Je pourrais recopier mon avis sur Villes et infrastructure. Ce manga de Kago au titre interminable se situe dans la même lignée avec de courtes histoires mêlant le gore et l'érotisme.
A réserver bien sûr à un public adulte et averti, qui ne serait pas rebuté par différentes tortures physiques, découpage d'orteils, ou autres parties du corps, démembrements etc. Contrairement à beaucoup de mangas, Kago représente aussi des sexes et des poils sans censure. Une minorité d'histoires est tellement absurde que je n'ai pas tout compris, je pense à celle sur des combattants surmontés d'hommes nus. Je mets "pas mal" car aucune histoire n'est particulièrement mémorable, même si l'auteur a une imagination débordante.
L'histoire qui donne son titre au recueil est autour d'une expérience d'un savant tordu qui vise à télescoper un garçon et une fille au coin d'une rue pour voir si une bonne synchronisation peut conduire au bisou, en vérité plutôt à un crash test sanglant...
Derrière cette couverture aux accents moebiusiens, ce livre contient plusieurs courtes histoires de David Sourdrille sans grand rapport avec la couverture ni le titre. Petit clin d'oeil de Robert Crumb en introduction, et là je me demande comment ça se fait que je n'ai jamais entendu parler de cet auteur avant... Bon il est vrai que seulement 3 albums chez un éditeur un brin confidentiel, ça n'aide pas à se faire un nom.
Pourtant cet album est très drôle, mettant en scène l'auteur dans des situations cocasses, voire oniriques quand il évolue dans des histoires barrées et se réveille à la fin dans une référence assumée à Winsor McCay. Les névroses sexuelles sont aussi présentes et là on comprend que Crumb aime cet auteur. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire parodiant Batman. Enfin son dessin ligne claire est très appréciable.
Poignant. Surtout quand on sait que c’est directement inspiré des souvenirs d’un gamin qui a vécu ces évènements.
On comprend que Gaël Faye ait choisi les auteurs de Marzi pour adapter son livre en BD. Le résultat est on ne peut plus réussi. Ce n’est pas seulement le regard de l’enfant sur la guerre, c’est ce qu’il vit au quotidien et les petites choses qui se passent et qui ne signifient pas grand-chose pour lui au début. Des disputes de gamins, des tensions dans le couple de ses parents, les informations qui lui parviennent mais lui passent un peu au-dessus de la tête… C’est normal, il pense à ses copains, à aller jouer…
Les auteurs ont très bien réussi, par ce biais, à faire monter la tension doucement. Le lecteur est pris dans cet engrenage.
On connaît tous ce qui s’est passé via les infos, du moins en théorie. Parce que, pour l’immense majorité d’entre nous, on ne l’a pas vécu ni rien d’approchant. Et cette bd arrive à nous happer et nous faire entrapercevoir ce que cette famille a pu vivre.
C’est poignant, c’est angoissant, c’est magnifique (peut-on employer ce mot en pareil cas?)
Et le graphisme y participe pleinement. Le dessin et beau, mais il ne prend pas le dessus et n’occulte pas l’histoire.
J’avais déjà lu Déogratias sur ce même conflit pour lequel j’avais eu un peu de mal avec le graphisme. Mais toute comparaison est inutile. Chaque témoignage est utile, essentiel même.
Coup de coeur pour celui-ci.
Hé bien contrairement à mes collègues, j'ai apprécié ce témoignage. Ce livre m'a été offert pour Noël et je l'ai ouvert sans aucune préparation. J'avais du lire vos avis mais je n'ai pas fait de lien.
Les premières pages m'ont séduites sur l'idée que raconter son parcours à une juge de l'OFPRA , c'est comme se transformer en une Shéhérazade qui doit captiver le roi Shariar et le tenir en haleine jusqu'au matin pour espérer rester en vie.
Et cette préparation de l'esprit associée à un dessin dépaysant qui peut émerveiller et déconcerter tour à tour, m'ont accompagnés et happés pendant ces 236 grandes pages en deux couleurs.
Bleu et blanc quand le héros Reza ( hazara Iranien venu d'Afghanistan) parle au scénariste.
Rouge et blanc quand il parle à la juge dont le buste est prolongé par une queue gigantesque hérissée de pattes.
Vert, noir et blanc quand on suit Reza dans son parcours, depuis l'enfance jusqu'à son arrivée à Paris.
