J'ai lu ce pavé aux dessins de valeur mais qui ne me plaisent pas grâce à la Bibliothèque. Tant mieux, le récit m'a captivé ! On se dit que pour avoir résisté à la misère et à l'emprisonnement, les émigrants vont tout surmonter ! La misère est épouvantable, les peines pour délit démesurées, et on éloigne des gens ayant purgé leur peine. Pourtant, nul n'est caricaturé, on voit ainsi un Anglais aisé pas content d'avoir été volé, et encore plus mécontent, et surtout surpris par le fait que son jeune voleur aille pour cela en prison. Allez savoir pourquoi j'ai retenu cette anecdote plutôt qu'une autre…. Peut-être parce que tous les protagonistes sauf quelques méchants me semblent mécontents du rôle qui leur est dévolu sans savoir quoi faire pour défendre leurs intérêts sans trop nuire aux autres ? Malgré des qualités et un rôle qui tranche sur les autres, le chef de l'expédition coloniale, le capitaine n'apparaît donc pas comme un être unique, mais relever de cette attitude plus générale…
Les Aborigènes regardent les colons débarquer comme je le suppose nous le ferions d'extraterrestres forcément bien plus dotés scientifiquement que les humains pour venir s'inviter chez nous , et la vie s'organise comme elle peut en Terra Australis. Je ne me rappelle plus de tout, mais d'un monde donnant une impression d'enfermement et d'immensité, réussite fascinante.
3.5
Un album qui parle d'un sujet qui me passionne : l'histoire de la méditerranée, une région particulière de la terre parce que c'est le berceau de nombreuses civilisations à la fois occidentales et orientales qui ont souvent une histoire commune, notamment à cause des différents empires qui ont colonisé l'endroit.
Ce que je peux reprocher à cet album intéressant est que c'est un peu décousu. Par exemple, tout le long de l'album on suit le temps d'une page ou deux un immigrant clandestin qui tente de vivre une nouvelle vie en France après avoir failli mourir en traversant la méditerranée et le lien entre cet immigrant et l'auteur n'est clair qu'à la fin. C'est un peu le problème avec ces albums qui brassent plusieurs thèmes sur le même sujet, je pense que l'auteur aurait dû découper son album en chapitres et faire suivre le parcours de cet immigrant à la fin de chaque chapitre.
En tout cas, c'est un album riche en informations. Les différentes personnes que l'auteur interviewe sont passionnants à lire et j'aurais aucun problème à les écouter parler des heures. On parle de trucs qui me passionnent comme l'histoire en général, les civilisations qui se croisent, l'origine des langues et des mots... C'est vraiment fait pour un lecteur comme moi. Le dessin est dynamique et la narration fluide. Il y a plein de mots et à aucun moment cela m'a paru lourd à lire. Le genre de documentaire que j'affectionne.
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin.
En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant.
En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ?
Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.
Je rejoins Erik dans son ressenti.
J’aime beaucoup l’auteur, mais là rien à faire, cet album m’ennuie (bien content de ne pas avoir craqué à l’époque).
A la vue des notes, quelque chose m’a sans doute bien échappé mais à aucun moment je n’ai succombé.
Poésie, mélancolie, justesse ou finesse … tout a coulé sur moi, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin.
Les intentions de l’auteur me sont restées obscures, le côté décousu n’a pas aidé (j’avoue ne pas avoir fait de gros effort non plus) et c’est bien la 1ere fois que son graphisme ne m’attrape pas. Triste, terne et peu captivant.
Certainement à essayer mais pas pour moi. Dans ma petite tête, il est rangé dans la catégorie Télérama chiant.
Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production.
Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire.
Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs.
Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès.
Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit.
Une lecture recommandable.
Wahou ! Une bd passionnante.
Le titre et la couverture ne m'attiraient pas franchement. J'avais une idée toute faite de ce que j'allais y trouver. Benêt que j'étais !
