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Les derniers avis (235 avis)

Par Gaendoul
Note: 2/5
Couverture de la série Kookaburra
Kookaburra

Je n'ai vraiment pas réussi à accrocher. L'univers et les personnages ne m'ont pas plu et je trouve que le style de Crisse ne se marie pas très bien avec les univers SF. Je précise que je n'ai lu que les 3 premiers tomes (et comme je n'ai pas trop aimé, je ne compte pas lire le reste). Tout ça m'a paru bien naïf et je n'ai pas pris de plaisir à la lecture de cette bd, contrairement à L'épée de Cristal du même auteur qui, si elle n'est pas exempte de défauts, a au moins sû me tenir intéressé. Bref, bof bof, ce n'est clairement pas un incontournable de la SF pour moi, malgré tous les avis positifs que j'ai pu lire ici.

12/05/2021 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

Alex Alice a décidément beaucoup de talent. J'avais vraiment adoré Siegfried qui partait sur une base mythologique mais ici, nous sommes en présence d'une uchronie digne de Jules Verne, entre réalité et fiction voire presque magique... La bd est vraiment proche d'un 5/5 mais je regrette toutefois les réactions parfois un peu étranges des personnages (j'entends par là qu'elles ne sont pas toujours naturelles et on a parfois une sensation de deus ex machina). Malgré cela, les dessins sont toujours aussi enchanteurs et l'univers est très bien représenté, les designs sont originaux et l'aventure est très agréable à suivre. Je n'ai lu "que" les 4 premiers tomes mais j'entends bien lire le 5ème dès que possible. Bref, une très bonne aventure, bien menée et intelligente! 4.5/5

12/05/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 3/5
Couverture de la série Croisade
Croisade

Une belle série médiéval fantastique. Hésitant entre le 3 et le 4. Mais comme je retrouve la même maladresse que dans Barracuda, et que je veux « sanctionner » la création d’un second cycle, je campe sur « Pas mal », non sans frustration. Cette maladresse c’est le remplissage du scénariste, Dufaux. Comme avec son histoire de pirates, pour moi ça déborde… On suit plusieurs personnages principaux en même temps (le sultan, Syria, sa sœur, Gauthier, Robert, le maître des machines…) avec plusieurs quêtes (le très vénéré X3, le miroir, la quête de Gauthier, la libération d’un peuple, la prise de pouvoir, et j’en passe !!). Il est vrai que l’ensemble reste tout à fait cohérent en soi et, contrairement à Barracuda, les choses avancent vraiment… Mais mince, je me pose encore cette question: faut-il charger autant? Le contexte historique ainsi planté pouvait annoncer une très, très grande série, mais Dufaux construit à nouveau des récits qui se croisent à tout va et qui nous font un peu perdre la tête sur le cœur de l’intrigue. Et c'est le retour à cette même question: quel est le cœur de l’intrigue? Le lecteur a 6 mains tendus et on ne sait pas à laquelle se gripper. Aussi ça n’est pas le trop-plein fantastique que je sanctionne, mais le trop-plein tout court… Parce-que la partie fantastique franchement, je la trouve excellente. Je comprends qu’un certain nombre d’aviseurs espéraient un récit plus historique, les textes introductifs de Dufaux peuvent le laisser penser. Dans mon cas, c’était l’époque où je baignais dans la fantasy à 14 piges, donc ce récit de légendes m’a toujours convenu, d'autant que le dessin de Xavier s’associe parfaitement avec l’univers mystico-esotérique généré par Dufaux. Pareil, dans l’ensemble, les personnages ont leur lot de complexité qui me plaisent (comme Barracuda). Le maître des machines est pour moi le plus réussi grâce à sa singularité. Il personnifie (si on peut dire…) un machiavélisme rationnel bien monté, très charismatique, où son pragmatisme domine les lieux alors que nous nous trouvons dans un univers où les dieux véritables rôdent et influent sur tous les êtres (exception faite à Gauthier des Flandres, autrement intéressant d’ailleurs). Je ne suis pas de ceux qui critiqueront le dessin, il est superbe. Et je place la mise en couleur au même niveau. Après le dessin de Jérémy dans Barracuda, voilà encore une belle collaboration. Je suis assez scotché par le travail de Xavier, qui s’éclate avec des planches dépliantes et panoramiques de fou furieux ! Celui du tome 3 m’a particulièrement bouleversé avec ce mariage chronologie/symétrie. Notons que, malheureusement, le second cycle (à partir du T5) ne contient pas de ces dépliants, ni de texte introductif sur l’Histoire... Et je le vois comme un symbole puisque… Puisque j’ai décidé de ne pas lire le cycle Nomade jusqu’au bout. J’ai pas accroché le T5, ça sent trop l’oseille éditoriale ! Le contraste est violent, on quitte vraiment le premier univers et j’ai pas du tout réussi à remettre les choses à plat dans le second. L'ensemble est trop superficiel. Je lirai peut-être la suite un jour mais c’est pas prévu dans le planning. Dommage, j’ai bien envie de savoir si Gauthier trouvera un sens à sa quête. L’avis de sloane semble m’indiquer que oui, mais l’épilogue serait un peu précipité (une frustration que j'ai déjà ressentie à la fin de Barracuda, décidément!). Sans ce second cycle, j’aurais été plus élogieux. Mais là, je dis qu'une moitié de saga ne vaut pas le coup alors... C'est une note regrettable, mais je vous invite clairement à lire le cycle de Hierus Halem: il est bien possible que certains voudront le garder à ses côtés.

