Une série pas trop mal, mais qui manque vraiment d'originalité.
En fait, il y a une idée assez original qui m'a bien surpris, mais le reste sens un peu trop le déjà vu. On est encore dans une œuvre de fiction japonaise qui se passe dans un monde médiéval de style européen avec de la magie, la réincarnation d'une sainte, des dragons, des elfes, des aristocrates...Si la série avait sorti il y a 10 ans j'aurais peut-être trouvé le scénario plus passionnant à lire, mais là j'ai trop lu ou vu de séries avec le même décors qu'il faut vraiment que le scénario soit très bon pour me passionne et ici c'est juste correct. Dommage parce que c'est bien amusant de voir des riches connards se faite péter la gueule et pour une fois on dénonce l'esclavage, mais bon le scénario est tout de même un peu répétitif. J'aime bien Scarlett et son frère, mais la plupart des personnages me laissent un peu indifférent.
Au niveau de la romance, je ne suis pas trop fan de ce que je vois. La sainte qui est à peine adolescente tombe amoureuse du frère de l'héroïne qui est adulte. De ce que j'ai lu, cela reste tout de même acceptable parce que seul la sainte semble amoureuse et il ne fait rien de dégoutant avec elle, mais bon j'aime juste pas trop cette intrigue là. Je comprends que c'est pour les adolescentes qui ont surement le même âge que la sainte et qui rêve de jeunes hommes matures et gentils et comme je suis moi-même un homme adulte ben ça ne me parle pas. Le pire reste quand même le prince qui est le petit ami potentiel de Scarlett qui fait parti des personnages masculins de shojos avec une personnalité envahissante que je trouve horripilant. J'ai juste envie que Scarlett le frappe jusqu'à ce qu'il meurt !
Le dessin est pas mal et dynamique. On gros, c'est pas le pire shojo et il y a des qualités...mais son univers peu original me laisse un peu indifférent.
La Grande Histoire de la Grande Guerre comporte des milliers de petites histoires. Thibault Rougès, jeune auteur bordelais, s'est intéressé à celle du camp du Courneau, installé à l'époque près d'Arcachon, et conçu pour recevoir en hivernage des milliers de tirailleurs sénégalais, dont les rangs s'éclaircissaient à grande vitesse dans les champs de bataille du nord et de l'est de la France. n climat plus clément était censé leur permettre de se reposer avant de repartir au combat. Mais la tuberculose commença là aussi à opérer des coupes sombres (sans mauvais jeux de mots). C'est ainsi que Beckadou, venu du Sénégal, décide de s'échapper, sans même savoir dans quelle direction partir dans cette forêt des Landes alors encore plus dense que maintenant.
Thibault Rougès, dont c'est le premier album, a choisi le noir et blanc pour raconter cette histoire, dont la moitié est sans dialogue. On suit juste Beackadou dans ses errances forestières, d'abord tout seul, puis poursuivi par quelques paysans locaux après avoir dérobé un bout de pain dans une maison de la Teste. Il va payer de sa vie ce modeste larcin, et ce ne fut pas la mascarade de procès qui s'en suivit qui permit de le réhabiliter. Rougès lui rend donc hommage, et à travers li, il rend aussi hommage aux dizaines de milliers de tirailleurs qui ont été enrôlée, embarqués, instruits sur l'art militaire à des milliers de kilomètres de chez eux, pris dans un conflit qui ne les concernait en rien.
Il y a de très belles planches dans cet album, avec des endroits bordelais emblématiques, ainsi que la nature sauvage du Bassin d'Arcachn et des alentours. Le style est encore un peu naïf, on sent que le dessinateur n'a pas encore atteint sa maturité graphique, notamment dans les anatomies et la mise en scène, cependant il y a déjà de belles choses.
C'est émouvant, instructif (il y a de longs textes sur la guerre et les tirailleurs sénégalais en fin d'album), et quand même plaisant à l'oeil.
