Dans " Saigneurs ", Lou Lubie utilise la métaphore du vampire pour dénoncer les prédateurs sexuels et souligner les mécanismes de l'emprise.
Si la BD atteint son objectif en jouant notamment sur l'inversion des rôles, en montrant combien la société entière peine à ouvrir les yeux (que ce soit au sein de la cellule familiale ou au plus haut sommet de l'état, cela reste compliqué par exemple de remettre en question des icônes), l'album entier est très démonstratif. La lecture reste plutôt plaisante, mais rien de bien marquant pour ma part. Contrairement à Racines que j'avais apprécié pour son dynamisme, sa pertinence et son humour et à Eurydice pour sa réécriture subtile et maline, ce dernier album me paraît plus anecdotique. Le didactisme prend le pas cette fois-ci sur le plaisir de la lecture avec certaines scènes simplement tirées de la réalité (malheureusement) à peine retouchées à la sauce vampire.
Le dessin est efficace, mais me paraît là aussi moins abouti que dans les productions précédentes.
Un jeune garçon passionné de comics à la fin des années 1970 / début des années 1980 se réfugie dans un univers imaginaire peuplé de super-héros, au point de brouiller la frontière entre ses rêves et la réalité.
C'est une série assez touchante, même si elle ne m'a pas convaincu sur tous ses aspects. J'ai apprécié son mélange de chronique d'enfance, de passion naïve pour les super-héros et de regard tendre sur l'imagination comme refuge face à un quotidien parfois difficile. Entre le harcèlement scolaire, les tensions avec le père, la complicité avec le grand-père et cette obsession grandissante pour les comics, je ne sais pas quelle est la part d'autobiographie de ce récit. L'ensemble donne l'impression de suivre la jeunesse romancée d'un futur auteur de BD nourri aux comics américains et aux dessins animés. Le tome 2 renforce encore cette impression puisqu'il insiste davantage sur la difficulté pour Xavier de faire accepter sa passion à ses parents après les événements traumatiques du premier volume. Toute cette partie autour du regard des adultes sur l'imaginaire enfantin fonctionne plutôt bien. Le récit montre comment le jeune héros transforme ses frustrations, ses peurs ou ses humiliations en aventures héroïques imaginaires qu'il couchera ensuite sur le papier. Cela donne parfois quelque chose de touchant, notamment dans sa manière de vouloir devenir plus fort ou de croire sincèrement qu'il a une destinée particulière.
Graphiquement, l'ensemble n'est pas parfait mais reste charmant. Alberto Sanz offre un dessin dynamique et coloré, avec une vraie énergie dans les scènes d'action et les passages imaginaires. Les séquences consacrées aux Plutokids sont dessinées dans un style différent et visuellement réussi, avec ce côté rétro-futuriste très coloré. En revanche, le dessin présente parfois un aspect un peu enfantin dans la manière dont les émotions sont exprimées. Les visages ont souvent des expressions extrêmement appuyées, presque caricaturales dans leur expressivité. Cela m'a marqué dans le tome 2 avec le visage de la jeune amie de Xavier, qui garde en permanence ce grand sourire accompagné de sourcils constamment froncés, au point que cela finit presque par devenir une expression unique.
J'ai aimé la sincérité de l'ensemble et certains passages touchants, notamment autour du grand-père ou de la façon dont l'imagination aide Xavier à supporter certaines choses. Mais le récit a aussi tendance à devenir parfois un peu trop démonstratif ou trop lisse. Certains thèmes (harcèlement, deuil, rejet, passion mal comprise) sont traités avec beaucoup de bienveillance, mais aussi avec un côté un peu formaté et parfois abrupt qui enlève de la spontanéité ou de la surprise. Et même si j'accepte le principe du regard enfantin, j'ai parfois eu un peu de mal avec l'incapacité du héros à distinguer totalement son imaginaire de la réalité, même s'il gagne en maturité au cours de second tome.