12/05/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Joe la pirate
Joe la pirate

A elle seule, la scène d’introduction vaut le détour. Hilarante mise en bouche, elle donne le ton quant à la suite du récit. Encore fillette, Joe, qui à l'époque s'appelait Marion, est surprise par papa en train de humer un cigare. Loin de se démonter face au paternel l’obligeant à allumer le cigare dans le but de la dégoûter à tout jamais, la gamine se met à aspirer sereinement de grandes bouffées sur l’objet du délit, comme si elle avait toujours fait ça depuis le début de sa courte vie… un passage tout à fait jubilatoire qui, espérons-le, échappera à la vigilance des chasseurs de buzz désœuvrés écumant les réseaux sociaux…. Une fois refermé cet incroyable biopic, on a toutes les peines du monde à croire qu’une personnalité aussi atypique que celle de Marion Barbara Carstairs, alias Joe Castairs, ait pu tracer sa route et s’imposer comme elle l’a fait à une époque où féminisme et homosexualité avait si peu droit de cité. Certes, son statut de riche héritière l’a beaucoup aidé, mais en assumant totalement son amour des femmes, elle détonnait quelque peu face aux règles de bonne conduite de l’époque, même si elle a pu (et su) profiter des années folles pour affirmer son goût pour l’excentricité et la fête dans les milieux libertins. Il s’en est fallu de peu pour que l’Histoire remise aux oubliettes ce personnage de lesbienne haut en couleurs, qu’il est pourtant impossible d’oublier une fois qu’on en a lu le portrait. Il s’agit d’un des derniers scénarios d’Hubert avant qu’il ne nous quitte début 2020, et s’il n’en verra pas le résultat final, il aurait toutes les raisons d’en être fier. On retrouve ici son talent de conteur, mis en images avec justesse par Virginie Augustin, qui fait que l’on dévore littéralement cette saga romanesque digne d’un biopic hollywoodien. Sur un rythme échevelé, l’auteur de "Peau d’homme" nous met dans les pas de cette femme hors normes, de son enfance dans le Londres victorien jusqu’à sa mort dans la Floride de la dernière décennie du XXe siècle, en passant, entre autres, par les Bahamas, où elle avait acheté une île qu’elle s’était mise en tête de « civiliser »… A l’évidence, le lecteur sera subjugué par cette figure excentrique au parcours extraordinaire, pour le moins mouvementé. Si Virginie Augustin a recouru ici au noir et blanc (à l’exception d’un court passage en couleurs dont il appartiendra au lecteur d’en deviner l’explication), c’était pour mieux, dit-elle, se centrer sur le personnage de Joe. Il est vrai que mettre de la couleur pour représenter le cadre idyllique des Bahamas aurait pu détourner l’attention du lecteur. Or, ici, le sujet c’est « Joe la pirate ». La géographie se devait donc de rester secondaire. Il faut dire que la co-autrice d’ Alim le tanneur s’en sort plutôt bien. Si sa ligne claire dynamique évoque Yves Chaland, sa gestion du noir et blanc peut faire penser à Hugo Pratt, en particulier pour l’atmosphère exotique des îles. Après lecture, ce portrait peine pourtant à susciter une pleine adhésion, tant le personnage est