Les derniers avis (11 avis)

Couverture de la série Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)

Voilà une lecture plaisante. Un polar qui ne paye pas de mine, où il n’y a finalement pas beaucoup d’action, mais qui est à la fois prenant et plein de peps. Car la narration est très dynamique, à l’image de l’héroïne, Eva, une jeune psy un peu déjantée qui se transforme en enquêtrice « hors norme ». L’aspect polar n’est pas hyper original (une histoire d’héritage, de magouilles qui refont surface, dans une famille de la grande bourgeoisie barcelonaise), mais son traitement primesautier, très frais rend la lecture très agréable. Et l’héroïne, elle aussi très « naturelle » (voir la façon avec laquelle elle distille certaines infos au psychiatre sensé l’évaluer) est pour beaucoup dans la fluidité de la lecture. Le dessin de Lafebre est simple, sans être minimaliste. Il est en tout cas, avec une économie de moyens, très expressif (en particulier pour les bouilles des trois femmes, qui accompagnent Eva en pensée). Un chouette album. Rien d’exceptionnel, mais un bon moment de détente assuré. ******************* J'ai découvert sur le tard que ce que je croyait n'être qu'un one-shot se transformait en une série d'histoires indépendante. Je ne sais si c'est une bonne idée. Enfin bon, j'ai lu cet "Ange perdu". Il est sur la lancée du précédent album, on y retrouve les mêmes personnages, les mêmes tics (la personnalisation des "voix intérieures" de l'héroïne - héroïne toujours aussi désinvolte et borderline, énervante et attachante, probablement insupportable quand même). L'intrigue est un chouia plus originale que dans le précédent opus, mais est quand même secondaire. Tout est encore misé sur Eva et sa relation aux autres, au monde. Un personnage lunaire auquel quelques situations et dialogues amusants donnent un certain peps. Une série sans prétention, mais la lecture est toujours plaisante.

06/04/2024 (MAJ le 31/03/2026) (modifier)
Couverture de la série Le Songe de la Sphinge
Le Songe de la Sphinge

Bon, je suis un peu gênée, parce que je ne savais pas en achetant cet album qu'il était le troisième tome d'une sorte de trilogie et que j'avoue que j'aurais bien aimé lire les autres avec lui (surtout quand celui-ci se présente comme une sorte de conclusion). Pas un mal en soi, l'album reste compréhensible et indépendant, mais j'avoue que les nombreux astérisques me rappelant que, si je veux voir cette petite histoire et les pensées qui l'entourent développées, il me faudrait sans doute saisir les autres albums. Ici, il est question d'une réécriture/relecture féministe des mythes de la Grèce antique. La formule n'est pas nouvelle mais, comme dis lors de précédents avis, j'apprécie énormément les réécritures et tout particulièrement quand il s'agit d'œuvres connues et communes au plus grand nombre. Les mythes gréco-romains, comme tous les mythes et légendes, sont à la fois le reflet de la société qui les a vu naître et l'assurance de voir cette société et ses dogmes perdurer. Les mythes gréco-romains, donc, malheureusement, transmettent en leur sein beaucoup d'idées nauséabondes ayant pour but de conserver une pensée et des constructions sociétales patriarcales, sexistes, racistes, … bref, des pensées généralement réactionnaires et, malheureusement, toujours en place aujourd'hui, toujours véhiculées, inculquées et imposées par toutes les personnes composant cette société et refusant d'agir pour que les choses changent. L'axe central est sur le féminisme, on réécrit et réinterprète de nombreux mythes et les figures qui l'accompagnent pour parler de problèmes systémiques toujours en place à notre époque, on dresse des parallèles directes à notre histoire et notre culture francophone par la même occasion, bref l'album est très clair sur les idées qu'il souhaite transmettre. J'ai particulièrement trouvé fort à propos les quelques pages bien développées (et documentées !) définissant les notions mises en scène et permettant de les remettre en contexte. Même lorsque l'on connaît ces sujets, c'est satisfaisant à lire et joliment retranscrit. Mais au-delà du féminisme, cet album parle de toutes les dominations sociétales, nous rappelle que tant qu'il existera un système de domination écrasant qui que ce soit personne ne sera vraiment libre, que chaque partie du système hiérarchique est prévue pour se soutenir, se défendre et s'assurer au mieux que rien ne bouge, que le cap soit toujours maintenu quoi qu'il advienne. J'avoue que j'apprécie de voir le sujet de la convergence des luttes ouvertement traité dans ce genre de publication grand-public, c'est un sujet de plus en plus mis en avant par des groupes militants mais qui me semble parfois abstrait pour de nombreuses personnes. Les sujets de la convergence des luttes et de la question de "l'après réalisation du problème" sont les sujets centraux de cet album, sans doute car il est le dernier de sa série, sans doute aussi que beaucoup d'autres questions et sujets centrés autour du féminisme sont justement abordés dans les précédents albums (d'où ma frustration de n'avoir pour l'instant que celui-ci !), mais que les gens venant ici avant tout pour une question féministe se rassurent : cela reste bien le fil rouge tout du long, juste que, comme dit précédemment, on rappelle (à raison) que pour lutter contre le sexisme et le patriarcat efficacement il faut également avoir conscience et se battre contre les autres formes de discrimination sociétale. Je suis légèrement mitigée sur la narration que je trouve un peu impersonnelle et figée là où les histoires réécrites se veulent personnelles et évocatrices, ce qui n'est pas aidé par le dessin qui n'est pas nécessairement à mon goût. Je termine sur cette petite ombre au tableau, même si j'ai grandement apprécié le travail de documentation et d'explication, même si j'ai trouvé audacieuses et bien trouvées nombreuses de ses réinterprétations des mythes que l'on connaît (déjà en eux-mêmes des amalgames de mythes antérieurs maintes et maintes fois réécrits et réinterprétés), je ne suis pas complètement touchée par l'aspect narratif qui m'a laissé un peu trop en retrait. Mais c'est sans doute normal, le but visé n'était peut-être pas tant l'aspect narratif de la réécriture que de proposer une sorte de BD documentaire uchronique (si tant est qu'une altération de mythe puisse être considérée comme une uchronie). C'est malheureusement cette légère ombre, sans doute personnelle, qui m'empêche de monter ma note jusqu'à 3,5 et d'arrondir au supérieur. Quoi qu'il en soit l'album est bon, surprenamment bon même car, comme dit juste au-dessus, sa simple forme ne m'avait pas convaincue à l'origine. Ce n'est que par le résumé et un rapide feuilletage que ma curiosité a finalement été piquée et j'avoue ne pas le regretter. Une très bonne BD documentaire que je recommande - mais ne faites pas la même erreur que moi et trouvez les trois d'un coup si possible, je pense qu'une lecture dans l'ordre de parution doit être davantage satisfaisante.

