Ouais, pas mieux que Ro.
Cet album est original au possible, avec un décalage assez comique entre les situations réalistes et cette relation loufoque et ambiguë entre Fluffy et son papa. Mais voilà, l’histoire est banale et molle, et surtout le protagoniste est peu attachant, voire agaçant, ce qui n’aide pas les choses. Et ce n’est pas le dessin minimaliste qui va enthousiasmer les foules.
Bref, un album original et mignon, à lire en bibliothèque si l’occasion se présente et que vous n’avez rien d’autres à lire. Je doute en garder un souvenir impérissable.
Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux pour moi, a fini par totalement me convaincre.Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux, a fini par totalement me convaincre.
Un premier contact visuel contrasté
Je vais être honnête : au début, les dessins m'ont freiné. Bien qu'ils soient très appréciés, je suis resté hermétique au traitement des visages. Que ce soit pour les humains ou les extraterrestres, j'ai trouvé les expressions un peu "grossières", au sens de surjouées. Ce côté très théâtral, presque caricatural dans les émotions, me semblait parfois à la limite du risible.
Pourtant, j'ai persisté au-delà du premier tome, et je ne le regrette pas. Si les visages m'ont laissé de marbre, j'ai été bluffé par la magnificence des décors et la science des couleurs. Les panoramas des autres mondes sont grandioses et les designs globaux des races aliens sont particulièrement inspirés.
Un pitch qui renverse les codes
Ce qui m'a poussé à continuer, c'est la force du concept. On est loin du schéma habituel de l'invasion belliqueuse. Ici, une sorte d'ONU galactique décide d'intervenir sur Terre non pas pour conquérir, mais pour "sauver" une humanité à l'agonie.
Ce parallèle avec les missions des Casques Bleus est passionnant :
- Les Terriens subissent une intervention qu'ils n'ont pas demandée.
- Les "envahisseurs" se présentent comme des pacificateurs venus assurer la pérennité d'un peuple frère.
- C'est un traitement géopolitique (ou plutôt exopolitique, en l'occurrence) que j'ai trouvé d'une rare fraîcheur.
Une fresque politique complexe?
L'histoire évite soigneusement le manichéisme. On y retrouve des dynamiques sociales très bien écrites :
- Côté humain : La fracture entre ceux qui rejettent l'étranger par pur racisme et ceux qui collaborent, soit par conviction idéologique, soit par opportunisme crasse.
- Côté alien : Les dissensions internes au Conseil. Entre les isolationnistes, les idéalistes convaincus par leur mission civilisatrice, ceux qui aiment sincèrement l'humanité et ceux qui ne voient là qu'une occasion de piller des ressources, le jeu politique est complexe et crédible.
Verdict : Une saga qui va à l'essentiel
En 6 tomes, le récit est parfaitement calibré: suffisamment développé mais pas assez pour s'étirer inutilement. L'intrigue avance sans longueurs inutiles, même si la fin pourra en laisser certains sur leur faim (littéralement). Heureusement, le préquel déjà en cours de parution. L'Apogée, promet d'approfondir cet univers pour ceux qui, comme moi, ont fini par mordre à l'hameçon, et les critiques semblent indiquer que le niveau est au moins aussi bon (si ce n'est encore plus élevé).
Wooly est un jeune mouton dont le grand-père voit d'un très mauvais œil l'arrivée de son nouveau voisin, un vieux loup comme ceux qu'il a combattus autrefois lors de l'antique "guerre des moutons". Les deux anciens ennemis rallument aussitôt les hostilités, multipliant les machines bricolées et les attaques plus ou moins absurdes, jusqu'à ce qu'un chien de berger particulièrement autoritaire vienne encore compliquer la situation.
Graphiquement, l'album n'est pas désagréable. Le trait des personnages animaliers m'a rappelé celui un peu "strip comics" de Dav dans Les Garnimos, avec des expressions cartoonesques, parfois un peu brutes mais efficaces. Les décors et leurs couleurs m'ont quant à eux évoqué ceux que l'on peut voir dans les albums de Lewis Trondheim colorisés par Brigitte Findakly, avec des ambiances rondes et lisibles, et des couleurs chaudes qui fonctionnent bien dans un registre jeunesse.
