2.5
Un autre récit du Punisher par Ennis et il ne se renouvelle pas trop. Je n'ai jamais été un grand du personnage du Punisher, mais j'aimais bien les premiers récits de ce anti-héros par Garth Ennis car il y avait de l'humour noir qui donnait un coté un peu cartoon qui rendait les récits agréables. Puis ensuite il a fait des récits plus adulte et sérieux avec ce personnage et j'ai un peu décroché.
Ce one-shot est dans la droite ligne des récits avec peu d'humour. La nouveauté est que le Punisher rencontre un ancien soldat russe qui a la même croisade contre les criminels et c'est une idée intéressante parce que Punisher est tout de même peu sociable et je me demandais ce que ça allait donner de le voir interagir avec un homme qui est comme lui. Malheureusement, une bonne partie de l'album s'est le russe qui raconte sa vie dans l'armée russe et comment il est devenu désillusionner de voir des simples soldats mourir pendant que l'élite bien pourrit fait ce qu'elle veut. C'est pas une mauvaise idée, mais Ennis a déjà fait trop de récits de ce genre et il n'ajoute rien de nouveau.
Comme c'est Ennis, cela reste un récit qui se laisse lire bien rythmé avec des bons dialogues et quelques bonnes scènes, mais il est en mode pilote-automatique et n'a fait que reprendre les mêmes thèmes qu'il utilise encore et encore. Si on a jamais lu un Punisher par Garth Ennis, cela peut être un bon début, mais je conseil plutôt la série ''Punisher (Ennis/Dillon)''.
Je possède l’album depuis sa sortie mais ce n’est que tout dernièrement que je l’ai lu. Je ne sais pas trop pourquoi je repoussais ma lecture, le temps sans doute (ça reste un beau pavé) et aussi les retours « relativement » versatiles.
Bref tout ça pour dire que j’en ai gentiment fait un objet qui se laissait désirer et que mes attentes se sont doucement atténuées avec le temps.
Verdict aujourd’hui. A mon goût, un album de très très haute volée. J’ai tout aimé, emporté par l'aventure et le décorum proposés. Précisons également que j’ai pris le récit comme tel, je suis bien trop inculte pour comparer à la dramaturgie de Richard III ou à la verve Shakespearienne.
Un album qui m’a fait voyager et impeccablement réalisé. Le truc que je conseillerai et que je relirai avec le même intérêt. Trois auteurs que j’admirais déjà et trois auteurs au diapason pour mon plus grand bonheur.
J’ai particulièrement dégusté l’ambiance du récit, des personnages peu attachants mais savoureux, la localisation et l’époque ajoutent au dépaysement pour cette saga/hommage d’Ayroles.
J’avoue que l’on a sans doute déjà vu plus grandiose en terme d’aventure mais tous les ingrédients sont bien positionnés, et l’auteur brasse de nombreuses thématiques humaines comme locales. Ça déroule comme une pièce de théâtre, actes, scènes … jusqu’au final sans grande surprise mais réussi. J’ai franchement aimé me perdre sur cette terre désolée.
Ajoutons à ça un duo qui fonctionne parfaitement pour la partie graphique, le dessin d’Hervé Tanquerelle n’est jamais aussi beau que quand il est mis en lumière par Isabelle Merlet, une harmonie rare qui participe à immerger le lecteur. Perso j’adore.
Je salue aussi l’initiative de ne pas avoir scinder l’histoire en plusieurs tomes, l’expérience aurait été tout autre. Là j’ai apprécié, dégusté, savouré en un bloc cette leçon de bandes dessinées.
Un petit culte généreux mais mérité, il y a tout ce que j’attends d’une bd (ça m’a même poussé à faire des recherches sur la pièce et celle colonie viking).
4,5
Tsuge est un mangaka atypique. Les notes en fin d'ouvrage sont intéressantes pour comprendre son état d'esprit à l'époque (années 1970 début 1980), à savoir une période où il se laisse vivre sur ses royalties et produit peu. Sa femme a également de graves problèmes de santé, il devient père aussi. Il fait du manga sans passion, de manière alimentaire et finira plus tard par se reconvertir dans les antiquités.
