Pas vraiment au fait des histoires des dynasties romaines, j'avoue m'être fait surprendre par l'histoire de Poppée que je ne connaissais pas.
Poppée, connue pour avoir été la compagne de Néron, fut une femme ambitieuse et calculatrice, qui ne recula devant rien pour parvenir à ses fins.
Issue d'une famille prestigieuse remontant à Alexandre Le Grand, tombée en disgrâce à cause d'une machination de l'épouse de l'empereur Claude, Poppée en gardera une rancœur tenace qui nourrira sa soif de vengeance et de pouvoir. Ce qu'elle parviendra merveilleusement à faire, mais à quel prix...
Je vous laisse la surprisse de sa seconde vie, pour ceux qui ne la connaissent pas, je ne vais pas vous spoiler !
C'est plutôt bien mené, tant sur le dessin que sur le scénario : la colorisation un peu terne de Lou surprend au début mais est finalement bien trouvée pour imposer une ambiance globale qui se marie parfaitement avec nos personnages et leurs péripéties.
Voilà en tout cas un personnage historique que je ne connaissais pas, très bien mis en lumière par cet album.
(3.5/5)
Rosa traverse son année de collège en sixième avec son ami imaginaire, Aldo, en naviguant entre école, famille, nouvelles amitiés et un quotidien légèrement décalé.
C'est un récit plein de charme et de douceur. Il y a quelque chose de poétique dans ce quotidien un peu loufoque, avec des idées qui frôlent gentiment l’absurde (la professeure qui donne uniquement des cours sur elle-même, les parents qui vident méthodiquement leur maison pour faire de l'espace…), et qui m’ont fait penser par moments à l’univers de Boris Vian. Dans un registre différent, j’ai aussi retrouvé une forme de douceur dans le ton et le rythme, un mélange de légèreté et de petites touches d’humour qui, associé à la structure en courts chapitres, au graphisme et à la colorisation, m’a évoqué certains films du Studio Ghibli, notamment Mes voisins les Yamada.
C’est plaisant à lire, souvent mignon, et visuellement assez joli, avec une vraie cohérence entre le fond et la forme. Mais en même temps, j’ai eu du mal à être totalement embarqué. Le récit donne l’impression de multiplier les pistes sans jamais vraiment en creuser une en profondeur. Il n’y a pas de véritable intrigue qui s’installe, ni de thématique centrale qui s’impose clairement, plutôt un ensemble de sujets effleurés (l’amitié, la différence, l’entrée dans l’adolescence, la famille…) qui restent à l’état d’ébauche. Même certains éléments intéressants, comme le fait que Rosa tienne fermement à s'habiller et se coiffer comme un garçon, restent finalement assez neutres dans le propos. C’est un trait de personnage plutôt agréable, traité sans lourdeur, mais qui ne semble pas porter de réflexion particulière sur l'identité sexuelle, les enfants de cet âge-là s'en moquant bien.
C'est un album au charme indéniable, et j’ai souvent eu l’impression d’être à deux doigts de me laisser emporter par son ambiance et sa poésie… sans que cela prenne complètement. Il m'a manqué une intrigue plus concrète, ou quelque chose de plus structurant, pour que l’ensemble dépasse le stade de la jolie esquisse et me marque vraiment.
Voilà un ovni que je conseille de feuilleter avant d’acheter, tant le contenu de ce petit pavé peut aisément rebuter nombre de lecteurs.
L’album s’écarte des sentiers battus dans tous les domaines.
Visuellement d’abord, puisque c’est une sorte de roman-photo. Mais Lecointre semble avoir retravaillé tout ça pour accentuer certains côtés vieillots, j’ai parfois eu l’impression qu’il faisait en sorte de nous donner des images de mauvaise qualité. Retravaillées aussi ces photos car on a droit à pas mal de « collages », auxquels s’ajoute les dessins de Lecointre, et son personnage principal, Poulenc, avec une tête bizarre, un peu de travers, toujours l’air renfrognée.
