Les derniers avis (36 avis)

Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Lomax - Collecteurs de Folk Songs
Lomax - Collecteurs de Folk Songs

Malgré son sujet qui me passionne, malgré le fait que Lomax soit l'une des très rares personnes dont j'aurais aimé vivre la vie, je ne lui mets que 3/5 (disons un bon 3,5) parce qu'elle est à mon sens bien trop expéditive. Le vie de notre homme (Alan, et dans une moindre mesure celle de son paternel) aurait pourtant mérité plusieurs volumes tant elle est dense et passionnante. Au passage, j'en profite pour laisser une référence à l'une des lectures les plus mémorables qu'il m'ait été donné de faire : Le pays où naquit le Blues de... Alan Lomax ! Paru aux Fondeurs de Briques, et lu pendant un été merveilleux, ce pavé de plus de 650 pages m'a transporté comme rarement. Il est tout à la fois une autobiographie ponctuées d'anecdotes proprement hallucinantes, un ouvrage de sociologie et d'Histoire, un condensé d'humanité... Bref ! Un des dix grands livres que je garderais s'il me fallait liquider ma bibliothèque. Alors oui : 3/5 parce que cette BD, en regard de la vie de Lomax (père et fils), me parait bâclée, même si le dessin me plait par ailleurs.

30/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

J'aime beaucoup Duchazeau qui figure au panthéon de mes auteurs préférés. S'il n'a pas produit que des œuvres parfaites et inoubliables, il n'a toutefois jamais cessé d'affirmer son trait, splendide, sorte d'esquisse achevée. En effet, son trait flou parvient à chaque fois à s'extraire de l'immobilisme dans lequel pourrait le contraindre l'espace réduit de la case. J'ai un faible pour les 5 conteurs de Bagdad qui est pour moi sa BD la plus achevée du point de vue scénaristique (bon, c'est Vehlmann, hein ?). En outre, la fin comporte un petit twist-ending étonnant qui fait qu'on a beau connaitre la fin dès le départ, on se retrouve tout tournebourboulé quand arrivent les dernières pages. C'est génial. Ajoutons que l'histoire rappelle les meilleurs contes d'orient, à commencer par celle que l'on trouve couramment sous le titre Ali et son destin. Un classique. pour moi. Une BD culte !

30/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Je ne sais pas si je suis né trop tard dans un monde trop antique, comme le centurion Caius Aérobus, ou si je suis déjà né trop vieux dans un monde trop nouveau... J'ai quelques doutes que Astérix résiste à l'épreuve du temps. Ce n'est pas si universel et intemporel que les auteurs pourraient l'espérer, malgré tous les voyages et les caricatures des étrangers. Les dessins d'Uderzo sont excellents (à partir d'Astérix et Cléopâtre) et les scénarii de Goscinny toujours pleins d'humour. Les meilleurs albums sont, pour moi, Astérix Légionnaire, La Zizanie et Le Devin. Après le décès de Goscinny, j'ai abandonné la lecture de la série. Mais même les derniers albums avant cela n'étaient pas formidables, je crois.

30/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Albert Kahn - L'Archiviste de la planète
Albert Kahn - L'Archiviste de la planète

Je ne connaissais Albert Kahn que par la visite de ses jardins à Boulogne-Billancourt, sans avoir la moindre idée de qui il était réellement. J'ignorais qu'il s'agissait d'un riche banquier voyageur issu d'un petit village des Vosges, ni surtout l'ampleur de son projet d'archivage photographique du monde entier au début du XXe siècle. Ce projet avait pourtant tout pour motiver et fasciner mon esprit amoureux d'Histoire et de témoignages visuels d'à quoi ressemblait le Monde bien avant ma naissance. Ce biopic m'a permis de découvrir tout cela de manière a la fois accessible et agréable. Graphiquement, l'album est très réussi. Le dessin et les couleurs sont soignés, avec un style légèrement semi-caricatural qui apporte beaucoup de charme aux personnages et rend l'ensemble visuellement plus doux et esthétique. Il y a une vraie élégance dans le trait, et l'ensemble se prête bien a une lecture biographique plus fluide qu'un documentaire trop académique. J'ai toutefois été un peu désarçonné par la construction narrative dans la première partie, avec certains allers-retours chronologiques qui cassent légèrement la continuité. Ensuite, la seconde partie m'a parfois donné l'impression de survoler les événements, en passant rapidement d'une étape a une autre, d'une rencontre a une autre, sans toujours laisser le temps d'ancrer les choses. On comprend les grandes lignes, mais on a parfois plus une succession d'échos et de moments clés qu'une véritable immersion détaillée dans les projets eux-mêmes. Je m'y suis largement perdu parmi les nombreuses personnes rencontrées par Albert Kahn notamment. J'ai le sentiment d'avoir appris beaucoup de choses sans pour autant avoir eu l'impression d'être totalement immergé dans le parcours ou dans le fonctionnement concret de ses initiatives. Cela reste néanmoins une découverte très intéressante, faite de manière fluide et globalement plaisante, avec un vrai plaisir de lecture malgré ces quelques réserves sur le rythme et le traitement du récit.

