Comme NoirDésir, je trouve que cette biographie est un peu "raide", autant dans le dessin que dans le propos. C'est du formel, trop à mon gout, un peu détaché et froid dans l'exécution.
Je ne connais pas spécialement la vie de Tolkien, je sais juste qu'il avait une pensée politique proche de l'anarchie vers la fin de sa vie. Mais étant très fan du Seigneur des anneaux (que j'ai déjà relu deux fois) et de son œuvre en générale, j'ai apprécié découvrir sa jeunesse et son rapport à la guerre qui va profondément le marquer. La BD n'explore pas beaucoup plus que la Première Guerre Mondiale, ce qui est dommage puisque les années suivantes vont aussi être marquantes avec les différents liens politiques ou le travail qu'il mènera ensuite. C'est dommage de ne pas voir cet ensemble qui va fortement l'influencer aussi et le mener à construire son oeuvre de façon si magistrale.
En fait je crois que la BD est prisonnière de son formalisme : ne voulant pas déborder du cadre fixée, elle reste très factuelle et rigide. La lecture n'est jamais lourde ou chiante, mais jamais entrainante non plus. C'est un déroulé trop classique, qui ne fait pas passer les émotions alors que sa vie en fut chargée, mais qui ne laisse pas non plus passer l'empathie pour Tolkien. J'étais détaché de tout ce qu'il faisait en le regardant de loin, jusqu'à la dernière planche. J'en sors avec des connaissances, mais ni touché ni marqué. C'est dommage, je pense que la BD aurait pu faire mieux. En l'état, j'ai plus envie d'aller voir si d'autres personnes se sont mieux emparées du sujet.
Cette BD n'est pas une autobiographie mais il est indéniable qu'elle s'en inspire fortement pour ce récit. Car nous avons ici la démonstration par l'exemple de la violence éducative, c'est-à-dire la violence que les parents exercent sur leurs enfants et qu'ils leurs transmettent bien souvent. Cette violence éducative, ce n'est pas, comme on l'imagine souvent, une violence sourde et brutale. Pas de coups, de viols, de hurlements ou d'enfermements. Mais pour autant, ce n'en est pas moins une violence certaine.
La BD décevra sans doute des gens qui trouveront qu'elle est trop sage, trop gentille, qu'elle ne va pas au fond des choses. Pourtant elle réussit à mettre en lumière ce que je connais depuis des années et dont je parle souvent avec des parents (ce qui conduit aussi souvent à des débats ou de l'énervement), à savoir qu'être un mauvais parent est très facile et souvent dans les détails. Les violences éducatives sont un long processus, des petites phrases prononcées chaque jour à des gestes qui nous paraissent anodins. Cela n'empêche pas d'être de bons parents au global, d'avoir une envie de bien faire voir même d'être prévenant et attentif. Le monde n'est pas si binaire que ça ...
Pour en revenir à cette BD, je trouve qu'elle réussit son propos justement parce qu'elle n'essaye pas de montrer une situation caricaturale. Il y a certes le handicap de la sœur qui intervient, mais ce qu'elle raconte est universel. Ce n'est pas un exemple qui parle à tous, ce sont des petits exemples qui peuvent parler à tous. Et ça c'est remarquable. Le personnage principal étant féminin, il se rajoute la couche de sexisme ordinaire envers les femmes (y compris jeune) telles que les remarques à base de "tu n'es pas jolie quand tu boudes", par exemple. Il va de soi qu'une même BD avec un garçon aurait aussi donné son lot de remarque ("sois fort, ne pleure pas", "faut te défendre, reste pas passif", "vas-y, dis-lui bien" etc ....).
La BD est donc un étalage de ces petites violences, de ces moments où l'éducation des parents déraillent. Encore une fois, il s'agit ici d'une famille aimante, pas déchirée par un divorce ou qui se déteste, dont les parents ont des boulots (et donc sans pression financière, sans fin de mois difficile) mais déjà là se dessine la violence éducative. Ce qui est formidable, c'est qu'en plaçant le regard du point de vue de l'enfant, on comprend tout ce que cela implique : le manque de patience, d'explication, l'importance du dialogue, de comprendre les émotions et d'en parler, les non-dits, les mensonges pour leur bien, les phrases anodines pourtant lourde de sens ...
