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Les derniers avis (7 avis)

Couverture de la série Cathédrale
Cathédrale

Cardon est un vieux routier, qui a participé par ses dessins à de nombreuses entreprises : dessins de presse (Canard enchainé ; Humanité ; Le Monde), mais aussi des choses plus rentre dedans, dans Hara Kiri, Siné Massacre, Charlie Hebdo ou L’Écho des savanes. Par son activité, mais aussi par son dessin, Cardon a des accointances avec Topor. C’est assez visible ici, où son dessin use d’un Noir et Blanc à la fois précis et brumeux, mais surtout de décors étranges : il y a là beaucoup de poésie, et un certain surréalisme affleure dans les dédales de cette « cathédrale », au sein desquels se meut un personnage que nous suivons, sorte d’alter ego de l’auteur. Car, sans aucune parole, et avec une narration faisant la part belle à l’imagination, louvoyant entre quelques repères rappelant la réalité, c’est bien des quelques moments forts de sa propre vie que Cardon se sert pour guider le lecteur, à commencer par la seconde guerre mondiale, qui l’a fortement marqué (une longue préface présente d’ailleurs très bien cet aspect). Et bien sûr on y retrouve sa vision des pouvoirs et de la religion : la plupart des publications pour lesquelles il a travaillé ne les portaient pas dans leur cœur ! Par-delà l’aspect autobiographique, je dois dire que j’ai été captivé par ce dessin, vraiment très beau (et pour moi son caractère poétique est un réel plus). C’est vraiment un plaisir pour les yeux !

12/04/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Alicia, Prima Ballerina Assoluta
Alicia, Prima Ballerina Assoluta

Le background de cette BD est passionnant : au travers la vie de la ballerine cubaine Alicia Alonso, les autrices nous parlent de la danse classique de manière plus générale, et surtout de la vie à Cuba, à l’époque post-révolution castriste, mais aussi de nos jours : société, politique, danse, pauvreté. Le récit se présente sous la forme d’un roman graphique prenant et très humain. La narration est fluide et les sauts temporels entre les deux époques sont bien indiqués. J’ai avalé les 150 pages d’une traite… surtout que la mise en image est réussie, avec un graphisme lisible et élégant. Si je devais chipoter, je dirais qu’il est dommage de ne pas avoir inclus un mini documentaire sur la danseuse en fin d’album… on s’habite à ce genre de bonus sympathique. Une chouette BD, et un excellent moment de lecture.

12/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Passe misère
Passe misère

Pierre Maurel présente là un travail réalisé en résidence. Il nous fait découvrir un coin paumé de la France, au travers d’un commercial, bloqué là 3 jours le temps que sa bagnole accidentée soit réparée. Notre type va ainsi découvrir ce qui semble être un coin abandonné de tout – et presque de tous. Barre d’immeubles abandonnés et en voie de démolition, commerces rares, usines polluant les environs, et petites gens loin de l’effervescence parisienne. Notre type va d’étonnement en étonnement mais, au fil des rencontres, et jusqu’au barbecue final, va découvrir la vie qui résiste dans cet univers hostile, des gens plein d’envies, de la démerde aux initiatives artistiques, en passant par une volonté de combat et une tolérance qui remet en cause les clichés sur le racisme et la réaction, qui forcément gangrèneraient ces coins perdus et laissés pour compte : Pierre Maurel éclaire sans doute ce que la presse nationale avait « oublié » de voir lors de la révolte des Gilets jaunes. Son travail ressemble un peu sur la forme à certains albums de Simon Hureau. Cet album sans prétention est vite lu, mais c’est une lecture plutôt agréable (le dessin, simple et fluide y contribue).

