À la frontière entre la science-fiction et l'érotisme, cette série de l'Argentin Solano López est bien loin de ce qu'il sera capable d'atteindre à l'avenir. L'intrigue est simple : le héros spacial doit affronter des défis et des épreuves dans une arène, y compris combattre un scorpion géant, devant une population exclusivement féminine et dominante.
C'est le fantasme sexuel central de cette œuvre qui, finalement, contient très peu de science-fiction. Les traits des personnages sont assez grossiers mais les dessins montrent déjà les petits traits et les pointillés caractéristiques de l'auteur.
L'édition française est relativement courte, mais dans d'autres pays et en différentes langues (espagnol, anglais, néerlandais) elle a eu d'autres épisodes, avec des scénarios de Ricardo Barreiro.
Comme d'autres adaptations de livres, je trouve que cette BD rate complètement le coche de l'adaptation. Pour une raison simple de forme : on est dans un texte illustré, purement récupéré du livre et mis en cartouche au-dessus d'images qui sont une simple illustration qui n'apporte pas grand chose. En terme d'adaptation, on est sur la forme la plus littérale et la moins BD.
En dehors de cette considération, donc, la BD est une histoire en Allemagne des années 30, lors des JO d'hiver. L'histoire est celle d'un homme dont le couple est en perte de vitesse, qui retombe amoureux et a des ennuis avec la Gestapo par rapport à son manque de conviction en tant que journaliste, selon le régime nazi. On est donc dans le contexte d'installation d'une dictature, tout en ayant des JO qui servent la propagande et un régime qui cache encore sa volonté pour ne pas effrayer une opinion internationale.
La BD est assez lente, trop pour son propre bien, et ne va pas très loin non plus. Le final fait un peu pétard mouillé et n'apporte pas un dialogue que j'aurais aimé voir, celui entre le type et sa femme. De même que plein de choses sont évoqués mais jamais développées. Le tout semble arrêté trop vite, trop brusquement, sans qu'on ne sache où tout ça a mené. Je dois dire que j'ai même du voir à quoi correspond le message global, donc pas une BD que je recommanderais.
William Green est un ranger justicier écologiste tellement extrême qu'il finit par devenir le pire ennemi de la planète qu'il veut sauver.
Une fois de plus pour une BD dessinée par Julien Solé, je trouve le dessin très bon mais l'humour pas du tout à la hauteur.
La série repose trop sur la bêtise du personnage principal. William Green est tellement con qu'il m'a lassé dès les premiers gags, les chutes jouant presque toujours sur son incapacité à comprendre les situations et sur des catastrophes annoncées dès le départ. Les rebondissements sont trop prévisibles et certains passages misent davantage sur la vulgarité que sur un véritable effet comique.
C'est dommage, car le dessin de Julien Solé est comme souvent excellent : expressif, caricatural et parfaitement adapté à ce type d'humour. Ses personnages et ses décors donnent envie de parcourir les pages, mais ils ne suffisent pas à compenser un scénario qui ne m'a jamais fait rire.
Une succession de gags trop répétitifs autour d'un héros dont la stupidité est plus agaçante qu'amusante.
Je reconnais à Clowes de réelles qualités. Graphiques et narratives. Mais c’est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Et cet album ne fait pas exception hélas.
Le travail éditorial de Cornélius est une nouvelle fois excellent, et le dessin de Clowes reconnaissable, et globalement agréable.
Mais ce dessin accentue la froideur de son récit, et ses qualités se retournent presque contre lui serais-je tenté de dire. En effet, si ça renforce le malaise mis en avant par Clowes, ça renforce aussi une certaine langueur, pour ne pas dire mollesse de certains passages, qui sont un peu ennuyeux.
Comme souvent, Clowes dépeint une Amérique qui s’ennuie, loin de la béatification de la joie, des loisirs et du « amazing » à tout va. Il ajoute ici une touche de super-héros justicier. Un poncif de la culture comics, mais qui est ici atténué, voire totalement retourné, tant notre héros et son pistolet semblent ridicules et peu crédibles. C’est pourtant dans cette direction que j’espérais voir Clowes aller à fond, jouant sur l’absurde et une certaine parodie. J’ai l’impression qu’il n’a su choisir. Ou alors qu’il a préféré rester dans quelque chose qu’il maitrise mieux, à savoir le portrait de losers, d’une Amérique des à-côtés (en cela le dialogue du début entre le héros Andy et son pote Louie donne le ton, triste, pathétique, un peu mélancolique).
Note réelle 2,5/5.
Cette bande de Levis a pour point de départ la révolution allemande de 1918, un contexte historique et politique particulièrement dense. Malheureusement, le manque d'explications contextuelles m'a maintenu, pendant une bonne partie du récit, à l'extérieur de l'histoire.
Le plaisir de lecture revient finalement lorsque le récit adopte un ton plus picaresque, au fil des escales de l'héroïne, au Caire puis à New York.
Au gré des hommes qu'elle rencontre, Jelly se laisse entraîner dans un jeu de dupes : elle se sert d'eux autant qu'ils se servent d'elle. Cette mécanique des relations hommes-femmes se révèle ainsi plus profonde que ce que le scénario laissait initialement paraître.
Bien qu'un peu difficile d'accès, cette œuvre s'avère en tout cas beaucoup moins problématique que les autres travaux de l'auteur. Au moins, Jelly est majeure.
