Nicolas Presl avec son style si particulier de dessin noir et blanc où les personnages ont des fronts tout aplatis raconte à travers ces planches muettes une histoire de lutte des classes. Dans un monde qu'on suppose futuriste où les riches vivent sur de grandes plateformes entourées d'eau, peut-être à cause de la fonte des glaces qui a réduit les zones terrestres, on croise également toute une frange de survivants au visage squelettique. Ils errent comme des zombies, sombrant dans la délinquance et attaquant tels des pirates modernes les riches sur leurs bateaux. Les riches eux sont oisifs et aiment bien se droguer et s'envoyer en l'air, cette bande de dépravés. Les planches sont quasiment toutes sur un standard de 4 cases de dimension identique, sauf dans les scènes un peu psychédéliques d'abus de stupéfiants. Un album épais, j'ai bien aimé même si je ne suis pas certain de tout capter au message de l'auteur dans cette sorte de fable universelle sur l'humanité.
Une lecture agréable.
Le sel de la série vient du décalage entre l'héroïne moderne et le monde des années 50 où elle se retrouve projetée. Cet alter ego du lecteur aux faux airs d'Audrey Hepburn a le caractère bien trempé.
Si, comme moi, vous goûtez le charme suranné d'un comics daté style Rip Kirby, vous apprécierez certainement cette mise en abyme qui nourrit l'humour tout au long du récit et lui donne une tonalité originale.
Je n'irai pas jusqu'à crier au génie car plusieurs éléments m'ont rappelé d'autres oeuvres (notamment "Retour vers le Futur 2" pour le coup de l'almanach, "Et si c'était vrai" ou la série de jeux "Blackwell" pour le fantôme personnel, ...).
L'histoire se tient à peu près et Trondheim se fait visiblement plaisir à convoquer tous les poncifs des feuilletons de l'époque (nazis, espions, bombe atomique...).
La reconstitution de Biancarelli est soignée.
Je ne connaissais pas Marie de Brauer, j'ai regardé après lecture quelques chroniques sur France Inter et c'est assez drôle même si je ris bien moins fort que les chroniqueurs autour d'elle. Ce qui m'a permis de constater qu'elle a effectivement un physique assez proche de sa représentation graphique dans cette bande dessinée. Un titre assez tape à l'oeil pour au final un album qui nous parle essentiellement de son histoire personnelle en terme de sexualité et j'avoue que ça ne m'intéresse pas plus que ça de savoir à quel âge ou avec qui elle a perdu son pucelage, puis qu'elle est passée par une phase Tinder à gogo, puis une abstinence volontaire de plusieurs années etc. Cela dit finalement peu de choses d'un point de vue stats et sociologie d'avoir l'histoire personnelle d'une femme de 30 ans qui n'a jamais eu d'orgasme. Point de vue dessin ce n'est pas vraiment ma tasse de thé non plus, bien exécuté mais assez simpliste. Je ne l'ai pas acheté et quand je vois que ce petit album à couverture souple vaut 20 euros je trouve ça bien dispendieux.
Je pense que c'est la première fois que je vois un dessin manga aussi dépouillé. De grandes cases avec très peu de détails, un album avec de petites histoires d'une dizaine de pages et assez rapidement lu. C'est un petit personnage doté d'une petite corne, la cornigule, qui évolue dans un étrange monde, semblable au nôtre mais plus fantaisiste. Je l'ai lu 2 fois car les histoires ne racontent tellement pas grand chose que je partais vers le 1/5. La seconde lecture me rend plus clément.
Je dirai que c'est plutôt destiné à un public jeune, voire enfantin. Maintenant cet album qui a 20 ans ne doit plus trop se trouver, en tout cas pas au rayon lecture jeunesse des bibliothèques. En réalité ce sont plutôt des lecteurs habitués aux éditions Cornélius qui vont s'y pencher.
Une histoire marrante et muette en plusieurs chapitres d'un homme atteint d'une phobie des poissons. Il fait de sacrées têtes quand il en croise un. Il se prend tout d'abord le bec avec un chat qu'il soupçonne d'être rancunier, puis un cerf, mais aussi un ours qui tentait de ramasser des saumons. La suite de l'album vire carrément à une espèce de délire où les humains se transforment en poisson causée par on ne sait quelle mystérieuse épidémie.
C'est assez rare de lire de la bande dessinée taïwanaise. J'ai parfois du mal avec les albums muets, ici cela marche bien et la lecture est plutôt rapide.
Un avis rapide qui confortera la bonne note de cet album.
