Les derniers avis (61 avis)

Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Héritage fossile
L'Héritage fossile

Je rejoins l'enthousiasme général concernant cet album, que je n'aurais sans doute pas lu sans les critiques ici... et si je n'avais pas déjà lu et beaucoup aimé "Jean-doux et le mystère de la disquette molle" du même auteur. Changement radical d'ambiance et de style ici. Exit le genre loufoque de Jean-Doux, on embarque dans un récit de SF pur, à la découverte d'une planète à l'autre bout du système solaire. L'humanité doit la coloniser pour assurer la survie de notre espèce. Ca ressemble à un pitch déjà lu pas mal de fois, et ce n'est pas forcément le type de récit qui m'attire de prime abord. Pourtant ça fonctionne hyper bien ici et on se prend vraiment à l'histoire. La narration est sacrément bien fichue. C'est pas dense en dialogue, on suit un homme et une petite fille qui déambulent sur cette planète. On ne sait pas trop ce qu'ils recherchent, la petite fille est curieuse et questionne l'homme sur ses origines. Il est plutôt avare en réponse et cela entretien un vent de mystère plutôt agréable. En alternance avec ces passages, on a droit a un autre arc narratif qui raconte le voyage spatial des 4 colons originaux. Evidement le voyage ne va pas se passer comme prévu. L'auteur a su me séduire avec son idée de fossilisation à travers le temps. Les situations qui en découlent et les questions éthiques que doivent se poser nos astronautes pour assurer, non pas leur propre survie, mais celle de l'espèce humaine sont saisissantes. La tension va crescendo, et l'envie de connaitre le dénouement ne fait qu'augmenter avec les pages qui défilent. Evidement les 2 histoires se rejoignent vers la fin. Et de quelle manière ! La aussi j'ai trouvé ça hyper malin, hyper efficace. Que dire des dernières pages ? Brutales, elles offrent un final majestueux à ce récit. Un sans faute, lecture vivement recommandée.

10/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Sous Terre
Sous Terre

Apprendre en s'amusant dans une histoire atypique : chouette ! Si je chipotais : le vrai dieu Hadès ne se comporterait pas si mal, il ne passe pas, lui, son temps à enlever, violer et s'amuser des mortels d'une façon ou d'une autre, un des dieux les plus juste qui soit, mais passons. On apprend les mécanismes du vivant, donc, et que le dieu soit désagréable fait passer sur la question de mais comment nourrir les masses humaines sans polluer ? Un indifférent aux humains s'en moque bien, à l'instar de bien des écolos se moquant totalement du sort des peuples premiers qu'on ne met en avant que pour défendre des milieux soi-disant sauvages, sans humains… dont ils expulsent les habitants immémoriaux pour faire des réserves naturelles : https://www.survivalinternational.fr/sur/refugies-de-la-conservation https://www.courrierinternational.com/article/2007/02/22/les-tribus-victimes-de-l-ecologie Les écolos sacralisant la nature sont comme les multinationales qu'ils critiquent ? Non, ils les battent à plate couture en hypocrisie, et en plus, ils ont moins de contre-pouvoir que ces dernières donc une bien plus grande marge d'abus qu'elles. Un nouveau problème documenté par des livres d'enquête et replacés dans le contexte de la vision occidentale de la nature. Bref, mais ne faisons pas ce procès à une bd bien innocente, en comparaison ! Elle ne se mêle pas de politique, elle instruit et fait réfléchir avec un dessin que je trouve adapté à défaut d'être beau. Et le dynamisme de l'action ! Et le retournement final ! Bravo.

10/01/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série French Theory
French Theory