ambivalent, voire parfois agaçant. Bien sûr, 200 pages ne sauraient suffire à résumer la psyché complexe de « Miss. Castairs », mais celle-ci révèle à travers cet ouvrage certains traits de caractère exécrables, même si l’on doit replacer le récit dans le contexte de l’époque. Les auteurs n’en font pas mystère et ne cherchent pas non plus à enjoliver la réalité. Pour cela, on leur en sera très reconnaissant. Oui, le personnage peut agacer mais fascine tout en même temps. Pétrie de contradictions, Joe était capable du pire comme du meilleur, conséquence peut-être d’un rapport houleux avec sa mère, dont elle finit par reproduire les principaux traits psychologiques, mélange de traditionalisme et de libertinage. Superficielle à l’extérieur, complexe à l’intérieur, notre « héroïne » aimait à s’oublier dans sa passion pour la vitesse ou se dissoudre dans des fêtes débridées — pour ne pas dire des orgies —, tout en étant choquée si elle surprenait ses employés en train de copuler dans le bois de Whale Cay. Un peu caractérielle, telle une enfant gâtée qui n’aurait pas tout à fait mûri, elle continuait à vivre une enfance éternelle à travers sa poupée surnommée Lord Wadley, double d’elle-même sur qui le temps n’avait que peu d’effet. Croyant que l’argent pouvait tout acheter, elle s’habillait et draguait les femmes comme un mec, sur le mode « à l’ancienne » qui donne aujourd’hui — et à juste titre — de l’urticaire aux militantes Metoo. En outre, elle collectionnait les amours comme on collectionne les trophées (le plus prestigieux étant Marlène Dietrich, qui lui avait d’ailleurs donné ce surnom de « pirate »), ce qui valut tout de même à cette pauvre petite fille riche quelques déboires. Mais une chose est sûre, elle savait charmer ses « donzelles » et les combler davantage que le plus irrésistible des casanovas. Manipulatrice dans l’âme, elle s’était créé son petit royaume sur l’île de Whale Cay, où elle pratiquait un paternalisme autoritaire vis-à-vis des autochtones à son service, et malgré ses intentions louables, certes non dénuées de condescendance « civilisatrice », elle s’exposera là encore à quelques désillusions, à une époque où la décolonisation était la tendance. D’aucuns objecteront sans doute que quand l’argent coule à flot, on peut se permettre d’avoir une vie aussi trépidante que celle-là, mais dans le cas de Joe Castairs, c’est bien sa personnalité turbulente qui a décuplé cette existence en forme de feu d’artifice, digne d’un Gatsby le Magnifique, personnage fictif en revanche. On pourra ne ressentir aucune empathie pour cette femme atypique, souvent déroutante, mais n’en déplaise aux esprits les plus réactionnaires qui détesteront sans doute cet être libre à tout crin, lesbienne de surcroît, elle fut, malgré son côté invivable, profondément aimée de ses amantes, séduites sans doute par son incroyable force vitale. On terminera en évoquant la très belle couverture au design Art déco, qui traduit avec justesse le glamour de cette épopée « bigger than life ».

12/05/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Petits Mythos présentent
Les Petits Mythos présentent

