Ce n'est pas une question d'éthique, dans ce cas, c'est plus esthétique pour moi. Les dessins de Melinda Gaby, femme de Moore, sont trop moches et incohérents la plupart du temps. Le texte est trop verbeux et n'aide en rien ! Heureusement que j'ai feuilleté et lu quelques critiques avant, mais j'ai failli commander ! J'ai lu en prêt et confirmé mes craintes. Je ne donne pas la note la plus négative parce que certaines images, prises isolément, ne sont pas inintéressantes, tout comme certaines séquences : Ombres et Lumières est amusant.
Je relis cet album 21 ans après l’avoir découvert, et mon avis reste mitigé.
L’histoire aurait pu être intéressante, l’auteur mêle destinées personnelles et Histoire de l’après seconde guerre mondiale en Allemagne. Les dessins sont vraiment magnifiques, j’adore les personnages de Guy Raives, et la représentation de l’Allemagne partiellement détruite est impressionnante.
Mais plusieurs détails agaçants m’ont empêché de pleinement apprécier ce one-shot. Déjà, la narration me semble perfectible et souvent saccadée. Elle est sans arrêt interrompue par une « voix off » décrivant le contexte historique – ces ajouts remplis de dates et de noms ont fini par me lasser. Je ne suis pas non plus fan du tic narratif qui consiste à insérer des phrases en anglais ou allemand dans les dialogues en français, pour nous rappeler la nationalité des personnages… j’ai toujours trouvé le rendu ridicule.
Il y a également un côté « roman à l’eau de rose » qui prend de plus en plus de place, et relègue le côté historique (pourtant passionnant) au second plan. Enfin, certains passages un peu racoleurs m’ont dérangé… la scène lesbienne me semble complètement incongrue, ainsi que la nudité omniprésente. L’héroïne rencontre une vieille amie à elle ? « Tiens justement j’allais aux bains turcs, viens avec moi on discutera un peu ». S’ensuivent 3 pages de femmes dénudées, derrières arrondis et autres nichons… m’enfin.
J’ai quand même passé un bon moment, mais il ne me reste pas grand-chose après lecture. Une bonne BD, qui aborde une période intéressante de la seconde guerre mondiale (l’après-guerre et la reconstruction plutôt que la guerre elle-même), mais qui aurait gagné à se concentrer un peu plus sur ce côté historique, et moins sur les ébats amoureux des personnages… mais ceci n’est bien sûr qu’un avis personnel.
Voilà une série qui m’a déçu. Ou plutôt dans laquelle je ne suis jamais vraiment rentré. En fait je n’ai jamais été convaincu par l’intrigue.
C’est une sorte d’uchronie mêlant fantastique et histoire (fin des année 1930 et débuts de la Seconde guerre mondiale).
La plupart des personnages ont réellement existé – la plupart liés au cinéma (allemand, américain, soviétique) – y compris l’une des « V-girls », Hedy Lamarr, il y a de très nombreuses allusions au cinéma, aux mouvements artistiques, en plus du contexte plus classique de la montée du nazisme belliqueux (et de sa recherche, via l’Ahnenerbe, de prétendus « ancêtres » des aryens).
Un mélange de deux univers, tous deux classiques. Mais à chaque fois que le fantastique intervient, au travers des « Élémentaires », ça ne fonctionne pas. Et la volonté d’ancrer ces phénomènes dans la réalité amène des passages ridiculement grotesques (voir l’analyse de Guernica, ou alors du scandale de la projection de « L’âge d’or », Picasso ou les surréalistes étant cités de façon absurde) – le deuxième tome étant le moins crédible dans ce domaine.
Le recrutement des quatre femmes liées aux « Élémentaires » est laborieux, et n’apporte pas grand-chose. Et en plus la fin de la série est franchement abrupte, expédiée, comme s’il avait fallu conclure plus vite que prévu.
Bref, une déception (je n'ai pas non plus compris l'usage de véhicules - avions, voitures, etc. au design futuriste).
C'est une série que j'ai lue au fil des années sur le Web. À un moment, j'ai pensé la mettre en BDtheque, mais j'ai renoncé parce que je ne savais pas si elle avait été publiée en papier et en français. Et j'ai bien fait: l'avis de Deretaline est parfait!
