On ne compte plus les adaptations en bande dessinée de cet objet de pop culture qu’est Frankenstein. Dès lors, comment renouveler le mythe en évitant la redite ? David Sala l’a fait et s’en sort haut la main qui plus est. S’il est resté tout à fait fidèle à la narration originelle en conservant sa simplicité et son côté captivant, la valeur ajoutée se trouverait davantage dans la partie graphique.
En premier lieu, on ne peut être qu’impressionné devant la beauté du dessin. Chaque case est un véritable petit tableau intégrant une grande variété de courants picturaux allant de l’impressionnisme à l’expressionisme, en passant par le symbolisme, avec même une touche de romantisme, d’art naïf, abstrait, onirique ou encore psychédélique. Comme on avait déjà pu s’en rendre compte avec « Le Poids des héros » ou « Le Joueur d’échecs », adaptation d’un roman de Stefan Zweig, David Sala possède une grande maîtrise de la couleur, avec des tonalités chatoyantes pour les rares passages de félicité, plus sombres et plus austères pour une grande partie de ce récit tragique. Tout cela fait de ce « Frankenstein » une sorte de condensé de l’histoire de la peinture depuis la fin du XXe siècle.
Ce qui est très appréciable également, c’est la façon dont est représentée la créature du docteur. Non seulement on oubliera assez facilement le filigrane tenace de Boris Karloff, mais en outre, ce n’est pas un monstre au sens propre auquel nous avons affaire ici. La monstruosité du personnage réside plutôt dans sa taille immense que dans son visage, qui, toute proportion gardée, est presque celui d’un « beau gosse », si ce n’étaient les cicatrices qui lui barrent le visage et ses yeux un rien exorbités, mais exprimant une profonde mélancolie. Son corps est une sorte de patchwork de chairs bleuâtres et violacées (et c’est ici que la palette utilisée par Sala prend tout son sens), sa silhouette torturée semble tout droit sortie d’un tableau d’Egon Schiele, et la couverture offerte par sa bienfaitrice au début de l’histoire évoque immanquablement Gustav Klimt. Le monstre n’est alors plus un monstre : sa laideur est transcendée, il est devenu une véritable sculpture, un objet d’art qui aurait plus sa place dans un musée que dans une histoire horrifique.
Cette approche permet de faire ressortir toute l’humanité de cet être paria, dépourvu du statut d’humain mais dont la sensibilité le rend mille fois plus humain que la plupart des « vrais » humains, notamment ceux, au début du récit, qui laissent exploser leur haine à son encontre par un terrible effet de meute. Cela renforce du même coup l’empathie du lecteur, qui percevra de façon plus prégnante son immense solitude existentielle, et comprendra mieux, sans toutefois l’approuver, son désir de vengeance vis-à-vis de son créateur qu’il accuse de l’avoir abandonné.
Voilà pourquoi le « Frankenstein » de David Sala est beaucoup plus qu’une simple adaptation, c’est même d’ores et déjà une des meilleures BD de cette année 2026. Au fil des albums, David Sala n’a cessé d’affiner son style graphique en s’éloignant d’un certain classicisme des débuts, qui toutefois portait déjà en lui les germes d’un grand dessinateur. Désormais, il peut revendiquer un statut : celui d’artiste établissant une passerelle entre la bande dessinée et la peinture.
Voilà une série plutôt réussie sur l’Allemagne nazie. Elle prend le temps au début de montrer comment les Nazis accentuent leur emprise sur la société, comment peu à peu évoluent – par opportunisme autant voire plus parfois que par conviction – des personnages « ordinaires. Et comment, une fois Hitler au pouvoir, tout s’accélère.
Au cœur de l’intrigue, le héros, Karl Stieg est un Allemand ordinaire, a priori ni courageux ni engagé politiquement, qui se trouve ballotté par les événements. Ainsi son évolution professionnelle, amoureuse, politique le montre presque à chaque fois passif. Il s’adapte à la volonté ou aux choix des autres le plus souvent, même si, peu à peu, il est amené à faire certains choix. Mais ses convictions restent discrètes, il repousse le plus longtemps possible les éventuelles décisions à prendre.
A partir du troisième tome, de la même façon – mais inversée – que l’on avait pu voir s’étendre peu à peu la mainmise des Nazis et de leurs idées sur la société, les déboires du régime (après la défaite de Stalingrad), les bombardements alliés, la population qui se questionne – voire retourne sa veste, comme le tenancier du bar « Chez Adolf », finalement moins obtus et monolithique – , et les séides du régime qui se radicalisent face aux « défaitistes », autour de Stieg c’est l’Allemagne qui peu à peu s’effondre.