En revanche, l'histoire ne m'a pas enthousiasmé. Elle donne l'impression d'avancer de manière assez bancale, avec un rythme irrégulier et une mise en scène qui m'a paru un peu immature. L'humour, pourtant très présent, m'a semblé assez enfantin et ne m'a pas vraiment fait sourire.
Surtout, le scénario donne souvent l'impression d'être improvisé au fil des pages. Des idées ou des péripéties apparaissent puis disparaissent rapidement, certaines situations prennent la forme de digressions qui ne mènent nulle part, et l'ensemble manque de direction. Malgré une galerie de personnages assez fournie et quelques situations volontairement loufoques, je ne me suis attaché à aucun d'entre eux.
L'album n'est pas foncièrement désagréable et pourrait sans doute plaire à un jeune public grâce à son dessin sympathique, même s'il est un peu trop bavard pour les moins de 10 ans. Mais le récit peine à vraiment enthousiasmer, avec l'impression d'une histoire qui part dans plusieurs directions sans parvenir à trouver la bonne.
Note : 2,5/5
Deuxième one-shot de ce duo que je lis et deuxième fois que je me suis ennuyé fermement.
Encore une fois on prend une histoire tirée du folklore québécois et on se met à déconner dessus en faisant n'importe quoi. L'idée de départ est pourtant pas trop mal: dans la légende de la chasse galerie, un groupe de bûcherons revient dans son village natal pour le réveillon en utilisant un canot qui vole dans le ciel, après qu'ils aient fait un pacte avec Satan. Alors on montre ce qui se produit si tout le monde faisait la même chose et voir des canots dans le ciel est devenu un truc complètement banal.
Sauf que voilà l'humour ne m'a pas du tout fait rire et j'ai vite trouvé ça lourd. Je ne suis jamais rentré dans le délire des auteurs et j'ai trouvé le temps long. Après une centaine de pages, j'ai fini par feuilleter vaguement l'album. Comme on n’explique jamais la légende originale, je me demande si un lecteur européen va comprendre quelque chose. Le dessin semble inspiré par l'underground américain. Je ne suis pas un grand fan de ce style, mais au moins c'est lisible.
Je suis retombée sur ces albums souples dans une broquante et j'ai eu envie de les lire alors que quand ils traînaient sur le canapé de mes parents (début des années 80), je n'en voyais pas l'intérêt.
Je comprends que cela ne soulève pas l'enthousiasme : ça nous met le nez dans le caca, on sent les doigts rentrer dans notre nuque : ce n'est pas drôle parce qu'il n'y a pas de bouc émissaire extérieur sur qui taper : tous les personnages adultes sont ridicules, snobs, et le patriarchat des années 70 est extrêmement bien décrit. De droite, de gauche, hommes, femmes, intellos, populaires, tous et toutes ( nous) se font rouler dans la farine de leurs a priori sociaux crétins.
Contrairement à beaucoup d'autres aviseurs, je trouve que ça n'a pas pris une ride : Retaillau et Rousseau, sont dans le bateau de Bretecher. Ce n'est pas drôle, c'est peut-être ça qu'on appelle grinçant : on sent le dégoût que l'autrice éprouve pour la bienpensance qui l'environne... Et non je ne suis pas très d'accord avec le nouveau chapeau de BDtheque : pas de la tendresse, de l'agacement froid.
Bravo à elle en tout cas pour avoir été presque la seule femme de la BD sociale française, pendant des années, sans que ça ne fasse rien bouger... pas assez drôle, trop proche de la réalité, trop woke ( éveillée ) en somme. Et non ce ne sont pas des histoires de gonzesses, "frustrés" est au masculin pluriel, soit le neutre de la langue française à son époque.
Thématique : l'art, c'est bien, mais le dessin, pas au niveau, si on veut du digne de parler peinture, je signale Black Dog, les rêves de Paul Nash. Et de plus, les protagonistes ne m'ont pas intéressé plus que ça, je lisais pour dissiper l'ennui et en espérant une vision de Bacchus. Le dieu du vin. Comme j'aime les mythes… et le vin. A propos de vin, je ne saurais trop recommander Les gouttes du Dieu, série que je garde chez moi. Bref, les visions de Bacchus peuvent se laisser lire, mais si on a le choix, je suggère de préférer mes suggestions !
Bec se lance dans une nouvelle série, dans un western relativement classique (tendance spaghetti un peu « adoucie » je trouve).