Je ne m’attendais pas vraiment à ça, enfin si pour la partie trek mais beaucoup moins à la personnalité de l’auteur, il est plutôt loin de l’aventurier que je m’imaginais. Et cette différence fait pas mal dans le résultat, du moins ça m’a agréablement surpris.
J’ai lu l’album en plusieurs fois (et je conseille de faire de même), mais à chaque fois j’étais content de reprendre la route avec l’auteur. Je trouve qu’il propose quelque chose d’assez intéressant dans le résultat.
Americana arrive à conjuguer pas mal de thématiques qui m’ont pour la plupart passionner, voyage, peinture de l’Amérique, résilience …
La partie graphique sobre et lisible accompagne parfaitement ce gros pavé. Content de l’avoir lu.
Bah tout comme Noirdésir, une lecture pas désagréable mais qui ne me marquera pas vraiment.
N’étant pas féru de foot, ce n’est pas le sujet qui m’a attiré mais bien le nom des auteurs.
Après son aventure chez les vikings, Michalak renoue avec un récit du quotidien, j’ai trouvé son trait détaillé et parfait pour le genre, j’aime bien ses têtes bien identifiables. On ajoute à ça des couleurs bien senties, ce qui donne une partie graphique solide et efficace. Les pages sont plus grandes mais ça m’a fait penser à Ma révérence dans le style. En tout cas, on avale la centaine de pages très facilement.
Kris brasse plusieurs thèmes avec cette histoire sur un ton feel good. On suit principalement notre héros passionné, mais autour de lui gravite une multitude de personnages et de sous intrigues, heureusement on n’est jamais perdu.
En fait, tout est bien fait, c’est fluide, léger mais sans doute trop pour véritablement me titiller. La toute fin m’a quand même fait sourire.
Effectivement une œuvre qui ne révolutionne pas le genre.
J'ai lu cette série parce que j'aime bien les personnages de filles délinquantes qu'on retrouve souvent dans les mangas et de ce coté là je fus bien servit. On a encore droit à des gags sur la fille super-badass qui semble capable de tout faire, mais ça me fait toujours rigoler. Parce que oui niveau scénario on est vraiment au pays des clichés pour n'importe qui habitué à consommer des œuvres venant de l'archipel nipponne: les personnages vont au festival d'été en costume traditionnel, un quiproquo va temporairement séparer les deux personnages principaux, une des filles est malade et l'autre va la soigner....manque juste un épisode où elles iraient aux sources d'eaux chaudes ou à la plage !
Mais bon malgré toute cela reste une lecture sympathique parce que c'est tout de même bien fait et les personnages sont attachantes. Il faut dire que j'aime bien le style du dessin donc cela m'a aidé à passer au travers des trois tomes sans problèmes.
Je continue mon exploration des albums scénarisés par Jim comme on continue celle de l'esprit d'un auteur et d'un homme. Avec l'album précédent, Rester jeune à tout prix, publié cinq ans avant celui-ci, je faisais le constat que l'auteur, ou en tout cas son avatar dans la BD, reflétait une véritable insécurité et instabilité. A en croire cet album suivant, cela semble avoir effectivement résulté en une déprime manifeste qui a inspiré sa nouvelle publication, co-scénarisée par Gaston.
Cette fois, exit le dessin très dynamique et vivant de Fredman qui n'aurait pas collé au sujet, ni même celui de Jim lui-même. A la place, le dessin est réalisé par Gil, qui n'a pas publié grand-chose d'autre à part cet album et quelques collectifs. Son style est assez inégal. Je suis amateur de sa ligne claire et des couleurs chaudes de Sébastien Brunet pour les scènes lumineuses. Ses personnages sont plutôt réussis, et il sait dessiner de jolies femmes. Toutefois, on note ici et là quelques faiblesses techniques, notamment des visages parfois ratés. De même, les couleurs ne fonctionnent plus pour les scènes nocturnes où l'utilisation du numérique se fait trop visible.
Côté scénario, cet album explore la déprime du quotidien en enchaînant de courtes scènes où les personnages se croisent et se répondent, entre petits diagnostics psychologiques et gags rapides. L'intention est bonne et certaines idées touchent juste, parfois amusantes, parfois plus touchantes. Mais l'ensemble reste inégal : quelques scènes fonctionnent, beaucoup tombent à plat et installent une atmosphère plus morose que réellement comique. L'humour devient en outre assez vite répétitif, avec une perte notable d'inspiration au fil des pages. Et surtout, les personnages sont relativement antipathiques, certes centrés sur eux-mêmes comme tout bon dépressif, mais également méchants avec leurs proches, ne trouvant trop souvent de réconfort que dans la critique et le rabaissement des autres. Ce n'est pas drôle et un peu malsain.
