J’ai adoré l’histoire et l’introduction de la culture japonaise dans le livre. J’ai aussi aimé les tatouages des personnages principaux et leurs signification.
Je suis embêté sur ma note, parce que je suis partagé entre ce que j'aime bien dans la BD et ses limites assez claires que je vois. Mais en même temps, c'est le genre de BD que je recommanderais et que j'ai réellement apprécié. Donc, pas évident de noter, quoi ...
Déjà, je dois dire que la BD est franchement belle, avec une utilisation pertinente et très visuelle des couleurs. Pour une BD qui parle de fleurs, c'est normal, mais le résultat vaut le coup d’œil. J'ai adoré le résultat au cours de ma lecture, qui fut franchement plaisante. C'est visuellement intéressant, rehaussé par les planches muettes et envahies de plantes, qui en mettent plein les yeux. Une partie de la BD est également constituée de planches de fleurs diverses avec des petites informations comme l'origine, comment les planter, si elles sont comestibles, etc ... Ces planches ne sont pas indispensables à la lecture mais sont probablement la partie la plus intéressante. Chaque paragraphe est suffisamment riche en informations mais pas trop développé non plus et donne l'essentiel des informations. On en apprend pas mal en peu de temps !
Par contre ceci étant dit, et les qualités principales étant citées, il faut dire que la BD comporte une histoire qui est, elle, assez inintéressante. De façon étrange, la BD parle des brevets de fleurs et de la lutte d'un petit jardinier indépendant contre une grosse structure. Le tout baigne dans une drôle d'ambiance, avec des arcs narratifs sur la paternité de quelqu'un, des questions autour de l'économie des fleuristes, mais le tout dans une narration centrale qui semble décalé avec tout ça, finissant sur une note mignonne par rapport aux fleurs mais avec des quêtes de personnages dont je me fichais un peu.
Ce qui me semble être dommage, c'est que la BD n'est ni franchement un documentaire ni clairement une fiction. Les deux se mélangent, mais si la partie documentaire manque de consistance et aurait pu aller plus loin, la partie fiction reste très en surface et manque de liant par rapport au reste. Comme si les autrices n'avaient pas su trancher et se limitaient à ces deux moitiés un peu maladroitement collées.
Bref, la BD est très sympathique sur les fleurs, la culture horticole et les questions que ça soulève, sans jamais plonger vraiment dans le sujet avec de véritables exemples et une trame documentaire claire, mais en mélangeant avec une histoire fictive qui ne satisfait pas réellement et reste comme un deuxième projet pas complètement mené à terme. Mais en même temps j'ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs, la luminosité qu'il transmet, tout comme j'ai apprécié de découvrir ce monde presque inconnu. Donc une note entre deux, parce que je n'arrive pas à me décider.
C'était l'un des rares albums publiés par Xiaopan que je n'avais pas eu l'occasion de lire à l'époque où cet éditeur éphémère faisait découvrir les manhuas en France. J'étais donc assez content de pouvoir enfin combler cette lacune, même si cette lecture ne restera pas parmi les meilleures de son catalogue.
Le dessin est correct, avec un trait qui évoque par moments la peinture chinoise à l'encre, notamment grâce à son encrage. En revanche, les décors sont trop souvent vides et la colorisation numérique a nettement moins bien vieilli. Les nombreux dégradés et effets informatiques donnent un rendu artificiel, avec des couleurs peu harmonieuses.
L'histoire adapte un conte traditionnel chinois. J'aime bien découvrir ce type de récits populaires, mais celui-ci ne m'a pas particulièrement emballé. Le jeune héros cherche à débarrasser sa mère d'un esprit-renard ce qui donne lieu à une succession de ruses et de situations censées être humoristiques. Malheureusement, cet humour ne fonctionne pas, peut-être en partie pour une question de différence de culture. Les personnages sont volontairement caricaturaux, les adultes souvent ridiculisés et l'ensemble oscille entre conte pour enfants et récit plus adulte, avec quelques allusions sexuelles et un peu de violence. Ce mélange est bancal et je ne suis jamais vraiment entré dans l'histoire.
Autant c'est sympa de découvrir un peu du folklore chinois, autant en terme de bande dessinée pure, ce n'est pas terrible du tout.
