Les derniers avis (17 avis)

Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série L'Alkaest
L'Alkaest

Une aventure d'heroic fantasy maritime tournée autour d'un ancien secret occultiste, celui de l'Alkaest, une mystérieuse pierre légendaire liée à une confrérie disparue. Ce premier tome d'une des innombrables séries abandonnées de Soleil ne fait qu'introduire son propos. L'ensemble n'est pas désagréable à lire, mais il souffre d'un fort sentiment de déjà-vu quand on a déjà Les Ailes du Phaéton ou Les Feux d'Askell qui étaient parues peu avant. On retrouve beaucoup d'éléments clichés du genre (secrets anciens, pirates, contrebandiers et magie oubliée) sans ajouter d'idée marquante qui permette à la série de se démarquer. Graphiquement, le résultat est honnête mais il manque d'originalité tant il est typique des productions fantasy de l'époque. Les décors et les couleurs fonctionnent correctement, même si certains designs de personnages paraissent rigides ou datés. Le scénario reste simple et prévisible, avec des personnages qui manquent de relief, même si certaines relations, comme celle autour du père absent et de ses enfants, apportent un minimum d'intérêt. Quelques figures secondaires, comme le Binapien et sa manière de parler, ajoutent aussi un peu de personnalité à l'ensemble. Mais son principal problème vient du fait que ce premier tome donne constamment l'impression que l'histoire pourrait décoller plus tard... sans y parvenir ici. Même le fameux "commandement d'Enarsölt" annoncé dans le titre reste flou et presque absent du récit, ce qui laisse une sensation frustrante une fois l'album terminé quand on sait qu'il n'y aura jamais de suite. Je n'ai pas trouvé cette BD catastrophique, mais bien trop générique dans son genre et sans intérêt puisqu'abandonnée avant même de réellement commencer.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Travailleur de la nuit
Le Travailleur de la nuit

C’est typiquement le genre de BD que j’ai tendance à apprécier un peu plus que ce qu’elle “vaut objectivement” tant elle coche beaucoup de cases qui me plaisent : le côté Robin des Bois, le crime romancé, la critique sociale et surtout le vrai fond philosophique derrière le personnage. Mais même en essayant de prendre du recul, ça reste une très bonne lecture. Le scénario est cohérent de bout en bout et développe intelligemment la figure d’Alexandre Jacob sans tomber dans l’héroïsation totale. On comprend progressivement sa logique, ses convictions et son rapport à la société de l’époque. La BD réussit aussi très bien à rendre son contexte humain crédible. On développe de la compassion pour son entourage et une vraie sensibilité aux injustices sociales et judiciaires de l’époque. Le fait que l’histoire soit inspirée d’un personnage réel apporte énormément de poids au récit et renforce l’intérêt global. On découvre une personnalité fascinante avec un parcours de vie franchement passionnant. Graphiquement, c’est également très solide. Le dessin est dynamique, moderne dans la mise en scène, mais conserve une vraie cohérence avec la période historique. Les personnages sont expressifs, les ambiances fonctionnent bien et l’ensemble donne une lecture très fluide. Ce n’est peut-être pas une BD révolutionnaire dans sa structure, mais c’est une œuvre intelligente, bien racontée et portée par un personnage extrêmement fort.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série La Neige était sale
La Neige était sale

N’ayant pas lu le roman auparavant, j’ai surtout découvert ici une œuvre de guerre très sombre, volontairement dérangeante et parfois assez insaisissable. On ne sait pas toujours exactement où le scénario veut nous emmener, mais c’est probablement aussi ce qui fait une partie de sa force. Le récit laisse souvent songeur et propose une vision particulièrement froide, dure et parfois gratuite de l’humain en temps de guerre. Le scénario fonctionne davantage par tableaux successifs que par véritable fil rouge parfaitement structuré. Certaines scènes semblent presque divaguer autour du thème de la guerre et de la déchéance humaine plutôt que construire un récit totalement maîtrisé. Cela crée parfois quelques incohérences ou une impression de flottement narratif, même si cela participe aussi au malaise général recherché. Graphiquement, le travail de Yslaire colle parfaitement au propos. Le dessin est cru, rugueux et très terne, avec quelques touches de couleurs bien utilisées pour donner de la profondeur et renforcer l’atmosphère glaciale du récit. Les visages sont expressifs, légèrement caricaturaux sans excès, et les faciès des personnages correspondent très bien à cet univers moralement sale et étouffant.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Âge d'or
L'Âge d'or

