Je suis fan du travail de François Bourgeon… j’adore Les Passagers du vent, et dans une moindre mesure Le Cycle de Cyann. J’étais pourtant complètement passé à côté des Compagnons du Crépuscule lors d’une première lecture douloureuse en 2001, allouant la note de 2/5. Je me décide de relire cette série du haut de mes 50 ans, et comme vous pouvez le voir, la note est passée à 4/5 !
Les deux premiers tomes proposent des aventures « médiévales fantastiques » mêlant rêve et réalité, et c’est sur ce point que j’avais bloqué en première lecture, notamment pour le tome 2. Ce dernier mêle rêve et réalité mais également deux époques, et la lecture est ardue… j’ai pourtant réussi à me laisser porter sans forcément essayer de tout comprendre, et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à suivre cette galerie de personnages attachants.
Et puis vient ce 3eme tome à la pagination élevée, véritable apothéose scénaristique… je l’avais déjà apprécié lors de ma première lecture, mais je me suis régalé lors de cette relecture. L’intrigue est complexe, il y a beaucoup de personnages, la lecture doit être attentive, certes, mais elle est intéressante et beaucoup plus réaliste que les deux premiers tomes (le fantastique onirique est presque complétement absent). La fin est réussie et m’a beaucoup ému. Et puis le dessin de Bourgeon atteint des sommets, notamment sur les vues architecturales… un délice pour les yeux.
Une relecture fructueuse, et un coup de cœur.
Voila une BD intéressante à mettre entre les mains des petites filles ! C'est un manuel assez simple, clair et didactique sur les femmes, avec la question centrale de "qu'est-ce qu'une femme ?". Sans divulgâcher, la réponse ne sera pas très simple, évidemment. Puisque la femme est une construction sociale, une façon de comprendre les différences de genres qu'on identifie comme essentialisante.
La BD s'inscrit dans la lignée d'un grand nombre d'autre œuvre qui analysent la place des femmes dans notre société et ce que l'on apprend en l'analysant. La BD cite de nombreuses autrices, de témoignages aux travaux de recherches, tout en se mettant en scène en tant que maman, mais aussi dans sa propre vie de femme telle qu'elle l'a vécue dans la jeunesse. Car oui, le tout est principalement articulé autour de l'enfance et de l'école, de ces années où l'on fabrique et intègre le sexisme. L'ensemble est à la fois très clair, notamment par un découpage en chapitre qui permet de s'articuler d'une notion à l'autre tout en restant parfaitement fluide, mais en distinguant parfaitement bien chacune d'entre elles. D'autre part, il y a une vraie construction du propos qui intègre progressivement chaque notion pour développer. Au final, même si je n'ai pas appris grand chose car beaucoup de ces sujets étaient déjà arrivées avant dans mes réflexions et mes lectures, je suis émerveillé de les voir expliqué si simplement et si efficacement au grand nombre. Les témoignages de chacun/chacune permet de renforcer les questions, les débats.
Tout au plus, dirais-je qu'il manque une partie sur le female gaze (évoqué mais pas en ces termes) ainsi que sur la prédominance du male-gaze et ce qu'il génère. C'est dans le même ordre d'idée que ce qui est évoqué dans la BD mais ça aurait permis un sujet intéressant précisément sur l'art. Mais là on est dans du pinaillage.
Le dessin de Marie Dubois colle très bien à ce type de récit, avec un dessin aux touches coloré, très rond et sans trop de décors, permettant de bien faire ressortir tout les aspects de son documentaire. Ni trop détaillé ni trop flou, il est dans cette précision qui convient lorsque le propos n'est pas transmis principalement par le dessin. Bref, très réussi là aussi.
En fait, je dirais que toute personne qui a un gamin devrait lui offrir, quel que soit son genre, pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens. On commence à peine à avoir ces sujets qui percent dans le débat public, il serait de bon ton que ça fasse plus que des petits échos dans les milieux militants. Une BD à mettre entre toutes les mains, donc.
Et encore une saga de Nury cochée ! Pour être honnête, j'ai eu du mal à entrer dans celle-ci. La faute à un dessin un peu particulier, d'abord, qui n'est pas laid, mais dont les proportions étranges déconcertent un peu. Et ensuite parce que le scénario prend son temps. Ce qui est une bonne chose, mais pendant les 2 premiers tomes, je ne savais pas si j'allais aimer vraiment ou si ça deviendrait un pétard mouillé. Mais le miracle a fini par opérer. Après 2 tomes très classiques et très convenus pour qui lit régulièrement du Nury, le récit commence à prendre davantage d'ampleur, et à révéler ses enjeux géopolitiques.
