J’arrondis aux trois étoiles, parce que la seconde moitié de l’album est quand même plus engageante, et que j’aime bien ce format à l’italienne (et le travail éditorial d’Atrabile).
Mais je pense que cet album n’est pas vraiment ma came. Le gros premier tiers est même ennuyeux par endroit, avec une atmosphère étouffante, dans une famille un peu – beaucoup – dysfonctionnelle, une sorte de malaise/enfer familial. Quelques dialogues ou situations amusantes permettent de passer outre une certaine répétition, mais ce gros début m’a un peu soulé au bout d’un moment (et le dessin, un peu minimaliste mais lisible, n’est pas non plus ma tasse de thé).
La suite est un peu plus intéressante. On n’est plus sur le couple en crise et leurs enfants, d’autres personnages entrent en scène, on est moins souvent dans le huis-clos du logement de notre quatuor, ce qui aère le récit, et m’ont permis de finir ce récit avec un peu moins de réticences.
Mais, clairement, cet album m’a beaucoup moins captivé que mes prédécesseurs.
Les dessins d'Attanasio sont drôles mais les histoires et le comportement des personnages principaux sont souvent trop répétitifs. La contribution de Goscinny aux textes a été fondamentale: mes histoires préférées sont Spaghetti et le Grand Zampone (un boxeur sensible et timide), et surtout Spaghetti à Paris (avec les touristes américains). C'est pourquoi je vous dis washawasha, goushagousha et washa hop hop!
Une BD douce et poétique où un grand frère voit pousser des fleurs sur sa tête, dans un conte ouvert et contemplatif.
J'ai trouvé cette BD globalement agréable à lire, surtout pour son aspect visuel. Le dessin est très joli, soigné et délicat, et les couleurs sont particulièrement réussies, douces et harmonieuses, ce qui donne à l'ensemble une vraie poésie visuelle.
Sur le fond, j'ai longtemps été perplexe face à l'idée de départ : ces fleurs qui poussent sur la tête du grand frère. Je me suis demandé s'il fallait y voir une analogie précise (maladie, transformation, adolescence, différence...), mais je n'ai pas vraiment eu le sentiment qu'il y ait une clé unique. J'y ai plutôt vu un conte ouvert, volontairement ambigu, qui laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui m'a à la fois intéressé et laissé un peu à distance.
L'histoire est très douce, presque trop par moments. Il y a peu de tension ou de conflit, ce qui donne un récit assez linéaire et très apaisé, mais aussi une impression de manque d'ampleur, comme si le potentiel de l'idée de départ restait partiellement en surface. La fin m'a quand même apporté une touche plus émotive car j'y ai vu l'évocation discrète du deuil, ainsi que l'importance de garder en mémoire les belles choses et ce que nous apportent les rencontres et les expériences passées. Cela donne finalement un peu plus de profondeur à l'ensemble.
En 1661, à Paris, un jeune orphelin rêve de théâtre et voit son destin basculer lorsqu'il croise la route de Molière, qui lui ouvre les portes de sa troupe, au cœur d'une époque marquée par les intrigues du règne de Louis XIV.
Le point de départ est séduisant, avec ce parcours d'apprentissage qui permet de croiser plusieurs grandes figures historiques et de découvrir les coulisses du théâtre et de la cour. L'ensemble se lit sans déplaisir, mais je dois reconnaître que je suis resté assez extérieur au récit, qui m'a semblé intéressant sans jamais devenir vraiment passionnant. L'intrigue reste assez sage, avec des enjeux limités et un déroulé qui donne parfois l'impression d'enchaîner les étapes sans véritable montée en intensité.
Graphiquement, le travail est indéniablement soigné. Le dessin est précis, détaillé, avec une belle reconstitution des décors et des costumes, ce qui rend l'ensemble agréable à parcourir. Mais malgré ces qualités, j'ai trouvé l'ensemble assez figé, avec un encrage imprécis et des personnages qui manquent de dynamisme ou d'expressivité, ce qui n'aide pas à donner du relief aux scènes.
Les couleurs, quant à elles, sont correctes, mais m'ont paru manquer de charme et surtout d'harmonie. Elles accompagnent le récit sans vraiment le sublimer, là où un traitement plus marqué aurait sans doute renforcé l'immersion.
Au-delà de ces aspects, c'est surtout l'ampleur du récit qui m'a laissé sur ma faim. L'histoire donne le sentiment de ne faire qu'effleurer son sujet, comme si elle se limitait à une introduction ou à une mise en place. J'aurais aimé que le parcours de Gabriel prenne davantage d'envergure, que les enjeux soient plus développés, ou que le récit s'inscrive dans quelque chose de plus long. En l'état, cela ressemble presque à un premier chapitre qui ne serait pas suivi.
