Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit.
C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées ... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir.
D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendus confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdus. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir.
Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ?
C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens.
En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire.
Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais.
Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur.
Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement.
Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man.
Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie.
Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit.
Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..)
Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur.
Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien !
L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires).
Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces.
Un voyage peut en amener d’autres :)
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier.
Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée.
Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée.
Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame.
On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage.
Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relever le niveau. Ouf.
Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vue des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes !
Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur.
Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste.
Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier.
Un excellent premier tome. Vivement la suite.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Baume du tigre
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit. C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées ... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir. D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendus confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdus. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir. Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
Star Fixion
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ? C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens. En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire. Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais. Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur. Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement. Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Invincible Univers - Wolfman
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man. Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie. Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit. Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Ivo a mis les voiles
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..) Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur. Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien ! L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires). Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces. Un voyage peut en amener d’autres :)
Rendez-vous fatal
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier. Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée. Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée. Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame. On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage. Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relever le niveau. Ouf. Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vue des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Oms en série
Mvoui... En fait, l'espèce dominante ne paraît pas plus intelligente que l'être humain, plus avancée scientifiquement et vivant plus longtemps, c'est tout ! Le récit serait bien plus terrifiant si l'espèce humaine, déchue de son intelligence, se retrouvait à sa juste place en tant qu'équivalent aux chiens. Signal pour éviter la décadence, voire inciter au progrès, car qui n'avance pas recule ! Et si on veut déclencher la compassion pour les animaux, l'humain réduit à animal de rente et dégustée par les dominants serait mieux. Mais peu voudraient lire ça… Je préconise plutôt que minet devenu capable de nous parler en citant nos meilleurs auteurs, plaide pour les bêtes ! Sinon, l'auteur peut s'arranger comme il veut, il n'est pas crédible que l'espèce dominante se laisse si facilement remettre en cause par l'espèce soumise considérée comme animale. Pour comparaison, chez les humains, les femmes, les Noirs et autres nés sous une mauvaise étoile, ont eu bien du mal à conquérir des droits toujours remis en cause. Et ne parlons pas de la difficile abolition de l'esclavage, d'ailleurs revenu dans les camps des régimes totalitaires ! Mais on veut tout dans la même histoire, des antagonistes bien plus puissants, et qui perdent, cherchez l'erreur… Avec tout ce tissu de n'importe quoi lu il y a assez longtemps, je ne me rappelle pas de tout. Enfin ! Les dessins sont bien, les personnages attachants, et le rythme est là. Parfois, un peu de subtilité se dessine : il y a un Oms violant une femme en toute bonne conscience car il était avant un mâle reproducteur au service de l'espèce dominante… Aujourd'hui, les abuseurs ne sauraient en dire autant.
Minor arcana
Jeff Lemire réalise beaucoup de one-shot (Le Labyrinthe inachevé, Jack Joseph - Soudeur sous-marin ou encore Winter Road, pour ce citer que les plus populaires sur le site) mais aussi des séries « à rallonge », telles que Sweet Tooth, Phantom Road… et « Minor Arcana », la nouvelle « ongoing series » de l’auteur. Lemire nous ressert ses thèmes favoris : un bled paumé, une protagoniste torturée au passé chargé, et une bonne dose de fantastique, via la thématique de la lecture des cartes de tarot, élément central de l’histoire. Ce premier tome ne fait que poser les bases, nous présente les personnages et lance l’intrigue. Il est prenant au possible, je l’ai englouti d’une traite et j’attends impatiemment la suite. Le dernier chapitre (le comic book #5) propose un retour dans le passé intéressant, et un autre point de vue, celui du grand-père de la protagoniste. Pas grand-chose à dire sur le dessin, c’est du Lemire, j’adore. A priori il va se faire aider par Letizia Cardonici sur les tomes suivants, pour que ses nombreux projets en cours puissent avancer… je suis curieux de voir comment les deux styles vont de marier. Un excellent premier tome. Vivement la suite.