Odr est un récit d’aventure qui s’inscrit dans l’univers des viking. Le personnage central est un berserker marqué par un drame passé. Suite à sa rencontre avec une étrange jeune fille du village voisin, il va quitter sa solitude et renouer avec son passé de guerrier implacable.
L’histoire en elle-même est extrêmement prévisible et les deux tomes qui composent ce récit se lisent très vite, du moins si on lit les scènes d’action sans trop chercher à comprendre ce qui a été dessiné. Sinon, je pense que l’on peut rester longtemps en arrêt devant une case, une fois pour apprécier le trait, une fois… pour parvenir à déchiffrer le dessin. Les scènes de combat s’enchainent, entrecoupées de passages dans lesquels les personnages sont plongés dans les cauchemars passés. Ces personnages évoluent finalement très peu au fil d’un récit dont on devine directement la conclusion.
Ce préambule est très moyennement engageant, j’en ai conscience. Pourtant, Odr n’est pas dépourvu de qualités. Le dessin peut être très bon quand la composition ou le cadrage choisi ne lui font pas perdre sa lisibilité. L’histoire, quoique très prévisible, est plaisante à suivre. Les personnages sont intéressants. Le ton outrancièrement mélodramatique convient bien au genre. J’ai senti l’investissement et l’envie des auteurs. Je trouve les cadrages cinématographiques (avec pas mal d’effets de travelling) bien maîtrisés même si j’aurais aimé les voir utilisés avec plus de parcimonie. En résumé, je trouve qu’il y a du potentiel… mais que trop de petits points négatifs nuisent à l’ensemble.
Entre le bof et le pas mal. Pour l’investissement des auteurs, j’opte pour la note supérieure… mais c’est quand même un sentiment de déception qui perdure après lecture.
Rhaaah mais qu’est-ce que c’est que ces nez !!!???
Rarement un détail ne m’aura à ce point perturbé. Dans cette BD, dont j’entamai la lecture gonflé d’envie, les personnages n’ont pas de nez, et ça, c’est TRES perturbant. Ce détail m’a littéralement gâché la lecture. Jamais je ne suis parvenu à dépasser ça. Outre le fait que c’est très laid, on ne saisi pas bien l’idée, s’il tant est qu’il y en ait une. Est-ce pour signifier que les personnages, au cours de cette enquête, n’ont pas franchement le nez creux ?
Bref ! C’est une déception à tous points de vue. D’abord, c’est Oxymore qui édite ça, or j’aime bien Oxymore d’ordinaire, mais je dois reconnaître que ça fait quelques albums édités là-bas qui me déçoivent. Pourtant, l’édition est assez réussie et le dessin objectivement plutôt bon, tout comme la mise en couleurs, raccord avec l’ambiance. Mais le scénario, imprégné de l’esprit Teenage Movie, et déclinant le thème rebattu du zombie, pêche par plusieurs incohérences qui font retomber les œufs sans parvenir à faire de neige : ressorts scénaristiques forcés, temporalité mal définie, dialogues creux, manque de fluidité, personnages sans épaisseur dont certains viennent encombrer le paysage sans qu’on saisisse le sens même de leur présence…
Et puis c’est sans surprise. Même la série Stranger Things, à quoi cette BD peut être comparée, était parvenue à susciter un minimum d’intérêt (du moins la saison 1) chez les cinquantenaires comme moi en agitant la fibre nostalgique.
J’ai lu les dernières pages au pas de charge pour terminer sur un gros bof !
L'intérêt principal de Kosmos est son dessin qui nous immerge totalement dans le silence profond de l'espace. Le côté claustrophobique des vaisseaux est parfaitement retranscrit par le crayon de Fabien Bedouel.
J'aime bien l'idée selon laquelle les Américains se seraient fait coiffer sur le poteau par les Russes dans la course à la Lune. Et il s'en est effectivement fallu d'un chouïa. Le scénario est basé sur des éléments réels, tel que le plan et la conception du module lunaire soviétique. Pour le reste, ça se lit vite mais c'est plutôt bien foutu. On finit presque par oublier qu'il s'agit là d'une pure fiction.
Pas mal pas mal...