C'est donc une lecture agréable et bien réalisée sur le plan formel, mais qui manque de souffle et d'ambition pour réellement marquer.
Je vais faire une promenade par ici...
Simple, belle et délicate en même temps, comme un haïku japonais, cette œuvre m'a réconcilié avec le manga.
Les dix-sept chapitres qui la composent contribuent progressivement à la création d'un état contemplatif et de sérénité. J'ai beaucoup aimé les paysages si détaillés, à la fois naturels (surtout les arbres) et urbains. Ils nous font regarder la réalité quotidienne d'une manière nouvelle et créative.
Ce n'est pas une œuvre qui peut plaire à tous les publics, je pense : le dessin des personnages et la lenteur de la narration peuvent constituer un obstacle. Mais je recommande la contemplation et l'invitation à la méditation.
Fuyant une famille violente et misérable, sept frères prennent la route sous l'impulsion du plus jeune, Yann, persuadé qu'un danger imminent les menace, et entament un périple vers l'océan, jalonné de rencontres et de témoignages qui reconstituent peu à peu leur histoire.
J'ai été séduit par le dessin de cette adaptation. Le trait est très agréable, expressif, avec une vraie personnalité, et les couleurs sont particulièrement réussies, à la fois douces et évocatrices, renforçant aussi bien les ambiances sombres du départ que les moments plus lumineux du voyage. Visuellement, c'est une belle réussite, qui accompagne parfaitement le ton du récit.
L'histoire, de son côté, s'inscrit comme une relecture moderne du Petit Poucet, mais dans une version finalement plus bienveillante. On retrouve cette idée de fratrie en fuite, menée par le plus jeune, mais débarrassée de la figure de l'ogre au profit d'un enchaînement de rencontres souvent empreintes d'empathie. Ce qui ressort surtout, c'est la relation touchante entre les frères, avec une vraie solidarité et une bienveillance constante qui donnent au récit une dimension chaleureuse malgré le contexte social difficile.
Le parcours fonctionne bien, avec ce côté road trip ponctué de témoignages et de points de vue variés, qui apportent du rythme et permettent de reconstituer progressivement l'histoire. Il y a une forme de douceur et de poésie dans cette progression, malgré la dureté de certains passages, ce qui rend la lecture agréable et fluide.
En revanche, je suis un peu plus réservé sur le fond de l'intrigue et surtout sur sa conclusion. Sans être décevante, elle donne une impression étrange de retour à zéro, comme si tout ce qui avait été construit n'aboutissait pas vraiment à une évolution concrète de la situation. Sauf pour l'un des personnages, pour qui l'épilogue bascule dans une dimension moins réaliste que ce que proposait jusque-là l'histoire, ce qui m'a un peu sorti du cadre posé au départ, même si cela reste assez joli.
Je ressors plutôt charmé par l'ensemble, notamment grâce à son graphisme, son atmosphère, ses personnages et sa dimension humaine, mais aussi légèrement circonspect face à une conclusion qui laisse une impression d'inabouti ou de décalage avec le reste du récit.
Dans mes lectures en retard, Segments attendait depuis de long mois que je daigne y prêter attention. Et quelle surprise !
On a affaire à une vraie belle œuvre de science fiction, l'univers imaginé est très solide, il y a une richesse narrative indéniable.
Richard Malka que je ne connaissais pas a fait du bon boulot. Un travail d'outsider qui se donne à fond en respectant les codes du genre.
On voyage à bord de vaisseaux entre différentes planètes, les escales sont périlleuses, le souffle de l'aventure nous emporte !
L'humour n'est pas absent et rappelle la SF des années 80 qui ne se prenait pas encore trop au sérieux.
Les dessins de Gimenez sont une fois de plus un délice et un émerveillement... Sa notoriété n'est et n'était définitivement pas à la hauteur de son talent.
Le seul défaut de cette bande est d'être sortie entre 2011 et 2014. Elle n'apporte rien de nouveau au genre mais tout est si bien fait... Même la conclusion est à la hauteur.
Indispensable pour tout amateur de SF.
Si on connaissait déjà « l’homme qui tire plus vite que son ombre », peut-être avons-nous ici « l’homme qui a imaginé le titre le plus long du monde », Guillaume Bouzard. Un champion dans sa catégorie : ingérable. En tout cas, pour un éditeur… D’ailleurs, ledit Bouzard s’est même permis de ne pas citer Lucky Luke dans le titre en question, alors que l’album est censé accompagner la sortie en ce printemps de la « série événement » dont le héros est le célèbre cow-boy solitaire.