Les blagues sont bonnes, surtout au début. Cela se moque de toute la heroic fantasy, barbares et romains, vikings, grecs et orientaux ! Mythes et dieux, monstres de toutes origines, sorciers médiévaux, Inquisition moderne, rien n'échappe aux plaisanteries coquines ! Tout prend vie et magie, même le sperme volant !
Mais certaines blagues et situations deviennent récurrentes et fatigantes sur le long terme. Je pense que la série a décliné avec le temps, ce qui est normal. Mais cela vaut la peine de la découvrir et ce sont des auteurs australiens, c'est pas fréquent, je crois !
Nous sommes dans un futur post-apocalyptique, mais malgré tout ultra-technologique.
Cela peut sembler contradictoire?
C'est pourtant parfaitement voulu, et c'est ce qui rend la chose très crédible au final.
En effet, dans la plupart des univers post-apo, les hommes sont revenus à l'âge de pierre, dominés par une loi tribale du plus fort sur les faibles. Ce qui si on y réfléchi bien est un peu stupide: les structures gouvernementales, patiemment établies au fil de plusieurs siècles, voire millénaires, ne s'effondreront jamais comme ça...
Donc si une grande partie du monde a sombré dans l'anarchie et le chaos, les grandes cités / métropoles sont toujours sous contrôle gouvernementale, et la technologie domine tout.
Le titre de la série est bien entendu une référence au chef-d'œuvre de Fritz Lange, notre héros étant basé à Berlin.
Il s'agit d'un enquêteur en freelance qui tente d'économiser afin de rejoindre sa dulcinée à l'autre bous de la planète.
Je n'irais pas trop dans les détails de ce monde, l'intro de cette page se suffit.
Mais il faut savoir que pour le moment, les deux tomes de cette série se lisent avec un certain plaisir, ou un plaisir certain. L'univers est intéressant, et le fait que le dessinateur soit allemand permet de découvrir un autre cadre assez dépaysant (fini Paris, les métropoles belges ou américaines: l'Allemagne est très rarement mise en avant à moins que cela ne soit un BD historique ou pas sur la seconde guerre mondiale). Les enquêtes sont bien amenées, les personnages assez charismatiques.
Alors pourquoi 3 étoiles seulement? Disons que le personnage principal se fait quelque peu manipuler par deux protagonistes récurrents, et qu'il semble soit être aveugle, soit prendre la chose un peu trop bien si il en est conscient. Ce qui casse un peu l'ambiance.
2.5
Je suis dur avec cette série que j'aurais voulue aimé parce qu'il y a des choses que j'aime bien, mais bof est le sentiment que j'ai le plus ressenti durant ma lecture que j'ai d'ailleurs arrêté au cours du tome 2.
On est dans du webtoon et cela voit juste avec le dessin qui est le style qu'on retrouve souvent dans ce style de publication et qui semble inspiré par les films d'animations. On retrouve aussi des chapitres souvent un peu trop court, cela casse un peu le rythme de changer de chapitre aussi rapidement.. Sinon, l'idée de départ est pas trop mal même si le fait que le français retrouve rapidement sur le monstre qu'il chasse et qu'ils vont rapidement vivre une histoire d'amour est une grosse facilité scénaristique.
Bon, le couple est un peu mignon et j'aime bien comment le personnage autochtone n'est pas un gros stéréotype. Après une petite recherche, il semblerait que l'auteur soit français et il a clairement fait des recherches sur les peuples autochtones. Même aujourd'hui je trouve que trop souvent des auteurs européens réduisent les amérindiens en baba-colos qui ont rien d'autres à foutre de leur vie que de faire apprendre des conseils de la vie aux blancs. Ici, on voit un algonquin qui vit une vie difficile, est prit en charge par les services sociaux et qui vit difficile avec sa famille d'accueil. C'est une situation que vit beaucoup trop d'autochtones et qui est rarement traité dans la fiction.
