Étrange roman graphique que celui-ci, attisant le feu et la glace.
L'histoire est pour le moins originale puisque s'articulant abondamment autour de la thématique de l'ornithologie, laquelle est travaillée par celle puissante du parricide, l'ensemble est enfin intégré à un univers SF envisageant une colonisation de la Lune et un rapport tendu entre les habitants des deux astres.
Tout s'imbrique pour le moment assez maladroitement : l'univers SF notamment s'efface puis revient, sans véritablement travailler ses thématiques sociétales (migrations de populations, dépendance alimentaire, intimidation guerrière, mouvements sociaux). Le traitement poétique de la dystopie engendre de beaux moments (l'épisode du géant de pierre est assez réussi), mais sa déclinaison technologique est plus triviale (les véhicules volants, le train... tels des copies gratuites de machines aperçues chez Miyazaki).
Le récit joue avec les temporalités, présentant des épisodes de l'enfance, de l'adolescence, des évocations du passé via souvenirs ou apparitions, au sein d'une tranche de vie avançant lentement, sans véritable direction. Il ne s'agit pas véritablement de reconstruire l'histoire d'un drame familial, ni de comprendre l'histoire de cette colonisation lunaire, ou de proposer une tranche de vie naturaliste ; le récit tente d'entremêler ces trois voies sans y parvenir avantageusement : l'anecdotique cohabitant trop souvent avec le dramatique, hurlant son incapacité à organiser avec cohérence et pertinence une dramaturgie en roue libre.
Néanmoins, ce récit fascine régulièrement, proposant ici ou là des visuels d'une belle puissance évocatrice (la couverture et tout l'épisode autour du géant de pierre, la splendide représentation de la lumière, etc.) et le traitement genré des personnages est assez intéressant dans sa manière d'accompagner l'inquiétante étrangeté dont se pare occasionnellement le récit.
Une réussite en demi-teinte, qui ne laisse pas indifférent et attise une curiosité quelque peu inquiète à l'égard du futur second tome.
Le chat Vincent m'a semblé assez agaçant. Je n'ai pas du tout adhéré à cette fable sur les peintres et leurs animaux, qui auraient soi-disant été les véritables auteurs ou inspirateurs de tant d'œuvres géniales.
J'ai acheté le premier tome sur un coup de tête, sans lire aucun avis préalable, et j'ai eu tort. Les dessins m'ont semblé bons, mais au fur et à mesure que je lisais, tout m'a semblé trop décousu.
Smudja a du talent et l'aspect visuel de l'ensemble du livre n'est pas désagréable, mais la tentative de reconstitution du style de peinture de Van Gogh échoue finalement, je pense.
Évidemment, je n'ai pas acheté le deuxième tome.
Un récit de vampires qui possède sa part d’originalité, agréable à lire mais sur lequel je ne pense pas revenir.
L’esthétisme graphique assure bien l’ambiance mais finalement je préfère le style de l’auteur dans des tonalités plus colorées.
L’histoire se laisse lire mais il a manqué quelque chose pour m’attraper. En fait, j’ai trouvé que c’était à la fois original et sans surprise, les personnages mêmes si bien campés sont peu attachants.
Une série sympa avec des qualités mais qui ne m’ont pas tant parlé.
On ne peut qu’être intrigué et séduit par le travail éditorial, avec un papier agréable au toucher, un grand format. J’ai beaucoup aimé la colorisation, souvent terne. Mais c’est l’esthétique général qui envoûte (mais qui peut aussi être clivante). Je fais partie de ceux qui apprécient ce type de dessin, qui fait penser au travail de Jérémy Piningre, mais aussi à l’auteur argentin Carlos Nine (auteur que j’aime beaucoup). Il y a aussi, de la part de Genis Rigol (auteur espagnol que je découvre avec cet album), une claire volonté de jouer sur un côté rétro du dessin (parfois proche de très vieilles BD), mais aussi sur quelques aspects cartoonesques. Bref, on a là quelque chose de très original !
Pour ce qui est de l’histoire elle-même, je dois dire d’emblée que certains aspects m’ont un peu échappé. Mais je suis prêt à accepter ces petites frustrations, car la lecture a été intéressante. Les aspects loufoques, absurdes de l’intrigue donnent une tonalité surréaliste au récit, ce qui n’est pas pour me déplaire.
