Les derniers avis (53 avis)

Couverture de la série Bureau des prolongations
Bureau des prolongations

Cet album est une sorte de suite de Palaces, et il en possède les mêmes qualités. J’en suis donc sorti avec le même – bon – ressenti. Nous suivons donc encore Hureau dans son périple au Cambodge, tenant une sorte de carnet de voyage, mêlant anecdotes sur la société cambodgienne, merveilles de la nature, rencontres diverses et variées. Et galères. Car Hureau s’est fait voler ses papiers (et son carnet de croquis !) et son retour en France va s’en trouver compliqué, avec des tracasseries administratives aggravées par un petit niveau de corruption… La narration est fluide, agréable, le ton est enjoué et plein d’auto dérision. Et le dessin est encore très agréable. Voilà donc un nouvel album plaisant de cet auteur qui me plait vraiment beaucoup. Note réelle 3,5/5.

13/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Les Papillons ne meurent pas de vieillesse
Les Papillons ne meurent pas de vieillesse

Les dessins sont très élégants, surtout pour ce qui concerne les arbres et les papillons. Montrer les papillons voler en pleine jungle sans qu'ils paraissent avalés par la sylve est un tour de force. Le savant, sa cousine et collaboratrice et le chasseur d'insecte local forment un trio bien sympathique. Les opposants de basse extraction ne sont pas diabolisés : qui ne comprend qu'on se moque des papillons quand on doit nourrir sa famille ? Mais on ne risque pas de s'attacher à eux parce qu'on ne la voit pas, leur famille, et surtout parce qu'ils sont menaçants, surtout avec les Indiens. Ces derniers par parenthèse ne chassent pas les papillons y voyant les âmes de leurs ancêtres et/ou parce que même si les insectes sont de vrais concentrés en protéines, ils ne sont pas à leur goût. Les Indiens sont une présence un peu fantomatique de la forêt, ne s'attardant pas jouir de l'hospitalité des écologistes, soit une inversion de la réalité, dans les faits, les peuples premiers sont chez eux, et les autres, leurs hôtes ou les usurpateurs de leurs terres, multinationales, pauvres Blancs et écologistes créant des réserves naturelles débarrassées de ceux qui deviennent réfugiés de la conservation. Dans les faits, nous polluons, nous expulsons, dans nos rêves, nous protégeons. Dans les rêves, on peut même veilleur sur des papillons pas encore trouvés ! Cependant, ce rêve s'enroule autour du sort tragique des Indiens, d'informations autour des papillons programmés pour vivre peu et qui dans les faits, se voient souvent décéder autrement que de leurs belle mort, et entre le rêve et la réalité, se glisse des haikus sur les papillons. Le rêve se rehausse de la peur d'un danger bien réel : la puissance sans guère de contre-pouvoir des multinationales. Il est judicieux de ne pas préciser les intérêts concrets : plus vague, la fable est plus universelle. Et puis, cela évite de diaboliser, quand on est poète, dans une fiction où non impacté par les insectes, on les prise. Si on est un paysan ayant peur des ravageurs, quelqu'un ne voulant pas d'insecte chez soi… ou quelqu'un désireux d'investir pour du profit, on ne voit pas l'intérêt d'un papillon qu'on ne trouve d'ailleurs pas. Et donc, le point de vue de tous est bien rendu, mais la beauté et la chaleur humaine font pencher la balance du côté des protecteurs des papillons.

13/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Soli Deo Gloria
Soli Deo Gloria

BD légèrement intimidante car se présentant explicitement comme un chef-d'œuvre, l'éditeur ayant soigné les détails et désiré le clinquant du doré. Mais intimidante ne signifie nullement austère. Il s'agit d'un conte gothique assez terrible, une saga familiale sur un frère et une sœur, sur leur élévation sociale via leur don pour la musique, sur leur relation longtemps fusionnelle. Hymne à la création artistique, il sera question de talent, de travail, d'orgueil, de passion. Les illustrations sont d'une grande finesse, légèrement enfantines pour ce qui est des personnages, habiles dans leur usage des contrastes du noir et blanc, occasionnellement illuminées de couleurs décrivant la beauté de la musique (cet usage naïf des couleurs n'est pas sans évoquer les Blast de Larcenet). La réussite de l'ensemble est assez insolente, elle fascine mais ne m'enthousiasme pas totalement : malgré le souffle de la passion omniprésent, demeure principalement l'impression d'un récit trop fabriqué et étonnamment trop naïf dans ses moments de vie. Un peu à la manière du cinéma de Kubrick, l'humilité manque et déshumanise l'œuvre.