Le mot hazara n'évoquait rien pour moi et je suis surprise que ce nouveau voyage en pays de dictature ait pu m'intéresser autant alors qu'on a déjà tant lu d'histoires absurdes et dramatiques où l'exclusion arbitraire se déploie sur plusieurs pays en s'acharnant sur des minorités... ( juives, tziganes, ouïgoures, arméniennes, ...hazara) Si bien que c'est la douleur qui devient l'identité de ces populations. Et comment retrouver une vie normale après ?
Reza Sahibdad nous raconte et raconte à la juge une histoire que nous puissions comprendre. Mais que comprenons nous de cette vie de paria, bien au chaud dans notre fauteuil ? Reza a les yeux un peu trop bridés pour vivre à Kaboul, un peu trop bridés pour vivre à Téhéran, il pourra vivre à Paris...mais sans les siens. Il reconstruit quelque chose sur ce terreau de craintes. Les autres, ceux qui sont restés, vivent à moitié.
Merci pour cette BD .
Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom.
Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !!
Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir.
C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages.
Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant.
0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre.
Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante.
Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance.
Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc).
Note réelle 2,5/5.
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art.
C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal.
J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques.
Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné.
En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique, sans réel suspense à mes yeux et trop précipité dans sa résolution.
Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
On a là un recueil d’histoires courtes inégales. Mais globalement la lecture est agréable, le plus souvent le sourire aux lèvres.
Sourdrille se met en scène, avec une bonne dose d’autodérision, dans un rôle de loser assez pathétique. Un dragueur, parfois obsédé, qui se prend quelques beaux râteaux ! Même si on sent rapidement qu’il ne va pas conclure, ou que la vie va lui réserver de sales surprises (même ses potes se foutent de lui lors de son enterrement !), la chute est souvent amusante.
Régulièrement reviennent des histoires durant lesquelles, suite à l’ingurgitation de nourriture malsaine, Sourdrille fait de sales rêves : on part ici vers quelque chose d’un peu plus loufoque et absurde.
Une lecture sympathique.
Qui aurait pu prédire que la suite de Vega des mêmes auteurs se serait présentée toujours chez le même éditeur mais sous un nom, un format et même une colorisation différente puisqu'à contrario du premier tome entièrement en couleurs, celui-ci est entièrement en noir et blanc.
On reprend presque le récit là où on pouvait rester sur sa faim à la conclusion assez ouverte de Vega et pour cause puisque les auteurs n'en avaient pas encore fini avec leur jouet nébuleux.
Difficile de raconter l'histoire sans spoiler celle d'origine mais les protagonistes sont différents même si on recroise quelques têtes secondaires de Vega. Il est toujours question d'un monde futuriste assez complexe où transhumance et frontières géographiques sont rebattues sous de nouvelles cartes. Dewi est une jeune fille aux origines particulières et qui est simplement en quête de son passé quitte à braver une nourrice robotique fort agressive et proche d'un Terminator à la sauce féminine.
Si les dessins de Legendre ont perdu leurs couleurs, ils conservent leur efficacité pour peu qu'on accroche à ce style si particulier mais qui donne toute ses lettres de noblesse à ce récit encore une fois bien trop court et frustrant et appelant de nouveau une suite avec de nouvelles particularités éditoriales et artistiques ? Avec Lehman tout est perdu et ne boudons pas le plaisir rencontré encore cette fois pour peu d'avoir accroché avec l'histoire initiale bien évidemment.
Impossible de passer à côté de ce bouquin.
Déjà c'est un bel objet qui attire l'oeil avec son effet eighties ringard métallique et ses couleurs criardes. Et puis c'est scénarisé par Serge Lehman qui n'a pas son pareil pour créer de nouveaux mondes et surtout des sensations différentes des titres sciencefictionnesques du catalogue Soleil ^^
Le style de Yann Legendre va avoir un effet repoussoir sur l'ensemble des lecteurs mais il est bien plus subtil que celà en créant des ambiances tour à tour anxiogènes, agressives mais également poétiques et apaisées. Quelques pleines pages valent largement le détour dans une ambiance purement psychédélique qui ne parlera qu'aux vieilles générations. Contre toute attente, cette histoire de complot futuriste pose pas mal de questions sur le deuil et la recherche d'une sérénité perdue dans un monde condamné par avance aussi bien par ses technologies toxiques que l'insécurité et l'instabilité politique.
