Les derniers avis (96 avis)

Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Le Spirit
Le Spirit

Spirit a été la série qui a rendu Eisner célèbre. Avant les versions en couleur dans le journal Tintin, j'ai découvert les histoires dans des magazines brésiliens des années 40-50. On y remarquait déjà l'énorme créativité des dessins, les compositions originales des pages et la galerie de personnages insolites, des vilains hideux aux femmes fatales. Les intrigues, avec beaucoup d'humour noir, abordent des thèmes qui se distinguent de la plupart des héros et super-héros typiques de la production américaine de l'époque.

22/03/2026 (modifier)
Par greg
Note: 3/5
Couverture de la série Ghost Squadron
Ghost Squadron

Grand amateur d'aéronautique, j'accueille toujours avec une certaine joie ce genre de publications qui met les hélices en premier plan. On retrouve donc une espèce d'escadrille de bric et de broc composée de surplus de la seconde guerre et des pilotes/mercenaires qui vont avec. Les personnages un minimum élaborés sont: -Le capitaine Moorhead, qui déclenche tous les évènements en venant chercher notre héros -Héros justement, un pilote déserteur qui se la coulait douce sur une île appelé Fletcher Williams: le nom et tout le reste semblent être une transposition du lieutenant ayant commandé la mutinerie du Bounty -Un as de la Luftwaffe qui vit caché sous un faux nom (ce qui n'a aucune logique, les pilotes était assez peu nazis, et il n'y avait pas vraiment de criminels de guerre parmi eux: même une exception, une saloperie comme Hans Ulrich Rudel, bien que brun de la tête au pieds, n'a jamais commis de crimes de guerre) -Un pilote japonais qui avait déserté et qui semble être très heureux d'aider ses anciens ennemis (pareil ni crédible ni logique) Et c'est tout. Il faut dire que c'est le gros défaut de cette série: des persos à peine creusés, pas intéressants, ce qui est normal car il y en a beaucoup trop!!! On s'y perd un peu. Le but est de retrouver un Milliardaire calqué sur Howard Hughes. Le clone de Hughes est appelé Fogg, comme le personnage du tour du monde en 80 jours. Cela fait un peu comme une histoire pulp sans les filles: belles machines, beaux dessins, mais tout le reste est sans grand intérêt. Malgré tout, c'est distrayant et suffisamment intriguant pour vouloir lire la suite.

22/03/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Attaque des Titans
L'Attaque des Titans

Le dessin pose un problème mais il s'améliore sans cesse. Tout de même ! A l'origine, s'impose la maladresse et la grisaille du manga, on se croirait dans un brouillon qu'on aurait tenté de recouvrir d'une couche de crayon noir. Ceci dit, on reconnait les héros ! Et c'est plus qu'expressif… Je pense qu'on a plus de motivation à lire le manga quand on a visionné la série qui reprend les bons côtés, histoire, dynamisme de la lutte contre les titans et horreur de ces derniers, à preuve j'en ai lu quelques uns après le covid où les DVD de l'attaque des des titans empruntés à la Bibliothèque m'ont aidé à tenir. J'ai lu quelque part que le créateur voulait que quelqu'un dessine, mais que n'ayant trouvé personne, il s'y est astreint lui-même. Quel héros ! Ses imperfections, d'ailleurs paraît-il en voie de résolution et parfois aussi graves chez d'autres ? Je les trouve donc touchantes. Mais pour comparer, on n'est pas dans Golden Kamui ou dans Parasite dont j'ignore en passant quelle est le meilleure version. Par contre, je trouve la version DVD que j'ai acheté et que je ne cessais de repasser à une époque, bien plus, prenante… comme un main se saisissant d'une main !

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série À ceux qui viennent
À ceux qui viennent

Un be qui démarre un peu mal avec un personnage d'écrivain misanthrope et urbai qui se retrouve dans la vallée des merveilles. Je vous passe le prétexte de ce personnage et son objectif, car cette bd parle de la Vallée des Merveilles dans le massif du Mercantour. Quelques planches sont très belles et très réussis. Après côté mise en page, personnages, et scénarios ça peche. Cependant le coeur n'est pas là. Avec pas mal de subtilité, les autrices décrivent les enjeux de biodviserité, d'usages, d'humains, de fantasmes, d'archéologie, enjeux qui se retrouvent souvent en contradiction, opposition. On sent que les autrices connaissent bien leur sujet et les personnages qui incarnent les visions ou les usages et besoins différents de la montagnes sont bien campés. Ca sent le vécu même je dirais ! Et c'est là tout l'intérêt de cette bd.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Tarzan (Bec)
Tarzan (Bec)

