Les derniers avis (25 avis)

Par Talum
Note: 4/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

«Aldébaran» est une histoire remarquable. Elle se lit d’une seule traite, maintient une tension agréable et, en la lisant, on ne sait jamais ce qui va se passer ni ce qui nous attend ensuite — une véritable science-fiction d’aventure. Je regrette sincèrement de ne pas l’avoir lue entre 17 et 23 ans, car on y ressent fortement cet esprit d’aventure et d’audace juvénile, si caractéristique de cet âge. Il est évident que Léo a été inspiré par Solaris de Stanis?aw Lem, et c’est une excellente chose, car c’est une œuvre majeure de la science-fiction. L’intrigue est captivante, avec des rebondissements intéressants et des événements inattendus qui ne semblent jamais forcés. Quant au dessin, on peut dire qu’il est particulier — vraiment particulier. Beaucoup pourraient le juger peu esthétique ou imparfait. Mais honnêtement, dès le milieu du premier tome, on est tellement absorbé par l’histoire que le style graphique passe largement au second plan. On cesse de prêter attention à certaines étrangetés, notamment dans les visages (certains sont effectivement un peu déroutants), et l’on se laisse simplement porter par le récit malgré ces petites imperfections. Les personnages sont très vivants, bien construits. On s’y attache facilement et il est passionnant de suivre leur parcours. À mes yeux, c’est un excellent exemple de science-fiction de qualité, une œuvre avec laquelle il vaut réellement la peine de se familiariser.

04/03/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Diana - Confidences d'une princesse rebelle
Diana - Confidences d'une princesse rebelle

