Drome, c’est clairement pas une BD comme les autres. C’est même difficile de la ranger quelque part. On est face à un objet un peu extraterrestre dans le 9e art.
L’histoire, sur le papier, est assez simple : une sorte de genèse, avec des entités qui créent la vie, le chaos qui s’installe, puis une tentative d’imposer un ordre. Une lutte entre forces opposées, presque mythologique. Mais très vite, tu comprends que ce n’est pas vraiment ça l’essentiel.
Parce que Drome, ça se lit autant que ça se regarde.
C’est une BD quasiment muette, qui repose énormément sur sa narration visuelle. Et là, Lonergan est en démonstration. Il joue avec les cases, les découpe, les répète, les déforme. Il te fait ressentir le temps, le mouvement, les impacts… juste avec la mise en page. Par moments, t’as presque l’impression de redécouvrir comment lire une BD.
Visuellement, c’est fascinant. Minimaliste en apparence, mais en réalité ultra travaillé. Les couleurs, les compositions, le rythme… tout est pensé pour t’embarquer dans une expérience plus que dans une simple histoire.
Mais justement, ça peut aussi créer une distance. C’est brillant, c’est original, mais parfois plus cérébral qu’émotionnel. On admire beaucoup… sans toujours être totalement impliqué.
Au final, Drome, c’est une œuvre à part. Pas forcément accessible, pas forcément pour tout le monde, mais clairement marquante.
Une BD expérimentale, audacieuse, presque déroutante… mais impossible à ignorer.
Les hyènes ne font pas des lions. Dolores Alcatena a hérité du talent graphique de son illustre père : Enrique Alcatena. Une artiste argentine reconnue dans son pays où elle a déjà publié plusieurs albums, ce "Les Folles" est sa première BD traduite en France.
Une première lecture qui ne m'avait pas complètement convaincu, j'ai donc laissé passer quelques jours avant d'entreprendre une seconde lecture plus probante.
Depuis l'excellent Watership Down je rechigne moins à lire une BD où des animaux sont les personnages principaux. On va donc suivre l'itinéraire de Namomo, une hyène, de sa prime jeunesse à un âge avancé. Et pour apprécier un tant soit peu ce parcours initiatique, il faut appréhender ce récit comme un conte où légendes et famille en sont la colonne vertébrale.
Dolores Alcatena a voulu réhabiliter cet animal à l'aspect disgracieux, à la curieuse démarche et au ricanement glaçant, on les dit laides. Un album qui se veut féministe, les hyènes tachetées vivent en clan dans un système social matriarcal où mères, sœurs et filles en sont la clé de voûte.
Une narration dominée par la voix off de Namomo où chaque chapitre se concentre sur une étape de son cheminement, cela permet de comprendre sa difficulté à se sentir une Folle au sein de son clan. Ça peut paraître brut de décoffrage et manquant d'onirisme mais le rythme est bien dosé et je me suis finalement attaché à cette hyène en quête de réponses.
Un récit sur la différence et la difficulté d'appartenir à un groupe.
Un noir et blanc tranché, torturé et réaliste qui me plait énormément. Dolores Alcatena a incontestablement du talent, elle arrive à retranscrire les émotions d'un simple regard ou suivant une posture tout en gardant l'aspect animal des hyènes. De même avec ce « sourire » accentué qui rend ce carnivore si impénétrable.
Une BD qui divisera.
Une plongée dans un univers onirique et symbolique très marqué, portée par un dessin superbe, mais dont la longueur et le propos m'ont laissé à distance.
J'ai retrouvé dans cet album tout ce qui fait l'identité graphique de David B : un dessin immédiatement reconnaissable, entre onirisme, sens très fort de l'illustration et une forme de naïveté assumée dans le trait. Le noir et blanc est toujours aussi travaillé, avec des contrastes marqués et une richesse visuelle impressionnante. Chaque planche regorge de détails, d'idées, de créatures et de compositions qui donnent envie de s'attarder dessus.
Le récit baigne dans cette ambiance très caractéristique de l'auteur, à la fois fantasmagorique et symbolique, presque comme un rêve ou une longue fable. On est dans la continuité de ses œuvres précédentes, avec ce goût pour les univers mentaux, les mythologies revisitées et les récits qui fonctionnent davantage par associations d'idées que par une narration classique.
