Les derniers avis (5 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Dans les couloirs du Conseil constitutionnel
Dans les couloirs du Conseil constitutionnel

J'ai lu cette BD peu après La Tour de Babel - Voyages au coeur du grand bazar européen et je trouve qu'on a le même genre de BD, ce qui m'a fait ressortir encore plus les défauts. Le premier d'entre eux, c'est ce gimmick qui m'agace de mettre deux personnages dont l'un explique à l'autre ce qu'il faut comprendre. C'est assez souvent une façon un peu fainéante de faire passer le message par des dialogues qui mettent un des personnages en avatar du lecteur, mais plusieurs BD que j'ai lu parviennent à faire mieux en imaginant quelque chose de plus ludique ou créatif narrativement. Le gros souci que j'ai avec, c'est qu'ici encore les explications sont souvent parasitées par les facéties d'un personnage qui s'amuse en arrière plan, comme si l'autrice avait peur de lasser par des explications rébarbatives et donc en laissant un peu d'amusement passer dans ces planches. Sauf qu'en tant que lecteur, ça me fait lire souvent deux fois la même planche, une fois pour comprendre le propos qui est dense, une fois pour apprécier ce qui est dit derrière dans les personnages rigolos. Cet artifice est souvent lourd dans la lecture puisqu'il casse une fluidité que j'attends de la BD. Maintenant, le propos de la BD est intéressant sur ce fameux conseil constitutionnel, organisme garant de l’État de droit et qui semble sacrément intéressant en notre temps (je dis ça comme ça ...). Je ne connaissais pas toutes ses prérogatives ni son histoire, mais c'est intéressant. D'ailleurs je crois que cette BD complète bien d'autres ouvrages sur notre démocratie et les arcanes législatives qui gèrent notre vie. C'est dommage que la réalisation ne soit pas suffisamment léché pour arriver à faire ressentir l'essentiel de ce conseil constitutionnel, notamment par des schémas ou des métaphores bien senties qui font passer clairement l'essentiel de ces informations. J'ai quelques bribes en tête mais la majorité est déjà en train de s'effacer et la BD ne m'a pas suffisamment convaincu pour que je la relise. D'autres BD documentaires m'ont fait ressentir de manière bien plus efficace leurs sujets. C'est donc une BD intéressante, dont la réalisation est fonctionnelle mais pas extraordinaire que je ne trouve pas particulièrement notable. De fait, la BD est un peu longue pour ce que j'en retiens, et je ne serais pas convaincu qu'il faille la lire. C'est une BD plus intéressante pour des jeunes qui découvrent les rouages de notre état.

02/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Après l'orage (Cremers)
Après l'orage (Cremers)

Une BD lente sur un choix à faire dans sa vie. La BD commence par l'arrivée de Hélène, une femme d'une quarantaine d'années, chez ses parents. Sa mère a Alzheimer, son père est un peu artiste. La pluie commence à arriver et couper les routes. Elle doit rester pour la nuit. Et puis les questions essentielles arrivent, les discussions importantes aussi ... La BD est lente, franchement lente, laissant le temps au propos de se développer. Certaines choses prennent sens dans la durée, jusqu'à certains moments clés et souvent muets. On comprend sans avoir besoin de texte pour nous souligner les choses, ce qui est franchement bien, d'autant plus pour un récit intimiste qui raconte les difficultés que traverse cette femme, et notamment la question de la prise de conscience qu'elle doit faire. Le tout est enrobé dans une histoire de pluie torrentielle et d'eau qui monte. Je ne sais pas trop de quand date l'idée de la BD mais ça m'a fait penser à ces inondations catastrophiques qui ont dévastées la Belgique en 2021. Cette idée introduit quelque chose d'inquiétant, une sorte de métaphore de tout ce qui remonte progressivement et nous isole des autres, mais aussi un refoulement d'émotion qui monte et gagne tout, dévastant nos vies jusqu'à un lever de soleil métaphorique sur une nouvelle étape de la vie. Hélène est une femme meurtrie, qui doit reconnaitre ses échecs et la réalité de ce qu'elle vit, forcée de rester chez ses parents qui sont gagnés par la maladie également. Le tout est servi par un dessin étrange, avec des têtes que j'ai trouvé trop fixe pendant un long moment avant de comprendre que c'était une volonté de l'auteur, puisque Hélène va progressivement changer de tête et se dérider, tout en s'ouvrant aux autres. L'air hautain est une défense qu'elle adopte pour survivre. En fait, en écrivant l'avis, j'ai un meilleur souvenir que la première impression que j'avais en écrivant l'avis. C'est une BD qui reste simple dans son déroulé, lent mais pas chiant, avec un rendu final plutôt tendre. Je vois quelques défauts, dont le principal selon moi est la disparition des parents étrangement fantastique. Je comprend que c'est une façon de continuer la métaphore du récit, mais cette disparition est si brusque et irréelle (presque irréaliste) qu'elle fait un peu tâche face au reste du récit qui est très réaliste. Cependant, en dehors de cette note que j'ai trouvé de trop, le reste est franchement bien tenu et arrive à me marquer plus que je n'aurais cru. En fin de compte je serais plus modéré dans ma note et mon avis, enclin à vous conseiller cette BD finalement.