C'est à croire que la bonté dérange. - Ce tome raconte une histoire complète de nature biographique, relatant l’histoire de la dernière interview donnée par Diana Spencer (1961-1997), dite Lady Di ou princesse Diana. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Sophie Couturier pour le scénario et par Sandrine Revel pour les dessins et les couleurs, à partir de l’interview réalisée par Annick Cojean. Cette dernière a écrit le texte de la préface, supputant sur les raisons pour lesquelles Diana a accepté de donner cette interview, évoquant les conséquences de sa parution quatre jours avant le décès de la princesse, et remerciant son amie scénariste, et la capacité de l’artiste à capter, d’un pinceau délicat, les regards, la démarche, les attitudes de Diana, et les siennes aussi, croit-elle. Il comprend cent-vingt pages de bande dessinée. Il se termine avec la reproduction de l’article d’Annick Cojean paru dans le quotidien Le Monde le mercredi vingt-sept août 1997. Une série d’été : Le métier de journaliste, contrairement à une certaine légende, interdit le cynisme. La matière sur laquelle on travaille est la plus délicate et la plus précieuse qui soit. Paris, en avril 1997, Annick Cojean est assise en tailleur à même le sol dans son appartement, en train de regarder des photographies étalées par terre, et son chat passe dessus. Elle le repousse doucement. Chaque année, le journal Le Monde publie une série d’été dans ses pages Horizons. Le journaliste investi de cette mission doit en livrer chaque jour un épisode palpitant. Mais pas avant d’avoir convaincu la direction de la rédaction du choix de son sujet. Annick se rend à la rédaction en scooter. Ce grand reporter au journal Le Monde arrive dans le bureau de Pierre Georges, chef des grands reporters et lui tend son sujet de série. Elle explique : douze photos mythiques témoins d’un grand événement. Elle a choisi douze photos de la mémoire collective, à faire parler. Elle continue : ces photographies la fascinent, elles ne cessent de la questionner. Et on les rassemble, elles forment comme un album, le grand album d’une famille éclatée aux quatre coins du monde. Celui d’une génération planétaire façonnée, ébranlée par les mêmes événements. Leur génération. Annick Cojean explique que ce qu’elle veut raconter dans cette série, c’est l’instant fixé par ces photos, son humanité. Ne pas interpréter, cesser de fantasmer, dévoiler l’histoire derrière chaque cliché, en pénétrer l’intime. Pour ça, elle doit rencontrer les personnages. Le chef apprécie : Gorbatchev, Lech Walesa, Rostropovitch, quel casting ! Elle présente la douzième personnalité de la série : Lady Di ! Son chef réagit brusquement : des personnalités historiquement irréprochables et une potiche digne d’un magazine people ! Elle défend son choix : Diana est devenue un symbole, celle d’une femme libre qui a osé braver la couronne. Et qui dit quelque chose de l’époque. Surtout depuis son divorce d’avec Charles. Une couverture qui annonce une bande dessinée sur Lady Di, avec en plus un sous-titre axé sur les confidences d’une princesse rebelle. Houlà ! Pas forcément la tasse de thé de tout le monde. Un joli dessin bien propre qui met en valeur son regard très bleu, et son beau chemisier, très fidèle à la réalité. Un début qui élargit le propos : la bande dessinée ne relève pas de la biographie, elle raconte la démarche de la grand reporter pour réaliser cette série de douze articles à partir de photographies célèbres, et en particulier l’interview de Diana. Ainsi, au fil de ce processus, le lecteur voit ces photographies mémorables avec le nom de la personne que rencontrera la journaliste : L’enfant symbole du Vietnam (1972) et Kim Phuc (l’enfant brûlé au napalm devenue mère de famille), La cène de Washington (13/09/1993) et une rencontre avec Yasser Arafat, La Marianne de mai 68 (1968) et Caroline de Bendern, Le père de Solidarnosc (la création de Solidarnosc, le 31/08/1980) et Lech Walesa, L’homme sur la Lune (21/07/1969) et Edwin Aldrin, Le maestro et le Mur (11/11/1989) et Mstislav Rostropovitch, Le podium de Mexico (jeux olympiques de 1968) et Tommie Smith, La Princesse au grand cœur (Diana tenant un petit enfant malade à Lahore au Pakistan, à l’hôpital Shaukat Khanum, le 22/02/1996) et Diana Spencer, Le martyre du Kosovo (la veillée de Nasimi Elshani le 29/01/1990), L’inconnu de Tiananmen (05/06/1989) et Chai Ling, la passionaria de Tiananmen, Lendemain de putsch à Moscou (19-22/08/1991) et Mikhaïl Gorbatchev, La jeune fille à la fleur (22/10/1967) et Jan Rose Kasmir à Washington. En replaçant l‘article dans le contexte de sa réalisation, la scénariste reporte le récit sur la journaliste, plus que sur la princesse. La dessinatrice dessine la première comme une femme jeune, peut-être moins de trente ans, avec un visage d’une douceur exquise, un entrain quasi juvénile, une silhouette fine, une élégance discrète, une vie de parisienne dans le vent, se rendant aux quatre coins du monde pour rencontrer des sommités (Walesa, Arafat) et des individus gravés dans l’inconscient collectif (Kim Phuc, Nasmi Elshani). Peu importe au lecteur la réalité de son âge