C'est parmi le pire que j'aie lu de Manara, je pense. Le titre Piranese et ce que je connaissais déjà du dessinateur m'envoyaient vers des sommets artistiques. Mais non, j'ai trouvé une histoire de supposée science-fiction sans grande consistance, une banalité visuelle aussi, aggravée par des couleurs qui profitent rarement au travail de Manara.
Il ne me surprend pas que cette série ait été abandonnée. C'était peut-être la meilleure chose à faire.
J'aime beaucoup Vanyda, nettement moins la Fantasy. Aussi, il est à craindre que ce récit ne parvienne à me convaincre véritablement.
Les qualités sont là, indéniables : des illustrations charmantes, plus chargées de détails qu'à l'accoutumée, ce qui octroie aux personnages un air figé pas inintéressant au regard de l'univers décrit. Des personnages bien travaillés, généralement mystérieux, riches en ambiguïtés et capables pour nombre d'entre eux des plus viles machinations. Un univers crédible, vaguement steam punk, envahi par une magie dont les familles se partagent différentes spécificités bien particulières. Et ces éternelles quêtes de pouvoir au sein d'une cour comparable à la Versailles de l'Ancien Régime.
L'intrigue est particulièrement dense, mais néanmoins dynamique, notamment grâce à la mise en page originale, capable ici ou là de jeux pertinents entre les bordures des cases, et de décadrages ou gros plans surprenants. C'est très réussi, mais plutôt desservi par une édition ayant fait le regrettable choix d'un format légèrement inférieur à l'A4 nuisant quelque peu à la lisibilité générale.
L'adaptation est en tout point remarquable, mais le matériau originel me laisse des plus circonspects : cet univers rétrograde ne me fascine nullement, la magie des différents pouvoirs ne m'inspire aucune rêverie, les aspects pourtant indéniablement ludiques des illusions et des organisations de l'espace ne m'ont pas amusé, la perfidie des uns et des autres et la dramaturgie des intrigues machiavéliques m'ont laissé de côté.
Je ne pense pas être véritablement réfractaire à la Fantasy, mais force est de constater que l'ennui a une nouvelle fois accompagné ma découverte d'un récit de ce genre. Malgré ses incontestables qualités.
Burne Hogarth est connu comme le « Michel-Ange des comics ». Mais ce n'est pas mon dessinateur préféré de Tarzan. Il a poursuivi le travail pionnier de Hal Foster, mais a rapidement commencé à imposer les caractéristiques de son dessin si personnel.
Je le considère trop égocentrique et son dessin baroque attire trop l'attention sur l'artiste et non sur le personnage et ses aventures.
Il a tenté un retour au personnage dans les années 70 et a même réussi dans cette initiative. En outre, il a publié des livres sur l'anatomie artistique et le dessin de la tête humaine avec un certain bonheur.
La série répond à toutes les exigences du genre porno et je l'ai trouvée grâce au magazine Kiss Comix. Le dessin n’est pas mal, et les situations très basiques ne sont qu’un prétexte pour le sexe explicite, avec des femmes faciles, toujours prêtes à l’action!
Cependant, si l’intention était d’exciter, cela laisse beaucoup à désirer. Malgré l’abondance des formes généreuses de Miss, les autres personnages sont trop grossiers et même grotesques parfois. Tout devient encore pire avec les dessins en couleur!
La plus mythique et émotive course automobile de tous les temps! La série privilégie les grands affrontements entre marques à travers les différentes époques. Bon travail de recherche et de documentation. Le cadrage dans le contexte et l'attention portée aux protagonistes constituent l'aspect positif principal, je pense. Personnellement, j'aurais préféré un traitement plus réaliste des personnages au niveau du dessin. Il s'agit d'un choix de la part des auteurs et même le dessin des automobiles souffre parfois d'un dessin trop simplifié.
2.5
Chauzy aime bien les histoires qui parlent de la misère humaine.
Le point fort de cet album est sa description glauque de la vie quotidienne dans un quartier bien pourri. Il y a aussi le fait qu'à aucun moment je n'ai eu l'impression que je lisais l'adaptation d'une œuvre littéraire. Sinon, le scénario est correct, mais un peu déroutant. Pendant un bon moment, des éléments du scénario ne sont pas clairs et on dirait juste une suite de scènes sans liens entre elles. Tout fait plus de sens lorsqu'on a les révélations finales, mais après que j'ai tout bien compris je trouvais qu'il manquait quelques chose pour que le récit soit mémorable.
