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Les dernier avis (85 avis)

Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série La Fuite du cerveau
La Fuite du cerveau

Un auteur qui nous fait sourire dès la préface et qui nous emmène dans un périple au pas de course. Un trio qui s'enfuit avec à ses trousses des hordes prêtes à tout pour s'emparer du cerveau d'Albert. Et notre brave Albert avec le crane vide, notre héros avec le cerveau d'Albert sous le bras et une chercheuse en neurologie parcourent le pays pour effectuer d'hypothétiques recherches. Toute cette histoire n'a vraiment rien de rationnelle, mais l'auteur a le talent pour nous emmener avec naturel dans cette aventure invraisemblable. Pas une seconde nous ne croyons à cette histoire mais nous sommes captés sans discontinuer jusqu'à la fin. Un ton humoristique tout au long de cette aventure y compris pour nous décrire la vie d'un hôpital ou d'une morgue, un enchainement d'évènements sans temps mort, des personnages hauts en couleur qui sont volontairement caricaturaux. Les situations nous réservent toujours des surprises avec des dialogues percutants et très drôles. Virevoltant, jubilatoire, un moment de lecture synonyme de plaisir. Avec cette bd Pierre Henry Gomont démontre qu'il est un conteur d'histoire vraie ou fausse et qui confirme que tous ses albums méritent d'être lus.

28/11/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

C'est un peu méfiant que je me suis lancé dans la lecture de cette série qui semble faire l'unanimité de la critique depuis sa sortie. D'une, je me méfie de ce genre d'album adulé qui souvent mène à la déception quand on le lit après tout le monde (on a tendance à en attendre beaucoup trop), et secondo je ne suis pas un grand fan des séries où les personnages sont des animaux anthropomorphes ; sorti de Blacksad, je reste très réservé. Mais force est de constater qu'il faut parfois se faire un peu violence et sortir de ses zones de confort pour tomber sur ce genre d'album des plus agréables. Rien que pour le dessin de Félix Delep (que je découvre), cette BD vaut le détour ! Son sens des décors et l'expressivité qu'il arrive à insuffler à ses animaux est magistrale ! Tout cela transpire déjà le vivant. Et quand on exploite tout cela dans une sorte de huis clos tendu, on obtient une petite pépite saisissante d'émotions. Que ce soit la peur, la colère, la révolte, mais aussi la joie, l'amour, la dérision, notre duo d'auteurs s'amuse avec cette basse cour à poser une palette de sentiments et d'émotions impressionnantes avec ces animaux pour personnages principaux. Il faut dire que le travail de personnalisation des animaux est très réussi. Cette "suite imaginaire" ou cette histoire inspirée de La Ferme des animaux d'Orwell fleure bon la très bonne série, espérons que Xavier Dorison saura mener à bien sa quête au fil des trois tomes suivants annoncés. Le pari est audacieux : renverser un pouvoir violent en place par la non-violence et la dérision, mais pourquoi pas... Je suis juste curieux de savoir comment et si tout cela peut être crédible. Alors messieurs, vite ! la suite ! *** tome 2 *** Après un premier tome très convaincant malgré mes réserves, j'attendais donc cette suite avec une certaine curiosité. Comment notre basse-cour inféodée à la poigne de fer de Silvio allait-elle réagir à la répression et la poigne de fer persistante et implacable de ce taureau despote ? Car l'option pacifiste étant de mise et un objectif central, dur de trouver les failles pour enfoncer le coin qui finirait par faire tomber cette main mise... Dans cet opus, les animaux de la ferme vont devoir tester leurs limites pour tenter d'arracher quelques droits et libertés. Maintenir la cohésion de groupe dans la souffrance, ravaler sa colère et ses rancœurs, dur quand la poigne de fer du pouvoir reste implacable et que chacun tremble non pas pour lui mais pour les siens. Miss Bengalore qui chapeaute cette insurrection pacifique aura bien du mal à se faire entendre et à aller au bout de ses convictions. Ce nouveau chapitre continue de nous faire réfléchir de façon intelligente sur la dictature et la résistance légitime qui en découle tout en nous faisant réfléchir. De prime abord, si tout un chacun se dit horrifié par ce système et prêt à luter contre (et encore...), combien serions nous à continuer la lutte quand nos proches ou des innocents paieraient cash le prix de notre insubordination ? C'est toute cette mécanique de la domination que dissèque cette série de façon fine et captivante. Le dessin de Félix Delep reste tout aussi magistral que dans le premier tome, nous faisant presque oublier que les personnages principaux sont des animaux. Un réel bonheur visuel qui nous réserve quelques planches de toute beauté ! Voilà un 2e tome tout aussi réussi que le premier et qui augure d'une série des plus réussies si la suite reste sur la même verve.

