Les derniers avis (69 avis)

Par Hub
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta
1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta

Lorsque j’ai commencé, j’avais beaucoup d’attentes car Dorison est un de mes auteurs préférés, et il ne m’a pas déçu. Avec 1629, Dorison livre un récit captivant et terriblement oppressant, une œuvre qu’on ne lâche pas facilement tant on est happé par la tension dramatique et la noirceur du propos. Dès les premières pages, le ton est donné : derrière le récit historique de naufragés se dessine une véritable réflexion sur la nature humaine, la violence et la manière dont l’homme peut basculer dans la barbarie lorsque toute structure sociale disparaît. Le prologue évoque notamment "l’effet Lucifer”, cette théorie psychologique selon laquelle des individus ordinaires peuvent commettre les pires atrocités selon le contexte dans lequel ils évoluent. Cette idée imprègne les 2 albums et donne au récit une profondeur glaçante. Plus qu’un simple récit de survie, 1629 devient une démonstration implacable de la fragilité de la morale humaine face au chaos. Le scénario de Dorison est d’une efficacité redoutable : maîtrisé, intense, sans temps mort. Il installe progressivement un climat de tension qui devient de plus en plus étouffant, jusqu’à rendre la lecture presque suffocante. On assiste, fasciné et horrifié, à la montée de la cruauté et à l’effondrement de toute humanité. Graphiquement, Montaigne accompagne ce récit avec un immense talent. Son dessin réaliste et puissant sublime la violence du propos, avec des planches superbes qui renforcent encore l’immersion et l’intensité dramatique. Avec 1629, Dorison signe selon moi une œuvre majeure : brutale, intelligente, fascinante. Une bande dessinée marquante, qui captive autant qu’elle dérange, et qui confirme une fois de plus tout le génie narratif de son auteur.

25/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Fabienne
Fabienne

La suite d'Animan, dans un format beaucoup plus petit. On retrouve Animan en psy des animaux, son ennemi Objecto qui s'entête à l'embêter et sa pote grenouille Fabienne sur lequel l'album s'attache plus particulièrement. On découvre son passé et pourquoi Animan peut la comprendre parler sans besoin de se transformer. Elle a vécu une sorte de remake du film La Mouche de Cronenberg. Depuis elle déprime. La fin appelle clairement une suite, attendue avec impatience.

24/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Frontier
Frontier

Frontier est une lecture de science-fiction particulièrement réussie, qui propose bien plus qu’un simple récit d’aventure spatiale. Sous ses airs de SF dynamique et accessible, l’album développe un univers crédible et immersif où la conquête spatiale sert surtout de miroir à des problématiques très actuelles : exploitation des ressources, rapports de domination, inégalités sociales. L’un des grands points forts de l’album est sa capacité à nous plonger très rapidement dans cet univers. Guillaume Singelin installe son décor avec efficacité, sans surcharger le récit d’explications inutiles. On entre vite dans l’histoire, on comprend les enjeux, et on suit les personnages avec plaisir. Le rythme est fluide, naturel, et rend la lecture particulièrement agréable. L’ambiance générale est excellente : il y a une vraie sensation d’immersion, un univers vivant, cohérent, dans lequel on sent à la fois le souffle de l’aventure spatiale et le poids des réalités humaines qui s’y jouent. Cette dimension sociale donne de la profondeur au récit sans jamais alourdir la narration. Le dessin contribue énormément à cette réussite. Avec un style très dynamique, aux influences manga assumées, Guillaume Singelin donne beaucoup d’énergie à son univers. Les personnages sont expressifs, les scènes sont lisibles, et l’ensemble possède une vraie identité visuelle. Ce choix graphique apporte une légèreté bienvenue à un fond plus dense, et l’équilibre fonctionne très bien. Ce qui rend Frontier particulièrement plaisant, c’est cette capacité à mêler aventure, accessibilité et réflexion. Le récit reste prenant du début à la fin, tout en proposant un arrière-plan riche et intelligent. Sans révolutionner le genre, l’album parvient à offrir une science-fiction généreuse, immersive et pleine d’humanité. Une très belle réussite dans le registre de la SF moderne, portée par un univers fort et un dessin vibrant.

