Les derniers avis (185 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Dina et le millimonde
Dina et le millimonde

Venue passer les vacances chez sa grand-mère dans un petit village d'Italie, la jeune Dina se retrouve miniaturisée après avoir mangé une part de gâteau pour le moins mystérieuse. Cette transformation ne serait pas un cas isolé : elle a déjà touché une partie des habitants du village des années auparavant, dont le grand-père de Dina. Les survivants ont depuis fondé une petite civilisation secrète à leur échelle. Dina va devoir s'y intégrer à la fois pour survivre dans ce monde nouveau et pour percer le mystère à l'origine de cette situation. Il s'agit d'un récit d'aventure léger, destiné aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Le graphisme, signé Antonello Dalena (l'auteur de Ernest & Rebecca), affiche un trait très italien, proche de l'école Disney, avec des couleurs évoquant le travail de Barbara Canepa. Le style est vivant et moderne, pas toujours irréprochable dès que l'on s'éloigne des éléments les mieux maîtrisés par l'auteur, mais globalement efficace et agréable. Le principe et les décors miniaturisés évoqueront sans doute Arthur et les Minimoys ou encore Maman j'ai rétréci les gosses, mais l'album parvient à s'en détacher grâce à une touche personnelle et à un vrai sens de l'humour. Cela passe notamment par l'ambiance très italienne du séjour chez la grand-mère et par l'atmosphère du village portuaire. Cette longue introduction permet de s'attacher aux personnages et de s'imprégner du drame qui a frappé les villageois et la famille de l'héroïne. Une fois la transformation opérée, le récit devient plus rythmé et nettement plus orienté vers l'action. Cette partie accumule toutefois quelques facilités : un antagoniste un peu pénible que l'on espère voir rester secondaire, un jeu d'échelles très libre, et une notion du danger à géométrie variable. Tantôt les araignées deviennent gigantesques, tantôt les héros descendent sans difficulté d'une table, tantôt les distances semblent immenses, tantôt tout le monde se retrouve au même endroit comme par hasard. Si cette souplesse sert le rythme et l'efficacité de l'action (il s'agit après tout d'un divertissement jeunesse, pas d'un documentaire sur la survie d'humains miniaturisés), elle nuit aussi à la cohérence interne et empêche parfois une immersion totale. Le cliffhanger de fin de premier tome, par ailleurs, se voit venir de très loin. En résumé, j'ai beaucoup apprécié la mise en place et l'ambiance italienne du début, tandis que la partie action, une fois l'héroïne miniaturisée, m'a paru plus convenue et un peu moins convaincante. Cela reste toutefois un tome clairement introductif, qui pose des bases solides. Les ingrédients sont là pour proposer une suite bien plus aboutie : j'attends donc la suite pour me faire un avis définitif.

12/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Echo des jours brisés
L'Echo des jours brisés

1972, dans un village de Galice, un vieux vagabond se fait peu à peu adopter par la population après avoir sauvé un cochon en fuite. Affable et doué à la guitare, il suscite rapidement l'attachement des villageois, à l'exception de quelques notables guindés qui voient d'un mauvais oeil ce clochard trop souriant, ainsi que d'une bande de gamins qui lui reprochent d'avoir été hébergé temporairement dans l'endroit leur servant de cachette secrète. En s'y introduisant pour fouiller ses affaires, ils découvrent un revolver et des balles. Si ces objets appartiennent bien au vieil homme, celui-ci est incapable d'expliquer leur provenance : amnésique, il a totalement occulté son passé. Par bien des aspects, cette BD m'a fait penser à Magasin général de Tripp et Loisel. On y retrouve ce décor de petit village où tout le monde se connait et vit dans une relative harmonie, mais aussi une mise en scène et un graphisme proches, notamment dans le dessin des personnages et même dans les pages de garde représentant une vue globale du village. Il y a enfin ce même mélange entre chronique sociale et ancrage dans un cadre historico-géographique très marqué. À la différence près qu'il ne s'agit pas ici du Québec du début du XXe siècle, mais de l'Espagne des années 1970, encore engluée dans le franquisme et lourdement marquée par le souvenir de la guerre civile et des fractures qu'elle a laissées dans la société. Et, forcément, le mystère entourant ce vieillard est intimement lié à ce contexte. L'intrigue se révèle engageante et assez originale et, malgré un sujet sérieux, dégage un côté feel good agréable. Il y a quelques facilités, comme la rapidité avec laquelle le vieillard est adopté par la population juste parce qu'il a attrapé un cochon. Mais à côté de ça, le scénario ne se livre pas trop facilement et les personnages évitent d'être figés dans des archétypes trop attendus, ce qui est appréciable. Le dessin manque parfois d'aisance, mais reste agréable à suivre. On tient surtout une histoire solide, bien rythmée, qui fonctionne parfaitement en un seul album, sans sensation de longueur ni de frustration. Une lecture simple mais réussie.