Malgré ça, j'ai trouvé l'ensemble sincère et attachant. Ce n'est pas forcément une BD révolutionnaire dans ce qu'elle raconte, mais elle possède un vrai capital sympathie, porté par son amour des comics, son regard nostalgique sur l'enfance et son envie de montrer à quel point l'imagination peut devenir un refuge ou une force pour grandir.
Un premier tome qui m’avait bien plu à sa sortie, mais j’attendais de voir.
Après lecture des 2 tomes, je peux dire que c’est plus que pas mal du tout.
De la chouette aventure (loin d’être bucolique) concoctée par 3 auteurs de talent.
Au scénario, Loisel que l’on ne présente plus, déroule son histoire tranquille, on prend le temps de présenter les personnages et ce microcosme brésilien (particulier et dur), assez rare et dépaysant dans le monde de la bd.
La partie graphique est magnifiée par le trait d’Olivier Pont et les couleurs de François Lapierre. Bravo à eux, ils apportent énormément à l’album.
Le tout est un plaisir à parcourir, les planches sont fluides et bien construites, les albums sont épais, je n’ai pas vu le temps passé.
Une multitude de personnages, bons comme mauvais, pour un récit manichéen (ce n’est pas dit de manière péjorative) et distrayant.
J’espère une fin dans le prochain tome et qu’elle soit à la hauteur de cet « exotisme » proposé par les auteurs. Un bon moment de lecture.
MàJ tome 4 :
Bon finalement, il a fallu attendre un tome de plus pour connaître le fin mot de cette aventure.
Je reste sur le même ressenti, ça ne chamboulera pas grand chose mais on passe un bon moment dans et avec ce microcosme amazonien. L’aventure et les personnages sont bien tenus, la fin est ce qu’elle doit être et la patte graphique de Pont est toujours aussi agréable.
Une série qui a réussi à tenir sur la longueur.
Une aventure honnête de notre viking mais je reste un peu perplexe de ma lecture.
Je n’ai pas détesté mais à aucun moment je n’ai vraiment été accroché. Il faut dire que je ne suis pas un grand admirateur des 2 auteurs et de leurs pattes respectives. Il y a souvent comme une barrière/froideur qui s’en dégage et que je n’arrive pas à pénétrer même si ici, leurs styles est au service de l’univers « Thorgalien ».
Le graphisme, malgré quelques fulgurances et de l’envie, m’apparaît terne, sans saveur voir parfois maladroit (affaire de goût ceci dit).
Quand au récit, il suit le même chemin, c’est respectueux au cahier des charges mais trop c’est sans folie ni peps. J’ai même trouvé certains dialogues assez affligeants, entre Thorgal et Aaricia notamment. La fin de l’album fera le lien avec Alinoé mais sans réelle magie.
Je suis de plus en plus déçu de cette collection qui se contente de faire du Thorgal standard, ça comble les blancs des albums de la série mère mais sans réelle plus-value. Et cet album, à mes yeux, fait sans doute parti des moins bons.
Me voilà bien embêté pour noter cet ouvrage de Taniguchi car cette adaptation d'un roman de Kawakami me laisse des sentiments perplexes.
Je découvre l'avis de iannick et je ne peux que valider cette impression que "Les Années douces" s'adresse à un public averti
Tout d'abord que cette histoire est molle
Et là je m'interroge si cette impression de mollesse relève plus d'un choc des cultures que du caractère des protagonistes. Choc de cultures mais également choc de génération car notre jeune trentenaire Tsukiko, qui est d'une nonchalance phénoménale, tombe amoureuse d'un ancien professeur de ,j'imagine, 30 ans son ainé. En soit ce n'est pas la première œuvre à traiter de différence d'âge conséquente et il suffit d'ouvrir les pages people du premier torchon venu pour constater que ce phénomène n'est pas exceptionnel
J'ai plus été perturbé, voire choqué, que tout au long de l'ouvrage elle s'adresse à lui en l'appelant Maître. Cela me laisse une impression très très désagréable. A aucun moment je n'ai eu l'impression que nos deux tourtereaux discutaient d'égal à égal.
Ensuite vu que l'essentiel de leur rapport se déroule au restaurant qu'est-ce qu'ils peuvent manger et accessoirement picoler. A moins que ce ne soit l'inverse.