L’intrigue se déroule dans un théâtre – aux dimensions assez énormes finalement, aux décors parfois proches de ceux d’Escher. Le dramaturge auteur de la pièce – qu’il continue d’écrire au fil des répétitions, voire même jusqu’au bout, jusqu’à la « Première » – se questionne continuellement (syndrome de la page blanche), alors qu’acteurs et certains bouts de décors passent dans tous les sens.
C’est donc très décousu, loufoque et absurde, mais, bien que certaines choses m’aient échappé, la lecture reste intéressante, du fait de l’ambiance, des côtés surréalistes et du dessin, tous originaux.
C’est clair que je recommande un feuilletage avant d’envisager l’achat, car cet album convient avant tout aux lecteurs curieux. Mais on tient là quelque chose qui fait la part belle à l’imagination, la poésie.
Amateurs de récits cartésiens et/ou de franco-belge classique s’abstenir !
À la lecture des avis précédents, je m'attendais à pire, mais au final je n'ai pas trouvé ce spin-off centré sur Seccotine désagréable à lire, même s'il reste inégal.
Graphiquement, l'ensemble est plutôt réussi. Le dessin est propre, plus soigné que dans Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons, avec des décors plus détaillés et une vraie volonté de redonner vie au village de Champignac et à son atmosphère. J'ai aussi trouvé que Seccotine était plutôt bien caractérisée dans cette version, avec un personnage qui conserve une certaine énergie et un côté attachant. En revanche, la colorisation de certains ciels et effets de lumière m'a parfois un peu fait tiquer, avec un rendu qui m'a semblé moins naturel.
Là où ça se complique, c'est du côté des personnages secondaires et de l'intrigue. J'ai trouvé Colette assez pénible, tout comme les deux antagonistes, qui ne m'ont pas vraiment intéressé. L'histoire en elle-même est très classique, presque trop sage, avec une impression générale de récit enfantin et sans aspérité. La résolution n'a pas réussi à me surprendre ni à me convaincre.
Il y a aussi cette étrange sensation au niveau du rythme, comme si les journées ne duraient qu'une ou deux heures dans le récit tant Seccotine semble vouloir déjà se reposer ou passer à autre chose dès qu'une piste commence à apparaître. Cela renforce encore cette impression de narration molle et de manque de tension.
Au final, même si je rejoins en partie les critiques sur le côté assez fade de l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment non plus. C'est une lecture plutôt tranquille, avec quelques qualités graphiques et une vraie envie de revisiter Champignac, mais globalement trop sage et trop lisse pour marquer durablement. Je reste malgré tout curieux de voir si d'autres tomes pourraient mieux exploiter le potentiel du personnage.
Note : 2.5/5
J’ai vraiment accroché à Newburn, surtout grâce à son ambiance de polar noir moderne et à son personnage principal particulièrement marquant. L’histoire suit Easton Newburn, un ancien flic devenu une sorte de médiateur indépendant travaillant pour toutes les familles criminelles de New York. Son rôle consiste à résoudre les problèmes avant qu’une guerre éclate entre les différents clans. Une idée simple sur le papier, mais extrêmement efficace dans la manière dont Zdarsky construit ses intrigues.
J’ai adoré suivre ce personnage froid, méthodique et presque détaché émotionnellement, qui navigue constamment entre manipulations, trahisons et règlements de comptes. Chaque affaire permet d’explorer une nouvelle facette du milieu criminel new-yorkais tout en développant progressivement le passé et la personnalité de Newburn.
Visuellement, Jacob Phillips apporte une vraie identité à la série avec un style sale (comme peut le faire son pere), nerveux et très urbain qui colle parfaitement à l’ambiance du récit. Ses couleurs participent énormément à cette sensation de polar poisseux et nocturne. On ressent aussi une vraie influence du roman noir et des vieux films policiers dans toute la mise en scène.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont la série parvient à rester très accessible tout en construisant un univers criminel dense et crédible. Les dialogues sont efficaces, les personnages secondaires existent vraiment et les tensions fonctionnent du début à la fin.
Une excellente lecture de polar noir moderne, tendue et immersive, portée par un duo créatif qui maîtrise parfaitement son sujet.
J’ai passé un bon moment avec cette BD de SF, surtout grâce à son ambiance très particulière et à son univers lunaire sombre et oppressant. L’histoire démarre sur la Lune, dans une colonie minière isolée où la tension et la violence semblent faire partie du quotidien. Très vite, on suit des personnages pris dans une situation qui dégénère progressivement entre survie, secrets et affrontements, avec en toile de fond une sensation permanente d’hostilité et de fin du monde.
