Mouais. J’ai lu la série dans l’intégrale. Je ne me suis pas ennuyé, mais l’intrigue ne m’a pas emballé plus que ça. Affaire de goûts sans doute.
L’histoire ressemble à une série B à l’américaine (quelques points communs avec cette île rassemblant les rebus de la société qui m’a fait penser à des films comme « New-York 1997 » de Carpenter, ou « Les guerriers de la nuit » de Hill), avec une lutte entre clans, lutte qui va se trouver dynamisée par l’arrivée d’une femme envoyée au milieu de ce panier de crabes par un laboratoire pharmaceutique à qui on a volé des produits secrets.
C’est assez dynamique donc, mais les combats (pas toujours très lisibles parfois) occupent parfois trop de place, et l’intrigue elle-même n’est pas de celles qui m’intéressent. La psychologie des personnages est aussi un peu légère.
Le dessin lui aussi m’a un peu laissé de côté. Même s’il possède de réelles qualités. J’ai bien aimé la colorisation (tous les tons employés donnent un rendu qui me plait). Les décors sont peu développés, mais les décors urbains en fond sont plutôt chouettes (avec cette belle colorisation en plus).
Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin des personnages. On est sur un style proche de certains comics, avec des corps bodybuildés pour les hommes, avec mâchoires carnassières, des femmes aux poitrines opulentes. Et surtout des corps très allongés, et des visages qui me paraissaient un peu petits par rapport au reste du corps.
Note réelle 2,5/5.
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !).
Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original.
Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique.
Au niveau du scenario, on assiste à un véritable défilé de pirouettes scénaristiques: un rebondissement par planche dans les dernières pages. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère.
Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré.
J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue.
Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
Un album intéressant. Et, il faut sans doute le dire, sans doute bien plus accessible que l’on pourrait s’y attendre si on n’est pas féru de philosophie, ou de théories et d’histoire intellectuelles de la seconde moitié du XXème siècle.
La narration est en effet assez aérée, pour nous présenter – certes brièvement, ça n’est pas une étude universitaire ! – ce qu’on pu apporter quelques auteurs/penseurs français à la pensée moderne (même si d’autres auteurs non Français, voire même non francophones sont rattachés à cette « french theory »). Cela permet aussi de voir qu’il n’y a pas de « théorie » collective, que tout ceci a été construit presque de l’extérieur (aux États-Unis), en regroupant divers écrivains à la pensée et aux méthodes très différentes, si ce n’est qu’ils remettent en cause la doxa et la façon d’envisager le monde : en cela ils vont nourrir la réflexion de tous ceux qui vont se révolter contre l’ordre établi (universitaire, colonial, occidental, etc.). Et, conséquemment, ils vont donc se retrouver au cœur des cibles de la réaction ultralibérale et « antiwoke » (terme débile issu de l’extrême droite), même si ça n’est qu’effleuré en fin d’album, ça n’est pas le cœur du sujet.
Une intéressante présentation historique, plutôt bien « vulgarisée ». Le dessin n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus, mais il fait bien le boulot. Il est très lisible.
Note réelle 3,5/5.
Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud.
Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux.
Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques.
Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin.
Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol).
Du bon boulot.
Pour les curieux.
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit.
C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir.
D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendu confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdu. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir.
Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ?
C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens.
En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire.
Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais.
Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur.
Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement.
Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man.
Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie.
Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit.
Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..)
Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur.
Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien !
L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires).
Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces.
Un voyage peut en amener d’autres :)
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier.
Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée.
Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée.
Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame.
On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage.
Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relever le niveau. Ouf.
Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vue des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
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Ghostface
Mouais. J’ai lu la série dans l’intégrale. Je ne me suis pas ennuyé, mais l’intrigue ne m’a pas emballé plus que ça. Affaire de goûts sans doute. L’histoire ressemble à une série B à l’américaine (quelques points communs avec cette île rassemblant les rebus de la société qui m’a fait penser à des films comme « New-York 1997 » de Carpenter, ou « Les guerriers de la nuit » de Hill), avec une lutte entre clans, lutte qui va se trouver dynamisée par l’arrivée d’une femme envoyée au milieu de ce panier de crabes par un laboratoire pharmaceutique à qui on a volé des produits secrets. C’est assez dynamique donc, mais les combats (pas toujours très lisibles parfois) occupent parfois trop de place, et l’intrigue elle-même n’est pas de celles qui m’intéressent. La psychologie des personnages est aussi un peu légère. Le dessin lui aussi m’a un peu laissé de côté. Même s’il possède de réelles qualités. J’ai bien aimé la colorisation (tous les tons employés donnent un rendu qui me plait). Les décors sont peu développés, mais les décors urbains en fond sont plutôt chouettes (avec cette belle colorisation en plus). Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin des personnages. On est sur un style proche de certains comics, avec des corps bodybuildés pour les hommes, avec mâchoires carnassières, des femmes aux poitrines opulentes. Et surtout des corps très allongés, et des visages qui me paraissaient un peu petits par rapport au reste du corps. Note réelle 2,5/5.