La lecture reste globalement plaisante, notamment grâce à cette inventivité visuelle constante et à la richesse du monde proposé. Mais j'ai malgré tout ressenti une vraie longueur. L'album est dense, assez étendu, et je n'ai pas été captivé sur toute la durée. Par moments, j'ai décroché, avec l'impression que le récit avançait sans vraiment réussir à maintenir mon attention sur le long terme.
Sur le fond, le propos m'a également laissé un peu en dehors. Le message global, comme la conclusion, ne m'ont pas particulièrement parlé. J'ai bien perçu la dimension symbolique et les intentions derrière ce voyage, mais sans que cela résonne vraiment chez moi.
Je pense que c'est un album qui ravira les fans de l'auteur, car il fonctionne un peu comme une synthèse de l'œuvre et de l'esprit de David B. Mais je ne fais pas vraiment partie de ces lecteurs-là : même si j'ai apprécié la force visuelle et l'univers original de cette BD, elle ne m'a pas vraiment emporté.
Assez friand des bds de Toulmé de façon générale, pour leur côté humain, social et faciles à lire, je me suis embarqué dans cette oeuvre, qui est la plus ambitieuse de ses productions, en tout cas au moment où il l'a commencée (avant Les Reflets du Monde).
Nous suivons donc le destin d'Hakim, réfugié syrien, sa vie en Syrie, son exil et son arrivée en France. Le récit est entrecoupé par des interviews que Toulmé fait avec Hakim en France, et cela amène un côté authentique, de reportage presque.
Le livre est touchant, évidemment. Je trouve que pour ça, Toulmé sait y faire. Ca ne tombe pas dans le pathos, les évènements se suivent de manière clinique, mais l'auteur réussit à faire passer toute l'horreur, l'injustice de la situation et donc, des émotions. On s'attache forcément au personnage, et si j'ai pu parfois trouver quelques longueurs, il y a quelques passages franchement palpitants ou j'étais horrifié et hyper concerné (mention spéciale à la traversée de la Méditerranée et aux camps en Hongrie).
Et puis, et les autres avis le disent très bien, c'est touchant parce que ce genre d'histoire est extrêmement touchant. Hakim, comme tous les autres, ne traversent pas tout ça, toute cette hostilité, cette injustice, pour d'obscures raisons de venir nous piquer notre boulot, nos sous et je ne sais quoi d'autre. S'ils avaient une vie convenable, ou si la guerre et les régimes autoritaires n'avaient pas ravagé leurs chez eux, ils se seraient épargnés le voyage.
En plus de nous faire vivre la dureté du voyage, j'ai bien aimé le soin que Toulmé met à nous décrire la vie et la situation en France d'Hakim et de sa famille. De nous montrer que même avec toute la volonté du monde, quand on est dans cette situation, c'est la grosse galère. Et personne n'aimerait être à cette place, en tout cas personne qui n'a connu ce genre d'évènement qui pousse à l'exil.
Un autre élément que j'ai trouvé intéressant et qui démystifie un peu le mythe du méchant migrant avide de sang, c'est que l'auteur nous montre bien que pour pouvoir partir, pour engager le voyage, eh bien il faut de l'argent, et pas un tout petit peu d'argent. Hakim ne vient pas d'une classe populaire, plutôt, je dirais, du haut de la classe moyenne voire un peu plus, et sa belle famille semble appartenir à une classe plus aisée encore. C'est bien de comprendre, je trouve, que même partir, dans de telles conditions, dans la clandestinité, en risquant sa vie, en étant humiliés et mis au ban dans tous les endroits que l'on traverse, ça reste un certain "luxe", quelque chose que tout le monde ne peut pas se permettre.
Pour finir sur le dessin, il est très efficace, le style bien reconnaissable de Toulmé fonctionne bien. Je garde du souvenir de cette lecture une teinte bleutée, et effectivement le bleu est très présent dans la colorisation. Alors pourquoi pas, on s'y habitue comme à chaque fois qu'il y a un parti pris de couleur un peu original, mais je préfère quand ça reste blanc, plus classique, en tout cas pour ce genre de récit. Le bleu n'apporte pas grand chose.
Pas de surprises, je suis de l'avis de tout le monde : une bd essentielle, bien racontée et terriblement humaine.
Avec Silent Jenny, Mathieu Bablet poursuit son exploration de la science-fiction après Shangri-La et Carbone & Silicium. Une trilogie marquante, ambitieuse, qui a clairement posé son univers… et ici, il change un peu de registre.