Il faut dire qu'au final le récit est plutôt léger. Il faut dire que c'est l'adaptation d'une nouvelle. Cela doit être sympathique à lire si on a lit avec les autres nouvelles de l'auteur, mais tout seul comme bd qui mine de rien dépasse les 50 pages, cela donne une lecture un peu trop rapide qui me laisse sur ma faim.
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot.
Le résumé laisse présager une belle histoire de tolérance et d'ouverture d'esprit entre deux cultures et au final Matteo Ricci a souvent l'air d'un type un peu arrogant qui tolère la culture chinoise vu comme des superstitions en attendant de convertir tous les chinois. La plupart des personnages chinois présents dans l'album peuvent être rattaché au stéréotype raciste du chinois fourbe, mais je pense que cela peut tout de même s'expliquer en parti du fait qu'en voit surtout Ricci côtoyé des gens de pouvoirs. Dans toute cour, la fourberie, l'arrogance et la manipulation sont malheureusement courante et je dois dire que ce qui m'a le plus intéressé était les difficultés de Ricci pour rencontrer l'empereur de Chine et les luttes entre différents personnages de l'état chinois. Le reste est beaucoup trop classique pour moi, y compris le dessin que j'ai souvent trouvé figé.
On dirait vraiment une vieille BD religieuse des années 50-60, du type que ce que faisait un auteur comme Jijé par exemple. Sauf que si je peux être indulgent avec ce que l'on peut retrouver dans une vieille BD, je le suis moins pour une BD sorti il y a seulement quelques années. Le fait que les auteurs aient été aidés dans leur biographie par les jésuites eux-mêmes n'aide pas trop à m'enlever l'idée que j'ai lu une BD de propagande religieuse.
Liberatore étant un gros paresseux (dixit mon bouquiniste qui connait la tante de son chien), Albin Michel a été obligé de racler les fonds de catalogue à l'époque, pour avoir quelque chose à proposer aux lecteurs français après Ranx.
Bon c'est très inégal évidemment, on a trois histoires courtes sympas ("terre contre saturne", "confiné" et "évitez les grandes émulsions"), le reste n'est pas terrible.
La couverture est bien cool.
C'est ok pour les fans mais n'en attendez pas la lune.
Oh la mauvaise pioche !
Un conseil : si comme moi vous collectionnez Pepe Moreno chez Albin Michel, et que vous avez déjà Gene Kong, Joe's Air Force et Rebel, sachez que vous pouvez vous passer allègrement de cette bande.
On est vraiment sur du fond de catalogue. Les histoires n'ont ni queue ni tête. On reconnaît les dessins mais pas l'esprit de Moreno. C'est juste nul en fait.
Ils sont malins chez Albin Michel, avec sa très jolie couverture, Zeppelin est un véritable piège à co...llectionneurs.
La série se laisse lire – malgré ses faiblesses – et plaira forcément aux amateurs d’Hugault et de l’aviation militaire. Aux amateurs de pin-ups aussi !
Le dessin de Hugault est toujours superbe dès lors qu’il s’agit d’avions, de combats aériens. Techniquement, il n’y a rien à lui reprocher. J’ai même trouvé qu’après les premiers tomes ça s’améliorait encore. Ses combats aériens remplissent très agréablement les vides de certains passages du scénario de Yann (je pense que la série aurait pu être moins longue !). Navires et surtout carlingues d’avions sont très chouettes en tout cas.
A propos de carlingue – qu’on me pardonne cette muflerie ! – il nous montre aussi son talent pour dessiner de – très – jolies femmes (bien en chair comme toujours avec lui, avec pas mal de scènes clins d’œil à l’esthétique pin-up – et souvent prétextes à montrer la plastique de ces dames). Décors et personnages réussis aussi, malgré des difficultés parfois pour certaines expressions sur les visages (qui sont quand même moins figés que sur d’autres de ses séries, et qui s’améliore au fur et à mesure des tomes).
Visuellement très chouette (avec une colorisation lumineuse) et bourré de clichés, le dessin est vraiment le point fort de la série.
Une série qui a parfois des airs de « Têtes brûlées », puisque la série se développe au sein des forcées aériennes américaines du Pacifique à partir de 1944, avec comme principale originalité dans cet univers extrêmement machiste d’avoir comme personnage principal une femme, Angela, pilote émérite, mais aussi travaillant pour les services secrets (OSS durant la guerre, puis CIA dans les deux derniers tomes).
