In the land of leadale est un isekai, un de ces mangas de plus en plus nombreux où le héros se retrouve réincarné dans un monde parallèle où il va pouvoir commencer une nouvelle vie. Ici, l'héroïne était une grande joueuse d'un jeu vidéo MMORPG du type World of Warcraft mais en réalité virtuelle, clouée dans un lit d'hopital suite à un tragique accident. Jusqu'au jour où, peut-être suite à sa mort dans la vie réelle, elle se réveille pour de bon dans l'univers du jeu, mais 200 ans après l'époque où elle y jouait. Elle a néanmoins conservé son très haut niveau de puissance, ses inombrables artefacts et même la tour gigantesque qu'elle s'y était bâtie. Mais elle ne comprend pas ce qu'elle fait là, pourquoi 200 ans ont passé, et elle ne sait pas si d'autres joueurs sont présents dans le jeu, au-delà des habitants PNJ.
C'est un manga de bonne facture, avec un beau dessin certes classique dans le style mais très maîtrisé.
La trame de l'intrigue est également classique pour qui a lu plusieurs isekai auparavant, mais elle se distingue par quelques aspects.
Pour commencer le fait que l'héroïne connaisse très bien l'univers dans lequel elle débarque même s'il lui manque deux siècles d'historique sur les changements qui ont pu s'y dérouler. Son niveau de puissance et de magie est tel qu'elle survole les dangers et peut faire un peu ce qu'elle veut même si elle préfère rester discrète sur sa véritable nature et ses pouvoirs, notamment pour maintenir une bonne réputation auprès de la population.
Ensuite il y a ce double mystère. D'abord sur la raison qui l'a amenée à être ainsi réincarnée dans ce jeu et savoir si elle est réellement morte dans la vraie vie ou pas. Ensuite sur ce qu'il s'est passé dans ce monde virtuel en deux siècles, ce que sont devenus les PNJ dont elle était proche à l'époque, et surtout sur la présence ou non d'autres humains avec elle.
Et enfin, il s'agit pour l'héroïne de savoir ce qu'elle va bien faire de sa nouvelle vie. Car pour ce qui est de l'entame du récit, elle est déjà au sommet de sa puissance dès le départ donc elle se retrouve plutôt dans une sorte de grand bac à sable où elle pourrait faire ce qu'elle veut, comme par exemple se contenter de développer le petit village où elle a atterri mais où heureusement elle ne restera que le temps d'un seul album.
Aussi plaisante que soit la mise en place de cette série, elle présente tout de même le défaut de ne pas avoir de véritable intrigue globale. L'héroïne se contente d'évoluer dans ce monde qu'elle connaissait mais qui a tellement changé, et de découvrir la nouvelle situation, sans pour autant que d'éventuels antagonistes ou une vraie quête n'apparaissent. En fait d'Isekai, on se retrouve parfois davantage dans le genre Iyashikei, ce sous-genre de manga tranche de vie, représentant des personnages vivant des vies paisibles dans des environnements apaisants. Ce qui fait qu'au fil des tomes, la série... devient un peu ennuyeuse à mon goût.
En attendant c'est une lecture légère et divertissante, ce type d'histoire qu'on se raconte et où le héros est tout puissant mais garde cela discrètement pour lui en se contentant d'aider ceux qui l'entourent et d'évoluer dans un monde qui lui plait. A lire pour le plaisir, mais ça aurait été mieux si une véritable intrigue de fond avait fini par se mettre en place.
Après la déception Manara et son Rendez-vous fatal, voilà un bien bel ouvrage que ce "Sous le Paradis" de Gabriele Di Caro
12 petites histoires de 2-5 pages, aux scénarios différents mais ayant en commun de mettre en scène de belles jeunes femmes, permettent une approche "voyeuriste" assez intéressante.
Contrairement à l'oeuvre précédemment citée de Manara, ici la femme semble respectée et tout est fait pour son plaisir. Cela change et se révèle bien plus agréable à lire.
