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Les derniers avis (13 avis)

Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Des vivants
Des vivants

La couverture n'est pas spécialement avenante mais au moins donne la couleur. Car j'ai en effet beaucoup aimé la colorisation de Simon Roussy, du feutre j'imagine dont on voit parfois les hachures, aux teintes irréelles mais c'est joli. Pour ce qui est de l'histoire sur laquelle je n'avais rien lu avant, elle porte sur le réseau de résistance mis en place au cœur du musée de l'Homme à Paris lors de la Seconde guerre mondiale. Ce musée venait d'ouvrir quelques années avant le conflit, alors en pleine montée en puissance du nazisme et comme un pied de nez aux thèses racialistes outre-Rhin. Ancien musée ethnographique au Trocadéro, il devient musée de l'Homme sous l'impulsion de Paul Rivet pour présenter à tous que la notion de race n'existe pas. Une fois la guerre réellement active à l'ouest à partir de mai la France est balayée et se résout à la reddition en juin 40 à travers Pétain. Un des rares musées si ce n'est le seul qui tient à rester ouvert comme si de rien n'était quand les Allemands entrent dans un Paris déserté. Ils ont bien sûr organisé auparavant la mise à l'abri de certaines pièces. Jamais entendu parler de ce réseau de résistance avant pour tout dire, pourtant ce serait un des premiers à se former, à l'origine même du mot résistance diffusé dans un tract. Parmi ses membres des intellectuels travaillant au musée tels Boris Vildé, d'origine russe et faux air d'Emmanuel Macron, Lewitsky, Yvonne Oddon et d'autres plus ou moins actifs comme Claude Aveline qui se fait narrateur sur quelques pages. L'originalité tient aussi au fait que tous les textes et dialogues sont réels, tirés d'ouvrages, de lettres etc. dont l'abondante bibliographie est donnée en fin d'ouvrage. Pas toujours constant ni facile de s'y retrouver dans tous… (lire plus)

06/12/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Monde sans fin
Le Monde sans fin

« Nous ne connaîtrons pas un monde qui prolongera la tendance que nous avons connue dans le passé ». Le constat est sans appel. Comme nous le rappellent quotidiennement les informations, les catastrophes climatiques se répètent plus fréquemment et plus violemment, et l’activité humaine conduit inexorablement à la destruction du vivant, menaçant l’existence même de l’humanité. Le monde arrive à un point de basculement, et nous n’aurons pas d’autre choix que de suivre une voie radicalement différente pour préserver la planète et éviter d’aller droit dans le mur. C’est ce que nous dit en substance cet excellent ouvrage concocté par Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain. Jean-Marc Jancovici, brillant polytechnicien-conférencier engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique, est le fondateur de Carbone 4, cabinet de conseil spécialisé dans la stratégie carbone, et de The Shift Project, laboratoire d’idées (ou « think tank » pour ceux qui préfèrent un terme anglais) dont l’objectif est de réduire la part des énergies fossiles dans l’économie. Le fameux « bilan carbone », c’est lui-même qui en est à l’origine ! Quant à Christophe Blain, vous le connaissez sans doute déjà puisqu’il est (notamment) le co-auteur, avec Abel Lanzac au scénario, du formidable diptyque « Quai d’Orsay ». Les deux hommes se sont donc associés pour produire ce passionnant essai en s’appuyant sur les plus récentes données socio-économiques et scientifiques. Comme on peut le voir ici, la « data », ce ne sont pas seulement des lignes de chiffres arides dans des tableaux excel. Tout dépend de la façon dont on les utilise, et c’est bien là que réside le talent de Blain, qui parvient à nous captiver, non seulement en rendant les graphes plus parlants mais aussi en nous faisant sourire avec ses « crobards » vifs et facétieux, voire en provoquant quelques fou-rires.… (lire plus)

