J'avais lu les romans de Terremer il y a longtemps et, sans pour autant avoir été totalement passionné, j'avais gardé un souvenir agréable de cette première histoire, notamment de sa longue chasse à l'ombre à travers les mers. Cette adaptation en BD m'a justement permis de retrouver tout ce qui faisait le charme particulier de cet univers.
On y retrouve cette atmosphère de fantasy très singulière, à la fois contemplative, poétique, mais aussi assez rude. Le ton reste sobre, les dialogues sont mesurés, presque retenus, et l'ensemble privilégie clairement l'ambiance et le cheminement intérieur plutôt que l'action. Comme dans le roman, tout n'est pas toujours limpide : dès qu'il s'agit d'aborder la magie, ses règles, ses créatures ou ses sortilèges, le récit peut devenir un peu abscons et demande un certain investissement. Le rythme, assez lent, et les personnages souvent taiseux renforcent encore ce côté contemplatif.
Il faut donc savoir à quoi s'attendre : on est très loin d'une heroic fantasy épique et pleine d'action. Ceux qui cherchent de l'aventure mouvementée risquent de rester à distance, là où d'autres apprécieront justement cette approche plus introspective et atmosphérique.
Le point fort de cette adaptation, c'est son parti pris graphique. Les aquarelles sont souvent superbes, et leur nature même convient parfaitement à cet univers d'îles brumeuses, de paysages océaniques, d'eaux changeantes et de cieux humides. Il se dégage de nombreuses planches une vraie beauté, parfois même une forme de poésie silencieuse qui fonctionne très bien avec le récit. Et là encore, il demeure une vraie sobriété, à l'opposé de la fantasy merveilleuse et parfois grandiloquente.
Cela donne une adaptation fidèle et cohérente, qui séduit surtout par son ambiance et la beauté de son graphisme, même si elle conserve aussi les limites du matériau d'origine en termes de rythme et de lisibilité.
Page-turner, franchement bien dans ce genre…. Mais une fois lu, je n'ai pas envie de relire. Comme pourtant cela ne sonne pas vide, il se peut que d'autres le relisent. Le dessin me plait moins que celui de Jeremiah mais l'histoire tient mieux dans la durée et les suppléments tirés des personnages peuvent se laisser lire, disons que j'ai apprécié la Mangouste. Oui, à part le fait que le récit soit bien construit, il tient grâce à une certaine vraisemblance et à des personnages forts, notamment Jones. Le héros est amnésique, on découvre avec lui son passé comme le complot, ce qui séduit le lecteur et divers protagonistes.
Grace à la beauté du trait, j'ai lu tout l'album, mais les personnages étaient d'un vide ! L'héroïne m'a bien fait sourire quand elle a repoussé quelqu'un de plus jeune qu'elle en disant qu'elle n'avait pas envie de lui enseigner tant elle était ignorante et vide. Seul trait d'esprit, mais assez bien vu : tout le monde n'est pas pédagogue. D'un autre côté, rire dans le rire, tout le monde parait vide dans cette histoire… Bien sûr, les gens peuvent être fascinés par des gens qui ne sont rien de plus que beau, et même moins que cela, mais il me semble, problème problème, que le créateur est au service de son héroïne vide et le reste qui ne l'est pas moins. Et voilà ce qui arrive quand un créateur n'arrive pas à se critiquer, on n'est pas dans Les naufragés du temps…
Deux auteurs que j’aime bien, sur un concept qui peut être sympa, jouant sur un humour un peu con et décalé, voilà une série qui avaient pas mal d’atouts pour me plaire.
Mais j’en suis sorti déçu. J’ai lu les deux premiers tomes, et ça va me suffire je pense.
Chaque page est composée de deux séries de six cases, qui chacune est conclue par un gag, l’ensemble pouvant vaguement constituer une histoire – en tout cas les relations entre le héros et son robot domestique se développent au fur et à mesure des gags, et un certain nombre d’entre eux se suivent et se réponde, il y a quelques séries (au bureau, aux courses, avec un pote, avec une copine draguée, avec la conseillère Pôle emploi, etc). Mais, globalement, chaque série de six cases peut la plupart du temps se lire indépendamment, ce sont presque des recueils de strips gags sur le même thème.
