Les derniers avis (6 avis)

Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Mickey et le roi des pirates
Mickey et le roi des pirates

J'hésite un peu entre 3 et 4, mais allez, j'arrondis en haut. Ce nouvel épisode des reprises Disney de Glénat voit le retour de Joris Chamblain au scénario, après l'excellent Picsou - Le Dragon de Glasgow. Là où cet épisode dans la jeunesse de Picsou jouait avec beaucoup de réussite sur une tonalité nostalgique et sur une certaine émotion, il n'en est rien dans Mickey et le roi des pirates. Revendiquant une identité à mi-chemin entre Dickens et Pirates des Caraïbes, on admettra tout de même qu'hormis le décor londonien du XIXe siècle, la patte Dickens est relativement inexistante. De Pirates des Caraïbes, on retrouvera toutefois un peu plus l'ambiance, grâce à une virée à Tortuga plutôt réussie, avec un antagoniste particulièrement convaincant. On voit surtout que Chamblain et Dav s'amusent comme des petits fous à glisser un maximum de personnages Disney dans leur bande dessinée (jusqu'au chien Dante du Coco de Pixar ou au lézard à collerette Frank de Bernard et Bianca), et les amateurs partiront avec grand plaisir à cette chasse au trésor. Le dessin de Dav, d'ailleurs, fonctionne particulièrement bien, avec ses couleurs chaudes, et son trait rigoureux. On retrouve les personnages Disney, mais avec une petite patte bien spécifique, qui colle mieux à un univers type XIXe siècle que ce que ne l'aurait fait le trait rond habituel de la plupart des productions Disney. Mais on commence à être habitué aux excellents dessinateurs chez Glénat... Ce tome-là, en tous cas, ne rompt pas la tradition ! Quant à l'histoire, j'avoue avoir été un peu moins embarqué que dans Le Dragon de Glasgow, les personnages n'ayant pas la même profondeur ici. Néanmoins, son ton aventureux fonctionne très bien, jusqu'à un finale vraiment grandiose, qui clôt très dignement cet album. D'où mon choix de 4 étoiles, même si, en réalité, je serais plus à 3,5/5. Quoiqu'il en soit, c'est une lecture que je regrette pas !

10/01/2026 (modifier)
Couverture de la série God bless America
God bless America

PF Radice signe une très belle adaptation du roman noir de Richard Morgiève (Le Cherokee) : « l'histoire d'un shérif et d'un agent du FBI sur les traces d'un tueur et d'une bombe ». Une relecture originale et très convaincante. Pierre-François Radice est ... professeur de sculpture ! Côté dessin, il a donné dans les albums jeunesse et d'autres comme "La cuisine en BD" ! On avait donc peu de chances de le croiser jusqu'à ce God bless America, adaptation d'un roman noir de Richard Morgiève : Le Cherokee, une histoire un peu étrange qu'on avait lue en 2020. PF Radice avait également publié un album sur Al Capone. Utah. 1954, en pleine guerre froide, les américains ont peur de tout le monde. « C'est l'histoire d'un shérif et d'un agent du FBI sur les traces d'un tueur et d'une bombe. » La nuit du 26 septembre, des phénomènes étranges commencent à survenir. Quelques disparitions, une voiture abandonnée au bord de la route, le crash d'un avion de chasse ... sans pilote à bord. Le lendemain, la bombe atomique de l'avion n'est plus là, « beaucoup de citoyens ont aperçu l'avion hier soir », l'armée investit la région et le standard du poste de police reçoit « de nombreux appels pour des extraterrestres, les communistes qui attaquent, les militaires qui arrivent et une soucoupe volante ... ». Nick Corey est le shérif de Panguitch. Un homme à l'enfance difficile et à la vie agitée (l'écrivain Richard Morgiève également d'ailleurs). Avec l'aide d'un agent du FBI, Corey se lance à la poursuite d'un tueur en série surnommé le dindon à cause de son rire sinistre (à moins que ce ne soit le tueur qui pourchasse Nick Corey ?) . Au milieu de tout ce bazar, le shérif Corey est « obligé d'aller au bout de toutes les voies du labyrinthe, en espérant que l'une d'elles ne se terminerait pas en cul-de-sac ». Il traîne ses bottes de faux cow-boy sans trop y croire, un brin désabusé. « Je me sentais bien dans mes bottes. Par la fenêtre, le far-west crevait. Dans pas longtemps, il n'y aurait plus que des lignes électriques, des routes et des distributeurs de coca. Les hommes avaient tout foutu en l'air et continuaient. Faudrait aller sur Mars pour continuer à tout démolir. » Pendant quelques pages, une lueur d'espoir : quand Nick file le parfait amour avec ..., mais chut ! on va quand même pas tout vous dire ! Très fidèle au roman de Morgiève (une sorte de pastiche d'un thriller très américain, écrit par un frenchy bien de chez nous), cet album en est une belle adaptation. Le bouquin original était un peu longuet, voire touffu, et le format de la BD oblige à réduire, à mettre en avant certains aspects, certains moments et à en occulter d'autres. Cela ne nuit nullement au récit mais PF Radice nous propose plutôt, avec intelligence, sa relecture personnelle de l'original. Le résultat est un sacré bon roman noir qui ravira les fans de Morgiève mais qui surtout pourra plaire à tous ceux qui n'ont pas encore lu Le Cherokee. Sacrée réussite. Un excellent polar en images qui se balance au rythme chaloupé du pickup bringuebalant sur les pistes, celui des rednecks des hauts plateaux. Le noir et blanc est très à la mode et le dessin de PF Radice est un crayonnage aux dégradés de gris du plus bel effet qui sert parfaitement le propos un peu sombre de cette histoire qui est tout sauf un conte de fées. Le grand format (22 x 32) laisse une large place aux dessins qui ne se laissent pas envahir par les phylactères, pourtant nombreux. Avec sa couverture originale et réussie, l'album est un bel objet de plus de 200 grandes pages tirées sur papier épais.