Je me suis laissé embarquer par cette atmosphère pesante et par les mystères que le récit installe petit à petit. Le décor lunaire fonctionne vraiment bien et renforce ce sentiment d’isolement permanent. Il y a quelque chose de brutal et de presque désespéré dans cette histoire, autant dans le ton que dans les visuels.
Visuellement, on sent clairement les influences de Mike Mignola dans le travail de Bones, notamment dans les ombres épaisses, les contrastes marqués et cette manière très brute de composer certaines planches. Ça donne énormément de personnalité à l’ensemble et participe clairement à l’immersion.
Mais malgré toutes ces qualités, je reste un peu frustré en refermant l’album. J’ai eu le sentiment que le récit commençait réellement à décoller quand la fin arrive déjà. Beaucoup d’idées intéressantes auraient mérité davantage de développement, tout comme certains personnages ou enjeux de l’univers.
Au final, ça reste une BD de SF immersive et prometteuse, avec une vraie identité visuelle et une ambiance réussie, mais dont la conclusion arrive beaucoup trop vite à mon goût.
Ken Takakura, adolescent solitaire passionné d'ovnis, et Momo Ayase, lycéenne sûre d'elle fascinée par les fantômes, se lancent un pari absurde qui les plonge dans un monde où paranormal, extraterrestres et yokai s'entrechoquent en permanence. Très vite, leur quotidien bascule dans une succession de combats et de situations totalement incontrôlables, où humour, action et surnaturel se mélangent sans jamais vraiment se stabiliser.
Ce manga est un véritable fourre-tout fantastique-action qui pioche autant dans le folklore japonais que dans les aliens, les kaiju et les délires de conspiration, avec une énergie constamment explosive. L'ensemble fonctionne sur un rythme très nerveux, alternant affrontements spectaculaires, humour souvent efficace et moments de pure absurdité où tout peut partir en chaos d'une case à l'autre. Le dessin est globalement très solide, dynamique, avec une vraie maîtrise des expressions et des scènes d'action, ce qui rend le tout très lisible malgré le côté bordélique assumé.
Ce qui fait aussi beaucoup du charme de la série, c'est son duo principal. L'héroïne, charismatique et attachante, n'hésite pas à flirter ouvertement avec le héros, beaucoup plus introverti et maladroit, ce qui crée une dynamique de romance légère et souvent drôle. Autour d'eux, les personnages s'accumulent au fil des tomes, avec une galerie de figures souvent excentriques mais globalement attachantes, même si certains restent davantage des prétextes à situations qu'autre chose.
Malgré tout, cette lecture reste pour moi surtout un divertissement efficace à l'échelle de chaque tome, mais moins convaincant sur la durée. L'univers est original et généreux, mais aussi très dispersé, sans vraie intrigue globale suffisamment forte pour donner envie d'enchaîner absolument la suite. Tout se mélange en permanence sans jamais vraiment se poser ni se prendre au sérieux, ce qui donne un côté fun mais aussi assez superficiel sur la durée.
C'est donc une série que j'ai trouvée agréable sur le moment, portée par son énergie, son humour et sa mise en scène, mais à laquelle je n'ai pas suffisamment accroché pour avoir envie de lire rapidement la suite. Résultat : j'ai étalé sur plusieurs semaines la lecture de l'intégrale empruntée, et l'ensemble se mélange tellement dans mon esprit qu'il me reste finalement assez peu de choses vraiment marquantes une fois la lecture terminée.
J’ai emprunté cet album au hasard, uniquement intrigué par la couverture, le visage de la fille m’ayant fait penser au dessin d’Ito (j’ai un temps cru avoir en main l’un de ses albums). Mais en fait, même si le fantastique est bien présent, ça ne vire jamais à l’horreur comme dans les récits de Junji Ito.
D’ailleurs, le fantastique est même à peine présent. Le lecteur peut même penser à plusieurs reprises qu’on ne voyage que dans l’imagination d’« Emanon ».
Si en arrière-plan un certain fantastique pimente le récit, ce dernier est un peu trop léger pour rester mémorable. C’est davantage l’ambiance un peu évanescente, pleine de mélancolie, qui domine et constitue le principal attrait de cette histoire.
