Les derniers avis (359 avis)

Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Les Aventures de Lapinot
Les Aventures de Lapinot

2.5 Un autre changement d'éditeur pour Lapinot qui revient chez Dargaud. Trondheim commence cette nouvelle série de Lapinot (en faite, plus une continuité de ce qu'il a fait depuis la reprise de la série chez L'Association) avec un album correct sans plus. Ce n'est pas le pire album de Lapinot, en tout cas je le trouve plus lisible que l'album hommage-parodie à Astérix que j'ai trouvé absolument pas drôle, mais ce n'est pas parmi les meilleurs non plus. Le scénario a de bons éléments, il y a des gags qui fonctionne et Trondheim est toujours bon avec les dialogues, mais le récit est trop léger pour tenir 44 pages. On finit par tourner en rond après un certain moment. Le fait de tout faire passer l'action pendant la même nuit n'était peut-être pas une bonne idée. J'espère que Trondheim va développer certains éléments restés en suspend à la fin de l'album dans les tomes suivants. J'ai un peu eu l'impression que l'album se terminait au milieu de l'histoire.

26/07/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Stern
Stern

western 2.0 En le feuilletant dans la librairie , je suis tombée sur une page où un type maigre à la chevelure blanche, tout vêtu de blanc, dans le costume du gentleman sudiste est en train de pisser sur une tombe. Autour de lui, la lumière chaude passe à travers les arbres, le ciel bleu, derrière les peupliers... C'est une aquarelle légère appliquée sur un cerné élastique et réaliste. En contraste: le héros au nom juif porte un pantalon noir enfoncé dans des bottes brunes. Son air perché, sa coiffure dégarnie peu flatteuse, son admiration pour Victor Hugo, tout le conforte dans son rôle sombre et marginal: enterrer les morts. Pour le reste tout a été dit dans les avis précédents: l'undertaker fashion (assez inexplicable) qui prend ici une tournure inattendue (littéraire voire polarde) , l'hésitation dans le classement parmi les westerns (un western sans la soif), la qualité de construction du scénario, l'étrangeté du personnage principal mais aussi de son alter-égo blond... Comme si deux personnages contemporains débarquaient dans "Le bon, la brute et le truand", par exemple James Dean et Daroussin jeune... A boire sans modération. Pour le tome deux : Stern à cours de livre, part à la ville à la recherche d'un bon roman. Mais évidemment, le pèquenaud fossoyeur va vite être remarqué, et le passé va le rattraper sauvagement. Bizarrement ce tome-là est plus conventionnel (bagarres, saloons, flingues et compagnie) mais l'apparition de l'homosexualité apporte une petite touche contemporaine pas désagréable, mais qui finira par devenir convenue avec le recul. (jamais on n'aurait vu ça dans Jerry Spring, ni même dans Blueberry...) Le tome 3 est aussi assez conventionnel : Notre héros Elijah commence par assommer un méchant avec une marmite de ragoût de lapin mais finit par jouer du flingue comme les autre dans des grandes scènes de fusillade bandes contre bandes. Le tome 6 reviens dans une sorte de pas de côté inattendu puisque Stern a émigré à la ville et se trouve en lien avec la mafia italienne et des révolutionnaires cubains. Il trouvera son salut dans la lecture de Robinson Crusoe ...

01/04/2016 (MAJ le 26/07/2026) (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série C'est toi ma maman ?
C'est toi ma maman ?

