Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi.
C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas.
Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné.
Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène.
Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré.
Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim.
J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin.
Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.
Ah le football, sport universel par excellence, vraie religion pour ses aficionados, symbole de tous les excès et dérives de notre société mettant en exergue l'égoïsme de ses acteurs pour ses détracteurs. Toujours est il que c'est un sujet qui laisse rarement indifférent, même si on ne s'y intéresse pas.
Mais pour ma part c'est un sujet qui m'intéresse et auquel je prête toujours une oreille attentive. Du coup "Un dernier tour de terrain" se retrouva rapidement dans ma PAL et lorsque l'occasion de me le procurer se présenta, tel Kylian Mbappé je ne l'a manqua pas.
Et c'est sans aucun mal que le duo (d'attaque) espagnol au commande du scénario su capter mon attention et me captiver autant qu'un match du Real Madrid et ce pour plusieurs raisons :
- La première est le choix de leur héros, tout du moins sa fonction. Dans le microcosme du ballon rond ( et bientôt dans celui de l'ovalie) le métier d'agent est celui qui cristallise le plus les critiques et les dérives du foot business. Toujours plus de transferts pour plus de pognon. Dans le foot, comme dans bien d'autres sports tout va vite, très vite, trop vite. Aussi l'histoire de Beni et Fali est touchante car profondément humaine. Leur relation a su aller au delà du professionnel. Ils ne se sont jamais quittés malgré les difficultés rencontrées. Et, alors que je désespère de voir ce que mon sport est devenu, j'ai l'ai trouvé sincèrement rafraichissante.
- La seconde est que le scénario a su suivre l'évolution du foot, de ses acteurs et de son business. S'il dresse un portrait sans concession du football d'aujourd'hui rempli d'égo et de paraitre, il ne se veut pas pour autant moralisateur. On ne sent pas le c'était mieux avant. On est juste dans le constat de l'évolution pas seulement du sport mais de la société globalement.
Puis pour ne rien gâcher je suis assez fan du dessin tout en rondeur, presque enfantin. J'ai trouvé les traits des différents protagonistes assez pertinents.
Au final cela donne une chouette BD, qui plaira certainement plus aux fans de ballons ronds qu'aux autres mais qui se laisse lire avec plaisir.
Note réelle 3.5
Vraiment une belle œuvre que j'ai eu la chance de trouver par hasard à la Bibliothèque sans en avoir entendu parler avant, loin de la frustration de gens attendant la fin alors que coincés au milieu du gué ! Est-ce que cela me console d'oeuvres que j'aimerais lire depuis des années et sur lesquelles je n'ai pas mis la main ?
Bref, je n'ai rien à reprocher à Fleur de Pierre, j'en préfère seulement d'autres comme Ikkyu …. J'aime l'originalité de parler d'un passé méconnu, les dessins, les personnages, tout.
Qu'est-ce qu'on deviendrait sans le Japon pour poser un regard perçant mais non dénué d'empathie sur nous, en bande dessinée ? Je me le demande. J'admire d'autant plus les résistants qu'ils étaient confrontés non seulement au danger et à des divergences classiques type droite et gauche mais de sévères divisions ethniques.
L'insouciance de la jeunesse perce parfois, mais on sent que le danger se tapit partout, toujours inattendu, ce qui est à la fois une réussite dramatique et le reflet de la réalité. Bien sûr, les personnages se connaissent, mais c'est parce que la fiction doit tisser un monde, où tout se tient, et en plus il faut aller vite quand on ne peut pas prendre son temps comme dans un roman qui n'est pas basé sur le rythme.