24/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Fils de bourge - Le doux printemps 1936
Fils de bourge - Le doux printemps 1936

À la fin de l'année 1935, dans une petite ville industrielle française, François, 17 ans, grandit sous l'autorité d'un père violent, notable local aux sympathies fascisantes, tandis que la montée des tensions sociales et politiques précède l'arrivée du Front populaire. Les récits situés dans les années 30 se concentrent souvent sur la montée du fascisme ou annoncent directement la Seconde Guerre mondiale, mais abordent plus rarement les conflits sociaux qui ont précédé l'élection du Front populaire et le climat politique qui l'a rendu possible. Cet album montre bien à quel point la situation pouvait être explosive dans certaines villes industrielles, avec une opposition sociale extrêmement marquée entre bourgeoisie locale et classe ouvrière, tout en laissant déjà entrevoir les fractures idéologiques qui ressurgiront pendant l'Occupation, entre futurs collaborateurs séduits par les idées fascistes et figures plus proches du communisme ou du socialisme qui entreront plus tard dans la Résistance. Visuellement, Eric Stalner livre quelque chose de solide. Son dessin reste dans une ligne assez classique et académique, mais c'est propre, lisible et efficace. La colorisation soignée fonctionne bien, notamment dans le contraste entre les décors campagnards verdoyants et les scènes d'intérieur plus étouffantes autour du père du héros. Les personnages sont reconnaissables et la mise en scène sait créer une vraie proximité avec François. Le scénario repose sur une base assez convenue : le fils adolescent qui se rebelle contre un père autoritaire et violent, puis s'émancipe au contact d'un milieu populaire présenté comme plus sincère et solidaire. L'album souffre aussi parfois d'un certain manichéisme, avec des bourgeois particulièrement odieux et méprisants face à des "rouges" certes plus brusques et parfois violents, mais montrés comme loyaux et profondément humains. Du coup, la confrontation sociale paraît par moments un peu caricaturale, avec une haine et un mépris très appuyés de part et d'autre. Ceci dit, quand on observe aujourd'hui certaines formes de radicalisation et de polarisation, on se dit aussi que les tensions de l'époque pouvaient sans doute être tout aussi violentes, simplement sous d'autres formes. Mais malgré ces réserves, cela fonctionne vraiment bien. J'ai été pris par le parcours de François, par sa manière d'encaisser progressivement la violence de son père jusqu'à parvenir à lui résister, par son tiraillement entre son milieu d'origine et ses nouveaux amis, par cette camaraderie parfois très virile née des luttes communes, ainsi que par la discrète romance qui se développe en parallèle. Il y a une vraie envie de le voir triompher des injustices qu'il subit, à la fois sur le plan familial et social. Le rythme est efficace, le récit est accrocheur, et j'ai surtout apprécié qu'il s'agisse d'un one-shot qui va réellement au bout de son histoire. L'épilogue de plusieurs pages consacré aux années suivantes apporte une vraie satisfaction et donne encore plus de poids au destin de François et des autres personnages, tout en renforçant l'intérêt historique de l'ensemble. Au-delà de son classicisme, c'est surtout une BD qui parvient à rendre cette période charnière très concrète et incarnée, en montrant comment les fractures sociales et politiques de l'époque annonçaient déjà une partie des drames à venir.

24/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Bernard Prince
Bernard Prince

Après un début hésitant et peu convaincant en tant que policier (il y avait déjà un détective dans le journal de Tintin), tout a changé pour Bernard avec l'héritage du Cormoran. Avec Djinn et le si plein de couleurs Barney, l'équipage était au complet pour partir à l'aventure sur tous les continents du monde. Malgré les tronches laides dessinées par Hermann, la véritable protagoniste dans beaucoup des albums de la série est la nature, les menaces et les défis de phénomènes extrêmes. Cela a permis des dessins spectaculaires et des séquences mémorables. Ce fut ma première lecture du duo Hermann et Greg et elle reste pour moi la série d'aventure par excellence. Avec les dessins de Dany ou Aidans ( auteurs que j'aime pourtant beaucoup) ce n'était plus la même chose, et la dernière aventure (texte de Yves H.) était dispensable.

