Bon, il faut quand même accepter pas mal de choses improbables pour suivre jusqu’au bout cette histoire. Le fait qu’une quinzaine de tueurs en séries (tous psychopathes et « spécialistes » d’un type de meurtre – souvent sadique), faisant d’un bled comme Buckaroo une sorte de capitale de la folie (quasiment un parc de loisir sur le thème des serial killers), ou alors les énormes souterrains – et tout ce qui s’y trouve (dont de fausses sculptures aztèques ???) – qui semble avoir une superficie improbable – et une hauteur tout aussi incroyable, voilà quand même des choses que j’ai eu du mal à accepter.
J’ai aussi trouvé répétitif et lassants certains procédés, comme celui des très nombreuses scènes où un personnage dit ou fait quelque chose de surprenant et violent, pour qu’ensuite on découvre que c’est juste quelque chose qu’il imagine, l’action reprenant ensuite comme si de rien n’était.
Ceci étant posé, ça reste une lecture assez dynamique, avec moult rebondissements – autour de l’intrigue, ou des – très – nombreux personnages. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est perdu. Il faut dire qu’avec tous ces tueurs – et un flic aux méthodes d’interrogatoire un peu « musclées », le sang coule…
Pas forcément ma came, mais ça se laisse lire. Mais les répétitions évoquées plus haut et quelques longueurs me faisaient au bout d’un moment attendre la fin avec impatience.
Complots de cour, manipulations politiques, espionnage et conflits armés, dans un univers animalier qui n'a que peu à envier à celui de Game of Thrones.
J'ai adoré le premier tome, beaucoup aimé le second, et été un peu déçu par le dernier et sa conclusion.
Le dessin est d'excellente facture. Le style animalier à la Disney est parfaitement digéré, avec une galerie de personnages à l'expressivité remarquable, tout en conservant leurs caractéristiques propres. Les décors sont également réussis, même s'ils marquent un peu moins les esprits, car parfois légèrement plats. La colorisation numérique joue d'ailleurs en partie contre cela : si elle est souvent très agréable, ses dégradés et ses scènes nocturnes font parfois trop ressortir son aspect informatique.
L'univers est enthousiasmant. Il m'a beaucoup fait penser à celui de L'Ogre Lion, sorti quelque temps plus tôt : un monde médiéval à peine fantastique, à la société complexe et hiérarchisée, dans lequel les animaux anthropomorphes ont conservé les spécificités de leur espèce (prédateurs d'un côté, herbivores de l'autre, etc.). Dans ce contexte, voir des lions, des loups, des aigles ou des ours occuper des positions de pouvoir paraît naturel, même si c'est précisément cette évidence qui nourrit les enjeux, chacun devant agir avec intelligence pour conserver sa place. Cet univers dangereux, traversé de complots, rappelle fortement Game of Thrones, et j'y ai retrouvé ce que j'aimais dans cette série.
L'intrigue est très bien construite. J'ai apprécié sa finesse, le mystère qu'elle installe, ainsi que les manipulations et trahisons qui parviennent régulièrement à surprendre. J'ai aussi aimé ses personnages, à la fois stéréotypés (le renard rusé qu'on croirait sorti de Zootopia, le lion puissant évoquant Le Roi Lion, ou encore le duo raton-laveur et ours qui rappelle Les Gardiens de la Galaxie) et pourtant plus nuancés qu'ils n'en ont l'air. Cette finesse se retrouve aussi dans les dialogues, très bien ciselés, qui évoquent par moments un mélange entre Game of Thrones et De Cape et de Crocs.
Tout était donc réuni pour un coup de cœur, malgré une légère impression de déjà-vu liée à ces archétypes. Pourtant, la fin m'a laissé plus réservé. Sans être prévisible, elle m'a un peu déçu, notamment par l'évolution soudaine du personnage principal et par un dénouement assez brutal. Même la touche légèrement ironique de la dernière scène ne m'a pas autant marqué que le reste. Dommage, car les deux premiers tomes m'avaient vraiment convaincu.
Un one-shot qui contient trois histoires courtes entre-coupé de dialogues entre des philosophes connus qui parle de trucs morbides. C'est verbeux, mais à aucun moment j'ai eu l'impression que les histoires font du surplace. En revanche, lire l'album d'une traite est peut-être une mauvaise. En tout cas, vers la les scènes avec les philosophes ont fini par me lasser un peu.