C'est là que L'Or et le Sang exploite pleinement son potentiel, et devient véritablement captivant. À partir du moment où nos deux héros commencent à être en conflit, le récit commence à nous emmener peu à peu vers une fin inévitablement tragique et on retrouve la gravité qui réussit tant aux œuvres de Nury.
En outre, c'est aussi à partir du 3e tome que le récit s'ancre davantage dans l'Histoire. On y voit débarquer des personnages historiques célèbres dont j'ignorais toute implication dans la guerre du Rif, et on voit se dessiner les grandes lignes de ce conflit entre nations africaines et européennes qui vont structurer une grande partie des relations internationales du XXe siècle. Accompagné d'une action qui prend des proportions plus épiques, le récit devient alors celui d'une grande fresque à la Lawrence d'Arabie, avec de fortes teintes picaresques. Malgré un dessin que j'aurais aimé un peu plus soigné (même s'il s'améliore dans le 4e tome), c'est passionnant, c'est envoûtant, c'est profond et c'est tout ce qu'on attend d'une grande aventure marquante.
Et quand on referme le dernier tome de cette belle quadrilogie, on réaliste qu'on a découvert tout un pan qu'on ignorait presque intégralement de l'histoire d'Afrique du Nord, et on se dit que quand même, entre enseignement et divertissement, la BD est décidément un des plus grands arts qui soient.
Un conte oriental très dépaysant.
Ce qui m'a frappé tout de suite, c'est une vision de l'amour conjugal fondé sur le projet professionnel de la femme : Ayse est fille de fabricant de tapis et elle souhaite partir à la ville pour faire connaître le travail de sa famille. Zeynel est le fils d'une famille très savante (mère médecin et père imam) il est comme réfugié dans les mots des saintes écritures. Ce mariage est à la fois arrangé et consenti pour servir le projet d'Ayse.
C'est Zeynel qui est beau et Aysé qui est entreprenante.
La seconde partie avec la mauvaise rencontre est moins originale.
Le dessin, très dense en couleur, avec une certaine fixité, faisant référence aux motifs des tapis, peut rebuter, mais honnêtement cela fait aussi le charme de l'album.
Il y a un rythme un peu déconcertant, une certaine lenteur méditative par moments ( pages muettes, pages de prières ou de poésie...) et à d'autres, l'action se précipite.
Cela peut donner une certaine frustration mais , pour moi, le message qui met en valeur une autre forme d'amour que le modèle hollywoodien est ce qu'il y a de plus important : avec une interpénétration entre ambition personnelle, perpétuation familiale, compréhension mutuelle, tendresse, ce mélange est réellement original aujourd'hui et semble faire le pont entre les traditions de tous pays et le metoo occidental...
Pas grand chose à ajouter à l'avis de Pol.
Toulmé est très fort pour nous montrer la vie quotidienne et en extraire ce qu'elle a de touchant voire d'inspirant. Au fur et à mesure des jours, cet informaticien en burnout reprend pied dans la vie en essayant de s'adapter à son nouveau rôle d'AESH. ( Aide aux enfants en situation de handicap ) Pas très vif et un peu handicapé, lui-même, au début (rien ne lui est expliqué) il découvre un monde qui n'a rien d'exotique : un collège bien croqué dans son béton, mais avec des classes spéciales, cachées dans un coin, les ULIS.
On voit que le système d'éducation crée beaucoup de laissés pour compte. Et que les personnes chargées d'accompagner ces enfants sont souvent en souffrance, dans un sentiment d'échec et d'exclusion, comme si "devenir normal" était l'objectif à atteindre, absolument, sans autre critère de réussite.
Nous sommes tous un peu pris dans cet objectif parce que nous confondons "rôle social" et "conformité". Toulmé ne propose ni réflexion ni solution et c'est en cela qu'il est fort : toutes les informations et émotions nous sont données, et à nous de réfléchir...
Son dessin, plus rondelet que dans Ce n'est pas toi que j'attendais, joue toujours avec des couleurs douces mais cette fois-ci, avec des pages en contraste ( jaune et violet, orange et bleu, changeant de couple au fil des saisons). Rien de révolutionnaire, adapté à tout public, et peut-être à faire lire aussi aux enfants...
