Les dernier avis (180 avis)

Couverture de la série Forban
Forban

Forban fait partie de ces récits policiers écrits par d’anciens voyous (à l’image de l’excellent Face au mur). L’avantage de ce genre de livre, c’est que le gars qui l’a écrit sait de quoi il parle. Et cela se ressent à la lecture. La manière dont un coup est monté, les motivations des acteurs, tout cela sonne juste. L’inconvénient, c’est que ces scénaristes ne disposent pas toujours de la maîtrise nécessaire pour nous offrir un scénario équilibré et un découpage précis. Et c’est là que le bât blesse dans le cas présent. Car si ce récit est agréable à lire, j’ai quand même le sentiment qu’il aurait pu être mieux écrit. Il y a notamment certains flash-backs qui tombent comme des cheveux dans la soupe, et un manque d’explosivité dans l’une ou l’autre séquence. Attention ! Comme je l’ai dit : cet album est agréable à lire. C’est juste qu’il ne parvient pas à franchir le palier qui sépare le bon divertissement peu marquant de l’album poignant qui vous prend aux tripes. Dernier bémol : la manière dont le scénariste dédouane un peu trop facilement son héros. Car si je suis d’accord pour dire qu’une prison n’est pas la solution idéale pour préparer une réinsertion au sein de la société, je trouve tout de même facile de rejeter la faute sur ce seul organisme (et c’est un peu le sentiment que j’ai à la fin de cet album). Si vous aimez le genre policier avec des gros accents mis sur l’authenticité du témoignage, c’est un album qui vaut la peine d’être lu. Mais dans ce genre, j’ai quand même préféré « Face au mur ».

14/11/2019 (modifier)
Couverture de la série The Cute Girl Network
The Cute Girl Network

Si vous aimez les comédies romantiques à l’Américaine, voilà très certainement un récit à ne pas rater ! Car ici les deux mots qui composent ce genre sont on ne peut plus mis à l’honneur. La comédie d’abord, avec un personnage masculin d’une maladresse charmante, d’une balourdise enchanteresse, d’une distraction envoûtante. Ce type est un fléau sympathique et certaines de ses mésaventures m’ont vraiment fait rire aux éclats (mention spéciale à ‘os du cul’). Cet humour par moments décalé m’a pris au dépourvu avec une première incursion page 12, cinquième case (visible dans la galerie), qui pour moi caractérise au mieux cet art de surprendre le lecteur en l’emmenant là où il ne s’attendait pas à atterrir. La romance ensuite car ce récit est avant tout une histoire d’amour (avec adjonction d’eau de rose). Une histoire cousue de fil blanc bien dans l’esprit des récits ‘feel good’ où l’on sait d’avance que tout finira bien et que le tendre bisou marquera la fin de l’aventure. Et c’est con à dire… mais j’étais content pour ces personnages que tout cela débouche finalement sur ce happy end d’une totale simplicité. Côté dessin, j’ai bien aimé l’expressivité des personnages et la rondeur du trait. L’emploi du noir et blanc ne m’a pas gêné du tout et je trouve même que cela apporte au récit un petit côté « De mal en pis » qui lui convient bien. Rares sont les comédies romantiques qui m’ont convaincu dans l’univers de la bande dessinée. « The Cute Girl Network » y est parvenu haut la main ! Du coup, je ne peux que dire « franchement bien !! » (et encore, je trouve ça assez réducteur).

14/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Unité Combattante Trudaine
Unité Combattante Trudaine