10/01/2026 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Héritage fossile
L'Héritage fossile

Je rejoins l'enthousiasme général concernant cet album, que je n'aurais sans doute pas lu sans les critiques ici... et si je n'avais pas déjà lu et beaucoup aimé "Jean-doux et le mystère de la disquette molle" du même auteur. Changement radical d'ambiance et de style ici. Exit le genre loufoque de Jean-Doux, on embarque dans un récit de SF pur, à la découverte d'une planète à l'autre bout du système solaire. L'humanité doit la coloniser pour assurer la survie de notre espèce. Ca ressemble à un pitch déjà lu pas mal de fois, et ce n'est pas forcément le type de récit qui m'attire de prime abord. Pourtant ça fonctionne hyper bien ici et on se prend vraiment à l'histoire. La narration est sacrément bien fichue. C'est pas dense en dialogue, on suit un homme et une petite fille qui déambulent sur cette planète. On ne sait pas trop ce qu'ils recherchent, la petite fille est curieuse et questionne l'homme sur ses origines. Il est plutôt avare en réponse et cela entretien un vent de mystère plutôt agréable. En alternance avec ces passages, on a droit a un autre arc narratif qui raconte le voyage spatial des 4 colons originaux. Evidement le voyage ne va pas se passer comme prévu. L'auteur a su me séduire avec son idée de fossilisation à travers le temps. Les situations qui en découlent et les questions éthiques que doivent se poser nos astronautes pour assurer, non pas leur propre survie, mais celle de l'espèce humaine sont saisissantes. La tension va crescendo, et l'envie de connaitre le dénouement ne fait qu'augmenter avec les pages qui défilent. Evidement les 2 histoires se rejoignent vers la fin. Et de quelle manière ! La aussi j'ai trouvé ça hyper malin, hyper efficace. Que dire des dernières pages ? Brutales, elles offrent un final majestueux à ce récit. Un sans faute, lecture vivement recommandée.

10/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Sous Terre
Sous Terre

Apprendre en s'amusant dans une histoire atypique : chouette ! Si je chipotais : le vrai dieu Hadès ne se comporterait pas si mal, il ne passe pas, lui, son temps à enlever, violer et s'amuser des mortels d'une façon ou d'une autre, un des dieux les plus juste qui soit, mais passons. On apprend les mécanismes du vivant, donc, et que le dieu soit désagréable fait passer sur la question de mais comment nourrir les masses humaines sans polluer ? Un indifférent aux humains s'en moque bien, à l'instar de bien des écolos se moquant totalement du sort des peuples premiers qu'on ne met en avant que pour défendre des milieux soi-disant sauvages, sans humains… dont ils expulsent les habitants immémoriaux pour faire des réserves naturelles : https://www.survivalinternational.fr/sur/refugies-de-la-conservation https://www.courrierinternational.com/article/2007/02/22/les-tribus-victimes-de-l-ecologie Les écolos sacralisant la nature sont comme les multinationales qu'ils critiquent ? Non, ils les battent à plate couture en hypocrisie, et en plus, ils ont moins de contre-pouvoir que ces dernières donc une bien plus grande marge d'abus qu'elles. Un nouveau problème documenté par des livres d'enquête et replacés dans le contexte de la vision occidentale de la nature. Bref, mais ne faisons pas ce procès à une bd bien innocente, en comparaison ! Elle ne se mêle pas de politique, elle instruit et fait réfléchir avec un dessin que je trouve adapté à défaut d'être beau. Et le dynamisme de l'action ! Et le retournement final ! Bravo.

