Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous pleine de spoil..)
Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur.
Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien !
L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires).
Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces.
Un voyage peut en amener d’autres :)
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier.
Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée.
Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée.
Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame.
On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage.
Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relevé le niveau. Ouf.
Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vu des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes !
Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur.
Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste.
Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier.
Un excellent premier tome. Vivement la suite.
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Ivo a mis les voiles
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous pleine de spoil..) Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur. Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien ! L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires). Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces. Un voyage peut en amener d’autres :)
Rendez-vous fatal
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier. Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée. Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée. Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame. On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage. Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relevé le niveau. Ouf. Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vu des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Oms en série
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes ! Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Minor arcana
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur. Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste. Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier. Un excellent premier tome. Vivement la suite.