Les derniers avis (223 avis)

Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Terres d'Ynuma
Terres d'Ynuma

Après les Elfes, les Nains, les Ocs, l'ouverture vers un semblant de continent africain avec les Terres d'Ogon, un nouvel horizon s'ouvre dans le Monde d'Aquilon : Les Terres d'Ynuma, qui revisite façon fantasy la mythologie japonaise. Si j'ai commencé par me dire "Allez... Encore une nouvelle extension de l'univers déjà mastard du monde d'Aquilon !", j'avoue avoir un faible pour la mythologie japonaise, et j'ai donc plongé empli de curiosité dans ce nouveau cycle. On retrouve Nicolas Jarry au scénario, déjà bien investi dans l'univers, et Vax au dessin, que j'avais découvert avec Guerres & Dragons et le cycle Terres d'Ogon. Son trait est agréable et je l'ai trouvé très inspiré dans ce nouvel univers asiatique. Ses personnages sont bons, ses décors très réussis et immergeants, et les créatures fantastiques du folklore japonais magnifiquement réalisées. Si le coup du duo improbable ne brille pas par son originalité, il fonctionne pour autant très bien. Le titre de cet album tient au légendaire Samouraï rouge qui accompagne la prêtresses Mei-Jen dans ses exorcismes. Et nos deux compères ne chaument pas ! Chaque petite aventure s'ouvre sur un haïku formant au fil des pages un récit au long cours. Voici donc un nouveau pan de cet univers qui s'ouvre de façon très plaisante ; on est vite happé quand, comme moi, le folklore japonais et la fantasy vous titillent. Espérons juste que nous ne soyons pas partis pour une trop longue série de tomes qui finissent par noyer le lecteur (5 tomes sont pour l'instant annoncé). *** Tome 2 *** "Hijo", second tome de ce nouveau cycle des Terres d'Arran, nous propose de suivre les pas, ou plutôt les vols, d'un jeune messager et espion au service de la nation Raïda. Seul survivant d'une tragédie familiale, Hijo voue une haine farouche aux elfes qui ont décimé les siens. Mais malheureusement pour lui, il va devoir s'assoir sur cette rancoeur pour mener à bien la dernière mission que son maître lui a confié... C'est cette fois-ci le dessinateur Ma-Yi que je découvre aux pinceaux, et ma fois, son trait est plutôt agréable même si quelques penchants asiatiques lorgnant du côté du manga sur certains visages surprennent au début. Pour ce qui est du scénario, on reste dans une trame des plus classique, même s'il nous faudra attendre le prochain album pour avoir la fin. En effet, contrairement au premier opus, cet album est à suivre... Bref, pour l'instant ce second tome me convainc bien moins que le premier, et à moins d'une bonne surprise à venir, je descend ma note à 3.5/5 pour la série.

06/10/2025 (MAJ le 19/03/2026) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Cyborgs
Cyborgs