Je crois que Tarzan, le personnage et son univers, ne sont pas ma tasse de thé. J’ai des souvenirs de gamin des films avec Weissmuller (films irregardables aujourd’hui !), j’avais plutôt bien aimé le film « Greystoke, la légende de Tarzan », mais sinon, j’ai vraiment du mal à accrocher. La version de Corbeyran m’avait déçu, et celle de Bec ne m’a pas davantage convaincu. Affaire de goûts sans doute, mais pas seulement. Il y a trop de facilité, de grande naïveté dans cette intrigue. L’apprentissage et la maîtrise du langage (et carrément en plusieurs langues ?), voire de l’écriture en pleine autonomie, par le jeune gamin adopté par des singes parait peu crédible, comme son adaptation express au monde animal, puis au monde « civilisé ». Un Tarzan qui, en quelques minutes, est capable de dépecer une bête, de lui enlever sa peau, et d’en faire un vêtement (pour lui, puis plus tard dans le premier tome pour un homme qu’il a secouru – après avoir massacré tout un village), c’est franchement trop ! De la même manière, vouloir absolument donner à Tarzan une carrure à la Conan le Barbare (alors que ses parents anglais ne semblaient pas particulièrement baraqués) nous fait tomber dans la caricature. Les raccourcis inévitables de l'adaptation accentuent le ressenti de facilité de l'intrigue. Bon, le premier tome reprend l’histoire classique des débuts, la rencontre avec « Jane » (qui tombe amoureuse là aussi en deux temps trois mouvements…). Pas de surprise, c’est de l’aventure classique, avec les couleuvres évoquées ci-dessus à avaler. Le deuxième tome n’en est pas la suite, mais c’est un autre roman qui est adapté, autour du personnage de Tarzan – on retourne donc dans la jungle. On y mélange un peu les époques, hommes préhistoriques, animaux préhistoriques de toutes périodes (si possibles gigantesques et menaçants), etc. Quelque chose qui emprunte à Wells, Verne, ou se rapproche du film King Kong de Jackson. Avec toujours un Tarzan géant et bodybuildé, affrontant les dangers de plus en plus improbables. C’est sans doute divertissant, mais ça n’est clairement pas mon truc. Bec a sans doute ajouté sa touche fantastique à un récit qui l’y invitait. Le résultat ne m’a pas convaincu. Si d’autres albums sortent par la suite, je ne me jetterai pas déçu, c’est clair.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Smoking behind the supermarket with you
Smoking behind the supermarket with you

Un manga très doux. L'extrême naïveté de Sasaki, personnage principal, et son côté empoté le rende attachant. Les discussions, par petits bouts, chaque soir entre Sasaki et Tayama l'employé rock n'roll et complice. Une petite romance, avec un 1er tome parfois un peu longuet. Une licence poétique un peu étonnante est utilisée sur les personnages de Yamada/Tayama, cependant ça reste très mignon. J'ai beaucoup apprécié les dessins, et une certaine sensualité qui se dégage régulièrement. Pour les amatrices et amateurs de romances doucerettes.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Nevada (Delcourt)
Nevada (Delcourt)

Dès les premières planches, on installe une ambiance furieusement western, seule la moto du héros – Nevada – dénotant dans des décors qu’on croirait sortis de Blueberry : décors naturels, ou reconstitués à Hollywood. Mais c’est en fait à la fin des années 1920 que nous sommes, ce mélange, cette ambivalence, volontairement entretenus, m’ont fait penser à la série Les Gringos. Si les albums ultérieurs s’éloignent parfois de l’esthétique western, l’intrigue y revient régulièrement (on a même droit à un duel au soleil en fin de troisième tome !), c’est la marque de fabrique de cette série – et c’est plutôt bien fait. Le personnage de Nevada, ses rapports avec sa « donneuse d’ordre », la productrice Louise Hathaway m’ont fait penser à la série américaine des années 1980 « L’homme qui tombe à pic », dans laquelle un cascadeur jouait les chasseurs de prime pour une femme ayant avancé des cautions. Si chaque album peut se lire comme un one-shot, il y a quand même un fil rouge qui, outre l’approfondissement des personnalités (entre Nevada et Louise, aussi avec la jeune journaliste rencontrée dans le tome 2), concerne la traque d’un « méchant », ayant joué un rôle dans le passé des deux principaux protagonistes, Carlsen. Série et personnages gagnent en consistance, les parties consolidant le tout. Reste que le diptyque des deux derniers albums m'a paru moins dynamique, plus dilué. Un peu l'impression que les auteurs ont tenté de caser trop de choses: la personnalité et l'amitié de Jack London; de longs flash-back expliquant la genèse des relations entre Louise et Nevada; les hobos; les luttes syndicales, en plus de l'origine du conflit avec Carlsen. Pas mal de clins d'oeil aussi à des films célèbres (Psychose; 3h10 pour Yuma, etc.). Je suis par ailleurs grandement surpris qu'un film comme Le chien andalou ait pu être vu et connu aux États-Unis l'année de sa "sortie (qui plus est rapidement censurée) en France ! Au final, c'est une série intéressante, divertissante. C'est déjà pas mal.

