Entre le réalisme d'une Amérique raciste et paranoïaque des années 1950 et la folie d'un récit pulp SF, une poignée d'adolescents plonge dans une succession d'événements absurdes mêlant guerre froide, monstres venus d'ailleurs, robots géants et apocalypse rétro-futuriste.
Ce comics s'inspire à fond des vieux films de SF catastrophe de série B, voire Z. C'est tellement rempli d'idées improbables, de créatures grotesques, de complots, de robots géants et de menaces extraterrestres que j'ai eu l'impression d'assister à une sorte de pastiche du genre. Au delà des classiques de l'invasion extraterrestre des années 1950 et autres Guerre des Mondes, ça ressemble énormément à Mars Attacks!, avec tellement d'éléments similaires que ça s'apparente même parfois plus à un recyclage qu'à un hommage discret. Sauf que là où le film de Burton assumait pleinement son absurdité avec un humour très présent, Duck and Cover se prend beaucoup plus au sérieux dans sa mise en scène, même si j'ai du mal à croire que les auteurs puissent réellement l'être tant certaines situations ou révélations sont ridicules.
Le dessin est ce qui sauve l'ensemble. Rafael Albuquerque livre des planches très maîtrisées, avec une esthétique rétro adaptée au sujet. Les créatures, les machines et l'ambiance générale fonctionnent bien visuellement. Le comics possède une bonne personnalité graphique et certaines scènes sont assez spectaculaires.
En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré au scénario. Déjà parce qu'il est extrêmement bavard. Les auteurs semblent incapables de laisser respirer leur récit et noient régulièrement l'action sous des commentaires, des explications ou des retours en arrière consacrés au passé des personnages. Ces développements psychologiques ne m'ont jamais intéressé et cassent le rythme alors que l'histoire aurait gagné à rester dans un registre plus direct et plus assumé de série B décomplexée.
J'ai également eu du mal à m'impliquer dans l'intrigue. Tout paraît tellement gratuit et arbitraire qu'il devient difficile de s'accrocher à une réalité ou à des enjeux précis. Entre les extraterrestres, les robots, les mutations, les complots, les faux-semblants et les révélations successives, j'ai souvent eu l'impression que n'importe quoi pouvait arriver à n'importe quel moment. Cette absence de cadre affaiblit la tension puisque rien ne semble vraiment avoir de conséquences durables.
J'aurais probablement davantage apprécié cette lecture si elle avait pleinement assumé soit son côté délirant et parodique, soit son côté action pure. Les références aux vieux films de science-fiction sont évidentes, mais elles m'ont laissé froid car le récit préfère multiplier les drames personnels et les explications plutôt que de s'amuser avec son propre concept.
Malgré un dessin réussi et une esthétique rétro séduisante, j'ai trouvé l'histoire bavarde, confuse et surtout trop sérieuse dans son idiotie pour réussir à m'emporter.
Le fils d'un montreur d'ours rom découvre les échecs dans les jardins du Luxembourg alors que sa famille, arrivée à Paris sous l'emprise de passeurs mafieux, tente de survivre entre mendicité, vols et vie en bidonville.
C'est un récit fort, original et très prenant, porté par une mise en scène efficace et un dessin qui possède une vraie personnalité.
Le graphisme ne cherche jamais à être joli au sens classique du terme. Les visages sont parfois déformés, les traits tremblés, les couleurs souvent terreuses ou étouffantes, mais l'ensemble dégage une identité visuelle très forte. Les personnages sont extrêmement expressifs, les décors de Paris sont très bons, et les planches marquent par leur atmosphère. C'est un dessin vivant, habité, qui colle parfaitement à l'histoire.
J'ai aussi apprécié le regard porté sur les Roms. Le récit ne les idéalise jamais. On les voit voler, faire les poches, mendier de manière organisée, vivre en marge de la société et rester très renfermés sur leur propre communauté face aux Gadjé. Rien n'est édulcoré. Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à eux. Derrière leurs défauts et leurs choix parfois discutables, on découvre une véritable famille qui se serre les coudes, affronte ensemble les difficultés et tente simplement de survivre. Chacun existe comme un personnage à part entière, avec son caractère, ses qualités et ses faiblesses. C'est le cas notamment du jeune héros qui est, au départ, un gamin illettré, maladroit, peu à l'aise avec les autres et au regard fuyant comme un animal sauvage, et pour il devient peu à peu très attachant. On a envie que sa famille et lui s'en sortent, tout comme on souhaite les voir échapper à l'engrenage dans lequel ils sont tombés.
