Les derniers avis (14 avis)

Couverture de la série L'Homme qui pouvait accomplir des miracles
L'Homme qui pouvait accomplir des miracles

Adaptation légère et efficace d’une idée classique, l’album joue pleinement la carte du divertissement intelligent. Le scénario reste simple, lisible et volontairement sans prétention : on avance vite, on sourit souvent, et la réflexion affleure sans jamais alourdir le propos. L’humour, très britannique, fonctionne précisément parce qu’il ne cherche pas l’escalade permanente. La dimension « feel-good » est clairement assumée. C’est une lecture courte, agréable, qui fait du bien, sans chercher à marquer durablement par une thèse ou une profondeur excessive. La satire est présente, mais dosée avec justesse : suffisamment pour stimuler, pas assez pour fatiguer. Graphiquement, le dessin est fluide, lisible et léger. Le style, subjectivement à mon goût, accompagne parfaitement le ton du récit : expressif, dynamique, jamais envahissant. L’ensemble forme une BD cohérente, plaisante et maîtrisée, idéale quand on cherche une lecture amusante et bien exécutée.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Histoire de Siloë
L'Histoire de Siloë

Série de science-fiction d’anticipation solide, portée par une intrigue politico-scientifique cohérente mais sans réel effet de surprise. Le postulat est intéressant et les enjeux sont clairs, toutefois la progression narrative manque de tension : le récit avance lentement, avec des phases de stagnation et plusieurs questions laissées en suspens ou insuffisamment clarifiées. Les motivations de certains personnages restent floues, ce qui affaiblit l’impact global. Malgré ces limites, l’ensemble demeure agréable à lire. La construction reste maîtrisée et l’univers fonctionne, sans dérives excessives ni complexité artificielle. On est sur une SF efficace, bien tenue, mais qui ne cherche ni ne parvient à marquer durablement. Graphiquement, le dessin est propre et lisible, avec une approche pragmatique adaptée au genre. Rien de spectaculaire, mais une exécution sérieuse et cohérente, au service du récit sans le surplomber.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

Lecture ambivalente. L’album assume pleinement une approche documentaire et contemplative, proche du carnet de voyage. Cette lenteur crée une belle atmosphère réflexive et offre un regard singulier sur Tchernobyl, volontairement décalé de la seule dimension catastrophiste. Le choix de se concentrer presque exclusivement sur l’humain — habitants, survivants, rencontres — apporte une profondeur sensible à un sujet largement médiatisé. En contrepartie, le propos peine parfois à se structurer. On cherche un fil directeur plus net, un sens global plus affirmé. Le fond reste diffus, comme si l’errance volontaire du récit prenait le pas sur une véritable démonstration ou un point de vue clairement posé. Les codes du docu-aventure sont bien présents, mais ils accentuent ce sentiment de balade plus que d’analyse. Graphiquement, l’album est déroutant. Le dessin est éclectique, hétérogène, parfois très beau — certaines planches sont réellement marquantes — mais aussi inégal. Certaines cases paraissent plus caricaturales, voire expédiées, donnant l’impression d’une application variable selon les passages. Un style qui ne correspond pas forcément au style et propos de la BD, mais qui participe malgré tout à l’identité du projet.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Deux Filles nues
Deux Filles nues

Œuvre remarquable, à la fois exigeante et profondément maîtrisée. L’entrée dans le récit m'a demandé un temps d’adaptation, tant sur le principe narratif que sur le dessin, mais une fois ce cap franchi, l’ensemble s’impose avec une évidence rare. Le choix de raconter l’Histoire depuis un point fixe — celui d’un tableau — est particulièrement pertinent. Ce regard immobile, contraint mais lucide, permet une lecture originale et puissante du XX? siècle, sans jamais tomber dans l’artifice. Le scénario est solidement étayé sur le plan historique, avec une dimension presque pédagogique, mais toujours à la bonne dose. Le récit reste rythmé, fluide, et parvient à rendre les époques successives très lisibles à travers des fragments de vies, des situations, des silences. Les personnages, bien que souvent croisés brièvement, existent réellement, et l’on comprend beaucoup sans que tout soit montré ou appuyé. Graphiquement, le style n'est pas forcément ma tasse de thé au niveau purement esthétique, mais il s’impose rapidement comme totalement cohérent avec le propos. Le dessin est expressif, artistique, parfois brut, et évoque volontairement l’univers de la peinture et du tableau. Ce choix renforce le fond et donne une vraie identité à l’ensemble.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Horacio d'Alba
Horacio d'Alba

