Les derniers avis (5 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Si je t'écris...
Si je t'écris...

Un homme retourne avec sa famille dans la maison de vacances de son enfance, où il replonge dans les souvenirs d'une semaine d'été déterminante, marquée par un mystère autour d'une demeure isolée surplombant la falaise. J'ai envie de pousser cette BD, ne serait-ce que pour son dessin, que j'ai trouvé absolument magnifique. Le trait de Denis Bodart est d'une liberté et d'une assurance impressionnantes, avec ce côté légèrement crayonné qui apporte beaucoup de douceur et de vie aux planches. Même si je trouve que les cadrages sont parfois un peu trop serrés pour un album de grand format comme celui-ci, il y a une vraie richesse visuelle et une capacité à faire ressentir les ambiances qui m'ont clairement marqué. J'ai aussi beaucoup aimé toute la dimension nostalgique du récit. Nostalgie de l'enfance, des vacances en famille en bord de mer, mais aussi des années 70-80. Le décor, qui m'évoque clairement Étretat, avec en plus cette maison perchée sur la falaise (un fantasme personnel, j'avoue), renforce encore ce charme. Il y a quelque chose de très évocateur dans ces paysages, dans cette lumière, dans ces petits moments du quotidien qui me parlent immédiatement. Cela dit, malgré toutes ces qualités, je ne peux pas m'empêcher de rester un peu en retrait sur le fond. Toute la construction autour de ce souvenir d'enfance et du mystère lié à cette maison laisse espérer quelque chose de plus marquant. Et quand la révélation arrive, elle est certes touchante, traitée avec pudeur, mais elle m'a semblé finalement assez limitée, vite expédiée et presque trop simple par rapport à l'attente installée. Il y a bien un petit supplément en toute fin qui vient légèrement enrichir l'ensemble, mais ça ne suffit pas totalement à donner au récit l'envergure que j'espérais. J'ai parfois eu l'impression que tout cela restait un peu trop contenu, un peu trop rapide aussi dans sa manière de dérouler les événements. J'ai passé un très beau moment, porté par l'excellent dessin et cette atmosphère nostalgique particulièrement réussie, mais sans être complètement emporté par l'histoire. Ça reste une lecture qui m'aura laissé un joli souvenir.

03/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Sage
Sage

J’ai déjà lu plusieurs albums de Quentin Zuttion. Tous évoquaient largement l’homosexualité. Mais dans cet album autobiographique il le fait de façon beaucoup plus forte, prenante (même si dans son adaptation de Salon de beauté il y avait déjà une certaine noirceur – liée au développement du Sida dans la « communauté » gay. Ici Zuttion se met à vif, et propose à ses lecteurs une sorte d’analyse, de psychanalyse ouverte, ne cachant pas grand-chose de ses douleurs (l’homophobie « ordinaire » de sa famille, les violences subies durant sa jeunesse avant son coming out), et c’est un homme tiraillé par toutes sortes d’angoisses – qui le rendent presque allergique aux relations sociales, dépendant comme d’une drogue de certains réseaux sociaux. Ces angoisses sont matérialisées par des « zombies » aux yeux brillants qui le poursuivent un peu partout. L’album est vite lu, il y a peu de texte, Zuttion usant d’une narration préférant les silences et les murmures aux longues tirades. C’est une lecture intéressante, qui nous fait entrer profondément dans la psyché de l’auteur.

03/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Jours de chasse
Jours de chasse

Un Serbe – expatrié quelques temps en Finlande – revient temporairement voir ses amis d’enfance. Nous sommes aux débuts des années 1990, et la guerre civile et les nettoyages ethniques battent leur plein. Notre jeune homme va se trouver confronté à une réalité difficile à accepter. Dans une postface, Dabitch explique en quoi son histoire familiale (il est issu d’une famille serbe, et a voyagé plusieurs fois dans la région peu après les « événements ») a pu le pousser à écrire cette histoire. Une histoire qui se laisse lire. Qui traite d’un sujet douloureux, et déjà pas mal traité. Dabitch le fait de façon dépassionnée, le calme du récit tranchant avec les massacres perpétrés à l’époque (même lorsque des gens sont tués, ça reste très « calme »). Par contre j’ai trouvé que le dessin de Gonzalez – assez clivant, mais que j’avais plutôt apprécié sur d’autres séries – accentuait trop cet aspect « dépassionné ». Le style/rendu ne convient peut-être pas à ce type de récit, je ne sais pas. Une lecture intéressante, mais pas autant que je ne l’avais espéré au départ.

03/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Lapin des Baskerville
Le Lapin des Baskerville

Mouais. Cette collection Pataquès se révèle très inégale. J’y retourne régulièrement, tant elle se développe sur un créneau qui a priori m’intéresse, à savoir l’humour – le plus souvent con ou absurde. Mais j’ai à plusieurs reprises été déçu, comme ça a été le cas avec cet album. Dans des décors mêlant savanes et forêts ou prairies européennes, nous suivons quelques bestioles (là aussi pas mal de mélanges, animaux domestiques ou sauvages, une famille de loup des escargots, un renard, un gros poussin, un lapin donc, et même un ornithorynque !). Le point de départ est donc assez loufoque, mais pourquoi pas, sur ce genre de BD jouant sur les dialogues et l’humour, ça passe très bien. C’est un là que le bât blesse en fait. Car l’humour est un peu poussif et ne m’a que rarement convaincu ou poussé au sourire. Ça se laisse lire, quelques gags/situations/dialogues sont sympathique et permettent une lecture plaisante. Mais globalement ça m’a laissé un peu sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

03/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Scoot toujours
Scoot toujours

Cette BD m'est apparue doublement démodée. D'abord par son sujet même : les scooters. J'ai vraiment l'impression que ce n'est plus du tout dans l'air du temps aujourd'hui, en 2026, largement supplantés par les vélos et trottinettes électriques, ou par les motos pour ceux qui restent attachés aux vrais deux-roues motorisés. Et même en 2011, date de sortie de l'album, ça donnait déjà un petit côté en retard, la vraie période "boosters" me semblant plutôt appartenir à la fin des années 90. Ensuite par son concept, qui reprend avec vingt ans de retard, la formule de Joe Bar Team et de ses nombreux ersatz, mais dans une version beaucoup moins inspirée. Le problème, c'est que là où les motos pouvaient encore faire rêver, les scooters donnent ici une impression beaucoup plus banale, presque cheap, qui n'aide pas à embarquer le lecteur. Côté dessin, c'est correct sans plus. Le trait est souple, mais l'encrage est trop léger, ce qui donne un rendu un peu fade, parfois proche de l'inachevé. Il n'y a pas vraiment de personnalité graphique qui se dégage. Les gags, eux, ont le mérite d'être assez variés, mais ça ne suffit pas. Je ne les ai globalement pas trouvés drôles, et ils tournent trop souvent autour du côté dragueur lourdingue d'un personnage principal peu attachant. Résultat, l'humour tombe trop souvent à plat. Je n'ai pas ri, et surtout je me suis ennuyé.

03/05/2026 (modifier)