J'avais pris une grosse claque en découvrant Downlands de Norm Konyu et c'est tout naturellement que je me suis procuré "The Junction" du même auteur.
1984, Lucas Jones et son père disparaissent. 1996, Lucas Jones réapparaît dans sa ville natale : Medford. La stupéfaction de sa tante et de son oncle de découvrir que Lucas n'a pas changé, il est toujours ce petit garçon de 11 ans...
Un récit qui commence sous la forme d'une enquête avec à sa tête un inspecteur aidé d'une psychologue pour expliquer cette réapparition et déterminer s'il s'agit bien de Lucas Jones, avec pour seul indice le journal du jeune garçon devant son mutisme. Un récit qui va doucement et naturellement basculer vers le fantastique. Pour ceux qui ont lu Downlands, ils y retrouveront des thèmes / points communs. La perte d'un être cher et la difficulté de faire son deuil, la mort omniprésente et cette jonction mort / vivant.
Une narration maîtrisée au rythme bien dosé avec des chapitres courts, ils alternent l'enquête de 1996 et les passages tirés du journal de Lucas. Au 3/4 du récit, la psychologue nous dévoile comment va se terminer cette histoire, mais cela n'enlève en rien à l'envie de découvrir les dernières planches et ses révélations.
Un comics émouvant et profondément humain, les personnages sont attachants et authentiques.
Le style si particulier de Norm Konyu m'a encore émerveillé. Un trait précis, anguleux à l'esthétisme jouant sur le déséquilibre des proportions humaines avec de grosses têtes et des bras / jambes filiformes. Un dessin ne ressemblant à aucun autre. L'ambiance surnaturelle est accentuée avec les couleurs froides et généralement sombres.
Un régal pour les yeux.
Mon premier coup de cœur de l'année.
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture.
D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier.
Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur.
Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé.
En fait, c’est encore plus vite lu que pour la plupart des autres opus de cette collection, puisque muet (seules deux petites onomatopées en toute fin…).
Moonhead (auteur que je découvre ici – c’est d’ailleurs le propre de ce type de collection de permettre à de « nouveaux » auteurs de se lancer, dans des projets originaux) rend ici hommage aux premiers jeux d’arcades, avec de gros, pixels. Le rendu est donc « vintage », mais pas toujours joli et/ou très lisible.
Un récit assez sec et pas toujours clair, mais un bel objet et un clin d’œil qui parlera aux amateurs de vieux jeux vidéos pour le design.
Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrènes, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois.
Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée.
Et ici, même si, bien entendu, c’est très court, hyper vite lu, et donc peu développé, j’ai trouvé que les auteurs avaient quand même réussi ce pari difficile. Il y a bien une – toute – petite – histoire, vite traversée, et globalement satisfaisante (comme toujours en descendant le long d’une façade…). Un petit jeu « oubapien », autour de la disparition de la lettre « O », qui ne réapparaît qu’en toute fin (je ne sais s’il y a un clin d’œil à « La disparition » de Pérec – que je n’ai pas lue – mais ce petit jeu (qui ajoute une contrainte à celles du format) est utilisée de façon amusante.
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture.
D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier.
Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur.
Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé.
Le dessin est un peu brouillon, mais ça passe. Mais surtout, ça ressemble plus à un assemblage de vignette, de petites observations. Et même les liens entre Claudine et Barbara (deux « géantes » qi semblent engoncées dans les étages de la maison qu’elles occupent avec d’autres personnages) restent finalement obscurs – si ce n’est que Claudine semble avoir quitté Barbara, ce qui la chagrine.
De la SF un peu vieillotte, souvent naïve, mais qui passe globalement assez bien. Même si, dans le second tome surtout, il y a quand même pas mal de raccourcis et de facilités (la rapidité avec laquelle nos rescapés font muter la bestiole et se retrouvent sur la terre ferme, l’évolution des lézards rouges, etc.).
Un récit qui fait son âge donc, avec des idées assez classiques parfois (une ancienne civilisation ayant quitté la Terre en inspirant les connaissances humaines – ici grecques, y compris vêtements et coiffures !) et d’autres sans doute osées pour l’époque, c’est-à-dire les années 1950 (l’homosexualité considérée comme normale, voire quasi obligatoire, l’hétérosexualité étant stigmatisée).
Bon, sinon, ça se laisse lire gentiment. Facilités et naïveté n’entravent pas trop la lecture, on les accepte, et finalement les deux tomes sont avalés rapidement (l’intrigue est assez linéaire et il n’y a pas beaucoup de textes) et souvent agréablement.