Un « détail » m’a quand même chiffonné. Je n’ai pas compris pourquoi la Gestapo (en tout cas tout laisse à penser que c’est elle qui est intervenue) n’a pas donné de suite et arrêté notre héros après avoir fouillé son appartement et trouvé des photos compromettantes (de détenus dans les camps de concentration) …
Mais globalement c’est vraiment une série intéressante et bien fichu, bâti autour d’un héros ni opportuniste ni lâche, ni fort : un personnage crédible, témoin plus qu’acteur des douze années sous l’emprise d’Hitler. Une lecture très recommandable.
Un premier tome qui m’avait bien plu à sa sortie, mais j’attendais de voir.
Après lecture des 2 tomes, je peux dire que c’est plus que pas mal du tout.
De la chouette aventure (loin d’être bucolique) concoctée par 3 auteurs de talent.
Au scénario, Loisel que l’on ne présente plus, déroule son histoire tranquille, on prend le temps de présenter les personnages et ce microcosme brésilien (particulier et dur), assez rare et dépaysant dans le monde de la bd.
La partie graphique est magnifiée par le trait d’Olivier Pont et les couleurs de François Lapierre. Bravo à eux, ils apportent énormément à l’album.
Le tout est un plaisir à parcourir, les planches sont fluides et bien construites, les albums sont épais, je n’ai pas vu le temps passé.
Une multitude de personnages, bons comme mauvais, pour un récit manichéen (ce n’est pas dit de manière péjorative) et distrayant.
J’espère une fin dans le prochain tome et qu’elle soit à la hauteur de cet « exotisme » proposé par les auteurs. Un bon moment de lecture.
MàJ tome 4 :
Bon finalement, il a fallu attendre un tome de plus pour connaître le fin mot de cette aventure.
Je reste sur le même ressenti, ça ne chamboulera pas grand chose mais on passe un bon moment dans et avec ce microcosme amazonien. L’aventure et les personnages sont bien tenus, la fin est ce qu’elle doit être et la patte graphique de Pont est toujours aussi agréable.
Une série qui a réussi à tenir sur la longueur.
J'ai une tendresse particulière pour Larcenet et cette série car il s'agit de la première BD "adulte" que je lisais alors encore enfant. Je ne comprenais pas tout mais son dessin, son humour et son scénario rendez l'histoire accessible pour moi.
Relue plusieurs fois depuis avec un regard adulte, je conserve une note juste pour cette série essentielle, fruit pour moi d'un renouveau de la bd francophone, dans un style narratif particulièrement réussi de par , donc, son accessibilité.
C'est aussi l'histoire d'une époque et d'une génération qui disparaît, de plus en plus. Elle est émouvante et aussi, annonciatrice de ce qui devait arriver aujourd'hui.
Le dessin de Larcenet est excellent, une transition entre sa première période "humoristique' et sa seconde période plus 'sombre'.
Un hommage aussi général pour Larcenet, qui à l'inverse d'autre "stars" de sa génération (Trondheim, Sfar) , ne ce sera pour moi, jamais compromis et comme le bon vin, a très bien vieilli.
Une petite fille vivant dans les montagnes américaines avec sa grand-mère est capable de dialoguer avec les animaux et de les protéger, tout en multipliant les aventures avec sa sœur Milady au fil de voyages qui les emmènent aussi bien dans le bayou américain que dans les jungles du Yucatán ou, bientôt, vers les paysages glacés de la banquise.
Cette série fut pour moi une très jolie surprise.
C'est avant tout sa partie graphique que je trouve absolument superbe. Le dessin de Giovanni Rigano possède ce style très rond et expressif qui rappelle clairement l'école d'animation italienne influencée par Disney, avec des personnages humains comme animaliers extrêmement vivants et attachants (avec juste une petite pique sur le tome 1 où le dessinateur a affublé par erreur un tamanoir d’écailles de tatou, ce qui est amusant mais un peu dommage pour une série orientée vers l’écologie). Mais son travail sur les décors et les couleurs est tout aussi excellent. Chaque album dégage une vraie sensation d'évasion et de dépaysement, avec des environnements parfois très différents. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une préférence particulière pour les tomes les plus orientés voyage et découverte, notamment le premier qui traverse les Etats-Unis du Nord au Sud, le troisième au Mexique dans le Yucatán, et sans doute bientôt le cinquième qui semble vouloir nous emmener dans les grands paysages enneigés. Il y a un vrai plaisir de balade visuelle dans cette série.
