Les derniers avis (9 avis)

Couverture de la série Beneath The Trees - Where Nobody Sees
Beneath The Trees - Where Nobody Sees

Un album relativement surprenant. Car je n’avais pas fait trop attention à la couverture… Et sur la dizaine de premières pages, le récit est très classique, calme, enfantin – avec un graphisme qui colle au côté « gentil » (genre Le Vent dans les Saules, pour rester dans le récit animalier pour jeune public). Et du coup, le long monologue de Samantha, présentant de façon presque plan plan sa petite bourgade sans histoire, où tout le monde est mignon, me laissait à penser que j’allais un peu – beaucoup – m’ennuyer. Et la transition est violente lorsqu’on découvre ce qu’il en est réellement. En effet, le public visé n’est clairement très jeune ! Car il est question de tueurs en série (ils sont deux à se partager le « marché » - un de trop !), d’une grande perversité – et sans mobile apparent réel, si ce n’est l’ennui ou le sadisme. Ce basculement m’a un peu fait penser à certains épisodes de « Desperate Housewives », où un monologue d’introduction tout tranquille amenait à quelques petites perversités des certains habitants d’une banlieue sans histoire – en moins gore quand même ! Une fois embarqué dans le délire, c’est gentiment rythmé, les rebondissements s’enchainent, on ne s’ennuie pas du tout. La fin est un chouia trop brutale, et m’a laissé un peu perplexe. Mais les derniers dialogues, et le point d’interrogation suivant le mot « Fin » laissent à penser que l’auteur envisage (ou envisageait ?) une suite des aventures de Samantha. Même si du coup la surprise ne jouerait plus. Une lecture originale, assez rapide, mais prenante. Note réelle 3,5/5.

01/06/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Star Wars - L'Empire Ecarlate
Star Wars - L'Empire Ecarlate

Je trouve les posteurs bien durs pour cette bd, comme si les comics et singulièrement ceux de Star Wars étaient forcements des monuments littéraires et visuels, et celui-là, mauvais. Or non, il y a une idée mal exploitée mais excellente, ce bon Jax. Quel est le bien, quel est le mal ? Normalement, ce sont les Rebelles, le bien face au méchant empire. Mais la fidélité de notre héros à l'empereur, soit une vertu morale, et son alliance avec la République, soit un apport décisif à la cause de la liberté, brouille les pistes, et cela me plait. Les duels sur la base d'entraînement des gardes de l'empereur sont très bons, et le reste n'est pas si mauvais. Star War est une mythologie charriant énormément d'imperfections qui néanmoins donnent une expansion à cet univers. On peut s'en lasser, mais pas en mettant la lassitude sur le dos de cette bd ou d'une autre.

01/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les Passagers du vent

Bon, difficile d'être original après la soixantaine d'avis déjà postés... Le premier cycle est une merveille. C'est tout simplement le souffle d'une grande fresque romanesque, sans romantisme éculé. On voyage de la terre à la mer et de la mer à la terre, jusqu'au bout du voyage. Niveau dessin, chaque plan de coupe d'un navire nous éclabousse de talent. La moiteur des intérieurs nous étouffe et le mystère des horizons nous évade. Note : ***** Le second cycle est moins réussi. On commence à suivre l'histoire d'une nouvelle héroïne mais, aveu de faiblesse de Bourgeon à mon sens, il ne peut s'empêcher de retourner sur les traces d'Isa. On a parfois l'impression d'assister à une leçon d'histoire. La conclusion est très belle, cela dit. Le dessin réaliste, toujours exceptionnel, souffre maintenant d'un talon d'Achille : les expressions faciales des protagonistes semblent sorties d'un mauvais roman-photo. Note : **** On retrouve tous les défauts précités dans le dernier cycle. On en rajoute de nouveaux : - un discours politique à sens unique (les communard sont des gentils et les monarchistes sont les méchants) - des dialogues en breton pour faciliter la tâche du lecteur qui se farcit déjà une leçon d'histoire à digérer. Visuellement, la reconstitution du Paris de la fin du XIXe siècle est admirable. Il n'y a pas grand monde qui puisse s'asseoir à la table de Bourgeon à ce niveau de détail. Note : ** L'évolution artistique prise par Bourgeon au gré des tomes n'a pas su me convaincre, malgré des qualités que peu de bandes dessinées ont su approcher. Une référence qui n'est pas sans défauts.

