Mourir au paradis est un one shot de Pierre Christin et Alain Mounier publié en 2005.
A l'époque, on a reproché à Pierre Christin d'avoir tapé à côté par rapport aux éléments qu'il dénonçait. Aujourd'hui nous sommes en 2026 et à la relecture, j'ai plutôt l'impression que Christin s'est montré assez visionnaire sur la direction que prenait l'Amérique...
Le repli sur soi, le traitement des latinos sans papier, le garçon Bart qui ressemble à un adhérent du mouvement Groypers... Il y a dans cette bande énormément d'échos à l'actualité américaine.
Comme quoi il faut être assez prudent quand on critique un auteur de la trempe de Christin et qu'on a pas son bagage géopolitique.
Le récit est bien mené, j'ai apprécié le caractère inéluctable et le cynisme ambiant, on dirait presque du Hermann parfois.
Au dessin, Alain Mounier livre un travail très appliqué. J'aime beaucoup ce dessinateur. Il parvient à donner énormément de sens au propos juste à travers les visages ou certains cadrages. Les cases sont vraiment détaillées.
C'est sans conteste un de ses meilleurs travaux avec L'ambulance 13.
Une bande de Pierre Christin à réhabiliter.
Eh bien ! Quelle lecture ! Une lecture monumentale par le nombre d'informations qu'elle contient, déjà. Le travail de Benoît Collombat et Étienne Davodeau est vraiment phénoménal, mais quand, comme moi, on ignore à peu près tout de la politique française dans les années 70-80 (en-dehors des principaux noms de présidents et de ministres), cela nécessite une remise à niveau... Cela dit, Collombat réussit globalement à nous la faire faire, cette remise à niveau. Il n'oublie pas que son lecteur n'a pas forcément connu cette période et qu'il ne peut donc attendre de sa part qu'il soit parfaitement calé sur le sujet. Ainsi, quoiqu'ardu quand même à la lecture, Cher pays de notre enfance a le mérite d'être extrêmement pédagogique, et de ne jamais perdre de vue son fil rouge, au fur et à mesure des différentes rencontres auxquelles les auteurs nous font assister.
Si on s'accroche, on assiste à quelque chose d'absolument captivant. On sait bien que tous ces complots et ces manœuvres mafieuses existent en très haut lieu. On peut même avoir de sérieuses raisons de penser qu'elles ont encore largement cours aujourd'hui (la mort du député Olivier Marleix en 2025 pourrait évoquer par bien des aspects celle du ministre Robert Boulin dont il est question dans la bande dessinée...). Mais pourtant, même en sachant tout ça, ça fait quelque chose de le voir écrit et démontré noir sur blanc sous nos yeux. C'est probablement ce qui donne toute sa portée au récit de Benoît Collombat et Étienne Davodeau. Oui, on sait que tout ça existe, mais on sait aussi que tout ça est tabou. Et pourtant, certains journalistes courageux sont capables de sortir ces magouilles de l'ombre et de questionner la vérité établie...
Le travail de Collombat, grand reporter à France Inter, est un véritable travail d'Hercule. Il s'ingénie à faire sortir la vérité des innombrables zones d'ombre où on a essayé de la maintenir. Ainsi, ce documentaire prend de vraies allures d'enquête policière à maintes reprises, tant ce qui est raconté semble tout droit sortir d'un film de gangsters type La French (excellent film, qui raconte une affaire évoquée dans la bande dessinée, au passage). On voudrait ne pas croire cela possible, et pourtant, tous les indices convergent... et si les preuves semblent trop évidentes pour être niées.
Petit à petit, Cher pays de notre enfance dessine ainsi un portrait qu'on sait réel mais qu'on aurait préféré ignorer de notre Ve République (et il y a peu de chances que les 4 précédentes aient été très différentes). Une République servie par des gens honnêtes et droits (les auteurs en rencontrent tout au long de la bande dessinée), mais aussi victime des cyniques qui veulent la diriger à tout prix.
Ce qui m'a fasciné et terrifié en même temps, dans ce récit, c'est de voir à quel point les pratiques mafieuses dépassent les clivages politiques. Ici, les auteurs s'intéressent au RPR, mais sont bien conscients qu'il était probablement loin d'être le seul à se financer de manière aussi peu légale. Au-delà de ça, c'est surtout la diversité des profils de personnes qui appartiennent au SAC qui étonne. Plusieurs membres de cette organisation étaient des ennemis lors de la Seconde Guerre mondiale ou surtout de la Guerre d'Algérie, et pourtant, ils ont œuvré ensemble au sein des barbouzeries du parti gaulliste... Tout comme les personnes ayant essayé de lutter contre le SAC vont de la gauche à la droite, y compris dans leurs nuances plus ou moins extrêmes. Un intéressant constat de la complexité de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, et du peu de confiance à accorder aux étiquettes que les uns attribuent aux autres.