Je fais l'éloge de la BD qui n'est pourtant pas sans défaut. Il y a la fin un peu brutale et qui laisse entrevoir les pistes à exploiter : voir un psy, en parler, s'informer, échanger avec ses parents ... Mais je comprend que le but n'est pas de faire un manuel à ce propos, juste de présenter la situation de ces violences éducatives et laisser le lecteur ou la lectrice libre de ce qu'il doit en comprendre. Au final, c'est surtout un état des lieux de ce que l'enfant subit au sein des familles. Une BD qui sera à compléter par bien des articles, podcasts et livres pour essayer de mieux en comprendre les enjeux ensuite.
Une BD à lire et à faire lire, à mon gout.
Un "Pas mal" qui aurait pu tirer vers plus, notamment avec Matz au scénario qui n'est pas le dernier pour nous pondre des biographies que j'apprécie. Mais cette BD laisse un gout d'inachevée, peut-être parce que la BD s'est justement limitée à une biographie simple.
Le personnage est truculent, étonnant et fascinant, Julio Popper est un aventurier du XIXè, polyglotte, audacieux, inventif, créatif, leader charismatique tout autant que personnage violent, parfois trop, sur de lui, parfois trop. Un vrai personnage d'aventure qu'on aime suivre pour son caractère et son génie. Malheureusement, la BD est en fait trop courte, trop proche de la réalité sans doute aussi, trop sage dans son déroulé biographique. Je comprend l'intention et la volonté de Matz dans cette écriture, s'éloignant peu des détails connus et des informations rares de cette époque. Sauf qu'au vu du personnage, j'aurais aimé une vraie biographie qui va loin, ose faire de l'aventure avec un grand A et s'éloigner de la réalité pour en faire un vrai personnage.
Ce qui est dommage, c'est que ce choix de rester dans une biographie semble avoir ligotée l'histoire à cette conquête de la Terre de feu sans jamais s'éloigner des actions que Popper y mena. J'aurais aimé avoir une histoire qui se sert de ça pour parler d'autre chose, extrapoler, quitte à utiliser le personnage comme agent d'un propos plus contemporain. En voyant ce que semblait être Popper, je me dis que la liste des sujets qu'il aurait pu permettre d'évoquer étaient légions mais que malheureusement nous avons une simple biographie.
Si je semble très négatif dans la critique, ce n'est pas pour autant que la BD est mauvaise. Elle est juste bonne, malheureusement sans dépasser ce stade et aller jusqu'à une histoire vraiment prenante, des considérations et des morales qui m'auraient attirés et dont je sais que Matz est capable. En l'état, c'est juste une bonne histoire, une BD sympa que je recommande de lire mais qui ne me parait clairement pas indispensable.
XVIIe siècle, à l'époque des mousquetaires et des films de cape et d'épée, des complots ésotériques se déroulent dans l'ombre, engendrés par le conflit d'avatars immortels issus d'un zodiaque diabolique dont les triades s'affrontent depuis des siècles. Notre héros est un duelliste de talent que le destin va être amené à endosser le costume de Gueule de cuir, un justicier solitaire opérant la nuit dans les rues de Paris, et à devenir lui-même l'un de ces fameux avatars du zodiaque pour s'opposer à la menace du plus démoniaque d'entre eux, un nécromant qui veut terroriser la capitale.
Cette série reprend la plupart des codes des comics de super-héros et les adapte dans un cadre bien français, celui de d'Artagnan mais aussi de séries d'aventure ésotérique tels que l'univers d'Arcanes. Sans parler d'un bon soupçon d'Assassin's Creed dans les talents guerriers du héros, ses parcours sur les toits parisiens et toute la trame de conflit secret entre organisations concurrentes. Beaucoup d'influences donc mais pour un résultat qui tient sacrément la route et capte vite le lecteur.
Le dessin de Stéphane Créty est très maîtrisé. Il faut dire qu'il commence à avoir une sacrée expérience derrière lui et beaucoup de séries à succès. Sa représentation du Paris de l'époque et de sa vie nocturne et menaçante est réussie et détaillée à souhait. Mais ce sont surtout ses personnages qui marquent, les scènes d'action intenses, les costumes d'époque, et en particulier ce costume de Gueule de cuir aux petits airs de Spawn, là encore un rappel à l'univers des super-héros. Le graphisme de cette série est de très haut niveau.