De même si on est bien dans un style pornographique, je n'ai pas ressenti la même "brutalité" que dans Chambre 121 d'Igor. Là encore je pense que le fait d'être confronté aux plaisirs, solitaires ou non, des dames y est pour beaucoup.
Graphiquement il n'y a rien à redire aux dessins très suggestifs, voire appétissants, si vous me permettez mesdames, de Di Caro. C'est simple et beau.
Au final Sous le Paradis aura parfaitement rempli son rôle et je tiens enfin mon ouvrage référence du genre.
Hâte de voir comment Di Caro s'en sort avec un scénario plus fourni dans Les Arcanes de la Maison Fleury.
J’ai beaucoup aimé ce recueil collectif, qui regroupe des auteurs-trices Iranien-ne-s et des grosses pointures de la BD franco-belge (Rabaté, Roca, Sfar, Trondheim, Wild, Winshluss).
Ce genre d’exercice a ses défauts – les histoires sont assez courtes et manquent forcément de profondeur, et il y a quelque redites – mais l’album a su retenir mon attention sur ses 260 pages, un gage de qualité selon moi. Il faut dire que le contenu est intéressant, et que les femmes au cœur des récits forcent le respect, par leur courage et leur combat. J’ai aussi beaucoup appris sur l’Iran et ses traditions, et apprécié les styles graphiques variés et (pour la plupart) maitrisés.
Un chouette album, que j’ai lu alors que les manifs s’amplifient dans ce pays pris en otage par ses dirigeants oligarques.
Au secours cet album a failli tuer mon cerveau !
Bon ok j'exagère un peu et je suis peut-être un peu méchant, mais voilà j'ai trouvé cet album complètement indigeste. J'ai arrêté ma lecture au cours du chapitre 2. J'avais encore 5 autres chapitres à lire, mais je me suis dit que j'avais d'autres choses à faire et de toute façon je ne pense pas que ma note aurait changé si j'avais tout lu au complet.
L'autrice brasse plusieurs thèmes et beaucoup trop à mon avis. On saute du coq à l'âne tout le temps, il y a plein d'anecdotes et au final j'ai dû lire le résumé trouvé sur internet pour bien comprendre ce que j'avais lu vu qu'il y avait tellement d'informations que je ne retenais pas grand chose (en gros, il y avait un astrologue populaire avec les stars, l'horoscope ça existe, la société nous oblige à être amusant et puis aussi le néo-libéralisme et le capitalisme font des trucs pas bien). Pour moi c'est vraiment ce qu'il y a de pire en documentaire BD. Il y a tellement de textes que sur certaines pages il y a juste des bulles de texte et le dessin lui-même est vraiment pas terrible et ne donne pas envie de lire une BD.
C'est dommage parce qu'en lisant le résumé je vois des sujets intéressants et je pense que je suis d'accord avec l'autrice. J'avais déjà lu un autre album d'elle qui était moins mauvais, mais déjà je trouvais que le dessin était tellement facultatif qu'elle aurait tout simplement pu écrire un livre et je pense que c'est encore plus le cas ici. Vive les BD documentaires, mais celles dont le dessin est au service de l'histoire et ne semble pas être là juste parce que certains imaginent qu'on va attirer plus de lecteurs avec un livre qui a des images.
Ce one-shot a attiré mon attention à cause de ses dimensions plus grandes qu'une bd normale. Puis en le feuilletant j'ai vu le dessin et j'aimais bien alors j'ai fini par l'emprunter.
Au vu de ma note, vous avez compris que je n'ai pas trop accroché. En effet, encore une fois j'ai bien aimé le graphisme d'une bande dessinée, mais je n'ai pas aimé le scénario. Côté dessin, c'est très bon avec une mise en scène dynamique et des belles planches. Côté scénario, les auteurs brassent tellement de thèmes qu'au final rien n'est vraiment approfondi. Mais il faut dire aussi que la plupart des thèmes abordés par les auteurs ne me passionnent pas trop. Les personnages ne sont pas attachants et rien de ce qui leurs arrivait a retenu mon attention.
Je suis passé totalement à côté de cet album qui n'était tout simplement pas fait pour moi.
