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Le Voyage en Italie

Note: 3.79/5
(3.79/5 pour 39 avis)

1990 : Prix Canal BD Une histoire d'amitié entre 2 anciens du Viet-Nam.


Aire Libre Auteurs suisses Cosey Dupuis Italie Les Meilleurs Diptyques Love Stories Prix des Libraires de Bande Dessinée Séquelles de guerre

Art et Ian sont amis depuis l'adolescence. Ils étaient alors amoureux fous de Shirley, une fille effrontée, fantasque, idéaliste et belle. 15 ans après, elle les fascine toujours autant. Mais, comme beaucoup d'autres, les deux hommes ont laissé leur jeunesse dans les rizières du Viet-Nâm. Art fait des cauchemars et a perdu le goût de la vie. Ian s'étourdit dans les plaisirs pour cacher son mal être. Et puis un jour, Shirley leur propose de la retrouver sous le soleil italien. Une surprise attend les deux soupirants rivaux : la jeune femme est accompagnée de Keo, une petite orpheline cambodgienne. Keo ne veut pas rentrer dans son pays, elle rêve de voir Hollywood. Shirley a décidé de reformer le trio pour permettre à sa petite protégée de passer en douce aux States. Indescriptibles, les flash-back, les regards, les sourires. Ce qui rend cette histoire remarquable, c'est la façon de révéler la vie des personnages : en pointillé, par petites touches : les drames, les secrets, les joies, juste ce qui est nécessaire pour les sentir vivre et croire en leur indéfectible amitié.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 1988
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Le Voyage en Italie
Les notes (39)
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16/08/2001 | Gaëlle
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Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

Il y a des bds que l’on lit avec un certain plaisir sur le moment puis, une fois refermée, on se dit que ce n’était finalement pas si marquant que ça, et on finit par un peu l’oublier. A contrario, il y en a d’autres où on est un peu dubitatif pendant la lecture mais une fois le livre refermé, subsiste une envie d’y revenir, et on se rend compte que cette bd nous a marqués, et, au final, nous a plu. “Le voyage en Italie” fait indéniablement partie de cette catégorie en ce qui me concerne. Ce qui a fait que j’ai eu du mal à entrer dans cette bd est, en premier lieu, le dessin. Il a un certain petit charme, il faut bien le reconnaître. Les personnages sont réalistes et bien faits, et les décors très détaillés. Mais il transparaît un petit côté vieillot et très figé qui m’a un peu gêné au départ. Les couleurs sont elles aussi assez ternes. Mais une fois passé ce moment d’adaptation, j’ai pu faire abstraction et même prendre plaisir à voir certaines planches. La relation entre les différents personnages est le coeur du récit. Et, pendant une bonne partie de celui-ci, elle reste mystérieuse et difficilement compréhensible, ce qui fait qu’on a du mal à s’identifier aux personnages et à comprendre leurs motivations et leurs problèmes. Encore une fois, je trouve que ça s’améliore au fil de la bd, et la relation entre les trois personnages apparaît comme complexe et bien construite une fois l’album refermé. Il n’y a pas de revirement surprenant qui change ça, mais c’est plus une histoire qui se digère, pas une lecture de l’instant. Et si sur le moment j’ai parfois eu un peu de mal à comprendre les personnages principaux, au final, j’ai beaucoup apprécié leur développement et la façon dont Cosey traite de leurs relations, de leurs sentiments. La guerre du Vietnam est abordée de façon intelligente et pas trop prégnante, et est amenée de façon indirecte. Les hommes qui en reviennent continuent leur vie, ils peuvent avoir des projets (ici affectifs), mais la guerre ne les quitte jamais. Envoyer des soldats qui ont été préparés, entraînés, et surtout volontaires n’est déjà pas anodin. Mais envoyer des jeunes qui n’étaient absolument pas prêts et qui, parfois, rejetaient l’idée même de faire la guerre, comme c’est le cas pour Ian et Art, peut se révéler totalement destructeur. Ici, paradoxalement, se raccrocher à quelque chose d’autre va en sauver un et condamner l’autre. C’est la force de cette histoire. On peut la voir comme un récit sur les syndromes post traumatiques après la guerre du Vietnam, comme un récit sur l’adoption, comme un récit sur les relations entre trois amis d’enfance, ou comme un récit sur la reconstruction d’un homme. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le personnage de Art, qui s’étoffe tout au long du récit et finit par être réellement attachant. Une sorte de force tranquille pas si forte que ça et qui s’ouvre à ses sentiments pour retrouver le bonheur. Le personnage de Shirley en elle-même m’a moins convaincu, elle sert plus de faire valoir à Art et Ian, qui est lui un peu caricatural sans que ça ne soit trop gênant. Certaines facilités scénaristiques sont à déplorer, comme le flic en Italie qui change d'affectation un peu comme ça arrange le scénario. Au final rien de bien gênant. “Le voyage en Italie” est donc un album que je recommande à tous, même s’il peut être difficile d’entrer dedans. D’ailleurs, le voyage en lui même constitue la partie qui est peut-être la plus rébarbative, mais qui est indispensable au récit qui, en tout cas dans mon cas, prend toute sa dimension une fois achevé.