L'histoire n'en est pas moins bonne. Certes elle aligne beaucoup de références et d'éléments convenus mais le cocktail est réussi et la mayonnaise prend bien. Très vite, on veut en savoir plus sur ce zodiaque diabolique et les motivations de chacun de ses membres. Et c'est avec plaisir qu'on suit un vrai héros à l'ancienne, le mâle viril mi-mousquetaire mi-super-héros, prêt à sauter de toits en toits et à pourfendre tous les méchants pour atteindre la vérité et faire régner la justice. C'est de l'aventure-action sans ambages, avec une dose d'ésotérisme et de mystère pour encore mieux capter l'attention du lecteur, et un excellent cadre de cape et d'épée.
Alors que le zodiaque diabolique comporte 13 éléments et 4 triades, on aurait pu imaginer facilement 4 cycles de trois tomes et un album final si la série se révélait véritablement à succès. Toutefois, l'intrigue prend une tournure qui amène à une conclusion inéluctable au bout d'une unique trilogie d'albums. Et malgré une belle mise en place et beaucoup de potentiel, les évènements s'enchainent un peu vite pour atteindre cette fin qui m'a laissé un peu perplexe et sur une réelle frustration. A l'exception de l'épéiste et du Roi des Tombes, on ne saura finalement quasiment rien des autres membres du zodiaque, de leurs capacités et de leurs motivations. Il y avait matière à développer un chouette univers ésotérique et aventureux mais l'ambition est tuée dans l'œuf avec le déroulement de l'intrigue : je trouve ça dommage.
Je ressors de ma lecture un peu frustré car je voyais davantage de potentiel à cette série qui s'achève finalement de manière douce-amère.
Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi.
C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas.
Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné.
Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène.
Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré.
Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim.
J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin.
Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.
Ah le football, sport universel par excellence, vraie religion pour ses aficionados, symbole de tous les excès et dérives de notre société mettant en exergue l'égoïsme de ses acteurs pour ses détracteurs. Toujours est il que c'est un sujet qui laisse rarement indifférent, même si on ne s'y intéresse pas.
Mais pour ma part c'est un sujet qui m'intéresse et auquel je prête toujours une oreille attentive. Du coup "Un dernier tour de terrain" se retrouva rapidement dans ma PAL et lorsque l'occasion de me le procurer se présenta, tel Kylian Mbappé je ne l'a manqua pas.
Et c'est sans aucun mal que le duo (d'attaque) espagnol au commande du scénario su capter mon attention et captiver autant qu'un match du Real Madrid et ce pour plusieurs raisons :
- La première est le choix de leur héros, tout du moins sa fonction. Dans le microcosme du ballon rond ( et bientôt dans celui de l'ovalie) le métier d'agent est celui qui cristallise le plus les critiques et les dérives du foot business. Toujours plus de transferts pour plus de pognon. Dans le foot, comme dans bien d'autres sports tout va vite, très vite, trop vite. Aussi l'histoire de Beni et Fali est touchante car profondément humaine. Leur relation a su aller au delà du professionnel. Ils ne se sont jamais quittés malgré les difficultés rencontrées. Et, alors que je désespère de voir ce que mon sport est devenu, j'ai l'ai trouvé sincèrement rafraichissante.
- La seconde est que le scénario a su suivre l'évolution du foot, de ses acteurs et de son business. S'il dresse un portrait sans concession du football d'aujourd'hui rempli d'égo et de paraitre, il ne se veut pas pour autant moralisateur. On ne sent pas le C'était mieux avant. On est juste dans le constat de l'évolution pas seulement du sport mais de la société globalement.
Puis pour ne rien gâcher je suis assez fan du dessin tout en rondeur, presque enfantin. J'ai trouvé les traits des différents protagonistes assez pertinents.
Au final cela donne une chouette BD, qui plaira certainement plus aux fans de ballons ronds qu'aux autres mais qui se laisse lire avec plaisir.