Les scénarios, pris séparément et résumés rapidement, pourraient sembler assez simples, voire très jeunesse, mais tout fonctionne grâce à la manière dont les auteurs racontent leurs histoires. Les dialogues sont pleins de fraîcheur, le rythme est vivant, et surtout Tête de Pioche est une héroïne très attachante. J'aime beaucoup ce mélange entre son côté insouciant, sa sagesse très instinctive et son tempérament totalement incontrôlable. Elle parle aux animaux comme à des êtres parfaitement normaux, les protège avec une sincérité totale, mais n'hésite pas non plus à leur coller un coup de sa petite pioche en bois quand ils deviennent trop agressifs ou stupides. Ce décalage crée énormément de situations très drôles.
L'humour fonctionne vraiment bien tout au long de la série. C'est tendre, souvent amusant dans les dialogues, mais aussi dans toute la mise en scène et dans les réactions des animaux. Il y a constamment cette énergie de film d'animation d'aventure à l'ancienne, avec des poursuites, des catastrophes, des personnages hauts en couleur et un rythme qui ne laisse jamais le temps de s'ennuyer. L'humour est lui aussi très efficace, avec un vrai sens de la mise en scène qui provoque souvent le rire ou un tendre sourire. Même les messages écologiques passent très naturellement, sans devenir moralisateurs.
Cette série d'histoires en un tome m'a procuré exactement ce que j'attends d'une BD jeunesse d'aventure : du voyage, du dépaysement, de l'humour, des personnages attachants et surtout une énorme bonne humeur communicative. J'ai refermé chaque tome avec un vrai sentiment de joie satisfaite.
Akira est un manga avec lequel j’ai eu une expérience assez particulière. Au départ, j’avais la version couleur, mais je l’ai finalement revendue parce que je n’arrivais pas du tout à entrer dedans. Les couleurs étaient beaucoup trop flashy à mon goût et ça cassait complètement l’ambiance que j’attendais d’un univers aussi sombre et cyberpunk. Visuellement, ça me sortait constamment de la lecture au lieu de m’immerger dans l’histoire.
Récemment, j’ai acheté l’édition originale en noir et blanc, et là ça a été une révélation. L’œuvre prend une toute autre dimension dans ce format. Les dessins de Katsuhiro Otomo sont absolument incroyables, avec un niveau de détail et une maîtrise des décors impressionnants. En noir et blanc, l’ambiance est beaucoup plus intense et naturelle, et on profite vraiment du travail graphique exceptionnel du manga.
L’histoire elle-même est passionnante, avec un univers dense, une ambiance unique et des scènes qui restent gravées en tête longtemps après la lecture. C’est typiquement le genre de série que l’on peut lire puis relire en découvrant de nouveaux détails à chaque fois.
Pour moi, Akira est clairement un classique incontournable, mais dans son édition noir et blanc originale. C’est dans ce format que le manga révèle vraiment toute sa puissance visuelle et son atmosphère.
Battle Royale est un manga que j’ai beaucoup aimé. Dès le début, le rythme est extrêmement efficace et il se passe toujours quelque chose, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais pendant la lecture. Chaque volume apporte son lot de tensions, de trahisons, d’affrontements et de révélations, avec une ambiance de survie très prenante.
Le manga est aussi particulièrement violent, autant dans les combats que dans l’ambiance générale. Certaines scènes sont vraiment brutales et ne cherchent clairement pas à adoucir ce qui se passe. Mais justement, cette violence participe énormément à la pression constante du récit et au côté imprévisible de l’histoire. On sent en permanence que n’importe quel personnage peut disparaître à tout moment.
Je l’ai lu dans la version Deluxe, que j’ai trouvée vraiment agréable à parcourir. Le grand format met bien en valeur les dessins et rend les scènes d’action encore plus percutantes. Pour un manga aussi intense visuellement, c’est clairement une édition qui vaut le coup.
Les dessins sont aussi vraiment sympas et collent parfaitement à l’ambiance du manga. Les expressions des personnages, les scènes d’action et les moments plus glauques sont très efficaces visuellement, ce qui rend la lecture encore plus immersive.
Même si le concept est aujourd’hui très connu et souvent repris ailleurs, Battle Royale reste pour moi une référence du genre grâce à son rythme nerveux et à son efficacité du début à la fin.
C’est typiquement le genre de série qui fait replonger en enfance et qui touche assez facilement la corde sensible quand on apprécie la fantasy ado. On n’est pas sur quelque chose de révolutionnaire dans le genre, mais l’ensemble fonctionne vraiment bien grâce à des bases scénaristiques solides. On sent qu’il y a derrière une vraie œuvre construite et cohérente, avec un univers pensé en amont.
