Les derniers avis (72 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Compagnons du Crépuscule
Les Compagnons du Crépuscule

Je suis fan du travail de François Bourgeon… j’adore Les Passagers du vent, et dans une moindre mesure Le Cycle de Cyann. J’étais pourtant complètement passé à côté des Compagnons du Crépuscule lors d’une première lecture douloureuse en 2001, allouant la note de 2/5. Je me décide de relire cette série du haut de mes 50 ans, et comme vous pouvez le voir, la note est passée à 4/5 ! Les deux premiers tomes proposent des aventures « médiévales fantastiques » mêlant rêve et réalité, et c’est sur ce point que j’avais bloqué en première lecture, notamment pour le tome 2. Ce dernier mêle rêve et réalité mais également deux époques, et la lecture est ardue… j’ai pourtant réussi à me laisser porter sans forcément essayer de tout comprendre, et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à suivre cette galerie de personnages attachants. Et puis vient ce 3eme tome à la pagination élevée, véritable apothéose scénaristique… je l’avais déjà apprécié lors de ma première lecture, mais je me suis régalé lors de cette relecture. L’intrigue est complexe, il y a beaucoup de personnages, la lecture doit être attentive, certes, mais elle est intéressante et beaucoup plus réaliste que les deux premiers tomes (le fantastique onirique est presque complétement absent). La fin est réussie et m’a beaucoup ému. Et puis le dessin de Bourgeon atteint des sommets, notamment sur les vues architecturales… un délice pour les yeux. Une relecture fructueuse, et un coup de cœur.

04/11/2001 (MAJ le 20/05/2026) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Meuf - Guide pour nos filles
Meuf - Guide pour nos filles

Voila une BD intéressante à mettre entre les mains des petites filles ! C'est un manuel assez simple, clair et didactique sur les femmes, avec la question centrale de "qu'est-ce qu'une femme ?". Sans divulgâcher, la réponse ne sera pas très simple, évidemment. Puisque la femme est une construction sociale, une façon de comprendre les différences de genres qu'on identifie comme essentialisante. La BD s'inscrit dans la lignée d'un grand nombre d'autre œuvre qui analysent la place des femmes dans notre société et ce que l'on apprend en l'analysant. La BD cite de nombreuses autrices, de témoignages aux travaux de recherches, tout en se mettant en scène en tant que maman, mais aussi dans sa propre vie de femme telle qu'elle l'a vécue dans la jeunesse. Car oui, le tout est principalement articulé autour de l'enfance et de l'école, de ces années où l'on fabrique et intègre le sexisme. L'ensemble est à la fois très clair, notamment par un découpage en chapitre qui permet de s'articuler d'une notion à l'autre tout en restant parfaitement fluide, mais en distinguant parfaitement bien chacune d'entre elles. D'autre part, il y a une vraie construction du propos qui intègre progressivement chaque notion pour développer. Au final, même si je n'ai pas appris grand chose car beaucoup de ces sujets étaient déjà arrivées avant dans mes réflexions et mes lectures, je suis émerveillé de les voir expliqué si simplement et si efficacement au grand nombre. Les témoignages de chacun/chacune permet de renforcer les questions, les débats. Tout au plus, dirais-je qu'il manque une partie sur le female gaze (évoqué mais pas en ces termes) ainsi que sur la prédominance du male-gaze et ce qu'il génère. C'est dans le même ordre d'idée que ce qui est évoqué dans la BD mais ça aurait permis un sujet intéressant précisément sur l'art. Mais là on est dans du pinaillage. Le dessin de Marie Dubois colle très bien à ce type de récit, avec un dessin aux touches coloré, très rond et sans trop de décors, permettant de bien faire ressortir tout les aspects de son documentaire. Ni trop détaillé ni trop flou, il est dans cette précision qui convient lorsque le propos n'est pas transmis principalement par le dessin. Bref, très réussi là aussi. En fait, je dirais que toute personne qui a un gamin devrait lui offrir, quel que soit son genre, pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens. On commence à peine à avoir ces sujets qui percent dans le débat public, il serait de bon ton que ça fasse plus que des petits échos dans les milieux militants. Une BD à mettre entre toutes les mains, donc.