en 1997, elle semble même plus jeune que la princesse lors de l’interview. Il en déduit qu’il s’agit d’une représentation faisant apparaître l’enthousiasme et la curiosité de la journaliste, son plaisir la transfigurant littéralement. Par comparaison, Diana apparaît plus sur la réserve qui sied à une (ex-) altesse, et à quelqu’un qui a déjà plus souffert. Les autres personnages bénéficient également d’une forme de lissage gommant la dureté de l’âge adulte, que ce soit les personnes réelles comme Pierre Georges (chef des grands reporters au Monde), Marc Riboud (photographe agence Magnum), Pierre Salinger (journaliste et conseiller en communication politique américain), Edwy Plenel (directeur de la rédaction du Monde), Valérie Nataf (journaliste), Martine Monteil (commissaire, cheffe de police judiciaire), Patrick Riou (directeur de la police judiciaire), ou même Elton John (impossible d’échapper à Candle in the wind). L’artiste utilise des couleurs douces et réalise des descriptions épurées, ayant gommé tout ce qui pourrait être esthétiquement déplaisant. Le lecteur éprouve la vague sensation d’évoluer dans une sorte de monde aseptisé où tout ne peut que bien se passer. Certaines évocations en deviennent presque naïves, proche du conte pour enfant. Il faut voir la princesse Diana avec une tenue de protection avancer en gardant son équilibre comme si elle évoluait sur une poutre entre deux terrains minés, en Angola : un moment quasi onirique. De ce point de vue, la dessinatrice semble embrasser à la fois un monde de princesse, à la fois transcrire la pureté des intentions de Diana. Dans le même temps, la narration visuelle s’avère très riche pour reconstituer des lieux : la salle de rédaction du Monde, la salle de documentation du journal, le kiosque parisien du coin de la rue, une terrasse de café de la capitale, un voyage en Eurostar, la résidence de Kensington Palace, une chambre d’hôpital à Lahore, des chambres d’hôtel de standing, des pièces aménagées en salle de conférence improvisée, et le tunnel de la voie Georges-Pompidou sous la place de l'Alma ainsi que la cathédrale de Westminster. Le lecteur se rend compte que cette série d’articles en 1997 fait suite à celle sur Les Mémoires de la Shoah en 1995, adaptée en bande dessinée en 2025 par Théa Rojzman & Tamia Baudoin. Ici, la scénariste se focalise sur la personne de la journaliste du début à la fin, la suivant depuis la proposition de sa série d’articles, jusqu’à la capitale du Nunavut. Il ne s’agit donc pas d’écrire la légende dorée de la princesse de Galles, plutôt de l’inscrire dans cette série de portraits à la portée historique et politique. Le récit montre comment cette interview a changé la façon dont le monde considérait la princesse, passant des pages people à une personne mettant à profit sa célébrité pour attirer l’attention sur des causes humanitaires, comme elle seule pouvait le faire, grâce à sa capacité à jouer avec les médias, et avant tout grâce à son sens du contact avec des individus en souffrance. En particulier son investissement contre l’usage des mines antipersonnel, et aussi le fait qu’elle ait serré la main d’un sidaïque, ou encore en serrant des enfants pauvres d’Afrique. De la charité spectacle ? Les autrices épousent le point de vue de la journaliste, à la fois en la suivant dans sa démarche, à la fois en reprenant le ton de son article et en en citant des passages. Insensiblement, l’interview elle-même, de la page 49 à la page 64, modifie totalement la tonalité de l’histoire. Diana Spencer passe au premier plan en répondant aux questions, et le lecteur ressent que toute la bande dessinée se déroule dans son ombre, qu’elle est bel et bien le personnage principal. Sensation accentuée et confirmée avec l’accident mortel du trente-et-un août 1997. La ferveur publique éclate au grand jour, montrant la notoriété et l’amour dont jouissait la princesse, jetant l’opprobre sur les journaux britanniques et le harcèlement de leurs critiques incessantes envers elle, les pointant même du doigt comme portant une part de culpabilité significative dans cette tragédie. L’histoire apparaît alors effectivement centrée sur le mystère de la personnalité d’une telle femme, sur la réalité indéniable de son engagement, sur sa façon à elle d’utiliser sa notoriété pour attirer l’attention sur les individus défavorisés en souffrance. Une biographie de de la princesse Diana, avec une esthétique féminine et aseptisée ? C’est ce que semble annoncer la couverture, et l’intérieur confirme ces caractéristiques… À ceci près qu’il ne s’agit pas d’un conte de fées, que le personnage principal est la journaliste réalisant la dernière interview de Diana Spencer, et que la sévérité des critiques des journaux s’avère impitoyable à l’encontre de la jeune femme. La narration visuelle retranscrit la surface visible du monde dans lequel évoluent la journaliste et la princesse, tout en se montrant honnête quant aux contraintes systémiques cachées derrière les apparences. Le récit replace l’interview de Lady Di dans son contexte, faisant ainsi apparaître la singularité de cette femme et la réalité de son engagement. Admirable.