Que voilà un chouette récit policier ! Il nous raconte le destin d’un groupuscule terroriste inspiré par les mouvements radicaux d’extrême gauche qui ont défrayé les chroniques durant les années ’80 (Action Directe en France, Cellules Communistes Combattantes en Belgique ou encore Brigades Rouges en Italie). Le récit que nous en offre Sylvain Ricard est extrêmement réaliste et pimenté par l’infiltration d’un jeune agent de police au sein de ce groupe. Par cet apport, l’intérêt de l’album est double. Il y a dans un premier temps l’aspect politique (et l’on constate avec dépit que les motivations de ces mouvements de gauche d’il y a 40 ans sont les mêmes qui animent des mouvements comme les gilets jaunes aujourd’hui. La précarité, le chômage, l’Etat voyou : rien n’a changé sous le ciel étoilé). Et dans un deuxième temps, le suspense nous happe car ce jeune policier, à force de s’investir dans le groupe, finit par développer des sentiments contradictoires… et on ne sait plus trop de quel côté il se situe. Franchement, que ce soit pour le côté historique ou pour sa dimension fictionnelle, ce récit m’a beaucoup plu. Côté dessin deux styles sont employés. L’un pour recréer l’époque (dessin de figures marquantes, extraits de journal parlé, etc…) est très réaliste et peu engageant. L’autre, utilisé pour tout ce qui est fiction (ce qui constitue la majeure partie de l’album), m’est au contraire apparu très agréable, lisible et dynamique. La combinaison de ces deux styles couplée à l’emploi du noir et blanc donne à cet album un aspect ‘documentaire-fiction’ qui peut effrayer… mais qui me semble convenir parfaitement à l’esprit du récit. Au final, voilà une très chouette petite trouvaille. Un album qui ne paie pas de mine mais qui se révèle extrêmement bien fait dans ce genre.

14/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Chroniques de Francine R. résistante et déportée
Chroniques de Francine R. résistante et déportée

Boris Golzio retranscrit ici le témoignage d’une lointaine cousine, qu’il a recueilli peu de temps avant la mort de celle-ci. A part quelques commentaires ou précisions, il s’est borné à « mettre en image » le texte (vaguement remis en forme) des entretiens qu’il avait eu avec elle. C'est la force - et parfois la faiblesse de cet album. Nous suivons donc l’expérience de résistante de Francine, son arrestation (et la torture), son internement, sa déportation puis, dans la deuxième moitié, son « expérience des camps de concentration nazis – durant la période la plus dure, puisqu’elle y est internée entre le printemps 1944 et le printemps 1945 – à Ravensbrück d’abord, puis à Watenstedt-Leinde (qui dépendait de Neuengamme) pour la plus grande partie. Je connais le camp de Ravensbrück pour avoir rencontré l’une des prisonnières françaises, Marie-Jo Chombart de Lauwe (extraordinaire personne venue témoigner de nombreuses fois auprès de mes élèves), qui m’a fait découvrir un autre versant de ce camp (elle « travaillait » pour Siemens, mais aussi vers la fin à l’infirmerie, essayant de sauver quelques enfants). Toujours est-il que le récit de Francine, naturel, sans haine, clair, est glaçant. Elle retrace, au fil du temps et des anecdotes, le calvaire, l’horreur vécu par ces prisonnier, c’est-à-dire les crimes de guerre et contre l’humanité dont elle a été témoin – et en partie victime. Un témoignage de plus diront certains. Mais un témoignage nécessaire, hélas, à l’heure ou renaît la peste brune, où certains tentent de nuancer les difficultés de ces années sombres. Voilà pour le fond, qui ne prétend évidemment pas à l’originalité, et qui ne maîtrise pas le flot de pathos, la succession de violences. Sur la forme, quelques remarques quand même. D’abord, rien n’ayant été « romancé », le lecteur qui chercherait ici une évasion, une « aventure historique » doit passer son chemin. Mon principal – et presque unique – bémol concerne le dessin de Golzio. Il est assez simple, pour les décors et les personnages (qui ressemblent parfois de profils à ceux de Delisle dans ses albums reportages). Pourquoi pas ? Mais les visages aux traits souvent effacés (choix esthétique symbolisant l’effacement d’une humanité ?) ne sont pas beaux, et en particulier nez et oreilles de profil ont un rendu bizarre. Mais, vous l’avez compris, ce n’est pas essentiel ici. A lire.