A savoir un jeune homme, Clunch, gros flemmard célibataire, et son robot domestique, « Rob », nettement plus dynamique et efficace (il ne le remplace pas que pour les tâches ménagères, puisqu’il lui pique la place au boulot, tente de le faire auprès d’une copine, etc.). Ça joue pas mal sur les dialogues entre les deux (les passages centrés sur eux sont les meilleurs, les parties – parfois assez longues – où Rob est absent sont souvent moins intéressantes.
Il y a des idées amusantes, des dialogues et des situations bien sentis, et ça devait sans doute mieux passer en petites pastilles dans le journal de Spirou où ça a été au préalable publié. Mais lire d’une traite plusieurs album passe moins. Surtout que c’est inégal, et que nombre de gags m’ont paru moins drôles, percutants, surprenants.
Le dessin de Mirroir est assez minimaliste (idem pour la colorisation), mais ça passe très bien pour ce type de production.
Note réelle 2,5/5.
Je découvre les auteurs avec cet album, et si j’ai aimé l’ambiance j’avoue que je suis tout de même resté sur ma faim.
Background et scénario me plaisent bien mais j’ai trouvé que le récit s’enlisait un peu, et la fin ne m’a pas vraiment convaincu. Ça reste un voyage pas désagréable mais qui ne me restera pas vraiment en mémoire.
Je n’y ai pas pensé pendant ma lecture mais maintenant ça me fait un peu penser à "L’héritage fossile" dans certains ingrédients (duo de héros, monde hostile, marche en avant, quête …), sauf que dans ce dernier le mystère, la tension … sont bien plus présents et la narration est bien plus astucieuse.
La partie graphique m’a laissé un meilleur a priori que l’histoire. J’ai apprécié le trait (même si parfois j’ai des petites choses à redire) mais c’est surtout les couleurs que je retiendrais, elles donnent beaucoup de corps à l’ensemble, les bonus en fin d’album le démontrent bien, les pages en N&B m’ont semblé bien tristounes.
Pas honteux mais le sentiment de peut mieux faire persiste.
Dupuis a vu les choses en grand avec cet album. Une couverture classieuse et brillante, un fil marque-page : c’est un bel objet. L’album a été encensé un peu partout, et donc je m’y suis plongé.
L’inconvénient de lire un album après en avoir lu ou entendu autant de bien, c’est bien sûr d’avoir des attentes trop élevées, et de l’évaluer à cette aune et non intrinsèquement.
Au final, si je n’y ai pas trouvé le chef d’œuvre absolu comme certains de mes prédécesseurs, c’est quand même – par-delà l’objet lui-même – une chouette lecture, qui m’a plutôt plu. Sur un sujet qui a priori n’est pas mon truc, à savoir la musique classique.
L’intrigue tourne autour de deux personnages (un frère et une sœur), que nous suivons de leur prime enfance – plutôt crasseuse et sans réel espoir, jusqu’aux beaux quartiers et hautes fréquentations qui seront les leurs à la fin de leur vie, cette ascension sociale extrême s’expliquant par leur talent artistique.
Ce sont des jumeaux fusionnels qui, peu à peu, vont expérimenter la séparation, Hans étant celui qui le réalise le premier et le vit le moins bien, bouillonnant, proche de l’autodestruction. Lui est musicien et compositeur, quant elle est au chant, avec une voix qui fait se pâmer les plus grands. Ils sont là aussi complémentaires, et le restent une bonne partie de l’histoire, jusqu’à la rupture finale.