L’Âge d’or est une œuvre assez atypique, à mi-chemin entre le conte médiéval, la fable politique et la critique sociale. Le récit mélange aventure, réflexion philosophique et chronique des petites gens avec beaucoup de finesse. Certaines mécaniques restent un peu téléphonées et quelques zones paraissent volontairement floues ou incomplètement expliquées, mais l’ensemble reste extrêmement cohérent dans son intention et surtout porté par une vraie profondeur de lecture. Derrière le voyage et les luttes de pouvoir, la BD développe des thèmes assez riches autour de la liberté, des rapports de classe, de l’utopie et du pouvoir, sans tomber dans le discours lourd ou moralisateur. Le scénario fonctionne aussi grâce à des personnages particulièrement bien écrits. Leur évolution est progressive et crédible, avec une vraie utilité narrative pour chacun d’eux. Il y a beaucoup de nuances dans les dialogues, du sarcasme, de l’humour et des réflexions parfois très pertinentes sur le fonctionnement du monde et des rapports humains. Le récit sait alterner moments intimistes, réflexion politique et passages plus épiques sans perdre son identité. Mais la vraie claque reste probablement la partie graphique ; une esthétique de conte complètement survitaminée, avec quelque chose de très vivant, chaleureux et en même temps profondément sombre. L’utilisation des couleurs comme vecteur d’émotion et d’ambiance est particulièrement réussie et donne énormément de personnalité à l’ensemble. Certaines planches dégagent une vraie puissance visuelle sans jamais donner l’impression d’être purement démonstratives.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Messaline - La Déesse aux miroirs
Messaline - La Déesse aux miroirs

Delcourt développe sa collection des « reines de sang » et trouve tout naturellement dans les premiers temps de l’Empire romain des personnalités à même de l’intégrer. Sont d’ailleurs publiées quasiment en même temps trois séries, sur trois femmes contemporaines, Poppée, Agrippine, et donc cette Messaline (toutes ces séries ayant au scénario Luca Blengino). Et d’ailleurs Agrippine apparait très souvent dans cet album – et joue un rôle central dans la chute de Messaline. Si Messaline n’a été que peu longtemps au sommet de l’État – à partir du moment où son mari Claude devient empereur, elle appartient aux cercles du pouvoir, via sa famille, dès son plus jeune âge, et elle a été la maîtresse de Caligula. Si Blengino nous la présente au départ pas mal ballottée par les événements, rapidement elle prend de l’assurance et, pour mieux contrôler le pouvoir qu’elle possède – même par procuration – et satisfaire ses besoins – sexuels par exemple – elle va plonger dans une surenchère d’assassinat, ce qui justifie sa présence dans la collection. La biographie est bouclée en un tome (3 seront consacrés à Agrippine), ce qui montre le passage éphémère au sommet de l’État. L’album se laisse lire, plutôt agréablement, et le personnage de Messaline reste ambivalent. Presque attachant même, malgré le sang qu’elle a sur les mains. La fin de l’album sert presque d’introduction à la série sur Agrippine… Dessin et colorisation font honnêtement le travail, le rendu est suffisamment précis et agréable pour bien accompagner cette plongée dans les turpitudes du 1er siècle, durant lequel les empereurs se succèdent très rapidement – les impératrices aussi donc…