Foerster montre tout l'étendu de son imagination au travers de ses histoires et son dessin en noir et blanc est toujours aussi superbe. Malheureusement, s'il a beaucoup d'imaginations, il utilise aussi souvent les mêmes thèmes et du coup à force lire ses récits horrifiques, j'ai un peu l'impression qu'il se répète un peu dans les destins tragiques de ses personnages. C'est surtout le cas avec le second récit, au bout d'un moment on comprend très bien comment va finir le personnage principal et du coup j'avais juste envie que ce récit se termine pour qu'on passe à autre chose.
De plus, je pense qu’il n’y a que la première histoire qui m’a vraiment marqué, une critique rigolote et macabre de Noel et comment on ne peut pas échapper à cette période de l’année ! Un album à emprunter donc.
Un album qui selon-moi représente bien les qualités et les défauts de l'œuvre de Foerster.
Parmi les qualités, il y a bien sur le dessin dynamique et si personnel de Foerster que j'aime bien. Le scénario est original et aussi très loufoque (pour accrocher au scénario, il faut vraiment accepter tout ce qui se produits) et lorsqu'on a toutes les explications on voit à quel point l'histoire est tordue. Il y a une bonne galerie de personnages excentriques et il y a de bonnes scènes.
Malheureusement, comme souvent avec Foerster le scénario est aussi très verbeux. Cela ne me dérange pas si c'est bien écrit comme le faisait des scénaristes comme Greg ou Jean-Claude Forest et j'ai déjà apprécié des textes avec beaucoup de textes écrient par Foerster. Le problème est qu'ici le texte verbeux ralenti trop l'action. Au début, je trouvais que cela prenait un peu trop de temps avant que l'action débarque enfin et vers le milieu de l'album je trouvais que l'auteur ralentissait volontairement son récit pour l'étirer inutilement. Cela tourne quand même en rond pendant un moment alors que l'héroïne est présentée comme quelqu'un d'invincible qui peut battre tout le monde facilement.
Cela reste correct, mais ce n'est pas un album que j'aurais envie de relire au complet un jour.
Franchement déçu par cet album scénarisé par Foerster.
Le dessin de Blondeau est sympathique et j'aime bien les couleurs. J'ai tout de même du m'habituer au graphisme des bulles, sur certaines pages ce n'est pas très évident quel personnage parle ! Quant au scénario, on retrouve la patte de Foerster qui aime bien les histoires fantastiques remplis de freaks et certains monstres présents dans l'album sont originaux, mais le scénario lui-même ne l'est pas. Si vous avez déjà lu une ou deux histoires mettant en vedette des monstres de cirque, il y a rien de bien nouveau ici. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai tout deviné le scénario, seulement je n'ai pas été surpris par le déroulement du récit.
Il reste la fin qui est un peu émouvante, mais je me suis tellement ennuyé durant ma lecture que j'ai surtout été content de voir que c'était terminé.
J'ai lu la réédition paru en 2020 dont la colorisation semble différente de la première édition. Cela ne m'a pas dérangé parce que j'aime bien comment sont utilisées les couleurs dans la version que j'ai lue.
Foerster s'approprie le personnage de Pinocchio (et il le refera plus tard avec sa série 'Gueule de bois') et comme les autres posteurs l'ont souligné, ce Pinocchio ressemble plus au monstre de Frankenstein qu'au Pinocchio qu'on connait. Un monstre de Frankenstein qui n'aurait pas été rejeté par son créateur (ou plutôt créatrice ici), mais comme ce Pinocchio ne connait pas sa force et ne comprend pas trop ce qui se passe autour de lui, cela va amener du drame....Le récit est classique, mais efficace. On retrouve un condensé du talent de Foerster et c'est vraiment un album que je recommanderais si on veut un bon aperçu de son œuvre.
Je recommanderais toutefois un emprunt parce que ça se lit un peu trop vite pour que ça soit une lecture marquante et mémorable. Cela reste un bon divertissement.
Les dessins de Tébo ont, selon moi, nettement perdu en qualité au fil des tomes. Là où les premiers albums proposaient un style dynamique, expressif et soigné, j’ai ressenti une vraie régression à partir du tome 6. Le trait me paraît plus approximatif, parfois même médiocre, avec des pages qui semblent bâclées ou remplies pour combler plutôt que pour servir l’histoire.
On a l’impression que certaines planches sont vides ou manquent d’inspiration, comme si l’auteur cherchait surtout à gagner du temps. Cela donne un sentiment de travail précipité. Je me demande d’ailleurs si l’éditeur ne met pas une forte pression pour respecter les délais, ce qui pourrait expliquer cette baisse de qualité, autant sur le plan graphique que scénaristique.
