Cette bande dessinée m'a attiré l'attention dans ma bibliothèque locale, et étant fan des nouvelles de Lovecraft je l'ai prise. J'ai trouvé cette bande dessinée très similaire à la nouvelle qui l'inspire, et l'univers futuriste n'impacte presque pas l'histoire et ne change rien d'autre que l'esthétique, passant d'un taxi à un bus spatial et des monstres des mers à des aliens. J'aurais préféré si les changements faits à l'histoire originale avaient plus d'impact sur l'histoire et les thèmes abordés. J'applaudis cependant le dessin qui est bien et réussit à marquer par une scène de rêve qui change le style artistique en quelques chose de plus "peint" comparé au style plus griffonné du reste de la BD et donne l'impression d'un rêve presque plus vivide que la réalité. Bref une bande dessinée moyenne qui n'ajoute que très peu à l'histoire originale
Inutile de présenter Frankenstein, classique parmi les classiques, déjà adapté de nombreuses fois, notamment en bande dessinée. David Sala propose ici sa version personnelle, qui lui permet d'exprimer pleinement son talent d'illustrateur et d'appuyer intelligemment sur les travers dépeints dans le roman.
Frankenstein, ce monstre créé de toute part, ne trouve pas sa place dans la société. Le fond de l'histoire traite de la différence, des minorités, de la violence. L'interprétation de David Sala développe à merveille ces thématiques. Car au delà du lien tumultueux entre la créature et son créateur, cette version appuie sur toutes ces dimensions humaines.
L'acceptation de l'autre, la différence, l'amour, la haine... Cette histoire est le terrain de jeu idéal pour mettre en exergue tous ces sentiments. L'auteur s'en sort hyper bien, et son message passe avec efficacité. Il y a des scènes assez dures, assez touchantes, que ce soit avec des silences, distillés avec justesse ça et là, ou avec des dialogues acerbes, le ton sonne juste tout au long de l'album.
Ce récit, c'est surtout une façon de dépeindre la société, celle de l'époque du récit... mais également la notre, celle d'aujourd'hui, dont la vison n'a visiblement pas évoluée. Une histoire touchante, toujours d'actualité donc, et très bien adaptée ici.
Comme d'habitude, Rue de Sèvres fait les choses très bien : la qualité d'édition de cet album est remarquable. Une chouette couverture cartonnée, un grand format des plus appréciables qui permet à l'auteure d'exprimer pleinement son talent. Un dessin plein de finesse dont le charme opère au fil des grandes cases offertes par ce format.
On rentre tranquillement dans l'ambiance : un univers moyenâgeux, une abbaye dans laquelle on enseigne la Langue : une sorte de magie liturgique qui offre des visions à ceux qui la maitrisent. Mais le fantastique n'occupe qu'une part minime, anecdotique même du récit. Celui-ci nous raconte l'histoire de deux jeunes femmes qui tentent d'être celle qui sera choisie pour être la doctorante. Deux destinées, deux motivations bien différentes mais au final un destin croisé.
Le premier chapitre se focalise sur Iodis la fille illégitime d'un notable important. Ce chapitre plante le décor et amène surtout son petit lot de mystères. Des cachoteries, des débuts de conflits et surtout un moine et un tableau qui disparaissent brutalement. Il n'en faut pas plus à Iodis pour se convaincre que sa rivale n'est pas étrangère à tout ça.
Le récit gagne en intensité et offre une tournure surprenante et inattendue dans le second chapitre, centré sur Halcyon, la seconde jeune fille. Cette partie nous relate son histoire, pourquoi elle est entrée à l'abbaye et pourquoi elle doit apprendre la fameuse langue. Ce chapitre nous offre surtout son point de vue sur les évènements qui secouent l'abbaye. Et le moins qu'on puisse dire c'est que l'histoire prend une tournure radicalement différente. Ca donne une toute autre vision des choses, la vérité n'est pas celle qu'on croyait. C'est malin, c'est bien amené, c'est raconté avec subtilité et talent. Ca dynamise l'intrigue qui devient de plus en plus plaisante au fil des pages. Et pour ne rien gâcher la fin est également très réussie.
Un très chouette album à mettre entre toutes les mains.
Dans un orphelinat de Saint-Pétersbourg, le jeune Balthazar est soudain pris en chasse par les sbires de Raspoutine, contraint de fuir à travers la Russie et de traverser un monde où se mêlent danger, magie et créatures issues du folklore slave.
