A la recherche de Peter Pan

Note: 3.56/5
(3.56/5 pour 36 avis)

L'étrange destinée d'un écrivain anglais dans les Alpes valaisannes, en 1930, sur les traces du célèbre personnage créé par James M.Barrie.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Auteurs suisses Cosey Froid. Neige. Glace Journal Tintin La Montagne Les Alpes Petits villages perdus Romanciers et Monde littéraire Signé Suisse

Les alpes valaisannes, peu avant 1930… Vlatko Z. Zmadjevic, alias Melvin Z. Woodworth, écrivain anglais d’origine serbe, a choisi le petit village d’Ardolaz pour y préparer son troisième roman – ainsi l’espère son éditeur. Le séjour de Woodworth est aussi un pèlerinage sur la tombe de son demi-frère, le musicien Dragan – mort accidentellement 10 ans plus tôt – dont la générosité lui a permis de réaliser sa vocation. Sir Woodworth explore la région avec pour compagnie, parmi ses lectures préférées, le Peter Pan de James M. Barrie, cadeau d’anniversaire de Dragan. Un soir, au retour d’une longue course dans la montagne, Woodworth trouve le village en pleine effervescence : le glacier menace de s’effondrer de balayer toute la vallée. L’évacuation est organisée pour le lendemain, mais le romancier n’a aucune envie d’abandonner le petit hameau d’Ardolaz…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Août 1984
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série A la recherche de Peter Pan
Les notes (36)
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12/05/2002 | Piehr
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L'avatar du posteur Noirdésir

Le démarrage est un peu lent, mais la suite de l’histoire – sans que le rythme ne s’accélère trop d’ailleurs – est assez captivante. Cosey a su bâtir une histoire intéressante, sur des faits presqu’anodins. Il n’y a pas d’esbroufe ici, c’est même assez bucolique, parfois. Presque une affaire d’ambiance, davantage qu’une intrigue. Le personnage principal – double de l’auteur ? – observe la nature, les habitants de ce coin reculé des montagnes suisses, cherchant à objectiver, lier les détails qui sortent de l’ordinaire. Cela lui permet de retrouver son frère – du moins de mieux le connaître – et de faire connaissance avec ceux qui se cachent, et constituent en fait le vrai côté vivant de ces montagnes. Il découvre tous les secrets en même temps. Les deux albums se laissent lire facilement, agréablement et rapidement, mais il faut être réceptif à cette aventure quasi contemplative. J'avoue avoir été un peu laissé sur le côté parfois par cette histoire nonchalante. Le dessin de Cosey, à la fois classique et personnel, usant d’un trait efficace, gras, rend très bien les paysages – diurnes et nocturnes – de ces Alpes suisses. Reste que je ne sais pas si j’y retournerais…

10/10/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Depuis le temps que j'entendais parler de cette Bd, j'ai enfin cédé le pas, mais je m'attendais honnêtement à quelque chose de bien plus transcendant. Cosey délaisse l'Asie spirituelle de Jonathan pour sa Suisse natale dans ce premier récit indépendant en 1984 et 85, proposé en 2 tomes de la collection Histoires & Légendes du Lombard (j'ai lu l'édition Signé en 1 volume). A la suite de ce succès, Cosey poursuivra ce type de récit chez Dupuis dans la collection Aire Libre, et j'en ai découvert quelques-uns... C'est un récit contemplatif au ton poétique, exalté par le dessin de Cosey qui a toujours contribué à ce sentiment depuis Jonathan, et même dans presque toutes ses Bd indépendantes comme Saigon-hanoi, Le Voyage en Italie ou Joyeux Noël, May !... En même temps, c'est une sorte de documentaire sur le Valais, ses habitants, ses villages, ses coutumes... Cosey offre de belles images de montagne et de solitude neigeuse, traduisant la splendeur des paysages helvétiques ; ses cases sont baignées de lumière, mais en même temps, j'ai un peu l'impression que ça ne joue que sur cet aspect graphique pour plaire au lecteur, parce que le récit en lui-même ne m'a pas véritablement touché. Certes, c'est une jolie histoire, aux accents très littéraires, avec un personnage attachant, mais elle n'est pas plus extraordinaire que certains autres récits indépendants de l'auteur, il n'y a pas de quoi en faire un exceptionnel chef-d'oeuvre, et quand je vois encore cette flopée d'avis positifs (contre 4 négatifs), je trouve que cette Bd est très surcotée ; personnellement, j'ai préféré Saigon-hanoi du même Cosey, mieux construit, plus introspectif... En plus, j'ai relevé un détail qui ne me semble pas crédible : lorsque l'avalanche détruit le village, le héros s'en sort alors qu'il est sur le haut du glacier ; je m'étonne qu'un Suisse comme Cosey qui doit connaitre la montagne, puisse créer une telle situation. Bon sinon, j'aime le contemplatif, mais avec certaines limites, c'est un bon album sans plus.