Maintenant que j'ai dit du bien de la série, pourquoi je ne met que 2 étoiles ? Et ben c'est simple malgré tout mes efforts je ne suis jamais parvenu à rentrer dans ce récit qui est tout de même un peu trop lent. C'est pas un problème pour les premiers chapitres, c'est normal de prendre son temps pour bien introduire les personnages, mais au bout d'un moment je trouvais que ça tournais un peu en rond et lorsqu'il se passe enfin quelque chose dans le tome 2, c'était trop tard j'en avais plus rien à cirer de cette série. Un webtoon qui va plaire à certains lecteurs, mais pas moi.
Voilà une série qui mérite largement de sortir du relatif anonymat où elle semble confinée, si j’en crois le peu d’avis la concernant. En effet, Minaverry (auteur argentin que je découvre avec cette série) parvient très bien à mêler grande et petite histoire.
Il réussit à nous intéresser aux atrocités nazies, à ceux qui les ont commises, à ceux qui les traquent après-guerre (avec des procès ne touchant qu’une partie des anciens coupables, et alors il y a beaucoup d’acquittements faute de preuves !), mais aussi aux soubresauts de l’Histoire française autour de la guerre d’Algérie, aux inégalités et difficultés sociales dans la France du début des années 1960 (logements des pauvres et immigrés, hypocrisie de l’avortement interdit, etc.). C’est vraiment étonnant de voir un auteur argentin aussi bien documenté sur l’histoire européenne, et française en particulier !
Mais il parvient aussi à nous présenter une très belle héroïne (aux sens physique et intellectuel). Et des personnages secondaires (surtout féminins) riches et intéressants en eux-mêmes et pour l’intrigue.
C’est ainsi que nous suivons Dora, jeune femme qui va se trouver au cœur de la traque des criminels nazis en fuite – au côté d’agents du Mossad, puis avec une association et des avocats français. Nous la suivons aussi dans plusieurs endroits du monde. L’Allemagne, une grosse partie en France, mais aussi en Argentine, en Pologne (pour des retrouvailles émouvantes entre sa meilleure amie Nina/Lotte et sa mère, juive polonaise dont les enfants avaient été enlevés et confiés au Lebensborn), en Finlande.
En parallèle Minaverra met en avant une Dora qui se cherche, une personnalité qui se construit, au gré de ses rencontres. Une personnalité qui s’affirme, s’assume (son homosexualité, ses choix politiques).
La narration est fluide, plaisante. Mis à part le début du deuxième tome, où il faut quand même s’accrocher, tant ça part dans tous les sens, vers pas mal de personnages. J’ai mis une vingtaine de pages à situer tout le monde, mais au bout d’un moment tout devient plus limpide et fluide.
Le dessin est lui aussi sympa. Assez simple, usant d’un Noir et Blanc gras et tranché, il est plaisant.
Le quatrième tome est un peu plus épais, mais il ne conclut pas vraiment la série (même s’il n’y a pas d’intrigue devant forcément se finir sur un point précis). Mais cet album date de près de 7 ans, et je suis déçu de ne pas avoir la suite, que j’aurais lu avec un très grand plaisir.
Histoire sans héros mais non sans héroïsme ! Ce fut le premier récit de Van Hamme que j'ai lu et le dessin plus réaliste de Dany m'a agréablement surpris. Tout le scénario m'a impressionné. La mort de Bornstein, ainsi que le sacrifice de James Gray, m'ont fortement marqué.
20 ans plus tard, la magie ne fonctionnait plus, j'avais grandi, nous avions tous grandi. Une histoire policière et d'espionnage qui, pour moi, n'avait plus beaucoup à voir avec l'intrigue originale. J'attribue la note positive surtout au souvenir que j'ai du premier tome.
C'est l'œuvre de Taniguchi que j'ai le plus aimée jusqu'à présent. Les dessins me semblent encore meilleurs que dans d'autres œuvres, les personnages sont facilement reconnaissables et l'histoire se suit avec intérêt et curiosité.
Le voyage dans le passé est l'occasion d'explorer des sentiments et des émotions, parfois très fortes mais sans excès trop larmoyants. Le premier amour, la relation de Hiroshi avec ses parents, la conscience de ne pouvoir changer aucun aspect fondamental, sont des points forts. Personnellement, j'ai adoré la journée heureuse à la plage, elle m'a apporté des souvenirs très précieux.
