Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier.
On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc.
La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.
Autant je pouvais reprocher à mes lectures précédentes de McNaught une certain vide, un goût de trop peu, ici avec Hors scène il déroule une véritable intéressante histoire sur le fond avec des dialogues plus fournis. Sur la forme on retrouve sa manie des petites cases carrées, du silence et de l'observation des petits détails. C'est un album de grand format chez Dargaud qui laisse le loisir de détailler ses dessins. Le trait de certains personnages m'a rappelé le style de Sattouf avec les Cahiers d'Esther.
Le scénario pose quant à lui des vrais personnages, des jeunes qui doivent monter une pièce de théâtre au collège. On sent le malaise, les non-dits, les moqueries d'enfants qui grandissent. David est le personnage principal, aussi dans la pièce car il joue le lion. Il est plutôt réservé, ce n'est pas la star de la classe. On sent sa minutie dans la création de son costume. Tout cela est très subtil et bien vu de la part de l'auteur.
Je n’aurais probablement jamais acheté cet album de moi-même. merci à Paco de me l’avoir prêté car effectivement cet album est une claque ! On sait tous que les logiciels espions existent, mais les voir décortiqués à ce point, avec une telle précision, ça fait flipper. Le scénario plonge dans les rouages de la surveillance de masse, et le niveau de détail dans le décryptage des affaires est impressionnant – presque trop réaliste.
Visuellement, c’est une réussite totale. La colorisation, en particulier, sert parfaitement l’ambiance : des tons froids, des contrastes saisissants, et une esthétique qui rappelle les documentaires d’investigation. On a vraiment l’impression de lire un reportage, pas une fiction. Chaque case est travaillée pour renforcer l’immersion et l’angoisse sourde qui monte page après page.
Bref, une BD indispensable pour comprendre (et craindre) l’ère numérique dans laquelle on vit. À lire d’urgence, même si on en ressort avec l’envie de jeter son smartphone ! En tout cas j ai modifié les paramètres de mon iPhone ! Merci Paco pour cette belle découverte.
Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD.
Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus.
Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série.
Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette.
Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique.
A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois.
Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".
Une bande d'enfants essaie de retrouver le cadavre d'une camarade de classe qui a disparu il y a quelques années et évidemment leur enquête va attirer l'attention d'adultes malintentionnés.
L'idée de départ est pas trop mal et il y a un vrai suspens, alors que tout ce qui semblait simple au début est en fait plus complexe qu'il n'y parait. J'ai été surpris par quelques révélations. Cela dit, même si la lecture de cette courte série a été agréable, il y a quand même quelques défauts. Les personnages sont un peu trop stéréotypés, notamment la bande de gamin qui semble sortir de ces nombreux films pour enfants que je regardais gamin et dont chaque personnage semblait sortir d'un cahier des charges: le chef de la bande, l'intello très bon en informatique, le gros qui aime bien la bouffe (heureusement ce trait de caractère n'est pas trop appuyé) et l'unique fille qui est bien sûr un garçon manqué. Il manque juste le Noir de service !
Comme souvent dans ce type de récit policier il y a quelques facilités dans le scénario et malheureusement on finit par tomber dans la surenchère que craignait Mac Arthur. Dans le dernier tome, j'ai fini par décrocher un peu. Le Japon étant un pays très corrompu, j'accepte sans problème qu'une famille très puissante peut faire ce qu'elle veut grâce à ses puissants contacts, mais là, qu'un des gros méchants ne soit pas capable de tuer ne serait-ce qu'un personnage du camp des gentils alors qu'il est excellent tireur, ben désolé ça me fait un peu débarquer de l'histoire.
Cela reste tout de même une série à lire si on est amateur de mangas thriller, surtout que celui-ci ne dure pas des dizaines de tomes, mais je conseillerais surtout un emprunt parce que je ne pense pas la relire un jour.
Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi.
La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux).
Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.
L’univers et l’ambiance m’ont vraiment immergé dans un Far West rude et sans pitié. On est loin du cliché du cowboy héroïque : ici, l’Ouest américain de 1874 est violent, sale et dangereux, où les habitants, notamment les femmes, doivent se battre juste pour survivre.
J’ai trouvé intéressant que les protagonistes principaux soient trois femmes fortes (Marian, Elfie et Mattie), ce qui donne un vrai souffle narratif différent des westerns classiques centrés sur des hommes. Cela apporte de la modernité dans un récit de genre.
Le dessin de Chris Regnault m’a plu : il est efficace, nerveux et parfois très cinématographique, avec des planches qui rappellent les grands classiques du western à l’écran.
Côté scénario, j’ai ressenti des points forts et des limites. L’histoire va un peu trop vite et ne développe pas toujours tous les enjeux ou relations entre les personnages. Pour moi, cela reste classique, mais très efficace.