Elle est prévue en trois tomes, et cet album introductif place bien le contexte et les présente clairement les personnages principaux : une chef de bande mexicain à la personnalité ambivalente, qui a « enlevé » l’institutrice du coin (mais en fait elle est consentante !), qui est pris en chasse par un shérif revanchard (et tout aussi ambigu) aidé d’un Texas Ranger métis (Sinisterra donc), qui lui aussi possède une personnalité difficile à cerner. Ajoutons un mystérieux cavalier, qui semble suivre notre duo de justiciers.
Bec a semé quelques pistes pour le lecteur, autour du shérif, qui cache certaines choses à Sinisterra (même si je pense avoir décelé sa motivation dans la traque), autour du bandit, ou autour du passé de Sinisterra. L’ambiance fait penser à du spaghetti, mais il n’y a pas – en tout cas pour le moment – la noirceur, la violence, qui souvent accompagnent ce type de production.
Le dessin est correct, dynamique, même si manquant parfois de détails, et un peu trop « taillé à la serpe » sur certains visages.
Il y a semble-t-il eu des difficultés avec le dessinateur pressenti au départ, et peut-être que Giorgiani, qui l'a remplacé, a dû avoir des délais assez courts pour son travail (simples suppositions de ma part).
En tout cas pour le moment je reste intrigué, mais l’intrigue doit se densifier pour maintenir rythme et intérêt. Bec reste dans du classique – pas désagréable au demeurant.
Apprendre en s'amusant, les deux "héros" sont complémentaires. Problème, je n'aime pas vraiment le dessin. Je sais bien que les aventures comiques n'ont pas forcément des personnages bien beaux, mais ils ne sont pas non plus plaisants à regarder pour leur caractère ou quoi que ce soit. C'est tout de même un problème pour lire tant d'albums ! J'en ai donc parcouru certains puis ai laissé tomber.
Des années plus tard, je dirais sur le fond, et quoi qu'on puisse dénoncer la guerre, je trouve qu'il est assez peu légitime de s'en prendre à la Guerre de Sécession, parce qu'expérience de pensée : imagions que le Nord se soit soumis à tous les désirs du Sud… Je ne vois pas pourquoi l'esclavage aurait été aboli. Je comprends le désir de placer une série aux States, sur un conflit mal connu, qui plus est, mais enfin, c'est en bonne partie par cette guerre - comme par la chasse maritime de l'Angleterre sur les navires esclavagistes - que l'esclavage a été aboli.
Bien sûr, cela ne nous concerne pas directement, mais faisons un pas de plus : les Américains n'entrent pas dans la Seconde Guerre mondiale et ne débarquent pas, sans parler des Canadiens et autres. Que serait donc devenue l'Europe ? A présent que les Américains nous retirent leur protection et que nous devons songer à nous protéger nous-mêmes, la question de la nécessité de défendre sa liberté me semble une question sur laquelle on ne peut plus faire l'impasse. Rêver d'un monde sans conflit est bien agréable, mais les Ukrainiens qui ont renoncé à la bombe sont bombardés. Qui fera jamais une série sur tous ceux qui a force de rêver se sont retrouvés en enfer ? Humour noir garanti, je pense…
Je suis friand de récits horrifiques, et ces deux premiers tomes ne m'ont pas déçu.
Au scénario Jeff Lemire montre de nouveau son savoir faire pour captiver son lecteur et il a un don pour choisir ceux qui l'accompagnent au dessin lorsqu'il ne s'y colle pas.
Une voiture accidentée sur cette longue route, un camion qui s'arrête pour porter secours. Bilan, le mari est mort et les emmerdes commencent. Dom est chauffeur poids lourd, cela lui permet de s'évader, de laisser derriere lui ses problemes familiaux. Birdie, l'épouse, est bien énigmatique. La découverte d'un objet mystérieux va les mener vers une destination dans un monde parallele où vivent d'horribles créatures et dont les portes d'entrée se trouvent non loin des stations services pour PL Billy Bear. Et ce Billy Bear sera bien plus que la mascotte de ces stations services. Dans le même temps une enquête du FBI est menée par Teresa Weaver, une jeune femme au passé trouble. Des personnages qui ont un point commun, celui d'étranges visions pendant leur enfance (un thème cher à Lemire).
Un récit violent (le pied-de-biche sur la couverture ne va pas servir à retirer des clous) qui ne prend pas de chemins détournés pour planter l'intrigue. Par contre, Lemire distille par doses homéopathiques des indices, mais le voile enveloppant ce monde parallèle reste toujours bien mystérieux.
