Je voulais aider à réhabiliter ce manga que je trouve sous-coté.
Pour moi, il s’agit d’une des meilleures œuvres du genre zombie. Le dessin est bon, et l’action est souvent proposée avec un découpage proche du cinéma.
Les zombies sont dérangeants (et parfois drôles) par leurs côtés uniques, qu’on ne retrouve pas dans beaucoup d’œuvres du style (pas de spoil).
Le personnage principal a ce côté attachant : c’est monsieur Tout-le-monde. Il est couard, égoïste, de mauvaise foi, mais parfois héroïque. On s’identifie plus à lui, à l’opposé des personnages d’autres œuvres du genre, qui sont souvent courageux de manière surhumaine.
Le début du manga est toujours génial à lire, avec cette partie de calme avant la tempête dans la vie du personnage principal, qui est mangaka. L’auteur en profite pour bien se défouler sur les côtés tordus de ce métier.
J’apprécie particulièrement une chose que je pense que l’artiste a voulu montrer dans ce manga : comment se passerait une invasion zombie dans une société où tout le monde est excessivement poli et bien élevé ? Cette série imagine cela assez bien, ce qui donne des scènes assez amusantes.
Seul petit couac éventuel : la fin, qui peut diviser selon votre personnalité, j’imagine.
16,5/20
Bon, ça se laisse lire, mais jamais je ne me suis senti réellement emporté par l’histoire. Et je ne me suis pas non plus totalement attaché aux personnages, malgré certaines fêlures qui leur donnent un peu de consistance.
La faute déjà à un dessin – lisible – qui n’est pas vraiment ma came. Et la colorisation, tranchée et froide, accentue cet aspect un peu « artificiel » et « mou » ressenti (mais pour tout ça c’est sans doute affaire de goût).
Les mésaventures de ces trois copains (deux filles et un garçon), qui cherchent à « percer » avec leur petit groupe de rock, à coup de reprises, et de petits cachetons dans les clubs et bars du coin où ils vivotent, restent souvent conventionnelles. Si tour à tour ils montrent leur faiblesse (prendre son indépendance vis-à-vis d’une mère – riche - ; accepter ou pas de quitter le groupe contre une carrière plus prometteuse avec un autre groupe ; lâcheté du troisième qui n’ose pas dire que la seule chanson que ses deux collègues ont aimée a été volée à un type bizarre rencontré dans un bar, etc.), rien n’est réellement développé, précisé, et le happy end final pour le trio émousse les quelques aspérités rencontrées. Seul le type dépressif, reprenant les chansons de Sinatra, aurait eu le pouvoir de dynamiser/dynamiter l’intrigue, mais cet aspect est sous-exploité.
Une histoire qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Dufaux nous propose ici une série Fantasy des plus classiques, qui lorgne pas mal sur Thorgal (plusieurs noms de personnages sont assez « thorgaliens », et Hildegirrd est une sorte de Kriss de Valnor en version blonde). Les amateurs du genre et de cette série y trouveront sans doute leur compte (même si elle est moins longue et ambitieuse).
Le dessin d’Aouamri (qui vient d’ailleurs récemment de participer à un tome de la collection Thorgal Saga) est agréable (c’est même le point fort de la série !). Un trait assez gras, mais puissant, un style qui convient bien à ce type de récit d’aventure testostéronnée, jouant sur les mythes nordiques – et sur l’imagerie fantasy déjà développée ailleurs.
Dufaux joue le classique dans sa narration, et use moins qu’ailleurs – ce qui me convient – d’un fantastique trop souvent inutile.
Je regrette juste des commentaires off parfois un peu trop présents, voire inutiles.
A part Thorgal, l’autre influence serait certains personnages de comics avec ces corps bodybuildés (voir les premières planches du troisième tome, prétextes à montrer ces corps musculeux).
