Les derniers avis (359 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Sœurs des vagues
Sœurs des vagues

J'étais pris dans l'histoire, mais la fin m'a déçue au vu de ce qui était proposé avant. C'est un récit très sympathique, mais qui n'arrive pas à décoller vraiment, avec une fin qui n'est pas à la hauteur du reste et m'a donné l'impression de laisser retomber le soufflé. Je pense qu'un des soucis du récit est l'abondance de sujets traités : les communautés de pêcheurs dont les maris partent en mer, la prohibition et l'impact sur les petites gens, la mafia naissante, mais aussi les querelles de village et l'exclusion sociale, ainsi que la paternité du gardien de phare et le naufragé dont l'arc ne m'a pas paru très clair. Je précise que le récit n'est pas spécialement confus, tout est clair, le récit travaille certains secrets jusqu'à ce qu'on les révèle, tandis que le récit progresse lentement vers son sujet central, qui semble être la communauté des femmes de ce village. Cependant, je dois avouer que je comprends mal certains détails, comme la gamine voulant s'échapper dont j'ai du mal à voir l'intrication dans le récit, si ce n'est cette nuit finale assez chargée qui semble vouloir tout boucler. Sauf qu'au final je ne vois pas trop ce que certaines histoires venaient faire ici, au vu de leur fin. Mais ça reste une BD agréable à lire, au rythme plutôt soutenu et qui est accompagné d'un dessin dont je ne suis pas fan du style mais qui va très bien au récit. C'est plaisant et agréable, le genre de BD que je lis avec plaisir mais qui ne vas pas me marquer !

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Les Montagnes hallucinées (Tanabe)
Les Montagnes hallucinées (Tanabe)

Ayez peur, très peur ! C'était le premier travail de Gou Tanabe que j'ai lu. Et je suis encore très terrifié, j'ai déjà lu et commandé d'autres oeuvres de l'auteur. Je connaissais les textes de Lovecraft, mais je pensais qu'il ne serait pas facile de les adapter en bande dessinée ou même au cinéma. Comment dire l'indicible, comment transmettre l'étrangeté et l'horreur ? Surtout, il est important de ne pas tout montrer de manière trop claire, au risque de tout gâcher et de tomber dans le ridicule. C’est un équilibre difficile ! Les dessins sont très bons, la progression de l'histoire intensifie l'inquiétude du lecteur, du moins c'est ce que j'ai ressenti. 1931, l'expédition à la recherche du Pr Lake en Antarctique... des squelettes et encore des squelettes ! Terreur et folie. J'aime beaucoup la façon dont Tanabe maintient le suspense jusqu'au dénouement (?). Mais la peur ne s'arrête pas. L'édition, les reliures surtout, sont incroyablement bonnes, le toucher est extrêmement agréable ! Et, oui, elles sont parfaitement bien dans ma bibliothèque, elles la valorisent même !

28/07/2026 (modifier)
Couverture de la série La Dernière Maison juste avant la forêt
La Dernière Maison juste avant la forêt