J'ai lu très vite et j'ai la sensation d'avoir laissé quelques fils en suspens, donc il faudra que je relise tout. Je n'ai pas pu résister et à un moment de la lecture, j'ai sauté à la fin pour voir les réponses aux questions fondamentales qui se posaient à moi.
Dans les années 90, deux ados paumés passent leurs journées entre salles de flipper, petits larcins, combines foireuses et fréquentations douteuses, jusqu'au moment où l'un d'eux commence à comprendre qu'il devra peut-être sortir de cette spirale avant d'y rester coincé.
L'identité visuelle de cet album est très forte. J'aime beaucoup cette énergie un peu rebelle et nerveuse qui se dégage du dessin de Rune Ryberg. Le trait se déforme selon les émotions et les expressions des personnages, avec quelque chose de très vivant et instinctif, et les couleurs très saturées, presque agressives parfois, donnent une vraie personnalité à l'ensemble. Toute cette ambiance visuelle colle parfaitement à ces souvenirs d'adolescence un peu sale, bruyante et désordonnée des années 90.
L'histoire se lit bien et les personnages sont intéressants, notamment cette relation d'amitié toxique entre Rick et Bass qui finit par devenir le vrai coeur du récit. En revanche, toute la thématique autour du flipper comme métaphore de cette adolescence balancée dans tous les sens ne m'a pas énormément parlé. Pourtant je suis de la même génération que l'auteur, mais je n'ai jamais connu cette fascination pour les flippers ou les salles d'arcade. C'est malgré tout ce qui donne son identité particulière au récit.
J'ai aussi trouvé que l'album avait tendance à s'étirer un peu en longueur au milieu, avec certaines scènes de dérive ou d'embrouilles qui finissent par se répéter. À l'inverse, la conclusion, autour de la volonté de sortir d'un milieu et de fréquentations toxiques, arrive presque trop vite et de façon assez abrupte.
J'en retiens donc une lecture sympathique, très personnelle et pleine de caractère, portée par son univers graphique et son atmosphère, même si je n'ai pas trouvé l'histoire réellement passionnante.
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Ce n'est pas une question d'éthique, dans ce cas, c'est plus esthétique pour moi. Les dessins de Melinda Gaby, femme de Moore, sont trop moches et incohérents la plupart du temps. Le texte est trop verbeux et n'aide en rien ! Heureusement que j'ai feuilleté et lu quelques critiques avant, mais j'ai failli commander ! J'ai lu en prêt et confirmé mes craintes. Je ne donne pas la note la plus négative parce que certaines images, prises isolément, ne sont pas inintéressantes, tout comme certaines séquences : Ombres et Lumières est amusant.
L'Innocente
Je relis cet album 21 ans après l’avoir découvert, et mon avis reste mitigé. L’histoire aurait pu être intéressante, l’auteur mêle destinées personnelles et Histoire de l’après seconde guerre mondiale en Allemagne. Les dessins sont vraiment magnifiques, j’adore les personnages de Guy Raives, et la représentation de l’Allemagne partiellement détruite est impressionnante. Mais plusieurs détails agaçants m’ont empêché de pleinement apprécier ce one-shot. Déjà, la narration me semble perfectible et souvent saccadée. Elle est sans arrêt interrompue par une « voix off » décrivant le contexte historique – ces ajouts remplis de dates et de noms ont fini par me lasser. Je ne suis pas non plus fan du tic narratif qui consiste à insérer des phrases en anglais ou allemand dans les dialogues en français, pour nous rappeler la nationalité des personnages… j’ai toujours trouvé le rendu ridicule. Il y a également un côté « roman à l’eau de rose » qui prend de plus en plus de place, et relègue le côté historique (pourtant passionnant) au second plan. Enfin, certains passages un peu racoleurs m’ont dérangé… la scène lesbienne me semble complètement incongrue, ainsi que la nudité omniprésente. L’héroïne rencontre une vieille amie à elle ? « Tiens justement j’allais aux bains turcs, viens avec moi on discutera un peu ». S’ensuivent 3 pages de femmes dénudées, derrières arrondis et autres nichons… m’enfin. J’ai quand même passé un bon moment, mais il ne me reste pas grand-chose après lecture. Une bonne BD, qui aborde une période intéressante de la seconde guerre mondiale (l’après-guerre et la reconstruction plutôt que la guerre elle-même), mais qui aurait gagné à se concentrer un peu plus sur ce côté historique, et moins sur les ébats amoureux des personnages… mais ceci n’est bien sûr qu’un avis personnel.