Certaines de ses courtes histoires sont publiées chez des éditeurs différents souvent à leur demande et sont variables par le style de dessin et d'histoires. On a même une histoire en couleurs dans le milieu du recueil où l'auteur produit quelque chose d'assez onirique sur une réalité alternative. Plusieurs d'entre elles ont pour point commun le sexe, "pour faire plaisir à ses lecteurs" comme dit la postface, parfois cru, et même violent à l'instar de cette histoire où un homme surgit d'une source d'eau chaude, croise un couple, aplatit le mari et entreprend la femme devant ses yeux.
Comme souvent certaines histoires se terminent sans réelle chute ce qui peut déconcerter.
Presque pas de chats dedans, qu'est-ce que c'est que ce titre mensonger. On essaie d'attirer le chaland avec des chats... C'est une suite de gags en 1 planche et pour ma part je ne trouve pas ça très drôle. Probablement destiné à faire rire un vieux barbu dans des revues scientifiques puisque l'auteur publie dans The New Scientist. C'est sur plein de sujets scientifiques, mêlant parfois de la philosophie.
Je ne connaissais pas Tom Gauld. Son dessin est de style variable mais souvent minimaliste, avec des personnages filiformes. Très propre, rien à lui reprocher.
C'est sans doute un humour anglais, ils ne sont pas comme nous.
Je vais être moins enthousiaste que la plupart des posteurs.
Je pense qu'il y a deux manières d'abordés ce récit: comme un documentaire et comme une œuvre de fiction. Pour le coté documentaire, c'est réussi. On voit le quotidien des inuits d'avant l'arrivé des européens et comment ils réussissent à survivre dans un univers très dur. Le chamanisme est un thème très important du récit et j'ai bien aimé découvrir les chants inuit qu'on retrouve au fil de la BD. Cela dit je ne pense pas avoir appris quelques choses de nouveaux, ayant déjà vu des documentaires sur les inuit et autres peuples autochtones du Canada, mais cela reste un bon moyen de découvrir une culture méconnue si on est un européen.
Pour ce qui est de l'histoire elle-même, je n'ai pas accroché plus que ça au parcours de l'héroïne inuk. Je comprends que d'autres lecteurs aient accroché et étaient séduits par le coté poétique de l'œuvre, mais tout le long j'étais un peu en retrait. C'est quand même un peu long et la narration omniprésente dans la première partie de l'album a finit par m'énerver. Je me demande si le fait que je trouve le scénario moyen est que lorsque j'étais ados j'ai été impressionné par le roman Maina de Dominique Demers qui racontait l'histoire d'une amérindienne qui finit par se retrouver chez les inuit. C'était plus intéressant de voir le choc de civilisations entre des personnages ne venant pas du même peuple.
Pour ce qui est du dessin, je suis d'accord avec toute les bonnes critiques et je n'ai rien d'autres à ajouter sur le sujet. C'est le point fort de ce one-shot selon moi.
Surprenante cette œuvre.
J’avoue que je préfère les auteurs dans des récits de pure fiction, ici il nous refont un peu le coup de L'Homme qui tua Chris Kyle (une exploration d’une certaine Amérique), mais je reste très réceptif à leur travail et traitement proposé.
J’ai bien une petite réserve encore sur le sujet (qui ne m’avait d’ailleurs pas autant sauté aux yeux avant de vous lire), pas ma came et spécial mais Nury a franchement l’art de rendre ça intriguant avec sa mise en scène et touche fantastique. Et puis évidemment le dessin de Brüno et sa narration qu’on ne présente plus et qui s’avèrent une nouvelle fois aux petits oignons.
Un premier contact intriguant avec cette série même si ça m’ennuie un peu de ne pas savoir le nombre de tomes à venir. J’aime la façon dont ça m’est compté mais le sujet peut vite m’arriver à overdose.
Une lecture sympathique mais qui me frustre un peu.
J’ai succombé au 1er tome, vraiment bon dans sa mise en place, ambiance et interrogations soulevées ; avant d’être légèrement refroidi avec la seconde moitié du diptyque, peut être plus consensuelle, mais ça m’a moins emporté et la fin ne m’a pas satisfait, non pas qu’elle soit mauvaise mais j’ai eu l’impression d’assister au tout début d’un truc … qui ne viendra jamais. Le sujet était ailleurs.