J'ai pris ce livre d'occasion pour son autrice qui a co-inventé le test Bechdel-Wallace qui repère dans un film ( un roman, une piece de theatre, une BD, un jeu vidéo...) le nombre de femmes qui apparaissent ainsi que l'importance des rôles qui leur sont assignés par le scénario. Cette idée de test simple pour mettre en évidence la domination du masculin dans notre société me paraît salutaire et je me suis dit : quelqu'un qui a mis au point et fait connaître ce système éclairant ne peut qu'être digne d'intérêt. Par ailleurs je viens de perdre ma grand-mère maternelle et donc, je me suis dit que j'y trouverais peut-être de quoi reconnaître des situations mère-fille bien observées. Objectif à moitié atteint parce que le milieu culturel est vraiment très éloigné de nous. C'est une sorte d'autofiction d'une femme lesbienne qui raconte l'histoire de se rapports avec sa mère, ses amours, et ses psy. Tout en lisant de grands psychanalystes et Virginia Wolf. Eh bien...Force est de constater, une fois de plus, que la psychanalyse ne me semble pas le moyen le plus épanouissant ni le plus efficace pour trouver un sens à sa vie... Il y a un coté Woody Alen : je m'empètre dans mes névroses. Même si ce n'est pas dans une famille juive. C'est très bavard, long et ennuyeux, avec des extraits de textes intercalés, et souvent deux pensées parallèles qui se croisent entre l'action et la voix off. Donc c'est plein de recherches, tant bédéistiques que psychanalytiques, il manque le côté politique: c'est tourné vers le nombril. Mais ... j'ai lu jusqu'au bout... Et ça m'a fait repenser à tous les écrits féministes qui ont tous cet aspect poussif, redondant, vaguement dépressif parce qu'elles cherchent en elles, dans la société comment s'adapter ou contourner ou changer ce monde masculin qui les oppressent sans y parvenir tout-à-fait ( Doris Lessing, Virginia Wolf, Simone de Beauvoir...) Donc c'est chiant, mais c'est nécessaire : ce sont des pierres , grosses et malcommodes mais qui peuvent rester en fondation d'une société différente. Le dessin est très fin et touchant : elle se représente avec beaucoup de précision et d'expression dans un lavis bicolore ( gris et lie de vin) : c'est très maîtrisé de ce côté-là. Donc je ne peux pas descendre en dessous de 3 étoiles finalement. 2eme femme à avoir avisé cet album si je ne me trompe : si je compare cette BD à un film récent de Woody Allen, je préfère largement la BD... Même si les défauts repèrés par mes collègues existent.

26/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Au-delà des montagnes
Au-delà des montagnes

Alors qu'un mystérieux objet extraterrestre attire vers lui une gigantesque montagne d'eau menaçant la Terre, un ancien alpiniste tente de l'escalader afin d'établir un premier contact. Cet album m'a profondément déçu, et ce pour plusieurs raisons. La première est graphique. J'ai eu beaucoup de mal à croire qu'il s'agissait du même Ruben Pellejero dont j'adore le dessin sur la majorité de ses oeuvres précédentes. Son trait m'a semblé étonnamment faible, imprécis, bâclé. Au point que je suis allé vérifier son âge en me demandant s'il n'avait pas tout simplement perdu de ses moyens. Il réalise aussi la mise en couleurs et je l'ai trouvée franchement ratée. L'ensemble dégage un aspect numérique très artificiel, sans relief ni élégance, jusque dans certains éléments du dessin comme les vagues, qui paraissent elles aussi peintes à la va-vite de façon informatique. Je trouve le résultat particulièrement disgracieux. Le problème est que cette faiblesse graphique ne compense même pas une véritable adaptation en bande dessinée. L'essentiel de l'album consiste à regarder deux personnages assis face à face pendant que l'un raconte une très longue histoire. Les images se contentent souvent d'illustrer les visages des interlocuteurs tandis que le texte occupe toute la place. J'ai davantage eu l'impression de lire un récit illustré qu'une bande dessinée exploitant les possibilités du médium. La mise en scène elle-même m'a laissé perplexe. Alors que la Terre entière est confrontée à un phénomène extraordinaire susceptible de provoquer sa destruction à court terme, le héros, qui vient de risquer sa vie en gravissant cette incroyable montagne d'eau, s'assoit tranquillement avec un extraterrestre qui entreprend immédiatement de lui raconter dans le détail toute l'histoire de sa civilisation. La situation m'a paru complètement artificielle et presque ridicule. Pourtant, tout n'est pas à jeter. Une fois qu'on accepte de se contenter de lire des pavés de texte illustré plutôt qu'une BD, le récit que raconte cet extraterrestre constitue finalement la partie la plus intéressante de l'album. Liu Cixin imagine une civilisation née dans un univers ne connaissant que la matière solide et le vide, sans liquide, sans océans, et sans ciel. Le postulat me paraît totalement invraisemblable : j'ai beaucoup de mal à imaginer comment une forme de vie pourrait seulement apparaître, évoluer ou se déplacer dans de telles conditions. Mais une fois cette énorme concession acceptée, l'exercice intellectuel devient assez amusant. Il est intéressant de voir comment un environnement radicalement différent conduit à une autre manière de penser, d'explorer le monde et de développer les sciences, tout en aboutissant finalement à certaines conclusions comparables aux nôtres. Malheureusement, cette idée ne suffit pas à sauver l'ensemble. Entre un concept de départ auquel je ne crois pas, une narration très statique, une mise en scène bancale et un dessin qui m'a énormément déçu, cet album fait clairement partie des plus faibles de la collection à mes yeux. Je lui reconnais un exercice de réflexion intéressant, mais certainement pas un récit que j'aurais envie de recommander.

