Vous saviez qu'Oglaf avait été traduit en français il y a près de 15 ans ? Vous saviez aussi que deux tomes traduits avaient été publiés ?
Bah moi, jusqu'à il y a une semaine, non !
Oglaf c'est une série fourre-tout créée sur internet à la fin des années 2000 par deux artistes australien-ne-s et qui consiste en une succession d'histoires courtes très souvent décousues, autour d'une pelletée de personnages dont certains reviennent régulièrement, mais qui resteront tout du long unies par trois aspects : la comédie, l'univers fantastique et… le cul ! On parodie les archétypes du jeu de rôle, des légendes anciennes, des mythes antiques, des contes, bref tous les poussifs du répertoire fantastique, et au milieu de tout ça les personnages baisent à tout va. Entre deux quêtes et quelques tortures on a bien le temps pour des galipettes et des câlins.
Je n'ai jamais su pleinement dire ce qui prévalait le plus entre la nature comique et la forme ouvertement (et bien souvent absurdement) érotique de l'œuvre, les deux font partie intégrante de l'œuvre et pourtant ne sont pas indispensables pour que l'on reconnaisse la patte "Oglaf". Beaucoup de gags ne reposent pas du tout sur la moindre allusion sexuelle, d'autres gags ne sont presque que des excuses pour de l'érotisme facile (surtout au début), et pourtant les deux restes indissociables à ce qui fait d'Oglaf ce récit "absurdo-érotico-fantastico-médiéval". Pas juste du cul à tout va, pas juste de l'aventure parodique, pas juste non plus de la comédie déjantée.
Comme dit plus haut les récits sont bien souvent indépendants et presque toujours très courts, pourtant quelques lignes narratives apparaissent quelques fois, on a le droit a de véritables aventures filées (comme les déboires du pauvre Ivan compilées dans le premier tome ou encore l'aventure de "La Chenille de l'Eclate" du second tome) et un casting de personnages réguliers se dessine assez rapidement, avec notamment Ivan l'assistant exploité, Kronar le barbare à la culture absurdement viriliste, Navaan la "docteure" avec quelques neurones en moins, les nains et leur caractère inventif et explosif, ou encore la guerrière blasée bien trop compétente pour le monde dans lequel elle vit (qui n'est jamais nommée d'ailleurs).
Les personnages sont cons comme pas permis (sauf pour les rares ayant écopé du rôle d'Auguste et de souffre douleur récurrent), toutes les espèces sentientes ont une sexualité décomplexée, on a le droit à une grande variété dans les types de sexualités représentées (on a même très souvent le droit à des relations homosexuelles), une variété aussi dans les kinks et ressorts humoristiques mis en scène, … Bref, je risque encore de me répéter, c'est à la fois très con, très drôle et très très la baise (pour citer ma mamie).
Petit passage sur la forme de ces deux albums.
La traduction de Francis est bonne, les runnings gags et les punchlines marchent, honnêtement c'est réussi. Je ne saurais dire si la traduction de la dimension érotique de l’œuvre est tout aussi juste, je lis quasi-exclusivement ma littérature érotique en anglais (la langue des perfides grands-bretons), et puis il faut dire que certains termes francophones comme "foufoune" ont plus tendance à me faire ricaner que vibrer le pantalon.
Pour ce qui est de la dimension érotique de l’œuvre, justement, je ne saurais pleinement attester de sa qualité. Comme expliqué dans quelques autres avis l'érotisme marche surtout en pur écrit chez moi et même si je peux juger objectivement la plastique des personnages comme typiques de ce genre de créations émoustillantes, je ne saurais dire si elle est ici particulièrement de bonne facture ou non. Et puis, n'étant pas sensible aux charmes masculins, c'est déjà tout une partie des scènes de jambes en l'air qui me passe au dessus de la tête. Allez, je reconnais tout de même que certains scénarios me parlent quand-même, que certaines prémisses auraient pu me faire rougir... si je n'étais pas déjà occupée à glousser. Bah oui, je lis cette série surtout pour la comédie !
Et puis de toute façon, encore une fois, c'est suffisamment varié pour qu'il y en ait pour tous les goûts.
Pour ce qui est du dessin je suis mitigée. Subjectivement je l'affectionne, j'y suis attachée (peut-être parce qu'habituée), mais objectivement je lui reconnais un certain aspect trop "simpliste" dans beaucoup de designs, une colorisation parfois plate et un style webcomic typique de son époque qui ne parlera sans doute pas à tout le monde.
Série comique, série fantastique ou série strictement pour adulte ? Je n'ai pas su choisir alors j'ai tranché pour la classer comme une série avant tout humoristique. Gardons juste en tête que la myriade de vulves, de pénis, d'anus, de seins et de brouettes moldaves en gros plans ne prédestinent pas cette lecture à un public jeunesse.
