De retour dans le village côtier de son enfance après une tempête, Lana découvre de mystérieuses créatures marines liées à l'histoire de sa famille et tente de protéger l'océan face aux dégâts causés par les humains.
Katie O'Neill propose ici un univers doux, coloré et feel good, avec des créatures toutes mignonnes qui semblent sorties d'un croisement entre l'imaginaire de Hayao Miyazaki, des licornes marines et un conte écologique destiné à un jeune public. Visuellement, difficile de nier que c'est attendrissant : les couleurs pastel sont lumineuses, l'univers marin est agréable à parcourir et les aquicornes ont clairement été conçus pour faire fondre le lectorat jeunesse.
Sur le fond, les intentions sont évidemment louables : deuil, écologie, protection des océans, transmission familiale, coexistence avec la nature, avec en prime une volonté très actuelle d'inclusivité bienveillante qui traverse l'ensemble. Le problème, c'est que j'ai trouvé le récit trop appuyé dans sa démonstration. Le message environnemental manque franchement de subtilité : l'océan est présenté comme un sanctuaire pur et merveilleux, l'humanité comme une force destructrice dès qu'elle s'éloigne des bonnes pratiques traditionnelles, et toute la morale écologique finit par paraître très scolaire. J'avais parfois l'impression de lire un conte militant qui coche consciencieusement ses thématiques plutôt qu'une histoire laissant vraiment respirer ses enjeux. En comparaison, les films du Studio Ghibli (et particulièrement Ponyo, dont les points communs avec cette BD sont nombreux) me semblent transmettre ce type de message avec infiniment plus de finesse, de poésie et surtout une envie bien plus naturelle d'adhérer à ce qu'ils racontent.
Le récit souffre aussi d'une narration parfois bancale : certains enchaînements manquent de fluidité, certaines révélations arrivent un peu abruptement, et plusieurs dialogues m'ont semblé soit assez étranges dans leur formulation, soit trop téléphonés dans leur manière de faire passer les messages du récit. L'ensemble reste lisible, mais manque parfois de naturel.
Ça reste une BD sincère et visuellement charmante, et j'imagine qu'elle peut séduire un jeune public, en particulier des préadolescentes sensibles aux récits doux, romantiques et idéalisés autour de la nature. Mais pour ma part, j'ai trouvé l'ensemble un peu trop mièvre et démonstratif pour réellement m'emporter.
Note : 2,5/5
Après s'être attaqué à Ronald Reagan dans Le Crétin qui a gagné la guerre froide, Jean-Yves Le Naour poursuit son exploration des grandes figures du libéralisme triomphant des années 80 en consacrant cette fois un album à Margaret Thatcher. Et là encore, il le fait avec ce ton très particulier, à mi-chemin entre le biopic historique sérieux et la satire politique complètement acide.
L'album retrace son ascension, de fille d'épicier (comme elle aime le rappeler sans arrêt) à Première ministre britannique, puis déroule les grands marqueurs du thatchérisme : dérégulation, réduction de l'État, privatisations, casse des syndicats, guerre des Malouines et proximité idéologique avec Reagan. Le Naour adopte un ton caustique où le loufoque et un humour souvent cynique se mélangent constamment à la réalité historique, ce qui donne une mise en scène drôle sans sacrifier le fond politique. C'est le genre de BD qui se lit facilement tout en donnant envie de creuser ensuite certains événements ou décisions évoqués.
Graphiquement, Emilio Van der Zuiden propose une ligne claire assez élégante et très lisible, avec une mise en scène échevelée qui colle bien à ce ton mi-figue mi-raisin : suffisamment légère pour accompagner la dimension humoristique, mais assez sobre pour ne pas désamorcer la gravité du fond.
Ce qui fonctionne bien, c'est la manière dont Margaret Thatcher est représentée de façon volontairement ambivalente, tant sur le plan graphique que narratif : tantôt comme une cruche aux idées profondément odieuses, parfois presque grotesque dans sa rigidité idéologique, tantôt comme une stratège politique redoutablement machiavélique, capable de manipuler ses conseillers, ses ministres et son image médiatique pour rester au pouvoir malgré la haine d'une grande partie de la population. L'album rappelle aussi à quel point ses politiques ont broyé une partie des classes populaires britanniques, notamment les mineurs et les bastions ouvriers, en assumant une brutalité sociale qui explique pourquoi tant de Britanniques l'ont haïe.
Le récit évoque d'ailleurs en filigrane l'Angleterre punk de la même époque, celle qui voyait en elle une incarnation détestable du pouvoir et la désignait comme une figure à combattre. Sans développer énormément cet aspect culturel, on ressent bien cette période où une partie de la jeunesse percevait le thatchérisme comme quelque chose de profondément violent, teinté de dérives autoritaires voire fascisantes.
Une BD politique très orientée idéologiquement, clairement, mais qui assume totalement son point de vue et qui réussit surtout à être à la fois instructive et amusante.