21/08/2020 (MAJ le 28/11/2020) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série RIP
RIP

Vous pensiez avoir le boulot le plus chiant ou difficile du monde ? Cette BD est faite pour vous ! Avec RIP, bienvenue chez les nettoyeurs de la mort ! Derrick et ses potes passent vider les maisons des personnes décédées sans famille de leurs effets personnels pour les vendre ensuite aux enchères. Travail de merde, vie de merde et collègues/potes qui suivent la même tangente : Derrick survit sa vie jusqu'au jour où lors d'une de ces journées de taff il tombe sur une bague de grande valeur, il décide de la voler... Et là, tout dérape... Ce premier tome de RIP est plus qu'une agréable surprise, tant au niveau graphisme que scénaristique. Julien Monier au dessin nous propose un coup de patte très personnel qui insuffle au récit concocté par Gaet's une atmosphère générale très réussie. Que ce soient les tronches des personnages ou les ambiances en fonction des lieux et de l'action, tout cela se tient et nous accroche au bout de quelques pages pour nous tenir en haleine jusqu'à la dernière page. Et la suite c'est pour quand ???!!! Car là, grosse frustration en refermant ce premier tome ! On veut savoir !!! Vous l'aurez compris, voilà un premier tome très réussi et qui n'appelle qu'une suite du même acabit pour nous ravir ! *** Tome 2 *** Ahhhh !!! Enfin la suite ! Car effectivement, si comme moi le premier tome vous a tapé dans l'oeil, vous ne pouviez que mourir d'impatience de découvrir cette suite ! Après Derrick, c'est au tour de Maurice. L'idée intéressante de cette série c'est justement de découvrir autour d'un même événement qui relie nos "nettoyeurs de la mort" le passé ou la face cachée de chacun d'entre eux. Et on peut dire qu'avec Maurice on a du lourd ! Le p'tit vieux effacé que tout le monde connaît en a sous la semelle et l'histoire de son passé nous fait mieux comprendre son côté taciturne et son comportement à la fin du premier album. Mais ça, je vous laisserai le plaisir de le découvrir. C'est là que Gaet's est très fort au scénario, car non seulement il nous éclaire avec cet album sur les événements passés du premier album, mais il relance également une intrigue plus large en semant tel un petit Poucet ses petits cailloux pour les tomes à venir. Comme pour le premier opus, il s'amuse à égrener au fil des chapitres qui divisent l'album de citations bien senties et toutes plus diverses de par leurs origines pour nous mettre en appétit. Voilà une narration très maîtrisée ! Côté dessin, Julien Monier rempile de façon toujours aussi efficace avec ce trait singulier qui fait sa marque de fabrique pour cette série, en distillant des ambiances qui assoient tranquillement mais sûrement l'histoire de notre équipe de choc. Il ne reste plus qu'à espérer que les prochains tomes annoncés soient du même acabit pour notre plus grand plaisir ! *** Tome 3 *** Avec "Ahmed ", nous avons le bonheur de retrouver notre folle équipée sauvage, mais cette fois-ci par la bande. C'est en effet le mystérieux Ahmed qui va se dévoiler et nous permettre de comprendre un peu mieux ce qu'il fait au milieu de cette troupe hétéroclite. Je ne vous gâcherais pas le plaisir de le découvrir par vous même, mais une fois de plus avec ce troisième opus, Gaet's et Julien Monier nous montrent une nouvelle facette de leur savoir faire et enfoncent le clou de leur récit choral. Chaque face cachée d'un personnage permet de mettre en lumière les autres et de faire avancer la trame principale. C'est malin, finement construit, avec toujours en fil conducteur cette ambiance assez délétère qui caractérise cette série. Une belle mise en lumière de la noirceur de l'âme humaine... Ahmed l'apprendra a ses dépends. Voilà en tout cas un troisième tome qui assied tranquillement cette série en imposant sa marque de fabrique avec une construction au cordeau, des personnages bien sentis et ce petit côté irrévérencieux qui transpire au fil des chapitres.