Bon, après, rien ne vous empêche de faire lire à des ados les quelques gags sans cul (ou a minima sans rien d'explicite), il y en a des sacrément chiadés !
Même si beaucoup des premiers gags me paraissent un peu faibles, j'avoue trouver la série dans sa globalité assez savoureuse, alors je lui arrondis sa note au supérieur sans le moindre regret.
(Note réelle 3,5)
PS : Je suis surprise que l'intégralité du webcomic n'ait pas été publié en album, après tout la série continue toujours et la traduction francophone disponible sur le site des éditions Lapin est déjà allée très loin.
Ayè ! J'ai lu la bestiole, enfin. Et je ne dérogerai pas à la règle pour me lancer moi aussi dans un concert de louanges, histoire de rester dans le thème de cette BD décidément remarquable !
Que ce soit son thème (ou plutôt ses thèmes), sa narration fluide, son scénar ciselé, ou son dessin immersif, il n'y rien à jeter dans Soli Deo gloria. Je tâcherai d'être bref car les aviseurs et zeuses précédent-e-s ont déjà tout dit.
Le thème principal, c'est la musique, c'est évident. Un thème qui ne pouvait que me parler. Mais derrière ça, il y a plusieurs sous-thème, expression totalement impropre car ces thèmes ne sont pas mineurs, ou moins importants : ils sont juste moins évident, moins immédiatement saisissables, et se révèlent à mesure que la lecture progresse. Sans aller plus en profondeur, on citera pêle-mêle celui de la fratrie, de l'absence, de l'inspiration... Bref ! cette œuvre fourmille, ce qui contribue probablement à la rendre si prenante à en juger par les commentaires dithyrambiques.
La narration est claire et ne pose aucun souci de compréhension. Pas une fois il ne m'a été besoin de faire marche arrière avec cette impression d'avoir rater un truc. C'est limpide.
Le scénario est une construction admirable. On sent que tout est réfléchi et savamment pesé. Contrairement à Cleck, cela m'a au contraire beaucoup impressionné car ce n'est pas courant. Et puis on ne voit pas les étais. Ca tourne comme une horloge, et moi, je trouve qu'un mécanisme horloger est quelque chose d'admirable. Comment reprocher à un auteur d'avoir bosser son truc ? A un artisan de chercher la perfection ?... A mesure que la fin arrive, ce roman graphique d'initiation ressert son emprise. La tension monte. J'étais complètement pris dans cette histoire qui ne souffre d'aucun temps mort, avançant à un rythme métronomique, ce qui on en conviendra, pour une œuvre évoquant la musique, est du meilleur effet. Ca monte, ça monte, à l'image du "resurrectio" final ! Mais chuuuut !...
Enfin, le dessin : il est tout bonnement exceptionnel. Il développe une singularité tout en rendant un hommage sincère aux illustrateurs historiques. J'ai par exemple beaucoup pensé à Gustave Doré ! Franchement, j'étais tout entier happé dans l'univers graphique, à plus forte raison parce qu'Edouard Cour développe des petites trouvailles remarquables qui la plupart du temps fonctionnent à merveilles. Il a par exemple parfaitement traduit le son : celui de l'instrument chamanique construit dans un crâne d'ours, ou le son si particulier du clavecin. La classe atomique ! Chapeau bas !
Je m'arrêterai là, me contentant d'ajouter qu'au départ pourtant, j'ai tiqué sur la couverture dorée (Gustave ?) que je trouvais bien trop tape à l’œil pour être sincère. Mais les deux auteurs de Soli Deo Gloria ont su faire plier toutes mes mauvaises langues intérieures. De la bien belle ouvrage !
Je voulais un Batman un peu décalé, avec des références... Je me retrouve avec un peu de fan service et une succession de jeux de mots qui rend les histoires dures à lire et comprendre. Je déconseille. Humour vraiment bas de gamme.
Bien que n'étant pas très féru de religion, je me suis procuré le premier cycle de cette série au vu des très bons avis qu'elle a reçus sur notre site préféré.
Je dois dire que j'en ressors avec un avis assez mitigé. Je pense que je m'arrêterai donc à ce premier cycle, les avis étant nettement moins bons concernant le second...
Pourtant, il faut reconnaitre que le scénario de départ est vraiment très original et ingénieux, l'histoire étant vécue à travers les yeux de 3 pères à la recherche de leurs fils devenus apôtres du Christ. Ce dernier est donc cantonné au rôle secondaire dans cette histoire. David Ratte nous compte ainsi les évangiles en basant l'essentiel du comique de la situation sur le décalage entre le point de vues de nos 3 pères qui perçoivent Jésus au départ comme le gourou d'une nouvelle secte. Jonas, vieillard au caractère bien trempé et un brin porté sur la bouteille, constitue véritablement le personnage le plus drôle de la série. Mais les scènes humoristiques et les anachronismes dans le langage n'ont réussi tout au plus à me tirer qu'un sourire sans jamais arriver à me faire rire (il est vrai que c'est assez difficile en BD...).
