Les derniers avis (166 avis)

Par Cleck
Note: 2/5
Couverture de la série Raoul Fulgurex
Raoul Fulgurex

Une pantalonnade peut-elle s'étirer en un cycle de 3 tomes, construire une longue intrigue sur des personnages initialement présentés comme artificiels, parodiques, caricaturaux ? Ce doit être possible, mais cette BD n'y parvient pas complètement. On rit parfois, sourit très souvent, mais l'on s'étonne la plupart du temps que ce récit d'aventure puisse se développer autant tout en étant basé sur du flan. De belles idées parodiques ne sauvent pas le projet du bancal. L'impertinence s'essouffle souvent au profit d'une aventure totalement abracadabrante, mais trop respectée pour demeurer risible. Et l'humour volontiers misogyne apparaît bien complaisant aujourd'hui. L'on s'ennuie un peu, un comble pour un tel projet !

10/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Le Mètre des Caraïbes
Le Mètre des Caraïbes

Évidemment, il eut été possible que ce soit encore meilleur : l'intrigue présente quelques longueurs, notamment durant la séquence de l'évasion, et les illustrations déçoivent légèrement (les couleurs et décors surtout, qui auraient mérité davantage de nuances et d'application), mais cette BD est indiscutablement une bien belle réussite ! C'est rocambolesque à souhait, amusant sinon truculent à l'occasion, généreux en personnages haut en couleur, bien rythmé (enlevé même !), original dans son intrigue historique et scientifique, tout autant dans son traitement. Bref, un beau moment de lecture.

10/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Champignac
Champignac

Et pourquoi pas une série d'espionnage autour du comte de Champignac, l'excentrique savant créé par Franquin ? Les auteurs Béka et Etien nous proposent une plongée dans la seconde guerre mondiale, un récit d'espionnage particulièrement calibré jeunesse, tant dans sa structure narrative, son humour, sa gestion des éléments de comédie romantique, que le rajout de scènes trépidantes. L'ensemble fonctionne plutôt bien : c'est agréable à lire, construit autour d'illustrations chaleureuses et colorées, d'une grande bienveillance et donc très rythmé. Le revers de cet efficace calibrage touche surtout le public adulte : la romance est fort mièvre, certaines scènes d'action artificielles et trop rocambolesques, le raccord avec le personnage de Franquin (l'obsession pour les champignons, les expressions farfelues) trop insistant pour être charmant, et la bienveillance vis-à-vis de l'ensemble des personnages du village de Champignac inadaptée à l'impertinence originelle (qu'est-ce que c'est que cette Résistance qui ne sied pas du tout au tempérament des différents personnages ?). Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir : c'est réussi, même si un peu trop "Béka" pour être fidèle à l'anticonformiste Franquin.

10/01/2026 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Pêcheur et la Salamandre
Le Pêcheur et la Salamandre

J'ai beaucoup aimé ce premier tome. C'est un conte mêlant un brin d'aventure avec de l'humour et des personnages attachants qui forment un duo improbable. Le dessin et la couleur collent parfaitement à l'histoire. Hâte de découvrir la suite et fin de cet excellent premier tome.

