Une succession de gags qui dénoncent et se moquent d'hommes lourds, égoïstes, obsédés ou lâches, à travers des scènes de couple ou de drague du quotidien. L'idée est clairement de pointer du doigt les comportements sexistes ordinaires et, plus largement, les rebuts d'une société patriarcale qui les produit.
L'œuvre est entièrement scénarisée par Sophie de Villenoisy sur la base d'anecdotes qu'elle a collectées, mais le dessin est réalisé collectivement par une dizaine d'autrices majoritairement issues de l'univers des blogs BD. Le résultat est un peu inégal. Quelques planches sortent clairement du lot, notamment celles de Gally, dont le trait est plus expressif et maîtrisé (elle a d'ailleurs creusé le sujet du sexisme avec davantage de finesse dans d'autres œuvres). En revanche, pas mal d'autres planches oscillent vers un style blog-BD girly assez plat, pas toujours très professionnel, qui manque de personnalité et de mise en scène. L'ensemble reste lisible, mais manque de relief.
Sur le fond, le concept est pertinent. Dénoncer ces attitudes de vrais connards, celles que les femmes subissent mais que beaucoup d'hommes désapprouvent aussi, est légitime, et certains gags font mouche. Quand l'album vise les réflexes machos, l'infidélité minable ou la goujaterie pure, ça fonctionne bien et le message passe sans forcer. Je sens une véritable volonté de satire sociale, pas seulement de défouloir.
Là où je décroche davantage, c'est qu'à côté de planches vraiment pertinentes, plusieurs autres se situent dans une zone floue entre critique du patriarcat et simple anecdote de couple un peu caricaturale, avec un mec lourdaud face à une femme parfois capricieuse. Le propos politique se dilue alors. Je pense par exemple à ces deux ou trois gags où la femme exige un cadeau à la hauteur de ses principes ou de celui qu'elle a offert elle-même, puis s'arroge le droit de frapper son conjoint s'il n'a pas payé assez cher : on n'est plus dans la dénonciation d'un système, mais dans une petite mesquinerie symétrique qui brouille complètement le message.
À force d'accumuler des sketches de niveaux très variables, l'album perd en cohérence et en mordant.
Au final, je retiens une bonne intention et quelques traits d'humour bien trouvés, mais trop d'inégalités pour que l'ensemble soit vraiment percutant.
Note : 2,5/5
J'adhère à 100% à l'avis donné par Ro !
Sujet intéressant, mais présenté de manière confuse, tant la narration que le dessin (plutôt agréable par ailleurs) et les phylactères. Au point que j'ai fini le livre en le survolant pour me plonger plus rapidement dans les pages historiques ponctuant l'album.
J’adore les œuvres autobiographiques, et plus particulièrement ce genre de témoignage « brut de décoffrage » aux thématiques difficiles.
Il est question de crise identitaire (Jim Terry est un métis amérindien), du traitement des peuples indigènes nord-américains, mais aussi (et surtout) de déchirements familiaux et d’alcoolisme. Ce dernier point est central au récit, et est assez violent – l’auteur se raconte sans filtre, avec suffisamment d’autodérision pour que le récit ne tombe pas dans le misérabilisme larmoyant. J’ai trouvé le ton juste et les problèmes relationnels entre l’auteur et ses parents touchants et bien amenés.
La mise en image est réussie et m’a un peu rappelé le style de Will Eisner – il y a pire comme référence. L’auteur finit par avouer que Eisner fut une grande inspiration à ses débuts, ce qui ne m’étonne pas du tout. Par contre contrairement à Noirdésir, je ne comprends pas trop pourquoi l’avant-dernier chapitre est purement textuel (et lettré à la main dans la VO, donc pas super lisible). Il s’agit peut-être d’un choix narratif, mais j’ai vu ça comme un raccourci, une économie de moyens et de pages.
Cela étant dit, je reste sur une impression très positive… inutile de vous infliger la lecture de ce pavé si vous êtes allergiques aux autobiographies nombrilistes, mais moi, c’est ma came !
