Une humanité réfugiée dans une cité sous-marine, une société qui maintient sa population dans l'ignorance grâce à la surveillance permanente, une substance mystérieuse nommée la Blanche qui sert autant à nourrir qu'à contrôler les habitants, et un groupe d'adolescents qui rêve d'un monde extérieur dont il est interdit de parler : sur le fond, Dehors reprend des éléments très classiques de la dystopie post-apocalyptique. Pourtant, l'album parvient rapidement à se démarquer grâce à la richesse de son univers et à plusieurs idées originales qui donnent envie d'en découvrir davantage.
J'ai adoré la partie graphique. Le dessin de Dan correspond exactement au type de bande dessinée franco-belge que j'aime. J'y retrouve quelque chose de l'école de Marcinelle modernisée, avec des influences qui me rappellent autant Gazzotti que Verron. Les planches sont magnifiques, très détaillées, dynamiques et vivantes. Les personnages débordent d'expressivité, les décors regorgent de petits détails et la colorisation désaturée contribue parfaitement à cette ambiance de science-fiction mélancolique et légèrement délabrée. Visuellement, c'est un vrai régal.
L'univers m'a également beaucoup plu. J'ai aimé cette société enfermée dans les profondeurs, où l'autorité repose autant sur le conditionnement des esprits que sur une surveillance omniprésente. L'utilisation du Plasme, cette étrange boule de liquide volant qui traque les contrevenants, les mouches espionnes, les règles absurdes imposées à la population ou encore les nombreux mystères entourant cette cité sous-marine donnent une vraie personnalité à cet univers. Même si les bases rappellent forcément quelques classiques du genre, l'ensemble possède suffisamment d'idées propres pour susciter la curiosité.
Les personnages fonctionnent également très bien. Je me suis rapidement attaché à cette famille de substitution composée de Zac, Silo, des jumeaux et de Jed. Zac est parfois un peu pénible avec son enthousiasme permanent et son côté rêveur très appuyé, mais cela reste cohérent avec son âge et son obsession pour ce fameux "dehors" dont tout le monde lui interdit de parler.
C'est justement là que se situe ma principale frustration. Si cet album était clairement présenté comme le premier tome d'une série, même courte, je l'aurais probablement trouvé excellent. Toute l'histoire ressemble à une mise en place extrêmement prometteuse. Les auteurs construisent un univers riche, multiplient les mystères, rendent leurs personnages attachants et donnent constamment envie de découvrir ce qui se cache au-delà des limites de leur monde. J'attendais avec impatience le moment où cette petite bande allait enfin découvrir la vérité sur la surface et voir ce qu'il existait réellement dehors.
Mais voilà : l'album s'arrête précisément au moment où cette aventure semble réellement commencer. La fin est tellement ouverte qu'elle ressemble davantage au dernier chapitre d'un premier tome qu'à la conclusion d'un récit complet. Or tout indique qu'il s'agit d'un one-shot. Et si c'est effectivement le cas, je trouve cette conclusion frustrante. J'ai refermé l'album avec l'impression d'avoir lu une excellente introduction à une série que je ne lirai peut-être jamais.
Note : 3,5/5
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Dehors
Une humanité réfugiée dans une cité sous-marine, une société qui maintient sa population dans l'ignorance grâce à la surveillance permanente, une substance mystérieuse nommée la Blanche qui sert autant à nourrir qu'à contrôler les habitants, et un groupe d'adolescents qui rêve d'un monde extérieur dont il est interdit de parler : sur le fond, Dehors reprend des éléments très classiques de la dystopie post-apocalyptique. Pourtant, l'album parvient rapidement à se démarquer grâce à la richesse de son univers et à plusieurs idées originales qui donnent envie d'en découvrir davantage. J'ai adoré la partie graphique. Le dessin de Dan correspond exactement au type de bande dessinée franco-belge que j'aime. J'y retrouve quelque chose de l'école de Marcinelle modernisée, avec des influences qui me rappellent autant Gazzotti que Verron. Les planches sont magnifiques, très détaillées, dynamiques et vivantes. Les personnages débordent d'expressivité, les décors regorgent de petits détails et la colorisation désaturée contribue parfaitement à cette ambiance de science-fiction mélancolique et légèrement délabrée. Visuellement, c'est un vrai régal. L'univers m'a également beaucoup plu. J'ai aimé cette société enfermée dans les profondeurs, où l'autorité repose autant sur le conditionnement des esprits que sur une surveillance omniprésente. L'utilisation du Plasme, cette étrange boule de liquide volant qui traque les contrevenants, les mouches espionnes, les règles absurdes imposées à la population ou encore les nombreux mystères entourant cette cité sous-marine donnent une vraie personnalité à cet univers. Même si les bases rappellent forcément quelques classiques du genre, l'ensemble possède suffisamment d'idées propres pour susciter la curiosité. Les personnages fonctionnent également très bien. Je me suis rapidement attaché à cette famille de substitution composée de Zac, Silo, des jumeaux et de Jed. Zac est parfois un peu pénible avec son enthousiasme permanent et son côté rêveur très appuyé, mais cela reste cohérent avec son âge et son obsession pour ce fameux "dehors" dont tout le monde lui interdit de parler. C'est justement là que se situe ma principale frustration. Si cet album était clairement présenté comme le premier tome d'une série, même courte, je l'aurais probablement trouvé excellent. Toute l'histoire ressemble à une mise en place extrêmement prometteuse. Les auteurs construisent un univers riche, multiplient les mystères, rendent leurs personnages attachants et donnent constamment envie de découvrir ce qui se cache au-delà des limites de leur monde. J'attendais avec impatience le moment où cette petite bande allait enfin découvrir la vérité sur la surface et voir ce qu'il existait réellement dehors. Mais voilà : l'album s'arrête précisément au moment où cette aventure semble réellement commencer. La fin est tellement ouverte qu'elle ressemble davantage au dernier chapitre d'un premier tome qu'à la conclusion d'un récit complet. Or tout indique qu'il s'agit d'un one-shot. Et si c'est effectivement le cas, je trouve cette conclusion frustrante. J'ai refermé l'album avec l'impression d'avoir lu une excellente introduction à une série que je ne lirai peut-être jamais. Note : 3,5/5