Un album qui a attiré mon attention parce que je me préoccupe du phénomène de la cigarette électronique. Je ne sais pas comment c'est en Europe, mais au Québec il y a une grosse compagne contre la cigarette et c'est même allé jusqu'à l'interdire totalement à l'intérieur des lieux publics incluant les restaurants il y a plus de 20 ans. Je voyais les effets autour de moi, il y avait rarement des jeunes avec une cigarette et les fumeurs étaient plus des gens d'autres générations. Et puis la cigarette électrique et on dirait que le monde entier s'est mis à vapoter. J'en ai même vu en fumer dans des vestiaires ou des toilettes alors que s'est censé être illégal.
Je voulais donc un documentaire qui explique l'apparition de ce phénomène et ses effets sur les gens, mais je n'ai pas eu droit à un documentaire. En effet, on est dans une œuvre de fiction avec deux jeunes qui effectuent des recherches sur la vape et découvrir que ça des effets négatives alors ils vont essayer de prévenir autant de gens que possible. J'ai trouvé cela ennuyeux. On pourrait répliquer que ça s'adresse aux ados, mais même ados je trouvais ce genre d'histoire qui parle d'un sujet sérieux ennuyeux et je préférais voir un documentaire sur le dit sujet à la place. La manière de parler de ses deux jeunes lorsqu'ils parlent de la vape manquent de naturels. Il y a quelques informations intéressantes et j'ai hésité à mettre un 3 étoiles, mais je me suis vraiment ennuyé durant la majeure partie de l'album.
Ce qui n'aide pas est que je n'ai pas aimé le dessin qui fait souvent amateur et qui ne serait jamais sorti d'un fanzine si on ne vivait pas dans un monde de surproduction de BD. Je n'aime pas la manière dont sont dessin les personnages.
C'est la deuxième histoire de Liu Cixin que je lis où la Chine et les personnages chinois sont totalement absents. Cette fois, le récit nous emmène dans l'ex-Yougoslavie des années 1990, où un mathématicien serbe tente de sauver son pays et sa famille en utilisant la théorie du chaos pour provoquer un brouillard capable de gêner les bombardements de l'OTAN. On retrouve d'ailleurs le regard très critique de l'auteur envers l'Occident : l'OTAN y apparaît comme une force déshumanisée qui bombarde indistinctement les civils, sans véritable mise en contexte ni nuance.
L'idée de départ est typiquement du Liu Cixin : à partir de calculs d'une précision inimaginable, déterminer quel minuscule événement provoquer à un endroit précis du globe pour modifier, par effet papillon, la météo à des milliers de kilomètres. Le concept est séduisant et suffisamment original pour donner envie de suivre le récit. Malheureusement, il reste très largement sous-exploité. L'intrigue se résume essentiellement au héros qui parcourt le monde à la recherche des différents points d'intervention pendant que, parallèlement, sa famille subit les conséquences de la guerre. Le scénario ne développe finalement ni les implications scientifiques de son invention, ni ses conséquences géopolitiques, ni même réellement ses personnages.
Le dessin de Dan Panosian est agréable à regarder. Son trait réaliste est solide, les décors sont soignés et la colorisation fonctionne bien. L'ensemble se lit sans difficulté et bénéficie d'une mise en scène efficace, même si elle reste assez académique.
Mais j'ai trouvé ce tome plutôt décevant. Derrière une idée de science-fiction bonne mais pas si originale, le récit raconte très peu de choses et s'interrompt abruptement quand le héros apprend que son périple ne sert plus à rien. C'est tout. Pas grand chose à se mettre sous la dent.
La BD m'a été offerte au nouvel an dernier par des ami-e-s.
Si je le précise c'est parce que je ne serais pas naturellement allée vers cet album, rien dans son résumé ou dans son concept (mélanger références aux vieux comics américains, aux récits d'espionnages et en y ajoutant une histoire de voyage dans le temps) ne me parlait plus que ça.