Le mélange entre chronique sociale, récit d'exil, découverte du monde des échecs et histoire d'émancipation fonctionne bien. Le parcours de Ciprian apporte une bouffée d'espoir sans faire disparaître la dureté du contexte.
Je reste tout de même un peu réservé sur la conclusion. L'idée qu'un enfant dans sa situation puisse trouver son salut et celui de sa famille grâce à un talent exceptionnel pour les échecs apporte une belle dimension de conte moderne, mais cela paraît aussi un peu trop mignon et romanesque pour être totalement crédible. Cela ne m'a cependant pas empêché d'être emporté par le récit.
Une très jolie lecture, crue mais touchante, portée par des personnages profondément humains et un dessin plein de caractère. Une BD qui parvient à parler de précarité, d'exclusion et de solidarité sans tomber ni dans le misérabilisme ni dans l'idéalisation.
Franchement, un virage vers le manga sans faute !
Alex Alice, dont je ne connaissais pas le travail jusqu'ici, nous offre une leçon en matière d'introduction de série. On commence par une très belle introduction à l'univers de quelques pages, très efficace, une intro rapide de 20 pages terriblement bien dessinées et l'histoire commence directement ! Excellente introduction, on ne perd pas de temps à se perdre dans les détails, on suit l’héroïne vers ce qui va être la grande aventure, le cœur du récit.
Les évènements s'enchainent, la lecture est fluide, le dessin magistral et les personnages très attachants. On a l'impression de voir un excellent blockbuster haletant et palpitant, c'est vraiment réussi.
Un tome 1 avec un rythme effréné qui réussi à prendre le meilleur du manga et de la franco-belge. Une bande dessinée extrêmement contemporaine et qui durera dans le temps, un véritable tour de force.
On a très hâte de voir la suite !
Bonne bd, très beaux dessins mais une histoire poussive qui prend trop de temps à se mettre en place, sans sortir des sentiers battus. On aurait aimé un peu plus de prise de risque.
Dans les faits, le dessin est charmant, avec une ligne efficace, de belles couleurs et un univers attrayant. Cependant, la bd ne m'a pas vraiment plu. J'ia pris du temps à comprendre pourquoi et je pense que c'est un mélange entre le rythme et la profondeur de l'histoire. On a une mise en scène dynamique proche du manga qui cependant prend du coup trop de pages et de temps à mettre en place ses premiers enjeux.
Ceux-ci, en plus sont très classiques et ne surprennent pas tellement, difficile d'être ému dans ces conditions.
Il faudrait être un peu plus exigeant sur le rythme et l'histoire, peut-être moins expliquer les basiques pour aller plus en profondeur dans les enjeux et les éléments. Mieux gérer la pagination pour que les moments de tensions ressortent et les mises en scène dynamiques soient exceptionnelles et ainsi vraiment haletantes.
des idées intéressantes, un dessin formidable mais un album qui manque de densité et de profondeur à mon goût.
Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement.
Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.
Très très beau livre.
Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir.
Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.
Je n'ai jamais lu un livre de Michel Houellebecq de ma vie, ayant peu d'intérêt pour lire des romans depuis bien longtemps. Évidemment, je le connais de nom vu que c'est sans doute l'auteur de langue française le plus controversé de la littérature française, mais j'ai juste jamais eu envie de lire ses romans et c'est pas cette adaptation qui va me faire changer d'avis.
Déjà, il faut savoir que l'album est publié dans un format normal, mais il faut le tourner pour le lire parce que les planches sont en format italiennes. C'est vraiment pas confortable pour lire, surtout pour moi qui aime bien lire dans les transports en communs. C'est un livre égoïste qui vous force à le lire uniquement à la maison, vous dictant comment vivre votre vie ! De plus, je n'aime pas trop la mise en scène. Il y a plusieurs pages où le dessin et le texte sont séparés, comme dans le bon vieux temps des premières bd françaises et je déteste ça. C'est sans doute par paresse vu qu'il y a beaucoup de textes, mais c'est aussi parce que j'ai souvent l'impression que le dessin sert à rien. Tant qu'à faire, lisez juste le roman.