10/01/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série French Theory
French Theory

En bref, il n’y a pas de hors texte. - Ce tome constitue un exposé sur la French Theory et son histoire. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par François Cusset & Thomas Daquin pour le scénario, et par Daquin pour les dessins et les couleurs. Il comprend deux-cent-dix pages de bande dessinée. Il se termine avec un paragraphe de quelques lignes précisant que : Cette bande dessinée en forme d’essai graphique n’est pas une adaptation illustrée du livre intitulé French Theory, Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux États-Unis, mais plutôt une double tentative, voir si le dessin pourrait rendre plus accessibles et plus utilisables les concepts de philosophes pas toujours faciles, et voir si ces concepts et leur histoire mouvementée, au moment où ils sont attaqués de toutes parts, pourraient aider à résister aux Fascismes qui montent. Le 6 janvier 2021, à Washington, des supporters fanatisés de Donald Trump envahissent le Capitole sous les yeux du monde entier, interloqué. Un an plus tard, alors que s’accumulent les menaces sur la démocratie, et que le monde se remet lentement de la pandémie de Covid, un colloque a lieu à la Sorbonne, sous le titre : Après la déconstruction, reconstruire les sciences et la culture. Le ministre de l’Éducation nationale intervient déclarant que d’une certaine façon, ce sont eux qui ont inoculé le virus, avec ce qu’on appelle la French Theory. Maintenant ils doivent fournir le vaccin. Un virus, un vaccin ? Ce même Jean-Michel Blanquer a en 2021, créé son laboratoire républicain afin de gagner la bataille des idées. Mais ici, les laborantins ne sont pas chimistes : ils sont députés, éditorialistes, hauts fonctionnaires, professeurs, politologues, bref… de bons soldats de la République. Cela dit, quel rapport entre cette chaîne de réactions anti-woke dans la France des années 2020, et des philosophes à la réputation subversive, et aux textes chargés, de la fin du XXe siècle ? Entre des vieux bouquins de philo et une menace imminente pour la civilisation ? C’est l’infection du monde américain depuis un demi-siècle par un principe actif, synthétisé sur place, et baptisé : French Theory. 1777, le marquis de La Fayette vient apporter de l’aide pendant la guerre d’indépendance. 1917… 1945… Par deux fois, les soldats américains débarquent pour sauver le monde libre. Dans l’entre-deux guerre, les artistes noirs américains trouvent en France une liberté qu’ils n’ont pas chez eux. En 1944, les esprits libres de l’Hexagone fuient la France occupée pour se réfugier aux USA. La France de l’après-guerre se passionne pour le rock’n’roll et Hollywood. Et la tournée américaine de Sartre et Beauvoir donne envie à New York de ressembler à Saint-Germain-des-Prés. L’élite culturelle consomme français, les Américains fantasment une France subversive, exotique… sans se rendre compte de l’ampleur de son américanisation. La France, elle, a le sentiment que les États-Unis pèsent un peu trop sur sa façon de vivre, d’où un anti-américanisme tenace… Le genre de malentendu qui fait les meilleures histoires. La French Theory, qu’est-ce donc ? Hé bien c’est l’objet de cet ouvrage, et il suit ce concept depuis sa naissance aux États-Unis, jusqu’à son retour en France, en passant par l’explication des cinq principes majeurs (les cinq fantastiques), les usages qu’en ont fait les Américains, son acceptation ou son rejet par certaines communautés, des amis ou des ennemis. Rapidement, le lecteur se rend compte que nul n’est besoin de disposer de connaissances préalables pour pouvoir suivre cet exposé, que ce soit dans sa dimension historique ou dans sa dimension philosophique. L’ouvrage est dense en informations, et en même temps très agréable à lire grâce à la narration visuelle de type descriptive et réaliste, avec des représentations un peu simplifiées ce qui les rend plus rapides à lire, avec une belle inventivité dans les représentations pour imager les concepts. Les auteurs présentent rapidement les cinq philosophes dont les écrits ont constitué les fondations de la French Theory : Michel Foucault (1926-1984, Surveiller et punir), Jacques Derrida (1930-2004, La différance), Gilles Deleuze (1925-1995, La machine désirante), Félix Guattari (1930-1992, La ligne imaginaire), Jean Baudrillard (1929-2007, Simulacres et simulation). Puis ils consacrent un chapitre à leur concept majeur, ou tout du moins celui qui a été retenu par les Américains et mis en œuvre. En fonction de ses inclinations, le lecteur attend peut-être plus un chapitre ou un autre. Les auteurs effectuent un travail remarquable, chronologique, depuis la genèse du mouvement de la French Theory aux États-Unis, jusqu’à son retour en France, en évoquant le devenir des cinq philosophes. Il lit donc l’introduction avec la déclaration de Jean-Michel Blanquer, avec en onze pages, déjà de nombreuses idées visuelles pour donner à voir des choses très concrètes comme l’intervention du ministre de l’Éducation nationale, et des concepts comme les relations culturelles entre les États-Unis et la France (deux dessins en double page opposant les deux pays de part et d’autre de l’océan Atlantique), et six moments de leur histoire commune, avec trois cases de la hauteur de la planche sur deux pages en vis-à-vis. Puis, ne