C'est une BD qui veut mêler humour et introspection mais qui oscille trop pour convaincre pleinement et rebute un peu par son choix de personnages.
Une BD étrange, adaptée d'une nouvelle que je ne connaissais pas d'une auteure que je ne connais pas non plus. C'est d'ailleurs très bien d'avoir mis une indication biographique de l'autrice d'origine. Je ne pensais pas que cette nouvelle aurait fait scandale à l'époque, et pourtant ...
La BD est une adaptation et c'est sans doute une force et une faiblesse. Je sens à travers l'adaptation tout l'aspect progressif du récit jusqu'au point final, qu'on peut deviner d'ailleurs avant qu'il n'arrive. C'est une histoire qui se déroule très lentement, presque à chaque seconde. Cette construction minutieuse, presque millimétrée, est aussi un défaut du récit puisque muet la plupart du temps, il se lit finalement vite et ne tient que par l'intérêt du final, que j'ai malheureusement senti arriver très très vite.
De fait, ce qui est le plus notable, c'est le dessin qui semble inspiré de divers artistes notamment Norman Rockwell et son fameux trait si caractéristique. C'est une sorte de peinture année 50, allant parfaitement avec le ton et donnant une atmosphère caractéristique des affiches et tableaux de cette époque. Cette idée est bien menée mais je dois avouer qu'elle fait un peu solitaire dans l'ensemble. Ce n'est pas suffisant, en tout cas à mon gout, pour m'accrocher totalement à la BD.
En fin de compte, je suis bien embêté pour noter la BD. Son idée n'est pas follement originale de nos jours, beaucoup d’œuvres ont exploré dans ce sens avec parfois plus de mordant et de réflexion. Ici ça reste en surface, mais encore une fois c'est l'adaptation d'une nouvelle datant des années 50. Dois-je saluer l'idée ou faire remarquer qu'aujourd'hui elle n'est plus si novatrice ? D'autant que la BD ne dépasse pas un cadre qui se ressent très vite, la mise en place lente d'une situation jusqu'au final explosif. Et c'est ce qui m'empêche de la recommander, puisque je ne vois pas ce qui m'intéresserait suffisamment pour l'acheter et la relire. Bref, un sentiment partagé mais pas franchement positif à son égard !
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La Ville (Nicolas Presl)
Nicolas Presl avec son style si particulier de dessin noir et blanc où les personnages ont des fronts tout aplatis raconte à travers ces planches muettes une histoire de lutte des classes. Dans un monde qu'on suppose futuriste où les riches vivent sur de grandes plateformes entourées d'eau, peut-être à cause de la fonte des glaces qui a réduit les zones terrestres, on croise également toute une frange de survivants au visage squelettique. Ils errent comme des zombies, sombrant dans la délinquance et attaquant tels des pirates modernes les riches sur leurs bateaux. Les riches eux sont oisifs et aiment bien se droguer et s'envoyer en l'air, cette bande de dépravés. Les planches sont quasiment toutes sur un standard de 4 cases de dimension identique, sauf dans les scènes un peu psychédéliques d'abus de stupéfiants. Un album épais, j'ai bien aimé même si je ne suis pas certain de tout capter au message de l'auteur dans cette sorte de fable universelle sur l'humanité.
Green Witch Village
Une lecture agréable. Le sel de la série vient du décalage entre l'héroïne moderne et le monde des années 50 où elle se retrouve projetée. Cet alter ego du lecteur aux faux airs d'Audrey Hepburn a le caractère bien trempé. Si, comme moi, vous goûtez le charme suranné d'un comics daté style Rip Kirby, vous apprécierez certainement cette mise en abyme qui nourrit l'humour tout au long du récit et lui donne une tonalité originale. Je n'irai pas jusqu'à crier au génie car plusieurs éléments m'ont rappelé d'autres oeuvres (notamment "Retour vers le Futur 2" pour le coup de l'almanach, "Et si c'était vrai" ou la série de jeux "Blackwell" pour le fantôme personnel, ...). L'histoire se tient à peu près et Trondheim se fait visiblement plaisir à convoquer tous les poncifs des feuilletons de l'époque (nazis, espions, bombe atomique...). La reconstitution de Biancarelli est soignée.