Tiens, une nouvelle série de Jean-Luc Istin... Ça faisait longtemps... Et encore une série concept de SF ? Mmmouais... Et ? Ba le sieur sait y faire et nous propose une nouvelle fois une série qui démarre sur les chapeaux de roue ! Installez-vous confortablement, sortez le pop-corn... C'est parti !!! Cette nouvelle série nous propose de suivre une équipe de personnages cyborg que nous allons découvrir au fil des tomes. Ce premier opus nous met sur le pas de la jeune Yuko, née avec un sévère handicap : elle n'a pas de bras (nann j'vous fait pas la blague sur le chocolat :P ). C'est avec celui qui l'a élevé, Akira, un maître en art martiaux qui forme la garde rapprochée du dictateur Tudor, que Yuko va grandir et apprendre à se battre. La novelle loi imposant l'euthanasie des personnes "imparfaites" va chambouler leur petit train-train et faire d'eux des fuyards avec une forte prime sur leur tête : tous les gangs de la mégalopole sont maintenant à leurs trousses... Franchement, je partais assez circonspect en attaquant ma lecture, redoutant une énième série du genre. Mais les auteurs sont bons... très bons ! Et on se retrouve vite happé par cette histoire, très rythmée, poussée par une narration survitaminée dans laquelle nos personnage charismatiques vont évoluer. Le dessin de Kael Ngu fait plus que le job, même si on est sur un trait relativement classique. En tout cas, voilà une nouvelle série B qui démarre plus que bien et nous promet de bons moments de lecture et de l'action à tout va ! Vivement la suite ! *** Tome 2 *** Lancé sur les chapeaux de roue, "Cyborgs" poursuit sur sa lancée et complète cette équipe de cyborgs féminins rebelles avec l'histoire de Sam. Gravement blessée suite à l'attentat qui a tué sa mère, Sam va devoir subir de lourdes opérations pour pouvoir remplacer jambes et bras. Et ce n'est que le début d'une looonngue période de rémission et d’acclimatation à ses nouveaux membres cybernétiques pour pouvoir parvenir à son objectif : la vengeance ! Car sa mère n'était pas n'importe qui ; elle était l'adversaire principale aux élections de Tudor, celui qui règne maintenant en dictateur... L'intrigue se poursuit donc en faisant toujours autant d'étincelles, tout en posant de nouveaux jalons et personnages intéressants. Entre les scènes d'action, les nouvelles révélations et des dialogues cinglants, on profite tranquillou du spectacle percutant qui nous est proposé, bien accrochés à notre pot de popcorn. Le dessin de Kael Ngu reste toujours aussi efficace et nous immerge parfaitement dans cet univers futuriste en gérant parfaitement les scènes d'action. Vivement la suite ! *** Tome 3 *** Encore un tome qui décoiffe ! Avec ce troisième opus, on revient légèrement en arrière dans la chronologie pour remonter juste avant l'élection de Tudor. On va apercevoir de loin les événements des tome 1 et 2, mais cette fois au travers du regard de Ramda, une flic un peu borderline, qui enquête sur un tueur en série qui a décidé de faire de ses proies des oeuvres d'art macabres... Ce pas de côté est plutôt bien vu, surtout qu'on se laisse embarquer par cette enquête tête la première. Et c'est quand tous les morceaux de ce puzzle s'assemblent qu'on en prend plein la gueule. C'est magnifiquement mené et le dessin d'Oleg Okunev (que je découvre) est très plaisant et nous immerge à souhait dans cet univers futuriste. Je reste sur ma note de 4 avec ce très bon 3e album. *** Tome 4 *** Un peu déçu par ce 4e tome... Ok l'intrigue avance, mais comparé au tome précédent qui m'avait beaucoup plu, celui-ci dénote et me semble le moins puissant de la série. L'album commence et s'étire sur un loooong flashback retraçant l'histoire de Syl, la fille de Russel. C'est à cause d'un attentat que Syl va perdre ses jambes et la vue et que Russel va passer des années à développer des membres cybernétiques pour "réparer" sa fille, puis ensuite les autres protagonistes que nous avons découvert avec les trois premiers tomes de la série. Pour le coup, j'ai trouvé cet album moins palpitant, même s'il explique certaines choses et raccroche les wagons. D'autre part, le dessin d'Alina Yerofieieva n'a pas la même saveur que les albums précédents, je l'ai trouvé moins aboutit, surtout sur les visages. C'est un peu l'inconvénient quand on change d'illustrateur entre chaque tome d'une même série... Espérons donc que le cinquième et dernier tome annoncé soit à la hauteur de la mayonnaise qu'on nous monte et que le tout ne fasse pas un gros pschiiiit au final (Appréciation globale 3.5/5)

23/05/2025 (MAJ le 19/03/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Jacky et Célestin
Jacky et Célestin