Ce fut l’idée lumineuse de Dargaud, l’éditeur historique des « Lucky Luke », de proposer à un dessinateur de produire un carnet de route du tournage. Bouzard fut donc l’heureux élu, logique puisque l’auteur le plus rigolo de la galaxie avait déjà publié en 2017 une parodie du héros du Far West (« Jolly Jumper ne répond plus »). Pour ce faire, ce dernier s’est rendu en Espagne du côté d’Almeria, là où furent tournés autrefois des monuments du cinéma, notamment « Il était une fois dans l’Ouest », « Pour une poignée de dollars », « Lawrence d’Arabie » ou encore « Indiana Jones et la dernière croisade »…
« Jamais le dernier pour la déconne », l’ami Bouzard s’est donc envolé aux frais de la princesse dans le désert de Tabernas, au milieu des décors du « Far West andalou », pour y concevoir son « presque journal d’un tournage ». L’expression n’est pas galvaudée, car comme on s’en doute, Bouzard a fait exactement ce qu’on attendait de lui, c'est-à-dire faire en sorte que l’on ne sache pas à quoi s’attendre… Dans les limites imposées par ce type d’ouvrage (parce que c’est tout de même une commande), il a réussi de son côté à imposer son « n’importe nawak » proverbial. Hormis ses dons de « dessinateur rigolo », expert en autodérision, Bouzard se met en scène en transformant ses gaffes en gags, ou en baragouinant un espagnol approximatif histoire de faire le malin. Il possède aussi un certain talent pour passer dans le champ des caméras au mauvais moment ou de mettre le « seum » à son éditeur qui aimerait bien un truc un peu cohérent, parce que tout de même, il faudrait qu’il y ait un retour sur investissement.
On sera étonné une fois de plus — même si on le savait déjà depuis « The autobiography of me too » — de constater que l’auteur a la faculté d’avoir des discussions avec les canidés. Ici, il a trouvé en Rantanplan le confident idéal, contrairement à l’équipe de tournage trop affairée pour lui accorder une quelconque importance, parfois condescendante et dédaignant ses propositions d’« apporter un œil neuf » sur la façon de tourner un film…
Si on ne retrouve pas le niveau de « The Autobiography of me too », on ressort plus enthousiaste que pour son opus avec Lucky Luke, « Jolly Jumper ne répond plus », lequel manquait de souffle burlesque. Ici, on reconnaît bien la patte décalée de l’auteur, avec des passages pleins de fantaisie hilarante (le cahier graphique en IA, ou le maquillage improvisé…). Et de son trait faussement nonchalant, il maîtrise toujours le sens du mouvement pour accentuer la drôlerie des scènes les plus excentriques (l’inénarrable scène avec les chèvres).
J’ai emprunté et lu les cinq premiers albums (chacun développe une histoire indépendante). Si j’avais lu les albums au moment de leur sortie, je pense que j’aurais peut-être arrêté après le premier – voire le suivant. En effet, j’ai trouvé le démarrage un peu poussif et « facile » (la façon dont notre héros devient détective en quelques seconde après avoir été licencié de son usine d’horlogerie !?).
Mais j’ai insisté, et j’ai bien fait. Et d’ailleurs, rétrospectivement, même ces premiers albums sont intéressants – même si j’ai davantage apprécié certains des suivants.
Le personnage principal, Le Choucas donc, est un détective privé « à l’ancienne ». D’ailleurs, dessin et narration ont tous deux quelque chose d’un peu désuet, font sans doute plus que leur âge (je n’aurais probablement pas été surpris d’apprendre que ces albums dataient de plus d’une décennie que la réalité !).
C’est que Lax nous immerge dans une sorte de clin d’œil permanent aux récits policiers de la collection « Série noire » (époque historique) : de très nombreuses citations (dans les dialogues ou dans les commentaires off), apparitions récurrentes de couvertures de romans de cette collection. Avec un Choucas qui a des airs d’un Humphrey Boggart « fatigué ».
La narration est, elle aussi, proche de pas mal de récits noirs et poisseux parus dans la célèbre collection policière de Gallimard. Du coup, c’est souvent lent – et le premier album, qui doit en plus planter le décor et présenter les personnages, en a sans doute pâti.
Mais l’ensemble est rehaussé par les dialogues et commentaires, qui, en plus de faire souvent référence aux romans de la « Série noire », sont assez enlevés, multiplient les jeux de mots : la lecture est, du coup, assez savoureuse, et le rythme, certes un peu lent (quoi que, pas tant que ça sur les tomes 4 et 5) se trouve constamment relancé par ces tirades.