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À la frontière entre la science-fiction et l'érotisme, cette série de l'Argentin Solano López est bien loin de ce qu'il sera capable d'atteindre à l'avenir. L'intrigue est simple : le héros spacial doit affronter des défis et des épreuves dans une arène, y compris combattre un scorpion géant, devant une population exclusivement féminine et dominante. C'est le fantasme sexuel central de cette œuvre qui, finalement, contient très peu de science-fiction. Les traits des personnages sont assez grossiers mais les dessins montrent déjà les petits traits et les pointillés caractéristiques de l'auteur. L'édition française est relativement courte, mais dans d'autres pays et en différentes langues (espagnol, anglais, néerlandais) elle a eu d'autres épisodes, avec des scénarios de Ricardo Barreiro.
La Désobéissance d'Andreas Kuppler
Comme d'autres adaptations de livres, je trouve que cette BD rate complètement le coche de l'adaptation. Pour une raison simple de forme : on est dans un texte illustré, purement récupéré du livre et mis en cartouche au-dessus d'images qui sont une simple illustration qui n'apporte pas grand chose. En terme d'adaptation, on est sur la forme la plus littérale et la moins BD. En dehors de cette considération, donc, la BD est une histoire en Allemagne des années 30, lors des JO d'hiver. L'histoire est celle d'un homme dont le couple est en perte de vitesse, qui retombe amoureux et a des ennuis avec la Gestapo par rapport à son manque de conviction en tant que journaliste, selon le régime nazi. On est donc dans le contexte d'installation d'une dictature, tout en ayant des JO qui servent la propagande et un régime qui cache encore sa volonté pour ne pas effrayer une opinion internationale. La BD est assez lente, trop pour son propre bien, et ne va pas très loin non plus. Le final fait un peu pétard mouillé et n'apporte pas un dialogue que j'aurais aimé voir, celui entre le type et sa femme. De même que plein de choses sont évoqués mais jamais développées. Le tout semble arrêté trop vite, trop brusquement, sans qu'on ne sache où tout ça a mené. Je dois dire que j'ai même du voir à quoi correspond le message global, donc pas une BD que je recommanderais.
Planet Ranger
William Green est un ranger justicier écologiste tellement extrême qu'il finit par devenir le pire ennemi de la planète qu'il veut sauver. Une fois de plus pour une BD dessinée par Julien Solé, je trouve le dessin très bon mais l'humour pas du tout à la hauteur. La série repose trop sur la bêtise du personnage principal. William Green est tellement con qu'il m'a lassé dès les premiers gags, les chutes jouant presque toujours sur son incapacité à comprendre les situations et sur des catastrophes annoncées dès le départ. Les rebondissements sont trop prévisibles et certains passages misent davantage sur la vulgarité que sur un véritable effet comique. C'est dommage, car le dessin de Julien Solé est comme souvent excellent : expressif, caricatural et parfaitement adapté à ce type d'humour. Ses personnages et ses décors donnent envie de parcourir les pages, mais ils ne suffisent pas à compenser un scénario qui ne m'a jamais fait rire. Une succession de gags trop répétitifs autour d'un héros dont la stupidité est plus agaçante qu'amusante.
Le Rayon de la Mort
Je reconnais à Clowes de réelles qualités. Graphiques et narratives. Mais c’est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Et cet album ne fait pas exception hélas. Le travail éditorial de Cornélius est une nouvelle fois excellent, et le dessin de Clowes reconnaissable, et globalement agréable. Mais ce dessin accentue la froideur de son récit, et ses qualités se retournent presque contre lui serais-je tenté de dire. En effet, si ça renforce le malaise mis en avant par Clowes, ça renforce aussi une certaine langueur, pour ne pas dire mollesse de certains passages, qui sont un peu ennuyeux. Comme souvent, Clowes dépeint une Amérique qui s’ennuie, loin de la béatification de la joie, des loisirs et du « amazing » à tout va. Il ajoute ici une touche de super-héros justicier. Un poncif de la culture comics, mais qui est ici atténué, voire totalement retourné, tant notre héros et son pistolet semblent ridicules et peu crédibles. C’est pourtant dans cette direction que j’espérais voir Clowes aller à fond, jouant sur l’absurde et une certaine parodie. J’ai l’impression qu’il n’a su choisir. Ou alors qu’il a préféré rester dans quelque chose qu’il maitrise mieux, à savoir le portrait de losers, d’une Amérique des à-côtés (en cela le dialogue du début entre le héros Andy et son pote Louie donne le ton, triste, pathétique, un peu mélancolique). Note réelle 2,5/5.
A corps perdu (Jelly Shawn - Mémoires d'une entraîneuse)
Cette bande de Levis a pour point de départ la révolution allemande de 1918, un contexte historique et politique particulièrement dense. Malheureusement, le manque d'explications contextuelles m'a maintenu, pendant une bonne partie du récit, à l'extérieur de l'histoire. Le plaisir de lecture revient finalement lorsque le récit adopte un ton plus picaresque, au fil des escales de l'héroïne, au Caire puis à New York. Au gré des hommes qu'elle rencontre, Jelly se laisse entraîner dans un jeu de dupes : elle se sert d'eux autant qu'ils se servent d'elle. Cette mécanique des relations hommes-femmes se révèle ainsi plus profonde que ce que le scénario laissait initialement paraître. Bien qu'un peu difficile d'accès, cette œuvre s'avère en tout cas beaucoup moins problématique que les autres travaux de l'auteur. Au moins, Jelly est majeure.