Les derniers avis (5 avis)

Par Hervé
Note: 3/5
Couverture de la série Comanche trail
Comanche trail

Derrière une superbe couverture, Rossi nous propose une nouvelle aventure de Woan, jeune apache que l'on avait découvert dans Golden West. Graphiquement c'est superbe, les couleurs sont aussi sublimes que dans Golden West, bref un régal pour les yeux. Non, ce qui m'a gêné dans ce récit, c'est le manque de fluidité dans le scénario, reproche que l'on pouvait déjà faire sur son précédent album. Il m'a fallu plusieurs fois retourner en arrière pour savoir à quel tribu appartenait tel ou tel personnage. Des ellipses parfois hasardeuses viennent aussi nuire à la qualité de lecture de ce one shot. (comme au début, aucune explication sur le scalp qui pend) Je suis donc assez mitigé sur cet album au dessin irréprochable mais avec un scénario qui aurait mérité d'être plus travaillé.

31/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Alix Senator
Alix Senator

Je trouve les albums biens faits, mais je pense que les scénarios sont trop compliqués. Je préférais les scénarios plus faciles à comprendre de Jacques Martin. Les intrigues étaient claires et nettes. Les dessins de Alix Senator sont superbes. Des compositions et un soucis du détail magnifique. Je suis ébahi par la qualité de l'expression du visage du jeune garçon sur un cheval (page titre du volume 14). Rendre des expressions aussi subtiles, sans que cela ne soit trop exagéré demande une maîtrise exceptionnelle du doigté de l'artiste. Je trouve le dessin un peu trop chargé et les couleurs un peu trop sombres à mon goût, mais j'avoue que le rendu graphique est tout simlement extraordinaire. Je ne lirai pas tous les tomes, car le scénario est lourd, mais je vais de nouveau contempler les illustrations et des brides de texte. Bravo aux artistes!

31/05/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Roxalane
Roxalane

Roxalane est un plaisir coupable qui a le charme rustique de la fantasy des années 80/90. Le premier tome m'a passionné même si les éléments fantastiques sont très caricaturaux : une armure magique, un corbeau qui parle... A partir du second volume, Galliano enrichit son histoire en rajoutant la trame des croisades, mais en faisant cela, il dilue les enjeux du récit qui perd de son souffle épique. Le dernier tome retrouve la verve heroïc fantasy des débuts avec cependant une fin ouverte qui déçoit un peu. Le dessin perd en détail au fur et à mesure, et j'ai préféré le trait hachuré du premier album qui fait penser à Rosinski. Les décors sont cependant moins élaborés que chez ce dernier. Les plans larges déçoivent par leur manque de détails. Il y a un attrait certain des auteurs à dévêtir leur héroïne, sans tomber dans le graveleux. À mon sens, cette proposition érotique enrichit plus qu'elle ne dénature les aventures de Roxalane. Tome 1 : **** Tome 2 : **** Tome 3 : *** Tome 4 : *** Une bonne pioche dans le catalogue pléthorique des Humanoïdes associés.

31/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Sibylline - Chroniques d'une escort girl
Sibylline - Chroniques d'une escort girl