Robbie Morrison et Charlie Adlard signent ici un thriller historique teinté d'ésotérisme, de fantastique et d'horreur. La 4e de couverture présente l'album comme une histoire à la croisée du Nom de la Rose et de Sherlock Holmes. Prometteur et ambitieux. Si on retrouve bien un peu la parenté avec le roman d'Umberto Eco, grâce au maitre et son disciple qui mènent une enquête au moyen âge, pour le coté Sherlock Holmes, on repassera. Les investigations conduites par nos deux protagonistes n'empruntent rien au héros de Baker Street. Pas de recherches d'indices, pas de déduction, pas d'énigme, pas de recoupement, pas de filature...
Sur fond d'inquisition, il est question de meurtres sordides qu'un maitre va tenter d'élucider accompagné de son jeune disciple. L'enquête ne donne pas lieu à d'intrigantes investigations. On suit leurs pérégrinations au gré des rencontres et des rebondissements qui se succèdent, comme des meurtres supplémentaires. L'histoire avance linéairement au gré de ses nouveaux éléments, plutôt que grâce à l'enquête. On attend autre chose qu'une rencontre plus ou moins fortuite sur la place de la ville ou à la cour, avec des hommes qui en fin de compte font parti des méchants, et qui vont gentiment les mettre sur la bonne piste. L'intrigue se teinte par moment d'une petite couche d'horreur saupoudrée de fantastique. Le propos tourne surtout autour des assassinats gratuits et malveillants commis par l'inquisition, au nom de dieu. On sent que cette histoire d'inquisition est la clé de l'enquête, on sent également très vite que l'inquisiteur en chef est loin d'être clair, pour le suspens c'est pas idéal.
Globalement l'histoire se tient, elle n'est pas déplaisante, elle dépeint l'ambiance pesante qui devait régner à cette époque et la folie des hommes pensant agir pour le compte de Dieu. Mais au final, l'intrigue ne se révèle ni vraiment originale ni surprenante. Et surtout, on n'a pas la promesse attendue d'une enquête mystérieuse et passionnante.
2,5/5
Je mets trois étoiles, parce que le sujet, dur et bouleversant, est globalement bien traité. Mais je n’ai pas été emballé plus que ça par ce récit autobiographique.
En fait, je n’ai pas trop accroché aux dessins, statiques, plus proches de l’illustration qu’autre chose. Et le mélange de ces dessins avec des photos, ou quelques représentations de documents (lettres retrouvées) donne plus l’impression de lire un bouquin documentaire qu’un vraie BD.
D’autre part, la narration est un peu bordélique, alternant les différentes périodes, qui s’enchainent de façon saccadée (parfois une simple page et quelques mots).
Reste le sujet, qui tient à cœur à l’auteure – qui adapte ici semble-t-il le roman/documentaire qu’elle a écrit à partir de ses souvenirs et des documents familiaux retrouvés, ainsi qu’une enquête personnelle pour remonter le passé de ses grands-parents avant et pendant la Seconde guerre mondiale.
Le récit illustre une nouvelle fois – mais, malgré tout, peut-on être blasé par l’accumulation des témoignages sur l’abject ? – l’horreur du génocide, que l’on ressent ici d’autant plus que l’auteure décrit par quelques anecdotes l’intime de ses grands-parents, leur incompréhension, et tout ce qu’ils ont fait pour sauver leur fils qui, adopté, deviendra le père de l’auteure. Au passage, la partie la plus intéressante – qu’égoïstement j’aurais aimé voir davantage développée, car plus « originale », ce sont les relations qui se sont nouées entre les grands-parents et le couple qui va adopter le père (un curieux quatuor !).
Note réelle 2,5/5.
Parfait ; si j'ai un reproche à faire, c'est à moi, peut-être devrais-je acheter cette série, manifestement à lire et à relire. A mon avis, encore meilleur que Tanabe parce qu'il y a quelque chose de Lovecraftien… mais de plus que cela dans cette série, un fantastique plus personnel… Il faut décidément que je vide mon home de bien des choses sans parler de ranger. Bref ! L'architecture est une présence, quand réaliste et surtout quand elle verse dans le fantastique, belle en elle-même, elle fait penser aux cités obscures, mais en tellement mieux !
Le héros solitaire peut se mesurer en mystère à l'Eternaute, ce qui n'est pas peu dire. Les autres personnages ne sont pas mal non plus. Et quel rythme étrange de narration, et quels cadrage des images, les deux ne faisant qu'un comme cadre de l'histoire. On sent presque le vent de l'ailleurs siffler entre les pages !