01/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Agnès la Chevaleresse
Agnès la Chevaleresse

Dans un univers d'heroic-fantasy volontiers parodique, Agnès tente de devenir chevalier malgré le mépris général et l'aide très relative d'un mentor particulièrement lamentable. Damien Geoffroy signe ici un album de fantasy humoristique en auteur complet, assurant non seulement le scénario et le dessin mais également les couleurs. Celles-ci sont d'ailleurs réussies et participent pleinement à la qualité visuelle de l'ensemble. Son trait fin et expressif, qui me rappelle toujours celui de David Ratte (Le Voyage des Pères), fonctionne très bien dans ce registre. Les décors sont soignés, les créatures convaincantes, et les personnages bénéficient de visages vivants dont les expressions renforcent souvent l'effet comique des scènes. L'idée de départ est sympathique : dans un univers médiéval-fantastique profondément misogyne, Agnès rêve de gloire et d'honneur chevaleresque alors que personne ne la prend au sérieux. Humiliations, remarques condescendantes et vexations jalonnent son parcours, mais elle les encaisse avec une sagesse désarmante, oscillant entre naïveté apparente et intelligence bien plus fine qu'il n'y paraît. Face à tous ces mâles persuadés de leur supériorité, elle semble souvent être la seule à réellement comprendre ce qui se passe. À ses côtés, Geoffroy lui adjoint un mentor savoureux : Gérard, un vieux chevalier qui évoque physiquement Don Quichotte mais dont la personnalité est à l'exact opposé. Là où l'hidalgo espagnol poursuivait des idéaux chevaleresques, Gérard ne pense qu'à boire, courir les prostituées et gagner de l'argent facile non sans se ridiculiser la majorité du temps. Le contraste entre les deux personnages fonctionne bien et nourrit une bonne partie des situations comiques. L'album multiplie les piques contre la misogynie et les préjugés, mais l'humour ne repose pas uniquement sur cet aspect. Agnès est une héroïne attachante et il est difficile de ne pas avoir envie de la voir faire mentir tous ceux qui la méprisent, qu'il s'agisse des chevaliers machos qui croisent sa route ou même des monstres et dragons qui ignorent encore qu'ils ont affaire à celle qui va les massacrer. La structure du récit trahit clairement sa prépublication dans Fluide Glacial : l'aventure est découpée en courtes séquences de quelques pages qui fonctionnent comme autant de saynètes dotées de leur propre chute. Cela donne un rythme agréable et une lecture fluide. C'est toutefois sur l'humour que l'album m'a davantage laissé sur ma faim. Les noms de lieux et de nombreux personnages reposent presque systématiquement sur de gros jeux de mots. À force d'être omniprésents et très appuyés, ils m'ont régulièrement sorti de l'univers plutôt que de m'y plonger. De même, une partie des gags tourne beaucoup autour du sexe, des fesses ou d'un humour volontairement gras qui ne correspond pas à ce qui me fait rire, d'autant plus que le ton du récit autour d'Agnès elle-même semble en désaccord avec cet humour. J'ai trouvé cela parfois un peu lourdingue, alors que l'album possède par ailleurs suffisamment de qualités pour se passer de ce type de facilité. Au final, mon sentiment reste assez partagé. J'ai beaucoup aimé le dessin, l'univers, les personnages et le principe même de cette héroïne qui avance avec obstination dans un monde qui refuse de la reconnaître à sa juste valeur. J'avais sincèrement envie de poursuivre l'aventure à ses côtés. En revanche, les jeux de mots incessants et un humour trop basique ou trop gras ont plusieurs fois freiné mon enthousiasme. Malgré ces réserves, l'album possède un vrai charme, une héroïne réussie et une personnalité bien affirmée. Je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là, mais j'ai eu l'impression de voir une bonne bande dessinée parfois desservie par un humour qui ne correspondait tout simplement pas à ma sensibilité.

01/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Idées Noires
Idées Noires

Le plus difficile à comprendre dans une langue étrangère, c’est l’humour, je pense. Ici, il n’y a pas de difficulté, le dessin est si bon qu’on comprend tout parfaitement et c’est très drôle ! Les gags sont parfois forts : des sujets comme la stupidité et la violence de l’espèce humaine, le cléricalisme idiot, même la mort, sont transformés en humour par Franquin. Les critiques les plus informés et éclairés concernant la vie de Franquin parlent de retour du refoulé, de règlement de comptes avec l’obéissance et le surmoi, forte tendance dépressive et défoulement… Peut-être, mais pour moi, ces livres me font rire et c’est cela qui est important ! P.S.1 : les jeux de mots de Gotlib m’ont causé quelques difficultés. P.S.2: mon gag préféré est celui de la foi du curé... P.S.3 : tout ça n’est peut-être pas indispensable, mais c’est très bon !