reculant devant aucun défi, les deux auteurs se lancent dans l’exposition des cinq concepts fondamentaux de la French Theory un par philosophe. Et là… C’est un tour de force. Dans ce chapitre intitulé Les cinq fantastiques, les auteurs mettent en scène des avatars humanoïdes de chacun de ces cinq concepts : Norma la norme, Dezmak la machine désirante, Sim le simulacre, La déconstruction, L.O.F. la ligne imaginaire (Line Of Flight). Dans un grand camping-car, deux chimistes en tenue intégrale avec masque mélangent des produits pour créer une nouvelle personnification (toute ressemblance avec une série télé…). Première allégorie créée : Norma, un homme aux larges épaules, dans un costume vert rayé de jaune, les rayures faisant office de barreaux de prison pour une petite silhouette blanche. Le dessinateur met à profit les possibilités de la bande dessinée pour réaliser des constructions de page et des conceptions visuelles de séquence complétant ce que l’incarnation de la Norme exprime : barreaux tordus devenant les rayures du costume de Norma, personnage représenté en triple se rasant lui-même la tête et se tendant un miroir, cases de petite hauteur pour montrer un personnage enfermé dans un petit espace, bordures de case formant la silhouette d’un personnage, jeu de Norma avec le petit personnage comme s’il s’agissait d’une poupée, panoptique (architecture carcérale conçue par le philosophe Jeremy Bentham, 1848-1832, et repris par Foucault pour en faire le modèle abstrait d’une société disciplinaire), etc. L’artiste se montre encore plus inventif pour Dezmak avec des mises en page à base de robot, de machineries, de tapis roulants et engrenages, d’écrans de contrôle, etc. Ce chapitre constitue une réussite exemplaire, un tour de force pour vulgariser la concepts complexes de ces philosophes français emblématiques. Les auteurs exposent ensuite ce qu’il est advenu de ces théories. Dans un passage tout aussi éclairant, rendu évident par la narration visuelle, ils expliquent que : D’habitude, un philosophe produit du texte, ses concepts restent circonscrits aux textes, et leurs effets sont des effets de texte. Avec une image très parlante (un individu prend une page d’un des ouvrages évoqués, la roule et la fume), ils continuent : En France, il y a eu des commentateurs, mais aux USA on est passé aux usagers (ce dernier mot filant la métaphore de la substance psychotrope), les pages sont sorties de leur contexte (évoquant le principe qu’il n’y a pas de hors texte). Le lecteur découvre alors, ou retrouve, comment d’autres penseurs ont mis à profit ces concepts novateurs pour développer ou étayer leurs propres points de vue. Il voit leur influence dans les travaux de Edward Saïd (1935-2003, L’orientalisme : l’orient créé par l’occident, 1978), Homi Bhabha (1949-, Le pays de l’exilé, c’est la dissémi-nation, pour exister il doit inventer un tiers-espace d’énonciation.), Gayatri Chakravorty Spivak (1942-, études postcoloniales et féministes, traductrice de Jacques Derrida), Judith Butler (1956-), Eve Kosofsky Sedgwick (1950-2009), Fredric Jameson (1934-2024), Stanley Fish (1938-)… jusqu’à Matrix (1999) des sœurs Wachowski. Le dessinateur participe à établir ces filiations, en intégrant des échos visuels des cinq fantastiques dans la narration, qui passe d’un mode descriptif à un mode allégorique, intriqués dans une même séquence. Par exemple : impossible d’oublier l’évidence visuelle du portail de Jurassic Park, comme une preuve patente que la culture postmoderne constitue une publicité permanente pour le capitalisme, selon Fredric Jameson. Ce voyage extraordinaire, aussi bien historique, que pédagogique qu’initiatique, continue avec la même faconde pour mettre en lumière comment cet agglomérat de concepts a généré une réaction de rejet (Backlash) débutant dans les années 1970. La French Theory devient le bouc émissaire de la complexification du monde, de la relativisation des valeurs, de la distinction brouillée entre le bien et le mal, et même de la crise de la civilisation occidentale qui n’est plus le centre du monde. Le dessinateur et adaptateur continue de mettre à profit des rapprochements et des métaphores visuels, les images montrant avec toute leur force de conviction les liens existant entre les idées et les visuels créés par des communicants se les appropriant pour mieux les instrumentaliser (comme Jacques Chirac sautant par-dessus le tourniquet du métro). L’exposé se clôt par une séquence : Que sont-ils devenus ? Qu’est-il advenu de ces penseurs français ? À défaut d’être prophètes en leur pays, la France a-t-elle reconnu leur impact concret dans la pensée mondiale, et rendu justice à leurs accomplissements ? En découvrant cet ouvrage, le lecteur peut éprouver quelques doutes sur la capacité des auteurs à exposer un sujet aussi complexe. Il comprend que leur intention dépasse l’adaptation de l’ouvrage du coscénariste, et fait preuve d’ambition en termes de vulgarisation. Le dessinateur fait preuve d’une inventivité épatante pour donner à voir les concepts, les liens, sans négliger la reconstitution historique, transformant une thèse en une expérience visuelle constituant une véritable bande dessinée. Le duo d’auteurs atteint un niveau exemplaire sur le plan de la vulgarisation, y compris des concepts les plus ardus, et réalise une mise en perspective historique formidable. Parfait.