Frankenstein de Mary Shelley, un incontournable récit sur l'orgueil humain et le complexe divin, le tout premier roman de science fiction si je ne m'abuse, une histoire maintes fois adaptée et toujours aussi prenante, bref : un classique qu'il me fait toujours plaisir de redécouvrir.
On va commencer par parler de ce qui distingue cette adaptation en premier lieu, à savoir le dessin. Il est splendide, magnifiquement détaillé, sorte de croisement entre des croquis encyclopédiques (surtout lors des pages traitant de la création) et de vieilles peintures, tout en ombrages dramatiques et en mise en scène grandiose. Un dessin parfait pour ce récit qui, je le rappelle, traite avant tout d'une histoire d'orgueil, de vengeance et de souffrance émotionnelle.
L'histoire, pour celleux qui ne la connaîtraient pas, est l'histoire d'un jeune génie avide de postérité (l'éponyme Victor Frankenstein) qui va sans scrupule ou réflexion mettre de côté sa morale et les questionnements métaphysiques pour réaliser l'impossible : créer la vie. Ou plutôt re-créer, son savoir et sa technique se concentrant sur le fait de ramener des tissus organiques morts à la vie.
Si le sous-titre du roman était "le nouveau Prométhée" ce n'est pas pour rien, les enjeux du récits vont venir de cette relation chaotique entre créateur et créature, de cette responsabilité immense qu'est celle de donner la vie, de donner la conscience à quelque chose pour en faire un quelqu'un. L'humain jouant les démiurges, créant un être sans même véritablement réfléchir aux conséquences d'un tel acte, sans considération émotionnelle pour sa créature, l'abandonnant à son sort et la condamnant à la cruauté et la folie, voilà des enjeux prenants et qui ont toujours su me faire vibrer.
Comme dans l'inconscient collectif et la culture populaire il est très fréquent de voir ladite créature réduite à un monstre abominable dont la nature monstrueuse est une fatalité, il est agréable de revoir des adaptations rappeler que dans le roman de base il était surtout question d'une mise en reflet de l'humanité, que cette créature, aussi difforme soit-elle à nos yeux, n'en reste pas moins tout aussi intellectuellement développée que nous, douée de raison et capable, malheureusement, des pires cruautés. Il est question d'un être qui, par solitude et isolement, sombre dans la folie, qui devient immoral et non pas qui aurait toujours été amoral.
C'est tragique à souhait et je trouve toujours les adaptations de ce récits très engageantes, ne serait-ce que sur le point réflexif.
Après, sachons raison garder, l'adaptation est fidèle, de très bonne facture, le dessin est magnifique et la mise en scène grandiose, mais l'adaptation n'est pas non plus révolutionnaire. Elle est peut-être justement trop fidèle.
J'aurais toujours une certaine attache et admiration supérieure pour les œuvres visant à adapter ce récit et ses problématiques mais proposant une nouvelle vision, ou bien en changeant totalement le cadre narratif tout en gardant le sujet central (comme des récits traitant de machines développant une conscience et de leur relation avec leur créateur-ice-s par exemple) ou bien en poussant les réflexions métaphysiques établies dans le roman plus loin, en proposant de nouveaux points de vue sur la question du droit ou non à créer la vie et de ses implications morales et philosophiques.
(Note réelle 3,5)
Delcourt nous propose l'édition d'une courte série en 2 tomes, en ayant la bonne idée de les faire paraître en même temps. Si je ne partais forcément conquis par ce genre de série (la romance n'est pas vraiment mon genre de prédilection...), j'avoue m'être laissé porté par une galerie de personnages atypiques qui fait tout le sel de cette histoire.
Nichiko, la trentaine, rentre seule de Tokyo pour son île natale ; Chimaki, un jeune homme qui a grandi là-bas, tombe tout de suite amoureux d'elle, mais il garde un lourd secret de jeunesse de par lui... Raconté comme ça, on est pas loin de frôler la caricature, mais le savoir faire scénaristique de Kaori Ozaki réussit le pari audacieux de rendre tout cela crédible et sensible. D'autant que j'ai été charmé par son trait fin et élégant, appuyé par de très bon cadrages de cases qui soignent l’esthétique de ses pages.
Au final, une lecture agréable, dans un genre qui n'est pourtant pas le mien ; une série qui devrait plaire aux amateur.ices du genre.