L’intrigue est agréable à suivre, intéressante. Mais elle l’est aussi et surtout pour tous ses à-côtés. En particulier les cadres historiques, géographiques et culturels dans lesquels elle se développe. En effet, le scénario nous présente une Europe à la fois « réelle » (des villes comme Venise, Amsterdam, Rome, Leipzig sont reconnaissables au travers de noms plus ou moins légèrement modifiés, idem pour les noms de certains personnages – Vivaldi, Bach, etc.) et fantasmée, dans une sorte de XVIIIème siècle mal précisé. Ces « pas de côté » donnent quelque chose de poétique au récit – et permettent aussi à celui-ci de s’écarter de la réalité parfois, et d’avoir ainsi plus de liberté pour donner un décor grandiose à l’histoire des deux héros.
Le dessin de Cour use bien du Noir et Blanc, avec un trait fin assez avare de détails, au rendu charbonneux plutôt plaisant. Les volutes de couleurs qui matérialisent les notes de musiques sont une bonne idée, et participent de l’étrangeté et de la réussite de l’album.
Peut-être pas aussi fort qu’espéré, mais néanmoins cet album est très abouti, et sort clairement du lot : une lecture hautement recommandable.
J'ai trouvé dans cet album un honnête polar, porté par un cadre assez original, celui du Hollywood des années 50, qui lui donne par moments de petits accents de polar noir. Sans aller jusqu'au côté vraiment poisseux du genre, l'ambiance reste suffisamment sombre et désabusée pour installer une tension intéressante, d'autant que les coulisses du cinéma apportent un décor assez savoureux.
L'intrigue tient plutôt bien la route, avec ses rebondissements et ses différents fils qui finissent par se recouper de manière cohérente. Ce n'est pas particulièrement surprenant sur le fond, et certains éléments se devinent assez tôt, mais l'ensemble reste efficace et se suit avec plaisir.
En revanche, j'ai eu plus de mal avec le personnage principal. Ce n'est clairement pas quelqu'un d'attachant : il a des réactions souvent trop brutales, parfois excessives, ce qui rend difficile toute forme d'identification ou d'empathie.
De même, si le dessin est globalement sympathique et soigné, j'ai été un peu agacé par la tendance à donner à de nombreux protagonistes des mines patibulaires, aux sourcils systématiquement froncés, à commencer par le héros et le flic qui lui en veut.
La fin m'a également laissé un peu sur ma faim. Elle donne le sentiment de s'interrompre trop tôt : au vu de ce que la police sait à ce moment-là, il est évident que des conséquences vont suivre très rapidement, et c'est frustrant de ne pas les voir.
Cela reste une lecture agréable, un polar classique mais plutôt solide, qui vaut surtout pour son ambiance et son efficacité, même s'il lui manque sans doute un peu de profondeur et une conclusion plus aboutie pour vraiment marquer durablement.
Un autre manga avec une idée de départ bien débile; un dangereux yazuka devint fan d'un chanteur de K-Pop et cela va bien sur apporter des situations humoristiques.
Ayant déjà lu plusieurs mangas du même genre j'étais en terrain connu: humour basé sur le contracte entre le dessin réaliste et les personnages qui disent ou font des trucs débiles, quiproquos, personnage sérieux mise dans des situations délirantes.....Parfois ce genre d'humour fonctionne sur moi, mais ici je n'ai pas trop accroché. J'ai souris quelques fois au début, mais très vite j'ai fini par trouver que c'était répétitif alors que seulement le premier tome est sorti ! Il faut dire que j'ai souvent trouvé le dessin un peu moyen lorsqu'il s'agissait de donner des expressions rigolotes aux personnages Ce qui ne doit pas aider est que je ne suis pas du tout fan de K-Pop. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants et les péripéties m'ont vite laissé indifférent.
Un gros bof.
Je n'ai pas emprunté cette BD au hasard, mon regard a été attiré par le bandeau en première de couverture : déjà 40 000 exemplaires vendus. Gloups...
D'abord, en feuilletant l'album, je me suis dit : c'est destiné à un jeune public. Le dessin, avec ces animaux aux bouilles sympathiques dans un style caricatural et simpliste accompagné par des aplats de couleurs chaudes, m'a donc bien trompé.