J’ai adoré Shubeik Lubeik, et plus j’y pense, plus je me dis que c’est une œuvre vraiment à part. Au-delà de son concept génial autour des vœux vendus comme des produits de consommation, ce qui m’a profondément marqué, c’est la richesse culturelle et spirituelle du récit. Le fait que l’histoire se déroule en Égypte n’est pas anecdotique du tout : au contraire, c’est central et extrêmement bien exploité.
La place de la religion, et en particulier de l’islam, est traitée avec beaucoup de finesse. Ce n’est jamais caricatural, jamais moralisateur. La foi est montrée comme quelque chose de profondément intime, parfois rassurant, parfois source de doutes, parfois même de conflits intérieurs. Les personnages s’interrogent sur le destin, la volonté divine, la légitimité de vouloir changer leur vie par un vœu… et j’ai trouvé ces questionnements passionnants. Ça apporte une dimension philosophique et spirituelle très forte à l’histoire, qui distingue clairement Shubeik Lubeik d’autres œuvres fantastiques plus occidentales.
La culture égyptienne est omniprésente : dans les décors, les dialogues, les habitudes du quotidien, les références religieuses et sociales. Tout semble authentique et vivant. On sent que l’univers a été pensé avec énormément de soin, et ça rend le worldbuilding encore plus crédible. Les vœux ne sont pas juste un élément magique : ils s’insèrent dans une société déjà structurée par la foi, les classes sociales, les traditions et les inégalités.
J’ai aussi énormément apprécié la narration chorale. Chaque personnage entretient un rapport différent aux vœux, mais aussi à la religion et au sens de la vie. Certains espèrent une solution miracle, d’autres refusent presque l’idée même de formuler un vœu, par conviction ou par peur. Il n’y a jamais de jugement : simplement des trajectoires humaines, complexes, parfois douloureuses, toujours crédibles.
Visuellement, le dessin reste simple mais extrêmement expressif, au service des émotions et du propos. Rien n’est superflu. Et surtout, le fond du récit est d’une intelligence rare : Shubeik Lubeik parle de déterminisme social, de libre arbitre, de foi, de désir, de solitude et d’espoir, sans jamais donner de réponses faciles.
C’est une BD qui m’a profondément touché et qui m’a fait réfléchir longtemps après l’avoir refermée. Un univers original, une approche culturelle et religieuse passionnante, des personnages humains et nuancés : pour moi, c’est un immense coup de cœur, et un 5/5 totalement mérité !
C’est une étrange histoire que nous propose Ducoudray ! partant des conséquences de la politique de l’enfant unique (entre 1979 et 2015), il nous présente une vision de la Chine dans un futur proche (dans une cinquantaine d’année) assez noire – après avoir rapidement évoqué quelques chamboulements, crises et autres guerres ayant eu lieu dans l’intervalle.
En cette fin de XXIème siècle, un énorme déséquilibre entre sexes rend les femmes extrêmement rares et recherchées. Elles sont même devenues le principal « produit » trafiqué, vendu et exploité sous le manteau, avec en arrière-plan une dictature.
Le héros a vu sa petite sœur enlevée par des trafiquants, et il n’a depuis de cesse de la chercher, traversant mille épreuves – toutes plus glauques les unes que les autres. La chute est encore plus noire et ironique, Ducoudray nous proposant une vision noire de la nature humaine – et des femmes finalement aussi monstrueuses et froides que des hommes – ce qui est à la fois rassurant et inquiétant !
La narration est globalement fluide, même s’il y a clairement des sautes dans l’intensité, quelques longueurs (en particulier dans le passage dans le désert près de l’ancien chantier ferroviaire), et quelques facilités. Mais ça se laisse lire, sans que jamais on ne sorte d’une noirceur poisseuse – alors que le héros, prêt à tous les sacrifices pour retrouver sa sœur, semble être le seul à garder quelques sentiments « humains » dans le cloaque auquel ressemble la Chine dans cette dystopie.