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La Danse des connards
Une succession de gags qui dénoncent et se moquent d'hommes lourds, égoïstes, obsédés ou lâches, à travers des scènes de couple ou de drague du quotidien. L'idée est clairement de pointer du doigt les comportements sexistes ordinaires et, plus largement, les rebuts d'une société patriarcale qui les produit. L'œuvre est entièrement scénarisée par Sophie de Villenoisy sur la base d'anecdotes qu'elle a collectées, mais le dessin est réalisé collectivement par une dizaine d'autrices majoritairement issues de l'univers des blogs BD. Le résultat est un peu inégal. Quelques planches sortent clairement du lot, notamment celles de Gally, dont le trait est plus expressif et maîtrisé (elle a d'ailleurs creusé le sujet du sexisme avec davantage de finesse dans d'autres œuvres). En revanche, pas mal d'autres planches oscillent vers un style blog-BD girly assez plat, pas toujours très professionnel, qui manque de personnalité et de mise en scène. L'ensemble reste lisible, mais manque de relief. Sur le fond, le concept est pertinent. Dénoncer ces attitudes de vrais connards, celles que les femmes subissent mais que beaucoup d'hommes désapprouvent aussi, est légitime, et certains gags font mouche. Quand l'album vise les réflexes machos, l'infidélité minable ou la goujaterie pure, ça fonctionne bien et le message passe sans forcer. Je sens une véritable volonté de satire sociale, pas seulement de défouloir. Là où je décroche davantage, c'est qu'à côté de planches vraiment pertinentes, plusieurs autres se situent dans une zone floue entre critique du patriarcat et simple anecdote de couple un peu caricaturale, avec un mec lourdaud face à une femme parfois capricieuse. Le propos politique se dilue alors. Je pense par exemple à ces deux ou trois gags où la femme exige un cadeau à la hauteur de ses principes ou de celui qu'elle a offert elle-même, puis s'arroge le droit de frapper son conjoint s'il n'a pas payé assez cher : on n'est plus dans la dénonciation d'un système, mais dans une petite mesquinerie symétrique qui brouille complètement le message. À force d'accumuler des sketches de niveaux très variables, l'album perd en cohérence et en mordant. Au final, je retiens une bonne intention et quelques traits d'humour bien trouvés, mais trop d'inégalités pour que l'ensemble soit vraiment percutant. Note : 2,5/5
L'Escadron bleu, 1945
J'adhère à 100% à l'avis donné par Ro ! Sujet intéressant, mais présenté de manière confuse, tant la narration que le dessin (plutôt agréable par ailleurs) et les phylactères. Au point que j'ai fini le livre en le survolant pour me plonger plus rapidement dans les pages historiques ponctuant l'album.
Come Home Indio
J’adore les œuvres autobiographiques, et plus particulièrement ce genre de témoignage « brut de décoffrage » aux thématiques difficiles. Il est question de crise identitaire (Jim Terry est un métis amérindien), du traitement des peuples indigènes nord-américains, mais aussi (et surtout) de déchirements familiaux et d’alcoolisme. Ce dernier point est central au récit, et est assez violent – l’auteur se raconte sans filtre, avec suffisamment d’autodérision pour que le récit ne tombe pas dans le misérabilisme larmoyant. J’ai trouvé le ton juste et les problèmes relationnels entre l’auteur et ses parents touchants et bien amenés. La mise en image est réussie et m’a un peu rappelé le style de Will Eisner – il y a pire comme référence. L’auteur finit par avouer que Eisner fut une grande inspiration à ses débuts, ce qui ne m’étonne pas du tout. Par contre contrairement à Noirdésir, je ne comprends pas trop pourquoi l’avant-dernier chapitre est purement textuel (et lettré à la main dans la VO, donc pas super lisible). Il s’agit peut-être d’un choix narratif, mais j’ai vu ça comme un raccourci, une économie de moyens et de pages. Cela étant dit, je reste sur une impression très positive… inutile de vous infliger la lecture de ce pavé si vous êtes allergiques aux autobiographies nombrilistes, mais moi, c’est ma came !