Je n’ai toujours pas lu Le Château des étoiles mais ayant entendu qu'il ne faut pas connaître la série mère pour apprécier ce spin-off, je me suis lancé. Difficile d'échapper à ce qui semble être le hit du moment: il esten tête de gondole et à la caisse de magasins de tous types: Fnac, boutiques manga, espaces culture... Ceci complété par un titre poétique et de très bons avis, il n'y a pas de prise de risque.
Les temps sont au mix entre BD et manga, comme en témoignent Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia ou encore Goldorak. Chaque fois avec bonheur et succès à la clé. Et Alex Alice remplit à merveille ce soir. Personnages longiformes de Matsumoto, le steam punk à la sauce Miyazaki d'un côté, mise en scène et scénario à l'européenne de l'autre, l'équilibre est parfait.
La fin du tome 1 se termine avec beaucoup de belles promesses entre quête de vengeance, chasse aux trésor et aventures intergalactiques.
Bref, c'est la valeur sûre du moment même si l'accumulation de ces bons points rend peut-être l'ensemble (trop?) prévisible.
Ah, le bon vieux temps où Wolverine était encore traduit Serval !
C'est donc l'histoire de Wolverine et Havok qui profitent de vacances bien méritées lorsqu'ils se retrouvent embarqués malgré eux dans une intrigue d'espionnage internationale sur fond de catastrophe nucléaire et de guerre froide.
C'est forcément le graphisme qui attire vers cet album. Entièrement peint, il propose un rendu rare pour un comic Marvel, datant d'une époque où l'éditeur s'autorisait des expérimentations graphiques, comme par exemple avec Elektra - Assassin. Jeux de lumière et de textures, ambiances sinistres, plusieurs planches ressemblent davantage à des illustrations qu'à des pages de bande dessinée. C'est parfois impressionnant. En revanche, ce choix esthétique nuit aussi à la lisibilité. Les personnages manquent de dynamisme, beaucoup de scènes sont confuses et Wolverine arbore une coiffure tellement exagérée qu'elle en devient presque involontairement comique.
Quoiqu'il en soit, le scénario n'est pas à la hauteur de l'originalité de ce graphisme. Il cherche manifestement à rendre hommage aux films d'espionnage des années 60/70, avec femme fatale, agents soviétiques, manipulations, poursuites aux quatre coins du monde et menace nucléaire. L'ensemble accumule les clichés sans réussir à leur donner du souffle. Les événements s'enchaînent très vite, aucune idée n'est développée, les coïncidences sont nombreuses, les personnages prennent régulièrement des décisions peu crédibles et les dialogues sonnent souvent de manière artificielle.
C'est dommage car je ne connaissais pas le personnage de Havok et je trouvais ça original de le voir associé à Wolverine. Mais j'ai surtout eu le sentiment que toute cette histoire n'était qu'un prétexte à mettre en valeur le travail des deux peintres.
Visuellement, c'est une véritable curiosité et certaines pages sont jolies quoiqu'un peu trop sombres à mon goût. Mais le scénario est très oubliable.
Un marchand ambulant sillonne les cieux de la planète Sprague à bord de son bateau volant lorsqu'une étrange végétation bleue commence à envahir le monde.
Comme la fin de Sprague m'avait frustré alors que j'avais beaucoup aimé son univers, j'étais ravi de pouvoir y replonger avec cet album. Il ne s'agit pas vraiment d'une suite, puisqu'on y découvre d'autres lieux et d'autres personnages, mais le récit finit quand même par revenir dans la baie de Sprague et permet d'apercevoir les héros du précédent volume.
J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce mélange de fantasy et de science-fiction, ainsi que ce monde à la fois simple, dépaysant et rempli de petites trouvailles. Le bateau volant du héros, les villages, les créatures étranges, les vestiges des Grands Anciens ou encore cette menace végétale donnent immédiatement envie d'explorer davantage cet univers. Cette fois, nous suivons principalement Popeye, un sympathique marchand ambulant passionné d'histoire, bientôt rejoint par Prune, sa réparatrice et son seul véritable ancrage à terre. Les personnages sont attachants et la lecture se fait avec beaucoup de fluidité.
Graphiquement, c'est toujours aussi séduisant. Olivier Roman livre un dessin d'une grande finesse, précis sans être chargé, sublimé par des couleurs douces et élégantes qui renforcent l'atmosphère paisible de ce monde. J'ai pris autant de plaisir à contempler les planches qu'à suivre l'aventure.