Une histoire relativement originale, mais un peu monocorde, elle m’a un peu lassé avant la fin. Une fin qui ne donne pas foi en l’Homme (ou la femme…).
L’auteure raconte, au travers de l’expérience de son grand-père, l’exil vécu par beaucoup de Portugais.
Le récit est ici centré sur le voyage entre le Portugal et la France – ici en 1962. Les causes d’abord : fuir la misère, la dictature de Salazar et le Service militaire qui vous envoyait combattre dans les colonies africaines.
Et surtout ce voyage périlleux, qui vous fais franchir la frontière avec l’Espagne, éviter les militaires franquistes, guidé par une succession de passeurs, avec la mort qui plane au-dessus de vous en permanence.
Enfin l’arrivée, là où d’autres vous ont précédé, vous envoyant de France une vision idyllique de l’immigration, alors que les bidonvilles de la région parisienne seront votre seul horizon.
Le récit m’en a rappelé d’autres sur les dangers de ces migrations, le rôle des passeurs – qui semblent ici moins dangereux que sur d’autres continents. La fin m’a aussi rappelé ma récente lecture du documentaire Demain, demain, à propos des bidonvilles autour de Paris à cette époque.
Le titre reprend la consigne rappelée en permanence par les passeurs, ce « silence » nécessaire pour échapper à l’arrestation ou au tir des franquistes (qui visiblement n’hésitaient pas !).
La narration est fluide, mais manque sans doute un peu d’emphase, d’une certaine profondeur. Mais on ne peut que s’attacher à ces personnages – le grand-père de l’auteure en tête – et la volonté qui les animait, les sacrifices qu’ils ont dû endurer. Avec une fin ironique si on lit le petit dossier final, puisque quelques mois après ce « voyage », Espagnols et Français (pour des raisons différentes – qui n’ont hélas rien à voir avec la compassion) vont se montrer brusquement plus souples, facilitant ces migrations, dont la France des « Trente glorieuses » avait besoin.
Le dessin d’Adeline Casier (dont c’est apparemment le premier album) use d’un Noir et Blanc léger, avec des fonds parfois plus nerveux. C’est souvent minimaliste, mais ça va à l’essentiel et le rendu est plutôt agréable – comme la lecture de cet album en général.
J'ai énormément aimé cette BD, les dessins sont magnifiques et l’histoire est agréable, j'aime beaucoup la relire de temps en temps, j'aime énormément que ça parle de nature et que pourtant ce soit en noir et blanc jusqu'à là presque fin de l’œuvre.
Un triptyque plaisant, qui possède de réelles qualités.
L’intrigue se déroule dans des espaces qui peuvent être précisément circonscrits, géographiquement et chronologiquement : l’Angleterre et l’Europe (mais aussi les Amériques) de la fin du XVIIIème ou du début du XIXème siècles. Mais l’auteure – que je découvre avec cette série – s’écarte régulièrement de ces repères.
Ainsi certains noms de lieux ou de pays sont modifiés ou inventés, certaines réalités ne correspondent pas forcément à cette époque (voir la rencontre avec les Indiens Mandans, sur le « Cinquième continent », qu’on croirait avoir lieu un siècle plus tôt). Cela bascule souvent vers une sorte d’uchronie.
Vers du fantastique aussi (même si j’ai apprécié que cet aspect ne vampirise pas trop le récit, et qu’on n’abuse pas des « pouvoirs » accordés à certains personnages – c’est quand même un peu plus présent dans le troisième tome), avec ces monstres marins étonnants, inspirés de dinosaures ou d’animaux mythiques (sirènes dont la tête ressemblent à celle des cœlacanthes par exemple). Il y a un peu de La Fille maudite du capitaine pirate, même si c’est moins poétique et si le dessin s’en écarte beaucoup.
Le dessin justement. Un trait moderne, plutôt fluide et agréable, et une colorisation que j’ai trouvé réussie, et très en accord avec la tonalité du récit (un rendu « chaud » et un peu mystérieux).
Une lecture sympathique donc.
Note réelle 3,5/5.