On part sur quelque chose de plus brut, plus sec. Un vrai road trip dans un monde ravagé, avec des vibes très marquées à la Mad Max : poussière, violence, survie, et cette impression constante que tout peut basculer à chaque instant.
L’ambiance est là, sans aucun doute. Bablet sait créer des univers forts, et encore une fois, visuellement, ça claque. Son trait, ses compositions, son sens du silence et des grands espaces fonctionnent toujours aussi bien. Il y a une vraie maîtrise, une identité qui saute aux yeux dès les premières pages.
Mais malgré toutes ses qualités, Silent Jenny n’est pas, pour moi, au niveau de ses précédentes œuvres. Peut-être moins marquant, moins profond, ou simplement moins surprenant. Ça reste une belle BD, un vrai moment de lecture, mais sans cette petite étincelle qui m’avait marqué sur ses précédents récits.
Ça n’empêche pas le voyage d’être agréable. C’est un univers dans lequel on se laisse embarquer, porté par une atmosphère forte et un auteur qui sait clairement où il va.
Un bon Bablet, solide et immersif, même s’il ne m’a pas autant marqué que ses précédents travaux.
Arcadium est une œuvre qui impose immédiatement une patte visuelle forte. En auteur complet, Nikopek livre un travail graphique impressionnant : le dessin est maîtrisé, l’ambiance est lourde, presque oppressante, et certaines planches restent en tête comme des images de cinéma. C’est clairement le point fort de l’album.
À cela s’ajoute une vraie bonne idée : une bande-son associée à la lecture, qui accompagne parfaitement l’ambiance du récit. Elle renforce l’immersion et accentue ce côté presque hypnotique et dérangeant de l’œuvre. C’est un plus appréciable qui montre la volonté de proposer une expérience complète.
L’histoire, elle, démarre de manière accrocheuse avec un postulat intrigant, avant de glisser progressivement vers quelque chose de plus étrange et déroutant. L’atmosphère fonctionne, l’intention est là, et on sent une vraie volonté de proposer une expérience immersive et singulière.
Mais c’est aussi là que l’album peut diviser. L’intrigue devient parfois floue, voire nébuleuse, ce qui peut perdre le lecteur en cours de route. Les personnages manquent par moments de profondeur, ce qui empêche de s’y attacher pleinement. Enfin, la narration laisse volontairement des zones d’ombre, ce qui peut frustrer celles et ceux qui attendent une explication claire ou une résolution plus nette.
Au final, Arcadium est une bonne BD, portée par une direction artistique remarquable et une expérience sensorielle intéressante, mais qui n’atteint pas totalement son plein potentiel à cause d’une narration parfois trop opaque.
Note réelle : 3,5 / 5
Avec The Blue Flame, Christopher Cantwell ne raconte pas une histoire de super-héros. Il démonte le concept. On suit Sam Brausam, un type ultra banal : plombier / réparateur de chaudière le jour, super-héros amateur la nuit. Un homme sans envergure, presque invisible, qui va pourtant se retrouver au centre de quelque chose de totalement démesuré.
Car très vite, le décor explose : l’humanité est jugée par une civilisation extraterrestre, et Sam devient, malgré lui, l’avocat de toute une espèce dans un procès cosmique qui le dépasse totalement.
Le point de départ est fascinant. Mais très vite, le récit dérape — dans le bon sens du terme. La narration se fragmente, les repères éclatent, et le lecteur est plongé dans une expérience presque mentale. Réalité, souvenirs, fantasmes : tout se mélange. Cantwell ne cherche jamais à rassurer, il préfère perdre son lecteur pour mieux l’immerger dans la psyché de son personnage. On est loin du comics confortable : ici, il faut accepter de lâcher prise.
Visuellement, Adam Gorham accompagne parfaitement cette dérive. Son trait, appuyé par des couleurs fortes et parfois presque agressives, renforce cette impression de flottement permanent. L’ambiance devient vite oppressante, parfois même hypnotique, et sert pleinement le propos.
Mais cette ambition a un revers. À force de brouiller les lignes, le récit peut sembler flou, presque insaisissable. L’émotion peine parfois à émerger, les personnages restant à distance, comme noyés dans le concept. Ce n’est pas un défaut anodin : certains lecteurs risquent de décrocher, faute d’ancrage clair.