Une histoire qui se laisse lire, très rapidement, tant le récit est avare de texte et de péripétie. Mais cette lecture n’est pas déplaisante. J’ai un temps cru que la romance entre Emanon et le jeune narrateur allait tourner à une love story sirupeuse à la « Titanic », mais en fait non, et heureusement.
Je finis par le dessin, qui m’avait attiré au départ. Il est très agréable. En fin d’album, quelques planches supplémentaires sont colorisées. Eh bien je préfère le choix fait de n’user que du Noir et Blanc pour le récit, car le rendu est vraiment très bon et beau.
Laurent-Frédéric Bollée nous propose ici un bon récit documentaire – et très documenté – sur une catastrophe spatiale qui a marqué les esprits à son époque (1986), l’explosion juste après son décollage de la navette américaine Challenger.
Après une entame présentant l’accident, le récit est conçu comme un flash-back découpé avec un compte à rebours qui, immanquablement (puisqu’on connait le résultat), ne peut que dynamiser le récit en accentuant la tension.
On se familiarise avec les procédures de sélection de l’équipage, avec les questionnements techniques, les enjeux, etc.
Et on se focalise pas mal – comme les journalistes de l’époque – sur l’une des sept astronautes, une civile, professeur, qui était utilisée par la communication pour donner un visage humain et apprécié de l’aventure spatiale américaine (communication du Président Reagan, mais aussi de la NASA).
Bollée remonte pas mal en arrière, et il est intéressant de découvrir les efforts de la NASA pour communiquer, en utilisant en particulier une ancienne actrice de la série Star Trek (qui jouait aussi le jeu de « l’intégration » de la communauté noire…).
Il y a quand même quelques petites longueurs, et le dessin de Spadoni, s’il est généralement lisible, est aussi parfois minimaliste, avec un effacement de certains détails et des visages dont je ne suis pas fan.
J’ai été surpris d’apprendre que les astronautes n’étaient pas morts sur le coup lors de la désintégration de la navette (ce que j’avais toujours cru), ce qui apporte une ultime relance dramatique au récit (même si, là, Bollée a forcément entièrement inventé ce qui a pu se dire ou se faire).
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Terre ou Lune
Étrange roman graphique que celui-ci, attisant le feu et la glace. L'histoire est pour le moins originale puisque s'articulant abondamment autour de la thématique de l'ornithologie, laquelle est travaillée par celle puissante du parricide, l'ensemble est enfin intégré à un univers SF envisageant une colonisation de la Lune et un rapport tendu entre les habitants des deux astres. Tout s'imbrique pour le moment assez maladroitement : l'univers SF notamment s'efface puis revient, sans véritablement travailler ses thématiques sociétales (migrations de populations, dépendance alimentaire, intimidation guerrière, mouvements sociaux). Le traitement poétique de la dystopie engendre de beaux moments (l'épisode du géant de pierre est assez réussi), mais sa déclinaison technologique est plus triviale (les véhicules volants, le train... tels des copies gratuites de machines aperçues chez Miyazaki). Le récit joue avec les temporalités, présentant des épisodes de l'enfance, de l'adolescence, des évocations du passé via souvenirs ou apparitions, au sein d'une tranche de vie avançant lentement, sans véritable direction. Il ne s'agit pas véritablement de reconstruire l'histoire d'un drame familial, ni de comprendre l'histoire de cette colonisation lunaire, ou de proposer une tranche de vie naturaliste ; le récit tente d'entremêler ces trois voies sans y parvenir avantageusement : l'anecdotique cohabitant trop souvent avec le dramatique, hurlant son incapacité à organiser avec cohérence et pertinence une dramaturgie en roue libre. Néanmoins, ce récit fascine régulièrement, proposant ici ou là des visuels d'une belle puissance évocatrice (la couverture et tout l'épisode autour du géant de pierre, la splendide représentation de la lumière, etc.) et le traitement genré des personnages est assez intéressant dans sa manière d'accompagner l'inquiétante étrangeté dont se pare occasionnellement le récit. Une réussite en demi-teinte, qui ne laisse pas indifférent et attise une curiosité quelque peu inquiète à l'égard du futur second tome.
