Les derniers avis (273 avis)

Couverture de la série A ceux qui viennent
A ceux qui viennent

Un be qui démarre un peu mal avec un personnage d'écrivain misanthrope et urbai qui se retrouve dans la vallée des merveilles. Je vous passe le prétexte de ce personnage et son objectif, car cette bd parle de la Vallée des Merveilles dans le massif du Mercantour. Quelques planches sont très belles et très réussis. Après côté mise en page, personnages, et scénarios ça peche. Cependant le coeur n'est pas là. Avec pas mal de subtilité, les autrices décrivent les enjeux de biodviserité, d'usages, d'humains, de fantasmes, d'archéologie, enjeux qui se retrouvent souvent en contradiction, opposition. On sent que les autrices connaissent bien leur sujet et les personnages qui incarnent les visions ou les usages et besoins différents de la montagnes sont bien campés. Ca sent le vécu même je dirais ! Et c'est là tout l'intérêt de cette bd.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Tarzan (Bec)
Tarzan (Bec)

Je crois que Tarzan, le personnage et son univers, ne sont pas ma tasse de thé. J’ai des souvenirs de gamin des films avec Weissmuller (films irregardables aujourd’hui !), j’avais plutôt bien aimé le film « Greystoke, la légende de Tarzan », mais sinon, j’ai vraiment du mal à accrocher. La version de Corbeyran m’avait déçu, et celle de Bec ne m’a pas davantage convaincu. Affaire de goûts sans doute, mais pas seulement. Il y a trop de facilité, de grande naïveté dans cette intrigue. L’apprentissage et la maîtrise du langage (et carrément en plusieurs langues ?), voire de l’écriture en pleine autonomie, par le jeune gamin adopté par des singes parait peu crédible, comme son adaptation express au monde animal, puis au monde « civilisé ». Un Tarzan qui, en quelques minutes, est capable de dépecer une bête, de lui enlever sa peau, et d’en faire un vêtement (pour lui, puis plus tard dans le premier tome pour un homme qu’il a secouru – après avoir massacré tout un village), c’est franchement trop ! De la même manière, vouloir absolument donner à Tarzan une carrure à la Conan le Barbare (alors que ses parents anglais ne semblaient pas particulièrement baraqués) nous fait tomber dans la caricature. Les raccourcis inévitables de l'adaptation accentuent le ressenti de facilité de l'intrigue. Bon, le premier tome reprend l’histoire classique des débuts, la rencontre avec « Jane » (qui tombe amoureuse là aussi en deux temps trois mouvements…). Pas de surprise, c’est de l’aventure classique, avec les couleuvres évoquées ci-dessus à avaler. Le deuxième tome n’en est pas la suite, mais c’est un autre roman qui est adapté, autour du personnage de Tarzan – on retourne donc dans la jungle. On y mélange un peu les époques, hommes préhistoriques, animaux préhistoriques de toutes périodes (si possibles gigantesques et menaçants), etc. Quelque chose qui emprunte à Wells, Verne, ou se rapproche du film King Kong de Jackson. Avec toujours un Tarzan géant et bodybuildé, affrontant les dangers de plus en plus improbables. C’est sans doute divertissant, mais ça n’est clairement pas mon truc. Bec a sans doute ajouté sa touche fantastique à un récit qui l’y invitait. Le résultat ne m’a pas convaincu. Si d’autres albums sortent par la suite, je ne me jetterai pas déçu, c’est clair.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Smoking behind the supermarket with you
Smoking behind the supermarket with you

Un manga très doux. L'extrême naïveté de Sasaki, personnage principal, et son côté empoté le rende attachant. Les discussions, par petits bouts, chaque soir entre Sasaki et Tayama l'employé rock n'roll et complice. Une petite romance, avec un 1er tome parfois un peu longuet. Une licence poétique un peu étonnante est utilisée sur les personnages de Yamada/Tayama, cependant ça reste très mignon. J'ai beaucoup apprécié les dessins, et une certaine sensualité qui se dégage régulièrement. Pour les amatrices et amateurs de romances doucerettes.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Nevada (Delcourt)
Nevada (Delcourt)

