Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante.
Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire.
Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur.
Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 cm de marge à la fin de chaque page.
Donc une entrée en matière compliquée !
Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant.
Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité.
Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques.
Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique.
Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir.
Pour les fans de lézards mais pas que.
Je n'ai pas lu l'histoire dont la bd est tirée, mais quoiqu'il en soit, le récit et les images sont fortes. On fait d'Atar Gull une figure de la vengeance due aux esclaves noirs d'autant plus intéressante qu'il ne laisse rien paraître. Mieux vaut en effet sembler un esclave modèle pour détruire méthodiquement son maître ! Le but, on l'oublie parfois, n'est pas de prendre des poses ou de finir en martyr, face à l'ennemi, mais de le dépouiller, le frapper et le détruire sans qu'il puisse jamais répliquer, et d'autant plus qu'on a le sort des siens et son propre esclavage à venger. Bravo, parcours sans faute ! Comme il agit seul et qu'on ne se perd pas dans les détails de la psychologie, il peut devenir une figure emblématique ainsi que l'illustre la couverture.
On retrouve ici tout ce qui fait habituellement la force de Marion Montaigne : une vulgarisation scientifique très solide, un vrai travail de documentation et surtout un humour qui fonctionne souvent très bien. Elle a régulièrement le sens de la formule ou du gag absurde qui tombe juste, et certains passages sont vraiment très drôles tout en restant instructifs. Sur l'histoire de la paléontologie, l'album est d'ailleurs souvent passionnant et permet de découvrir plein d'anecdotes étonnantes sur la manière dont cette discipline s'est construite au fil du temps.
Le problème est plutôt du côté de la forme. L'album est extrêmement dense, très bavard, et entre dans énormément de détails. Résultat : la lecture devient longue et parfois touffue. C'est un gros volume qui demande de l'attention, et l'ayant lu en deux fois, je me suis rendu compte que j'avais presque oublié où j'en étais quand j'ai repris le lendemain.
À cela s'ajoutent les nombreuses digressions autobiographiques où l'autrice parle de son enfance, de son rapport au dessin ou de sa fascination pour les dinosaures. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais ces passages rajoutent à la confusion de l'ensemble et cassent le fil du récit.
Cela reste un album amusant et instructif, avec de vrais moments d'humour et une vulgarisation toujours efficace, mais l'ensemble m'a paru trop dense et chargé. Une lecture intéressante, mais longue et parfois un peu laborieuse.
À travers une équipe fictive, très largement inspirée des Dick Kerr's Ladies, l'une des premières équipes anglaises, cette BD évoque à la fois l'émancipation féminine par le sport et le développement du football féminin. Organisé durant la Première Guerre mondiale, il est d'abord toléré puis brutalement interdit avant de réapparaître de longues années plus tard sous une forme officielle avec les premières compétitions internationales.
Le choix de suivre une équipe inventée mais très proche de la réalité est plutôt bien vu : cela permet d'aborder de nombreux aspects de cette histoire (les matchs populaires, les tournées à l'étranger, l'interdiction par la fédération, la lente reconnaissance du football féminin) sans avoir à coller trop rigidement aux faits historiques.
Le dessin est également agréable, dynamique et expressif, ce qui rend les scènes de match assez vivantes.
Vivantes, les différentes protagonistes de cet album le sont aussi : même si l'on sait finalement assez peu de choses d'elles, j'ai apprécié leur énergie et la vivacité de leurs interactions. J'aurais aimé en apprendre davantage sur l'organisation concrète de l'équipe et de ses déplacements, notamment durant la période d'interdiction où l'on se demande d'où venaient les fonds leur permettant de voyager ici et là. Dommage que ce point ne soit pas un peu mieux expliqué, mais ce n'est pas très grave.
J'ai en revanche été un peu gêné par la brusquerie du rythme chronologique. Les années se succèdent rapidement, avec quelques ellipses conséquentes, et cela donne parfois une impression un peu hachée, avec même ce qui ressemble à une inversion de dates à un moment donné (un événement daté un an après un autre alors qu'il semble pourtant se dérouler avant).
Surtout, le fameux "match du siècle" qui donne son titre à l'album et qui est suivi par petites touches tout au long du récit, n'est finalement jamais vraiment expliqué dans la BD elle-même. Ce n'est qu'en lisant le résumé ou le texte documentaire en fin d'album que l'on comprend qu'il s'agissait en réalité d'un match assez ordinaire, simplement marqué par une affluence exceptionnelle. Le choix d'en faire le centre du récit, et même le titre de l'album, paraît du coup un peu étrange.
C'est donc une BD intéressante par ses thématiques et par la page d'histoire qu'elle met en lumière, mais dont le rythme narratif aurait sans doute gagné à être un peu plus abouti.
C'est une BD bien curieuse qui nous vient d'Allemagne aujourd'hui. Une BD qui montre l'Effet Papillon, mais de manière inversée. Comment une catastrophe majeure au Japon peut influer sur le destin de huit personnes qui ne se connaissent pas, ou plus, à... Berlin.
