Les derniers avis (6 avis)

Par Miguelof
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Arzach
Arzach

"Il n'y a aucune raison pour qu'une histoire soit comme une maison, avec une porte pour entrer, les fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée... On peut très bien imaginer une histoire en forme d'éléphant, de champ de blé ou de flamme d'allumette soufrée" (Moebius, 1976). J'ai commandé l'œuvre originalle de France et je l'ai reçue encore à 15 ans. Mais elle est arrivée censurée: mon père, qui aimait beaucoup la BD mais était assez moraliste, y avait mis son grain de sel. Je lui ai dit que c'était comme mutiler la Chapelle Sixtine... maintenant je pense que c'était affectueux de sa part! Plus tard, je l'ai acquise en secret et je continue à collectionner toutes les versions et éditions jusqu'à aujourd'hui. C'était une révolution à l'époque et tellement d'auteurs ont été influencés par les hachures et le pointillisme du dessin: Bilal, Solé, Manara peut-être et même Gir lui-même (voir Angel Face, par exemple) ainsi que tant d'autres... Oui, il n'y a vraiment pas d'histoires et aujourd'hui les images, son style, sont tellement entrés dans notre mémoire collective, qu'elles passent presque pour normales. C'est historique oui, mais aussi un monument à revisiter toujours.

31/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Star Wars - La Guerre des Clones (Clone Wars)
Star Wars - La Guerre des Clones (Clone Wars)

Cette série est la première série de comics que j’ai lue de ma vie quand j’étais enfant ; je l’ai lue énormément de fois. Il s’agit pour moi de l’une des meilleures œuvres de Star Wars, au même niveau que les films (1 à 6). Cette série se passe en parallèle du dessin animé Clone Wars en 2D de 2003, si le dessin animé se concentre surtout sur les batailles, ce comics se concentre davantage sur tout ce qui se passe autour. On y découvre la face cachée des champs de bataille : l’espionnage, avec le personnage de Quinlan Vos, que l’on retrouve dans l’ancienne série Star Wars: Jedi. On le suit dans cette période sombre de sa vie, où il sera plus que jamais sur le fil du rasoir entre la lumière et l’ombre. Anakin et Obi-Wan sont aussi de la partie et poursuivent leur évolution, qui les mènera à leur relation de l’épisode III. La série développe également très bien l’aspect politique qui évolue autour de la guerre : la lutte entre les sénateurs honnêtes et le chancelier, qui resserre doucement son emprise sur la liberté avec son faux sourire d’ange sauveur. On ressent constamment le complot infâme de Dark Sidious derrière chaque événement de cette guerre, qui n’est au final qu’une partie d’échecs qu’il joue avec lui-même. La série a aussi pour moi, le mérite de ne pas tomber dans un manichéisme simpliste : elle questionne le rôle des Jedi dans des événements qui causent la mort de milliers d’individus, ainsi que les motivations derrière le choix des batailles. Là où des civils pensent que la République vient les aider pour les sauver des séparatistes, on découvre qu’elle les aide surtout par intérêt stratégique ou pour une ressource importante. Et que les ennemis ne sont pas toujours les démons que l’on dépeint. Au niveau du dessin, il y a l’excellente Jan Duursema et Brian Ching, parmi les meilleurs, avec d’autres artistes qui vont et viennent pour des histoires plus courtes. En lisant cette série, on regrette que les séries de comics Star Wars aient perdu en profondeur scénaristique depuis le rachat par Disney, même si Disney nous a offert quelques séries de qualité.

31/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Méta-Baron
Méta-Baron

Cette série est assez inégale en qualité en fonction de l'arc narratif. Dans le 1er arc, on s’ennuie un peu : les ennemis ne sont pas très intéressants et n’apportent pas grand-chose à l’histoire. Le 2e arc est bien, autant pour le dessin que pour l’intrigue, avec Sans-Nom qui découvre l’amour. Le personnage d’Orne 8 est attachant. J’aime l’histoire de pénurie d’épiphyte, ce carburant qui est le sang de la civilisation galactique, une référence évidente à notre dépendance aveugle à une énergie tarissable : le pétrole. Quand le carburant manque, la civilisation s’effondre. Dans le 3e arc, on s’ennuie à nouveau sur cette planète et cette intrigue inspirée par Avatar. Orne 8 devient vide, en retrait scénaristiquement, et l’ennemi est ennuyeux. Le 4e arc est sympa : on apprécie de retrouver Raimo de L’Incal, ainsi qu’un personnage féminin qui prend la relève du Méta-Baron et qui apprend enfin des erreurs du passé. 13,5/20 pour moi.