23/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Un Chant de Noël
Un Chant de Noël

Difficile de reprocher grand-chose à cette adaptation tant elle fait globalement très bien ce qu'elle entreprend. Le récit de Charles Dickens est retranscrit de manière claire, fluide et accessible, avec un bon rythme narratif qui va à l'essentiel sans donner l'impression de trahir les grandes étapes du conte. Pour quelqu'un qui ne connaîtrait pas encore Un chant de Noël, c'est clairement une porte d'entrée très efficace. Visuellement, c'est également une réussite. Le dessin de Thomas Labourot est soigné, expressif et agréable à parcourir, avec une colorisation lumineuse qui alterne bien les ambiances plus sombres et les passages plus chaleureux liés à l'esprit de Noël. J'ai aussi apprécié quelques petits clins d'œil graphiques qui modernisent légèrement l'ensemble sans dénaturer le matériau d'origine comme cette apparition furtive de Rémi Sans Famille le temps d'une scène. L'ensemble est vivant, lisible, et transmet bien la dimension magique du récit. Mon principal bémol vient finalement de ce qui fait aussi la qualité de l'album : sa grande fidélité au texte original. Comme il existe déjà énormément d'adaptations de ce conte, il est difficile d'y trouver un véritable effet de surprise ou une relecture particulièrement marquante quand on connaît déjà bien l'histoire. Certains dialogues peuvent aussi paraître un peu naïfs ou convenus dans une lecture moderne, même si cela reste largement lié au matériau d'origine. Et j'avoue avoir trouvé que Scrooge amorçait son revirement moral un peu trop rapidement, puisqu'il commence déjà à se remettre en question dès la visite du premier esprit, ce qui rend sa transformation légèrement abrupte. Mais en dehors de cela, c'est une adaptation très propre, sincère et efficace. Elle remplit bien son rôle pour faire découvrir ce grand classique de Dickens à un jeune public ou à des lecteurs qui ne l'ont jamais lu. En revanche, ceux qui connaissent déjà le conte par cœur risquent surtout d'y retrouver une version appliquée plutôt qu'une réinterprétation vraiment originale. Note : 3,5/5

23/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Réalité est énorme
La Réalité est énorme

Dans le Paris populaire du début des années 60, la petite Brigitte grandit dans la Zone, aux abords d'un périphérique encore en construction, et raconte son quotidien familial et de voisinage à hauteur d'enfant. Je connaissais Brigitte Lecordier avant tout pour ses voix dans Dragon Ball (et je le dis avec émotion), et Arcady Picardi pour ses chapitres sur Dragon Ball Multiverse, donc je m'attendais à quelque chose d'assez proche de cet univers. En réalité, cette BD n'a quasiment rien à voir avec Dragon Ball (à quelques petits clins d'œil graphiques près), et le style d'Arcady Picardi est d'ailleurs très différent de ce qu'il avait pu expérimenter sur DB Multiverse. Et c'est une excellente surprise. J'ai trouvé son dessin étonnamment maîtrisé, avec une vraie personnalité visuelle. Il y a quelque chose de familier dans certaines influences sans que je parvienne vraiment à le rattacher à un style précis, ce qui lui donne justement une identité très forte. La mise en scène est particulièrement réussie, très vivante, avec un excellent sens du rythme visuel, et la colorisation accompagne parfaitement cette atmosphère à la fois chaleureuse et plus rude. Le récit de Brigitte Lecordier est tout aussi personnel. On sent qu'on est dans une autobiographie très intime, construite à partir de souvenirs d'enfance, avec cette petite Bibi solaire, énergique et toujours souriante qui traverse un environnement pourtant objectivement très dur. La force du livre vient justement de ce contraste permanent : à travers ses yeux, on découvre avec humour, imagination et une joie de vivre constante des réalités parfois franchement sordides. Et c'est là que l'album devient vraiment singulier : il ne s'agit pas d'un regard naïf d'enfant qui ne comprend pas ce qui l'entoure. Bibi semble au contraire parfaitement consciente que tout n'est pas rose, mais choisit instinctivement d'en voir les aspects humains, drôles ou lumineux. Les prostituées de l'immeuble deviennent avant tout des voisines attachantes, l'exhibitionniste près de l'école est traité avec une forme de distance presque absurde, et le voisin policier ripou qui bat sa femme se fait remettre à sa place par les grandes sœurs de Brigitte. Le rêve, l'imaginaire et la dureté sociale cohabitent constamment avec une douceur assez désarmante. Le découpage en courts chapitres fonctionne très bien : j'ai picoré ces souvenirs avec plaisir, en découvrant progressivement cette époque et ces lieux extrêmement pauvres, avec parfois un vrai malaise en tant que lecteur adulte face à ce que cela raconte en creux sur la misère sociale de l'époque. Et pourtant, ce qui reste surtout en tête, c'est ce sourire permanent de la petite Bibi, qui illumine ce décor gris de ses propres couleurs chaleureuses. Une autobiographie atypique, très vivante, parfois drôle, parfois dérangeante, dans un cadre historique à la fois très proche et assez méconnu, mais surtout un récit et une héroïne très attachants.