Note réelle 3.5
Vraiment une belle œuvre que j'ai eu la chance de trouver par hasard à la Bibliothèque sans en avoir entendu parler avant, loin de la frustration de gens attendant la fin alors que coincés au milieu du gué ! Est-ce que cela me console d'oeuvres que j'aimerais lire depuis des années et sur lesquelles je n'ai pas mis la main ?
Bref, je n'ai rien à reprocher à Fleur de Pierre, j'en préfère seulement d'autres comme Ikkyu …. J'aime l'originalité de parler d'un passé méconnu, les dessins, les personnages, tout.
Qu'est-ce qu'on deviendrait sans le Japon pour poser un regard perçant mais non dénué d'empathie sur nous, en bande dessinée ? Je me le demande. J'admire d'autant plus les résistants qu'ils étaient confrontés non seulement au danger et à des divergences classiques type droite et gauche mais de sévères divisions ethniques.
L'insouciance de la jeunesse perce parfois, mais on sent que le danger se tapit partout, toujours inattendu, ce qui est à la fois une réussite dramatique et le reflet de la réalité. Bien sûr, les personnages se connaissent, mais c'est parce que la fiction doit tisser un monde, où tout se tient, et en plus il faut aller vite quand on ne peut pas prendre son temps comme dans un roman qui n'est pas basé sur le rythme.
J'ai lu ce pavé aux dessins de valeur mais qui ne me plaisent pas grâce à la Bibliothèque. Tant mieux, le récit m'a captivé ! On se dit que pour avoir résisté à la misère et à l'emprisonnement, les émigrants vont tout surmonter ! La misère est épouvantable, les peines pour délit démesurées, et on éloigne des gens ayant purgé leur peine. Pourtant, nul n'est caricaturé, on voit ainsi un Anglais aisé pas content d'avoir été volé, et encore plus mécontent, et surtout surpris par le fait que son jeune voleur aille pour cela en prison. Allez savoir pourquoi j'ai retenu cette anecdote plutôt qu'une autre…. Peut-être parce que tous les protagonistes sauf quelques méchants me semblent mécontents du rôle qui leur est dévolu sans savoir quoi faire pour défendre leurs intérêts sans trop nuire aux autres ? Malgré des qualités et un rôle qui tranche sur les autres, le chef de l'expédition coloniale, le capitaine n'apparaît donc pas comme un être unique, mais relever de cette attitude plus générale…
Les Aborigènes regardent les colons débarquer comme je le suppose nous le ferions d'extraterrestres forcément bien plus dotés scientifiquement que les humains pour venir s'inviter chez nous , et la vie s'organise comme elle peut en Terra Australis. Je ne me rappelle plus de tout, mais d'un monde donnant une impression d'enfermement et d'immensité, réussite fascinante.
3.5
Un album qui parle d'un sujet qui me passionne : l'histoire de la méditerranée, une région particulière de la terre parce que c'est le berceau de nombreuses civilisations à la fois occidentales et orientales qui ont souvent une histoire commune, notamment à cause des différents empires qui ont colonisé l'endroit.
Ce que je peux reprocher à cet album intéressant est que c'est un peu décousu. Par exemple, tout le long de l'album on suit le temps d'une page ou deux un immigrant clandestin qui tente de vivre une nouvelle vie en France après avoir failli mourir en traversant la méditerranée et le lien entre cet immigrant et l'auteur n'est clair qu'à la fin. C'est un peu le problème avec ces albums qui brassent plusieurs thèmes sur le même sujet, je pense que l'auteur aurait dû découper son album en chapitres et faire suivre le parcours de cet immigrant à la fin de chaque chapitre.
En tout cas, c'est un album riche en informations. Les différentes personnes que l'auteur interviewe sont passionnants à lire et j'aurais aucun problème à les écouter parler des heures. On parle de trucs qui me passionnent comme l'histoire en général, les civilisations qui se croisent, l'origine des langues et des mots... C'est vraiment fait pour un lecteur comme moi. Le dessin est dynamique et la narration fluide. Il y a plein de mots et à aucun moment cela m'a paru lourd à lire. Le genre de documentaire que j'affectionne.
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin.
En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant.