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série 20th Century Boys
20th Century Boys

Oui on peut le dire, c'est une œuvre culte. Voilà un manga que j'ai croisé pendant 10 ans. J'ai aussi croisé des personnes qui me l'ont vivement recommandé. J'avais essayé de lire le 1er tome une première fois et je n'avais pas dépassé quelques chapitres. Idem des années plus tard. En général j'arrête là, tous les goûts sont dans la nature et nous n'avons parfois pas les mêmes, c'est la vie. Pourtant, je sentais que j'étais passé à côté de quelque chose, ce n'était pas une histoire de gout. Alors je suis allé à la médiathèque et j'ai pris les 5 premiers tomes. Et j'ai compris. A mon sens, en dehors des analyses des nombreux commentaires précédents, plus fins que ce que je peux bien écrire, il y a un cocktail génial : une intrigue addictive, très originale et une ambiance tout aussi particulière. L'ensemble construit un récit vraiment surprenant, dans son fondement et son déroulement. Presque déroutant parfois. Je rejoins d'ailleurs le commentaire d'Antoine en particulier. En plus de ça c'est mécaniquement un "page-turner" comme on dit. Côté dessin je serais un peu moins dithyrambique mais ils sont efficaces et plaisants. Un manga à lire !

12/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Sorcières (Igarashi)
Sorcières (Igarashi)

J'ai accroché, terriblement accroché ! D'abord à ce dessin à la fois génial et bancal. Un dessin qui peut se montré travaillé et parfois presque bâclé. Ca donne un sentiment d'un dessin un peu raide à la base mais très lâché, parfois trop. N'est pas Eiichiro Oda qui veut. Alors il arrive que certains piquent un peu les yeux… Cependant souvent on se prend à admirer les planches ou une case en particulier. Bref j'ai adoré, je suis allé regardé sur notre site bd préféré qu'est bdthèque ce que cet auteur avait publié d'autres. Je suis heureux de cette découverte Côté scénario les récits de sorcières sont originaux et je me suis facilement laissé emporté. Chaque récit est bien distinct dans son ambiance et ses décors. L'imaginaire déployé est réussi et souvent surprenant. La magie indicible de ces sorcières évite les clichés habituels avec une dimension mystique, parfois inquiétante, qui fonctionne très bien dans chacun des 2 tomes. A noter que le 1er récit est peut être le moins réussi (tant niveau dessin que scénario). Je vous recommande cette bd pour son graphisme et si vous aimez les récits (de sorcières) inspirants !

12/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Paul
Paul

Sans être un vrai fan, j'aime la musique des Beatles. Et en même temps, je connais peu leur oeuvre complète et encore moins bien leur biographie. Je ne connaissais notamment rien des circonstances de leur séparation, ni presque rien du parcours de Paul McCartney juste après celle-ci. C'est donc avec intérêt et curiosité que j'ai lu cet album. Et j'y ai trouvé ce qu'il me promettait, sans toutefois susciter davantage d'enthousiasme. On suit ainsi le parcours de Paul de 1969 à 1974, en commençant par les causes de la séparation, puis par le traumatisme psychologique que celle-ci représente pour lui, avant d'aborder la manière dont il remonte la pente en repartant de zéro, tant sur le plan du groupe que des expérimentations musicales. L'ensemble est mis en images dans un style très libre, aux couleurs légèrement psychédéliques, doté d'une jolie personnalité sans pour autant totalement me convaincre. Globalement, j'ai trouvé cette lecture instructive, d'autant plus que j'écoutais les dernières musiques des Beatles et celles de Wings en parallèle de ma lecture afin de me mettre davantage dans l'ambiance. Mais rien ne m'a vraiment emporté. J'en ressors avec encore un peu plus de sympathie pour un Paul McCartney que j'appréciais déjà, ainsi qu'un certain respect pour son parcours, mais l'album ne m'a pas véritablement touché.