Car le problème ne se limite pas au dessin : le scénario aussi semble moins abouti. Les tomes 1 à 5 étaient bien plus inventifs, drôles et cohérents. Aujourd’hui, les gags paraissent plus répétitifs, et les nouveaux super-héros manquent souvent d’intérêt ou de personnalité.
Ce qui est particulièrement frustrant, c’est que même l’auteur semble en être conscient. Dans les tomes 7 et 8, il évoque lui-même son retard sur certaines pages, ce qui renforce cette impression d’un travail fait dans l’urgence. On sent qu’il essaie de grappiller du temps, au détriment de la qualité globale.
C’est vraiment dommage de voir une série aussi originale et drôle que Captain Biceps perdre en fraîcheur et en exigence. En tant que lecteur, la déception est réelle.
La principale qualité de cette série est de s’emparer d’une histoire connue de tous, et de la réinterpréter, de façon relativement originale, sans sombrer dans le n’importe quoi ou trop de facilités (même s’il y en a quand même !).
Je ne sais pas si le troisième tome conclut la série, ou un cycle (une suite est tout à fait possible). Il donne en tout cas l’acte de naissance de Robin des bois. J’étais étonné durant ma lecture de ne pas le voir justement, et son introduction – dans une personnalité multiple – en fin d’album, m’a à la fois rassuré et intrigué.
L’intrigue est bien ancrée dans l’histoire de la fin du XIIème siècle (cet aspect est intéressant, les petits hameaux – plus que les grosses villes, sont importants et bien représentés), et met en place progressivement personnages et fil rouge : le duo formé par Marianne en jeune châtelaine et le shérif de Nottingham est original, et tout chez eux n’est pas cousu de fils blancs.
Bon, ceci étant dit, malgré ces remarques positives, et le fait que l’histoire se laisse lire agréablement, ça ne m’a pas marqué plus que ça. Il y a quand même quelques passages « flous », des facilités (par exemple tout le long passage au début, sorte de « test » autour du shérif – qui s’en sort seul contre une demi-douzaine de types, sans que quiconque ne soit sévèrement blessé ou, dans le troisième tome, l’affrontement un peu bordélique entre Troglo et Merry men). Il y a aussi quelques longueurs, et ces trois premiers tomes semblent presque n’être qu’une mise en place (combien de tomes sont/étaient prévus ?).
Si le dessin est globalement bon, je n’ai ni aimé ni compris ce tic de représenter « la capuche » d’une façon que son visage n’apparaisse pas du tout (ça donne un truc improbable). C’est d’autant plus dommage que déjà les visages sont souvent le point faible – en tout cas le résultat est plus inégal que pour les décors, bien mieux réussis.
Les planches de la galeries sont les premières pages et effrayent un peu par leur beauté ( dans le format de la BD, on dirait qu'elles sont faites au stylo-bille : magnifique travail) mélangée à une certaine absurdité en premiere approche. En réalité tout a un sens que l'on va comprendre au cours du récit. Cet album utilise beaucoup de dispositifs un peu clichés et réussit à en faire un objet unique et évocateur qui raconte une histoire à la fois personnelle et installée dans un contexte social.
C'est un voyage à deux en voiture américaine depuis Detroit jusqu'à Roma ( quel État ?) Il y a donc la caractérisation des deux personnages qui sont évidement construits en opposition. Socialement comme psychologiquement. On pense bien-sûr à Thelma et Louise mais finalement cela n'a rien d'une ode à la liberté feel good, c'est plutôt une psychanalyse reciproque.
Le road-movie est souvent un peut ennuyeux par sa construction linéaire et géographique et le seul suspens est en fait "Depuis le point A, va-t-on atteindre le point B et dans quel état ?" Ici la construction est plutot en caléïdoscope, faite de références cinématographiques, de dessins piqués dans le carnet d'une des protagonistes, de souvenirs, de dialogues et d'actes du quotidien. Et si la première partie semble nous perdre, la seconde rassemble tous les indices.
Par dessus le marché, une variété graphique, qui expérimente plein de techniques et de contrastes avec beaucoup d'inventivité. Au début, chaque page est un étonnement, et paradoxalement, cela peut décourager ; comme si cette virtuosité perdait de vue l'objectif narratif. Mais accrochez- vous, cela mène quelque part : en nous .
