Les derniers avis (293 avis)

Par Ro
Note: 1/5
Couverture de la série Dragon Boule
Dragon Boule

A raison d'un strip en quatre cases maximum par page, le premier tome parodie la série Dragon Ball complète du tout début de Dragon Ball à la fin de DBS. Quant au second tome, il rallonge la sauce avec des gags autour d'un tournoi d'arts martiaux là encore dans l'esprit de DBS. Cette série s’adresse clairement à un public qui connaît l’intégralité de l’univers Dragon Ball (DB, DBZ, OAV, GT et Super compris), car une grande partie des gags repose sur des clins d’œil et des détournements de personnages ou de situations qui deviennent incompréhensibles sans des références parfois très précises. En ce sens, c’est une parodie très communautaire. Le dessin et les couleurs sont propres, simples et efficaces, et s’accordent bien avec le registre parodique assumé de la série, qui reprend les codes du strip comics très court et rythmé, dans un esprit proche de ce qu’on peut retrouver sur les réseaux sociaux ou dans des formats humoristiques très condensés. Malgré cela, même en tant que connaisseur de la série originale, je n’ai pas du tout accroché. J’ai trouvé l’humour bas de plafond, souvent lourdingue, et trop fréquemment basé sur des ressorts pipi-caca-prout ou des blagues volontairement grotesques mais sans finesse. Il m’est arrivé de sourire ou de pouffer sur une poignée de gags, mais cela reste extrêmement marginal, alors qu'au contraire j'étais navré de la nullité de la majorité des autres. Ils sont poussifs, voire franchement mauvais, avec un humour qui tombe à plat beaucoup trop souvent pour ne pas en avoir marre bien avant d'atteindre la moitié d'un album. L’ensemble donne davantage l’impression d’un délire potache entre initiés que d’une vraie parodie construite ou inventive. Visuellement, ça fait le travail pour ce type de format, mais cela ne suffit pas à compenser un humour affligeant. Il existe déjà énormément de parodies de Dragon Ball, et celle-ci, à mes yeux, est très loin de faire partie des plus réussies.

29/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Capitaine Lahuche
Capitaine Lahuche

J'avais manqué cette série dans ma jeunesse et ne l'avais pas lue dans le journal Spirou. Pourtant, c'est typiquement le type de dessin que j'aime, le style École de Marcinelle, souple et bien maîtrisé, et j'apprécie aussi les récits marins et autres histoires d'équipage. J'étais donc heureux de découvrir enfin cette BD. Mais j'aurais sans doute dû me méfier et me rappeler que son auteur, Francis, était aussi le dessinateur et co-scénariste de la série Marc Lebut et son voisin, que j'ai toujours détestée. Alors oui, le dessin est plutôt chouette. J'aime son univers marin, ses personnages typiques du franco-belge globalement réussis, le capitaine notamment, et le souci du détail dans chaque case. Il y a une vraie maîtrise du trait et un soin évident apporté à l'ensemble. Ce n'est pas parfait ; la mise en scène est parfois un peu facile, comme si elle s'adressait à un public assez jeune, mais globalement, le graphisme reste le point fort de cette BD. Dommage que le scénario ne soit pas du même niveau. Il y a une base intéressante, avec cet équipage de bras cassés incompétents au service d'un capitaine tantôt débonnaire tantôt colérique, et cette idée d'aventures maritimes se déroulant presque entièrement à bord d'un petit navire. Mais certains personnages sont assez pénibles, par exemple le passager autoritaire et capricieux de La Croisière mouvementée, et les gags ne fonctionnent pas toujours. Il y a trop de gags récurrents, trop de ressorts faciles où les personnages tombent, se cognent et crient beaucoup. Bref, on est sur un humour franco-belge basique, très convenu et sans grande finesse. Cela ne me fait pas rire, et au bout de quelques pages de situations répétitives sans intrigue prenante à côté, je finis par m'ennuyer.