Pas que le récit soit mauvais, l'intrigue d'espionnage est bien construite, l'idée du voyage dans le temps ajoute un peu de peps et permet un point de vue critique moderne sur l'époque dépeinte et le type de récit ici mis à l'honneur, mais voilà : les récits d'espionnage en pleine guerre froide, les missions de sauvetage pour éviter un attentat meurtrier, les grandes villes états-uniennes du 1950, bah tout ça je m'en tamponne un peu le coquillard. Et non, quelques remarques et actions par pages pour contraster l'évolution des idées et des mœurs entre 1959 et 2026 n'ajoute pas suffisamment de sel pour moi, surtout quand tout ceci me parait si convenu et pas assez développé à mon goût pour vraiment peser dans la balance (j'aurais presque préféré que les remarques racistes et sexistes banalisées soient plus souvent dites par les adjuvant-e-s, dans une froideur décomplexée, pour vraiment faire réaliser à quel point c'était horriblement banal ; parce que là à part deux répliques relativisant le sexisme ambiant les remarques abjectes à nos yeux sont surtout dites par les personnages déjà présentés comme antipathiques).
Objectivement l'album est de bonne facture, le récit est bien ficelé et je ne le descendrais pas en flèche pour autant. Mais voilà : si comme moi on s'en fiche pas mal de l'époque dépeinte, que les histoires d'espionnage de la guerre froide c'est pas notre tasse de café et que l'on préfère nos récits de voyages dans le temps et/ou de propos sur l'évolution de la morale et des mœurs un peu plus travaillés et développés, pas sûre que l'album fasse mouche.
Pourtant échaudé par la BD précédente de Maybelline Skvortzoff, je me suis volontiers lancé dans Tachycardie, pour d’obscures raisons. Si le dessin ne me déplait pas, c’est sans doute l’aspect globalement un peu trash qui m’a motivé.
Oui, le dessin me plait assez. J’aime cette ligne claire et fine, le sens du détail de l’autrice, la manière dont elle découpe son récit, ainsi que les plans qu’elle choisit de montrer. C’est habile et très dynamique. Si ce n’était le côté un peu cauchemardesque de certains visages, avec leurs nez pointus leur conférant un petit air de sorcière, je serais même clairement emballé. Le père fait vaguement flipper avec son long nez et sa tête de psychopathe, et la patronne du magasin bio où travaille Judith est quant à elle carrément hideuse.
Trop rien à reprocher au scénario. Il suit sa bille, dévoile les personnages lentement. Petit à petit, on comprend les liens qui unissent tous les protagonistes. C’est bien amené, et malgré quelques ressemblances qui font parfois confondre les personnages, ainsi que quelques enchainements un peu incertains, Tachycardie se lit bien. Ah oui ! Les passages où sont donnés à lire les échanges de sms sont confus : on ne sait pas toujours qui écrit à qui… Rien de rédhibitoire toutefois.
Alors pourquoi que c’est que trois sur cinq ? Et bien d’abord, il y a un petit côté désenchanté dont je n’ai jamais pu me départir et qui plombe un peu la lecture. J’ai beaucoup pensé à Miguel Vila. Il n’y a pas un personnage qui soit équilibré dans cette affaire. Toutes et tous souffrent d’un sévère manque émotionnel, quand elles ou ils n’ont pas carrément un gros pète au casque. Quant à Charlie, il en devient même profondément antipathique. Tout cela est accentué par la manière dont l’autrice représente les visages. La même histoire dessinée par Pascal Rabaté ou Chloé Cruchaudet n’aurait sans aucun doute pas eu le même impact. Heureusement pour la santé mentale du lecteur, cette histoire se termine bien, et on verra même de la beauté émerger de toute cette crasse psychiatrique.
Ben finalement, le bilan est plutôt bon, non ? En écrivant, je réalise toute la force du dessin de Maybelline Skvortzoff qui parvient par son trait seul à tordre encore d’avantage ses personnages. C’est vrai que je préfère lire des récits qui me portent plutôt que des histoires qui me plombent, mais honnêtement, est-ce une raison suffisante pour flinguer une BD ? Purée, j’suis pas prof moi ! Le fait d’avoir rédigé cette critique m’amène tout bonnement à la réévaluer. Et zou !
Comme pour TER, je me rends compte que je suis bon public pour la science fiction peu scientifique ! Évidemment que les plus rationnels d'entre-nous sont assez rétifs à imaginer qu'on puisse vivre sur la lune ; et les multiples freins à cette éventualité interdisent tout ambryon de scénario en ce sens.
Pourtant c'est vraiment un fantasme enfantin qui me parle. Le rythme lent et méditatif de cet album cache des boucles scénaristiques nombreuses qui aglomèrent des univers qui jusque là étaient assez éloignées les unes des autres dans mon cerveau.