Je rejoins l'avis précèdent sur le fait que l'auteur ne semble cette fois qu'effleurer son sujet. C'est effectivement bien le cas mais il le fait avec talent et l'envie d'en savoir davantage. La lecture se fait aisément et une fois l'oeil acclimaté au style graphique particulier, c'est une chouette histoire même si trop brève. Mais mon petit doigt me laisse supposer que Vega ne doit pas se lire comme un One Shot... ;)
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Une collision accidentelle sur le chemin de l'école peut-elle donner lieu à un baiser ?
Je pourrais recopier mon avis sur Villes et infrastructure. Ce manga de Kago au titre interminable se situe dans la même lignée avec de courtes histoires mêlant le gore et l'érotisme. A réserver bien sûr à un public adulte et averti, qui ne serait pas rebuté par différentes tortures physiques, découpage d'orteils, ou autres parties du corps, démembrements etc. Contrairement à beaucoup de mangas, Kago représente aussi des sexes et des poils sans censure. Une minorité d'histoires est tellement absurde que je n'ai pas tout compris, je pense à celle sur des combattants surmontés d'hommes nus. Je mets "pas mal" car aucune histoire n'est particulièrement mémorable, même si l'auteur a une imagination débordante. L'histoire qui donne son titre au recueil est autour d'une expérience d'un savant tordu qui vise à télescoper un garçon et une fille au coin d'une rue pour voir si une bonne synchronisation peut conduire au bisou, en vérité plutôt à un crash test sanglant...
Les Idoles malades
Derrière cette couverture aux accents moebiusiens, ce livre contient plusieurs courtes histoires de David Sourdrille sans grand rapport avec la couverture ni le titre. Petit clin d'oeil de Robert Crumb en introduction, et là je me demande comment ça se fait que je n'ai jamais entendu parler de cet auteur avant... Bon il est vrai que seulement 3 albums chez un éditeur un brin confidentiel, ça n'aide pas à se faire un nom. Pourtant cet album est très drôle, mettant en scène l'auteur dans des situations cocasses, voire oniriques quand il évolue dans des histoires barrées et se réveille à la fin dans une référence assumée à Winsor McCay. Les névroses sexuelles sont aussi présentes et là on comprend que Crumb aime cet auteur. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire parodiant Batman. Enfin son dessin ligne claire est très appréciable.
Petit pays
Poignant. Surtout quand on sait que c’est directement inspiré des souvenirs d’un gamin qui a vécu ces évènements. On comprend que Gaël Faye ait choisi les auteurs de Marzi pour adapter son livre en BD. Le résultat est on ne peut plus réussi. Ce n’est pas seulement le regard de l’enfant sur la guerre, c’est ce qu’il vit au quotidien et les petites choses qui se passent et qui ne signifient pas grand-chose pour lui au début. Des disputes de gamins, des tensions dans le couple de ses parents, les informations qui lui parviennent mais lui passent un peu au-dessus de la tête… C’est normal, il pense à ses copains, à aller jouer… Les auteurs ont très bien réussi, par ce biais, à faire monter la tension doucement. Le lecteur est pris dans cet engrenage. On connaît tous ce qui s’est passé via les infos, du moins en théorie. Parce que, pour l’immense majorité d’entre nous, on ne l’a pas vécu ni rien d’approchant. Et cette bd arrive à nous happer et nous faire entrapercevoir ce que cette famille a pu vivre. C’est poignant, c’est angoissant, c’est magnifique (peut-on employer ce mot en pareil cas?) Et le graphisme y participe pleinement. Le dessin et beau, mais il ne prend pas le dessus et n’occulte pas l’histoire. J’avais déjà lu Déogratias sur ce même conflit pour lequel j’avais eu un peu de mal avec le graphisme. Mais toute comparaison est inutile. Chaque témoignage est utile, essentiel même. Coup de coeur pour celui-ci.