Reste une œuvre singulière, exigeante, qui ne cherche jamais à plaire mais à questionner. The Blue Flame ne donne pas de réponses simples, et c’est précisément ce qui fait sa force. Un comics audacieux, déroutant, qui mérite qu’on s’y confronte — même au risque de ne pas en sortir totalement indemne.
Une série (qui a finit comme un one-shot...sympa pour ceux qui avait acheté le premier tomer !) pas trop mal qui vise clairement le public ados fan de mangas shonen.
En effet, on retrouve un récit d'aventure remplis d'actions et d'humour et des personnages très archétypes. Rien que le fait que le héros soit le seul male du groupe et que bien sur toutes les filles vont avoir des sentiments pour lui fit très cliché. Il y a même parmi les trois filles une amie d'enfance qui aime déjà le héros au début de l'histoire ! J'avoue que j'ai été surpris qu'il ne touche pas accidentellement leurs seins ou qu'il rentre dans une salle où elles se changeaient.
Bref, le scénario est purement accès sur le divertissement et il ne faut pas chercher un scénario qui renouvellera le genre ou qui sera profond. Je trouve cela un peu dommage parce qu'il y a du potentiel dans le scénario, mais le récit va trop souvent trop vite et c'est un peu décousu. Cela se laisse tout de même lire. L'humour fonctionne parfois, les personnages sont un peu attachants et le dessin est dynamique. C'est surtout un album que je conseil pour un public jeune parce que je pense que plusieurs lecteurs adultes vont s'ennuyer.
Angel Doll, typiquement le genre d’album que tu prends sans trop hésiter parce que la couverture te parle. Intrigante, réussie, elle vend quelque chose.
Et derrière… il n’y a rien.
Très honnêtement, si j’avais lu l' avis d’Ems, je n’y serais jamais allé. Et après lecture, je comprends totalement pourquoi.
C’est vide. L’histoire ne prend jamais, les enjeux sont inexistants, et on reste totalement extérieur à ce qui se passe. Aucun attachement, aucune tension, aucun moment marquant. Juste une impression de suivre quelque chose qui n’a ni direction ni impact.
Et pourtant, ce n’est pas verbeux. Ça se lit vite. Mais même avec ça, j’ai trouvé le temps long. Très long. Au point d’avoir eu envie de lâcher l’album au bout d’une quinzaine de pages. Ce qui m’arrive très rarement.
Je suis allé au bout uniquement parce que je l’avais acheté. Sinon, il ne m’aurait clairement pas retenu.
Une couverture qui attire… mais un contenu qui ne suit absolument pas.
Franchement, Le Serment fait partie de ces BD qu’on lance un peu “tranquillement”… et qu’on termine sans lever la tête.
Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle nous embarquent dans un huis clos oppressant avec un médecin borderline, déjà bien en dehors des clous, qui voit débarquer un patient persuadé d’être en train de devenir autre chose. Et là, tout repose sur cette tension : délire total ou bascule réelle ? Le récit joue constamment sur ce fil, entre rationalité médicale et glissement vers le fantastique.
Ce n’est pas une révolution, clairement. On sent des mécaniques connues, des influences. Mais c’est tellement bien rythmé, tellement efficace, que ça passe crème. Pas de gras, pas de détour inutile : ça avance, ça serre, et ça ne lâche pas. Résultat, tu lis ça d’une traite, happé jusqu’à la dernière page.
Mais là où l’album m’a vraiment cueilli, c’est sur la partie graphique.
Mickaël Bourgouin envoie du lourd. Son trait est nerveux, précis, toujours juste. Il y a une vraie intensité dans les regards, dans les postures, dans la manière de découper les scènes. On sent la pression monter case après case.
Et la couleur… énorme. Elle fait quasiment la moitié du boulot à elle seule. C’est sombre, dense, parfois poisseux, avec des jeux de lumières qui viennent trancher dans le vif. Ça renforce le côté clinique, froid… puis ça bascule vers quelque chose de plus organique, plus inquiétant. Clairement, ça te met dedans.
Au final, Le Serment, ce n’est peut-être pas la BD qui va tout révolutionner, mais c’est exactement le genre d’album que j’adore : efficace, immersif, sans fioritures, avec une vraie identité visuelle.