Une lecture rapide, palpitante et au suspense savamment dosé.
Classique mais efficace.
Le dessin de Gabriel Hernandez Walta participe grandement à l'atmosphère angoissante du récit avec son trait gras et précis, il est très bien accompagné avec les couleurs sombres de Jordie Bellaire.
Du très bon boulot.
Curieux de decouvrir la suite, mais le tome 3 se fait attendre...
Les BD relatives à la peinture ne sont pas trop ma tasse de thé, mais je tente quand même ma chance avec cette BD qui évoque la vie, ou du moins une partie de la vie, d'un artiste majeur du début du XXème siècle. En effet si Henri Matisse était déjà connu avant de rencontrer Amélie, c'est celle-ci qui va lui faire prendre une nouvelle dimension : elle devient rapidement sa muse, pose pour lui avant de devenir son épouse et de lui faire deux enfants. Mais Matisse n'en fait qu'à sa tête, et quelques années plus tard c'est une réfugiée russe, Lydia, qui va l'inspirer et occuper tout son esprit. Ce qui va provoquer le départ d'Amélie.
Entre-temps Matisse bénéficie d'un grand succès, achète des espaces de plus en plus grands pour réaliser ses toiles, est connu à l'international... Il essaie parfois de rallumer la flamme entre son épouse et lui, lui propose de voyager, mais toujours la passion de la peinture prend le dessus. J'avoue que n'ai pas été passionné par l'histoire, ce qui ne serait probablement pas le cas d'un amateur des travaux du peintre, ou de la peinture de manière plus générale.
Je n'aime pas trop le dessin : Jörg Mailliet a un style un peu trop libertaire quant à l'anatomie à on goût, la déformation de ses personnages me pose souci, même si certaines cases m'ont quand même plu, du fait de l'énergie qu'elles dégagent ou de l'ambiance colorée apportée par Sandra Desmazières.
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Fluffy
Ouais, pas mieux que Ro. Cet album est original au possible, avec un décalage assez comique entre les situations réalistes et cette relation loufoque et ambiguë entre Fluffy et son papa. Mais voilà, l’histoire est banale et molle, et surtout le protagoniste est peu attachant, voire agaçant, ce qui n’aide pas les choses. Et ce n’est pas le dessin minimaliste qui va enthousiasmer les foules. Bref, un album original et mignon, à lire en bibliothèque si l’occasion se présente et que vous n’avez rien d’autres à lire. Je doute en garder un souvenir impérissable.
Renaissance (Dargaud)
Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux pour moi, a fini par totalement me convaincre.Je me suis lancé dans cette série de science-fiction (achevée en 6 tomes) sans trop savoir à quoi m'attendre, si ce n'est qu'elle bénéficiait d'une solide réputation. Voici mon verdict sur cette saga qui, malgré un démarrage visuel un peu laborieux, a fini par totalement me convaincre. Un premier contact visuel contrasté Je vais être honnête : au début, les dessins m'ont freiné. Bien qu'ils soient très appréciés, je suis resté hermétique au traitement des visages. Que ce soit pour les humains ou les extraterrestres, j'ai trouvé les expressions un peu "grossières", au sens de surjouées. Ce côté très théâtral, presque caricatural dans les émotions, me semblait parfois à la limite du risible. Pourtant, j'ai persisté au-delà du premier tome, et je ne le regrette pas. Si les visages m'ont laissé de marbre, j'ai été bluffé par la magnificence des décors et la science des couleurs. Les panoramas des autres mondes sont grandioses et les designs globaux des races aliens sont particulièrement inspirés. Un pitch qui renverse les codes Ce qui m'a poussé à continuer, c'est la force du concept. On est loin du schéma habituel de l'invasion belliqueuse. Ici, une sorte d'ONU galactique décide d'intervenir sur Terre non pas pour conquérir, mais pour "sauver" une humanité à l'agonie. Ce parallèle avec les missions des Casques Bleus est passionnant : - Les Terriens subissent une intervention qu'ils n'ont pas demandée. - Les "envahisseurs" se présentent comme des pacificateurs venus assurer la pérennité d'un peuple frère. - C'est un traitement géopolitique (ou plutôt exopolitique, en l'occurrence) que j'ai trouvé d'une rare fraîcheur. Une fresque politique complexe? L'histoire évite soigneusement le manichéisme. On y retrouve des dynamiques sociales très bien écrites : - Côté humain : La fracture entre ceux qui rejettent l'étranger par pur racisme et ceux qui collaborent, soit par conviction idéologique, soit par opportunisme crasse. - Côté alien : Les dissensions internes au Conseil. Entre les isolationnistes, les idéalistes convaincus par leur mission civilisatrice, ceux qui aiment sincèrement l'humanité et ceux qui ne voient là qu'une occasion de piller des ressources, le jeu politique est complexe et crédible. Verdict : Une saga qui va à l'essentiel En 6 tomes, le récit est parfaitement calibré: suffisamment développé mais pas assez pour s'étirer inutilement. L'intrigue avance sans longueurs inutiles, même si la fin pourra en laisser certains sur leur faim (littéralement). Heureusement, le préquel déjà en cours de parution. L'Apogée, promet d'approfondir cet univers pour ceux qui, comme moi, ont fini par mordre à l'hameçon, et les critiques semblent indiquer que le niveau est au moins aussi bon (si ce n'est encore plus élevé).