Cette série est un spin-off de la série Les Petits Mythos qui s'amusait à mettre en scène des versions enfantines de dieux et autres héros de la mythologie grecque dans des suites de gags destinés à la jeunesse. L'idée ici est d'emmener une poignée de ces personnages visiter d'autres mythologies et de les faire découvrir aux lecteurs grâce à un cocktail de documentaire et de gags : deux pages de texte accompagné de quelques illustrations humoristiques alternent avec deux pages de gags en une planche ou en une grande image, et ainsi de suite. Pour le premier tome, on retrouve Totor le minotaure, Hercule, Atlas et Aphrodite qui rendent visite à Thor, Odin et les autres dieux de la mythologie Nordique. L'occasion donc de découvrir les 9 mondes reliés par Yggdrasil, les Ases, les Vanes et les différents géants, quelques légendes nordiques les mettant en scène et forcément à la fin Ragnarök. La partie documentaire s'adresse à tous publics. Chaque double page aborde un thème en particulier, ou un personnage précis, et contient une succession de petits chapitres sur le sujet. Le textes de chacun de ces chapitres sont suffisamment concis et légers pour être compréhensibles par tous les néophytes... à condition toutefois de ne pas s'y perdre dans les noms nordiques parfois compliqués et nombreux. Moi qui connais relativement bien la mythologie en question, j'étais parfois noyé sous la somme de noms assez inconnus donnés à des lieux, des palais, des animaux et autres objets. D'autant que comme l'explique l'introduction de l'album, ces noms et leur orthographe varient selon les légendes et même dans l'album on a quelques fois droit à un nom différent pour un même personnage ou lieu. Le dessinateur étant le même que pour Les Petits Mythos, on n'est pas dépaysé par les illustrations et ls pages de gags. Par contre, je n'ai malheureusement pas trouvé ces dernières drôles alors que j'ai une certaine affection pour la série originelle. Ici, je ne les ai pas trouvés très inspirés et les chutes tombent assez à plat. Cet album m'a fait réaliser à quel point la mythologie grecque parait fine et variée par rapport à la Nordique. En effet, autant j'aime la structure en différents mondes de cette mythologie, les personnages d'Odin, de Loki ou encore de Thor même si ce dernier est quand même très bourrin, et la légende de Ragnarök, autant les autres légendes et personnages racontés ici paraissent très basiques, sans l'imagination élégante et structurée des mythes grecs. Seul le mythe de l'Or du Rhin et de Sigurd/Siegfried sort du lot, mais d'une part il est plus germanique que nordique, et il n'est ici mentionné que très superficiellement. Au final, j'ai lu cet album avec curiosité pour y découvrir quelques pans de la mythologie nordique que je connaissais mal ou pas du tout, et je salue cela et la motivation de les présenter au public jeunesse qui apprécie déjà Les Petits Mythos. Mais je n'ai été qu'à moitié convaincu par la manière dont elle était écrite, notamment du fait de cette accumulation parfois inutile de noms propres, et surtout j'ai été déçu par les planches de gags qui les accompagnent. Note réelle : 2,5/5

12/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Iris, deux fois
Iris, deux fois

Gros, gros, gros coup de cœur pour cet album ! Décidément, j’aime beaucoup le travail de ce petit éditeur (Sarbacane). Le récit s’articule autour de deux idées qui me parlent énormément. D’un part, une question existentialiste que les mathématiciens explorent avec le monde quantique. Et si la vie que nous vivons n’était qu’une possibilité de vie ? Et si notre destin avait été tout autre ? Et si d’autres réalités de nous coexistaient dans des mondes parallèles ? Qu’est-ce qui détermine ce que nous sommes ? La chance ? Le hasard ? Une ‘destinée’ immuable ? N’allez pas croire qu’il s’agit d’un récit prise de tête ! Bien au contraire, sa lecture est très aisée mais les autrices posent de bonnes questions sur le sujet et nous permettent de nous interroger à notre tour sur cette idée : quelle aurait été notre vie si… ? La dimension fantastique en devient secondaire (d’ailleurs, y a t’il seulement une dimension fantastique ou est-ce là la simple réalité quantique de nos existences ?) Deuxième thématique : le processus de création (ici littéraire). Qu’est-ce qui rend une œuvre forte ? Le confort nuit-il à la création ? Faut-il souffrir pour créer ? Un thème déjà abordé dans « Bluesman (Ariño) » que j’ai lu il n’y a pas si longtemps et qui revient ici dans un autre contexte mais avec toujours autant de pertinence. Ces deux thématiques entremêlées sont portée par un personnage au bord de la crise de nerf (voire au-delà), Iris, forte et fragile à la fois. Un très beau personnage féminin qu’un double éclairage humanise merveilleusement. Ce personnage m’a touché dans ses interrogations comme dans ses pétages de plomb. J’ai dévoré ce récit même si je suis moins convaincu par la forme. En effet, le découpage est parfois excessif. Certains enchainements de cases auraient gagnés en rythme si au lieu de tenir en trois cases, ils avaient été concentrés en une seule. Le dessin est parfois un peu figé et ne dynamise pas ce récit… Mais en fait, je me fiche bien de ces petits détails techniques de pinailleur qui aime chercher la petite bête. La vérité est que j’ai été touché par cet album et que je l’ai dévoré sans pouvoir le lâcher. Gros coup de cœur du moment et un 4/5 amplement mérité.