12/01/2026 (modifier)
Par Mashiro
Note: 2/5
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Je n’ai pas l’habitude de lire de la science-fiction mais il est dur de résister à la lecture de Shangri-La tant le dessin est beau ! Shangri-La nous emporte dans un monde lointain où la Terre a été détruite et une partie de l’humanité a survécu sur une gigantesque station spatiale régie par une multinationale symbole du capitalisme le plus extrême. Le monde est régi par le travail et fait un peu penser au PCC. Différents héros trouvent certaines failles dans le système et cherchent tant bien que mal à se rebeller. La grande force de cet ouvrage c’est son dessin. Mathieu Bablet transcrit parfaitement la beauté de l’espace et sa grandeur. La taille de la BD permet de rendre compte d’autant plus de tous les détails du dessins, la multitude de traits qui fait de chaque page une œuvre d’art en tant que telle. J’aime également beaucoup les différentes palettes de couleurs qui sont vraiment bien utilisées. Je n’ai juste malheureusement pas accroché au scénario malgré quelques bonnes idées. Il y a une volonté de dénoncer le système capitaliste (avec une dictature chinoise poussant toujours à la consommation), le racisme (avec l’incarnation d’une nouvelle race animaux-humain qui se prend tous les maux du monde) et l’exploitation animale (avec des usines de chiens qui construisent des iPhones). Mais c’est toujours trop vulgairement amené, trop lourd, trop évident. Je n’ai pas aimé le manque de subtilité et la dénonciation trop facile avec des héros trop naïfs. À lire pour le dessin !

12/01/2026 (modifier)
Par Mashiro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen
Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen

Le Yémen est connu pour sa pauvreté, ses guerres et parfois aussi pour sa pratique dure de la religion. Cette bande dessinée nous offre une porte d’entrée unique à travers le destin de différentes femmes au Yémen. En 2012, Agnès Montanari part en photo-reportage au Yémen et rencontre Aïcha, une yéménite d’apparence comme les autres femmes, voilée de la tête au pied, et avec qui elle se lie soudainement d’amitié. Aïcha lui fait par la suite rencontrer d’autres femmes qui lui conteront leurs vies, leurs aspirations ainsi que les difficultés d’être une femme au Yémen, hier et aujourd’hui. De cela en découle une série de photos et de portraits (voilés) que l’on peut partiellement retrouver à la fin de l’ouvrage. Ugo Bertotti utilise l’ensemble de ces témoignages visuels et textuels pour nous raconter ces histoires de femme. J’ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage tant il est intéressant d’un point de vue historique et journalistique. C’est comme regarder une vidéo Youtube Arte mais en BD. L’histoire de Sabiha au début m’a également touché car elle est le symbole de l’absurdité des traditions, de l’oppression que peut représenter les questions d’honneur et de l’injustice qui repose derrière ce système patriarcale. Cette BD m’a beaucoup pensé au travail de Troubs avec sa BD sur le Turkménistan, à la fois dans le style, la narration, et les enchainements entre une certaine beauté de la vie qui finit toujours par être remis à sa place par un système rigide. Le monde d’Aïcha date de 2013. Soit une éternité dans l’histoire récente du Yémen dans laquelle, suite à la chute du président en 2012, le processus démocratique a échoué et s’en est suit une guerre meurtrière depuis 2014 avec de large mouvements de population, des famines, et de nombreuses pandémies ou autres malheurs. Nul doute que les faibles espoirs sur lesquels s’entrouvait la BD ont malheureusement été mis à mal par le contexte qui a suivi. Je recommande fortement cette première oeuvre de Bertotti qui ouvre les portes d’un pays méconnu et d’une culture à l’accès compliqué.