10/01/2026 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Simone
Simone

Après Irena, Morvan et Evrard recompose leur duo pour raconter l'histoire de Simone Lagrange. La jeune fille entre en résistance très jeune (13 ans) et supportera la torture de la main de Klaus Barbie. 30 ans plus tard elle fera partie de ceux qui le confondront. Pour ceux qui ont apprécié la première œuvre des deux auteurs vous retrouverez les qualités de celle-ci dans "Simone". On suit donc l'histoire de la jeune fille et de la mère de famille qu'elle est devenue en alternant les deux histoires. Pour la première on nous raconte la guerre et les transformations qu'elle a engendré comme par exemple l'institutrice dont l'antisémitisme ressort avec l'Occupation alors qu'elle semblait proche de la famille de Simone (qui est juive). L'évolution des comportements est bien abordée même si on pourrait la trouver un peu extrême dans le traitement parfois mais nous sommes plus sur des grands traits de personnalité et des archétypes. Pour le présent (les années 70) on voit bien le débat intérieur de Simone symbolisé par ce personnage vert et à l'air méchant écho de son passé. Elle hésite, ne veut pas revivre l'enfer même en souvenir même si rattraper son tortionnaire et amener la Justice à le juger la pousse à réfléchir. Le dessin jeunesse allège le propos notamment avec des petites touches d'humour mais la BD reste quand même à réserver à un public averti et crée un décalage entre l'illustration et la gravité des propos. Une BD racontant le destin doublement bouleversé d'une jeune fille puis plus tard d'une mère de famille à lire. Après lecture des 3 albums je recommande fortement cette BD aux plus jeunes (à partir de 11-12 ans quand même) qui comme pour Irena est une très bonne fiction inspirée de l'histoire vraie de Simone Lagrange. Quand à la critique du fils Lagrange ci-dessous je suis surpris par son manque d'arguments étayés sur les erreurs de la BD et d'autant plus que l'une des petites filles de l'héroïne préface le tome 3 il semble donc que la famille ai été un minimum consulté. En attente de voir si ce monsieur complète son avis...

02/02/2023 (MAJ le 10/01/2026) (modifier)
Couverture de la série Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa

Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Des qualités, un certain plaisir de lecture. Mais au sortir, je suis frustré et reste sur ma faim. Le dessin joue bien avec un Noir et Blanc plus ou moins nébuleux et quelques nuances de gris. Simple, avare de détails et de décors, il passe plutôt bien. C’est plutôt l’intrigue qui m’a un peu déçu. En effet, l’histoire de cet homme, revenant dans le village de son enfance, pour enregistrer vieilles histoires, légendes et anecdotes de la voix de tous les « anciens » promettait quelques révélations, un peu de fantastique, bref, pas mal de choses à même de dynamiser le récit. Or rapidement le soufflé retombe, et des longueurs entraînent même un peu d’ennui (la brève "aventure" entre le héros et une jeune femme n'y change rien), jusqu’à la fin, aussi obscure que ces dernières cases. Dessin et intrigue misent sur l’ambiance, mais ça ne suffit pas. Note réelle 2,5/5.

10/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Les Aventures de Jack Palmer
Les Aventures de Jack Palmer

Avis ne portant que sur le seul tome posthume illustré par Larcenet. Manu Larcenet rend hommage à Pétillon en illustrant un scénario demeuré un projet inachevé. L'hommage se prolonge visuellement avec le souhait de Larcenet d'imiter le style de Pétillon : un style à gros nez néanmoins relativement proche de celui de Manu, quoique plus brouillon. L'ensemble se lit sans déplaisir, tout y est léger et assez sympathique. Mais tant du côté de l'intrigue policière (décousue certes volontairement), que de l'humour (au rythme aléatoire), l'album laisse sur sa faim. Trop de clins d’œil à "L'Enquête Corse", pas assez d'impertinence, trop de légèreté dans la gestion de l'intrigue policière. L'hommage est beau et respectueux, charmant, mais condamné à l'anecdotique quasiment dès son projet. Il se pourrait néanmoins qu'a posteriori, ce projet devienne salvateur pour Larcenet Même imparfait, un projet possiblement salvateur pour Larcenet, susceptible de sortir grâce à lui d'un nihilisme trop redondant via lequel il acquit sa notoriété d'auteur incontournable.

