Le baiser du Sphinx
Avec cet album, Bastien Vivès nous offre une aventure digne des bons films de série B. Cela va très vite, à peine fait-on la connaissance de Sophie et de Quentin, que nous sommes plongés dans une aventure qui va vite les dépasser . Dans la verve d'"A la poursuite du diamant vert", les dialogues sont bien ciselés, les situations s'enchainent à un rythme effréné , bref je ne mes suis pas ennuyé une seconde à la lecture de ce premier volume d'une histoire qui en comptera deux, je crois.
Et les amateurs de bd savoureront les références aux collectionneurs d'éditions originales, et le dédain de Sophie pour les bandes dessinées.
Le dessin de Vivès est plus fouillé qu'à l’accoutumée , et j'ai bien apprécié la mise en couleur, assez inhabituelle chez lui, tout comme le format de 48 pages.
J'ai hâte de savoir ce que Bastien Vivès nous réserve pour la suite.
Le Secret de Coatlicue
Vivès ou le dessinateur qui dessine plus vite que son ombre. A peine 4 mois après la sortie du premier volume, Bastien Vivès nous offre une seconde aventure de Sophie et Quentin. A ce propos, le titre de la série "Lune de miel" n'est plus, à mon avis , très approprié si Vivès prévoit plusieurs albums (d'ailleurs un troisième est dores et déjà annoncé, avec comme titre énigmatique "Midi entre quatre planches")
Là où le premier album lorgnait vers "A la poursuite du diamant vert", j'ai trouvé que cet opus faisait beaucoup plus référence à Tintin, voire à Indiana Jones.
Tout va très vite dans cette aventure et le couple a le don se mettre dans des situations improbables. On y croise des flics corrompus, des orpailleurs le tout dans une jungle étouffante qui cache un trésor!
Les dialogues font mouches, le dessin est simple et alerte et le scénario ne laisse aucun temps mort à nos deux héros, malgré eux, bref j'ai passé un très agréable moment.
Certes, la surprise du premier volume étant passée, le lecteur se laisse moins surprendre par la fantaisie de Vivès.
Midi entre quatre planches
J'avais beaucoup aimé les deux premiers volumes de "Lune de miel", mais avec ce dernier opus , j'avoue avoir été complètement largué. J'ai n'ai pas du tout adhéré au délire de Bastien Vivès, auteur que j'adore pourtant, même lorsqu'il s'aventure dans les sphères de la bd pour adulte.
Je suis vraiment passé à côté de cette expédition dans un Bruxelles sans gouvernement, sans loi, devenu une ville digne de figurer dans un western. C'est à se demander si Vivès, à l'image de Baudelaire, avait des comptes à régler avec la capitale Belge.
Il faut noter que contrairement aux autres albums, aucun titre d'un potentiel quatrième volume ne figure au quatrième plat.
Je suis tombé par hasard sur trois albums de cette série largement inconnue en France, et j'étais plutôt content au départ de pouvoir découvrir ce qui ressemblait à un petit pan de l'histoire de la BD québécoise. Les histoires, très courtes (4 pages chacune), nous plongent dans le Québec de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec des aventures qui se déroulent un peu partout dans la belle province (et parfois du côté des États-Unis), à une époque charnière où chevaux, bateaux à vapeur, premières automobiles et débuts de l'aviation coexistent. Autant de prétextes pour mettre en scène Alexis le Trotteur dans des courses improbables face à toutes sortes de moyens de transport.
Cela dit, la découverte est un peu particulière, notamment parce que, malgré le contexte, les dialogues contiennent finalement assez peu de tournures québécoises marquées. Et surtout, en creusant un peu, j'ai été surpris d'apprendre que le dessinateur est italien, tout comme le scénariste, certes canadien mais d'origine italienne lui aussi. Du coup, cette impression de plonger dans une œuvre typiquement québécoise est à relativiser, même si un certain esprit du folklore local semble malgré tout se dégager en toile de fond.