Et ça me fait le même effet que lorsque, ado, on se rend compte que telle place de la ville qu'on fréquentait enfant ( pour voir un ami de nos parents par exemple) se trouve en fait tout près d'une autre ( un bibliothèque, un cinéma) dont le souvenir était rangée très loin de la première en partie parce qu'on avait jamais fait ces deux activités successivement.
Cette histoire, aux habits de manga aquarellé, fait tourner une sorte de constellation d'univers littéraires variés, chaque tiroir s'ouvre l'un après l'autre sans se refermer dans ce tome : le documentaire sur les oiseaux, le roman d'orphelinat (avec brimades et drames), le roman de science fiction ( avec nouveaux moyens de transports et évolutions politiques effrayantes), l'enquête familiale ( avec recherche angoissante des origines), le fantastique (avec le géant de pierre qui ouvre ses yeux bleus pour renseigner les âmes pures), la bande d'ados (avec les ambiguïtés entre amour et amitié et les rôles qui se caricaturent)
Honnêtement chaque boucle de scénario est cohérente et ouvre notre imaginaire vers de nouveaux horizons : cela me paraît une qualité rare qui mérite bien 4 étoiles.
En revanche je suis assez curieuse de voir comment le second tome va réussir à continuer l'orbite de toutes ces planètes sans qu'elles ne se percutent dans un crash final !
Flegme britannique et une touche de violence. Clifton est génial !
Une des meilleures séries que tout le monde se rappelle du Journal Tintin. Créée par Macherot, mais ensuite avec Turk et De Groot, elle a atteint la perfection en termes d'histoires et de dessin.
Le modèle du détective britannique, sa gouvernante, Mrs Partridge, ses chatons et sa MG rouge forment une caricature et une vision inoubliable.
De Clifton à New York de Macherot jusqu'au voleur qui rit et Lord X, je ris tout le temps !
Même avec l'épisode d'Azara et la continuation de Bédu, tout est resté très bon. E. P. Jacobs apparaît dans un des épisodes et cela a tout son sens !
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Odr
Odr est un récit d’aventure qui s’inscrit dans l’univers des viking. Le personnage central est un berserker marqué par un drame passé. Suite à sa rencontre avec une étrange jeune fille du village voisin, il va quitter sa solitude et renouer avec son passé de guerrier implacable. L’histoire en elle-même est extrêmement prévisible et les deux tomes qui composent ce récit se lisent très vite, du moins si on lit les scènes d’action sans trop chercher à comprendre ce qui a été dessiné. Sinon, je pense que l’on peut rester longtemps en arrêt devant une case, une fois pour apprécier le trait, une fois… pour parvenir à déchiffrer le dessin. Les scènes de combat s’enchainent, entrecoupées de passages dans lesquels les personnages sont plongés dans les cauchemars passés. Ces personnages évoluent finalement très peu au fil d’un récit dont on devine directement la conclusion. Ce préambule est très moyennement engageant, j’en ai conscience. Pourtant, Odr n’est pas dépourvu de qualités. Le dessin peut être très bon quand la composition ou le cadrage choisi ne lui font pas perdre sa lisibilité. L’histoire, quoique très prévisible, est plaisante à suivre. Les personnages sont intéressants. Le ton outrancièrement mélodramatique convient bien au genre. J’ai senti l’investissement et l’envie des auteurs. Je trouve les cadrages cinématographiques (avec pas mal d’effets de travelling) bien maîtrisés même si j’aurais aimé les voir utilisés avec plus de parcimonie. En résumé, je trouve qu’il y a du potentiel… mais que trop de petits points négatifs nuisent à l’ensemble. Entre le bof et le pas mal. Pour l’investissement des auteurs, j’opte pour la note supérieure… mais c’est quand même un sentiment de déception qui perdure après lecture.