13/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Leave them alone
Leave them alone

Les auteurs me sont quasi inconnus mais chouette première rencontre. Pas de coup de cœur particulier mais moi aussi j’ai trouvé ça très bien. Un western qui déroule, efficace de chez efficace cet album. J’ai bien eu peur sur quelques détails mais rien à dire sur le fond et la forme. Les premières planches m’ont fait un peu tiqué niveau trait (un peu trop épais), détail corrigé et qui s’efface vite par la suite tant la science des bons cadrages est là, on enquille les 160 pages comme un goret. Le lecteur sera emporté par ce microcosme du grand Ouest, un rien classique il est vrai, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est bien âpre et sauvage. Le scénariste construit son intrigue autour d’attaques de diligences. On aura droit à tout le toutim : outlaws, shérif, banquier … avec également quelques beaux rôles féminins (finalement les seules qui s’en sortent un peu dans cette histoire). Malgré son classicisme, le récit réserve quelques surprises appréciables sans que ça fasse surenchères. Il y a sans doute des grosses ficelles mais que le rythme efface ou que le lecteur pardonne tant le plaisir est là. Sans conteste un tome qui mérite qu’on s’y intéresse, l’ambiance y est vraiment bien rendue.

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Sorcières (Igarashi)
Sorcières (Igarashi)

J'ai accroché, terriblement accroché ! D'abord à ce dessin à la fois génial et bancal. Un dessin qui peut se montré travaillé et parfois presque bâclé. Ca donne un sentiment d'un dessin un peu raide à la base mais très lâché, parfois trop. N'est pas Eiichiro Oda qui veut. Alors il arrive que certains piquent un peu les yeux… Cependant souvent on se prend à admirer les planches ou une case en particulier. Bref j'ai adoré, je suis allé regardé sur notre site bd préféré qu'est bdthèque ce que cet auteur avait publié d'autres. Je suis heureux de cette découverte Côté scénario les récits de sorcières sont originaux et je me suis facilement laissé emporté. Chaque récit est bien distinct dans son ambiance et ses décors. L'imaginaire déployé est réussi et souvent surprenant. La magie indicible de ces sorcières évite les clichés habituels avec une dimension mystique, parfois inquiétante, qui fonctionne très bien dans chacun des 2 tomes. A noter que le 1er récit est peut être le moins réussi (tant niveau dessin que scénario). Je vous recommande cette bd pour son graphisme et si vous aimez les récits (de sorcières) inspirants !

12/01/2026 (modifier)
Par Mashiro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen
Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen

Le Yémen est connu pour sa pauvreté, ses guerres et parfois aussi pour sa pratique dure de la religion. Cette bande dessinée nous offre une porte d’entrée unique à travers le destin de différentes femmes au Yémen. En 2012, Agnès Montanari part en photo-reportage au Yémen et rencontre Aïcha, une yéménite d’apparence comme les autres femmes, voilée de la tête au pied, et avec qui elle se lie soudainement d’amitié. Aïcha lui fait par la suite rencontrer d’autres femmes qui lui conteront leurs vies, leurs aspirations ainsi que les difficultés d’être une femme au Yémen, hier et aujourd’hui. De cela en découle une série de photos et de portraits (voilés) que l’on peut partiellement retrouver à la fin de l’ouvrage. Ugo Bertotti utilise l’ensemble de ces témoignages visuels et textuels pour nous raconter ces histoires de femme. J’ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage tant il est intéressant d’un point de vue historique et journalistique. C’est comme regarder une vidéo Youtube Arte mais en BD. L’histoire de Sabiha au début m’a également touché car elle est le symbole de l’absurdité des traditions, de l’oppression que peut représenter les questions d’honneur et de l’injustice qui repose derrière ce système patriarcale. Cette BD m’a beaucoup pensé au travail de Troubs avec sa BD sur le Turkménistan, à la fois dans le style, la narration, et les enchainements entre une certaine beauté de la vie qui finit toujours par être remis à sa place par un système rigide. Le monde d’Aïcha date de 2013. Soit une éternité dans l’histoire récente du Yémen dans laquelle, suite à la chute du président en 2012, le processus démocratique a échoué et s’en est suit une guerre meurtrière depuis 2014 avec de large mouvements de population, des famines, et de nombreuses pandémies ou autres malheurs. Nul doute que les faibles espoirs sur lesquels s’entrouvait la BD ont malheureusement été mis à mal par le contexte qui a suivi. Je recommande fortement cette première oeuvre de Bertotti qui ouvre les portes d’un pays méconnu et d’une culture à l’accès compliqué.