En effet, l'histoire de ces animaux qui se revoltent contre les humains prend une tournure plutôt adulte sur de nombreuses pages avec son vocabulaire un brin trivial par moment et par les nombreuses références qui le parsèment. Cet aspect de l'album, tantôt enfantin et tantôt adulte, est son point faible, car après lecture, je ne sais toujours pas à quelle catégorie de personnes le conseiller.
Le récit est pauvre, sans surprises et il manque de nuances même si la dernière partie vient atténuer ce dernier rapproche. Les thèmes évoqués sont survolés et aucunes solutions n'est proposées (je mets de côté cette invasion de punaises de lit).
Un humour potache (et pas drôle) accompagne ce bestiaire hétéroclite. Je ne comprends pas la présence de cet obsédé sexuel (ok, c'est un bonobo) et la plus-value qu'il apporte.
Un gros bof pour cette rébellion qui m'a laissé indifférent.
Je ne lirai pas le second opus.
Une recueil de 11 histoires courtes parues entre 1975 et 1982, dans la collection Metal Hurlant.
Ce qui est tout de suite impressionnant, c'est de s'apercevoir que le dessin de Voss est à son summum dès 1975. Il utilise un peu moins les noirs profonds mais le trait est déjà accompli.
On a souvent droit à un découpage organique typique de l'auteur, avec des inserts à la Pichard, avec des cases qui abandonnent les angles droits pour épouser des formes souples.
Côté narration, autre belle surprise, Voss se révèle très à l'aise avec le format court. On se régale à lire ces histoires d'extraterrestres, de voyous, de voyage spatiaux, avec souvent une chute teintée d'humour noir.
Un univers très riche, mature, avec des influences qui vont de Crumb aux productions 2000 AD... Jusqu'à Corben époque Eerie & Creepy (La chose, 1978).
Une publication peu prolifique et l'absence de réédition ont clairement nuit à la renommée de l'artiste, mais c'est pour moi un auteur essentiel à redécouvrir d'urgence !
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Terremer
J'avais lu les romans de Terremer il y a longtemps et, sans pour autant avoir été totalement passionné, j'avais gardé un souvenir agréable de cette première histoire, notamment de sa longue chasse à l'ombre à travers les mers. Cette adaptation en BD m'a justement permis de retrouver tout ce qui faisait le charme particulier de cet univers. On y retrouve cette atmosphère de fantasy très singulière, à la fois contemplative, poétique, mais aussi assez rude. Le ton reste sobre, les dialogues sont mesurés, presque retenus, et l'ensemble privilégie clairement l'ambiance et le cheminement intérieur plutôt que l'action. Comme dans le roman, tout n'est pas toujours limpide : dès qu'il s'agit d'aborder la magie, ses règles, ses créatures ou ses sortilèges, le récit peut devenir un peu abscons et demande un certain investissement. Le rythme, assez lent, et les personnages souvent taiseux renforcent encore ce côté contemplatif. Il faut donc savoir à quoi s'attendre : on est très loin d'une heroic fantasy épique et pleine d'action. Ceux qui cherchent de l'aventure mouvementée risquent de rester à distance, là où d'autres apprécieront justement cette approche plus introspective et atmosphérique. Le point fort de cette adaptation, c'est son parti pris graphique. Les aquarelles sont souvent superbes, et leur nature même convient parfaitement à cet univers d'îles brumeuses, de paysages océaniques, d'eaux changeantes et de cieux humides. Il se dégage de nombreuses planches une vraie beauté, parfois même une forme de poésie silencieuse qui fonctionne très bien avec le récit. Et là encore, il demeure une vraie sobriété, à l'opposé de la fantasy merveilleuse et parfois grandiloquente. Cela donne une adaptation fidèle et cohérente, qui séduit surtout par son ambiance et la beauté de son graphisme, même si elle conserve aussi les limites du matériau d'origine en termes de rythme et de lisibilité.