02/04/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Persecution
Persecution

Du bon post apo qui tâche, de la série B de qualité. Cette bande est largement ignorée et pourtant c'est un très bon recueil d'histoires courtes qui n'a pas à rougir face aux autres productions de la catégorie SF post apo. Le trait de Rubio, qui fait très années 90, est plein de charme. Si on veut chercher la petite bête, cette bande se lit assez vite étant donné qu'on compte seulement 42 pages. Lecture recommandée.

02/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Helen de Wyndhorn
Helen de Wyndhorn

Je note large pour le dessin superbe et l'enthousiasme qui m'a porté tout au long de ma lecture, dans une ambiance parfaitement orchestré entre son hommage et son propos. Parce que cette histoire est avant tout un bel hommage à la fantasy pulp des années 30, clairement inspiré de la vie de Robert E. Howard et son célèbre Conan, mais pas seulement puisqu'il y a aussi l'esthétique renvoyant au comics pulp, notamment l'héroïne qui rappelle pas mal Red Sonja. C'est une surtout cet hommage qui se ressent, mais l'esthétique de la BD en envoie plein les mirettes, entre les couvertures magnifiques, le dessin coloré et rappelant les bons vieux designs de fantasy héroïque de ces années-là, sans jamais faire dans le plagiat ni dans la reprise sans originalité. Le dessinateur s'est fait plaisir en mélangeant différents styles visuels, chacun absorbé et digéré, jamais saugrenue. C'est clairement une maitrise de sa part, avec la combinaison de tout ce qu'il veut référencer suffisamment bien mélangé pour qu'on ne voit pas uniquement là quelque chose de forcé. Ce dessin est un excellent point, si ce n'est le meilleur, de cette BD. Pour autant, la BD n'est pas en reste sur l'histoire, prenante jusqu'au bout. C'est une histoire qui démarre doucement, avec cet interview d'une vieille femme par un type que je pensais plus important qu'il ne l'est finalement. Mais très vite, on comprend que ce sera une histoire scindée en deux parties : la narration de cette vieille femme, entrecoupée des cassettes enregistrées qui voyagent de propriétaire en propriétaire. Le tout est entrainant avec l'introduction progressive de ce monde de fantasy débridé, sans règles et qui ne se laisse jamais cerner ou appréhender totalement. L'histoire reste celle de cette gouvernante qui n'y va jamais, se contenant de tenir le rôle qu'on lui a donné tout en acceptant parfois de sortir de celui-ci pour obliger quelqu'un à se bouger. Le seul défaut que je vois à cette histoire est là toute fin, qui semble montrer l'importance de ces histoires certes mais qui se finit sans réellement avoir de point final. C'est dommage, même si je comprends la portée de ce message : les histoires comme celles-ci ne s'arrêtent jamais et leurs héros vivent encore à travers nous. Cependant, je trouve que la fin est abrupte, pas spécialement marquante et peut-être un peu trop cryptique. La dernière planche semble vouloir dire quelque chose mais je n'ai pas compris quoi. Bref, la BD est riche visuellement et franchement intéressante, prenante dans un récit épique mais aussi intime. C'est franchement bon, avec un dépaysement qui fait plaisir et me donnerait envie de revoir cette fantasy grand spectacle, débridée, s'autorisant tout et n'importe quoi pour faire rêver et proposer une inventivité de chaque instant. Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture même si la fin m'a un peu déçu. Donc lecture conseillée !

02/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Indicible
L'Indicible

2.5 Gou Tanabe semble vouloir adapter toute l'œuvre de Lovecraft et il continue avec ses nouvelles dont plusieurs mettent en vedette le personnage de Randolph Carter. On retrouve certains des thèmes cher à l'auteur comme le monde des rêves (Lovecraft passait son temps à faire des cauchemars), les secrets de l'univers que les humains ne devraient pas connaitre, la mince ligne entre le rêve et la réalité.... Le résultat est encore une fois correct, mais aucune des histoires courtes ne m'a pas semblé mémorable. Certaines m'ont même laissé sur ma faim avec des fins qui m'ont semblé abruptes. Un autre problème est que Lovecraft reprends toujours les mêmes obsessions alors à force les récits deviennent un peu trop répétitif et les péripéties sont facile à devenir. En gros, un album pour ceux qui ont déjà adoré les autres adaptations de cet auteur sur Lovecraft. Ce n'est pas un album que je conseillerais à ceux qui n'ont pas encore découvert le travail de Tanabe.

02/04/2026 (modifier)