C'est la troisième série autobiographique de Florence Dupré la Tour que je lis après Pucelle et Jumelle. Au-delà de la constance de son graphisme, qui ne me charme pas particulièrement mais qui a le mérite de lui être très personnel, j'y ai retrouvé sa capacité à exposer des sujets très intimes sans filtre, avec un mélange d'humour noir, d'autodérision, de colère et de lucidité.
Cette fois, elle s'attaque à son rapport à l'argent et au déclassement social. Issue d'un milieu bourgeois privilégié, elle raconte comment elle s'est retrouvée, à partir de ses 18 ans, dans une précarité parfois très dure : boulots instables ou inexistants, débuts compliqués dans la BD, enfants à charge avec un compagnon qui n'a pas envie de travailler, angoisse permanente du loyer, privations alimentaires et logements insalubres ou non chauffés.
J'ai apprécié son honnêteté intellectuelle. Elle ne prétend jamais avoir vécu la même précarité structurelle que quelqu'un né sans aucun capital familial ou social, et elle fait bien comprendre qu'elle avait malgré tout une immense porte de sortie en cas d'effondrement absolu : sa famille existait toujours, ainsi que cette grande demeure familiale. Elle reconnaît aussi que sa situation était en partie aggravée par ses propres blocages : son refus obstiné de demander de l'aide, de solliciter les aides sociales ou même parfois d'accepter certains compromis professionnels, par fierté mal placée et par cette obsession de rester digne, directement héritée de son éducation bourgeoise. Le livre ne cherche donc jamais à effacer cette complexité, et c'est ce qui le rend plus intéressant qu'un simple récit victimaire.
Mais cette nuance ne dédouane pas pour autant ses parents, qui apparaissent comme profondément dysfonctionnels dans leur manière de communiquer. C'est probablement ce qui m'a le plus marqué dans l'album : cette impression d'une famille matériellement privilégiée mais émotionnellement sinistrée, incapable d'exprimer l'affection, de verbaliser les problèmes ou simplement de voir la détresse de leurs propres enfants. Son père semble perpétuellement absent, sa mère enfermée dans des principes rigides, et l'ensemble dresse le portrait d'une incommunicabilité familiale assez glaçante qui explique en partie beaucoup de ses blocages adultes.
Elle élargit aussi progressivement son récit à la précarité du métier d'auteur de BD, notamment l'absence de protection sociale solide et la discontinuité des revenus. Ce n'est jamais traité comme un manifeste lourdement démonstratif, mais cela apporte une dimension plus large à son expérience personnelle.
Et ce livre m'a aussi fait revoir rétrospectivement ma lecture de Capucin, première série de l'autrice dont elle évoque brièvement ici la période de création. À l'époque où je l'avais lue, je lui reprochais son atmosphère malsaine et son héros particulièrement détestable, sans avoir la moindre idée que cette noirceur reflétait l'état psychologique d'une autrice alors fauchée, épuisée et profondément en colère contre la vie. Sans excuser ni réévaluer cette série, ce nouvel éclairage lui donne une résonance différente.
Au-delà de la précarité elle-même, c'est un récit fort sur la honte sociale, les héritages familiaux toxiques, le déclassement et les mécanismes mentaux qui empêchent parfois de demander de l'aide même quand on en aurait cruellement besoin. Un album dense, parfois un peu inconfortable et avec quelques passages un peu longs, mais d'une sincérité assez désarmante qui pousse à la réflexion.
Même s’il est signé Georges Simenon, Barrio negro n’est en rien un récit policier mais bien le portrait d’un homme derrière lequel l’auteur exhibe bien plus qu’il ne cache une critique de nos sociétés colonisatrices.
Joseph, jeune ingénieur naïf, va découvrir l’hypocrisie, la lâcheté et le poids des conventions. Dépassé, dépité, perdu, il accepte ce qu’on daigne lui proposer, se réfugie de plus en plus régulièrement dans l’alcool, s’aigrit. Comble de tout aux yeux des autres colons, il s’affiche avec une jeune Martiniquaise à la peau bien trop foncée pour être tolérable.
J’ai beaucoup aimé ce portrait. Le destin de Joseph m’a touché. Son rejet par les autres colons va finalement lui permettre de se découvrir lui-même, pauvre mais retrouvant une estime de soi qu’il n’avait peut-être jamais connue. L’écriture de Simenon est incisive et Bocquet parvient très bien à l’adapter au format « BD ». Les dialogues occupent la majeure partie de l’espace mais les récitatifs présents nous rappellent l’origine littéraire du récit. C’est franchement très agréable à lire.
Le dessin de Javi Rey apporte son écot à la réussite de cet album. Son dessin soigné associé à la luminosité de sa colorisation reconstitue un cadre très crédible alors que ses personnages sont bien croqués et expressifs. Petit détail : c’est le troisième album que je lis dessiné par Javi Rey et c’est à chaque fois un peu différent dans le style et parfaitement adapté au récit.
Au final, je peux dire que j’ai vraiment bien aimé. Refroidi par l’adaptation de « La Maison du canal » que j’avais trouvée très fade (mais j’avais beaucoup aimé le roman, et ceci explique peut-être cela), je retrouve mon engouement pour cette collection des romans durs de Simenon.
