"Félicitations, vous venez de poser les mains sur le monolithe de la bande dessinée bis".
La Planète des ombres est une œuvre rare, située à l'intersection parfaite entre le chef-d'œuvre absolu et le nanar cosmique.
Le lecteur (mal)chanceux qui osera s'aventurer dans cette bizarrerie verra notre héros, Mégalus, affronter dans un ordre totalement frénétique : une araignée géante télépathe, des morts-vivants bioniques, une pin-up nymphomane, un vampire tout droit sorti de la Hammer, un sorcier vaudou, des hommes-poissons, un Tyrannosaurus Rex et une gorgone géante. Tout ça... en seulement 41 pages.
Le récit est un véritable laboratoire de série Z. S'y mélangent joyeusement SF, érotisme, épouvante, super-héros et voyage dans le temps à la H.G. Wells. Le plus grand miracle ? L'ensemble reste parfaitement compréhensible.
Visuellement, c'est un festival. Le dessin est surchargé à l'excès. C'est kitsch, brillant, totalement foutraque, mais terriblement généreux.
Mégalus, sauve-nous !
Pavel Bart signe sa première BD avec ce "Belle de soie". Il va nous plonger dans un univers moyenâgeux où tous les ingrédients du conte sont présents : conspirations, princes et princesse, mariage arrangé, retournements de situation, épidémie avec la terrible Peste de pierre (elle transforme petit à petit les personnages en pierre), destins tragiques, du mystère et bien sûr un peu de magie. Deux femmes, une mère et sa fille, seront au centre de cette histoire au scénario surprenant. La mère est une tisserande qui produit une étoffe unique, la soie précieuse, celle-ci a la particularité d'être douce, lumineuse et d'une robustesse à toutes épreuves (et bien plus encore, mais ça je vous laisse le découvrir). Elle veut transmettre son savoir à sa fille, mais cette dernière va choisir d'accompagner une duchesse et son fils chez le roi, sa fille doit se choisir un mari. Deux femmes avec la même particularité physique, les yeux vairons, autour desquelles gravitent toute une kyrielle de personnages. Des personnages qui ne veulent pas forcément faire leur bonheur.
Un début de récit très classique qui va vite bifurquer dans une autre direction, puis une autre et encore une autre. Bref, un scénario inventif ponctué de nombreuses surprises, il est difficile de les voir venir. C'est vraiment ces retournements de situations successifs qui m'ont tenu en haleine. Le scénario est bien construit, les petits retours dans le passé permettent d'éclaircir les zones d'ombre. La narration non académique prend le temps de développer les personnages, de brasser de très nombreux thèmes et de faire de brèves références à d'autres contes.
Le dessin aussi est surprenant avec ce trait rêche, souvent statistique et à l'aspect grossier. Pourtant, c'est bien ce dessin et ces tristes couleurs qui rendent crédible cette période féodale. Un visuel avec une vraie patte graphique.
Un artiste à suivre !
Un album qui sort du lot. Je conseille !
"Pensez-vous qu'il suffise d'attacher un fil d'or à la patte d'un être pour que celui-ci vous appartienne ?"
Série découverte au hasard des conseils de mon libraire, je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant cette bande dessinée. Tout de suite, j'ai été séduit par l'atmosphère des années 70, très bien retranscrite, et du film de casse typique, de L'Or se barre (l'ancêtre de Braquage à l'italienne, avec Michael Caine) aux incontournables Ocean's. Encore que le film auquel il me fait probablement le plus penser est assez méconnu, et pourtant excellent : Un Hold-up extraordinaire (avec Shirley MacLaine et encore Michael Caine). On retrouve la même idée du braquage parfait sur le papier, qui se heurte à la réalité des choses et se révèle moins flamboyant que prévu.
Sans jamais basculer dans la farce, Bank Shot nous offre un scénario plein d'ironie et de mordant. Les échanges entre les personnages sont toujours pleins de verve, tout comme un scénario qui s'amuse à les malmener, mais toujours d'une façon crédible. On n'est jamais dans la surenchère qui vise à épater le lecteur ou à le surprendre à tout prix. On assiste plutôt à un enchaînement malheureux de situations dont la logique implacable fait inévitablement sourire. Westlake et à sa suite, Headline parviennent à faire avancer le récit par petites touches, rajoutant toujours le petit grain de sable dans une machine apparemment bien rôdée comme une cerise sur le gâteau. C'est tout à fait réjouissant, d'autant que la narration bénéficie d'une fluidité absolue de lecture. On ne se perd jamais dans les nombreux personnages et les péripéties mouvementées, même s'il faut être attentif à tous les détails. Le graphisme faussement brouillon de Jesus Alonso Iglesias sert totalement le récit en ce sens. Cela fourmille de détails en tous sens, de cadrages judicieux, de trognes bien croquées.
Finalement, mon seul regret est l'absence de véritable conclusion. À la fin, les personnages repartent chacun de leur côté sans que le petit pied de nez typique des films de braquage ou qu'un petit twist cruel vienne parachever l'œuvre. À mon sens, ça manque un peu car la fin manque alors singulièrement de saveur.
Qu'importe, plus que la destination, on comprend que c'était le voyage l'essentiel, et celui-ci s'est révélé particulièrement jouissif !