04/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Humain
L'Humain

Je suis partagé sur la BD qui est bonne, mais un peu trop linéaire et directive sur les questions qu'elle aborde. En effet, alors que le récit commence assez vite à rentrer dans un sujet sur l'eugénisme et la folie créatrice d'un homme à volonté démiurge. Ce récit comportant un seul et unique humain va poser de nombreuses questions sur l'humanité et ses travers. Entouré de robots qui lui doivent total obéissance jusqu'à la mort, tandis qu'il explore une Terre où l'humain a disparu, remplacé par des primates dans une nature étrange et mystérieuse. L'idée est séduisante et l'histoire s'emballe assez vite mais sans grand explosion finale, le tout en se posant des questions sur l'humanité qui est capable du pire et se voit toujours comme supérieure à une nature dangereuse et oppressante. L'opposition entre l'humain et la nature est un enjeu central du récit, propos qui est d'ailleurs assez centré sur une vision pessimiste de l'humain. Le tout avec un robot qui représente une autre alternative, plus humaine, ce qui semble aller à l’encontre du discours actuel sur l'IA, mais permets surtout de montrer l'esprit d'une autre personne qui n'est pourtant pas présente. Cela dit, et ça m'embête puisque j'ai la même impression à la plupart de mes lectures récentes, j'ai été assez peu intéressé par l'emballement que présente la BD. La construction de la folie du personnage est assez rapide et linéaire, sans mesures et sans retournement clair. D'ailleurs l'idée finale quant à ce monde me semblait évidente et claire assez rapidement, ce qui m'a donc fait m'interroger sur les capacités cognitives du personnage principal. Je comprends l'idée mais je la trouve assez grossière dans l’exécution, ne mettant pas assez en lumière ce qui pourrait être une vraie tragédie d'un personnage qui sombre progressivement dans la folie rongé par la douleur. Ici la douleur semble être surmontée face à des rêves de grandeurs qu'on a du mal à comprendre. Le projet eugéniste était là de base, est-ce un propos politique ? C'est assez dur à dire et personnellement j'ai pas eu grand intérêt à l'histoire globale. Au final, je ne dirais pas que c'est mauvais mais que j'ai trouvé l'ensemble manquant de sel.

03/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Wanda - La Sorcière Rouge
Wanda - La Sorcière Rouge

On présente souvent Wanda comme le pendant féminin de Docteur Strange, mais dans cette intégrale regroupant les trois volumes, il s’agit surtout d’une suite aux aventures de l’héroïne imaginée par Jack Kirby et Stan Lee. Et c’est justement là que la déception est immense. Le scénario, signé James Robinson, pourtant habitué aux grandes maisons comme Marvel ou DC, est d’une mollesse incroyable. L’intrigue manque cruellement de rythme, d’intensité et même d’enjeux clairs. On avance difficilement dans une histoire qui semble étirée artificiellement, sans véritable tension ni moment marquant. Très vite, l’ennui s’installe et ne nous lâche plus. Wanda, personnage complexe et puissant, paraît ici étrangement vidée de sa substance. On peine à ressentir quoi que ce soit pour elle tant l’ensemble semble plat et sans inspiration. C’est d’autant plus frustrant quand on connaît le potentiel du personnage. Côté dessin, la situation n’arrange rien. Le changement fréquent d’artistes empêche toute cohérence visuelle. Les styles varient, mais rarement pour le meilleur : le résultat oscille entre le moyen et le franchement médiocre. L’absence d’unité graphique renforce l’impression générale de manque de direction et de vision claire. Au final, c’est une immense déception. Une œuvre qui donne le sentiment d’un énorme gâchis, aussi bien narratif qu’artistique. Wanda méritait clairement mieux.

03/03/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Hello Sunshine
Hello Sunshine