Au final, ce qui m'empêche de mettre une note plus élevée est le côté un peu lisse de l'histoire. Je m'attendais à une série un peu plus caustique et critique, quitte à égratigner parfois le nouveau Testament. Le choix de David Ratte est tout autre en ne remettant rien en question mais en restant le plus fidèle possible aux évangiles. Si c'est un choix qui doit plaire aux Chrétiens (la BD a reçu le prix international de la BD Chrétienne), ça ne m'a pas totalement convaincu.
Du point de vue de la mise en images, David Ratte à une réelle patte pour croquer les personnages. Leurs visages sont très expressifs et le découpage des scènes plutôt habile. J'ai trouvé en revanche les décors des cases et les paysages un peu trop pauvres par moment. Il y a beaucoup de cases sur fond uni où seul le personnage est dessiné. J'aurais apprécié un poil plus de détail. La colorisation, très informatisée, est également trop uniforme. J'aurais préféré une mise en couleurs plus traditionnelle, en rapport avec le sujet.
Une BD dont je conseille toutefois la lecture, ne serait-ce que pour l'originalité du parti-pris de départ.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5,5/10
NOTE GLOBALE : 12/20
Voilà encore un scénario de Lupano intéressant. Ça n’est sans doute pas son plus original ou son plus complexe, mais la lecture de cette série est vraiment agréable. Il parvient bien à mêler petite et grande Histoire dans ce moment charnière de l’Histoire de France qu’a été la chute du second Empire et la Commune de Paris.
Je ne suis vraiment pas fan du changement de dessinateur dans une même série – et là dessinateurs et coloristes changent à chaque tome ! De plus j’ai été surpris par le gros changement à ce niveau dans le dernier tome – avec qui plus est une police de caractères un chouia trop grosses dans les phylactères (même si je me suis finalement fait au trait de Fourquemin).
Mais bon, ces petits désagréments – pas rédhibitoires – mis à part, la lecture reste plaisante. Chacun des albums peut se lire indépendamment. Même si ça se passe au même endroit et au même moment (Paris durant le siège prussien puis « Versaillais »), nous suivons des personnages différents.
Une passionaria russe, une gamine pleine de vie, et une servante qui s’émancipe occupent successivement le premier rôle.
Car, comme le titre de la série l’indique, Lupano a mis en avant des femmes dans ce récit. Des femmes qui plus est « féministes » avant l’heure, revendicatives. Et Lupano montre bien que, même parmi les révoltés/révolutionnaires (citations de Proudhon à l’appui), le sexisme reste dominant (ne parlons pas des milieux bourgeois et réactionnaires, évidemment scandalisés par les femmes se mêlant aux hommes dans les luttes – voir le procès en fin de troisième tome). Cet aspect est intéressant.
Sinon, chaque album possède des qualités. Le troisième est peut-être celui qui est le moins fluide a priori, avec un procès – statique forcément, avec une héroïne qui reste mutique – qui occupe un très long dernier tiers. Mais ce passage est édifiant, écoeurant (on voit de quel côté penche Lupano), avec les préventions de classe, de sexe, qui méprise les « classes laborieuses et dangereuses). Chaque album met aussi en avant la violence de la semaine sanglante.
Une série réussie.
Un récit feel good qui se laisse lire plutôt agréablement.
La narration est fluide, et les quatre personnages qui se retrouvent, le temps d’une nuit à Paris sont attachants. Ils offrent leurs fêlures au regard des trois autres, dans une équipée plus ou moins sauvage, chacun essayant de guérir certaines frustrations, tentant d’évacuer certains regrets. Cherchant à vivre, malgré tout.
Le fantôme d’Oscar Wilde est évidemment le personnage le plus surprenant, celui qui donne une touche originale qui pimente le récit et l’empêche de rester dans le convenu – ce qui guette parfois, même si on y échappe.
Quelques touches d’humour dans les dialogues, surtout autour du bonhomme fuyant échec sentimental et le fisc, un loser sympathique, qui s’en prend pas mal dans la tronche (au propre comme au figuré).
Quelques facilités aussi. Je ne parle pas du fantôme de Wilde, qu’on accepte facilement. Mais des deux interventions des flics, qui à chaque fois surgissent, gyrophares et sirènes hurlant, face à des délits de fuite et autres comportements dangereux de la part de nos quatre héros, puis qui disparaissent brusquement, sans que nos héros ne semblent risquer quoi que ce soit. Ça fait un peu artificiel quand même.