Jacky et Célestin est une série jeunesse de l'école de Marcinelle que j'avais complètement manquée à l'époque, alors qu'elle correspond typiquement au genre d'albums que je lisais enfant. Je la découvre seulement aujourd'hui, et je la trouve de très bonne facture, au point d'être surpris que Dupuis ne l'ait pas publiée parmi ses classiques mais uniquement dans sa collection Péchés de jeunesse. Cela tient sans doute à sa prépublication initiale dans le journal Le Soir plutôt que dans Spirou, mais cela n'en reste pas moins une série policière jeunesse tout à fait recommandable. Ce qui m'a particulièrement surpris, c'est son ton relativement réaliste. Malgré leur apparence de grands adolescents, les deux héros vivent des aventures assez adultes, avec un sérieux et un sens de l'action qui les rapprochent d'un Gil Jourdan, même si l'ensemble conserve davantage de légèreté et de fantaisie. Le duo fonctionne bien et évoque clairement une dynamique à la Spirou et Fantasio : Jacky est le plus posé, parfois un peu lisse, tandis que Célestin apporte une touche plus fantasque et se retrouve plus facilement au cœur des ennuis. Côté dessin, on découvre un Walthéry encore débutant, loin du style qui fera sa renommée sur Natacha. Le premier album (Vous êtes trop bon !) porte encore fortement l'influence de Will qui le supervisait, puis les suivants s'inscrivent davantage dans la tradition du studio Peyo, au point de rappeler régulièrement le trait de Gos (Le Scrameustache). Le dessin reste toutefois très solide et lisible, même s'il peut paraître un peu raide par moments, et s'intègre parfaitement dans l'esthétique des productions Spirou des années 60. C'est aussi intéressant de voir l'évolution rapide de Walthéry au fil des pages. Les scénarios, écrits ou supervisés par Peyo et son entourage (Vicq, Gos, etc.), s'inscrivent dans une veine assez classique, mais efficace. On est clairement dans de l'enquête policière, parfois teintée d'espionnage ou de mystère, avec quelques éléments de fantaisie hérités de l'esprit Marcinelle. Cela surprend de la part de Peyo car c'est très éloigné de séries comme Johan et Pirlouit ou Les Schtroumpfs, et plus adulte que Benoit Brisefer. L'humour reste présent, mais l'action ne fait pas semblant, avec de vrais dangers, des accidents de voiture et un certain sens du suspense. Cela dit, malgré ses qualités, la série reste assez sage. Les intrigues sont bien menées mais rarement surprenantes, et l'ensemble manque d'une identité vraiment marquante ou d'un supplément de folie qui lui aurait permis de se distinguer davantage. C'est sans doute ce qui explique qu'elle soit restée relativement méconnue. Il en découle une bonne petite série de la BD franco-belge classique : agréable, bien réalisée, portée par un vrai savoir-faire, mais qui manque d'un petit quelque chose pour devenir mémorable. Ça reste néanmoins une découverte très sympathique, surtout pour les amateurs de cette époque.

19/03/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
Couverture de la série Cult of the Lamb
Cult of the Lamb

Je ne suis pas un geek, je ne connaissais donc pas l'existence de ce jeu vidéo, ici, adapté en BD. Je me suis profondément ennuyé durant les 112 pages de ce premier verset. Un récit où culte et dévotion seront les enjeux de cette intrigue. Dans une étrange forêt, différentes religions vont se battre pour ne pas disparaître. Rien de bien nouveau, on va y découvrir tous les mauvais penchants des croyances anciennes. J'ai trouvé les personnages stéréotypés et manquant de charisme. Une narration énergique et équilibrée, les scènes d'action et les moments développant la personnalité des personnages se partagent équitablement le nombre de planches. Un ensemble léger qui ne m'a pas convaincu. La partie graphique dénote avec le sujet proposé. Un style caricatural proche du manga associé à des couleurs tapantes. Ça bouge dans tous les sens. Pas mal. Un premier tome qui ne m'a pas donné envie de poursuive l'aventure. À réserver aux inconditionnels du jeu vidéo, enfin, peut-être...

19/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Black Gospel
Black Gospel

Un polar bien tordu comme je l'aime. Le scénariste utilise trois faits historiques qui se sont passés la même semaine (le discours historique de Martin Luther King, un double meurtre dont le coupable n'a jamais été retrouvé et la mort en Afrique de l'activiste américain noir W. E. B. Du Bois) pour concocter un polar efficace qui se passe durant le 20 ème anniversaire du discours de King. C'est un de ces polars où on sait dès le début qui est le coupable et se sont ses motivations qui sont nébuleuses. On va comprendre petit à petit la mentalité de ce tueur via des flashbacks. Certes, le scénario n'échappe pas aux défauts récurrents des polars : il y a des facilités dans le scénario et aussi aucun personnage n'est vraiment attachant. Aussi, le seul truc vraiment captivant est de savoir la réponse au mystère et après qu'on le sait il y a pas grand chose qui donne envie de relire l'album un jour. Le noir et blanc est pas mal.

18/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Hors scène
Hors scène

Premier album de Jon McNaught que je lis et franchement je ne pense pas en lire un autre avant longtemps. Le dessin m'a fait un peu pensé à du Chris Ware, surtout la manière dont l'auteur aime bien faire de très petites cases. Heureusement, il y a souvent peu de dialogues alors les pages se lisent vite malgré le nombre de cases. Quant au scénario, on est dans du contemplatif. On suit le personnage principal au travers de différentes tranches de vies. C'est un ado un peu timide et mal dans sa peau qui se retrouve à jouer dans une pièce de théâtre. J'ai trouvé les personnages et les situations vraiment banales. J'ai rien contre les récits qui ne font que montrer la vie quotidienne de quelqu'un, mais ici j'ai eu l'impression que l'auteur n'avait rien de très intéressant à dire. Il ne se passe pas grand chose de bien intéressant et j'ai lu le récit dans une indifférence générale. Pas pour moi.