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In the land of leadale
In the land of leadale est un isekai, un de ces mangas de plus en plus nombreux où le héros se retrouve réincarné dans un monde parallèle où il va pouvoir commencer une nouvelle vie. Ici, l'héroïne était une grande joueuse d'un jeu vidéo MMORPG du type World of Warcraft mais en réalité virtuelle, clouée dans un lit d'hopital suite à un tragique accident. Jusqu'au jour où, peut-être suite à sa mort dans la vie réelle, elle se réveille pour de bon dans l'univers du jeu, mais 200 ans après l'époque où elle y jouait. Elle a néanmoins conservé son très haut niveau de puissance, ses inombrables artefacts et même la tour gigantesque qu'elle s'y était bâtie. Mais elle ne comprend pas ce qu'elle fait là, pourquoi 200 ans ont passé, et elle ne sait pas si d'autres joueurs sont présents dans le jeu, au-delà des habitants PNJ. C'est un manga de bonne facture, avec un beau dessin certes classique dans le style mais très maîtrisé. La trame de l'intrigue est également classique pour qui a lu plusieurs isekai auparavant, mais elle se distingue par quelques aspects. Pour commencer le fait que l'héroïne connaisse très bien l'univers dans lequel elle débarque même s'il lui manque deux siècles d'historique sur les changements qui ont pu s'y dérouler. Son niveau de puissance et de magie est tel qu'elle survole les dangers et peut faire un peu ce qu'elle veut même si elle préfère rester discrète sur sa véritable nature et ses pouvoirs, notamment pour maintenir une bonne réputation auprès de la population. Ensuite il y a ce double mystère. D'abord sur la raison qui l'a amenée à être ainsi réincarnée dans ce jeu et savoir si elle est réellement morte dans la vraie vie ou pas. Ensuite sur ce qu'il s'est passé dans ce monde virtuel en deux siècles, ce que sont devenus les PNJ dont elle était proche à l'époque, et surtout sur la présence ou non d'autres humains avec elle. Et enfin, il s'agit pour l'héroïne de savoir ce qu'elle va bien faire de sa nouvelle vie. Car pour ce qui est de l'entame du récit, elle est déjà au sommet de sa puissance dès le départ donc elle se retrouve plutôt dans une sorte de grand bac à sable où elle pourrait faire ce qu'elle veut, comme par exemple se contenter de développer le petit village où elle a atterri mais où heureusement elle ne restera que le temps d'un seul album. Aussi plaisante que soit la mise en place de cette série, elle présente tout de même le défaut de ne pas avoir de véritable intrigue globale. L'héroïne se contente d'évoluer dans ce monde qu'elle connaissait mais qui a tellement changé, et de découvrir la nouvelle situation, sans pour autant que d'éventuels antagonistes ou une vraie quête n'apparaissent. En fait d'Isekai, on se retrouve parfois davantage dans le genre Iyashikei, ce sous-genre de manga tranche de vie, représentant des personnages vivant des vies paisibles dans des environnements apaisants. Ce qui fait qu'au fil des tomes, la série... devient un peu ennuyeuse à mon goût. En attendant c'est une lecture légère et divertissante, ce type d'histoire qu'on se raconte et où le héros est tout puissant mais garde cela discrètement pour lui en se contentant d'aider ceux qui l'entourent et d'évoluer dans un monde qui lui plait. A lire pour le plaisir, mais ça aurait été mieux si une véritable intrigue de fond avait fini par se mettre en place.
Sous le Paradis
Après la déception Manara et son Rendez-vous fatal, voilà un bien bel ouvrage que ce "Sous le Paradis" de Gabriele Di Caro 12 petites histoires de 2-5 pages, aux scénarios différents mais ayant en commun de mettre en scène de belles jeunes femmes, permettent une approche "voyeuriste" assez intéressante. Contrairement à l'oeuvre précédemment citée de Manara, ici la femme semble respectée et tout est fait pour son plaisir. Cela change et se révèle bien plus agréable à lire. De même si on est bien dans un style pornographique, je n'ai pas ressenti la même "brutalité" que dans Chambre 121 d'Igor. Là encore je pense que le fait d'être confronté aux plaisirs, solitaires ou non, des dames y est pour beaucoup. Graphiquement il n'y a rien à redire aux dessins très suggestifs, voire appétissants, si vous me permettez mesdames, de Di Caro. C'est simple et beau. Au final Sous le Paradis aura parfaitement rempli son rôle et je tiens enfin mon ouvrage référence du genre. Hâte de voir comment Di Caro s'en sort avec un scénario plus fourni dans Les Arcanes de la Maison Fleury.
