Repêchage de cette série suite aux avis élogieux lus notamment ici et à son sujet au fort potentiel.
A l'instar du très intrigant Le Cas David Zimmerman, cette BD aborde l'intrigue de l'échange de corps et la découverte de celui de sexe opposé, sans travailler la thématique du genre comme l'on est en droit de s'y attendre désormais. Mais si cette absence était rendue pertinente par Harari du fait d'un travail autour de l'inquiétante étrangeté, ce n'est nullement le cas ici.
Ce n'est clairement pas très bon : les interrogations initiales sont toutes bien vite esquivées (comment investir une routine de vie méconnue, comment surmonter la méconnaissance profonde de nos proches...), plus étonnant, les pistes ouvertes par le scénario sont elles-mêmes mal refermées (la mère qui disparaît puis revient, le sentiment amoureux qui est travaillé puis oublié, etc.). Plus gênant, l'on fait face à un traitement À l'ancienne de cette thématique de l'échange des corps, multipliant le fan service occasionnellement nauséeux, ces décadrages gratuits sous les jupes des filles, l'humour gras sous l'apparence de la pudeur, en abordant la situation via le point de vue d'un post-ado libidineux mais coincé : si la 1ère scène explicitement sexuelle était légitime, son traitement est bien maladroit ; mais que dire de la 2nde ne recherchant que le sensationnalisme gratuit pour émoustiller son lectorat masculin ?
Ces multiples défauts cachent malheureusement des qualités visuelles réelles : un sens du rythme, une manière d'épurer les pages des textes superflus, une capacité ici ou là à figurer une expressivité étrangement intéressante.
Une lecture rapide, une thématique géniale, mais un traitement misogyne que l'on aimerait ne plus voir au 21e siècle.
Un monde magique où la pleine lune permet aux humains de se transformer en animaux merveilleux le temps d'une nuit de liberté, avant que tout ne bascule lorsqu'un mystérieux trait rouge détruit la lune et fait s'effondrer cet équilibre. Les héroïnes sont quatre apprenties prêtresses liées à cette lune, chacune associée à un cheval totem différent. Accusées à tort par une population qui cherche des responsables, elles doivent fuir à travers les Couloirs Noirs, des passages vers d'autres lieux et d'autres mondes, dans un univers qui devient progressivement hostile et dévasté.
Au départ, j'avais trouvé que la série s'adressait clairement en priorité à un public de jeunes adolescentes amatrices de shojo, de fantasy et de chevaux, avec une approche très romantique de l'aventure. Le trait d'Aurora Gate, à mi-chemin entre l'école Disney et le manga, repose sur une colorisation numérique aux tons pastel. Même si l'expressivité reste parfois limitée, les personnages sont globalement maîtrisés et les chevaux sont particulièrement réussis, ce qui se sent comme une vraie passion de l'autrice.
Avec la progression des cinq tomes qui forment le premier cycle, je nuance un peu mon impression initiale. Si je reste en retrait sur le ton global et certaines facilités de l'intrigue, je reconnais que l'univers prend de l'ampleur et que la série gagne en densité, notamment à travers ses thématiques de séparation, de confiance et de transformation des personnages. L'aspect épique et romantique fonctionne mieux qu'au départ, surtout dans la montée en tension et les évolutions plus sombres de certaines héroïnes. Il y a parfois un côté qui m'évoque Sailor Moon, entre destin, sororité et aventure ésotérique, même si la narration reste assez balisée.
Je reste néanmoins mitigé, car je ne suis sans doute pas le bon public. J'ai trouvé les personnages et certaines situations trop nunuches par moments, avec des péripéties assez prévisibles, notamment dans la dispersion des héroïnes ou les réactions souvent très caricaturales des peuples face aux prêtresses : tantôt trop vite haineux envers elles, tantôt trop enthousiastes, on sent les figurants sans âme qui ne font que servir un récit. Le manque de nuance et de crédibilité dans certains enchaînements m'a régulièrement tenu à distance.
Cela dit, si l'on est dans le public cible, la série peut fonctionner bien davantage que ce que mon ressenti personnel laisse paraître. Si l'on est sensible à cet univers de fantasy romantique, aux codes proches du shojo et à la mise en avant des liens entre héroïnes et chevaux, la qualité du dessin, la cohérence visuelle et l'évolution plus ambitieuse sur la durée peuvent emporter l'adhésion, là où je reste personnellement à distance.
Note : 2,5/5
Un chat moche et rancunier est décidé à se venger de son jeune maître après avoir servi trop longtemps de bouc émissaire.
L'idée est assez amusante et originale, avec un humour noir destiné aux enfants qui rappellera en partie le ton de Mortelle Adèle avec un peu plus de tendresse à chaque fois que Chakipu réalise qu'il ne déteste pas tant que ça son maître. Ses tentatives de vengeance, avec sa bande d'animaux improbables, donnent lieu à quelques situations drôles, et le récit montre progressivement que la relation entre le chat et son maître est plus complexe qu'elle n'en a l'air.
En revanche, je suis resté assez mitigé. Le format alterne texte illustré et bande dessinée, avec environ la moitié des pages consacrées à chaque approche, ce qui alourdit un peu la lecture et risque de décourager certains jeunes lecteurs alors que le ton du récit leur est essentiellement destiné. Le dessin, volontairement simple et un peu grossier, n'est pas attirant même s'il reste cohérent avec le ton de l'histoire.