Le récit est difficilement appréhendable, même si la fin livre quelques clés – mais pas toutes. Une sorte de voyage dans la psyché, l’inconscient du héros, rêves et réalité se mêlent sans que le lecteur ne soit toujours informé ou conscient des limites ou des liens entre les deux.
Formellement et en partie narrativement, il y a pas mal d’accointances avec une sorte de surréalisme (parfois aussi on pense aux situationnistes). Il est clair qu’il ne faut pas ne jurer que par un récit cartésien, sinon vous allez souffrir !
C’est une expérience de lecture originale. L’intrigue et l’esthétique amènent vers une sorte de SF rétro, souvent asphyxiante, absurde, et très noire.
Lénaïc Vilain développe gentiment une œuvre de plus en plus autobiographique, mélangeant sociologie et humour, avec généralement une critique sociale marquée à gauche.
On le retrouve ici pour nous présenter son expérience de supporter. Mais pas forcément au sens où le grand public l’entend. Et pourtant, il est bien membre d’un « kop », c’est une sorte « d’ultra ». Mais d’un club satellite de la banlieue parisienne, au très fort ancrage local et politique, le Red Star : c’est deux aspects sont au cœur de son récit, alors même que le vieux stade – historique et presque anachronique – est en « rénovation », et alors qu’un fonds d’investissement américain semble vouloir redéfinir les priorités du club.
Le récit transpire la sincérité, et donne un éclairage intéressant sur la survivance d’une conscience politique et éthique au sein des supporters du clubs, qui sont éloignés des néo-nazis racistes auxquels on pense lorsqu’on évoque les ultras – mais aussi éloignés des bobos voire grands bourgeois peuplant certaines tribunes pêchues du Parc des Princes.
Une petite lecture sympathique.
Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série.
Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante.
Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums.
Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté.
Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.
Au départ, Le Village prend les allures d’un thriller mystérieux plutôt classique : une ambiance pesante, des événements inquiétants et une intrigue qui installe progressivement le doute. Puis le récit glisse peu à peu vers la science-fiction, donnant une autre ampleur à l’histoire et apportant une dimension inattendue. Ce mélange fonctionne bien et maintient le lecteur dans l’attente des révélations jusqu’au bout.
Pour ma part, j’ai tout de suite été attiré par cette BD grâce à sa couverture, que j’ai trouvée particulièrement réussie et intrigante. Une fois lancé dans la lecture, je me suis laissé embarquer facilement. Le récit est bien mené, le suspense fonctionne et on ne décroche pas. L’histoire est prenante, efficace, et j’ai passé un bon moment du début à la fin.
Le dessin est lui aussi à la hauteur : sans être exceptionnel, il est largement convaincant et accompagne bien l’ambiance du récit. Il fait le travail avec sérieux et participe à rendre la lecture agréable.
Malgré cela, il m’a manqué un petit quelque chose pour que cette BD me marque davantage. Tout est bien fait, l’ensemble est solide, mais il manque cette étincelle qui aurait pu la rendre vraiment mémorable. Cela reste malgré tout une lecture agréable et efficace, qui remplit bien son rôle.
Une BD prenante et bien construite, qui mélange habilement thriller et science-fiction. Il lui manque un supplément d’âme pour se hisser au-dessus du lot, mais cela reste une lecture très agréable.
Après Freddie l'Arrangeur, Delcourt publie un autre court délire de Garth Ennis (à la limite, on aurait pu mettre les deux one-shot dans le même album) et j'ai moins aimé que Freddie.
Comme c'est une histoire courte, une quarantaine de pages, je savais dès le départ que cela n'allait pas être un récit profond, mais je m'attendais à au moins un récit divertissant et au final j'ai trouvé que c'était peu intéressant. L'idée de départ, les bébés sont transformés en adulte, n'est pas bien utilisée. Ça se résume vite à des scènes de catastrophes qui semblent sortir de n'importe quel film d'horreur quelconque. Les personnages sont banals, il y a juste la voisine acariâtre qui est pas mal. Elle a droit aux meilleurs dialogues du récit et elle est le seul élément un peu divertissant de ce one-shot. La fin est convenue et bâclée.
Heureusement que ça se lit vite, mais ça s'oublie aussi facilement.