Femme vie liberté
J’ai beaucoup aimé ce recueil collectif, qui regroupe des auteurs-trices Iranien-ne-s et des grosses pointures de la BD franco-belge (Rabaté, Roca, Sfar, Trondheim, Wild, Winshluss). Ce genre d’exercice a ses défauts – les histoires sont assez courtes et manquent forcément de profondeur, et il y a quelque redites – mais l’album a su retenir mon attention sur ses 260 pages, un gage de qualité selon moi. Il faut dire que le contenu est intéressant, et que les femmes au cœur des récits forcent le respect, par leur courage et leur combat. J’ai aussi beaucoup appris sur l’Iran et ses traditions, et apprécié les styles graphiques variés et (pour la plupart) maitrisés. Un chouette album, que j’ai lu alors que les manifs s’amplifient dans ce pays pris en otage par ses dirigeants oligarques.
La Pythie vous parle
Au secours cet album a failli tuer mon cerveau ! Bon ok j'exagère un peu et je suis peut-être un peu méchant, mais voilà j'ai trouvé cet album complètement indigeste. J'ai arrêté ma lecture au cours du chapitre 2. J'avais encore 5 autres chapitres à lire, mais je me suis dit que j'avais d'autres choses à faire et de toute façon je ne pense pas que ma note aurait changé si j'avais tout lu au complet. L'autrice brasse plusieurs thèmes et beaucoup trop à mon avis. On saute du coq à l'âne tout le temps, il y a plein d'anecdotes et au final j'ai dû lire le résumé trouvé sur internet pour bien comprendre ce que j'avais lu vu qu'il y avait tellement d'informations que je ne retenais pas grand chose (en gros, il y avait un astrologue populaire avec les stars, l'horoscope ça existe, la société nous oblige à être amusant et puis aussi le néo-libéralisme et le capitalisme font des trucs pas bien). Pour moi c'est vraiment ce qu'il y a de pire en documentaire BD. Il y a tellement de textes que sur certaines pages il y a juste des bulles de texte et le dessin lui-même est vraiment pas terrible et ne donne pas envie de lire une BD. C'est dommage parce qu'en lisant le résumé je vois des sujets intéressants et je pense que je suis d'accord avec l'autrice. J'avais déjà lu un autre album d'elle qui était moins mauvais, mais déjà je trouvais que le dessin était tellement facultatif qu'elle aurait tout simplement pu écrire un livre et je pense que c'est encore plus le cas ici. Vive les BD documentaires, mais celles dont le dessin est au service de l'histoire et ne semble pas être là juste parce que certains imaginent qu'on va attirer plus de lecteurs avec un livre qui a des images.
Vega
Ce one-shot a attiré mon attention à cause de ses dimensions plus grandes qu'une bd normale. Puis en le feuilletant j'ai vu le dessin et j'aimais bien alors j'ai fini par l'emprunter. Au vu de ma note, vous avez compris que je n'ai pas trop accroché. En effet, encore une fois j'ai bien aimé le graphisme d'une bande dessinée, mais je n'ai pas aimé le scénario. Côté dessin, c'est très bon avec une mise en scène dynamique et des belles planches. Côté scénario, les auteurs brassent tellement de thèmes qu'au final rien n'est vraiment approfondi. Mais il faut dire aussi que la plupart des thèmes abordés par les auteurs ne me passionnent pas trop. Les personnages ne sont pas attachants et rien de ce qui leurs arrivait a retenu mon attention. Je suis passé totalement à côté de cet album qui n'était tout simplement pas fait pour moi.