Vincent et Van Gogh
Le chat Vincent m'a semblé assez agaçant. Je n'ai pas du tout adhéré à cette fable sur les peintres et leurs animaux, qui auraient soi-disant été les véritables auteurs ou inspirateurs de tant d'œuvres géniales. J'ai acheté le premier tome sur un coup de tête, sans lire aucun avis préalable, et j'ai eu tort. Les dessins m'ont semblé bons, mais au fur et à mesure que je lisais, tout m'a semblé trop décousu. Smudja a du talent et l'aspect visuel de l'ensemble du livre n'est pas désagréable, mais la tentative de reconstitution du style de peinture de Van Gogh échoue finalement, je pense. Évidemment, je n'ai pas acheté le deuxième tome.
Little Monsters
Un récit de vampires qui possède sa part d’originalité, agréable à lire mais sur lequel je ne pense pas revenir. L’esthétisme graphique assure bien l’ambiance mais finalement je préfère le style de l’auteur dans des tonalités plus colorées. L’histoire se laisse lire mais il a manqué quelque chose pour m’attraper. En fait, j’ai trouvé que c’était à la fois original et sans surprise, les personnages mêmes si bien campés sont peu attachants. Une série sympa avec des qualités mais qui ne m’ont pas tant parlé.
Brunilda à la Plata
On ne peut qu’être intrigué et séduit par le travail éditorial, avec un papier agréable au toucher, un grand format. J’ai beaucoup aimé la colorisation, souvent terne. Mais c’est l’esthétique général qui envoûte (mais qui peut aussi être clivante). Je fais partie de ceux qui apprécient ce type de dessin, qui fait penser au travail de Jérémy Piningre, mais aussi à l’auteur argentin Carlos Nine (auteur que j’aime beaucoup). Il y a aussi, de la part de Genis Rigol (auteur espagnol que je découvre avec cet album), une claire volonté de jouer sur un côté rétro du dessin (parfois proche de très vieilles BD), mais aussi sur quelques aspects cartoonesques. Bref, on a là quelque chose de très original ! Pour ce qui est de l’histoire elle-même, je dois dire d’emblée que certains aspects m’ont un peu échappé. Mais je suis prêt à accepter ces petites frustrations, car la lecture a été intéressante. Les aspects loufoques, absurdes de l’intrigue donnent une tonalité surréaliste au récit, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’intrigue se déroule dans un théâtre – aux dimensions assez énormes finalement, aux décors parfois proches de ceux d’Escher. Le dramaturge auteur de la pièce – qu’il continue d’écrire au fil des répétitions, voire même jusqu’au bout, jusqu’à la « Première » – se questionne continuellement (syndrome de la page blanche), alors qu’acteurs et certains bouts de décors passent dans tous les sens. C’est donc très décousu, loufoque et absurde, mais, bien que certaines choses m’aient échappé, la lecture reste intéressante, du fait de l’ambiance, des côtés surréalistes et du dessin, tous originaux. C’est clair que je recommande un feuilletage avant d’envisager l’achat, car cet album convient avant tout aux lecteurs curieux. Mais on tient là quelque chose qui fait la part belle à l’imagination, la poésie. Amateurs de récits cartésiens et/ou de franco-belge classique s’abstenir !
Seccotine
À la lecture des avis précédents, je m'attendais à pire, mais au final je n'ai pas trouvé ce spin-off centré sur Seccotine désagréable à lire, même s'il reste inégal. Graphiquement, l'ensemble est plutôt réussi. Le dessin est propre, plus soigné que dans Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons, avec des décors plus détaillés et une vraie volonté de redonner vie au village de Champignac et à son atmosphère. J'ai aussi trouvé que Seccotine était plutôt bien caractérisée dans cette version, avec un personnage qui conserve une certaine énergie et un côté attachant. En revanche, la colorisation de certains ciels et effets de lumière m'a parfois un peu fait tiquer, avec un rendu qui m'a semblé moins naturel. Là où ça se complique, c'est du côté des personnages secondaires et de l'intrigue. J'ai trouvé Colette assez pénible, tout comme les deux antagonistes, qui ne m'ont pas vraiment intéressé. L'histoire en elle-même est très classique, presque trop sage, avec une