Le système du Dessin apporte une mécanique de magie intéressante et assez originale, même si elle paraît parfois un peu sous-exploitée dans cette adaptation BD. Peut-être que certains aspects sont davantage développés dans les romans, mais même sans les avoir lus, le récit reste très fluide et agréable à suivre. Le rythme est bien trouvé : ça avance constamment sans donner l’impression de brûler les étapes ou de perdre le lecteur dans son univers. Les personnages sont rapidement attachants et évoluent de manière assez naturelle au fil de l’histoire.
Graphiquement, ça correspond parfaitement à ce qu’on attend d’une BD fantasy jeunesse de qualité. Le dessin est précis et travaillé sans tomber dans la surcharge. Il y a une certaine rondeur dans les personnages et les décors qui accompagne bien le ton global du récit, plutôt doux malgré les enjeux. Les couleurs participent aussi beaucoup à ce côté accessible et immersif.
À noter également que la série dérivée autour d’Ellana est vraiment qualitative. L’avoir lue avant apporte même une entrée assez intéressante dans cet univers, presque par une “porte dérobée”, avec un autre regard sur le monde et ses personnages.
Très bonne série de fantasy, assez classique dans sa structure mais bien plus cohérente et maîtrisée que beaucoup d’œuvres du genre. On est clairement sur un récit initiatique avec prophétie, équilibre du monde et conflit de croyances, mais le choix de suivre les événements depuis les deux mondes apporte un vrai intérêt au scénario et évite une narration trop linéaire. La série soulève aussi quelques réflexions intéressantes autour du dogme, de la foi et de la manière dont les sociétés construisent leurs vérités, même si elle ne pousse pas l’aspect satirique aussi loin qu’un Alim le tanneur par exemple.
Les personnages sont solides et fonctionnent bien dans l’univers proposé, sans forcément révolutionner les archétypes de la fantasy. La vraie force de la série reste surtout la cohérence globale : on sent une direction claire du début à la fin, avec une thématique bien tenue et un récit qui sait où il va. Ce n'est pas toujours le cas en BD fantasy.
Graphiquement, le travail est vraiment réussi. Le dessin repose énormément sur le trait, avec quelque chose de très fin et détaillé plutôt que sur de gros aplats spectaculaires. Les couleurs viennent surtout renforcer les émotions et donner de la vie aux scènes sans jamais écraser le dessin. L’équilibre entre précision du trait et ambiance colorée fonctionne particulièrement bien et donne une identité visuelle assez marquante à la série.
Une série qui plaira surtout aux amateurs de fantasy classique mais intelligente, avec un univers cohérent et une vraie identité graphique.
Revenir au Tarzan de Foster n'est pas seulement une expérience de nostalgie ou d'archéologie. C'est pure justice et réparation historique. C'était le premier comic réaliste ou naturaliste et la première adaptation BD du Tarzan de E. R. Burroughs. Même sans lire les légendes, les aventures et les séquences se suivent facilement et les dessins possèdent charme et grande compétence artistique. Son influence continue de se faire sentir dans de nombreux comics jusqu'à aujourd'hui.
En 1928, l’illustrateur publicitaire Harold Rudolf Foster est engagé pour transformer le roman d’Edgar Rice Burroughs Tarzan chez les singes en un comic de presse en noir et blanc de 60 épisodes. Au départ, aucun journal américain n’en veut, si bien qu’il est d’abord publié en Angleterre, où il remporte un grand succès. Quand la presse américaine change d’avis et demande davantage d’épisodes, Foster ne veut rien entendre. Ce n’est qu’en 1931 qu’il accepte d’illustrer un comic dominical en couleur et en pleine page, bien qu’il trouve ce travail très mal payé.
Pendant sept ans, Tarzan devient le premier comic d’aventure et un des strips dominicaux favoris de l’Amérique. Les journaux se plaignent de ses excès de violence (critique que Burroughs contre en arguant que le succès de Tarzan provient du “faible qu’a l’humanité pour les situations horribles et sanglantes”) et de nudité (dans ses notes, l’auteur du script demandait “une bonne dose de nudité féminine”), mais les lecteurs, eux, sont captivés par les aventures de Tarzan avec des Égyptiens de l’Antiquité, des gangsters modernes, des Vikings, des dinosaures, des primates tueurs et une cohorte de reines et de princesses aguicheuses, jusqu’à ce que Foster passe la main à Burne Hogarth, à la mi-1937.
L'intégrale de Taschen, en édition multilingue, dirigée par Dian Hanson, dont les pages sont reproduites à partir des journaux originaux, préserve la couleur et la texture du procédé d’impression tramée Benday typique des comics vintage. Le Tarzan de Hal Foster nous fait (re)vivre ces dimanches passés à plat-ventre sur le tapis du salon ou de la chambre avec une BD, plongés dans un univers exotique et trépident.