Je connaissais de nom Pierre Bourdieu, très mal sa pensée.
Grâce à cette bd c'est rectifié et heureusement !
C'est chirurgical de justesse. J'ai régulièrement fait des pauses dans la lecture tellement les réflexions me parlaient, étaient pertinentes. J'ai appris, compris, réfléchis sur pas mal de choses. Certaines notions m'étaient plutôt familières (le capital culturel, ou le capital social par exemple) d'autres pas du tout. Mais les réflexions de cette bd/Bourdieu ciblent très avec précision les mécaniques de classes et réappuyer sur certaines notions de grille de lecture du monde que nous avons sans en avoir conscience. C'est amusant car j'ai reconnu des réflexions dans cette bd que j'avais déjà faite, ou déjà entendu de la part de proches.
Du coup je m'en vais de ce pas regarder les écrits de Pierre Bourdieu, et les personnes que ses écrits ont inspirés.
Le récit global est fluide, les lycées attachants (tout comme le dessin de Typhaine Rivière), bref tout fonctionne.
Vivement recommandé !
Quelle tragédie !
Une mécanique implacable et tragique.
Je me suis bien attaché aux personnages positifs de l'album qui évoluent dans un monde de brutes et de violences. Tous les personnages positifs de l'histoire tentent à leur manière d'arrêter le cycle de la violence qu'ils ont subi et qu'ils vivent au quotidien. Cependant, rien ne parvient à arrêter la violence engendrée, même quand ils tentent de l'endiguer. J'ai aussi trouvé le traitement du personnage féminin, le personnage pivot de l'histoire, bien écrite, légitime dans ses actions qu'on ne cautionnerait pas mais que l'on comprend parfaitement. L'empathie envers ce personnage marche car on comprend la violence perpétuel d'un monde masculin qui l'a mené là ou elle est.
Une atmosphère de brume tout au long de l'album fixe une ambiance certaine. La narration, qui fait des aller-retour avec le passé ajoue de la compréhension et un certain suspens au fur et à mesure du récit.
je ne m'attendais pas du tout à ce type d'histoire, que j'ai trouvé bien ficelé, intelligent. Mais quelle tristesse se dégage de l'ensemble ! Comme je le disais un peu plus haut c'est une vraie tragédie grecque.
La couverture est sublime, et une fois l'album lu on comprend la mélancolie qui s'en dégage. J'ai bien accroché aux dessins et au personnages bien typés.
J'ai beaucoup aimé !
Dans sa préface, Luc Brunschwig avoue avoir été frappé par la force de ce témoignage – et avoir découvert une belle personnalité.
Si au départ j’étais un peu circonspect, je dois le rejoindre après avoir fini cet album.
En effet, ce livre est vraiment intéressant, et de plus en plus prenant. C’est une autobiographie, l’auteur se racontant sans concession, parfois de façon brute, sans filtre, ce qui donne des scènes ou des propos un peu durs – pour lui ou certains proches, comme ses parents.
Jim Terry est un métis (sa mère est indienne). Il va subir plusieurs déchirures. D’abord le divorce de ses parents – et les allers-retours entre les deux le tiraillent.
Ensuite une autre déchirure, plus forte et plus subtile, identitaire. Si pendant longtemps sa part indienne est refoulée (instinct défensif face au racisme ambiant, mais aussi manque réel d’intérêt pour la culture indienne, parfois « folklorisée »), il va peu à peu prendre conscience de celle-ci, et la revendiquer, alors même que l’alcoolisme (mal qui traverse le récit plus ou moins violemment) semble le pousser sur une pente dangereuse.
Le point d’orgue de cette prise de conscience, et de la « reconstruction » de Terry se voit dans l’avant dernier chapitre, lorsqu’il participe à un acte de résistance de plusieurs nations indiennes sur le site emblématique de Standing Rock. Pour marquer le coup et l’importance de cet action pour lui, ce chapitre se distingue par un récit uniquement textuel, sans bande dessinée. Un court chapitre conclut en revenant à la bande dessinée, comme pour marquer une paix retrouvée, un auteur et un être apaisé. Et là le titre prend toute sa signification.