V-Girls - L'Oeil du diable
Voilà une série qui m’a déçu. Ou plutôt dans laquelle je ne suis jamais vraiment rentré. En fait je n’ai jamais été convaincu par l’intrigue. C’est une sorte d’uchronie mêlant fantastique et histoire (fin des année 1930 et débuts de la Seconde guerre mondiale). La plupart des personnages ont réellement existé – la plupart liés au cinéma (allemand, américain, soviétique) – y compris l’une des « V-girls », Hedy Lamarr, il y a de très nombreuses allusions au cinéma, aux mouvements artistiques, en plus du contexte plus classique de la montée du nazisme belliqueux (et de sa recherche, via l’Ahnenerbe, de prétendus « ancêtres » des aryens). Un mélange de deux univers, tous deux classiques. Mais à chaque fois que le fantastique intervient, au travers des « Élémentaires », ça ne fonctionne pas. Et la volonté d’ancrer ces phénomènes dans la réalité amène des passages ridiculement grotesques (voir l’analyse de Guernica, ou alors du scandale de la projection de « L’âge d’or », Picasso ou les surréalistes étant cités de façon absurde) – le deuxième tome étant le moins crédible dans ce domaine. Le recrutement des quatre femmes liées aux « Élémentaires » est laborieux, et n’apporte pas grand-chose. Et en plus la fin de la série est franchement abrupte, expédiée, comme s’il avait fallu conclure plus vite que prévu. Bref, une déception (je n'ai pas non plus compris l'usage de véhicules - avions, voitures, etc. au design futuriste).
Oglaf
C'est une série que j'ai lue au fil des années sur le Web. À un moment, j'ai pensé la mettre en BDtheque, mais j'ai renoncé parce que je ne savais pas si elle avait été publiée en papier et en français. Et j'ai bien fait: l'avis de Deretaline est parfait! Les blagues sont bonnes, surtout au début. Cela se moque de toute la heroic fantasy, barbares et romains, vikings, grecs et orientaux ! Mythes et dieux, monstres de toutes origines, sorciers médiévaux, Inquisition moderne, rien n'échappe aux plaisanteries coquines ! Tout prend vie et magie, même le sperme volant ! Mais certaines blagues et situations deviennent récurrentes et fatigantes sur le long terme. Je pense que la série a décliné avec le temps, ce qui est normal. Mais cela vaut la peine de la découvrir et ce sont des auteurs australiens, c'est pas fréquent, je crois !
Metropolia
Nous sommes dans un futur post-apocalyptique, mais malgré tout ultra-technologique. Cela peut sembler contradictoire? C'est pourtant parfaitement voulu, et c'est ce qui rend la chose très crédible au final. En effet, dans la plupart des univers post-apo, les hommes sont revenus à l'âge de pierre, dominés par une loi tribale du plus fort sur les faibles. Ce qui si on y réfléchi bien est un peu stupide: les structures gouvernementales, patiemment établies au fil de plusieurs siècles, voire millénaires, ne s'effondreront jamais comme ça... Donc si une grande partie du monde a sombré dans l'anarchie et le chaos, les grandes cités / métropoles sont toujours sous contrôle gouvernementale, et la technologie domine tout. Le titre de la série est bien entendu une référence au chef-d'œuvre de Fritz Lange, notre héros étant basé à Berlin. Il s'agit d'un enquêteur en freelance qui tente d'économiser afin de rejoindre sa dulcinée à l'autre bous de la planète. Je n'irais pas trop dans les détails de ce monde, l'intro de cette page se suffit. Mais il faut savoir que pour le moment, les deux tomes de cette série se lisent avec un certain plaisir, ou un plaisir certain. L'univers est intéressant, et le fait que le dessinateur soit allemand permet de découvrir un autre cadre assez dépaysant (fini Paris, les métropoles belges ou américaines: l'Allemagne est très rarement mise en avant à moins que cela ne soit un BD historique ou pas sur la seconde guerre mondiale). Les enquêtes sont bien amenées, les personnages assez charismatiques. Alors pourquoi 3 étoiles seulement? Disons que le personnage principal se fait quelque peu manipuler par deux protagonistes récurrents, et qu'il semble soit être aveugle, soit prendre la chose un peu trop bien si il en est conscient. Ce qui casse un peu l'ambiance.