Je me retrouve très bien dans l’avis d’Agecanonix. En effet, comme lui, je suis passionné par l’univers et les cultures amérindiens. Et, comme lui, j’ai été quelque peu rebuté par le dessin, qui reste lisible, mais qui n’est pas franchement ma tasse de thé.
L’originalité de cette série, c’est le fait que l’accent soit mis sur les liens unissant Amérindiens et nature – ou plutôt espèces animales. Avec pas mal de planches liées à la création du monde, mais aussi et surtout aux divinités animales, leurs pouvoirs, les moyens de se les concilier, etc. J’aime bien a priori cet aspect.
Un angle d’attaque qui mêle récit réaliste classique et fantastique, lorsque apparaissent ces divinités. Hélas, j’ai trouvé que ça basculait de plus en plus dans du fantastique pur, au point d’en faire trop à mon goût, en particulier dans le cinquième et dernier tome, où cela sature un peu trop le récit.
Pour le reste, c’est une série agréable à suivre, avec une narration très aérée (pas mal de cases muettes, finalement peu de texte).
Sans quelques touches d'originalité liées aux sectes, à la peinture et à une forme de voyance extralucide chez une petite fille, cette BD ne serait guère plus qu'une intrigue policière assez banale. L'histoire repose sur l'enlèvement d'une enfant par les membres de la secte que sa mère a rejointe après avoir quitté le foyer un an plus tôt. Les ravisseurs espèrent ainsi récupérer des tableaux précieux que le père possèderait ou saurait retrouver. S'ajoutent à cela les circonstances particulières entourant la création de ces tableaux, la sincérité plus ou moins douteuse des autres membres de la secte, ainsi que les visions de la fillette, mais rien de tout cela ne transforme réellement le fond de l'histoire ni son déroulement prévisible.
Le graphisme de Michel Faure constitue en revanche un vrai point fort. Son style peut sembler un peu daté aujourd'hui, mais il garde un charme certain, notamment grâce à un travail de couleur que j'apprécie. Les grandes planches inspirées de Modigliani apportent elles aussi une vraie personnalité aux albums, même si elles restent finalement des illustrations qui ne dialoguent pas vraiment avec l'action.
Le scénario, pour sa part, est assez inégal. Les idées originales évoquées plus haut éveillent l'intérêt, mais l'intrigue policière accumule les clichés au point de devenir un peu laborieuse. Le principal antagoniste est d'ailleurs une caricature manichéenne, visiblement façonnée pour être haï sans nuance. Quant au jeune commissaire de police, d'abord plutôt attachant, il devient rapidement aussi inefficace qu'inconstant, notamment dans la conclusion où il aurait pu jouer un rôle bien plus utile.
Du coup, la série laisse une impression légèrement décevante : un récit convenu relevé ici et là par quelques idées originales et un graphisme réussi.
Étonné des notes relativement basse, malgré les commentaires élogieux !
Nous avons une bd fun, sans temps mort, réjouissante et fraiche.
Dans cette narration fluide, on suit avec plaisir Capucin, à la coiffure seventies-chelou, dans un monde moyenâgeux et coloré.
Une belle réussite !
Alix est très inégal, dur à noter, donc… J'ai commencé par Les légions perdues, savoir la scène où un homme fuit sur un toit, une nuit d'orage, avec ce qui s'avère l'épée de Brennus. L'architecture était là, mais le mouvement, l'ombre et la lumière, aussi, pour une fois.. Le pitoyable Enac, non, ce boulet gaffeur et ingrat. Quel bon souvenir !
Quelle facilité du scénario, cet Enac, il est là comme dans certaines histoires la femme pour attirer des ennuis faisant les aventures du héros ! Arbacès est un méchant intéressant, et méchant, méchant, il ne gouverne pas si mal que ça, quand d'aventure il a le pouvoir usurpé au descendant d'Oribal. Est-il vraiment pire que César, avec qui Alix a des relations intéressantes ? Et Vercingétorix était-il un bon ou un mauvais chef ? En tout cas, l'auteur lui donne une fine apothéose plus belle que celle de finir sacrifié à la fin du triomphe de César !