Wooly
Wooly est un jeune mouton dont le grand-père voit d'un très mauvais œil l'arrivée de son nouveau voisin, un vieux loup comme ceux qu'il a combattus autrefois lors de l'antique "guerre des moutons". Les deux anciens ennemis rallument aussitôt les hostilités, multipliant les machines bricolées et les attaques plus ou moins absurdes, jusqu'à ce qu'un chien de berger particulièrement autoritaire vienne encore compliquer la situation. Graphiquement, l'album n'est pas désagréable. Le trait des personnages animaliers m'a rappelé celui un peu "strip comics" de Dav dans Les Garnimos, avec des expressions cartoonesques, parfois un peu brutes mais efficaces. Les décors et leurs couleurs m'ont quant à eux évoqué ceux que l'on peut voir dans les albums de Lewis Trondheim colorisés par Brigitte Findakly, avec des ambiances rondes et lisibles, et des couleurs chaudes qui fonctionnent bien dans un registre jeunesse. En revanche, l'histoire ne m'a pas enthousiasmé. Elle donne l'impression d'avancer de manière assez bancale, avec un rythme irrégulier et une mise en scène qui m'a paru un peu immature. L'humour, pourtant très présent, m'a semblé assez enfantin et ne m'a pas vraiment fait sourire. Surtout, le scénario donne souvent l'impression d'être improvisé au fil des pages. Des idées ou des péripéties apparaissent puis disparaissent rapidement, certaines situations prennent la forme de digressions qui ne mènent nulle part, et l'ensemble manque de direction. Malgré une galerie de personnages assez fournie et quelques situations volontairement loufoques, je ne me suis attaché à aucun d'entre eux. L'album n'est pas foncièrement désagréable et pourrait sans doute plaire à un jeune public grâce à son dessin sympathique, même s'il est un peu trop bavard pour les moins de 10 ans. Mais le récit peine à vraiment enthousiasmer, avec l'impression d'une histoire qui part dans plusieurs directions sans parvenir à trouver la bonne. Note : 2,5/5
Les Canots de Satan
Deuxième one-shot de ce duo que je lis et deuxième fois que je me suis ennuyé fermement. Encore une fois on prend une histoire tirée du folklore québécois et on se met à déconner dessus en faisant n'importe quoi. L'idée de départ est pourtant pas trop mal: dans la légende de la chasse galerie, un groupe de bûcherons revient dans son village natal pour le réveillon en utilisant un canot qui vole dans le ciel, après qu'ils aient fait un pacte avec Satan. Alors on montre ce qui se produit si tout le monde faisait la même chose et voir des canots dans le ciel est devenu un truc complètement banal. Sauf que voilà l'humour ne m'a pas du tout fait rire et j'ai vite trouvé ça lourd. Je ne suis jamais rentré dans le délire des auteurs et j'ai trouvé le temps long. Après une centaine de pages, j'ai fini par feuilleter vaguement l'album. Comme on n’explique jamais la légende originale, je me demande si un lecteur européen va comprendre quelque chose. Le dessin semble inspiré par l'underground américain. Je ne suis pas un grand fan de ce style, mais au moins c'est lisible.