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Gung Ho
Gung Ho

Gung Ho fait partie de ces séries post-apocalyptiques qui reprennent des codes très classiques du genre mais avec suffisamment de maîtrise pour rester vraiment prenantes. On est clairement dans une œuvre orientée ado/jeune adulte, mais qui ne tombe ni dans le survivalisme caricatural ni dans une version trop édulcorée de l’apocalypse. L’univers reste brutal et dangereux, mais la violence paraît cohérente avec le contexte et rarement gratuite. Le ton est cru sans chercher en permanence la surenchère. Le vrai point fort de la série reste surtout ses personnages et leurs relations. Les tensions humaines, les rivalités, les rapports de groupe et les émotions sont bien travaillés et donnent beaucoup de crédibilité à l’ensemble. La petite dimension romantique fonctionne bien et apporte une respiration bienvenue dans un univers assez oppressant. Le scénario reste solide sur toute la lecture avec un bon rythme, des rebondissements réguliers et une évolution des personnages qui donne envie d’enchaîner les tomes sans difficulté. Visuellement, la série est également très réussie. Le dessin semi-réaliste et très dynamique renforce énormément l’immersion. Les couleurs et l’ambiance générale participent vraiment au sentiment de danger permanent tout en gardant une identité visuelle forte. Ce n’est peut-être pas la série la plus originale du genre, mais c’est une œuvre très efficace, maîtrisée et particulièrement agréable à lire pour les amateurs de récits post-apo orientés personnages.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série D'or et d'oreillers
D'or et d'oreillers

D’or et d’oreillers reprend vraiment les codes du conte classique, mais dans une version clairement plus adulte. On retrouve la structure et les thématiques typiques du genre (épreuves, rapports de classes, mariage, secrets, éveil sentimental) avec toutefois une violence psychologique et une sensualité qui dépassent largement le cadre du conte jeunesse traditionnel. Le récit ajoute aussi une couche de psychologie bienvenue qui donne un peu plus d’épaisseur aux personnages et aux relations. Le scénario fonctionne bien dans l’ensemble, même s’il ne révolutionne pas le genre. Certaines séquences restent un peu floues et quelques éléments donnent une impression d’inachevé ou de questions laissées ouvertes. Cela dit, l’histoire reste cohérente et l’univers suffisamment maîtrisé pour maintenir l’intérêt jusqu’au bout. La grande force de la BD reste clairement la partie graphique. Le dessin conserve l’ADN du conte et de la BD jeunesse, mais avec une sensibilité beaucoup plus adulte, plus sombre et plus affirmée. Les couleurs sont magnifiques, plusieurs planches sont réellement marquantes, et la mise en page accompagne très bien l’ambiance du récit sans jamais tomber dans la démonstration esthétique gratuite. Toute la direction artistique participe à ancrer parfaitement l’œuvre dans cet univers de conte élégant mais inquiétant. Une BD qui parlera probablement davantage à des adolescents plus âgés et à des adultes amateurs de réécritures de contes qu’à un jeune public classique.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Oiseau de Tazmamart
L'Oiseau de Tazmamart

J’arrondis aux trois étoiles parce que ce témoignage est important et permet de découvrir l’horreur occultée par les médias et autres politiques ou « people » (Rachida Dati ou Jamel Debbouzze par exemple) lorsqu’il s’agit d’évoquer la monarchie marocaine. Un bagne dans lequel ont été emmurés et torturés psychologiquement des centaines de personnes, désignées comme opposants. L’album s’inspire du récit de l’un d’eux, embarqué à son insu dans une tentative de coup d’État assez foireux, et qui a passé de très nombreuses années dans le bagne de Tazmamart perdu dans le Sahara (secret, inconnu des cartes). On suit la coup d’État, puis l’arrestation, la torture et l’incarcération. Le personnage principal survit, jusqu’à ce que, des informations ayant filtré à l’étranger, le pouvoir décide de fermer ce bagne et de faire sortir les quelques survivants. Notre héros malgré lui a pu tenir en partie grâce à un oiseau, qu’il a secrètement recueilli, soigné et nourri, cet oiseau devenant pour les détenus un espoir. Hélas, le récit manque de souffle, la narration comme le dessin sont un peu ternes, ça manque de dynamisme. Mais le sujet sauve l’ensemble et maintient l’intérêt (de toute façon l’album se lit très vite). Note réelle 2,5/5.