26/07/2026 (modifier)
Par greg
Note: 1/5
Couverture de la série L'Île des riches
L'Île des riches

J'avoue ne pas très bien comprendre à quoi sert cette BD, autre que d'être un bête réquisitoire politique anti-riches. Une œuvre de propagande qui aurait parfaitement sa place à la fête de l'huma ou à un meeting de Mélenchon dans la boutique cadeaux. Mais sinon.... L'histoire nous met en scène une sorte de secrétaire qui vient visiter cette ile des riches (rien que le titre de la BD donne une idée de la tonalité) pour son patron qui souhaite louer une propriété. On fait donc le tour du propriétaire en sa compagnie et de celle d'un vieux monsieur à qui elle appartient. On découvre donc les différentes propriétés, et les fameux riches en question. Sauf qu'un tsunami menace ce petit paradis... Faisons simple : c'est bête, caricatural, et peu creusé. Aucun personnage n'est vraiment approfondi, et c'est très binaire : les riches sont tous des salauds superficiels et égoïstes. Les "petites gens" sont limite tout l'inverse. Les méchants seront punis par la vague divine, les gentils seront épargnés. Les rares personnages intéressants (le secrétaire et le proprio) sont à peine esquissés comme le reste du casting. Et c'est dommage car il y avait de la matière. Accessoirement, on se demande pourquoi une île conçue pour accueillir les personnes les plus riches du monde n'a aucun dispositif de mise à l'abri ou d'évacuation un tant soit peu élaboré... Bref complètement crétin de A à Z.

26/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Ere Des Anges
L'Ere Des Anges

Un brillant généticien africain revient dans son pays ravagé par la famine avec la conviction d'avoir trouvé une solution révolutionnaire, au risque de déclencher une crise mondiale. Cet album se distingue des autres récits de Liu Cixin que j'ai lus car, pour une fois, il n'y a aucun personnage chinois, et pas même la Chine elle-même, si ce n'est au détour de quelques images sans véritable lien avec l'intrigue. On est ici face à un récit presque hollywoodien opposant un scientifique africain de génie, déterminé à sauver son pays et à combattre la faim dans le monde, à la puissance de l'ONU, mais en réalité surtout des lobbys économiques et de l'armée américaine derrière elle. J'ai trouvé les trois premiers quarts de l'album réussis. Le sujet est bon et soulève de vraies questions sur les limites éthiques de la biogénétique. Peut-on modifier l'être humain pour améliorer son existence ? Peut-on accepter des expérimentations sur des cobayes humains lorsqu'elles visent à sauver des millions de vies, voire ces cobayes eux-mêmes ? Et comment l'humanité réagirait-elle face à une annonce aussi révolutionnaire ? Toutes ces interrogations sont intelligemment mises en scène dans une intrigue crédible, bien rythmée et suffisamment mystérieuse pour donner envie d'en découvrir progressivement les véritables enjeux. Le dessin de Ma Yi m'a demandé un petit temps d'adaptation. Son encrage évoque un peu les peintures à l'encre chinoises, tandis que sa palette de couleurs m'a paru manquer de finesse, un peu tape-à-l'œil. C'est sans doute une simple affaire de goûts ou de références culturelles, car l'ensemble reste techniquement solide et accompagne efficacement le récit. En revanche, le dernier quart de l'album m'a beaucoup moins convaincu. Lorsque le véritable plan du docteur Ita est enfin dévoilé, j'ai eu du mal à ne pas trouver la situation franchement risible. Les invraisemblances physiques sont trop grandes pour mon esprit scientifique, les facilités scénaristiques deviennent trop nombreuses et la crédibilité patiemment construite jusque-là s'effondre au profit d'un message moral un peu trop appuyé. C'est d'autant plus frustrant que le reste du récit s'efforçait justement de rester relativement crédible malgré son postulat de science-fiction. J'en ressors avec un avis très partagé. J'ai trouvé la majeure partie de l'album bien menée, intelligente et riche en réflexions, mais son dénouement m'a laissé une impression de gâchis. C'est dommage, car sans cette dernière partie, il aurait sans doute figuré parmi mes adaptations préférées de Liu Cixin. Note : 2.5/5

26/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Attraction de la foudre
L'Attraction de la foudre