L'ensemble se lit sans mal et propose quelques bonnes idées, mais je n'ai pas trouvé l'humour ni les personnages suffisamment marquants pour en faire une lecture mémorable. Une BD jeunesse correcte et légèrement décalée, sans plus.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Dans l'intimité de Marie
Repêchage de cette série suite aux avis élogieux lus notamment ici et à son sujet au fort potentiel. A l'instar du très intrigant Le Cas David Zimmerman, cette BD aborde l'intrigue de l'échange de corps et la découverte de celui de sexe opposé, sans travailler la thématique du genre comme l'on est en droit de s'y attendre désormais. Mais si cette absence était rendue pertinente par Harari du fait d'un travail autour de l'inquiétante étrangeté, ce n'est nullement le cas ici. Ce n'est clairement pas très bon : les interrogations initiales sont toutes bien vite esquivées (comment investir une routine de vie méconnue, comment surmonter la méconnaissance profonde de nos proches...), plus étonnant, les pistes ouvertes par le scénario sont elles-mêmes mal refermées (la mère qui disparaît puis revient, le sentiment amoureux qui est travaillé puis oublié, etc.). Plus gênant, l'on fait face à un traitement À l'ancienne de cette thématique de l'échange des corps, multipliant le fan service occasionnellement nauséeux, ces décadrages gratuits sous les jupes des filles, l'humour gras sous l'apparence de la pudeur, en abordant la situation via le point de vue d'un post-ado libidineux mais coincé : si la 1ère scène explicitement sexuelle était légitime, son traitement est bien maladroit ; mais que dire de la 2nde ne recherchant que le sensationnalisme gratuit pour émoustiller son lectorat masculin ? Ces multiples défauts cachent malheureusement des qualités visuelles réelles : un sens du rythme, une manière d'épurer les pages des textes superflus, une capacité ici ou là à figurer une expressivité étrangement intéressante. Une lecture rapide, une thématique géniale, mais un traitement misogyne que l'on aimerait ne plus voir au 21e siècle.
Equinox
Un monde magique où la pleine lune permet aux humains de se transformer en animaux merveilleux le temps d'une nuit de liberté, avant que tout ne bascule lorsqu'un mystérieux trait rouge détruit la lune et fait s'effondrer cet équilibre. Les héroïnes sont quatre apprenties prêtresses liées à cette lune, chacune associée à un cheval totem différent. Accusées à tort par une population qui cherche des responsables, elles doivent fuir à travers les Couloirs Noirs, des passages vers d'autres lieux et d'autres mondes, dans un univers qui devient progressivement hostile et dévasté. Au départ, j'avais trouvé que la série s'adressait clairement en priorité à un public de jeunes adolescentes amatrices de shojo, de fantasy et de chevaux, avec une approche très romantique de l'aventure. Le trait d'Aurora Gate, à mi-chemin entre l'école Disney et le manga, repose sur une colorisation numérique aux tons pastel. Même si l'expressivité reste parfois limitée, les personnages sont globalement maîtrisés et les chevaux sont particulièrement réussis, ce qui se sent comme une vraie passion de l'autrice. Avec la progression des cinq tomes qui forment le premier cycle, je nuance un peu mon impression initiale. Si je reste en retrait sur le ton global et certaines facilités de l'intrigue, je reconnais que l'univers prend de l'ampleur et que la série gagne en densité, notamment à travers ses thématiques de séparation, de confiance et de transformation des personnages. L'aspect épique et romantique fonctionne mieux qu'au départ, surtout dans la montée en tension et les évolutions plus sombres de certaines héroïnes. Il y a parfois un côté qui m'évoque Sailor Moon, entre destin, sororité et aventure ésotérique, même si la narration reste assez balisée. Je reste néanmoins mitigé, car je ne suis sans doute pas le bon public. J'ai trouvé les personnages et certaines situations trop nunuches par moments, avec des péripéties assez prévisibles, notamment dans la dispersion des héroïnes ou les réactions souvent très caricaturales des peuples face aux prêtresses : tantôt trop vite haineux envers elles, tantôt trop enthousiastes, on sent les figurants sans âme qui ne font que servir un récit. Le manque de nuance et de crédibilité dans certains enchaînements m'a régulièrement tenu à distance. Cela dit, si l'on est dans le public cible, la série peut fonctionner bien davantage que ce que mon ressenti personnel laisse paraître. Si l'on est sensible à cet univers de fantasy romantique, aux codes proches du shojo et à la mise en avant des liens entre héroïnes et chevaux, la qualité du dessin, la cohérence visuelle et l'évolution plus ambitieuse sur la durée peuvent emporter l'adhésion, là où je reste personnellement à distance. Note : 2,5/5
Chakipu
Un chat moche et rancunier est décidé à se venger de son jeune maître après avoir servi trop longtemps de bouc émissaire. L'idée est assez amusante et originale, avec un humour noir destiné aux enfants qui rappellera en partie le ton de Mortelle Adèle avec un peu plus de tendresse à chaque fois que Chakipu réalise qu'il ne déteste pas tant que ça son maître. Ses tentatives de vengeance, avec sa bande d'animaux improbables, donnent lieu à quelques situations drôles, et le récit montre progressivement que la relation entre le chat et son maître est plus complexe qu'elle n'en a l'air. En revanche, je suis resté assez mitigé. Le format alterne texte illustré et bande dessinée, avec environ la moitié des pages consacrées à chaque approche, ce qui alourdit un peu la lecture et risque de décourager certains jeunes lecteurs alors que le ton du récit leur est essentiellement destiné. Le dessin, volontairement simple et un peu grossier, n'est pas attirant même s'il reste cohérent avec le ton de l'histoire. L'ensemble se lit sans mal et propose quelques bonnes idées, mais je n'ai pas trouvé l'humour ni les personnages suffisamment marquants pour en faire une lecture mémorable. Une BD jeunesse correcte et légèrement décalée, sans plus.