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Nailbiter
Bon, il faut quand même accepter pas mal de choses improbables pour suivre jusqu’au bout cette histoire. Le fait qu’une quinzaine de tueurs en séries (tous psychopathes et « spécialistes » d’un type de meurtre – souvent sadique), faisant d’un bled comme Buckaroo une sorte de capitale de la folie (quasiment un parc de loisir sur le thème des serial killers), ou alors les énormes souterrains – et tout ce qui s’y trouve (dont de fausses sculptures aztèques ???) – qui semble avoir une superficie improbable – et une hauteur tout aussi incroyable, voilà quand même des choses que j’ai eu du mal à accepter. J’ai aussi trouvé répétitif et lassants certains procédés, comme celui des très nombreuses scènes où un personnage dit ou fait quelque chose de surprenant et violent, pour qu’ensuite on découvre que c’est juste quelque chose qu’il imagine, l’action reprenant ensuite comme si de rien n’était. Ceci étant posé, ça reste une lecture assez dynamique, avec moult rebondissements – autour de l’intrigue, ou des – très – nombreux personnages. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est perdu. Il faut dire qu’avec tous ces tueurs – et un flic aux méthodes d’interrogatoire un peu « musclées », le sang coule… Pas forcément ma came, mais ça se laisse lire. Mais les répétitions évoquées plus haut et quelques longueurs me faisaient au bout d’un moment attendre la fin avec impatience.
Le Royaume sans nom
Complots de cour, manipulations politiques, espionnage et conflits armés, dans un univers animalier qui n'a que peu à envier à celui de Game of Thrones. J'ai adoré le premier tome, beaucoup aimé le second, et été un peu déçu par le dernier et sa conclusion. Le dessin est d'excellente facture. Le style animalier à la Disney est parfaitement digéré, avec une galerie de personnages à l'expressivité remarquable, tout en conservant leurs caractéristiques propres. Les décors sont également réussis, même s'ils marquent un peu moins les esprits, car parfois légèrement plats. La colorisation numérique joue d'ailleurs en partie contre cela : si elle est souvent très agréable, ses dégradés et ses scènes nocturnes font parfois trop ressortir son aspect informatique. L'univers est enthousiasmant. Il m'a beaucoup fait penser à celui de L'Ogre Lion, sorti quelque temps plus tôt : un monde médiéval à peine fantastique, à la société complexe et hiérarchisée, dans lequel les animaux anthropomorphes ont conservé les spécificités de leur espèce (prédateurs d'un côté, herbivores de l'autre, etc.). Dans ce contexte, voir des lions, des loups, des aigles ou des ours occuper des positions de pouvoir paraît naturel, même si c'est précisément cette évidence qui nourrit les enjeux, chacun devant agir avec intelligence pour conserver sa place. Cet univers dangereux, traversé de complots, rappelle fortement Game of Thrones, et j'y ai retrouvé ce que j'aimais dans cette série. L'intrigue est très bien construite. J'ai apprécié sa finesse, le mystère qu'elle installe, ainsi que les manipulations et trahisons qui parviennent régulièrement à surprendre. J'ai aussi aimé ses personnages, à la fois stéréotypés (le renard rusé qu'on croirait sorti de Zootopia, le lion puissant évoquant Le Roi Lion, ou encore le duo raton-laveur et ours qui rappelle Les Gardiens de la Galaxie) et pourtant plus nuancés qu'ils n'en ont l'air. Cette finesse se retrouve aussi dans les dialogues, très bien ciselés, qui évoquent par moments un mélange entre Game of Thrones et De Cape et de Crocs. Tout était donc réuni pour un coup de cœur, malgré une légère impression de déjà-vu liée à ces archétypes. Pourtant, la fin m'a laissé plus réservé. Sans être prévisible, elle m'a un peu déçu, notamment par l'évolution soudaine du personnage principal et par un dénouement assez brutal. Même la touche légèrement ironique de la dernière scène ne m'a pas autant marqué que le reste. Dommage, car les deux premiers tomes m'avaient vraiment convaincu.