C’est en tout cas une lecture sympathique.
Quel plaisir de lecture. La série se dévore avec une constance remarquable : rythme soutenu, efficacité feuilletonesque et véritable sens de l’aventure. Si l’on apprécie les récits maritimes historiques, on est pleinement servi. L’approche de la piraterie est volontairement réaliste, loin des fantasmes exotiques : pas de Caraïbes, Hollandais Volant, Malédictions Aztèques mais un cadre crédible, rude, solidement ancré dans son époque.
Le scénario est un atout majeur. L’intrigue est bien ficelée, lisible, et maintient l’intérêt sur la durée. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des tomes, sans complexité excessive. Le héros est résolument héroïque, assumé comme tel : ceux qui recherchent une œuvre sombre, profondément nuancée pourront rester à distance. En revanche, pour une aventure efficace, généreuse et très plaisante à lire, la série remplit parfaitement son contrat.
Graphiquement, le travail est remarquable. La qualité et surtout la constance du dessin sur un grand nombre de tomes et d’années forcent le respect. Le style initial est maintenu avec rigueur, au bénéfice de la cohérence visuelle et de l’immersion, notamment dans la représentation du monde maritime.
Série solide, à la croisée de l’aventure et de la critique sociale. Le propos sur la folie de l’argent, le cynisme des élites et la fabrication des monstres sociaux est frontal, parfois volontairement immoral ou malsain, mais généralement cohérent avec l’intention du récit. Cette radicalité nourrit la réflexion sans verser dans la provocation gratuite.
Les personnages constituent un point fort : ambivalents, rarement aimables, toujours lisibles dans leurs contradictions. Le cadre viennois puis parisien du début du XXe siècle est particulièrement réussi, avec un contraste net entre faste mondain et misère sociale, qui structure efficacement la narration et son discours.
Graphiquement, l’ensemble est très convaincant. Dessin élégant, décors soignés, personnages expressifs. On perçoit toutefois des variations de style et de traitement d’un tome à l’autre, sans que cela nuise réellement à la lecture globale.
Excellente bande dessinée autour du cyclisme, mais surtout à côté du cyclisme. Le sport sert ici de moteur narratif plus que de sujet central : le cœur du récit est ailleurs, dans le portrait d’une époque rude, d’une région marquée par la montagne, et dans la trajectoire intime d’un homme qui poursuit un rêve presque déraisonnable.
Le scénario est volontairement simple et relativement court, mais traité avec une grande justesse. Tout fonctionne par petites touches : la dureté du quotidien, l’obsession, le courage silencieux. C’est une véritable chasse au rêve dans un monde qui ne fait aucun cadeau, racontée sans emphase ni pathos. Le rythme est particulièrement bien maîtrisé, constant du début à la fin, donnant au récit une impression de solidité et de cohérence rare pour un format aussi resserré.
Le dessin est très beau et parfaitement adapté au propos. Le style légèrement rétro ancre immédiatement l’histoire dans son époque et renforce la dimension historique et humaine du récit. Les ambiances, les paysages et les efforts physiques sont rendus avec beaucoup de sensibilité, au service de l’émotion plutôt que de la démonstration graphique.
Un travail remarquable, d’une grande sensibilité. L’album impressionne par la qualité de sa documentation et par la justesse du parallèle entre la fiction et les images historiques : on sent un vrai travail d’immersion, presque de terrain. L’intrigue est prenante sans jamais chercher à s’imposer ; elle sert avant tout un propos plus large où la vie quotidienne, la condition humaine et la dignité des habitants du Dust Bowl deviennent les véritables moteurs du récit.
Les personnages sont traités avec beaucoup de finesse. La dureté du contexte est montrée frontalement mais toujours avec retenue, ce qui renforce l’impact émotionnel. L’aspect didactique est très bien intégré, jamais pesant, et certains thèmes — notamment la relation à la mort — sont abordés avec une subtilité rare, en résonance constante avec l’époque et les situations vécues.
Le rythme volontairement lent fonctionne parfaitement : il laisse le temps à la poussière, au silence et à l’épuisement de s’installer, jusqu’à devenir presque physiques pour le lecteur.
Graphiquement, c’est superbe. Le dessin est précis, détaillé, parfois saisissant, avec des planches très fortes visuellement. Le traitement de la poussière, omniprésente, est particulièrement réussi, tout comme le travail des couleurs, qui installe une atmosphère à la fois belle, âpre et réaliste. Une œuvre marquante, exigeante et profondément humaine.