31/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Acme bibliothèque Novelty
Acme bibliothèque Novelty

Je mets trois étoiles, parce que quand même, je reconnais à Chris Ware des qualités. De l’obstination d’abord, mais aussi de l’originalité – sur le fond un peu, mais surtout évidemment sur la forme. Il y a des trucs intéressants dans certaines histoires courtes, le dessin un peu froid n’est pas désagréable. Et certaines pubs/petites annonces sont amusantes, c'est un peu foutraque et fourre-tout. Mais bon, ceci étant dit ça n’est pas vraiment ma came. J’avais déjà eu un peu de mal avec Jimmy Corrigan, et là aussi pas mal de choses m’ont laissé de côté. Le côté fourre-tout a ses attraits, mais ici c’est lassant. Et si on peut s’amuser de certaines trouvailles, des mises en pages diverses, j’admets n’avoir lu que quelques pages de pubs ou de reportage, et n’avoir qu’épisodiquement fait l’effort de décrypter les strips minuscules qui parfois se trouvent en bas de page. Et les histoires proprement BD ne m’ont globalement pas suffisamment intéressé pour contrebalancer ce qui m’avait laissé froid ailleurs. Un bel objet – au format hors du commun – et cela ressemble souvent à des miscellanées improbables. Difficile à ranger dans sa bibliothèque (je me suis contenté d’un emprunt, heureusement !), difficile à classer tout simplement en fait. C’est une curiosité sur laquelle je ne reviendrai pas, le plaisir de lecture n’étant pas au rendez-vous. Note réelle 2,5/5.

31/03/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Wax paradoxe
Wax paradoxe

Je suis tombé sur cette BD dont le sujet m'a immédiatement interpelé : le wax ! Le fameux tissu "africain" dont on fait les chemises et les boubous. Or, je suis grand amateur de Wax ! Si cette BD est sortie opportunément pendant une exposition parisienne précisément consacrée au Wax (c'est même une commande), elle ne passe pas à côté de son sujet. La jeune autrice Justine Sow, métis de père guinéen, et dont il s'agit de la première BD, livre même une bonne histoire qui ne fait pas l'impasse sur l'émotion. En effet, elle livre quelques souvenirs familiaux poignants, et surtout comment elle niait sa propre situation. Comment aussi elle a subit le racisme invisible, y compris de la part de sa très proche famille. Tout cela est bien fait. L'intro pose parfaitement le cadre, et le rendu documentaire est distillé en parallèle de l'histoire familiale. Le dessin remplit parfaitement sa fonction, et on apprend des choses étonnantes sur le fameux tissu. On regrettera simplement une fin abrupte, ainsi que la fugacité des scènes de famille, certes concentrées autour d'anecdotes et de dialogues bien choisis. L'ensemble manque d'un poil de percussion, d'où un côté un peu froid peut-être. Perso, j'aurais aimé quelque chose de plus investi d'autant qu'il y avait largement matière à le faire.