Le dessin est classique et fluide, très agréable.
Bref, voilà un album que je vous encourage à découvrir !
Je vais rester sur trois étoiles, une note reflétant mon sentiment mitigé, alors que qualités et défauts s’équilibrent à peu près. Disons que j’en suis sorti un peu déçu. Pas forcément intrinsèquement, mais plutôt parce que je pense que Delitte aurait pu mieux exploiter le potentiel de sa série.
Connaissant plutôt bien la bibliographie de cet auteur, et au vu des couvertures, je m’attendais à une série purement historique, ayant pour cadre la guerre sous-marine en fin de second conflit mondial. En fait il n’en est rien, même si une partie du récit s’insère dans cette trame.
La seule chose qui ne m’ait pas surpris, c’est la qualité du dessin de Delitte. Bien sûr il est excellent pour tout ce qui est navire ou engin (même s’il n’a évidemment pas pu placer de vieux gréements !). Il l’est aussi pour les décors – y compris pour des choses éloignées de ses séries habituelles, comme ici les déserts des États-Unis. Les personnages sont aussi intéressants, même si, comme toujours chez lui, les personnages sont un peu raides, les visages un peu « carrés », quasi tous sur le même moule pour les hommes (quasiment pas de personnages féminins – un seul en fait -, ce qu’il peine à réussir, deux points communs qu’il partage avec Hermann…).
Visuellement plutôt agréable donc. Quant à l’intrigue, elle s’étale sur un peu plus d’un siècle, de la fin de la Seconde guerre mondiale aux années 2050. Commençant comme un récit historique classique, elle bascule ensuite vers quelque chose de différent, mêlant uchronie et Science-Fiction, en multipliant les lieux où se déroulent les événements : Atlantique ; Amazonie ; déserts nord-américains ; Tchernobyl ; Peenemünde dans le Nord de l’Allemagne ; une Venise futuriste, Argentine, etc.).
Pour dynamiser son récit, Delitte multiplie les allers-retours à la fois temporels et géographiques entre ces lieux et ces périodes.
Si l’ensemble se laisse lire, et si on ne s’ennuie jamais, plusieurs choses m’ont quand même plus ou moins gêné.
D’abord quelques facilités. Par exemple Himmel dirigeant quelques temps tout seul (alors qu’il n’a évidemment aucune notion technique pour le faire) le sous-marin jusqu’à son échouage en Amazonie – mais aussi sa « survie », ainsi que les caisses et documents qui l’accompagnaient durant 6 ans en pleine jungle au milieu de l’humidité…
A l’autre bout de l’histoire, j’ai trouvé que la Venise de 2059 était en partie improbable au niveau de certaines nouveauté technologique…
Mais ce sont surtout les nombreux flashbacks et allers-retours qui m’ont gêné. Ça hache parfois trop le récit, ça manque de fluidité. Surtout qu’à certains moments c’est très saccadé, et que ça ne se justifie pas toujours (certains passages à Peenemünde n’apportent pas grand-chose). J’aurais préféré voir mieux développé la situation en 2059 (et élagués certains passages ou flashbacks antérieurs).
C’est un peu artificiel et parfois pénible.
Enfin, le titre de la série et les couvertures ne sont pas vraiment bien choisie, tant elles n’ont qu’un rapport ténu avec le cœur – et même la quasi-totalité – de l’intrigue.