02/12/2018 (MAJ le 28/11/2020) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Privilège des dieux
Le Privilège des dieux

Geoffroy Monde serait-il un génie (encore trop) méconnu ? Il fallait tout de même une certaine audace pour s’attaquer au mythe de Prométhée, et Monde n’en manque pas ! Son génie, peut-être, viendrait du fait qu’il a réussi à se l’approprier totalement, en le passant à la moulinette de son brillant cerveau malade, et ce, pour notre plus grand bonheur. Geoffroy Monde appartient assurément à cette catégorie d’auteurs qui ne fait rien de ce qu’on attend de lui, et c’est en toute logique qu’il a accepté de travailler avec ces brindezingues de Requins marteaux. En outre, quand il s’est agi d’étoffer leur collection « BD cul » au format poche, pratique à tenir d’une seule main (mais pas que), notre joyeux créatif à l’imagination débridée ne s’est pas fait prier, il a même invoqué les dieux de l’Olympe ! « Le Privilège des dieux » commence avec Prométhée, un titan — l’auteur semble avoir décidément une passion pour les géants, qui tiennent déjà une place centrale dans « Poussière ». Et comme dans la série, ces géants ne veulent que du bien aux humains. Selon le mythe, Prométhée déroba le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains et le paya chèrement par la suite, sauf qu’ici, Prométhée fait don de sa personne au sens propre du terme, et le feu en question n’est rien d’autre que sa précieuse semence. Ce qui donnera lieu, on peut s’en douter, à quelques scènes pittoresques, d’autant que le titan n’attend pas le consentement de ses victimes, mais s’il y bien des actes de viol, le traitement humoristique permet d’éluder toute idée de violence ou de souffrance. Un exercice délicat que l’auteur gère parfaitement. Ainsi, le supplice de Prométhée sera beaucoup moins pénible — Geoffroy Monde ne fait pas dans le gore et on lui en sait gré — mais ce personnage va dès lors vite être éclipsé au profit de Mercure, qui se verra confier par les dieux la mission de récupérer ce « cadeau » accordé à toute l’humanité par Prométhée. Le même processus mais à l’envers. Curieusement, Mercure est un dieu romain et on se demande un peu ce qu’il fout sur l’Olympe, mais l’auteur n’est pas à un anachronisme près, d’autant qu’on l’a bien compris, tout est permis ici, on est clairement dans le décalage et l’absurde ! D’ailleurs, il ne faudra pas chercher à tout comprendre. Si l’on y voit pas mal de références, certaines ne feront sens que pour l’auteur, si tant est qu’il y en ait un. Le feu sacré de la connaissance est donc ramené ici à une allégorie altruiste de la liqueur séminale masculine, un « feu de la connaissance » qui vous remue et vous chauffe les entrailles en règle et fournira à notre beau gosse bien musclé et bien membré qu’est Mercure — contrairement à Prométhée dont paradoxalement on ne distingue qu’une chaste protubérance — le prétexte idéal pour conquérir les foules et tirer sa crampe partout où il passe… et avec le ou la premier(e) venu(e), jeune, vieux, beau, moche, chauve ou chevelu... Loin du mythe, Mercure est passé du statut de dieu du commerce et de messager ailé à celui de queutard insatiable et expert dans l’art du plaisir. Ses « superpouvoirs » lui permettront de forniquer avec l’humanité entière – pour cela, il vaut mieux être bissexuel — pendant 1.000 ans, de l’Antiquité à nos jours (sic)…. Meilleur WTF du récit, il connaîtra même le grand amour avec Elliott Ness… Menée tambour battant, cette épopée drolatique ne cesse tout au long du récit de prendre le lecteur par surprise (un peu à la façon de Mercure, qui déboule sans crier gare avec son énorme chibre pointé vers le ciel). Le lecteur est bringuebalé dans un tourbillon de rebondissements à travers les époques et dans mille lieux différents, sur un rythme démentiel accentué par moult ellipses chronologiques. C’est très souvent saisissant, parfois drôle, mais toujours jubilatoire. Cet OVNI éditorial, qui équivaut à une prise de champignons hallucinogènes, a le mérite de transcender les codes du manga en y intégrant façon puzzle cet humour au 38e degré si européen, et c’est sans doute là que réside une grande partie du génie de Geoffroy Monde. Un petit must de pop-culture qui, comme toujours chez cet auteur décidément intéressant, reste très graphique, à la fois dans le dessin et la mise en page, où le sexe tout en étant outrancier reste « présentable », où les attributs sexuels apparaissent tels des friandises alléchantes. « Le Privilège des dieux », objet insignifiant au premier abord par son format poche, se révèle un étonnant voyage à bord d’un roller-coaster lancé à grande vitesse, une échappée foutraque et ludique dans une extravagante fête foraine débordant de tentations, où les péripéties en cascade finissent par donner le tournis. Heureusement, on peut se réconforter très souvent avec une sucette démesurée aux couleurs acidulées. On ne sait si Geoffroy Monde a voulu produire là un manifeste hédoniste ou un simple objet de divertissement, mais nom de DIEU une chose est sûre, nous avons là un vrai PRIVILÈGE de lecteur ! Un lecteur qui pourra se délecter de ce « feu sacré », toutes sexualités confondues bien sûr !