Les Frustrés
Je suis retombée sur ces albums souples dans une broquante et j'ai eu envie de les lire alors que quand ils traînaient sur le canapé de mes parents (début des années 80), je n'en voyais pas l'intérêt. Je comprends que cela ne soulève pas l'enthousiasme : ça nous met le nez dans le caca, on sent les doigts rentrer dans notre nuque : ce n'est pas drôle parce qu'il n'y a pas de bouc émissaire extérieur sur qui taper : tous les personnages adultes sont ridicules, snobs, et le patriarchat des années 70 est extrêmement bien décrit. De droite, de gauche, hommes, femmes, intellos, populaires, tous et toutes ( nous) se font rouler dans la farine de leurs a priori sociaux crétins. Contrairement à beaucoup d'autres aviseurs, je trouve que ça n'a pas pris une ride : Retaillau et Rousseau, sont dans le bateau de Bretecher. Ce n'est pas drôle, c'est peut-être ça qu'on appelle grinçant : on sent le dégoût que l'autrice éprouve pour la bienpensance qui l'environne... Et non je ne suis pas très d'accord avec le nouveau chapeau de BDtheque : pas de la tendresse, de l'agacement froid. Bravo à elle en tout cas pour avoir été presque la seule femme de la BD sociale française, pendant des années, sans que ça ne fasse rien bouger... pas assez drôle, trop proche de la réalité, trop woke ( éveillée ) en somme. Et non ce ne sont pas des histoires de gonzesses, "frustrés" est au masculin pluriel, soit le neutre de la langue française à son époque.
La Vision de Bacchus
Thématique : l'art, c'est bien, mais le dessin, pas au niveau, si on veut du digne de parler peinture, je signale Black Dog, les rêves de Paul Nash. Et de plus, les protagonistes ne m'ont pas intéressé plus que ça, je lisais pour dissiper l'ennui et en espérant une vision de Bacchus. Le dieu du vin. Comme j'aime les mythes… et le vin. A propos de vin, je ne saurais trop recommander Les gouttes du Dieu, série que je garde chez moi. Bref, les visions de Bacchus peuvent se laisser lire, mais si on a le choix, je suggère de préférer mes suggestions !
Sinisterra
Bec se lance dans une nouvelle série, dans un western relativement classique (tendance spaghetti un peu « adoucie » je trouve). Elle est prévue en trois tomes, et cet album introductif place bien le contexte et les présente clairement les personnages principaux : une chef de bande mexicain à la personnalité ambivalente, qui a « enlevé » l’institutrice du coin (mais en fait elle est consentante !), qui est pris en chasse par un shérif revanchard (et tout aussi ambigu) aidé d’un Texas Ranger métis (Sinisterra donc), qui lui aussi possède une personnalité difficile à cerner. Ajoutons un mystérieux cavalier, qui semble suivre notre duo de justiciers. Bec a semé quelques pistes pour le lecteur, autour du shérif, qui cache certaines choses à Sinisterra (même si je pense avoir décelé sa motivation dans la traque), autour du bandit, ou autour du passé de Sinisterra. L’ambiance fait penser à du spaghetti, mais il n’y a pas – en tout cas pour le moment – la noirceur, la violence, qui souvent accompagnent ce type de production. Le dessin est correct, dynamique, même si manquant parfois de détails, et un peu trop « taillé à la serpe » sur certains visages. Il y a semble-t-il eu des difficultés avec le dessinateur pressenti au départ, et peut-être que Giorgiani, qui l'a remplacé, a dû avoir des délais assez courts pour son travail (simples suppositions de ma part). En tout cas pour le moment je reste intrigué, mais l’intrigue doit se densifier pour maintenir rythme et intérêt. Bec reste dans du classique – pas désagréable au demeurant.
