3.5
J'ai bien aimé ce one-shot même si je comprends que d'autres posteurs aient moins accroché.
En effet, le scénario est au final assez classique, le genre d'histoire qu'on voit dans pleins d'œuvre destiné à la jeunesse avec un message convenu du genre il faut faire son deuil. Mais bon cela ne m'a pas dérangé parce que j'ai trouvé le scénario terriblement efficace. Il faut dire que le récit traite de sujets qui m'attire comme le folklore ou encore l'histoire des quartiers. Les personnages sont attachants et le scénario est captivant. L'album se laisse lire facilement malgré son nombre de pages et le fait qu'il y a souvent beaucoup de textes.
Le dessin est pas mal et on voit très bien que l'auteur a travail dans l'animation. Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus aux éloges. C'est vraiment un bon divertissement.
C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains.
Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime.
Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer.
Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables".
Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée.
A découvrir.
Le premier cycle de cette série sur les mondes d'Aldébaran m'avait laissé un super souvenir quand je l'ai lu ado, mais en la relisant des années plus tard quelques points me chagrinent. C'est malgré tout une bonne série, qu'il faut replacer dans le contexte des années 90.
Je comprends la critique sur le manque de diversité des ethnies représentées (issues de la terre) ainsi que sur les expressions faciales des personnages mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé. Après tout, les d'occidentaux n'auraient-ils pas pu lancer cette expédition et donc envoyé en priorité des occidentaux avec une plus forte proportion de personnes caucasiennes ?
Cependant ce qui me chagrine le plus est le manque de diversité dans les corps ; des gentils, beaux comme des dieux sur qui tout le monde veut sauter et des méchants aux traits de méchants, trop sérieux ou bedonnants. Les corps sont tous les mêmes, interchangeables, fantasmés : des femmes avec des énormes seins bien fermes (que l'on voit beaucoup trop), des ventres plats, des belles hanches et des jambes fines, des hommes aux corps d'athlètes et aux traits anguleux ...
Les personnages, surtout les femmes, sont très sexualisées, les seins toujours bien moulées, se trimballant souvent en culottes. A peine un homme rencontre un femme ou inversement qu'ils doivent coucher ensemble/être en couple... c'est trop. Surtout que Kim à 13 ans dans le premier tome et est à deux doigts de coucher avec un homme. Puis à 17 ans elle couche avec Marc qui en a 21. Son âge m'a dérangé. Elle est trop mature pour avoir 13 ans, et son rôle est plus celui d'une jeune femme que d'une gamine.
C'est pour moi le gros point noir de cette série, sinon j'ai été transportée dans cet univers fantastique avec une faune et une flore bien imaginée et qui sert un beau récit d'aventure.
La fin est un poil trop facile à mon goût avec une épilogue digne d'un Disney.
C'est une histoire assez longue sur la vie d'un humanitaire dans une ONG au coeur de l'Afghanistan au début des années 2000. A vrai dire on a un peu de mal à se rendre compte de la réalité de son travail à part rencontrer des gens, faire en sorte qu'ils s'entendent sur tel ou tel projet pour leur village.
On se situe post attentats du 11 Septembre, c'est un pays à la population jeune qui ne connait que le conflit depuis l'invasion soviétique de la fin des années 1970. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent dans un pays figé sans grande trace du progrès. Pas de loisirs, et certains habitants sont très isolés dans les montagnes. Le pays est le refuge des produits de consommation périmés que les autres ne veulent pas.
La poussière, des paysages arides, tout cela est bien rendu par le dessin noir et blanc assez épuré. L'album contient plusieurs chapitres sur différents points de la société afghane, parfois comique et pleine de paradoxe. Sur les relations homme femme par exemple, la question du voile et de la burqa, les hommes draguent notamment à Kaboul, mais pour leur mariage ils ne veulent pas une femme "délurée" qui accepte d'aller manger une glace. Non il leur faut une femme "pure", un objet en réalité tant elle ne peut rien faire sans l'aval d'un homme.