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !). Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original. Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Au niveau du scenario, on assiste à un véritable défilé de pirouettes scénaristiques: un rebondissement par planche dans les dernières pages. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère. Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré. J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue. Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
French Theory
Un album intéressant. Et, il faut sans doute le dire, sans doute bien plus accessible que l’on pourrait s’y attendre si on n’est pas féru de philosophie, ou de théories et d’histoire intellectuelles de la seconde moitié du XXème siècle. La narration est en effet assez aérée, pour nous présenter – certes brièvement, ça n’est pas une étude universitaire ! – ce qu’on pu apporter quelques auteurs/penseurs français à la pensée moderne (même si d’autres auteurs non Français, voire même non francophones sont rattachés à cette « french theory »). Cela permet aussi de voir qu’il n’y a pas de « théorie » collective, que tout ceci a été construit presque de l’extérieur (aux États-Unis), en regroupant divers écrivains à la pensée et aux méthodes très différentes, si ce n’est qu’ils remettent en cause la doxa et la façon d’envisager le monde : en cela ils vont nourrir la réflexion de tous ceux qui vont se révolter contre l’ordre établi (universitaire, colonial, occidental, etc.). Et, conséquemment, ils vont donc se retrouver au cœur des cibles de la réaction ultralibérale et « antiwoke » (terme débile issu de l’extrême droite), même si ça n’est qu’effleuré en fin d’album, ça n’est pas le cœur du sujet. Une intéressante présentation historique, plutôt bien « vulgarisée ». Le dessin n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus, mais il fait bien le boulot. Il est très lisible. Note réelle 3,5/5.
L'Indicible
Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"
Le Tombeau de la comète
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud. Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux. Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques. Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin. Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol). Du bon boulot. Pour les curieux.
Baume du tigre
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit. C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir. D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendu confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdu. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir. Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
Star Fixion
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ? C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens. En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire. Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais. Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur. Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement. Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Invincible Univers - Wolfman
Sans avoir lu la série mère Invincible, devenue tout aussi culte que Walking Dead, je découvre ce spin off, édité par Delcourt en intégrale sur Wolf-man. Voilà un bon gros pavé de 300 pages + cahier graphique d'une vingtaine de pages tant affectionné par les éditeurs de comics, qui s'avale assez rapidement. Robert Kirkman sait y faire pour raconter des histoires, et même sans connaître le background de la série mère, je n'ai pas été perturbé dans ma lecture, tout cela se lit parfaitement indépendamment. Par contre, c'est le graphisme singulier de Jason Howard qui m'a surpris des les premières pages. Son trait d'encrage très large donne à son graphisme ce côté très dessin animé qui n'est pas vraiment ma came. J'ai fini par m'y faire, pris par le récit et l'histoire de Gary Hampton, ce riche homme d'affaire qui va devoir apprendre à vivre avec ce nouveau "pouvoir" : la lycanthropie. Les personnages sont plutôt bons et biens campés, amenant des retournements de situations biens pensés qui rythment parfaitement le récit. Alors, si le dessin de Jason Howard ne vous effraie pas, voici une série agréable qui donne très envie d'aller se pencher du côté de la série Invincible.
Ivo a mis les voiles
Une narration subtile qui se prête à l’exercice, tout au long du récit, de ne rien révéler ou affirmer (je ne peux rentrer plus dans les détails sous peine de spoil..) Bien évidemment, le dénouement de certaines intrigues (principales ou sous-jacentes) semble écrit à l’avance mais ce choix de narration a le mérite de laisser une place à la suggestion du lecteur. Et pour ma part, c’est probablement ce qui m’a poussé à dévorer ce road trip Brésilien ! L'autre raison, c'est le côté graphique : l’atmosphère est incroyablement douce et chaleureuse (peut-être même trop d’ailleurs pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres sous une chaleur éreintante et avec des moyens rudimentaires). Quoi qu’il en soit, on est bien loin du côté « fourmilière » des grandes agglomérations. On y découvre un Brésil majoritairement rural où le temps semble s’écouler au ralenti et où les mœurs sont (trop là aussi?) douces. Un voyage peut en amener d’autres :)
Rendez-vous fatal
Dans le petit microcosme de la BD pour adulte, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier. Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée. Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée. Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame. On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage. Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relever le niveau. Ouf. Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vue des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.