Une dernière question m'agite : le format BD était-il le plus adapté pour exposer toutes les horreurs dénoncées ici ? La lecture de cette BD a été si longue et si dense que j'avoue avoir du mal à voir la pertinence du recours à ce média. Le récit est très majoritairement constitué de dialogues, et honnêtement, la mise en scène d'Étienne Davodeau ne m'a pas paru suffisamment exceptionnelle pour justifier d'avoir raconté cette enquête sous formes de planches dessinées. Même si l'incroyable couverture mérite le détour à elle seule !
Et pourtant, si cette enquête avait paru uniquement sous forme de livre non dessiné, je ne m'y serais probablement pas intéressé... Alors oui, peut-être qu'in fine, Collombat et Davodeau ont atteint leur but avec cette enquête brillante et apparemment risquée, en touchant un public qu'ils n'auraient sans doute pas touché (ou pas autant) sans cela.
Quoiqu'il en soit, même si, pour moi, la lecture de cette bande dessinée équivaut plus ou moins à la lecture - austère et passionnante - d'un essai sur le sujet, je ne peux que remercier les auteurs pour l'incroyable qualité de leur travail qui m'est parvenue presque par hasard, et à côté duquel je serais passé sans ma passion pour la bande dessinée !
Alors c'est l'histoire d'un animal mutant avec une tête de rat qui s'allie avec deux humaines pour renverser les robots.
Ah j'allais oublier : le rat mutant est un super coup au lit.
Tu penses que c'est très très con comme canevas de depart ? Et bien tu as raison ! Oui mais c'est très joli aussi ! Et ça se prend pas au sérieux (ouf) !
A partir de la page 15, l'histoire décolle et prend la forme d'une épopée assez fun à suivre.
C'est sorti chez Himalaya en 1990 mais ça aurait pu sortir dans les années 80 au sein de la collection Pieds jaloux des humanoïdes associés.
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Mourir au paradis
Mourir au paradis est un one shot de Pierre Christin et Alain Mounier publié en 2005. A l'époque, on a reproché à Pierre Christin d'avoir tapé à côté par rapport aux éléments qu'il dénonçait. Aujourd'hui nous sommes en 2026 et à la relecture, j'ai plutôt l'impression que Christin s'est montré assez visionnaire sur la direction que prenait l'Amérique... Le repli sur soi, le traitement des latinos sans papier, le garçon Bart qui ressemble à un adhérent du mouvement Groypers... Il y a dans cette bande énormément d'échos à l'actualité américaine. Comme quoi il faut être assez prudent quand on critique un auteur de la trempe de Christin et qu'on a pas son bagage géopolitique. Le récit est bien mené, j'ai apprécié le caractère inéluctable et le cynisme ambiant, on dirait presque du Hermann parfois. Au dessin, Alain Mounier livre un travail très appliqué. J'aime beaucoup ce dessinateur. Il parvient à donner énormément de sens au propos juste à travers les visages ou certains cadrages. Les cases sont vraiment détaillées. C'est sans conteste un de ses meilleurs travaux avec L'ambulance 13. Une bande de Pierre Christin à réhabiliter.