Une série qui surprend dans l’œuvre de Delitte, qui a du potentiel, mais qui se perd dans une mise en scène trop « alambiquée », alors qu’un récit plus « linéaire » (sans l’être totalement bien sûr) et jouant plus sur la partie futuriste aurait gagné en richesse et intérêt. Ça se laisse lire plutôt agréablement toutefois.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Terra Australis
J'ai lu ce pavé aux dessins de valeur mais qui ne me plaisent pas grâce à la Bibliothèque. Tant mieux, le récit m'a captivé ! On se dit que pour avoir résisté à la misère et à l'emprisonnement, les émigrants vont tout surmonter ! La misère est épouvantable, les peines pour délit démesurées, et on éloigne des gens ayant purgé leur peine. Pourtant, nul n'est caricaturé, on voit ainsi un Anglais aisé pas content d'avoir été volé, et encore plus mécontent, et surtout surpris par le fait que son jeune voleur aille pour cela en prison. Allez savoir pourquoi j'ai retenu cette anecdote plutôt qu'une autre…. Peut-être parce que tous les protagonistes sauf quelques méchants me semblent mécontents du rôle qui leur est dévolu sans savoir quoi faire pour défendre leurs intérêts sans trop nuire aux autres ? Malgré des qualités et un rôle qui tranche sur les autres, le chef de l'expédition coloniale, le capitaine n'apparaît donc pas comme un être unique, mais relever de cette attitude plus générale… Les Aborigènes regardent les colons débarquer comme je le suppose nous le ferions d'extraterrestres forcément bien plus dotés scientifiquement que les humains pour venir s'inviter chez nous , et la vie s'organise comme elle peut en Terra Australis. Je ne me rappelle plus de tout, mais d'un monde donnant une impression d'enfermement et d'immensité, réussite fascinante.
Méditerranée - Histoires d'un continent kaléidoscope
3.5 Un album qui parle d'un sujet qui me passionne : l'histoire de la méditerranée, une région particulière de la terre parce que c'est le berceau de nombreuses civilisations à la fois occidentales et orientales qui ont souvent une histoire commune, notamment à cause des différents empires qui ont colonisé l'endroit. Ce que je peux reprocher à cet album intéressant est que c'est un peu décousu. Par exemple, tout le long de l'album on suit le temps d'une page ou deux un immigrant clandestin qui tente de vivre une nouvelle vie en France après avoir failli mourir en traversant la méditerranée et le lien entre cet immigrant et l'auteur n'est clair qu'à la fin. C'est un peu le problème avec ces albums qui brassent plusieurs thèmes sur le même sujet, je pense que l'auteur aurait dû découper son album en chapitres et faire suivre le parcours de cet immigrant à la fin de chaque chapitre. En tout cas, c'est un album riche en informations. Les différentes personnes que l'auteur interviewe sont passionnants à lire et j'aurais aucun problème à les écouter parler des heures. On parle de trucs qui me passionnent comme l'histoire en général, les civilisations qui se croisent, l'origine des langues et des mots... C'est vraiment fait pour un lecteur comme moi. Le dessin est dynamique et la narration fluide. Il y a plein de mots et à aucun moment cela m'a paru lourd à lire. Le genre de documentaire que j'affectionne.
Ça dépend des animaux
Un album qui m'a intrigué par son titre ainsi que par son dessin. En effet, j'aime bien ce style de dessin que je trouve un peu élégant et les couleurs sont attrayantes. Malheureusement, le scénario est beaucoup moins bon. Ça commence pourtant pas trop mal lorsque les visiteurs d'un zoo reçoivent un appel d'urgence et ne comprennent pas ce qui se passe. C'est amusant même si le lecteur devine facilement la raison de l'état d'urgence rien qu'en lisant le titre de l'album. Puis on bascule du point de vue des animaux et là le récit devient moins intéressant. En gros, on va voir comment les animaux ont causé le chaos dans le zoo et cette partie est trop longue. J'ai eu la sensation qu'on faisait du surplace. Des pages et des pages sur des animaux qui se demandent quoi faire alors que j'aurais bien mieux aimer voir comment la société allait réagir aux événements. On a droit à un genre e conte moral censé être marrant (enfin, c'est comme ça que j'ai compris les intentions des auteurs) et au final le récit est banal et la fin est tellement ouverte que je me suis demandé si je n’étais pas entrain de lire le tome 1 d'une nouvelle série. Vu qu'il y a pas marqué à suivre sous la dernière case, on a donc une histoire qui se termine en queue de poisson, mais à ce stade je m'en foutais un peu alors que j'étais enthousiasmé au début.