Le Diable de Smiling Woods
Rhaaah mais qu’est-ce que c’est que ces nez !!!??? Rarement un détail ne m’aura à ce point perturbé. Dans cette BD, dont j’entamai la lecture gonflé d’envie, les personnages n’ont pas de nez, et ça, c’est TRES perturbant. Ce détail m’a littéralement gâché la lecture. Jamais je ne suis parvenu à dépasser ça. Outre le fait que c’est très laid, on ne saisi pas bien l’idée, s’il tant est qu’il y en ait une. Est-ce pour signifier que les personnages, au cours de cette enquête, n’ont pas franchement le nez creux ? Bref ! C’est une déception à tous points de vue. D’abord, c’est Oxymore qui édite ça, or j’aime bien Oxymore d’ordinaire, mais je dois reconnaître que ça fait quelques albums édités là-bas qui me déçoivent. Pourtant, l’édition est assez réussie et le dessin objectivement plutôt bon, tout comme la mise en couleurs, raccord avec l’ambiance. Mais le scénario, imprégné de l’esprit Teenage Movie, et déclinant le thème rebattu du zombie, pêche par plusieurs incohérences qui font retomber les œufs sans parvenir à faire de neige : ressorts scénaristiques forcés, temporalité mal définie, dialogues creux, manque de fluidité, personnages sans épaisseur dont certains viennent encombrer le paysage sans qu’on saisisse le sens même de leur présence… Et puis c’est sans surprise. Même la série Stranger Things, à quoi cette BD peut être comparée, était parvenue à susciter un minimum d’intérêt (du moins la saison 1) chez les cinquantenaires comme moi en agitant la fibre nostalgique. J’ai lu les dernières pages au pas de charge pour terminer sur un gros bof !
Kosmos
L'intérêt principal de Kosmos est son dessin qui nous immerge totalement dans le silence profond de l'espace. Le côté claustrophobique des vaisseaux est parfaitement retranscrit par le crayon de Fabien Bedouel. J'aime bien l'idée selon laquelle les Américains se seraient fait coiffer sur le poteau par les Russes dans la course à la Lune. Et il s'en est effectivement fallu d'un chouïa. Le scénario est basé sur des éléments réels, tel que le plan et la conception du module lunaire soviétique. Pour le reste, ça se lit vite mais c'est plutôt bien foutu. On finit presque par oublier qu'il s'agit là d'une pure fiction. Pas mal pas mal...
La Vape - Derrière le goût, le mensonge
Un album qui a attiré mon attention parce que je me préoccupe du phénomène de la cigarette électronique. Je ne sais pas comment c'est en Europe, mais au Québec il y a une grosse compagne contre la cigarette et c'est même allé jusqu'à l'interdire totalement à l'intérieur des lieux publics incluant les restaurants il y a plus de 20 ans. Je voyais les effets autour de moi, il y avait rarement des jeunes avec une cigarette et les fumeurs étaient plus des gens d'autres générations. Et puis la cigarette électrique et on dirait que le monde entier s'est mis à vapoter. J'en ai même vu en fumer dans des vestiaires ou des toilettes alors que s'est censé être illégal. Je voulais donc un documentaire qui explique l'apparition de ce phénomène et ses effets sur les gens, mais je n'ai pas eu droit à un documentaire. En effet, on est dans une œuvre de fiction avec deux jeunes qui effectuent des recherches sur la vape et découvrir que ça des effets négatives alors ils vont essayer de prévenir autant de gens que possible. J'ai trouvé cela ennuyeux. On pourrait répliquer que ça s'adresse aux ados, mais même ados je trouvais ce genre d'histoire qui parle d'un sujet sérieux ennuyeux et je préférais voir un documentaire sur le dit sujet à la place. La manière de parler de ses deux jeunes lorsqu'ils parlent de la vape manquent de naturels. Il y a quelques informations intéressantes et j'ai hésité à mettre un 3 étoiles, mais je me suis vraiment ennuyé durant la majeure partie de l'album. Ce qui n'aide pas est que je n'ai pas aimé le dessin qui fait souvent amateur et qui ne serait jamais sorti d'un fanzine si on ne vivait pas dans un monde de surproduction de BD. Je n'aime pas la manière dont sont dessin les personnages.