Leave Them Alone est une BD western bien construite, avec une atmosphère lourde et immersive, des personnages féminins intéressants et un dessin solide.
Une série vraiment sympathique ! Décidément, Trondheim arrive à nous proposer des choses intéressantes dans des univers et des genres très différents.
Ici, j’ai trouvé la lecture très plaisante, amusante, dynamique. Tous les personnages sont bien construits, Trondheim nous propose des personnages « ordinaires » et crédibles, aucun protagoniste n’est monolithique, parfait. Mention spéciale à Maggy Garrisson, femmes certes ordinaires – physiquement, socialement – mais qui se révèle pleine de peps et d’imagination. Une femme pleine d’à propos, usant de tout ce qui est à sa portée pour « s’en sortir » et gratter par tous les moyens un peu de fric.
Du coup, on s’attache facilement au récit (les dialogues sont vraiment réussis), aux personnages, et surtout à cette Maggy, qui n’est ni la bombasse habituelle des polars classiques, ni une belle perdante à la Ken Loach : un très beau personnage en tout cas créé là par Trondheim.
Note réelle 3,5/5.
Lu " OFF " sur les conseils de mon libraire.
Alors, c'est bien, le dessin agréable et le découpage maîtrisé montrent le savoir-faire des auteurs, mais je ne suis pas tout à fait convaincu.
Le premier tiers d'OFF est très prenant, les rebondissements s'accumulent, un passage ou deux sont même plutôt émouvants, l'histoire est construite sous la forme d'un récit choral avec des chapitres en fonction des principaux personnages, c'est nerveux (cette histoire avait été conçue au départ pour être une série TV et ce n'est pas étonnant), mais la suite prend des allures de blockbuster ou devient en tout cas plus convenue. La partie avec le politique excité prêt à agiter les foules et à déclencher une guerre civile pour servir ses ambitions est répétitive et prévisible, partie très similaire à " La fièvre" , série écrite par Eric Benzekri, mais qui était déjà dans l'écriture bien en deçà de l'excellent " Baron noir ". On a l'impression que la suite a été faite pour plaire à un public le plus large possible, mais à force, l'histoire devient moins intéressante. Le récit choral ne tient finalement plus toutes ses promesses car les liens entre les personnages ne sont pas forcément bien tissés, les relations manquent de cohérence et de vraisemblance je trouve pour nous embarquer totalement (le flash-back dans son propos et sa construction est plutôt lourd et cousu de fil blanc et on a du mal à croire à la trajectoire du principal antagoniste), il y a aussi quelques petites ellipses un peu brutales, rien de bien méchant, mais qui m'ont un peu fait tiquer à la lecture, le dernier tiers surtout ressemble trop à des choses déjà vues et le sort des personnages ne m'a finalement pas beaucoup touché malgré le début accrocheur, peut-être parce que dans ce dernier tiers, il y a des sauts, une accélération de l'intrigue alors que le début prenait son temps pour installer les enjeux et les personnages. Certaines scènes sont à l'inverse trop démonstratives (notamment la scène de l'automobiliste et du lingot...).
Cela reste un album globalement prenant, à la manière de certaines séries efficaces que l'on regarde quand même de façon compulsive jusqu'à la fin mais qu'on oublie aussitôt ou presque dès qu'on a appuyé sur " off "...
Mais si vous avez envie d'un livre nerveux à la pagination conséquente, à l'action fluide, au graphisme soigné, qui rappelle encore une fois ce que deviendraient rapidement nos sociétés, privées des énergies que nous consommons au quotidien sans y réfléchir, vous passerez sans doute un (très) bon moment.
Pour ma part, il m'a manqué peut-être l'âme des ouvrages précédents de Renard. Et surtout, Aujourd'hui est un beau jour pour mourir de Colo, un peu moins lisse, moins prévisible, était déjà passé par là bien avant.
Note réelle : 3,5 / 5.
Une saga de fantasy nordique que j'ai trouvé distrayante sans être non plus mémorable.
Premier bémol au niveau du récit : pour une saga nordique, on s'attend à quelques scènes épiques mais c'est rarement le cas. On tourne plutôt autour d'une dualité intrigues/romance.
Deuxième bémol : aucun personnage n'est suffisamment original. Valgar est un ersatz de Thorgal, les autres personnages secondaires sont des archétypes vu cent fois ailleurs. Quand l'archère rousse fait son entrée en scène, on sourit jaune.
Le dessin d'Aouamri est talentueux mais un peu trop informatisé par endroits. Les scènes d'action ne sont pas transcendantes visuellement.
Au final cette saga nordique est tout de même un peu paresseuse, on a vu Dufaux faire beaucoup mieux.
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Ukraine
Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier. On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc. La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.