Le récit oscille donc entre ces deux cadres, avec une nette préférence pour la capitale allemande, et le destin croisé de ces personnages, mutiques, rêveurs, sous les eaux ou dans la rue... J'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre comment le puzzle construit par Bea Davies allait finalement se dévoiler, et ce n'est qu'à la fin que j'ai compris, dans les deux dernières séquences de l'album.
J'ai plutôt apprécié le trait de Béa Davies, à la fois fin et puissant, en encre de chine, mêlant physionomies et architectures, ombres et lumière, réalité et apparence... Un patchwork plaisant à voir, dans lequel transparaît l'amour le ville où réside l'autrice.
C'est assez sympa, je recommande.
3.5
Encore un nouveau récit qui se passe durant les débuts de Batman et/ou Robin.
Ici, le scénariste est Mark Waid qui a un style classique du coup on a droit à des trucs que j'aime bien comme Batman et Robin qui sont capable d'interagir entre eux sans être des sociopathes incapables d'avoir des émotions. Le jeune Dick Grayson est indiscipliné et Bruce a un peu de la difficulté à le gérer, mais ils agissent comme des humains et j'aime mieux que ce que l'on peut voir dans pleins de comics modernes. Il y a un bon mélange de drame et d'action et on n'est pas dans une suite de scènes spectaculaires comme c'est le cas avec les moins bons scénarios de Waid. Les moments plus humoristiques marchent bien.
Comme c'est souvent le cas avec les histoires se passant dans les premières années de la carrière de la chauve-souris, il affronte principalement des gangsters ordinaires, mais on retrouve quelques super-vilains et principalement Double-Face qui est bien utilisé. Le scénario est prenant et efficace et il est servit par un dessin élégant. C'est du bon comics de divertissement que je conseil à tous les fans de Batman.
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Les Enfants de la Salamandre
Il y a deux manières de lire cette bande, aucune n'étant vraiment satisfaisante. Les EO : de meilleur qualité mais sans la fin de l'histoire. Ou bien l'intégrale, avec son ignoble couverture, avec un dessin qui a perdu tout son contraste, mais aussi avec un 4eme tome inclus à l'intérieur. Je rajoute que les originaux du premier tome ont dû disparaitre, puisqu'on a droit à des scans de piètre qualité, avec 5 cm de marge à la fin de chaque page. Donc une entrée en matière compliquée ! Et pourtant le recit proposé ici se révèle assez prenant. Dufaux rajoute une couche de fantastique religieux mais l'intrigue de base fait furieusement penser au film Scanners de Cronenberg, avec des télépathes apprenant à maîtriser leurs pouvoirs, qui sont pourchassés et qui cherchent à en apprendre plus sur leur identité. Le volume inédit se révèle au final assez décevant et n'apporte pas grand chose, d'autant qu'il est truffé de facilités scénaristiques. Le dessin de Renaud correspond à ce qu'il fait déjà sur Jessica Blandy à l'époque. C'est un style unique. Cependant le cadre fantastique ne lui convient pas tellement, les effets spéciaux font peine à voir. Pour les fans de lézards mais pas que.
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Je n'ai pas lu l'histoire dont la bd est tirée, mais quoiqu'il en soit, le récit et les images sont fortes. On fait d'Atar Gull une figure de la vengeance due aux esclaves noirs d'autant plus intéressante qu'il ne laisse rien paraître. Mieux vaut en effet sembler un esclave modèle pour détruire méthodiquement son maître ! Le but, on l'oublie parfois, n'est pas de prendre des poses ou de finir en martyr, face à l'ennemi, mais de le dépouiller, le frapper et le détruire sans qu'il puisse jamais répliquer, et d'autant plus qu'on a le sort des siens et son propre esclavage à venger. Bravo, parcours sans faute ! Comme il agit seul et qu'on ne se perd pas dans les détails de la psychologie, il peut devenir une figure emblématique ainsi que l'illustre la couverture.
Nos Mondes perdus
On retrouve ici tout ce qui fait habituellement la force de Marion Montaigne : une vulgarisation scientifique très solide, un vrai travail de documentation et surtout un humour qui fonctionne souvent très bien. Elle a régulièrement le sens de la formule ou du gag absurde qui tombe juste, et certains passages sont vraiment très drôles tout en restant instructifs. Sur l'histoire de la paléontologie, l'album est d'ailleurs souvent passionnant et permet de découvrir plein d'anecdotes étonnantes sur la manière dont cette discipline s'est construite au fil du temps. Le problème est plutôt du côté de la forme. L'album est extrêmement dense, très bavard, et entre dans énormément de détails. Résultat : la lecture devient longue et parfois touffue. C'est un gros volume qui demande de l'attention, et l'ayant lu en deux fois, je me suis rendu compte que j'avais presque oublié où j'en étais quand j'ai repris le lendemain. À cela s'ajoutent les nombreuses digressions autobiographiques où l'autrice parle de son enfance, de son rapport au dessin ou de sa fascination pour les dinosaures. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais ces passages rajoutent à la confusion de l'ensemble et cassent le fil du récit. Cela reste un album amusant et instructif, avec de vrais moments d'humour et une vulgarisation toujours efficace, mais l'ensemble m'a paru trop dense et chargé. Une lecture intéressante, mais longue et parfois un peu laborieuse.