Bref on a envie de secouer cette brave Tsukiko afin qu'elle exprime enfin ses sentiments.
Par contre graphiquement les traits de Taniguchi sont toujours aussi fins et précis. Son travail reste toujours aussi appréciable. J'avoue toujours contempler ces dessins avec beaucoup de plaisir.
Au final je vais mettre un peu en dessous de la moyenne car 2 tomes pour nous raconter tout ça c'est vraiment vraiment long. Même si encore une fois cela tient plus de la volonté de Taniguchi de coller à l'œuvre originale.
J'ai une tendresse particulière pour Larcenet et cette série car il s'agit de la première BD "adulte" que je lisais alors encore enfant. Je ne comprenais pas tout mais son dessin, son humour et son scénario rendez l'histoire accessible pour moi.
Relue plusieurs fois depuis avec un regard adulte, je conserve une note juste pour cette série essentielle, fruit pour moi d'un renouveau de la bd francophone, dans un style narratif particulièrement réussi de par , donc, son accessibilité.
C'est aussi l'histoire d'une époque et d'une génération qui disparaît, de plus en plus. Elle est émouvante et aussi, annonciatrice de ce qui devait arriver aujourd'hui.
Le dessin de Larcenet est excellent, une transition entre sa première période "humoristique' et sa seconde période plus 'sombre'.
Un hommage aussi général pour Larcenet, qui à l'inverse d'autre "stars" de sa génération (Trondheim, Sfar) , ne ce sera pour moi, jamais compromis et comme le bon vin, a très bien vieilli.
Il y a pléthore d'avis positif pour Blacksad justifiés, et en rajouter un n'est pas forcément utile. Mais je clame mon admiration pour cette série dont certains tomes sont exceptionnels, qui m'a remis dans le droit chemin de la lecture de BD il y a 5 ans, alors que je l'avais déserté. Une série indispensable dans une bibliothèque, qui se dévore autant sur le plan graphique que narratif.
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Saigneurs
Dans " Saigneurs ", Lou Lubie utilise la métaphore du vampire pour dénoncer les prédateurs sexuels et souligner les mécanismes de l'emprise. Si la BD atteint son objectif en jouant notamment sur l'inversion des rôles, en montrant combien la société entière peine à ouvrir les yeux (que ce soit au sein de la cellule familiale ou au plus haut sommet de l'état, cela reste compliqué par exemple de remettre en question des icônes), l'album entier est très démonstratif. La lecture reste plutôt plaisante, mais rien de bien marquant pour ma part. Contrairement à Racines que j'avais apprécié pour son dynamisme, sa pertinence et son humour et à Eurydice pour sa réécriture subtile et maline, ce dernier album me paraît plus anecdotique. Le didactisme prend le pas cette fois-ci sur le plaisir de la lecture avec certaines scènes simplement tirées de la réalité (malheureusement) à peine retouchées à la sauce vampire. Le dessin est efficace, mais me paraît là aussi moins abouti que dans les productions précédentes.