Distress
2.5 Je suis dur avec cette série que j'aurais voulue aimé parce qu'il y a des choses que j'aime bien, mais bof est le sentiment que j'ai le plus ressenti durant ma lecture que j'ai d'ailleurs arrêté au cours du tome 2. On est dans du webtoon et cela voit juste avec le dessin qui est le style qu'on retrouve souvent dans ce style de publication et qui semble inspiré par les films d'animations. On retrouve aussi des chapitres souvent un peu trop court, cela casse un peu le rythme de changer de chapitre aussi rapidement.. Sinon, l'idée de départ est pas trop mal même si le fait que le français retrouve rapidement sur le monstre qu'il chasse et qu'ils vont rapidement vivre une histoire d'amour est une grosse facilité scénaristique. Bon, le couple est un peu mignon et j'aime bien comment le personnage autochtone n'est pas un gros stéréotype. Après une petite recherche, il semblerait que l'auteur soit français et il a clairement fait des recherches sur les peuples autochtones. Même aujourd'hui je trouve que trop souvent des auteurs européens réduisent les amérindiens en baba-colos qui ont rien d'autres à foutre de leur vie que de faire apprendre des conseils de la vie aux blancs. Ici, on voit un algonquin qui vit une vie difficile, est prit en charge par les services sociaux et qui vit difficile avec sa famille d'accueil. C'est une situation que vit beaucoup trop d'autochtones et qui est rarement traité dans la fiction. Maintenant que j'ai dit du bien de la série, pourquoi je ne met que 2 étoiles ? Et ben c'est simple malgré tout mes efforts je ne suis jamais parvenu à rentrer dans ce récit qui est tout de même un peu trop lent. C'est pas un problème pour les premiers chapitres, c'est normal de prendre son temps pour bien introduire les personnages, mais au bout d'un moment je trouvais que ça tournais un peu en rond et lorsqu'il se passe enfin quelque chose dans le tome 2, c'était trop tard j'en avais plus rien à cirer de cette série. Un webtoon qui va plaire à certains lecteurs, mais pas moi.
Dora
Voilà une série qui mérite largement de sortir du relatif anonymat où elle semble confinée, si j’en crois le peu d’avis la concernant. En effet, Minaverry (auteur argentin que je découvre avec cette série) parvient très bien à mêler grande et petite histoire. Il réussit à nous intéresser aux atrocités nazies, à ceux qui les ont commises, à ceux qui les traquent après-guerre (avec des procès ne touchant qu’une partie des anciens coupables, et alors il y a beaucoup d’acquittements faute de preuves !), mais aussi aux soubresauts de l’Histoire française autour de la guerre d’Algérie, aux inégalités et difficultés sociales dans la France du début des années 1960 (logements des pauvres et immigrés, hypocrisie de l’avortement interdit, etc.). C’est vraiment étonnant de voir un auteur argentin aussi bien documenté sur l’histoire européenne, et française en particulier ! Mais il parvient aussi à nous présenter une très belle héroïne (aux sens physique et intellectuel). Et des personnages secondaires (surtout féminins) riches et intéressants en eux-mêmes et pour l’intrigue. C’est ainsi que nous suivons Dora, jeune femme qui va se trouver au cœur de la traque des criminels nazis en fuite – au côté d’agents du Mossad, puis avec une association et des avocats français. Nous la suivons aussi dans plusieurs endroits du monde. L’Allemagne, une grosse partie en France, mais aussi en Argentine, en Pologne (pour des retrouvailles émouvantes entre sa meilleure amie Nina/Lotte et sa mère, juive polonaise dont les enfants avaient été enlevés et confiés au Lebensborn), en Finlande. En parallèle Minaverra met en avant une Dora qui se cherche, une personnalité qui se construit, au gré de ses rencontres. Une personnalité qui s’affirme, s’assume (son homosexualité, ses choix politiques). La narration est fluide, plaisante. Mis à part le début du deuxième tome, où il faut quand même s’accrocher, tant ça part dans tous les sens, vers pas mal de personnages. J’ai mis une vingtaine de pages à situer tout le monde, mais au bout d’un moment tout devient plus limpide et fluide. Le dessin est lui aussi sympa. Assez simple, usant d’un Noir et Blanc gras et tranché, il est plaisant. Le quatrième tome est un peu plus épais, mais il ne conclut pas vraiment la série (même s’il n’y a pas d’intrigue devant forcément se finir sur un point précis). Mais cet album date de près de 7 ans, et je suis déçu de ne pas avoir la suite, que j’aurais lu avec un très grand plaisir.