29/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Enquêtes de Violette
Les Enquêtes de Violette

Fred Neidhart a visiblement aimé comme moi dans sa jeunesse Les Enigmes de Ludo et autres Mickey Enigmes et en reproduit ici le concept avec un peu plus d'envergure. On retrouve le principe des enquêtes interactives à résoudre soi-même, mais avec des protagonistes récurrents, un petit univers qui s'installe progressivement autour de Violette et de ses amis, et surtout des histoires en deux pages qui demandent parfois un peu plus qu'un simple indice caché dans un coin. Certaines énigmes reposent sur plusieurs détails à recouper, voire sur un petit raisonnement logique, ce que j'ai trouvé plus satisfaisant que les mécaniques trop simplistes du genre. Le dessin de Laurel est clairement pensé pour un jeune public, avec un trait rond, lisible et plutôt agréable. Ça fonctionne bien pour ce type de lecture rapide, même si j'ai parfois regretté des décors assez épurés et surtout un manque de précision dans certains détails. À plusieurs reprises, je me suis demandé si un élément était réellement un indice ou simplement quelque chose d'un peu maladroitement dessiné, un souci de perspective, ou un détail visuel pas assez clair. J'ai aussi trouvé certaines solutions un peu fragiles dans leur logique : parfois, on repère bien quelque chose de suspect, mais cela ressemble davantage à une possibilité qu'à une véritable preuve permettant d'identifier le coupable avec certitude. Dans ces moments-là, la résolution m'a paru moins convaincante. C'est une lecture jeunesse sympathique qui m'a rappelé de bons souvenirs. Certaines énigmes sont malignes et bien construites, d'autres beaucoup moins convaincantes, mais l'ensemble est assez plaisant pour les amateurs de BD interactives.

29/04/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Son odeur après la pluie
Son odeur après la pluie

"Et dire que ça se veut chrétien/Et ça ne comprend même pas/Que l’amour dans le cœur d’un chien/C’est le plus grand amour qui soit" Ces quelques vers ne sont pas de moi mais d'un célèbre chanteur au bandana rouge Ils ont juste le mérite d'exprimer l'amour le plus inconditionnel que l'on puisse rencontrer Et c'est de cet amour que Cédric Sapin-Defour a voulu nous parler, lui qui l'a rencontré et eu la douleur de le perdre. Il est difficilement compréhensible de pouvoir s'attacher à ces petites bêtes et d'être aussi vide une fois qu'elles s'en vont. Et pourtant ce deuil est le lot de tout possesseur d'animal de compagnie. Il est donc évident que quiconque ayant un minimum d'empathie, et je dirai même d'humanité, soit touché par cette oeuvre. Paradoxalement elle est à la fois très personnelle et très universelle et ce sans que cela en soit choquant. Cédric Sapin-Defour signe un très bel hommage à son "meilleur ami" Puis après le roman vient la BD mise en vie par José Luis Munuera qui aura su tiré du roman l'âme d'Ubac pour ne pas trahir sa mémoire J'ai trouvé son trait très agréable à regarder, mais également très espagnol dans la droite ligne d'un Jordi Lafebre. L'alchimie entre dessin et histoire se fait naturellement comme s'il avait été impossible de nous conter cette histoire autrement Pour moi c'est un énorme coup de cœur et assurément un ouvrage qu'il faut avoir lu au moins une fois

