Les derniers avis (338 avis)

Couverture de la série Voyage en profondeurs
Voyage en profondeurs

J’avais plutôt bien aimé le travail d’Igor et Boccère lorsque je l’avais découvert avec Chambre 121. « Voyage en profondeurs » est une publication antérieure, des histoires courtes publiées sur plusieurs années dans la revue espagnole Kiss Comix. Dans un texte de présentation il est précisé que beaucoup de choses étaient improvisées. Cela se sent. Le dessin est un peu brouillon, moins affirmé que ce l’auteur (aux deux pseudos…) fera par la suite. Mais bon, il est globalement lisible. Les histoires jouent sur des clins d’œil appuyés à quelques grandes œuvres littéraires – de Verne à Swift – dans un esprit qui se veut potache. Hélas, les traits d’humour tombent souvent à plat, les dialogues sont moins réussis que pour la Chambre 121. Et du coup ne reste qu’une longue suite de scènes de cul : le début est significatif, puisque le héros « force » (même si elle ne se défendent que mollement et peu de temps) deux femmes. L’humour étant soit absent soit lourdingue ou raté, les péripéties m’ont ensuite peu intéressé, les scènes de sexe étant moyennement réussies elles aussi. Quelques passages amusants, quelques scènes mieux réussies que d’autres, mais une lecture qui ne m’a pas vraiment captivé.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Isis - Les Mystères dévoilés (Tabou)
Isis - Les Mystères dévoilés (Tabou)

J’avais découvert les deux auteurs avec l’album La Chair des dieux. Je les retrouve sur un projet une nouvelle fois lié à une divinité, mais celle-ci égyptienne (après les divinités nordiques). Le dessin de Winona est plutôt chouette (malgré quelques menus défauts pour certains visages). Cela ressemble à des crayonnés rehaussés à l’aquarelle. C’est parfois assez gras et chargé, tout en étant réellement très beau – mais cela peut sans doute surprendre et dérouter pas mal de lecteurs. Mais, comme pour La Chair des dieux, je me prends à penser qu’un travail uniquement en Noir et Blanc m’attirerait davantage encore (sa colorisation me satisfait clairement moins). Si dans la version plus « soft » publiée par Graph Zeppelin Winona jouait sur un dessin très sensuel, un érotisme latent, on a là plusieurs scènes plus qu’explicites. Là aussi la colorisation m'a un peu gêné. L’intrigue d’Emka est pour le moment un peu obscure, pas toujours facile à suivre. Il mêle vie des dieux et celle des Égyptiens. Mais, après tout, les deux étaient sans doute imbriquées, la frontière entre les deux univers était probablement moins claire que ce que nous pensons aujourd’hui. C’est ainsi qu’Emka propose à la fois une « biographie » d’Isis, mais aussi une vision quelque peu fantasmée, fantastique (ce dernier aspect est très présent), de l’Égypte ancienne. Une vision ésotérique, érotique et fantastique de l’Égypte antique qui sort des sentiers battus.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Kill or be killed
Kill or be killed

Certes, il y a bien des aspects fantastiques dans cette histoire (les apparitions du démon entre autres), mais c’est plutôt en polar que j’aurais classé cette série. Et dans ce domaine, le duo Brubaker/Phillips s’y connait, et il nous a déjà proposé quelques belles petites choses. On sent en effet que Brubaker est un vieux routard, son scénario est plutôt roublard. Il multiplie les flash-backs, certaines scènes tendues et importantes servant souvent de teasers jusqu’à ce que ces flash-backs nous les expliquent. Et les commentaires en off, sorte de réflexions à voix haute du héros, s’adressent aux lecteurs, les prend à partie, pour les inclure dans l’action. Je craignais que ces procédés ne hachent trop le récit, mais il n’en est rien, il n’y a pas de baisse de tension. On ne s’ennuie jamais, et on accepte aisément les facilités scénaristiques (comme ce héros qui se transforme quand même facilement en un tueur hyper efficace, se jouant de la police, de la mafia russe, etc.). Comme à son habitude, Phillips nous propose un dessin efficace et agréable, même si arrière-plans et décors sont un peu trop escamotés. J’ai juste eu du mal avec sa façon de représenter les tirs d’armes à feu. Au final, on a là un très bon thriller. Pas si original que ça, mais redoutablement bien ficelé. Les amateurs du duo d’auteurs y trouveront leur plaisir.