Je recommande.
Une partie de la fratrie Jouvray remet le couvert après un autre « western » décalé et semi comique, Lincoln, mais ici on est davantage dans du tout public. Le dessin est plus rondouillard en « jeunesse », et les personnages principaux sont des enfants (deux filles et un garçon – le fils/adjoint du shérif).
Toutefois le deuxième album ajoute un peu de densité et de maturité à l’univers. En effet, on y trouve une critique frontale de la circulation des armes à feu aux États-Unis (et du système capitaliste, avec ce Johnson, marchand d’armes aux méthodes marketing agressives), et aussi une critique du système judiciaire et du cumul des peines, mais aussi une mise en avant du rôle des femmes (plutôt rare dans l’univers western ultra machiste !), trois sujets plutôt pour adultes. De fait, le mélange des genres passe plutôt bien.
Les deux albums peuvent se lire séparément, même si c’est mieux de les lire à la suite mieux apprécier et comprendre certains personnages, comme le jeune hors-la-loi Albert. Mais aussi Bianca (sans doute le personnage le plus intéressant), une gamine qui détonne, pleine d’à propos, peu scrupuleuse. Avec son cochonnet domestique, elle apporte quelques touches d’humour bienvenue (plus généralement de petites touches d’humour – dialogues, situations – parsèment les histoires, et le rendent vivantes).
Chaque album culmine dans une scène volontairement étirée et remplie d’action. Dans le premier album, un spectacle de locomotives se fonçant dessus qui tourne mal, comme le hold-up concomitant, et dans le suivant une pendaison, autre spectacle qui lui aussi tourne à l’accumulation presque délirante et loufoque de conséquences imprévues.
Comme on est sur du tout public, tout est bien qui finit bien, morale et personnages sont saufs. Mais cette lecture est vraiment plaisante, et passe très bien la barrière de l’âge.
Une histoire sympa. Qui manque peut-être un chouia de densité, mais qui se laisse lire très agréablement.
Elle se déroule lors de la ruée vers l’or du Klondike, en Alaska. On y croise Jack London (qui y trouvera l’inspiration pour quelques belles histoires et dont les amateurs apprécieront l'univers proche de certains de ses romans), et vers le début la scène où des centaines de chercheurs d’or gravissent une montagne pour faire passer leur matériel fait immanquablement penser à la même scène immortalisée par Chaplin dans son excellent film « La ruée vers l’or ».
Plusieurs points forts pour ce récit.
D’abord le dessin chouette, en particulier pour les paysages – ce qui est un plus, étant donné le cadre fantastique de la nature du coin (même si certains visages sont quand même un chouia moins réussis).
Ensuite le scénario, qui évite – la fin mise à part – de tomber dans trop d’angélisme, en nous proposant des personnages pas trop monolithiques ni manichéens (bon, Matt, le héros, se tire quand même très bien de tous les dangers et a une belle gueule, mais bon). En particulier le personnage de Marie, qui s’écarte de plus en plus de Matt et de ce que l’on attendait de ce personnage (et c’est tant mieux, on évite une romance trop facile).
Les trois albums sont vite lus. Peu de texte, une intrigue pas non plus hyper fouillée. Mais c’est une lecture plaisante.
Lisa passe son été entre le café de sa mère, son dojo de karaté et les souvenirs liés à un ami d'enfance parti brutalement plusieurs années plus tôt après un drame familial resté mystérieux pour elle. Son retour inattendu va faire ressurgir des non-dits longtemps enfouis.
J'ai trouvé dans cette BD une ambiance estivale assez réussie, entre village italien au bord d'un lac, chaleur un peu languissante, souvenirs d'enfance et légère étrangeté en arrière-plan avec ce fameux compte à rebours vers la fin du monde annoncée chaque année par le même marginal. Le récit prend volontairement son temps, alterne présent et flashbacks, et installe progressivement son intrigue autour d'Alessandro, de son passé familial et de ce retour chargé de silences. Les chapitres construits autour des principes du karaté apportent une structure originale, même si j'avoue que cet aspect ne m'a pas toujours semblé indispensable ni clairement relié au déroulement de l'histoire.
Le scénario fonctionne mieux dans sa dernière partie, quand les révélations se précisent et que les enjeux émotionnels deviennent plus clairs, mais j'ai trouvé l'ensemble assez long à démarrer. Sur environ 200 pages, il y a beaucoup de scènes contemplatives, de silences et de moments du quotidien qui installent une atmosphère douce, mais donnent aussi par instants une impression de lenteur. Certains personnages secondaires apportent du charme, mais j'ai aussi eu le sentiment que plusieurs pistes restaient un peu survolées.
Graphiquement, c'est agréable sans être particulièrement marquant. Le trait est simple, parfois un peu raide, mais il retranscrit bien cette ambiance d'été suspendu, aidé par des couleurs sobres et élégantes.