Un bon travail d'édition des Requins Marteaux avec ce livre épais. Néanmoins je relève plusieurs fautes d'orthographe notamment dans une page d'intertitre (ascène au lieu d'ascèse...), horripilant. Il y a un chapitre un peu plus long que les autres où un homme raconte son long et coûteux périple pour tenter de rejoindre l'Angleterre. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est 20 ans après, sans doute pas mieux voire pire.
Mouais. J’ai lu la série dans l’intégrale. Je ne me suis pas ennuyé, mais l’intrigue ne m’a pas emballé plus que ça. Affaire de goûts sans doute.
L’histoire ressemble à une série B à l’américaine (quelques points communs avec cette île rassemblant les rebus de la société qui m’a fait penser à des films comme « New-York 1997 » de Carpenter, ou « Les guerriers de la nuit » de Hill), avec une lutte entre clans, lutte qui va se trouver dynamisée par l’arrivée d’une femme envoyée au milieu de ce panier de crabes par un laboratoire pharmaceutique à qui on a volé des produits secrets.
C’est assez dynamique donc, mais les combats (pas toujours très lisibles parfois) occupent parfois trop de place, et l’intrigue elle-même n’est pas de celles qui m’intéressent. La psychologie des personnages est aussi un peu légère.
Le dessin lui aussi m’a un peu laissé de côté. Même s’il possède de réelles qualités. J’ai bien aimé la colorisation (tous les tons employés donnent un rendu qui me plait). Les décors sont peu développés, mais les décors urbains en fond sont plutôt chouettes (avec cette belle colorisation en plus).
Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin des personnages. On est sur un style proche de certains comics, avec des corps bodybuildés pour les hommes, avec mâchoires carnassières, des femmes aux poitrines opulentes. Et surtout des corps très allongés, et des visages qui me paraissaient un peu petits par rapport au reste du corps.
Note réelle 2,5/5.
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !).
Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original.
Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère.
Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré pour conclure son histoire.
J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue.
Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
Un album intéressant. Et, il faut sans doute le dire, sans doute bien plus accessible que l’on pourrait s’y attendre si on n’est pas féru de philosophie, ou de théories et d’histoire intellectuelles de la seconde moitié du XXème siècle.
La narration est en effet assez aérée, pour nous présenter – certes brièvement, ça n’est pas une étude universitaire ! – ce qu’on pu apporter quelques auteurs/penseurs français à la pensée moderne (même si d’autres auteurs non Français, voire même non francophones sont rattachés à cette « french theory »). Cela permet aussi de voir qu’il n’y a pas de « théorie » collective, que tout ceci a été construit presque de l’extérieur (aux États-Unis), en regroupant divers écrivains à la pensée et aux méthodes très différentes, si ce n’est qu’ils remettent en cause la doxa et la façon d’envisager le monde : en cela ils vont nourrir la réflexion de tous ceux qui vont se révolter contre l’ordre établi (universitaire, colonial, occidental, etc.). Et, conséquemment, ils vont donc se retrouver au cœur des cibles de la réaction ultralibérale et « antiwoke » (terme débile issu de l’extrême droite), même si ça n’est qu’effleuré en fin d’album, ça n’est pas le cœur du sujet.
Une intéressante présentation historique, plutôt bien « vulgarisée ». Le dessin n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus, mais il fait bien le boulot. Il est très lisible.
Note réelle 3,5/5.
Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud.
Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux.
Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques.
Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin.
Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol).
Du bon boulot.
Pour les curieux.
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit.
C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir.
D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendu confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdu. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir.
Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
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Downlands
3.5 J'ai bien aimé ce one-shot même si je comprends que d'autres posteurs aient moins accroché. En effet, le scénario est au final assez classique, le genre d'histoire qu'on voit dans pleins d'œuvre destiné à la jeunesse avec un message convenu du genre il faut faire son deuil. Mais bon cela ne m'a pas dérangé parce que j'ai trouvé le scénario terriblement efficace. Il faut dire que le récit traite de sujets qui m'attire comme le folklore ou encore l'histoire des quartiers. Les personnages sont attachants et le scénario est captivant. L'album se laisse lire facilement malgré son nombre de pages et le fait qu'il y a souvent beaucoup de textes. Le dessin est pas mal et on voit très bien que l'auteur a travail dans l'animation. Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus aux éloges. C'est vraiment un bon divertissement.
Vacances fatales
C'est déjà mieux que Little Ego qui m'était tombé des mains. Ici Giardino nous raconte des histoires d'adultères qui tournent souvent au crime. Sur le 4eme plat de couverture, Le Monde nous vend ces intrigues comme étant à la croisée des influences d'Alberto Moravia et d'Umberto Eco, rien que ça. Je n'ai pas assez lu ces auteurs pour confirmer. Il n'empêche, passé les deux premiers récits qui inaugurent cette bande et qui sont très anecdotiques, un vrai charme s'opère. On reconnaît alors la patte d'un auteur qui nous dépeint toujours le même profil de personnages et qui semble nous dire : "il n'y a pas d'innocent, il n'existe que des coupables". Et puis Giardino était un grand dessinateur et on n'est pas déçu à ce niveau, je garde en souvenir notamment la nouvelle qui se passe à Venise et qui est particulièrement soignée. A découvrir.
Aldébaran
Le premier cycle de cette série sur les mondes d'Aldébaran m'avait laissé un super souvenir quand je l'ai lu ado, mais en la relisant des années plus tard quelques points me chagrinent. C'est malgré tout une bonne série, qu'il faut replacer dans le contexte des années 90. Je comprends la critique sur le manque de diversité des ethnies représentées (issues de la terre) ainsi que sur les expressions faciales des personnages mais ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé. Après tout, les d'occidentaux n'auraient-ils pas pu lancer cette expédition et donc envoyé en priorité des occidentaux avec une plus forte proportion de personnes caucasiennes ? Cependant ce qui me chagrine le plus est le manque de diversité dans les corps ; des gentils, beaux comme des dieux sur qui tout le monde veut sauter et des méchants aux traits de méchants, trop sérieux ou bedonnants. Les corps sont tous les mêmes, interchangeables, fantasmés : des femmes avec des énormes seins bien fermes (que l'on voit beaucoup trop), des ventres plats, des belles hanches et des jambes fines, des hommes aux corps d'athlètes et aux traits anguleux ... Les personnages, surtout les femmes, sont très sexualisées, les seins toujours bien moulées, se trimballant souvent en culottes. A peine un homme rencontre un femme ou inversement qu'ils doivent coucher ensemble/être en couple... c'est trop. Surtout que Kim à 13 ans dans le premier tome et est à deux doigts de coucher avec un homme. Puis à 17 ans elle couche avec Marc qui en a 21. Son âge m'a dérangé. Elle est trop mature pour avoir 13 ans, et son rôle est plus celui d'une jeune femme que d'une gamine. C'est pour moi le gros point noir de cette série, sinon j'ai été transportée dans cet univers fantastique avec une faune et une flore bien imaginée et qui sert un beau récit d'aventure. La fin est un poil trop facile à mon goût avec une épilogue digne d'un Disney.