12/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Mangez-le si vous voulez
Mangez-le si vous voulez

Le héros, car vraiment, il n'est pas que le personnage principal, l'être humain le meilleur possible, respectueux de tous et se dévouant à tous ! Le héros lumineux est englouti par la foule lyncheuse. Quoi d'étonnant ? L'être humain a construit sa culture sur les lynchages, voir René Girard, lynchages qui permettent au groupe de surmonter les crises, ici la défaite de la France. Le récit ne peut pas faire mieux : il montre l'élément déclencheur et l'imitation réciproque de presque tous dans la violence. Il n'y a pas d'autre logique qu'on doive chercher, le phénomène s'explique, mais est très erratique, ce que montre bien la bd, pour le roman, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu. Mais ce que je sais c'est que c'est le différent qui est le lynché, en principe, et que notre héros est plus riche, et surtout meilleur que tous, s'avérant trop parfait pour qu'une envie qui ne s'avoue pas n'ait pas prospéré dans les cœurs. Le dessin parvient à d'exprimer l'individualité de chacun, et la perte de visage des protagonistes, les lyncheurs dont la figure atteint des sommets dans la haine, tandis que le corps et le visage du héros et victime s'abîment sous les coups. Chacun étant réduit à fauve et proie, il était dans l'ordre des choses que le malheureux soit mangé, si je trouve bien pires les tortures subies. Pauvre humain, comme tant, il a cru à l'être humain en vain, s'est retrouvé trahi, et toujours plus tourmenté par ses proches ! Qu'on ne dédouane pas la masse par l'élite, en l'occurrence, l'élite est le propriétaire terrien tué par la masse, et un maire qui se reclus chez lui, semble-t-il par indifférence. La masse est en autogestion de sa violence. Cependant que j'exprime la réalité du récit, je ne veux pas dire que la partie le plus nombreuse de la population est en général pire que l'élite : tout groupe devient masse stupide quand il lynche. Brassens dit qu'à plus de quatre, on est une bande de cons… Je dirais : pas toujours. Mais les bandes peuvent être très violentes ! Prudence donc.

11/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Voleur d'amour
Le Voleur d'amour

"Vivre longtemps, c'est accumuler les tragédies." Une citation qui illustre parfaitement cette BD. Une très belle découverte que cette adaptation du roman de Richard Malka (que je connaissais plus en tant qu'avocat suite aux attentats de Charlie hebdo qu'en tant qu'écrivain). Tout d'abord, cet ouvrage est vraiment un bel objet avec cette couverture légèrement dorée du plus bel effet rappelant des mosaïques orientales. Graphiquement, j'ai également été subjugué par ces décors aux tons pastels tantôt dans les teintes bleues, tantôt avec des dominantes jaunes ou rouges. De véritables aquarelles que l'on aime à contempler en dehors de toute considérations scénaristiques. On sent que Yannick Corboz prend également plaisir à transporter le lecteur dans les rue de Venise au XVIIème siècle, en passant par Paris au XIXème, New York plus moderne, jusqu'aux confins de l'Afrique... Le dessin n'est pas en reste non plus, avec un trait conférant beaucoup de mouvements aux scènes, de magnifiques scènes d'amour (qui sont nombreuses dans cet ouvrage) et des époques et décors très variés et parfaitement représentés. En effet, l'auteur nous raconte l'histoire d'Adrian van Gott, sorte de vampire immortel, qui va traverser les époques et les contrées. Mais ici, point de canines et de scènes sanguinolentes, notre héros se nourrit de l'amour de ses victimes via des baisers les vidant de leurs sentiments. Une malédiction en sorte, ces baisers sonnant bien souvent le glas de la vie de ceux qui le reçoivent. L'ensemble est ainsi très poétique même si je comprends l'avis de Brodeck. En effet, s'agissant d'une adaptation d'un roman, la voix narrative est quasi omniprésente tout au long de l'histoire, le héros racontant son vécu qui, vous l'aurez compris, est plutôt long. La sensualité qui transparait de cette œuvre et le type de narration à la premier personne m'ont beaucoup fait penser au film "Entretien avec un vampire" comme l'a justement évoqué Cacal69, mais ce qui se dégage du récit m'a également fait penser à These Savage Shores que j'avais également beaucoup apprécié. Ainsi, bien que le récit soit lent et, il est vrai, un brin répétitif, ce parti pris transcrit à merveille l'éternité de la vie de notre héros maudit et son désespoir qui finit par prendre le pas sur le reste. Une BD que je conseille aux amateurs du genre. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 17/20