07/03/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Je ne suis pas un grand adepte de la montagne, origine oblige, quoique, mais voilà une histoire qui me donne envie d'aller m'égarer sur des pentes neigeuses, si en plus il y a un hôtel perdu tout en haut de la montagne je prends. Sous prétexte d'aller à la recherche de son frère un écrivain va découvrir l'amour à l'occasion d'une avalanche spectaculaire et retrouver le génie de la création littéraire. C'est beau , c'est calme et l'on arrive à sentir cet air des cimes. En lisant cette histoire il ne faut pas rechercher à tout prix le sensationnel ou du grand spectacle, simplement se laisser porter par les impressions. Que dire sinon qu'il faut lire cette histoire, avec une belle fin, quoique convenue, mais suffisamment efficace pour combler les lecteurs.

06/08/2015 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 3/5

Très belle histoire d’un écrivain anglais qui décide de retourner sur les lieux où son frère a disparu dans l’espoir de trouver de l’inspiration pour son prochain roman. Rencontre, magie, mystère, contemplation et poésie sont au rendez-vous et Cosey manie tout cela avec toujours autant de brio et d’authenticité. Les décors enneigés des Alpes valaisannes sont pleins de charme et un grand moment d’évasion. Cependant, la fin aurait pu être plus percutante et un peu moins parfaite. Cette BD date de déjà 30 ans et elle n'a pas pris une ride. A découvrir tranquillement.

21/02/2014 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

De Cosey et de ses œuvres, je n'ai qu'un lointain souvenir de Jonathan, la faute à une lecture trop rapide (entendez par là trop jeune) qui m'a fait passer à côté de l'essentiel de cet auteur, notamment sa capacité à faire parler les silences et les temps morts, aptitude rare chez les artistes d'aujourd'hui qui comblent par trop ces non dits de peur de perdre le lecteur. Avec un poil plus d'âge, en empruntant ce diptyque à la médiathèque locale, je me suis plongé dans une œuvre que j'ai tout simplement adorée. Cosey est rentré dans mon enfance, en rendant à merveille ces hautes vallées valaisannes qui ont su, elles, garder un goût du cachet que les nôtres n'ont plus, malheureusement (dans les Alpes du Nord). Je pense au Saastal et à la vallée d'Evolène (hommage de Cosey à travers le prénom de la jeune pianiste d'ailleurs), quelque part entre Suisse, France et Italie. Pour retrouver chez nous cette douceur et un environnement où le temps semble s'être figé, c'est plus au Sud, à proximité encore de l'Italie qu'il faut se rendre, en Queyras et Ubaye. Son trait fait vivre à merveille cet endroit, c'est un vibrant hommage de l'auteur à ces régions reculées qui ont su longtemps lutter contre l'inutile de la vie en plaine, préférant toujours la convivialité locale à la promesse d'un meilleur hypothétique. La scène de l'auberge décrite par Wordsworth, de ces silences en or en est la juste transcription. Il dépeint également avec justesse ces rares endroits qui, plutôt que de tout donner au dieu argent via un tourisme débridé, demandent aux saisonniers de s'intégrer à l'environnement pour mieux leur donner par la suite, les relations commerciales du tourisme étant un échange humain avant d'être onéreux. La mise en couleur et le dessin de Cosey restituent également parfaitement ces forêts de mélèze aux couleurs chaudes des fin d'automne, ces tons ocres et bruns sont une pure merveille. Alors oui, l'histoire est finalement simple, comme les gens qu'elle décrit d'ailleurs, mais doit-on systématiquement faire du bruit, exploser, briller pour être digne d'intérêt ? Je ne le pense pas et cette œuvre en est la démonstration. Certes, certaines facilités, le happy end, certains traits de caractère peuvent être vus comme des défauts, mais ils sont mineurs comparés à la merveilleuse ambiance que Cosey nous restitue. Et de revivre des temps pas si lointains mais qui, à l'aune de nos technologies inutiles, reprennent toutes leurs valeurs, ça fait du bien. Cette lecture est vivement conseillée, et pour ma part, elle m'a donné une vive motivation de repartir à l'assaut des autres œuvres de l'auteur.