Bon… Bon, bon, bon… Tout ce que je sais de l’œuvre de Loisel ne me vient que des quelques bribes de souvenirs d'avoir emprunté et lu La Quête de l'Oiseau du Temps et Peter Pan à mon père dans ma jeunesse. J'en garde de bons souvenirs, quoi que flous, mais je me souviens d'un trait travaillé et original et d’œuvres prenantes. Que cet album soit le premier par lequel je "redécouvre" l'artiste n'est pas de très bonne augure pour ma vision de son œuvre… Certes, Loisel n'est ici que co-auteur, l'album ayant été co-écrit avec Jean-Blaise Dijan (dont je ne connais rien), mais même dans l'aspect graphique j'ai trouvé l'album de mauvais goût. Oui, de mauvais goût. Tout m'a paru grossier, inutilement cruel même. J'ai toujours eu un faible pour les dessins s'éloignant des plastiques parfaites, jouant avec les corps et les morphologies pour - étrangement - humaniser ses personnages, mais là rien de tout ça. Les personnages sont laids, ouvertement laids dans la diégèse et traités comme des bêtes de foire par ce simple postulat. Sauf qu'on ne rit pas avec les personnages de leur situation, non, on est censé rire à leurs dépends, parce qu'ils sont laids et se croient beaux, comme les spectateur-ice-s d'un Freak Show. Et on a du mal à s'attacher à eux par pitié parce qu'à côté de ça ils se comportent pour beaucoup de manière abjecte. Si on ajoute à ça la cruauté gratuite et l'objectification à outrance, j'ai trouvé la quasi-totalité des personnages insupportables. Et non, tenter de nous faire une pauvre morale sur "l'amour et le bonheur qui étaient en fait là depuis le début" en toute fin ne sauvera pas les meubles, les rares aspects positifs font trop artificiels. On suit un Vaudeville fantastique avec des êtres cruels, petits moralement, mais pas pour autant rendus intéressants ou intriguants. Au final on s'en fout des disputes de couples à la con qui traînent dans la boue et tue par dommage collatéral, de cette histoire de famille inutilement cruelle les uns avec les autres, de cette mère tyrannique souhaitant se venger de son mari et faisant du mal autour d'elle sans s'en rendre compte. Cela pourrait être intéressant mais ça ne l'est pas. Et c'est sans parler du fait que j'imaginais les auteurs la main dans le slibard à chaque nouvelle page tournée. Les personnages baisent à tout va de manière bien arbitraire, ne pensent qu'avec leurs gonades et leurs hormones, on a droit a des scènes de nu et de jambes en l'air gratuites parce que pourquoi pas, … on a même deux créatures qui s'enculent en arrière plan pendant une scène (capitale pour l'intrigue). Ledit sexe ne sert à rien narrativement, ne sert aucun propos (même extradiégétique) et n'est là que pour un pseudo-érotisme assez bas de plafond. J'y vois une sorte d'album rescapé de cette période où certains auteurs se pensaient subversifs et/ou avant-gardistes en transformant le moindre synopsis engageant en soft-porn pour snobinard lubrique. Quoi qu'il en soit l'album ne m'a pas plu, du tout. C'est laid, cruel et beaucoup trop porté sur le cul et la cuisse facile pour ne serait-ce que me toucher. Vous savez quoi ? Si l'album possède tout de même des qualités qui m'auraient échappées il trouvera bien d'autres aviseur-euse-s pour le défendre, moi je ne lui donnerais pas plus qu'une étoile.

28/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Chroniques de l'Île Grande
Chroniques de l'Île Grande

Un Européen installé sur une île brésilienne observe la vie locale avec son regard d'occidental, entre découvertes culturelles, relations amoureuses et réflexions sur la société. Dans un cadre très années 0-80, on retrouve ici l'ambiance d'époque que Lauzier affectionne tant : un univers post-68 fait de discussions interminables, de mœurs libérées, de réflexions sur la société, le couple et surtout de sexualité omniprésente. Ses personnages, avec leur côté intellectuel désabusé et leurs contradictions, sont très représentatifs d'un certain milieu que l'on qualifierait aujourd'hui volontiers de bobo. Cet album se distingue toutefois de ses autres œuvres par son décor. Lauzier quitte les appartements et les salons urbains pour nous emmener au Brésil, sur l'île Grande, un lieu qu'il a bien connu dans sa jeunesse. Le héros semble d'ailleurs être en partie son propre reflet, un Européen venu profiter d'une vie plus libre sous les tropiques. Mais derrière cette fascination pour l'exotisme, Lauzier montre aussi le décalage entre le regard occidental et la réalité locale : son personnage apparaît parfois comme un néo-colon qui croit comprendre un monde qui lui échappe, tandis que certains autres Occidentaux venus chercher une expérience "authentique" se retrouvent eux aussi ridiculisés. L'humour et le regard de Lauzier restent particuliers, avec une misanthropie assez marquée et une vision parfois cruelle de ses personnages. Certains aspects de l'album ont forcément vieilli, notamment dans la manière dont sont représentés les habitants de l'île et les rapports hommes-femmes, mais cela reste un témoignage intéressant d'une époque et d'un état d'esprit aujourd'hui disparus. Note : 2,5/5

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 1/5
Couverture de la série Koinsky raconte... deux ou trois choses que je sais d'eux
Koinsky raconte... deux ou trois choses que je sais d'eux

Je me suis laissé séduire par l’imposance et la présentation de l’édition Casterman. J’ai trouvé les aquarelles si belles, les documents photographiques aussi. J’aurais dû accorder plus d’importance à l’avis de Noirdésir, mais je suis un complétiste de Hugo Pratt, c’est peut-être une maladie contemporaine. Je remarque une différence nette entre les trois premières histoires, dans un style plus ancien, qui auraient gagné à rester en noir et blanc, et les suivantes, avec un trait plus net et défini, prêtes à être colorisées par Patrizia Zanotti. Les intrigues, des histoires de guerre dans différents lieux, ne sont pas captivantes : du nord de l’Afrique à l’Atlantique Nord, de la Palestine aux batailles en Italie, j’ai le sentiment qu’il s’agit de restes mineurs de Pratt qui étaient restés inédits. En bref : tout est dispensable mais cela a été emballé dans un joli paquet.

