Les derniers avis (71 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série La Visite au Struthof, camp méconnu
La Visite au Struthof, camp méconnu

Elles sont nombreuses les BD qui parlent de la Shoah, des actes de barbarie perpétrés par les Nazis avant et pendant la deuxième guerre mondiale. On parle beaucoup de camps de concentration et d'extermination tels qu'Auschwitz ou Dachau, mais on oublie qu'il y en a eu un sur le territoire français, en Alsace. C'est ainsi que Yaël Hassan, autrice "spécialiste" de la Shoah et de la seconde guerre mondiale, a voulu mettre la lumière que ce site, au travers de l'histoire de Simon, un collégien de la région, et de sa grand-mère, elle-même fille d'une déportée, qui vont visiter ce camp. On est vraiment dans leurs pas, d'abord dans la préparation, avec notamment la transmission du témoignage familial. Et lorsque le groupe arrive au Struthof, on nous explique bien comment le camp était organisé, sur beaucoup de plans. La guide sur place ne manque pas de livrer plusieurs anecdotes, de donner des noms, car comme l'indique le prof de la classe, il faut penser aux personnes déportées, exécutées ou mortes des privations comme à une multitude d'individus, qui avaient une famille, des rêves, des émotions, et non comme une masse informe, anonyme. Le camp subsiste sous la forme d'un lieu de mémoire, d'exposition, avec des photos, des films, des textes, des œuvres d'art inspirées par cette immense tragédie. On est bien sûr horrifiés, comme ces enfants, de ce qu'il s'est passé sur ce camp installé sur le Mont Louise, un lieu choisi pour son gisement de granite rose. Un récit tétanisant, mais mené de main de maître par Yaël Hassan. On peut s'tonner de prime abord du choix de Marc Lizano pour illustrer cette histoire. Il est en effet essentiellement connu pour ses albums destinés à la jeunesse, avec son trait faussement naïf, ses personnages aux grosses têtes rondes. Mais on peut comprendre ce choix par le prisme de certains de ses albums précédents, comme L'Enfant cachée ou encore Un Grand-père tombé du ciel. Son dessin expressif se prête en effet à merveille à traiter de sujets parmi les plus graves. Au-delà de cette visite, fictive mais fortement inspirée de ce que les enfants du secteur ont pu vivre et voir, l'album est complété par un cahier didactique, destiné aux jeunes générations, comportant plusieurs lexiques sur la déportation, la Résistance ainsi que la biographie d'une dizaine de déportés cités dans la BD. Essentiel.

17/02/2026 (modifier)
Couverture de la série The strange house
The strange house

Il me faut remonter à l’excellent « Burn the House Down » pour retrouver un premier tome aussi accrocheur dans cette catégorie des manga thriller. Le concept est original puisqu’il repose sur l’architecture étrange de certaines maisons. Celles-ci offrent des configurations étranges et le personnage principal de la série va vite se convaincre que cette configuration n’est pas accidentelle mais permet à ses occupants de perpétrer des meurtres sans risquer d’être vus par leurs voisins. L’ambiance et la tension sont bien présentes et au bout de ce premier tome, ma curiosité est fameusement titillée. Je sais déjà que je me ruerai sur le tome 2. Niveau dessin, rien d’exceptionnel mais un trait bien lisible, des personnages bien typés et une attention bien entendu toute particulière a été accordée à l’architecture des bâtiments. Vraiment très accrocheur ! Petite mise à jour après lecture du deuxième tome : c'est toujours aussi bon !

14/11/2025 (MAJ le 17/02/2026) (modifier)
Par Simili
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Sous le Paradis
Sous le Paradis

Après la déception Manara et son Rendez-vous fatal, voilà un bien bel ouvrage que ce "Sous le Paradis" de Gabriele Di Caro 12 petites histoires de 2-5 pages, aux scénarios différents mais ayant en commun de mettre en scène de belles jeunes femmes, permettent une approche "voyeuriste" assez intéressante. Contrairement à l'oeuvre précédemment citée de Manara, ici la femme semble respectée et tout est fait pour son plaisir. Cela change et se révèle bien plus agréable à lire. De même si on est bien dans un style pornographique, je n'ai pas ressenti la même "brutalité" que dans Chambre 121 d'Igor. Là encore je pense que le fait d'être confronté aux plaisirs, solitaires ou non, des dames y est pour beaucoup. Graphiquement il n'y a rien à redire aux dessins très suggestifs, voire appétissants, si vous me permettez mesdames, de Di Caro. C'est simple et beau. Au final Sous le Paradis aura parfaitement rempli son rôle et je tiens enfin mon ouvrage référence du genre. Hâte de voir comment Di Caro s'en sort avec un scénario plus fourni dans Les Arcanes de la Maison Fleury.