Dès les premières planches, on installe une ambiance furieusement western, seule la moto du héros – Nevada – dénotant dans des décors qu’on croirait sortis de Blueberry : décors naturels, ou reconstitués à Hollywood. Mais c’est en fait à la fin des années 1920 que nous sommes, ce mélange, cette ambivalence, volontairement entretenus, m’ont fait penser à la série Les Gringos. Si les albums ultérieurs s’éloignent parfois de l’esthétique western, l’intrigue y revient régulièrement (on a même droit à un duel au soleil en fin de troisième tome !), c’est la marque de fabrique de cette série – et c’est plutôt bien fait. Le personnage de Nevada, ses rapports avec sa « donneuse d’ordre », la productrice Louise Hathaway m’ont fait penser à la série américaine des années 1980 « L’homme qui tombe à pic », dans laquelle un cascadeur jouait les chasseurs de prime pour une femme ayant avancé des cautions. Si chaque album peut se lire comme un one-shot, il y a quand même un fil rouge qui, outre l’approfondissement des personnalités (entre Nevada et Louise, aussi avec la jeune journaliste rencontrée dans le tome 2), concerne la traque d’un « méchant », ayant joué un rôle dans le passé des deux principaux protagonistes, Carlsen. Série et personnages gagnent en consistance, les parties consolidant le tout. Reste que le diptyque des deux derniers albums m'a paru moins dynamique, plus dilué. Un peu l'impression que les auteurs ont tenté de caser trop de choses: la personnalité et l'amitié de Jack London; de longs flash-back expliquant la genèse des relations entre Louise et Nevada; les hobos; les luttes syndicales, en plus de l'origine du conflit avec Carlsen. Pas mal de clins d'oeil aussi à des films célèbres (Psychose; 3h10 pour Yuma, etc.). Je suis par ailleurs grandement surpris qu'un film comme Le chien andalou ait pu être vu et connu aux États-Unis l'année de sa "sortie (qui plus est rapidement censurée) en France ! Au final, c'est une série intéressante, divertissante. C'est déjà pas mal.

22/03/2026 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Les Évadés d'Alcatraz
Les Évadés d'Alcatraz

A partir d'un fait divers célèbre, l'évasion de 3 prisonniers de la forteresse d'Alcatraz en juin 1962, les auteurs laissent libre cours à leur imagination pour nous proposer un thriller haletant. Les 3 hommes n'ont jamais été retrouvés et la version officielle est qu'il se sont noyés lors de leur tentative d'évasion. Dans cette fiction, leur destinée est tout autre et leur fuite ne sera pas de tout repos, il faut se cacher, se méfier, se cacher encore, fuir. Il leur faudra également de l'aide. Bref, ils ont ont beau être dehors, ils n'ont pas le sentiment d'une liberté totalement retrouvée. De déconvenues en complices pas fiables, en passant par des curieux génants, cette fuite prend des allures de road movie sanglant. Au rythme des chapitres, on les suit sur les différentes étapes sensées les conduire vers une vie meilleure. Mais plus on avance dans le récit et moins cet avenir parait lumineux. Le présent non plus n'est pas confortable. Recherchés, accompagnés par une complice vénale plus que serviable, les péripéties vont bon train. Il faudra jouer des poings, et plus, et ne pas faire de sentiment pour essayer de s'en sortir. L'idée de développer une fiction sur la base d'un évènement réel est bonne et bien développée. Au final le récit prend la forme d'un polar noir, rythmé et accrocheur. Pas forcément original dans son déroulement, c'est loin d'être la première histoire de gangsters en fuite. Mais l'histoire se démarque en exploitant très bien le postulat de départ. L'ambiance flirte sur cette ligne floue entre la réalité, enfin la version connue, et la fiction et ça fonctionne très bien.