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Frankenstein (Sala)
On ne compte plus les adaptations en bande dessinée de cet objet de pop culture qu’est Frankenstein. Dès lors, comment renouveler le mythe en évitant la redite ? David Sala l’a fait et s’en sort haut la main qui plus est. S’il est resté tout à fait fidèle à la narration originelle en conservant sa simplicité et son côté captivant, la valeur ajoutée se trouverait davantage dans la partie graphique. En premier lieu, on ne peut être qu’impressionné devant la beauté du dessin. Chaque case est un véritable petit tableau intégrant une grande variété de courants picturaux allant de l’impressionnisme à l’expressionisme, en passant par le symbolisme, avec même une touche de romantisme, d’art naïf, abstrait, onirique ou encore psychédélique. Comme on avait déjà pu s’en rendre compte avec « Le Poids des héros » ou « Le Joueur d’échecs », adaptation d’un roman de Stefan Zweig, David Sala possède une grande maîtrise de la couleur, avec des tonalités chatoyantes pour les rares passages de félicité, plus sombres et plus austères pour une grande partie de ce récit tragique. Tout cela fait de ce « Frankenstein » une sorte de condensé de l’histoire de la peinture depuis la fin du XXe siècle. Ce qui est très appréciable également, c’est la façon dont est représentée la créature du docteur. Non seulement on oubliera assez facilement le filigrane tenace de Boris Karloff, mais en outre, ce n’est pas un monstre au sens propre auquel nous avons affaire ici. La monstruosité du personnage réside plutôt dans sa taille immense que dans son visage, qui, toute proportion gardée, est presque celui d’un « beau gosse », si ce n’étaient les cicatrices qui lui barrent le visage et ses yeux un rien exorbités, mais exprimant une profonde mélancolie. Son corps est une sorte de patchwork de chairs bleuâtres et violacées (et c’est ici que la palette utilisée par Sala prend tout son sens), sa silhouette torturée semble tout droit sortie d’un tableau d’Egon Schiele, et la couverture offerte par sa bienfaitrice au début de l’histoire évoque immanquablement Gustav Klimt. Le monstre n’est alors plus un monstre : sa laideur est transcendée, il est devenu une véritable sculpture, un objet d’art qui aurait plus sa place dans un musée que dans une histoire horrifique. Cette approche permet de faire ressortir toute l’humanité de cet être paria, dépourvu du statut d’humain mais dont la sensibilité le rend mille fois plus humain que la plupart des « vrais » humains, notamment ceux, au début du récit, qui laissent exploser leur haine à son encontre par un terrible effet de meute. Cela renforce du même coup l’empathie du lecteur, qui percevra de façon plus prégnante son immense solitude existentielle, et comprendra mieux, sans toutefois l’approuver, son désir de vengeance vis-à-vis de son créateur qu’il accuse de l’avoir abandonné. Voilà pourquoi le « Frankenstein » de David Sala est beaucoup plus qu’une simple adaptation, c’est même d’ores et déjà une des meilleures BD de cette année 2026. Au fil des albums, David Sala n’a cessé d’affiner son style graphique en s’éloignant d’un certain classicisme des débuts, qui toutefois portait déjà en lui les germes d’un grand dessinateur. Désormais, il peut revendiquer un statut : celui d’artiste établissant une passerelle entre la bande dessinée et la peinture.
Chez Adolf
Voilà une série plutôt réussie sur l’Allemagne nazie. Elle prend le temps au début de montrer comment les Nazis accentuent leur emprise sur la société, comment peu à peu évoluent – par opportunisme autant voire plus parfois que par conviction – des personnages « ordinaires. Et comment, une fois Hitler au pouvoir, tout s’accélère. Au cœur de l’intrigue, le héros, Karl Stieg est un Allemand ordinaire, a priori ni courageux ni engagé politiquement, qui se trouve ballotté par les événements. Ainsi son évolution professionnelle, amoureuse, politique le montre presque à chaque fois passif. Il s’adapte à la volonté ou aux choix des autres le plus souvent, même si, peu à peu, il est amené à faire certains choix. Mais ses convictions restent discrètes, il repousse le plus longtemps possible les éventuelles décisions à prendre. A partir du troisième tome, de la même façon – mais inversée – que l’on avait pu voir s’étendre peu à peu la mainmise des Nazis et de leurs idées sur la société, les déboires du régime (après la défaite de Stalingrad), les bombardements alliés, la population qui se questionne – voire retourne sa veste, comme le tenancier du bar « Chez Adolf », finalement moins obtus et monolithique – , et les séides du régime qui se radicalisent face aux « défaitistes », autour de Stieg c’est l’Allemagne qui peu à peu s’effondre. Un « détail » m’a quand même chiffonné. Je n’ai pas compris pourquoi la Gestapo (en tout cas tout laisse à penser que c’est elle qui est intervenue) n’a pas donné de suite et arrêté notre héros après avoir fouillé son appartement et trouvé des photos compromettantes (de détenus dans les camps de concentration) … Mais globalement c’est vraiment une série intéressante et bien fichu, bâti autour d’un héros ni opportuniste ni lâche, ni fort : un personnage crédible, témoin plus qu’acteur des douze années sous l’emprise d’Hitler. Une lecture très recommandable.