27/11/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Testament du Capitaine Crown
Le Testament du Capitaine Crown

Le capitaine Alexander Crown, ce sinistre pirate patibulaire est décédé. Il a vraisemblablement été torturé et exécuté pour obtenir de lui, qu’il révèle à son assassin la cache de son fabuleux trésor. Sans succès à priori. Son second, Red - c’est son nom - est en charge de l’exécution de son testament. Il réunit donc ses cinq enfants, ses cinq héritiers, ses cinq bâtards pour les mener à l’or du galion espagnol la perla de Oro, le magot du père maudit ! Le problème, et il est de taille, c’est sans doute un dès rejetons qui a tué son père ! Bonjour les retrouvailles familiales ! C’est juste jubilatoire cette atmosphère délétère entre les frères et la sœur. Ils se suspectent les uns et les autres. Nous voilà replongé dans « Usual Suspect » au temps des pirates. Que c’est bon. De la première page à la dernière page, il n’y a pas de temps mort. Le suspens ne s’essouffle pas. La brochette de personnages est exquise. Les coups de théâtres sont nombreux. Parfait ! Le trait de Patrick Hénaff – déjà vu dans « Hedge fund » - fait merveille. Voilà un graphisme juste parfait comme j’aime. Les décors sont travaillés. Les navires sont extrêmement fouillés. Il y a du talent assurément. Si l’on compare avec la série « Long John Silver », à mon humble avis, cette série est un ton au-dessus. La colorisation mérite d’être soulignée. Les scènes maritimes et celles de nuit sont admirables. Je ne suis pas trop adepte des BD liées à la piraterie avec son éternelle chasse au trésor. Mais avec ce diptyque et ses héros bien sombres, je me suis régalé. J’ai dévoré ces deux albums d’une seule traite. Impossible de faire autrement. Vous êtes obligés de suivre le rythme ! Je recommande sans modération.

27/11/2020 (modifier)
Couverture de la série Un Amour exemplaire
Un Amour exemplaire

Je ne m'attendais vraiment à rien en prenant cette BD. Et comme cela arrive des fois, j'ai passé un très beau moment. On suit deux temps dans la narration. Celui des auteurs rapidement rejoints par les clients alentours. Et dans le passé celui de notre couple de héros romantiques. Tout cela est servi de manière vive avec pleins de louches de nostalgie saupoudré d'humour et de sentiments contraires. On navigue entre sourires et émotions tout le long. Le dessin à gros nez de F.Cestac souligne bien la farce de tout ceci... Miam.

27/11/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série The Autumnlands
The Autumnlands