10/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Superman – La Chute de Camelot
Superman – La Chute de Camelot

2.5 Cet album qui regroupe des épisodes de Superman a attiré mon attention parce qu'il y avait le nom de Kurt Busiek sur la couverture. C'est un scénariste qui a écrit plusieurs histoires que j'aime bien, mais aussi d'autres que j'aime moins. En tout cas, c'est un auteur dont j'ai bien envie de lire le plus d'œuvres possibles. Cet album fait parti des œuvres les moins convaincants que j'ai lu de lui, mais je m'en doutais un peu vu que c'est du comics de super-héros mainstream chez un gros éditeur qui a un cahier de charge et c'est pas une série personnelle chez un plus petit éditeur. C'est du comics de plus divertissement ce qui n'est pas un mal en soit, mais le scénario est trop banal si comme moi on a bouffés des centaines d'histoires de super-héros de DC ou Marvel. Alors Superman sauve le monde comme d'habitude et soudainement un nouveau personnage mystérieux débarque et explique que Superman et les super-héros sont néfastes pour les humains parce qu'il peut voir l'avenir et il prédit un futur apocalyptique en parti causé par les super-héros. S'en suit donc Superman qui va pour faire pour que ce futur n'arrive pas. Le récit est cousu de fil blanc. Par exemple, Superman va finir par faire un discours optimiste et affronter le magicien-prophète fataliste et tout ce que ses deux personnages disent est prévisible et la fin l'est également. Le scénario est de Busiek alors il y a quand même de bons dialogues et de bonnes idées (j'aime bien comment il utilise le Farceur), mais ça ne dépasse jamais le stade du correct sans plus. En plus, l'album souffre du problème récurrent lorsqu'on ne sélectionne qu'une poigné de numéros: il y a des intrigues qui semblent disparaitre parce que leurs conclusions a été traité dans un numéro pas collecté dans l'album (non parce qu'il arrive quoi avec l'Intergang ?). Quant au dessin, c'est le style que l'on trouvait dans les comics de l'époque. C'est pas ce que j'aime, mais ça fait le job. Le seul vrai reproche que j'ai est que le dessinateur aime bien dessiner les femmes sexy....mais elles ne sont pas du tout sexy à moins d'aimer les gros seins format ballon de plages.

10/01/2026 (modifier)