Les derniers avis (12 avis)

Par Le poulpe
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Chants du Chaos
Les Chants du Chaos

Une belle histoire avec un style graphique personnel au créateur, avec un univers individuel et développé. Les dernières planches donnent envie de lire la suite de cette magnifique histoire ! Je l'attends avec impatience !

21/02/2026 (modifier)
Par kanibal
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête du nord
La Bête du nord

C'est un très bon moment de lecture , on est en terrain balisé : la Taverne avec sa bagarre générale , les femmes sexy etc.. et en fin de compte on a un récit qui tient bien la route avec une fin inattendue, graphiquement c'est pas mauvais, tous les ingrédients sont réunis pour tous fans du Cimmerien. Il y a quelques belles passes d'armes et ça découpe allègrement. C'est le genre de projet qui mériterait d'être réitéré.

21/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Cléopâtre - La Reine fatale
Cléopâtre - La Reine fatale

Cléopâtre méritait bien évidemment d’intégrer cette collection – elle est même probablement l’incarnation idéale de la reine forte. Elle méritait tout autant de voir développées sa vie et sa personnalité sur un nombre conséquent de tomes. C’était un peu la frustration du Cléopâtre (Glénat). Mais ici on est passé à cinq tomes, et je pense que c’est un de trop. En effet, les deux derniers auraient pu être réduits à un seul, c’est un peu dilué, avec en plus certaines ellipses brutales, pour les relations entre Cléopâtre et Marc-Antoine, et du coup ça développe surtout – parfois en délayant (voir aussi le rappel un peu inutile et artificiel des conquêtes d’Alexandre, racontées par Cléopâtre à Marc-Antoine) – un moment finalement court, et certes final, mais pas forcément le plus crucial ? Mais globalement, ça reste une bonne biographie de cette dame qui a marqué l’Histoire. Gloris a certes « romancé » ou inventé certains passages (voir les moments où Cicéron drague – pour ne pas dire plus – Cléopâtre), mais il a essayé de rester le plus possible dans ce que l’on sait, ancrant son récit dans la grande Histoire au moyen de rappels guerriers (batailles, alliances entre grands noms de cette période charnière de Rome – et donc de l’Antiquité). Le récit est plaisant à lire. Aussi parce que le dessin est agréable. J’ai été surpris au début par le rendu des visages, mais je m’y suis fait, et je dois dire que c’est plutôt du très bon travail (idem pour la colorisation).

21/02/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 2/5
Couverture de la série Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique
Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique

A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée. Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre. A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme… S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion. De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire… Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Mourir au paradis
Mourir au paradis

Mourir au paradis est un one shot de Pierre Christin et Alain Mounier publié en 2005. A l'époque, on a reproché à Pierre Christin d'avoir tapé à côté par rapport aux éléments qu'il dénonçait. Aujourd'hui nous sommes en 2026 et à la relecture, j'ai plutôt l'impression que Christin s'est montré assez visionnaire sur la direction que prenait l'Amérique... Le repli sur soi, le traitement des latinos sans papier, le garçon Bart qui ressemble à un adhérent du mouvement Groypers... Il y a dans cette bande énormément d'échos à l'actualité américaine. Comme quoi il faut être assez prudent quand on critique un auteur de la trempe de Christin et qu'on a pas son bagage géopolitique. Le récit est bien mené, j'ai apprécié le caractère inéluctable et le cynisme ambiant, on dirait presque du Hermann parfois. Au dessin, Alain Mounier livre un travail très appliqué. J'aime beaucoup ce dessinateur. Il parvient à donner énormément de sens au propos juste à travers les visages ou certains cadrages. Les cases sont vraiment détaillées. C'est sans conteste un de ses meilleurs travaux avec L'ambulance 13. Une bande de Pierre Christin à réhabiliter.

21/02/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Cher pays de notre enfance
Cher pays de notre enfance