20/05/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série L'Or et le Sang
L'Or et le Sang

Et encore une saga de Nury cochée ! Pour être honnête, j'ai eu du mal à entrer dans celle-ci. La faute à un dessin un peu particulier, d'abord, qui n'est pas laid, mais dont les proportions étranges déconcertent un peu. Et ensuite parce que le scénario prend son temps. Ce qui est une bonne chose, mais pendant les 2 premiers tomes, je ne savais pas si j'allais aimer vraiment ou si ça deviendrait un pétard mouillé. Mais le miracle a fini par opérer. Après 2 tomes très classiques et très convenus pour qui lit régulièrement du Nury, le récit commence à prendre davantage d'ampleur, et à révéler ses enjeux géopolitiques. C'est là que L'Or et le Sang exploite pleinement son potentiel, et devient véritablement captivant. À partir du moment où nos deux héros commencent à être en conflit, le récit commence à nous emmener peu à peu vers une fin inévitablement tragique et on retrouve la gravité qui réussit tant aux œuvres de Nury. En outre, c'est aussi à partir du 3e tome que le récit s'ancre davantage dans l'Histoire. On y voit débarquer des personnages historiques célèbres dont j'ignorais toute implication dans la guerre du Rif, et on voit se dessiner les grandes lignes de ce conflit entre nations africaines et européennes qui vont structurer une grande partie des relations internationales du XXe siècle. Accompagné d'une action qui prend des proportions plus épiques, le récit devient alors celui d'une grande fresque à la Lawrence d'Arabie, avec de fortes teintes picaresques. Malgré un dessin que j'aurais aimé un peu plus soigné (même s'il s'améliore dans le 4e tome), c'est passionnant, c'est envoûtant, c'est profond et c'est tout ce qu'on attend d'une grande aventure marquante. Et quand on referme le dernier tome de cette belle quadrilogie, on réaliste qu'on a découvert tout un pan qu'on ignorait presque intégralement de l'histoire d'Afrique du Nord, et on se dit que quand même, entre enseignement et divertissement, la BD est décidément un des plus grands arts qui soient.

20/05/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Le Marchand de tapis de Constantinople
Le Marchand de tapis de Constantinople

Un conte oriental très dépaysant. Ce qui m'a frappé tout de suite, c'est une vision de l'amour conjugal fondé sur le projet professionnel de la femme : Ayse est fille de fabricant de tapis et elle souhaite partir à la ville pour faire connaître le travail de sa famille. Zeynel est le fils d'une famille très savante (mère médecin et père imam) il est comme réfugié dans les mots des saintes écritures. Ce mariage est à la fois arrangé et consenti pour servir le projet d'Ayse. C'est Zeynel qui est beau et Aysé qui est entreprenante. La seconde partie avec la mauvaise rencontre est moins originale. Le dessin, très dense en couleur, avec une certaine fixité, faisant référence aux motifs des tapis, peut rebuter, mais honnêtement cela fait aussi le charme de l'album. Il y a un rythme un peu déconcertant, une certaine lenteur méditative par moments ( pages muettes, pages de prières ou de poésie...) et à d'autres, l'action se précipite. Cela peut donner une certaine frustration mais , pour moi, le message qui met en valeur une autre forme d'amour que le modèle hollywoodien est ce qu'il y a de plus important : avec une interpénétration entre ambition personnelle, perpétuation familiale, compréhension mutuelle, tendresse, ce mélange est réellement original aujourd'hui et semble faire le pont entre les traditions de tous pays et le metoo occidental...