22/03/2026 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Les Évadés d'Alcatraz
Les Évadés d'Alcatraz

A partir d'un fait divers célèbre, l'évasion de 3 prisonniers de la forteresse d'Alcatraz en juin 1962, les auteurs laissent libre cours à leur imagination pour nous proposer un thriller haletant. Les 3 hommes n'ont jamais été retrouvés et la version officielle est qu'il se sont noyés lors de leur tentative d'évasion. Dans cette fiction, leur destinée est tout autre et leur fuite ne sera pas de tout repos, il faut se cacher, se méfier, se cacher encore, fuir. Il leur faudra également de l'aide. Bref, ils ont ont beau être dehors, ils n'ont pas le sentiment d'une liberté totalement retrouvée. De déconvenues en complices pas fiables, en passant par des curieux génants, cette fuite prend des allures de road movie sanglant. Au rythme des chapitres, on les suit sur les différentes étapes sensées les conduire vers une vie meilleure. Mais plus on avance dans le récit et moins cet avenir parait lumineux. Le présent non plus n'est pas confortable. Recherchés, accompagnés par une complice vénale plus que serviable, les péripéties vont bon train. Il faudra jouer des poings, et plus, et ne pas faire de sentiment pour essayer de s'en sortir. L'idée de développer une fiction sur la base d'un évènement réel est bonne et bien développée. Au final le récit prend la forme d'un polar noir, rythmé et accrocheur. Pas forcément original dans son déroulement, c'est loin d'être la première histoire de gangsters en fuite. Mais l'histoire se démarque en exploitant très bien le postulat de départ. L'ambiance flirte sur cette ligne floue entre la réalité, enfin la version connue, et la fiction et ça fonctionne très bien.

22/03/2026 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Les Sacrifiés du paradis
Les Sacrifiés du paradis

Cet album offre une plongée au coeur de l'Afrique des années 60, et plus précisément à la génèse des grands parcs nationaux des pays de l'est du continent. Un récit raconté comme une enquête, mêlant histoire et politique. C'est un documentaire mis en scène comme une fiction. Le sujet de fond est interessant : comment l'unesco, la WWF et les colons ont mis en place de très vastes projets pour préserver la nature africaine, créer des parcs et sauver des animaux. L'intention est louable, la méthode et ses conséquences seront plus discutables. Populations malmenées, une dizaine de millions d'hommes, de femmes, de paysans déplacés. Des villages entiers rasés de la carte. Pour mettre cela en exergue, l'idée de raconter tout cela à travers le prisme de 4 personnages est une bonne idée. Le narrateur essaye de résoudre un meurtre et remonte les pistes de ces 4 personnes. Cela donne au récit un format d'enquête interessant. Au fil des chapitres et des retours dans le temps, on découvre les liens entre les personnages, et surtout comment les actes des premiers auront des conséquences sur les autres (et donc sur le sujet de fond). Sauf que c'est un peu compliqué à suivre. Les enjeux politiques notamment, qui est avec qui, qui magouille quoi dans le dos de qui d'autres, pour quel intérêt. Sans compter les doubles jeux. On saisit en toile de fond la catastrophe humanitaire sous jacente, mais il y a quelques connexions pas toujours limpides qui empêchent d'en saisir pleinement les détails. Le dessin est nerveux et dynamique, mais ce style ne fait pas la part belle aux paysages africains. La palette de couleur est un peu monotone. Cela manque par moment de lisibilité, et ne permet pas toujours de discerner avec certitude tous les protagonistes sur certaines scènes. Il y a un sujet de fond interessant, globalement peu connu du grand public. Il y a une idée narrative interessante. Cela donne envie... mais l'impression que l'essai n'est pas totalement transformé reste un peu en tête une fois l'album refermé.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Skating Wilder
Skating Wilder

Avec Skating Wilder, Aj Dungo (déjà remarqué pour In Waves) s’associe à Brandon Dumais pour proposer un roman graphique à la fois personnel et documentaire sur la culture skate. L’ouvrage revient aux origines du skateboard, né dans les années 50 sur la côte ouest américaine, lorsque les surfeurs privés de vagues ont commencé à “surfer” le bitume. Mais loin d’être un simple récit historique, la BD s’appuie sur le vécu des auteurs, notamment le parcours d’un ami marqué par un déménagement, pour donner une dimension intime à cette exploration. Le skate devient alors plus qu’un sport : un refuge, un langage, une identité. Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre mémoire personnelle et fresque culturelle. On passe des “sidewalk surfers” aux figures emblématiques comme Tony Hawk, avec une fluidité qui rend la lecture aussi instructive que captivante. Graphiquement, Aj Dungo propose un style différent de In Waves : plus rond, plus urbain, presque influencé par une esthétique hip-hop. Le choix de deux couleurs dominantes : orange pour le passé, violet pour le présent, renforce l’aspect nostalgique et donne une vraie identité visuelle à l’ensemble. C’est simple, lisible, mais surtout très dynamique. Si l’émotion est moins intense que dans In Waves, Skating Wilder séduit par son authenticité et sa capacité à transmettre l’âme du skate : la liberté, les chutes, les rencontres, et cette culture née de la rue.

22/03/2026 (modifier)