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The Junction
J'avais pris une grosse claque en découvrant Downlands de Norm Konyu et c'est tout naturellement que je me suis procuré "The Junction" du même auteur. 1984, Lucas Jones et son père disparaissent. 1996, Lucas Jones réapparaît dans sa ville natale : Medford. La stupéfaction de sa tante et de son oncle de découvrir que Lucas n'a pas changé, il est toujours ce petit garçon de 11 ans... Un récit qui commence sous la forme d'une enquête avec à sa tête un inspecteur aidé d'une psychologue pour expliquer cette réapparition et déterminer s'il s'agit bien de Lucas Jones, avec pour seul indice le journal du jeune garçon devant son mutisme. Un récit qui va doucement et naturellement basculer vers le fantastique. Pour ceux qui ont lu Downlands, ils y retrouveront des thèmes / points communs. La perte d'un être cher et la difficulté de faire son deuil, la mort omniprésente et cette jonction mort / vivant. Une narration maîtrisée au rythme bien dosé avec des chapitres courts, ils alternent l'enquête de 1996 et les passages tirés du journal de Lucas. Au 3/4 du récit, la psychologue nous dévoile comment va se terminer cette histoire, mais cela n'enlève en rien à l'envie de découvrir les dernières planches et ses révélations. Un comics émouvant et profondément humain, les personnages sont attachants et authentiques. Le style si particulier de Norm Konyu m'a encore émerveillé. Un trait précis, anguleux à l'esthétisme jouant sur le déséquilibre des proportions humaines avec de grosses têtes et des bras / jambes filiformes. Un dessin ne ressemblant à aucun autre. L'ambiance surnaturelle est accentuée avec les couleurs froides et généralement sombres. Un régal pour les yeux. Mon premier coup de cœur de l'année.
The Necratmancer
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture. D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier. Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur. Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé. En fait, c’est encore plus vite lu que pour la plupart des autres opus de cette collection, puisque muet (seules deux petites onomatopées en toute fin…). Moonhead (auteur que je découvre ici – c’est d’ailleurs le propre de ce type de collection de permettre à de « nouveaux » auteurs de se lancer, dans des projets originaux) rend ici hommage aux premiers jeux d’arcades, avec de gros, pixels. Le rendu est donc « vintage », mais pas toujours joli et/ou très lisible. Un récit assez sec et pas toujours clair, mais un bel objet et un clin d’œil qui parlera aux amateurs de vieux jeux vidéos pour le design.
Le syllogomaniaque
Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrènes, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Et ici, même si, bien entendu, c’est très court, hyper vite lu, et donc peu développé, j’ai trouvé que les auteurs avaient quand même réussi ce pari difficile. Il y a bien une – toute – petite – histoire, vite traversée, et globalement satisfaisante (comme toujours en descendant le long d’une façade…). Un petit jeu « oubapien », autour de la disparition de la lettre « O », qui ne réapparaît qu’en toute fin (je ne sais s’il y a un clin d’œil à « La disparition » de Pérec – que je n’ai pas lue – mais ce petit jeu (qui ajoute une contrainte à celles du format) est utilisée de façon amusante.
Claudine et Barbara
Comme la plupart du temps avec cette belle collection, je ressors avec un sentiment ambivalent de ma lecture. D’abord, comme toujours avec ce « petit éditeur », il faut saluer leur beau travail. C’est vraiment un bel objet, un chouette leporello, avec des couvertures aux belles couleurs. On prend vraiment plaisir à le déplier. Maintenant, le format original de cette collection bride forcément toute velléité de construire un récit, de développer ne serait-ce qu’une idée. Ça reste le plus souvent frustrant pour le lecteur. Et, si certaines fois j’ai davantage été réellement séduit, eh bien ici ça m’a moins captivé. Le dessin est un peu brouillon, mais ça passe. Mais surtout, ça ressemble plus à un assemblage de vignette, de petites observations. Et même les liens entre Claudine et Barbara (deux « géantes » qi semblent engoncées dans les étages de la maison qu’elles occupent avec d’autres personnages) restent finalement obscurs – si ce n’est que Claudine semble avoir quitté Barbara, ce qui la chagrine.
Le Temple du passé
De la SF un peu vieillotte, souvent naïve, mais qui passe globalement assez bien. Même si, dans le second tome surtout, il y a quand même pas mal de raccourcis et de facilités (la rapidité avec laquelle nos rescapés font muter la bestiole et se retrouvent sur la terre ferme, l’évolution des lézards rouges, etc.). Un récit qui fait son âge donc, avec des idées assez classiques parfois (une ancienne civilisation ayant quitté la Terre en inspirant les connaissances humaines – ici grecques, y compris vêtements et coiffures !) et d’autres sans doute osées pour l’époque, c’est-à-dire les années 1950 (l’homosexualité considérée comme normale, voire quasi obligatoire, l’hétérosexualité étant stigmatisée). Bon, sinon, ça se laisse lire gentiment. Facilités et naïveté n’entravent pas trop la lecture, on les accepte, et finalement les deux tomes sont avalés rapidement (l’intrigue est assez linéaire et il n’y a pas beaucoup de textes) et souvent agréablement.