22/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Chants du Chaos
Les Chants du Chaos

Une BD riche en éléments ! Une belle découverte d'un univers beau et construit, avec la construction d'un culte et une exploration de la sexualité, qui ne forme pas pour autant un point central de l'histoire. Le style graphique est épuré et personnel, offrant un confort visuel par la couleur. Celle ci permet de relier les émotions des personnages aux lecteurs. Malgré tout on peut trouver une légère incohérence ou problème de compréhension entre les planches, mais ne fait pas l'exception unique de cette BD. La fin est dynamique et laisse entrevoir une suite qui attise la curiosité et le désir d'un second tome ! Une très belle lecture et découverte ! Je recommande vivement !

22/02/2026 (modifier)
Par GREG
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Commissaire Kouamé
Commissaire Kouamé

En toute franchise, j'ai bien aimé. C'est très dépaysant: on nous place dans le quotidien d'un commissaire de police ivoirien, qui donne son nom à la série. Il est effectivement assisté par un flic blanc, qui est venu s'exiler sur place pour des raisons que nous découvrirons bien plus tard. Rien que le cadre vaut le détour, c'est très très rare dans la BD franco-belge de nous placer dans ce genre de contexte. Ajoutons à cela que c'est assez déjanté: on est confronté à la corruption endémique, les superstitions, et le commissaire a un sens de l'éthique et de la morale assez particulier, nous abreuvant de discussions / proverbes philosophiques locaux. Mais ce n'est pas une comédie pour autant: les sujets traités sont très sérieux: brutalités policières, traites d'humains, kidnapping, trafic de drogue, meurtres..Le côté déjanté /excentrique des personnages et de certaines situations vient juste adoucir un ensemble qui sinon serait très sombre. Et puisqu'on parle d'excentricité: un des running gags touche la passion du flic blanc pour des véhicules anciens "populaires" avec lesquels il promène le commissaire régulièrement, qui ne manque pas une opportunité pour critiquer (gentiment) les limitations en terme de confort des véhicules en question. Bref, dépaysement garanti! Deux regrets: -Un rythme de parution très lent. Il semble que les auteurs suivent une approche de publication en diptyques, au rythme d'un album tout les 4-5 ans, et le tome 3 s'achève sur un cliffhanger haletant. -Une absence de vraies infos pour contextualiser: ignorant tout de la cote d'ivoire, j'aurais aimé savoir si tout est vraiment crédible/a une base de vérité.

22/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Silent Jenny
Silent Jenny

Je pense que j'ai de la difficulté avec Mathieu Bablet, un auteur que plusieurs trouvent remarquable, mais qui la plupart du temps pond des œuvres qui me semblent au mieux correctes du niveau du scénario. Parce que oui au niveau du dessin cela sort du lot. Il y a de très belles trouvailles graphiques, la mise en scène est magistrale... Honnêtement je vois les efforts qu'accomplit cet auteur dans chacune de ses œuvres et je voudrais bien le récompenser en mettant plus d'étoiles, mais voilà ça ne serait pas honnête au niveau de ce que j'ai ressenti en tenant compte du scénario. Je pense qu'ici c'est son album qui m'a le moins accroché. J'ai pas trouvé que cette univers futuriste se détachait du lot de tous ces futurs apocalyptiques que j'ai vu en fiction jusqu'à présent et les personnages ne m'ont pas trop intéressé ainsi que leurs préoccupations. Je crois que c'est mon gros problème avec Bablet : au niveau de la technique, c'est irréprochable, mais lorsqu'il s'agit de me transmettre des émotions, ça fonctionne moins. C'est trop froid. En plus, le scénario est un peu long. Heureusement qu'il y a des scènes avec peu ou pas du tout de textes. J'avais tout de même pensé mettre 3 étoiles parce qu'il y a quelques trucs pas trop mal, mais je me suis tout de même ennuyé durant une bonne partie du récit, j'ai dû rependre l'album deux fois pour le finir et lorsque je l'ai enfin fini j'ai eu un peu l'impression d'avoir perdu mon temps.