En introduction, Dufaux précise qu’il avait au départ en tête un diptyque, voire plusieurs diptyques, s’inspirant de différentes légendes nordiques. Au final la fin ouverte ménage un possible retour avec une suite ou d’autres histoires plus ou moins liées à celle-ci. Mais surtout ce diptyque est devenu une trilogie. Et ça se sent quand même un peu dans les deux derniers tomes, qui s’étirent un peu trop parfois (le deuxième tome est un peu « mou », un peu trop verbeux par exemple).
Une lecture d’emprunt.
Frankenwood est un album qui se distingue par l'originalité de son scénario, à la fois hommage à l'âge d'or d'Hollywood et polar étrange, caustique et décalé. On y croise Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, et même quelques figures plus récentes comme Bardot ou Nicholson. Tous ces personnages sont ramenés à la vie dans un univers artificiel et coupé du monde, où leur mémoire se brouille et leur image est exploitée par des producteurs invisibles et sans scrupules. Le récit joue avec des accents de Frankenstein, de résurrections et de mémoire défaillante, créant un mélange ni vraiment sérieux ni vraiment loufoque.
Le dessinateur Igor Kordey se fait visiblement plaisir à représenter ces visages célèbres. Quelques portraits sont frappants, parfois avec des accents graphiques rappelant Richard Corben, mais la qualité reste inégale : certains visages changent selon l'angle de vue et deviennent moins reconnaissables. Cela dit, la galerie de stars et l'ambiance rétro hollywoodienne donnent beaucoup de charme à l'album, et les décors et cadrages sont travaillés avec soin.
Côté scénario, l'histoire est intrigante et souvent amusante, notamment lorsqu'on relève tous ces clins d'œil aux films et aux acteurs, mais elle manque de cohérence interne. Plusieurs éléments ne tiennent pas vraiment la route et l'intrigue ne mène nulle part de façon satisfaisante : la fin s'éternise et se cherche, laissant le sentiment d'un hommage appuyé et un peu embrouillé plutôt que d'une intrigue solide de bout en bout. On retient surtout le plaisir de voir ces figures mythiques évoluer dans un univers fantasmé et caustique, ainsi que la réflexion ouverte sur l'exploitation de l'image des stars, leur immortalité artificielle et la manière dont Hollywood broie ses icônes, avec un écho indirect à la problématique moderne de l'IA dans le cinéma.
Frankenwood est un one-shot original et audacieux, visuellement plaisant et truffé de références cinématographiques, mais dont le scénario, surprenant par moments, reste surtout un prétexte pour explorer ce monde étrange et décalé plutôt qu'une intrigue rigoureuse. J'en suis ressorti amusé et intrigué, mais sans réelle sensation de conclusion ou de tension narrative complète.
Dans la vallée du Beuvron, en pleine campagne bourguignonne, un jeune homme un peu paumé et incapable de trouver un travail se met en tête de dénicher un trésor en se lançant dans la détection de métaux, quitte à s’aventurer sur des terrains sensibles. D’autant que, de son côté, un historien en colère est bien décidé à combattre les chasseurs de trésors qui pillent le patrimoine historique français.
Avec cet album, Bruno Duhamel propose une lecture agréable, portée avant tout par son talent graphique. Son dessin est soigné, lisible, avec des personnages expressifs et une galerie de trognes bien campées. Les décors sont aussi son point fort et participent largement au charme de l’ensemble, notamment les paysages ruraux et les arbres, particulièrement réussis, qui donnent une belle identité visuelle à l’album. L’ambiance générale, douce et un peu nostalgique, s’inscrit dans une tradition franco-belge assez classique, qui rend la lecture fluide et accessible.
Le cadre rural et la galerie de personnages secondaires, entre voisins, famille et figures locales, apportent une certaine densité humaine, avec une observation plutôt juste de ces petites vies et de leurs aspirations modestes. Il y a aussi, en toile de fond, une volonté d’ancrer le récit dans un cadre réaliste, notamment à travers les aspects légaux et historiques liés à la détection de métaux.