31/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Star Hawks
Star Hawks

Lancée aux États-Unis en 1977 (l'année de Star Wars), il s'agit d'une space-opera qui cherche à tirer parti du succès récent du genre. Le scénario de Ron Goulart, assez simpliste, se laisse lire. Mais les dessins de Gil Kane sont à leur meilleur niveau, les vaisseaux spatiaux et les mondes extraterrestres constituant le point fort. Étant une nouveauté à l'époque, aujourd'hui ce n'est pas indispensable et il s'agit surtout d'une curiosité historique. Je préfère les versions noir et blanc, plus proches de l'édition originale.

31/03/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série Le Nécronomickey - Le Livre des destins maudits
Le Nécronomickey - Le Livre des destins maudits

Philippe Foerster convoquant les mythes lovecraftiens, ça devait bien finir par arriver… L’expert en monstres difformes et autres destins maudits revient donc tourmenter nos âmes avec un album qui n’est pas un one-shot malgré les apparences. Certes, l’ombre de Lovecraft plane sur ses pages, notamment avec le poulpe Nyalarpoupeth, jumeau plus comique que maléfique du messager des Grands Anciens, lequel présente brièvement chacun des onze chapitres de l’ouvrage, après une introduction où l’on découvre les origines de sa mutation… mais il faut noter que chacun des chapitres peut se lire indépendamment les uns des autres, on est donc ici plus dans le recueil d’histoires courtes, un format qui rappellera les débuts de l’auteur dans Fluide Glacial, avec ce noir et blanc qui lui va si bien… Hommage à l’écrivain étatsunien flirtant avec la parodie, Foester fait donc référence au « Nécronomicon », le grimoire maudit issu de l’univers lovecraftien, dont la caractéristique était de faire perdre la raison à ceux qui le consultaient dans le but d’en explorer les vérités interdites. Ça fait peur, non ? Armé de son humour noir et grinçant, Foerster déroule ses historiettes en maltraitant à l’envi ses personnages, dont on sait à l’avance que tout finira très mal pour eux. Et leur destin maudit, ils le portent sur leur visage, déformé par l’angoisse ou la peur, avec la folie en embuscade accompagnée de visions cauchemardesques. Mais évidemment, Foerster, tel un laborantin fou prenant plaisir à torturer des souris blanches, ne se dépare pas de son ton sarcastique. Il ne fait ici que titiller nos terreurs enfantines, pour notre plus grand plaisir il faut bien l’avouer… Sur le plan du dessin, le Liégeois reste fidèle à son style unique, immédiatement reconnaissable. Ce trait à la fois élastique et déchiqueté qui courbe et torture les silhouettes jusqu’à la douleur est tout simplement admirable, avec encore une fois cette maîtrise impeccable du noir et blanc… Avec Foerster, c’est le laid qui devient beau. Sortirez-vous indemne de cette lecture ? Si les poulpes gluants ou les cadavres dévorés par les vers ne vous font pas tourner de l’œil, vous devriez pouvoir vous plonger sans risque dans ce « Nécronomickey », et au diable les superstitions ! N’oublions pas que la réalité est souvent bien plus terrifiante…

31/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Plus loin qu'ailleurs
Plus loin qu'ailleurs

Ceux qui connaissent bien l'œuvre de Chabouté seront en terrain connus. Il a toujours son dessin en noir et blanc si personnel et efficace. Quant au scénario, c'est encore une fois un récit contemplatif remplit de longs silences et qui sont des tranches-de-vies d'un personnage en particulier. J'avoue que ce n'est pas le style d'histoire que j'aime le plus chez Chabouté car souvent le récit ne me touche pas et c'est un peu encore une fois ici. Cela dit cela aurait pu êtres pire parce que J’ai froncé les sourcils au début lorsque j’ai vu que le héros prévoyait un voyage au grand air en Alaska. J’ai emprunté l’album sans rien savoir du scénario et j’ai eu un peu peur de tomber encore une fois sur un récit bobo sur comment la nature s’est génial fait par un auteur européen qui n’a jamais mis les pieds en Amérique du Nord. Heureusement, Chabouté a assez de talent pour pondre un scénario plus original. Un type qui travaille de nuit va enfin découvrir la vie de son quartier le jour ! (parce que oui apparemment il a bossé tous les jours pendant des années) Il y a des bons moments humanistes et même poétiques, mais cela ne m'a pas touché plus que ça même si j'ai bien envie de vivre ce que vit le personnage principal. Après tout, qui n'a jamais eu envie de tout lâcher et de tout simplement vivre le moment présent et voir ce qui se passe autour de soit dans son propre quartier ?

31/03/2026 (modifier)