Un putain de salopard
Un premier tome qui m’avait bien plu à sa sortie, mais j’attendais de voir. Après lecture des 2 tomes, je peux dire que c’est plus que pas mal du tout. De la chouette aventure (loin d’être bucolique) concoctée par 3 auteurs de talent. Au scénario, Loisel que l’on ne présente plus, déroule son histoire tranquille, on prend le temps de présenter les personnages et ce microcosme brésilien (particulier et dur), assez rare et dépaysant dans le monde de la bd. La partie graphique est magnifiée par le trait d’Olivier Pont et les couleurs de François Lapierre. Bravo à eux, ils apportent énormément à l’album. Le tout est un plaisir à parcourir, les planches sont fluides et bien construites, les albums sont épais, je n’ai pas vu le temps passé. Une multitude de personnages, bons comme mauvais, pour un récit manichéen (ce n’est pas dit de manière péjorative) et distrayant. J’espère une fin dans le prochain tome et qu’elle soit à la hauteur de cet « exotisme » proposé par les auteurs. Un bon moment de lecture. MàJ tome 4 : Bon finalement, il a fallu attendre un tome de plus pour connaître le fin mot de cette aventure. Je reste sur le même ressenti, ça ne chamboulera pas grand chose mais on passe un bon moment dans et avec ce microcosme amazonien. L’aventure et les personnages sont bien tenus, la fin est ce qu’elle doit être et la patte graphique de Pont est toujours aussi agréable. Une série qui a réussi à tenir sur la longueur.
Le Combat ordinaire
J'ai une tendresse particulière pour Larcenet et cette série car il s'agit de la première BD "adulte" que je lisais alors encore enfant. Je ne comprenais pas tout mais son dessin, son humour et son scénario rendez l'histoire accessible pour moi. Relue plusieurs fois depuis avec un regard adulte, je conserve une note juste pour cette série essentielle, fruit pour moi d'un renouveau de la bd francophone, dans un style narratif particulièrement réussi de par , donc, son accessibilité. C'est aussi l'histoire d'une époque et d'une génération qui disparaît, de plus en plus. Elle est émouvante et aussi, annonciatrice de ce qui devait arriver aujourd'hui. Le dessin de Larcenet est excellent, une transition entre sa première période "humoristique' et sa seconde période plus 'sombre'. Un hommage aussi général pour Larcenet, qui à l'inverse d'autre "stars" de sa génération (Trondheim, Sfar) , ne ce sera pour moi, jamais compromis et comme le bon vin, a très bien vieilli.
Tête de pioche
Une petite fille vivant dans les montagnes américaines avec sa grand-mère est capable de dialoguer avec les animaux et de les protéger, tout en multipliant les aventures avec sa sœur Milady au fil de voyages qui les emmènent aussi bien dans le bayou américain que dans les jungles du Yucatán ou, bientôt, vers les paysages glacés de la banquise. Cette série fut pour moi une très jolie surprise. C'est avant tout sa partie graphique que je trouve absolument superbe. Le dessin de Giovanni Rigano possède ce style très rond et expressif qui rappelle clairement l'école d'animation italienne influencée par Disney, avec des personnages humains comme animaliers extrêmement vivants et attachants (avec juste une petite pique sur le tome 1 où le dessinateur a affublé par erreur un tamanoir d’écailles de tatou, ce qui est amusant mais un peu dommage pour une série orientée vers l’écologie). Mais son travail sur les décors et les couleurs est tout aussi excellent. Chaque album dégage une vraie sensation d'évasion et de dépaysement, avec des environnements parfois très différents. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une préférence particulière pour les tomes les plus orientés voyage et découverte, notamment le premier qui traverse les Etats-Unis du Nord au Sud, le troisième au Mexique dans le Yucatán, et sans doute bientôt le cinquième qui semble vouloir nous emmener dans les grands paysages enneigés. Il y a un vrai plaisir de balade visuelle dans cette série. Les scénarios, pris séparément et résumés rapidement, pourraient sembler assez simples, voire très jeunesse, mais tout fonctionne grâce à la manière dont les auteurs racontent leurs histoires. Les dialogues sont pleins de fraîcheur, le rythme est vivant, et surtout Tête de Pioche est une héroïne très attachante. J'aime beaucoup ce mélange entre son côté insouciant, sa sagesse très instinctive et son tempérament totalement incontrôlable. Elle parle aux animaux comme à des êtres parfaitement normaux, les protège avec une sincérité totale, mais n'hésite pas non plus à leur coller un coup de sa petite pioche en bois quand ils deviennent trop agressifs ou stupides. Ce décalage crée énormément de situations très drôles. L'humour fonctionne vraiment bien tout au long de la série. C'est tendre, souvent amusant dans les dialogues, mais aussi dans toute la mise en scène et dans les réactions des animaux. Il y a constamment cette énergie de film d'animation d'aventure à l'ancienne, avec des poursuites, des catastrophes, des personnages hauts en couleur et un rythme qui ne laisse jamais le temps de s'ennuyer. L'humour est lui aussi très efficace, avec un vrai sens de la mise en scène qui provoque souvent le rire ou un tendre sourire. Même les messages écologiques passent très naturellement, sans devenir moralisateurs. Cette série d'histoires en un tome m'a procuré exactement ce que j'attends d'une BD jeunesse d'aventure : du voyage, du dépaysement, de l'humour, des personnages attachants et surtout une énorme bonne humeur communicative. J'ai refermé chaque tome avec un vrai sentiment de joie satisfaite.