La Première Fleur du pays sans arbre
C'est une histoire assez longue sur la vie d'un humanitaire dans une ONG au coeur de l'Afghanistan au début des années 2000. A vrai dire on a un peu de mal à se rendre compte de la réalité de son travail à part rencontrer des gens, faire en sorte qu'ils s'entendent sur tel ou tel projet pour leur village. On se situe post attentats du 11 Septembre, c'est un pays à la population jeune qui ne connait que le conflit depuis l'invasion soviétique de la fin des années 1970. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent dans un pays figé sans grande trace du progrès. Pas de loisirs, et certains habitants sont très isolés dans les montagnes. Le pays est le refuge des produits de consommation périmés que les autres ne veulent pas. La poussière, des paysages arides, tout cela est bien rendu par le dessin noir et blanc assez épuré. L'album contient plusieurs chapitres sur différents points de la société afghane, parfois comique et pleine de paradoxe. Sur les relations homme femme par exemple, la question du voile et de la burqa, les hommes draguent notamment à Kaboul, mais pour leur mariage ils ne veulent pas une femme "délurée" qui accepte d'aller manger une glace. Non il leur faut une femme "pure", un objet en réalité tant elle ne peut rien faire sans l'aval d'un homme. Un bon travail d'édition des Requins Marteaux avec ce livre épais. Néanmoins je relève plusieurs fautes d'orthographe notamment dans une page d'intertitre (ascène au lieu d'ascèse...), horripilant. Il y a un chapitre un peu plus long que les autres où un homme raconte son long et coûteux périple pour tenter de rejoindre l'Angleterre. Il serait intéressant de savoir ce qu'il en est 20 ans après, sans doute pas mieux voire pire.
Ghostface
Mouais. J’ai lu la série dans l’intégrale. Je ne me suis pas ennuyé, mais l’intrigue ne m’a pas emballé plus que ça. Affaire de goûts sans doute. L’histoire ressemble à une série B à l’américaine (quelques points communs avec cette île rassemblant les rebus de la société qui m’a fait penser à des films comme « New-York 1997 » de Carpenter, ou « Les guerriers de la nuit » de Hill), avec une lutte entre clans, lutte qui va se trouver dynamisée par l’arrivée d’une femme envoyée au milieu de ce panier de crabes par un laboratoire pharmaceutique à qui on a volé des produits secrets. C’est assez dynamique donc, mais les combats (pas toujours très lisibles parfois) occupent parfois trop de place, et l’intrigue elle-même n’est pas de celles qui m’intéressent. La psychologie des personnages est aussi un peu légère. Le dessin lui aussi m’a un peu laissé de côté. Même s’il possède de réelles qualités. J’ai bien aimé la colorisation (tous les tons employés donnent un rendu qui me plait). Les décors sont peu développés, mais les décors urbains en fond sont plutôt chouettes (avec cette belle colorisation en plus). Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin des personnages. On est sur un style proche de certains comics, avec des corps bodybuildés pour les hommes, avec mâchoires carnassières, des femmes aux poitrines opulentes. Et surtout des corps très allongés, et des visages qui me paraissaient un peu petits par rapport au reste du corps. Note réelle 2,5/5.
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
Je n'étais pas prêt pour cette lecture... Jodorowsky pousse le curseur du délire assez loin ici en adoptant l'angle de la comedie de mœurs (à la sauce piquante !). Le premier tome est brillant à tous les niveaux. Moebius livre de très belles planches, s'amuse avec la gamme chromatique des couleurs pour illustrer certaines scènes tandis que Jodo met en place un canevas drôle et très original. Malheureusement ça se gâte un peu à partir du tome 2. Moebius choisit de rajeunir son dessin pour une raison inconnue et cela réduit l'histoire à sa dimension humoristique. Pour enfoncer le clou, Jodorowsky nous abreuve tout à coup de citations philosophiques faisant l'effet d'un somnifère. Cette direction est assumée et s'accélère au troisième et dernier tome. On lit sans déplaisir d'autant que Jodo est assez inspiré pour conclure son histoire. J'ai eu un peu de mal avec le running gag régressif qui sert de fil marron - haha - à l'intrigue. Le changement de style visuel est le principal défaut de cette bande. C'est fort dommage d'autant que ça partait bien avec cette couverture sublime qui sera malheureusement censurée à partir de l'édition 2020.