Hérétique
Robbie Morrison et Charlie Adlard signent ici un thriller historique teinté d'ésotérisme, de fantastique et d'horreur. La 4e de couverture présente l'album comme une histoire à la croisée du Nom de la Rose et de Sherlock Holmes. Prometteur et ambitieux. Si on retrouve bien un peu la parenté avec le roman d'Umberto Eco, grâce au maitre et son disciple qui mènent une enquête au moyen âge, pour le coté Sherlock Holmes, on repassera. Les investigations conduites par nos deux protagonistes n'empruntent rien au héros de Baker Street. Pas de recherches d'indices, pas de déduction, pas d'énigme, pas de recoupement, pas de filature... Sur fond d'inquisition, il est question de meurtres sordides qu'un maitre va tenter d'élucider accompagné de son jeune disciple. L'enquête ne donne pas lieu à d'intrigantes investigations. On suit leurs pérégrinations au gré des rencontres et des rebondissements qui se succèdent, comme des meurtres supplémentaires. L'histoire avance linéairement au gré de ses nouveaux éléments, plutôt que grâce à l'enquête. On attend autre chose qu'une rencontre plus ou moins fortuite sur la place de la ville ou à la cour, avec des hommes qui en fin de compte font parti des méchants, et qui vont gentiment les mettre sur la bonne piste. L'intrigue se teinte par moment d'une petite couche d'horreur saupoudrée de fantastique. Le propos tourne surtout autour des assassinats gratuits et malveillants commis par l'inquisition, au nom de dieu. On sent que cette histoire d'inquisition est la clé de l'enquête, on sent également très vite que l'inquisiteur en chef est loin d'être clair, pour le suspens c'est pas idéal. Globalement l'histoire se tient, elle n'est pas déplaisante, elle dépeint l'ambiance pesante qui devait régner à cette époque et la folie des hommes pensant agir pour le compte de Dieu. Mais au final, l'intrigue ne se révèle ni vraiment originale ni surprenante. Et surtout, on n'a pas la promesse attendue d'une enquête mystérieuse et passionnante. 2,5/5
La Promesse (de Lattre)
Je mets trois étoiles, parce que le sujet, dur et bouleversant, est globalement bien traité. Mais je n’ai pas été emballé plus que ça par ce récit autobiographique. En fait, je n’ai pas trop accroché aux dessins, statiques, plus proches de l’illustration qu’autre chose. Et le mélange de ces dessins avec des photos, ou quelques représentations de documents (lettres retrouvées) donne plus l’impression de lire un bouquin documentaire qu’un vraie BD. D’autre part, la narration est un peu bordélique, alternant les différentes périodes, qui s’enchainent de façon saccadée (parfois une simple page et quelques mots). Reste le sujet, qui tient à cœur à l’auteure – qui adapte ici semble-t-il le roman/documentaire qu’elle a écrit à partir de ses souvenirs et des documents familiaux retrouvés, ainsi qu’une enquête personnelle pour remonter le passé de ses grands-parents avant et pendant la Seconde guerre mondiale. Le récit illustre une nouvelle fois – mais, malgré tout, peut-on être blasé par l’accumulation des témoignages sur l’abject ? – l’horreur du génocide, que l’on ressent ici d’autant plus que l’auteure décrit par quelques anecdotes l’intime de ses grands-parents, leur incompréhension, et tout ce qu’ils ont fait pour sauver leur fils qui, adopté, deviendra le père de l’auteure. Au passage, la partie la plus intéressante – qu’égoïstement j’aurais aimé voir davantage développée, car plus « originale », ce sont les relations qui se sont nouées entre les grands-parents et le couple qui va adopter le père (un curieux quatuor !). Note réelle 2,5/5.
Rork
Parfait ; si j'ai un reproche à faire, c'est à moi, peut-être devrais-je acheter cette série, manifestement à lire et à relire. A mon avis, encore meilleur que Tanabe parce qu'il y a quelque chose de Lovecraftien… mais de plus que cela dans cette série, un fantastique plus personnel… Il faut décidément que je vide mon home de bien des choses sans parler de ranger. Bref ! L'architecture est une présence, quand réaliste et surtout quand elle verse dans le fantastique, belle en elle-même, elle fait penser aux cités obscures, mais en tellement mieux ! Le héros solitaire peut se mesurer en mystère à l'Eternaute, ce qui n'est pas peu dire. Les autres personnages ne sont pas mal non plus. Et quel rythme étrange de narration, et quels cadrage des images, les deux ne faisant qu'un comme cadre de l'histoire. On sent presque le vent de l'ailleurs siffler entre les pages !