J’ai trouvé cette BD à la fois intrigante et un peu déroutante, mais suffisamment intéressante pour me donner envie de la défendre malgré ses défauts. Le récit puise très largement dans les contes et légendes slaves, en mélangeant des figures historiques comme Raspoutine avec une galerie de créatures et de références folkloriques (Baba Yaga, Kotcheï, la Roussalka, Kot Bayun (faussement renommé Tchoudo-Youdo ici) et autres figures du mythe russe). C’est précisément ce foisonnement qui fait à la fois la force et la faiblesse de l’ensemble : l’univers est riche, mais il finit par se brouiller lui-même, au point qu’on ne sait plus toujours très bien qui est qui ni d’où viennent certains éléments, avec par exemple des confusions ou réattributions de figures mythologiques qui participent à ce sentiment de désordre narratif.
Le scénario est lui aussi dense, avec une accumulation de péripéties et de rencontres qui donnent l’impression d’un récit en perpétuel mouvement, mais pas toujours parfaitement structuré. Il en ressort une intrigue un peu foutraque, qui peut sembler confuse ou désordonnée par moments, mais qui conserve malgré tout une forme de cohérence émotionnelle.
C’est d’ailleurs là que la BD m’a finalement accroché : dans son ambiance. Le dessin de Mathilde Domecq apporte beaucoup à cette impression, avec un trait mignon, expressif et vivant, soutenu par des couleurs douces qui installent une atmosphère à la fois froide et chaleureuse, parfaitement adaptée à ce voyage dans une Russie fantasmée. Les chapitres ponctués de pages en noir et blanc façon gravures renforcent aussi cette dimension de conte illustré.
Même si le rythme est inégal et que la narration peut donner l’impression de partir dans toutes les directions, j’ai pris plutôt du plaisir à me laisser porter par cette BD pour la jeunesse, mélange de légendes, d’errance et de merveilleux. Il y a quelque chose d’un peu désordonné, presque excessif, mais qui colle aussi assez bien à l’idée d’un grand conte slave recomposé, où les figures mythologiques se répondent sans toujours chercher la rigueur.
Note : 3,5/5
Après la chute d'une étoile filante sur leur maison, Zoé et Matthias voient prendre vie une fée et un super-héros qui leur proposent d'exaucer un vœu, les entraînant alors dans une aventure pleine de merveilleux jusqu'à la Lune.
C'est une bande dessinée clairement destinée à la petite jeunesse, à partir de 6 ans, et cela se ressent immédiatement dans son approche comme dans sa narration. On est ici face à un conte très simple, presque une histoire du soir mise en images, avec une aventure douce, pleine d'imaginaire et de gentillesse, qui évoque ces récits à l'ancienne qu'on raconte pour endormir les enfants et les faire rêver.
Le dessin de Stanislas s'adapte très bien à ce genre. D'apparence très simple, il n'en est pas moins bien reconnaissable, avec une grande clarté de lecture et une bonne personnalité. On est dans une ligne claire épurée, très lisible, qui va à l'essentiel et correspond parfaitement à ce type de récit. La mise en page est elle aussi minimaliste, avec souvent une seule image par page, rarement plus de trois, ce qui renforce encore cette sensation de lecture fluide et rapide.
À noter que l'album était initialement paru en noir et blanc chez Thierry Magnier, mais j'ai lu la réédition chez Les Rêveurs qui bénéficie d'une mise en couleurs qui apporte un vrai supplément de charme, avec des teintes douces en accord avec l'ambiance onirique du récit.
L'ensemble dégage un charme certain, notamment dans cette manière d'assumer pleinement le premier degré, sans chercher à complexifier ou détourner le propos. Cependant, l'album se parcourt très vite, d'autant que son scénario est volontairement enfantin, mignon et accessible. C'est là que se situe aussi sa limite pour un lecteur adulte. Il n'y a pas vraiment de second niveau de lecture, ni d'éléments permettant d'y trouver un intérêt au-delà du simple plaisir visuel ou de la nostalgie. Tout est pensé pour un jeune public, et cela peut laisser une impression de légèreté, voire de simplicité un peu trop marquée.
C'est donc une BD pleine de douceur et d'imaginaire, qui saura séduire les plus jeunes, mais qui restera sans doute trop simple pour captiver un lectorat adulte.