Autour du Choucas gravitent quelques seconds rôles : un livreur de pizzas, un concierge amateur de statistiques beauf et lourdingue, la frangine du héros, et surtout Gabin, chauffeur de taxi qui l’accompagne sur certains passages, et le tire même de certains mauvais draps (de façons improbables dans le tome 5).
Des cinq albums que j’ai lus (je lirais le sixième dès que j’en aurais l’occasion), mes préférés sont le 4 et le 5. Le quatrième (« Le Choucas n’en mène pas large »), est plus exotique que les autres (où l’intrigue est d’habitude plus « casanière », dans Paris essentiellement – quelques petits points communs – dialogues y compris – avec certains passages des Burma de Léo Malet), plus dynamique, avec de longs passages dans la forêt amazonienne (un peu de la fraicheur du film « L’homme de Rio », retravaillé à la sauce roman policier noir). J’ai vraiment beaucoup aimé cet album.
Dans un autre registre, le cinquième (« Le Choucas met le feu aux poudres ») est lui aussi réussi. Il joue davantage sur le registre loufoque (mais cet aspect n’était pas complètement absent avant : voir l’album où une joueuse de scrabble est éliminé pour une raison improbable) : l’attaque des éditions Dynamite par des femmes en furie – et le viol du PDG droitiste par sa secrétaire sont assez savoureux, alors que l’enquête de base (sur la disparition d’un furet !?) est un prétexte vite escamoté.
Bref, une série assez originale, et recommandable. Le dessin de Lax est sans doute moins « chiadé » que ce qu’il a pu faire ailleurs, mais son style colle bien au polar noir faussement miteux développé ici. Je suis moins convaincu par la colorisation.
Note réelle 3,5/5.
J'ai bien aimé cette BD. D'abord parce que je m'intéresse à la peinture, mais aussi parce qu'elle m'a permis de découvrir la face cachée de Van Gogh dont je ne connaissais que l'œuvre picturale, que je trouve, comme beaucoup, absolument magnifique (et très singulière - impossible de confondre ses toiles avec celles d'un autre peintre).
Van Gogh, et le mouvement Impressionniste en général, c'est un peu la tarte à la crème de l'Histoire de l'Art, entendons par là qu'elle fait véritablement partie de la culture populaire. Que l'on s'intéresse au sujet ou pas, tout le monde connais les tournesols. On les voit partout : boites de chocolat, ou de sucre, t-shirts, pubs... Sans compter les films, références diverses disséminées dans d'autres créations, parodies... Bref ! Van Gogh, Monet, Renoir et compagnie, c'est presque dans nos cerveaux reptiliens.
Mais qu'en est-il de l'artiste, de sa vie, de ce qui lui a réellement tordu les boyaux ? C'est bien là le moindre des mérites de cette BD : éclairer la vie de Vincent Van Gogh avant la lettre (ou plus exactement avant le coup de pinceau). Je n'en dirai pas plus, ne voulant pas spoiler, mais franchement, j'étais à mille lieux d'imaginer ce qu'avait pu être la jeunesse du bonhomme. Rien que pour ça, je ressors assez étonné de ma lecture. Je sens que j'ai fait le plein de quelque chose, que désormais, le regard que je porterai sur son œuvre va s'enrichir d'une lumière nouvelle, et ça, c'est très satisfaisant.
Alors certes, je suis assez d'accord avec Noirdésir pour dire que le procédé narratif est un brin monotone. Néanmoins, cette tentative de pénétrer au cœur même de la psyché de l'artiste, de disséquer les sentiments et les émotions qui ont pu le traverser, me semble très pertinente et réussie. On saisit également quelques moments clefs, ou qui on pu être des moments charnières, comme le fait de payer les gens avec ses dessins (on imagine aisément tout ce qui a dû être perdu, mais aussi comment on peut de temps en temps retrouver des œuvres d'artistes dans des endroits improbables). Ca fonctionne, c'est cohérent.
Et oui, on aurait aimé une bibliographie ! Du coup, j'ai un peu cherché, et je suis tombé sur ce site : https://vangoghletters.org/vg/letters.html. Toutes les lettres sont rassemblées ici, même si non traduites. En outre, on trouvera différents bouquins rassemblant tout ou partie de cette correspondance entretenue avec son frangin. Lettres à Theo, Dernière lettre à Theo (Metin Arditi), Van Gogh et ses lettres (Leo Jansen)... Je m'en vais d'ailleurs de ce pas réserver les bouquins à la bibliothèque...
Je ne terminerai quand même pas sans évoquer le dessin de Sergio Salma, très chouette. Il a ce genre de trait qui me plait beaucoup. Si on aime la peinture (et la BD), il serait dommage de passer à côté de cette BD.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Why don't you love me?