31/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 1/5
Couverture de la série Jimmy Corrigan
Jimmy Corrigan

Culte, incontournable, indispensable. Peut-être, mais pas pour moi! C’est un des achats que j’ai faits et dont je me suis le plus repenti. J’ai fait un effort sincère pour tout lire jusqu'au bout, pendant deux jours. J'ai relu quelques semaines après et je continue à le garder sur une étagère, pour voir si un jour j’aurai le courage de le reprendre. La composition des pages kaléidoscopiques pourrait en être une raison. Mais les dessins trop géométriques et la banalité de la vie quotidienne de personnages si laids sont propices à la dépression. En résumé, c’est un bibelot artistique de plus à la maison, plutôt qu’autre chose. Lourd, superflu, contournable.

31/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Arzach
Arzach

"Il n'y a aucune raison pour qu'une histoire soit comme une maison, avec une porte pour entrer, les fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée... On peut très bien imaginer une histoire en forme d'éléphant, de champ de blé ou de flamme d'allumette soufrée" (Moebius, 1976). J'ai commandé l'œuvre originale de France et je l'ai reçue encore à 15 ans. Mais elle est arrivée censurée: mon père, qui aimait beaucoup la BD mais était assez moraliste, y avait mis son grain de sel. Je me suis faché et lui ai dit que c'était comme mutiler la Chapelle Sixtine... maintenant je pense que c'était affectueux de sa part! Plus tard, je l'ai acquise en secret et je continue à collectionner toutes les versions et éditions jusqu'à aujourd'hui. C'était une révolution à l'époque et tellement d'auteurs ont été influencés par les hachures et le pointillisme du dessin: Bilal, Solé, Manara peut-être et même Gir lui-même (voir Angel Face, par exemple) ainsi que tant d'autres... Oui, il n'y a vraiment pas d'histoires ici et aujourd'hui les images, son style, sont tellement entrés dans notre mémoire collective, qu'elles passent presque pour normales. C'est historique oui, mais aussi un monument à revisiter toujours.

31/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Star Wars - La Guerre des Clones (Clone Wars)
Star Wars - La Guerre des Clones (Clone Wars)

Cette série est la première série de comics que j’ai lue de ma vie quand j’étais enfant ; je l’ai lue énormément de fois. Il s’agit pour moi de l’une des meilleures œuvres de Star Wars, au même niveau que les films (1 à 6). Cette série se passe en parallèle du dessin animé Clone Wars en 2D de 2003, si le dessin animé se concentre surtout sur les batailles, ce comics se concentre davantage sur tout ce qui se passe autour. On y découvre la face cachée des champs de bataille : l’espionnage, avec le personnage de Quinlan Vos, que l’on retrouve dans l’ancienne série Star Wars: Jedi. On le suit dans cette période sombre de sa vie, où il sera plus que jamais sur le fil du rasoir entre la lumière et l’ombre. Anakin et Obi-Wan sont aussi de la partie et poursuivent leur évolution, qui les mènera à leur relation de l’épisode III. La série développe également très bien l’aspect politique qui évolue autour de la guerre : la lutte entre les sénateurs honnêtes et le chancelier, qui resserre doucement son emprise sur la liberté avec son faux sourire d’ange sauveur. On ressent constamment le complot infâme de Dark Sidious derrière chaque événement de cette guerre, qui n’est au final qu’une partie d’échecs qu’il joue avec lui-même. La série a aussi pour moi, le mérite de ne pas tomber dans un manichéisme simpliste : elle questionne le rôle des Jedi dans des événements qui causent la mort de milliers d’individus, ainsi que les motivations derrière le choix des batailles. Là où des civils pensent que la République vient les aider pour les sauver des séparatistes, on découvre qu’elle les aide surtout par intérêt stratégique ou pour une ressource importante. Et que les ennemis ne sont pas toujours les démons que l’on dépeint. Au niveau du dessin, il y a l’excellente Jan Duursema et Brian Ching, parmi les meilleurs, avec d’autres artistes qui vont et viennent pour des histoires plus courtes. En lisant cette série, on regrette que les séries de comics Star Wars aient perdu en profondeur scénaristique depuis le rachat par Disney, même si Disney nous a offert quelques séries de qualité.