Akira
Akira est un manga avec lequel j’ai eu une expérience assez particulière. Au départ, j’avais la version couleur, mais je l’ai finalement revendue parce que je n’arrivais pas du tout à entrer dedans. Les couleurs étaient beaucoup trop flashy à mon goût et ça cassait complètement l’ambiance que j’attendais d’un univers aussi sombre et cyberpunk. Visuellement, ça me sortait constamment de la lecture au lieu de m’immerger dans l’histoire. Récemment, j’ai acheté l’édition originale en noir et blanc, et là ça a été une révélation. L’œuvre prend une toute autre dimension dans ce format. Les dessins de Katsuhiro Otomo sont absolument incroyables, avec un niveau de détail et une maîtrise des décors impressionnants. En noir et blanc, l’ambiance est beaucoup plus intense et naturelle, et on profite vraiment du travail graphique exceptionnel du manga. L’histoire elle-même est passionnante, avec un univers dense, une ambiance unique et des scènes qui restent gravées en tête longtemps après la lecture. C’est typiquement le genre de série que l’on peut lire puis relire en découvrant de nouveaux détails à chaque fois. Pour moi, Akira est clairement un classique incontournable, mais dans son édition noir et blanc originale. C’est dans ce format que le manga révèle vraiment toute sa puissance visuelle et son atmosphère.
Battle Royale
Battle Royale est un manga que j’ai beaucoup aimé. Dès le début, le rythme est extrêmement efficace et il se passe toujours quelque chose, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais pendant la lecture. Chaque volume apporte son lot de tensions, de trahisons, d’affrontements et de révélations, avec une ambiance de survie très prenante. Le manga est aussi particulièrement violent, autant dans les combats que dans l’ambiance générale. Certaines scènes sont vraiment brutales et ne cherchent clairement pas à adoucir ce qui se passe. Mais justement, cette violence participe énormément à la pression constante du récit et au côté imprévisible de l’histoire. On sent en permanence que n’importe quel personnage peut disparaître à tout moment. Je l’ai lu dans la version Deluxe, que j’ai trouvée vraiment agréable à parcourir. Le grand format met bien en valeur les dessins et rend les scènes d’action encore plus percutantes. Pour un manga aussi intense visuellement, c’est clairement une édition qui vaut le coup. Les dessins sont aussi vraiment sympas et collent parfaitement à l’ambiance du manga. Les expressions des personnages, les scènes d’action et les moments plus glauques sont très efficaces visuellement, ce qui rend la lecture encore plus immersive. Même si le concept est aujourd’hui très connu et souvent repris ailleurs, Battle Royale reste pour moi une référence du genre grâce à son rythme nerveux et à son efficacité du début à la fin.