impression générale de récit enfantin et sans aspérité. La résolution n'a pas réussi à me surprendre ni à me convaincre. Il y a aussi cette étrange sensation au niveau du rythme, comme si les journées ne duraient qu'une ou deux heures dans le récit tant Seccotine semble vouloir déjà se reposer ou passer à autre chose dès qu'une piste commence à apparaître. Cela renforce encore cette impression de narration molle et de manque de tension. Au final, même si je rejoins en partie les critiques sur le côté assez fade de l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment non plus. C'est une lecture plutôt tranquille, avec quelques qualités graphiques et une vraie envie de revisiter Champignac, mais globalement trop sage et trop lisse pour marquer durablement. Je reste malgré tout curieux de voir si d'autres tomes pourraient mieux exploiter le potentiel du personnage. Note : 2.5/5
Newburn
J’ai vraiment accroché à Newburn, surtout grâce à son ambiance de polar noir moderne et à son personnage principal particulièrement marquant. L’histoire suit Easton Newburn, un ancien flic devenu une sorte de médiateur indépendant travaillant pour toutes les familles criminelles de New York. Son rôle consiste à résoudre les problèmes avant qu’une guerre éclate entre les différents clans. Une idée simple sur le papier, mais extrêmement efficace dans la manière dont Zdarsky construit ses intrigues. J’ai adoré suivre ce personnage froid, méthodique et presque détaché émotionnellement, qui navigue constamment entre manipulations, trahisons et règlements de comptes. Chaque affaire permet d’explorer une nouvelle facette du milieu criminel new-yorkais tout en développant progressivement le passé et la personnalité de Newburn. Visuellement, Jacob Phillips apporte une vraie identité à la série avec un style sale (comme peut le faire son pere), nerveux et très urbain qui colle parfaitement à l’ambiance du récit. Ses couleurs participent énormément à cette sensation de polar poisseux et nocturne. On ressent aussi une vraie influence du roman noir et des vieux films policiers dans toute la mise en scène. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont la série parvient à rester très accessible tout en construisant un univers criminel dense et crédible. Les dialogues sont efficaces, les personnages secondaires existent vraiment et les tensions fonctionnent du début à la fin. Une excellente lecture de polar noir moderne, tendue et immersive, portée par un duo créatif qui maîtrise parfaitement son sujet.
Blood Moon (Lowreader présente)
J’ai passé un bon moment avec cette BD de SF, surtout grâce à son ambiance très particulière et à son univers lunaire sombre et oppressant. L’histoire démarre sur la Lune, dans une colonie minière isolée où la tension et la violence semblent faire partie du quotidien. Très vite, on suit des personnages pris dans une situation qui dégénère progressivement entre survie, secrets et affrontements, avec en toile de fond une sensation permanente d’hostilité et de fin du monde. Je me suis laissé embarquer par cette atmosphère pesante et par les mystères que le récit installe petit à petit. Le décor lunaire fonctionne vraiment bien et renforce ce sentiment d’isolement permanent. Il y a quelque chose de brutal et de presque désespéré dans cette histoire, autant dans le ton que dans les visuels. Visuellement, on sent clairement les influences de Mike Mignola dans le travail de Bones, notamment dans les ombres épaisses, les contrastes marqués et cette manière très brute de composer certaines planches. Ça donne énormément de personnalité à l’ensemble et participe clairement à l’immersion. Mais malgré toutes ces qualités, je reste un peu frustré en refermant l’album. J’ai eu le sentiment que le récit commençait réellement à décoller quand la fin arrive déjà. Beaucoup d’idées intéressantes auraient mérité davantage de développement, tout comme certains personnages ou enjeux de l’univers. Au final, ça reste une BD de SF immersive et prometteuse, avec une vraie identité visuelle et une ambiance réussie, mais dont la conclusion arrive beaucoup trop vite à mon goût.