Alix est étrangement proche des esclaves pour l'époque, ce qui est dur à croire, même pour un ancien esclave, vu que les affranchis, les esclaves mêmes pouvaient avoir des esclaves… et n'étaient pas connus pour leur faire de cadeaux.
Iorix était-il un bon ou un mauvais dirigeant ? J'ai l'impression que l'auteur se pose souvent ce genre de questions. Mais malgré une tonne de documentation, je trouve la série bien irréaliste avec son héros sans peur et sans reproche chevaleresque, sauf quand il enterre des ennemis ou parle à la foule : le respect des dépouilles mortelles et l'art oratoire très important à l'époque.
Murena est bien plus réaliste… Mais des enfants pourraient-ils le lire ?
Une bd relativement brute de décoffrage.
Un ouvrage sincère et qui cible précisément son sujet : son enfance et le début de sa sexualité (chaotique) ainsi que toute son éducation (chrétienne et haute bourgeoisie) qui l'a construite... et tordue.
Je trouve qu'il y a une colère de fond et une vitalité qui donne un punch à cette bd.
Qualité plutôt rare aussi, l'autrice réussie à mettre des mots, à expliquer des ressentis, parfois subtils, de ce que l'on ressent et qu'on ne comprend qu'à moitié et pourtant complètement, lors que l'on est enfant. Il y a également un regard à la fois de l'enfant qu'elle était et d'aujourd'hui sur ses parents.
Au fond, malgré une éducation chrétienne mortifère, il y a beaucoup de vie qui ne demande qu'à se libérer, et rien ne l'arrête !
J'ai lu les 2 tomes à la suite sans les lâcher.
Comme quasiment l'ensemble de l'humanité (l'ensemble des espèces sentientes et douées de langage je serais même tentée de dire) je suis fascinée par la mort. Qu'on la craigne ou qu'on l'ignore elle reste un part importante de la vie, sa finalité, ce qui lui donne un sens nous dirait même beaucoup de philosophes. Alors les récits portés sur ce sujet, moi comme d'autres, ça fascine.
Comme beaucoup de gens et d'artistes avant lui, Bablet décide dans cet album de se pencher sur la question de la mortalité et du sens qu'elle donne à notre vie, qu'on lui donne aussi, en suivant l'histoire d'un individu qui ne peut tout simplement pas mourir.
Envié par les gens avides de pouvoir, jalousé, haï même par certaines personnes le considérant comme responsable des nombreuses guerres voyant le jour en son nom (mais sans son consentement), notre protagoniste est accablé. Nous ne connaissons pas son nom, nous n'en avons pas besoin et, de toute façon, lui-même l'a oublié. Il a oublié de nombreuses choses, c'est le problème d'avoir vécu déjà mille an. Il erre a travers le monde en quête de quelque chose, d'une réponse à ses questions, d'une raison à son existence, oubliant parfois en route mais continuant d'avancer car désespéré.
Qu'il s'agisse de la postérité artistique, des histoires et légendes, de l'enfantement, des contacts et liens humains, des souvenirs, … tout ce qui a trait de près ou de loin au concept de vie et de mort, de souvenir et d'éternité sera traité ici. L'aventure de notre protagoniste est décousue, il avance, il rencontre des gens qui le font se questionner ou lui rappelle des souvenirs, puis il repart et oublie malgré lui.
Je me garde de trop vous en dire parce que l'œuvre m'a parue portée sur la réflexion et aurait donc tout le mérite d'être découverte.
C'est du Bablet classique, on retrouve son goût pour les questionnements philosophiques, les récits sur les liens humains, ses personnages anguleux caractéristiques (que je trouve personnellement très beaux) ou encore son amour pour les machines (il n'yen a techniquement pas, mis à part Talos, mais les armures et certains décors ont presque des allures de SF mêlée à des décors de Grèce Antique).
