Quel plaisir de lecture. La série se dévore avec une constance remarquable : rythme soutenu, efficacité feuilletonesque et véritable sens de l’aventure. Si l’on apprécie les récits maritimes historiques, on est pleinement servi. L’approche de la piraterie est volontairement réaliste, loin des fantasmes exotiques : pas de Caraïbes, Hollandais Volant, Malédictions Aztèques mais un cadre crédible, rude, solidement ancré dans son époque.
Le scénario est un atout majeur. L’intrigue est bien ficelée, lisible, et maintient l’intérêt sur la durée. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des tomes, sans complexité excessive. Le héros est résolument héroïque, assumé comme tel : ceux qui recherchent une œuvre sombre, profondément nuancée pourront rester à distance. En revanche, pour une aventure efficace, généreuse et très plaisante à lire, la série remplit parfaitement son contrat.
Graphiquement, le travail est remarquable. La qualité et surtout la constance du dessin sur un grand nombre de tomes et d’années forcent le respect. Le style initial est maintenu avec rigueur, au bénéfice de la cohérence visuelle et de l’immersion, notamment dans la représentation du monde maritime.
Série solide, à la croisée de l’aventure et de la critique sociale. Le propos sur la folie de l’argent, le cynisme des élites et la fabrication des monstres sociaux est frontal, parfois volontairement immoral ou malsain, mais généralement cohérent avec l’intention du récit. Cette radicalité nourrit la réflexion sans verser dans la provocation gratuite.
Les personnages constituent un point fort : ambivalents, rarement aimables, toujours lisibles dans leurs contradictions. Le cadre viennois puis parisien du début du XXe siècle est particulièrement réussi, avec un contraste net entre faste mondain et misère sociale, qui structure efficacement la narration et son discours.
Graphiquement, l’ensemble est très convaincant. Dessin élégant, décors soignés, personnages expressifs. On perçoit toutefois des variations de style et de traitement d’un tome à l’autre, sans que cela nuise réellement à la lecture globale.
Excellente bande dessinée autour du cyclisme, mais surtout à côté du cyclisme. Le sport sert ici de moteur narratif plus que de sujet central : le cœur du récit est ailleurs, dans le portrait d’une époque rude, d’une région marquée par la montagne, et dans la trajectoire intime d’un homme qui poursuit un rêve presque déraisonnable.
Le scénario est volontairement simple et relativement court, mais traité avec une grande justesse. Tout fonctionne par petites touches : la dureté du quotidien, l’obsession, le courage silencieux. C’est une véritable chasse au rêve dans un monde qui ne fait aucun cadeau, racontée sans emphase ni pathos. Le rythme est particulièrement bien maîtrisé, constant du début à la fin, donnant au récit une impression de solidité et de cohérence rare pour un format aussi resserré.
Le dessin est très beau et parfaitement adapté au propos. Le style légèrement rétro ancre immédiatement l’histoire dans son époque et renforce la dimension historique et humaine du récit. Les ambiances, les paysages et les efforts physiques sont rendus avec beaucoup de sensibilité, au service de l’émotion plutôt que de la démonstration graphique.
Un travail remarquable, d’une grande sensibilité. L’album impressionne par la qualité de sa documentation et par la justesse du parallèle entre la fiction et les images historiques : on sent un vrai travail d’immersion, presque de terrain. L’intrigue est prenante sans jamais chercher à s’imposer ; elle sert avant tout un propos plus large où la vie quotidienne, la condition humaine et la dignité des habitants du Dust Bowl deviennent les véritables moteurs du récit.
Les personnages sont traités avec beaucoup de finesse. La dureté du contexte est montrée frontalement mais toujours avec retenue, ce qui renforce l’impact émotionnel. L’aspect didactique est très bien intégré, jamais pesant, et certains thèmes — notamment la relation à la mort — sont abordés avec une subtilité rare, en résonance constante avec l’époque et les situations vécues.
Le rythme volontairement lent fonctionne parfaitement : il laisse le temps à la poussière, au silence et à l’épuisement de s’installer, jusqu’à devenir presque physiques pour le lecteur.
Graphiquement, c’est superbe. Le dessin est précis, détaillé, parfois saisissant, avec des planches très fortes visuellement. Le traitement de la poussière, omniprésente, est particulièrement réussi, tout comme le travail des couleurs, qui installe une atmosphère à la fois belle, âpre et réaliste. Une œuvre marquante, exigeante et profondément humaine.
Œuvre globalement très réussie, agréable à lire et solidement construite. L’intrigue fonctionne comme un vrai polar, bien ficelé, mais reste clairement centrée sur l’humain plutôt que sur la mécanique de l’enquête. Le cadre barcelonais et le poids du passé familial apportent une densité appréciable sans alourdir le récit.
Le choix narratif des voix du passé – les « Elles » – combiné à l’excentricité de l’héroïne enrichit fortement l’ensemble. Ces éléments donnent de l’épaisseur psychologique aux personnages et renforcent la singularité du récit. Les allers-retours entre présent, souvenirs et strates narratives ajoutent une légère complexité, mais surtout un vrai dynamisme, sans jamais nuire à la lisibilité.
Graphiquement, le dessin est soigné et très moderne. Les personnages sont immédiatement identifiables, expressifs, bien caractérisés sans tomber dans la caricature. On comprend rapidement leur nature et leur rôle par le seul trait, ce qui sert efficacement la narration et le rythme de lecture.