Le meilleur, dans cette série, c'en est la critique de Le Grand A ! Qui m'a amusé comme le dézingage des films dans le blog d'un Odieux connard. Ah merci ! Sinon, je trouve les dessins et le méchant très bon. Je soupçonne qu'en court de route, on a voulu en faire un être plus complexe donc pas totalement méchant. Hélas ! Le scénariste ne se foule pas… Le reste des personnages n'est pas au niveau, c'est comme si on avait un Dark Vador sans Yan Solo et tant de protagonistes haut en couleurs, humains et non humains. Le mieux qui pourrait arriver au pauvre Marquis serait qu'il serve d'inspiration à quelqu'un pour être la meilleure version de lui-même dans un monde plus captivant !
J'avais été plutôt emballé en 2010 lorsque j'avais lu le premier tome prometteur de cette série d'heroïc-fantasy tant les graphismes et l'univers sortaient à l'époque du lot des BD du genre.
M'étant procuré récemment l'intégrale, je dois dire que 16 ans plus tard, le charme n'opère plus vraiment. En effet, bien que le dessin soit toujours aussi attrayant, l'histoire reste vraiment très basique et n'apporte pas grand chose au genre : une jeune héroïne se retrouve orpheline à cause d'un seigneur maléfique semant la terreur sur la région. Celle-ci va rencontrer un maître dont le passé semble lié au tyran et qui va l'entrainer aux techniques de combat pour venger ses parents. Bien sûr, notre jeune héroïne est également l'une des 4 élues qui peut manier les épées de verre et devra également accomplir sa destinée en réunissant les 4 épées tombées aux quatre coins du monde. Un air de déjà vu vous dis-je ?
Côté graphisme, si le dessin est très fin et détaillé, la colorisation que je trouvais plutôt jolie dans les deux premiers albums devient de plus en plus banale et informatisée dans les deux tomes qui suivent.
Enfin, la série semblait mettre en avant l'esthétique originale des animaux peuplant le monde, sortes de mélange entre hommes, félins et singes, mais au final, cette originalité n'est pas vraiment exploitée et n'apporte rien au récit.
Un 2,5 que je ramène à 2 au vu de ma déception.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 2/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8/10
NOTE GLOBALE : 10/20
3.5
Un bon premier tome qui pose bien les bases de la série. Il se passe beaucoup de choses et je n'ai pas eu l'impression de lire une longue introduction inutilement étirée comme c'est le cas avec plein de premiers tomes.
Le scénario est prenant et le futur créé par les auteurs est bien facile à suivre, même si on n'explique pas tout en détail. Le dessin est bon. On n'est pas dans du réaliste figé où tout semble avoir été dessiné sur des photos. Il y a de très belles pages de paysages. Cela dit, j'ai tout de même trouvé quelques défauts. Je trouve notamment que les personnages sont un peu trop stéréotypés entre les bons et les méchants avec chacun qui joue un archétype bien précis, mais je vois du potentiel pour un peu plus de complexité dans les tomes suivants. Il y a aussi quelques facilité dans le scénario (on passe un peu trop facilement la frontière entre les deux Islande je trouve).
Cela reste du bon divertissement, mais j'espère que la suite va corriger les défauts parce que je risque de moins aimer.