J’arrondis aux trois étoiles, parce que la seconde moitié de l’album est quand même plus engageante, et que j’aime bien ce format à l’italienne (et le travail éditorial d’Atrabile). Mais je pense que cet album n’est pas vraiment ma came. Le gros premier tiers est même ennuyeux par endroit, avec une atmosphère étouffante, dans une famille un peu – beaucoup – dysfonctionnelle, une sorte de malaise/enfer familial. Quelques dialogues ou situations amusantes permettent de passer outre une certaine répétition, mais ce gros début m’a un peu soulé au bout d’un moment (et le dessin, un peu minimaliste mais lisible, n’est pas non plus ma tasse de thé). La suite est un peu plus intéressante. On n’est plus sur le couple en crise et leurs enfants, d’autres personnages entrent en scène, on est moins souvent dans le huis-clos du logement de notre quatuor, ce qui aère le récit, et m’ont permis de finir ce récit avec un peu moins de réticences. Mais, clairement, cet album m’a beaucoup moins captivé que mes prédécesseurs.
Spaghetti
Les dessins d'Attanasio sont drôles mais les histoires et le comportement des personnages principaux sont souvent trop répétitifs. La contribution de Goscinny aux textes a été fondamentale: mes histoires préférées sont Spaghetti et le Grand Zampone (un boxeur sensible et timide), et surtout Spaghetti à Paris (avec les touristes américains). C'est pourquoi je vous dis washawasha, goushagousha et washa hop hop!
Les Fleurs de Grand frère
Une BD douce et poétique où un grand frère voit pousser des fleurs sur sa tête, dans un conte ouvert et contemplatif. J'ai trouvé cette BD globalement agréable à lire, surtout pour son aspect visuel. Le dessin est très joli, soigné et délicat, et les couleurs sont particulièrement réussies, douces et harmonieuses, ce qui donne à l'ensemble une vraie poésie visuelle. Sur le fond, j'ai longtemps été perplexe face à l'idée de départ : ces fleurs qui poussent sur la tête du grand frère. Je me suis demandé s'il fallait y voir une analogie précise (maladie, transformation, adolescence, différence...), mais je n'ai pas vraiment eu le sentiment qu'il y ait une clé unique. J'y ai plutôt vu un conte ouvert, volontairement ambigu, qui laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui m'a à la fois intéressé et laissé un peu à distance. L'histoire est très douce, presque trop par moments. Il y a peu de tension ou de conflit, ce qui donne un récit assez linéaire et très apaisé, mais aussi une impression de manque d'ampleur, comme si le potentiel de l'idée de départ restait partiellement en surface. La fin m'a quand même apporté une touche plus émotive car j'y ai vu l'évocation discrète du deuil, ainsi que l'importance de garder en mémoire les belles choses et ce que nous apportent les rencontres et les expériences passées. Cela donne finalement un peu plus de profondeur à l'ensemble.
L'Homme qui a séduit le soleil
En 1661, à Paris, un jeune orphelin rêve de théâtre et voit son destin basculer lorsqu'il croise la route de Molière, qui lui ouvre les portes de sa troupe, au cœur d'une époque marquée par les intrigues du règne de Louis XIV. Le point de départ est séduisant, avec ce parcours d'apprentissage qui permet de croiser plusieurs grandes figures historiques et de découvrir les coulisses du théâtre et de la cour. L'ensemble se lit sans déplaisir, mais je dois reconnaître que je suis resté assez extérieur au récit, qui m'a semblé intéressant sans jamais devenir vraiment passionnant. L'intrigue reste assez sage, avec des enjeux limités et un déroulé qui donne parfois l'impression d'enchaîner les étapes sans véritable montée en intensité. Graphiquement, le travail est indéniablement soigné. Le dessin est précis, détaillé, avec une belle reconstitution des décors et des costumes, ce qui rend l'ensemble agréable à parcourir. Mais malgré ces qualités, j'ai trouvé l'ensemble assez figé, avec un encrage imprécis et des personnages qui manquent de dynamisme ou d'expressivité, ce qui n'aide pas à donner du relief aux scènes. Les couleurs, quant à elles, sont correctes, mais m'ont paru manquer de charme et surtout d'harmonie. Elles accompagnent le récit sans vraiment le sublimer, là où un traitement plus marqué aurait sans doute renforcé l'immersion. Au-delà de ces aspects, c'est surtout l'ampleur du récit qui m'a laissé sur ma faim. L'histoire donne le sentiment de ne faire qu'effleurer son sujet, comme si elle se limitait à une introduction ou à une mise en place. J'aurais aimé que le parcours de Gabriel prenne davantage d'envergure, que les enjeux soient plus développés, ou que le récit s'inscrive dans quelque chose de plus long. En l'état, cela ressemble presque à un premier chapitre qui ne serait pas suivi. C'est donc une lecture agréable et bien réalisée sur le plan formel, mais qui manque de souffle et d'ambition pour réellement marquer.