Heureusement, il y a aussi de l'art séquentiel et de plus en plus au fil des pages. Du moins, de ce que j'ai lu parce que j'avoue que j'ai laissé tomber après 60 pages. Je ne suis jamais rentré dans le récit qui m'a ennuyé. C'est sans doute à cause de la mise en scène, mais même si c'était une bd traditionnelle 100% art séquentiel, je pense que je me serais quand même ennuyé et finit par lâcher l'album. C'est la biographie d'un artiste imaginaire et je ne suis pas du tout intéressé à sa vie. Tout ce qui lui arrive et ses états d'âmes artistes me sont passé au dessus de la tête. J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de textes pour ne pas dire grand chose de bien intéressant. Honnêtement, je peux imaginer d'autres lecteurs mieux accrochés que moi. Je pense que l'univers de Houellebecq est juste pas pour moi.
Deux auteurs habitués au bd du type carnet de voyage s'en vont rencontrer des inuit un peu partout dans le nord canadien.
J'ai bien aimé le coté éducatif de l'album. On a droit à plusieurs témoignages d'inuit, mais pas que, et au traves leurs témoignages ont fait un bon tour des problèmes que subit ce peuple. On parle aussi d'art inuit et on voit la sensibilité artistique de Baudoin, un auteur définitivement à part dans le paysage de la BD Franco-Belge.
Même si le propos de l'album est intéressant, j'ai quand même trouvé l'album un peu trop aride. On retrouve le gros défaut des albums de Baudoin et de Troubs: la mise en scène est plate. Je comprends que d'autres lecteurs puissent apprécier le coté carnet de l'album, mais moi je trouve cela parfois dur à lire lorsqu'il y a pleins de textes. On est loin du journalisme à la Joe Sacco que je trouve plus accessible et facile à lire. Même lorsque le propos des inuit est intéressant, ce n'est pas présenté de manière passionnante.
Cela reste un album à lire pour découvrir un peuple autochtone sans clichés ou angélisme.
Édouard Baudoin raconte la vie de son grand-père qui a passé plusieurs années aux États-Unis à la fin du 19ème siècle.
Je ne sais pas trop si la vie de son grand-père a été exagéré par la légende familiale parce que certaines anecdotes, surtout lorsqu'il rencontre une figure historique, me semble un peu trop gros pour être vrai. Il faut tout de même avouer que la réalité dépasse souvent la fiction alors peut-être que tout est vrai, mais j'ai vraiment l'impression que le grand-père a exagéré certaines choses à sa famille lors de son retour des États-Unis, un pays qui était encore exotique pour les français de l'époque.
Sinon, on est dans un album de Baudoin alors on alterne entre la BD et des pages qui ressemblent plus à un carnet de notes. On passe d'un sujet à l'autre et c'est raconté de manière un peu aride. Même lorsqu'il raconte une anecdote excitante, la mise en scène de Baudoin était un peu trop plat. Ça se laisse lire parce que la vie du grand-père Baudoin est intéressante, mais il faut ne pas être allergique au style de Baudoin.
Se laisse lire, mais n'atteint pas la perfection historique de Murena sans parler de l'excellence des dessins… ni la fraicheur d'Alix, du temps de son créateur ! Ah, s'il avait pu se progresser à partir du niveau des Légions perdues où la fuite sur les toits était de toute beauté, Enac point trop envahissant, la rencontre avec le loup et la bataille finale pour l'épée de Brennus poignante ! Il est des amis, des fictions, des habitudes dont on peut dire qu'on ne rompt pas vraiment avec eux par nostalgie de ce qu'ils auraient pu être.
Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos loups, les Romains étant fils de la louve, voyons Alix senator ! Je trouve les intrigues tarabiscotées mais sans la fantaisie d'Alix jeune, cependant, l'album Le maître des masques relève le niveau. Sans spoiler je dirais que l'ennui peut mener au pire quand on ne sait ni l'accepter ni lutter avec lui de façon créative… Une mention pour Livie.