28/12/2011 (modifier)
Par gdev
Note: 2/5

La déception que l'on garde en fin de lecture du second tome est à à la mesure de la promesse de qualité que pouvait laisser présager le premier opus. Le véritable intérêt de cette histoire se situe dans le premier album, où Cosey nous invite et nous transporte dans ce petit village enneigé du Valais au début du siècle. Un environnement tellement prenant que l'on croirait sentir le café qui chauffe dans les arrières-cuisine et que tout d'un coup, nous aussi, on mettrait bien une petite laine. Le rythme de la vie de ce village rural s'accorde à celui des saisons et en hiver, eh bien, il ne se passe pas grand chose. Et pourtant, cela n'empêche pas Cosey de nous faire partager la vie du petit village, de nous transporter dans cette atmosphère cosy des discussions au coin du feu alors que le froid, dehors, est menacant. Pour sûr, Cosey est arrivé à planter un décor pour le moins réaliste. A l'environnement s'ajoute un récit, celui d'un jeune écrivain , Woodworth, qui est venu au Valais pour retrouver la tombe de son frère disparu. Il y rencontrera un ami et un complice et cette rencontre suscite une véritable attente chez le lecteur, car à ce stade, on ne voit pas très bien ou Cosey veut nous emmener. Ainsi, dans ce contexte, le second tome a été pour moi une véritable désillusion. Certes, Cosey s'y connaît pour créer des ambiances enneigées mais j'ai été nettement moins charmé par la présentation du village dans ce second opus. Il faut dire que le village est vidé de ces habitants qui faisaient pour moi, une grande part de l'intérêt du récit. Ainsi, l'ambiance en prend un sacré coup et Cosey nous brode une histoire plutôt romantique que policière. Les relations entre le frère de Woodworth, Dragan, et Baptistin, ne sont pas creusées et il s'agit ici d'une course poursuite silencieuse sur un glacier. Si Cosey arrive à créer quelques moments de tensions , je me suis ennuyé dans l'ensemble de cette course poursuite qui n'apporte pas grand chose au récit. Il y a bien cette histoire de fausse monnaie, mais qui tombe un peu à plat compte tenu du manque de développements. Enfin, je m'attendais plus ou moins à une explication du titre de cette série, que je trouve bien énigmatique et qui suscite une attente poétique, explication qui ne viendra finalement pas. Le dessin fait preuve d'une véritable finesse, que j'apprécie. Il est teinté de cette poésie un peu nostalgique que portent ces ouvrages qui commencent à dater. Malheureusement, la qualité du dessin n'arrivera pas à me faire oublier ma frustration à l'issue du second tome. Ou alors, je n'ai pas compris ce que Cosey a voulu dire ou faire passer, ce qui est également possible.