12/05/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 2/5
Couverture de la série Rusty Brown
Rusty Brown

Je n’avais encore jamais rien lu de Chris Ware. Je suis passé à côté de cette BD. Je mets 2 et pas 1 parce que je reconnais que c’est un très bel objet graphique. J’ai eu un peu d’intérêt au début pour l’intrigue notamment pour l'adolescente Alice que je trouve attachante mais j’ai vite fini par m’ennuyer, trouver ça long, fastidieux à lire car il faudrait une loupe pour lire de nombreux textes et de nombreuses cases qui sont vraiment de petite taille. Du coup, au bout d’un moment, j’ai arrêté de faire l’effort d’essayer de lire ces caractères et dessins minimalistes, et j’ai tourné les pages jusqu’à la fin pour voir si l’envie pouvait revenir, mais ce n’est pas arrivé.

12/05/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
Couverture de la série Siegfried
Siegfried

Siegfried ! L'histoire de l'anneau de Nibelungen arrive (presque) toujours à nous étonner, malgré le pic de publications et la concurrence ambiante. Ici, j’arrive toujours à y trouver mon compte, largement même ! Et même si je garde une préférence pour Le Crépuscule des Dieux et sa qualité scénaristique, je reste tout à fait extasié par cette belle saga. Belle, parce-que Alex Alice nous offre un dessin ma-gni-fi-que. Le rendu visuel est superbe, chaque page est un bonheur de détails et de mise en couleurs. Les doubles planches vous éclatent les mirettes. Le trait correspond à ce que j’aime. Le dynamisme et les plans sont dingues, je classerais cette BD comme celles qui pourraient devenir des films efficacement, tant le mouvement et les séquences sont déjà admirablement retranscrits. Il y a un léger point qui noircit un peu le tableau au niveau du dessin, c’est Mime. Si je suis intéressé par sa relative profondeur et attaché sur son sort (une certaine pitié face à sa destinée), je n’aime pas sa représentation graphique. Le choix du trait et de sa morphologie me donne l’impression qu’il sort du cadre ambiant, il adoucit un peu trop l’ensemble. Et en dehors du dessin, son humour me paraît un peu trop présent par « obligation de légèreté » (je ne suis jamais très fan de ce ressenti). Si je compare avec ce qui reste ma référence, Le Crépuscule des Dieux, je préfère le Mime qui s’y trouve : moins niais, plus orienté vers la loyauté qu’il porte envers son frère et très bien représenté graphiquement. La présence de Mime est suffisamment importante pour entacher mon plaisir de lecture. Quant au scénario, j’ai dû écouter l’opéra de Wagner d’une oreille inattentive un jour, et Alex Alice tente donc d'adapter le troisième drame lyrique à trois actes. On peut s’amuser à comparer l’un et l’autre, mais bien sûr tout est fait pour offrir au lecteur une BD qui se suffit à elle-même. Tout est fluide, c’est 100% heroic fantasy, pur et réussi. Friand du genre, je suis comblé. Mais cette aventure m'a tout de même moins emporté scénaristiquement que Le Crépuscule des Dieux, où je trouve que l'univers mythologique est plus riche d’authenticité et de complexité ainsi que l'intrigue générale est plus chiadée. Question de goût! Le dessin redresse la barre d’une puissance sans pareille, il ravive les émotions et déclenche des rebondissements haletants pour une histoire qui se parcoure avec grand plaisir, sans grande complexité mais très efficace. C'est tout de même la classe.