Un pur plaisir de lecture
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Drome
Drome, c’est clairement pas une BD comme les autres. C’est même difficile de la ranger quelque part. On est face à un objet un peu extraterrestre dans le 9e art. L’histoire, sur le papier, est assez simple : une sorte de genèse, avec des entités qui créent la vie, le chaos qui s’installe, puis une tentative d’imposer un ordre. Une lutte entre forces opposées, presque mythologique. Mais très vite, tu comprends que ce n’est pas vraiment ça l’essentiel. Parce que Drome, ça se lit autant que ça se regarde. C’est une BD quasiment muette, qui repose énormément sur sa narration visuelle. Et là, Lonergan est en démonstration. Il joue avec les cases, les découpe, les répète, les déforme. Il te fait ressentir le temps, le mouvement, les impacts… juste avec la mise en page. Par moments, t’as presque l’impression de redécouvrir comment lire une BD. Visuellement, c’est fascinant. Minimaliste en apparence, mais en réalité ultra travaillé. Les couleurs, les compositions, le rythme… tout est pensé pour t’embarquer dans une expérience plus que dans une simple histoire. Mais justement, ça peut aussi créer une distance. C’est brillant, c’est original, mais parfois plus cérébral qu’émotionnel. On admire beaucoup… sans toujours être totalement impliqué. Au final, Drome, c’est une œuvre à part. Pas forcément accessible, pas forcément pour tout le monde, mais clairement marquante. Une BD expérimentale, audacieuse, presque déroutante… mais impossible à ignorer.
Les Folles
Les hyènes ne font pas des lions. Dolores Alcatena a hérité du talent graphique de son illustre père : Enrique Alcatena. Une artiste argentine reconnue dans son pays où elle a déjà publié plusieurs albums, ce "Les Folles" est sa première BD traduite en France. Une première lecture qui ne m'avait pas complètement convaincu, j'ai donc laissé passer quelques jours avant d'entreprendre une seconde lecture plus probante. Depuis l'excellent Watership Down je rechigne moins à lire une BD où des animaux sont les personnages principaux. On va donc suivre l'itinéraire de Namomo, une hyène, de sa prime jeunesse à un âge avancé. Et pour apprécier un tant soit peu ce parcours initiatique, il faut appréhender ce récit comme un conte où légendes et famille en sont la colonne vertébrale. Dolores Alcatena a voulu réhabiliter cet animal à l'aspect disgracieux, à la curieuse démarche et au ricanement glaçant, on les dit laides. Un album qui se veut féministe, les hyènes tachetées vivent en clan dans un système social matriarcal où mères, sœurs et filles en sont la clé de voûte. Une narration dominée par la voix off de Namomo où chaque chapitre se concentre sur une étape de son cheminement, cela permet de comprendre sa difficulté à se sentir une Folle au sein de son clan. Ça peut paraître brut de décoffrage et manquant d'onirisme mais le rythme est bien dosé et je me suis finalement attaché à cette hyène en quête de réponses. Un récit sur la différence et la difficulté d'appartenir à un groupe. Un noir et blanc tranché, torturé et réaliste qui me plait énormément. Dolores Alcatena a incontestablement du talent, elle arrive à retranscrire les émotions d'un simple regard ou suivant une posture tout en gardant l'aspect animal des hyènes. De même avec ce « sourire » accentué qui rend ce carnivore si impénétrable. Une BD qui divisera.
Monsieur Chouette
Une plongée dans un univers onirique et symbolique très marqué, portée par un dessin superbe, mais dont la longueur et le propos m'ont laissé à distance. J'ai retrouvé dans cet album tout ce qui fait l'identité graphique de David B : un dessin immédiatement reconnaissable, entre onirisme, sens très fort de l'illustration et une forme de naïveté assumée dans le trait. Le noir et blanc est toujours aussi travaillé, avec des contrastes marqués et une richesse visuelle impressionnante. Chaque planche regorge de détails, d'idées, de créatures et de compositions qui donnent envie de s'attarder dessus. Le récit baigne dans cette ambiance très caractéristique de l'auteur, à la fois fantasmagorique et symbolique, presque comme un rêve ou une longue fable. On est dans la continuité de ses œuvres précédentes, avec ce goût pour les univers mentaux, les mythologies revisitées et les récits qui fonctionnent davantage par associations d'idées que par une narration classique. La lecture reste globalement plaisante, notamment grâce à cette inventivité visuelle constante et à la richesse du monde proposé. Mais j'ai malgré tout ressenti une vraie longueur. L'album est dense, assez étendu, et je n'ai pas été captivé sur toute la durée. Par moments, j'ai décroché, avec l'impression que le récit avançait sans vraiment réussir à maintenir mon attention sur le long terme. Sur le fond, le propos m'a également laissé un peu en dehors. Le message global, comme la conclusion, ne m'ont pas particulièrement parlé. J'ai bien perçu la dimension symbolique et les intentions derrière ce voyage, mais sans que cela résonne vraiment chez moi. Je pense que c'est un album qui ravira les fans de l'auteur, car il fonctionne un peu comme une synthèse de l'œuvre et de l'esprit de David B. Mais je ne fais pas vraiment partie de ces lecteurs-là : même si j'ai apprécié la force visuelle et l'univers original de cette BD, elle ne m'a pas vraiment emporté.