Trilogie d’aventure historique solidement construite, qui coche exactement les attendus du genre sans chercher la rupture. L’univers d’une Italie de la Renaissance romancée fonctionne très bien : règles claires, enjeux politiques lisibles, sociétés secrètes, figures religieuses ambiguës et une romance dosée. Le récit privilégie l’efficacité et la progression continue, avec une vraie sensation de monde cohérent. Le scénario s’appuie sur des personnages travaillés, jamais manichéens. Les trajectoires personnelles s’entrelacent avec les enjeux institutionnels autour du duel, ce qui donne de l’épaisseur morale sans alourdir la lecture. Rien de révolutionnaire, mais un équilibre maîtrisé entre action, intrigue et caractérisation. Graphiquement, le dessin est un atout net : trait précis, composition dynamique, expressivité contenue. L’ensemble reste lisible dans l’action, sans caricature ni surcharge, et soutient efficacement le rythme du récit. Une série d’aventure très aboutie, généreuse et plaisante, qui assume pleinement ses codes et les exécute avec rigueur.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Trahie
Trahie

Mouais. Je suis sorti quand même moins convaincu ou enthousiaste que mes prédécesseurs de la lecture de ce diptyque. Il se laisse lire, il y a une réelle dimension psychologique oppressante, une tension permanente, donc je comprends que des amateurs de polar nordique y aient trouvé leur compte. Mais plusieurs petites choses m’ont chagriné. D’abord le dessin. Lisible, mais je n’aime pas trop le rendu des visages, parfois manquant de détails, parfois trop secs ou « ridés ». Mais bon, ça fait quand même le boulot. La construction narrative ensuite. Certes, les allers-retours entre périodes et personnages différents apportent quelque chose. Mais ici ça hache un peu le récit et surtout ça n’est franchement pas toujours très clair ! j’ai dû à de nombreuses reprises revenir en arrière pour bien saisir qui était qui, qui faisait quoi (quelques personnages se ressemblent en plus physiquement). Bref, cette gymnastique m’a apporté moins de plaisir de lecture que cela semble avoir été le cas pour d’autres.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Dernière Maison juste avant la forêt
La Dernière Maison juste avant la forêt

Lecture très décevante. Malgré mise en avant en librairie avec la mention « oeuvre surprenante et déconcertante », le récit m’a laissé totalement à distance. Le scénario peine à faire émerger un propos lisible : on assiste à un enchaînement de situations grotesques et volontairement provocantes sans réelle direction ni finalité perceptible. L’accumulation d’idées, parfois originales sur le papier, donne surtout l’impression d’un assemblage disparate qui ne raconte rien de cohérent. Le malaise ressenti ne tient pas à une audace maîtrisée mais à plusieurs passages franchement gênants, qui semblent chercher la transgression pour elle-même. Le récit ne parvient jamais à transformer cette outrance en discours, ni en satire claire, ni en fable signifiante. On ressort avec une impression de vacuité, renforcée par des personnages qui restent des figures caricaturales sans évolution. Graphiquement, le travail de Régis Loisel ne m’a pas séduit, mais ce n’est pas la raison principale du rejet : un dessin peut déplaire et être compensé par un scénario solide. Ici, l’absence de fond rend l’ensemble difficile à défendre, malgré l’engagement graphique et l’originalité formelle.