23/04/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5
Couverture de la série Watership Down
Watership Down

Watership Down nous conte l'histoire d'un jeune groupe de lapins depuis leur "évasion" de leur garenne originelle à la création de leur propre garenne. J'ai trouvé l' histoire fort intéressante même si certains passages trainent un peu en longueur. L'idée de prendre des lapins en héros est vraiment surprenante et osée. En effet dans l'imaginaire collectif le lapin est une gentille petite bête craintive mais que nenni mon brave, certaines castagnes n'ont rien à envier à des combat d'animaux plus "féroces" Comme l'indique cac dans son avis l'analogie à la société humaine parait évidente. Il y est question d'émancipation, de lutte de classes, de liberté et de vivre ensemble. Des thèmes universels et qui parlent facilement au plus grand nombre Toutefois j'ai un petit bémol sur la différenciation des différents protagonistes. Par moment elle n'est vraiment pas évidente et il m'est arrivé de me perdre De plus si ma lecture fut plaisante je n'ai pas eu non plus ce gout de "reviens-y" qui me permettrait de monter ma note Note réelle 3.5/5

23/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Deathbringer
Deathbringer

Dans un univers sombre et brutal, Deathbringer nous plonge dans le destin croisé d’un héros solitaire et d’une héroïne prise dans les rouages d’une forme d’inquisition impitoyable. Entre violence, oppression et quête de vérité, Ismaël Legrand construit un récit de dark fantasy dense et ambitieux, porté par une ambiance fascinante. Avec Deathbringer, Deathbringer Ismaël Legrand propose une œuvre visuellement magnifique. Son trait est somptueux, détaillé, habité, et donne vie à un univers sombre particulièrement immersif. Chaque planche dégage une vraie puissance graphique, avec une ambiance pesante et une direction artistique qui captivent immédiatement. C’est clairement l’un des grands points forts de l’album. Le scénario est lui aussi bien ficelé, du moins dans sa première moitié, où l’intrigue se met en place avec clarté et efficacité. On suit avec intérêt ces personnages pris dans un monde brutal dominé par la peur, la violence et une forme d’oppression inquisitoriale. L’univers intrigue, les enjeux se dessinent bien, et l’on se laisse porter avec plaisir. En revanche, la seconde moitié du récit devient plus complexe à suivre. Les ramifications du scénario se densifient, les personnages se multiplient, et j’ai parfois eu du mal à bien identifier qui était qui et à suivre clairement certains enchaînements narratifs. Peut-être est-ce volontaire pour renforcer la richesse de l’univers, ou peut-être est-ce simplement moi, mais cette partie m’a paru moins fluide que le début. Cela n’enlève cependant rien aux grandes qualités de l’album : Deathbringer reste une bande dessinée ambitieuse, portée par un univers fort et surtout par une réalisation graphique exceptionnelle. Même si la narration devient parfois un peu confuse, la beauté des dessins et la noirceur fascinante du monde imaginé par Ismaël Legrand en font une lecture marquante. Je lui mets finalement un 4, même si au fond ma vraie note serait plutôt 3,5, tant la partie graphique mérite à elle seule de hausser l’appréciation générale.

23/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Là où gisait le corps
Là où gisait le corps

3.5 Moi j'ai bien aimé l'album, mais je comprends la frustration de certains lecteurs car on vend un différent type de récit que ce qu'on nous vend. Personnellement, j'ai fini par accepter que le cadavre trouvé allait jouer un rôle mineur lorsque rendu au tiers du récit le cadavre n'était toujours pas là. Il faut dire que dès les premières pages j'ai trouvé le récit prenant. J'aime les récits qui montrent différents points de vues et Brubaker réussit cette exercice de style avec brio ! On fait des allers-retours entre plusieurs personnages sans que cela devienne inutilement confus. Tout est clair et précis et au travers les différentes intrigues, les auteurs montrent la tristesse de la vie quotidienne. On est plus dans un roman graphique que dans un polar, d'ailleurs la colorisation est plus claire que dans les autres productions du duo et j’ai bien aimé. C'est bien de voir qu'ils sont capables de se renouveler après autant d'albums en commun, mas je comprends que ceux qui s'attendait à du pur polar vont être déçu.

22/04/2026 (modifier)