Si le premier tome nous plonge dans un univers d'heroic-fantasy intéressant mais doté d'une intrigue de base pas fondamentalement originale, c'est surtout avec le second tome que cette série prend des chemins nouveaux qui ont achevé de me convaincre et m'ont fortement donné envie de lire la suite. Cela se passe sur une planète où les peuples sont des animaux anthropomorphes. Chaque race animale correspond à une race de ce monde de fantasy, la plupart se côtoyant en bonne harmonie. Certaines d'entre eux vivent de manière privilégiée, utilisant la magie pour bâtir et faire voler des cités entières tandis que les races moindres restent à terre. Seulement, la magie ambiante tend à disparaitre de plus en plus. Pour contrecarrer ce destin inéluctable, des mages puissants se regroupent pour tenter d'invoquer un grand champion qui, d'après la légende, serait capable de faire jaillir de nouveau la magie. Ce puissant sortilège va en réalité chercher dans le temps un soldat humain issu d'une guerre futuriste… du passé, d'avant l'ère de la magie et des races animales. Le premier tome raconte les conséquences de ce sort et les premières actions de ce guerrier humain au caractère renfermé et peu empathique qui à la fois découvre ce monde et doit jongler avec le risque d'une minable manipulation politique d'un sorcier ambitieux et d'une attaque par une dangereuse race de combattants bisons. C'est donc une histoire de stratégie militaire et d'un peu de politique. La découverte de ce monde et de cette société hiérarchisée est intéressante mais ce premier tome est surtout une mise en bouche. C'est dans le second tome que la vraie originalité apparait quand on réalise qu'on est en plein récit de Science-Fantasy et que ce monde surprenant est en réalité plus complexe que le seul premier tome le laissait penser. Dans cet album là, l'histoire prend un chemin bien différent du premier. Fini les luttes de pouvoirs politiques, le Champion humain se retrouve seul avec un unique compagnon, un jeune apprenti-mage qui est aussi le narrateur du comics depuis le premier tome. Et ils arpentent ensemble le monde à pied, d'abord comme un classique et plaisant récit d'heroic-fantasy puis ensuite avec une part de science-fiction bien plus importante, celle-ci étant parfois pleine de surprises. Les héros y gagnent surtout beaucoup en charisme et en profondeur, de même que les différentes personnages secondaires. Au passage, le Champion qui m'était un peu antipathique car trop distant dans le premier tome devient ici davantage sympathique. Le tout est soutenu par un excellent dessin. Benjamin Dewey est expert dans la représentation de personnages animaux, et il s'occupe d'ailleurs aussi de la série Bêtes de somme. Il offre ici des planches superbes, aussi bien pour ce qui est des décors que de ces différentes races animalières. Il y a un vrai boulot et le résultat vaut le coup d'œil tout en étant très fluide à la lecture. Chacun des volumes publié à ce jour forme une histoire avec un début et ce qu'on peut considérer comme une fin, mais ils m'ont donné très envie de lire la suite et d'en apprendre davantage sur ce monde et sur le devenir du Champion et de son jeune compagnon. Il faut toutefois savoir que le troisième volume de la série peine à sortir du fait d'une maladie du scénariste, Kurt Busiek. Cela fait trois ans qu'il est attendu et j'ai lu qu'il avait été entamé il y a un peu plus d'un an, mais je n'en ai pas trouvé davantage de nouvelles depuis. J'espère qu'il sortira bien un jour et que s'il ne clôt pas la série, le ou les volumes suivants mettront moins de temps à paraitre.

27/11/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Garance
Garance

J’ai lu cet album avec mes deux garçons (8 ans et 10 ans) et ils ont beaucoup aimé. Je pense qu’ils ont plutôt pris les aventures de Léopold et Garance au premier degré (comme une histoire fantastique donc) et que la deuxième interprétation leur est un peu passée au-dessus de la tête. En fin de lecture je leur ai parlé de cette autre façon de voir les choses, et ça les a fait réfléchir (un peu). Quoi qu’il en soit, ils ont passé un excellent moment de lecture, rempli de tendresse et d’humour. L’album se lit vite (30 pages et finalement assez peu de textes), mais ce n’est selon moi pas un défaut pour une publication jeunesse. La mise en image est superbe, avec un trait arrondi et des visages un peu typés manga « super-deformed », et des belles couleurs pastelles. Je recommande.