Un scientifique chinois, marqué par la mort de ses parents provoquée par une mystérieuse boule de foudre, consacre sa vie à percer les secrets de ce phénomène aux enjeux scientifiques et militaires. Je n'avais pas conscience que les albums de la collection Les Futurs de Liu Cixin pouvaient avoir des formats aussi différents. Celui-ci est nettement plus épais que les autres, avec plus de 250 pages, ce qui en fait une lecture bien plus conséquente. J'ai été content d'y retrouver Thierry Robin au dessin, car j'apprécie beaucoup son style. Il est ici moins séduisant que dans Rouge de Chine ou Pierre rouge plume noire, mais il est à mes yeux largement supérieur aux dessins chinois que j'ai pu voir dans d'autres albums de la collection, et également meilleur que celui de Pellé sur son adaptation. L'ensemble dégage toutefois une certaine froideur et une austérité des décors et des personnages qui ne correspondent pas totalement à mes goûts. Cela reste néanmoins un graphisme de très bon niveau. L'histoire est intrigante et plutôt bien menée. Je me suis longtemps demandé où le scénario voulait aller avec cette fascination pour l'étude scientifique de la foudre. Lorsque le héros dévoile son interprétation de ce que sont les globes de foudre, j'ai trouvé l'idée originale... mais aussi assez bancale sur le plan scientifique. Pour le peu que j'ai lu de lui, Liu Cixin revient régulièrement dans ses oeuvres sur les différences d'échelle entre le monde microscopique et le monde macroscopique, et je ne suis toujours pas convaincu par la façon dont il exploite ce concept. Cela ne m'a toutefois pas empêché de suivre avec intérêt un récit qui se distingue des autres adaptations de la collection par son aspect davantage géopolitique. Le conflit entre la Chine et l'Occident est bien rendu, mais aussi assez glaçant. Le discours patriotique omniprésent, la vision d'une Chine unie face à un monde hostile et les références à une possible guerre totale donnent une image inquiétante de la manière dont un tel affrontement pourrait advenir. J'espère évidemment qu'il s'agit davantage d'une projection de science-fiction que d'une vision réaliste de l'avenir. Le problème est que la BD aborde beaucoup de thèmes sans jamais vraiment choisir sa direction : la quête scientifique de Chen, son traumatisme familial, l'obsession militaire de Lin Yun, le conflit entre recherche fondamentale et applications guerrières, les enjeux géopolitiques, les mystérieuses théories autour des mondes microscopiques et quantiques... Beaucoup d'idées intéressantes se croisent, mais l'ensemble manque parfois de cohérence, et la conclusion, très ouverte, m'a semblé floue et trop fantaisiste. Il y a donc de bons éléments dans cet album : un graphisme de qualité, de belles idées de science-fiction, une réalisation solide et quelques développements intéressants. Mais le scénario, et surtout son dénouement, ont eu du mal à me convaincre totalement.

26/07/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Germaine Richier - La Femme sculpture
Germaine Richier - La Femme sculpture

2.5 La biographie d'une sculptrice que je ne connaissais pas, ne m'intéressant pas du tout à cet art et dont je ne connais que deux-trois noms connus. On est dans de la biographie en BD typique. On montre les moments forts de la vie d'une personne qui a marqué l'histoire, il y a souvent des grosses éclipses entre les scènes et plusieurs éléments du scénario sont rapidement passé. Par exemple, on nous dit que Richier a fait des trucs pour que la vie en pension s'améliore pour elle et les autres étudiantes, mais ne demandais pas comment elle a fait ! Ça se laisse lire, mais sans plus. Cela n'aide pas que cela parle d'un art dont j'en ai rien à foutre, mais je trouve le dessin et la narration manquent un peu de vie. Il y a peu d'émotions qui se dégage de l'album, tout est austère. À emprunter si on veut voit la vie d'une femme qui a révolutionné l'art de la sculpture.