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Les Compagnons du Crépuscule
Je suis fan du travail de François Bourgeon… j’adore Les Passagers du vent, et dans une moindre mesure Le Cycle de Cyann. J’étais pourtant complètement passé à côté des Compagnons du Crépuscule lors d’une première lecture douloureuse en 2001, allouant la note de 2/5. Je me décide de relire cette série du haut de mes 50 ans, et comme vous pouvez le voir, la note est passée à 4/5 ! Les deux premiers tomes proposent des aventures « médiévales fantastiques » mêlant rêve et réalité, et c’est sur ce point que j’avais bloqué en première lecture, notamment pour le tome 2. Ce dernier mêle rêve et réalité mais également deux époques, et la lecture est ardue… j’ai pourtant réussi à me laisser porter sans forcément essayer de tout comprendre, et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à suivre cette galerie de personnages attachants. Et puis vient ce 3eme tome à la pagination élevée, véritable apothéose scénaristique… je l’avais déjà apprécié lors de ma première lecture, mais je me suis régalé lors de cette relecture. L’intrigue est complexe, il y a beaucoup de personnages, la lecture doit être attentive, certes, mais elle est intéressante et beaucoup plus réaliste que les deux premiers tomes (le fantastique onirique est presque complétement absent). La fin est réussie et m’a beaucoup ému. Et puis le dessin de Bourgeon atteint des sommets, notamment sur les vues architecturales… un délice pour les yeux. Une relecture fructueuse, et un coup de cœur.
Meuf - Guide pour nos filles
Voila une BD intéressante à mettre entre les mains des petites filles ! C'est un manuel assez simple, clair et didactique sur les femmes, avec la question centrale de "qu'est-ce qu'une femme ?". Sans divulgâcher, la réponse ne sera pas très simple, évidemment. Puisque la femme est une construction sociale, une façon de comprendre les différences de genres qu'on identifie comme essentialisante. La BD s'inscrit dans la lignée d'un grand nombre d'autre œuvre qui analysent la place des femmes dans notre société et ce que l'on apprend en l'analysant. La BD cite de nombreuses autrices, de témoignages aux travaux de recherches, tout en se mettant en scène en tant que maman, mais aussi dans sa propre vie de femme telle qu'elle l'a vécue dans la jeunesse. Car oui, le tout est principalement articulé autour de l'enfance et de l'école, de ces années où l'on fabrique et intègre le sexisme. L'ensemble est à la fois très clair, notamment par un découpage en chapitre qui permet de s'articuler d'une notion à l'autre tout en restant parfaitement fluide, mais en distinguant parfaitement bien chacune d'entre elles. D'autre part, il y a une vraie construction du propos qui intègre progressivement chaque notion pour développer. Au final, même si je n'ai pas appris grand chose car beaucoup de ces sujets étaient déjà arrivées avant dans mes réflexions et mes lectures, je suis émerveillé de les voir expliqué si simplement et si efficacement au grand nombre. Les témoignages de chacun/chacune permet de renforcer les questions, les débats. Tout au plus, dirais-je qu'il manque une partie sur le female gaze (évoqué mais pas en ces termes) ainsi que sur la prédominance du male-gaze et ce qu'il génère. C'est dans le même ordre d'idée que ce qui est évoqué dans la BD mais ça aurait permis un sujet intéressant précisément sur l'art. Mais là on est dans du pinaillage. Le dessin de Marie Dubois colle très bien à ce type de récit, avec un dessin aux touches coloré, très rond et sans trop de décors, permettant de bien faire ressortir tout les aspects de son documentaire. Ni trop détaillé ni trop flou, il est dans cette précision qui convient lorsque le propos n'est pas transmis principalement par le dessin. Bref, très réussi là aussi. En fait, je dirais que toute personne qui a un gamin devrait lui offrir, quel que soit son genre, pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens. On commence à peine à avoir ces sujets qui percent dans le débat public, il serait de bon ton que ça fasse plus que des petits échos dans les milieux militants. Une BD à mettre entre toutes les mains, donc.