17/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Le Tombeau de la comète
Le Tombeau de la comète

Une comète s'est écrasée sur Terre et a transformé le monde en un territoire hostile peuplé de créatures chimériques géantes. Les rares humains survivants vivent cachés et se protègent en créant d'immenses armures vivantes nécessitant trois personnes pour fonctionner ensemble. Outre un graphisme assez marquant, c'est clairement cette idée qui fait tout le sel de la BD. Le décor post-apo en lui-même reste assez classique, avec ses communautés de survivants et ses monstres géants, mais ce système d'armures pilotées collectivement apporte une vraie identité au récit, avec un mélange assez original de fantasy médiévale, de kaiju et de science-fiction organique. Visuellement, l'album a une vraie personnalité. Le mélange entre le trait plus classique des personnages humains et les textures beaucoup plus picturales des éléments transformés par la comète crée une ambiance étrange et souvent assez jolie. Il y a notamment un vrai travail sur les couleurs, les matières et les décors. En revanche, ce choix artistique a aussi un revers : la majorité des scènes d'action sont confuses. Les chimères sont déjà difficiles à appréhender visuellement tant leurs formes sont abstraites ou mouvantes, et quand les affrontements commencent, j'ai souvent eu du mal à comprendre ce qu'il se passait ou qui faisait quoi. Le récit fonctionne davantage par atmosphère et par symbolique que par véritable attachement aux personnages. Je n'ai pas spécialement réussi à m'investir émotionnellement dans leur parcours, malgré quelques bonnes idées autour de la solidarité et de la survie. L'univers possède du potentiel, mais l'histoire reste finalement assez simple dans ses thèmes écologiques et sa réflexion sur l'évolution du monde et de l'humanité. C'est surtout la conclusion qui m'a laissé une impression mitigée. Le message autour de l'acceptation du changement et de la transformation du monde m'a paru assez maladroit au regard de tout ce que les créatures ont provoqué auparavant. Après avoir montré pendant presque tout l'album des chimères responsables de massacres et d'un effondrement généralisé, terminer sur une forme d'acceptation presque apaisée de cette évolution m'a semblé assez incohérent. Je comprends l'intention philosophique derrière, mais je l'ai trouvée bancale et assez frustrante. Je retiens donc une BD visuellement originale et ambitieuse, avec quelques bonnes idées comme ces armures géantes, mais dont les scènes d'action et le message final ne m'ont pas vraiment convaincu.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Ombre des Lumières
L'Ombre des Lumières

Pour ma part, j’ai trouvé ça vraiment sympa et agréable à suivre, très classe dans sa réalisation. D’abord une belle qualité d’édition : le format et le touché de l’album font honneur (bon après c’est pas le prix le plus abordable non plus ;) L’intérieur l’est tout autant, peut être le meilleur lu de Richard Guérineau, c’est parfaitement orchestré et lisible : construction, trait et couleurs (ça change des Stryges tiens !!). J’aime le soin apporté à ses planches. Et enfin le récit, même si pour l’instant ce dernier se révèle relativement convenu pour l’époque, l’ensemble est bien amené et je suis vraiment rempli d’optimisme pour la suite. La narration ne m’a pas gêné, bien au contraire, ça demande un peu d’attention sur les noms mais j’aime bien l’idée de cette correspondance en fond, ça ajoute du charme et j’espère que l’identité de Mme de *** surprendra. Une bonne entrée en matière pour cette trilogie annoncée, je comprends les réserves de mes prédécesseurs mais bizarrement je suis absolument confiant et serein pour le fin mot de l’histoire. MàJ tome 3 : Alors que je partais plutôt confiant, la suite m’a moins enthousiasmé. La réalisation n’est pas en cause, c’est toujours aux petits oignons. La faute vient de la localisation, je ne raffole pas des aventures dans le nouveau monde, ça m’avait déjà fait ça avec "Plume au vent". Mon intérêt c’est donc doucement délité, ne faisant plus beaucoup d’effort à suivre ce petit monde, mauvais choix car j’ai fini ma lecture un peu perplexe. Après une parenthèse de l’autre côté de l’océan qui ne m’a pas emballé, le retour et le fin mot en France m’a un peu perdu. Ce n’est pas vraiment la fin ni la révélation attendu, que ce soit pour la série ou un cycle. Il y a sans doute un truc qui m’a échappé (ou alors c’est pas une trilogie ?), mais en l’état mon plaisir de lecture était moindre. Ça reste une œuvre bien réalisée et qui mérite certainement davantage d’attention que j’ai pu lui donner pour savourer tout son sel.

14/11/2023 (MAJ le 17/05/2026) (modifier)