16/04/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur gruizzli

Angoulême 2019, dans le gîte BDthèque on parle BD pour changer. Chacun parle des BD qui l'ont marqué. Et j'entends Mac Arthur déclarer : "Moi, c'est Le voyage en Italie de Cosey. Parce que tout du long tu te dis qu'il vont se retrouver, et puis non.". Je n'avais encore jamais lu de Cosey à ce moment-là, et Le voyage en Italie ne m'évoquait qu'une BD bien notée sur le site, et avec de très nombreux avis. Je me suis donc inscrit dans un coin de ma tête de la lire, un de ces quatre. Et la v3 arrivant, je refais ma liste de BD à lire et la note. Je me décide enfin à la prendre et à la lire, intrigué par la phrase qui trotte dans ma tête. Si je parle de toute cette histoire, c'est parce que je tiens à préciser deux choses : -Je comprends maintenant ce que voulais dire Mac Arthur lorsqu'il parlait de marquant, et pourquoi cette phrase là en particulier -Que je tiens à remercier Mac Arthur (et l'ensemble du site pour les bons conseils, mais ça c'est acquis depuis plus de dix ans maintenant) Cette BD m'a suffisamment marqué pour me hanter pendant toute une journée après la lecture. Elle m'a laissé un drôle de goût en bouche et une pensée continue au coin du cerveau. Je ne saurais d'ailleurs pas à quoi cela tient, mais elle m'a indéniablement plu. Il y a quelque chose de particulièrement important dans cette narration simple, sans rien dire mais laissant tout en sous-entendu. Les personnages déploient progressivement toutes leurs complexités, leurs pensées et leurs états d'âme. C'est par petites touches que l'on arrive à comprendre ce qu'ils sont, ce qu'ils ont vécu et ce qui les pousse dans ce voyage en Italie. Et rien que cette façon de procéder, toute en finesse et en retenue, m'a beaucoup plu. Cosey livre avec une certaine pudeur la vie de ses protagonistes, mais sans réellement la dissimuler non plus. C'est rempli de tendresse, mais la noirceur plane sur le passé de ces trois êtres, et le déroulé de l'histoire révèle en même temps qu'il résout. Le rythme volontairement lent accentue le caractère presque indolent de ce voyage, ce qui peut en ennuyer certains mais m'a beaucoup plu. Et les dialogues ont quelque chose de mordant, avec un caractère parfois proche de ces films français que beaucoup conchient mais qui me plaisent. C'est une BD qui est vraiment penchée sur les relations des personnages avant tout, et j'aime ça. Le dessin de Cosey, que je découvre, est de bonne facture, même si ce n'est clairement pas ma came. Il a quelque chose qui me rappelle les dessins de Derib, dont je n'ai jamais été un grand fan non plus. Mais il est maîtrisé et je reconnais son potentiel, je n'en suis juste pas fan. C'est une question de goût personnel. En peu de mots, je suis tombé sous le charme de cette BD. Elle a quelque chose qui la traverse et qui m'a accroché. J'aime ce genre d’œuvre, qui prend le temps de se concentrer sur les personnages et les relations entre eux. Et quelque chose me prend à chaque relecture en voyant cette fin se dessiner. Elle est magnifique, sans mot et sans qu'il n'y en ait besoin. Avec quelques détails dans les dernières pages pour une conclusion en point d'orgue qui va parfaitement dans le ton du reste du récit. Selon moi, une belle réussite !

