quelque chose d’assez contemplatif, des personnages avec leurs souffrances, de l’humanisme, un certain fatalisme dans l’histoire, une sensation de mélancolie palpable. Un discours pacifique en toile de fond, de l’amour bienveillant et dépourvu d’intérêt. Tout ce qui fait que j’ai adoré les deux premières séries que je vous ai citées. En niveau des dessins, et bien c’est du Cosey, c’est son style, bien reconnaissable, et bien marqué, c’est beau, même si au premier abord je n’ai jamais trouvé ses dessins attirants, vite je me prends dedans, et me laisse guider par les découpage particulier et bien mené (et au même titre que ces dessins, facilement reconnaissable), les couleurs marquées, l’ambiance qui s’en dégage. J’aime. Et pourtant, la mayonnaise n’a pas pris aussi bien que je l’aurais souhaité. Alors peut être que j’en attendais trop ? Au vu de l’estime que j’ai pour ce que j’ai lu de lui et au vu des critiques et récompenses que l’album et l’auteur en règle général ont reçus. Toujours est-il que j’ai été déçu, je m’attendais plus à un effet « Wouahou », et ça n’a pas été le cas. J’ai passé un bon moment, et j’ai retrouvé tout ce qui définit pour moi Cosey en tant qu’auteur, mais… je n’ai eu d’empathie pour aucun personnage, peu importe ce qui pouvait leur arriver, cela m’était bien égal. Je suis donc moins enthousiaste que la majorité des lecteurs de ce diptyque, même si je reconnais la qualité de l’album. Il m’a juste moins parlé, m’a moins fait écho que ce que j’espérais. Me reste à lire d’autre albums de lui de chez Aire Libre, en espérant y retrouver le même plaisir que lorsque j’ai découvert Jonathan (qui est pour l’instant à mes yeux, son chef d’œuvre).

01/12/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Benjie

Un bel album qui laisse une impression assez forte, un bon moment après l’avoir refermé. Un scénario mais en réalité plusieurs histoires qui se croisent et que Cosey mène à leur terme. Deux amis, vétérans de la guerre du Vietnam ont réussi à reconstruire leur vie tant bien que mal mais le traumatisme de la guerre est là, toujours là, et l’auteur sait nous le rappeler par des flashbacks parfaitement bien dosés. Une ancienne histoire d’amour qui semble renaître à l’occasion d’un voyage en Italie mais qui soulèvera plus de questions qu’elle n’apportera de réponses sur la relation que les deux Américains avaient eue avec la jeune femme qu’ils viennent de retrouver. Une histoire d’adoption, aussi. Et surtout, un voyage dans la région des Pouilles, avec ses paysages, ses villages et leurs maisons blanches. Un voyage initiatique qui décidera de l’avenir de chacun des deux hommes, pour le meilleur et pour le pire. J’ai vraiment aimé cet album que j’ai trouvé simple et délicat, sans lourdeur et qui suit le rythme lent des journées qui s’étirent sous le soleil. J’ai aussi beaucoup aimé le dessin, surtout les images lumineuses d’Italie. Au fil des pages, on cerne mieux les deux personnages qui prennent de l’épaisseur. Leur passé se découvre et leurs fêlures apparaissent. Une très belle comédie romantique.

22/01/2022 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

En lisant le tome 2 avant le 1, commande oblige, j'ai trouvé la lecture plus facile. C'est un peu de la triche mais cela permet de rentrer immédiatement dans l'histoire en connaissant bien ce « Ménage à trois ». Voilà un triangle amical et amoureux à la fois soudé mais aussi détruit par la guerre. Insaisissable Shirley, la femme aux multiples métamorphoses qui s'engage mais se dérobe aux moments décisifs. A vouloir trop maîtriser on peut passer à côté de son histoire. Art lui, accepte ce qui se présente "ne te projette pas Art" bien lui en fasse. Une exploration des comportements suite à des chocs d’expériences de vie traumatisantes de la guerre mais pas seulement. Un scénario toujours fouillé abordant des thèmes assez sensibles sans jugement de la part de Cosey. Sur le thème de l'avortement cela fait presque contrepoids avec Zeke raconte des histoires. Des paysages des Rocheuses ou des falaises italiennes. Des lumières ou des nuits pluvieuses qui donnent des ambiances à vouloir prendre le premier vol pour Denver ou Tarente. Une très bonne BD signée par maître Cosey.