Un air de gravité
Un one-shot qui contient trois histoires courtes entre-coupé de dialogues entre des philosophes connus qui parle de trucs morbides. C'est verbeux, mais à aucun moment j'ai eu l'impression que les histoires font du surplace. En revanche, lire l'album d'une traite est peut-être une mauvaise. En tout cas, vers la les scènes avec les philosophes ont fini par me lasser un peu. Foerster montre tout l'étendu de son imagination au travers de ses histoires et son dessin en noir et blanc est toujours aussi superbe. Malheureusement, s'il a beaucoup d'imaginations, il utilise aussi souvent les mêmes thèmes et du coup à force lire ses récits horrifiques, j'ai un peu l'impression qu'il se répète un peu dans les destins tragiques de ses personnages. C'est surtout le cas avec le second récit, au bout d'un moment on comprend très bien comment va finir le personnage principal et du coup j'avais juste envie que ce récit se termine pour qu'on passe à autre chose. De plus, je pense qu’il n’y a que la première histoire qui m’a vraiment marqué, une critique rigolote et macabre de Noel et comment on ne peut pas échapper à cette période de l’année ! Un album à emprunter donc.
La Frontière
Un album qui selon-moi représente bien les qualités et les défauts de l'œuvre de Foerster. Parmi les qualités, il y a bien sur le dessin dynamique et si personnel de Foerster que j'aime bien. Le scénario est original et aussi très loufoque (pour accrocher au scénario, il faut vraiment accepter tout ce qui se produits) et lorsqu'on a toutes les explications on voit à quel point l'histoire est tordue. Il y a une bonne galerie de personnages excentriques et il y a de bonnes scènes. Malheureusement, comme souvent avec Foerster le scénario est aussi très verbeux. Cela ne me dérange pas si c'est bien écrit comme le faisait des scénaristes comme Greg ou Jean-Claude Forest et j'ai déjà apprécié des textes avec beaucoup de textes écrient par Foerster. Le problème est qu'ici le texte verbeux ralenti trop l'action. Au début, je trouvais que cela prenait un peu trop de temps avant que l'action débarque enfin et vers le milieu de l'album je trouvais que l'auteur ralentissait volontairement son récit pour l'étirer inutilement. Cela tourne quand même en rond pendant un moment alors que l'héroïne est présentée comme quelqu'un d'invincible qui peut battre tout le monde facilement. Cela reste correct, mais ce n'est pas un album que j'aurais envie de relire au complet un jour.
Monstrueuse parade
Franchement déçu par cet album scénarisé par Foerster. Le dessin de Blondeau est sympathique et j'aime bien les couleurs. J'ai tout de même du m'habituer au graphisme des bulles, sur certaines pages ce n'est pas très évident quel personnage parle ! Quant au scénario, on retrouve la patte de Foerster qui aime bien les histoires fantastiques remplis de freaks et certains monstres présents dans l'album sont originaux, mais le scénario lui-même ne l'est pas. Si vous avez déjà lu une ou deux histoires mettant en vedette des monstres de cirque, il y a rien de bien nouveau ici. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai tout deviné le scénario, seulement je n'ai pas été surpris par le déroulement du récit. Il reste la fin qui est un peu émouvante, mais je me suis tellement ennuyé durant ma lecture que j'ai surtout été content de voir que c'était terminé.
Pinocchio (Foerster)
J'ai lu la réédition paru en 2020 dont la colorisation semble différente de la première édition. Cela ne m'a pas dérangé parce que j'aime bien comment sont utilisées les couleurs dans la version que j'ai lue. Foerster s'approprie le personnage de Pinocchio (et il le refera plus tard avec sa série 'Gueule de bois') et comme les autres posteurs l'ont souligné, ce Pinocchio ressemble plus au monstre de Frankenstein qu'au Pinocchio qu'on connait. Un monstre de Frankenstein qui n'aurait pas été rejeté par son créateur (ou plutôt créatrice ici), mais comme ce Pinocchio ne connait pas sa force et ne comprend pas trop ce qui se passe autour de lui, cela va amener du drame....Le récit est classique, mais efficace. On retrouve un condensé du talent de Foerster et c'est vraiment un album que je recommanderais si on veut un bon aperçu de son œuvre. Je recommanderais toutefois un emprunt parce que ça se lit un peu trop vite pour que ça soit une lecture marquante et mémorable. Cela reste un bon divertissement.
