Une série d’aventure historique « exotique », qui se déroule en Chine au crépuscule de l’Empire, alors que les puissances occidentales – ici Anglais et Français – commencent à se partager le contrôle de l’Empire moribond sous des motifs assez hypocrites (je n’ai juste pas trop compris pourquoi la France de Napoléon III s’était investie à ce point dans une opération qui la voit d’un bout à l’autre à la remorque des Anglais – qui sont les seuls en plus à contrôler le commerce de l’opium via leur Empire des Indes, et donc à avoir de réels intérêts à défendre : de fait, le chef de l’expédition française est ici souvent ridicule de suivisme qui ne s’assume pas).
Il y a pas mal de choses sympathiques dans ce récit, même si d’autres aspects m’ont moins captivé, et si le dernier album m’a plutôt laissé sur ma faim (j’ai lu la série d’une traite dans l’intégrale parue récemment).
Le dessin de Besse est plutôt réussi, que ce soit pour les personnages ou les décors. Sans être hyper détaillé, il est expressif et dynamique, globalement plaisant.
Le récit est assez rythmé, et le scénario de Bollée et Alcante lorgne vers l’aventure hollywoodienne classique (rapprochement qui me vient sans doute des films « Les 44 jours de Pékin » ou « La canonnière du Yang-Tsé » - qui s’intéresse à une période légèrement postérieure). Mais il y a quand même quelque chose de proche, avec ces personnages emportés par la grande Histoire, ces amours impossibles, et ces personnages taillés au cordeau – qui souvent manquent de nuance cela dit.
Les deux premiers albums sont les meilleurs, on est emporté avec Montagne dans cette aventure chinoise dans les années 1859-1860, petite et grande histoire se mêlant plutôt bien.
Mais le dernier tome m’a moins convaincu. D’abord parce que c’est celui où les personnages révèlent leurs faces cachées, et surtout maladroitement : beaucoup manquent de nuances, et par là même de crédibilité. Du fils du général au super méchant vicieux sous-officier français, leur comportement est trop improbable.
Le personnage de la journaliste fouille-merde, sorte de reporter de guerre avant l’heure, amie de Victor Hugo, est de trop et pas crédible (déjà un homme dans ce rôle… Mais une femme, à cette époque, je n’y ai pas cru).
De plus, la fin de l’histoire est expédiée. On se débarrasse facilement de cette journaliste, de l’idylle entre Montagne et Jia-Li. Quant à Marais, le méchant de service, déjà un peu trop caricatural, il se transforme en quelques cases en une sorte de dément mégalomane pétant les plombs et est lui aussi expédié. Cette fin manque de finesse.
Mais globalement on a là un triptyque qui se laisse lire, et qui plaira aux amateurs d’aventure exotique ancrée dans un pan d’Histoire oublié.
Un conte relativement classique dans son déroulement, fortement ancré dans l’univers japonais.
Une lecture intéressante, et surtout belle à regarder. Car Toppi a vraiment beaucoup de talent, son coup de crayon, son utilisation du Noir et Blanc, tout ici est réussi. Que ce soit les personnages (hommes ou démons), les animaux, les décors (villages ou forêts), c’est vraiment très chouette.
Quant au récit, c’est l’histoire d’un enfant, héritier d’un prince déchu recueilli par un vieil ermite et qui va peu à peu, une fois devenu adulte, et avec l’aide d’un Renard, accomplir plusieurs miracles, jusqu’à renverser le méchant démon responsable de la déchéance de son père : bien sûr au final le héros va recouvrer son trône, le Renard sa vraie identité. Du classique donc, mais bien mené, la narration est aérée, agréable.
Une belle réussite du genre.