06/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle

« Jean Doux et le mystère de la disquette molle », rien que le titre est tout un programme. Ce ne sera pas une lecture qui me restera en mémoire mais j’ai quand même passé un bon moment. Moi même ayant grandi dans les années 90, je me suis bien marré devant les traits d’humour de l’auteur qui prend un malin plaisir à basher cette décennie. J’étais mort de rire devant cette galerie de personnages qui ont tous un nom composé à base de Jean ou Jeanne, même le chien s’appelle « Jean-Iench », et qui sont tous de bon gros clichés de l’employé de base en open space. Aujourd’hui c’est la start up ou les entrepreneurs le truc à la mode, dans les 90’s c’était l’open space le top moumoute branché du monde salarial. Cela m’a d’ailleurs fait penser à cette comédie culte mais totalement inconnue en France, « Office Space » (« 35 heures, c’est déjà trop » en québécois), sujette à de nombreux meme sur le net. Après l’intrigue est assez déconnante voire délirante à partir de la seconde moitié, mais sans franchir la barrière du n’importe quoi. Le côté surréaliste ne m’a pas gêné, on est à la fois dans le polar et le registre humoristique. Le dessin proposé est dans le ton du récit, quoique puisqu’on est dans les 90’s je l’aurais vu davantage « pixelisé », façon 8 ou 16 bits, tandis que là je lui trouve un côté encore plus vintage, 80’s.

06/12/2021 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Sous les galets la plage
Sous les galets la plage

Élégant, émoustillant et malin : Rabaté est en grande forme. Le dessin d'abord : le trait noir et fragile (et tellement humain !) rehaussé d'un ombrage de pèche sur les peaux. La couleur atténuée, presque bicolore bleu pâle et bistre. Dans l'ensemble une sorte de clarté lunaire qui rappelle peut-être un passé glorieux à l'auteur, les années 60. Ce décor surexposé met en scène la confrontation de brocanteurs douteux et issus de parcours peu enviables avec la jeunesse dorée d'un village de bord de mer. Dans ce scénario, vaguement anarchiste, où les enfants des rupins s'encanaillent, un seul se rebelle véritablement contre son avenir de militaire fils de gradé. C'est l'amour impromptu qui fait dérailler les projets et l'ordre social en même temps. Comme on aimerait que cette historiette puisse être vraie... Peut-être l'est-elle finalement ?

05/12/2021 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Revanche (The Hootchie Coochie)
Revanche (The Hootchie Coochie)

Un western hors norme, nous avons un colt 45 et un héros qui sait le manier mieux que tout le monde, les codes du genre sont donc respectés mais le traitement de notre histoire sort des standards que nous avons l'habitude de lire. Notre héros est emprisonné pendant toute l'histoire et à l'aide de flash-back, nous découvrons qui est cet homme. Son passé militaire le pousse à se racheter en aidant les plus pauvres et rendre une justice personnelle dans un pays où la loi du plus fort est la règle. Deux histoires sont imbriquées, l'auteur nous guide patiemment et au fil des pages et nous comprenons de plus en plus les événements qui ont conduit à l'arrestation de notre tueur à gages et des adversaires des forces de l'ordre. Le départ de cette aventure est muet, mettant en évidence un style graphique et la qualité du dessin. Le dessin est encore plus original que le scénario, le rythme de lecture varie suivant les passages parfois sans parole ou des doubles pages qui invitent parfois à l'analyse des graphiques ou un dessin minimaliste. Un noir et blanc qui participe à l'ambiance de far west avec tous ces visages abîmés par leurs vies qui ne leur épargnent rien. Un niveau de qualité scénaristique et visuel surprenant, je ne connaissais pas cet auteur. Un album acheté sur le stand de l'éditeur qui me l'a présenté comme faisant partie d'une trilogie dont le thème est l'enfermement le premier album est Renégat et le second Revanche.