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Duck and Cover
Entre le réalisme d'une Amérique raciste et paranoïaque des années 1950 et la folie d'un récit pulp SF, une poignée d'adolescents plonge dans une succession d'événements absurdes mêlant guerre froide, monstres venus d'ailleurs, robots géants et apocalypse rétro-futuriste. Ce comics s'inspire à fond des vieux films de SF catastrophe de série B, voire Z. C'est tellement rempli d'idées improbables, de créatures grotesques, de complots, de robots géants et de menaces extraterrestres que j'ai eu l'impression d'assister à une sorte de pastiche du genre. Au delà des classiques de l'invasion extraterrestre des années 1950 et autres Guerre des Mondes, ça ressemble énormément à Mars Attacks!, avec tellement d'éléments similaires que ça s'apparente même parfois plus à un recyclage qu'à un hommage discret. Sauf que là où le film de Burton assumait pleinement son absurdité avec un humour très présent, Duck and Cover se prend beaucoup plus au sérieux dans sa mise en scène, même si j'ai du mal à croire que les auteurs puissent réellement l'être tant certaines situations ou révélations sont ridicules. Le dessin est ce qui sauve l'ensemble. Rafael Albuquerque livre des planches très maîtrisées, avec une esthétique rétro adaptée au sujet. Les créatures, les machines et l'ambiance générale fonctionnent bien visuellement. Le comics possède une bonne personnalité graphique et certaines scènes sont assez spectaculaires. En revanche, j'ai beaucoup moins adhéré au scénario. Déjà parce qu'il est extrêmement bavard. Les auteurs semblent incapables de laisser respirer leur récit et noient régulièrement l'action sous des commentaires, des explications ou des retours en arrière consacrés au passé des personnages. Ces développements psychologiques ne m'ont jamais intéressé et cassent le rythme alors que l'histoire aurait gagné à rester dans un registre plus direct et plus assumé de série B décomplexée. J'ai également eu du mal à m'impliquer dans l'intrigue. Tout paraît tellement gratuit et arbitraire qu'il devient difficile de s'accrocher à une réalité ou à des enjeux précis. Entre les extraterrestres, les robots, les mutations, les complots, les faux-semblants et les révélations successives, j'ai souvent eu l'impression que n'importe quoi pouvait arriver à n'importe quel moment. Cette absence de cadre affaiblit la tension puisque rien ne semble vraiment avoir de conséquences durables. J'aurais probablement davantage apprécié cette lecture si elle avait pleinement assumé soit son côté délirant et parodique, soit son côté action pure. Les références aux vieux films de science-fiction sont évidentes, mais elles m'ont laissé froid car le récit préfère multiplier les drames personnels et les explications plutôt que de s'amuser avec son propre concept. Malgré un dessin réussi et une esthétique rétro séduisante, j'ai trouvé l'histoire bavarde, confuse et surtout trop sérieuse dans son idiotie pour réussir à m'emporter.
Le Fils de l'Ursari
Le fils d'un montreur d'ours rom découvre les échecs dans les jardins du Luxembourg alors que sa famille, arrivée à Paris sous l'emprise de passeurs mafieux, tente de survivre entre mendicité, vols et vie en bidonville. C'est un récit fort, original et très prenant, porté par une mise en scène efficace et un dessin qui possède une vraie personnalité. Le graphisme ne cherche jamais à être joli au sens classique du terme. Les visages sont parfois déformés, les traits tremblés, les couleurs souvent terreuses ou étouffantes, mais l'ensemble dégage une identité visuelle très forte. Les personnages sont extrêmement expressifs, les décors de Paris sont très bons, et les planches marquent par leur atmosphère. C'est un dessin vivant, habité, qui colle parfaitement à l'histoire. J'ai aussi apprécié le regard porté sur les Roms. Le récit ne les idéalise jamais. On les voit voler, faire les poches, mendier de manière organisée, vivre en marge de la société et rester très renfermés sur leur propre communauté face aux Gadjé. Rien n'est édulcoré. Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à eux. Derrière leurs défauts et leurs choix parfois discutables, on découvre une véritable famille qui se serre les coudes, affronte ensemble les difficultés et tente simplement de survivre. Chacun existe comme un personnage à part entière, avec son caractère, ses qualités et ses faiblesses. C'est le cas notamment du jeune héros qui est, au départ, un gamin illettré, maladroit, peu à l'aise avec les autres et au regard fuyant comme un animal sauvage, et pour il devient peu à peu très attachant. On a envie que sa famille et lui s'en sortent, tout comme on souhaite les voir échapper à l'engrenage dans lequel ils sont tombés. Le mélange entre chronique sociale, récit d'exil, découverte du monde des échecs et histoire d'émancipation fonctionne bien. Le parcours de Ciprian apporte une bouffée d'espoir sans faire disparaître la dureté du contexte. Je reste tout de même un peu réservé sur la conclusion. L'idée qu'un enfant dans sa situation puisse trouver son salut et celui de sa famille grâce à un talent exceptionnel pour les échecs apporte une belle dimension de conte moderne, mais cela paraît aussi un peu trop mignon et romanesque pour être totalement crédible. Cela ne m'a cependant pas empêché d'être emporté par le récit. Une très jolie lecture, crue mais touchante, portée par des personnages profondément humains et un dessin plein de caractère. Une BD qui parvient à parler de précarité, d'exclusion et de solidarité sans tomber ni dans le misérabilisme ni dans l'idéalisation.