Shubeik Lubeik
J’ai adoré Shubeik Lubeik, et plus j’y pense, plus je me dis que c’est une œuvre vraiment à part. Au-delà de son concept génial autour des vœux vendus comme des produits de consommation, ce qui m’a profondément marqué, c’est la richesse culturelle et spirituelle du récit. Le fait que l’histoire se déroule en Égypte n’est pas anecdotique du tout : au contraire, c’est central et extrêmement bien exploité. La place de la religion, et en particulier de l’islam, est traitée avec beaucoup de finesse. Ce n’est jamais caricatural, jamais moralisateur. La foi est montrée comme quelque chose de profondément intime, parfois rassurant, parfois source de doutes, parfois même de conflits intérieurs. Les personnages s’interrogent sur le destin, la volonté divine, la légitimité de vouloir changer leur vie par un vœu… et j’ai trouvé ces questionnements passionnants. Ça apporte une dimension philosophique et spirituelle très forte à l’histoire, qui distingue clairement Shubeik Lubeik d’autres œuvres fantastiques plus occidentales. La culture égyptienne est omniprésente : dans les décors, les dialogues, les habitudes du quotidien, les références religieuses et sociales. Tout semble authentique et vivant. On sent que l’univers a été pensé avec énormément de soin, et ça rend le worldbuilding encore plus crédible. Les vœux ne sont pas juste un élément magique : ils s’insèrent dans une société déjà structurée par la foi, les classes sociales, les traditions et les inégalités. J’ai aussi énormément apprécié la narration chorale. Chaque personnage entretient un rapport différent aux vœux, mais aussi à la religion et au sens de la vie. Certains espèrent une solution miracle, d’autres refusent presque l’idée même de formuler un vœu, par conviction ou par peur. Il n’y a jamais de jugement : simplement des trajectoires humaines, complexes, parfois douloureuses, toujours crédibles. Visuellement, le dessin reste simple mais extrêmement expressif, au service des émotions et du propos. Rien n’est superflu. Et surtout, le fond du récit est d’une intelligence rare : Shubeik Lubeik parle de déterminisme social, de libre arbitre, de foi, de désir, de solitude et d’espoir, sans jamais donner de réponses faciles. C’est une BD qui m’a profondément touché et qui m’a fait réfléchir longtemps après l’avoir refermée. Un univers original, une approche culturelle et religieuse passionnante, des personnages humains et nuancés : pour moi, c’est un immense coup de cœur, et un 5/5 totalement mérité !
Chen - les Enfants perdus
C’est une étrange histoire que nous propose Ducoudray ! partant des conséquences de la politique de l’enfant unique (entre 1979 et 2015), il nous présente une vision de la Chine dans un futur proche (dans une cinquantaine d’année) assez noire – après avoir rapidement évoqué quelques chamboulements, crises et autres guerres ayant eu lieu dans l’intervalle. En cette fin de XXIème siècle, un énorme déséquilibre entre sexes rend les femmes extrêmement rares et recherchées. Elles sont même devenues le principal « produit » trafiqué, vendu et exploité sous le manteau, avec en arrière-plan une dictature. Le héros a vu sa petite sœur enlevée par des trafiquants, et il n’a depuis de cesse de la chercher, traversant mille épreuves – toutes plus glauques les unes que les autres. La chute est encore plus noire et ironique, Ducoudray nous proposant une vision noire de la nature humaine – et des femmes finalement aussi monstrueuses et froides que des hommes – ce qui est à la fois rassurant et inquiétant ! La narration est globalement fluide, même s’il y a clairement des sautes dans l’intensité, quelques longueurs (en particulier dans le passage dans le désert près de l’ancien chantier ferroviaire), et quelques facilités. Mais ça se laisse lire, sans que jamais on ne sorte d’une noirceur poisseuse – alors que le héros, prêt à tous les sacrifices pour retrouver sa sœur, semble être le seul à garder quelques sentiments « humains » dans le cloaque auquel ressemble la Chine dans cette dystopie. Une histoire relativement originale, mais un peu monocorde, elle m’a un peu lassé avant la fin. Une fin qui ne donne pas foi en l’Homme (ou la femme…).