Un comics dont le cœur de cible est les Young Adults. Et donc, a priori, pas spécialement pour moi. D'abord quelques mots sur l'autrice : Keezy Young. C'est une artiste de bande dessinée et illustrateurice queer et non-binaire de Seattle, elle souffre d'un trouble psychotique bipolaire. Si je vous signale ces informations c'est parce qu'elles vont jouer un rôle important dans ce roman graphique. Une étrange histoire puisqu'elle va introduire du fantastique, un peu de magie avec une sorcière pour un sujet fort : la schizophrénie. C'est l'histoire de quatre gamins (17/18 ans) et d'un chien, ils sont à la recherche d'Alex après son inquiétante disparition. Les cinq chapitres porteront le nom d'un des personnages - dont le petit copain et le frère jumeau d'Alex. Des chapitres où la voix off de chaque protagoniste permet de mieux les cerner et d'en apprendre un peu plus sur leur relation avec le disparu. Quelques propositions musicales sont disséminées (voir image n°8 de la galerie) pour se mettre dans la peau du personnage. Un récit qui va évoluer, puisqu'il commence comme une enquête policière pour basculer sur quelque chose d'horrifique. Le thème principal de ce roman graphique est la santé mentale, et le choix de Keezy Young de proposer un récit horrifique permet de découvrir la schizophrénie sous un angle original mais ô combien touchant et empathique. L'amitié, l'amour, le deuil, la famille, le harcèlement et l’homosexualité seront d'autres thèmes importants de cette histoire forte en émotions. Le récit est dense, le texte adapté au public visé et la narration maîtrisée. J'ai ressenti les différentes secousses qui vont habiter nos jeunes gens : évidement l'inquiétude, mais aussi la colère et la culpabilité. Un comics empreint d'humanité qui montre la dure réalité de ceux qui souffrent de psychoses mais aussi de ceux qui les entourent. Un dessin typé comics, rétro et au charme fou. Il retranscrit parfaitement les différentes ambiances qui vont se succéder, bien aidé par la colorisation. Une mise en page assez classique. Du bon boulot. Quelques mots touchants de Keezy Young en fin d'album. Un comics audacieux.

03/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Après le monde
Après le monde

Une BD sympathique mais très cryptique. J'ai vu qu'elle avait été écrite pendant le covid et ça explique sans doute l'ambiance de fin du monde, mais je dois bien dire que la BD m'a paru construire lentement un gros mystère qui ne sera jamais vraiment dévoilé et finira un peu en queue de poisson. C'est une publication destinée aux plus jeunes et donc elle a des attentes plus basses, même si je dois dire que le début se tient particulièrement bien. On est vite plongé dans l'ambiance de désolation et de solitude de Héli, qui erre sans but dans un monde occidental dévasté. Le trait de Timothée Leman est parfait pour ce genre de récit, ses personnages faisant assez rapidement penser à du fantastique mais a aussi une patte très identifiable qui colle à l'atmosphère onirique et enfantine. C'est une réussite visuelle qui vaut à elle seule la lecture, selon moi. Par contre, j'ai plus de mal avec la fin du récit qui est construite lentement tout du long. Car rien n'est clair ni expliqué, la question des colonnes blanches qui s'avèrent être des plantes, les animaux protecteurs qui finissent agressifs, les fantômes avec lesquels on interagit ... Il semblerait que l'auteur ait une direction en tête pour tout ce récit mais finalement rien n'est apporté et la double page final semble presque une explication du genre "tout n'était qu'un rêve", qui serait assez malvenue mais qui n'explique rien du tout non plus. Je pense que quitte à faire une fin totalement ouverte, cette double page aurait pu être évitée. En fait, c'est dommage qu'il y ait cette fin, sans quoi j'aurais rehaussé ma note à coup sur. L'ensemble se tient vraiment bien jusqu'à cette petite déception qui malheureusement reste en tête lorsque la BD est reposée. Dommage, mais franchement encourageant pour l'auteur qui a des belles choses à montrer !

03/03/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Un peu de bois et d'acier
Un peu de bois et d'acier

J’applaudis l’exercice de style, cette narration muette centrée sur un blanc, le passage des saisons et les va-et-vient des visiteurs du parc. Les personnages récurrents permettent à l’auteur de proposer une certaine continuité, comme des polaroids, des fenêtres brièvement ouvertes sur des vies dont on sait finalement peu. J’ai trouvé la fin très belle - la boucle est bouclée, comme on dit. Le noir et blanc de Chabouté contribue à la poésie ambiante, et capture parfaitement ces petits moments anodins et précieux. Objectivement, je ne ressors pas spécialement marqué de ma lecture (l’absence de textes fait que l’album se lit rapidement malgré ses 330 pages), mais je pousse quand même la note à 4/5, pour saluer l’originalité du récit.

03/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Inconnue du bar (Dans la tête de...)
L'Inconnue du bar (Dans la tête de...)