J’en attendais donc plus niveau histoire mais ça reste bien sympa à suivre notamment grâce à une partie graphique de qualité.
Je suis assez d'accord avec l'avis de gruizzli.
Il s'agit avant tout d'une BD "concept", basée sur le principe de trois intrigues qui se déroulent simultanément, et s'entrelacent pour influer les unes sur les autres. L'exercice est audacieux, un peu casse-gueule, mais avec le passé Oubapien de Trondheim, on se doute que l'auteur s'est bien amusé à imaginer le schéma de l'album, et on peut constater qu'il l'a mené à bon port. Sur le plan de l'histoire, ou des histoires, en revanche, c'est nettement plus faiblard. Si l'histoire du robot est peut-être la plus intéressante, sa conclusion est assez pauvre, alors que les autres fils narratifs sont très moyens tout du long.
Le dessin de Sergio Garcia est assez sympa, très rond, et je n'ose imaginer la somme de croquis préparatoires et corrections qu'il a fallu opérer pour coller à l'esprit tortueux de Lewis Trondheim.
Bref, sympathique sur le papier, mais très vite oublié...
Encore une adaptation du mythique Moby Dick de Melville ?!
Mais ce diptyque de Chabouté, littéralement possédé par la furie vengeresse du Capitaine Achab, mérite amplement notre attention et, si le récit reste fidèle à l'original, la mise en planches confine à du grand cinéma.
On ne compte plus les adaptations graphiques du célèbre Moby Dick d'Herman Melville - j'en ai dénombré pas loin d'une dizaine, certaines s'éloignant plus ou moins du roman original, et même trouvé une version "galactique" ! - mais ce diptyque de Christophe Chabouté, paru en 2014 chez Glénat, vaut vraiment le détour car chacun sait que « si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime. »
Faut-il résumer ici l'histoire iconique de la baleine Moby Dick et du Capitaine Achab ?
« Le capitaine Achab [...] a fréquenté des cannibales, connu des prodiges. Il voit plus profond que la plus profonde des vagues, son harpon est le plus fin et le plus sûr de toute l'île. Il est Achab, et l'Achab de l'histoire était un roi ...
Un roi impie ... Impie et maudit ! »
Le premier tome (le "livre premier") installe l'ambiance avec l'arrivée du narrateur à Nantucket sur la côte Est des US pour s'embarquer à bord d'un baleinier. À ses côtés, un harponneur aussi tatoué qu'effrayant, Queequeg.
Tous deux s'enrôlent à bord du fameux Pequod.
À bord, la folie revancharde du Capitaine Achab, cet « homme que ronge le désir insatisfait de la vengeance », va pousser l'équipage à pourchasser sur les mers le cachalot blanc, l'animal monstrueux qui avait emporté un morceau du capitaine, désormais unijambiste.
« Un cachalot à tête blanche, au front ridé et à la mâchoire de travers, un cachalot dont la nageoire est percée de trois trous à tribord. »
Le second album démarre sous les pires auspices : Queequeg préfère dormir dans un cercueil et la folie du Capitaine Achab grandit de jour en jour, tandis que le navire course le grand cachalot blanc.
Et Chabouté de citer Melville quasiment mot à mot : « C'est un mauvais voyage ! Mal commencé, mal poursuivi. »
Le récit est bien sûr un peu simplifié pour rentrer dans les deux albums, le texte est à peine modernisé pour rentrer dans les cases d'aujourd'hui : il faut bien faire quelques choix mais tout cela reste globalement très fidèle au texte original, parfois même mot pour mot.
L'auteur a conservé par exemple un découpage en chapitres (certains titres sont même repris tels quels) et assorti chacun d'eux d'un court incipit inspiré du texte de Melville.
Le noir et blanc très contrasté, emblématique de Chabouté, s'accorde ici parfaitement à l'atmosphère dure, violente, sauvage, qui règne sur le bateau. La mise en cases laisse une belle place aux gros plans sur les visages de marins (et quelles trognes !).
Quant aux scènes de pêche, quand la baleine sonde et que la ligne se tend, c'est presque du cinéma.
On se demande quelle magie utilise l'artiste pour rendre tout cela avec seulement deux dimensions pour le dessin et deux dimensions pour la couleur.