Les Tuniques Bleues
Apprendre en s'amusant, les deux "héros" sont complémentaires. Problème, je n'aime pas vraiment le dessin. Je sais bien que les aventures comiques n'ont pas forcément des personnages bien beaux, mais ils ne sont pas non plus plaisants à regarder pour leur caractère ou quoi que ce soit. C'est tout de même un problème pour lire tant d'albums ! J'en ai donc parcouru certains puis ai laissé tomber. Des années plus tard, je dirais sur le fond, et quoi qu'on puisse dénoncer la guerre, je trouve qu'il est assez peu légitime de s'en prendre à la Guerre de Sécession, parce qu'expérience de pensée : imagions que le Nord se soit soumis à tous les désirs du Sud… Je ne vois pas pourquoi l'esclavage aurait été aboli. Je comprends le désir de placer une série aux States, sur un conflit mal connu, qui plus est, mais enfin, c'est en bonne partie par cette guerre - comme par la chasse maritime de l'Angleterre sur les navires esclavagistes - que l'esclavage a été aboli. Bien sûr, cela ne nous concerne pas directement, mais faisons un pas de plus : les Américains n'entrent pas dans la Seconde Guerre mondiale et ne débarquent pas, sans parler des Canadiens et autres. Que serait donc devenue l'Europe ? A présent que les Américains nous retirent leur protection et que nous devons songer à nous protéger nous-mêmes, la question de la nécessité de défendre sa liberté me semble une question sur laquelle on ne peut plus faire l'impasse. Rêver d'un monde sans conflit est bien agréable, mais les Ukrainiens qui ont renoncé à la bombe sont bombardés. Qui fera jamais une série sur tous ceux qui a force de rêver se sont retrouvés en enfer ? Humour noir garanti, je pense…
Phantom Road
Je suis friand de récits horrifiques, et ces deux premiers tomes ne m'ont pas déçu. Au scénario Jeff Lemire montre de nouveau son savoir faire pour captiver son lecteur et il a un don pour choisir ceux qui l'accompagnent au dessin lorsqu'il ne s'y colle pas. Une voiture accidentée sur cette longue route, un camion qui s'arrête pour porter secours. Bilan, le mari est mort et les emmerdes commencent. Dom est chauffeur poids lourd, cela lui permet de s'évader, de laisser derriere lui ses problemes familiaux. Birdie, l'épouse, est bien énigmatique. La découverte d'un objet mystérieux va les mener vers une destination dans un monde parallele où vivent d'horribles créatures et dont les portes d'entrée se trouvent non loin des stations services pour PL Billy Bear. Et ce Billy Bear sera bien plus que la mascotte de ces stations services. Dans le même temps une enquête du FBI est menée par Teresa Weaver, une jeune femme au passé trouble. Des personnages qui ont un point commun, celui d'étranges visions pendant leur enfance (un thème cher à Lemire). Un récit violent (le pied-de-biche sur la couverture ne va pas servir à retirer des clous) qui ne prend pas de chemins détournés pour planter l'intrigue. Par contre, Lemire distille par doses homéopathiques des indices, mais le voile enveloppant ce monde parallèle reste toujours bien mystérieux. Une lecture rapide, palpitante et au suspense savamment dosé. Classique mais efficace. Le dessin de Gabriel Hernandez Walta participe grandement à l'atmosphère angoissante du récit avec son trait gras et précis, il est très bien accompagné avec les couleurs sombres de Jordie Bellaire. Du très bon boulot. Curieux de decouvrir la suite, mais le tome 3 se fait attendre...
Matisse - Le Rêve absolu
Les BD relatives à la peinture ne sont pas trop ma tasse de thé, mais je tente quand même ma chance avec cette BD qui évoque la vie, ou du moins une partie de la vie, d'un artiste majeur du début du XXème siècle. En effet si Henri Matisse était déjà connu avant de rencontrer Amélie, c'est celle-ci qui va lui faire prendre une nouvelle dimension : elle devient rapidement sa muse, pose pour lui avant de devenir son épouse et de lui faire deux enfants. Mais Matisse n'en fait qu'à sa tête, et quelques années plus tard c'est une réfugiée russe, Lydia, qui va l'inspirer et occuper tout son esprit. Ce qui va provoquer le départ d'Amélie. Entre-temps Matisse bénéficie d'un grand succès, achète des espaces de plus en plus grands pour réaliser ses toiles, est connu à l'international... Il essaie parfois de rallumer la flamme entre son épouse et lui, lui propose de voyager, mais toujours la passion de la peinture prend le dessus. J'avoue que n'ai pas été passionné par l'histoire, ce qui ne serait probablement pas le cas d'un amateur des travaux du peintre, ou de la peinture de manière plus générale. Je n'aime pas trop le dessin : Jörg Mailliet a un style un peu trop libertaire quant à l'anatomie à on goût, la déformation de ses personnages me pose souci, même si certaines cases m'ont quand même plu, du fait de l'énergie qu'elles dégagent ou de l'ambiance colorée apportée par Sandra Desmazières.