Les Chants du Cygne Noir
Franchement, un virage vers le manga sans faute ! Alex Alice, dont je ne connaissais pas le travail jusqu'ici, nous offre une leçon en matière d'introduction de série. On commence par une très belle introduction à l'univers de quelques pages, très efficace, une intro rapide de 20 pages terriblement bien dessinées et l'histoire commence directement ! Excellente introduction, on ne perd pas de temps à se perdre dans les détails, on suit l’héroïne vers ce qui va être la grande aventure, le cœur du récit. Les évènements s'enchainent, la lecture est fluide, le dessin magistral et les personnages très attachants. On a l'impression de voir un excellent blockbuster haletant et palpitant, c'est vraiment réussi. Un tome 1 avec un rythme effréné qui réussi à prendre le meilleur du manga et de la franco-belge. Une bande dessinée extrêmement contemporaine et qui durera dans le temps, un véritable tour de force. On a très hâte de voir la suite !
Yojimbot
Bonne bd, très beaux dessins mais une histoire poussive qui prend trop de temps à se mettre en place, sans sortir des sentiers battus. On aurait aimé un peu plus de prise de risque. Dans les faits, le dessin est charmant, avec une ligne efficace, de belles couleurs et un univers attrayant. Cependant, la bd ne m'a pas vraiment plu. J'ia pris du temps à comprendre pourquoi et je pense que c'est un mélange entre le rythme et la profondeur de l'histoire. On a une mise en scène dynamique proche du manga qui cependant prend du coup trop de pages et de temps à mettre en place ses premiers enjeux. Ceux-ci, en plus sont très classiques et ne surprennent pas tellement, difficile d'être ému dans ces conditions. Il faudrait être un peu plus exigeant sur le rythme et l'histoire, peut-être moins expliquer les basiques pour aller plus en profondeur dans les enjeux et les éléments. Mieux gérer la pagination pour que les moments de tensions ressortent et les mises en scène dynamiques soient exceptionnelles et ainsi vraiment haletantes. des idées intéressantes, un dessin formidable mais un album qui manque de densité et de profondeur à mon goût.
Terre ou Lune
Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement. Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.
Une fête sans fin
Très très beau livre. Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir. Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle. Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.