Et l'encrage profond du noir de Chabouté nous parait presque rouge sang quand : « le navire se métamorphose en une sorte d'abattoir, chaque marin en boucher ».
L'auteur a bien sûr centré son récit sur la folie vengeresse d'un Capitaine Achab aux yeux exorbités. Le second officier du navire, Monsieur Starbuck, incarne la raison et lui sert de contrepoint, le jeune Ismaël de témoin. Le lecteur a beau connaître cette histoire par cœur, il ne peut que se laisser happer par le rythme et l'intensité d'une chasse presque mystique, de cette course folle vers la mort.
Recueil de gags passant en revue toute une série de clichés du cinéma, de l’horreur au film de guerre en passant par la comédie romantique ou le western. Le méchant qui révèle son plan, les héros qui se séparent au pire moment, ou encore le hacker qui a 30 secondes pour s'introduire dans le serveur du Pentagone ; cette BD s'amuse de l'absurdité de ces poncifs et de leur logique.
Graphiquement, j'ai beaucoup apprécié. Le trait rond de Witko fonctionne très bien, mais il est surtout magnifié par les couleurs vraiment chouettes d'Isabelle Merlet, originales et variées, qui donnent une âme et de l'intensité à chaque planche. L’ensemble est très lisible, dynamique, et visuellement agréable à parcourir.
Côté humour, je n’ai pas trouvé ça hilarant de bout en bout, mais ça fait clairement sourire ici et là. Certaines chutes fonctionnent très bien, d’autres un peu moins. En réalité, le plaisir pour moi est peut-être davantage venu de la découverte de la liste de clichés rassemblés ici, voir jusqu’où les auteurs vont pousser le raisonnement, et se dire qu’on a déjà vu ces scènes des dizaines de fois sans toujours les questionner. On sent derrière tout ça une tendre affection pour le cinéma, et une bonne connaissance de ses tics les plus usés.
C'est un album ludique et malin, plus amusant par son concept et son inventaire bien trouvé que réellement désopilant, mais suffisamment réussi pour passer un bon moment.
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Punisher - Soviet
2.5 Un autre récit du Punisher par Ennis et il ne se renouvelle pas trop. Je n'ai jamais été un grand du personnage du Punisher, mais j'aimais bien les premiers récits de ce anti-héros par Garth Ennis car il y avait de l'humour noir qui donnait un coté un peu cartoon qui rendait les récits agréables. Puis ensuite il a fait des récits plus adulte et sérieux avec ce personnage et j'ai un peu décroché. Ce one-shot est dans la droite ligne des récits avec peu d'humour. La nouveauté est que le Punisher rencontre un ancien soldat russe qui a la même croisade contre les criminels et c'est une idée intéressante parce que Punisher est tout de même peu sociable et je me demandais ce que ça allait donner de le voir interagir avec un homme qui est comme lui. Malheureusement, une bonne partie de l'album s'est le russe qui raconte sa vie dans l'armée russe et comment il est devenu désillusionner de voir des simples soldats mourir pendant que l'élite bien pourrit fait ce qu'elle veut. C'est pas une mauvaise idée, mais Ennis a déjà fait trop de récits de ce genre et il n'ajoute rien de nouveau. Comme c'est Ennis, cela reste un récit qui se laisse lire bien rythmé avec des bons dialogues et quelques bonnes scènes, mais il est en mode pilote-automatique et n'a fait que reprendre les mêmes thèmes qu'il utilise encore et encore. Si on a jamais lu un Punisher par Garth Ennis, cela peut être un bon début, mais je conseil plutôt la série ''Punisher (Ennis/Dillon)''.
