Bon, il y a du bon et du moins bon, je commence par quoi ?
Allez, disons le négatif, pour rester dans la note positive ensuite : la BD est un peu foutraque. C'est déjanté, pas très linéaire, ça part dans plein de sens, ce n'est pas une construction parfaitement droite et linéaire, un récit entrainant qui permet de comprendre les rouages d'une addiction. Faut s'accrocher, d'autant que la partie graphique est tout autant dans le conceptuel, osant et abusant des visuels, entrecoupés de textes qui se chevauchent et se télescopent, appelant à moult références pop culture qui feront parfois mouche et parfois non. Donc je recommanderais de regarder la galerie, de feuilleter et d'éventuellement ensuite accepter le style et se lancer dans la lecture.
Maintenant que c'est fini, passons à ce que j'en pense : j'ai adoré. C'est un livre qui m'évoque les références cités dedans. Ça part en tout sens comme du Bukowski qui vomit sa prose et son vin dans "Women", ça cite des références par palette juste pour la beauté du texte, de la sonorité, du bon mot et de la phrase qui claque. C'est pas du Molière, c'est du punk-rock alcoolisé qui sent les fonds de verre. Et ça parle, ça se déchaine visuellement, c'est du tout bon. Franchement, j'ai presque du mal à reconnaitre l'auteur de Il était une fois la famille - Systèmes familiaux et idéologie tant c'est inventif, fouillé, éloquent. Peut-être une plus grande liberté créative, peut-être un sujet plus proche, peut-être une volonté de s'amuser réellement. Mais franchement, j'ai adoré les visuels, ça claque et ça dépote. Continue comme ça et j'adhère à la suite sans mesure !
Et puis ça cite du Godspeed You ! Black Emperor dans les premières pages, enfin quelqu'un qui a le bon gout de reconnaitre ce groupe génial. Mais en dehors de toutes ces références balancées à la gueule du lecteur qui ne peut plus esquiver sous la masse, c'est un vrai récit d'alcoolique sincère et lucide. On ne dissèque pas les mécanismes, les effets ou les questions sur la place de l'alcool dans la société. C'est pas un traité d'addictologie, c'est un témoignage sous substance d'un type qui se soigne. Et l'alcool c'est pas cool, la cuite c'est triste, la dépendance c'est rude. On reconnait rarement ses déboires, mais la BD est touchante par la sincérité crue et presque violente de ce passé d'alcoolique qui fut le sien. Le déni, les rechutes, les soucis qui y ont conduit comme le poids de la famille ou un TDAH diagnostiqué tardivement (tiens, encore lui ! En même temps c'est un cas assez classique en addictologie ...), bref Terreur graphique parle de tout ce qu'est l'alcool pour lui. Pas de message au passé : un alcoolique le reste, c'est juste qu'il arrête de le boire. Mais l'alcool sera toujours là, le démon du verre le reprendra dès qu'il sera inattentif, et je reste toujours impressionné par la force morale de ceux qui arrivent à arrêter. Ce n'est pas si simple qu'on voudrait le croire ...
Cette BD, c'est une bonne tarte dans la gueule, le genre qu'on apprécie parce qu'elle est brute et sans concession, où qu'on déteste pour les mêmes raisons. Ça ne prend pas de gants pour montrer l'ampleur du carnage, la déchéance d'un homme miné par un mal ancestral, celui qu'on peine encore aujourd'hui à reconnaitre en face de nos amis, nos voisins, nos familles. "L'alcool et le tabac ont le droit de tuer, car aux comptes de l’État rapportent leurs deniers ...", peut-on chanter pour se rassurer. Après tout la BD se finit bien, non ?
Une BD à lire un verre de Kefir maison en main, une bonne citronnade triple sec ou un petit sirop sec si l'on a que ça. Parce qu'on a aussi le droit de ne pas boire, et souvent même le devoir. Un album qui m'a happé !