17/02/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Femme vie liberté
Femme vie liberté

J’ai beaucoup aimé ce recueil collectif, qui regroupe des auteurs-trices Iranien-ne-s et des grosses pointures de la BD franco-belge (Rabaté, Roca, Sfar, Trondheim, Wild, Winshluss). Ce genre d’exercice a ses défauts – les histoires sont assez courtes et manquent forcément de profondeur, et il y a quelque redites – mais l’album a su retenir mon attention sur ses 260 pages, un gage de qualité selon moi. Il faut dire que le contenu est intéressant, et que les femmes au cœur des récits forcent le respect, par leur courage et leur combat. J’ai aussi beaucoup appris sur l’Iran et ses traditions, et apprécié les styles graphiques variés et (pour la plupart) maitrisés. Un chouette album, que j’ai lu alors que les manifs s’amplifient dans ce pays pris en otage par ses dirigeants oligarques.

17/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série L'Escadron de la Reine
L'Escadron de la Reine

J'apprends grâce à Spooky que la bd a été dessinée par un vétéran ayant dessiné avec Breccia et Pratt. Pas étonnant : les images sont percutantes et ont du style comme de bonnes lames. Je voudrais bien lire la suite ! Cape et épée pour s'amuser, des femmes pour changer : que demander de plus ? J'aime bien la manière dont la nouvelle est "recrutée". La reine est aussi un personnage qui a un beau potentiel. Ici, il n'y a pas de bien et de mal, seulement un moindre mal : que ce soit dans le sauvetage d'une femme sur le point de subir un viol ou pour défendre le pays, les héroïnes ont le bon goût de ne pas prendre de poses moralisatrices. Pour une fois qu'une belle couverture n'ouvre pas sur une déception, je la propose pour la prochaine meilleure couverture, voilà, c'est dit, je n'y penserai pas plus tard.

16/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Crétin qui a gagné la guerre froide
Le Crétin qui a gagné la guerre froide

J'ai découvert le personnage de Reagan avec cette BD, ma culture du bonhomme étant très limité à quelques blagues qu'il avait fait et l'idée que c'était sous sa présidence que le libéralisme était devenu triomphant avec l'influence des Chicago Boys ainsi que le retour au conservatisme américain. Bref, Reagan est pour moi l'image du néo-libéralisme qui arrive, des conservateurs et du retour à un ordre moral fantasmé, devenu symbole d'années fastes (les années 80) aujourd'hui célébrées jusqu'à la nausée. Bref, ces années-là ont marquées suffisamment pour rejaillir aujourd'hui, et cette BD m'a permis de comprendre un peu plus qui était l'homme à la tête des USA à ce moment-là. Et le titre est carrément éclairant : ce type semble être un crétin. La BD le rend sympathique, sans doute plus qu'il ne l'était en réalité, mais mon dieu que ce type semble bête, la caricature du texan avec des blagues à chaque discours et un égo surdimensionné. Ses sorties sont souvent problématiques, il a un bagout et une gouaille, il s'amuse sans prendre réellement en compte sa charge de président de l’État, déléguant à ses acolytes dont un certain Bush qui reviendra bientôt. Le tout alors même qu'il arrive finalement à se faire accepter d'un Gorbatchev qui semble comprendre l'idiot et traite avec ses ministres. La BD balaye vraiment les huit années de mandat, citant nombre de ses discours et de ses actes, dont une idée de guerre spatiale qui sera reprise par Trump plus tard. Le tout avec ce personnage dont on ne sait que penser : authentique idiot ou acteur jouant sur ce personnage dans une situation où il n'est pas en contrôle ? C'est une question non-résolue, mais elle reste en tête. En fait, j'ai surtout l'impression que les auteurs ont voulu montrer une facette sympathique d'un type pour lequel je n'ai aucune empathie au niveau des idées. En somme, une tentative de comprendre l'homme mais sans pouvoir être certain de la réalité. La fin est explicite sur la démarche, avec l'image de Trump qui débarque et qui semble reprendre nombre des éléments de son prédécesseur. En pire, sans aucun doute ... Une BD qui m'a bien plu, pas forcément une BD inoubliable mais qui apporte un éclairage sur la fin de la Guerre Froide dont les américains s'accapareront le mérite. Elle est assez drôle et bien faite pour qu'on suive ce politicien sans rien manquer, le tout avec un message clair et fort sur la puissance d'un chef d'état et ce qu'il advient du monde lorsqu'un guignol s'en empare. Un message qui résonne terriblement bien avec l'actualité, hélas.