29/04/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

La paix reviendra quand les trois uniras… - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Cette histoire a été sérialisée dans le magazine (À suivre) du numéro 105 en octobre 1986, au numéro 114 en juillet 1987. Il a fait l’objet d’une édition intégrale en noir & blanc en 1988. Il a été réalisé par Jean van Hamme pour le scénario, et par Grzegorz Rosinski pour les dessins. Il compte environ cent-soixante pages de bande dessinée. Il a bénéficié d’une édition en couleurs en trois tomes (2001-2002, Le Commandement, Le Choisi, Le Jugement), la mise en couleurs ayant été réalisée par Graza (Grazyna Foltyn-Kasprzak), avec une édition intégrale en 2006. La dernière édition intégrale en noir & blanc s’ouvre avec une introduction de trois pages, rédigée par Benoît Mouchart, intitulée : Genèse du premier récit de Theologic Fantasy. Cet album a reçu le prix Alph'Art du public au festival d'Angoulême de 1989. D’aussi loin que se souvenaient les ancêtres de des ancêtres, Daar avait toujours été un monde en guerre. Une guerre dont nul de se rappelait l’origine, une guerre sans trêve ni merci, sans quartier ni vainqueurs, que ne cessaient de se livrer entre eux trois les immortels. À chaque croisée des soleils, lorsque les ombres se rejoignent, le grondement de leurs armées en marché s’élevait aux trois points cardinaux. De Sep venait Barr-Find main noire et la masse écrasante de ses légions d’airain. De hor fondait Jargoth le parfumé et l’escadre mortelle de ses archers volants. De far se ruait Zembra la cyclope et la horde déchaînée de ses guerrières borgnes. Brutes sans visages, bardées de fer, juchées sur leurs pesants womochs cracheurs de feu… Cruels androgynes aux traits empoisonnés, fendant les airs sur les voiles végétales des orphyx carnivores… Féroces amazones à la paupière cousue, emportées au massacre par le galop d’acier de leurs traganes sauvages… Sous le commandement des trois immortels, les armées s’affrontent : horreur absurde de la mort donnée et reçue sans même savoir pourquoi ! Qui étaient-ils donc qui avaient condamné ce monde à une telle infamie ? De quel néant d’abjection étaient-elles issues, ces races supérieures qui avaient contraint les différents peuples à une si atroce servitude ? Qui avait permis l’existence de ces trois immortels dont l’appétit de massacre et de sang semblait ne jamais devoir connaître de fin ? Quel crime abominable avaient donc commis ces peuples pour mériter cela ? À chaque croisée des soleils, recommençait la guerre. Une guerre sans quartier ni vainqueurs, dont il ne restait au soir des batailles, que le charnier des vaincus abandonnés aux dents de ronce des sheershecks bicéphales. C’est pourtant dans cette désolation qu’un jour se produisit ce que l’on appela plus tard le miracle. Alors que les charognards ont commencé à dépecer les cadavres, un petit homme, un Chninkel, se met à gesticuler, encore vivant, en effectuant de larges moulinets de hache pour les forcer à s’écarter et ainsi se frayer un chemin pour fuir. Il prend ses jambes à son cou, repère un énorme animal qu’il parvient à faire cracher en l’air, ce qui disperse enfin les volatils prédateurs. J’On peut s’éloigner du champ de bataille et trouver un endroit pour réfléchir. Un peu intimidant d’entamer la lecture d’un tel classique, à la fois de savoir s’il sera à la portée du lecteur, à la fois la crainte de la déception du fait d’un horizon d’attente très élevé généré par les excellentes critiques innombrables. Le lecteur se sent vite rasséréné : la lecture est aisée et facile d’accès. Le style de la voix omnisciente ressort comme un langage un peu soutenu, avec une saveur littéraire, conférant une forme de solidité et de consistance aux composantes de ce monde imaginaire. De prime abord, les dessins peuvent sembler un peu denses, ou chargés en traits, pour autant le lecteur assimile ce qui est représenté au premier coup d’œil, pouvant décider de ralentir son rythme de lecture s’il souhaite s’immerger plus profondément dans chaque case en en scrutant les détails. L’artiste utilise une technique éprouvée : délimiter chaque forme par un trait encré, puis ajouter des informations visuelles supplémentaires dans chacune de ses formes. Dès les premières pages, le lecteur se dit qu’il pourrait toucher chaque surface, grâce au très gros travail de textures réalisé par l’artiste. Les aspérités des pierres du désert, la rugosité d’écorce des arbres sur lesquels sont perchés des charognards, les rares nuages dans le soleil, la carapace tannée des Womochs, la dense fourrure à poils longs des Tawals, le métal froid de l’armure de Barr-Find main noire, la fraise vaporeuse de Jargoth, etc. Ainsi mis en confiance par une narration prévenante, le lecteur part à l’aventure aux côtés de ce drôle de jeune individu ressemblant à un croisement entre un nain et lutin, sympathique, générant une empathie découlant de son sentiment d’être dépassé et écrasé par des responsabilités démesurées par rapport à sa petite personne. Le lecteur ressent la connivence et la coordination entre dessinateur et scénariste qui travaillent ensemble depuis le premier tome de la série Thorgal paru en 1977. Que ce soient les races exotiques, les trois immortels, le bestiaire ou les Chninkels eux-mêmes, cela saute aux yeux qu’ils ont été conçus avec le souci d’être aisément différenciables et mémorisables. Le visage un peu allongé des Chninkels, leurs grands pieds, leur gros nez et leurs pupilles énormes comme dépourvues d’iris, l’aspect simiesque de Tawals, la morphologie gironde de G’wel, l’anatomie tentaculaire de Volga la devineresse, l’espèce de robot