Le Calcul Du Papillon
C'est la deuxième histoire de Liu Cixin que je lis où la Chine et les personnages chinois sont totalement absents. Cette fois, le récit nous emmène dans l'ex-Yougoslavie des années 1990, où un mathématicien serbe tente de sauver son pays et sa famille en utilisant la théorie du chaos pour provoquer un brouillard capable de gêner les bombardements de l'OTAN. On retrouve d'ailleurs le regard très critique de l'auteur envers l'Occident : l'OTAN y apparaît comme une force déshumanisée qui bombarde indistinctement les civils, sans véritable mise en contexte ni nuance. L'idée de départ est typiquement du Liu Cixin : à partir de calculs d'une précision inimaginable, déterminer quel minuscule événement provoquer à un endroit précis du globe pour modifier, par effet papillon, la météo à des milliers de kilomètres. Le concept est séduisant et suffisamment original pour donner envie de suivre le récit. Malheureusement, il reste très largement sous-exploité. L'intrigue se résume essentiellement au héros qui parcourt le monde à la recherche des différents points d'intervention pendant que, parallèlement, sa famille subit les conséquences de la guerre. Le scénario ne développe finalement ni les implications scientifiques de son invention, ni ses conséquences géopolitiques, ni même réellement ses personnages. Le dessin de Dan Panosian est agréable à regarder. Son trait réaliste est solide, les décors sont soignés et la colorisation fonctionne bien. L'ensemble se lit sans difficulté et bénéficie d'une mise en scène efficace, même si elle reste assez académique. Mais j'ai trouvé ce tome plutôt décevant. Derrière une idée de science-fiction bonne mais pas si originale, le récit raconte très peu de choses et s'interrompt abruptement quand le héros apprend que son périple ne sert plus à rien. C'est tout. Pas grand chose à se mettre sous la dent.
Green Witch Village
La BD m'a été offerte au nouvel an dernier par des ami-e-s. Si je le précise c'est parce que je ne serais pas naturellement allée vers cet album, rien dans son résumé ou dans son concept (mélanger références aux vieux comics américains, aux récits d'espionnages et en y ajoutant une histoire de voyage dans le temps) ne me parlait plus que ça. Pas que le récit soit mauvais, l'intrigue d'espionnage est bien construite, l'idée du voyage dans le temps ajoute un peu de peps et permet un point de vue critique moderne sur l'époque dépeinte et le type de récit ici mis à l'honneur, mais voilà : les récits d'espionnage en pleine guerre froide, les missions de sauvetage pour éviter un attentat meurtrier, les grandes villes états-uniennes du 1950, bah tout ça je m'en tamponne un peu le coquillard. Et non, quelques remarques et actions par pages pour contraster l'évolution des idées et des mœurs entre 1959 et 2026 n'ajoute pas suffisamment de sel pour moi, surtout quand tout ceci me parait si convenu et pas assez développé à mon goût pour vraiment peser dans la balance (j'aurais presque préféré que les remarques racistes et sexistes banalisées soient plus souvent dites par les adjuvant-e-s, dans une froideur décomplexée, pour vraiment faire réaliser à quel point c'était horriblement banal ; parce que là à part deux répliques relativisant le sexisme ambiant les remarques abjectes à nos yeux sont surtout dites par les personnages déjà présentés comme antipathiques). Objectivement l'album est de bonne facture, le récit est bien ficelé et je ne le descendrais pas en flèche pour autant. Mais voilà : si comme moi on s'en fiche pas mal de l'époque dépeinte, que les histoires d'espionnage de la guerre froide c'est pas notre tasse de café et que l'on préfère nos récits de voyages dans le temps et/ou de propos sur l'évolution de la morale et des mœurs un peu plus travaillés et développés, pas sûre que l'album fasse mouche.