11/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Dracula (Bess)
Dracula (Bess)

Le roman de Bram Stoker a inspiré tellement de récits de vampires, de Dracula et autres Nosferatu que, mine de rien, je n'avais jamais lu le roman lui-même, ni lu ou vu d'adaptation complètement fidèle (je n'ai pas vu le film de Coppola qui, d'après ce que j'en sais, en est pourtant très proche). C'est donc cette BD qui m'a permis d'en découvrir le contenu réel et, bien que j'en connaissais de nombreux fragments, je n'imaginais pas que cette oeuvre soit aussi moderne, dense et complexe. Georges Bess fait le choix d'une fidélité quasi totale au roman de Bram Stoker, et cela se ressent immédiatement dans la narration. Le récit reprend la trame et l'esprit du texte original, avec ses nombreuses voix off, son écriture très fin XIXe siècle et son déroulé parfois lent. Forcément, cela peut paraître daté ou un peu rigide pour un lecteur contemporain, mais pour ma part, je suis assez sensible à ce type d'adaptation dense, qui demande du temps et de l'attention. Là où l'album impressionne sans discussion possible, c'est sur le plan graphique. Les planches sont tout simplement somptueuses, absolument toutes d'une richesse et d'une maîtrise rares. C'est à la fois élégant et, en même temps, l'auteur s'offre le luxe d'une mise en page très libre, qui évite l'académisme et installe une atmosphère gothique puissante tout en restant teintée de modernité. Le château de Dracula, les paysages de Transylvanie, le cimetière en bord de mer ou certaines visions presque hallucinées sont particulièrement marquants. Cette excellence du dessin confère au récit une présence à la fois monstrueuse et fascinante. Côté scénario, cette fidélité m'a permis de découvrir l'intensité et l'envergure de cette oeuvre classique. J'ai été surpris de voir à quel point elle prend de l'ampleur et mêle autant de personnages. Je l'ai trouvée nettement plus moderne que le tout aussi classique Frankenstein. Certes, quelques passages paraissent moins tendus ou moins incarnés que d'autres, notamment lors du tragique périple du Déméter ou dans une partie de l'action se déroulant en Angleterre. Mais de nombreux moments sont extrêmement forts, et surtout remarquablement bien racontés dans cette adaptation de Georges Bess. Au-delà de sa beauté pure et puissante, l'ouvrage dégage une véritable force d'évocation. Ce Dracula se lit autant qu'il se contemple, et s'impose aussi bien comme une expérience graphique impressionnante que comme l'adaptation idéale d'un roman dont j'ignorais la profondeur et la modernité.

10/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Le Mètre des Caraïbes
Le Mètre des Caraïbes

Évidemment, il eut été possible que ce soit encore meilleur : l'intrigue présente quelques longueurs, notamment durant la séquence de l'évasion, et les illustrations déçoivent légèrement (les couleurs et décors surtout, qui auraient mérité davantage de nuances et d'application), mais cette BD est indiscutablement une bien belle réussite ! C'est rocambolesque à souhait, amusant sinon truculent à l'occasion, généreux en personnages haut en couleur, bien rythmé (enlevé même !), original dans son intrigue historique et scientifique, tout autant dans son traitement. Bref, un beau moment de lecture.

10/01/2026 (modifier)