L'Odyssée d'Hakim
Assez friand des bds de Toulmé de façon générale, pour leur côté humain, social et faciles à lire, je me suis embarqué dans cette oeuvre, qui est la plus ambitieuse de ses productions, en tout cas au moment où il l'a commencée (avant Les Reflets du Monde). Nous suivons donc le destin d'Hakim, réfugié syrien, sa vie en Syrie, son exil et son arrivée en France. Le récit est entrecoupé par des interviews que Toulmé fait avec Hakim en France, et cela amène un côté authentique, de reportage presque. Le livre est touchant, évidemment. Je trouve que pour ça, Toulmé sait y faire. Ca ne tombe pas dans le pathos, les évènements se suivent de manière clinique, mais l'auteur réussit à faire passer toute l'horreur, l'injustice de la situation et donc, des émotions. On s'attache forcément au personnage, et si j'ai pu parfois trouver quelques longueurs, il y a quelques passages franchement palpitants ou j'étais horrifié et hyper concerné (mention spéciale à la traversée de la Méditerranée et aux camps en Hongrie). Et puis, et les autres avis le disent très bien, c'est touchant parce que ce genre d'histoire est extrêmement touchant. Hakim, comme tous les autres, ne traversent pas tout ça, toute cette hostilité, cette injustice, pour d'obscures raisons de venir nous piquer notre boulot, nos sous et je ne sais quoi d'autre. S'ils avaient une vie convenable, ou si la guerre et les régimes autoritaires n'avaient pas ravagé leurs chez eux, ils se seraient épargnés le voyage. En plus de nous faire vivre la dureté du voyage, j'ai bien aimé le soin que Toulmé met à nous décrire la vie et la situation en France d'Hakim et de sa famille. De nous montrer que même avec toute la volonté du monde, quand on est dans cette situation, c'est la grosse galère. Et personne n'aimerait être à cette place, en tout cas personne qui n'a connu ce genre d'évènement qui pousse à l'exil. Un autre élément que j'ai trouvé intéressant et qui démystifie un peu le mythe du méchant migrant avide de sang, c'est que l'auteur nous montre bien que pour pouvoir partir, pour engager le voyage, eh bien il faut de l'argent, et pas un tout petit peu d'argent. Hakim ne vient pas d'une classe populaire, plutôt, je dirais, du haut de la classe moyenne voire un peu plus, et sa belle famille semble appartenir à une classe plus aisée encore. C'est bien de comprendre, je trouve, que même partir, dans de telles conditions, dans la clandestinité, en risquant sa vie, en étant humiliés et mis au ban dans tous les endroits que l'on traverse, ça reste un certain "luxe", quelque chose que tout le monde ne peut pas se permettre. Pour finir sur le dessin, il est très efficace, le style bien reconnaissable de Toulmé fonctionne bien. Je garde du souvenir de cette lecture une teinte bleutée, et effectivement le bleu est très présent dans la colorisation. Alors pourquoi pas, on s'y habitue comme à chaque fois qu'il y a un parti pris de couleur un peu original, mais je préfère quand ça reste blanc, plus classique, en tout cas pour ce genre de récit. Le bleu n'apporte pas grand chose. Pas de surprises, je suis de l'avis de tout le monde : une bd essentielle, bien racontée et terriblement humaine.