La Terre verte
Je possède l’album depuis sa sortie mais ce n’est que tout dernièrement que je l’ai lu. Je ne sais pas trop pourquoi je repoussais ma lecture, le temps sans doute (ça reste un beau pavé) et aussi les retours « relativement » versatiles. Bref tout ça pour dire que j’en ai gentiment fait un objet qui se laissait désirer et que mes attentes se sont doucement atténuées avec le temps. Verdict aujourd’hui. A mon goût, un album de très très haute volée. J’ai tout aimé, emporté par l'aventure et le décorum proposés. Précisons également que j’ai pris le récit comme tel, je suis bien trop inculte pour comparer à la dramaturgie de Richard III ou à la verve Shakespearienne. Un album qui m’a fait voyager et impeccablement réalisé. Le truc que je conseillerai et que je relirai avec le même intérêt. Trois auteurs que j’admirais déjà et trois auteurs au diapason pour mon plus grand bonheur. J’ai particulièrement dégusté l’ambiance du récit, des personnages peu attachants mais savoureux, la localisation et l’époque ajoutent au dépaysement pour cette saga/hommage d’Ayroles. J’avoue que l’on a sans doute déjà vu plus grandiose en terme d’aventure mais tous les ingrédients sont bien positionnés, et l’auteur brasse de nombreuses thématiques humaines comme locales. Ça déroule comme une pièce de théâtre, actes, scènes … jusqu’au final sans grande surprise mais réussi. J’ai franchement aimé me perdre sur cette terre désolée. Ajoutons à ça un duo qui fonctionne parfaitement pour la partie graphique, le dessin d’Hervé Tanquerelle n’est jamais aussi beau que quand il est mis en lumière par Isabelle Merlet, une harmonie rare qui participe à immerger le lecteur. Perso j’adore. Je salue aussi l’initiative de ne pas avoir scinder l’histoire en plusieurs tomes, l’expérience aurait été tout autre. Là j’ai apprécié, dégusté, savouré en un bloc cette leçon de bandes dessinées. Un petit culte généreux mais mérité, il y a tout ce que j’attends d’une bd (ça m’a même poussé à faire des recherches sur la pièce et celle colonie viking). 4,5
Saisi par la nuit (Œuvres 1975-1981)
Tsuge est un mangaka atypique. Les notes en fin d'ouvrage sont intéressantes pour comprendre son état d'esprit à l'époque (années 1970 début 1980), à savoir une période où il se laisse vivre sur ses royalties et produit peu. Sa femme a également de graves problèmes de santé, il devient père aussi. Il fait du manga sans passion, de manière alimentaire et finira plus tard par se reconvertir dans les antiquités. Certaines de ses courtes histoires sont publiées chez des éditeurs différents souvent à leur demande et sont variables par le style de dessin et d'histoires. On a même une histoire en couleurs dans le milieu du recueil où l'auteur produit quelque chose d'assez onirique sur une réalité alternative. Plusieurs d'entre elles ont pour point commun le sexe, "pour faire plaisir à ses lecteurs" comme dit la postface, parfois cru, et même violent à l'instar de cette histoire où un homme surgit d'une source d'eau chaude, croise un couple, aplatit le mari et entreprend la femme devant ses yeux. Comme souvent certaines histoires se terminent sans réelle chute ce qui peut déconcerter.
La Physique pour les chats
Presque pas de chats dedans, qu'est-ce que c'est que ce titre mensonger. On essaie d'attirer le chaland avec des chats... C'est une suite de gags en 1 planche et pour ma part je ne trouve pas ça très drôle. Probablement destiné à faire rire un vieux barbu dans des revues scientifiques puisque l'auteur publie dans The New Scientist. C'est sur plein de sujets scientifiques, mêlant parfois de la philosophie. Je ne connaissais pas Tom Gauld. Son dessin est de style variable mais souvent minimaliste, avec des personnages filiformes. Très propre, rien à lui reprocher. C'est sans doute un humour anglais, ils ne sont pas comme nous.
De pierre et d'os
Je vais être moins enthousiaste que la plupart des posteurs. Je pense qu'il y a deux manières d'abordés ce récit: comme un documentaire et comme une œuvre de fiction. Pour le coté documentaire, c'est réussi. On voit le quotidien des inuits d'avant l'arrivé des européens et comment ils réussissent à survivre dans un univers très dur. Le chamanisme est un thème très important du récit et j'ai bien aimé découvrir les chants inuit qu'on retrouve au fil de la BD. Cela dit je ne pense pas avoir appris quelques choses de nouveaux, ayant déjà vu des documentaires sur les inuit et autres peuples autochtones du Canada, mais cela reste un bon moyen de découvrir une culture méconnue si on est un européen. Pour ce qui est de l'histoire elle-même, je n'ai pas accroché plus que ça au parcours de l'héroïne inuk. Je comprends que d'autres lecteurs aient accroché et étaient séduits par le coté poétique de l'œuvre, mais tout le long j'étais un peu en retrait. C'est quand même un peu long et la narration omniprésente dans la première partie de l'album a finit par m'énerver. Je me demande si le fait que je trouve le scénario moyen est que lorsque j'étais ados j'ai été impressionné par le roman Maina de Dominique Demers qui racontait l'histoire d'une amérindienne qui finit par se retrouver chez les inuit. C'était plus intéressant de voir le choc de civilisations entre des personnages ne venant pas du même peuple. Pour ce qui est du dessin, je suis d'accord avec toute les bonnes critiques et je n'ai rien d'autres à ajouter sur le sujet. C'est le point fort de ce one-shot selon moi.