J'ai été agréablement surpris par la construction de cette BD que j'imaginais n'être qu'une jolie bluette au vu de sa couverture. L'album repose sur une histoire cadre très simple (trois habitués d'un bar qui tentent de cerner la personnalité d'une jeune autrice de BD dont l'un d'eux est amoureux), mais elle est sans cesse entrecoupée par la lecture des planches que cette mystérieuse dessinatrice publie dans un magazine. Ce va-et-vient entre discussions au comptoir et récits issus de son imaginaire crée une mise en abyme efficace : on ne lit pas un simple recueil d'histoires courtes, mais un ensemble cohérent où chaque strip nourrit l'intrigue principale et révèle autant les fantasmes des commentateurs que la psyché supposée de l'autrice. J'ai beaucoup apprécié cette manière de raconter, qui permet de découvrir des récits humoristiques brefs et originaux, souvent brillamment mises en scène, tout en restant accroché à une trame sentimentale plutôt touchante. Les interprétations divergentes des personnages, leurs projections, leurs jalousies et leurs maladresses amoureuses donnent une belle épaisseur au récit et évitent l'effet catalogue d'histoires courtes. Graphiquement, j'ai trouvé l'ensemble très beau. Le contraste entre les scènes au bar, plus épurées, et les planches issues du magazine, plus denses et colorées, fonctionne parfaitement. Le dessin de ces planches, tout en rondeur presque enfantine au premier regard, crée un décalage efficace avec la violence ou la noirceur des récits proposés. C'est d'ailleurs là que je reste plus partagé : le ton des histoires de cette autrice fictive relève d'un cynisme féroce, parfois cruel, souvent grinçant. C'est drôle, indéniablement inventif, mais aussi malaisant par moments. J'ai ri jaune à plusieurs reprises, partagé entre admiration pour l'audace et léger malaise face à cette noirceur assumée. Et effectivement, il y a de quoi s'interroger et avoir du mal à cerner l'esprit de leur supposée autrice. Ce fut pour moi une lecture originale et stimulante, qui m'a surpris par sa structure, convaincu par sa beauté graphique et la finesse de son humour comme de sa mise en scène, tout en me laissant une petite gêne persistante liée à son acidité.

03/03/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Goliath
Goliath

J’ai trouvé cette réinterprétation de l’histoire de David et Goliath sympathique, et originale dans le sens où elle dépeint un Goliath bien peu courageux, et propose un ton calme et contemplatif assez inattendu. Cela dit, et comme l’ont déjà signalé les autres posteurs, ça reste très léger et anecdotique. Il ne se passe pas grand-chose, l’album est vite lu et ne m’a pas vraiment marqué ou touché. Reste le style graphique de Tom Gauld, reconnaissable entre mille, qui donne du charme à cette histoire. Une lecture sympathique mais peu marquante.

03/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

La série propose une idée forte : suivre une enquête de Sherlock Holmes depuis l’intérieur même de son esprit. Sur le principe, c’est brillant. La mise en scène exploite chaque planche avec inventivité, joue avec les niveaux de lecture et matérialise les mécanismes de la déduction avec une vraie créativité graphique. Visuellement, c’est abouti, maîtrisé et pleinement au service du récit. Sur le fond en revanche, je reste plus mesuré. Passée l’originalité du dispositif, l’enquête en elle-même m’a semblé assez linéaire et relativement standard pour du Sherlock Holmes. On attend davantage de retournements, plus de finesse, peut-être une construction plus retorse. L’ensemble fonctionne bien, mais il manque une vraie épaisseur scénaristique pour emporter totalement l’adhésion. Explorer d’autres points de vue, entrer dans la tête d’autres personnages ou complexifier les enjeux aurait sans doute renforcé l’impact. Cela reste une très bonne lecture, particulièrement recommandable pour les amateurs d’enquêtes classiques et probablement pour un public adolescent qui découvrira un Holmes moderne et accessible. Pour les lecteurs en quête d’un scénario dense et marquant, l’impression peut être celle d’un léger goût d’inachevé. Bien fait, intelligent dans la forme, mais un peu frustrant sur le fond.

03/03/2026 (modifier)