22/02/2026 (modifier)
Par kanibal
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête du nord
La Bête du nord

C'est un très bon moment de lecture , on est en terrain balisé : la Taverne avec sa bagarre générale , les femmes sexy etc.. et en fin de compte on a un récit qui tient bien la route avec une fin inattendue, graphiquement c'est pas mauvais, tous les ingrédients sont réunis pour tous fans du Cimmerien. Il y a quelques belles passes d'armes et ça découpe allègrement. C'est le genre de projet qui mériterait d'être réitéré.

21/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Cléopâtre - La Reine fatale
Cléopâtre - La Reine fatale

Cléopâtre méritait bien évidemment d’intégrer cette collection – elle est même probablement l’incarnation idéale de la reine forte. Elle méritait tout autant de voir développées sa vie et sa personnalité sur un nombre conséquent de tomes. C’était un peu la frustration du Cléopâtre (Glénat). Mais ici on est passé à cinq tomes, et je pense que c’est un de trop. En effet, les deux derniers auraient pu être réduits à un seul, c’est un peu dilué, avec en plus certaines ellipses brutales, pour les relations entre Cléopâtre et Marc-Antoine, et du coup ça développe surtout – parfois en délayant (voir aussi le rappel un peu inutile et artificiel des conquêtes d’Alexandre, racontées par Cléopâtre à Marc-Antoine) – un moment finalement court, et certes final, mais pas forcément le plus crucial ? Mais globalement, ça reste une bonne biographie de cette dame qui a marqué l’Histoire. Gloris a certes « romancé » ou inventé certains passages (voir les moments où Cicéron drague – pour ne pas dire plus – Cléopâtre), mais il a essayé de rester le plus possible dans ce que l’on sait, ancrant son récit dans la grande Histoire au moyen de rappels guerriers (batailles, alliances entre grands noms de cette période charnière de Rome – et donc de l’Antiquité). Le récit est plaisant à lire. Aussi parce que le dessin est agréable. J’ai été surpris au début par le rendu des visages, mais je m’y suis fait, et je dois dire que c’est plutôt du très bon travail (idem pour la colorisation).

21/02/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 2/5
Couverture de la série Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique
Sex Friends - Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère du numérique