Electric Miles
Surprenante cette œuvre. J’avoue que je préfère les auteurs dans des récits de pure fiction, ici il nous refont un peu le coup de L'Homme qui tua Chris Kyle (une exploration d’une certaine Amérique), mais je reste très réceptif à leur travail et traitement proposé. J’ai bien une petite réserve encore sur le sujet (qui ne m’avait d’ailleurs pas autant sauté aux yeux avant de vous lire), pas ma came et spécial mais Nury a franchement l’art de rendre ça intriguant avec sa mise en scène et touche fantastique. Et puis évidemment le dessin de Brüno et sa narration qu’on ne présente plus et qui s’avèrent une nouvelle fois aux petits oignons. Un premier contact intriguant avec cette série même si ça m’ennuie un peu de ne pas savoir le nombre de tomes à venir. J’aime la façon dont ça m’est compté mais le sujet peut vite m’arriver à overdose.
Le Roi des fauves
Une lecture sympathique mais qui me frustre un peu. J’ai succombé au 1er tome, vraiment bon dans sa mise en place, ambiance et interrogations soulevées ; avant d’être légèrement refroidi avec la seconde moitié du diptyque, peut être plus consensuelle, mais ça m’a moins emporté et la fin ne m’a pas satisfait, non pas qu’elle soit mauvaise mais j’ai eu l’impression d’assister au tout début d’un truc … qui ne viendra jamais. Le sujet était ailleurs. J’en attendais donc plus niveau histoire mais ça reste bien sympa à suivre notamment grâce à une partie graphique de qualité.
Les Trois Chemins
Je suis assez d'accord avec l'avis de gruizzli. Il s'agit avant tout d'une BD "concept", basée sur le principe de trois intrigues qui se déroulent simultanément, et s'entrelacent pour influer les unes sur les autres. L'exercice est audacieux, un peu casse-gueule, mais avec le passé Oubapien de Trondheim, on se doute que l'auteur s'est bien amusé à imaginer le schéma de l'album, et on peut constater qu'il l'a mené à bon port. Sur le plan de l'histoire, ou des histoires, en revanche, c'est nettement plus faiblard. Si l'histoire du robot est peut-être la plus intéressante, sa conclusion est assez pauvre, alors que les autres fils narratifs sont très moyens tout du long. Le dessin de Sergio Garcia est assez sympa, très rond, et je n'ose imaginer la somme de croquis préparatoires et corrections qu'il a fallu opérer pour coller à l'esprit tortueux de Lewis Trondheim. Bref, sympathique sur le papier, mais très vite oublié...