Graphiquement, l'ensemble est de bonne tenue. Les premières histoires sont encore hésitantes, avec un trait parfois imprécis et une colorisation assez brute qui cherche surtout à remplir les cases sans trop se soucier des débordements. Mais on sent une progression au fil des albums, avec un dessin qui gagne en maîtrise. Le style m'a d'ailleurs davantage évoqué certaines BD humoristiques espagnoles des années 60-70 que le franco-belge classique. En revanche, les expressions des personnages restent assez limitées, notamment celles d'Alexis, qui arbore très souvent le même grand visage rieur et narquois.
C'est d'ailleurs là que se situe pour moi le principal problème de la série. Alexis n'est pas particulièrement sympathique : il est capricieux, hyperactif au point d'en devenir pénible, et surtout trop sûr de lui. La plupart des histoires reposent sur le même schéma, avec des paris qu'il finit presque toujours par gagner, ou des situations où il s'amuse à embêter son entourage. Les rares variations viennent de personnages secondaires, comme les deux bûcherons Georges et Joseph, encore plus gaffeurs que lui, qui finissent parfois par le mettre en difficulté. Mais dans l'ensemble, la répétition est forte et l'humour peine à fonctionner, notamment parce que les situations manquent de renouvellement et que le personnage principal n'invite pas vraiment à l'empathie.
Au final, l'intérêt reste surtout dans la curiosité de découvrir une œuvre liée, de près ou de loin, à l'imaginaire québécois de l'époque, même si l'on peut légitimement s'interroger sur l'authenticité de cette impression. Pour le reste, entre répétition des gags et humour qui ne fait plus vraiment mouche, la lecture m'a laissé un sentiment assez mitigé.
Cléo, ancienne haute fonctionnaire œuvrant sous pseudonyme, raconte sur le mode ingénue/débutante les actions réalisées par ce fameux Ministère des affaires complexes (en réalité une direction interministérielle avec une appellation différente), en charge en réalité de la "crise migratoire". En effet au milieu des années 2010 l'Europe a dû faire face à un afflux massif de réfugiés, et mettre en place des stratégies pour les accueillir, au moins à titre provisoire. Cléo et ses trois collègues, recrutés tout en venant d'horizons divers, doivent mettre sur pied des solutions logistiques, comme une plateforme permettant de réaliser des "matches" entre des réfugiés aux profils divers (nationalité, nombre...) et des logements vacants.
Les injonctions peuvent être contradictoires, dictées par les revirements au sommet de l'Etat ou de l'Europe, les marges de manœuvre sont réduites, les motivations fluctuantes. Les quatre fonctionnaires observent, beaucoup, réfléchissent, énormément, et proposent, peu, mais en essayant d'être pertinents. Les échanges avec leur hiérarchie peuvent être frustrants, mais ils essaient de ne pas perdre la foi. Leur quatuor est un peu caricatural, entre le gros nounours qui craque, mange pour calmer ses angoisses, le fonctionnaire blasé, la tête d'ampoule un peu effacée qui essaie de sortir LA bonne idée... Cela permet un bon panachage narratif, on ne s'ennuie pas dans cette lecture presque expurgée du jargon dédié, même si les auteurs en mettent un peu.
Kokopello a un style un peu passe-partout, à la limite de la caricature de presse, mais il sert bien le propos. C'est ma foi assez intéressant dans l'ensemble pour comprendre cet enjeu de politique publique dans le domaine de l'humanitaire.
Une agence secrète qui protège et enquête sur les aliens, et qui a entre autres le pouvoir d'effacer les souvenirs des Humains les concernant... J'ai assez vite pensé à Men in Black, d'autant plus que les représentants de l'agence se présentent en costume trois pièces. Le point commun s'arête là, l'agence est en fait une compagnie d'assurances, ce qui est un peu plus original. Pour la découverte candide, on a un adolescent possédant un pouvoir surprenant, celui de déceler quand une personne ment.
Un peu comme dans le film, l'apprenti va avoir en guise de première affaire un cas qui va le marquer. C'est d'ailleurs là, je trouve, qu'est le noeud, l'intérêt de la série : la faculté particulière de Kaede, qui l'oblige à se mettre en retrait en termes de relactions sociales, sous peine de carrément ne plus pouvoir le supporter. Ce premier tome expose bien ces enjeux, sans entrer dans le détail des rapports entre le jeune homme et sa marraine dans Cosmos, Rin.