01/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série Wanted (J.G. Jones)
Wanted (J.G. Jones)

Et si le monde était gouverné par des bandits et des assassins ? La prémisse de base de cette œuvre n'est pas absurde, n'est-ce pas ? Bien que techniquement bien réalisés, je ne trouve pas les dessins de JG Jones attrayants : un réalisme excessif et sans nuances, trop de grimaces des personnages ! Mais mon principal désaccord concerne le scénario : violence extrême et gratuite, jurons constants qui finissent par lasser. Il y a une volonté délibérée et puérile de choquer, de la part de Millar. L'adaptation cinématographique a en partie éliminé ces aspects, mais les incongruités et l'invraisemblance sont restées.

01/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Celle de ma vie - Celle de mes rêves
Celle de ma vie - Celle de mes rêves

L'histoire mouvementée d'un mariage entre un écrivain, également scénariste de BD, et une peintre. Une plante mystérieuse joue ici le rôle énigmatique de muse inspiratrice. Il y a une certaine agressivité mais aussi de l'humour. Les conversations sur l'art ou le sexe n'ont pas beaucoup de profondeur ni d'originalité... mais elles ne sont pas prétentieuses non plus. Le côté esthétique m'a beaucoup plu : des croquis rapides, expressionnistes, parfois proches de l'abstraction. Un trait noir fin, mis en valeur par de grandes taches rouges (un rouge plus chargé, presque brun dans la version originale) et une composition dynamique des pages, sans cases définies. Le livre, de petit format, a été primé au plus important salon de BD du Portugal.

01/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Grégory
Grégory

3.5 L'Affaire Grégory doit être l'affaire criminelle française dont j'ai lu le plus de livres, il faut dire que c'est une enquête avec pleins de rebondissement et de versions des faits que c'est facile de s'y perdre. Les auteurs font le parti pris de montrer l'histoire au travers du procès de Jean-Marie Villemin qui a tué son cousin Bernard Laroche, principal suspect de l'affaire qui était sorti de prison pendant que sa femme Christine Villemin était devenu le punching-ball d'une partie de la presse et des avocats de Laroche qui avait besoin d'un bouc émissaire. On voit au travers les témoignages comme le système médiatique et judiciaire ont dérapé. Le plus triste est qu'il y a des chances que l'affaire aurait été régler depuis longtemps si le premier juge d'instruction avait été quelqu'un de plus compétent que le juge Lambert. L'album est prenant même si je connaissais déjà tous les détails et on ressent la tristesse du couple Villemin. Cela dit, je me demande ce que penserait un lecteur qui ne connait que vaguement l'affaire. Le récit ne reconstitue pas l'affaire de façon linéaire et si je ne me suis pas perdu dans les nombreux allers-retours dans le passé, c'est en grande partie parce que je connaissais déjà l'affaire. Il y aussi le fait que certains éléments sont vite survolés ou pas du tout évoqué. En tout cas, c'est un bon résumé de l'affaire, mais le meilleur livre sur le sujet reste pour moi Le Bûcher des innocents de Laurence Lacour.

01/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Fournier - Ma vie de rêves
Fournier - Ma vie de rêves

Je suis un grand fan de Jean-Claude Fournier qui pour moi est un auteur qui n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et dont les excellents albums de Spirou sont moins reconnu que ceux de Franquin ou Tome et Janry. C'est donc avec enthousiasme que j'ai commencé à lire cet album d'anecdotes. Le résultat est une lecture agréable, mais pas particulièrement marquante. Il faut dire que Fournier passe beaucoup de temps à montrer sa jeunesse et si certaines anecdotes de son enfance sont touchantes, il y en a d'autres dont l'intérêt me semblait limité. La partie qui m'a le plus intéressé est lorsque Fournier devient un professionnel, mais je connaissais déjà plusieurs informations que Fournier avait déjà données dans les textes de présentations des intégrales de ses différentes sortis chez Dupuis ou dans l'excellent ''Dans l'atelier de Fournier''. C'est pas mauvais, on ressent la sincérité de l'auteur et le dessin de Fournier est toujours aussi excellent, c'est un des grands de l'école Marcinelle, mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Je pense aussi que j'avais des attentes un peu trop élevé vu que c'est un auteur que j'admire beaucoup. Cela reste une lecture agréable si on est fan de Fournier.

01/06/2026 (modifier)