Une forte femme (qui en a autant dans la caboche que dans le soutien-gorge), qui va se trouver mêlée à de multiples aventures, et rencontrer l’amour avec un pilote américain. En fil rouge, elle essaye de comprendre pourquoi sa sœur est morte – a même été « éliminée sous couvert d’un accident alors qu’elle travaillait autour d’un projet secret (la bombe atomique). Cela amène Angela à mener son enquête. Mais, bizarrement, Yann ne nous livre pas le fin mot de l’histoire, et cette quête de vérité se termine brutalement, Angela étant convaincu par un mensonge (mais le lecteur qui sait que c’est un mensonge est plus frustré !).
L’intrigue se laisse lire, même s’il y a des longueurs, si c’est bourré de clichés (mais Yann en joue). Le dessin d’Hugault compense les limites du scénario (pas mauvais, mais pas original non plus).
A noter que Yann fait un petit clin d’œil à son pote Léturgie, avec ce personnage de John Eigrutel qui fait une courte apparition dans le troisième tome.
Le premier cycle de six tomes peut se suffire à lui-même.
Le sixième tome se finit sur le largage de la bombe atomique sur Hiroshima (au passage, c’est bizarre, mais la forme de la bombe vue dans les tomes précédents ressemble plus à celle larguée ensuite sur Nagasaki !?), et cela aurait dû (c’était d’ailleurs sans doute le cas initialement ?) conclure la série.
Mais les auteurs ont remis le couvert avec deux albums supplémentaires, se déroulant des années plus tard sur un autre théâtre d’opérations, durant la guerre de Corée, et juste après l’armistice pour le huitième et dernier album.
C’est l’occasion pour Hugault de dessiner des avions à réaction, et de faire un album entier autour de la tournée de Marilyn Monroe auprès des G.I.s en rut.
Clairement ces deux albums sont superflus, assez mous, font un peu « remplissage ». Mais le dessin d’Hugault est vraiment très beau (et Marilyn est belle…). A vous de voir si ça suffit.
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Piranese
C'est parmi le pire que j'aie lu de Manara, je pense. Le titre Piranese et ce que je connaissais déjà du dessinateur m'envoyaient vers des sommets artistiques. Mais non, j'ai trouvé une histoire de supposée science-fiction sans grande consistance, une banalité visuelle aussi, aggravée par des couleurs qui profitent rarement au travail de Manara. Il ne me surprend pas que cette série ait été abandonnée. C'était peut-être la meilleure chose à faire.
La Passe-Miroir
J'aime beaucoup Vanyda, nettement moins la Fantasy. Aussi, il est à craindre que ce récit ne parvienne à me convaincre véritablement. Les qualités sont là, indéniables : des illustrations charmantes, plus chargées de détails qu'à l'accoutumée, ce qui octroie aux personnages un air figé pas inintéressant au regard de l'univers décrit. Des personnages bien travaillés, généralement mystérieux, riches en ambiguïtés et capables pour nombre d'entre eux des plus viles machinations. Un univers crédible, vaguement steam punk, envahi par une magie dont les familles se partagent différentes spécificités bien particulières. Et ces éternelles quêtes de pouvoir au sein d'une cour comparable à la Versailles de l'Ancien Régime. L'intrigue est particulièrement dense, mais néanmoins dynamique, notamment grâce à la mise en page originale, capable ici ou là de jeux pertinents entre les bordures des cases, et de décadrages ou gros plans surprenants. C'est très réussi, mais plutôt desservi par une édition ayant fait le regrettable choix d'un format légèrement inférieur à l'A4 nuisant quelque peu à la lisibilité générale. L'adaptation est en tout point remarquable, mais le matériau originel me laisse des plus circonspects : cet univers rétrograde ne me fascine nullement, la magie des différents pouvoirs ne m'inspire aucune rêverie, les aspects pourtant indéniablement ludiques des illusions et des organisations de l'espace ne m'ont pas amusé, la perfidie des uns et des autres et la dramaturgie des intrigues machiavéliques m'ont laissé de côté. Je ne pense pas être véritablement réfractaire à la Fantasy, mais force est de constater que l'ennui a une nouvelle fois accompagné ma découverte d'un récit de ce genre. Malgré ses incontestables qualités.