En bref, il n’y a pas de hors texte. - Ce tome constitue un exposé sur la French Theory et son histoire. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par François Cusset & Thomas Daquin pour le scénario, et par Daquin pour les dessins et les couleurs. Il comprend deux-cent-dix pages de bande dessinée. Il se termine avec un paragraphe de quelques lignes précisant que : Cette bande dessinée en forme d’essai graphique n’est pas une adaptation illustrée du livre intitulé French Theory, Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux États-Unis, mais plutôt une double tentative, voir si le dessin pourrait rendre plus accessibles et plus utilisables les concepts de philosophes pas toujours faciles, et voir si ces concepts et leur histoire mouvementée, au moment où ils sont attaqués de toutes parts, pourraient aider à résister aux Fascismes qui montent. Le 6 janvier 2021, à Washington, des supporters fanatisés de Donald Trump envahissent le Capitole sous les yeux du monde entier, interloqué. Un an plus tard, alors que s’accumulent les menaces sur la démocratie, et que le monde se remet lentement de la pandémie de Covid, un colloque a lieu à la Sorbonne, sous le titre : Après la déconstruction, reconstruire les sciences et la culture. Le ministre de l’Éducation nationale intervient déclarant que d’une certaine façon, ce sont eux qui ont inoculé le virus, avec ce qu’on appelle la French Theory. Maintenant ils doivent fournir le vaccin. Un virus, un vaccin ? Ce même Jean-Michel Blanquer a en 2021, créé son laboratoire républicain afin de gagner la bataille des idées. Mais ici, les laborantins ne sont pas chimistes : ils sont députés, éditorialistes, hauts fonctionnaires, professeurs, politologues, bref… de bons soldats de la République. Cela dit, quel rapport entre cette chaîne de réactions anti-woke dans la France des années 2020, et des philosophes à la réputation subversive, et aux textes chargés, de la fin du XXe siècle ? Entre des vieux bouquins de philo et une menace imminente pour la civilisation ? C’est l’infection du monde américain depuis un demi-siècle par un principe actif, synthétisé sur place, et baptisé : French Theory. 1777, le marquis de La Fayette vient apporter de l’aide pendant la guerre d’indépendance. 1917… 1945… Par deux fois, les soldats américains débarquent pour sauver le monde libre. Dans l’entre-deux guerre, les artistes noirs américains trouvent en France une liberté qu’ils n’ont pas chez eux. En 1944, les esprits libres de l’Hexagone fuient la France occupée pour se réfugier aux USA. La France de l’après-guerre se passionne pour le rock’n’roll et Hollywood. Et la tournée américaine de Sartre et Beauvoir donne envie à New York de ressembler à Saint-Germain-des-Prés. L’élite culturelle consomme français, les Américains fantasment une France subversive, exotique… sans se rendre compte de l’ampleur de son américanisation. La France, elle, a le sentiment que les États-Unis pèsent un peu trop sur sa façon de vivre, d’où un anti-américanisme tenace… Le genre de malentendu qui fait les meilleures histoires. La French Theory, qu’est-ce donc ? Hé bien c’est l’objet de cet ouvrage, et il suit ce concept depuis sa naissance aux États-Unis, jusqu’à son retour en France, en passant par l’explication des cinq principes majeurs (les cinq fantastiques), les usages qu’en ont fait les Américains, son acceptation ou son rejet par certaines communautés, des amis ou des ennemis. Rapidement, le lecteur se rend compte que nul n’est besoin de disposer de connaissances préalables pour pouvoir suivre cet exposé, que ce soit dans sa dimension historique ou dans sa dimension philosophique. L’ouvrage est dense en informations, et en même temps très agréable à lire grâce à la narration visuelle de type descriptive et réaliste, avec des représentations un peu simplifiées ce qui les rend plus rapides à lire, avec une belle inventivité dans les représentations pour imager les concepts. Les auteurs présentent rapidement les cinq philosophes dont les écrits ont constitué les fondations de la French Theory : Michel Foucault (1926-1984, Surveiller et punir), Jacques Derrida (1930-2004, La différance), Gilles Deleuze (1925-1995, La machine désirante), Félix Guattari (1930-1992, La ligne imaginaire), Jean Baudrillard (1929-2007, Simulacres et simulation). Puis ils consacrent un chapitre à leur concept majeur, ou tout du moins celui qui a été retenu par les Américains et mis en œuvre. En fonction de ses inclinations, le lecteur attend peut-être plus un chapitre ou un autre. Les auteurs effectuent un travail remarquable, chronologique, depuis la genèse du mouvement de la French Theory aux États-Unis, jusqu’à son retour en France, en évoquant le devenir des cinq philosophes. Il lit donc l’introduction avec la déclaration de Jean-Michel Blanquer, avec en onze pages, déjà de nombreuses idées visuelles pour donner à voir des choses très concrètes comme l’intervention du ministre de l’Éducation nationale, et des concepts comme les relations culturelles entre les États-Unis et la France (deux dessins en double page opposant les deux pays de part et d’autre de l’océan Atlantique), et six moments de leur histoire commune, avec trois cases de la hauteur de la planche sur deux pages en vis-à-vis. Puis, ne reculant devant aucun défi, les deux auteurs se