14/11/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Churubusco
Churubusco

C’est effectivement un épisode peu connu de la construction des Etats-Unis. On savait que les nouveaux arrivants ont volé les terres des tribus indiennes mais ils ont également piqué par la suite le Texas et la Californie au pays voisin à savoir le Mexique. Cela fait suite à la guerre américano-mexicaine de 1846-1848. Il faut dire que la ruée vers l’or qui a curieusement suivi a fait affluer 200 000 colons dans le nouveau territoire. L'ironie du sort voulut qu'à peine un an après la perte du territoire, on trouva de l’or, cet or que le Mexique cherchait depuis le XVIe siècle. Notre bd s’intéresse plus précisément à la bataille de Churubusco qui s’est déroulée le 20 août 1847 durant la phase finale de la guerre américano-mexicaine. Cette petite localité fortifiée est située à 10 kilomètres au sud de Mexico. Les Américains avaient une armée de 8400 hommes contre 2600 en face. Il faut savoir qu’un bataillon entier composé d’émigrants irlandais, espagnols et polonais a déserté pour rejoindre les rangs de l’armée mexicaine et passer dans le camp ennemi à cause des discriminations injustes pratiquées par le commandement yankee. Il faut quand même le faire. On peut comprendre les motivations de ces hommes mais passer dans le camp ennemi est une ligne blanche qu’on ne doit pas franchir. L’œuvre a un parti pris qu’on peut suivre ou pas. La nécessité de résister justifie-t-elle tous les moyens ? C’est une bonne question. Je n’ai pas trop aimé le graphisme au trait assez gras. C’est une question de goût. Les visages des personnages sont assez bizarres et presque caricaturaux. A noter également que le récit prend son temps pour exposer les différentes étapes ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur en quête d’authenticité. Pour le reste, il y a un certain idéalisme pour une cause juste et des désillusions. C’est assez bien retranscrit. Il y a tout un travail de recherches historiques fort intéressant. Au final, un western assez sanglant sur un épisode dramatique. La construction d’une nation se fait parfois au dépend d’une autre nation. Encore une autre ironie de l'histoire : la construction d’un mur à l’heure actuelle qui sépare ces deux nations que sont les USA et le Mexique.

14/11/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 2/5
Couverture de la série La Terre des vampires
La Terre des vampires

Avec ma passion pour le roman de Matheson « Je suis une légende » et les récits de survie en milieu post apocalyptique, cette série me titillait depuis belles lurettes : dans une terre où le soleil ne brille plus, les vampires ont repris leurs droits sur un monde dévasté où les humains ne constituent plus qu’une petite minorité et tentent de survivre tant bien que mal. La perspective de voir une histoire complète rondement menée en 3 tomes sur un thème certes maintes fois rabattu m’a finalement fait céder à l’achat compulsif dès la sortie du premier tome en 2013. Il faut dire que les dessins emportés par des tons froids très monotones mais de qualité entre comics et école franco-belge réaliste ont eu raison de ma curiosité. Et aïe patatras : ça se lit hélas bien trop vite et l’histoire est bien mal exploitée avec une conclusion indigne et laissant clairement le lecteur sur sa faim (de loup plus que de vampire sur le coup là). Ok il n’y a guère de temps morts et les scènes d’action sont plutôt efficaces. D'accord l'ordre caché de vampires bienveillants à la survie de l’espèce humaine comme garantie de l’espèce vampire est également une idée simple mais efficace. Et effectivement les dessins de Manuel Garcia sont assez jolis et clairs à déchiffrer. Hélas, une fois les 3 tomes lus, on a cette étrange sensation d'avoir passé un bon moment en présence d'une série B qui serait passé complètement au travers de son sujet. Les arguments de départ sont devenus des mécanismes d'une banalité affligeante. On ressent surtout le récit bâclé par manque d'intérêt d'en développer davantage. Pourtant l'enjeu était tout à fait palpitant dans ses grandes lignes. On ne saura finalement pas grand chose de cet univers qui aurait bien mérité d'être davantage développé. Cette sensation de se faire couper l'herbe sous les pieds est très frustrante et m'oblige à réévaluer à mon plus grand regret cette série par une baisse de ma note initiale de 4 à 2. C'est sympathique à emprunter mais je n'en recommande absolument plus l'acquisition.