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La Planète aux cauchemars
Cette bande dessinée m'a attiré l'attention dans ma bibliothèque locale, et étant fan des nouvelles de Lovecraft je l'ai prise. J'ai trouvé cette bande dessinée très similaire à la nouvelle qui l'inspire, et l'univers futuriste n'impacte presque pas l'histoire et ne change rien d'autre que l'esthétique, passant d'un taxi à un bus spatial et des monstres des mers à des aliens. J'aurais préféré si les changements faits à l'histoire originale avaient plus d'impact sur l'histoire et les thèmes abordés. J'applaudis cependant le dessin qui est bien et réussit à marquer par une scène de rêve qui change le style artistique en quelques chose de plus "peint" comparé au style plus griffonné du reste de la BD et donne l'impression d'un rêve presque plus vivide que la réalité. Bref une bande dessinée moyenne qui n'ajoute que très peu à l'histoire originale
Frankenstein (Sala)
Inutile de présenter Frankenstein, classique parmi les classiques, déjà adapté de nombreuses fois, notamment en bande dessinée. David Sala propose ici sa version personnelle, qui lui permet d'exprimer pleinement son talent d'illustrateur et d'appuyer intelligemment sur les travers dépeints dans le roman. Frankenstein, ce monstre créé de toute part, ne trouve pas sa place dans la société. Le fond de l'histoire traite de la différence, des minorités, de la violence. L'interprétation de David Sala développe à merveille ces thématiques. Car au delà du lien tumultueux entre la créature et son créateur, cette version appuie sur toutes ces dimensions humaines. L'acceptation de l'autre, la différence, l'amour, la haine... Cette histoire est le terrain de jeu idéal pour mettre en exergue tous ces sentiments. L'auteur s'en sort hyper bien, et son message passe avec efficacité. Il y a des scènes assez dures, assez touchantes, que ce soit avec des silences, distillés avec justesse ça et là, ou avec des dialogues acerbes, le ton sonne juste tout au long de l'album. Ce récit, c'est surtout une façon de dépeindre la société, celle de l'époque du récit... mais également la notre, celle d'aujourd'hui, dont la vison n'a visiblement pas évoluée. Une histoire touchante, toujours d'actualité donc, et très bien adaptée ici.
La Langue des vipères
Comme d'habitude, Rue de Sèvres fait les choses très bien : la qualité d'édition de cet album est remarquable. Une chouette couverture cartonnée, un grand format des plus appréciables qui permet à l'auteure d'exprimer pleinement son talent. Un dessin plein de finesse dont le charme opère au fil des grandes cases offertes par ce format. On rentre tranquillement dans l'ambiance : un univers moyenâgeux, une abbaye dans laquelle on enseigne la Langue : une sorte de magie liturgique qui offre des visions à ceux qui la maitrisent. Mais le fantastique n'occupe qu'une part minime, anecdotique même du récit. Celui-ci nous raconte l'histoire de deux jeunes femmes qui tentent d'être celle qui sera choisie pour être la doctorante. Deux destinées, deux motivations bien différentes mais au final un destin croisé. Le premier chapitre se focalise sur Iodis la fille illégitime d'un notable important. Ce chapitre plante le décor et amène surtout son petit lot de mystères. Des cachoteries, des débuts de conflits et surtout un moine et un tableau qui disparaissent brutalement. Il n'en faut pas plus à Iodis pour se convaincre que sa rivale n'est pas étrangère à tout ça. Le récit gagne en intensité et offre une tournure surprenante et inattendue dans le second chapitre, centré sur Halcyon, la seconde jeune fille. Cette partie nous relate son histoire, pourquoi elle est entrée à l'abbaye et pourquoi elle doit apprendre la fameuse langue. Ce chapitre nous offre surtout son point de vue sur les évènements qui secouent l'abbaye. Et le moins qu'on puisse dire c'est que l'histoire prend une tournure radicalement différente. Ca donne une toute autre vision des choses, la vérité n'est pas celle qu'on croyait. C'est malin, c'est bien amené, c'est raconté avec subtilité et talent. Ca dynamise l'intrigue qui devient de plus en plus plaisante au fil des pages. Et pour ne rien gâcher la fin est également très réussie. Un très chouette album à mettre entre toutes les mains.