Le dessin est bon, sans fioritures, cela se lit sans accrocs. Une petite série intéressante.
Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc dans le dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot à travers les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!
C'est une série que j'ai reçue et découverte par hasard. J'avais commandé quelques lots de magazines Conan et Red Sonja pour compléter mes collections et ils sont venus avec des exemplaires d'autres séries. Tout était très bon marché.
Avec le temps, j'ai commencé à aimer les dessins, surtout ceux d'auteurs brésiliens qui ne m'étaient pas totalement inconnus. Tous étaient d'anciens collaborateurs de Marvel, dans plusieurs séries. Plus récemment, j'ai acheté l'intégrale pour pouvoir connaître le développement de l'histoire. J'ai appris entre-temps que l'éditeur américain avait fait faillite et que Pulido avait eu beaucoup de problèmes.
Les dessins, sans être extraordinaires, s'inscrivent dans la production typique du genre (j'aime le style des Vikings). L'idée originale de l'intrigue n'est pas mauvaise, mais je dois avouer que je ne suis pas un fan inconditionnel du genre.
J'ai adoré cette série dans ma jeunesse, pour moi c'était le maximum et j'attendais avec impatience un nouveau chapitre chaque semaine! Je copiais les dessins d'Auclair dans mes cahiers et j'imaginais les développements possibles de l'histoire.
Aujourd'hui, je reconnais les limites de l'œuvre, les incohérences et aussi la maladresse de certains dessins. J'ai su les tensions entre Greg et Auclair, qui voulait voler de ses propres ailes et il avait peut-être raison! Mais j'aime toujours l'album, malgré tout.
Un petit avis rapide pour dire que je fais partie des super satisfaits avec cet album.
C’est fluide, coloré, détaillé, inspiré … l’auteur crée un petit monde fort attachant, dépaysant, cruel, grave et à la fois « mignon » dans lequel j’aime me perdre. J’ai aimé toutes les propositions et parti pris que proposent l’œuvre, on sent des références bien digérées. En fait, c’est comme si j’avais vu un truc à la Akira mais à la sauce Ghibli (ou l’inverse ?).
Bref franchement très chouette comme résultat, une belle friandise du label 619. A découvrir et à faire connaître.
Je serai plus vache que mes prédécesseurs dans ma note et mon ressenti.
Je connais cet album depuis sa sortie et donc dans son format carré.
Déjà à l’époque, j’étais un peu dubitatif mais la récente relecture accélérée m’a convaincu de l’insipidité de l’œuvre.
Les quelques promesses de départ n’ont, à mes yeux, jamais été tenues. Le format n’amène rien, le trait (pourtant un style dans ma zone de confort) se révèle finalement bien plat, les couleurs sont ternes et monotones, il n’y a que la narration qui a un peu grâce (mais heureusement l’auteur est storyboarder), c’est assez pauvre sur le plan graphique.
L’intrigue ne relève pas le niveau, pourtant appâté par l’idée « walkyrie » au far west, le récit manque vraiment de dynamisme (comme les planches), les personnages ne sont pas attachants, je garde cette impression que tout est maladroitement (ou pas) exploité, il s’en dégage toutefois une certaine noirceur appréciable mais l’ensemble ne fait pas mouche.
Une suite (20 après) existe : Cora, j’avoue mon peu d’envie de la découvrir.
J'adore cette série depuis mon enfance, en particulier le premier épisode. Les enfants sont captivants, chacun avec sa personnalité, et les dessins sont parmi les meilleurs réalisés pour les éditions Dupuis. C'est vraiment dommage qu'elle n'ait pas reçu la reconnaissance qu'elle méritait et que Roba se soit presque entièrement investi dans Boule et Bill. Heureusement, il a encore eu quelques très bonnes collaborations avec le Spirou de Franquin.
Je pense un jour raconter ces aventures à mes petits-enfants : la Ribambelle est belle!