15/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 2/5
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Re-la-ti-vi-sons ! Cette bd est pas pas mal, sans plus. Le dessin a une relative personnalité mais est moche, et on a tué… un animal ! Je préfère qu'une communauté se réconcilie sur le dos d'une bête que d'un humain, soit l'une des raisons qui font que j'estime que les corridas ont une utilité sociale. Il faut se remettre dans le contexte historique, aussi, quand on a découvert les singes on a eu du mal à les différencier des humains. Et les Noirs en ont fait les frais, ravalés au niveau de la bête, ou du moins entre les Blancs et elle. Même si j'ai plains le pauvre singe, je m'inquiétais plus du jeune garçon jeté du navire pour le crime de parler la langue de Shakespeare, et qui arrivé en Angleterre risquait aussi beaucoup de la part des sujets de Sa Gracieuse Majesté ! La légende - ou la réalité ? - de ce qui est arrivé au singe a une part d'odieux et de ridicule, mais qu'est-ce par rapport à tant de drames ? On a pu parler de mépris pour les gens du peuple, mais n'oublions pas que le capitaine du navire, donc de l'élite, donne, lui, l'ordre d'exécuter un enfant pour cause de haine délirante envers l'ennemi anglais. A cela répond un médecin qui n'est pas n'importe qui, grand père de Darwin, avec ce dernier, enfant : difficile de faire mieux ! Et si les gens du peuple sont montrés ignorants et très remontés contre les mangeurs de grenouilles, il y a chez de pauvres gens abandonné par toute élite le désir de faire de son mieux, en ne tuant pas comme ça le singe qu'ils prennent pour un ennemi, mais en essayant de lui accorder un procès avec un avocat. Dans cette œuvre, je pense qu'il y a le procès des nations, qui mènerait à des illusions sur son groupe et à la haine des autres groupes. Ou bien c'est le mot de la fin qui m'y fait songer ? C'est un reproche qu'on peut faire à tous les groupes. D'un autre côté, sans groupe pour l'élever, un humain ne développe pas son potentiel comme on le voit pour les enfants sauvages. Les heureux sont ceux qui ont eu le plus grand capital culturel du groupe, comme le savant grand-père de Darwin, et s'éloignent des groupes quand ils sont en pleine crise de violence. Une grand-mère du village, forcément moins instruite, arrive à la même attitude par une réflexion sans doute plus personnelle. Il n'est pas naturel que les plus lucides fassent réfléchir les autres : s'ils le sont, ils voient bien la difficulté, parfois le danger, voire si on est pessimiste, la futilité de l'entreprise.

15/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Dernier Vol de Dan Cooper
Le Dernier Vol de Dan Cooper

L’album se laisse lire sans problème – assez vite d’ailleurs, eu égard à une intrigue finalement assez légère, et des dialogues peu abondants. Mais il m’a quand même laissé un chouia sur ma faim. Lorsque j’avais vu l’album dans les bacs, je l’avais au départ laissé de côté, pensant y trouver une énième relance de vieille série à papa (je ne connais pas Dan Cooper, et ne suis pas vraiment attiré par cette série en plus). En fait il n’en est rien, même si Cornette fait plusieurs clins d’œil appuyé à Dan Cooper, le héros éponyme montrant ostensiblement l'album "Le secret de Dan Cooper"de la série dans ses affaires… Bref, rien à voir avec la série du même nom donc, et inspiré d’un homme et d’un événement réels. J’ai un temps cru à une invention du scénariste, mais la postface et une rapide recherche sur le net m’ont renseigné sur ce braquage réel et franchement original – même si semble-t-il par la suite plusieurs braqueurs ont tenté la même chose (cela se finissant mal à chaque fois). Car notre « Dan Cooper » fait mine dans les années 1970 de détourner un avion pour obtenir une rançon, et s’enfuir avec en sautant en parachute. Dans la vraie vie on n’a jamais retrouvé Cooper, ni son butin, l’affaire a été classée il y a peu. C’est là que Cornette se positionne, « inventant » la suite. Pourquoi pas ? Il y a matière à alimenter les fantasmes. Mais hélas, si on ne s’ennuie pas vraiment, l’histoire est un peu décevante. En effet, il ne se passe finalement pas grand-chose, on n’apprend rien sur Cooper (et sur sa préparation du braquage avec sa complice – je n’ai même pas complètement saisi quels liens les unissaient vraiment, ni comment ils s’étaient rencontrés), et la conclusion, ouverte, ne nous propose même pas une fin claire. Sympathique, sans plus, avec un goût de trop peu.