Cela dit, si l’ensemble se lit sans déplaisir, le scénario reste assez discret, pour ne pas dire anecdotique. Le récit avance tranquillement, sans véritable tension marquante, en enchaînant des situations du quotidien et des péripéties sans grand impact. Même la scène dramatique qui vient ponctuer l'histoire peu avant la fin tombe un peu à plat, car elle arrive de manière assez abrupte et ne permet pas vraiment de ressentir le choc vécu par celui qui en est témoin.
J’ai eu le sentiment d’une histoire qui se laisse suivre mais qui peine à vraiment marquer, avec une trajectoire narrative assez balisée et peu de moments réellement forts.
On notera d'ailleurs que l'éditeur propose deux couvertures alternatives pour cet album, miroir l'une de l'autre, ma préférence allant à celle avec le personnage de Léo en haut. Et justement, en comparaison, cette couverture, que je trouve très belle, fait preuve de bien plus d'intensité que le récit qu'elle accompagne.
Il en ressort une BD sympathique, bien réalisée et visuellement très plaisante, mais dont l’intrigue reste un peu trop légère. Une lecture confortable, portée par son ambiance rurale et son dessin, qui fonctionne sur le moment sans forcément laisser une impression durable.
Enfin un album sur ce crime capital touchant des millions de locaux par la fautes d'étrangers comme nous : sacrifier des hommes aux bêtes. Les habitants sont expulsés au nom de la nature intacte quand c'est avec leur symbiose que l'écologie des lieux est ce qu'elle est. Autre ironie : le cas le plus étudié, l'Ethiopie, nous montre un pays non colonisé d'Afrique tombant dans le colonialisme vert ! C'est que par lui, on s'attire les financement d'organismes très puissants comme le WWF, du prestige, et un prétexte pour mettre au pas des populations rebelles, quand elles le sont comme dans le cas éthiopien.
Merci à Pol d'avoir signalé cet album que j'ai acheté quoiqu'en ce moment je dégage plus que je n'acquière ! Mais j'ai deux objections à ses objections… Voyons voir !
Peu importe que le lecteur puisse se perdre entre tous les personnages d'ailleurs simplifiés face à la réalité : il y en a moins qui prennent les actions de plusieurs comme dit le livre… Vu que la BD ne prend une forme d'enquête que pour appâter le lecteur et qu'on ne mettra aucun des criminels sous les verrous ! Ce qui compte est de voir que se recasent d'anciens colons spécialistes auto-proclamés en écologie, et les violences qu'ils commettent sur le terrain avec l'aval des autorités tant nationales qu'internationales.
Peu importe qu'on ne voie pas la beauté de la nature africaine… Cette beauté, elle est si présente à notre esprit, elle pollue si bien notre cœur que j'ai pu dénoncer les crimes écologistes à des gens qui ne voulaient rien entendre ou même les justifiaient… Ici, ni les humains et l'environnement ne sont pas présenté de façon idéalisante, on voit des puissants imposant leur vision du monde aux populations d'abord enfermées dans des règles de restriction d'usage de leurs propres terres puis expulsées et leurs impuissantes tentatives de résistance.
C'est âpre. Et on nous rappelle aussi que la nature et la culture sont âpres, sans effet esthétisant comme à la télé, entre sélection des plus beaux moments et endroits, musiques et commentaires sacralisant la nature. L'envers du décor et la nature sans fard forment un choc que j'espère salutaire.
Vítor Péon, un grand auteur de bande dessinée au Portugal! Depuis les années 40, il a publié des histoires et des aventures dans les meilleurs magazines de BD (Mosquito, Mundo de Aventuras, Cuto, et tant d'autres). Après la Révolution, il a tenté sa chance en France, publiant un album avec le meilleur de ce qu'il faisait à l'époque: Tomahawk Tom. Un western classique, mais intéressant d'un point de vue historique. Je conserve l'album qui m'a été offert par mon père, après avoir relevé plusieurs défis scolaires! Mais Péon avait fait beaucoup plus auparavant, surtout dans le genre thriller et policier.