18/03/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Impact - Green War
Impact - Green War

Deux choses et demi sont bien : la scène des gens morts à cause du pétrole dont le charnier est assez bien dessiné : ça fait une scène forte plus le dessin, bon quand il s'agit de montrer ce qui se décompose avec son style hachuré. Donc bonne scène plus assez bon dessin, ça fait 1,5. Il y a aussi le fait de porter l'attention sur le fait que la gestion des réfugiés, climatiques ou non, va être de plus en plus privatisé, ce qui ne sent pas très bon pour leurs droits. Donc 1,5+1 = 2,5 que je vais arrondir à 3 pour la couverture. Sinon, je n'ai pas aimé, vu que je n'aime pas le terrorisme, qui a mon avis ne se justifie que contre quelque tyran, mais comme le dit le "héros" les gens ne vont pas renoncer à leur confort, il faut donc court-circuiter la démocratie. Le beau sauveur que voilà ! On a déjà eu des gens d'extrême gauche ou d'extrême droite pour jouer les autoritaires et les totalitaires, il faut croire que ça nous manque, appelons des tyrans. En attendant, notre "héros" tue le PDG de Total : en France on envie les géants du numérique vu qu'on n'en a pas, mais on tape sur un géant pétrolier par envie pour les plus riches, et non par désir de liberté, qu'on sacrifie dès qu'on se toque de quelque cause ou homme providentiel. On est sûr donc que les actes du terroriste plairont à bien des lecteurs, mais en somme, aucune entreprise, nul Etat ne doit payer de rançon pour récupérer quelqu'un de peur d'encourager les ravisseurs et un homme d'ordre comme l'était le terroriste en tant qu'ancien militaire, le sait parfaitement, donc son discours sur la méchante entreprise qui ne sauve ni son PDG ni la planète tombe à plat. Soit l'homme est hypocrite, soit il est incohérent, le beau héros que voilà ! Le patron de Total ne sert en vérité que de bouc émissaire : comme disait Jean Yann, tout le monde veut sauver le monde, personne ne veut descendre les poubelles, mais en approuvant le meurtre d'un méchant capitaliste, on réconcilie les foules sur son dos. Le procès est un beau numéro, aussi, on étend la focale, même une entreprise pas trop polluante sera coupable par complicité vu qu'elle fait affaire avec de pires. Je laisse à penser ce que ça donnerait dans les relations de voisinage ou de famille : si on va assez loin, qui ne sera coupable par association ? Bien sûr, le "héros" a perdu un être proche pour qu'on se sente proche de lui, est puni mais il y a un happy end, comme ça on aura pu faire passer des énormités. Mais ce sont des horreurs qu'il ne faut pas cautionner…. Si les gens le font et imitent, je m'en lave les mains : on aura un gouvernement autoritaire et une terreur écologique avec de tels principes.

18/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Peau de Mille Bêtes
Peau de Mille Bêtes

Peau de mille bêtes est un conte des frères Grimm que je ne connaissais pas mais qui s'apparente beaucoup au Peau d'Âne plus français. Et cet album en est une relecture librement inspirée, pleine de fantaisie et de modernité. Son gros point fort est le graphisme de Stéphane Fert. Son style, très personnel, joue sur des teintes de bleus, de roses et de noirs, avec un rendu à la fois poétique et légèrement gothique qui correspond parfaitement à l'univers du conte. Le dessin des personnages féminins, en particulier, est vraiment charmant, avec une vraie présence et une élégance qui participent beaucoup à l'atmosphère générale. Sur le fond, l'histoire reprend les codes classiques du conte de fées mais les détourne avec une approche plus contemporaine. J'ai bien aimé la manière dont les contes classiques sont revisités avec une certaine modernité, parfois même avec une forme de mise en abyme et des touches d'humour qui viennent désamorcer ou commenter les codes du genre. Cela apporte un vrai relief, de la légèreté et cela évite de tomber dans une simple adaptation illustrative. Le récit aborde aussi des thèmes assez forts (désir, inceste, émancipation, identité), tout en conservant une dimension poétique et symbolique propre au genre. L'ensemble est globalement bien mené, avec des personnages intéressants, notamment l'héroïne qui s'affirme davantage que dans les versions traditionnelles. Et j'ai souri au jeu de mots de ce roi lucane qui se déclare insectueux quand il voit la beauté de sa fille. L'intrigue, bien que solide, reste toutefois assez classique dans sa structure, et certains effets ou intentions modernes m'ont semblé un peu appuyés et m'ont parfois laissé un petit peu à distance. C'est un conte modernisé très agréable, portée par une identité visuelle forte et une relecture intelligente du matériau d'origine. Très bon, même si je ne suis pas totalement tombé sous le charme.