Tarzan par Burne Hogarth
Burne Hogarth est connu comme le « Michel-Ange des comics ». Mais ce n'est pas mon dessinateur préféré de Tarzan. Il a poursuivi le travail pionnier de Hal Foster, mais a rapidement commencé à imposer les caractéristiques de son dessin si personnel. Je le considère trop égocentrique et son dessin baroque attire trop l'attention sur l'artiste et non sur le personnage et ses aventures. Il a tenté un retour au personnage dans les années 70 et a même réussi dans cette initiative. En outre, il a publié des livres sur l'anatomie artistique et le dessin de la tête humaine avec un certain bonheur.
Miss 130
La série répond à toutes les exigences du genre porno et je l'ai trouvée grâce au magazine Kiss Comix. Le dessin n’est pas mal, et les situations très basiques ne sont qu’un prétexte pour le sexe explicite, avec des femmes faciles, toujours prêtes à l’action! Cependant, si l’intention était d’exciter, cela laisse beaucoup à désirer. Malgré l’abondance des formes généreuses de Miss, les autres personnages sont trop grossiers et même grotesques parfois. Tout devient encore pire avec les dessins en couleur!
24 Heures du Mans
La plus mythique et émotive course automobile de tous les temps! La série privilégie les grands affrontements entre marques à travers les différentes époques. Bon travail de recherche et de documentation. Le cadrage dans le contexte et l'attention portée aux protagonistes constituent l'aspect positif principal, je pense. Personnellement, j'aurais préféré un traitement plus réaliste des personnages au niveau du dessin. Il s'agit d'un choix de la part des auteurs et même le dessin des automobiles souffre parfois d'un dessin trop simplifié.
La Vigie
2.5 Chauzy aime bien les histoires qui parlent de la misère humaine. Le point fort de cet album est sa description glauque de la vie quotidienne dans un quartier bien pourri. Il y a aussi le fait qu'à aucun moment je n'ai eu l'impression que je lisais l'adaptation d'une œuvre littéraire. Sinon, le scénario est correct, mais un peu déroutant. Pendant un bon moment, des éléments du scénario ne sont pas clairs et on dirait juste une suite de scènes sans liens entre elles. Tout fait plus de sens lorsqu'on a les révélations finales, mais après que j'ai tout bien compris je trouvais qu'il manquait quelques chose pour que le récit soit mémorable. Il faut dire qu'au final le récit est plutôt léger. Il faut dire que c'est l'adaptation d'une nouvelle. Cela doit être sympathique à lire si on a lit avec les autres nouvelles de l'auteur, mais tout seul comme bd qui mine de rien dépasse les 50 pages, cela donne une lecture un peu trop rapide qui me laisse sur ma faim.
Matteo Ricci - Dans la Cité Interdite
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot. Le résumé laisse présager une belle histoire de tolérance et d'ouverture d'esprit entre deux cultures et au final Matteo Ricci a souvent l'air d'un type un peu arrogant qui tolère la culture chinoise vu comme des superstitions en attendant de convertir tous les chinois. La plupart des personnages chinois présents dans l'album peuvent être rattaché au stéréotype raciste du chinois fourbe, mais je pense que cela peut tout de même s'expliquer en parti du fait qu'en voit surtout Ricci côtoyé des gens de pouvoirs. Dans toute cour, la fourberie, l'arrogance et la manipulation sont malheureusement courante et je dois dire que ce qui m'a le plus intéressé était les difficultés de Ricci pour rencontrer l'empereur de Chine et les luttes entre différents personnages de l'état chinois. Le reste est beaucoup trop classique pour moi, y compris le dessin que j'ai souvent trouvé figé. On dirait vraiment une vieille BD religieuse des années 50-60, du type que ce que faisait un auteur comme Jijé par exemple. Sauf que si je peux être indulgent avec ce que l'on peut retrouver dans une vieille BD, je le suis moins pour une BD sorti il y a seulement quelques années. Le fait que les auteurs aient été aidés dans leur biographie par les jésuites eux-mêmes n'aide pas trop à m'enlever l'idée que j'ai lu une BD de propagande religieuse.
Vidéo clips
Liberatore étant un gros paresseux (dixit mon bouquiniste qui connait la tante de son chien), Albin Michel a été obligé de racler les fonds de catalogue à l'époque, pour avoir quelque chose à proposer aux lecteurs français après Ranx. Bon c'est très inégal évidemment, on a trois histoires courtes sympas ("terre contre saturne", "confiné" et "évitez les grandes émulsions"), le reste n'est pas terrible. La couverture est bien cool. C'est ok pour les fans mais n'en attendez pas la lune.