Silent Jenny
Avec Silent Jenny, Mathieu Bablet poursuit son exploration de la science-fiction après Shangri-La et Carbone & Silicium. Une trilogie marquante, ambitieuse, qui a clairement posé son univers… et ici, il change un peu de registre. On part sur quelque chose de plus brut, plus sec. Un vrai road trip dans un monde ravagé, avec des vibes très marquées à la Mad Max : poussière, violence, survie, et cette impression constante que tout peut basculer à chaque instant. L’ambiance est là, sans aucun doute. Bablet sait créer des univers forts, et encore une fois, visuellement, ça claque. Son trait, ses compositions, son sens du silence et des grands espaces fonctionnent toujours aussi bien. Il y a une vraie maîtrise, une identité qui saute aux yeux dès les premières pages. Mais malgré toutes ses qualités, Silent Jenny n’est pas, pour moi, au niveau de ses précédentes œuvres. Peut-être moins marquant, moins profond, ou simplement moins surprenant. Ça reste une belle BD, un vrai moment de lecture, mais sans cette petite étincelle qui m’avait marqué sur ses précédents récits. Ça n’empêche pas le voyage d’être agréable. C’est un univers dans lequel on se laisse embarquer, porté par une atmosphère forte et un auteur qui sait clairement où il va. Un bon Bablet, solide et immersif, même s’il ne m’a pas autant marqué que ses précédents travaux.
Arcadium
Arcadium est une œuvre qui impose immédiatement une patte visuelle forte. En auteur complet, Nikopek livre un travail graphique impressionnant : le dessin est maîtrisé, l’ambiance est lourde, presque oppressante, et certaines planches restent en tête comme des images de cinéma. C’est clairement le point fort de l’album. À cela s’ajoute une vraie bonne idée : une bande-son associée à la lecture, qui accompagne parfaitement l’ambiance du récit. Elle renforce l’immersion et accentue ce côté presque hypnotique et dérangeant de l’œuvre. C’est un plus appréciable qui montre la volonté de proposer une expérience complète. L’histoire, elle, démarre de manière accrocheuse avec un postulat intrigant, avant de glisser progressivement vers quelque chose de plus étrange et déroutant. L’atmosphère fonctionne, l’intention est là, et on sent une vraie volonté de proposer une expérience immersive et singulière. Mais c’est aussi là que l’album peut diviser. L’intrigue devient parfois floue, voire nébuleuse, ce qui peut perdre le lecteur en cours de route. Les personnages manquent par moments de profondeur, ce qui empêche de s’y attacher pleinement. Enfin, la narration laisse volontairement des zones d’ombre, ce qui peut frustrer celles et ceux qui attendent une explication claire ou une résolution plus nette. Au final, Arcadium est une bonne BD, portée par une direction artistique remarquable et une expérience sensorielle intéressante, mais qui n’atteint pas totalement son plein potentiel à cause d’une narration parfois trop opaque. Note réelle : 3,5 / 5
The blue Flame
Avec The Blue Flame, Christopher Cantwell ne raconte pas une histoire de super-héros. Il démonte le concept. On suit Sam Brausam, un type ultra banal : plombier / réparateur de chaudière le jour, super-héros amateur la nuit. Un homme sans envergure, presque invisible, qui va pourtant se retrouver au centre de quelque chose de totalement démesuré. Car très vite, le décor explose : l’humanité est jugée par une civilisation extraterrestre, et Sam devient, malgré lui, l’avocat de toute une espèce dans un procès cosmique qui le dépasse totalement. Le point de départ est fascinant. Mais très vite, le récit dérape — dans le bon sens du terme. La narration se fragmente, les repères éclatent, et le lecteur est plongé dans une expérience presque mentale. Réalité, souvenirs, fantasmes : tout se mélange. Cantwell ne cherche jamais à rassurer, il préfère perdre son lecteur pour mieux l’immerger dans la psyché de son personnage. On est loin du comics confortable : ici, il faut accepter de lâcher prise. Visuellement, Adam Gorham accompagne parfaitement cette dérive. Son trait, appuyé par des couleurs fortes et parfois presque agressives, renforce cette impression de flottement permanent. L’ambiance devient vite oppressante, parfois même hypnotique, et sert pleinement le propos. Mais cette ambition a un revers. À force de brouiller les lignes, le récit peut sembler flou, presque insaisissable. L’émotion peine parfois à émerger, les personnages restant à distance, comme noyés dans le concept. Ce n’est pas un défaut anodin : certains lecteurs risquent de décrocher, faute d’ancrage clair. Reste une œuvre singulière, exigeante, qui ne cherche jamais à plaire mais à questionner. The Blue Flame ne donne pas de réponses simples, et c’est précisément ce qui fait sa force. Un comics audacieux, déroutant, qui mérite qu’on s’y confronte — même au risque de ne pas en sortir totalement indemne.