C'est un récit sensible sur le deuil, les secrets familiaux, l'amitié et le passage à l'adolescence. Une lecture douce et relativement touchante, mais dont le rythme parfois trop lent peut aussi laisser un sentiment d'attente avant que le récit ne révèle pleinement où il veut en venir.
C'est la deuxième série liée au PSG que je lis, et c'est d'ailleurs à la fin de cet album que j'ai découvert avec un certain effarement la quantité assez hallucinante de BD et mangas estampillés PSG publiés dans cette pseudo-collection. Entre PSG Academy, PSG Dream Team, PSG All Stars, PSG Heroes, PSG Saga et autres PSG Girls Power, on sent très clairement la logique de produit dérivé pensé avant tout pour être vendu à de jeunes supporters du club.
PSG Academy - New Generation reprend exactement le même concept que la première série PSG Academy : de nouveaux jeunes joueurs rêvent d'intégrer le centre de formation du PSG, repartent de zéro, croisent quelques stars de l'équipe première en guests, et enchaînent rivalités, esprit d'équipe et dépassement de soi. Il n'y a absolument pas besoin d'avoir lu la série précédente puisque tout recommence quasiment à l'identique, avec simplement de nouveaux protagonistes. La série étant sortie plusieurs années plus tard, ce sont juste des joueurs du PSG un peu différents qui viennent faire leurs apparitions promotionnelles.
Le scénario est très balisé et sans la moindre surprise : rival arrogant, héros déterminé, coachs exigeants, valeurs collectives, progression étape par étape... tout est extrêmement prévisible. Mais honnêtement, ça se lit plutôt correctement. Les dialogues ont parfois ce ton très shonen nekketsu appliqué au football, avec de grandes déclarations sur l'effort, l'esprit d'équipe et le rêve de devenir pro, et même en me fichant complètement du foot comme du PSG, je dois reconnaître que je ne me suis pas particulièrement ennuyé.
Là où ça devient beaucoup plus difficile à défendre, c'est sur la partie graphique. Le dessin est très laid, avec des visages approximatifs, des joueurs réels parfois à peine reconnaissables, et surtout une colorisation criarde qui fait mal aux yeux. Honnêtement, j'ai du mal à imaginer beaucoup d'éditeurs publier un album visuellement aussi peu abouti sans le soutien financier et marketing de la marque PSG derrière.
Et le vrai coup de grâce, c'est que la série est abandonnée au bout de seulement deux tomes alors que le parcours des héros commençait à peine. Du coup, même en acceptant le côté pur produit dérivé et le scénario ultra formaté, difficile d'excuser une série aussi mineure quand elle cumule déjà un graphisme rebutant et un abandon aussi rapide.
De l'humour intello, politique et absurde, réalisé avec brio. Cette bd, dont les deux tomes m'ont été offerts coup sur coup pour un anniversaire, a fait mouche !
Les gags imaginés par tienstiens sont inventifs, incisifs et, je trouve, jamais lourdingues. C'est (presque) toujours politique, mais avec une vraie réflexion derrière, et un vrai propos. C'est pour le coup assez rare, je trouve, qu'une bd d'humour absurde et politique arrive à être drôle en étant aussi directement politisé, et en utilisant des termes et théories politiques aussi précises et poussées. Pour le coup, il y a certaines planches ou il faut s'accrocher, et qui pourraient être tout droit tirées de thèses de sociologie politiques.
Mais là où ça pourrait être rébarbatif et/ou chiant, l'auteur réussit l'exploit de rendre chacune de ses planches divertissante, et fraiche à chaque fois. J'ai par exemple beaucoup aimé les planches des Experts, qui constituent un running gag assez réussi. C'est d'ailleurs le ressort comique principal, les séries/figures connues qui sont détournées dans un contexte politique. Comme les autres, j'ai beaucoup aimé le surfeur d'argent et, en tant qu'amateur de catch, j'ai bien apprécié le passage de l'Undertaker dans le deuxième tome.
Au passage, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins réussi que le premier, peut-être un peu moins frais. Koko et Paul sont pas mal présents, ce qui alourdit le récit, et les gags sont un peu plus longs et, parfois, un peu moins percutants. Reste que plusieurs gags m'ont franchement fait rire dans ce deuxième opus aussi.
Car oui, en plus de trouver le propos intéressant, les situations cocasses et les références savoureuses, j'ai parfois franchement rigolé. C'est typiquement le genre d'humour qui fonctionne à merveille chez moi.
J'ajouterai que j'aime beaucoup le dessin, plus fouillé qu'il n'y parait. Il se prête en tout cas très bien au propos et à l'avantage que l'on reconnait assez facilement les personnalités qui sont caricaturées.
Je terminerai par un point important : je crois qu'après toutes ces années de quête, je l'ai enfin trouvée : Koko est la bd parfaite pour les toilettes : drôle, gags en une case ou plusieurs planches au choix (ce qui fait que ça s'adapte très bien à des durées plus ou moins longues), facile à s'arrêter et à reprendre. Et on peut même, ensuite, initier les autres à signer "grève générale expropriatrice".. Que demander de plus ?