Une de ses première œuvres si je ne dis pas de bêtise, je l'ai trouvée très intéressante - même si pas autant aboutie qu'on pu être certaines de ses œuvres postérieures. Sans doute la narration est ici un peu trop flottante, un peu trop décousue pour être encensée, même moi qui l'ai pas mal appréciée ne me montrerait pas excessivement dithyrambique ici, pourtant je me montrerais tout de même un tantinet généreuse dans ma note. Parce que j'aime les tragédies grecques, les réflexions sur la condition humaine et les récits fantastique doux-amers.
(Note réelle 3,5)
Il y a des choses intéressantes dans cet album, tout n’est clairement pas à jeter. Mais je me suis assez rapidement ennuyé en le lisant.
En effet, ce pavé de près de 500 pages s’étale trop, les longueurs se succèdent, au point que j’ai eu beaucoup de mal à me captiver pour les personnages, et pour l’histoire.
Un groupe de personnes appartenant à diverses catégories sociales, se trouve bousculé par le retour à la surface d’une affaire vieille d’une vingtaine d’années. Le côté polar (genre affaire terroriste « cold case ») est peu palpitant.
L’auteure développe aussi certains aspects sociaux pas inintéressants, avec des catégories définies par leur couleur de cheveux, les « bleus » représentant semble-t-il les catégories défavorisées et stigmatisées (étrangers, jeunes de cités, etc. ?). Mais même cet aspect peine à être exploiter à fond, et il n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue.
Ce qui m’a aussi empêché de bien entrer dans ma lecture – et ensuite de l’apprécier – c’est aussi un dessin que je n’ai pas trop aimé. Inégal et pas exempt de défauts, il est lisible, mais, à l’instar de l’intrigue, il ne m’a pas emballé.
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Princesse Puncheuse
Une série pas trop mal, mais qui manque vraiment d'originalité. En fait, il y a une idée assez original qui m'a bien surpris, mais le reste sens un peu trop le déjà vu. On est encore dans une œuvre de fiction japonaise qui se passe dans un monde médiéval de style européen avec de la magie, la réincarnation d'une sainte, des dragons, des elfes, des aristocrates...Si la série avait sorti il y a 10 ans j'aurais peut-être trouvé le scénario plus passionnant à lire, mais là j'ai trop lu ou vu de séries avec le même décors qu'il faut vraiment que le scénario soit très bon pour me passionne et ici c'est juste correct. Dommage parce que c'est bien amusant de voir des riches connards se faite péter la gueule et pour une fois on dénonce l'esclavage, mais bon le scénario est tout de même un peu répétitif. J'aime bien Scarlett et son frère, mais la plupart des personnages me laissent un peu indifférent. Au niveau de la romance, je ne suis pas trop fan de ce que je vois. La sainte qui est à peine adolescente tombe amoureuse du frère de l'héroïne qui est adulte. De ce que j'ai lu, cela reste tout de même acceptable parce que seul la sainte semble amoureuse et il ne fait rien de dégoutant avec elle, mais bon j'aime juste pas trop cette intrigue là. Je comprends que c'est pour les adolescentes qui ont surement le même âge que la sainte et qui rêve de jeunes hommes matures et gentils et comme je suis moi-même un homme adulte ben ça ne me parle pas. Le pire reste quand même le prince qui est le petit ami potentiel de Scarlett qui fait parti des personnages masculins de shojos avec une personnalité envahissante que je trouve horripilant. J'ai juste envie que Scarlett le frappe jusqu'à ce qu'il meurt ! Le dessin est pas mal et dynamique. On gros, c'est pas le pire shojo et il y a des qualités...mais son univers peu original me laisse un peu indifférent.