Toutes pour un (Les Gardiennes d'Aether)
Une série (qui a finit comme un one-shot...sympa pour ceux qui avait acheté le premier tomer !) pas trop mal qui vise clairement le public ados fan de mangas shonen. En effet, on retrouve un récit d'aventure remplis d'actions et d'humour et des personnages très archétypes. Rien que le fait que le héros soit le seul male du groupe et que bien sur toutes les filles vont avoir des sentiments pour lui fit très cliché. Il y a même parmi les trois filles une amie d'enfance qui aime déjà le héros au début de l'histoire ! J'avoue que j'ai été surpris qu'il ne touche pas accidentellement leurs seins ou qu'il rentre dans une salle où elles se changeaient. Bref, le scénario est purement accès sur le divertissement et il ne faut pas chercher un scénario qui renouvellera le genre ou qui sera profond. Je trouve cela un peu dommage parce qu'il y a du potentiel dans le scénario, mais le récit va trop souvent trop vite et c'est un peu décousu. Cela se laisse tout de même lire. L'humour fonctionne parfois, les personnages sont un peu attachants et le dessin est dynamique. C'est surtout un album que je conseil pour un public jeune parce que je pense que plusieurs lecteurs adultes vont s'ennuyer.
Angel Doll
Angel Doll, typiquement le genre d’album que tu prends sans trop hésiter parce que la couverture te parle. Intrigante, réussie, elle vend quelque chose. Et derrière… il n’y a rien. Très honnêtement, si j’avais lu l' avis d’Ems, je n’y serais jamais allé. Et après lecture, je comprends totalement pourquoi. C’est vide. L’histoire ne prend jamais, les enjeux sont inexistants, et on reste totalement extérieur à ce qui se passe. Aucun attachement, aucune tension, aucun moment marquant. Juste une impression de suivre quelque chose qui n’a ni direction ni impact. Et pourtant, ce n’est pas verbeux. Ça se lit vite. Mais même avec ça, j’ai trouvé le temps long. Très long. Au point d’avoir eu envie de lâcher l’album au bout d’une quinzaine de pages. Ce qui m’arrive très rarement. Je suis allé au bout uniquement parce que je l’avais acheté. Sinon, il ne m’aurait clairement pas retenu. Une couverture qui attire… mais un contenu qui ne suit absolument pas.
Le Serment
Franchement, Le Serment fait partie de ces BD qu’on lance un peu “tranquillement”… et qu’on termine sans lever la tête. Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle nous embarquent dans un huis clos oppressant avec un médecin borderline, déjà bien en dehors des clous, qui voit débarquer un patient persuadé d’être en train de devenir autre chose. Et là, tout repose sur cette tension : délire total ou bascule réelle ? Le récit joue constamment sur ce fil, entre rationalité médicale et glissement vers le fantastique. Ce n’est pas une révolution, clairement. On sent des mécaniques connues, des influences. Mais c’est tellement bien rythmé, tellement efficace, que ça passe crème. Pas de gras, pas de détour inutile : ça avance, ça serre, et ça ne lâche pas. Résultat, tu lis ça d’une traite, happé jusqu’à la dernière page. Mais là où l’album m’a vraiment cueilli, c’est sur la partie graphique. Mickaël Bourgouin envoie du lourd. Son trait est nerveux, précis, toujours juste. Il y a une vraie intensité dans les regards, dans les postures, dans la manière de découper les scènes. On sent la pression monter case après case. Et la couleur… énorme. Elle fait quasiment la moitié du boulot à elle seule. C’est sombre, dense, parfois poisseux, avec des jeux de lumières qui viennent trancher dans le vif. Ça renforce le côté clinique, froid… puis ça bascule vers quelque chose de plus organique, plus inquiétant. Clairement, ça te met dedans. Au final, Le Serment, ce n’est peut-être pas la BD qui va tout révolutionner, mais c’est exactement le genre d’album que j’adore : efficace, immersif, sans fioritures, avec une vraie identité visuelle. Un pur plaisir de lecture