lancent dans l’exposition des cinq concepts fondamentaux de la French Theory un par philosophe. Et là… C’est un tour de force. Dans ce chapitre intitulé Les cinq fantastiques, les auteurs mettent en scène des avatars humanoïdes de chacun de ces cinq concepts : Norma la norme, Dezmak la machine désirante, Sim le simulacre, La déconstruction, L.O.F. la ligne imaginaire (Line Of Flight). Dans un grand camping-car, deux chimistes en tenue intégrale avec masque mélangent des produits pour créer une nouvelle personnification (toute ressemblance avec une série télé…). Première allégorie créée : Norma, un homme aux larges épaules, dans un costume vert rayé de jaune, les rayures faisant office de barreaux de prison pour une petite silhouette blanche. Le dessinateur met à profit les possibilités de la bande dessinée pour réaliser des constructions de page et des conceptions visuelles de séquence complétant ce que l’incarnation de la Norme exprime : barreaux tordus devenant les rayures du costume de Norma, personnage représenté en triple se rasant lui-même la tête et se tendant un miroir, cases de petite hauteur pour montrer un personnage enfermé dans un petit espace, bordures de case formant la silhouette d’un personnage, jeu de Norma avec le petit personnage comme s’il s’agissait d’une poupée, panoptique (architecture carcérale conçue par le philosophe Jeremy Bentham, 1848-1832, et repris par Foucault pour en faire le modèle abstrait d’une société disciplinaire), etc. L’artiste se montre encore plus inventif pour Dezmak avec des mises en page à base de robot, de machineries, de tapis roulants et engrenages, d’écrans de contrôle, etc. Ce chapitre constitue une réussite exemplaire, un tour de force pour vulgariser la concepts complexes de ces philosophes français emblématiques. Les auteurs exposent ensuite ce qu’il est advenu de ces théories. Dans un passage tout aussi éclairant, rendu évident par la narration visuelle, ils expliquent que : D’habitude, un philosophe produit du texte, ses concepts restent circonscrits aux textes, et leurs effets sont des effets de texte. Avec une image très parlante (un individu prend une page d’un des ouvrages évoqués, la roule et la fume), ils continuent : En France, il y a eu des commentateurs, mais aux USA on est passé aux usagers (ce dernier mot filant la métaphore de la substance psychotrope), les pages sont sorties de leur contexte (évoquant le principe qu’il n’y a pas de hors texte). Le lecteur découvre alors, ou retrouve, comment d’autres penseurs ont mis à profit ces concepts novateurs pour développer ou étayer leurs propres points de vue. Il voit leur influence dans les travaux de Edward Saïd (1935-2003, L’orientalisme : l’orient créé par l’occident, 1978), Homi Bhabha (1949-, Le pays de l’exilé, c’est la dissémi-nation, pour exister il doit inventer un tiers-espace d’énonciation.), Gayatri Chakravorty Spivak (1942-, études postcoloniales et féministes, traductrice de Jacques Derrida), Judith Butler (1956-), Eve Kosofsky Sedgwick (1950-2009), Fredric Jameson (1934-2024), Stanley Fish (1938-)… jusqu’à Matrix (1999) des sœurs Wachowski. Le dessinateur participe à établir ces filiations, en intégrant des échos visuels des cinq fantastiques dans la narration, qui passe d’un mode descriptif à un mode allégorique, intriqués dans une même séquence. Par exemple : impossible d’oublier l’évidence visuelle du portail de Jurassic Park, comme une preuve patente que la culture postmoderne constitue une publicité permanente pour le capitalisme, selon Fredric Jameson. Ce voyage extraordinaire, aussi bien historique, que pédagogique qu’initiatique, continue avec la même faconde pour mettre en lumière comment cet agglomérat de concepts a généré une réaction de rejet (Backlash) débutant dans les années 1970. La French Theory devient le bouc émissaire de la complexification du monde, de la relativisation des valeurs, de la distinction brouillée entre le bien et le mal, et même de la crise de la civilisation occidentale qui n’est plus le centre du monde. Le dessinateur et adaptateur continue de mettre à profit des rapprochements et des métaphores visuels, les images montrant avec toute leur force de conviction les liens existant entre les idées et les visuels créés par des communicants se les appropriant pour mieux les instrumentaliser (comme Jacques Chirac sautant par-dessus le tourniquet du métro). L’exposé se clôt par une séquence : Que sont-ils devenus ? Qu’est-il advenu de ces penseurs français ? À défaut d’être prophètes en leur pays, la France a-t-elle reconnu leur impact concret dans la pensée mondiale, et rendu justice à leurs accomplissements ? En découvrant cet ouvrage, le lecteur peut éprouver quelques doutes sur la capacité des auteurs à exposer un sujet aussi complexe. Il comprend que leur intention dépasse l’adaptation de l’ouvrage du coscénariste, et fait preuve d’ambition en termes de vulgarisation. Le dessinateur fait preuve d’une inventivité épatante pour donner à voir les concepts, les liens, sans négliger la reconstitution historique, transformant une thèse en une expérience visuelle constituant une véritable bande dessinée. Le duo d’auteurs atteint un niveau exemplaire sur le plan de la vulgarisation, y compris des concepts les plus ardus, et réalise une mise en perspective historique formidable. Parfait.