Moby Dick (Chabouté)
Encore une adaptation du mythique Moby Dick de Melville ?! Mais ce diptyque de Chabouté, littéralement possédé par la furie vengeresse du Capitaine Achab, mérite amplement notre attention et, si le récit reste fidèle à l'original, la mise en planches confine à du grand cinéma. On ne compte plus les adaptations graphiques du célèbre Moby Dick d'Herman Melville - j'en ai dénombré pas loin d'une dizaine, certaines s'éloignant plus ou moins du roman original, et même trouvé une version "galactique" ! - mais ce diptyque de Christophe Chabouté, paru en 2014 chez Glénat, vaut vraiment le détour car chacun sait que « si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime. » Faut-il résumer ici l'histoire iconique de la baleine Moby Dick et du Capitaine Achab ? « Le capitaine Achab [...] a fréquenté des cannibales, connu des prodiges. Il voit plus profond que la plus profonde des vagues, son harpon est le plus fin et le plus sûr de toute l'île. Il est Achab, et l'Achab de l'histoire était un roi ... Un roi impie ... Impie et maudit ! » Le premier tome (le "livre premier") installe l'ambiance avec l'arrivée du narrateur à Nantucket sur la côte Est des US pour s'embarquer à bord d'un baleinier. À ses côtés, un harponneur aussi tatoué qu'effrayant, Queequeg. Tous deux s'enrôlent à bord du fameux Pequod. À bord, la folie revancharde du Capitaine Achab, cet « homme que ronge le désir insatisfait de la vengeance », va pousser l'équipage à pourchasser sur les mers le cachalot blanc, l'animal monstrueux qui avait emporté un morceau du capitaine, désormais unijambiste. « Un cachalot à tête blanche, au front ridé et à la mâchoire de travers, un cachalot dont la nageoire est percée de trois trous à tribord. » Le second album démarre sous les pires auspices : Queequeg préfère dormir dans un cercueil et la folie du Capitaine Achab grandit de jour en jour, tandis que le navire course le grand cachalot blanc. Et Chabouté de citer Melville quasiment mot à mot : « C'est un mauvais voyage ! Mal commencé, mal poursuivi. » Le récit est bien sûr un peu simplifié pour rentrer dans les deux albums, le texte est à peine modernisé pour rentrer dans les cases d'aujourd'hui : il faut bien faire quelques choix mais tout cela reste globalement très fidèle au texte original, parfois même mot pour mot. L'auteur a conservé par exemple un découpage en chapitres (certains titres sont même repris tels quels) et assorti chacun d'eux d'un court incipit inspiré du texte de Melville. Le noir et blanc très contrasté, emblématique de Chabouté, s'accorde ici parfaitement à l'atmosphère dure, violente, sauvage, qui règne sur le bateau. La mise en cases laisse une belle place aux gros plans sur les visages de marins (et quelles trognes !). Quant aux scènes de pêche, quand la baleine sonde et que la ligne se tend, c'est presque du cinéma. On se demande quelle magie utilise l'artiste pour rendre tout cela avec seulement deux dimensions pour le dessin et deux dimensions pour la couleur. Et l'encrage profond du noir de Chabouté nous parait presque rouge sang quand : « le navire se métamorphose en une sorte d'abattoir, chaque marin en boucher ». L'auteur a bien sûr centré son récit sur la folie vengeresse d'un Capitaine Achab aux yeux exorbités. Le second officier du navire, Monsieur Starbuck, incarne la raison et lui sert de contrepoint, le jeune Ismaël de témoin. Le lecteur a beau connaître cette histoire par cœur, il ne peut que se laisser happer par le rythme et l'intensité d'une chasse presque mystique, de cette course folle vers la mort.
Cinéramdam - Tous les clichés du cinéma
Recueil de gags passant en revue toute une série de clichés du cinéma, de l’horreur au film de guerre en passant par la comédie romantique ou le western. Le méchant qui révèle son plan, les héros qui se séparent au pire moment, ou encore le hacker qui a 30 secondes pour s'introduire dans le serveur du Pentagone ; cette BD s'amuse de l'absurdité de ces poncifs et de leur logique. Graphiquement, j'ai beaucoup apprécié. Le trait rond de Witko fonctionne très bien, mais il est surtout magnifié par les couleurs vraiment chouettes d'Isabelle Merlet, originales et variées, qui donnent une âme et de l'intensité à chaque planche. L’ensemble est très lisible, dynamique, et visuellement agréable à parcourir. Côté humour, je n’ai pas trouvé ça hilarant de bout en bout, mais ça fait clairement sourire ici et là. Certaines chutes fonctionnent très bien, d’autres un peu moins. En réalité, le plaisir pour moi est peut-être davantage venu de la découverte de la liste de clichés rassemblés ici, voir jusqu’où les auteurs vont pousser le raisonnement, et se dire qu’on a déjà vu ces scènes des dizaines de fois sans toujours les questionner. On sent derrière tout ça une tendre affection pour le cinéma, et une bonne connaissance de ses tics les plus usés. C'est un album ludique et malin, plus amusant par son concept et son inventaire bien trouvé que réellement désopilant, mais suffisamment réussi pour passer un bon moment.