oiseau-véhicule doté de conscience, l’apparence efféminée de Jargoth, la vilaine maladie de peau de N’Ôm, autant de personnages inoubliables. Chaque lieu présente également des caractéristiques marquées, donnant ainsi corps au voyage de la quête du héros, du charnier du champ de bataille initial à la colline finale, en passant par Maelar le village des Chninkels, la Grande Eau, la fleur télépathe, les rameaux des branches de Sualtam, les arènes de Jargoth le palais de Zembria, le non-mode, etc. Les auteurs savent marier l’intention de réaliser une bande dessinée de nature adulte, c’est-à-dire abordant des thèmes adultes, avec le sens de l’aventure et du spectacle. Le lecteur perçoit qu’ils ont pris plaisir à imaginer ce monde, et à concevoir des péripéties divertissantes, et parfois dramatiques. Tout commence avec les six pages qui introduisent la bataille, toutes construites sur le même découpage, trois cases de largeur de la page, des visions panoramiques donnant l’idée de l’ampleur de ce qui se déroule. S’il entretenait des réserves, le lecteur les voit s’envoler lors des deux pages où J’On est agenouillé devant U’N un grand parallélépipède noir immobile, où la prise de vue et le lettrage rendent la scène vivante. Le dessinateur se montre également un excellent directeur d’acteurs : le lecteur peut ressentir toute la bienveillance de J’On pour Bom-Bom et réciproquement même si ce dernier ne parle que par onomatopée. L’art de la mise en scène atteint un sommet lors des cinq pages dans le Non-monde, où chaque case est dépourvue de tout arrière-plan, et pourtant le lecteur peut voir les personnages se déplacer et bouger. Les auteurs abordent également la question de la sexualité soit empêchée (pauvre J’On) soit inventive lors de la relation de Volga avec le Chninkel, une séquence drôle, imaginative et émouvante, questionnant gentiment quelques représentations stéréotypées avec malice et humour. La lecture s’avère fort plaisante, un drame reposant sur une question spirituelle (un individu désigné par une entité omnipotente, pour être le sauveur de son peuple et même de la planète), avec des moments d’humour (les tentatives empêchées de relation entre J’On et G’wen), et une intrigue très bien construite. Le personnage principal accomplit sa quête cahin-caha, presqu’à son corps défendant. Certains mystères qui peuvent sembler artificiels ou paradoxaux (l’origine des trois immortels par exemple), trouvant tout naturellement leur explication en cours de récit. L’issue est inéluctable, en cohérence avec les références revendiquées des auteurs. La question de la religion, ou tout du moins de la genèse d’un messie, est abordée sous l’angle plutôt social : Comment J’On se retrouve à incarner le point focal des espérances des Chninkels, et de leur ferveur ? Le lecteur sourit en constatant la malice du scénariste qui place son personnage dans un mécanisme de prophétie autoréalisatrice bien huilée et inéluctable. Toutefois… La couverture met en évidence l’une des références principales du récit : le monolithe du film 2001, l'Odyssée de l'espace (1968) réalisé par Stanley Kubrick (1928-1999), d’après deux nouvelles deux nouvelles d’Arthur C. Clarke (1917-2008), À l'aube de l'histoire (1953) et La Sentinelle (1951). Les auteurs s’en servent comme un raccourci narratif leur permettant d’utiliser ce qu’il représente dans l’imaginaire collectif, sans avoir à réexposer les explications nécessaires. Il est possible que le lecteur s’attende à un usage plus sophistiqué que sa simple valeur visuelle, à un questionnement de la nature de celui du réalisateur, ou à des pistes d’interprétations du monolithe différentes de celle de Kubrick. Il restera alors sur sa faim. L’autre référence évidente et assumée par les auteurs réside dans le Nouveau Testament, et plus particulièrement le parcours du messie, de sauveur d’un peuple. Le lecteur relève par exemple les miracles, l’hésitation dans le désert, le rejet et condamnation à mort, la trahison par un proche, et le sort final du personnage principal. Le scénariste révèle la nature du grand pouvoir mentionné dans le titre, et celle-ci est en parfaite cohérence avec le message du Nouveau Testament, du moins sur le plan moral, sans grande consistance religieuse. Là aussi, les auteurs utilisent le déroulement d’un récit célèbre au premier degré, sans questionnement ou réflexion sur la foi ou sur la religion. En fonction de la sensibilité du lecteur, cela peut produire un effet étrange, comme s’il avait projeté un horizon d’attente trop ambitieux sur la base de ces deux références, alors que l’intention des auteurs avait été différente. Ce point de vue peut être corroboré par les motivations de l’omniscient, l’omniprésent, l’omnipotent maître créateur : mesquines et infantiles. C’est toujours délicat de découvrir un chef d’œuvre des décennies après, une lecture déconnectée des conditions initiales de sa réalisation et de sa réception. Le lecteur ressent immédiatement un vrai plaisir dans ces pages que ce soit le personnage principal très humain dans son comportement et ses réactions, l’inventivité et la solidité du monde imaginé et de ses représentations, le déroulement bien construit de l’intrigue avec une logique interne à toute épreuve, ou encore les touches d’humour ; tout fonctionne. Il tombe sous le charme de la qualité de la narration visuelle, d’une lisibilité de qualité même si les planches peuvent sembler un peu chargées au feuilletage. Il est possible que tout aussi satisfaisante que soit la conclusion du récit, elle le laisse un peu sur sa faim au regard de l’attente générée par les références affichées à 2001 l’odyssée de l’espace, et aux Évangiles.