12/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Mangez-le si vous voulez
Mangez-le si vous voulez

Le héros, car vraiment, il n'est pas que le personnage principal, l'être humain le meilleur possible, respectueux de tous et se dévouant à tous ! Le héros lumineux est englouti par la foule lyncheuse. Quoi d'étonnant ? L'être humain a construit sa culture sur les lynchages, voir René Girard, lynchages qui permettent au groupe de surmonter les crises, ici la défaite de la France. Le récit ne peut pas faire mieux : il montre l'élément déclencheur et l'imitation réciproque de presque tous dans la violence. Il n'y a pas d'autre logique qu'on doive chercher, le phénomène s'explique, mais est très erratique, ce que montre bien la bd, pour le roman, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu. Mais ce que je sais c'est que c'est le différent qui est le lynché, en principe, et que notre héros est plus riche, et surtout meilleur que tous, s'avérant trop parfait pour qu'une envie qui ne s'avoue pas n'ait pas prospéré dans les cœurs. Le dessin parvient à d'exprimer l'individualité de chacun, et la perte de visage des protagonistes, les lyncheurs dont la figure atteint des sommets dans la haine, tandis que le corps et le visage du héros et victime s'abîment sous les coups. Chacun étant réduit à fauve et proie, il était dans l'ordre des choses que le malheureux soit mangé, si je trouve bien pires les tortures subies. Pauvre humain, comme tant, il a cru à l'être humain en vain, s'est retrouvé trahi, et toujours plus tourmenté par ses proches ! Qu'on ne dédouane pas la masse par l'élite, en l'occurrence, l'élite est le propriétaire terrien tué par la masse, et un maire qui se reclus chez lui, semble-t-il par indifférence. La masse est en autogestion de sa violence. Cependant que j'exprime la réalité du récit, je ne veux pas dire que la partie le plus nombreuse de la population est en général pire que l'élite : tout groupe devient masse stupide quand il lynche. Brassens dit qu'à plus de quatre, on est une bande de cons… Je dirais : pas toujours. Mais les bandes peuvent être très violentes ! Prudence donc.

11/01/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 2/5
Couverture de la série L'Empereur de Chine
L'Empereur de Chine

J’aime beaucoup ce dessin. C’est à mes yeux justement la simplicité des décors qui lui donnent cet aspect doux qui sied bien aux ambiances de contes. L’artiste alterne entre des plans différents et certaines cases sont en très gros plan avec parfois un peu de difficultés à saisir l’objet du dessin. La compréhension peut venir après avec la suite de l’histoire contée. Et nous avons ici deux contes. Autant j’ai saisi le premier sur cet empereur qui donne son nom à l’album, même si je l’ai trouvé un peu « facile » et prévisible. Il fut d’une lecture plutôt agréable. Autant le second m’est resté abscons. Que le cadre spatio-temporel soit flou est plutôt sympa dans le cadre d’un conte mais je n’ai pas saisi la finalité de l’action, j’ai l’impression qu’il y a eu des failles dans le récit que je n’ai pas pu combler. C’est simple, j’écris cet avis quelques jours après la lecture. Je me souviens bien de la trame du premier récit… et quasiment pas du second. Je sais que je prends de l’âge et que ma mémoire ne va pas en s’améliorant, mais quand même. Donc un peu déçue, malgré le côté graphique agréable.

11/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Day Men
Day Men

Le récit est construit autour de la lutte entre grandes familles de vampires, qui toutes utilisent pour leurs basses œuvres des humains, « D-Men », capables d’agir durant le jour, d’éliminer des concurrents, de « nettoyer » les scènes où eux ou leurs vampires d’employeurs ont commis quelques carnages. Le héros, David, est l’un de ces D Men, à la solde d’une des plus puissantes familles de vampires. Le mélange entre vampires et humains est relativement original ici, mais en fait le récit bascule assez vite dans un registre bien plus classique, puisque l’affrontement entre les familles de vampires, et les combats entre leurs hommes de main, les trafics divers, tout nous ramène à un univers de luttes mafieuses, auquel les vampires donnent une certaine originalité. Ce mélange fonctionne globalement plutôt bien, et permet au lecteur de passer outre le déjà-vu en matière de polar. Du coup ça se laisse lire, c’est assez rythmé, même si ça manque quand même de surprise (on découvre assez rapidement quel groupe complote en sous-main pour prendre le pouvoir en poussant les autres à s’entretuer). De même, j'ai trouvé que David avec sa canne était vraiment très fort face à une meute de types surarmés... Dessin et colorisation font le travail. Du comics classique – je n’en suis pas fan, mais ça passe bien (les visages sont un chouia trop « anguleux »). Je suis moins convaincu par les scènes de bagarre, en particulier le long combat occupant le dernier tiers du second tome. Note réelle 2,5/5. A découvrir à l’occasion. Plus qu’une série sur les vampires, une série mafieuse avec des vampires…

11/01/2026 (modifier)