Ambiance western, mais pas trop.
C'est ce qu'on pourrait dire de cet album, le premier d'un jeune auteur bordelais, Jolan Thomas. Nous avons donc trois laissés-pour-compte, qui refusent de céder aux sirènes de la modernité galopante en devenant des mineurs ou des ouvriers, nostalgiques de l'ancien temps, lorsque les bisons dévalaient sur les plaines. Ce temps est bel et bien révolu, les bisons ne sont plus qu'un souvenir dans leur tête, et pour survivre, ils choisissent d'attaquer un train. Mais bien sûr ils vont se faire prendre. Pour écrire son histoire, Jolan Thomas s'est beaucoup documenté sur cette période tourmentée, et si on est dans la fiction, ce Procès des affamés a des accents d'authenticité.
C'et un premier album, qui n'est bien sûr pas exempts de défauts. j'ai par exemple décelé des petits défauts de rythme, des passages elliptiques qui auraient mérité d'être un peu développés, etc. Thomas a quand même essayé de bien présenter ses personnages, au travers notamment de flashes-backs, et c'est un bon point. Il y a des scènes bien construites, comme celle où de des apprentis malfrats se disputent, ou la scène d'effroi des Tuniques bleues découvrant l'horreur dans le train. La toute dernière case possède une forte charge émotionnelle et symbolique, par ailleurs.
Graphiquement Jolan Thomas se situe, et c'est assumé, dans la lignée de Julie Rocheleau, une belle référence. Il possède déjà de bons repères en termes de découpage et de dynamisme, cela promet pour ses futurs projets.
Sans être la BD du siècle, c'est un bon divertissement, qui propose en outre une réfexeion sur la modernité et ses conséquences sur le Far West.
Nous sommes dans une société post-apocalyptique, où humains, robots et démons se côtoient, se combattent parfois. Où des androïdes arborent des masques humains pour rassurer ceux qu'il reste. Où certains peuvent éprouver des sentiments, à long terme.
C'est un monde un peu étrange qu'a construit Takuji Kato. Sur le classique duo/homme/machine se superpose, à la fi de ce long premier volume d'exposition, la figure du démon, pas encore bien défini, mais assez intrigant. Il présente un rapport inversé entre humains et androïdes, les premiers pouvant servi de gardes du corps aux seconds, une "mère" droïde, une gamine dont tombe amoureuse une tourelle commandée par une IA... Je l'ai dit, ce premier volume, qui compte plus de 300 pages, ne sert qu'à installer l'univers, les personnages, le décor. J'avoue que c'est un peu lassant de découvrir les tranches de vie de certains personnages sur 80 pages, alors que d'autres sont expédiés en une vingtaine de planches. Cela reste cependant suffisamment divertissant pour qu'on aie envie de savoir ce qu'il va se passer avec tous ces droîdes, humains et démons.
Le decorum SF se résume essentiellement à une ambiance post-apo vite expédiée, à des combats de mechas, et... c'est tout. Classique, mais rapide. Le design de ceux-ci est sympa, sans plus, et le dessin plutôt agréable, bien aidé par une mise ne scène nerveuse.
A suivre, donc.
J'ai été plutôt séduit par cette BD. J'ignorais tout de sa paire d'auteur, mais elle fonctionne bien. Elle contient une somme de qualités essentielles, et j'ai pris du plaisir à la lire.
D'abord, le dessin, comme toujours, car c'est lui qui force ma décision au moment de passer à la caisse. Par la seule force d'un joli trait, je peux repartir avec. Alors oui, bien sur, il y a quand même d'autres facteurs, comme le thème qui peut être rédhibitoire, mais en règle générale, je le redis : c'est le dessin qui a le premier et le dernier mot. Dans Malanotte, Laura La Came déploie un univers tout à fait personnel en mêlant la force du charbon pour l’ambiance fantastique (dans tous les sens du terme) à l’élégance d’un trait fin et précis, plus fouillé, plus minutieux, histoire d’ancrer cette histoire dans une réalité que nous, lecteurs-trices sommes susceptible de connaitre. Je trouve que tout cela fonctionne à merveille et nous gratifie de plusieurs très belles planches sur lesquelles on s’arrête longuement.
Le scénario n’est pas en reste. Il prend le temps de s’installer, laissant progressivement monter un malaise de plus en en plus lourd. L’histoire n’est pas située géographiquement et pourrait se dérouler n’importe où, mais il y a un petit parfum d’Italie qui flotte, ne serait-ce qu’à travers les noms des personnages. Mais l’Italie des petits villages, avant l’avènement du portable, l’Italie des croyances et superstitions populaires. Le final laisse un petit goût d’inachèvement, certes, et on referme Malanotte avec la sensation d’émerger d’un mauvaise rêve poisseux, mais l’effet est volontaire, et très bien vu à mon sens. La fin propose plus qu’elle ne résout, ce qui colle parfaitement à cette atmosphère cauchemardesque.