L'ambiance est toutefois un peu différente de celle de Sprague. Il y a moins de mystère et de poésie autour d'une grande énigme, mais davantage une menace d'abord diffuse puis de plus en plus concrète. Il subsiste toujours ce petit côté naïf, ou du moins léger, dans cet univers : j'aime bien cette douceur. L'intrigue est celle d'une aventure/action agréable et bien rythmée, même si elle demeure finalement assez convenue une fois résumée. Comme dans Sprague, Rodolphe ouvre plusieurs pistes intéressantes sans vraiment les approfondir, et la conclusion paraît un peu rapide. Il laisse une fois de plus sur l'impression que cet univers mériterait des scénarios plus ambitieux et plus développés.
J'ai passé un bon moment, essentiellement grâce au plaisir de retrouver cet univers si attachant et à la beauté constante de son dessin, mais le scénario manque encore un peu de souffle et de profondeur pour être pleinement à la hauteur de l'excellent travail graphique.
Deux frères partent à la recherche de la mer, mystérieusement disparue depuis deux ans, dans un monde étrange où les bateaux roulent sur le sable et où une lune s'est évanouie.
J'ai vraiment cru que j'allais beaucoup aimer cet album. D'abord grâce à son univers, qui mélange avec beaucoup de charme fantasy et science-fiction. On y découvre un monde exotique, original et légèrement poétique, avec cette mer qui s'est retirée, ces bateaux montés sur roues, ou encore ce personnage qui grimpe de cerf-volant en cerf-volant pour scruter l'horizon. Dès les premières pages, j'avais très envie de découvrir ce monde et ses mytères.
Visuellement, c'est une vraie réussite. Le trait d'Olivier Roman est d'une grande finesse, les décors et les costumes sont superbes, et les couleurs élégantes, légèrement délavées, donnent beaucoup de personnalité à l'ensemble. À plusieurs reprises, cela m'a fait penser aux Cités obscures de Schuiten, dans une version plus chaleureuse et plus humaine. Chaque planche donne envie de s'attarder sur les détails tant le monde imaginé est dépaysant.
L'histoire m'a également rapidement embarqué. Le duo de frères fonctionne bien, et j'ai beaucoup aimé le vieux capitaine et son oiseau parlant, qui apportent une vraie sympathie à cette expédition. Toute la première partie entretient très bien la curiosité : pourquoi la mer a-t-elle disparu ? Que vont-ils découvrir au bout de cette immense étendue désertique ? On prend plaisir à suivre leur voyage, leurs rencontres et les étrangetés de ce monde.
Malheureusement, la révélation et le dénouement m'ont paru en deçà de tout ce qui précède. Après avoir installé un univers aussi riche et un mystère aussi intrigant, le récit expédie sa résolution en quelques pages. Les héros arrivent, découvrent l'origine du problème, le règlent presque aussitôt, puis rentrent chez eux comme si tout cela allait de soi. Beaucoup d'éléments restent à peine esquissés, certaines pistes ne sont pas développées, et l'ensemble manque de souffle au moment où il devrait culminer.
C'est d'autant plus frustrant que tout le reste était très prometteur. J'ai été charmé pendant l'essentiel de la lecture, mais cette conclusion trop rapide et presque plate m'a laissé un sentiment d'inachevé. Avec un second tome, ou simplement quelques dizaines de pages supplémentaires pour développer ses idées, Sprague aurait sans doute pu devenir un excellent album. En l'état, c'est une très belle réussite graphique portée par un univers fascinant, mais dont la fin ne tient malheureusement pas les promesses du début.
Bon, je vais être franc, j'ai tenu 15 pages... Erreur de casting. Cette série n'est vraiment pas faite pour moi.
Les "3B", ou trois "boys" désignent les barmans, les coiffeurs et les musiciens, le type d'homme qu'il est fortement déconseillé de sortir avec... Et forcément notre série commence par une soirée organisée entre 3 filles et 3 garçons, qui sont forcément... barman, coiffeur et musicien. Malheureusement la thématique n'est pas faite pour moi ; l'humour distillé non plus ; et le graphisme qui veut jouer les exagération pour appuyer cet humour non plus.
Bref, j'ai fermé l'album au bout de 15 pages.
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SHI
J’ai adoré l’histoire et l’introduction de la culture japonaise dans le livre. J’ai aussi aimé les tatouages des personnages principaux et leurs signification.