J'ai lu ce pavé aux dessins de valeur mais qui ne me plaisent pas grâce à la Bibliothèque. Tant mieux, le récit m'a captivé ! On se dit que pour avoir résisté à la misère et à l'emprisonnement, les émigrants vont tout surmonter ! La misère est épouvantable, les peines pour délit démesurées, et on éloigne des gens ayant purgé leur peine. Pourtant, nul n'est caricaturé, on voit ainsi un Anglais aisé pas content d'avoir été volé, et encore plus mécontent, et surtout surpris par le fait que son jeune voleur aille pour cela en prison. Allez savoir pourquoi j'ai retenu cette anecdote plutôt qu'une autre…. Peut-être parce que tous les protagonistes sauf quelques méchants me semblent mécontents du rôle qui leur est dévolu sans savoir quoi faire pour défendre leurs intérêts sans trop nuire aux autres ? Malgré des qualités et un rôle qui tranche sur les autres, le chef de l'expédition coloniale, le capitaine n'apparaît donc pas comme un être unique, mais relever de cette attitude plus générale…
Les Aborigènes regardent les colons débarquer comme je le suppose nous le ferions d'extraterrestres forcément bien plus dotés scientifiquement que les humains pour venir s'inviter chez nous , et la vie s'organise comme elle peut en Terra Australis. Je ne me rappelle plus de tout, mais d'un monde donnant une impression d'enfermement et d'immensité, réussite fascinante.
3.5
Un album qui parle d'un sujet qui me passionne : l'histoire de la méditerranée, une région particulière de la terre parce que c'est le berceau de nombreuses civilisations à la fois occidentales et orientales qui ont souvent une histoire commune, notamment à cause des différents empires qui ont colonisé l'endroit.
Ce que je peux reprocher à cet album intéressant est que c'est un peu décousu. Par exemple, tout le long de l'album on suit le temps d'une page ou deux un immigrant clandestin qui tente de vivre une nouvelle vie en France après avoir failli mourir en traversant la méditerranée et le lien entre cet immigrant et l'auteur n'est clair qu'à la fin. C'est un peu le problème avec ces albums qui brassent plusieurs thèmes sur le même sujet, je pense que l'auteur aurait dû découper son album en chapitres et faire suivre le parcours de cet immigrant à la fin de chaque chapitre.
En tout cas, c'est un album riche en informations. Les différentes personnes que l'auteur interviewe sont passionnants à lire et j'aurais aucun problème à les écouter parler des heures. On parle de trucs qui me passionnent comme l'histoire en général, les civilisations qui se croisent, l'origine des langues et des mots... C'est vraiment fait pour un lecteur comme moi. Le dessin est dynamique et la narration fluide. Il y a plein de mots et à aucun moment cela m'a paru lourd à lire. Le genre de documentaire que j'affectionne.
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin.
En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant.
En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ?
Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.
Je rejoins Erik dans son ressenti.
J’aime beaucoup l’auteur, mais là rien à faire, cet album m’ennuie (bien content de ne pas avoir craqué à l’époque).
A la vue des notes, quelque chose m’a sans doute bien échappé mais à aucun moment je n’ai succombé.
Poésie, mélancolie, justesse ou finesse … tout a coulé sur moi, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin.
Les intentions de l’auteur me sont restées obscures, le côté décousu n’a pas aidé (j’avoue ne pas avoir fait de gros effort non plus) et c’est bien la 1ere fois que son graphisme ne m’attrape pas. Triste, terne et peu captivant.
Certainement à essayer mais pas pour moi. Dans ma petite tête, il est rangé dans la catégorie Télérama chiant.
Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production.
Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire.
Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs.
Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès.
Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit.
Une lecture recommandable.
Wahou ! Une BD passionnante.
Le titre et la couverture ne m'attiraient pas franchement. J'avais une idée toute faite de ce que j'allais y trouver. Benêt que j'étais !
Je connaissais de nom Pierre Bourdieu, très mal sa pensée.
Grâce à cette BD c'est rectifié et heureusement !