27/11/2020 (modifier)
Couverture de la série Aliss
Aliss

Il y a fort à parier que la sortie d’Aliss en BD fera parler d’elle. Déjà, à son annonce, voilà 2 ans, avait fait grand bruit. Les raisons sont multiples. Patrick Senécal, le romancier d’horreur favori des Québécois sera enfin adapté en BD et pour ce faire, rien de mieux que de prendre un de ces premiers romans. Un roman culte qui a fait parler de lui et fait toujours parler de lui 20 ans plus tard. Et, cette adaptation, sera faite par Jeik Dion, un auteur de BD qui ne demandait qu’à exploser au public. La combinaison semblait parfaite, et les attentes dans le milieu étaient grandes. Le résultat est-il à la hauteur ? Il les dépasse selon moi ! L’histoire d’Aliss est simple. L’auteur fait une relecture de l’histoire d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Il transporte l’histoire à une époque contemporaine dans un milieu urbain sombre, angoissant et dangereux et transforme Aliss en une jeune femme cherchant son identité dans ce monde qui n’est pas pour elle. Et cette quête initiatique d’Aliss dans la recherche de son moi se fera dans un univers où l’interdit est inexistant, pire est encouragé par La Reine Rouge qui domine ce monde en le forgeant à son image. Les étapes de cette quête seront difficiles pour Aliss. Pour se découvrir, elle passera par la drogue, le sexe, la peur, la violence. Tout au long de l’histoire, elle ne cessera de se déguiser pour essayer de se trouver. L’auteur pour se faire ne se permet aucune censure. Ici, tout est écrit, imagé. Le sexe est sale, les lieux sont délabrés, les personnages sont tordus, la violence est crue. L’interdit n’existe pas dans le monde d’Aliss comme dans l’écriture de son auteur. Le pari était donc grand. Comment réussir à adapter, aussi fidèlement que possible, une histoire aussi trash, imagée en BD ? Comment réussir à faire pénétrer le lecteur ou la lectrice dans ce monde malsain ? Tout cela pour le plus large public possible ! Et c’est là que la magie de Jeik Dion rentre en jeu. L’histoire d’Aliss en BD passe avant tout par le dessin magistral du dessinateur. Par sa capacité à le faire parler, à le rendre vivant sous nos yeux. Par le talent de pouvoir nous faire rentrer dans ce monde de violence, de sexe, de drogue, de terreur sans rien omettre, mais de toujours être capable de rendre ça tolérable pour les yeux sans enlever le côté malaisant de l’histoire. C’est aussi ce pouvoir de sa mise en scène avec ce cadrage qui fait sortir les images de leur case pour la création de cette ambiance terne et urbaine du roman. Jeik le fait à la perfection. Il joue tout aussi bien avec les couleurs, les ombres et les lumières pour magnifier son dessin. Pour le rendre encore plus vivant. Le pari est grandement réussi ! Ce n’est pas un secret pour les gens qui me connaissent, je suis un grand admirateur de l’œuvre de Jeik Dion. Je crie haut et fort, et cela depuis longtemps, qu’il est l’un de nos plus grands dessinateurs du Québec. Son style est une mosaïque de plusieurs influences. On ressent et l’on voit du Otomo pour cette grande capacité à faire parler son dessin comme seuls les grands savent le faire. On voit un peu de Shirow pour les personnages aux traits gros. On sent l’influence de Moebius et Druillet dans son trait, mais aussi dans l’attitude, dans la volonté de faire éclater la BD. Ses influences américaines sont bien visibles aussi, je vous laisse le plaisir de les découvrir. C’est un dessinateur complexe, brillant, qui joue avec tous les éléments possibles. C’est un artiste qui s’amuse avec le dessin et c’est probablement sa plus grande qualité. De pouvoir sentir son cœur, sa passion dans chaque coup de crayon. Et c’est aussi le seul défaut de cette BD à mes yeux. Car, comme Bone et Chair, j’ai cherché l’âme de Jeik Dion dans cette BD et je n’ai trouvé que son cœur. Tel que Verrue, Jeik est arrivé à maturité. Il est temps pour lui de construire son univers. De nous présenter ses histoires, ses émotions, son âme. De voler de ses propres ailes et faire exploser son talent de créateur. Car c’est évident que ça bouillonne en lui ce désir. Il ne lui reste, maintenant, plus qu’à saisir l’élan qu’Aliss lui donnera, pour prendre la place qu’il mérite dans la BD, celle d’un grand créateur et dessinateur. Aliss c’est une réussite. Une adaptation fidèle et brillante. C’est pour un public averti bien entendu. Il ne vous reste qu’une seule chose à faire. Attendre sa sortie en librairie et courir l’acheter. La BD est le neuvième art et cette BD est une magnifique œuvre d’art qui laissera sa trace dans le monde de la BD.

26/11/2020 (modifier)
Par DCD
Note: 4/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Astérix et Obélix étaient mon rendez-vous estival depuis que je suis en âge de lire. Chaque grandes vacances passées chez mes grands-parents, avec ma sœur, mon cousin et ma cousine, entre deux escapades en forêts ou à la ferme, il y avait un temps mort à passer avec ces rares BD que possédaient mon papi et ma mamie. Alors bien sûr, mon avis est teinté de nostalgie, mais comprenez que j'ai eu la chance que tous mes proches, plus âgés que moi, m'expliquent les jeux de mots, même les plus difficiles : "Que fait César ? Il affranchit le rubicon". Sidérant ! De fait, Astérix est entré de suite dans mes BD préférées (il y en avait peu d'autres à l'époque à vrai dire) et ce n'est pas le premier album (mal dessiné et un peu plat) ni les albums écrits par Uderzo (qui oscillent de mauvais à très mauvais) qui me feront changer d'avis, même s'ils me font baisser ma note à 4. Car Astérix était avant tout Goscinny. Tenez le vous pour dit.

25/11/2020 (modifier)