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I am a hero
Je voulais aider à réhabiliter ce manga que je trouve sous-coté. Pour moi, il s’agit d’une des meilleures œuvres du genre zombie. Le dessin est bon, et l’action est souvent proposée avec un découpage proche du cinéma. Les zombies sont dérangeants (et parfois drôles) par leurs côtés uniques, qu’on ne retrouve pas dans beaucoup d’œuvres du style (pas de spoil). Le personnage principal a ce côté attachant : c’est monsieur Tout-le-monde. Il est couard, égoïste, de mauvaise foi, mais parfois héroïque. On s’identifie plus à lui, à l’opposé des personnages d’autres œuvres du genre, qui sont souvent courageux de manière surhumaine. Le début du manga est toujours génial à lire, avec cette partie de calme avant la tempête dans la vie du personnage principal, qui est mangaka. L’auteur en profite pour bien se défouler sur les côtés tordus de ce métier. J’apprécie particulièrement une chose que je pense que l’artiste a voulu montrer dans ce manga : comment se passerait une invasion zombie dans une société où tout le monde est excessivement poli et bien élevé ? Cette série imagine cela assez bien, ce qui donne des scènes assez amusantes. Seul petit couac éventuel : la fin, qui peut diviser selon votre personnalité, j’imagine. 16,5/20
Rock'n'roll Suicide
Bon, ça se laisse lire, mais jamais je ne me suis senti réellement emporté par l’histoire. Et je ne me suis pas non plus totalement attaché aux personnages, malgré certaines fêlures qui leur donnent un peu de consistance. La faute déjà à un dessin – lisible – qui n’est pas vraiment ma came. Et la colorisation, tranchée et froide, accentue cet aspect un peu « artificiel » et « mou » ressenti (mais pour tout ça c’est sans doute affaire de goût). Les mésaventures de ces trois copains (deux filles et un garçon), qui cherchent à « percer » avec leur petit groupe de rock, à coup de reprises, et de petits cachetons dans les clubs et bars du coin où ils vivotent, restent souvent conventionnelles. Si tour à tour ils montrent leur faiblesse (prendre son indépendance vis-à-vis d’une mère – riche - ; accepter ou pas de quitter le groupe contre une carrière plus prometteuse avec un autre groupe ; lâcheté du troisième qui n’ose pas dire que la seule chanson que ses deux collègues ont aimée a été volée à un type bizarre rencontré dans un bar, etc.), rien n’est réellement développé, précisé, et le happy end final pour le trio émousse les quelques aspérités rencontrées. Seul le type dépressif, reprenant les chansons de Sinatra, aurait eu le pouvoir de dynamiser/dynamiter l’intrigue, mais cet aspect est sous-exploité. Une histoire qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Saga Valta
Dufaux nous propose ici une série Fantasy des plus classiques, qui lorgne pas mal sur Thorgal (plusieurs noms de personnages sont assez « thorgaliens », et Hildegirrd est une sorte de Kriss de Valnor en version blonde). Les amateurs du genre et de cette série y trouveront sans doute leur compte (même si elle est moins longue et ambitieuse). Le dessin d’Aouamri (qui vient d’ailleurs récemment de participer à un tome de la collection Thorgal Saga) est agréable (c’est même le point fort de la série !). Un trait assez gras, mais puissant, un style qui convient bien à ce type de récit d’aventure testostéronnée, jouant sur les mythes nordiques – et sur l’imagerie fantasy déjà développée ailleurs. Dufaux joue le classique dans sa narration, et use moins qu’ailleurs – ce qui me convient – d’un fantastique trop souvent inutile. Je regrette juste des commentaires off parfois un peu trop présents, voire inutiles. A part Thorgal, l’autre influence serait certains personnages de comics avec ces corps bodybuildés (voir les premières planches du troisième tome, prétextes à montrer ces corps musculeux). En introduction, Dufaux précise qu’il avait au départ en tête un diptyque, voire plusieurs diptyques, s’inspirant de différentes légendes nordiques. Au final la fin ouverte ménage un possible retour avec une suite ou d’autres histoires plus ou moins liées à celle-ci. Mais surtout ce diptyque est devenu une trilogie. Et ça se sent quand même un peu dans les deux derniers tomes, qui s’étirent un peu trop parfois (le deuxième tome est un peu « mou », un peu trop verbeux par exemple). Une lecture d’emprunt.