XIII
Page-turner, franchement bien dans ce genre…. Mais une fois lu, je n'ai pas envie de relire. Comme pourtant cela ne sonne pas vide, il se peut que d'autres le relisent. Le dessin me plait moins que celui de Jeremiah mais l'histoire tient mieux dans la durée et les suppléments tirés des personnages peuvent se laisser lire, disons que j'ai apprécié la Mangouste. Oui, à part le fait que le récit soit bien construit, il tient grâce à une certaine vraisemblance et à des personnages forts, notamment Jones. Le héros est amnésique, on découvre avec lui son passé comme le complot, ce qui séduit le lecteur et divers protagonistes.
La Veuve blanche
Grace à la beauté du trait, j'ai lu tout l'album, mais les personnages étaient d'un vide ! L'héroïne m'a bien fait sourire quand elle a repoussé quelqu'un de plus jeune qu'elle en disant qu'elle n'avait pas envie de lui enseigner tant elle était ignorante et vide. Seul trait d'esprit, mais assez bien vu : tout le monde n'est pas pédagogue. D'un autre côté, rire dans le rire, tout le monde parait vide dans cette histoire… Bien sûr, les gens peuvent être fascinés par des gens qui ne sont rien de plus que beau, et même moins que cela, mais il me semble, problème problème, que le créateur est au service de son héroïne vide et le reste qui ne l'est pas moins. Et voilà ce qui arrive quand un créateur n'arrive pas à se critiquer, on n'est pas dans Les naufragés du temps…
Rob
Deux auteurs que j’aime bien, sur un concept qui peut être sympa, jouant sur un humour un peu con et décalé, voilà une série qui avaient pas mal d’atouts pour me plaire. Mais j’en suis sorti déçu. J’ai lu les deux premiers tomes, et ça va me suffire je pense. Chaque page est composée de deux séries de six cases, qui chacune est conclue par un gag, l’ensemble pouvant vaguement constituer une histoire – en tout cas les relations entre le héros et son robot domestique se développent au fur et à mesure des gags, et un certain nombre d’entre eux se suivent et se réponde, il y a quelques séries (au bureau, aux courses, avec un pote, avec une copine draguée, avec la conseillère Pôle emploi, etc). Mais, globalement, chaque série de six cases peut la plupart du temps se lire indépendamment, ce sont presque des recueils de strips gags sur le même thème. A savoir un jeune homme, Clunch, gros flemmard célibataire, et son robot domestique, « Rob », nettement plus dynamique et efficace (il ne le remplace pas que pour les tâches ménagères, puisqu’il lui pique la place au boulot, tente de le faire auprès d’une copine, etc.). Ça joue pas mal sur les dialogues entre les deux (les passages centrés sur eux sont les meilleurs, les parties – parfois assez longues – où Rob est absent sont souvent moins intéressantes. Il y a des idées amusantes, des dialogues et des situations bien sentis, et ça devait sans doute mieux passer en petites pastilles dans le journal de Spirou où ça a été au préalable publié. Mais lire d’une traite plusieurs album passe moins. Surtout que c’est inégal, et que nombre de gags m’ont paru moins drôles, percutants, surprenants. Le dessin de Mirroir est assez minimaliste (idem pour la colorisation), mais ça passe très bien pour ce type de production. Note réelle 2,5/5.
Origines
Je découvre les auteurs avec cet album, et si j’ai aimé l’ambiance j’avoue que je suis tout de même resté sur ma faim. Background et scénario me plaisent bien mais j’ai trouvé que le récit s’enlisait un peu, et la fin ne m’a pas vraiment convaincu. Ça reste un voyage pas désagréable mais qui ne me restera pas vraiment en mémoire. Je n’y ai pas pensé pendant ma lecture mais maintenant ça me fait un peu penser à "L’héritage fossile" dans certains ingrédients (duo de héros, monde hostile, marche en avant, quête …), sauf que dans ce dernier le mystère, la tension … sont bien plus présents et la narration est bien plus astucieuse. La partie graphique m’a laissé un meilleur a priori que l’histoire. J’ai apprécié le trait (même si parfois j’ai des petites choses à redire) mais c’est surtout les couleurs que je retiendrais, elles donnent beaucoup de corps à l’ensemble, les bonus en fin d’album le démontrent bien, les pages en N&B m’ont semblé bien tristounes. Pas honteux mais le sentiment de peut mieux faire persiste.