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La Baie de l'aquicorne
De retour dans le village côtier de son enfance après une tempête, Lana découvre de mystérieuses créatures marines liées à l'histoire de sa famille et tente de protéger l'océan face aux dégâts causés par les humains. Katie O'Neill propose ici un univers doux, coloré et feel good, avec des créatures toutes mignonnes qui semblent sorties d'un croisement entre l'imaginaire de Hayao Miyazaki, des licornes marines et un conte écologique destiné à un jeune public. Visuellement, difficile de nier que c'est attendrissant : les couleurs pastel sont lumineuses, l'univers marin est agréable à parcourir et les aquicornes ont clairement été conçus pour faire fondre le lectorat jeunesse. Sur le fond, les intentions sont évidemment louables : deuil, écologie, protection des océans, transmission familiale, coexistence avec la nature, avec en prime une volonté très actuelle d'inclusivité bienveillante qui traverse l'ensemble. Le problème, c'est que j'ai trouvé le récit trop appuyé dans sa démonstration. Le message environnemental manque franchement de subtilité : l'océan est présenté comme un sanctuaire pur et merveilleux, l'humanité comme une force destructrice dès qu'elle s'éloigne des bonnes pratiques traditionnelles, et toute la morale écologique finit par paraître très scolaire. J'avais parfois l'impression de lire un conte militant qui coche consciencieusement ses thématiques plutôt qu'une histoire laissant vraiment respirer ses enjeux. En comparaison, les films du Studio Ghibli (et particulièrement Ponyo, dont les points communs avec cette BD sont nombreux) me semblent transmettre ce type de message avec infiniment plus de finesse, de poésie et surtout une envie bien plus naturelle d'adhérer à ce qu'ils racontent. Le récit souffre aussi d'une narration parfois bancale : certains enchaînements manquent de fluidité, certaines révélations arrivent un peu abruptement, et plusieurs dialogues m'ont semblé soit assez étranges dans leur formulation, soit trop téléphonés dans leur manière de faire passer les messages du récit. L'ensemble reste lisible, mais manque parfois de naturel. Ça reste une BD sincère et visuellement charmante, et j'imagine qu'elle peut séduire un jeune public, en particulier des préadolescentes sensibles aux récits doux, romantiques et idéalisés autour de la nature. Mais pour ma part, j'ai trouvé l'ensemble un peu trop mièvre et démonstratif pour réellement m'emporter. Note : 2,5/5
La Sorcière qui a changé le monde
Après s'être attaqué à Ronald Reagan dans Le Crétin qui a gagné la guerre froide, Jean-Yves Le Naour poursuit son exploration des grandes figures du libéralisme triomphant des années 80 en consacrant cette fois un album à Margaret Thatcher. Et là encore, il le fait avec ce ton très particulier, à mi-chemin entre le biopic historique sérieux et la satire politique complètement acide. L'album retrace son ascension, de fille d'épicier (comme elle aime le rappeler sans arrêt) à Première ministre britannique, puis déroule les grands marqueurs du thatchérisme : dérégulation, réduction de l'État, privatisations, casse des syndicats, guerre des Malouines et proximité idéologique avec Reagan. Le Naour adopte un ton caustique où le loufoque et un humour souvent cynique se mélangent constamment à la réalité historique, ce qui donne une mise en scène drôle sans sacrifier le fond politique. C'est le genre de BD qui se lit facilement tout en donnant envie de creuser ensuite certains événements ou décisions évoqués. Graphiquement, Emilio Van der Zuiden propose une ligne claire assez élégante et très lisible, avec une mise en scène échevelée qui colle bien à ce ton mi-figue mi-raisin : suffisamment légère pour accompagner la dimension humoristique, mais assez sobre pour ne pas désamorcer la gravité du fond. Ce qui fonctionne bien, c'est la manière dont Margaret Thatcher est représentée de façon volontairement ambivalente, tant sur le plan graphique que narratif : tantôt comme une cruche aux idées profondément odieuses, parfois presque grotesque dans sa rigidité idéologique, tantôt comme une stratège politique redoutablement machiavélique, capable de manipuler ses conseillers, ses ministres et son image médiatique pour rester au pouvoir malgré la haine d'une grande partie de la population. L'album rappelle aussi à quel point ses politiques ont broyé une partie des classes populaires britanniques, notamment les mineurs et les bastions ouvriers, en assumant une brutalité sociale qui explique pourquoi tant de Britanniques l'ont haïe. Le récit évoque d'ailleurs en filigrane l'Angleterre punk de la même époque, celle qui voyait en elle une incarnation détestable du pouvoir et la désignait comme une figure à combattre. Sans développer énormément cet aspect culturel, on ressent bien cette période où une partie de la jeunesse percevait le thatchérisme comme quelque chose de profondément violent, teinté de dérives autoritaires voire fascisantes. Une BD politique très orientée idéologiquement, clairement, mais qui assume totalement son point de vue et qui réussit surtout à être à la fois instructive et amusante.