Invulnérable
Un jeune garçon passionné de comics à la fin des années 1970 / début des années 1980 se réfugie dans un univers imaginaire peuplé de super-héros, au point de brouiller la frontière entre ses rêves et la réalité. C'est une série assez touchante, même si elle ne m'a pas convaincu sur tous ses aspects. J'ai apprécié son mélange de chronique d'enfance, de passion naïve pour les super-héros et de regard tendre sur l'imagination comme refuge face à un quotidien parfois difficile. Entre le harcèlement scolaire, les tensions avec le père, la complicité avec le grand-père et cette obsession grandissante pour les comics, je ne sais pas quelle est la part d'autobiographie de ce récit. L'ensemble donne l'impression de suivre la jeunesse romancée d'un futur auteur de BD nourri aux comics américains et aux dessins animés. Le tome 2 renforce encore cette impression puisqu'il insiste davantage sur la difficulté pour Xavier de faire accepter sa passion à ses parents après les événements traumatiques du premier volume. Toute cette partie autour du regard des adultes sur l'imaginaire enfantin fonctionne plutôt bien. Le récit montre comment le jeune héros transforme ses frustrations, ses peurs ou ses humiliations en aventures héroïques imaginaires qu'il couchera ensuite sur le papier. Cela donne parfois quelque chose de touchant, notamment dans sa manière de vouloir devenir plus fort ou de croire sincèrement qu'il a une destinée particulière. Graphiquement, l'ensemble n'est pas parfait mais reste charmant. Alberto Sanz offre un dessin dynamique et coloré, avec une vraie énergie dans les scènes d'action et les passages imaginaires. Les séquences consacrées aux Plutokids sont dessinées dans un style différent et visuellement réussi, avec ce côté rétro-futuriste très coloré. En revanche, le dessin présente parfois un aspect un peu enfantin dans la manière dont les émotions sont exprimées. Les visages ont souvent des expressions extrêmement appuyées, presque caricaturales dans leur expressivité. Cela m'a marqué dans le tome 2 avec le visage de la jeune amie de Xavier, qui garde en permanence ce grand sourire accompagné de sourcils constamment froncés, au point que cela finit presque par devenir une expression unique. J'ai aimé la sincérité de l'ensemble et certains passages touchants, notamment autour du grand-père ou de la façon dont l'imagination aide Xavier à supporter certaines choses. Mais le récit a aussi tendance à devenir parfois un peu trop démonstratif ou trop lisse. Certains thèmes (harcèlement, deuil, rejet, passion mal comprise) sont traités avec beaucoup de bienveillance, mais aussi avec un côté un peu formaté et parfois abrupt qui enlève de la spontanéité ou de la surprise. Et même si j'accepte le principe du regard enfantin, j'ai parfois eu un peu de mal avec l'incapacité du héros à distinguer totalement son imaginaire de la réalité, même s'il gagne en maturité au cours de second tome. Malgré ça, j'ai trouvé l'ensemble sincère et attachant. Ce n'est pas forcément une BD révolutionnaire dans ce qu'elle raconte, mais elle possède un vrai capital sympathie, porté par son amour des comics, son regard nostalgique sur l'enfance et son envie de montrer à quel point l'imagination peut devenir un refuge ou une force pour grandir.
Un putain de salopard
Un premier tome qui m’avait bien plu à sa sortie, mais j’attendais de voir. Après lecture des 2 tomes, je peux dire que c’est plus que pas mal du tout. De la chouette aventure (loin d’être bucolique) concoctée par 3 auteurs de talent. Au scénario, Loisel que l’on ne présente plus, déroule son histoire tranquille, on prend le temps de présenter les personnages et ce microcosme brésilien (particulier et dur), assez rare et dépaysant dans le monde de la bd. La partie graphique est magnifiée par le trait d’Olivier Pont et les couleurs de François Lapierre. Bravo à eux, ils apportent énormément à l’album. Le tout est un plaisir à parcourir, les planches sont fluides et bien construites, les albums sont épais, je n’ai pas vu le temps passé. Une multitude de personnages, bons comme mauvais, pour un récit manichéen (ce n’est pas dit de manière péjorative) et distrayant. J’espère une fin dans le prochain tome et qu’elle soit à la hauteur de cet « exotisme » proposé par les auteurs. Un bon moment de lecture. MàJ tome 4 : Bon finalement, il a fallu attendre un tome de plus pour connaître le fin mot de cette aventure. Je reste sur le même ressenti, ça ne chamboulera pas grand chose mais on passe un bon moment dans et avec ce microcosme amazonien. L’aventure et les personnages sont bien tenus, la fin est ce qu’elle doit être et la patte graphique de Pont est toujours aussi agréable. Une série qui a réussi à tenir sur la longueur.