Le Vent dans les Saules
Le roman vaut mieux que la bd aux images certes soignées… Pas assez de caractère et de poésie ! Sinon, oui, l'histoire ne démarre pas très vite, mais on est dans la campagne anglaise dans ce qu'elle a de plus rassurant, alors… Ne lire le roman ou la bd que si on a envie d'entendre Le vent dans les saules : le titre est assez explicite, non ? Sinon, oui, les animaux sont curieusement un mixte entre humain et animal : une convention à accepter comme dans Le roman de renard, par exemple. C'est aussi à prendre ou à laisser, comme les chants dans l'opéra. Non, je trouve juste que la bd est bien jolie, mais pas belle comme le livre. Elle manque de souffle et l'humour au dépens du crapaud ne peut la rendre aussi grosse que le bœuf ! Offrons par exemple Calvin et Hobbes à un enfant, et le roman Le vent dans les saules à un adolescent. Avec Calvin et Hobbes on offre des bd pour la vie. Avec Le vent dans les saules, l'amour de la nature anglaise à un adolescent, un âge où on n'aime pas juste des animaux, mais les paysages, la nature, et où on désire être rassuré mais aussi l'aventure, et se sentir en lien avec le monde, comme dans ce livre discrètement panthéiste.
Les Equinoxes
Je rejoins Erik dans son ressenti. J’aime beaucoup l’auteur, mais là rien à faire, cet album m’ennuie (bien content de ne pas avoir craqué à l’époque). A la vue des notes, quelque chose m’a sans doute bien échappé mais à aucun moment je n’ai succombé. Poésie, mélancolie, justesse ou finesse … tout a coulé sur moi, je n’en pouvais plus de voir poindre la fin. Les intentions de l’auteur me sont restées obscures, le côté décousu n’a pas aidé (j’avoue ne pas avoir fait de gros effort non plus) et c’est bien la 1ere fois que son graphisme ne m’attrape pas. Triste, terne et peu captivant. Certainement à essayer mais pas pour moi. Dans ma petite tête, il est rangé dans la catégorie Télérama chiant.
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Je retrouve Fred Fordham après son excellent Terremer, il adapte de nouveau un roman à succès. Il se spécialise dans le genre lorsqu'on regarde sa production. Une petite ville de l'Alabama, Maycomb, en 1933. Le choc boursier de 1929 se fait encore ressentir. On va suivre le quotidien de deux gamins, un frère et une sœur (ils seront rejoint par un autre garçon pendant les grandes vacances) dans cette Amérique désœuvrée. C'est à travers les yeux de Scout (la sœur) que l'on va suivre cette histoire. Un début de récit qui nous emmène sur une fausse piste avec la blessure de son frère, c'est bien plus tard que le récit prend une autre dimension avec le procès d'un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche. Et de fait, le métier du père de Scout prend tout son sens, il est avocat, mais un avocat que l'on regarde de travers, il défend les noirs. Une narration sur un rythme mou avec quelques longueurs, surtout au début du bouquin avec le quotidien des gamins, mais ce rythme mou permet de ressentir le poids de la ségrégation qui pèse sur cette période Historique aux États-Unis. Par contre, je suis un peu déçu par le peu de place que prend le procès. Un rendu graphique agréable avec ce style simple, réaliste et lisse à la colorisation réussie, il est en adéquation avec le récit. Une lecture recommandable.