L'Or et le Sang
Et encore une saga de Nury cochée ! Pour être honnête, j'ai eu du mal à entrer dans celle-ci. La faute à un dessin un peu particulier, d'abord, qui n'est pas laid, mais dont les proportions étranges déconcertent un peu. Et ensuite parce que le scénario prend son temps. Ce qui est une bonne chose, mais pendant les 2 premiers tomes, je ne savais pas si j'allais aimer vraiment ou si ça deviendrait un pétard mouillé. Mais le miracle a fini par opérer. Après 2 tomes très classiques et très convenus pour qui lit régulièrement du Nury, le récit commence à prendre davantage d'ampleur, et à révéler ses enjeux géopolitiques. C'est là que L'Or et le Sang exploite pleinement son potentiel, et devient véritablement captivant. À partir du moment où nos deux héros commencent à être en conflit, le récit commence à nous emmener peu à peu vers une fin inévitablement tragique et on retrouve la gravité qui réussit tant aux œuvres de Nury. En outre, c'est aussi à partir du 3e tome que le récit s'ancre davantage dans l'Histoire. On y voit débarquer des personnages historiques célèbres dont j'ignorais toute implication dans la guerre du Rif, et on voit se dessiner les grandes lignes de ce conflit entre nations africaines et européennes qui vont structurer une grande partie des relations internationales du XXe siècle. Accompagné d'une action qui prend des proportions plus épiques, le récit devient alors celui d'une grande fresque à la Lawrence d'Arabie, avec de fortes teintes picaresques. Malgré un dessin que j'aurais aimé un peu plus soigné (même s'il s'améliore dans le 4e tome), c'est passionnant, c'est envoûtant, c'est profond et c'est tout ce qu'on attend d'une grande aventure marquante. Et quand on referme le dernier tome de cette belle quadrilogie, on réaliste qu'on a découvert tout un pan qu'on ignorait presque intégralement de l'histoire d'Afrique du Nord, et on se dit que quand même, entre enseignement et divertissement, la BD est décidément un des plus grands arts qui soient.
Le Marchand de tapis de Constantinople
Un conte oriental très dépaysant. Ce qui m'a frappé tout de suite, c'est une vision de l'amour conjugal fondé sur le projet professionnel de la femme : Ayse est fille de fabricant de tapis et elle souhaite partir à la ville pour faire connaître le travail de sa famille. Zeynel est le fils d'une famille très savante (mère médecin et père imam) il est comme réfugié dans les mots des saintes écritures. Ce mariage est à la fois arrangé et consenti pour servir le projet d'Ayse. C'est Zeynel qui est beau et Aysé qui est entreprenante. La seconde partie avec la mauvaise rencontre est moins originale. Le dessin, très dense en couleur, avec une certaine fixité, faisant référence aux motifs des tapis, peut rebuter, mais honnêtement cela fait aussi le charme de l'album. Il y a un rythme un peu déconcertant, une certaine lenteur méditative par moments ( pages muettes, pages de prières ou de poésie...) et à d'autres, l'action se précipite. Cela peut donner une certaine frustration mais , pour moi, le message qui met en valeur une autre forme d'amour que le modèle hollywoodien est ce qu'il y a de plus important : avec une interpénétration entre ambition personnelle, perpétuation familiale, compréhension mutuelle, tendresse, ce mélange est réellement original aujourd'hui et semble faire le pont entre les traditions de tous pays et le metoo occidental...
Ulis
Pas grand chose à ajouter à l'avis de Pol. Toulmé est très fort pour nous montrer la vie quotidienne et en extraire ce qu'elle a de touchant voire d'inspirant. Au fur et à mesure des jours, cet informaticien en burnout reprend pied dans la vie en essayant de s'adapter à son nouveau rôle d'AESH. ( Aide aux enfants en situation de handicap ) Pas très vif et un peu handicapé, lui-même, au début (rien ne lui est expliqué) il découvre un monde qui n'a rien d'exotique : un collège bien croqué dans son béton, mais avec des classes spéciales, cachées dans un coin, les ULIS. On voit que le système d'éducation crée beaucoup de laissés pour compte. Et que les personnes chargées d'accompagner ces enfants sont souvent en souffrance, dans un sentiment d'échec et d'exclusion, comme si "devenir normal" était l'objectif à atteindre, absolument, sans autre critère de réussite. Nous sommes tous un peu pris dans cet objectif parce que nous confondons "rôle social" et "conformité". Toulmé ne propose ni réflexion ni solution et c'est en cela qu'il est fort : toutes les informations et émotions nous sont données, et à nous de réfléchir... Son dessin, plus rondelet que dans Ce n'est pas toi que j'attendais, joue toujours avec des couleurs douces mais cette fois-ci, avec des pages en contraste ( jaune et violet, orange et bleu, changeant de couple au fil des saisons). Rien de révolutionnaire, adapté à tout public, et peut-être à faire lire aussi aux enfants...