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Oglaf
Vous saviez qu'Oglaf avait été traduit en français il y a près de 15 ans ? Vous saviez aussi que deux tomes traduits avaient été publiés ? Bah moi, jusqu'à il y a une semaine, non ! Oglaf c'est une série fourre-tout créée sur internet à la fin des années 2000 par deux artistes australien-ne-s et qui consiste en une succession d'histoires courtes très souvent décousues, autour d'une pelletée de personnages dont certains reviennent régulièrement, mais qui resteront tout du long unies par trois aspects : la comédie, l'univers fantastique et… le cul ! On parodie les archétypes du jeu de rôle, des légendes anciennes, des mythes antiques, des contes, bref tous les poussifs du répertoire fantastique, et au milieu de tout ça les personnages baisent à tout va. Entre deux quêtes et quelques tortures on a bien le temps pour des galipettes et des câlins. Je n'ai jamais su pleinement dire ce qui prévalait le plus entre la nature comique et la forme ouvertement (et bien souvent absurdement) érotique de l'œuvre, les deux font partie intégrante de l'œuvre et pourtant ne sont pas indispensables pour que l'on reconnaisse la patte "Oglaf". Beaucoup de gags ne reposent pas du tout sur la moindre allusion sexuelle, d'autres gags ne sont presque que des excuses pour de l'érotisme facile (surtout au début), et pourtant les deux restes indissociables à ce qui fait d'Oglaf ce récit "absurdo-érotico-fantastico-médiéval". Pas juste du cul à tout va, pas juste de l'aventure parodique, pas juste non plus de la comédie déjantée. Comme dit plus haut les récits sont bien souvent indépendants et presque toujours très courts, pourtant quelques lignes narratives apparaissent quelques fois, on a le droit a de véritables aventures filées (comme les déboires du pauvre Ivan compilées dans le premier tome ou encore l'aventure de "La Chenille de l'Eclate" du second tome) et un casting de personnages réguliers se dessine assez rapidement, avec notamment Ivan l'assistant exploité, Kronar le barbare à la culture absurdement viriliste, Navaan la "docteure" avec quelques neurones en moins, les nains et leur caractère inventif et explosif, ou encore la guerrière blasée bien trop compétente pour le monde dans lequel elle vit (qui n'est jamais nommée d'ailleurs). Les personnages sont cons comme pas permis (sauf pour les rares ayant écopé du rôle d'Auguste et de souffre douleur récurrent), toutes les espèces sentientes ont une sexualité décomplexée, on a le droit à une grande variété dans les types de sexualités représentées (on a même très souvent le droit à des relations homosexuelles), une variété aussi dans les kinks et ressorts humoristiques mis en scène, … Bref, je risque encore de me répéter, c'est à la fois très con, très drôle et très très la baise (pour citer ma mamie). Petit passage sur la forme de ces deux albums. La traduction de Francis est bonne, les runnings gags et les punchlines marchent, honnêtement c'est réussi. Je ne saurais dire si la traduction de la dimension érotique de l’œuvre est tout aussi juste, je lis quasi-exclusivement ma littérature érotique en anglais (la langue des perfides grands-bretons), et puis il faut dire que certains termes francophones comme "foufoune" ont plus tendance à me faire ricaner que vibrer le pantalon. Pour ce qui est de la dimension érotique de l’œuvre, justement, je ne saurais pleinement attester de sa qualité. Comme expliqué dans quelques autres avis l'érotisme marche surtout en pur écrit chez moi et même si je peux juger objectivement la plastique des personnages comme typiques de ce genre de créations émoustillantes, je ne saurais dire si elle est ici particulièrement de bonne facture ou non. Et puis, n'étant pas sensible aux charmes masculins, c'est déjà tout une partie des scènes de jambes en l'air qui me passe au dessus de la tête. Allez, je reconnais tout de même que certains scénarios me parlent quand-même, que certaines prémisses auraient pu me faire rougir... si je n'étais pas déjà occupée à glousser. Bah oui, je lis cette série surtout pour la comédie ! Et puis de toute façon, encore une fois, c'est suffisamment varié pour qu'il y en ait pour tous les goûts. Pour ce qui est du dessin je suis mitigée. Subjectivement je l'affectionne, j'y suis attachée (peut-être parce qu'habituée), mais objectivement je lui reconnais un certain aspect trop "simpliste" dans beaucoup de designs, une colorisation parfois plate et un style webcomic typique de son époque qui ne parlera sans doute pas à tout le monde. Série comique, série fantastique ou série strictement pour adulte ? Je n'ai pas su choisir alors j'ai tranché pour la classer comme une série avant tout humoristique. Gardons juste en tête que la myriade de vulves, de pénis, d'anus, de seins et de brouettes moldaves en gros plans ne prédestinent pas cette lecture à un public jeunesse. Bon, après, rien ne vous empêche de faire lire à des ados les quelques gags sans cul (ou a minima sans rien d'explicite), il y en a des sacrément chiadés ! Même si beaucoup des premiers gags me paraissent un peu faibles, j'avoue trouver la série dans sa globalité assez savoureuse, alors je lui arrondis sa note au supérieur sans le moindre regret. (Note réelle 3,5) PS : Je suis surprise que l'intégralité du webcomic n'ait pas été publié en album, après tout la série continue toujours et la traduction francophone disponible sur le site des éditions Lapin est déjà allée très loin.