C'est chirurgical de justesse. J'ai régulièrement fait des pauses dans la lecture tellement les réflexions me parlaient, étaient pertinentes. J'ai appris, compris, réfléchi sur pas mal de choses. Certaines notions m'étaient plutôt familières (le capital culturel, ou le capital social par exemple) d'autres pas du tout. Mais les réflexions de cette BD/Bourdieu ciblent très précisément les mécaniques de classes et réappuient sur certaines notions de grille de lecture du monde que nous avons sans en avoir conscience. C'est amusant car j'ai reconnu des réflexions dans cette BD que j'avais déjà faites, ou déjà entendues de la part de proches.
Du coup je m'en vais de ce pas regarder les écrits de Pierre Bourdieu, et les personnes que ses écrits ont inspirées.
Le récit global est fluide, les lycées attachants (tout comme le dessin de Typhaine Rivière), bref tout fonctionne.
Vivement recommandé !
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Bourricorne
Fondée en 2024, Nöpp est un nouvel éditeur jeunesse basé en Espagne mais publiant des auteurs internationaux donc des français. Bourricorne est leur première BD, un album qui s'adresse aux lecteurs de 6 à 10 ans mais dont le ton malicieux peut amuser les adultes aussi. C'est l'histoire de Bruno, un âne qui s'ennuie ferme dans sa condition et rêve d'une vie plus flamboyante. Quand un cirque s'installe près de la ferme, il saisit sa chance et se déguise en licorne pour se faire embaucher. Et là, malgré la fragilité de son costume, il a un vrai succès auprès des enfants, à tel point qu'il va bientôt se faire rejoindre par d'autres camarades qui choisissent comme lui de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas. Vous l'aurez compris, l'idée est de jouer avec le thème de l'identité et du désir de sortir du rôle qui nous est assigné. Visuellement, l'album déborde d’énergie avec un style à mi-chemin du comic strip et de l'illustration humoristique pour la jeunesse. Le trait est volontairement caricatural, très expressif, avec une palette de couleurs pastels qui renforcent le ton joyeusement absurde du récit. Ce graphisme fonctionne bien pour ce type de récit, avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène. Le ton est résolument humoristique, parfois proche du cartoon, mais sans être creux. Pourtant les premières pages m'ont fait craindre un récit pour enfants très convenu avec un héros qui s'ennuie dans sa vie bien bornée et qui va vouloir partir à l'aventure en s'éloignant de sa propre nature : une thématique de la quête d’émancipation et de l’acceptation de soi que je craignais trop moralisatrice et déjà vue. Heureusement, la suite se révèle plus originale, grâce à des développements un peu inattendus mais aussi grâce à ses propositions de gags et de situations loufoques qui amuseront petits et grands. Ça reste un récit pour enfants, mais il réussit à parler aussi aux adultes grâce à son humour et un niveau de lecture pas uniquement premier degré. Tout n'est pas parfait pour autant. La narration assume un côté un peu foutraque, avec une succession de situations parfois plus guidées par l'idée de faire rire que par une vraie progression dramatique. Cela fait partie du charme, mais pourra laisser certains lecteurs sur leur faim. J'ai aussi été un peu rebuté par la typographie très informatique : c'est bien simple, c'est quasiment du Comic Sans MS. Je regrette ce choix de lettrage qui gâche la vivacité du dessin. Bourricorne est une bande dessinée jeunesse plaisante, portée par des personnages amusants et un univers plein de fantaisie. La morale de l'histoire est certes simple mais certains développements inattendus et un bon humour font qu'on passe un sympathique moment de lecture.