20/05/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Ulis
Ulis

Pas grand chose à ajouter à l'avis de Pol. Toulmé est très fort pour nous montrer la vie quotidienne et en extraire ce qu'elle a de touchant voire d'inspirant. Au fur et à mesure des jours, cet informaticien en burnout reprend pied dans la vie en essayant de s'adapter à son nouveau rôle d'AESH. ( Aide aux enfants en situation de handicap ) Pas très vif et un peu handicapé, lui-même, au début (rien ne lui est expliqué) il découvre un monde qui n'a rien d'exotique : un collège bien croqué dans son béton, mais avec des classes spéciales, cachées dans un coin, les ULIS. On voit que le système d'éducation crée beaucoup de laissés pour compte. Et que les personnes chargées d'accompagner ces enfants sont souvent en souffrance, dans un sentiment d'échec et d'exclusion, comme si "devenir normal" était l'objectif à atteindre, absolument, sans autre critère de réussite. Nous sommes tous un peu pris dans cet objectif parce que nous confondons "rôle social" et "conformité". Toulmé ne propose ni réflexion ni solution et c'est en cela qu'il est fort : toutes les informations et émotions nous sont données, et à nous de réfléchir... Son dessin, plus rondelet que dans Ce n'est pas toi que j'attendais, joue toujours avec des couleurs douces mais cette fois-ci, avec des pages en contraste ( jaune et violet, orange et bleu, changeant de couple au fil des saisons). Rien de révolutionnaire, adapté à tout public, et peut-être à faire lire aussi aux enfants...

20/05/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Frankenstein (Sala)
Frankenstein (Sala)

On ne compte plus les adaptations en bande dessinée de cet objet de pop culture qu’est Frankenstein. Dès lors, comment renouveler le mythe en évitant la redite ? David Sala l’a fait et s’en sort haut la main qui plus est. S’il est resté tout à fait fidèle à la narration originelle en conservant sa simplicité et son côté captivant, la valeur ajoutée se trouverait davantage dans la partie graphique. En premier lieu, on ne peut être qu’impressionné devant la beauté du dessin. Chaque case est un véritable petit tableau intégrant une grande variété de courants picturaux allant de l’impressionnisme à l’expressionisme, en passant par le symbolisme, avec même une touche de romantisme, d’art naïf, abstrait, onirique ou encore psychédélique. Comme on avait déjà pu s’en rendre compte avec « Le Poids des héros » ou « Le Joueur d’échecs », adaptation d’un roman de Stefan Zweig, David Sala possède une grande maîtrise de la couleur, avec des tonalités chatoyantes pour les rares passages de félicité, plus sombres et plus austères pour une grande partie de ce récit tragique. Tout cela fait de ce « Frankenstein » une sorte de condensé de l’histoire de la peinture depuis la fin du XXe siècle. Ce qui est très appréciable également, c’est la façon dont est représentée la créature du docteur. Non seulement on oubliera assez facilement le filigrane tenace de Boris Karloff, mais en outre, ce n’est pas un monstre au sens propre auquel nous avons affaire ici. La monstruosité du personnage réside plutôt dans sa taille immense que dans son visage, qui, toute proportion gardée, est presque celui d’un « beau gosse », si ce n’étaient les cicatrices qui lui barrent le visage et ses yeux un rien exorbités, mais exprimant une profonde mélancolie. Son corps est une sorte de patchwork de chairs bleuâtres et violacées (et c’est ici que la palette utilisée par Sala prend tout son sens), sa silhouette torturée semble tout droit sortie d’un tableau d’Egon Schiele, et la couverture offerte par sa bienfaitrice au début de l’histoire évoque immanquablement Gustav Klimt. Le monstre n’est alors plus un monstre : sa laideur est transcendée, il est devenu une véritable sculpture, un objet d’art qui aurait plus sa place dans un musée que dans une histoire horrifique. Cette approche permet de faire ressortir toute l’humanité de cet être paria, dépourvu du statut d’humain mais dont la sensibilité le rend mille fois plus humain que la plupart des « vrais » humains, notamment ceux, au début du récit, qui laissent exploser leur haine à son encontre par un terrible effet de meute. Cela renforce du même coup l’empathie du lecteur, qui percevra de façon plus prégnante son immense solitude existentielle, et comprendra mieux, sans toutefois l’approuver, son désir de vengeance vis-à-vis de son créateur qu’il accuse de l’avoir abandonné. Voilà pourquoi le « Frankenstein » de David Sala est beaucoup plus qu’une simple adaptation, c’est même d’ores et déjà une des meilleures BD de cette année 2026. Au fil des albums, David Sala n’a cessé d’affiner son style graphique en s’éloignant d’un certain classicisme des débuts, qui toutefois portait déjà en lui les germes d’un grand dessinateur. Désormais, il peut revendiquer un statut : celui d’artiste établissant une passerelle entre la bande dessinée et la peinture.