Cher pays de notre enfance
Eh bien ! Quelle lecture ! Une lecture monumentale par le nombre d'informations qu'elle contient, déjà. Le travail de Benoît Collombat et Étienne Davodeau est vraiment phénoménal, mais quand, comme moi, on ignore à peu près tout de la politique française dans les années 70-80 (en-dehors des principaux noms de présidents et de ministres), cela nécessite une remise à niveau... Cela dit, Collombat réussit globalement à nous la faire faire, cette remise à niveau. Il n'oublie pas que son lecteur n'a pas forcément connu cette période et qu'il ne peut donc attendre de sa part qu'il soit parfaitement calé sur le sujet. Ainsi, quoiqu'ardu quand même à la lecture, Cher pays de notre enfance a le mérite d'être extrêmement pédagogique, et de ne jamais perdre de vue son fil rouge, au fur et à mesure des différentes rencontres auxquelles les auteurs nous font assister. Si on s'accroche, on assiste à quelque chose d'absolument captivant. On sait bien que tous ces complots et ces manœuvres mafieuses existent en très haut lieu. On peut même avoir de sérieuses raisons de penser qu'elles ont encore largement cours aujourd'hui (la mort du député Olivier Marleix en 2025 pourrait évoquer par bien des aspects celle du ministre Robert Boulin dont il est question dans la bande dessinée...). Mais pourtant, même en sachant tout ça, ça fait quelque chose de le voir écrit et démontré noir sur blanc sous nos yeux. C'est probablement ce qui donne toute sa portée au récit de Benoît Collombat et Étienne Davodeau. Oui, on sait que tout ça existe, mais on sait aussi que tout ça est tabou. Et pourtant, certains journalistes courageux sont capables de sortir ces magouilles de l'ombre et de questionner la vérité établie... Le travail de Collombat, grand reporter à France Inter, est un véritable travail d'Hercule. Il s'ingénie à faire sortir la vérité des innombrables zones d'ombre où on a essayé de la maintenir. Ainsi, ce documentaire prend de vraies allures d'enquête policière à maintes reprises, tant ce qui est raconté semble tout droit sortir d'un film de gangsters type La French (excellent film, qui raconte une affaire évoquée dans la bande dessinée, au passage). On voudrait ne pas croire cela possible, et pourtant, tous les indices convergent... et si les preuves semblent trop évidentes pour être niées. Petit à petit, Cher pays de notre enfance dessine ainsi un portrait qu'on sait réel mais qu'on aurait préféré ignorer de notre Ve République (et il y a peu de chances que les 4 précédentes aient été très différentes). Une République servie par des gens honnêtes et droits (les auteurs en rencontrent tout au long de la bande dessinée), mais aussi victime des cyniques qui veulent la diriger à tout prix. Ce qui m'a fasciné et terrifié en même temps, dans ce récit, c'est de voir à quel point les pratiques mafieuses dépassent les clivages politiques. Ici, les auteurs s'intéressent au RPR, mais sont bien conscients qu'il était probablement loin d'être le seul à se financer de manière aussi peu légale. Au-delà de ça, c'est surtout la diversité des profils de personnes qui appartiennent au SAC qui étonne. Plusieurs membres de cette organisation étaient des ennemis lors de la Seconde Guerre mondiale ou surtout de la Guerre d'Algérie, et pourtant, ils ont œuvré ensemble au sein des barbouzeries du parti gaulliste... Tout comme les personnes ayant essayé de lutter contre le SAC vont de la gauche à la droite, y compris dans leurs nuances plus ou moins extrêmes. Un intéressant constat de la complexité de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, et du peu de confiance à accorder aux étiquettes que les uns attribuent aux autres. Une dernière question m'agite : le format BD était-il le plus adapté pour exposer toutes les horreurs dénoncées ici ? La lecture de cette BD a été si longue et si dense que j'avoue avoir du mal à voir la pertinence du recours à ce média. Le récit est très majoritairement constitué de dialogues, et honnêtement, la mise en scène d'Étienne Davodeau ne m'a pas paru suffisamment exceptionnelle pour justifier d'avoir raconté cette enquête sous formes de planches dessinées. Même si l'incroyable couverture mérite le détour à elle seule ! Et pourtant, si cette enquête avait paru uniquement sous forme de livre non dessiné, je ne m'y serais probablement pas intéressé... Alors oui, peut-être qu'in fine, Collombat et Davodeau ont atteint leur but avec cette enquête brillante et apparemment risquée, en touchant un public qu'ils n'auraient sans doute pas touché (ou pas autant) sans cela. Quoiqu'il en soit, même si, pour moi, la lecture de cette bande dessinée équivaut plus ou moins à la lecture - austère et passionnante - d'un essai sur le sujet, je ne peux que remercier les auteurs pour l'incroyable qualité de leur travail qui m'est parvenue presque par hasard, et à côté duquel je serais passé sans ma passion pour la bande dessinée !
L'Au-delà - Sous la peau du temps
Alors c'est l'histoire d'un animal mutant avec une tête de rat qui s'allie avec deux humaines pour renverser les robots. Ah j'allais oublier : le rat mutant est un super coup au lit. Tu penses que c'est très très con comme canevas de depart ? Et bien tu as raison ! Oui mais c'est très joli aussi ! Et ça se prend pas au sérieux (ouf) ! A partir de la page 15, l'histoire décolle et prend la forme d'une épopée assez fun à suivre. C'est sorti chez Himalaya en 1990 mais ça aurait pu sortir dans les années 80 au sein de la collection Pieds jaloux des humanoïdes associés.