22/03/2026 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Les Sacrifiés du paradis
Les Sacrifiés du paradis

Cet album offre une plongée au coeur de l'Afrique des années 60, et plus précisément à la génèse des grands parcs nationaux des pays de l'est du continent. Un récit raconté comme une enquête, mêlant histoire et politique. C'est un documentaire mis en scène comme une fiction. Le sujet de fond est interessant : comment l'unesco, la WWF et les colons ont mis en place de très vastes projets pour préserver la nature africaine, créer des parcs et sauver des animaux. L'intention est louable, la méthode et ses conséquences seront plus discutables. Populations malmenées, une dizaine de millions d'hommes, de femmes, de paysans déplacés. Des villages entiers rasés de la carte. Pour mettre cela en exergue, l'idée de raconter tout cela à travers le prisme de 4 personnages est une bonne idée. Le narrateur essaye de résoudre un meurtre et remonte les pistes de ces 4 personnes. Cela donne au récit un format d'enquête interessant. Au fil des chapitres et des retours dans le temps, on découvre les liens entre les personnages, et surtout comment les actes des premiers auront des conséquences sur les autres (et donc sur le sujet de fond). Sauf que c'est un peu compliqué à suivre. Les enjeux politiques notamment, qui est avec qui, qui magouille quoi dans le dos de qui d'autres, pour quel intérêt. Sans compter les doubles jeux. On saisit en toile de fond la catastrophe humanitaire sous jacente, mais il y a quelques connexions pas toujours limpides qui empêchent d'en saisir pleinement les détails. Le dessin est nerveux et dynamique, mais ce style ne fait pas la part belle aux paysages africains. La palette de couleur est un peu monotone. Cela manque par moment de lisibilité, et ne permet pas toujours de discerner avec certitude tous les protagonistes sur certaines scènes. Il y a un sujet de fond interessant, globalement peu connu du grand public. Il y a une idée narrative interessante. Cela donne envie... mais l'impression que l'essai n'est pas totalement transformé reste un peu en tête une fois l'album refermé.

22/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Skating Wilder
Skating Wilder

Avec Skating Wilder, Aj Dungo (déjà remarqué pour In Waves) s’associe à Brandon Dumais pour proposer un roman graphique à la fois personnel et documentaire sur la culture skate. L’ouvrage revient aux origines du skateboard, né dans les années 50 sur la côte ouest américaine, lorsque les surfeurs privés de vagues ont commencé à “surfer” le bitume. Mais loin d’être un simple récit historique, la BD s’appuie sur le vécu des auteurs, notamment le parcours d’un ami marqué par un déménagement, pour donner une dimension intime à cette exploration. Le skate devient alors plus qu’un sport : un refuge, un langage, une identité. Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre mémoire personnelle et fresque culturelle. On passe des “sidewalk surfers” aux figures emblématiques comme Tony Hawk, avec une fluidité qui rend la lecture aussi instructive que captivante. Graphiquement, Aj Dungo propose un style différent de In Waves : plus rond, plus urbain, presque influencé par une esthétique hip-hop. Le choix de deux couleurs dominantes : orange pour le passé, violet pour le présent, renforce l’aspect nostalgique et donne une vraie identité visuelle à l’ensemble. C’est simple, lisible, mais surtout très dynamique. Si l’émotion est moins intense que dans In Waves, Skating Wilder séduit par son authenticité et sa capacité à transmettre l’âme du skate : la liberté, les chutes, les rencontres, et cette culture née de la rue.