15/01/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

C’est une des premières séries de la collection Aire Libre de Dupuis, et cela inaugurait une prolifique production de Cosey dans cette collection. Je dois dire que c’est plutôt un très bon début ! En effet, c’est sans doute la série de Cosey que j’ai préférée de toutes celles qu’il a publiées dans cette collection. Pourtant, elle ne se différencie pas énormément des suivantes. On y retrouve son trait caractéristique, qui sait si bien rendre les beaux paysages (de l’Amérique profonde, comme souvent, mais aussi de la campagne italienne). L’histoire aussi est typique de celles que Cosey développera ensuite. Par petites touches, il nous fait découvrir des personnages qui se découvrent ou se redécouvrent eux-mêmes, alors que le passé refait surface (deux hommes et une femme qui se sont aimés, séparés – avec la guerre du Vietnam comme arrière-plan). Une tranche de vie, avec des personnages (en particulier Art et Ian, les deux potes qui ont aimé la même jeune fille) qui montrent leurs fêlures, leurs regrets. Et, comme toujours chez Cosey, un rythme lent. L’engourdissement menace parfois le lecteur, c’est certain, et il faut sans doute être sensible à ce genre d’œuvres. Qui ne sont a priori pas de celles qui m’attirent le plus. Mais je dois reconnaître le talent de Cosey pour développer des histoires simples mais bien fichues.

05/02/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je ne vois pas cette Bd comme étant culte, c'est encore très exagéré même si je peux comprendre l'émotion ressentie par certains lecteurs. C'est une histoire assez âpre et très cinématographique où les démons du Vietnam rythment la vie de 2 amis désenchantés par le temps qui passe, par les souvenirs ou les regrets. Cosey comme dans d'autres récits, y montre toute sa sensibilité avec une narration éclatée, des dialogues d'une grande justesse et toute la retenue et la subtilité qui caractérisent ses romans graphiques. C'est une belle histoire pleine d'amertume, avec 2 personnages de Art et Ian attachants ; je ne peux pas dire que je me suis ennuyé à la lire, même si par endroits, un certain relâchement était à 2 doigts de me lasser, mais ce n'est pas le genre de Bd qui me fait vraiment vibrer, il ne s'y passe pas grand chose, c'est un univers banal distillé avec lenteur et torpeur, il n'y a rien pour me surprendre ou me remuer, mais c'est bien de l'avoir lue, ça me fait découvrir une autre forme de narration dans la bande dessinée qui n'est pas formatée par un récit de 44 planches et le principe du héros récurrent. Mais il est certain que si je n'étais pas sensible au dessin séduisant de Cosey qui ici réussit de très belles images, je me serais détourné de ce diptyque.

15/03/2016 (modifier)
Par etoilawst
Note: 3/5

J'avais lu ce diptyque il y a pas mal années et j'en avais gardé un excellent souvenir. A la relecture cette bd est sympathique à lire mais sans plus. Les dessins ont plutôt mal vieilli et sont plutôt défraichis. A la relecture les protagonistes de l'histoire me semblent moins attachants, leurs caractères moins profonds. L'histoire qui m'avait emballé est après relecture assez sympathique sans être transcendante. Je le conseille à la lecture sans plus.

26/02/2016 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5

On sent dès les premières pages qu’on va avoir affaire à une grande BD de qualité. Le périple en Italie de ces deux amis meurtris par la guerre du Vietnam ne se fera pas sans surprises et certaines scènes sont vraiment bien foutues (l’arrangement pour l’adoption, les souvenirs d'antan…) L’histoire est saine, intelligente et pleine d’humanité propre à Cosey. C’est vraiment un auteur à part à la narration particulière qu’il faut absolument découvrir si ce n’est encore fait. Le seul truc où j’ai tiqué dans cet album, c’est quand la petite cambodgienne emploie le mot « analytique » dans la conversation, un terme que j’ai trouvé en décalage par rapport à son jeune âge. A part ça, c’est du très très bon. A lire!

15/02/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

L’auteur nous plonge du Colorado en Italie dans une sorte de retour aux sources à travers l’histoire d’un trio de vétérans de la guerre du Viêt-Nam et une femme au caractère bien trempé. C’est une BD qui explore les sentiments humains de manière non conventionnelle et cela en ressort plus vrai. L’histoire ne m’a pas paru aussi touchante pour autant. Je n’ai pas été plus séduit que cela. Il est vrai que je n’aime pas trop le style graphique ainsi que narratif de cet auteur qui fait pourtant l’unanimité. Pour moi, le rythme confère véritablement à l’ennui. Et ce n’est pas le style graphique assez figé qui va en arrangeant les choses. Je n’arrive parfois pas à comprendre que certaines œuvres acquièrent un caractère culte alors que cela ne me semble pas mérité. Il y a sans doute de ma part de la frustration à être à contre-courant de la pensée dominante. Bon, cela arrive assez rarement d’où je sais relativiser. Suis-je passé à côté de quelque chose ? Je ne le pense pas pour avoir parcouru les autres œuvres de l’auteur tout en ayant le même ressenti. Ma notation restera malgré tout sur un registre objectif en éloignant tout paramètre sur le registre des émotions. Note Dessin : 3/5 – Note Scénario : 3/5 – Note Globale : 3/5