L'Homme qui marche
Je vais faire une promenade par ici... Simple, belle et délicate en même temps, comme un haïku japonais, cette œuvre m'a réconcilié avec le manga. Les dix-sept chapitres qui la composent contribuent progressivement à la création d'un état contemplatif et de sérénité. J'ai beaucoup aimé les paysages si détaillés, à la fois naturels (surtout les arbres) et urbains. Ils nous font regarder la réalité quotidienne d'une manière nouvelle et créative. Ce n'est pas une œuvre qui peut plaire à tous les publics, je pense : le dessin des personnages et la lenteur de la narration peuvent constituer un obstacle. Mais je recommande la contemplation et l'invitation à la méditation.
L'Enfant océan
Fuyant une famille violente et misérable, sept frères prennent la route sous l'impulsion du plus jeune, Yann, persuadé qu'un danger imminent les menace, et entament un périple vers l'océan, jalonné de rencontres et de témoignages qui reconstituent peu à peu leur histoire. J'ai été séduit par le dessin de cette adaptation. Le trait est très agréable, expressif, avec une vraie personnalité, et les couleurs sont particulièrement réussies, à la fois douces et évocatrices, renforçant aussi bien les ambiances sombres du départ que les moments plus lumineux du voyage. Visuellement, c'est une belle réussite, qui accompagne parfaitement le ton du récit. L'histoire, de son côté, s'inscrit comme une relecture moderne du Petit Poucet, mais dans une version finalement plus bienveillante. On retrouve cette idée de fratrie en fuite, menée par le plus jeune, mais débarrassée de la figure de l'ogre au profit d'un enchaînement de rencontres souvent empreintes d'empathie. Ce qui ressort surtout, c'est la relation touchante entre les frères, avec une vraie solidarité et une bienveillance constante qui donnent au récit une dimension chaleureuse malgré le contexte social difficile. Le parcours fonctionne bien, avec ce côté road trip ponctué de témoignages et de points de vue variés, qui apportent du rythme et permettent de reconstituer progressivement l'histoire. Il y a une forme de douceur et de poésie dans cette progression, malgré la dureté de certains passages, ce qui rend la lecture agréable et fluide. En revanche, je suis un peu plus réservé sur le fond de l'intrigue et surtout sur sa conclusion. Sans être décevante, elle donne une impression étrange de retour à zéro, comme si tout ce qui avait été construit n'aboutissait pas vraiment à une évolution concrète de la situation. Sauf pour l'un des personnages, pour qui l'épilogue bascule dans une dimension moins réaliste que ce que proposait jusque-là l'histoire, ce qui m'a un peu sorti du cadre posé au départ, même si cela reste assez joli. Je ressors plutôt charmé par l'ensemble, notamment grâce à son graphisme, son atmosphère, ses personnages et sa dimension humaine, mais aussi légèrement circonspect face à une conclusion qui laisse une impression d'inabouti ou de décalage avec le reste du récit.
Segments
Dans mes lectures en retard, Segments attendait depuis de long mois que je daigne y prêter attention. Et quelle surprise ! On a affaire à une vraie belle œuvre de science fiction, l'univers imaginé est très solide, il y a une richesse narrative indéniable. Richard Malka que je ne connaissais pas a fait du bon boulot. Un travail d'outsider qui se donne à fond en respectant les codes du genre. On voyage à bord de vaisseaux entre différentes planètes, les escales sont périlleuses, le souffle de l'aventure nous emporte ! L'humour n'est pas absent et rappelle la SF des années 80 qui ne se prenait pas encore trop au sérieux. Les dessins de Gimenez sont une fois de plus un délice et un émerveillement... Sa notoriété n'est et n'était définitivement pas à la hauteur de son talent. Le seul défaut de cette bande est d'être sortie entre 2011 et 2014. Elle n'apporte rien de nouveau au genre mais tout est si bien fait... Même la conclusion est à la hauteur. Indispensable pour tout amateur de SF.