En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
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Tolkien - Eclairer les ténèbres
Comme NoirDésir, je trouve que cette biographie est un peu "raide", autant dans le dessin que dans le propos. C'est du formel, trop à mon gout, un peu détaché et froid dans l'exécution. Je ne connais pas spécialement la vie de Tolkien, je sais juste qu'il avait une pensée politique proche de l'anarchie vers la fin de sa vie. Mais étant très fan du Seigneur des anneaux (que j'ai déjà relu deux fois) et de son œuvre en générale, j'ai apprécié découvrir sa jeunesse et son rapport à la guerre qui va profondément le marquer. La BD n'explore pas beaucoup plus que la Première Guerre Mondiale, ce qui est dommage puisque les années suivantes vont aussi être marquantes avec les différents liens politiques ou le travail qu'il mènera ensuite. C'est dommage de ne pas voir cet ensemble qui va fortement l'influencer aussi et le mener à construire son oeuvre de façon si magistrale. En fait je crois que la BD est prisonnière de son formalisme : ne voulant pas déborder du cadre fixée, elle reste très factuelle et rigide. La lecture n'est jamais lourde ou chiante, mais jamais entrainante non plus. C'est un déroulé trop classique, qui ne fait pas passer les émotions alors que sa vie en fut chargée, mais qui ne laisse pas non plus passer l'empathie pour Tolkien. J'étais détaché de tout ce qu'il faisait en le regardant de loin, jusqu'à la dernière planche. J'en sors avec des connaissances, mais ni touché ni marqué. C'est dommage, je pense que la BD aurait pu faire mieux. En l'état, j'ai plus envie d'aller voir si d'autres personnes se sont mieux emparées du sujet.
On l'appelait Vermicelle
Cette BD n'est pas une autobiographie mais il est indéniable qu'elle s'en inspire fortement pour ce récit. Car nous avons ici la démonstration par l'exemple de la violence éducative, c'est-à-dire la violence que les parents exercent sur leurs enfants et qu'ils leurs transmettent bien souvent. Cette violence éducative, ce n'est pas, comme on l'imagine souvent, une violence sourde et brutale. Pas de coups, de viols, de hurlements ou d'enfermements. Mais pour autant, ce n'en est pas moins une violence certaine. La BD décevra sans doute des gens qui trouveront qu'elle est trop sage, trop gentille, qu'elle ne va pas au fond des choses. Pourtant elle réussit à mettre en lumière ce que je connais depuis des années et dont je parle souvent avec des parents (ce qui conduit aussi souvent à des débats ou de l'énervement), à savoir qu'être un mauvais parent est très facile et souvent dans les détails. Les violences éducatives sont un long processus, des petites phrases prononcées chaque jour à des gestes qui nous paraissent anodins. Cela n'empêche pas d'être de bons parents au global, d'avoir une envie de bien faire voir même d'être prévenant et attentif. Le monde n'est pas si binaire que ça ... Pour en revenir à cette BD, je trouve qu'elle réussit son propos justement parce qu'elle n'essaye pas de montrer une situation caricaturale. Il y a certes le handicap de la sœur qui intervient, mais ce qu'elle raconte est universel. Ce n'est pas un exemple qui parle à tous, ce sont des petits exemples qui peuvent parler à tous. Et ça c'est remarquable. Le personnage principal étant féminin, il se rajoute la couche de sexisme ordinaire envers les femmes (y compris jeune) telles que les remarques à base de "tu n'es pas jolie quand tu boudes", par exemple. Il va de soi qu'une même BD avec un garçon aurait aussi donné son lot de remarque ("sois fort, ne pleure pas", "faut te défendre, reste pas passif", "vas-y, dis-lui bien" etc ....). La BD est donc un étalage de ces petites violences, de ces moments où l'éducation des parents déraillent. Encore une fois, il s'agit ici d'une famille aimante, pas déchirée par un divorce ou qui se déteste, dont les parents ont des boulots (et donc sans pression financière, sans fin de mois difficile) mais déjà là se dessine la violence éducative. Ce qui est formidable, c'est qu'en plaçant le regard du point de vue de l'enfant, on comprend tout ce que cela implique : le manque de patience, d'explication, l'importance du dialogue, de comprendre les émotions et d'en parler, les non-dits, les mensonges pour leur bien, les phrases anodines pourtant lourde de sens ... Je fais l'éloge de la BD qui n'est pourtant pas sans défaut. Il y a la fin un peu brutale et qui laisse entrevoir les pistes à exploiter : voir un psy, en parler, s'informer, échanger avec ses parents ... Mais je comprend que le but n'est pas de faire un manuel à ce propos, juste de présenter la situation de ces violences éducatives et laisser le lecteur ou la lectrice libre de ce qu'il doit en comprendre. Au final, c'est surtout un état des lieux de ce que l'enfant subit au sein des familles. Une BD qui sera à compléter par bien des articles, podcasts et livres pour essayer de mieux en comprendre les enjeux ensuite. Une BD à lire et à faire lire, à mon gout.