Une BD qui parle de cul
Je ne connaissais pas Marie de Brauer, j'ai regardé après lecture quelques chroniques sur France Inter et c'est assez drôle même si je ris bien moins fort que les chroniqueurs autour d'elle. Ce qui m'a permis de constater qu'elle a effectivement un physique assez proche de sa représentation graphique dans cette bande dessinée. Un titre assez tape à l'oeil pour au final un album qui nous parle essentiellement de son histoire personnelle en terme de sexualité et j'avoue que ça ne m'intéresse pas plus que ça de savoir à quel âge ou avec qui elle a perdu son pucelage, puis qu'elle est passée par une phase Tinder à gogo, puis une abstinence volontaire de plusieurs années etc. Cela dit finalement peu de choses d'un point de vue stats et sociologie d'avoir l'histoire personnelle d'une femme de 30 ans qui n'a jamais eu d'orgasme. Point de vue dessin ce n'est pas vraiment ma tasse de thé non plus, bien exécuté mais assez simpliste. Je ne l'ai pas acheté et quand je vois que ce petit album à couverture souple vaut 20 euros je trouve ça bien dispendieux.
Cornigule
Je pense que c'est la première fois que je vois un dessin manga aussi dépouillé. De grandes cases avec très peu de détails, un album avec de petites histoires d'une dizaine de pages et assez rapidement lu. C'est un petit personnage doté d'une petite corne, la cornigule, qui évolue dans un étrange monde, semblable au nôtre mais plus fantaisiste. Je l'ai lu 2 fois car les histoires ne racontent tellement pas grand chose que je partais vers le 1/5. La seconde lecture me rend plus clément. Je dirai que c'est plutôt destiné à un public jeune, voire enfantin. Maintenant cet album qui a 20 ans ne doit plus trop se trouver, en tout cas pas au rayon lecture jeunesse des bibliothèques. En réalité ce sont plutôt des lecteurs habitués aux éditions Cornélius qui vont s'y pencher.
Ichthyophobia
Une histoire marrante et muette en plusieurs chapitres d'un homme atteint d'une phobie des poissons. Il fait de sacrées têtes quand il en croise un. Il se prend tout d'abord le bec avec un chat qu'il soupçonne d'être rancunier, puis un cerf, mais aussi un ours qui tentait de ramasser des saumons. La suite de l'album vire carrément à une espèce de délire où les humains se transforment en poisson causée par on ne sait quelle mystérieuse épidémie. C'est assez rare de lire de la bande dessinée taïwanaise. J'ai parfois du mal avec les albums muets, ici cela marche bien et la lecture est plutôt rapide.
Americana
Un avis rapide qui confortera la bonne note de cet album. Je ne m’attendais pas vraiment à ça, enfin si pour la partie trek mais beaucoup moins à la personnalité de l’auteur, il est plutôt loin de l’aventurier que je m’imaginais. Et cette différence fait pas mal dans le résultat, du moins ça m’a agréablement surpris. J’ai lu l’album en plusieurs fois (et je conseille de faire de même), mais à chaque fois j’étais content de reprendre la route avec l’auteur. Je trouve qu’il propose quelque chose d’assez intéressant dans le résultat. Americana arrive à conjuguer pas mal de thématiques qui m’ont pour la plupart passionner, voyage, peinture de l’Amérique, résilience … La partie graphique sobre et lisible accompagne parfaitement ce gros pavé. Content de l’avoir lu.
Tous Ensemble !
Bah tout comme Noirdésir, une lecture pas désagréable mais qui ne me marquera pas vraiment. N’étant pas féru de foot, ce n’est pas le sujet qui m’a attiré mais bien le nom des auteurs. Après son aventure chez les vikings, Michalak renoue avec un récit du quotidien, j’ai trouvé son trait détaillé et parfait pour le genre, j’aime bien ses têtes bien identifiables. On ajoute à ça des couleurs bien senties, ce qui donne une partie graphique solide et efficace. Les pages sont plus grandes mais ça m’a fait penser à Ma révérence dans le style. En tout cas, on avale la centaine de pages très facilement. Kris brasse plusieurs thèmes avec cette histoire sur un ton feel good. On suit principalement notre héros passionné, mais autour de lui gravite une multitude de personnages et de sous intrigues, heureusement on n’est jamais perdu. En fait, tout est bien fait, c’est fluide, léger mais sans doute trop pour véritablement me titiller. La toute fin m’a quand même fait sourire.
La Belle & la Racaille
Effectivement une œuvre qui ne révolutionne pas le genre. J'ai lu cette série parce que j'aime bien les personnages de filles délinquantes qu'on retrouve souvent dans les mangas et de ce coté là je fus bien servit. On a encore droit à des gags sur la fille super-badass qui semble capable de tout faire, mais ça me fait toujours rigoler. Parce que oui niveau scénario on est vraiment au pays des clichés pour n'importe qui habitué à consommer des œuvres venant de l'archipel nipponne: les personnages vont au festival d'été en costume traditionnel, un quiproquo va temporairement séparer les deux personnages principaux, une des filles est malade et l'autre va la soigner....manque juste un épisode où elles iraient aux sources d'eaux chaudes ou à la plage ! Mais bon malgré toute cela reste une lecture sympathique parce que c'est tout de même bien fait et les personnages sont attachantes. Il faut dire que j'aime bien le style du dessin donc cela m'a aidé à passer au travers des trois tomes sans problèmes.