14/02/2007 (MAJ le 22/06/2012) (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Plus je lis Cosey, plus j'en suis amoureux (artistiquement s'entend). D'abord graphiquement, je suis un fan inconditionnel. Je peux comprendre qu'il n'ait pas que des adeptes, que les couleurs puissent faire "daté", que le trait semble figé. Mais c'est bien cet ensemble de défauts qui, ajoutés à la grande qualité du trait, aux paysages tous plus merveilleux les uns que les autres (Cosey arrive à nous donner toute l'Italie, tout le Vietnam, tout le Colorado en une case), les ambiances, qui impriment le rythme si poétique de ses œuvres. L'histoire passe à merveille par le prisme de ses personnages. L'histoire du Voyage en Italie n'est pas exempte de défauts (dialogues parfois décalés dont la bulle de Keo "on dit de moi que je suis froide et analytique, je dirais plutôt que je suis introvertie..." plutôt gratinée pour une enfant de 10 ans qui vient juste de débarquer du Cambodge), certains personnages sont trop typés, signés (principalement Shirley), des détails de l'histoire sont trop artificiels (l'arrestation de touristes américains pour un film adulte). Malgré ces défauts, Cosey imprime un rythme d'une extrême qualité, les flash back arrivent au bon moment, resituent sans cesse les personnages tout en donnant au fil de l'eau les éléments qui nous les font comprendre (pourquoi Ian en veut aussi profondément à Shirley pour l'IVG.....). Il a une qualité de narration qui font d'une histoire simple un petit chef d'oeuvre. Et il parvient sans cesse à mêler drame, humour, espoir et pessimisme, fêlures et forces sans jamais tomber dans le pathos ou la guimauve. Du très bon.

02/03/2012 (modifier)
Par MONTANE
Note: 4/5
L'avatar du posteur MONTANE

La thématique du "voyage en Italie" c'est un peu celle de "voyage au bout de l'enfer", le grand film de Michael Cimino. Comment opérer le retour à la réalité et au quotidien de Monsieur " tout le monde" lorsqu'on a combattu au Vietnam? Deux amis ayant grandi dans le Colorado, ont aimé la même fille, qui elle même les a tous deux aimés. Puis de retour du Vietnam chacun a fait sa vie, une petite vie normale avec leurs épouses respectives, sauf qu'aucun des deux ne s'y sent très à l'aise. Intervient alors ce voyage en Italie dans la famille de l'un des deux amis. C'est pourtant là-bas qu'ils retrouveront leur amour de jeunesse, Shirley, qui leur donnera une nouvelle raison d'être. Une belle histoire intimiste dont Cosey a le secret, est superbement illustrée par un dessinateur au meilleur de sa forme. Ce qui intéresse Cosey, ce n'est ni les héros ni les anti héros, mais les hommes de la rue, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs succès et leurs échecs. Comment en finir avec les fantômes du passé ? Comment rebondir après avoir sombré dans une forme de monotonie du quoditien, Voilà les thèmes abordés par ce grand auteur suisse. Son meilleur one shot avec A la recherche de Peter Pan (NDW : qui est un diptyque).

09/06/2011 (modifier)
L'avatar du posteur Little Miss Giggles

Une histoire d'amour et d'amitié très forte, des personnages que l'auteur sait rendre véritablement attachants et émouvants, voilà ce qui fait que ce retour aux sources se lit d'une seule traite. Malgré la fatigue ressentie ce jour-là, je n'ai pas pu m'empêcher de lire les deux tomes d'affilée, pas question de les lâcher avant la fin ! Cosey se révèle une nouvelle fois un admirable conteur par la justesse des situations qu'il met en scène. Son dessin est vraiment très beau et les couleurs douces collent bien à l'histoire. Une grande réussite, à lire assurément !

06/06/2011 (modifier)