Frankenwood
Frankenwood est un album qui se distingue par l'originalité de son scénario, à la fois hommage à l'âge d'or d'Hollywood et polar étrange, caustique et décalé. On y croise Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, et même quelques figures plus récentes comme Bardot ou Nicholson. Tous ces personnages sont ramenés à la vie dans un univers artificiel et coupé du monde, où leur mémoire se brouille et leur image est exploitée par des producteurs invisibles et sans scrupules. Le récit joue avec des accents de Frankenstein, de résurrections et de mémoire défaillante, créant un mélange ni vraiment sérieux ni vraiment loufoque. Le dessinateur Igor Kordey se fait visiblement plaisir à représenter ces visages célèbres. Quelques portraits sont frappants, parfois avec des accents graphiques rappelant Richard Corben, mais la qualité reste inégale : certains visages changent selon l'angle de vue et deviennent moins reconnaissables. Cela dit, la galerie de stars et l'ambiance rétro hollywoodienne donnent beaucoup de charme à l'album, et les décors et cadrages sont travaillés avec soin. Côté scénario, l'histoire est intrigante et souvent amusante, notamment lorsqu'on relève tous ces clins d'œil aux films et aux acteurs, mais elle manque de cohérence interne. Plusieurs éléments ne tiennent pas vraiment la route et l'intrigue ne mène nulle part de façon satisfaisante : la fin s'éternise et se cherche, laissant le sentiment d'un hommage appuyé et un peu embrouillé plutôt que d'une intrigue solide de bout en bout. On retient surtout le plaisir de voir ces figures mythiques évoluer dans un univers fantasmé et caustique, ainsi que la réflexion ouverte sur l'exploitation de l'image des stars, leur immortalité artificielle et la manière dont Hollywood broie ses icônes, avec un écho indirect à la problématique moderne de l'IA dans le cinéma. Frankenwood est un one-shot original et audacieux, visuellement plaisant et truffé de références cinématographiques, mais dont le scénario, surprenant par moments, reste surtout un prétexte pour explorer ce monde étrange et décalé plutôt qu'une intrigue rigoureuse. J'en suis ressorti amusé et intrigué, mais sans réelle sensation de conclusion ou de tension narrative complète.
Le Goût du métal
Dans la vallée du Beuvron, en pleine campagne bourguignonne, un jeune homme un peu paumé et incapable de trouver un travail se met en tête de dénicher un trésor en se lançant dans la détection de métaux, quitte à s’aventurer sur des terrains sensibles. D’autant que, de son côté, un historien en colère est bien décidé à combattre les chasseurs de trésors qui pillent le patrimoine historique français. Avec cet album, Bruno Duhamel propose une lecture agréable, portée avant tout par son talent graphique. Son dessin est soigné, lisible, avec des personnages expressifs et une galerie de trognes bien campées. Les décors sont aussi son point fort et participent largement au charme de l’ensemble, notamment les paysages ruraux et les arbres, particulièrement réussis, qui donnent une belle identité visuelle à l’album. L’ambiance générale, douce et un peu nostalgique, s’inscrit dans une tradition franco-belge assez classique, qui rend la lecture fluide et accessible. Le cadre rural et la galerie de personnages secondaires, entre voisins, famille et figures locales, apportent une certaine densité humaine, avec une observation plutôt juste de ces petites vies et de leurs aspirations modestes. Il y a aussi, en toile de fond, une volonté d’ancrer le récit dans un cadre réaliste, notamment à travers les aspects légaux et historiques liés à la détection de métaux. Cela dit, si l’ensemble se lit sans déplaisir, le scénario reste assez discret, pour ne pas dire anecdotique. Le récit avance tranquillement, sans véritable tension marquante, en enchaînant des situations du quotidien et des péripéties sans grand impact. Même la scène dramatique qui vient ponctuer l'histoire peu avant la fin tombe un peu à plat, car elle arrive de manière assez abrupte et ne permet pas vraiment de ressentir le choc vécu par celui qui en est témoin. J’ai eu le sentiment d’une histoire qui se laisse suivre mais qui peine à vraiment marquer, avec une trajectoire narrative assez balisée et peu de moments réellement forts. On notera d'ailleurs que l'éditeur propose deux couvertures alternatives pour cet album, miroir l'une de l'autre, ma préférence allant à celle avec le personnage de Léo en haut. Et justement, en comparaison, cette couverture, que je trouve très belle, fait preuve de bien plus d'intensité que le récit qu'elle accompagne. Il en ressort une BD sympathique, bien réalisée et visuellement très plaisante, mais dont l’intrigue reste un peu trop légère. Une lecture confortable, portée par son ambiance rurale et son dessin, qui fonctionne sur le moment sans forcément laisser une impression durable.