Balthazar au pays blême
Dans un orphelinat de Saint-Pétersbourg, le jeune Balthazar est soudain pris en chasse par les sbires de Raspoutine, contraint de fuir à travers la Russie et de traverser un monde où se mêlent danger, magie et créatures issues du folklore slave. J’ai trouvé cette BD à la fois intrigante et un peu déroutante, mais suffisamment intéressante pour me donner envie de la défendre malgré ses défauts. Le récit puise très largement dans les contes et légendes slaves, en mélangeant des figures historiques comme Raspoutine avec une galerie de créatures et de références folkloriques (Baba Yaga, Kotcheï, la Roussalka, Kot Bayun (faussement renommé Tchoudo-Youdo ici) et autres figures du mythe russe). C’est précisément ce foisonnement qui fait à la fois la force et la faiblesse de l’ensemble : l’univers est riche, mais il finit par se brouiller lui-même, au point qu’on ne sait plus toujours très bien qui est qui ni d’où viennent certains éléments, avec par exemple des confusions ou réattributions de figures mythologiques qui participent à ce sentiment de désordre narratif. Le scénario est lui aussi dense, avec une accumulation de péripéties et de rencontres qui donnent l’impression d’un récit en perpétuel mouvement, mais pas toujours parfaitement structuré. Il en ressort une intrigue un peu foutraque, qui peut sembler confuse ou désordonnée par moments, mais qui conserve malgré tout une forme de cohérence émotionnelle. C’est d’ailleurs là que la BD m’a finalement accroché : dans son ambiance. Le dessin de Mathilde Domecq apporte beaucoup à cette impression, avec un trait mignon, expressif et vivant, soutenu par des couleurs douces qui installent une atmosphère à la fois froide et chaleureuse, parfaitement adaptée à ce voyage dans une Russie fantasmée. Les chapitres ponctués de pages en noir et blanc façon gravures renforcent aussi cette dimension de conte illustré. Même si le rythme est inégal et que la narration peut donner l’impression de partir dans toutes les directions, j’ai pris plutôt du plaisir à me laisser porter par cette BD pour la jeunesse, mélange de légendes, d’errance et de merveilleux. Il y a quelque chose d’un peu désordonné, presque excessif, mais qui colle aussi assez bien à l’idée d’un grand conte slave recomposé, où les figures mythologiques se répondent sans toujours chercher la rigueur. Note : 3,5/5
Deux enfants sur la Lune
Après la chute d'une étoile filante sur leur maison, Zoé et Matthias voient prendre vie une fée et un super-héros qui leur proposent d'exaucer un vœu, les entraînant alors dans une aventure pleine de merveilleux jusqu'à la Lune. C'est une bande dessinée clairement destinée à la petite jeunesse, à partir de 6 ans, et cela se ressent immédiatement dans son approche comme dans sa narration. On est ici face à un conte très simple, presque une histoire du soir mise en images, avec une aventure douce, pleine d'imaginaire et de gentillesse, qui évoque ces récits à l'ancienne qu'on raconte pour endormir les enfants et les faire rêver. Le dessin de Stanislas s'adapte très bien à ce genre. D'apparence très simple, il n'en est pas moins bien reconnaissable, avec une grande clarté de lecture et une bonne personnalité. On est dans une ligne claire épurée, très lisible, qui va à l'essentiel et correspond parfaitement à ce type de récit. La mise en page est elle aussi minimaliste, avec souvent une seule image par page, rarement plus de trois, ce qui renforce encore cette sensation de lecture fluide et rapide. À noter que l'album était initialement paru en noir et blanc chez Thierry Magnier, mais j'ai lu la réédition chez Les Rêveurs qui bénéficie d'une mise en couleurs qui apporte un vrai supplément de charme, avec des teintes douces en accord avec l'ambiance onirique du récit. L'ensemble dégage un charme certain, notamment dans cette manière d'assumer pleinement le premier degré, sans chercher à complexifier ou détourner le propos. Cependant, l'album se parcourt très vite, d'autant que son scénario est volontairement enfantin, mignon et accessible. C'est là que se situe aussi sa limite pour un lecteur adulte. Il n'y a pas vraiment de second niveau de lecture, ni d'éléments permettant d'y trouver un intérêt au-delà du simple plaisir visuel ou de la nostalgie. Tout est pensé pour un jeune public, et cela peut laisser une impression de légèreté, voire de simplicité un peu trop marquée. C'est donc une BD pleine de douceur et d'imaginaire, qui saura séduire les plus jeunes, mais qui restera sans doute trop simple pour captiver un lectorat adulte.