Histoire sans Héros
Histoire sans héros mais non sans héroïsme ! Ce fut le premier récit de Van Hamme que j'ai lu et le dessin plus réaliste de Dany m'a agréablement surpris. Tout le scénario m'a impressionné. La mort de Bornstein, ainsi que le sacrifice de James Gray, m'ont fortement marqué. 20 ans plus tard, la magie ne fonctionnait plus, j'avais grandi, nous avions tous grandi. Une histoire policière et d'espionnage qui, pour moi, n'avait plus beaucoup à voir avec l'intrigue originale. J'attribue la note positive surtout au souvenir que j'ai du premier tome.
Quartier lointain
C'est l'œuvre de Taniguchi que j'ai le plus aimée jusqu'à présent. Les dessins me semblent encore meilleurs que dans d'autres œuvres, les personnages sont facilement reconnaissables et l'histoire se suit avec intérêt et curiosité. Le voyage dans le passé est l'occasion d'explorer des sentiments et des émotions, parfois très fortes mais sans excès trop larmoyants. Le premier amour, la relation de Hiroshi avec ses parents, la conscience de ne pouvoir changer aucun aspect fondamental, sont des points forts. Personnellement, j'ai adoré la journée heureuse à la plage, elle m'a apporté des souvenirs très précieux. J'ai lu très vite et j'ai la sensation d'avoir laissé quelques fils en suspens, donc il faudra que je relise tout. Je n'ai pas pu résister et à un moment de la lecture, j'ai sauté à la fin pour voir les réponses aux questions fondamentales qui se posaient à moi.
Une dernière partie de flipper... (Tilt)
Dans les années 90, deux ados paumés passent leurs journées entre salles de flipper, petits larcins, combines foireuses et fréquentations douteuses, jusqu'au moment où l'un d'eux commence à comprendre qu'il devra peut-être sortir de cette spirale avant d'y rester coincé. L'identité visuelle de cet album est très forte. J'aime beaucoup cette énergie un peu rebelle et nerveuse qui se dégage du dessin de Rune Ryberg. Le trait se déforme selon les émotions et les expressions des personnages, avec quelque chose de très vivant et instinctif, et les couleurs très saturées, presque agressives parfois, donnent une vraie personnalité à l'ensemble. Toute cette ambiance visuelle colle parfaitement à ces souvenirs d'adolescence un peu sale, bruyante et désordonnée des années 90. L'histoire se lit bien et les personnages sont intéressants, notamment cette relation d'amitié toxique entre Rick et Bass qui finit par devenir le vrai coeur du récit. En revanche, toute la thématique autour du flipper comme métaphore de cette adolescence balancée dans tous les sens ne m'a pas énormément parlé. Pourtant je suis de la même génération que l'auteur, mais je n'ai jamais connu cette fascination pour les flippers ou les salles d'arcade. C'est malgré tout ce qui donne son identité particulière au récit. J'ai aussi trouvé que l'album avait tendance à s'étirer un peu en longueur au milieu, avec certaines scènes de dérive ou d'embrouilles qui finissent par se répéter. À l'inverse, la conclusion, autour de la volonté de sortir d'un milieu et de fréquentations toxiques, arrive presque trop vite et de façon assez abrupte. J'en retiens donc une lecture sympathique, très personnelle et pleine de caractère, portée par son univers graphique et son atmosphère, même si je n'ai pas trouvé l'histoire réellement passionnante.