A mi-chemin entre l’ouvrage sociologique et la comédie romantique, « Sex Friends » nous plonge dans l’univers des réseaux de rencontre en ligne, où le sexe semble désormais être entré dans l’ère du prêt-à-consommer, à toute heure et en tout lieu. Avec des applis de dating telles que Tinder, Hinge (renommée ici Cinder et Tinge), Chatroulette (plus orienté porn) et autre Pure, la jeunesse actuelle en quête de l’âme sœur scrolle, like et « swipe » compulsivement les profils. Oublié le romantisme gnan-gnan de l’époque des darons, à chaque profil correspond une appli, et désormais on peut baiser juste pour le fun, sans l’arrière-pensée d’une relation durable, avec la garantie minimale de ne pas tomber sur un pervers narcissique. Mais résumer la question en quelques lignes ne suffira pas à résumer le contenu de cette bande dessinée. Le livre débute sur une rupture : une jeune femme, Fanny, reçoit un SMS de sa copine Olga lui annonçant qu’elle la largue, pour la bloquer ensuite. Le problème, c’est que Fanny n’a pas du tout la même conception des relations amoureuses, et qu’elle fait la distinction entre amour et sexe. Elle est accro à « Cinder », son « supermarché de l’amour », tout en restant pourtant folle amoureuse d’Olga, qui elle recherche une « fidélité » un peu désuète. Autour de cette histoire vont venir se greffer d’autres personnages : la collègue de Fanny, Félicie, qui a un certain appétit sexuel mais rêve au fond d’elle du grand amour, et Marius, le bon pote prof de philo au look de caillera. Tout cela donne lieu à des discussions centrées autour de la drague sur apps. La jeune femme, qui tient également un blog sous le pseudo « Devilish », distille ses réflexions sur ces nouvelles pratiques qui ponctuent le livre. A travers le blog de Fanny, le sujet abordé est vaste et plutôt intéressant, nourrissant la réflexion du lecteur. A l’attention des boomers qui pourraient se désoler de la disparition de la drague à l’ancienne, il est notamment rappelé que le « dating » n’est pas si nouveau, remontant « aux premières agences de rencontre », souvent accusées de mercantilisme… S’il est une critique à émettre vis-à-vis de cet ouvrage, elle relèverait plutôt de la construction narrative, quelque peu brouillonne. Paradoxalement, les conversations sont souvent oiseuses, et l’enchaînement des situations désordonné voire frénétique, ne permettant pas de saisir aisément les ressorts de l’intrigue (si on peut parler d’intrigue) et générant un certain désintérêt pour cette lecture. Les abondants phylactères et e-phylactères (peut-on appeler ça comme ça quand il s’agit de textos ?) ne sont pas tant le problème que leur manque de lisibilité (une police blanche sur fond rose pâle, c’est pas top) ou leur incohésion. De plus, la partition graphique ne sert guère le propos. Que ce soit pour dessin ou le découpage, rien n’est vraiment satisfaisant ici. Si le choix d’une approche minimaliste semble approprié, on est moins séduit par les expressions des personnages, qui se veulent à certains moments comiques sans y parvenir. Les visages sont plutôt laids et parfois difficiles à identifier, ce qui ne contribue pas à la bonne compréhension du récit. Peut-être aurait-il mieux valu traiter la question dans un format purement documentaire… Malgré son intérêt sociologique, « Sex Friend » dans sa conception s’avère décevant. C’est dommage, car le sujet méritait sans doute mieux. Glisser le mot « sexe » dans le titre suffira peut-être pour attirer l’attention du public, mais à l’évidence, l’équilibre entre le propos et la narration fait ici défaut pour convaincre pleinement. Et si le sexe sur apps n’était pas aussi ébouriffant qu’on pourrait le croire ? C’est peut-être le message du livre, finalement…

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Mourir au paradis
Mourir au paradis

Mourir au paradis est un one shot de Pierre Christin et Alain Mounier publié en 2005. A l'époque, on a reproché à Pierre Christin d'avoir tapé à côté par rapport aux éléments qu'il dénonçait. Aujourd'hui nous sommes en 2026 et à la relecture, j'ai plutôt l'impression que Christin s'est montré assez visionnaire sur la direction que prenait l'Amérique... Le repli sur soi, le traitement des latinos sans papier, le garçon Bart qui ressemble à un adhérent du mouvement Groypers... Il y a dans cette bande énormément d'échos à l'actualité américaine. Comme quoi il faut être assez prudent quand on critique un auteur de la trempe de Christin et qu'on a pas son bagage géopolitique. Le récit est bien mené, j'ai apprécié le caractère inéluctable et le cynisme ambiant, on dirait presque du Hermann parfois. Au dessin, Alain Mounier livre un travail très appliqué. J'aime beaucoup ce dessinateur. Il parvient à donner énormément de sens au propos juste à travers les visages ou certains cadrages. Les cases sont vraiment détaillées. C'est sans conteste un de ses meilleurs travaux avec L'ambulance 13. Une bande de Pierre Christin à réhabiliter.

21/02/2026 (modifier)