Jeune et fauchée
C'est la troisième série autobiographique de Florence Dupré la Tour que je lis après Pucelle et Jumelle. Au-delà de la constance de son graphisme, qui ne me charme pas particulièrement mais qui a le mérite de lui être très personnel, j'y ai retrouvé sa capacité à exposer des sujets très intimes sans filtre, avec un mélange d'humour noir, d'autodérision, de colère et de lucidité. Cette fois, elle s'attaque à son rapport à l'argent et au déclassement social. Issue d'un milieu bourgeois privilégié, elle raconte comment elle s'est retrouvée, à partir de ses 18 ans, dans une précarité parfois très dure : boulots instables ou inexistants, débuts compliqués dans la BD, enfants à charge avec un compagnon qui n'a pas envie de travailler, angoisse permanente du loyer, privations alimentaires et logements insalubres ou non chauffés. J'ai apprécié son honnêteté intellectuelle. Elle ne prétend jamais avoir vécu la même précarité structurelle que quelqu'un né sans aucun capital familial ou social, et elle fait bien comprendre qu'elle avait malgré tout une immense porte de sortie en cas d'effondrement absolu : sa famille existait toujours, ainsi que cette grande demeure familiale. Elle reconnaît aussi que sa situation était en partie aggravée par ses propres blocages : son refus obstiné de demander de l'aide, de solliciter les aides sociales ou même parfois d'accepter certains compromis professionnels, par fierté mal placée et par cette obsession de rester digne, directement héritée de son éducation bourgeoise. Le livre ne cherche donc jamais à effacer cette complexité, et c'est ce qui le rend plus intéressant qu'un simple récit victimaire. Mais cette nuance ne dédouane pas pour autant ses parents, qui apparaissent comme profondément dysfonctionnels dans leur manière de communiquer. C'est probablement ce qui m'a le plus marqué dans l'album : cette impression d'une famille matériellement privilégiée mais émotionnellement sinistrée, incapable d'exprimer l'affection, de verbaliser les problèmes ou simplement de voir la détresse de leurs propres enfants. Son père semble perpétuellement absent, sa mère enfermée dans des principes rigides, et l'ensemble dresse le portrait d'une incommunicabilité familiale assez glaçante qui explique en partie beaucoup de ses blocages adultes. Elle élargit aussi progressivement son récit à la précarité du métier d'auteur de BD, notamment l'absence de protection sociale solide et la discontinuité des revenus. Ce n'est jamais traité comme un manifeste lourdement démonstratif, mais cela apporte une dimension plus large à son expérience personnelle. Et ce livre m'a aussi fait revoir rétrospectivement ma lecture de Capucin, première série de l'autrice dont elle évoque brièvement ici la période de création. À l'époque où je l'avais lue, je lui reprochais son atmosphère malsaine et son héros particulièrement détestable, sans avoir la moindre idée que cette noirceur reflétait l'état psychologique d'une autrice alors fauchée, épuisée et profondément en colère contre la vie. Sans excuser ni réévaluer cette série, ce nouvel éclairage lui donne une résonance différente. Au-delà de la précarité elle-même, c'est un récit fort sur la honte sociale, les héritages familiaux toxiques, le déclassement et les mécanismes mentaux qui empêchent parfois de demander de l'aide même quand on en aurait cruellement besoin. Un album dense, parfois un peu inconfortable et avec quelques passages un peu longs, mais d'une sincérité assez désarmante qui pousse à la réflexion.
Barrio negro
Même s’il est signé Georges Simenon, Barrio negro n’est en rien un récit policier mais bien le portrait d’un homme derrière lequel l’auteur exhibe bien plus qu’il ne cache une critique de nos sociétés colonisatrices. Joseph, jeune ingénieur naïf, va découvrir l’hypocrisie, la lâcheté et le poids des conventions. Dépassé, dépité, perdu, il accepte ce qu’on daigne lui proposer, se réfugie de plus en plus régulièrement dans l’alcool, s’aigrit. Comble de tout aux yeux des autres colons, il s’affiche avec une jeune Martiniquaise à la peau bien trop foncée pour être tolérable. J’ai beaucoup aimé ce portrait. Le destin de Joseph m’a touché. Son rejet par les autres colons va finalement lui permettre de se découvrir lui-même, pauvre mais retrouvant une estime de soi qu’il n’avait peut-être jamais connue. L’écriture de Simenon est incisive et Bocquet parvient très bien à l’adapter au format « BD ». Les dialogues occupent la majeure partie de l’espace mais les récitatifs présents nous rappellent l’origine littéraire du récit. C’est franchement très agréable à lire. Le dessin de Javi Rey apporte son écot à la réussite de cet album. Son dessin soigné associé à la luminosité de sa colorisation reconstitue un cadre très crédible alors que ses personnages sont bien croqués et expressifs. Petit détail : c’est le troisième album que je lis dessiné par Javi Rey et c’est à chaque fois un peu différent dans le style et parfaitement adapté au récit. Au final, je peux dire que j’ai vraiment bien aimé. Refroidi par l’adaptation de « La Maison du canal » que j’avais trouvée très fade (mais j’avais beaucoup aimé le roman, et ceci explique peut-être cela), je retrouve mon engouement pour cette collection des romans durs de Simenon. Je recommande.