Frankenstein, du mangaka Junji Ito, est en réalité un recueil de 11 nouvelles du maître réalisées entre 1989 et 2000, Frankenstein ayant été dessinée entre septembre et novembre 1994. Parmi ces œuvres figurent notamment 6 courtes histoires de 30-40 pages chacune, centrées sur le personnage principal d'Oshikiri, lycéen complexé par sa taille et vivant seul dans une grande bâtisse, ses parents étant en voyage pour leur travail. Le scénario de ces nouvelles, centrées sur l'existence de dimensions alternatives à la nôtre sont plutôt originales et efficaces. Elles m'ont un peu fait penser aux histoires de la série TV "La quatrième dimension". Les dernières nouvelles de quelques pages sont un peu plus anecdotiques et parfois à la limite du ridicule (notamment celles centrées sur le bichon maltais du mangaka...).
S'agissant à présent de l'histoire centrale de l'ouvrage, Junji Ito adapte très fidèlement le classique de Mary Shelley datant de 1818. Les seules différences résidant dans la chute finale et lors de la création de la compagne du Monstre, Junji Ito ne pouvant résister à mettre en images une seconde fois le retour à la vie d'une créature morte.
Bien que l'histoire reste fluide et plutôt agréable à lire, les 188 pages ne permettent pas à l'auteur de fluidifier l'ensemble de l'histoire. Certains passages sont ainsi selon moi trop abruptes. Par exemple, le changement de point de vue de Victor Frankenstein sur la bête et plus globalement sur son travail est bien trop rapide. De même, les personnages secondaires tels qu'Henry ne sont pas assez travaillés à mon goût et ont parfois des réactions peu crédibles (Henry validant très rapidement la création d'une compagne pour le monstre à partir de cadavres féminins par exemple !). L'histoire aurait donc gagné à être un peu plus étoffée pour fluidifier l'ensemble, nuancer certains passages ou encore mieux décrire cette relation particulière existant entre la Bête et son créateur.
Du point de vue des graphismes, en tant que maître de l'épouvante, Ito excelle bien évidemment dans la mise en image des scènes horrifiques, la création de la bête et de sa compagne en étant les points culminants. J'ai été en revanche un peu moins séduit par le trait du reste des protagonistes, notamment Viktor Frankenstein, mais cela reste très subjectif.
Enfin, le recueil de plus de 400 pages, édité aux éditions Mangetsu, et agrémenté de l'analyse de Morollian en fin d'ouvrage, est vraiment magnifique avec son titre en vernis différencié et sa couverture rigide. Il devrait trôner fièrement dans toute bonne bibliothèque des fans du mangaka même si, vous l'aurez compris, il ne s'agit pas de sa meilleure œuvre selon moi.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10
NOTE GLOBALE : 13/20
Akileos continue de traduire les séries d'EC Comics et celle-ci est un gros morceau parce qu'elle fait partie, avec ''Tales from the crypt'' et ''The Haunt of Fear'' de la trilogie des comics d'horreur qui a fait la célébrité de l'éditeur dans les années 50.
Comme c'est le cas avec les autres recueils d'EC comics, la qualité est inégale selon les récits et je trouve même qu'il y a une grosse différence de qualité entre les deux albums. En effet, dans le premier tome on est au début des histoires fantastiques d'EC Comics et les histoires sont souvent plus faibles et plus banales que ce qu'ils font par la suite. J'ai trouvé que plusieurs histoires avaient des chutes pourries du genre le personnage principal qui se réveille et se rends compte que tout ce qui est arrivé depuis le début était un horrible cauchemar, mais là on voit que son cauchemar va se réaliser. On ne trouve pas les fameux hosts qui ont fait la renommée de l'éditeur.
Quand ses personnages débarquent enfin, la qualité augmente même si évidemment certains récits sont mieux que d'autres. J'ai remarqué que je ne suis pas un grand fan du travail de Johnny Craig. À contrario lorsque c'est bon c'est très bon et le tome 2 contient une de mes histoires préférées à savoir celle du vampire qui travaille dans une banque de sang. C'est le genre d'histoires avec de l'humour noir comme je l'aime et en plus c'est dessiné par mon dessinateur préféré de l'écurie d'EC Comics à savoir Jack Davis.
En gros, si vous avez déjà lu des récits d'horreurs de cette éditeur, vous savez ce que vous allez retrouver et si c'est pour vous.