Eh bien ! Quelle lecture ! Une lecture monumentale par le nombre d'informations qu'elle contient, déjà. Le travail de Benoît Collombat et Étienne Davodeau est vraiment phénoménal, mais quand, comme moi, on ignore à peu près tout de la politique française dans les années 70-80 (en-dehors des principaux noms de présidents et de ministres), cela nécessite une remise à niveau... Cela dit, Collombat réussit globalement à nous la faire faire, cette remise à niveau. Il n'oublie pas que son lecteur n'a pas forcément connu cette période et qu'il ne peut donc attendre de sa part qu'il soit parfaitement calé sur le sujet. Ainsi, quoiqu'ardu quand même à la lecture, Cher pays de notre enfance a le mérite d'être extrêmement pédagogique, et de ne jamais perdre de vue son fil rouge, au fur et à mesure des différentes rencontres auxquelles les auteurs nous font assister. Si on s'accroche, on assiste à quelque chose d'absolument captivant. On sait bien que tous ces complots et ces manœuvres mafieuses existent en très haut lieu. On peut même avoir de sérieuses raisons de penser qu'elles ont encore largement cours aujourd'hui (la mort du député Olivier Marleix en 2025 pourrait évoquer par bien des aspects celle du ministre Robert Boulin dont il est question dans la bande dessinée...). Mais pourtant, même en sachant tout ça, ça fait quelque chose de le voir écrit et démontré noir sur blanc sous nos yeux. C'est probablement ce qui donne toute sa portée au récit de Benoît Collombat et Étienne Davodeau. Oui, on sait que tout ça existe, mais on sait aussi que tout ça est tabou. Et pourtant, certains journalistes courageux sont capables de sortir ces magouilles de l'ombre et de questionner la vérité établie... Le travail de Collombat, grand reporter à France Inter, est un véritable travail d'Hercule. Il s'ingénie à faire sortir la vérité des innombrables zones d'ombre où on a essayé de la maintenir. Ainsi, ce documentaire prend de vraies allures d'enquête policière à maintes reprises, tant ce qui est raconté semble tout droit sortir d'un film de gangsters type La French (excellent film, qui raconte une affaire évoquée dans la bande dessinée, au passage). On voudrait ne pas croire cela possible, et pourtant, tous les indices convergent... et si les preuves semblent trop évidentes pour être niées. Petit à petit, Cher pays de notre enfance dessine ainsi un portrait qu'on sait réel mais qu'on aurait préféré ignorer de notre Ve République (et il y a peu de chances que les 4 précédentes aient été très différentes). Une République servie par des gens honnêtes et droits (les auteurs en rencontrent tout au long de la bande dessinée), mais aussi victime des cyniques qui veulent la diriger à tout prix. Ce qui m'a fasciné et terrifié en même temps, dans ce récit, c'est de voir à quel point les pratiques mafieuses dépassent les clivages politiques. Ici, les auteurs s'intéressent au RPR, mais sont bien conscients qu'il était probablement loin d'être le seul à se financer de manière aussi peu légale. Au-delà de ça, c'est surtout la diversité des profils de personnes qui appartiennent au SAC qui étonne. Plusieurs membres de cette organisation étaient des ennemis lors de la Seconde Guerre mondiale ou surtout de la Guerre d'Algérie, et pourtant, ils ont œuvré ensemble au sein des barbouzeries du parti gaulliste... Tout comme les personnes ayant essayé de lutter contre le SAC vont de la gauche à la droite, y compris dans leurs nuances plus ou moins extrêmes. Un intéressant constat de la complexité de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, et du peu de confiance à accorder aux étiquettes que les uns attribuent aux autres. Une dernière question m'agite : le format BD était-il le plus adapté pour exposer toutes les horreurs dénoncées ici ? La lecture de cette BD a été si longue et si dense que j'avoue avoir du mal à voir la pertinence du recours à ce média. Le récit est très majoritairement constitué de dialogues, et honnêtement, la mise en scène d'Étienne Davodeau ne m'a pas paru suffisamment exceptionnelle pour justifier d'avoir raconté cette enquête sous formes de planches dessinées. Même si l'incroyable couverture mérite le détour à elle seule ! Et pourtant, si cette enquête avait paru uniquement sous forme de livre non dessiné, je ne m'y serais probablement pas intéressé... Alors oui, peut-être qu'in fine, Collombat et Davodeau ont atteint leur but avec cette enquête brillante et apparemment risquée, en touchant un public qu'ils n'auraient sans doute pas touché (ou pas autant) sans cela. Quoiqu'il en soit, même si, pour moi, la lecture de cette bande dessinée équivaut plus ou moins à la lecture - austère et passionnante - d'un essai sur le sujet, je ne peux que remercier les auteurs pour l'incroyable qualité de leur travail qui m'est parvenue presque par hasard, et à côté duquel je serais passé sans ma passion pour la bande dessinée !

21/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Promesse de la Tortue
La Promesse de la Tortue