J'ai trouvé cette lecture à la fois instructive et profondément triste. Instructive parce que Sixtine Dano s'appuie sur de nombreux témoignages réels pour montrer une réalité dont on parle peu : celle de jeunes étudiants qui se tournent vers l'escorting, les mécanismes qui les y conduisent, la manière dont ils rationalisent leurs choix et les conséquences que cela peut avoir sur leur vie. Triste parce que tout ce qui est montré ici entre en collision avec ma propre vision des relations humaines, du couple et du désir. Graphiquement, l'album est une réussite. Le noir et blanc à l'encre et au fusain est agréable, avec des planches élégantes, parfois même poétiques. Les jeux de lumière, les silences et certaines pages muettes créent une atmosphère particulière qui accompagne bien le récit. Sur le fond, en revanche, je suis resté à distance de Raphaëlle. Je n'ai jamais réellement réussi à m'attacher à elle. Son approche de l'escorting m'a souvent paru très froide, presque clinique. Le livre montre une jeune femme qui envisage son corps et sa jeunesse comme une ressource dont il faut tirer profit tant qu'il est encore temps, une opportunité économique parmi d'autres. J'ai trouvé cette logique profondément déprimante. Elle m'a donné l'impression d'observer une existence où le capitalisme finit par contaminer jusqu'à l'intimité, le désir et les relations humaines elles-mêmes. Le récit ne juge jamais son héroïne, ce qui est évidemment un choix délibéré de l'autrice. Mais cette neutralité m'a parfois mis mal à l'aise. Rien n'indique clairement que Raphaëlle n'avait aucune autre option, même si les difficultés financières étudiantes sont bien montrées. Le terme de "choix" paraît donc lui-même imparfait : il y a évidemment des contraintes économiques à l'oeuvre, mais l'album laisse volontairement une grande part d'ambiguïté. Cette absence de prise de position pourra séduire certains lecteurs ; pour ma part, elle a renforcé mon malaise. J'ai également ressenti une profonde tristesse face à la vision des relations sentimentales qui se dégage de l'ouvrage. Les clients recherchent une présence féminine comme un service marchand parmi d'autres, parfois simplement pour gagner du temps plutôt que d'investir ce temps dans de vraies relations. Les hommes mariés qui fréquentent ces services m'ont également inspiré du mépris, tant cela va à l'encontre de mes principes personnels. Quant aux escorts elles-mêmes, l'ouvrage évoque des séquelles durables, une difficulté à vivre des relations amoureuses normales ou à retrouver un rapport sain au désir. Même lorsque ces conséquences ne sont qu'esquissées, elles m'ont semblé constituer la partie la plus tragique du livre. Paradoxalement, c'est aussi ce qui rend l'album intéressant. Sixtine Dano montre sans voyeurisme ni sensationnalisme un phénomène de société bien réel. Elle expose des trajectoires, des raisonnements, des compromis et des contradictions. J'aurais toutefois aimé que certains aspects soient davantage approfondis : les motivations réelles des clients, les conséquences psychologiques à long terme, les raisons qui poussent certains à commencer ou à arrêter. À plusieurs reprises, j'ai eu l'impression que le récit restait à la surface des choses alors qu'il touchait à des questions extrêmement complexes. Je referme donc Sibylline avec un sentiment mitigé. C'est un ouvrage beau, sincère et documenté, qui m'a appris des choses. Mais c'est aussi une lecture qui m'a laissé une impression de froideur et de désenchantement. J'y ai vu des personnages qui semblent considérer comme normale une vision du corps, du désir et des relations humaines que je trouve profondément triste. C'est sans doute la force du livre : montrer cette réalité sans chercher à l'adoucir. Mais cette réalité m'a davantage déprimé qu'ému.

31/05/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Angor
Angor

C’est une aventure classique. Une bonne aventure destinée avant tout à un public adolescent. Bien sûr, certains aspects pourraient être critiqués : les antagonistes manquent parfois de profondeur, l’évolution intérieure des héros et leur maturation au cours du voyage auraient pu être davantage développées, l’univers et l’histoire des différentes races ne sont qu’esquissés, et l’idée de cette « maturation magique » aurait pu être exploitée de manière plus originale. Malgré cela, l’impression générale reste très positive. L’œuvre se lit facilement et avec plaisir, et fonctionne bien en tant qu’histoire cohérente dans la catégorie à laquelle elle appartient. Pendant ma lecture, j’ai ressenti exactement la même chose que lorsque j’ai lu Les Feux d’Askell. On y retrouve les mêmes sensations d’aventure légère : un danger modéré pour les héros, de l’intrigue, des moments humoristiques qui font réellement sourire, ainsi que des passages romantiques adolescents plutôt bien amenés. Dans l’ensemble, on croit à ce qui se passe. Les personnages sont bien développés et il est agréable de suivre leur parcours. Les cinq tomes constituent un format idéal pour ce type d’histoire : suffisamment long pour éviter une narration précipitée, mais pas au point de devenir répétitif ou fatigant. Concernant le dessin, il est net, moderne, réalisé dans un style numérique agréable et efficace. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il s’agit avant tout d’une histoire destinée aux adolescents. Inutile donc de lui appliquer les mêmes exigences qu’à une œuvre visant un public adulte. Dans le cadre d’un récit jeunesse et d’une aventure légère, c’est une réussite.

31/05/2026 (modifier)