La Carte et le Territoire
Je n'ai jamais lu un livre de Michel Houellebecq de ma vie, ayant peu d'intérêt pour lire des romans depuis bien longtemps. Évidemment, je le connais de nom vu que c'est sans doute l'auteur de langue française le plus controversé de la littérature française, mais j'ai juste jamais eu envie de lire ses romans et c'est pas cette adaptation qui va me faire changer d'avis. Déjà, il faut savoir que l'album est publié dans un format normal, mais il faut le tourner pour le lire parce que les planches sont en format italiennes. C'est vraiment pas confortable pour lire, surtout pour moi qui aime bien lire dans les transports en communs. C'est un livre égoïste qui vous force à le lire uniquement à la maison, vous dictant comment vivre votre vie ! De plus, je n'aime pas trop la mise en scène. Il y a plusieurs pages où le dessin et le texte sont séparés, comme dans le bon vieux temps des premières bd françaises et je déteste ça. C'est sans doute par paresse vu qu'il y a beaucoup de textes, mais c'est aussi parce que j'ai souvent l'impression que le dessin sert à rien. Tant qu'à faire, lisez juste le roman. Heureusement, il y a aussi de l'art séquentiel et de plus en plus au fil des pages. Du moins, de ce que j'ai lu parce que j'avoue que j'ai laissé tomber après 60 pages. Je ne suis jamais rentré dans le récit qui m'a ennuyé. C'est sans doute à cause de la mise en scène, mais même si c'était une bd traditionnelle 100% art séquentiel, je pense que je me serais quand même ennuyé et finit par lâcher l'album. C'est la biographie d'un artiste imaginaire et je ne suis pas du tout intéressé à sa vie. Tout ce qui lui arrive et ses états d'âmes artistes me sont passé au dessus de la tête. J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de textes pour ne pas dire grand chose de bien intéressant. Honnêtement, je peux imaginer d'autres lecteurs mieux accrochés que moi. Je pense que l'univers de Houellebecq est juste pas pour moi.
Inuit
Deux auteurs habitués au bd du type carnet de voyage s'en vont rencontrer des inuit un peu partout dans le nord canadien. J'ai bien aimé le coté éducatif de l'album. On a droit à plusieurs témoignages d'inuit, mais pas que, et au traves leurs témoignages ont fait un bon tour des problèmes que subit ce peuple. On parle aussi d'art inuit et on voit la sensibilité artistique de Baudoin, un auteur définitivement à part dans le paysage de la BD Franco-Belge. Même si le propos de l'album est intéressant, j'ai quand même trouvé l'album un peu trop aride. On retrouve le gros défaut des albums de Baudoin et de Troubs: la mise en scène est plate. Je comprends que d'autres lecteurs puissent apprécier le coté carnet de l'album, mais moi je trouve cela parfois dur à lire lorsqu'il y a pleins de textes. On est loin du journalisme à la Joe Sacco que je trouve plus accessible et facile à lire. Même lorsque le propos des inuit est intéressant, ce n'est pas présenté de manière passionnante. Cela reste un album à lire pour découvrir un peuple autochtone sans clichés ou angélisme.
Les Enfants de Sitting Bull
Édouard Baudoin raconte la vie de son grand-père qui a passé plusieurs années aux États-Unis à la fin du 19ème siècle. Je ne sais pas trop si la vie de son grand-père a été exagéré par la légende familiale parce que certaines anecdotes, surtout lorsqu'il rencontre une figure historique, me semble un peu trop gros pour être vrai. Il faut tout de même avouer que la réalité dépasse souvent la fiction alors peut-être que tout est vrai, mais j'ai vraiment l'impression que le grand-père a exagéré certaines choses à sa famille lors de son retour des États-Unis, un pays qui était encore exotique pour les français de l'époque. Sinon, on est dans un album de Baudoin alors on alterne entre la BD et des pages qui ressemblent plus à un carnet de notes. On passe d'un sujet à l'autre et c'est raconté de manière un peu aride. Même lorsqu'il raconte une anecdote excitante, la mise en scène de Baudoin était un peu trop plat. Ça se laisse lire parce que la vie du grand-père Baudoin est intéressante, mais il faut ne pas être allergique au style de Baudoin.
Alix Senator
Se laisse lire, mais n'atteint pas la perfection historique de Murena sans parler de l'excellence des dessins… ni la fraicheur d'Alix, du temps de son créateur ! Ah, s'il avait pu se progresser à partir du niveau des Légions perdues où la fuite sur les toits était de toute beauté, Enac point trop envahissant, la rencontre avec le loup et la bataille finale pour l'épée de Brennus poignante ! Il est des amis, des fictions, des habitudes dont on peut dire qu'on ne rompt pas vraiment avec eux par nostalgie de ce qu'ils auraient pu être. Pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos loups, les Romains étant fils de la louve, voyons Alix senator ! Je trouve les intrigues tarabiscotées mais sans la fantaisie d'Alix jeune, cependant, l'album Le maître des masques relève le niveau. Sans spoiler je dirais que l'ennui peut mener au pire quand on ne sait ni l'accepter ni lutter avec lui de façon créative… Une mention pour Livie.