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LaoWai
Une série d’aventure historique « exotique », qui se déroule en Chine au crépuscule de l’Empire, alors que les puissances occidentales – ici Anglais et Français – commencent à se partager le contrôle de l’Empire moribond sous des motifs assez hypocrites (je n’ai juste pas trop compris pourquoi la France de Napoléon III s’était investie à ce point dans une opération qui la voit d’un bout à l’autre à la remorque des Anglais – qui sont les seuls en plus à contrôler le commerce de l’opium via leur Empire des Indes, et donc à avoir de réels intérêts à défendre : de fait, le chef de l’expédition française est ici souvent ridicule de suivisme qui ne s’assume pas). Il y a pas mal de choses sympathiques dans ce récit, même si d’autres aspects m’ont moins captivé, et si le dernier album m’a plutôt laissé sur ma faim (j’ai lu la série d’une traite dans l’intégrale parue récemment). Le dessin de Besse est plutôt réussi, que ce soit pour les personnages ou les décors. Sans être hyper détaillé, il est expressif et dynamique, globalement plaisant. Le récit est assez rythmé, et le scénario de Bollée et Alcante lorgne vers l’aventure hollywoodienne classique (rapprochement qui me vient sans doute des films « Les 44 jours de Pékin » ou « La canonnière du Yang-Tsé » - qui s’intéresse à une période légèrement postérieure). Mais il y a quand même quelque chose de proche, avec ces personnages emportés par la grande Histoire, ces amours impossibles, et ces personnages taillés au cordeau – qui souvent manquent de nuance cela dit. Les deux premiers albums sont les meilleurs, on est emporté avec Montagne dans cette aventure chinoise dans les années 1859-1860, petite et grande histoire se mêlant plutôt bien. Mais le dernier tome m’a moins convaincu. D’abord parce que c’est celui où les personnages révèlent leurs faces cachées, et surtout maladroitement : beaucoup manquent de nuances, et par là même de crédibilité. Du fils du général au super méchant vicieux sous-officier français, leur comportement est trop improbable. Le personnage de la journaliste fouille-merde, sorte de reporter de guerre avant l’heure, amie de Victor Hugo, est de trop et pas crédible (déjà un homme dans ce rôle… Mais une femme, à cette époque, je n’y ai pas cru). De plus, la fin de l’histoire est expédiée. On se débarrasse facilement de cette journaliste, de l’idylle entre Montagne et Jia-Li. Quant à Marais, le méchant de service, déjà un peu trop caricatural, il se transforme en quelques cases en une sorte de dément mégalomane pétant les plombs et est lui aussi expédié. Cette fin manque de finesse. Mais globalement on a là un triptyque qui se laisse lire, et qui plaira aux amateurs d’aventure exotique ancrée dans un pan d’Histoire oublié.
Momotaro
Un conte relativement classique dans son déroulement, fortement ancré dans l’univers japonais. Une lecture intéressante, et surtout belle à regarder. Car Toppi a vraiment beaucoup de talent, son coup de crayon, son utilisation du Noir et Blanc, tout ici est réussi. Que ce soit les personnages (hommes ou démons), les animaux, les décors (villages ou forêts), c’est vraiment très chouette. Quant au récit, c’est l’histoire d’un enfant, héritier d’un prince déchu recueilli par un vieil ermite et qui va peu à peu, une fois devenu adulte, et avec l’aide d’un Renard, accomplir plusieurs miracles, jusqu’à renverser le méchant démon responsable de la déchéance de son père : bien sûr au final le héros va recouvrer son trône, le Renard sa vraie identité. Du classique donc, mais bien mené, la narration est aérée, agréable. Une belle réussite du genre.