Les Sacrifiés du paradis
Enfin un album sur ce crime capital touchant des millions de locaux par la fautes d'étrangers comme nous : sacrifier des hommes aux bêtes. Les habitants sont expulsés au nom de la nature intacte quand c'est avec leur symbiose que l'écologie des lieux est ce qu'elle est. Autre ironie : le cas le plus étudié, l'Ethiopie, nous montre un pays non colonisé d'Afrique tombant dans le colonialisme vert ! C'est que par lui, on s'attire les financement d'organismes très puissants comme le WWF, du prestige, et un prétexte pour mettre au pas des populations rebelles, quand elles le sont comme dans le cas éthiopien. Merci à Pol d'avoir signalé cet album que j'ai acheté quoiqu'en ce moment je dégage plus que je n'acquière ! Mais j'ai deux objections à ses objections… Voyons voir ! Peu importe que le lecteur puisse se perdre entre tous les personnages d'ailleurs simplifiés face à la réalité : il y en a moins qui prennent les actions de plusieurs comme dit le livre… Vu que la BD ne prend une forme d'enquête que pour appâter le lecteur et qu'on ne mettra aucun des criminels sous les verrous ! Ce qui compte est de voir que se recasent d'anciens colons spécialistes auto-proclamés en écologie, et les violences qu'ils commettent sur le terrain avec l'aval des autorités tant nationales qu'internationales. Peu importe qu'on ne voie pas la beauté de la nature africaine… Cette beauté, elle est si présente à notre esprit, elle pollue si bien notre cœur que j'ai pu dénoncer les crimes écologistes à des gens qui ne voulaient rien entendre ou même les justifiaient… Ici, ni les humains et l'environnement ne sont pas présenté de façon idéalisante, on voit des puissants imposant leur vision du monde aux populations d'abord enfermées dans des règles de restriction d'usage de leurs propres terres puis expulsées et leurs impuissantes tentatives de résistance. C'est âpre. Et on nous rappelle aussi que la nature et la culture sont âpres, sans effet esthétisant comme à la télé, entre sélection des plus beaux moments et endroits, musiques et commentaires sacralisant la nature. L'envers du décor et la nature sans fard forment un choc que j'espère salutaire.
Tomahawk Tom
Vítor Péon, un grand auteur de bande dessinée au Portugal! Depuis les années 40, il a publié des histoires et des aventures dans les meilleurs magazines de BD (Mosquito, Mundo de Aventuras, Cuto, et tant d'autres). Après la Révolution, il a tenté sa chance en France, publiant un album avec le meilleur de ce qu'il faisait à l'époque: Tomahawk Tom. Un western classique, mais intéressant d'un point de vue historique. Je conserve l'album qui m'a été offert par mon père, après avoir relevé plusieurs défis scolaires! Mais Péon avait fait beaucoup plus auparavant, surtout dans le genre thriller et policier.