Dans cette série inspirée d'affaires réelles de harcèlement et de sexisme à l'école militaire de Saint-Cyr, une jeune escrimeuse talentueuse découvre qu'elle devra affronter un système entier de harcèlement dominé par les privilèges, les traditions et la misogynie.
Je ne suis pas totalement à l'aise pour juger cette série, car elle brouille volontairement la frontière entre fiction et réalité. D'un côté, on retrouve tous les codes du webtoon et du shojo romantique : une mise en scène très diluée, des personnages fortement typés, des antagonistes particulièrement détestables, des héroïnes courageuses confrontées à une adversité écrasante, et une mécanique narrative pensée pour pousser le lecteur à vouloir les voir triompher. De l'autre, l'histoire affirme s'inspirer directement de l'école militaire de Saint-Cyr, en reprenant son vocabulaire, certaines de ses traditions et surtout des accusations réelles de harcèlement, de sexisme et de bizutage révélées dans la presse.
C'est là que réside pour moi une certaine gêne. Si la réalité correspond réellement à ce qui est montré ici, alors les faits sont d'une gravité telle qu'ils dépassent largement le cadre d'un simple récit d'aventure ou de romance. À l'inverse, si la situation est plus nuancée que ce que présente l'album, alors la fiction prend le risque de transformer une réalité complexe en affrontement très manichéen. Je suis toujours prudent lorsqu'il s'agit de sujets reposant en partie sur des accusations et des témoignages, surtout lorsqu'ils concernent des institutions réelles. J'aurais été plus à l'aise si l'action s'était déroulée dans une école fictive clairement inspirée de Saint-Cyr plutôt que dans une représentation qui donne parfois l'impression de montrer le fonctionnement réel de l'établissement.
Mis à part cette réserve, la lecture fonctionne très bien. Le dessin, influencé par les mangas et les webtoons, est agréable, dynamique et porté par une palette de couleurs douces qui contraste efficacement avec la dureté des thèmes abordés. Le rythme est soutenu et l'on tourne les pages avec facilité.
J'ai particulièrement apprécié certains personnages, notamment Vertu, Ysaure et même le jeune frère du principal harceleur, qui apportent davantage de nuances au récit. À l'inverse, Maxim m'a paru trop odieux pour être crédible tant sa méchanceté semble omniprésente. J'ai également eu du mal avec le comportement du reste des élèves, qui suivent presque systématiquement les meneurs comme un seul homme. C'est un ressort narratif très fréquent dans ce type de manga où les héros se retrouvent seuls contre tous, mais cela me donne trop souvent une impression d'exagération.
Reste que cette accumulation d'injustices est précisément ce qui rend la lecture aussi efficace. La colère qu'elle suscite donne envie de voir les héroïnes se relever, résister et prendre leur revanche. La série aborde de front le sexisme, le harcèlement, le poids des traditions et des privilèges, et elle parvient sans difficulté à provoquer l'indignation du lecteur. Malgré mes réserves sur le mélange entre fiction romancée et représentation d'une institution bien réelle, j'ai trouvé ce premier tome prenant et difficile à lâcher. La fin donne clairement envie de découvrir la suite, d'autant plus que la série est annoncée en seulement trois tomes, ce qui laisse espérer un récit resserré qui ne s'étirera pas inutilement.
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Vertu de St-Cyr
Dans cette série inspirée d'affaires réelles de harcèlement et de sexisme à l'école militaire de Saint-Cyr, une jeune escrimeuse talentueuse découvre qu'elle devra affronter un système entier de harcèlement dominé par les privilèges, les traditions et la misogynie. Je ne suis pas totalement à l'aise pour juger cette série, car elle brouille volontairement la frontière entre fiction et réalité. D'un côté, on retrouve tous les codes du webtoon et du shojo romantique : une mise en scène très diluée, des personnages fortement typés, des antagonistes particulièrement détestables, des héroïnes courageuses confrontées à une adversité écrasante, et une mécanique narrative pensée pour pousser le lecteur à vouloir les voir triompher. De l'autre, l'histoire affirme s'inspirer directement de l'école militaire de Saint-Cyr, en reprenant son vocabulaire, certaines de ses traditions et surtout des accusations réelles de harcèlement, de sexisme et de bizutage révélées dans la presse. C'est là que réside pour moi une certaine gêne. Si la réalité correspond réellement à ce qui est montré ici, alors les faits sont d'une gravité telle qu'ils dépassent largement le cadre d'un simple récit d'aventure ou de romance. À l'inverse, si la situation est plus nuancée que ce que présente l'album, alors la fiction prend le risque de transformer une réalité complexe en affrontement très manichéen. Je suis toujours prudent lorsqu'il s'agit de sujets reposant en partie sur des accusations et des témoignages, surtout lorsqu'ils concernent des institutions réelles. J'aurais été plus à l'aise si l'action s'était déroulée dans une école fictive clairement inspirée de Saint-Cyr plutôt que dans une représentation qui donne parfois l'impression de montrer le fonctionnement réel de l'établissement. Mis à part cette réserve, la lecture fonctionne très bien. Le dessin, influencé par les mangas et les webtoons, est agréable, dynamique et porté par une palette de couleurs douces qui contraste efficacement avec la dureté des thèmes abordés. Le rythme est soutenu et l'on tourne les pages avec facilité. J'ai particulièrement apprécié certains personnages, notamment Vertu, Ysaure et même le jeune frère du principal harceleur, qui apportent davantage de nuances au récit. À l'inverse, Maxim m'a paru trop odieux pour être crédible tant sa méchanceté semble omniprésente. J'ai également eu du mal avec le comportement du reste des élèves, qui suivent presque systématiquement les meneurs comme un seul homme. C'est un ressort narratif très fréquent dans ce type de manga où les héros se retrouvent seuls contre tous, mais cela me donne trop souvent une impression d'exagération. Reste que cette accumulation d'injustices est précisément ce qui rend la lecture aussi efficace. La colère qu'elle suscite donne envie de voir les héroïnes se relever, résister et prendre leur revanche. La série aborde de front le sexisme, le harcèlement, le poids des traditions et des privilèges, et elle parvient sans difficulté à provoquer l'indignation du lecteur. Malgré mes réserves sur le mélange entre fiction romancée et représentation d'une institution bien réelle, j'ai trouvé ce premier tome prenant et difficile à lâcher. La fin donne clairement envie de découvrir la suite, d'autant plus que la série est annoncée en seulement trois tomes, ce qui laisse espérer un récit resserré qui ne s'étirera pas inutilement.