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Bon, il y a du bon et du moins bon, je commence par quoi ? Allez, disons le négatif, pour rester dans la note positive ensuite : la BD est un peu foutraque. C'est déjanté, pas très linéaire, ça part dans plein de sens, ce n'est pas une construction parfaitement droite et linéaire, un récit entrainant qui permet de comprendre les rouages d'une addiction. Faut s'accrocher, d'autant que la partie graphique est tout autant dans le conceptuel, osant et abusant des visuels, entrecoupés de textes qui se chevauchent et se télescopent, appelant à moult références pop culture qui feront parfois mouche et parfois non. Donc je recommanderais de regarder la galerie, de feuilleter et d'éventuellement ensuite accepter le style et se lancer dans la lecture. Maintenant que c'est fini, passons à ce que j'en pense : j'ai adoré. C'est un livre qui m'évoque les références cités dedans. Ça part en tout sens comme du Bukowski qui vomit sa prose et son vin dans "Women", ça cite des références par palette juste pour la beauté du texte, de la sonorité, du bon mot et de la phrase qui claque. C'est pas du Molière, c'est du punk-rock alcoolisé qui sent les fonds de verre. Et ça parle, ça se déchaine visuellement, c'est du tout bon. Franchement, j'ai presque du mal à reconnaitre l'auteur de Il était une fois la famille - Systèmes familiaux et idéologie tant c'est inventif, fouillé, éloquent. Peut-être une plus grande liberté créative, peut-être un sujet plus proche, peut-être une volonté de s'amuser réellement. Mais franchement, j'ai adoré les visuels, ça claque et ça dépote. Continue comme ça et j'adhère à la suite sans mesure ! Et puis ça cite du Godspeed You ! Black Emperor dans les premières pages, enfin quelqu'un qui a le bon gout de reconnaitre ce groupe génial. Mais en dehors de toutes ces références balancées à la gueule du lecteur qui ne peut plus esquiver sous la masse, c'est un vrai récit d'alcoolique sincère et lucide. On ne dissèque pas les mécanismes, les effets ou les questions sur la place de l'alcool dans la société. C'est pas un traité d'addictologie, c'est un témoignage sous substance d'un type qui se soigne. Et l'alcool c'est pas cool, la cuite c'est triste, la dépendance c'est rude. On reconnait rarement ses déboires, mais la BD est touchante par la sincérité crue et presque violente de ce passé d'alcoolique qui fut le sien. Le déni, les rechutes, les soucis qui y ont conduit comme le poids de la famille ou un TDAH diagnostiqué tardivement (tiens, encore lui ! En même temps c'est un cas assez classique en addictologie ...), bref Terreur graphique parle de tout ce qu'est l'alcool pour lui. Pas de message au passé : un alcoolique le reste, c'est juste qu'il arrête de le boire. Mais l'alcool sera toujours là, le démon du verre le reprendra dès qu'il sera inattentif, et je reste toujours impressionné par la force morale de ceux qui arrivent à arrêter. Ce n'est pas si simple qu'on voudrait le croire ... Cette BD, c'est une bonne tarte dans la gueule, le genre qu'on apprécie parce qu'elle est brute et sans concession, où qu'on déteste pour les mêmes raisons. Ça ne prend pas de gants pour montrer l'ampleur du carnage, la déchéance d'un homme miné par un mal ancestral, celui qu'on peine encore aujourd'hui à reconnaitre en face de nos amis, nos voisins, nos familles. "L'alcool et le tabac ont le droit de tuer, car aux comptes de l’État rapportent leurs deniers ...", peut-on chanter pour se rassurer. Après tout la BD se finit bien, non ? Une BD à lire un verre de Kefir maison en main, une bonne citronnade triple sec ou un petit sirop sec si l'on a que ça. Parce qu'on a aussi le droit de ne pas boire, et souvent même le devoir. Un album qui m'a happé !