La Distinction
Wahou ! Une bd passionnante. Le titre et la couverture ne m'attiraient pas franchement. J'avais une idée toute faite de ce que j'allais y trouver. Benêt que j'étais ! Je connaissais de nom Pierre Bourdieu, très mal sa pensée. Grâce à cette bd c'est rectifié et heureusement ! C'est chirurgical de justesse. J'ai régulièrement fait des pauses dans la lecture tellement les réflexions me parlaient, étaient pertinentes. J'ai appris, compris, réfléchis sur pas mal de choses. Certaines notions m'étaient plutôt familières (le capital culturel, ou le capital social par exemple) d'autres pas du tout. Mais les réflexions de cette bd/Bourdieu ciblent très avec précision les mécaniques de classes et réappuyer sur certaines notions de grille de lecture du monde que nous avons sans en avoir conscience. C'est amusant car j'ai reconnu des réflexions dans cette bd que j'avais déjà faite, ou déjà entendu de la part de proches. Du coup je m'en vais de ce pas regarder les écrits de Pierre Bourdieu, et les personnes que ses écrits ont inspirés. Le récit global est fluide, les lycées attachants (tout comme le dessin de Typhaine Rivière), bref tout fonctionne. Vivement recommandé !
Mémoires de Gris
Quelle tragédie ! Une mécanique implacable et tragique. Je me suis bien attaché aux personnages positifs de l'album qui évoluent dans un monde de brutes et de violences. Tous les personnages positifs de l'histoire tentent à leur manière d'arrêter le cycle de la violence qu'ils ont subi et qu'ils vivent au quotidien. Cependant, rien ne parvient à arrêter la violence engendrée, même quand ils tentent de l'endiguer. J'ai aussi trouvé le traitement du personnage féminin, le personnage pivot de l'histoire, bien écrite, légitime dans ses actions qu'on ne cautionnerait pas mais que l'on comprend parfaitement. L'empathie envers ce personnage marche car on comprend la violence perpétuel d'un monde masculin qui l'a mené là ou elle est. Une atmosphère de brume tout au long de l'album fixe une ambiance certaine. La narration, qui fait des aller-retour avec le passé ajoue de la compréhension et un certain suspens au fur et à mesure du récit. je ne m'attendais pas du tout à ce type d'histoire, que j'ai trouvé bien ficelé, intelligent. Mais quelle tristesse se dégage de l'ensemble ! Comme je le disais un peu plus haut c'est une vraie tragédie grecque. La couverture est sublime, et une fois l'album lu on comprend la mélancolie qui s'en dégage. J'ai bien accroché aux dessins et au personnages bien typés. J'ai beaucoup aimé !
Come Home Indio
Dans sa préface, Luc Brunschwig avoue avoir été frappé par la force de ce témoignage – et avoir découvert une belle personnalité. Si au départ j’étais un peu circonspect, je dois le rejoindre après avoir fini cet album. En effet, ce livre est vraiment intéressant, et de plus en plus prenant. C’est une autobiographie, l’auteur se racontant sans concession, parfois de façon brute, sans filtre, ce qui donne des scènes ou des propos un peu durs – pour lui ou certains proches, comme ses parents. Jim Terry est un métis (sa mère est indienne). Il va subir plusieurs déchirures. D’abord le divorce de ses parents – et les allers-retours entre les deux le tiraillent. Ensuite une autre déchirure, plus forte et plus subtile, identitaire. Si pendant longtemps sa part indienne est refoulée (instinct défensif face au racisme ambiant, mais aussi manque réel d’intérêt pour la culture indienne, parfois « folklorisée »), il va peu à peu prendre conscience de celle-ci, et la revendiquer, alors même que l’alcoolisme (mal qui traverse le récit plus ou moins violemment) semble le pousser sur une pente dangereuse. Le point d’orgue de cette prise de conscience, et de la « reconstruction » de Terry se voit dans l’avant dernier chapitre, lorsqu’il participe à un acte de résistance de plusieurs nations indiennes sur le site emblématique de Standing Rock. Pour marquer le coup et l’importance de cet action pour lui, ce chapitre se distingue par un récit uniquement textuel, sans bande dessinée. Un court chapitre conclut en revenant à la bande dessinée, comme pour marquer une paix retrouvée, un auteur et un être apaisé. Et là le titre prend toute sa signification. Le dessin est classique et fluide, très agréable. Bref, voilà un album que je vous encourage à découvrir !