Un Dernier tour de terrain
Ah le football, sport universel par excellence, vraie religion pour ses aficionados, symbole de tous les excès et dérives de notre société mettant en exergue l'égoïsme de ses acteurs pour ses détracteurs. Toujours est il que c'est un sujet qui laisse rarement indifférent, même si on ne s'y intéresse pas. Mais pour ma part c'est un sujet qui m'intéresse et auquel je prête toujours une oreille attentive. Du coup "Un dernier tour de terrain" se retrouva rapidement dans ma PAL et lorsque l'occasion de me le procurer se présenta, tel Kylian Mbappé je ne l'a manqua pas. Et c'est sans aucun mal que le duo (d'attaque) espagnol au commande du scénario su capter mon attention et me captiver autant qu'un match du Real Madrid et ce pour plusieurs raisons : - La première est le choix de leur héros, tout du moins sa fonction. Dans le microcosme du ballon rond ( et bientôt dans celui de l'ovalie) le métier d'agent est celui qui cristallise le plus les critiques et les dérives du foot business. Toujours plus de transferts pour plus de pognon. Dans le foot, comme dans bien d'autres sports tout va vite, très vite, trop vite. Aussi l'histoire de Beni et Fali est touchante car profondément humaine. Leur relation a su aller au delà du professionnel. Ils ne se sont jamais quittés malgré les difficultés rencontrées. Et, alors que je désespère de voir ce que mon sport est devenu, j'ai l'ai trouvé sincèrement rafraichissante. - La seconde est que le scénario a su suivre l'évolution du foot, de ses acteurs et de son business. S'il dresse un portrait sans concession du football d'aujourd'hui rempli d'égo et de paraitre, il ne se veut pas pour autant moralisateur. On ne sent pas le c'était mieux avant. On est juste dans le constat de l'évolution pas seulement du sport mais de la société globalement. Puis pour ne rien gâcher je suis assez fan du dessin tout en rondeur, presque enfantin. J'ai trouvé les traits des différents protagonistes assez pertinents. Au final cela donne une chouette BD, qui plaira certainement plus aux fans de ballons ronds qu'aux autres mais qui se laisse lire avec plaisir. Note réelle 3.5
Fleurs de Pierre
Vraiment une belle œuvre que j'ai eu la chance de trouver par hasard à la Bibliothèque sans en avoir entendu parler avant, loin de la frustration de gens attendant la fin alors que coincés au milieu du gué ! Est-ce que cela me console d'oeuvres que j'aimerais lire depuis des années et sur lesquelles je n'ai pas mis la main ? Bref, je n'ai rien à reprocher à Fleur de Pierre, j'en préfère seulement d'autres comme Ikkyu …. J'aime l'originalité de parler d'un passé méconnu, les dessins, les personnages, tout. Qu'est-ce qu'on deviendrait sans le Japon pour poser un regard perçant mais non dénué d'empathie sur nous, en bande dessinée ? Je me le demande. J'admire d'autant plus les résistants qu'ils étaient confrontés non seulement au danger et à des divergences classiques type droite et gauche mais de sévères divisions ethniques. L'insouciance de la jeunesse perce parfois, mais on sent que le danger se tapit partout, toujours inattendu, ce qui est à la fois une réussite dramatique et le reflet de la réalité. Bien sûr, les personnages se connaissent, mais c'est parce que la fiction doit tisser un monde, où tout se tient, et en plus il faut aller vite quand on ne peut pas prendre son temps comme dans un roman qui n'est pas basé sur le rythme.
Terra Australis
J'ai lu ce pavé aux dessins de valeur mais qui ne me plaisent pas grâce à la Bibliothèque. Tant mieux, le récit m'a captivé ! On se dit que pour avoir résisté à la misère et à l'emprisonnement, les émigrants vont tout surmonter ! La misère est épouvantable, les peines pour délit démesurées, et on éloigne des gens ayant purgé leur peine. Pourtant, nul n'est caricaturé, on voit ainsi un Anglais aisé pas content d'avoir été volé, et encore plus mécontent, et surtout surpris par le fait que son jeune voleur aille pour cela en prison. Allez savoir pourquoi j'ai retenu cette anecdote plutôt qu'une autre…. Peut-être parce que tous les protagonistes sauf quelques méchants me semblent mécontents du rôle qui leur est dévolu sans savoir quoi faire pour défendre leurs intérêts sans trop nuire aux autres ? Malgré des qualités et un rôle qui tranche sur les autres, le chef de l'expédition coloniale, le capitaine n'apparaît donc pas comme un être unique, mais relever de cette attitude plus générale… Les Aborigènes regardent les colons débarquer comme je le suppose nous le ferions d'extraterrestres forcément bien plus dotés scientifiquement que les humains pour venir s'inviter chez nous , et la vie s'organise comme elle peut en Terra Australis. Je ne me rappelle plus de tout, mais d'un monde donnant une impression d'enfermement et d'immensité, réussite fascinante.