Tachycardie
Pourtant échaudé par la BD précédente de Maybelline Skvortzoff, je me suis volontiers lancé dans Tachycardie, pour d’obscures raisons. Si le dessin ne me déplait pas, c’est sans doute l’aspect globalement un peu trash qui m’a motivé. Oui, le dessin me plait assez. J’aime cette ligne claire et fine, le sens du détail de l’autrice, la manière dont elle découpe son récit, ainsi que les plans qu’elle choisit de montrer. C’est habile et très dynamique. Si ce n’était le côté un peu cauchemardesque de certains visages, avec leurs nez pointus leur conférant un petit air de sorcière, je serais même clairement emballé. Le père fait vaguement flipper avec son long nez et sa tête de psychopathe, et la patronne du magasin bio où travaille Judith est quant à elle carrément hideuse. Trop rien à reprocher au scénario. Il suit sa bille, dévoile les personnages lentement. Petit à petit, on comprend les liens qui unissent tous les protagonistes. C’est bien amené, et malgré quelques ressemblances qui font parfois confondre les personnages, ainsi que quelques enchainements un peu incertains, Tachycardie se lit bien. Ah oui ! Les passages où sont donnés à lire les échanges de sms sont confus : on ne sait pas toujours qui écrit à qui… Rien de rédhibitoire toutefois. Alors pourquoi que c’est que trois sur cinq ? Et bien d’abord, il y a un petit côté désenchanté dont je n’ai jamais pu me départir et qui plombe un peu la lecture. J’ai beaucoup pensé à Miguel Vila. Il n’y a pas un personnage qui soit équilibré dans cette affaire. Toutes et tous souffrent d’un sévère manque émotionnel, quand elles ou ils n’ont pas carrément un gros pète au casque. Quant à Charlie, il en devient même profondément antipathique. Tout cela est accentué par la manière dont l’autrice représente les visages. La même histoire dessinée par Pascal Rabaté ou Chloé Cruchaudet n’aurait sans aucun doute pas eu le même impact. Heureusement pour la santé mentale du lecteur, cette histoire se termine bien, et on verra même de la beauté émerger de toute cette crasse psychiatrique. Ben finalement, le bilan est plutôt bon, non ? En écrivant, je réalise toute la force du dessin de Maybelline Skvortzoff qui parvient par son trait seul à tordre encore d’avantage ses personnages. C’est vrai que je préfère lire des récits qui me portent plutôt que des histoires qui me plombent, mais honnêtement, est-ce une raison suffisante pour flinguer une BD ? Purée, j’suis pas prof moi ! Le fait d’avoir rédigé cette critique m’amène tout bonnement à la réévaluer. Et zou !
Terre ou Lune
Comme pour TER, je me rends compte que je suis bon public pour la science fiction peu scientifique ! Évidemment que les plus rationnels d'entre-nous sont assez rétifs à imaginer qu'on puisse vivre sur la lune ; et les multiples freins à cette éventualité interdisent tout ambryon de scénario en ce sens. Pourtant c'est vraiment un fantasme enfantin qui me parle. Le rythme lent et méditatif de cet album cache des boucles scénaristiques nombreuses qui aglomèrent des univers qui jusque là étaient assez éloignées les unes des autres dans mon cerveau. Et ça me fait le même effet que lorsque, ado, on se rend compte que telle place de la ville qu'on fréquentait enfant ( pour voir un ami de nos parents par exemple) se trouve en fait tout près d'une autre ( un bibliothèque, un cinéma) dont le souvenir était rangée très loin de la première en partie parce qu'on avait jamais fait ces deux activités successivement. Cette histoire, aux habits de manga aquarellé, fait tourner une sorte de constellation d'univers littéraires variés, chaque tiroir s'ouvre l'un après l'autre sans se refermer dans ce tome : le documentaire sur les oiseaux, le roman d'orphelinat (avec brimades et drames), le roman de science fiction ( avec nouveaux moyens de transports et évolutions politiques effrayantes), l'enquête familiale ( avec recherche angoissante des origines), le fantastique (avec le géant de pierre qui ouvre ses yeux bleus pour renseigner les âmes pures), la bande d'ados (avec les ambiguïtés entre amour et amitié et les rôles qui se caricaturent) Honnêtement chaque boucle de scénario est cohérente et ouvre notre imaginaire vers de nouveaux horizons : cela me paraît une qualité rare qui mérite bien 4 étoiles. En revanche je suis assez curieuse de voir comment le second tome va réussir à continuer l'orbite de toutes ces planètes sans qu'elles ne se percutent dans un crash final !
Clifton
Flegme britannique et une touche de violence. Clifton est génial ! Une des meilleures séries que tout le monde se rappelle du Journal Tintin. Créée par Macherot, mais ensuite avec Turk et De Groot, elle a atteint la perfection en termes d'histoires et de dessin. Le modèle du détective britannique, sa gouvernante, Mrs Partridge, ses chatons et sa MG rouge forment une caricature et une vision inoubliable. De Clifton à New York de Macherot jusqu'au voleur qui rit et Lord X, je ris tout le temps ! Même avec l'épisode d'Azara et la continuation de Bédu, tout est resté très bon. E. P. Jacobs apparaît dans un des épisodes et cela a tout son sens !