04/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Soda
Soda

Je m'étais promis de dédier mon centième avis à Linda mon très bel avatar. Soda est ma série crevette. Je coupe la tête et la queue, je déguste le reste. La tête, à cause des dessins de Luc Warnant que je trouve brouillons accompagnés de couleurs bien fades. La queue à cause du scénario de Tome à la théorie très complotiste sur le 11/9 que je ne partage pas du tout. Il y a bien aussi ce "macaques à Spanish harlem" qui abîme la belle bouche de Linda en T3 p18. Pour le reste c'est un délice. Les dessins de Gazzotti me plaisent beaucoup. Dynamiques, rythmés des dessins qui prennent toutes leurs vigueurs au fil des albums surtout pour les personnages secondaires importants comme Linda ou Pronzini. Dans un autre style j'apprécie le dessin de Dan qui colle bien à l'atmosphère très sombre du T13. Les couleurs pâlottes au début prennent heureusement de la force à partir du T4. J'aime beaucoup le travail de Tome sur ses scénarii bien élaborés. Le costume de pasteur est une trouvaille dans un pays où être pasteur est une marque de prestige respectée. Cela ouvre à Solomon un champ d'actions imprévues dans les églises ou monastères de façons sympathiques, amusantes et crédibles. Mais en parallèle du lieutenant Solomon, la vedette est la ville de NY. Une ville croquée sur plusieurs époques, des maires Koch, Dinkins et Giuliani. Trois époques bien différentes et bien marquées dans la série. Koch avec un NY à la mauvaise réputation et des affaires de corruptions supposées faisant les délices des auteurs. Puis l'épisode sur Dinkins que j'aime beaucoup, annonçant un attentat du type Boston. Puis la période du "zero tolerance" de Giuliani qui rend Ny "trop propre" au goût de Soda (T12 P17). Cela se traduit dans les scenarii… (lire plus)

02/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Nous étions les ennemis
Nous étions les ennemis

Du sujet je connaissais quelques bribes, mais sans en connaitre les détails, ni l’ampleur exacte. Et c’est le principal mérite de cet album de rappeler – au travers de l’expérience et du témoignage de George Takei – cette page peu glorieuse de l’histoire américaine, dans laquelle l’hystérie liée à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor a été exploitée par des hommes politiques opportunistes, sur fond de racisme (je passe sur les vautours rachetant à vil prix les biens des Japonais au moment de leur déportation). Le sort réservé aux Japonais a presque un caractère universel, tant l’hypocrisie de la démocratie a ici été placée bien haut, sous couvert de défendre ses valeurs. Mais le récit personnel, la vision de l’enfant qu’était George Takei, mêlée à celle de son père transmis par le même George, rend plus vivant et concret ce triste épisode – et écorne un peu l’auréole de Roosevelt. Tout ceci se marie bien avec la grande histoire. Seuls les passages (vers la fin) insistant sur la carrière hollywoodienne de Takei, m’ont moins intéressé. Le dessin n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais ça passe, c’est une sorte de manga pas trop forcé, avec très peu de décor et arrière-plan. La lecture est, elle, fluide et intéressante, c’est donc une lecture recommandable.

02/12/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Ex Machina
Ex Machina

Cet avis porte sur l’album « Ex Machina » - les cent premiers jours - qui est une ancienne édition parue chez les éditions USA qui comprend la série mère du numéro 1 à 5. Je ne savais pas trop d’en quoi j’allais m’embarquer. Mais je n’ai pas froid aux yeux donc j’ai plongé sans trop savoir à quoi m’attendre. Une chose est sûre, je suis ravi de cette découverte. Nous sommes dans le monde des supers héros sans être dans celui de Marvel. Rien n’est outrancier et excessif. C’est brillant. Les auteurs ont été entreprenants en sortant des sentiers battus. Nous sommes entre le thriller et la science-fiction. C’est efficace et terriblement adroit ce mélange des genres. Mitchell Hundred découvre une étrange machine sous l’eau sous le pont de Brooklyn. L’engin lui explose à la figure. Depuis celle-ci, il a un pouvoir incroyable, il peut parler avec les machines ! Et les machines lui obéissent ! Il peut ainsi ordonner à sa télévision de s’allumer rien qu’avec sa voix ! Hey hey pas mal ça quand on ne trouve pas la télécommande. Avec l’aide d’un pote – Kremelin – il se fabrique un costar sur mesure de super héros … Ex Machina. Très vite il raccroche – à priori après les attentats du 11 septembre 2001 - pour devenir le maire de la ville de New York. Cela me plait bien. J’accroche. Je ne veux / peux pas lâcher l’album. C’est prenant. Il y a du rythme, cadencé par de nombreux flash-back et par un découpage tout sauf figé. Visuellement c'est parfait. Entre les meurtres à élucider et la jeunesse de notre ex super héros on se laisser aisément transporter. Ambiance bien noire relayée par une colorisation sombre du meilleur goût avec une kyrielle de personnes très intéressants. Le… (lire plus)