Julio Popper - Le Dernier Roi de Terre de Feu
Un "Pas mal" qui aurait pu tirer vers plus, notamment avec Matz au scénario qui n'est pas le dernier pour nous pondre des biographies que j'apprécie. Mais cette BD laisse un gout d'inachevée, peut-être parce que la BD s'est justement limitée à une biographie simple. Le personnage est truculent, étonnant et fascinant, Julio Popper est un aventurier du XIXè, polyglotte, audacieux, inventif, créatif, leader charismatique tout autant que personnage violent, parfois trop, sur de lui, parfois trop. Un vrai personnage d'aventure qu'on aime suivre pour son caractère et son génie. Malheureusement, la BD est en fait trop courte, trop proche de la réalité sans doute aussi, trop sage dans son déroulé biographique. Je comprend l'intention et la volonté de Matz dans cette écriture, s'éloignant peu des détails connus et des informations rares de cette époque. Sauf qu'au vu du personnage, j'aurais aimé une vraie biographie qui va loin, ose faire de l'aventure avec un grand A et s'éloigner de la réalité pour en faire un vrai personnage. Ce qui est dommage, c'est que ce choix de rester dans une biographie semble avoir ligotée l'histoire à cette conquête de la Terre de feu sans jamais s'éloigner des actions que Popper y mena. J'aurais aimé avoir une histoire qui se sert de ça pour parler d'autre chose, extrapoler, quitte à utiliser le personnage comme agent d'un propos plus contemporain. En voyant ce que semblait être Popper, je me dis que la liste des sujets qu'il aurait pu permettre d'évoquer étaient légions mais que malheureusement nous avons une simple biographie. Si je semble très négatif dans la critique, ce n'est pas pour autant que la BD est mauvaise. Elle est juste bonne, malheureusement sans dépasser ce stade et aller jusqu'à une histoire vraiment prenante, des considérations et des morales qui m'auraient attirés et dont je sais que Matz est capable. En l'état, c'est juste une bonne histoire, une BD sympa que je recommande de lire mais qui ne me parait clairement pas indispensable.
Gueule de cuir
XVIIe siècle, à l'époque des mousquetaires et des films de cape et d'épée, des complots ésotériques se déroulent dans l'ombre, engendrés par le conflit d'avatars immortels issus d'un zodiaque diabolique dont les triades s'affrontent depuis des siècles. Notre héros est un duelliste de talent que le destin va être amené à endosser le costume de Gueule de cuir, un justicier solitaire opérant la nuit dans les rues de Paris, et à devenir lui-même l'un de ces fameux avatars du zodiaque pour s'opposer à la menace du plus démoniaque d'entre eux, un nécromant qui veut terroriser la capitale. Cette série reprend la plupart des codes des comics de super-héros et les adapte dans un cadre bien français, celui de d'Artagnan mais aussi de séries d'aventure ésotérique tels que l'univers d'Arcanes. Sans parler d'un bon soupçon d'Assassin's Creed dans les talents guerriers du héros, ses parcours sur les toits parisiens et toute la trame de conflit secret entre organisations concurrentes. Beaucoup d'influences donc mais pour un résultat qui tient sacrément la route et capte vite le lecteur. Le dessin de Stéphane Créty est très maîtrisé. Il faut dire qu'il commence à avoir une sacrée expérience derrière lui et beaucoup de séries à succès. Sa représentation du Paris de l'époque et de sa vie nocturne et menaçante est réussie et détaillée à souhait. Mais ce sont surtout ses personnages qui marquent, les scènes d'action intenses, les costumes d'époque, et en particulier ce costume de Gueule de cuir aux petits airs de Spawn, là encore un rappel à l'univers des super-héros. Le graphisme de cette série est de très haut niveau. L'histoire n'en est pas moins bonne. Certes elle aligne beaucoup de références et d'éléments convenus mais le cocktail est réussi et la mayonnaise prend bien. Très vite, on veut en savoir plus sur ce zodiaque diabolique et les motivations de chacun de ses membres. Et c'est avec plaisir qu'on suit un vrai héros à l'ancienne, le mâle viril mi-mousquetaire mi-super-héros, prêt à sauter de toits