10/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Superman – La Chute de Camelot
Superman – La Chute de Camelot

2.5 Cet album qui regroupe des épisodes de Superman a attiré mon attention parce qu'il y avait le nom de Kurt Busiek sur la couverture. C'est un scénariste qui a écrit plusieurs histoires que j'aime bien, mais aussi d'autres que j'aime moins. En tout cas, c'est un auteur dont j'ai bien envie de lire le plus d'œuvres possibles. Cet album fait parti des œuvres les moins convaincants que j'ai lu de lui, mais je m'en doutais un peu vu que c'est du comics de super-héros mainstream chez un gros éditeur qui a un cahier de charge et c'est pas une série personnelle chez un plus petit éditeur. C'est du comics de plus divertissement ce qui n'est pas un mal en soit, mais le scénario est trop banal si comme moi on a bouffés des centaines d'histoires de super-héros de DC ou Marvel. Alors Superman sauve le monde comme d'habitude et soudainement un nouveau personnage mystérieux débarque et explique que Superman et les super-héros sont néfastes pour les humains parce qu'il peut voir l'avenir et il prédit un futur apocalyptique en parti causé par les super-héros. S'en suit donc Superman qui va pour faire pour que ce futur n'arrive pas. Le récit est cousu de fil blanc. Par exemple, Superman va finir par faire un discours optimiste et affronter le magicien-prophète fataliste et tout ce que ses deux personnages disent est prévisible et la fin l'est également. Le scénario est de Busiek alors il y a quand même de bons dialogues et de bonnes idées (j'aime bien comment il utilise le Farceur), mais ça ne dépasse jamais le stade du correct sans plus. En plus, l'album souffre du problème récurrent lorsqu'on ne sélectionne qu'une poigné de numéros: il y a des intrigues qui semblent disparaitre parce que leurs conclusions a été traité dans un numéro pas collecté dans l'album (non parce qu'il arrive quoi avec l'Intergang ?). Quant au dessin, c'est le style que l'on trouvait dans les comics de l'époque. C'est pas ce que j'aime, mais ça fait le job. Le seul vrai reproche que j'ai est que le dessinateur aime bien dessiner les femmes sexy....mais elles ne sont pas du tout sexy à moins d'aimer les gros seins format ballon de plages.

10/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Mimésia
Mimésia

Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)… Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit. En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture). Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.