Comme une fleur
Je suis embêté sur ma note, parce que je suis partagé entre ce que j'aime bien dans la BD et ses limites assez claires que je vois. Mais en même temps, c'est le genre de BD que je recommanderais et que j'ai réellement apprécié. Donc, pas évident de noter, quoi ... Déjà, je dois dire que la BD est franchement belle, avec une utilisation pertinente et très visuelle des couleurs. Pour une BD qui parle de fleurs, c'est normal, mais le résultat vaut le coup d’œil. J'ai adoré le résultat au cours de ma lecture, qui fut franchement plaisante. C'est visuellement intéressant, rehaussé par les planches muettes et envahies de plantes, qui en mettent plein les yeux. Une partie de la BD est également constituée de planches de fleurs diverses avec des petites informations comme l'origine, comment les planter, si elles sont comestibles, etc ... Ces planches ne sont pas indispensables à la lecture mais sont probablement la partie la plus intéressante. Chaque paragraphe est suffisamment riche en informations mais pas trop développé non plus et donne l'essentiel des informations. On en apprend pas mal en peu de temps ! Par contre ceci étant dit, et les qualités principales étant citées, il faut dire que la BD comporte une histoire qui est, elle, assez inintéressante. De façon étrange, la BD parle des brevets de fleurs et de la lutte d'un petit jardinier indépendant contre une grosse structure. Le tout baigne dans une drôle d'ambiance, avec des arcs narratifs sur la paternité de quelqu'un, des questions autour de l'économie des fleuristes, mais le tout dans une narration centrale qui semble décalé avec tout ça, finissant sur une note mignonne par rapport aux fleurs mais avec des quêtes de personnages dont je me fichais un peu. Ce qui me semble être dommage, c'est que la BD n'est ni franchement un documentaire ni clairement une fiction. Les deux se mélangent, mais si la partie documentaire manque de consistance et aurait pu aller plus loin, la partie fiction reste très en surface et manque de liant par rapport au reste. Comme si les autrices n'avaient pas su trancher et se limitaient à ces deux moitiés un peu maladroitement collées. Bref, la BD est très sympathique sur les fleurs, la culture horticole et les questions que ça soulève, sans jamais plonger vraiment dans le sujet avec de véritables exemples et une trame documentaire claire, mais en mélangeant avec une histoire fictive qui ne satisfait pas réellement et reste comme un deuxième projet pas complètement mené à terme. Mais en même temps j'ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs, la luminosité qu'il transmet, tout comme j'ai apprécié de découvrir ce monde presque inconnu. Donc une note entre deux, parce que je n'arrive pas à me décider.
Le Fils du marchand
C'était l'un des rares albums publiés par Xiaopan que je n'avais pas eu l'occasion de lire à l'époque où cet éditeur éphémère faisait découvrir les manhuas en France. J'étais donc assez content de pouvoir enfin combler cette lacune, même si cette lecture ne restera pas parmi les meilleures de son catalogue. Le dessin est correct, avec un trait qui évoque par moments la peinture chinoise à l'encre, notamment grâce à son encrage. En revanche, les décors sont trop souvent vides et la colorisation numérique a nettement moins bien vieilli. Les nombreux dégradés et effets informatiques donnent un rendu artificiel, avec des couleurs peu harmonieuses. L'histoire adapte un conte traditionnel chinois. J'aime bien découvrir ce type de récits populaires, mais celui-ci ne m'a pas particulièrement emballé. Le jeune héros cherche à débarrasser sa mère d'un esprit-renard ce qui donne lieu à une succession de ruses et de situations censées être humoristiques. Malheureusement, cet humour ne fonctionne pas, peut-être en partie pour une question de différence de culture. Les personnages sont volontairement caricaturaux, les adultes souvent ridiculisés et l'ensemble oscille entre conte pour enfants et récit plus adulte, avec quelques allusions sexuelles et un peu de violence. Ce mélange est bancal et je ne suis jamais vraiment entré dans l'histoire. Autant c'est sympa de découvrir un peu du folklore chinois, autant en terme de bande dessinée pure, ce n'est pas terrible du tout.