Frankenstein (Junji Ito)
Frankenstein, du mangaka Junji Ito, est en réalité un recueil de 11 nouvelles du maître réalisées entre 1989 et 2000, Frankenstein ayant été dessinée entre septembre et novembre 1994. Parmi ces œuvres figurent notamment 6 courtes histoires de 30-40 pages chacune, centrées sur le personnage principal d'Oshikiri, lycéen complexé par sa taille et vivant seul dans une grande bâtisse, ses parents étant en voyage pour leur travail. Le scénario de ces nouvelles, centrées sur l'existence de dimensions alternatives à la nôtre sont plutôt originales et efficaces. Elles m'ont un peu fait penser aux histoires de la série TV "La quatrième dimension". Les dernières nouvelles de quelques pages sont un peu plus anecdotiques et parfois à la limite du ridicule (notamment celles centrées sur le bichon maltais du mangaka...). S'agissant à présent de l'histoire centrale de l'ouvrage, Junji Ito adapte très fidèlement le classique de Mary Shelley datant de 1818. Les seules différences résidant dans la chute finale et lors de la création de la compagne du Monstre, Junji Ito ne pouvant résister à mettre en images une seconde fois le retour à la vie d'une créature morte. Bien que l'histoire reste fluide et plutôt agréable à lire, les 188 pages ne permettent pas à l'auteur de fluidifier l'ensemble de l'histoire. Certains passages sont ainsi selon moi trop abruptes. Par exemple, le changement de point de vue de Victor Frankenstein sur la bête et plus globalement sur son travail est bien trop rapide. De même, les personnages secondaires tels qu'Henry ne sont pas assez travaillés à mon goût et ont parfois des réactions peu crédibles (Henry validant très rapidement la création d'une compagne pour le monstre à partir de cadavres féminins par exemple !). L'histoire aurait donc gagné à être un peu plus étoffée pour fluidifier l'ensemble, nuancer certains passages ou encore mieux décrire cette relation particulière existant entre la Bête et son créateur. Du point de vue des graphismes, en tant que maître de l'épouvante, Ito excelle bien évidemment dans la mise en image des scènes horrifiques, la création de la bête et de sa compagne en étant les points culminants. J'ai été en revanche un peu moins séduit par le trait du reste des protagonistes, notamment Viktor Frankenstein, mais cela reste très subjectif. Enfin, le recueil de plus de 400 pages, édité aux éditions Mangetsu, et agrémenté de l'analyse de Morollian en fin d'ouvrage, est vraiment magnifique avec son titre en vernis différencié et sa couverture rigide. Il devrait trôner fièrement dans toute bonne bibliothèque des fans du mangaka même si, vous l'aurez compris, il ne s'agit pas de sa meilleure œuvre selon moi. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10 NOTE GLOBALE : 13/20
The Vault Of Horror
Akileos continue de traduire les séries d'EC Comics et celle-ci est un gros morceau parce qu'elle fait partie, avec ''Tales from the crypt'' et ''The Haunt of Fear'' de la trilogie des comics d'horreur qui a fait la célébrité de l'éditeur dans les années 50. Comme c'est le cas avec les autres recueils d'EC comics, la qualité est inégale selon les récits et je trouve même qu'il y a une grosse différence de qualité entre les deux albums. En effet, dans le premier tome on est au début des histoires fantastiques d'EC Comics et les histoires sont souvent plus faibles et plus banales que ce qu'ils font par la suite. J'ai trouvé que plusieurs histoires avaient des chutes pourries du genre le personnage principal qui se réveille et se rends compte que tout ce qui est arrivé depuis le début était un horrible cauchemar, mais là on voit que son cauchemar va se réaliser. On ne trouve pas les fameux hosts qui ont fait la renommée de l'éditeur. Quand ses personnages débarquent enfin, la qualité augmente même si évidemment certains récits sont mieux que d'autres. J'ai remarqué que je ne suis pas un grand fan du travail de Johnny Craig. À contrario lorsque c'est bon c'est très bon et le tome 2 contient une de mes histoires préférées à savoir celle du vampire qui travaille dans une banque de sang. C'est le genre d'histoires avec de l'humour noir comme je l'aime et en plus c'est dessiné par mon dessinateur préféré de l'écurie d'EC Comics à savoir Jack Davis. En gros, si vous avez déjà lu des récits d'horreurs de cette éditeur, vous savez ce que vous allez retrouver et si c'est pour vous.