09/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Élixir de Dieu
L'Élixir de Dieu

Un récit on ne peut plus classique mais qui parvient tout de même à être entraînant. L'histoire est celle d'un couvent dont le terrain va bientôt se faire racheter pour construire une usine et qui se retrouve, par la force des choses, à devoir gérer une distillerie clandestine et collaborer avec des gangs mafieux pour pouvoir s'en sortir. Il y a peu de choses à dire sur le diptyque (car encore une fois mine de rien très classique et que je ne voudrais pas me retrouver à tout vous dévoiler) mais le récit reste intéressant. Le cadre trouble du récit, en plein cœur des guerres mafieuses, de la prohibition et des agissements du klan, est idéal pour ce récit qui brille surtout par son rythme vif et son petit côté "explosif" (tout s'enchaîne, se croise et se percute assez rapidement ; en tout cas cela m'emporte dans le récit). Les personnages sont simples mais attachants, on finit par connaître chacune des bonnes sœurs au sein de ce couvent - alors même qu'elles ne possèdent parfois qu'un simple trait de caractère - et le véritable sentiment d'entraide et de protection qui anime cette sororité parvient à rendre le tout assez touchant. Bon, encore une fois, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais sans être révolutionnaire la lecture est on ne peut plus agréable, et si je regrette certains petits détails de rien du tout comme le fait que les "traits d'ombrages" sur les visages lorsque les personnages sont choqués m'ont semblé détonner avec le dessin et le travail des expressions (que je trouvais pourtant efficace) je n'en reste pas moins satisfaite une fois le dernier album refermé. Je n'aurais presque pas dit non à une suite.

09/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Salade César
Salade César

César est un couillon au mental d'enfant de dix ans, et Brutus n'en peut plus de ses conneries. C'est décidé, il va mettre en place un complot pour l'assassiner, pour le bien de Rome. Sauf que ses complices sont tous aussi couillons. Je découvre le duo Karibou et Duparcmeur avec cet album, et il donne très envie de lire leurs autres productions. Humour absurde et percutant, élégance du dessin et efficacité de la mise en scène se combinent ici pour un résultat qui m'a fait éclater de rire à de nombreuses reprises. Graphiquement, on est sur un dessin réaliste, volontairement figé et minimaliste, en bichromie bleutée, utilisant régulièrement l'itération iconique. Les décors sont souvent vides, mais les personnages sont très soignés et très réussis, et leurs airs impassibles accentuent le côté pince-sans-rire de l'humour. Cela rappelle clairement les BD de Fabcaro, et ce choix fonctionne bien ici : le dessin s'efface au profit du texte et renforce même l'absurdité des dialogues par son extrême neutralité. La lecture est fluide, les personnages immédiatement identifiables, et la mise en scène reste claire malgré la simplicité du dispositif. L'humour repose essentiellement sur l'absurde, les anachronismes et les dialogues. César est constamment en décalage avec les situations, et c'est souvent dans ce contraste que les gags fonctionnent le mieux. J'ai apprécié que l'humour ne repose pas uniquement sur la chute finale, mais aussi sur le déroulement même des scènes et des échanges, avec des situations qui dégénèrent progressivement. Les running gags sont présents mais restent globalement maîtrisés, sans jamais devenir trop lourds. Tout n'est pas parfaitement équilibré pour autant. La volonté de relier tous ces gags afin d'en faire une histoire continue entraîne quelques baisses de rythme, surtout sur la fin, où l'assassinat s'étire un peu trop. J'ai beaucoup ri sur certains gags et situations, simplement souri sur d'autres, et quelques pages tombent légèrement à plat, mais l'ensemble demeure globalement très réussi. Si l'on aime l'humour absurde, le contraste entre des personnages très sérieux et des situations loufoques, ainsi qu'une relecture anachronique de l'Histoire, c'est clairement une lecture recommandable.

09/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Homo Politicus
Homo Politicus