Soli Deo Gloria
Dupuis a vu les choses en grand avec cet album. Une couverture classieuse et brillante, un fil marque-page : c’est un bel objet. L’album a été encensé un peu partout, et donc je m’y suis plongé. L’inconvénient de lire un album après en avoir lu ou entendu autant de bien, c’est bien sûr d’avoir des attentes trop élevées, et de l’évaluer à cette aune et non intrinsèquement. Au final, si je n’y ai pas trouvé le chef d’œuvre absolu comme certains de mes prédécesseurs, c’est quand même – par-delà l’objet lui-même – une chouette lecture, qui m’a plutôt plu. Sur un sujet qui a priori n’est pas mon truc, à savoir la musique classique. L’intrigue tourne autour de deux personnages (un frère et une sœur), que nous suivons de leur prime enfance – plutôt crasseuse et sans réel espoir, jusqu’aux beaux quartiers et hautes fréquentations qui seront les leurs à la fin de leur vie, cette ascension sociale extrême s’expliquant par leur talent artistique. Ce sont des jumeaux fusionnels qui, peu à peu, vont expérimenter la séparation, Hans étant celui qui le réalise le premier et le vit le moins bien, bouillonnant, proche de l’autodestruction. Lui est musicien et compositeur, quant elle est au chant, avec une voix qui fait se pâmer les plus grands. Ils sont là aussi complémentaires, et le restent une bonne partie de l’histoire, jusqu’à la rupture finale. L’intrigue est agréable à suivre, intéressante. Mais elle l’est aussi et surtout pour tous ses à-côtés. En particulier les cadres historiques, géographiques et culturels dans lesquels elle se développe. En effet, le scénario nous présente une Europe à la fois « réelle » (des villes comme Venise, Amsterdam, Rome, Leipzig sont reconnaissables au travers de noms plus ou moins légèrement modifiés, idem pour les noms de certains personnages – Vivaldi, Bach, etc.) et fantasmée, dans une sorte de XVIIIème siècle mal précisé. Ces « pas de côté » donnent quelque chose de poétique au récit – et permettent aussi à celui-ci de s’écarter de la réalité parfois, et d’avoir ainsi plus de liberté pour donner un décor grandiose à l’histoire des deux héros. Le dessin de Cour use bien du Noir et Blanc, avec un trait fin assez avare de détails, au rendu charbonneux plutôt plaisant. Les volutes de couleurs qui matérialisent les notes de musiques sont une bonne idée, et participent de l’étrangeté et de la réussite de l’album. Peut-être pas aussi fort qu’espéré, mais néanmoins cet album est très abouti, et sort clairement du lot : une lecture hautement recommandable.
Balle tragique pour une série Z
J'ai trouvé dans cet album un honnête polar, porté par un cadre assez original, celui du Hollywood des années 50, qui lui donne par moments de petits accents de polar noir. Sans aller jusqu'au côté vraiment poisseux du genre, l'ambiance reste suffisamment sombre et désabusée pour installer une tension intéressante, d'autant que les coulisses du cinéma apportent un décor assez savoureux. L'intrigue tient plutôt bien la route, avec ses rebondissements et ses différents fils qui finissent par se recouper de manière cohérente. Ce n'est pas particulièrement surprenant sur le fond, et certains éléments se devinent assez tôt, mais l'ensemble reste efficace et se suit avec plaisir. En revanche, j'ai eu plus de mal avec le personnage principal. Ce n'est clairement pas quelqu'un d'attachant : il a des réactions souvent trop brutales, parfois excessives, ce qui rend difficile toute forme d'identification ou d'empathie. De même, si le dessin est globalement sympathique et soigné, j'ai été un peu agacé par la tendance à donner à de nombreux protagonistes des mines patibulaires, aux sourcils systématiquement froncés, à commencer par le héros et le flic qui lui en veut. La fin m'a également laissé un peu sur ma faim. Elle donne le sentiment de s'interrompre trop tôt : au vu de ce que la police sait à ce moment-là, il est évident que des conséquences vont suivre très rapidement, et c'est frustrant de ne pas les voir. Cela reste une lecture agréable, un polar classique mais plutôt solide, qui vaut surtout pour son ambiance et son efficacité, même s'il lui manque sans doute un peu de profondeur et une conclusion plus aboutie pour vraiment marquer durablement.