Zeppelin
Oh la mauvaise pioche ! Un conseil : si comme moi vous collectionnez Pepe Moreno chez Albin Michel, et que vous avez déjà Gene Kong, Joe's Air Force et Rebel, sachez que vous pouvez vous passer allègrement de cette bande. On est vraiment sur du fond de catalogue. Les histoires n'ont ni queue ni tête. On reconnaît les dessins mais pas l'esprit de Moreno. C'est juste nul en fait. Ils sont malins chez Albin Michel, avec sa très jolie couverture, Zeppelin est un véritable piège à co...llectionneurs.
Angel Wings
La série se laisse lire – malgré ses faiblesses – et plaira forcément aux amateurs d’Hugault et de l’aviation militaire. Aux amateurs de pin-ups aussi ! Le dessin de Hugault est toujours superbe dès lors qu’il s’agit d’avions, de combats aériens. Techniquement, il n’y a rien à lui reprocher. J’ai même trouvé qu’après les premiers tomes ça s’améliorait encore. Ses combats aériens remplissent très agréablement les vides de certains passages du scénario de Yann (je pense que la série aurait pu être moins longue !). Navires et surtout carlingues d’avions sont très chouettes en tout cas. A propos de carlingue – qu’on me pardonne cette muflerie ! – il nous montre aussi son talent pour dessiner de – très – jolies femmes (bien en chair comme toujours avec lui, avec pas mal de scènes clins d’œil à l’esthétique pin-up – et souvent prétextes à montrer la plastique de ces dames). Décors et personnages réussis aussi, malgré des difficultés parfois pour certaines expressions sur les visages (qui sont quand même moins figés que sur d’autres de ses séries, et qui s’améliore au fur et à mesure des tomes). Visuellement très chouette (avec une colorisation lumineuse) et bourré de clichés, le dessin est vraiment le point fort de la série. Une série qui a parfois des airs de « Têtes brûlées », puisque la série se développe au sein des forcées aériennes américaines du Pacifique à partir de 1944, avec comme principale originalité dans cet univers extrêmement machiste d’avoir comme personnage principal une femme, Angela, pilote émérite, mais aussi travaillant pour les services secrets (OSS durant la guerre, puis CIA dans les deux derniers tomes). Une forte femme (qui en a autant dans la caboche que dans le soutien-gorge), qui va se trouver mêlée à de multiples aventures, et rencontrer l’amour avec un pilote américain. En fil rouge, elle essaye de comprendre pourquoi sa sœur est morte – a même été « éliminée sous couvert d’un accident alors qu’elle travaillait autour d’un projet secret (la bombe atomique). Cela amène Angela à mener son enquête. Mais, bizarrement, Yann ne nous livre pas le fin mot de l’histoire, et cette quête de vérité se termine brutalement, Angela étant convaincu par un mensonge (mais le lecteur qui sait que c’est un mensonge est plus frustré !). L’intrigue se laisse lire, même s’il y a des longueurs, si c’est bourré de clichés (mais Yann en joue). Le dessin d’Hugault compense les limites du scénario (pas mauvais, mais pas original non plus). A noter que Yann fait un petit clin d’œil à son pote Léturgie, avec ce personnage de John Eigrutel qui fait une courte apparition dans le troisième tome. Le premier cycle de six tomes peut se suffire à lui-même. Le sixième tome se finit sur le largage de la bombe atomique sur Hiroshima (au passage, c’est bizarre, mais la forme de la bombe vue dans les tomes précédents ressemble plus à celle larguée ensuite sur Nagasaki !?), et cela aurait dû (c’était d’ailleurs sans doute le cas initialement ?) conclure la série. Mais les auteurs ont remis le couvert avec deux albums supplémentaires, se déroulant des années plus tard sur un autre théâtre d’opérations, durant la guerre de Corée, et juste après l’armistice pour le huitième et dernier album. C’est l’occasion pour Hugault de dessiner des avions à réaction, et de faire un album entier autour de la tournée de Marilyn Monroe auprès des G.I.s en rut. Clairement ces deux albums sont superflus, assez mous, font un peu « remplissage ». Mais le dessin d’Hugault est vraiment très beau (et Marilyn est belle…). A vous de voir si ça suffit.