Frankenstein (Bess)
Frankenstein de Mary Shelley, un incontournable récit sur l'orgueil humain et le complexe divin, le tout premier roman de science fiction si je ne m'abuse, une histoire maintes fois adaptée et toujours aussi prenante, bref : un classique qu'il me fait toujours plaisir de redécouvrir. On va commencer par parler de ce qui distingue cette adaptation en premier lieu, à savoir le dessin. Il est splendide, magnifiquement détaillé, sorte de croisement entre des croquis encyclopédiques (surtout lors des pages traitant de la création) et de vieilles peintures, tout en ombrages dramatiques et en mise en scène grandiose. Un dessin parfait pour ce récit qui, je le rappelle, traite avant tout d'une histoire d'orgueil, de vengeance et de souffrance émotionnelle. L'histoire, pour celleux qui ne la connaîtraient pas, est l'histoire d'un jeune génie avide de postérité (l'éponyme Victor Frankenstein) qui va sans scrupule ou réflexion mettre de côté sa morale et les questionnements métaphysiques pour réaliser l'impossible : créer la vie. Ou plutôt re-créer, son savoir et sa technique se concentrant sur le fait de ramener des tissus organiques morts à la vie. Si le sous-titre du roman était "le nouveau Prométhée" ce n'est pas pour rien, les enjeux du récits vont venir de cette relation chaotique entre créateur et créature, de cette responsabilité immense qu'est celle de donner la vie, de donner la conscience à quelque chose pour en faire un quelqu'un. L'humain jouant les démiurges, créant un être sans même véritablement réfléchir aux conséquences d'un tel acte, sans considération émotionnelle pour sa créature, l'abandonnant à son sort et la condamnant à la cruauté et la folie, voilà des enjeux prenants et qui ont toujours su me faire vibrer. Comme dans l'inconscient collectif et la culture populaire il est très fréquent de voir ladite créature réduite à un monstre abominable dont la nature monstrueuse est une fatalité, il est agréable de revoir des adaptations rappeler que dans le roman de base il était surtout question d'une mise en reflet de l'humanité, que cette créature, aussi difforme soit-elle à nos yeux, n'en reste pas moins tout aussi intellectuellement développée que nous, douée de raison et capable, malheureusement, des pires cruautés. Il est question d'un être qui, par solitude et isolement, sombre dans la folie, qui devient immoral et non pas qui aurait toujours été amoral. C'est tragique à souhait et je trouve toujours les adaptations de ce récits très engageantes, ne serait-ce que sur le point réflexif. Après, sachons raison garder, l'adaptation est fidèle, de très bonne facture, le dessin est magnifique et la mise en scène grandiose, mais l'adaptation n'est pas non plus révolutionnaire. Elle est peut-être justement trop fidèle. J'aurais toujours une certaine attache et admiration supérieure pour les œuvres visant à adapter ce récit et ses problématiques mais proposant une nouvelle vision, ou bien en changeant totalement le cadre narratif tout en gardant le sujet central (comme des récits traitant de machines développant une conscience et de leur relation avec leur créateur-ice-s par exemple) ou bien en poussant les réflexions métaphysiques établies dans le roman plus loin, en proposant de nouveaux points de vue sur la question du droit ou non à créer la vie et de ses implications morales et philosophiques. (Note réelle 3,5)
Love is a boxing ring
Delcourt nous propose l'édition d'une courte série en 2 tomes, en ayant la bonne idée de les faire paraître en même temps. Si je ne partais forcément conquis par ce genre de série (la romance n'est pas vraiment mon genre de prédilection...), j'avoue m'être laissé porté par une galerie de personnages atypiques qui fait tout le sel de cette histoire. Nichiko, la trentaine, rentre seule de Tokyo pour son île natale ; Chimaki, un jeune homme qui a grandi là-bas, tombe tout de suite amoureux d'elle, mais il garde un lourd secret de jeunesse de par lui... Raconté comme ça, on est pas loin de frôler la caricature, mais le savoir faire scénaristique de Kaori Ozaki réussit le pari audacieux de rendre tout cela crédible et sensible. D'autant que j'ai été charmé par son trait fin et élégant, appuyé par de très bon cadrages de cases qui soignent l’esthétique de ses pages. Au final, une lecture agréable, dans un genre qui n'est pourtant pas le mien ; une série qui devrait plaire aux amateur.ices du genre.