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Lune de miel
Le baiser du Sphinx Avec cet album, Bastien Vivès nous offre une aventure digne des bons films de série B. Cela va très vite, à peine fait-on la connaissance de Sophie et de Quentin, que nous sommes plongés dans une aventure qui va vite les dépasser . Dans la verve d'"A la poursuite du diamant vert", les dialogues sont bien ciselés, les situations s'enchainent à un rythme effréné , bref je ne mes suis pas ennuyé une seconde à la lecture de ce premier volume d'une histoire qui en comptera deux, je crois. Et les amateurs de bd savoureront les références aux collectionneurs d'éditions originales, et le dédain de Sophie pour les bandes dessinées. Le dessin de Vivès est plus fouillé qu'à l’accoutumée , et j'ai bien apprécié la mise en couleur, assez inhabituelle chez lui, tout comme le format de 48 pages. J'ai hâte de savoir ce que Bastien Vivès nous réserve pour la suite. Le Secret de Coatlicue Vivès ou le dessinateur qui dessine plus vite que son ombre. A peine 4 mois après la sortie du premier volume, Bastien Vivès nous offre une seconde aventure de Sophie et Quentin. A ce propos, le titre de la série "Lune de miel" n'est plus, à mon avis , très approprié si Vivès prévoit plusieurs albums (d'ailleurs un troisième est dores et déjà annoncé, avec comme titre énigmatique "Midi entre quatre planches") Là où le premier album lorgnait vers "A la poursuite du diamant vert", j'ai trouvé que cet opus faisait beaucoup plus référence à Tintin, voire à Indiana Jones. Tout va très vite dans cette aventure et le couple a le don se mettre dans des situations improbables. On y croise des flics corrompus, des orpailleurs le tout dans une jungle étouffante qui cache un trésor! Les dialogues font mouches, le dessin est simple et alerte et le scénario ne laisse aucun temps mort à nos deux héros, malgré eux, bref j'ai passé un très agréable moment. Certes, la surprise du premier volume étant passée, le lecteur se laisse moins surprendre par la fantaisie de Vivès. Midi entre quatre planches J'avais beaucoup aimé les deux premiers volumes de "Lune de miel", mais avec ce dernier opus , j'avoue avoir été complètement largué. J'ai n'ai pas du tout adhéré au délire de Bastien Vivès, auteur que j'adore pourtant, même lorsqu'il s'aventure dans les sphères de la bd pour adulte. Je suis vraiment passé à côté de cette expédition dans un Bruxelles sans gouvernement, sans loi, devenu une ville digne de figurer dans un western. C'est à se demander si Vivès, à l'image de Baudelaire, avait des comptes à régler avec la capitale Belge. Il faut noter que contrairement aux autres albums, aucun titre d'un potentiel quatrième volume ne figure au quatrième plat.
Alexis le Trotteur
Je suis tombé par hasard sur trois albums de cette série largement inconnue en France, et j'étais plutôt content au départ de pouvoir découvrir ce qui ressemblait à un petit pan de l'histoire de la BD québécoise. Les histoires, très courtes (4 pages chacune), nous plongent dans le Québec de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec des aventures qui se déroulent un peu partout dans la belle province (et parfois du côté des États-Unis), à une époque charnière où chevaux, bateaux à vapeur, premières automobiles et débuts de l'aviation coexistent. Autant de prétextes pour mettre en scène Alexis le Trotteur dans des courses improbables face à toutes sortes de moyens de transport. Cela dit, la découverte est un peu particulière, notamment parce que, malgré le contexte, les dialogues contiennent finalement assez peu de tournures québécoises marquées. Et surtout, en creusant un peu, j'ai été surpris d'apprendre que le dessinateur est italien, tout comme le scénariste, certes canadien mais d'origine italienne lui aussi. Du coup, cette impression de plonger dans une œuvre typiquement québécoise est à relativiser, même si un certain esprit du folklore local semble malgré tout se dégager en toile de fond. Graphiquement, l'ensemble est de bonne tenue. Les premières histoires sont encore hésitantes, avec un trait parfois imprécis et une colorisation assez brute qui cherche surtout à remplir les cases sans trop se soucier des débordements. Mais on sent une progression au fil des albums, avec un dessin qui gagne