10/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série La Falaise
La Falaise

La première BD de Manon Debaye s'offre au lecteur brutalement : les thématiques secouent (le manque d'amour et les pensées suicidaires de deux jeunes adolescentes, le harcèlement), les illustrations griffent nos attendus (un crayonné au contour noir brut et aux atours enfantins, des couleurs laissant apparaître les traits des crayons), l'intrigue ne vise aucunement la formulation d'éléments explicatifs, privilégie le constat froid et percutant d'une réalité incomprise. On pense souvent au chef-d’œuvre du réalisateur Gus Van Sant "Elephant", qui refusait similairement de proposer une trop simple explication des trajectoires individuelles de ses personnages via des déterminismes sociaux ou des parcours individuels chaotiques. On pense également à Lubitsch et à cette manière de gérer par ellipses la narration afin d'accentuer les effets (généralement comiques chez le merveilleux cinéaste, dramatiques ici ou inconfortablement déconnectés de la réalité). Il en découle une intrigue plus esquissée que structurée, abrupte, suspendue, pouvant éventuellement laisser sur sa faim son lecteur, possiblement perturbé d'être abandonné sans véritable réponse, un peu abasourdi de n'avoir eu accès aux paysages intérieurs et aux sentiments de ces jeunes filles, pré-adolescentes qui demeureront tristement incomprises, comme dans la vie. Un roman graphique imparfaitement construit, ayant le charme maladroit des œuvres de jeunesse et le style déjà acéré d'une artiste en devenir.

10/01/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Mètre des Caraïbes
Le Mètre des Caraïbes

J’avais moi aussi adoré La Bibliomule de Cordoue, je me suis donc procuré « Le Mètre des Caraïbes » des mêmes auteurs sans hésiter. J’y ai retrouvé le même genre d’histoire, à savoir un fait historique intéressant et peu connu (un savant français qui tente de transmettre le system métrique aux américains), raconté via une intrigue enjouée, remplie d’humour et de personnages complètement barrés. La narration est parfaitement maitrisée, la lecture est fluide, et la mise en image est réussie, même si je ne suis pas fan des ciels en dégradé de couleurs informatiques. Un chouette moment de lecture.

10/01/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Mickey et le roi des pirates
Mickey et le roi des pirates

J'hésite un peu entre 3 et 4, mais allez, j'arrondis en haut. Ce nouvel épisode des reprises Disney de Glénat voit le retour de Joris Chamblain au scénario, après l'excellent Picsou - Le Dragon de Glasgow. Là où cet épisode dans la jeunesse de Picsou jouait avec beaucoup de réussite sur une tonalité nostalgique et sur une certaine émotion, il n'en est rien dans Mickey et le roi des pirates. Revendiquant une identité à mi-chemin entre Dickens et Pirates des Caraïbes, on admettra tout de même qu'hormis le décor londonien du XIXe siècle, la patte Dickens est relativement inexistante. De Pirates des Caraïbes, on retrouvera toutefois un peu plus l'ambiance, grâce à une virée à Tortuga plutôt réussie, avec un antagoniste particulièrement convaincant. On voit surtout que Chamblain et Dav s'amusent comme des petits fous à glisser un maximum de personnages Disney dans leur bande dessinée (jusqu'au chien Dante du Coco de Pixar ou au lézard à collerette Frank de Bernard et Bianca), et les amateurs partiront avec grand plaisir à cette chasse au trésor. Le dessin de Dav, d'ailleurs, fonctionne particulièrement bien, avec ses couleurs chaudes, et son trait rigoureux. On retrouve les personnages Disney, mais avec une petite patte bien spécifique, qui colle mieux à un univers type XIXe siècle que ce que ne l'aurait fait le trait rond habituel de la plupart des productions Disney. Mais on commence à être habitué aux excellents dessinateurs chez Glénat... Ce tome-là, en tous cas, ne rompt pas la tradition ! Quant à l'histoire, j'avoue avoir été un peu moins embarqué que dans Le Dragon de Glasgow, les personnages n'ayant pas la même profondeur ici. Néanmoins, son ton aventureux fonctionne très bien, jusqu'à un finale vraiment grandiose, qui clôt très dignement cet album. D'où mon choix de 4 étoiles, même si, en réalité, je serais plus à 3,5/5. Quoiqu'il en soit, c'est une lecture que je regrette pas !

10/01/2026 (modifier)