28/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Maison qui rêvait
La Maison qui rêvait

Une maison étrange et biscornue semble influencer les nuits et les rêves de ses habitants. J'ai plutôt apprécié cette lecture, simple et agréable. L'histoire se contente finalement de nous raconter l'origine de cette maison étonnante et le parcours de son architecte, plus que de développer une véritable intrigue. Il y a peu de rebondissements et l'ensemble est léger et vite lu, mais le charme vient justement de cette accumulation de petites idées autour d'une maison qui semble avoir une vie propre, des envies et des rêves qu'elle transmet à ceux qui y habitent. Le dessin de Max Braslavsky a un côté inspiré par l'animation et l'illustration jeunesse. Ce n'est pas forcément un style que je trouve particulièrement beau : les formes sont simples, parfois épurées, les personnages un peu caricaturaux et les couleurs très franches, avec un aspect très enfantin. Le lettrage de la narration renforce d'ailleurs cette impression, en rappelant davantage un album illustré qu'une bande dessinée classique. Mais cette approche fonctionne finalement assez bien avec l'ambiance de conte absurde et merveilleux de l'album. Certaines grandes images de la maison, de ses transformations et de ses voyages oniriques sont réussies et donnent envie de s'attarder sur les détails. L'ensemble manque peut-être un peu d'ampleur pour marquer durablement, mais il se lit avec plaisir. Il y a de l'humour, une certaine poésie et quelques jolies réflexions sur le lien entre les lieux que nous habitons et les histoires qu'ils peuvent porter. Une petite fable sympathique et mignonne.

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Tex (Special)
Tex (Special)

Pris dans son ensemble, c'est une belle collection de westerns. Cela fait de nombreuses années que je lis Tex Willer sous différents formats, mais je dois reconnaître que cette édition géante est «Special». Parmi les scénaristes, je souligne Claudio Nizzi, l'héritier de Bonelli, qui a conçu certaines des aventures les plus mouvementées du Ranger. Grandes chevauchées, fusillades, poursuites implacables, combats et duels, attaques de diligences ou de trains ; on a droit à tout. Les Indiens, différentes tribus apparaissent (Apaches, Navajos, Séminoles, même des indigènes de Patagonie), ne sont pas toujours les méchants, ce qui est trés juste. Quant aux dessinateurs, en plus des légendes italiennes comme Buzzelli, Rotundo ou Magnus, on trouve J. Kubert, J. Bernet, J. Ortiz, M. Sommer, V. de la Fuente, C. Wilson, pour n'en citer que quelques-uns. Il est difficile de choisir, mais si je devais désigner un favori, je dirais Joe Kubert. Curieusement, cette histoire nous présente Tex comme cavalier solitaire, sans son compagnon habituel Kit Carson, et son absence ne se fait pas trop ressentir! Tex est un homme blanc, c’est un Ranger, mais il est aussi chef des Indiens Navajo, sous le nom «Aigle de la Nuit». Dans certaines histoires, en plus de Kit Carson (qui semble avoir réellement existé), Jack Tigre (un Indien navajo) et aussi son fils Kit Willer l’accompagnent.

28/07/2026 (modifier)
Par Ber
Note: 2/5
Couverture de la série Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche

Assez déçu par les derniers bouquins de Davodeau - que je suis attentivement de par la diversité des sujets qu’il a traité - je ne m’étais pas précipité sur celui-ci. La volonté première de l’auteur semble ici de vouloir mettre en lumière le travail de sa compagne et de ceux qui accomplissent le travail méconnu d’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs hors des structures classiques. Le sujet est difficile, touche ou touchera bon nombre d’entre nous ou de nos proches. Les quelques portraits de malades assez rapidement dressés ne constituent finalement qu’une part trop faible du bouquin au regard du nombre de pages consacrées au cheminement ayant conduit Françoise Roy à accepter le projet. La manière de préserver le secret médical et l’anonymat des personnes occupent par exemple un peu trop de place. Côté dessin, c’est du Davodeau : simple, efficace et expressif! J’imagine la difficulté d’avoir fait aboutir ce projet qui tenait manifestement à cœur l’auteur. Pour ma part, je me suis finalement plutôt ennuyé même si les 120 planches se lisent bien vite.