22/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 4/5
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

Quand le savoir vaut toutes les aventures. La Bibliomule de Cordoue est une œuvre originale et intelligente. L'histoire nous transporte dans la Cordoue du Xe siècle, où la grande bibliothèque du calife, l'une des plus importantes du monde médiéval, est menacée de destruction par des intégristes religieux fraîchement arrivés au pouvoir. Face à cette catastrophe annoncée, un vieux copiste, sa disciple et un jeune voyou s'allient pour tenter l'impossible : sauver un maximum de livres en les faisant fuir à dos de mule. Une course contre le temps semée d'embûches, portée par une écriture vive, drôle et pleine d'esprit. Derrière ce postulat simple se cache un message profond sur la transmission, la mémoire et la fragilité de la culture face à l'obscurantisme. On apprend sans jamais avoir l'impression de suivre un cours d'histoire. Et c'est là tout l'art de l'exercice. Les personnages contribuent énormément à cette réussite. Tarid, le vieux copiste, émeut par sa dévotion totale aux livres : chaque volume sauvé est pour lui une victoire arrachée à l'oubli. Le jeune voyou apporte une énergie brute, un cynisme de façade qui se fissure à mesure que l'aventure le dépasse et le révèle. Entre eux, Loubna, esclave intelligente et rebelle, avec une présence forte et une lucidité qui tranche avec l'agitation des deux autres. Et puis il y a la mule, véritable quatrième compagnon autour duquel tout gravite : têtue, imprévisible, presque philosophique à sa manière. Ensemble, ils forment au final un quatuor improbable dont les échanges apportent de la légèreté au cœur d'un récit pourtant grave. Un bémol tout de même : j'aurais aimé que le voyage offre un peu plus de piquant, un peu plus de danger. L'ensemble reste parfois trop sage, trop lisse. Pour une histoire aussi riche, un peu plus de mordant aurait donné encore plus de relief et de tension au récit. Mais l'essentiel est ailleurs. La Bibliomule de Cordoue est une BD intelligente, accessible et pleine de sens. Le genre d'album qu'on recommande sans hésiter, et qui laisse derrière lui une envie simple mais essentielle : protéger ce qui mérite de ne jamais disparaître.

22/03/2026 (modifier)
Par Cidtheo
Note: 4/5
Couverture de la série Yé

De très jolis dessins qui servent à merveille cette histoire initiatique délicate. Yé est attachant et son chemin parsemée d'embûches est prenant. J'ai particulièrement apprécié la poésie qui en ressort et la délicatesse des dessins. Une très belle découverte du 9e art brésilien dont je ne connaissais rien jusqu'alors.

22/03/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 3/5
Couverture de la série Premières fois
Premières fois

"Charnel, sensuel, brutal, tendre, obsessionnel, solitaire, soft, … Le sexe recouvre une gamme infinie de première fois. En voici dix exemples" Vous l'aurez compris cet ouvrage ne se concentre pas sur LA première fois mais sur dix petites premières fois. Imaginées et contées par une femme, cet ouvrage érotique raconte 10 premières expériences féminines de la toute première fois à la première fois à trois en passant par la première expérience lesbienne, etc... Il laisse échapper une certaine finesse que l'on ne retrouve pas dans un ouvrage masculin, ce qui pour ma part n'est pas pour me déplaire. On ne retrouve pas pour autant une certaine tendresse hormis l'histoire de LA première fois. Comme bien souvent dans ce genre d'ouvrage, les histoires sont de qualité inégale et ne procurent pas le même plaisir à lire. Mais pour ma part c'est le dessin qui m'a le plus dérangé. Ils sont plusieurs à avoir pris le relais, cela se voit, et c'est franchement inégal. La dernière histoire, sans parole d'ailleurs, est à ce titre très révélatrice puis qu'elle nous offre un visuel très "picassoresque". Faut aimer Au final j'avoue une légère déception, j'ai lu puis j'ai éteint la lumière et me suis endormi comme un bébé sans la moindre pensée érotique. L'ouvrage est donc passé à coté de son but affiché dans la préface. J'aurai plutôt tendance à conseiller la lecture de Sous le Paradis qui pour ma part se révèle être de meilleure qualité Note réelle : 2,5

22/03/2026 (modifier)