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Les derniers avis (5 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Voilà un bel et bon documentaire historique ! C'est le récit d'une expédition maritime militaire dans la première moitié du 18e siècle. La première moitié de son trajet rappellera celle du Beagle de Charles Darwin, ou encore celle du navire du film Master & Commander, à savoir partir de l'Atlantique Nord et contourner le Cap Horn pour rejoindre la côté Pacifique de l'Amérique et ses îles. Mais un siècle sépare ces deux là du voyage du Commodore Anson et cela change beaucoup de choses. Car au début du 18e siècle, on ne savait pas encore calculer parfaitement la longitude d'un bateau, on ne savait pas comme lutter contre le scorbut, et quand à cela s'ajoute un contexte militaire dangereux, une flotte ennemie à votre poursuite et d'innombrables soucis logistiques, cela donne à cette expédition au bout du monde des allures de projet irréalisable. D'autant plus quand la consigne est, une fois arrivés sur place, d'attaquer militairement des navires et ports ennemis. J'ai beaucoup aimé la manière dont tout cela est raconté. C'est fait d'une part de manière très pragmatique, comme un véritable organisation de projet, et d'autre part de manière très humaine et assez moderne, en affichant clairement les pensées et états d'âme des personnages et notamment du Commodore. Cela permet de se sentir proche de lui dès les premières pages et évite de faire de lui un objet documentaire froid et distant. Moi qui suis un peu marin, j'ai été captivé par la difficile organisation précédent le départ, puis les contraintes de navigation qui sont clairement mises en scène et qui diffèrent tant de la voile moderne. L'histoire est très longue, et l'album est dense et épais. Je l'ai lu d'une traite et ça a bien dû me prendre un peu plus de deux heures. Il y a certes eu quelques passages où le rythme retombait un peu et où je suis légèrement sorti du récit, mais globalement, j'ai été très pris par l'aventure et fortement intéressé par son contenu. Le graphisme est également très plaisant. Il ne me convainc pas toujours totalement, car je trouve son encrage parfois un peu brouillon et pas parfaitement lisible, mais j'aime l'âme et les couleurs qui s'en dégagent, et je note aussi quelques très belles planches, comme notamment la double page du sloop pris en pleine tempête. Mon seul véritable regret vient du lettrage. Cela ressemble à un courrier manuscrit, peu soigné, et souvent difficile à déchiffrer. Cela m'a plusieurs fois gêné et cela a impacté la fluidité de ma lecture. Face à la qualité d'un tel ouvrage, j'aurais nettement préféré un lettrage plus lisible quitte à ce qu'il soit moins original.

16/09/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête
La Bête

Pas spécialement convaincu par Zoé, carrément sur le cul avec Pleine lune, me voilà entre les deux avec La Bête. En fait, c'est juste dommage que la fin soit autant inattendue. Elle contrecarre beaucoup trop l'intrigue développée depuis le début. La montée en puissance faisait effet sur moi et c'est quand la vérité éclate que je suis un peu frustré. Par contre, Chabouté arrive encore et toujours à offrir une dernière planche poétique qui donne un sens à plein de choses. Pour la troisième fois, c'est encore un coup de maître quand il s'agit de démarrer une histoire et de conclure sur la dernière case. Et puis l'ambiance est folle. Le genre thriller nourrit par les déchiquetages d'une bestiole mystérieuse m'a beaucoup, beaucoup attiré. Le casting est assez classique mais les personnages sont intéressants et assurent leur rôle. On suit essentiellement l'inspecteur, désabusé au possible au début et qui évoluera parallèlement à l'intrigue. Et puis l'ambiance vient évidement de ce coup de crayon somptueux, c'est un noir et blanc magnifique. Les premières planches, comme toujours avec cet auteur, me scotche direct ! C'est magique de réussir à faire plonger le lecteur dans l'ambiance comme ça, pouf, dès la première planche. Pas de phylactère, une scène muette qui prend plusieurs pages... Ce genre d'introduction avec ce genre d'ambiance, pour moi c'est le pied ! A lire ou à posséder, c'est clair. Avec Riff Reb's, Chabouté est la plus belle découverte de cette année. Merci !