02/12/2021 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

Il y a des bds que l’on lit avec un certain plaisir sur le moment puis, une fois refermée, on se dit que ce n’était finalement pas si marquant que ça, et on finit par un peu l’oublier. A contrario, il y en a d’autres où on est un peu dubitatif pendant la lecture mais une fois le livre refermé, subsiste une envie d’y revenir, et on se rend compte que cette bd nous a marqués, et, au final, nous a plu. “Le voyage en Italie” fait indéniablement partie de cette catégorie en ce qui me concerne. Ce qui a fait que j’ai eu du mal à entrer dans cette bd est, en premier lieu, le dessin. Il a un certain petit charme, il faut bien le reconnaître. Les personnages sont réalistes et bien faits, et les décors très détaillés. Mais il transparaît un petit côté vieillot et très figé qui m’a un peu gêné au départ. Les couleurs sont elles aussi assez ternes. Mais une fois passé ce moment d’adaptation, j’ai pu faire abstraction et même prendre plaisir à voir certaines planches. La relation entre les différents personnages est le coeur du récit. Et, pendant une bonne partie de celui-ci, elle reste mystérieuse et difficilement compréhensible, ce qui fait qu’on a du mal à s’identifier aux personnages et à comprendre leurs motivations et leurs problèmes. Encore une fois, je trouve que ça s’améliore au fil de la bd, et la relation entre les trois personnages apparaît comme complexe et bien construite une fois l’album refermé. Il n’y a pas de revirement surprenant qui change ça, mais c’est plus une histoire qui se digère, pas une lecture de l’instant. Et si sur le moment j’ai parfois eu un peu de mal à comprendre les personnages principaux, au final, j’ai beaucoup apprécié leur développement et la façon dont Cosey traite de leurs relations, de leurs sentiments. La guerre du Vietnam est abordée de façon intelligente et pas trop prégnante, et est amenée de façon indirecte. Les hommes qui en reviennent continuent leur vie, ils peuvent avoir des projets (ici affectifs), mais la guerre ne les quitte jamais. Envoyer des soldats qui ont été préparés, entraînés, et surtout volontaires n’est déjà pas anodin. Mais envoyer des jeunes qui n’étaient absolument pas prêts et qui, parfois, rejetaient l’idée même de faire la guerre, comme c’est le cas pour Ian et Art, peut se révéler totalement destructeur. Ici, paradoxalement, se raccrocher à quelque chose d’autre va en sauver un et condamner l’autre. C’est la force de cette histoire. On peut la voir comme un récit sur les syndromes post traumatiques après la guerre du Vietnam, comme un récit sur l’adoption, comme un récit sur les relations entre trois amis d’enfance, ou comme un récit sur la reconstruction d’un homme. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le personnage de Art, qui s’étoffe tout au long du récit et finit par être réellement attachant. Une sorte de force tranquille pas si forte que ça et qui s’ouvre à ses sentiments pour retrouver le bonheur. Le personnage de Shirley en elle-même m’a moins convaincu, elle sert plus de faire valoir à Art et Ian, qui est lui un peu caricatural sans que ça ne soit trop gênant. Certaines facilités scénaristiques sont à déplorer, comme le flic en Italie qui change d'affectation un peu comme ça arrange le scénario. Au final rien de bien gênant. “Le voyage en Italie” est donc un album que je recommande à tous, même s’il peut être difficile d’entrer dedans. D’ailleurs, le voyage en lui même constitue la partie qui est peut-être la plus rébarbative, mais qui est indispensable au récit qui, en tout cas dans mon cas, prend toute sa dimension une fois achevé.

16/04/2020 (modifier)