La Quête d'Ewilan
C’est typiquement le genre de série qui fait replonger en enfance et qui touche assez facilement la corde sensible quand on apprécie la fantasy ado. On n’est pas sur quelque chose de révolutionnaire dans le genre, mais l’ensemble fonctionne vraiment bien grâce à des bases scénaristiques solides. On sent qu’il y a derrière une vraie œuvre construite et cohérente, avec un univers pensé en amont. Le système du Dessin apporte une mécanique de magie intéressante et assez originale, même si elle paraît parfois un peu sous-exploitée dans cette adaptation BD. Peut-être que certains aspects sont davantage développés dans les romans, mais même sans les avoir lus, le récit reste très fluide et agréable à suivre. Le rythme est bien trouvé : ça avance constamment sans donner l’impression de brûler les étapes ou de perdre le lecteur dans son univers. Les personnages sont rapidement attachants et évoluent de manière assez naturelle au fil de l’histoire. Graphiquement, ça correspond parfaitement à ce qu’on attend d’une BD fantasy jeunesse de qualité. Le dessin est précis et travaillé sans tomber dans la surcharge. Il y a une certaine rondeur dans les personnages et les décors qui accompagne bien le ton global du récit, plutôt doux malgré les enjeux. Les couleurs participent aussi beaucoup à ce côté accessible et immersif. À noter également que la série dérivée autour d’Ellana est vraiment qualitative. L’avoir lue avant apporte même une entrée assez intéressante dans cet univers, presque par une “porte dérobée”, avec un autre regard sur le monde et ses personnages.
La Prophétie des Deux Mondes
Très bonne série de fantasy, assez classique dans sa structure mais bien plus cohérente et maîtrisée que beaucoup d’œuvres du genre. On est clairement sur un récit initiatique avec prophétie, équilibre du monde et conflit de croyances, mais le choix de suivre les événements depuis les deux mondes apporte un vrai intérêt au scénario et évite une narration trop linéaire. La série soulève aussi quelques réflexions intéressantes autour du dogme, de la foi et de la manière dont les sociétés construisent leurs vérités, même si elle ne pousse pas l’aspect satirique aussi loin qu’un Alim le tanneur par exemple. Les personnages sont solides et fonctionnent bien dans l’univers proposé, sans forcément révolutionner les archétypes de la fantasy. La vraie force de la série reste surtout la cohérence globale : on sent une direction claire du début à la fin, avec une thématique bien tenue et un récit qui sait où il va. Ce n'est pas toujours le cas en BD fantasy. Graphiquement, le travail est vraiment réussi. Le dessin repose énormément sur le trait, avec quelque chose de très fin et détaillé plutôt que sur de gros aplats spectaculaires. Les couleurs viennent surtout renforcer les émotions et donner de la vie aux scènes sans jamais écraser le dessin. L’équilibre entre précision du trait et ambiance colorée fonctionne particulièrement bien et donne une identité visuelle assez marquante à la série. Une série qui plaira surtout aux amateurs de fantasy classique mais intelligente, avec un univers cohérent et une vraie identité graphique.
Tarzan par Hal Foster
Revenir au Tarzan de Foster n'est pas seulement une expérience de nostalgie ou d'archéologie. C'est pure justice et réparation historique. C'était le premier comic réaliste ou naturaliste et la première adaptation BD du Tarzan de E. R. Burroughs. Même sans lire les légendes, les aventures et les séquences se suivent facilement et les dessins possèdent charme et grande compétence artistique. Son influence continue de se faire sentir dans de nombreux comics jusqu'à aujourd'hui. En 1928, l’illustrateur publicitaire Harold Rudolf Foster est engagé pour transformer le roman d’Edgar Rice Burroughs Tarzan chez les singes en un comic de presse en noir et blanc de 60 épisodes. Au départ, aucun journal américain n’en veut, si bien qu’il est d’abord publié en Angleterre, où il remporte un grand succès. Quand la presse américaine change d’avis et demande davantage d’épisodes, Foster ne veut rien entendre. Ce n’est qu’en 1931 qu’il accepte d’illustrer un comic dominical en couleur et en pleine page, bien qu’il trouve ce travail très mal payé. Pendant sept ans, Tarzan devient le premier comic d’aventure et un des strips dominicaux favoris de l’Amérique. Les journaux se plaignent de ses excès de violence (critique que Burroughs contre en arguant que le succès de Tarzan provient du “faible qu’a l’humanité pour les situations horribles et sanglantes”) et de nudité (dans ses notes, l’auteur du script demandait “une bonne dose de nudité féminine”), mais les lecteurs, eux, sont captivés par les aventures de Tarzan avec des Égyptiens de l’Antiquité, des gangsters modernes, des Vikings, des dinosaures, des primates tueurs et une cohorte de reines et de princesses aguicheuses, jusqu’à ce que Foster passe la main à Burne Hogarth, à la mi-1937. L'intégrale de Taschen, en édition multilingue, dirigée par Dian Hanson, dont les pages sont reproduites à partir des journaux originaux, préserve la couleur et la texture du procédé d’impression tramée Benday typique des comics vintage. Le Tarzan de Hal Foster nous fait (re)vivre ces dimanches passés à plat-ventre sur le tapis du salon ou de la chambre avec une BD, plongés dans un univers exotique et trépident.