15/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dédales (Burns)
Dédales (Burns)

C'est étrange comme certaines BD vous cueillent parfois plus que d'autres. Et je suis également surpris d'être le second à aviser la série en entier, car elle a une aura qui charme au premier tome pour ne plus lâcher jusqu'au dernier. Charles Burns est un auteur atypique à mes yeux, le bonhomme atteignant ses 70 ans cette année et pourtant éditant des livres sur la jeunesse. Une jeunesse qui n'est jamais analysé sociologiquement, moquée, dénoncée ou dévoyée. Elle est vécue de l'intérieur, de la tête de ces jeunes gens pas encore adulte, plus enfant, qui ne savent rien sur ce qu'ils veulent, ce qu'ils seront et ce qu'il feront. Dédales est tout à fait dans cette idée-là, avec deux personnages centraux au récit : Brian, dessinateur étrange, fan de films d'horreur de série B vivant chez une mère alcoolique, et Laurie, jeune femme aux cheveux roux qui ne passe pas inaperçue, considérée comme magnifique par tout le monde elle sera le premier rôle dans le film amateur que Brian tourne avec son meilleur ami. Lorsque j'ai commencé à comprendre le pitch de l'histoire, je m'attendais à ce que l'on aille dans une certaine direction, mais il n'en est rien. Comme dans Black Hole, Burns ne s'amuse pas à nous faire un récit d'adolescence classique. Au contraire, il sort des cadres conventionnels de ce type d'histoire pour aller dans quelque chose de plus réaliste, qui a le gout de ma propre adolescence. Brian a un talent mais se pose beaucoup de questions, rêve de choses étranges et semble mal dans sa peau, mal dans sa tête. Le dessin est un exutoire à ses émotions et sa vie intérieure, croquant des choses que le lecteur ou la lectrice comprendra avant ce personnage perdu. De même, Laurie n'est ni une femme jouant de sa beauté ni un ange sauveur. C'est une jeune femme intriguée par ce type étrange, pas tout à fait à l'aise avec son apparence et qui rejoint un projet qu'elle n'est pas sur d'apprécier. L'intrigue navigue entre ces deux personnages constamment, passant de l'un à l'autre en quelques planches. C'est une plongée dans leur psyché et leurs questionnements, leur regard sur le monde et leur compréhension des choses. Sans artifice, il nous fait tout comprendre et permet d'avoir une lecture prenante qui pose des questions sans jamais répondre explicitement à tout. L'histoire à une fin, une fin qui est celle qu'il fallait aux deux protagonistes. Chacun se comprend mieux, porte en lui les réponses dont il avait besoin et avance dans la vie. Ce n'est ni un happy end ni une résolution finale. Juste une étape de franchie, un pas de plus dans la vie. Le tout est porté par le dessin de l'auteur, qui arrive à être dérangeant de façon très simple, jouant avec les couleurs et les cadrages, les regards et les tensions dans les silences, les créatures extra-terrestres sorties de l'esprit de Brian. Les couleur renforcent l'effet visuel, rendant l'ensemble raide, guindé, coincé dans les corps, sauf lorsque les rêves prennent place. Alors les pages prennent une autre tournure, les couleurs changent et le dessin se fait plus souple. Burns sait parfaitement représenter ce monde d'imagination, où tout est plus simple, plus beau. Sa maitrise n'est pas nouvelle mais reste parfaite ici. En fait, je crois que j'ai été touchée par la BD parce qu'elle ne va pas réellement quelque part mais qu'elle n'erre pas sans but. C'est une BD sur deux jeunes un peu perdus qui se croisent et qui vont grandir. Chacun à sa façon. Burns n'insiste pas sur les éléments importants du récit, laissant au spectateur le choix de comprendre à sa façon. Loin du cliché d'une jeunesse drogue-alcool-fête ou de récits intimistes et sombre, Burns nous montre des adolescents en proie à des malaises dont l'origine est claire, tourmentés mais essayant de s'en sortir. C'est touchant, jamais voyeuriste, jamais misérabiliste. D'une façon presque froide et détaché, il nous fait ressentir de l'intérieur ce que vivent ces jeunes gens, et personnellement je trouve ça vraiment touchant.

15/01/2026 (modifier)