12/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Saint Louis
Saint Louis

C’est un travail honnête, qui s’appuie sur deux historiens, et qui propose en fin d’album une très bonne bibliographie pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus. Au passage, si c’est le cas, jetez-vous sur le Saint-Louis de Le Goff, excellente biographie d’un immense historien (sa lecture m’avait passionné). Le dessin fait le job, malgré quelques imprécisions, il est efficace. Quant au récit, il présente – dans une sorte de flash-back (Louis IX se faisant relire sur son lit de mort ses dernières volontés, en rappelant ainsi ses actions et ses motivations à son héritier), les grands moments et la maturation du long règne. Si les auteurs n’hésitent pas à le présenter avec ses faiblesses (parfois ballotté par les événements, sa mère, un peu velléitaire), ils n’évitent pas selon moi plusieurs écueils. D’abord, à vouloir « tout dire » d’un long règne en un tome de 48 pages, on a l’impression parfois de lire une succession de dates manquant de liens entre elles. On a du mal à se passionner pour l’homme ou le sujet, c’est un peu aride et scolaire. J’aurais bien aimé voir développés certains aspects (les croisades contre les Cathares par exemple). Cette biographie aurait clairement gagné à se développer sur davantage de tomes. Ensuite, cette succession très scolaire ne fait que présenter le Saint avant le Roi, comme si la fin (Louis IX sera peu après sa mort béatifié) devait forcément se lire dans les débuts. Faute d’avoir donné suffisamment de consistance à l’époque et à l’homme (format et/ou choix éditoriaux obligent), on ne voit qu’une vision simplifiée (celle ensuite véhiculée par l’Église et la monarchie capétienne) du roi saint, dont certaines décisions – en tout cas leur présentation ici – paraissent naïves, voire ridicules, improbables en l’état. S’il n’est évidemment pas question dans cette collection de présenter un travail aussi profond et nuancé que chez Le Goff, je n’ai pas été captivé par le personnage que nous ont présenté les auteurs, je n’y ai pas cru. Une petite entrée en matière pour ceux qui ne connaissent pas le sujet (la lecture n’est pas désagréable !), mais qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

12/04/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Col de Py
Le Col de Py

Sans qu'elle sorte vraiment des sentiers battus ni ne marque fortement les esprits, cette BD atteint exactement son but et j'aurais eu du mal à la classer en simplement pas mal. C'est l'histoire vraie du fils de l'auteur atteint à la naissance d'une malformation cardiaque qui lui interdit tout effort et qui risque de le faire mourir à tout instant. C'est celle de sa femme et lui qui vont vivre dans l'angoisse durant des années, mais aussi celle du grand-père qui va les soutenir malgré son propre cancer et va s'attacher fortement à ce petit garçon à qui il veut transmettre tout son amour. Ma femme et moi ayant connu une autre situation médicale concernant notre fille, juste le temps d'un trimestre de grossesse heureusement, et au vu des mois de tourments et de mal-être que cela a engendré, je peux m'imaginer ce que l'auteur et sa femme ont vécu pendant nettement plus longtemps de leur côté, avec qui plus est leur enfant né, heureux et actif, et donc encore plus de risque de déchirement si les choses tournent mal. Et en parallèle, il y a la maladie du grand-père que ce dernier s'efforce de faire oublier à ses proches pour pouvoir s'occuper de son petit-fils et permettre aux parents de tenir le coup, et la découverte de cette famille et de leurs origines de gitans espagnols sédentarisés en France depuis deux générations. Bref, la base de ce récit est touchante. Mais elle ne m'a pas fait vibrer autant qu'elle aurait pu. Il lui manque une touche d'originalité dans la mise en scène, quelque chose qui la ferait vraiment sortir du lot pour atteindre plus facilement l'âme du lecteur. En l'état, aussi sincère soit-il, ce récit se révèle un peu trop basique sur la forme, presque trop factuel. J'ai lu récemment À cœur ouvert où Keramidas raconte son propre périple médical, là aussi pour un problème cardiaque, et la manière dont il y mélangeait humour, dérision et récit factuel a su davantage me rapprocher de lui et me rendre le récit poignant. Néanmoins, j'arrête là sur les reproches car tout le reste du Col de Py est impeccable. Le dessin est très sympathique, son aspect léger et souvent souriant contrastant avec la dureté des faits. Il évite ainsi le côté plombant qu'on aurait pu craindre face à un tel sujet. La narration est aussi très bien faite, avec un bon rythme et une mise en scène claire des faits, des explications médicales et de ce que ressentent les parents et les grands-parents. On s'attache à l'histoire, à cette famille, et j'ai même ressenti une certaine peur à un moment donné, quand je me suis demandé si les choses n'allaient pas soudainement tourner mal pour ce pauvre gamin. A ce propos, la manière dont le médecin annonce son verdict aux parents en fin d'album est franchement psychologiquement ratée : qu'avait-il besoin d'aborder en premier un problème technique plutôt que d'aller immédiatement à l'essentiel ? Et puis, quoique j'ai pu dire plus haut, la fin avec le grand-père dégage tout de même son lot d'émotions, de même que l'épilogue et surtout la photo finale rappelant de belle manière la réalité des faits qui viennent de nous être racontés. Bref, même si j'ai été moins touché que j'aurais pu l'être, ça reste un très bel album, à la fois probablement cathartique pour l'auteur et sa famille, et qui saura sûrement parler aux lecteurs parents, surtout s'ils ont eu eux-mêmes à souffrir d'un problème médical pour leur enfant.