19/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Chez Adolf
Chez Adolf

Voilà une série plutôt réussie sur l’Allemagne nazie. Elle prend le temps au début de montrer comment les Nazis accentuent leur emprise sur la société, comment peu à peu évoluent – par opportunisme autant voire plus parfois que par conviction – des personnages « ordinaires. Et comment, une fois Hitler au pouvoir, tout s’accélère. Au cœur de l’intrigue, le héros, Karl Stieg est un Allemand ordinaire, a priori ni courageux ni engagé politiquement, qui se trouve ballotté par les événements. Ainsi son évolution professionnelle, amoureuse, politique le montre presque à chaque fois passif. Il s’adapte à la volonté ou aux choix des autres le plus souvent, même si, peu à peu, il est amené à faire certains choix. Mais ses convictions restent discrètes, il repousse le plus longtemps possible les éventuelles décisions à prendre. A partir du troisième tome, de la même façon – mais inversée – que l’on avait pu voir s’étendre peu à peu la mainmise des Nazis et de leurs idées sur la société, les déboires du régime (après la défaite de Stalingrad), les bombardements alliés, la population qui se questionne – voire retourne sa veste, comme le tenancier du bar « Chez Adolf », finalement moins obtus et monolithique – , et les séides du régime qui se radicalisent face aux « défaitistes », autour de Stieg c’est l’Allemagne qui peu à peu s’effondre. Un « détail » m’a quand même chiffonné. Je n’ai pas compris pourquoi la Gestapo (en tout cas tout laisse à penser que c’est elle qui est intervenue) n’a pas donné de suite et arrêté notre héros après avoir fouillé son appartement et trouvé des photos compromettantes (de détenus dans les camps de concentration) … Mais globalement c’est vraiment une série intéressante et bien fichu, bâti autour d’un héros ni opportuniste ni lâche, ni fort : un personnage crédible, témoin plus qu’acteur des douze années sous l’emprise d’Hitler. Une lecture très recommandable.

19/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Un putain de salopard
Un putain de salopard

Un premier tome qui m’avait bien plu à sa sortie, mais j’attendais de voir. Après lecture des 2 tomes, je peux dire que c’est plus que pas mal du tout. De la chouette aventure (loin d’être bucolique) concoctée par 3 auteurs de talent. Au scénario, Loisel que l’on ne présente plus, déroule son histoire tranquille, on prend le temps de présenter les personnages et ce microcosme brésilien (particulier et dur), assez rare et dépaysant dans le monde de la bd. La partie graphique est magnifiée par le trait d’Olivier Pont et les couleurs de François Lapierre. Bravo à eux, ils apportent énormément à l’album. Le tout est un plaisir à parcourir, les planches sont fluides et bien construites, les albums sont épais, je n’ai pas vu le temps passé. Une multitude de personnages, bons comme mauvais, pour un récit manichéen (ce n’est pas dit de manière péjorative) et distrayant. J’espère une fin dans le prochain tome et qu’elle soit à la hauteur de cet « exotisme » proposé par les auteurs. Un bon moment de lecture. MàJ tome 4 : Bon finalement, il a fallu attendre un tome de plus pour connaître le fin mot de cette aventure. Je reste sur le même ressenti, ça ne chamboulera pas grand chose mais on passe un bon moment dans et avec ce microcosme amazonien. L’aventure et les personnages sont bien tenus, la fin est ce qu’elle doit être et la patte graphique de Pont est toujours aussi agréable. Une série qui a réussi à tenir sur la longueur.