Hors scène
Autant je pouvais reprocher à mes lectures précédentes de McNaught une certain vide, un goût de trop peu, ici avec Hors scène il déroule une véritable intéressante histoire sur le fond avec des dialogues plus fournis. Sur la forme on retrouve sa manie des petites cases carrées, du silence et de l'observation des petits détails. C'est un album de grand format chez Dargaud qui laisse le loisir de détailler ses dessins. Le trait de certains personnages m'a rappelé le style de Sattouf avec les Cahiers d'Esther. Le scénario pose quant à lui des vrais personnages, des jeunes qui doivent monter une pièce de théâtre au collège. On sent le malaise, les non-dits, les moqueries d'enfants qui grandissent. David est le personnage principal, aussi dans la pièce car il joue le lion. Il est plutôt réservé, ce n'est pas la star de la classe. On sent sa minutie dans la création de son costume. Tout cela est très subtil et bien vu de la part de l'auteur.
Hypersurveillance - Enquête sur les nouveaux outils de surveillance
Je n’aurais probablement jamais acheté cet album de moi-même. merci à Paco de me l’avoir prêté car effectivement cet album est une claque ! On sait tous que les logiciels espions existent, mais les voir décortiqués à ce point, avec une telle précision, ça fait flipper. Le scénario plonge dans les rouages de la surveillance de masse, et le niveau de détail dans le décryptage des affaires est impressionnant – presque trop réaliste. Visuellement, c’est une réussite totale. La colorisation, en particulier, sert parfaitement l’ambiance : des tons froids, des contrastes saisissants, et une esthétique qui rappelle les documentaires d’investigation. On a vraiment l’impression de lire un reportage, pas une fiction. Chaque case est travaillée pour renforcer l’immersion et l’angoisse sourde qui monte page après page. Bref, une BD indispensable pour comprendre (et craindre) l’ère numérique dans laquelle on vit. À lire d’urgence, même si on en ressort avec l’envie de jeter son smartphone ! En tout cas j ai modifié les paramètres de mon iPhone ! Merci Paco pour cette belle découverte.
Yojimbot
Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD. Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus. Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série. Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette. Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique. A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois. Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".
Chasse au cadavre
Une bande d'enfants essaie de retrouver le cadavre d'une camarade de classe qui a disparu il y a quelques années et évidemment leur enquête va attirer l'attention d'adultes malintentionnés. L'idée de départ est pas trop mal et il y a un vrai suspens, alors que tout ce qui semblait simple au début est en fait plus complexe qu'il n'y parait. J'ai été surpris par quelques révélations. Cela dit, même si la lecture de cette courte série a été agréable, il y a quand même quelques défauts. Les personnages sont un peu trop stéréotypés, notamment la bande de gamin qui semble sortir de ces nombreux films pour enfants que je regardais gamin et dont chaque personnage semblait sortir d'un cahier des charges: le chef de la bande, l'intello très bon en informatique, le gros qui aime bien la bouffe (heureusement ce trait de caractère n'est pas trop appuyé) et l'unique fille qui est bien sûr un garçon manqué. Il manque juste le Noir de service ! Comme souvent dans ce type de récit policier il y a quelques facilités dans le scénario et malheureusement on finit par tomber dans la surenchère que craignait Mac Arthur. Dans le dernier tome, j'ai fini par décrocher un peu. Le Japon étant un pays très corrompu, j'accepte sans problème qu'une famille très puissante peut faire ce qu'elle veut grâce à ses puissants contacts, mais là, qu'un des gros méchants ne soit pas capable de tuer ne serait-ce qu'un personnage du camp des gentils alors qu'il est excellent tireur, ben désolé ça me fait un peu débarquer de l'histoire. Cela reste tout de même une série à lire si on est amateur de mangas thriller, surtout que celui-ci ne dure pas des dizaines de tomes, mais je conseillerais surtout un emprunt parce que je ne pense pas la relire un jour.
La Vie sans portable
Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi. La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux). Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.
Leave them alone
L’univers et l’ambiance m’ont vraiment immergé dans un Far West rude et sans pitié. On est loin du cliché du cowboy héroïque : ici, l’Ouest américain de 1874 est violent, sale et dangereux, où les habitants, notamment les femmes, doivent se battre juste pour survivre. J’ai trouvé intéressant que les protagonistes principaux soient trois femmes fortes (Marian, Elfie et Mattie), ce qui donne un vrai souffle narratif différent des westerns classiques centrés sur des hommes. Cela apporte de la modernité dans un récit de genre. Le dessin de Chris Regnault m’a plu : il est efficace, nerveux et parfois très cinématographique, avec des planches qui rappellent les grands classiques du western à l’écran. Côté scénario, j’ai ressenti des points forts et des limites. L’histoire va un peu trop vite et ne développe pas toujours tous les enjeux ou relations entre les personnages. Pour moi, cela reste classique, mais très efficace. Leave Them Alone est une BD western bien construite, avec une atmosphère lourde et immersive, des personnages féminins intéressants et un dessin solide.