12/04/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 3/5
Couverture de la série Le Joueur d'échecs (David Sala)
Le Joueur d'échecs (David Sala)

Une chouette adaptation du roman de Stefan Sweig. On y suit la rencontre et le duel aux échecs improbables entre un champion du monde et un parfait inconnu ayant subi les affres du système nazi. Ce qui m'a le plus intéressé (voir même troublé) dans cet album, est toute la partie nous narrant les origines du talent de l'illustre inconnu. Je ne vous en dit pas plus à ce sujet afin que vous puissiez le découvrir par vous même, mais il était intéressant de rappeler que toutes les tortures ne sont pas toujours physiques et que ces dernières sont loin d'être les pires. La BD se lit rapidement. La fin est logique, peut être un peu brutale à mon goût. Je n'aurais pas été contre quelques pages supplémentaires pour l'amener plus en douceur . La partie graphique est vraiment bien travaillée. Nous sommes dans le thème des échecs et on ne peut pas le louper. Il y a eu un vrai travail esthétique à ce niveau et c'est très plaisant à voir. 3 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

12/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Clandestine
Clandestine

Après lecture des avis précédents, force m'est d'être d'accord avec de nombreux points. Graphiquement tout d'abord, on sent une maîtrise assez impressionnante derrière l'apparente facilité et simplicité du trait. Sur la mise en scène ensuite, la traduction des sentiments et de cette histoire dans le medium de la bande dessinée est là encore très intelligemment faite, et je serais curieux de voir ce que donnerait ce récit écrit en tant que roman. Sur l' histoire enfin. Une enfant "en trop" raconte sa jeunesse et sa prime jeunesse, et tout est loin d'être rose. Abandonnée par sa mère, élevée par sa grand-mère et son arrière grand-mère dans une autre époque, on ressent très fortement les absences dont elle est victime. Absence de sa mère, bien sûr, mais aussi absence d'attention, absence d'intérêt, absence de bienveillance, absence d'éducation, absence d'explications... Certaines scènes serrent la gorge tant ces absences confinent à la négligence et à la maltraitance. Virginie est cependant une petite fille pleine de vie, et elle réussira arracher l'affection de ces proches. En 200 pages, on a l'impression qu'il y a pas mal de redites, et le rythme est forcément lent. Certaines scènes donnent aussi l'impression d'être trop longues. Mais à vrai dire, c'est sans doute cette lenteur et ce temps pris pour faire ressentir les choses qui font que cet album sent tellement le vécu. Il est vraisemblable que s'il y avait eu un tome 2, il aurait montré comment cette jeune fille aurait continué à se construire, aurait trouvé des moments de bonheur, tout en restant profondément marquée par cette absence. Mais nous ne le saurons pas. Je ne sais pas si je la relirai un jour, et cette histoire présente quelques défauts. Mais elle présente aussi de nombreuses qualités, et est vraiment très bien racontée.

12/04/2021 (modifier)