en toits et à pourfendre tous les méchants pour atteindre la vérité et faire régner la justice. C'est de l'aventure-action sans ambages, avec une dose d'ésotérisme et de mystère pour encore mieux capter l'attention du lecteur, et un excellent cadre de cape et d'épée. Alors que le zodiaque diabolique comporte 13 éléments et 4 triades, on aurait pu imaginer facilement 4 cycles de trois tomes et un album final si la série se révélait véritablement à succès. Toutefois, l'intrigue prend une tournure qui amène à une conclusion inéluctable au bout d'une unique trilogie d'albums. Et malgré une belle mise en place et beaucoup de potentiel, les évènements s'enchainent un peu vite pour atteindre cette fin qui m'a laissé un peu perplexe et sur une réelle frustration. A l'exception de l'épéiste et du Roi des Tombes, on ne saura finalement quasiment rien des autres membres du zodiaque, de leurs capacités et de leurs motivations. Il y avait matière à développer un chouette univers ésotérique et aventureux mais l'ambition est tuée dans l'œuf avec le déroulement de l'intrigue : je trouve ça dommage. Je ressors de ma lecture un peu frustré car je voyais davantage de potentiel à cette série qui s'achève finalement de manière douce-amère.
Bourricorne
Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi. C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas. Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné. Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène. Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré. Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim. J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin. Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.
Un Dernier tour de terrain
Ah le football, sport universel par excellence, vraie religion pour ses aficionados, symbole de tous les excès et dérives de notre société mettant en exergue l'égoïsme de ses acteurs pour ses détracteurs. Toujours est il que c'est un sujet qui laisse rarement indifférent, même si on ne s'y intéresse pas. Mais pour ma part c'est un sujet qui m'intéresse et auquel je prête toujours une oreille attentive. Du coup "Un dernier tour de terrain" se retrouva rapidement dans ma PAL et lorsque l'occasion de me le procurer se présenta, tel Kylian Mbappé je ne l'a manqua pas. Et c'est sans aucun mal que le duo (d'attaque) espagnol au commande du scénario su capter mon attention et captiver autant qu'un match du Real Madrid et ce pour plusieurs raisons : - La première est le choix de leur héros, tout du moins sa fonction. Dans le microcosme du ballon rond ( et bientôt dans celui de l'ovalie) le métier d'agent est celui qui cristallise le plus les critiques et les dérives du foot business. Toujours plus de transferts pour plus de pognon. Dans le foot, comme dans bien d'autres sports tout va vite, très vite, trop vite. Aussi l'histoire de Beni et Fali est touchante car profondément humaine. Leur relation a su aller au delà du professionnel. Ils ne se sont jamais quittés malgré les difficultés rencontrées. Et, alors que je désespère de voir ce que mon sport est devenu, j'ai l'ai trouvé sincèrement rafraichissante. - La seconde est que le scénario a su suivre l'évolution du foot, de ses acteurs et de son business. S'il dresse un portrait sans concession du football d'aujourd'hui rempli d'égo et de paraitre, il ne se veut pas pour autant moralisateur. On ne sent pas le C'était mieux avant. On est juste dans le constat de l'évolution pas seulement du sport mais de la société globalement. Puis pour ne rien gâcher je suis assez fan du dessin tout en rondeur, presque enfantin. J'ai trouvé les traits des différents protagonistes assez pertinents. Au final cela donne une chouette BD, qui plaira certainement plus aux fans de ballons ronds qu'aux autres mais qui se laisse lire avec plaisir. Note réelle 3.5
Fleurs de Pierre