Déraciné - Un tirailleur en fuite
La Grande Histoire de la Grande Guerre comporte des milliers de petites histoires. Thibault Rougès, jeune auteur bordelais, s'est intéressé à celle du camp du Courneau, installé à l'époque près d'Arcachon, et conçu pour recevoir en hivernage des milliers de tirailleurs sénégalais, dont les rangs s'éclaircissaient à grande vitesse dans les champs de bataille du nord et de l'est de la France. n climat plus clément était censé leur permettre de se reposer avant de repartir au combat. Mais la tuberculose commença là aussi à opérer des coupes sombres (sans mauvais jeux de mots). C'est ainsi que Beckadou, venu du Sénégal, décide de s'échapper, sans même savoir dans quelle direction partir dans cette forêt des Landes alors encore plus dense que maintenant. Thibault Rougès, dont c'est le premier album, a choisi le noir et blanc pour raconter cette histoire, dont la moitié est sans dialogue. On suit juste Beackadou dans ses errances forestières, d'abord tout seul, puis poursuivi par quelques paysans locaux après avoir dérobé un bout de pain dans une maison de la Teste. Il va payer de sa vie ce modeste larcin, et ce ne fut pas la mascarade de procès qui s'en suivit qui permit de le réhabiliter. Rougès lui rend donc hommage, et à travers li, il rend aussi hommage aux dizaines de milliers de tirailleurs qui ont été enrôlée, embarqués, instruits sur l'art militaire à des milliers de kilomètres de chez eux, pris dans un conflit qui ne les concernait en rien. Il y a de très belles planches dans cet album, avec des endroits bordelais emblématiques, ainsi que la nature sauvage du Bassin d'Arcachn et des alentours. Le style est encore un peu naïf, on sent que le dessinateur n'a pas encore atteint sa maturité graphique, notamment dans les anatomies et la mise en scène, cependant il y a déjà de belles choses. C'est émouvant, instructif (il y a de longs textes sur la guerre et les tirailleurs sénégalais en fin d'album), et quand même plaisant à l'oeil.
Washita
Je me retrouve très bien dans l’avis d’Agecanonix. En effet, comme lui, je suis passionné par l’univers et les cultures amérindiens. Et, comme lui, j’ai été quelque peu rebuté par le dessin, qui reste lisible, mais qui n’est pas franchement ma tasse de thé. L’originalité de cette série, c’est le fait que l’accent soit mis sur les liens unissant Amérindiens et nature – ou plutôt espèces animales. Avec pas mal de planches liées à la création du monde, mais aussi et surtout aux divinités animales, leurs pouvoirs, les moyens de se les concilier, etc. J’aime bien a priori cet aspect. Un angle d’attaque qui mêle récit réaliste classique et fantastique, lorsque apparaissent ces divinités. Hélas, j’ai trouvé que ça basculait de plus en plus dans du fantastique pur, au point d’en faire trop à mon goût, en particulier dans le cinquième et dernier tome, où cela sature un peu trop le récit. Pour le reste, c’est une série agréable à suivre, avec une narration très aérée (pas mal de cases muettes, finalement peu de texte).