Maggy Garrisson
Une série vraiment sympathique ! Décidément, Trondheim arrive à nous proposer des choses intéressantes dans des univers et des genres très différents. Ici, j’ai trouvé la lecture très plaisante, amusante, dynamique. Tous les personnages sont bien construits, Trondheim nous propose des personnages « ordinaires » et crédibles, aucun protagoniste n’est monolithique, parfait. Mention spéciale à Maggy Garrisson, femmes certes ordinaires – physiquement, socialement – mais qui se révèle pleine de peps et d’imagination. Une femme pleine d’à propos, usant de tout ce qui est à sa portée pour « s’en sortir » et gratter par tous les moyens un peu de fric. Du coup, on s’attache facilement au récit (les dialogues sont vraiment réussis), aux personnages, et surtout à cette Maggy, qui n’est ni la bombasse habituelle des polars classiques, ni une belle perdante à la Ken Loach : un très beau personnage en tout cas créé là par Trondheim. Note réelle 3,5/5.
Off
Lu " OFF " sur les conseils de mon libraire. Alors, c'est bien, le dessin agréable et le découpage maîtrisé montrent le savoir-faire des auteurs, mais je ne suis pas tout à fait convaincu. Le premier tiers d'OFF est très prenant, les rebondissements s'accumulent, un passage ou deux sont même plutôt émouvants, l'histoire est construite sous la forme d'un récit choral avec des chapitres en fonction des principaux personnages, c'est nerveux (cette histoire avait été conçue au départ pour être une série TV et ce n'est pas étonnant), mais la suite prend des allures de blockbuster ou devient en tout cas plus convenue. La partie avec le politique excité prêt à agiter les foules et à déclencher une guerre civile pour servir ses ambitions est répétitive et prévisible, partie très similaire à " La fièvre" , série écrite par Eric Benzekri, mais qui était déjà dans l'écriture bien en deçà de l'excellent " Baron noir ". On a l'impression que la suite a été faite pour plaire à un public le plus large possible, mais à force, l'histoire devient moins intéressante. Le récit choral ne tient finalement plus toutes ses promesses car les liens entre les personnages ne sont pas forcément bien tissés, les relations manquent de cohérence et de vraisemblance je trouve pour nous embarquer totalement (le flash-back dans son propos et sa construction est plutôt lourd et cousu de fil blanc et on a du mal à croire à la trajectoire du principal antagoniste), il y a aussi quelques petites ellipses un peu brutales, rien de bien méchant, mais qui m'ont un peu fait tiquer à la lecture, le dernier tiers surtout ressemble trop à des choses déjà vues et le sort des personnages ne m'a finalement pas beaucoup touché malgré le début accrocheur, peut-être parce que dans ce dernier tiers, il y a des sauts, une accélération de l'intrigue alors que le début prenait son temps pour installer les enjeux et les personnages. Certaines scènes sont à l'inverse trop démonstratives (notamment la scène de l'automobiliste et du lingot...). Cela reste un album globalement prenant, à la manière de certaines séries efficaces que l'on regarde quand même de façon compulsive jusqu'à la fin mais qu'on oublie aussitôt ou presque dès qu'on a appuyé sur " off "... Mais si vous avez envie d'un livre nerveux à la pagination conséquente, à l'action fluide, au graphisme soigné, qui rappelle encore une fois ce que deviendraient rapidement nos sociétés, privées des énergies que nous consommons au quotidien sans y réfléchir, vous passerez sans doute un (très) bon moment. Pour ma part, il m'a manqué peut-être l'âme des ouvrages précédents de Renard. Et surtout, Aujourd'hui est un beau jour pour mourir de Colo, un peu moins lisse, moins prévisible, était déjà passé par là bien avant. Note réelle : 3,5 / 5.
Saga Valta
Une saga de fantasy nordique que j'ai trouvé distrayante sans être non plus mémorable. Premier bémol au niveau du récit : pour une saga nordique, on s'attend à quelques scènes épiques mais c'est rarement le cas. On tourne plutôt autour d'une dualité intrigues/romance. Deuxième bémol : aucun personnage n'est suffisamment original. Valgar est un ersatz de Thorgal, les autres personnages secondaires sont des archétypes vu cent fois ailleurs. Quand l'archère rousse fait son entrée en scène, on sourit jaune. Le dessin d'Aouamri est talentueux mais un peu trop informatisé par endroits. Les scènes d'action ne sont pas transcendantes visuellement. Au final cette saga nordique est tout de même un peu paresseuse, on a vu Dufaux faire beaucoup mieux.