Soli Deo Gloria
Ayè ! J'ai lu la bestiole, enfin. Et je ne dérogerai pas à la règle pour me lancer moi aussi dans un concert de louanges, histoire de rester dans le thème de cette BD décidément remarquable ! Que ce soit son thème (ou plutôt ses thèmes), sa narration fluide, son scénar ciselé, ou son dessin immersif, il n'y rien à jeter dans Soli Deo gloria. Je tâcherai d'être bref car les aviseurs et zeuses précédent-e-s ont déjà tout dit. Le thème principal, c'est la musique, c'est évident. Un thème qui ne pouvait que me parler. Mais derrière ça, il y a plusieurs sous-thème, expression totalement impropre car ces thèmes ne sont pas mineurs, ou moins importants : ils sont juste moins évident, moins immédiatement saisissables, et se révèlent à mesure que la lecture progresse. Sans aller plus en profondeur, on citera pêle-mêle celui de la fratrie, de l'absence, de l'inspiration... Bref ! cette œuvre fourmille, ce qui contribue probablement à la rendre si prenante à en juger par les commentaires dithyrambiques. La narration est claire et ne pose aucun souci de compréhension. Pas une fois il ne m'a été besoin de faire marche arrière avec cette impression d'avoir rater un truc. C'est limpide. Le scénario est une construction admirable. On sent que tout est réfléchi et savamment pesé. Contrairement à Cleck, cela m'a au contraire beaucoup impressionné car ce n'est pas courant. Et puis on ne voit pas les étais. Ca tourne comme une horloge, et moi, je trouve qu'un mécanisme horloger est quelque chose d'admirable. Comment reprocher à un auteur d'avoir bosser son truc ? A un artisan de chercher la perfection ?... A mesure que la fin arrive, ce roman graphique d'initiation ressert son emprise. La tension monte. J'étais complètement pris dans cette histoire qui ne souffre d'aucun temps mort, avançant à un rythme métronomique, ce qui on en conviendra, pour une œuvre évoquant la musique, est du meilleur effet. Ca monte, ça monte, à l'image du "resurrectio" final ! Mais chuuuut !... Enfin, le dessin : il est tout bonnement exceptionnel. Il développe une singularité tout en rendant un hommage sincère aux illustrateurs historiques. J'ai par exemple beaucoup pensé à Gustave Doré ! Franchement, j'étais tout entier happé dans l'univers graphique, à plus forte raison parce qu'Edouard Cour développe des petites trouvailles remarquables qui la plupart du temps fonctionnent à merveilles. Il a par exemple parfaitement traduit le son : celui de l'instrument chamanique construit dans un crâne d'ours, ou le son si particulier du clavecin. La classe atomique ! Chapeau bas ! Je m'arrêterai là, me contentant d'ajouter qu'au départ pourtant, j'ai tiqué sur la couverture dorée (Gustave ?) que je trouvais bien trop tape à l’œil pour être sincère. Mais les deux auteurs de Soli Deo Gloria ont su faire plier toutes mes mauvaises langues intérieures. De la bien belle ouvrage !
Little Gotham
Je voulais un Batman un peu décalé, avec des références... Je me retrouve avec un peu de fan service et une succession de jeux de mots qui rend les histoires dures à lire et comprendre. Je déconseille. Humour vraiment bas de gamme.