Em Silêncio
L’auteure raconte, au travers de l’expérience de son grand-père, l’exil vécu par beaucoup de Portugais. Le récit est ici centré sur le voyage entre le Portugal et la France – ici en 1962. Les causes d’abord : fuir la misère, la dictature de Salazar et le Service militaire qui vous envoyait combattre dans les colonies africaines. Et surtout ce voyage périlleux, qui vous fais franchir la frontière avec l’Espagne, éviter les militaires franquistes, guidé par une succession de passeurs, avec la mort qui plane au-dessus de vous en permanence. Enfin l’arrivée, là où d’autres vous ont précédé, vous envoyant de France une vision idyllique de l’immigration, alors que les bidonvilles de la région parisienne seront votre seul horizon. Le récit m’en a rappelé d’autres sur les dangers de ces migrations, le rôle des passeurs – qui semblent ici moins dangereux que sur d’autres continents. La fin m’a aussi rappelé ma récente lecture du documentaire Demain, demain, à propos des bidonvilles autour de Paris à cette époque. Le titre reprend la consigne rappelée en permanence par les passeurs, ce « silence » nécessaire pour échapper à l’arrestation ou au tir des franquistes (qui visiblement n’hésitaient pas !). La narration est fluide, mais manque sans doute un peu d’emphase, d’une certaine profondeur. Mais on ne peut que s’attacher à ces personnages – le grand-père de l’auteure en tête – et la volonté qui les animait, les sacrifices qu’ils ont dû endurer. Avec une fin ironique si on lit le petit dossier final, puisque quelques mois après ce « voyage », Espagnols et Français (pour des raisons différentes – qui n’ont hélas rien à voir avec la compassion) vont se montrer brusquement plus souples, facilitant ces migrations, dont la France des « Trente glorieuses » avait besoin. Le dessin d’Adeline Casier (dont c’est apparemment le premier album) use d’un Noir et Blanc léger, avec des fonds parfois plus nerveux. C’est souvent minimaliste, mais ça va à l’essentiel et le rendu est plutôt agréable – comme la lecture de cet album en général.
Verts
J'ai énormément aimé cette BD, les dessins sont magnifiques et l’histoire est agréable, j'aime beaucoup la relire de temps en temps, j'aime énormément que ça parle de nature et que pourtant ce soit en noir et blanc jusqu'à là presque fin de l’œuvre.
La Fille des Cendres
Un triptyque plaisant, qui possède de réelles qualités. L’intrigue se déroule dans des espaces qui peuvent être précisément circonscrits, géographiquement et chronologiquement : l’Angleterre et l’Europe (mais aussi les Amériques) de la fin du XVIIIème ou du début du XIXème siècles. Mais l’auteure – que je découvre avec cette série – s’écarte régulièrement de ces repères. Ainsi certains noms de lieux ou de pays sont modifiés ou inventés, certaines réalités ne correspondent pas forcément à cette époque (voir la rencontre avec les Indiens Mandans, sur le « Cinquième continent », qu’on croirait avoir lieu un siècle plus tôt). Cela bascule souvent vers une sorte d’uchronie. Vers du fantastique aussi (même si j’ai apprécié que cet aspect ne vampirise pas trop le récit, et qu’on n’abuse pas des « pouvoirs » accordés à certains personnages – c’est quand même un peu plus présent dans le troisième tome), avec ces monstres marins étonnants, inspirés de dinosaures ou d’animaux mythiques (sirènes dont la tête ressemblent à celle des cœlacanthes par exemple). Il y a un peu de La Fille maudite du capitaine pirate, même si c’est moins poétique et si le dessin s’en écarte beaucoup. Le dessin justement. Un trait moderne, plutôt fluide et agréable, et une colorisation que j’ai trouvé réussie, et très en accord avec la tonalité du récit (un rendu « chaud » et un peu mystérieux). Une lecture sympathique donc. Note réelle 3,5/5.