Les Chants du Cygne Noir
Je n’ai toujours pas lu Le Château des étoiles mais ayant entendu qu'il ne faut pas connaître la série mère pour apprécier ce spin-off, je me suis lancé. Difficile d'échapper à ce qui semble être le hit du moment: il esten tête de gondole et à la caisse de magasins de tous types: Fnac, boutiques manga, espaces culture... Ceci complété par un titre poétique et de très bons avis, il n'y a pas de prise de risque. Les temps sont au mix entre BD et manga, comme en témoignent Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia ou encore Goldorak. Chaque fois avec bonheur et succès à la clé. Et Alex Alice remplit à merveille ce soir. Personnages longiformes de Matsumoto, le steam punk à la sauce Miyazaki d'un côté, mise en scène et scénario à l'européenne de l'autre, l'équilibre est parfait. La fin du tome 1 se termine avec beaucoup de belles promesses entre quête de vengeance, chasse aux trésor et aventures intergalactiques. Bref, c'est la valeur sûre du moment même si l'accumulation de ces bons points rend peut-être l'ensemble (trop?) prévisible.
Échec Nucléaire
Ah, le bon vieux temps où Wolverine était encore traduit Serval ! C'est donc l'histoire de Wolverine et Havok qui profitent de vacances bien méritées lorsqu'ils se retrouvent embarqués malgré eux dans une intrigue d'espionnage internationale sur fond de catastrophe nucléaire et de guerre froide. C'est forcément le graphisme qui attire vers cet album. Entièrement peint, il propose un rendu rare pour un comic Marvel, datant d'une époque où l'éditeur s'autorisait des expérimentations graphiques, comme par exemple avec Elektra - Assassin. Jeux de lumière et de textures, ambiances sinistres, plusieurs planches ressemblent davantage à des illustrations qu'à des pages de bande dessinée. C'est parfois impressionnant. En revanche, ce choix esthétique nuit aussi à la lisibilité. Les personnages manquent de dynamisme, beaucoup de scènes sont confuses et Wolverine arbore une coiffure tellement exagérée qu'elle en devient presque involontairement comique. Quoiqu'il en soit, le scénario n'est pas à la hauteur de l'originalité de ce graphisme. Il cherche manifestement à rendre hommage aux films d'espionnage des années 60/70, avec femme fatale, agents soviétiques, manipulations, poursuites aux quatre coins du monde et menace nucléaire. L'ensemble accumule les clichés sans réussir à leur donner du souffle. Les événements s'enchaînent très vite, aucune idée n'est développée, les coïncidences sont nombreuses, les personnages prennent régulièrement des décisions peu crédibles et les dialogues sonnent souvent de manière artificielle. C'est dommage car je ne connaissais pas le personnage de Havok et je trouvais ça original de le voir associé à Wolverine. Mais j'ai surtout eu le sentiment que toute cette histoire n'était qu'un prétexte à mettre en valeur le travail des deux peintres. Visuellement, c'est une véritable curiosité et certaines pages sont jolies quoiqu'un peu trop sombres à mon goût. Mais le scénario est très oubliable.
Le Marin céleste
Un marchand ambulant sillonne les cieux de la planète Sprague à bord de son bateau volant lorsqu'une étrange végétation bleue commence à envahir le monde. Comme la fin de Sprague m'avait frustré alors que j'avais beaucoup aimé son univers, j'étais ravi de pouvoir y replonger avec cet album. Il ne s'agit pas vraiment d'une suite, puisqu'on y découvre d'autres lieux et d'autres personnages, mais le récit finit quand même par revenir dans la baie de Sprague et permet d'apercevoir les héros du précédent volume. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce mélange de fantasy et de science-fiction, ainsi que ce monde à la fois simple, dépaysant et rempli de petites trouvailles. Le bateau volant du héros, les villages, les créatures étranges, les vestiges des Grands Anciens ou encore cette menace végétale donnent immédiatement envie d'explorer davantage cet univers. Cette fois, nous suivons principalement Popeye, un sympathique marchand ambulant passionné d'histoire, bientôt rejoint par Prune, sa réparatrice et son seul véritable ancrage à terre. Les personnages sont attachants et la lecture se fait avec beaucoup de fluidité. Graphiquement, c'est toujours aussi séduisant. Olivier Roman livre un dessin d'une grande finesse, précis sans être chargé, sublimé par des couleurs douces et élégantes qui renforcent l'atmosphère paisible de ce monde. J'ai pris autant de plaisir à contempler les planches qu'à suivre l'aventure. L'ambiance est toutefois un peu différente de celle de Sprague. Il y a moins de mystère et de poésie autour d'une grande énigme, mais davantage une menace d'abord diffuse puis de plus en plus concrète. Il subsiste toujours ce petit côté naïf, ou du moins léger, dans cet univers : j'aime bien cette douceur. L'intrigue est celle d'une aventure/action agréable et bien rythmée, même si elle demeure finalement assez convenue une fois résumée. Comme dans Sprague, Rodolphe ouvre plusieurs pistes intéressantes sans vraiment les approfondir, et la conclusion paraît un peu rapide. Il laisse une fois de plus sur l'impression que cet univers mériterait des scénarios plus ambitieux et plus développés. J'ai passé un bon moment, essentiellement grâce au plaisir de retrouver cet univers si attachant et à la beauté constante de son dessin, mais le scénario manque encore un peu de souffle et de profondeur pour être pleinement à la hauteur de l'excellent travail graphique.
