Philippe Foerster convoquant les mythes lovecraftiens, ça devait bien finir par arriver… L’expert en monstres difformes et autres destins maudits revient donc tourmenter nos âmes avec un album qui n’est pas un one-shot malgré les apparences. Certes, l’ombre de Lovecraft plane sur ses pages, notamment avec le poulpe Nyalarpoupeth, jumeau plus comique que maléfique du messager des Grands Anciens, lequel présente brièvement chacun des onze chapitres de l’ouvrage, après une introduction où l’on découvre les origines de sa mutation… mais il faut noter que chacun des chapitres peut se lire indépendamment les uns des autres, on est donc ici plus dans le recueil d’histoires courtes, un format qui rappellera les débuts de l’auteur dans Fluide Glacial, avec ce noir et blanc qui lui va si bien…
Hommage à l’écrivain étatsunien flirtant avec la parodie, Foester fait donc référence au « Nécronomicon », le grimoire maudit issu de l’univers lovecraftien, dont la caractéristique était de faire perdre la raison à ceux qui le consultaient dans le but d’en explorer les vérités interdites. Ça fait peur, non ?
Armé de son humour noir et grinçant, Foerster déroule ses historiettes en maltraitant à l’envi ses personnages, dont on sait à l’avance que tout finira très mal pour eux. Et leur destin maudit, ils le portent sur leur visage, déformé par l’angoisse ou la peur, avec la folie en embuscade accompagnée de visions cauchemardesques. Mais évidemment, Foerster, tel un laborantin fou prenant plaisir à torturer des souris blanches, ne se dépare pas de son ton sarcastique. Il ne fait ici que titiller nos terreurs enfantines, pour notre plus grand plaisir il faut bien l’avouer…
Sur le plan du dessin, le Liégeois reste fidèle à son style unique, immédiatement reconnaissable. Ce trait à la fois élastique et déchiqueté qui courbe et torture les silhouettes jusqu’à la douleur est tout simplement admirable, avec encore une fois cette maîtrise impeccable du noir et blanc… Avec Foerster, c’est le laid qui devient beau.
Sortirez-vous indemne de cette lecture ? Si les poulpes gluants ou les cadavres dévorés par les vers ne vous font pas tourner de l’œil, vous devriez pouvoir vous plonger sans risque dans ce « Nécronomickey », et au diable les superstitions ! N’oublions pas que la réalité est souvent bien plus terrifiante…
Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier.
J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années)
Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?
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Le Nécronomickey - Le Livre des destins maudits
Philippe Foerster convoquant les mythes lovecraftiens, ça devait bien finir par arriver… L’expert en monstres difformes et autres destins maudits revient donc tourmenter nos âmes avec un album qui n’est pas un one-shot malgré les apparences. Certes, l’ombre de Lovecraft plane sur ses pages, notamment avec le poulpe Nyalarpoupeth, jumeau plus comique que maléfique du messager des Grands Anciens, lequel présente brièvement chacun des onze chapitres de l’ouvrage, après une introduction où l’on découvre les origines de sa mutation… mais il faut noter que chacun des chapitres peut se lire indépendamment les uns des autres, on est donc ici plus dans le recueil d’histoires courtes, un format qui rappellera les débuts de l’auteur dans Fluide Glacial, avec ce noir et blanc qui lui va si bien… Hommage à l’écrivain étatsunien flirtant avec la parodie, Foester fait donc référence au « Nécronomicon », le grimoire maudit issu de l’univers lovecraftien, dont la caractéristique était de faire perdre la raison à ceux qui le consultaient dans le but d’en explorer les vérités interdites. Ça fait peur, non ? Armé de son humour noir et grinçant, Foerster déroule ses historiettes en maltraitant à l’envi ses personnages, dont on sait à l’avance que tout finira très mal pour eux. Et leur destin maudit, ils le portent sur leur visage, déformé par l’angoisse ou la peur, avec la folie en embuscade accompagnée de visions cauchemardesques. Mais évidemment, Foerster, tel un laborantin fou prenant plaisir à torturer des souris blanches, ne se dépare pas de son ton sarcastique. Il ne fait ici que titiller nos terreurs enfantines, pour notre plus grand plaisir il faut bien l’avouer… Sur le plan du dessin, le Liégeois reste fidèle à son style unique, immédiatement reconnaissable. Ce trait à la fois élastique et déchiqueté qui courbe et torture les silhouettes jusqu’à la douleur est tout simplement admirable, avec encore une fois cette maîtrise impeccable du noir et blanc… Avec Foerster, c’est le laid qui devient beau. Sortirez-vous indemne de cette lecture ? Si les poulpes gluants ou les cadavres dévorés par les vers ne vous font pas tourner de l’œil, vous devriez pouvoir vous plonger sans risque dans ce « Nécronomickey », et au diable les superstitions ! N’oublions pas que la réalité est souvent bien plus terrifiante…
Plus loin qu'ailleurs
Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier. J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années) Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?