Méditerranée - Histoires d'un continent kaléidoscope
3.5 Un album qui parle d'un sujet qui me passionne : l'histoire de la méditerranée, une région particulière de la terre parce que c'est le berceau de nombreuses civilisations à la fois occidentales et orientales qui ont souvent une histoire commune, notamment à cause des différents empires qui ont colonisé l'endroit. Ce que je peux reprocher à cet album intéressant est que c'est un peu décousu. Par exemple, tout le long de l'album on suit le temps d'une page ou deux un immigrant clandestin qui tente de vivre une nouvelle vie en France après avoir failli mourir en traversant la méditerranée et le lien entre cet immigrant et l'auteur n'est clair qu'à la fin. C'est un peu le problème avec ces albums qui brassent plusieurs thèmes sur le même sujet, je pense que l'auteur aurait dû découper son album en chapitres et faire suivre le parcours de cet immigrant à la fin de chaque chapitre. En tout cas, c'est un album riche en informations. Les différentes personnes que l'auteur interviewe sont passionnants à lire et j'aurais aucun problème à les écouter parler des heures. On parle de trucs qui me passionnent comme l'histoire en général, les civilisations qui se croisent, l'origine des langues et des mots... C'est vraiment fait pour un lecteur comme moi. Le dessin est dynamique et la narration fluide. Il y a plein de mots et à aucun moment cela m'a paru lourd à lire. Le genre de documentaire que j'affectionne.
Ça dépend des animaux
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin. En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant. En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
Le Vent dans les Saules
Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ? Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.
Les Equinoxes
Je rejoins Erik dans son ressenti. J’aime beaucoup l’auteur, mais là rien à faire, cet album m’ennuie (bien content de ne pas avoir craqué à l’époque). A la vue des notes, quelque chose m’a sans doute bien échappé mais à aucun moment je n’ai succombé. Poésie, mélancolie, justesse ou finesse … tout a coulé sur moi, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin. Les intentions de l’auteur me sont restées obscures, le côté décousu n’a pas aidé (j’avoue ne pas avoir fait de gros effort non plus) et c’est bien la 1ere fois que son graphisme ne m’attrape pas. Triste, terne et peu captivant. Certainement à essayer mais pas pour moi. Dans ma petite tête, il est rangé dans la catégorie Télérama chiant.
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production. Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire. Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs. Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès. Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit. Une lecture recommandable.
La Distinction
Wahou ! Une BD passionnante. Le titre et la couverture ne m'attiraient pas franchement. J'avais une idée toute faite de ce que j'allais y trouver. Benêt que j'étais ! Je connaissais de nom Pierre Bourdieu, très mal sa pensée. Grâce à cette BD c'est rectifié et heureusement ! C'est chirurgical de justesse. J'ai régulièrement fait des pauses dans la lecture tellement les réflexions me parlaient, étaient pertinentes. J'ai appris, compris, réfléchi sur pas mal de choses. Certaines notions m'étaient plutôt familières (le capital culturel, ou le capital social par exemple) d'autres pas du tout. Mais les réflexions de cette BD/Bourdieu ciblent très précisément les mécaniques de classes et réappuient sur certaines notions de grille de lecture du monde que nous avons sans en avoir conscience. C'est amusant car j'ai reconnu des réflexions dans cette BD que j'avais déjà faites, ou déjà entendues de la part de proches. Du coup je m'en vais de ce pas regarder les écrits de Pierre Bourdieu, et les personnes que ses écrits ont inspirées. Le récit global est fluide, les lycées attachants (tout comme le dessin de Typhaine Rivière), bref tout fonctionne. Vivement recommandé !