Captain Biceps
Les dessins de Tébo ont, selon moi, nettement perdu en qualité au fil des tomes. Là où les premiers albums proposaient un style dynamique, expressif et soigné, j’ai ressenti une vraie régression à partir du tome 6. Le trait me paraît plus approximatif, parfois même médiocre, avec des pages qui semblent bâclées ou remplies pour combler plutôt que pour servir l’histoire. On a l’impression que certaines planches sont vides ou manquent d’inspiration, comme si l’auteur cherchait surtout à gagner du temps. Cela donne un sentiment de travail précipité. Je me demande d’ailleurs si l’éditeur ne met pas une forte pression pour respecter les délais, ce qui pourrait expliquer cette baisse de qualité, autant sur le plan graphique que scénaristique. Car le problème ne se limite pas au dessin : le scénario aussi semble moins abouti. Les tomes 1 à 5 étaient bien plus inventifs, drôles et cohérents. Aujourd’hui, les gags paraissent plus répétitifs, et les nouveaux super-héros manquent souvent d’intérêt ou de personnalité. Ce qui est particulièrement frustrant, c’est que même l’auteur semble en être conscient. Dans les tomes 7 et 8, il évoque lui-même son retard sur certaines pages, ce qui renforce cette impression d’un travail fait dans l’urgence. On sent qu’il essaie de grappiller du temps, au détriment de la qualité globale. C’est vraiment dommage de voir une série aussi originale et drôle que Captain Biceps perdre en fraîcheur et en exigence. En tant que lecteur, la déception est réelle.
Nottingham
La principale qualité de cette série est de s’emparer d’une histoire connue de tous, et de la réinterpréter, de façon relativement originale, sans sombrer dans le n’importe quoi ou trop de facilités (même s’il y en a quand même !). Je ne sais pas si le troisième tome conclut la série, ou un cycle (une suite est tout à fait possible). Il donne en tout cas l’acte de naissance de Robin des bois. J’étais étonné durant ma lecture de ne pas le voir justement, et son introduction – dans une personnalité multiple – en fin d’album, m’a à la fois rassuré et intrigué. L’intrigue est bien ancrée dans l’histoire de la fin du XIIème siècle (cet aspect est intéressant, les petits hameaux – plus que les grosses villes, sont importants et bien représentés), et met en place progressivement personnages et fil rouge : le duo formé par Marianne en jeune châtelaine et le shérif de Nottingham est original, et tout chez eux n’est pas cousu de fils blancs. Bon, ceci étant dit, malgré ces remarques positives, et le fait que l’histoire se laisse lire agréablement, ça ne m’a pas marqué plus que ça. Il y a quand même quelques passages « flous », des facilités (par exemple tout le long passage au début, sorte de « test » autour du shérif – qui s’en sort seul contre une demi-douzaine de types, sans que quiconque ne soit sévèrement blessé ou, dans le troisième tome, l’affrontement un peu bordélique entre Troglo et Merry men). Il y a aussi quelques longueurs, et ces trois premiers tomes semblent presque n’être qu’une mise en place (combien de tomes sont/étaient prévus ?). Si le dessin est globalement bon, je n’ai ni aimé ni compris ce tic de représenter « la capuche » d’une façon que son visage n’apparaisse pas du tout (ça donne un truc improbable). C’est d’autant plus dommage que déjà les visages sont souvent le point faible – en tout cas le résultat est plus inégal que pour les décors, bien mieux réussis.
Detroit Roma
Les planches de la galeries sont les premières pages et effrayent un peu par leur beauté ( dans le format de la BD, on dirait qu'elles sont faites au stylo-bille : magnifique travail) mélangée à une certaine absurdité en premiere approche. En réalité tout a un sens que l'on va comprendre au cours du récit. Cet album utilise beaucoup de dispositifs un peu clichés et réussit à en faire un objet unique et évocateur qui raconte une histoire à la fois personnelle et installée dans un contexte social. C'est un voyage à deux en voiture américaine depuis Detroit jusqu'à Roma ( quel État ?) Il y a donc la caractérisation des deux personnages qui sont évidement construits en opposition. Socialement comme psychologiquement. On pense bien-sûr à Thelma et Louise mais finalement cela n'a rien d'une ode à la liberté feel good, c'est plutôt une psychanalyse reciproque. Le road-movie est souvent un peut ennuyeux par sa construction linéaire et géographique et le seul suspens est en fait "Depuis le point A, va-t-on atteindre le point B et dans quel état ?" Ici la construction est plutot en caléïdoscope, faite de références cinématographiques, de dessins piqués dans le carnet d'une des protagonistes, de souvenirs, de dialogues et d'actes du quotidien. Et si la première partie semble nous perdre, la seconde rassemble tous les indices. Par dessus le marché, une variété graphique, qui expérimente plein de techniques et de contrastes avec beaucoup d'inventivité. Au début, chaque page est un étonnement, et paradoxalement, cela peut décourager ; comme si cette virtuosité perdait de vue l'objectif narratif. Mais accrochez- vous, cela mène quelque part : en nous .