28/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série L'Océan des rêves
L'Océan des rêves

Lors d'un concours de sculptures sur glace, un artiste se retrouve désigné comme l'unique interlocuteur d'un extraterrestre venu transformer toute l'eau de la Terre en une gigantesque œuvre d'art. Comme souvent dans cette collection, Liu Cixin part d'une idée de science-fiction forte... mais, cette fois, je suis complètement passé à côté. L'album ne m'a jamais vraiment enthousiasmé et m'a laissé assez indifférent, aussi bien sur le fond que sur la forme. Le dessin de Jok possède une certaine personnalité, avec un trait semi-réaliste un peu rugueux qui sort de l'ordinaire. Mais je ne suis pas tombé sous son charme, même si certaines images fonctionnent bien et que la créature extraterrestre bénéficie d'un design intéressant. Le scénario, lui, m'a semblé reposer davantage sur le concept d'une idée que sur une mise en scène réaliste. Une fois de plus chez Liu Cixin, on assiste à cette rencontre un peu artificielle entre un humain et une entité extraterrestre. Ici, cette créature venue d'une autre galaxie débarque comme par hasard au beau milieu d'un concours de sculptures sur glace, désigne immédiatement le héros comme son seul interlocuteur valable, engage une longue discussion sur l'Art avec un grand A... puis décide tranquillement de ravager la Terre entière pour réaliser son œuvre. J'ai eu beaucoup de mal à croire à cette mise en scène. Le récit souffre aussi de plusieurs invraisemblances qui m'ont sorti de l'histoire. La plus flagrante est sans doute la disparition de la quasi-totalité de l'eau terrestre, alors que le héros continue à se déplacer, discuter et vivre presque normalement, sans que les conséquences les plus élémentaires d'une telle catastrophe ne semblent vraiment exister. Difficile de ressentir la moindre tension dans ces conditions. J'ai également retrouvé un autre thème récurrent chez Liu Cixin : cette opposition assez caricaturale entre une Chine présentée comme adepte de la diplomatie et des États-Unis impulsifs, brutaux et prompts à répondre par la force. Ce regard très orienté sur les relations internationales commence à devenir prévisible et n'apporte pas grand-chose au récit. Malgré une poignée d'idées originales, je suis resté largement à l'écart de cet album. Le sujet manque de développement, les situations m'ont paru trop artificielles et les nombreuses invraisemblances m'ont empêché d'adhérer au propos. Quant au message sur la place de l'art dans une civilisation, il m'a laissé complètement indifférent. Cela donne l'impression d'une brève idée de nouvelle que Liu Cixin a vite fait couchée sur le papier avant de passer à autre chose, sans vraiment l'approfondir.

28/07/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Batman - La Légende
Batman - La Légende

J'aime les vieux comics de Batman ! Jim Aparo est l'un des meilleurs dessinateurs classiques du Dark Knight et mes intrigues préférées sont celles de Bob Haney. J'ai pu comparer les versions françaises de ces histoires avec les volumes DC américains qui compilent « The Brave and the Bold » en noir et blanc et d’anciennes revues brésiliennes en couleur que j’ai gardées de ma jeunesse. Les couleurs, assez uniformes et sans nuances, sont typiques des années 70. Mais ce que j’admire le plus chez Aparo, c’est l’expressivité et le dynamisme des corps dans les scènes d’action. Le changement constant de plans et de perspectives, plongé, contre-plongé, ne laisse aucun moment d’ennui. Dans beaucoup de ces histoires, Batman fait équipe avec d’autres super-héros : Green Arrow, Green Lantern, Wonder Woman, Deadman, Metamorpho, Black Canary, Teen Titans, Sgt Rock (!) et bien d'autres. Dans une histoire remarquable, le #100, Batman est coincé dans un fauteuil roulant à cause d’un attentat et dirige toute une équipe à distance! Il y a aussi quelques collaborations avec Neal Adams pour les dessins, le #102 par exemple.

28/07/2026 (modifier)