30/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Bascoulard
Bascoulard

J'ai pour Frantz Duchazeau la même sensation qu'avec Edith, à savoir que lorsqu'il sort une nouvelle BD, je trouve son dessin encore meilleur que dans mon souvenir. Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Dans Bascoulard, l'ami Frantz tutoie les étoiles. Est-ce son sujet qui l'a poussé à se surpasser une nouvelle fois ? Le sujet ? Marcel Bascoulard, un artiste berruyer (de Bourges ! Non non, on ne dit pas bourgeois !) fort discret, mais surtout tout à fait hors cadre. Autodidacte, vivant de son œuvre (même mal), il était connu des habitants essentiellement par la manière dont il habitait le monde : Marcel s'habillait en femme (sans pour autant se raser), vivait dans une carcasse de camion à l'écart de la ville, ne se lavait plus, et semblait errer dans les rues étroites de Bourges en poussant un étrange véhicule à pédales. Je n'en dirai pas plus, laissant le soin aux lectrices et teurs de découvrir tout comme moi cet artiste sans collier. Je le disais, le trait de Duchazeau se fait ici encore plus fin, pour se hisser sans doute à la hauteur de son sujet. J'ai réellement été transporté à travers le vieux centre médiéval de la ville, mais aussi dans ses faubourgs où s'étale une campagne un brin morne. La foule des personnages anonymes prend vie, du boucher amateur d'art aux vieilles peaux conservatrices toujours promptes à jeter le discrédit sur le paria. Oui, sans aucun doute, Bascoulard est à mes yeux sa BD la plus aboutie visuellement. Ajoutons que Bascoulard permet de découvrir un illustre inconnu, passé un peu à côté de la reconnaissance, ce qui constitue le dénominateur commun avec le personnage principal de sa précédente réalisation, Robert Johnson, qui reçu quant à lui une reconnaissance bien tardive, longtemps après sa mort.

30/04/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
Couverture de la série Torpedo
Torpedo

J'ai découvert Torpedo il y a un moment maintenant, et j'ai récemment retrouvé quelques tomes, suffisamment pour me faire un avis. Cette bande dessinée a quelque chose d'implacable, de terriblement efficace, comme son personnage. Il y a, je trouve, pas mal de défauts, comme la lourdeur, parfois, du scénario et de la narration, le manque d'originalité.. Mais tout est super bien raconté, on se prend a chacune des histoires, je ne me suis pas ennuyé une seule fois. Les personnages de la bd sont toujours hauts en couleur, et souvent intéressants. Pas de la grande lecture mais un divertissement diablement efficace. Et tout ça est magnifié par un dessin que je trouve quand même assez remarquable. La profondeur dans les yeux des personnages, les visages, même les mouvements des héros, je trouve ça terriblement esthétique. Un gros point fort de l'oeuvre et une invitation a découvrir d'autres séries de Jordi Bernet. Alors pourquoi seulement 3 ? En premier lieu car je pense qu'il y aurait eu un peu mieux à faire que des histoires courtes, et que les auteurs auraient pu plus développer leur personnage. La, on a un peu toujours la même histoire, pas ancrée dans le temps, et c'est un peu redondant. En deuxième lieu, exactement pour les mêmes raisons que Ro ; le machisme violent, qui est quand même très présent, a gêné ma lecture a plusieurs reprises. Le héros commet plusieurs viols, frappe des femmes, couche avec pour se "payer". Ce n'est pas le fond de la BD mais c'est quand même présent, et très dérangeant .. 3/5 donc pour cette BD dont l'esthétique (surtout des premiers tomes) est une très grosse qualité.

30/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série John Carter - Une princesse de Mars
John Carter - Une princesse de Mars

C'était le premier écrit d'Edgar Rice Burroughs, publié en 1911 sous forme de feuilleton et, seulement après le succès de Tarzan, en livre. Cette adaptation s'ajoute à d'autres, publiées il y a plusieurs années par DC et aussi par Marvel. L'histoire est assez basique et pleine d'incohérences (l'arrivée de John sur Mars n'est jamais expliquée de manière satisfaisante...). Je n'ai jamais compris non plus comment quelqu'un d'aussi belle, la princesse Dejah, apparemment humaine, est apparue sur Mars, descendante d'êtres si effrayants. Le dessin très stylisé et anguleux peut plaire à certains lecteurs, mais je regrette qu'il ne rende pas justice à l'une des plus belles femmes de l'univers : la princesse Dejah Thoris !