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L'Epervier
Quel plaisir de lecture. La série se dévore avec une constance remarquable : rythme soutenu, efficacité feuilletonesque et véritable sens de l’aventure. Si l’on apprécie les récits maritimes historiques, on est pleinement servi. L’approche de la piraterie est volontairement réaliste, loin des fantasmes exotiques : pas de Caraïbes, Hollandais Volant, Malédictions Aztèques mais un cadre crédible, rude, solidement ancré dans son époque. Le scénario est un atout majeur. L’intrigue est bien ficelée, lisible, et maintient l’intérêt sur la durée. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des tomes, sans complexité excessive. Le héros est résolument héroïque, assumé comme tel : ceux qui recherchent une œuvre sombre, profondément nuancée pourront rester à distance. En revanche, pour une aventure efficace, généreuse et très plaisante à lire, la série remplit parfaitement son contrat. Graphiquement, le travail est remarquable. La qualité et surtout la constance du dessin sur un grand nombre de tomes et d’années forcent le respect. Le style initial est maintenu avec rigueur, au bénéfice de la cohérence visuelle et de l’immersion, notamment dans la représentation du monde maritime.
L'Assassin qu'elle mérite
Série solide, à la croisée de l’aventure et de la critique sociale. Le propos sur la folie de l’argent, le cynisme des élites et la fabrication des monstres sociaux est frontal, parfois volontairement immoral ou malsain, mais généralement cohérent avec l’intention du récit. Cette radicalité nourrit la réflexion sans verser dans la provocation gratuite. Les personnages constituent un point fort : ambivalents, rarement aimables, toujours lisibles dans leurs contradictions. Le cadre viennois puis parisien du début du XXe siècle est particulièrement réussi, avec un contraste net entre faste mondain et misère sociale, qui structure efficacement la narration et son discours. Graphiquement, l’ensemble est très convaincant. Dessin élégant, décors soignés, personnages expressifs. On perçoit toutefois des variations de style et de traitement d’un tome à l’autre, sans que cela nuise réellement à la lecture globale.
L'Aigle sans orteils
Excellente bande dessinée autour du cyclisme, mais surtout à côté du cyclisme. Le sport sert ici de moteur narratif plus que de sujet central : le cœur du récit est ailleurs, dans le portrait d’une époque rude, d’une région marquée par la montagne, et dans la trajectoire intime d’un homme qui poursuit un rêve presque déraisonnable. Le scénario est volontairement simple et relativement court, mais traité avec une grande justesse. Tout fonctionne par petites touches : la dureté du quotidien, l’obsession, le courage silencieux. C’est une véritable chasse au rêve dans un monde qui ne fait aucun cadeau, racontée sans emphase ni pathos. Le rythme est particulièrement bien maîtrisé, constant du début à la fin, donnant au récit une impression de solidité et de cohérence rare pour un format aussi resserré. Le dessin est très beau et parfaitement adapté au propos. Le style légèrement rétro ancre immédiatement l’histoire dans son époque et renforce la dimension historique et humaine du récit. Les ambiances, les paysages et les efforts physiques sont rendus avec beaucoup de sensibilité, au service de l’émotion plutôt que de la démonstration graphique.
Jours de sable
Un travail remarquable, d’une grande sensibilité. L’album impressionne par la qualité de sa documentation et par la justesse du parallèle entre la fiction et les images historiques : on sent un vrai travail d’immersion, presque de terrain. L’intrigue est prenante sans jamais chercher à s’imposer ; elle sert avant tout un propos plus large où la vie quotidienne, la condition humaine et la dignité des habitants du Dust Bowl deviennent les véritables moteurs du récit. Les personnages sont traités avec beaucoup de finesse. La dureté du contexte est montrée frontalement mais toujours avec retenue, ce qui renforce l’impact émotionnel. L’aspect didactique est très bien intégré, jamais pesant, et certains thèmes — notamment la relation à la mort — sont abordés avec une subtilité rare, en résonance constante avec l’époque et les situations vécues. Le rythme volontairement lent fonctionne parfaitement : il laisse le temps à la poussière, au silence et à l’épuisement de s’installer, jusqu’à devenir presque physiques pour le lecteur. Graphiquement, c’est superbe. Le dessin est précis, détaillé, parfois saisissant, avec des planches très fortes visuellement. Le traitement de la poussière, omniprésente, est particulièrement réussi, tout comme le travail des couleurs, qui installe une atmosphère à la fois belle, âpre et réaliste. Une œuvre marquante, exigeante et profondément humaine.
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Œuvre globalement très réussie, agréable à lire et solidement construite. L’intrigue fonctionne comme un vrai polar, bien ficelé, mais reste clairement centrée sur l’humain plutôt que sur la mécanique de l’enquête. Le cadre barcelonais et le poids du passé familial apportent une densité appréciable sans alourdir le récit. Le choix narratif des voix du passé – les « Elles » – combiné à l’excentricité de l’héroïne enrichit fortement l’ensemble. Ces éléments donnent de l’épaisseur psychologique aux personnages et renforcent la singularité du récit. Les allers-retours entre présent, souvenirs et strates narratives ajoutent une légère complexité, mais surtout un vrai dynamisme, sans jamais nuire à la lisibilité. Graphiquement, le dessin est soigné et très moderne. Les personnages sont immédiatement identifiables, expressifs, bien caractérisés sans tomber dans la caricature. On comprend rapidement leur nature et leur rôle par le seul trait, ce qui sert efficacement la narration et le rythme de lecture.