en maîtrise. Le style m'a d'ailleurs davantage évoqué certaines BD humoristiques espagnoles des années 60-70 que le franco-belge classique. En revanche, les expressions des personnages restent assez limitées, notamment celles d'Alexis, qui arbore très souvent le même grand visage rieur et narquois. C'est d'ailleurs là que se situe pour moi le principal problème de la série. Alexis n'est pas particulièrement sympathique : il est capricieux, hyperactif au point d'en devenir pénible, et surtout trop sûr de lui. La plupart des histoires reposent sur le même schéma, avec des paris qu'il finit presque toujours par gagner, ou des situations où il s'amuse à embêter son entourage. Les rares variations viennent de personnages secondaires, comme les deux bûcherons Georges et Joseph, encore plus gaffeurs que lui, qui finissent parfois par le mettre en difficulté. Mais dans l'ensemble, la répétition est forte et l'humour peine à fonctionner, notamment parce que les situations manquent de renouvellement et que le personnage principal n'invite pas vraiment à l'empathie. Au final, l'intérêt reste surtout dans la curiosité de découvrir une œuvre liée, de près ou de loin, à l'imaginaire québécois de l'époque, même si l'on peut légitimement s'interroger sur l'authenticité de cette impression. Pour le reste, entre répétition des gags et humour qui ne fait plus vraiment mouche, la lecture m'a laissé un sentiment assez mitigé.
Le Ministère des affaires complexes
Cléo, ancienne haute fonctionnaire œuvrant sous pseudonyme, raconte sur le mode ingénue/débutante les actions réalisées par ce fameux Ministère des affaires complexes (en réalité une direction interministérielle avec une appellation différente), en charge en réalité de la "crise migratoire". En effet au milieu des années 2010 l'Europe a dû faire face à un afflux massif de réfugiés, et mettre en place des stratégies pour les accueillir, au moins à titre provisoire. Cléo et ses trois collègues, recrutés tout en venant d'horizons divers, doivent mettre sur pied des solutions logistiques, comme une plateforme permettant de réaliser des "matches" entre des réfugiés aux profils divers (nationalité, nombre...) et des logements vacants. Les injonctions peuvent être contradictoires, dictées par les revirements au sommet de l'Etat ou de l'Europe, les marges de manœuvre sont réduites, les motivations fluctuantes. Les quatre fonctionnaires observent, beaucoup, réfléchissent, énormément, et proposent, peu, mais en essayant d'être pertinents. Les échanges avec leur hiérarchie peuvent être frustrants, mais ils essaient de ne pas perdre la foi. Leur quatuor est un peu caricatural, entre le gros nounours qui craque, mange pour calmer ses angoisses, le fonctionnaire blasé, la tête d'ampoule un peu effacée qui essaie de sortir LA bonne idée... Cela permet un bon panachage narratif, on ne s'ennuie pas dans cette lecture presque expurgée du jargon dédié, même si les auteurs en mettent un peu. Kokopello a un style un peu passe-partout, à la limite de la caricature de presse, mais il sert bien le propos. C'est ma foi assez intéressant dans l'ensemble pour comprendre cet enjeu de politique publique dans le domaine de l'humanitaire.
Cosmos (Ki-oon)
Une agence secrète qui protège et enquête sur les aliens, et qui a entre autres le pouvoir d'effacer les souvenirs des Humains les concernant... J'ai assez vite pensé à Men in Black, d'autant plus que les représentants de l'agence se présentent en costume trois pièces. Le point commun s'arête là, l'agence est en fait une compagnie d'assurances, ce qui est un peu plus original. Pour la découverte candide, on a un adolescent possédant un pouvoir surprenant, celui de déceler quand une personne ment. Un peu comme dans le film, l'apprenti va avoir en guise de première affaire un cas qui va le marquer. C'est d'ailleurs là, je trouve, qu'est le noeud, l'intérêt de la série : la faculté particulière de Kaede, qui l'oblige à se mettre en retrait en termes de relactions sociales, sous peine de carrément ne plus pouvoir le supporter. Ce premier tome expose bien ces enjeux, sans entrer dans le détail des rapports entre le jeune homme et sa marraine dans Cosmos, Rin. Le dessin est bon, sans fioritures, cela se lit sans accrocs. Une petite série intéressante.