Un ministre véreux et déconnecté du réel est contraint de démissionner pour une bête histoire de notes de frais un peu trop conséquentes. Le voilà obligé de pointer à Pôle emploi et de s'abaisser au niveau de la plèbe. Cette BD prend la forme de petits albums souples proposant des gags en quatre cases qui s'articulent, par leur succession, comme une histoire complète à chaque tome. Le premier est une satire du politicien lui-même : le magouilleur imbu de sa personne, vivant aux frais de la Nation, incapable de faire autre chose que se faire mousser et profiter du système, très au-dessus d'un monde réel avec lequel il n'entretient plus aucun lien. Les figures politiques ayant inspiré ce fameux Henri-Xavier de Lapègre sont nombreuses, mais à la lecture de son portrait, on imagine volontiers un cocktail entre Patrick Balkany et François Fillon, notamment à travers le personnage de son épouse vivant d'un emploi fictif gracieusement offert par son mari. Le second tome se recentre davantage sur une satire de la politique elle-même, tandis que notre politicien déchu est catapulté dans un petit village de province où il doit briguer un mandat. Cette fois, plus que l'homme, c'est surtout le système électoral, fait de poignées de mains, de meetings et de fausses promesses, qui est tourné en dérision. Le graphisme, proche du dessin de presse, va à l'essentiel, dans un style certes peu mémorable mais efficace et correctement mis en scène. Dans l'ensemble, la satire est plaisante et le contraste entre les illusions perdues de ce politicien au caractère bien trempé et la réalité du terrain prête souvent à sourire, voire à rire. Toutefois, au-delà du caractère très convenu de nombreuses idées, caricature oblige, plusieurs gags se révèlent aussi assez répétitifs, ce qui peut finir par lasser sur des albums dépassant les 90 pages. J'ai lu ces volumes comme une moquerie gentiment amusante, avec quelques idées qui font mouche, mais aussi d'autres qui tombent à plat et surprennent peu.

09/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Les Yeux doux
Les Yeux doux

Un récit d'anticipation et dystopique. Derrière "Les yeux doux" des pin-ups placardées un peu partout en ville, se cachent des caméras qui observent la population. Dans ce futur indéterminé, certains luttent pour faire tomber le système en place qui ne laisse aucune once de liberté. J'ai aimé la narration dynamique avec ces petits chapitres où des citations servent d'introduction. J'ai aimé la touche d'humour qui accompagne le récit. J'ai aimé les personnalités des protagonistes qui les rendent attachants. J'ai aimé la dénonciation du pouvoir en place qui fait écho à nos sociétés (produire, consommer, contrôler). J'ai aimé, en tant que petit-fils de mineur, la représentation de la salle des pendus. J'ai moins aimé la conclusion, elle est trop simpliste et expéditive avec ce goût de guimauve. J'ai moins aimé le fait de ne pas tout comprendre : l'invisibilité de certains personnages me laisse perplexe. J'ai aimé le dessin de Michel Colline, il a du cachet. La représentation urbaine dans un style rétro futuriste est superbe. Les bouilles des personnages ne sont pas en reste, elles sont un peu déformées/caricaturées pour refléter leur personnalité. J'ai aimé la colorisation sombre de Cyril Saint-Blancat, elle donne une atmosphère inquiétante. Une lecture sympathique.

09/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Un père
Un père

Jean-Louis Tripp continue son autobiographie en s'attaquant cette fois-ci à son père et la relation souvent compliquée qu'il a eue avec lui. Le père de Tripp ressemble à de nombreux parents : il y a de bons côtés et l'auteur garde de bons souvenirs, mais il pouvait aussi être un père de mauvaise foi qui n'avait pas le temps de bien élever ses enfants (les parents de Tripp l'ont d'ailleurs eu lorsqu'ils étaient trop jeunes et qui ne savaient pas trop quoi faire avec un bébé) et surtout il a fait partie de ces trop nombreuses générations d'hommes qui ont grandi avec l'idée qu'on doit tout garder en soi-même au lieu de chercher de l'aide. Tripp est honnête et n'a pas peur de se représenter de manière parfois détestable devant les lecteurs. Il était un enfant turbulent qui aimait bien embêter son petit frère. Au travers la figure de se père à la fois présent et absent, on voit aussi un peu l'histoire familiale de Tripp. Ses parents s'engueulent tout le temps et vont finir par divorcer et à cause de leur comportement le petit Tripp vivra une expérience traumatisante lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Un des moments les plus passionnants de l'album est la conversation entre l'auteur et sa vieille mère qui admet qu'elle et son mari n'étaient pas prêts pour avoir un enfant lorsqu'ils l'ont eu. C'est vraiment un album passionnant qui se lit facilement malgré le nombre de pages. Le dessin de Tripp est toujours agréable et il recrée bien une France qui n'existe plus.

09/01/2026 (modifier)