Six-coups
Une partie de la fratrie Jouvray remet le couvert après un autre « western » décalé et semi comique, Lincoln, mais ici on est davantage dans du tout public. Le dessin est plus rondouillard en « jeunesse », et les personnages principaux sont des enfants (deux filles et un garçon – le fils/adjoint du shérif). Toutefois le deuxième album ajoute un peu de densité et de maturité à l’univers. En effet, on y trouve une critique frontale de la circulation des armes à feu aux États-Unis (et du système capitaliste, avec ce Johnson, marchand d’armes aux méthodes marketing agressives), et aussi une critique du système judiciaire et du cumul des peines, mais aussi une mise en avant du rôle des femmes (plutôt rare dans l’univers western ultra machiste !), trois sujets plutôt pour adultes. De fait, le mélange des genres passe plutôt bien. Les deux albums peuvent se lire séparément, même si c’est mieux de les lire à la suite mieux apprécier et comprendre certains personnages, comme le jeune hors-la-loi Albert. Mais aussi Bianca (sans doute le personnage le plus intéressant), une gamine qui détonne, pleine d’à propos, peu scrupuleuse. Avec son cochonnet domestique, elle apporte quelques touches d’humour bienvenue (plus généralement de petites touches d’humour – dialogues, situations – parsèment les histoires, et le rendent vivantes). Chaque album culmine dans une scène volontairement étirée et remplie d’action. Dans le premier album, un spectacle de locomotives se fonçant dessus qui tourne mal, comme le hold-up concomitant, et dans le suivant une pendaison, autre spectacle qui lui aussi tourne à l’accumulation presque délirante et loufoque de conséquences imprévues. Comme on est sur du tout public, tout est bien qui finit bien, morale et personnages sont saufs. Mais cette lecture est vraiment plaisante, et passe très bien la barrière de l’âge.
L'Or sous la neige
Une histoire sympa. Qui manque peut-être un chouia de densité, mais qui se laisse lire très agréablement. Elle se déroule lors de la ruée vers l’or du Klondike, en Alaska. On y croise Jack London (qui y trouvera l’inspiration pour quelques belles histoires et dont les amateurs apprécieront l'univers proche de certains de ses romans), et vers le début la scène où des centaines de chercheurs d’or gravissent une montagne pour faire passer leur matériel fait immanquablement penser à la même scène immortalisée par Chaplin dans son excellent film « La ruée vers l’or ». Plusieurs points forts pour ce récit. D’abord le dessin chouette, en particulier pour les paysages – ce qui est un plus, étant donné le cadre fantastique de la nature du coin (même si certains visages sont quand même un chouia moins réussis). Ensuite le scénario, qui évite – la fin mise à part – de tomber dans trop d’angélisme, en nous proposant des personnages pas trop monolithiques ni manichéens (bon, Matt, le héros, se tire quand même très bien de tous les dangers et a une belle gueule, mais bon). En particulier le personnage de Marie, qui s’écarte de plus en plus de Matt et de ce que l’on attendait de ce personnage (et c’est tant mieux, on évite une romance trop facile). Les trois albums sont vite lus. Peu de texte, une intrigue pas non plus hyper fouillée. Mais c’est une lecture plaisante.
21 jours avant la fin du monde
Lisa passe son été entre le café de sa mère, son dojo de karaté et les souvenirs liés à un ami d'enfance parti brutalement plusieurs années plus tôt après un drame familial resté mystérieux pour elle. Son retour inattendu va faire ressurgir des non-dits longtemps enfouis. J'ai trouvé dans cette BD une ambiance estivale assez réussie, entre village italien au bord d'un lac, chaleur un peu languissante, souvenirs d'enfance et légère étrangeté en arrière-plan avec ce fameux compte à rebours vers la fin du monde annoncée chaque année par le même marginal. Le récit prend volontairement son temps, alterne présent et flashbacks, et installe progressivement son intrigue autour d'Alessandro, de son passé familial et de ce retour chargé de silences. Les chapitres construits autour des principes du karaté apportent une structure originale, même si j'avoue que cet aspect ne m'a pas toujours semblé indispensable ni clairement relié au déroulement de l'histoire. Le scénario fonctionne mieux dans sa dernière partie, quand les révélations se précisent et que les enjeux émotionnels deviennent plus clairs, mais j'ai trouvé l'ensemble assez long à démarrer. Sur environ 200 pages, il y a beaucoup de scènes contemplatives, de silences et de moments du quotidien qui installent une atmosphère douce, mais donnent aussi par instants une impression de lenteur. Certains personnages secondaires apportent du charme, mais j'ai aussi eu le sentiment que plusieurs pistes restaient un peu survolées. Graphiquement, c'est agréable sans être particulièrement marquant. Le trait est simple, parfois un peu raide, mais il retranscrit bien cette ambiance d'été suspendu, aidé par des couleurs sobres et élégantes. C'est un récit sensible sur le deuil, les secrets familiaux, l'amitié et le passage à l'adolescence. Une lecture douce et relativement touchante, mais dont le rythme parfois trop lent peut aussi laisser un sentiment d'attente avant que le récit ne révèle pleinement où il veut en venir.