Chlorophylle
Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc dans le dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot à travers les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!
Medieval Lady Death
C'est une série que j'ai reçue et découverte par hasard. J'avais commandé quelques lots de magazines Conan et Red Sonja pour compléter mes collections et ils sont venus avec des exemplaires d'autres séries. Tout était très bon marché. Avec le temps, j'ai commencé à aimer les dessins, surtout ceux d'auteurs brésiliens qui ne m'étaient pas totalement inconnus. Tous étaient d'anciens collaborateurs de Marvel, dans plusieurs séries. Plus récemment, j'ai acheté l'intégrale pour pouvoir connaître le développement de l'histoire. J'ai appris entre-temps que l'éditeur américain avait fait faillite et que Pulido avait eu beaucoup de problèmes. Les dessins, sans être extraordinaires, s'inscrivent dans la production typique du genre (j'aime le style des Vikings). L'idée originale de l'intrigue n'est pas mauvaise, mais je dois avouer que je ne suis pas un fan inconditionnel du genre.
Les Naufragés d'Arroyoka
J'ai adoré cette série dans ma jeunesse, pour moi c'était le maximum et j'attendais avec impatience un nouveau chapitre chaque semaine! Je copiais les dessins d'Auclair dans mes cahiers et j'imaginais les développements possibles de l'histoire. Aujourd'hui, je reconnais les limites de l'œuvre, les incohérences et aussi la maladresse de certains dessins. J'ai su les tensions entre Greg et Auclair, qui voulait voler de ses propres ailes et il avait peut-être raison! Mais j'aime toujours l'album, malgré tout.
P.T.S.D.
Un petit avis rapide pour dire que je fais partie des super satisfaits avec cet album. C’est fluide, coloré, détaillé, inspiré … l’auteur crée un petit monde fort attachant, dépaysant, cruel, grave et à la fois « mignon » dans lequel j’aime me perdre. J’ai aimé toutes les propositions et parti pris que proposent l’œuvre, on sent des références bien digérées. En fait, c’est comme si j’avais vu un truc à la Akira mais à la sauce Ghibli (ou l’inverse ?). Bref franchement très chouette comme résultat, une belle friandise du label 619. A découvrir et à faire connaître.
Rose et Isabel
Je serai plus vache que mes prédécesseurs dans ma note et mon ressenti. Je connais cet album depuis sa sortie et donc dans son format carré. Déjà à l’époque, j’étais un peu dubitatif mais la récente relecture accélérée m’a convaincu de l’insipidité de l’œuvre. Les quelques promesses de départ n’ont, à mes yeux, jamais été tenues. Le format n’amène rien, le trait (pourtant un style dans ma zone de confort) se révèle finalement bien plat, les couleurs sont ternes et monotones, il n’y a que la narration qui a un peu grâce (mais heureusement l’auteur est storyboarder), c’est assez pauvre sur le plan graphique. L’intrigue ne relève pas le niveau, pourtant appâté par l’idée « walkyrie » au far west, le récit manque vraiment de dynamisme (comme les planches), les personnages ne sont pas attachants, je garde cette impression que tout est maladroitement (ou pas) exploité, il s’en dégage toutefois une certaine noirceur appréciable mais l’ensemble ne fait pas mouche. Une suite (20 après) existe : Cora, j’avoue mon peu d’envie de la découvrir.
La Ribambelle
J'adore cette série depuis mon enfance, en particulier le premier épisode. Les enfants sont captivants, chacun avec sa personnalité, et les dessins sont parmi les meilleurs réalisés pour les éditions Dupuis. C'est vraiment dommage qu'elle n'ait pas reçu la reconnaissance qu'elle méritait et que Roba se soit presque entièrement investi dans Boule et Bill. Heureusement, il a encore eu quelques très bonnes collaborations avec le Spirou de Franquin. Je pense un jour raconter ces aventures à mes petits-enfants : la Ribambelle est belle!