K-Pop x Yakuza
Un autre manga avec une idée de départ bien débile; un dangereux yazuka devint fan d'un chanteur de K-Pop et cela va bien sur apporter des situations humoristiques. Ayant déjà lu plusieurs mangas du même genre j'étais en terrain connu: humour basé sur le contracte entre le dessin réaliste et les personnages qui disent ou font des trucs débiles, quiproquos, personnage sérieux mise dans des situations délirantes.....Parfois ce genre d'humour fonctionne sur moi, mais ici je n'ai pas trop accroché. J'ai souris quelques fois au début, mais très vite j'ai fini par trouver que c'était répétitif alors que seulement le premier tome est sorti ! Il faut dire que j'ai souvent trouvé le dessin un peu moyen lorsqu'il s'agissait de donner des expressions rigolotes aux personnages Ce qui ne doit pas aider est que je ne suis pas du tout fan de K-Pop. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants et les péripéties m'ont vite laissé indifférent. Un gros bof.
La Révolte sans précédent
Je n'ai pas emprunté cette BD au hasard, mon regard a été attiré par le bandeau en première de couverture : déjà 40 000 exemplaires vendus. Gloups... D'abord, en feuilletant l'album, je me suis dit : c'est destiné à un jeune public. Le dessin, avec ces animaux aux bouilles sympathiques dans un style caricatural et simpliste accompagné par des aplats de couleurs chaudes, m'a donc bien trompé. En effet, l'histoire de ces animaux qui se revoltent contre les humains prend une tournure plutôt adulte sur de nombreuses pages avec son vocabulaire un brin trivial par moment et par les nombreuses références qui le parsèment. Cet aspect de l'album, tantôt enfantin et tantôt adulte, est son point faible, car après lecture, je ne sais toujours pas à quelle catégorie de personnes le conseiller. Le récit est pauvre, sans surprises et il manque de nuances même si la dernière partie vient atténuer ce dernier rapproche. Les thèmes évoqués sont survolés et aucunes solutions n'est proposées (je mets de côté cette invasion de punaises de lit). Un humour potache (et pas drôle) accompagne ce bestiaire hétéroclite. Je ne comprends pas la présence de cet obsédé sexuel (ok, c'est un bonobo) et la plus-value qu'il apporte. Un gros bof pour cette rébellion qui m'a laissé indifférent. Je ne lirai pas le second opus.
Lokyia
Une recueil de 11 histoires courtes parues entre 1975 et 1982, dans la collection Metal Hurlant. Ce qui est tout de suite impressionnant, c'est de s'apercevoir que le dessin de Voss est à son summum dès 1975. Il utilise un peu moins les noirs profonds mais le trait est déjà accompli. On a souvent droit à un découpage organique typique de l'auteur, avec des inserts à la Pichard, avec des cases qui abandonnent les angles droits pour épouser des formes souples. Côté narration, autre belle surprise, Voss se révèle très à l'aise avec le format court. On se régale à lire ces histoires d'extraterrestres, de voyous, de voyage spatiaux, avec souvent une chute teintée d'humour noir. Un univers très riche, mature, avec des influences qui vont de Crumb aux productions 2000 AD... Jusqu'à Corben époque Eerie & Creepy (La chose, 1978). Une publication peu prolifique et l'absence de réédition ont clairement nuit à la renommée de l'artiste, mais c'est pour moi un auteur essentiel à redécouvrir d'urgence !