18/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Secrets de trolls
Secrets de trolls

Cet album propose cinq courtes histoires librement inspirées du folklore scandinave, mettant en scène trolls, elfes et autres créatures des forêts du Nord. J'y ai trouvé un hommage assez mignon à cet imaginaire, porté avant tout par un travail graphique réussi. Le dessin s'inscrit dans la lignée d'illustrateurs scandinaves classiques comme Carl Larsson ou John Bauer, avec, par moments, une touche qui rappelle aussi Arthur Rackham, notamment dans certaines scènes d'elfes dansants. L'ensemble dégage un charme évident, avec des couleurs sombres mais douces et une atmosphère feutrée qui évoque parfaitement les contes nordiques. Les cinq récits sont très courts et reposent sur des scénarios simples, presque comme de petites fables pour enfants. L'intérêt est moins dans l'intrigue que dans l'ambiance et la manière de donner vie à ce folklore, avec un humour léger et un ton globalement bienveillant. On retrouve souvent en filigrane un message assez classique autour du respect de la nature, de l'équilibre entre l'homme et son environnement, ou encore de l'idée de ne pas prendre plus que ce que l'on donne. Cela fonctionne plutôt bien dans l'ensemble, même si certains passages peuvent paraître un peu appuyés ou légèrement moralisateurs. A noter également que les dialogues, parfois un peu soutenus, ne sont pas toujours les plus adaptés à un très jeune lectorat alors que l'album leur semble pourtant destiné. Malgré ses qualités visuelles et son atmosphère réussie, l'ensemble est assez convenu. Les histoires sont prévisibles, sans véritable surprise, et peinent à captiver. Cela donne une lecture agréable, mais assez sage, qui pourra séduire les plus jeunes ou les amateurs de contes traditionnels, là où un lecteur adulte risque de rester un peu à distance.

18/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Spécial animaux
Spécial animaux

Alors que je garde de l'affection pour la collection Les Meilleurs Récits du Journal de Spirou grâce à mes lectures de jeunesse, ce recueil-ci est trop inégal et, dans l'ensemble, décevant. La thématique autour des animaux reste assez vague : il peut s'agir aussi bien d'intégrer un animal comme simple élément d'intrigue que d'aborder réellement la condition animale, voire simplement de mettre en scène des personnages animaliers, ce qui n'apporte finalement pas grand-chose puisque ces personnages pourraient tout aussi bien être humains. Sur les sept histoires proposées, une seule m'a vraiment plu, les autres allant du moyen à l'anecdotique. Dans le détail : - L'île du Boumpteryx, par Ley Kip (pseudonyme regroupant Marcel Denis et André Franquin au scénario, avec Jidéhem et Jean Roba au dessin), est un récit d'aventure humoristique typique de l'école de Marcinelle des années 50. Les nombreuses péripéties, censées amuser, me paraissent aujourd'hui très datées, avec un ton très enfantin. J'aime néanmoins la bouille mélancolique de l'oiseau. - Mély-mélodrame, par Mitteï et Walthéry, dénonce de manière assez convenue et un peu naïve l'abandon des animaux de compagnie. Ce n'est pas mauvais mais encore une fois un peu trop enfantin pour moi. Le dessin est réussi, même si je préfère le trait de Walthéry à celui de Mitteï. - Cravate, héros de l'Aéropostale, par Wasterlain, est le fameux récit aux personnages animaliers dont je parlais plus haut. Le dessin est sympathique, mais l'histoire manque d'intérêt, ni vraiment drôle ni captivante, et est un peu trop bavarde. - Broussaille, de Frank et Bom, est pour moi la meilleure du lot : une histoire simple mais très belle, à la fois intelligente, bien menée et poétique. - Le Hérisson, par Malik, est trop anecdotique. Le propos sur la dureté imposée aux animaux sauvages par les humains est louable, mais le traitement comme le dessin assez réaliste ne m'ont pas enthousiasmé. - Sombre printemps, par Mitteï et Séron, est un court récit mi-conte mi-humoristique autour des coucous, qui s'oublie trop vite. - Le Long Voyage, par Desberg et Warnants, m'a séduit par son dessin, très réussi. En revanche, l'histoire, qui dénonce la capture et la vivisection d'animaux exotiques, m'a semblé assez plate, avec un message un peu simpliste et appuyé. Globalement, malgré quelques qualités graphiques indéniables et une ou deux bonnes idées, l'ensemble manque de consistance. Je n'ai réellement accroché qu'à Broussaille, là où le reste m'a laissé assez indifférent, voire déçu.

18/03/2026 (modifier)