Elsa
Sans quelques touches d'originalité liées aux sectes, à la peinture et à une forme de voyance extralucide chez une petite fille, cette BD ne serait guère plus qu'une intrigue policière assez banale. L'histoire repose sur l'enlèvement d'une enfant par les membres de la secte que sa mère a rejointe après avoir quitté le foyer un an plus tôt. Les ravisseurs espèrent ainsi récupérer des tableaux précieux que le père possèderait ou saurait retrouver. S'ajoutent à cela les circonstances particulières entourant la création de ces tableaux, la sincérité plus ou moins douteuse des autres membres de la secte, ainsi que les visions de la fillette, mais rien de tout cela ne transforme réellement le fond de l'histoire ni son déroulement prévisible. Le graphisme de Michel Faure constitue en revanche un vrai point fort. Son style peut sembler un peu daté aujourd'hui, mais il garde un charme certain, notamment grâce à un travail de couleur que j'apprécie. Les grandes planches inspirées de Modigliani apportent elles aussi une vraie personnalité aux albums, même si elles restent finalement des illustrations qui ne dialoguent pas vraiment avec l'action. Le scénario, pour sa part, est assez inégal. Les idées originales évoquées plus haut éveillent l'intérêt, mais l'intrigue policière accumule les clichés au point de devenir un peu laborieuse. Le principal antagoniste est d'ailleurs une caricature manichéenne, visiblement façonnée pour être haï sans nuance. Quant au jeune commissaire de police, d'abord plutôt attachant, il devient rapidement aussi inefficace qu'inconstant, notamment dans la conclusion où il aurait pu jouer un rôle bien plus utile. Du coup, la série laisse une impression légèrement décevante : un récit convenu relevé ici et là par quelques idées originales et un graphisme réussi.
Capucin
Étonné des notes relativement basse, malgré les commentaires élogieux ! Nous avons une bd fun, sans temps mort, réjouissante et fraiche. Dans cette narration fluide, on suit avec plaisir Capucin, à la coiffure seventies-chelou, dans un monde moyenâgeux et coloré. Une belle réussite !
Alix
Alix est très inégal, dur à noter, donc… J'ai commencé par Les légions perdues, savoir la scène où un homme fuit sur un toit, une nuit d'orage, avec ce qui s'avère l'épée de Brennus. L'architecture était là, mais le mouvement, l'ombre et la lumière, aussi, pour une fois.. Le pitoyable Enac, non, ce boulet gaffeur et ingrat. Quel bon souvenir ! Quelle facilité du scénario, cet Enac, il est là comme dans certaines histoires la femme pour attirer des ennuis faisant les aventures du héros ! Arbacès est un méchant intéressant, et méchant, méchant, il ne gouverne pas si mal que ça, quand d'aventure il a le pouvoir usurpé au descendant d'Oribal. Est-il vraiment pire que César, avec qui Alix a des relations intéressantes ? Et Vercingétorix était-il un bon ou un mauvais chef ? En tout cas, l'auteur lui donne une fine apothéose plus belle que celle de finir sacrifié à la fin du triomphe de César ! Alix est étrangement proche des esclaves pour l'époque, ce qui est dur à croire, même pour un ancien esclave, vu que les affranchis, les esclaves mêmes pouvaient avoir des esclaves… et n'étaient pas connus pour leur faire de cadeaux. Iorix était-il un bon ou un mauvais dirigeant ? J'ai l'impression que l'auteur se pose souvent ce genre de questions. Mais malgré une tonne de documentation, je trouve la série bien irréaliste avec son héros sans peur et sans reproche chevaleresque, sauf quand il enterre des ennemis ou parle à la foule : le respect des dépouilles mortelles et l'art oratoire très important à l'époque. Murena est bien plus réaliste… Mais des enfants pourraient-ils le lire ?
Pucelle
Une bd relativement brute de décoffrage. Un ouvrage sincère et qui cible précisément son sujet : son enfance et le début de sa sexualité (chaotique) ainsi que toute son éducation (chrétienne et haute bourgeoisie) qui l'a construite... et tordue. Je trouve qu'il y a une colère de fond et une vitalité qui donne un punch à cette bd. Qualité plutôt rare aussi, l'autrice réussie à mettre des mots, à expliquer des ressentis, parfois subtils, de ce que l'on ressent et qu'on ne comprend qu'à moitié et pourtant complètement, lors que l'on est enfant. Il y a également un regard à la fois de l'enfant qu'elle était et d'aujourd'hui sur ses parents. Au fond, malgré une éducation chrétienne mortifère, il y a beaucoup de vie qui ne demande qu'à se libérer, et rien ne l'arrête ! J'ai lu les 2 tomes à la suite sans les lâcher.