Ma toute petite déprime et moi
Je continue mon exploration des albums scénarisés par Jim comme on continue celle de l'esprit d'un auteur et d'un homme. Avec l'album précédent, Rester jeune à tout prix, publié cinq ans avant celui-ci, je faisais le constat que l'auteur, ou en tout cas son avatar dans la BD, reflétait une véritable insécurité et instabilité. A en croire cet album suivant, cela semble avoir effectivement résulté en une déprime manifeste qui a inspiré sa nouvelle publication, co-scénarisée par Gaston. Cette fois, exit le dessin très dynamique et vivant de Fredman qui n'aurait pas collé au sujet, ni même celui de Jim lui-même. A la place, le dessin est réalisé par Gil, qui n'a pas publié grand-chose d'autre à part cet album et quelques collectifs. Son style est assez inégal. Je suis amateur de sa ligne claire et des couleurs chaudes de Sébastien Brunet pour les scènes lumineuses. Ses personnages sont plutôt réussis, et il sait dessiner de jolies femmes. Toutefois, on note ici et là quelques faiblesses techniques, notamment des visages parfois ratés. De même, les couleurs ne fonctionnent plus pour les scènes nocturnes où l'utilisation du numérique se fait trop visible. Côté scénario, cet album explore la déprime du quotidien en enchaînant de courtes scènes où les personnages se croisent et se répondent, entre petits diagnostics psychologiques et gags rapides. L'intention est bonne et certaines idées touchent juste, parfois amusantes, parfois plus touchantes. Mais l'ensemble reste inégal : quelques scènes fonctionnent, beaucoup tombent à plat et installent une atmosphère plus morose que réellement comique. L'humour devient en outre assez vite répétitif, avec une perte notable d'inspiration au fil des pages. Et surtout, les personnages sont relativement antipathiques, certes centrés sur eux-mêmes comme tout bon dépressif, mais également méchants avec leurs proches, ne trouvant trop souvent de réconfort que dans la critique et le rabaissement des autres. Ce n'est pas drôle et un peu malsain. C'est une BD qui veut mêler humour et introspection mais qui oscille trop pour convaincre pleinement et rebute un peu par son choix de personnages.
La Loterie
Une BD étrange, adaptée d'une nouvelle que je ne connaissais pas d'une auteure que je ne connais pas non plus. C'est d'ailleurs très bien d'avoir mis une indication biographique de l'autrice d'origine. Je ne pensais pas que cette nouvelle aurait fait scandale à l'époque, et pourtant ... La BD est une adaptation et c'est sans doute une force et une faiblesse. Je sens à travers l'adaptation tout l'aspect progressif du récit jusqu'au point final, qu'on peut deviner d'ailleurs avant qu'il n'arrive. C'est une histoire qui se déroule très lentement, presque à chaque seconde. Cette construction minutieuse, presque millimétrée, est aussi un défaut du récit puisque muet la plupart du temps, il se lit finalement vite et ne tient que par l'intérêt du final, que j'ai malheureusement senti arriver très très vite. De fait, ce qui est le plus notable, c'est le dessin qui semble inspiré de divers artistes notamment Norman Rockwell et son fameux trait si caractéristique. C'est une sorte de peinture année 50, allant parfaitement avec le ton et donnant une atmosphère caractéristique des affiches et tableaux de cette époque. Cette idée est bien menée mais je dois avouer qu'elle fait un peu solitaire dans l'ensemble. Ce n'est pas suffisant, en tout cas à mon gout, pour m'accrocher totalement à la BD. En fin de compte, je suis bien embêté pour noter la BD. Son idée n'est pas follement originale de nos jours, beaucoup d’œuvres ont exploré dans ce sens avec parfois plus de mordant et de réflexion. Ici ça reste en surface, mais encore une fois c'est l'adaptation d'une nouvelle datant des années 50. Dois-je saluer l'idée ou faire remarquer qu'aujourd'hui elle n'est plus si novatrice ? D'autant que la BD ne dépasse pas un cadre qui se ressent très vite, la mise en place lente d'une situation jusqu'au final explosif. Et c'est ce qui m'empêche de la recommander, puisque je ne vois pas ce qui m'intéresserait suffisamment pour l'acheter et la relire. Bref, un sentiment partagé mais pas franchement positif à son égard !