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Mégalus (Une aventure de)
"Félicitations, vous venez de poser les mains sur le monolithe de la bande dessinée bis". La Planète des ombres est une œuvre rare, située à l'intersection parfaite entre le chef-d'œuvre absolu et le nanar cosmique. Le lecteur (mal)chanceux qui osera s'aventurer dans cette bizarrerie verra notre héros, Mégalus, affronter dans un ordre totalement frénétique : une araignée géante télépathe, des morts-vivants bioniques, une pin-up nymphomane, un vampire tout droit sorti de la Hammer, un sorcier vaudou, des hommes-poissons, un Tyrannosaurus Rex et une gorgone géante. Tout ça... en seulement 41 pages. Le récit est un véritable laboratoire de série Z. S'y mélangent joyeusement SF, érotisme, épouvante, super-héros et voyage dans le temps à la H.G. Wells. Le plus grand miracle ? L'ensemble reste parfaitement compréhensible. Visuellement, c'est un festival. Le dessin est surchargé à l'excès. C'est kitsch, brillant, totalement foutraque, mais terriblement généreux. Mégalus, sauve-nous !
Belle de soie
Pavel Bart signe sa première BD avec ce "Belle de soie". Il va nous plonger dans un univers moyenâgeux où tous les ingrédients du conte sont présents : conspirations, princes et princesse, mariage arrangé, retournements de situation, épidémie avec la terrible Peste de pierre (elle transforme petit à petit les personnages en pierre), destins tragiques, du mystère et bien sûr un peu de magie. Deux femmes, une mère et sa fille, seront au centre de cette histoire au scénario surprenant. La mère est une tisserande qui produit une étoffe unique, la soie précieuse, celle-ci a la particularité d'être douce, lumineuse et d'une robustesse à toutes épreuves (et bien plus encore, mais ça je vous laisse le découvrir). Elle veut transmettre son savoir à sa fille, mais cette dernière va choisir d'accompagner une duchesse et son fils chez le roi, sa fille doit se choisir un mari. Deux femmes avec la même particularité physique, les yeux vairons, autour desquelles gravitent toute une kyrielle de personnages. Des personnages qui ne veulent pas forcément faire leur bonheur. Un début de récit très classique qui va vite bifurquer dans une autre direction, puis une autre et encore une autre. Bref, un scénario inventif ponctué de nombreuses surprises, il est difficile de les voir venir. C'est vraiment ces retournements de situations successifs qui m'ont tenu en haleine. Le scénario est bien construit, les petits retours dans le passé permettent d'éclaircir les zones d'ombre. La narration non académique prend le temps de développer les personnages, de brasser de très nombreux thèmes et de faire de brèves références à d'autres contes. Le dessin aussi est surprenant avec ce trait rêche, souvent statistique et à l'aspect grossier. Pourtant, c'est bien ce dessin et ces tristes couleurs qui rendent crédible cette période féodale. Un visuel avec une vraie patte graphique. Un artiste à suivre ! Un album qui sort du lot. Je conseille ! "Pensez-vous qu'il suffise d'attacher un fil d'or à la patte d'un être pour que celui-ci vous appartienne ?"
Dortmunder
Série découverte au hasard des conseils de mon libraire, je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant cette bande dessinée. Tout de suite, j'ai été séduit par l'atmosphère des années 70, très bien retranscrite, et du film de casse typique, de L'Or se barre (l'ancêtre de Braquage à l'italienne, avec Michael Caine) aux incontournables Ocean's. Encore que le film auquel il me fait probablement le plus penser est assez méconnu, et pourtant excellent : Un Hold-up extraordinaire (avec Shirley MacLaine et encore Michael Caine). On retrouve la même idée du braquage parfait sur le papier, qui se heurte à la réalité des choses et se révèle moins flamboyant que prévu. Sans jamais basculer dans la farce, Bank Shot nous offre un scénario plein d'ironie et de mordant. Les échanges entre les personnages sont toujours pleins de verve, tout comme un scénario qui s'amuse à les malmener, mais toujours d'une façon crédible. On n'est jamais dans la surenchère qui vise à épater le lecteur ou à le surprendre à tout prix. On assiste plutôt à un enchaînement malheureux de situations dont la logique implacable fait inévitablement sourire. Westlake et à sa suite, Headline parviennent à faire avancer le récit par petites touches, rajoutant toujours le petit grain de sable dans une machine apparemment bien rôdée comme une cerise sur le gâteau. C'est tout à fait réjouissant, d'autant que la narration bénéficie d'une fluidité absolue de lecture. On ne se perd jamais dans les nombreux personnages et les péripéties mouvementées, même s'il faut être attentif à tous les détails. Le graphisme faussement brouillon de Jesus Alonso Iglesias sert totalement le récit en ce sens. Cela fourmille de détails en tous sens, de cadrages judicieux, de trognes bien croquées. Finalement, mon seul regret est l'absence de véritable conclusion. À la fin, les personnages repartent chacun de leur côté sans que le petit pied de nez typique des films de braquage ou qu'un petit twist cruel vienne parachever l'œuvre. À mon sens, ça manque un peu car la fin manque alors singulièrement de saveur. Qu'importe, plus que la destination, on comprend que c'était le voyage l'essentiel, et celui-ci s'est révélé particulièrement jouissif !