Adrastée
Comme quasiment l'ensemble de l'humanité (l'ensemble des espèces sentientes et douées de langage je serais même tentée de dire) je suis fascinée par la mort. Qu'on la craigne ou qu'on l'ignore elle reste un part importante de la vie, sa finalité, ce qui lui donne un sens nous dirait même beaucoup de philosophes. Alors les récits portés sur ce sujet, moi comme d'autres, ça fascine. Comme beaucoup de gens et d'artistes avant lui, Bablet décide dans cet album de se pencher sur la question de la mortalité et du sens qu'elle donne à notre vie, qu'on lui donne aussi, en suivant l'histoire d'un individu qui ne peut tout simplement pas mourir. Envié par les gens avides de pouvoir, jalousé, haï même par certaines personnes le considérant comme responsable des nombreuses guerres voyant le jour en son nom (mais sans son consentement), notre protagoniste est accablé. Nous ne connaissons pas son nom, nous n'en avons pas besoin et, de toute façon, lui-même l'a oublié. Il a oublié de nombreuses choses, c'est le problème d'avoir vécu déjà mille an. Il erre a travers le monde en quête de quelque chose, d'une réponse à ses questions, d'une raison à son existence, oubliant parfois en route mais continuant d'avancer car désespéré. Qu'il s'agisse de la postérité artistique, des histoires et légendes, de l'enfantement, des contacts et liens humains, des souvenirs, … tout ce qui a trait de près ou de loin au concept de vie et de mort, de souvenir et d'éternité sera traité ici. L'aventure de notre protagoniste est décousue, il avance, il rencontre des gens qui le font se questionner ou lui rappelle des souvenirs, puis il repart et oublie malgré lui. Je me garde de trop vous en dire parce que l'œuvre m'a parue portée sur la réflexion et aurait donc tout le mérite d'être découverte. C'est du Bablet classique, on retrouve son goût pour les questionnements philosophiques, les récits sur les liens humains, ses personnages anguleux caractéristiques (que je trouve personnellement très beaux) ou encore son amour pour les machines (il n'yen a techniquement pas, mis à part Talos, mais les armures et certains décors ont presque des allures de SF mêlée à des décors de Grèce Antique). Une de ses première œuvres si je ne dis pas de bêtise, je l'ai trouvée très intéressante - même si pas autant aboutie qu'on pu être certaines de ses œuvres postérieures. Sans doute la narration est ici un peu trop flottante, un peu trop décousue pour être encensée, même moi qui l'ai pas mal appréciée ne me montrerait pas excessivement dithyrambique ici, pourtant je me montrerais tout de même un tantinet généreuse dans ma note. Parce que j'aime les tragédies grecques, les réflexions sur la condition humaine et les récits fantastique doux-amers. (Note réelle 3,5)
Cyan
Il y a des choses intéressantes dans cet album, tout n’est clairement pas à jeter. Mais je me suis assez rapidement ennuyé en le lisant. En effet, ce pavé de près de 500 pages s’étale trop, les longueurs se succèdent, au point que j’ai eu beaucoup de mal à me captiver pour les personnages, et pour l’histoire. Un groupe de personnes appartenant à diverses catégories sociales, se trouve bousculé par le retour à la surface d’une affaire vieille d’une vingtaine d’années. Le côté polar (genre affaire terroriste « cold case ») est peu palpitant. L’auteure développe aussi certains aspects sociaux pas inintéressants, avec des catégories définies par leur couleur de cheveux, les « bleus » représentant semble-t-il les catégories défavorisées et stigmatisées (étrangers, jeunes de cités, etc. ?). Mais même cet aspect peine à être exploiter à fond, et il n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue. Ce qui m’a aussi empêché de bien entrer dans ma lecture – et ensuite de l’apprécier – c’est aussi un dessin que je n’ai pas trop aimé. Inégal et pas exempt de défauts, il est lisible, mais, à l’instar de l’intrigue, il ne m’a pas emballé.