Sur ce coup-là, je ne vais pas bouder mon plaisir. Et j’espère bien croiser à nouveau la route de Laura La Came…
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Le Procès des affamés
Ambiance western, mais pas trop. C'est ce qu'on pourrait dire de cet album, le premier d'un jeune auteur bordelais, Jolan Thomas. Nous avons donc trois laissés-pour-compte, qui refusent de céder aux sirènes de la modernité galopante en devenant des mineurs ou des ouvriers, nostalgiques de l'ancien temps, lorsque les bisons dévalaient sur les plaines. Ce temps est bel et bien révolu, les bisons ne sont plus qu'un souvenir dans leur tête, et pour survivre, ils choisissent d'attaquer un train. Mais bien sûr ils vont se faire prendre. Pour écrire son histoire, Jolan Thomas s'est beaucoup documenté sur cette période tourmentée, et si on est dans la fiction, ce Procès des affamés a des accents d'authenticité. C'et un premier album, qui n'est bien sûr pas exempts de défauts. j'ai par exemple décelé des petits défauts de rythme, des passages elliptiques qui auraient mérité d'être un peu développés, etc. Thomas a quand même essayé de bien présenter ses personnages, au travers notamment de flashes-backs, et c'est un bon point. Il y a des scènes bien construites, comme celle où de des apprentis malfrats se disputent, ou la scène d'effroi des Tuniques bleues découvrant l'horreur dans le train. La toute dernière case possède une forte charge émotionnelle et symbolique, par ailleurs. Graphiquement Jolan Thomas se situe, et c'est assumé, dans la lignée de Julie Rocheleau, une belle référence. Il possède déjà de bons repères en termes de découpage et de dynamisme, cela promet pour ses futurs projets. Sans être la BD du siècle, c'est un bon divertissement, qui propose en outre une réfexeion sur la modernité et ses conséquences sur le Far West.
Mechanical Buddy Universe
Nous sommes dans une société post-apocalyptique, où humains, robots et démons se côtoient, se combattent parfois. Où des androïdes arborent des masques humains pour rassurer ceux qu'il reste. Où certains peuvent éprouver des sentiments, à long terme. C'est un monde un peu étrange qu'a construit Takuji Kato. Sur le classique duo/homme/machine se superpose, à la fi de ce long premier volume d'exposition, la figure du démon, pas encore bien défini, mais assez intrigant. Il présente un rapport inversé entre humains et androïdes, les premiers pouvant servi de gardes du corps aux seconds, une "mère" droïde, une gamine dont tombe amoureuse une tourelle commandée par une IA... Je l'ai dit, ce premier volume, qui compte plus de 300 pages, ne sert qu'à installer l'univers, les personnages, le décor. J'avoue que c'est un peu lassant de découvrir les tranches de vie de certains personnages sur 80 pages, alors que d'autres sont expédiés en une vingtaine de planches. Cela reste cependant suffisamment divertissant pour qu'on aie envie de savoir ce qu'il va se passer avec tous ces droîdes, humains et démons. Le decorum SF se résume essentiellement à une ambiance post-apo vite expédiée, à des combats de mechas, et... c'est tout. Classique, mais rapide. Le design de ceux-ci est sympa, sans plus, et le dessin plutôt agréable, bien aidé par une mise ne scène nerveuse. A suivre, donc.
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
J'ai été plutôt séduit par cette BD. J'ignorais tout de sa paire d'auteur, mais elle fonctionne bien. Elle contient une somme de qualités essentielles, et j'ai pris du plaisir à la lire. D'abord, le dessin, comme toujours, car c'est lui qui force ma décision au moment de passer à la caisse. Par la seule force d'un joli trait, je peux repartir avec. Alors oui, bien sur, il y a quand même d'autres facteurs, comme le thème qui peut être rédhibitoire, mais en règle générale, je le redis : c'est le dessin qui a le premier et le dernier mot. Dans Malanotte, Laura La Came déploie un univers tout à fait personnel en mêlant la force du charbon pour l’ambiance fantastique (dans tous les sens du terme) à l’élégance d’un trait fin et précis, plus fouillé, plus minutieux, histoire d’ancrer cette histoire dans une réalité que nous, lecteurs-trices sommes susceptible de connaitre. Je trouve que tout cela fonctionne à merveille et nous gratifie de plusieurs très belles planches sur lesquelles on s’arrête longuement. Le scénario n’est pas en reste. Il prend le temps de s’installer, laissant progressivement monter un malaise de plus en en plus lourd. L’histoire n’est pas située géographiquement et pourrait se dérouler n’importe où, mais il y a un petit parfum d’Italie qui flotte, ne serait-ce qu’à travers les noms des personnages. Mais l’Italie des petits villages, avant l’avènement du portable, l’Italie des croyances et superstitions populaires. Le final laisse un petit goût d’inachèvement, certes, et on referme Malanotte avec la sensation d’émerger d’un mauvaise rêve poisseux, mais l’effet est volontaire, et très bien vu à mon sens. La fin propose plus qu’elle ne résout, ce qui colle parfaitement à cette atmosphère cauchemardesque. Sur ce coup-là, je ne vais pas bouder mon plaisir. Et j’espère bien croiser à nouveau la route de Laura La Came…