PSG Academy - New Generation
C'est la deuxième série liée au PSG que je lis, et c'est d'ailleurs à la fin de cet album que j'ai découvert avec un certain effarement la quantité assez hallucinante de BD et mangas estampillés PSG publiés dans cette pseudo-collection. Entre PSG Academy, PSG Dream Team, PSG All Stars, PSG Heroes, PSG Saga et autres PSG Girls Power, on sent très clairement la logique de produit dérivé pensé avant tout pour être vendu à de jeunes supporters du club. PSG Academy - New Generation reprend exactement le même concept que la première série PSG Academy : de nouveaux jeunes joueurs rêvent d'intégrer le centre de formation du PSG, repartent de zéro, croisent quelques stars de l'équipe première en guests, et enchaînent rivalités, esprit d'équipe et dépassement de soi. Il n'y a absolument pas besoin d'avoir lu la série précédente puisque tout recommence quasiment à l'identique, avec simplement de nouveaux protagonistes. La série étant sortie plusieurs années plus tard, ce sont juste des joueurs du PSG un peu différents qui viennent faire leurs apparitions promotionnelles. Le scénario est très balisé et sans la moindre surprise : rival arrogant, héros déterminé, coachs exigeants, valeurs collectives, progression étape par étape... tout est extrêmement prévisible. Mais honnêtement, ça se lit plutôt correctement. Les dialogues ont parfois ce ton très shonen nekketsu appliqué au football, avec de grandes déclarations sur l'effort, l'esprit d'équipe et le rêve de devenir pro, et même en me fichant complètement du foot comme du PSG, je dois reconnaître que je ne me suis pas particulièrement ennuyé. Là où ça devient beaucoup plus difficile à défendre, c'est sur la partie graphique. Le dessin est très laid, avec des visages approximatifs, des joueurs réels parfois à peine reconnaissables, et surtout une colorisation criarde qui fait mal aux yeux. Honnêtement, j'ai du mal à imaginer beaucoup d'éditeurs publier un album visuellement aussi peu abouti sans le soutien financier et marketing de la marque PSG derrière. Et le vrai coup de grâce, c'est que la série est abandonnée au bout de seulement deux tomes alors que le parcours des héros commençait à peine. Du coup, même en acceptant le côté pur produit dérivé et le scénario ultra formaté, difficile d'excuser une série aussi mineure quand elle cumule déjà un graphisme rebutant et un abandon aussi rapide.
Koko n'aime pas le capitalisme
De l'humour intello, politique et absurde, réalisé avec brio. Cette bd, dont les deux tomes m'ont été offerts coup sur coup pour un anniversaire, a fait mouche ! Les gags imaginés par tienstiens sont inventifs, incisifs et, je trouve, jamais lourdingues. C'est (presque) toujours politique, mais avec une vraie réflexion derrière, et un vrai propos. C'est pour le coup assez rare, je trouve, qu'une bd d'humour absurde et politique arrive à être drôle en étant aussi directement politisé, et en utilisant des termes et théories politiques aussi précises et poussées. Pour le coup, il y a certaines planches ou il faut s'accrocher, et qui pourraient être tout droit tirées de thèses de sociologie politiques. Mais là où ça pourrait être rébarbatif et/ou chiant, l'auteur réussit l'exploit de rendre chacune de ses planches divertissante, et fraiche à chaque fois. J'ai par exemple beaucoup aimé les planches des Experts, qui constituent un running gag assez réussi. C'est d'ailleurs le ressort comique principal, les séries/figures connues qui sont détournées dans un contexte politique. Comme les autres, j'ai beaucoup aimé le surfeur d'argent et, en tant qu'amateur de catch, j'ai bien apprécié le passage de l'Undertaker dans le deuxième tome. Au passage, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins réussi que le premier, peut-être un peu moins frais. Koko et Paul sont pas mal présents, ce qui alourdit le récit, et les gags sont un peu plus longs et, parfois, un peu moins percutants. Reste que plusieurs gags m'ont franchement fait rire dans ce deuxième opus aussi. Car oui, en plus de trouver le propos intéressant, les situations cocasses et les références savoureuses, j'ai parfois franchement rigolé. C'est typiquement le genre d'humour qui fonctionne à merveille chez moi. J'ajouterai que j'aime beaucoup le dessin, plus fouillé qu'il n'y parait. Il se prête en tout cas très bien au propos et à l'avantage que l'on reconnait assez facilement les personnalités qui sont caricaturées. Je terminerai par un point important : je crois qu'après toutes ces années de quête, je l'ai enfin trouvée : Koko est la bd parfaite pour les toilettes : drôle, gags en une case ou plusieurs planches au choix (ce qui fait que ça s'adapte très bien à des durées plus ou moins longues), facile à s'arrêter et à reprendre. Et on peut même, ensuite, initier les autres à signer "grève générale expropriatrice".. Que demander de plus ?