08/07/2013 (MAJ le 14/11/2019) (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Un Anglais dans mon arbre
Un Anglais dans mon arbre

Une auto-biographie originale vu que ça raconte comment la scénariste a appris sa filiation avec l'explorateur Richard Francis Burton, un type assez haut-en-couleur si j'en crois cet album. On va donc la suivre dans son périple pour connaitre mieux cet illustre ancêtre et on en apprendra beaucoup sur Burton. J'ai bien aimé comment le scénario ne magnifie pas le personnage principal et montre qu'il avait des défauts et qu'il a souvent eu un comportement qui choquera les gens de notre époque. À la fin, j'ai même trouvé qu'il était un peu con vu qu'il a passé des années à essayer de trouver la source du Nil pour rien. Je ne sais pas si c'est voulu par les auteurs, mais j'ai vu des parallèles entre la quête du Nil de Burton et la quête d'Olivia Burton sur ses origines familiales. Cet album possède de grands moments, mais aussi d'autres qui m'ont moins intéressé ce qui explique pourquoi je ne mets 'que' 3 étoiles. J'ai bien aimé le dessin.

14/11/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Travaux d'Hercule
Les Travaux d'Hercule

2.5 C'est la première bande dessinée de Gustave Doré que je lis et on est vraiment dans les débuts du 9 ème art avec les textes sous les cases et pour un lecteur moderne, c'est un peu figé. Le point fort de l'album est évidemment le dessin de Doré qui est bon même s'il fera bien mieux par la suite. C'est époustouflant de voir ce qu'il était capable de faire alors qu'il était encore un adolescent ! Sinon, le récit est un peu sympa, mais il y a clairement des défauts qui viennent du fait que cette BD souffre du poids des années. L'humour n'est pas franchement très marrant et pour un lecteur moderne, la narration manque de dynamisme. De toute façon, j'ai un peu l'impression que les gens vont surtout acheter pour admirer les illustrations de Doré et ne liront même pas les textes. Une curiosité pour les amateurs de très vieilles bandes dessinées.

14/11/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
Couverture de la série Philipp Kradow détective privé
Philipp Kradow détective privé

Un feuilletage rapide à la médiathèque et je me suis dit que ça pouvait être amusant. Ben non raté, c'est pas drôle cela ne m'a que très vaguement arraché un petit sourire mais plus de commisération qu'autre chose. Certes c'est une parodie des grands détectives du polar ou du cinéma américain mais il n'y a pas l'esprit . Un langage ordurier qui veut faire jeune mais qui fait plus penser à quelqu'un atteint du syndrome de la Tourette ces petites histoires en trois/quatre planches m'ont sinon ennuyé du moins prodigieusement emm... Si vous croisez cet opus passez votre chemin, le dessin n'est pas horrible mais comme le note Noirdésir la colorisation informatisée sur papier glacé n'aide pas à faire apprécier la chose.

13/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Les Gens du bureau
Les Gens du bureau

J’avais découvert cet auteur avec son album Vaisseau spécial, que j’avais bien aimé. On était déjà dans un humour un peu noir, mais surtout complètement absurde, et c’est là aussi ce qui domine dans ce recueil de gags. Nous ne sommes plus dans l’espace, mais dans le monde de l’entreprise, des bureaux, des open spaces. Le dessin de Yann Rambaud est devenu ici complètement réaliste, mais les visages sont comme effacés, sans traits – ce dont je ne suis pas forcément fan. L’humour absurde qui innerve les gags, le côté réaliste mais statique des personnages (et l’absence de décors) peuvent faire penser à certains des derniers Fabcaro. Mais je trouve que Rambaud s’en sort moins bien. En effet, si la colorisation (nuances de Noir et Blanc et du gris moche) accentue le côté froid et impersonnel du dessin (avec l’absence des traits des visages), je trouve que la partie humour n’est pas toujours suffisamment efficace. Certes, quelques répliques totalement débiles font mouche – et il faut être amateur de ce genre d’absurdités pour envisager l’achat, voire la lecture de ce petit album –, mais c’est trop inégal, et cela manque parfois de percussion. Note réelle 2,5/5.

13/11/2019 (modifier)