Le Match du siècle
À travers une équipe fictive, très largement inspirée des Dick Kerr's Ladies, l'une des premières équipes anglaises, cette BD évoque à la fois l'émancipation féminine par le sport et le développement du football féminin. Organisé durant la Première Guerre mondiale, il est d'abord toléré puis brutalement interdit avant de réapparaître de longues années plus tard sous une forme officielle avec les premières compétitions internationales. Le choix de suivre une équipe inventée mais très proche de la réalité est plutôt bien vu : cela permet d'aborder de nombreux aspects de cette histoire (les matchs populaires, les tournées à l'étranger, l'interdiction par la fédération, la lente reconnaissance du football féminin) sans avoir à coller trop rigidement aux faits historiques. Le dessin est également agréable, dynamique et expressif, ce qui rend les scènes de match assez vivantes. Vivantes, les différentes protagonistes de cet album le sont aussi : même si l'on sait finalement assez peu de choses d'elles, j'ai apprécié leur énergie et la vivacité de leurs interactions. J'aurais aimé en apprendre davantage sur l'organisation concrète de l'équipe et de ses déplacements, notamment durant la période d'interdiction où l'on se demande d'où venaient les fonds leur permettant de voyager ici et là. Dommage que ce point ne soit pas un peu mieux expliqué, mais ce n'est pas très grave. J'ai en revanche été un peu gêné par la brusquerie du rythme chronologique. Les années se succèdent rapidement, avec quelques ellipses conséquentes, et cela donne parfois une impression un peu hachée, avec même ce qui ressemble à une inversion de dates à un moment donné (un événement daté un an après un autre alors qu'il semble pourtant se dérouler avant). Surtout, le fameux "match du siècle" qui donne son titre à l'album et qui est suivi par petites touches tout au long du récit, n'est finalement jamais vraiment expliqué dans la BD elle-même. Ce n'est qu'en lisant le résumé ou le texte documentaire en fin d'album que l'on comprend qu'il s'agissait en réalité d'un match assez ordinaire, simplement marqué par une affluence exceptionnelle. Le choix d'en faire le centre du récit, et même le titre de l'album, paraît du coup un peu étrange. C'est donc une BD intéressante par ses thématiques et par la page d'histoire qu'elle met en lumière, mais dont le rythme narratif aurait sans doute gagné à être un peu plus abouti.
Super Gau
C'est une BD bien curieuse qui nous vient d'Allemagne aujourd'hui. Une BD qui montre l'Effet Papillon, mais de manière inversée. Comment une catastrophe majeure au Japon peut influer sur le destin de huit personnes qui ne se connaissent pas, ou plus, à... Berlin. Le récit oscille donc entre ces deux cadres, avec une nette préférence pour la capitale allemande, et le destin croisé de ces personnages, mutiques, rêveurs, sous les eaux ou dans la rue... J'avoue avoir eu un peu de mal à comprendre comment le puzzle construit par Bea Davies allait finalement se dévoiler, et ce n'est qu'à la fin que j'ai compris, dans les deux dernières séquences de l'album. J'ai plutôt apprécié le trait de Béa Davies, à la fois fin et puissant, en encre de chine, mêlant physionomies et architectures, ombres et lumière, réalité et apparence... Un patchwork plaisant à voir, dans lequel transparaît l'amour le ville où réside l'autrice. C'est assez sympa, je recommande.
Batman & Robin - Année un
3.5 Encore un nouveau récit qui se passe durant les débuts de Batman et/ou Robin. Ici, le scénariste est Mark Waid qui a un style classique du coup on a droit à des trucs que j'aime bien comme Batman et Robin qui sont capable d'interagir entre eux sans être des sociopathes incapables d'avoir des émotions. Le jeune Dick Grayson est indiscipliné et Bruce a un peu de la difficulté à le gérer, mais ils agissent comme des humains et j'aime mieux que ce que l'on peut voir dans pleins de comics modernes. Il y a un bon mélange de drame et d'action et on n'est pas dans une suite de scènes spectaculaires comme c'est le cas avec les moins bons scénarios de Waid. Les moments plus humoristiques marchent bien. Comme c'est souvent le cas avec les histoires se passant dans les premières années de la carrière de la chauve-souris, il affronte principalement des gangsters ordinaires, mais on retrouve quelques super-vilains et principalement Double-Face qui est bien utilisé. Le scénario est prenant et efficace et il est servit par un dessin élégant. C'est du bon comics de divertissement que je conseil à tous les fans de Batman.