07/06/2022 (MAJ le 19/05/2026) (modifier)
Par Chartreux
Note: 4/5
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

J'ai une tendresse particulière pour Larcenet et cette série car il s'agit de la première BD "adulte" que je lisais alors encore enfant. Je ne comprenais pas tout mais son dessin, son humour et son scénario rendez l'histoire accessible pour moi. Relue plusieurs fois depuis avec un regard adulte, je conserve une note juste pour cette série essentielle, fruit pour moi d'un renouveau de la bd francophone, dans un style narratif particulièrement réussi de par , donc, son accessibilité. C'est aussi l'histoire d'une époque et d'une génération qui disparaît, de plus en plus. Elle est émouvante et aussi, annonciatrice de ce qui devait arriver aujourd'hui. Le dessin de Larcenet est excellent, une transition entre sa première période "humoristique' et sa seconde période plus 'sombre'. Un hommage aussi général pour Larcenet, qui à l'inverse d'autre "stars" de sa génération (Trondheim, Sfar) , ne ce sera pour moi, jamais compromis et comme le bon vin, a très bien vieilli.

19/05/2026 (MAJ le 19/05/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Tête de pioche
Tête de pioche

Une petite fille vivant dans les montagnes américaines avec sa grand-mère est capable de dialoguer avec les animaux et de les protéger, tout en multipliant les aventures avec sa sœur Milady au fil de voyages qui les emmènent aussi bien dans le bayou américain que dans les jungles du Yucatán ou, bientôt, vers les paysages glacés de la banquise. Cette série fut pour moi une très jolie surprise. C'est avant tout sa partie graphique que je trouve absolument superbe. Le dessin de Giovanni Rigano possède ce style très rond et expressif qui rappelle clairement l'école d'animation italienne influencée par Disney, avec des personnages humains comme animaliers extrêmement vivants et attachants (avec juste une petite pique sur le tome 1 où le dessinateur a affublé par erreur un tamanoir d’écailles de tatou, ce qui est amusant mais un peu dommage pour une série orientée vers l’écologie). Mais son travail sur les décors et les couleurs est tout aussi excellent. Chaque album dégage une vraie sensation d'évasion et de dépaysement, avec des environnements parfois très différents. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une préférence particulière pour les tomes les plus orientés voyage et découverte, notamment le premier qui traverse les Etats-Unis du Nord au Sud, le troisième au Mexique dans le Yucatán, et sans doute bientôt le cinquième qui semble vouloir nous emmener dans les grands paysages enneigés. Il y a un vrai plaisir de balade visuelle dans cette série. Les scénarios, pris séparément et résumés rapidement, pourraient sembler assez simples, voire très jeunesse, mais tout fonctionne grâce à la manière dont les auteurs racontent leurs histoires. Les dialogues sont pleins de fraîcheur, le rythme est vivant, et surtout Tête de Pioche est une héroïne très attachante. J'aime beaucoup ce mélange entre son côté insouciant, sa sagesse très instinctive et son tempérament totalement incontrôlable. Elle parle aux animaux comme à des êtres parfaitement normaux, les protège avec une sincérité totale, mais n'hésite pas non plus à leur coller un coup de sa petite pioche en bois quand ils deviennent trop agressifs ou stupides. Ce décalage crée énormément de situations très drôles. L'humour fonctionne vraiment bien tout au long de la série. C'est tendre, souvent amusant dans les dialogues, mais aussi dans toute la mise en scène et dans les réactions des animaux. Il y a constamment cette énergie de film d'animation d'aventure à l'ancienne, avec des poursuites, des catastrophes, des personnages hauts en couleur et un rythme qui ne laisse jamais le temps de s'ennuyer. L'humour est lui aussi très efficace, avec un vrai sens de la mise en scène qui provoque souvent le rire ou un tendre sourire. Même les messages écologiques passent très naturellement, sans devenir moralisateurs. Cette série d'histoires en un tome m'a procuré exactement ce que j'attends d'une BD jeunesse d'aventure : du voyage, du dépaysement, de l'humour, des personnages attachants et surtout une énorme bonne humeur communicative. J'ai refermé chaque tome avec un vrai sentiment de joie satisfaite.

18/05/2026 (modifier)