Sprague
Deux frères partent à la recherche de la mer, mystérieusement disparue depuis deux ans, dans un monde étrange où les bateaux roulent sur le sable et où une lune s'est évanouie. J'ai vraiment cru que j'allais beaucoup aimer cet album. D'abord grâce à son univers, qui mélange avec beaucoup de charme fantasy et science-fiction. On y découvre un monde exotique, original et légèrement poétique, avec cette mer qui s'est retirée, ces bateaux montés sur roues, ou encore ce personnage qui grimpe de cerf-volant en cerf-volant pour scruter l'horizon. Dès les premières pages, j'avais très envie de découvrir ce monde et ses mytères. Visuellement, c'est une vraie réussite. Le trait d'Olivier Roman est d'une grande finesse, les décors et les costumes sont superbes, et les couleurs élégantes, légèrement délavées, donnent beaucoup de personnalité à l'ensemble. À plusieurs reprises, cela m'a fait penser aux Cités obscures de Schuiten, dans une version plus chaleureuse et plus humaine. Chaque planche donne envie de s'attarder sur les détails tant le monde imaginé est dépaysant. L'histoire m'a également rapidement embarqué. Le duo de frères fonctionne bien, et j'ai beaucoup aimé le vieux capitaine et son oiseau parlant, qui apportent une vraie sympathie à cette expédition. Toute la première partie entretient très bien la curiosité : pourquoi la mer a-t-elle disparu ? Que vont-ils découvrir au bout de cette immense étendue désertique ? On prend plaisir à suivre leur voyage, leurs rencontres et les étrangetés de ce monde. Malheureusement, la révélation et le dénouement m'ont paru en deçà de tout ce qui précède. Après avoir installé un univers aussi riche et un mystère aussi intrigant, le récit expédie sa résolution en quelques pages. Les héros arrivent, découvrent l'origine du problème, le règlent presque aussitôt, puis rentrent chez eux comme si tout cela allait de soi. Beaucoup d'éléments restent à peine esquissés, certaines pistes ne sont pas développées, et l'ensemble manque de souffle au moment où il devrait culminer. C'est d'autant plus frustrant que tout le reste était très prometteur. J'ai été charmé pendant l'essentiel de la lecture, mais cette conclusion trop rapide et presque plate m'a laissé un sentiment d'inachevé. Avec un second tome, ou simplement quelques dizaines de pages supplémentaires pour développer ses idées, Sprague aurait sans doute pu devenir un excellent album. En l'état, c'est une très belle réussite graphique portée par un univers fascinant, mais dont la fin ne tient malheureusement pas les promesses du début.
Ceux dont il ne faut surtout pas tomber amoureuse
Bon, je vais être franc, j'ai tenu 15 pages... Erreur de casting. Cette série n'est vraiment pas faite pour moi. Les "3B", ou trois "boys" désignent les barmans, les coiffeurs et les musiciens, le type d'homme qu'il est fortement déconseillé de sortir avec... Et forcément notre série commence par une soirée organisée entre 3 filles et 3 garçons, qui sont forcément... barman, coiffeur et musicien. Malheureusement la thématique n'est pas faite pour moi ; l'humour distillé non plus ; et le graphisme qui veut jouer les exagération pour appuyer cet humour non plus. Bref, j'ai fermé l'album au bout de 15 pages.