Le Voyage des Pères
Bien que n'étant pas très féru de religion, je me suis procuré le premier cycle de cette série au vu des très bons avis qu'elle a reçus sur notre site préféré. Je dois dire que j'en ressors avec un avis assez mitigé. Je pense que je m'arrêterai donc à ce premier cycle, les avis étant nettement moins bons concernant le second... Pourtant, il faut reconnaitre que le scénario de départ est vraiment très original et ingénieux, l'histoire étant vécue à travers les yeux de 3 pères à la recherche de leurs fils devenus apôtres du Christ. Ce dernier est donc cantonné au rôle secondaire dans cette histoire. David Ratte nous compte ainsi les évangiles en basant l'essentiel du comique de la situation sur le décalage entre le point de vues de nos 3 pères qui perçoivent Jésus au départ comme le gourou d'une nouvelle secte. Jonas, vieillard au caractère bien trempé et un brin porté sur la bouteille, constitue véritablement le personnage le plus drôle de la série. Mais les scènes humoristiques et les anachronismes dans le langage n'ont réussi tout au plus à me tirer qu'un sourire sans jamais arriver à me faire rire (il est vrai que c'est assez difficile en BD...). Au final, ce qui m'empêche de mettre une note plus élevée est le côté un peu lisse de l'histoire. Je m'attendais à une série un peu plus caustique et critique, quitte à égratigner parfois le nouveau Testament. Le choix de David Ratte est tout autre en ne remettant rien en question mais en restant le plus fidèle possible aux évangiles. Si c'est un choix qui doit plaire aux Chrétiens (la BD a reçu le prix international de la BD Chrétienne), ça ne m'a pas totalement convaincu. Du point de vue de la mise en images, David Ratte à une réelle patte pour croquer les personnages. Leurs visages sont très expressifs et le découpage des scènes plutôt habile. J'ai trouvé en revanche les décors des cases et les paysages un peu trop pauvres par moment. Il y a beaucoup de cases sur fond uni où seul le personnage est dessiné. J'aurais apprécié un poil plus de détail. La colorisation, très informatisée, est également trop uniforme. J'aurais préféré une mise en couleurs plus traditionnelle, en rapport avec le sujet. Une BD dont je conseille toutefois la lecture, ne serait-ce que pour l'originalité du parti-pris de départ. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 5,5/10 NOTE GLOBALE : 12/20
Communardes !
Voilà encore un scénario de Lupano intéressant. Ça n’est sans doute pas son plus original ou son plus complexe, mais la lecture de cette série est vraiment agréable. Il parvient bien à mêler petite et grande Histoire dans ce moment charnière de l’Histoire de France qu’a été la chute du second Empire et la Commune de Paris. Je ne suis vraiment pas fan du changement de dessinateur dans une même série – et là dessinateurs et coloristes changent à chaque tome ! De plus j’ai été surpris par le gros changement à ce niveau dans le dernier tome – avec qui plus est une police de caractères un chouia trop grosses dans les phylactères (même si je me suis finalement fait au trait de Fourquemin). Mais bon, ces petits désagréments – pas rédhibitoires – mis à part, la lecture reste plaisante. Chacun des albums peut se lire indépendamment. Même si ça se passe au même endroit et au même moment (Paris durant le siège prussien puis « Versaillais »), nous suivons des personnages différents. Une passionaria russe, une gamine pleine de vie, et une servante qui s’émancipe occupent successivement le premier rôle. Car, comme le titre de la série l’indique, Lupano a mis en avant des femmes dans ce récit. Des femmes qui plus est « féministes » avant l’heure, revendicatives. Et Lupano montre bien que, même parmi les révoltés/révolutionnaires (citations de Proudhon à l’appui), le sexisme reste dominant (ne parlons pas des milieux bourgeois et réactionnaires, évidemment scandalisés par les femmes se mêlant aux hommes dans les luttes – voir le procès en fin de troisième tome). Cet aspect est intéressant. Sinon, chaque album possède des qualités. Le troisième est peut-être celui qui est le moins fluide a priori, avec un procès – statique forcément, avec une héroïne qui reste mutique – qui occupe un très long dernier tiers. Mais ce passage est édifiant, écoeurant (on voit de quel côté penche Lupano), avec les préventions de classe, de sexe, qui méprise les « classes laborieuses et dangereuses). Chaque album met aussi en avant la violence de la semaine sanglante. Une série réussie.
La Nuit est belle
Un récit feel good qui se laisse lire plutôt agréablement. La narration est fluide, et les quatre personnages qui se retrouvent, le temps d’une nuit à Paris sont attachants. Ils offrent leurs fêlures au regard des trois autres, dans une équipée plus ou moins sauvage, chacun essayant de guérir certaines frustrations, tentant d’évacuer certains regrets. Cherchant à vivre, malgré tout. Le fantôme d’Oscar Wilde est évidemment le personnage le plus surprenant, celui qui donne une touche originale qui pimente le récit et l’empêche de rester dans le convenu – ce qui guette parfois, même si on y échappe. Quelques touches d’humour dans les dialogues, surtout autour du bonhomme fuyant échec sentimental et le fisc, un loser sympathique, qui s’en prend pas mal dans la tronche (au propre comme au figuré). Quelques facilités aussi. Je ne parle pas du fantôme de Wilde, qu’on accepte facilement. Mais des deux interventions des flics, qui à chaque fois surgissent, gyrophares et sirènes hurlant, face à des délits de fuite et autres comportements dangereux de la part de nos quatre héros, puis qui disparaissent brusquement, sans que nos héros ne semblent risquer quoi que ce soit. Ça fait un peu artificiel quand même. C’est en tout cas une lecture sympathique.