U-Boot
Je vais rester sur trois étoiles, une note reflétant mon sentiment mitigé, alors que qualités et défauts s’équilibrent à peu près. Disons que j’en suis sorti un peu déçu. Pas forcément intrinsèquement, mais plutôt parce que je pense que Delitte aurait pu mieux exploiter le potentiel de sa série. Connaissant plutôt bien la bibliographie de cet auteur, et au vu des couvertures, je m’attendais à une série purement historique, ayant pour cadre la guerre sous-marine en fin de second conflit mondial. En fait il n’en est rien, même si une partie du récit s’insère dans cette trame. La seule chose qui ne m’ait pas surpris, c’est la qualité du dessin de Delitte. Bien sûr il est excellent pour tout ce qui est navire ou engin (même s’il n’a évidemment pas pu placer de vieux gréements !). Il l’est aussi pour les décors – y compris pour des choses éloignées de ses séries habituelles, comme ici les déserts des États-Unis. Les personnages sont aussi intéressants, même si, comme toujours chez lui, les personnages sont un peu raides, les visages un peu « carrés », quasi tous sur le même moule pour les hommes (quasiment pas de personnages féminins – un seul en fait -, ce qu’il peine à réussir, deux points communs qu’il partage avec Hermann…). Visuellement plutôt agréable donc. Quant à l’intrigue, elle s’étale sur un peu plus d’un siècle, de la fin de la Seconde guerre mondiale aux années 2050. Commençant comme un récit historique classique, elle bascule ensuite vers quelque chose de différent, mêlant uchronie et Science-Fiction, en multipliant les lieux où se déroulent les événements : Atlantique ; Amazonie ; déserts nord-américains ; Tchernobyl ; Peenemünde dans le Nord de l’Allemagne ; une Venise futuriste, Argentine, etc.). Pour dynamiser son récit, Delitte multiplie les allers-retours à la fois temporels et géographiques entre ces lieux et ces périodes. Si l’ensemble se laisse lire, et si on ne s’ennuie jamais, plusieurs choses m’ont quand même plus ou moins gêné. D’abord quelques facilités. Par exemple Himmel dirigeant quelques temps tout seul (alors qu’il n’a évidemment aucune notion technique pour le faire) le sous-marin jusqu’à son échouage en Amazonie – mais aussi sa « survie », ainsi que les caisses et documents qui l’accompagnaient durant 6 ans en pleine jungle au milieu de l’humidité… A l’autre bout de l’histoire, j’ai trouvé que la Venise de 2059 était en partie improbable au niveau de certaines nouveauté technologique… Mais ce sont surtout les nombreux flashbacks et allers-retours qui m’ont gêné. Ça hache parfois trop le récit, ça manque de fluidité. Surtout qu’à certains moments c’est très saccadé, et que ça ne se justifie pas toujours (certains passages à Peenemünde n’apportent pas grand-chose). J’aurais préféré voir mieux développé la situation en 2059 (et élagués certains passages ou flashbacks antérieurs). C’est un peu artificiel et parfois pénible. Enfin, le titre de la série et les couvertures ne sont pas vraiment bien choisie, tant elles n’ont qu’un rapport ténu avec le cœur – et même la quasi-totalité – de l’intrigue. Une série qui surprend dans l’œuvre de Delitte, qui a du potentiel, mais qui se perd dans une mise en scène trop « alambiquée », alors qu’un récit plus « linéaire » (sans l’être totalement bien sûr) et jouant plus sur la partie futuriste aurait gagné en richesse et intérêt. Ça se laisse lire plutôt agréablement toutefois.