12/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Merveilleux Spectacle de la Téléréalité
Le Merveilleux Spectacle de la Téléréalité

Ma femme et moi, et maintenant nos enfants, nous aimons bien Koh Lanta. C'est un peu le plaisir coupable, l'émission qui se répète tout en se renouvelant mais pas trop, et du temps passé sur son canapé à se goinfrer de chips en regardant les candidats ronger l'écorce à même les arbres ou sucer à tour de rôle le seul bulot qu'ils ont réussi à attraper. Cet album était donc fait pour moi. Tout son contenu provient du blog de l'auteur, qui, en regardant Koh Lanta semaine après semaine, publiait quelques feuillets assez drôles sur le sujet. Une fois cela posé, le reste en découle. L'introduction de l'album est bien fichue et bien dessinée, ce qui peut induire en erreur sur ce qui va suivre. On suit en effet l'émission, épisode par épisode, puis saison par saison. Benoît Feroumont fait des croquis rapides au début pendant qu'il regarde l'émission, le but n'étant pas de perdre beaucoup de temps au détriment de ses autres activités. Le dessin n'est donc pas "outrageusement abouti" dans ces premiers épisodes. Par contre il essaie de détricoter un peu les façons de faire de la production, ce qui est assez intéressant, et ses planches sont assez drôles. On notera aussi que le dessin s'améliore très très nettement vers les épisodes de la fin de l'album, pour être carrément sympa. Je vois trois problèmes inhérents à ce type d'écriture. Tout d'abord il n'y a pas de construction prévue à l'avance. Les épisodes s'accumulent, sans plan global, et le contenu est donc à l'avenant. Cela se ressent, et c'est un peu dommage, il y aurait sans doute eu moyen de proposer bien plus de réflexion et quelque chose de bien plus structuré. Ensuite, même si cela découle du premier point, il y aura forcément des répétitions assez nombreuses, en tout cas un manque de variété. Cela est assez normal au vu du sujet, mais on le ressent à la lecture. Enfin, les épisodes suivent l'humeur de leur auteur. On ressent donc la lassitude, l'agacement, le jugement, etc. de Benoît Feroumont. Et au bout d'un moment, alors même que le dessin devient vraiment agréable, on en vient à avoir de simples comptes rendus des épisodes. Exit l'humour, exit les petits décryptages, exit le plaisir. Au final, j'ai bien aimé l'humour du début de l'album, et les petits décryptages qui y sont proposés. Et si j'ai apprécié le dessin à la fin, malheureusement l'intérêt s'était largement émoussé. Une lecture un peu mitigée, donc.

12/05/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 2/5
Couverture de la série Gato Montés
Gato Montés

Toujours dans le but d'en connaître davantage sur l'univers western, je quitte les sentiers battus pour trouver la couverture d'un premier tome qui m'a plu et je me décide à emprunter la série complète. C'est un flop. Le référencement bdthèque fut la motivation principale et je dois dire que le dessin ne m'était pas bloquant après un rapide coup d'oeil du premier volet... Sauf qu'il est malheureusement inégal, ce dessin. Ca n'est finalement pas trop mon goût. Ca a pris un coup de vieux, les femmes vues comme belles ne m'attirent pas du tout. Les couleurs sont trop ternes et certaines cases sont un peu trop fouillis. Je peux les parcourir sans difficulté malgré tout, par contre le travail rendu sur le tome 4 semble plutôt bâclé (la colorisation c'est la cata !). Est-ce qu'on peut se rattraper sur le scénario ? Pas pour moi. L'intrigue générale n'a pas déclenché grande émotion chez moi, le récit reste en surface et se trouve parfumé à l'eau de rose... A mes yeux, l'ensemble est niais, le héros est naïf, les péripéties sont anecdotiques... Pour preuve, j'ai pu parcourir les planches en mode accéléré sans avoir été perdu un seul moment sur les tenants et les aboutissants. Enfin, si les environnements foisonnants de l'Argentine et de la Corse ont pu me satisfaire de temps en temps, je n'irai jamais jusqu'à dire que j'ai pu profiter du voyage en parcourant les planches. L'épilogue est assez navrant. Voici une saga délébile dans ma mémoire, mais indélébile sur bdthèque... C'est toujours ça!

11/05/2021 (modifier)