16/02/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Kid Francis
Kid Francis

Autant la boxe me fait profondément chier, autant les boxeurs se révèlent souvent être des personnalités pour le moins attachantes. C'est un monde qui me semble à part, et qui offre un cadre scénaristique prometteur. On gardera en mémoire Ali, Rocky, Raging Bull ou bien encore Million Dollar Baby pour ce qui est du ciné, pour ne citer que ces titres, ou Championzé en ce qui concerne la BD. C'est le cas ici encore une fois. Kid Francis est illustrée par Gregory Mardon dont j'apprécie le travail depuis longtemps. J'aime son dessin qui, sans être ce que j'appellerais un "beau dessin" (même si on sent bien la maitrise), se révèle d'une efficacité redoutable. Il ne s'embarrasse pas de détail, va à l'essentiel, et parvient à nous captiver par la seule force de son expressivité. A mes yeux, rares sont ceux qui parviennent à un tel niveau, de ce point de vue. Quant au scénar, il est à l'image du dessin : il file droit au but, ne laissant sur son passage aucun temps mort. Si la vie du boxeur François Buonagurio (de son vrai nom) est essentiellement composée de lacunes, Marius Rivière reconstitue les blancs avec brio, faisant par la même occasion l'impasse sur la période argentine, sans doute peu voire pas documentée du tout. Alors bien sur, certains personnages paraissent un peu stéréotypée, tel François Spirito, collabo de circonstance comme il y en a plein les romans, mais aussi comme il y en avait plein la vie, ai-je envie d'ajouter... Le scénario manque aussi parfois de surprise, et l'issue de la plupart des situations semble cousu de fil blanc. Mais n'empêche ! Kid Francis est un genre de modèle du genre. En outre, on sent bien la présence des personnalités, ainsi que leur motivation, notamment celles de Kid Francis qui en devient très attachant. Enfin, le contexte historique est très bien rendu. On croise des célébrités de l'époque (Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Marcel Pagnol...), on percute l'Histoire (Vous saviez que des quartiers entiers du centre ville de Marseille avaient été dynamités par les Allemands en 1943 ?)... Bref ! C'est une BD solide et sure de son fait qui saura séduire largement.

16/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Crue
Crue

Claude Paiement et Jean-Paul Eid collaborent encore une fois et donne un très bon one-shot qui traite d'un sujet actuel à savoir la dénonciation anonyme d'un réalisateur très populaire qui aurait abusé une femme il y a de cela plusieurs décennies. Le scénario est efficace et très crédible. Les événements qui se produisent après la dénonciation sont réalistes avec ceux qui le défendent et ceux qui le jugent immédiatement. Ajoutons qu'en plus le réalisateur en question vient de sortir un film qui récolte des prix et des nominations alors plusieurs voudraient bien que cette accusation passe sous le tapis en se foutant si c'est vrai ou non, ce qui est important est que ce célèbre réalisateur fait honneur au Québec en gagnant l'oscar du meilleur film étranger ! Je ne sais pas si un lecteur européen va bien comprendre toutes les subtilités de la société québécoise. En gros, avant les années 60 le Québec francophone était dominé par la minorité anglophone et hormis une minorité de bourgeois, la plupart des francophones étaient des prolétaires et tout a changé en seulement quelques décennies. Le personnage principal fait parti de cette génération qui a souvent eu la vie dur avant de pouvoir s'épanouir durant les changements sociaux des années 60-70 et je comprends parfaitement qu'il soit traité comme un bijou national et qu'il faut que sa réputation soit irréprochable. Sauf que sa génération a aussi connue une époque où pouvait faire des choses qu'on ne peut plus faire aujourd'hui.... Le scénario est prenant et les personnages sont complexes. Il y a des dialogues qui font mal parce qu'elles disent des vérités que parfois on ne voudrait pas entendre. Le seul défaut selon moi est que l'identité de la mystérieuse femme qui dénonce et harcèle le réalisateur me semble facile à deviner.

15/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Ukraine
Ukraine

Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier. On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc. La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.

15/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Hors scène
Hors scène

Autant je pouvais reprocher à mes lectures précédentes de McNaught une certain vide, un goût de trop peu, ici avec Hors scène il déroule une véritable intéressante histoire sur le fond avec des dialogues plus fournis. Sur la forme on retrouve sa manie des petites cases carrées, du silence et de l'observation des petits détails. C'est un album de grand format chez Dargaud qui laisse le loisir de détailler ses dessins. Le trait de certains personnages m'a rappelé le style de Sattouf avec les Cahiers d'Esther. Le scénario pose quant à lui des vrais personnages, des jeunes qui doivent monter une pièce de théâtre au collège. On sent le malaise, les non-dits, les moqueries d'enfants qui grandissent. David est le personnage principal, aussi dans la pièce car il joue le lion. Il est plutôt réservé, ce n'est pas la star de la classe. On sent sa minutie dans la création de son costume. Tout cela est très subtil et bien vu de la part de l'auteur.

15/02/2026 (modifier)