30/04/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Robinson Crusoë de Daniel Defoe
Robinson Crusoë de Daniel Defoe

Pour son 40e anniversaire, Delcourt réédite plusieurs albums et séries en intégrales, dont notre Robinson Crusoë de Christophe Gaultier. J'avoue que j'étais passé complètement à côté de cette série au moment de sa sortie en 2007. C'est donc une très bonne surprise de découvrir cette adaptation de l'oeuvre de Daniel Defoe, surtout qu'on a du tout bon ! La première chose que je me suis dit en attaquant cette intégrale, c'est que le trait de Christophe Gaultier me faisait furieusement penser à celui de Christophe Blain dans Isaac le pirate. Ce qui n'est pas pour me déplaire, loin de là, j'ai toujours apprécié ce graphisme singulier ; un trait qui semble grossier de prime abord, mais tellement expressif et dynamique quand on s'y attarde. Et pour ce Robinson, ça fonctionne plutôt très bien ! Je me suis même surpris à redécouvrir le roman de Defoe que je pensais bien connaître. J'avais complètement oublié la première partie de la vie de Robinson, avant son naufrage et son arrivée sur cette fameuse île déserte. Cette vie épique et rocambolesque de cet aristocrate anglais est assez jubilatoire. On reprend nos marques sur l'imaginaire universel légué par le personnage de Robinson après son naufrage et la rencontre de Vendredi. Puis vient la fin, que j'avais complètement oublié aussi. Bref, ce fût un réel plaisir de redécouvrir cette histoire qui semble très fidèle au roman (ça m'a même donné envie de le relire), magnifiquement dessinée par un Christophe Gaultier au top ! Bravo à Delcourt pour ce choix servi dans une très belle maquette qui valorise à merveille cet série.

30/04/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Printemps bleu
Printemps bleu

J'ai toujours été fasciné par le travail de Matsumoto. Je trouve qu'il se dégage de ses ouvrages un je ne sais quoi de magnétique qui irradie planche après planche. Delcourt a la bonne idée de rééditer pas mal de ses mangas classiques, dont "Printemps bleu" fait parti. Ce recueil de sept nouvelles ne déroge pas à l'univers de Matsumoto et dérange, tant par sa composition que par ce qu'il raconte. Cette jeunesse perdue en quête d'on ne sait quoi (cherche-t-elle d'ailleurs quelque chose ?) nous est décrite par le prisme du lycée Kitano. C'est brut, désinhibé, à hauteur de jeunes adultes mâles livrés à eux même par des adultes également en perdition. Côté graphisme, j'aime toujours autant ce trait si singulier qui fait la marque de fabrique de Matsumoto ; on aime ou on aime pas, moi j'adore. A (re)lire ou à découvrir pour ceux qui voudraient sortir des sentiers battus des grosses productions japonaises. (3.5/5)

30/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Feeding Ghosts
Feeding Ghosts

3.5 Un bon album, mais qui est un peu exigeant. Je lis vite et cela m'a tout de même pris deux jours pour terminer ce one-shot qui est plutôt long et verbeux. Je me suis intéressé à cet album après avoir appris que c'était la deuxième bande dessinée qui a gagné le prestigieux prix Pulitzer, l'autre étant Maus. Si je n'avais pas vraiment envie de lire cet album, je l'aurais surement reposé sur une tablette après l'avoir feuilleté. Le dessin est pas mal et l'autrice montre sa maitrise de la mise en scène à plusieurs occasions, mais la narration manque vraiment de dynamisme ce qui est un défaut et particulièrement quand c'est verbeux. Il y a aussi le fait qu'au début on dirait que le scénario est un peu décousu et qu'on va traiter de plein de sujets ce qui m'a fait un peu peur. Et puis petit a petit je suis rentré dans le récit et je me suis rendu compte que les thématiques abordées par l'autrice se complémentaient bien. J'ai nommé Maus au début de mon avis et Feeding Ghosts partagent plusieurs aspects avec cette œuvre. Alors qu'Art Spiegelman avait des problèmes avec son père qui a connu les horreurs de la shoah, Tessa Hulls a eu des problèmes avec une mère qui a connu les horreurs des communistes chinois et qui a toujours connu sa grand-mère comme une personne avec une maladie mentale qui communiquait uniquement en chinois avec sa mère. Ajoutons qu'en plus l'autrice est métis et ça ne marche pas trop aux États-Unis où on aime bien mettre les gens dans des cases (en gros, soit on est blanc, soit on est non-blanc) et cela va donner des problèmes d'identité à l'autrice qui va se faire dire des trucs comme 't'as pas l'air vraiment asiatique'. L'autrice s'est lancé dans une quête pour bien comprendre l'histoire de sa famille (la grand-mère a écrit un livre autobiographie avant de tomber dans la folie et l'autrice va retrouver un exemplaire). On va donc voir comment les tragédies qui ont touché la Chine des années 30-60 a traumatisé la famille chinoise de l'autrice et transformé sa grand-mère ainsi que sa mère. Il y a des passages vraiment tristes. Hulls touche à plusieurs sujets pertinents et lorsqu'on faisait des aller-retour entre le présent et le passé, je n'étais jamais perdu ou eu l'impression que le scénario partait dans tous les sens. J'ai fini par trouver l'album captivant malgré certaines répétitions et des longueurs. En fait, si j'ai globalement bien apprécié cet album, j'étais aussi bien content lorsque je l'ai enfin terminé. J'ai bien aimé le lire, mais je ne pense pas le relire un jour. Un album à lire une fois dans sa vie de bédéphile en somme. .

29/04/2026 (modifier)