Hazara Blues
Hé bien contrairement à mes collègues, j'ai apprécié ce témoignage. Ce livre m'a été offert pour Noël et je l'ai ouvert sans aucune préparation. J'avais du lire vos avis mais je n'ai pas fait de lien. Les premières pages m'ont séduites sur l'idée que raconter son parcours à une juge de l'OFPRA , c'est comme se transformer en une Shéhérazade qui doit captiver le roi Shariar et le tenir en haleine jusqu'au matin pour espérer rester en vie. Et cette préparation de l'esprit associée à un dessin dépaysant qui peut émerveiller et déconcerter tour à tour, m'ont accompagnés et happés pendant ces 236 grandes pages en deux couleurs. Bleu et blanc quand le héros Reza ( hazara Iranien venu d'Afghanistan) parle au scénariste. Rouge et blanc quand il parle à la juge dont le buste est prolongé par une queue gigantesque hérissée de pattes. Vert, noir et blanc quand on suit Reza dans son parcours, depuis l'enfance jusqu'à son arrivée à Paris. Le mot hazara n'évoquait rien pour moi et je suis surprise que ce nouveau voyage en pays de dictature ait pu m'intéresser autant alors qu'on a déjà tant lu d'histoires absurdes et dramatiques où l'exclusion arbitraire se déploie sur plusieurs pays en s'acharnant sur des minorités... ( juives, tziganes, ouïgoures, arméniennes, ...hazara) Si bien que c'est la douleur qui devient l'identité de ces populations. Et comment retrouver une vie normale après ? Reza Sahibdad nous raconte et raconte à la juge une histoire que nous puissions comprendre. Mais que comprenons nous de cette vie de paria, bien au chaud dans notre fauteuil ? Reza a les yeux un peu trop bridés pour vivre à Kaboul, un peu trop bridés pour vivre à Téhéran, il pourra vivre à Paris...mais sans les siens. Il reconstruit quelque chose sur ce terreau de craintes. Les autres, ceux qui sont restés, vivent à moitié. Merci pour cette BD .
Knight club
Un avis rapide pour conforter la bonne impression de mes prédécesseurs, je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais là rien a dire. Emporté le Tom. Ne cherchez pas une once d’originalité dans le récit, hormis le contexte des croisades, l’auteur nous sort un classique 7 mercenaires (ou samouraïs), un groupe hétérogène qui bon gré, mal gré vont se retrouver à protéger un village. Ouah on a jamais vu ça !! Un canevas classique et éprouvé mais sublimé par l’auteur. Pas tant le dessin qui reste conforme à ce que l’on a déjà pu voir de lui, ça sent grave la palette graphique (un style dont je ne raffole pas particulièrement) mais archi fluide et bien typé dans ses personnages, on avale les quasi 200 pages sans s’en apercevoir. C’est le rythme et le ton donnés par l’auteur qui ont marché du tonnerre sur moi, j’ai eu le smile durant toute ma lecture. Alors c’est sûr, il ne faut pas être allergique à un phrasé différent de l’époque dépeinte, les dialogues sont frais, modernes comme la « bêtise » de chaque personnages. Ça paraît simple mais (pour paraphraser Ro) un rendu très abouti et particulièrement plaisant. 0 reproche si ce n’est que ça va être maintenant bien long avant de découvrir la suite, on en redemande tellement en quittant l’album.
Pour une nuit - Fantasmes au féminin
Rien d’extraordinaire, mais un album qui plaira aux amateurs ne recherchant pas forcément la surprise. Ici, après un avant-propos rappelant les principaux fantasmes féminins selon des sondages (si en plus c’est une lecture sociologique !), nous entrons de plain-pied dans une histoire qui va en illustrer un certain nombre. Une jeune femme rencontre un jeune homme dans le train qui les ramène à Paris, il la drague, elle minaude et résiste, puis le rejoint dans sa suite d’hôtel. La suite est une nuit d’orgie durant laquelle elle va assouvir ses fantasmes – et ceux de l’homme, jusqu’à une chute un chouia surprenante. Une fois le scénario mis en place, les scènes de sexe s’enchainent – souvent émoustillantes il faut dire – sans que l’intrigue ait une réelle importance. Le dessin est bon, précis, agréable pour les scènes de cul (je regrette juste des visages un petit peu trop « manga », et une colorisation informatique qui n’est pas mon truc). Note réelle 2,5/5.