16/09/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Toutou Détective
Toutou Détective

Le livre dont on est le héros n'est pas mort ! Ca existe même en bande dessinée, comme l'ont prouvé plusieurs éditeurs par le passé. Ynnis Editions, spécialisées dans les publications geeks, se lancent à leur tour dans l'aventure, en proposant une BD-jeu venue d'Italie. Nous suivons, ou plutôt nous orientons les aventures de Lucy, petite croisée de quatre ans, qui un beau matin, au détour de sa promenade (ou plutôt sa fugue, puisqu'elle sort du jardin de son maître par une porte dérobée, va se retrouver dans une drôle d'aventure... Ou plutôt plusieurs aventures potentielles, puisque le scénariste a prévu quatre histoires aux fins distinctes, qui permettent aux jeunes lectrices et lecteurs de passer de (très) bons moments de lecture, dans des décors champêtres ou sylvains ma foi plutôt agréables à l'oeil. Des histoires avec plein d'animaux, de créatures mystérieuses, qui constituent une belle entrée en matière dans le livre-jeu pour de jeunes lectrices et lecteurs. Je recommande.

16/09/2021 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Amore
Amore

C'est le dessin qui m'a attiré vers cette bande dessinée, comme souvent. A peine ouvert la chose, l'atmosphère m'a immédiatement séduit. Que ce soit la mise en couleur, avec ses grands aplats vifs, comme inondés de soleil, contrastant avec les cases plus obscures abritant des scènes passionnées, ou son dessin ligne claire aux contours parfois absents que seul l'emploi de la couleur vient délimiter. C'est splendide, ça m'a happé tel un film d'Antonioni. Ca a l'air de rien, mais il y a des détails soignés (quelle est belle cette petite Lancia cabriolet bordel !!!). C'est toute une époque que Merveille est parvenu a capté. Graphiquement, c'est tout à fait charmant, et même plus que ça, et c'est donc sur cette seule foi que j'ai acquis Amore. Je m'attendais à plonger dans une histoire complète, or quelle ne fut pas ma déception quand, après quelques pages, je réalise qu'il s'agit en réalité d'une succession de nouvelles. Déception cruelle ! Je n'ai en effet pas le souvenir d'une BD de nouvelles graphiques qui ait retenu mon attention. Si l'exercice peut s'avérer réellement fructueux en littérature, il reste (je trouve) profondément frustrant sous la forme BD. Je l'ai néanmoins terminé d'une traite (ça se lit trop vite les nouvelles !!!!). Si les histoires sont certes bien troussées, elles manquent un peu de profondeur. Ca m'a rappelé le film Le Grand Bleu de Luc Besson. J'avais adoré l'intro du film, tournée en noir et blanc, avec une image splendide, et dont l'Italie du Sud était le théâtre. C'est pour moi le seul intérêt du film. Avouez que c'est plutôt maigrelet pour faire de ce film une histoire. Ainsi en va-t-il des nouvelles qui constituent cet ouvrage. Des bouts d'histoire, certes bien rendues (et au dessin superbe), mais sans souffle. On reste largement sur sa fin une fois Amore refermé. De plus, certains systématismes agacent un peu, aussi, au niveau du texte cette fois. Plusieurs nouvelles utilisent en effet le même ressort, commençant par une phrase, répétée avec quelques variations. Toutefois, le charme opère malgré tout et rattrape en parti ce sentiment de vacuité (on a lu/vu ces histoires mille fois). Je suis curieusement ressorti de ma lecture avec la furieuse envie de lire une énorme BD illustrée par Merveille (qui reste donc à faire, ha ha). Je crois que son dessin m'a vraiment séduit sur ce coup-là. Mais une vraie histoire, sur deux ou trois cents pages, genre !

16/09/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Indésirables
Les Indésirables

Un autre comics qui parle de l'enferment des américano-japonais. Cette fois-ci on va voir cet événement à travers la petite-fille d'une des Japonaises qui ont été internées dans les camps. En effet, l'autrice est à moitié japonaise et l'histoire de sa famille a inspiré cet album qui mélange la réalité et la fiction. Oui, de la fiction parce que la petite-fille va soudainement se retrouver dans les années 40 enfermée dans un camp avec sa grand-mère. Je dois avouer que toute la partie dans le passé ne m'a pas grandement passionné. C'est beaucoup plus émouvant dans 'Nous étions les ennemis' car c'est un récit de première main. Ce qui m'a surtout intéressé ce sont les scènes dans le présent avec la petite-fille qui se met à s'interroger sur son héritage japonais, vu qu'elle et sa mère ne parlent même pas le japonais. Il y a des informations très intéressantes sur la communauté américano-japonaise après la guerre, les internés qui ont honte de parler de ce qui leur est arrivé et qui ont peur de transmettre leur héritage japonais à leurs enfants, les différentes entre générations, que tout n'est pas rose dans cette communauté, etc et etc. L'autrice est militante et cela se voit lorsqu'on voit comment elle traite les sujets d'actualité, vu qu'un des gros thèmes de l'album c'est de ne pas oublier le passé, pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

16/09/2021 (modifier)