29/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Je pense que le plus amusant dans cette série est d'identifier tous les personnages et auteurs des romans originaux. Tous ceux du fantastique et de la science-fiction steampunk se retrouvent réunis, de H.G. Wells à R.L. Stevenson, en passant par Jules Verne. Je n'ai pas pu prendre très au sérieux les intrigues et je trouve le dessin (malgré quelques belles images) trop rigide et carré, surtout en ce qui concerne les humains.

28/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Calvin et Hobbes
Calvin et Hobbes

Si la vie n'a pas de sens, il reste au moins les sandwichs au thon... Oui, pour moi, c'est une série qui frôle la perfection. L'humour couvre toutes les gammes, du visuel au plus philosophique. Mais tout le talent et le virtuosisme artistique de Watterson s'expriment surtout dans les pages du dimanche en couleurs. Distorsions de la perspective, inversion des couleurs, jeu constant avec les dimensions et les cases, d'infinis mondes possibles. Au-delà du Calvin T-rex et des extraterrestres baveux, j'adore les histoires avec le carton, les doubles et les voyages dans le temps. Par contraste avec l'imagination hyperactive de Calvin, j'admire la personnalité et le flegme de Hobbes ! Mais le meilleur de tout, je pense, c'est l'amitié qui les lie.

28/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Ce monde n'existe pas
Ce monde n'existe pas