L'Epervier
Quel plaisir de lecture. La série se dévore avec une constance remarquable : rythme soutenu, efficacité feuilletonesque et véritable sens de l’aventure. Si l’on apprécie les récits maritimes historiques, on est pleinement servi. L’approche de la piraterie est volontairement réaliste, loin des fantasmes exotiques : pas de Caraïbes, Hollandais Volant, Malédictions Aztèques mais un cadre crédible, rude, solidement ancré dans son époque. Le scénario est un atout majeur. L’intrigue est bien ficelée, lisible, et maintient l’intérêt sur la durée. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des tomes, sans complexité excessive. Le héros est résolument héroïque, assumé comme tel : ceux qui recherchent une œuvre sombre, profondément nuancée pourront rester à distance. En revanche, pour une aventure efficace, généreuse et très plaisante à lire, la série remplit parfaitement son contrat. Graphiquement, le travail est remarquable. La qualité et surtout la constance du dessin sur un grand nombre de tomes et d’années forcent le respect. Le style initial est maintenu avec rigueur, au bénéfice de la cohérence visuelle et de l’immersion, notamment dans la représentation du monde maritime.
L'Assassin qu'elle mérite
Série solide, à la croisée de l’aventure et de la critique sociale. Le propos sur la folie de l’argent, le cynisme des élites et la fabrication des monstres sociaux est frontal, parfois volontairement immoral ou malsain, mais généralement cohérent avec l’intention du récit. Cette radicalité nourrit la réflexion sans verser dans la provocation gratuite. Les personnages constituent un point fort : ambivalents, rarement aimables, toujours lisibles dans leurs contradictions. Le cadre viennois puis parisien du début du XXe siècle est particulièrement réussi, avec un contraste net entre faste mondain et misère sociale, qui structure efficacement la narration et son discours. Graphiquement, l’ensemble est très convaincant. Dessin élégant, décors soignés, personnages expressifs. On perçoit toutefois des variations de style et de traitement d’un tome à l’autre, sans que cela nuise réellement à la lecture globale.
L'Aigle sans orteils
Excellente bande dessinée autour du cyclisme, mais surtout à côté du cyclisme. Le sport sert ici de moteur narratif plus que de sujet central : le cœur du récit est ailleurs, dans le portrait d’une époque rude, d’une région marquée par la montagne, et dans la trajectoire intime d’un homme qui poursuit un rêve presque déraisonnable. Le scénario est volontairement simple et relativement court, mais traité avec une grande justesse. Tout fonctionne par petites touches : la dureté du quotidien, l’obsession, le courage silencieux. C’est une véritable chasse au rêve dans un monde qui ne fait aucun cadeau, racontée sans emphase ni pathos. Le rythme est particulièrement bien maîtrisé, constant du début à la fin, donnant au récit une impression de solidité et de cohérence rare pour un format aussi resserré. Le dessin est très beau et parfaitement adapté au propos. Le style légèrement rétro ancre immédiatement l’histoire dans son époque et renforce la dimension historique et humaine du récit. Les ambiances, les paysages et les efforts physiques sont rendus avec beaucoup de sensibilité, au service de l’émotion plutôt que de la démonstration graphique.
Jours de sable
Un travail remarquable, d’une grande sensibilité. L’album impressionne par la qualité de sa documentation et par la justesse du parallèle entre la fiction et les images historiques : on sent un vrai travail d’immersion, presque de terrain. L’intrigue est prenante sans jamais chercher à s’imposer ; elle sert avant tout un propos plus large où la vie quotidienne, la condition humaine et la dignité des habitants du Dust Bowl deviennent les véritables moteurs du récit. Les personnages sont traités avec beaucoup de finesse. La dureté du contexte est montrée frontalement mais toujours avec retenue, ce qui renforce l’impact émotionnel. L’aspect didactique est très bien intégré, jamais pesant, et certains thèmes — notamment la relation à la mort — sont abordés avec une subtilité rare, en résonance constante avec l’époque et les situations vécues. Le rythme volontairement lent fonctionne parfaitement : il laisse le temps à la poussière, au silence et à l’épuisement de s’installer, jusqu’à devenir presque physiques pour le lecteur. Graphiquement, c’est superbe. Le dessin est précis, détaillé, parfois saisissant, avec des planches très fortes visuellement. Le traitement de la poussière, omniprésente, est particulièrement réussi, tout comme le travail des couleurs, qui installe une atmosphère à la fois belle, âpre et réaliste. Une œuvre marquante, exigeante et profondément humaine.