31/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Méta-Baron
Méta-Baron

Cette série est assez inégale en qualité en fonction de l'arc narratif. Dans le 1er arc, on s’ennuie un peu : les ennemis ne sont pas très intéressants et n’apportent pas grand-chose à l’histoire. Le 2e arc est bien, autant pour le dessin que pour l’intrigue, avec Sans-Nom qui découvre l’amour. Le personnage d’Orne 8 est attachant. J’aime l’histoire de pénurie d’épiphyte, ce carburant qui est le sang de la civilisation galactique, une référence évidente à notre dépendance aveugle à une énergie tarissable : le pétrole. Quand le carburant manque, la civilisation s’effondre. Dans le 3e arc, on s’ennuie à nouveau sur cette planète et cette intrigue inspirée par Avatar. Orne 8 devient vide, en retrait scénaristiquement, et l’ennemi est ennuyeux. Le 4e arc est sympa : on apprécie de retrouver Raimo de L’Incal, ainsi qu’un personnage féminin qui prend la relève du Méta-Baron et qui apprend enfin des erreurs du passé. 13,5/20 pour moi.

31/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Star Hawks
Star Hawks

Lancée aux États-Unis en 1977 (l'année de Star Wars), il s'agit d'une space-opera qui cherche à tirer parti du succès récent du genre. Le scénario de Ron Goulart, assez simpliste, se laisse lire. Mais les dessins de Gil Kane sont à leur meilleur niveau, les vaisseaux spatiaux et les mondes extraterrestres constituant le point fort. Étant une nouveauté à l'époque, aujourd'hui ce n'est pas indispensable et il s'agit surtout d'une curiosité historique. Je préfère les versions noir et blanc, plus proches de l'édition originale.

31/03/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série Le Nécronomickey - Le Livre des destins maudits
Le Nécronomickey - Le Livre des destins maudits

Philippe Foerster convoquant les mythes lovecraftiens, ça devait bien finir par arriver… L’expert en monstres difformes et autres destins maudits revient donc tourmenter nos âmes avec un album qui n’est pas un one-shot malgré les apparences. Certes, l’ombre de Lovecraft plane sur ses pages, notamment avec le poulpe Nyalarpoupeth, jumeau plus comique que maléfique du messager des Grands Anciens, lequel présente brièvement chacun des onze chapitres de l’ouvrage, après une introduction où l’on découvre les origines de sa mutation… mais il faut noter que chacun des chapitres peut se lire indépendamment les uns des autres, on est donc ici plus dans le recueil d’histoires courtes, un format qui rappellera les débuts de l’auteur dans Fluide Glacial, avec ce noir et blanc qui lui va si bien… Hommage à l’écrivain étatsunien flirtant avec la parodie, Foerster fait donc référence au « Nécronomicon », le grimoire maudit issu de l’univers lovecraftien, dont la caractéristique était de faire perdre la raison à ceux qui le consultaient dans le but d’en explorer les vérités interdites. Ça fait peur, non ? Armé de son humour noir et grinçant, Foerster déroule ses historiettes en maltraitant à l’envi ses personnages, dont on sait à l’avance que tout finira très mal pour eux. Et leur destin maudit, ils le portent sur leur visage, déformé par l’angoisse ou la peur, avec la folie en embuscade accompagnée de visions cauchemardesques. Mais évidemment, Foerster, tel un laborantin fou prenant plaisir à torturer des souris blanches, ne se dépare pas de son ton sarcastique. Il ne fait ici que titiller nos terreurs enfantines, pour notre plus grand plaisir il faut bien l’avouer… Sur le plan du dessin, le Liégeois reste fidèle à son style unique, immédiatement reconnaissable. Ce trait à la fois élastique et déchiqueté qui courbe et torture les silhouettes jusqu’à la douleur est tout simplement admirable, avec encore une fois cette maîtrise impeccable du noir et blanc… Avec Foerster, c’est le laid qui devient beau. Sortirez-vous indemne de cette lecture ? Si les poulpes gluants ou les cadavres dévorés par les vers ne vous font pas tourner de l’œil, vous devriez pouvoir vous plonger sans risque dans ce « Nécronomickey », et au diable les superstitions ! N’oublions pas que la réalité est souvent bien plus terrifiante…

31/03/2026 (modifier)