Blacksad Stories
On ne présente plus Blacksad, une série qui a su s’imposer, dès son 1er tome, dans le paysage de tous amateurs du 9eme art. C’est très naturellement (et sans but mercantile nn nn ;) qu’un dérivé de l’univers voit le jour. Blacksad Stories (si j’ai bien tout compris) s’attachera à un personnage secondaire le temps d’un album. Weekly, notre journaliste fouineur et malodorant, ouvre logiquement le bal. J’avoue que j’ai gentiment snobé l’album à sa sortie mais j’étais tout content de le trouver déjà dans les rayons d’une de mes médiathèques. Si j’ai bien aimé ma lecture, je serai plus avare que Ro dans ma note. L’album est pro mais il m’a manqué un truc pour arriver à la hauteur de son aîné. En fait mes attentes se sont inversés en cours de lecture. Alors que je m’attendais à être déçu par la partie graphique, je l’ai finalement trouvée très réussie, on atteint pas les sommets du travail de Guardino mais ça reste du superbe boulot. La narration, couleurs et un trait plus cartoon assurent la comparaison. Autre registre mais en tout cas, j’ai plutôt été agréablement surpris sur ce point. Malheureusement ça n’a pas été le même cas pour le scénario, je ne saurai trop dire où ça pêche vraiment, les ingrédients sont là mais l’alchimie m’est apparue bien neutre. Si j’ai aimé l’origine story de notre héros (un peu téléphoné quand même), j’ai été moins convaincu par le côté polar, enquête, coupable, motivation … un rien classique, sans réel suspense à mes yeux et trop précipité dans sa résolution. Rien de honteux, je reste bien curieux de suivre un autre récit dans l’univers. Même dessinateur ? Quel personnage ? Mais je me contenterai personnellement d’un emprunt.
Mesdames
On a là un recueil d’histoires courtes inégales. Mais globalement la lecture est agréable, le plus souvent le sourire aux lèvres. Sourdrille se met en scène, avec une bonne dose d’autodérision, dans un rôle de loser assez pathétique. Un dragueur, parfois obsédé, qui se prend quelques beaux râteaux ! Même si on sent rapidement qu’il ne va pas conclure, ou que la vie va lui réserver de sales surprises (même ses potes se foutent de lui lors de son enterrement !), la chute est souvent amusante. Régulièrement reviennent des histoires durant lesquelles, suite à l’ingurgitation de nourriture malsaine, Sourdrille fait de sales rêves : on part ici vers quelque chose d’un peu plus loufoque et absurde. Une lecture sympathique.
Dewi et ses soeurs
Qui aurait pu prédire que la suite de Vega des mêmes auteurs se serait présentée toujours chez le même éditeur mais sous un nom, un format et même une colorisation différente puisqu'à contrario du premier tome entièrement en couleurs, celui-ci est entièrement en noir et blanc. On reprend presque le récit là où on pouvait rester sur sa faim à la conclusion assez ouverte de Vega et pour cause puisque les auteurs n'en avaient pas encore fini avec leur jouet nébuleux. Difficile de raconter l'histoire sans spoiler celle d'origine mais les protagonistes sont différents même si on recroise quelques têtes secondaires de Vega. Il est toujours question d'un monde futuriste assez complexe où transhumance et frontières géographiques sont rebattues sous de nouvelles cartes. Dewi est une jeune fille aux origines particulières et qui est simplement en quête de son passé quitte à braver une nourrice robotique fort agressive et proche d'un Terminator à la sauce féminine. Si les dessins de Legendre ont perdu leurs couleurs, ils conservent leur efficacité pour peu qu'on accroche à ce style si particulier mais qui donne toute ses lettres de noblesse à ce récit encore une fois bien trop court et frustrant et appelant de nouveau une suite avec de nouvelles particularités éditoriales et artistiques ? Avec Lehman tout est perdu et ne boudons pas le plaisir rencontré encore cette fois pour peu d'avoir accroché avec l'histoire initiale bien évidemment.
Vega
Impossible de passer à côté de ce bouquin. Déjà c'est un bel objet qui attire l'oeil avec son effet eighties ringard métallique et ses couleurs criardes. Et puis c'est scénarisé par Serge Lehman qui n'a pas son pareil pour créer de nouveaux mondes et surtout des sensations différentes des titres sciencefictionnesques du catalogue Soleil ^^ Le style de Yann Legendre va avoir un effet repoussoir sur l'ensemble des lecteurs mais il est bien plus subtil que celà en créant des ambiances tour à tour anxiogènes, agressives mais également poétiques et apaisées. Quelques pleines pages valent largement le détour dans une ambiance purement psychédélique qui ne parlera qu'aux vieilles générations. Contre toute attente, cette histoire de complot futuriste pose pas mal de questions sur le deuil et la recherche d'une sérénité perdue dans un monde condamné par avance aussi bien par ses technologies toxiques que l'insécurité et l'instabilité politique. Je rejoins l'avis précèdent sur le fait que l'auteur ne semble cette fois qu'effleurer son sujet. C'est effectivement bien le cas mais il le fait avec talent et l'envie d'en savoir davantage. La lecture se fait aisément et une fois l'oeil acclimaté au style graphique particulier, c'est une chouette histoire même si trop brève. Mais mon petit doigt me laisse supposer que Vega ne doit pas se lire comme un One Shot... ;)