L'Homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre (presque journal d'un tournage)
Si on connaissait déjà « l’homme qui tire plus vite que son ombre », peut-être avons-nous ici « l’homme qui a imaginé le titre le plus long du monde », Guillaume Bouzard. Un champion dans sa catégorie : ingérable. En tout cas, pour un éditeur… D’ailleurs, ledit Bouzard s’est même permis de ne pas citer Lucky Luke dans le titre en question, alors que l’album est censé accompagner la sortie en ce printemps de la « série événement » dont le héros est le célèbre cow-boy solitaire. Ce fut l’idée lumineuse de Dargaud, l’éditeur historique des « Lucky Luke », de proposer à un dessinateur de produire un carnet de route du tournage. Bouzard fut donc l’heureux élu, logique puisque l’auteur le plus rigolo de la galaxie avait déjà publié en 2017 une parodie du héros du Far West (« Jolly Jumper ne répond plus »). Pour ce faire, ce dernier s’est rendu en Espagne du côté d’Almeria, là où furent tournés autrefois des monuments du cinéma, notamment « Il était une fois dans l’Ouest », « Pour une poignée de dollars », « Lawrence d’Arabie » ou encore « Indiana Jones et la dernière croisade »… « Jamais le dernier pour la déconne », l’ami Bouzard s’est donc envolé aux frais de la princesse dans le désert de Tabernas, au milieu des décors du « Far West andalou », pour y concevoir son « presque journal d’un tournage ». L’expression n’est pas galvaudée, car comme on s’en doute, Bouzard a fait exactement ce qu’on attendait de lui, c'est-à-dire faire en sorte que l’on ne sache pas à quoi s’attendre… Dans les limites imposées par ce type d’ouvrage (parce que c’est tout de même une commande), il a réussi de son côté à imposer son « n’importe nawak » proverbial. Hormis ses dons de « dessinateur rigolo », expert en autodérision, Bouzard se met en scène en transformant ses gaffes en gags, ou en baragouinant un espagnol approximatif histoire de faire le malin. Il possède aussi un certain talent pour passer dans le champ des caméras au mauvais moment ou de mettre le « seum » à son éditeur qui aimerait bien un truc un peu cohérent, parce que tout de même, il faudrait qu’il y ait un retour sur investissement. On sera étonné une fois de plus — même si on le savait déjà depuis « The autobiography of me too » — de constater que l’auteur a la faculté d’avoir des discussions avec les canidés. Ici, il a trouvé en Rantanplan le confident idéal, contrairement à l’équipe de tournage trop affairée pour lui accorder une quelconque importance, parfois condescendante et dédaignant ses propositions d’« apporter un œil neuf » sur la façon de tourner un film… Si on ne retrouve pas le niveau de « The Autobiography of me too », on ressort plus enthousiaste que pour son opus avec Lucky Luke, « Jolly Jumper ne répond plus », lequel manquait de souffle burlesque. Ici, on reconnaît bien la patte décalée de l’auteur, avec des passages pleins de fantaisie hilarante (le cahier graphique en IA, ou le maquillage improvisé…). Et de son trait faussement nonchalant, il maîtrise toujours le sens du mouvement pour accentuer la drôlerie des scènes les plus excentriques (l’inénarrable scène avec les chèvres).
Le Choucas
J’ai emprunté et lu les cinq premiers albums (chacun développe une histoire indépendante). Si j’avais lu les albums au moment de leur sortie, je pense que j’aurais peut-être arrêté après le premier – voire le suivant. En effet, j’ai trouvé le démarrage un peu poussif et « facile » (la façon dont notre héros devient détective en quelques seconde après avoir été licencié de son usine d’horlogerie !?). Mais j’ai insisté, et j’ai bien fait. Et d’ailleurs, rétrospectivement, même ces premiers albums sont intéressants – même si j’ai davantage apprécié certains des suivants. Le personnage principal, Le Choucas donc, est un détective privé « à l’ancienne ». D’ailleurs, dessin et narration ont tous deux quelque chose d’un peu désuet, font sans doute plus que leur âge (je n’aurais probablement pas été surpris d’apprendre que ces albums dataient de plus d’une décennie que la réalité !). C’est que Lax nous immerge dans une sorte de clin d’œil permanent aux récits policiers de la collection « Série noire » (époque historique) : de très nombreuses citations (dans les dialogues ou dans les commentaires off), apparitions récurrentes de couvertures de romans de cette collection. Avec un Choucas qui a des airs d’un Humphrey Boggart « fatigué ». La narration est, elle aussi, proche de pas mal de récits noirs et poisseux parus dans la célèbre collection policière de Gallimard. Du coup, c’est souvent lent – et le premier album, qui doit en plus planter le décor et présenter les personnages, en a sans doute pâti. Mais l’ensemble est rehaussé par les dialogues et commentaires, qui, en