26/07/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Proies et prédateurs
Proies et prédateurs

Alors que la Terre est condamnée à être dévorée par une gigantesque entité cosmique, l'humanité tente de gagner du temps face aux représentants d'un empire extraterrestre dont toute la civilisation repose sur la prédation des mondes qu'elle rencontre. Je ne sais pas trop quoi penser de cet album. Il alterne des idées de science-fiction assez intéressantes avec des choix scénaristiques et de mise en scène qui m'ont paru franchement kitsch, voire risibles. Liu Cixin propose une réflexion sur la nature prédatrice de toute civilisation, voire de toute espèce vivante. Pour survivre et prospérer, faut-il forcément exploiter d'autres formes de vie ? Par extension, il pose un dilemme entre l'acceptation de devenir du bétail, vivant dans des conditions idéales jusqu'au jour inévitable où l'on sera abattu et consommé, ou préférer une existence libre mais beaucoup plus difficile et incertaine ? Derrière son habillage de space opera, l'album soulève donc quelques questions philosophiques qui donnent matière à réflexion. Malheureusement, la forme ne suit pas. J'ai eu beaucoup de mal à prendre cette histoire au sérieux tant elle accumule des éléments qui semblent sortis d'une vieille série Z de science-fiction : cette race de dinosaures spatiaux, le gigantesque vaisseau évoquant forcément Galactus, le gros méchant guerrier qui révèle tranquillement à son adversaire tout ce qu'il faut savoir pour le vaincre avant de faire mine d'être surpris lorsque celui-ci applique exactement ce qu'il avait annoncé, ou encore ce combat final de mécha contre dinosaure... Autant de scènes ridicules qui nuisent fortement à la crédibilité de l'ensemble. Le dessin ne m'a pas davantage convaincu. Il est lisible et raconte correctement l'histoire, mais je le trouve très quelconque. Les personnages manquent de personnalité, les décors ne marquent jamais l'œil et l'ensemble dégage une impression trop générique. Rien de franchement raté, mais rien non plus qui donne envie de s'attarder sur une case. Un album très moyen donc, avec quelques réflexions de fond intéressantes noyées dans un récit qui accumule les clichés et les invraisemblances au point de rendre difficile toute immersion.

25/07/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série La Statue de Gilgamesh
La Statue de Gilgamesh

C’est mon intérêt pour l’Antiquité qui m’a porté vers cette BD, bien plus que son dessin que je ne trouvais pas très folichon, intérêt qui a été moyennement satisfait puisqu’en fait de récit historique, il s’agit plutôt d’un conte et non des moindres puisqu’il propose une lecture du mythe du Déluge. Néanmoins, La statue de Gilgamesh possède des qualités indéniables et recèle des petites surprises. Mais commençons par le dessin. Je le disais : ce n’est pas le gros kif. Les visages sont trop anguleux, si bien que deux ou trois fois, on n’est plus tout à fait certain de suivre le personnage de la scène précédente, ou celui que l’on avait quitté quelques pages auparavant. Mais surtout, il manque cruellement de détails. Les fonds sont trop souvent (pour ne pas dire systématiquement) réduits à des aplats de couleurs conférant à cette histoire l’aspect d’une pièce de théâtre moderne jouée sur une scène nue. C’est dommage, mais ça ne gâte cependant pas la narration, par ailleurs très fluide. Parmi les petites surprises que l’on peut trouver dans cet album, les dialogues figurent en bonne place. Ils sont bien vus et ne manquent pas d’humour. Le ton est un peu décalé, reprenant parfois des expressions modernes (on pense aux Olives noires) ou faisant explicitement référence à notre présent. Le procédé apporte ici un brin de fraicheur, sans compter qu’il est bien dosé. Le scénario est assez cool. On ne s’ennuie pas. De plus, il y a là encore une volonté évidente de l’ancrer dans le présent. En effet, sont évoqués notamment les problèmes environnementaux ; par exemple le fait que les racines des arbres que l’on arrache afin d’ériger une statue géante à la gloire du roi Gilgamesh ne parviennent plus à retenir les terrains et les eaux, provoquant inondations en cascade, dans tous les sens du terme. Par le biais d’un groupe d’activistes politique, ça parle aussi de politique, donc, d’inégalités sociales, de consommation, de salariat… En vrac, quelques chouettes trucs : j’ai beaucoup aimé la manière dont les auteurs empoignent l’histoire des tablettes d’argiles, et comment ils imaginent que cette technique utilisée au départ pour la comptabilité, a pu devenir un véritable support de mémoire (et par conséquent comment elle a pu fixer cette histoire de Déluge). Ce ne sont bien entendu que des élucubrations, mais c’est très « fun », bien intégré à l’histoire, tout en apportant un surcroit de sens. Aussi, j’ai aimé cette vision d’un Déluge lié à des causes environnementales. Si je ne la partage pas (j’ai de tout autres croyances à ce sujet), elle fait résonner le présent. Enfin, les personnages sont plutôt fouillés, et l’on s’attache à eux. On regrettera en revanche une fin plutôt brutale. Un bon 3,5 en ce qui me concerne.

25/07/2026 (modifier)