Voilà un ovni que je conseille de feuilleter avant d’acheter, tant le contenu de ce petit pavé peut aisément rebuter nombre de lecteurs.
L’album s’écarte des sentiers battus dans tous les domaines.
Visuellement d’abord, puisque c’est une sorte de roman-photo. Mais Lecointre semble avoir retravaillé tout ça pour accentuer certains côtés vieillots, j’ai parfois eu l’impression qu’il faisait en sorte de nous donner des images de mauvaise qualité. Retravaillées aussi ces photos car on a droit à pas mal de « collages », auxquels s’ajoute les dessins de Lecointre, et son personnage principal, Poulenc, avec une tête bizarre, un peu de travers, toujours l’air renfrognée.
Le récit est difficilement appréhendable, même si la fin livre quelques clés – mais pas toutes. Une sorte de voyage dans la psyché, l’inconscient du héros, rêves et réalité se mêlent sans que le lecteur ne soit toujours informé ou conscient des limites ou des liens entre les deux.
Formellement et en partie narrativement, il y a pas mal d’accointances avec une sorte de surréalisme (parfois aussi on pense aux situationnistes). Il est clair qu’il ne faut pas ne jurer que par un récit cartésien, sinon vous allez souffrir !
C’est une expérience de lecture originale. L’intrigue et l’esthétique amènent vers une sorte de SF rétro, souvent asphyxiante, absurde, et très noire.
Lénaïc Vilain développe gentiment une œuvre de plus en plus autobiographique, mélangeant sociologie et humour, avec généralement une critique sociale marquée à gauche.
On le retrouve ici pour nous présenter son expérience de supporter. Mais pas forcément au sens où le grand public l’entend. Et pourtant, il est bien membre d’un « kop », c’est une sorte « d’ultra ». Mais d’un club satellite de la banlieue parisienne, au très fort ancrage local et politique, le Red Star : c’est deux aspects sont au cœur de son récit, alors même que le vieux stade – historique et presque anachronique – est en « rénovation », et alors qu’un fonds d’investissement américain semble vouloir redéfinir les priorités du club.
Le récit transpire la sincérité, et donne un éclairage intéressant sur la survivance d’une conscience politique et éthique au sein des supporters du clubs, qui sont éloignés des néo-nazis racistes auxquels on pense lorsqu’on évoque les ultras – mais aussi éloignés des bobos voire grands bourgeois peuplant certaines tribunes pêchues du Parc des Princes.
Une petite lecture sympathique.
Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série.
Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante.
Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums.
Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté.
Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.
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Voilà un ovni que je conseille de feuilleter avant d’acheter, tant le contenu de ce petit pavé peut aisément rebuter nombre de lecteurs. L’album s’écarte des sentiers battus dans tous les domaines. Visuellement d’abord, puisque c’est une sorte de roman-photo. Mais Lecointre semble avoir retravaillé tout ça pour accentuer certains côtés vieillots, j’ai parfois eu l’impression qu’il faisait en sorte de nous donner des images de mauvaise qualité. Retravaillées aussi ces photos car on a droit à pas mal de « collages », auxquels s’ajoute les dessins de Lecointre, et son personnage principal, Poulenc, avec une tête bizarre, un peu de travers, toujours l’air renfrognée. Le récit est difficilement appréhendable, même si la fin livre quelques clés – mais pas toutes. Une sorte de voyage dans la psyché, l’inconscient du héros, rêves et réalité se mêlent sans que le lecteur ne soit toujours informé ou conscient des limites ou des liens entre les deux. Formellement et en partie narrativement, il y a pas mal d’accointances avec une sorte de surréalisme (parfois aussi on pense aux situationnistes). Il est clair qu’il ne faut pas ne jurer que par un récit cartésien, sinon vous allez souffrir ! C’est une expérience de lecture originale. L’intrigue et l’esthétique amènent vers une sorte de SF rétro, souvent asphyxiante, absurde, et très noire.
Tribune(s) - Chroniques de gradins
Lénaïc Vilain développe gentiment une œuvre de plus en plus autobiographique, mélangeant sociologie et humour, avec généralement une critique sociale marquée à gauche. On le retrouve ici pour nous présenter son expérience de supporter. Mais pas forcément au sens où le grand public l’entend. Et pourtant, il est bien membre d’un « kop », c’est une sorte « d’ultra ». Mais d’un club satellite de la banlieue parisienne, au très fort ancrage local et politique, le Red Star : c’est deux aspects sont au cœur de son récit, alors même que le vieux stade – historique et presque anachronique – est en « rénovation », et alors qu’un fonds d’investissement américain semble vouloir redéfinir les priorités du club. Le récit transpire la sincérité, et donne un éclairage intéressant sur la survivance d’une conscience politique et éthique au sein des supporters du clubs, qui sont éloignés des néo-nazis racistes auxquels on pense lorsqu’on évoque les ultras – mais aussi éloignés des bobos voire grands bourgeois peuplant certaines tribunes pêchues du Parc des Princes. Une petite lecture sympathique.
Jaunes
Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série. Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante. Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums. Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté. Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.