Le cadre est sympathique – les Antilles au milieu du XVIIème siècle – et propice au développement d’aventures rythmées. Surtout que l’intrigue, qui baigne dans une atmosphère de piraterie, s’éloigne en fait des clichés du genre. En effet, tout se déroule à terre, et il est plus questions de lettres de course que de piraterie à proprement parler : même si pirates et corsaires pouvaient être les mêmes en fonction des opportunités, il n’y a ici aucun acte de piraterie. Un jeune roturier ambitieux français (et protestant) devenu maître de l’île de la Tortue, Levasseur, doit se défendre de la prédation d’un gouverneur voisin, hautain (et catholique), mais aussi des Espagnols, qui cherchent à récupérer l’île et contrôler cette région. Au milieu de ces conflits plus ou moins larvés, des corsaires, boucaniers, débarquent plusieurs femmes, prostituées sorties des geôles royales pour devenir épouser et « fixer » des hommes dans cette colonie stratégique, sont envoyées là par Richelieu. Trois d’entre-elles se lient, et chacune dans un style différent, elles occupent le centre de l’intrigue. c'est la principale originalité dans cet univers d'avoir trois femmes comme personnages principaux. Le dessin et la colorisation sont plaisants, la narration est rythmée, utilise plutôt bien le contexte évoqué plus haut (même si les oppositions entre Catholiques et Protestants, qui effleurent ici parfois, ne sont finalement pas trop développées). Il faut quand même accepter quelques petites facilités. Les trois femmes sont sans doute plus jolies et jeunes que ce qui pouvait être envoyé des prisons vers le Nouveau monde. Et le fait d’avoir choisi trois beautés, une rousse, une blonde et une brune permet certes de les différencier aisément, mais ça fait un peu cliché. Que l’une d’entre elle devienne maître d’équipage pirate/corsaire est étonnant mais pas improbable, mais qu’elle le soit devenu aussi vite, sans aucune connaissance de la mer a priori est moins crédible. Enfin, si l’histoire se laisse lire très agréablement, j’ai été un peu déçu par la fin, que j’ai trouvée un peu trop facile et expédiée.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série L'Au-delà - Sous la peau du temps
L'Au-delà - Sous la peau du temps

Alors c'est l'histoire d'un animal mutant avec une tête de rat qui s'allie avec deux humaines pour renverser les robots. Ah j'allais oublier : le rat mutant est un super coup au lit. Tu penses que c'est très très con comme canevas de depart ? Et bien tu as raison ! Oui mais c'est très joli aussi ! Et ça se prend pas au sérieux (ouf) ! A partir de la page 15, l'histoire décolle et prend la forme d'une épopée assez fun à suivre. C'est sorti chez Himalaya en 1990 mais ça aurait pu sortir dans les années 80 au sein de la collection Pieds jaloux des humanoïdes associés.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Le Bal du rat mort
Le Bal du rat mort

Cette bande a un drôle d'historique. Entourée d'une aura d'oeuvre culte - assez relative car on parle d'une petite maison d'édition - elle est considérée aujourd'hui chez certains bedephiles comme un navet ou un nanar. J'ai trouvé que ce n'était ni l'un ni l'autre. J'ai simplement l'impression d'avoir lu un bon petit polar fantastique - et très rétro - où Freud s'invite à la table. Le dessin désuet de JF Charles renforce cette impression de mystère. Je suis sûr qu'un exemplaire du bal des rats morts traîne dans chaque vieille maison abandonnée. C'est une bd très sage si on compare avec les autres œuvres de Jean Bucquoy. Mais quelques indices traînent déjà ici et là, nous renseignant sur sa future évolution artistique. Je pense notamment à une superbe planche faisant toute la page et évoquant un tableau de Jérôme Bosch. C'est tout sauf un hasard, puisque le peintre faisait déjà entrer l'inconscient à l'intérieur de ses toiles. A lire pour se faire sa propre idée.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série A la recherche de la Licorne
A la recherche de la Licorne

A la recherche de la Licorne nous conte l'histoire de Juan de Olid. Missionné par le roi de Castille pour trouver une corne de licorne, il va traverser l'Afrique du nord au sud avec un corps expéditionnaire. J'ai eu l'impression parfois de retrouver le souffle d'un film comme Aguirre ou la colère de Dieu. Il y a le même caractère ontologique pour décrire les vicissitudes de l'être humain. Les espagnols subissent des événements violents au cours de leur périple mais cela ne les empêchent pas de faire le mal eux mêmes. Ils découvrent des sociétés aborigènes et adoptent un temps leur mode de vie mais finissent toujours par revenir à leurs certitudes d'hommes "civilisés". Je ne peux pas trop dévoiler le reste mais disons qu'on ne suit pas seulement Juan mais aussi cinq ou six compagnons avec chacun son destin au bout du voyage. Juan lui même en ressort transformé, tant physiquement que mentalement. C'est vraiment très bien écrit, très documenté, les dialogues sont aux petits oignons avec certaines tournures grammaticales d'époque par moment tout en restant très lisible. Côté dessin, Ana Miralles livre un superbe travail et nous plonge en pleine immersion de la Castille puis du continent africain. On reconnaît tout de suite son trait et ses techniques de dessin, je pense à sa manière de coloriser les ombres pour créer l'illusion du volume. Plus je m'avançais dans l'histoire et plus j'étais étonné du manque de réputation qui entoure cette oeuvre. A la recherche de la licorne offre un beau voyage dépaysant, une grande bande dessinée d'aventure et d'histoire. A noter que la version intégrale a une mise en page améliorée et quelques vignettes de plus par rapport aux éditions originales.

21/02/2026 (modifier)