11/05/2011 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5

Tiens, je n'ai jamais avisé cette série, alors que pourtant, je l'apprécie vraiment... "A la recherche de Peter Pan" m'a toujours fait beaucoup d'effet ! C'est un récit simple, beau, mélancolique et qui dénote totalement de ce que l'on peut lire dans le monde de la bande dessiné d'hier et d'aujourd'hui. J'ai toujours trouvé ça très beau. Cosey à un style de dessin très sympathique (malgré ses 35 ans), très sophistiqué, très joli et remplies d'émotions et de nostalgies. Le jeux d'ombres et les couleurs sont parfaitement maîtrisés. Des séries comme ça marque, et en dépit du scénario plutôt calme et qui tarde à se mettre vraiment en place, cela fait partie séries qui me reposent. Il ne se passe pas grand chose dans le premier tome, ce n'est pas grave car j'aime. Pareil pour la composition des planches, et tout ce blanc dans le décors, c’est joli, ils sont grandiose. J’adore ! La dernière partie de l'histoire laisse moins de place aux émotions et la fin est légèrement convenue, mais le tout est très plaisant à lire. Un tome 1 meilleur et plus émouvant. Cosey sait nous transporter et nous faire voyager !

20/11/2010 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Le premier tome est sans aucun doute la meilleure bande dessinée que j'ai lu depuis longtemps. Cosey crée une galerie de personnages très intéressants et l'histoire est captivante. Les couleurs sont très bien choisies et créent une atmosphère au récit que j'ai bien aimée. Bref, j'étais parti pour mettre 4 étoiles, mais malheureusement j'ai lu le tome suivant qui est moins bon que son prédécesseur. Il y a encore des éléments sympathiques, mais l'auteur donne malheureusement beaucoup trop de place à une histoire d'amour qui représente tout ce que je déteste dans ce genre de récit. C'est gnan-gnan et particulièrement dans les dernières pages qui sont chiantes à lire. Dommage.

26/09/2010 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

Un écrivain Anglais en panne d'inspiration pour son prochain roman se rend en suite dans le canton du Valais où son frère exerçait jadis ses talents de pianiste. Il apparait que la vie de son frère était nettement moins glorieuse que celle qu'il prétendait avoir. Il y découvrira également l'amour de sa vie. Ce périple sera l'occasion pour lui de retrouver l'inspiration perdue qui lui permettra d'achever son roman et de revenir à meilleure fortune. Un récit intimiste, attachant et tendre comme Cosey nous y avait habitué avec la série Jonathan. Un récit où le héros part loin de son pays pour méditer, et faire le point sur sa vie. Une histoire dessinée au milieu des années 80, la meilleure période de Cosey selon moi, une époque où il bénéficiait d'un superbe coloriste qui proposait des tons pastels qui mettaient superbement en valeur ses dessins. Une très belle histoire à découvrir absolument, que l'on soit ou non un inconditionnel du dessinateur Suisse.

13/03/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

A la recherche de Peter Pan m’a fait ressentir deux émotions bien différentes : Le sentiment de grandeur de la montagne tout d’abord... ses sapins couverts de neige, les mayens perdus dans les pâturages, les nuits glaciales, le vent qui semble murmurer un langage inconnu, les vallées, la force du soleil, le vertige des ravins sans fonds, la dureté du roc, tout est là. On peut presque fermer les yeux et sentir l’air pur montagnard, la grandeur des sommets qui vous donne un sentiment de liberté et vous opprime en même temps. L’homme est si petit face à la montagne. On s’y croirait. Sous cet angle, cette série de Cosey est une pure réussite. On suit le héros dans ses réflexions et sa quête intérieure. On est envouté tout simplement. Rarement une atmosphère aura été aussi bien retranscrite par le 9ème art ! L’ennui ensuite... Comme en altitude, le temps change rapidement... la seconde partie de l’histoire laisse place à un scénario beaucoup plus bateau. Toutes les promesses de la première partie s’envolent pour nous laisser une histoire d’amour on ne peut plus classique... Je me suis ennuyé. Tout partait pourtant si bien... Cosey aurait dû continuer sur sa lancée quitte à ne pas finir conventionnellement. Le premier album reste un grand moment de la bande dessinée expliquant selon moi les nombreux prix glanés, raison pour laquelle je recommande la lecture. À noter que la version intégrale, parue chez Le Lombard, constitue une très belle acquisition avec une très bonne préface, illustrée par des photos d’archives qui favoriseront votre immersion dans le récit.

20/04/2009 (modifier)