Thorgal Saga - La Déesse d'ambre
Une aventure honnête de notre viking mais je reste un peu perplexe de ma lecture. Je n’ai pas détesté mais à aucun moment je n’ai vraiment été accroché. Il faut dire que je ne suis pas un grand admirateur des 2 auteurs et de leurs pattes respectives. Il y a souvent comme une barrière/froideur qui s’en dégage et que je n’arrive pas à pénétrer même si ici, leurs styles est au service de l’univers « Thorgalien ». Le graphisme, malgré quelques fulgurances et de l’envie, m’apparaît terne, sans saveur voir parfois maladroit (affaire de goût ceci dit). Quand au récit, il suit le même chemin, c’est respectueux au cahier des charges mais trop c’est sans folie ni peps. J’ai même trouvé certains dialogues assez affligeants, entre Thorgal et Aaricia notamment. La fin de l’album fera le lien avec Alinoé mais sans réelle magie. Je suis de plus en plus déçu de cette collection qui se contente de faire du Thorgal standard, ça comble les blancs des albums de la série mère mais sans réelle plus-value. Et cet album, à mes yeux, fait sans doute parti des moins bons.
Les Années douces
Me voilà bien embêté pour noter cet ouvrage de Taniguchi car cette adaptation d'un roman de Kawakami me laisse des sentiments perplexes. Je découvre l'avis de iannick et je ne peux que valider cette impression que "Les Années douces" s'adresse à un public averti Tout d'abord que cette histoire est molle Et là je m'interroge si cette impression de mollesse relève plus d'un choc des cultures que du caractère des protagonistes. Choc de cultures mais également choc de génération car notre jeune trentenaire Tsukiko, qui est d'une nonchalance phénoménale, tombe amoureuse d'un ancien professeur de ,j'imagine, 30 ans son ainé. En soit ce n'est pas la première œuvre à traiter de différence d'âge conséquente et il suffit d'ouvrir les pages people du premier torchon venu pour constater que ce phénomène n'est pas exceptionnel J'ai plus été perturbé, voire choqué, que tout au long de l'ouvrage elle s'adresse à lui en l'appelant Maître. Cela me laisse une impression très très désagréable. A aucun moment je n'ai eu l'impression que nos deux tourtereaux discutaient d'égal à égal. Ensuite vu que l'essentiel de leur rapport se déroule au restaurant qu'est-ce qu'ils peuvent manger et accessoirement picoler. A moins que ce ne soit l'inverse. Bref on a envie de secouer cette brave Tsukiko afin qu'elle exprime enfin ses sentiments. Par contre graphiquement les traits de Taniguchi sont toujours aussi fins et précis. Son travail reste toujours aussi appréciable. J'avoue toujours contempler ces dessins avec beaucoup de plaisir. Au final je vais mettre un peu en dessous de la moyenne car 2 tomes pour nous raconter tout ça c'est vraiment vraiment long. Même si encore une fois cela tient plus de la volonté de Taniguchi de coller à l'œuvre originale.
Le Combat ordinaire
J'ai une tendresse particulière pour Larcenet et cette série car il s'agit de la première BD "adulte" que je lisais alors encore enfant. Je ne comprenais pas tout mais son dessin, son humour et son scénario rendez l'histoire accessible pour moi. Relue plusieurs fois depuis avec un regard adulte, je conserve une note juste pour cette série essentielle, fruit pour moi d'un renouveau de la bd francophone, dans un style narratif particulièrement réussi de par , donc, son accessibilité. C'est aussi l'histoire d'une époque et d'une génération qui disparaît, de plus en plus. Elle est émouvante et aussi, annonciatrice de ce qui devait arriver aujourd'hui. Le dessin de Larcenet est excellent, une transition entre sa première période "humoristique' et sa seconde période plus 'sombre'. Un hommage aussi général pour Larcenet, qui à l'inverse d'autre "stars" de sa génération (Trondheim, Sfar) , ne ce sera pour moi, jamais compromis et comme le bon vin, a très bien vieilli.
Blacksad
Il y a pléthore d'avis positif pour Blacksad justifiés, et en rajouter un n'est pas forcément utile. Mais je clame mon admiration pour cette série dont certains tomes sont exceptionnels, qui m'a remis dans le droit chemin de la lecture de BD il y a 5 ans, alors que je l'avais déserté. Une série indispensable dans une bibliothèque, qui se dévore autant sur le plan graphique que narratif.