02/12/2021 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Omaha, danseuse féline
Omaha, danseuse féline

J'ai enfin fini de lire les quatre volumes de l'intégrale de Omaha réédité par Tabou, dans de magnifiques livres superbement reliés et compilant des introduction de Reed Waller, Jim Vance ou Neil Gaiman qui éclairent sur la série et son apport au monde du comics. Rien que cette réédition vaut à elle seul le détour, à mon gout, les albums remettant les épisodes dans l'ordre chronologique, ce qui permet aussi de constater l'évolution du trait de Reed Waller, la série s'étant tout de même étalée sur plusieurs années. D'autre part, ces introductions éclairent aussi sur la BD en elle-même, entre les interactions de Reed Waller et Kate Worley, amants à la vie, qui apportèrent du poids aux personnages, mais aussi la question de la censure des comics underground, qui se retrouve en filigrane du récit (mais transposé sur la censure des strip-club). Bref, le récit se suffit à lui-seul, mais de connaitre les récits autour permet de mieux en saisir le message, l'importance qu'il a eu et l'impact culturel de Omaha. Parce que oui, ce comics a eu tout de même son petit impact. Principalement, je pense, pour l'esprit subversif qu'il défendait dans une Amérique Réganienne aux fortes valeurs conservatrices. Car même si le récit est à ranger dans le rayon érotique, je trouve que Neil Gaiman le décrit bien en parlant de récit qui suit la vie de personnes sans couper le moment où ils couchent ensemble. Et, comme il le souligne ensuite, lorsque c'est fait aussi naturellement et sans tabou, on en vient à se demander pourquoi cette sexualité non-exceptionnelle est perpétuellement cachée dans les autres œuvres. A une période où la censure du moindre bout de sein sur Facebook ou sur Youtube est devenue la norme, où le modèle Etat-Unien de morale et de pudibonderie atteint un… (lire plus)

02/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage en Italie
Le Voyage en Italie

En lisant le tome 2 avant le 1, commande oblige, j'ai trouvé la lecture plus facile. C'est un peu de la triche mais cela permet de rentrer immédiatement dans l'histoire en connaissant bien ce « Ménage à trois ». Voilà un triangle amical et amoureux à la fois soudé mais aussi détruit par la guerre. Insaisissable Shirley, la femme aux multiples métamorphoses qui s'engage mais se dérobe aux moments décisifs. A vouloir trop maîtriser on peut passer à côté de son histoire. Art lui, accepte ce qui se présente "ne te projette pas Art" bien lui en fasse. Une exploration des comportements suite à des chocs d’expériences de vie traumatisantes de la guerre mais pas seulement. Un scénario toujours fouillé abordant des thèmes assez sensibles sans jugement de la part de Cosey. Sur le thème de l'avortement cela fait presque contrepoids avec Zeke raconte des histoires. Des paysages des Rocheuses ou des falaises italiennes. Des lumières ou des nuits pluvieuses qui donnent des ambiances à vouloir prendre le premier vol pour Denver ou Tarente. Une très bonne BD signée par maître Cosey.

02/12/2021 (modifier)