Je connaissais le travail d'Antoine Cossé sans avoir jamais eu jusqu'ici ni l'occase ni le courage de plonger dedans. Il y a des trucs comme ça qui te semblent juste impressionnants, inaccessibles. Pas le bon moment peut-être... Et puis voilà t'y que j'passe chez mon petit libraire et tombe sur cette BD, qui à proprement parlé n'existait plus vraiment puisqu'elle était remisée sur les rayonnages et végétait désormais avec le fond dormant de la librairie, n'exhibant plus que son dos rouge de honte. Il s'est alors passé quelque chose : je l'ai remarquée, je l'ai arrachée à sa torpeur, pour finalement repartir avec une fois feuilletée. Et je ne le regrette pas (bien que mon portefeuille si !). Et c'est vraiment le dessin vaporeux de Cossé qui m'a happé, ainsi que sa mise en couleur dynamique et si particulière. En pareil cas, je dois bien l'avouer, le scénario se voit illico rétrogradé au rang secondaire. D'abord, Antoine Cossé a développé un univers graphique fort, à nul autre pareil. Dans Ce monde n’existe pas, il parvient à rendre visible l’invisible : le vent qui souffle, emportant les chapeaux et décoiffant les chevelures ; la douleur profonde qui vrille les tripes… Les transitions entre les scènes viennent s’appuyer sur des motifs graphiques qui se répètent ou en évoquent un autre, similaire dans la forme. C’est franchement un très beau travail, plus fascinant encore que la pourtant incroyable Soli Deo Gloria qui m’avait tant marqué. Plus fascinant parce que plus éloigné (en apparence) de la réalité. Ici, la forme devient presque abstraite, réduite à sa plus simple expressivité. Du coup, son trait bénéficie d’un dynamisme incroyable que les couleurs ne font que dynamiser encore d’avantage. Oui, un mot des couleurs : elles sont audacieuses, rappelant le travail du mouvement pictural Le Cavalier Bleu. Elles sont inattendues, créant une tension, apportant une surcharge de sens. Le pied pour mon œil ! Ha oui ! J’oubliais ! J’ai aimé aussi le titre, et cette idée suggérée à la fin que la vie ne peut se vivre qu’au présent, un principe auquel je suis sensible. Et si l’on veut tirer un peu le fil de la bobine, on déduira peut-être que la réalité n’est rien en dehors du temps présent, que le mental ne fait que parasiter la réalité en la faisant basculer dans l’illusion… Alors pourquoi seulement 4/5 ? Ben parce que le scénar est un peu plus anodin. Disons plutôt qu’il manque un peu de profondeur, et qu’il se perd peut-être un poil en complexité. Mais (attention ARLETTE SPOUALEUR) il a des qualités, et cette fin magnifique en est une qui n’est à mon sens pas à sous-estimer. Par les temps qui courent, une telle fin n’a pas manqué de m’arracher un large sourire de contentement. C’est beau bordel ! C’est poétique ! Et rien que ça me suffit bien. Bon, parmi les récriminations, on pourra aussi évoquer une expression par moment un peu bancale. Par exemple, page 13, on tombe sur cette phrase : "Parce que face au monde, les gens comme Jules et moi, nous ne sommes que des insectes". Ne sont que des insectes, non ? Ou plus loin, page 75, on trouve ce dialogue : "- Et qui te dit qu'on veut de toi dans notre camp ? - Rien." Personne eut été une bien meilleure réponse selon moi. Alors oui, je sais, je sais, je mégote, mais quand on se trouve devant une telle œuvre graphique, on est en droit d'avoir quelques exigences. A dessin de dingue, expression de dingue !... Mais franchement, il serait dommage de sabrer cette BD pour autant.

28/04/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 2/5
Couverture de la série Juste après la vague
Juste après la vague

L'histoire est bien, le dessin aussi mais le tout est assez moyen, pourquoi ? Parce qu'il y a un drame, le risque de submession par les flots, une séparation, des morts, mais qu'on ne ressent rien de la noirceur du monde ! Les images nous tireraient vers la contemplation, la poésie, mais on n'y est pas non plus. Alors que dire ? On n'est nulle part, les personnages comme le monde, au fond, inexistants. Une lecture dispensable.

28/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Ananas de la Colère
Les Ananas de la Colère

L'essentiel du charme de cette BD repose sur son idée de départ loufoque mais efficace : transposer tout un imaginaire hawaïen ultra cliché (surf, piña coladas, ananas, bars tiki...) au cœur du Québec le plus local, comme si cette cohabitation improbable allait totalement de soi. Rien que l'idée d'une enquête centrée sur la mort d'une ancienne championne de limbo professionnelle vivant à Trois-Rivières donne le ton. Toute la BD décline ensuite ce décalage à travers des décors, des dialogues et des situations volontairement incongrues où les deux cultures se mélangent avec un sérieux parfaitement absurde, et c'est clairement ce qui m'a le plus amusé dans cette lecture. Il y a un vrai sens du détail loufoque, du petit gag visuel ou de la réplique absurde qui fonctionne bien. Le dessin de Cathon accompagne ce ton avec son trait simple, rond et lisible, qui renforce le côté léger et décalé de l'ensemble. L'univers visuel regorge de petits éléments kitsch assez savoureux, et Marie-Pomme fonctionne bien en enquêtrice amateur un peu improbable mais attachante. En revanche, l'enquête policière en elle-même m'a paru plus limitée. Elle joue elle aussi sur le ridicule assumé, mais reste finalement assez basique, avec une résolution prévisible et presque enfantine dans sa manière d'amener certaines révélations. Ce n'est jamais désagréable, mais ça réduit un peu l'intérêt une fois passé le plaisir du concept. C'est donc une lecture sympathique, assez vite lue et plutôt divertissante grâce à son absurdité bien dosée, même si je n'y ai pas trouvé grand-chose de vraiment marquant au-delà de sa bonne idée de départ.

28/04/2026 (modifier)