Vraiment une belle œuvre que j'ai eu la chance de trouver par hasard à la Bibliothèque sans en avoir entendu parler avant, loin de la frustration de gens attendant la fin alors que coincés au milieu du gué ! Est-ce que cela me console d'oeuvres que j'aimerais lire depuis des années et sur lesquelles je n'ai pas mis la main ? Bref, je n'ai rien à reprocher à Fleur de Pierre, j'en préfère seulement d'autres comme Ikkyu …. J'aime l'originalité de parler d'un passé méconnu, les dessins, les personnages, tout. Qu'est-ce qu'on deviendrait sans le Japon pour poser un regard perçant mais non dénué d'empathie sur nous, en bande dessinée ? Je me le demande. J'admire d'autant plus les résistants qu'ils étaient confrontés non seulement au danger et à des divergences classiques type droite et gauche mais de sévères divisions ethniques. L'insouciance de la jeunesse perce parfois, mais on sent que le danger se tapit partout, toujours inattendu, ce qui est à la fois une réussite dramatique et le reflet de la réalité. Bien sûr, les personnages se connaissent, mais c'est parce que la fiction doit tisser un monde, où tout se tient, et en plus il faut aller vite quand on ne peut pas prendre son temps comme dans un roman qui n'est pas basé sur le rythme.
Terra Australis
J'ai lu ce pavé aux dessins de valeur mais qui ne me plaisent pas grâce à la Bibliothèque. Tant mieux, le récit m'a captivé ! On se dit que pour avoir résisté à la misère et à l'emprisonnement, les émigrants vont tout surmonter ! La misère est épouvantable, les peines pour délit démesurées, et on éloigne des gens ayant purgé leur peine. Pourtant, nul n'est caricaturé, on voit ainsi un Anglais aisé pas content d'avoir été volé, et encore plus mécontent, et surtout surpris par le fait que son jeune voleur aille pour cela en prison. Allez savoir pourquoi j'ai retenu cette anecdote plutôt qu'une autre…. Peut-être parce que tous les protagonistes sauf quelques méchants me semblent mécontents du rôle qui leur est dévolu sans savoir quoi faire pour défendre leurs intérêts sans trop nuire aux autres ? Malgré des qualités et un rôle qui tranche sur les autres, le chef de l'expédition coloniale, le capitaine n'apparaît donc pas comme un être unique, mais relever de cette attitude plus générale… Les Aborigènes regardent les colons débarquer comme je le suppose nous le ferions d'extraterrestres forcément bien plus dotés scientifiquement que les humains pour venir s'inviter chez nous , et la vie s'organise comme elle peut en Terra Australis. Je ne me rappelle plus de tout, mais d'un monde donnant une impression d'enfermement et d'immensité, réussite fascinante.
Méditerranée - Histoires d'un continent kaléidoscope
3.5 Un album qui parle d'un sujet qui me passionne : l'histoire de la méditerranée, une région particulière de la terre parce que c'est le berceau de nombreuses civilisations à la fois occidentales et orientales qui ont souvent une histoire commune, notamment à cause des différents empires qui ont colonisé l'endroit. Ce que je peux reprocher à cet album intéressant est que c'est un peu décousu. Par exemple, tout le long de l'album on suit le temps d'une page ou deux un immigrant clandestin qui tente de vivre une nouvelle vie en France après avoir failli mourir en traversant la méditerranée et le lien entre cet immigrant et l'auteur n'est clair qu'à la fin. C'est un peu le problème avec ces albums qui brassent plusieurs thèmes sur le même sujet, je pense que l'auteur aurait dû découper son album en chapitres et faire suivre le parcours de cet immigrant à la fin de chaque chapitre. En tout cas, c'est un album riche en informations. Les différentes personnes que l'auteur interviewe sont passionnants à lire et j'aurais aucun problème à les écouter parler des heures. On parle de trucs qui me passionnent comme l'histoire en général, les civilisations qui se croisent, l'origine des langues et des mots... C'est vraiment fait pour un lecteur comme moi. Le dessin est dynamique et la narration fluide. Il y a plein de mots et à aucun moment cela m'a paru lourd à lire. Le genre de documentaire que j'affectionne.
Ça dépend des animaux
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin. En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant. En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.