Dandadan
Ken Takakura, adolescent solitaire passionné d'ovnis, et Momo Ayase, lycéenne sûre d'elle fascinée par les fantômes, se lancent un pari absurde qui les plonge dans un monde où paranormal, extraterrestres et yokai s'entrechoquent en permanence. Très vite, leur quotidien bascule dans une succession de combats et de situations totalement incontrôlables, où humour, action et surnaturel se mélangent sans jamais vraiment se stabiliser. Ce manga est un véritable fourre-tout fantastique-action qui pioche autant dans le folklore japonais que dans les aliens, les kaiju et les délires de conspiration, avec une énergie constamment explosive. L'ensemble fonctionne sur un rythme très nerveux, alternant affrontements spectaculaires, humour souvent efficace et moments de pure absurdité où tout peut partir en chaos d'une case à l'autre. Le dessin est globalement très solide, dynamique, avec une vraie maîtrise des expressions et des scènes d'action, ce qui rend le tout très lisible malgré le côté bordélique assumé. Ce qui fait aussi beaucoup du charme de la série, c'est son duo principal. L'héroïne, charismatique et attachante, n'hésite pas à flirter ouvertement avec le héros, beaucoup plus introverti et maladroit, ce qui crée une dynamique de romance légère et souvent drôle. Autour d'eux, les personnages s'accumulent au fil des tomes, avec une galerie de figures souvent excentriques mais globalement attachantes, même si certains restent davantage des prétextes à situations qu'autre chose. Malgré tout, cette lecture reste pour moi surtout un divertissement efficace à l'échelle de chaque tome, mais moins convaincant sur la durée. L'univers est original et généreux, mais aussi très dispersé, sans vraie intrigue globale suffisamment forte pour donner envie d'enchaîner absolument la suite. Tout se mélange en permanence sans jamais vraiment se poser ni se prendre au sérieux, ce qui donne un côté fun mais aussi assez superficiel sur la durée. C'est donc une série que j'ai trouvée agréable sur le moment, portée par son énergie, son humour et sa mise en scène, mais à laquelle je n'ai pas suffisamment accroché pour avoir envie de lire rapidement la suite. Résultat : j'ai étalé sur plusieurs semaines la lecture de l'intégrale empruntée, et l'ensemble se mélange tellement dans mon esprit qu'il me reste finalement assez peu de choses vraiment marquantes une fois la lecture terminée.
Souvenirs d'Emanon
J’ai emprunté cet album au hasard, uniquement intrigué par la couverture, le visage de la fille m’ayant fait penser au dessin d’Ito (j’ai un temps cru avoir en main l’un de ses albums). Mais en fait, même si le fantastique est bien présent, ça ne vire jamais à l’horreur comme dans les récits de Junji Ito. D’ailleurs, le fantastique est même à peine présent. Le lecteur peut même penser à plusieurs reprises qu’on ne voyage que dans l’imagination d’« Emanon ». Si en arrière-plan un certain fantastique pimente le récit, ce dernier est un peu trop léger pour rester mémorable. C’est davantage l’ambiance un peu évanescente, pleine de mélancolie, qui domine et constitue le principal attrait de cette histoire. Une histoire qui se laisse lire, très rapidement, tant le récit est avare de texte et de péripétie. Mais cette lecture n’est pas déplaisante. J’ai un temps cru que la romance entre Emanon et le jeune narrateur allait tourner à une love story sirupeuse à la « Titanic », mais en fait non, et heureusement. Je finis par le dessin, qui m’avait attiré au départ. Il est très agréable. En fin d’album, quelques planches supplémentaires sont colorisées. Eh bien je préfère le choix fait de n’user que du Noir et Blanc pour le récit, car le rendu est vraiment très bon et beau.
Le Visage du Créateur
Laurent-Frédéric Bollée nous propose ici un bon récit documentaire – et très documenté – sur une catastrophe spatiale qui a marqué les esprits à son époque (1986), l’explosion juste après son décollage de la navette américaine Challenger. Après une entame présentant l’accident, le récit est conçu comme un flash-back découpé avec un compte à rebours qui, immanquablement (puisqu’on connait le résultat), ne peut que dynamiser le récit en accentuant la tension. On se familiarise avec les procédures de sélection de l’équipage, avec les questionnements techniques, les enjeux, etc. Et on se focalise pas mal – comme les journalistes de l’époque – sur l’une des sept astronautes, une civile, professeur, qui était utilisée par la communication pour donner un visage humain et apprécié de l’aventure spatiale américaine (communication du Président Reagan, mais aussi de la NASA). Bollée remonte pas mal en arrière, et il est intéressant de découvrir les efforts de la NASA pour communiquer, en utilisant en particulier une ancienne actrice de la série Star Trek (qui jouait aussi le jeu de « l’intégration » de la communauté noire…). Il y a quand même quelques petites longueurs, et le dessin de Spadoni, s’il est généralement lisible, est aussi parfois minimaliste, avec un effacement de certains détails et des visages dont je ne suis pas fan. J’ai été surpris d’apprendre que les astronautes n’étaient pas morts sur le coup lors de la désintégration de la navette (ce que j’avais toujours cru), ce qui apporte une ultime relance dramatique au récit (même si, là, Bollée a forcément entièrement inventé ce qui a pu se dire ou se faire).