French Theory
Un album intéressant. Et, il faut sans doute le dire, sans doute bien plus accessible que l’on pourrait s’y attendre si on n’est pas féru de philosophie, ou de théories et d’histoire intellectuelles de la seconde moitié du XXème siècle. La narration est en effet assez aérée, pour nous présenter – certes brièvement, ça n’est pas une étude universitaire ! – ce qu’on pu apporter quelques auteurs/penseurs français à la pensée moderne (même si d’autres auteurs non Français, voire même non francophones sont rattachés à cette « french theory »). Cela permet aussi de voir qu’il n’y a pas de « théorie » collective, que tout ceci a été construit presque de l’extérieur (aux États-Unis), en regroupant divers écrivains à la pensée et aux méthodes très différentes, si ce n’est qu’ils remettent en cause la doxa et la façon d’envisager le monde : en cela ils vont nourrir la réflexion de tous ceux qui vont se révolter contre l’ordre établi (universitaire, colonial, occidental, etc.). Et, conséquemment, ils vont donc se retrouver au cœur des cibles de la réaction ultralibérale et « antiwoke » (terme débile issu de l’extrême droite), même si ça n’est qu’effleuré en fin d’album, ça n’est pas le cœur du sujet. Une intéressante présentation historique, plutôt bien « vulgarisée ». Le dessin n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus, mais il fait bien le boulot. Il est très lisible. Note réelle 3,5/5.
L'Indicible
Le dernier Tanabe, celui qui a réussi a faire des bande dessinées convaincantes de Lovecraft ! J'aime aussi qu'il se permette quelques inventions, comme le dialogue entre un auteur représentant en somme Lovecraft, et un critique. Le côté familial de l'aventure avec les Carter. Surtout, le dessin qui se fait presque sculpture de clair obscur face au fantastique… Précis et clair face au monde de l'éveil, précis et évocateur face au monde du rêve tant célébré dans ce volume. On se croirait à la fin de l'Incal où "rêver c'est survivre !"
Le Tombeau de la comète
Une BD réalisée à quatre mains à tous les niveaux : scénario, graphisme et couleurs par Élodie Portela Vidal et Quentin Rigaud. Un récit post-apocalyptique qui se veut ambitieux. Une comète est entrée en collision avec notre planète. Le monde d'avant n'est plus, celle-ci a transformé la faune et la flore. Et ces mutations ont décimé les humains dont il ne reste que quelques groupes isolés qui survivent tant bien que mal. Pour survivre, quelques rescapés se voient attribuer des dons grâce à la poussière de la comète (lire la galerie pour de plus amples explications), un rituel qui n'est pas sans danger. Et grâce à ces dons spécifiques, ils peuvent ainsi créer des armures géantes pour se protéger du monde extérieur et de ses créatures chimériques. Un récit qui ne m'a pas totalement convaincu, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. De un, je ne me suis jamais attaché aux personnages lors de leur quête du cratère laissé par la comète pour y trouver des réponses. De deux, les réflexions sur notre relation avec mère nature et notre place dans le monde m'ont paru assez communes. De trois, je trouve le scénario manquant de crédibilité dans la succession des péripéties de nos survivants. Et de quatre, on voit arriver la conclusion de loin. Je m'interrogeais lors de ma lecture sur le partage des taches tant au niveau du dessin que de la colorisation. J'ai eu la réponse en fin d'album. Ils se sont d'abord répartis le storyboard. Ensuite, Quentin Rigaud (au trait singulier) a dessiné les personnages et les structures humaines (objets et bâtiments) et il en fait la colorisation. Enfin, Élodie Portela Vidal peint numériquement par-dessus tout ce qui a été altéré par la comète (faune et flore). Un processus de création qui donne un résultat surprenant et une ambiance post-apocalyptique réussie. J'ai particulièrement aimé les trois premières planches (non présentes dans la galerie), ainsi que les quatre dernières, dans un style pariétal/médiéval tout en horizontalité. Par contre, certaines planches montrant les rares combats entre armures et créatures chimériques manquent de lisibilité (le seul bémol). Du bon boulot. Pour les curieux.
Baume du tigre
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit. C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir. D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendu confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdu. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir. Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.