plus de faire souvent référence aux romans de la « Série noire », sont assez enlevés, multiplient les jeux de mots : la lecture est, du coup, assez savoureuse, et le rythme, certes un peu lent (quoi que, pas tant que ça sur les tomes 4 et 5) se trouve constamment relancé par ces tirades. Autour du Choucas gravitent quelques seconds rôles : un livreur de pizzas, un concierge amateur de statistiques beauf et lourdingue, la frangine du héros, et surtout Gabin, chauffeur de taxi qui l’accompagne sur certains passages, et le tire même de certains mauvais draps (de façons improbables dans le tome 5). Des cinq albums que j’ai lus (je lirais le sixième dès que j’en aurais l’occasion), mes préférés sont le 4 et le 5. Le quatrième (« Le Choucas n’en mène pas large »), est plus exotique que les autres (où l’intrigue est d’habitude plus « casanière », dans Paris essentiellement – quelques petits points communs – dialogues y compris – avec certains passages des Burma de Léo Malet), plus dynamique, avec de longs passages dans la forêt amazonienne (un peu de la fraicheur du film « L’homme de Rio », retravaillé à la sauce roman policier noir). J’ai vraiment beaucoup aimé cet album. Dans un autre registre, le cinquième (« Le Choucas met le feu aux poudres ») est lui aussi réussi. Il joue davantage sur le registre loufoque (mais cet aspect n’était pas complètement absent avant : voir l’album où une joueuse de scrabble est éliminé pour une raison improbable) : l’attaque des éditions Dynamite par des femmes en furie – et le viol du PDG droitiste par sa secrétaire sont assez savoureux, alors que l’enquête de base (sur la disparition d’un furet !?) est un prétexte vite escamoté. Bref, une série assez originale, et recommandable. Le dessin de Lax est sans doute moins « chiadé » que ce qu’il a pu faire ailleurs, mais son style colle bien au polar noir faussement miteux développé ici. Je suis moins convaincu par la colorisation. Note réelle 3,5/5.
Vincent avant Van Gogh
J'ai bien aimé cette BD. D'abord parce que je m'intéresse à la peinture, mais aussi parce qu'elle m'a permis de découvrir la face cachée de Van Gogh dont je ne connaissais que l'œuvre picturale, que je trouve, comme beaucoup, absolument magnifique (et très singulière - impossible de confondre ses toiles avec celles d'un autre peintre). Van Gogh, et le mouvement Impressionniste en général, c'est un peu la tarte à la crème de l'Histoire de l'Art, entendons par là qu'elle fait véritablement partie de la culture populaire. Que l'on s'intéresse au sujet ou pas, tout le monde connais les tournesols. On les voit partout : boites de chocolat, ou de sucre, t-shirts, pubs... Sans compter les films, références diverses disséminées dans d'autres créations, parodies... Bref ! Van Gogh, Monet, Renoir et compagnie, c'est presque dans nos cerveaux reptiliens. Mais qu'en est-il de l'artiste, de sa vie, de ce qui lui a réellement tordu les boyaux ? C'est bien là le moindre des mérites de cette BD : éclairer la vie de Vincent Van Gogh avant la lettre (ou plus exactement avant le coup de pinceau). Je n'en dirai pas plus, ne voulant pas spoiler, mais franchement, j'étais à mille lieux d'imaginer ce qu'avait pu être la jeunesse du bonhomme. Rien que pour ça, je ressors assez étonné de ma lecture. Je sens que j'ai fait le plein de quelque chose, que désormais, le regard que je porterai sur son œuvre va s'enrichir d'une lumière nouvelle, et ça, c'est très satisfaisant. Alors certes, je suis assez d'accord avec Noirdésir pour dire que le procédé narratif est un brin monotone. Néanmoins, cette tentative de pénétrer au cœur même de la psyché de l'artiste, de disséquer les sentiments et les émotions qui ont pu le traverser, me semble très pertinente et réussie. On saisit également quelques moments clefs, ou qui on pu être des moments charnières, comme le fait de payer les gens avec ses dessins (on imagine aisément tout ce qui a dû être perdu, mais aussi comment on peut de temps en temps retrouver des œuvres d'artistes dans des endroits improbables). Ca fonctionne, c'est cohérent. Et oui, on aurait aimé une bibliographie ! Du coup, j'ai un peu cherché, et je suis tombé sur ce site : https://vangoghletters.org/vg/letters.html. Toutes les lettres sont rassemblées ici, même si non traduites. En outre, on trouvera différents bouquins rassemblant tout ou partie de cette correspondance entretenue avec son frangin. Lettres à Theo, Dernière lettre à Theo (Metin Arditi), Van Gogh et ses lettres (Leo Jansen)... Je m'en vais d'ailleurs de ce pas réserver les bouquins à la bibliothèque... Je ne terminerai quand même pas sans évoquer le dessin de Sergio Salma, très chouette. Il a ce genre de trait qui me plait beaucoup. Si on aime la peinture (et la BD), il serait dommage de passer à côté de cette BD.