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Poppée - La femme qui vécut deux fois
Pas vraiment au fait des histoires des dynasties romaines, j'avoue m'être fait surprendre par l'histoire de Poppée que je ne connaissais pas. Poppée, connue pour avoir été la compagne de Néron, fut une femme ambitieuse et calculatrice, qui ne recula devant rien pour parvenir à ses fins. Issue d'une famille prestigieuse remontant à Alexandre Le Grand, tombée en disgrâce à cause d'une machination de l'épouse de l'empereur Claude, Poppée en gardera une rancœur tenace qui nourrira sa soif de vengeance et de pouvoir. Ce qu'elle parviendra merveilleusement à faire, mais à quel prix... Je vous laisse la surprisse de sa seconde vie, pour ceux qui ne la connaissent pas, je ne vais pas vous spoiler ! C'est plutôt bien mené, tant sur le dessin que sur le scénario : la colorisation un peu terne de Lou surprend au début mais est finalement bien trouvée pour imposer une ambiance globale qui se marie parfaitement avec nos personnages et leurs péripéties. Voilà en tout cas un personnage historique que je ne connaissais pas, très bien mis en lumière par cet album. (3.5/5)
Aldo et Rosa
Rosa traverse son année de collège en sixième avec son ami imaginaire, Aldo, en naviguant entre école, famille, nouvelles amitiés et un quotidien légèrement décalé. C'est un récit plein de charme et de douceur. Il y a quelque chose de poétique dans ce quotidien un peu loufoque, avec des idées qui frôlent gentiment l’absurde (la professeure qui donne uniquement des cours sur elle-même, les parents qui vident méthodiquement leur maison pour faire de l'espace…), et qui m’ont fait penser par moments à l’univers de Boris Vian. Dans un registre différent, j’ai aussi retrouvé une forme de douceur dans le ton et le rythme, un mélange de légèreté et de petites touches d’humour qui, associé à la structure en courts chapitres, au graphisme et à la colorisation, m’a évoqué certains films du Studio Ghibli, notamment Mes voisins les Yamada. C’est plaisant à lire, souvent mignon, et visuellement assez joli, avec une vraie cohérence entre le fond et la forme. Mais en même temps, j’ai eu du mal à être totalement embarqué. Le récit donne l’impression de multiplier les pistes sans jamais vraiment en creuser une en profondeur. Il n’y a pas de véritable intrigue qui s’installe, ni de thématique centrale qui s’impose clairement, plutôt un ensemble de sujets effleurés (l’amitié, la différence, l’entrée dans l’adolescence, la famille…) qui restent à l’état d’ébauche. Même certains éléments intéressants, comme le fait que Rosa tienne fermement à s'habiller et se coiffer comme un garçon, restent finalement assez neutres dans le propos. C’est un trait de personnage plutôt agréable, traité sans lourdeur, mais qui ne semble pas porter de réflexion particulière sur l'identité sexuelle, les enfants de cet âge-là s'en moquant bien. C'est un album au charme indéniable, et j’ai souvent eu l’impression d’être à deux doigts de me laisser emporter par son ambiance et sa poésie… sans que cela prenne complètement. Il m'a manqué une intrigue plus concrète, ou quelque chose de plus structurant, pour que l’ensemble dépasse le stade de la jolie esquisse et me marque vraiment.
Barcarolle
Voilà un ovni que je conseille de feuilleter avant d’acheter, tant le contenu de ce petit pavé peut aisément rebuter nombre de lecteurs. L’album s’écarte des sentiers battus dans tous les domaines. Visuellement d’abord, puisque c’est une sorte de roman-photo. Mais Lecointre semble avoir retravaillé tout ça pour accentuer certains côtés vieillots, j’ai parfois eu l’impression qu’il faisait en sorte de nous donner des images de mauvaise qualité. Retravaillées aussi ces photos car on a droit à pas mal de « collages », auxquels s’ajoute les dessins de Lecointre, et son personnage principal, Poulenc, avec une tête bizarre, un peu de travers, toujours l’air renfrognée. Le récit est difficilement appréhendable, même si la fin livre quelques clés – mais pas toutes. Une sorte de voyage dans la psyché, l’inconscient du héros, rêves et réalité se mêlent sans que le lecteur ne soit toujours informé ou conscient des limites ou des liens entre les deux. Formellement et en partie narrativement, il y a pas mal d’accointances avec une sorte de surréalisme (parfois aussi on pense aux situationnistes). Il est clair qu’il ne faut pas ne jurer que par un récit cartésien, sinon vous allez souffrir ! C’est une expérience de lecture originale. L’intrigue et l’esthétique amènent vers une sorte de SF rétro, souvent asphyxiante, absurde, et très noire.
Tribune(s) - Chroniques de gradins
Lénaïc Vilain développe gentiment une œuvre de plus en plus autobiographique, mélangeant sociologie et humour, avec généralement une critique sociale marquée à gauche. On le retrouve ici pour nous présenter son expérience de supporter. Mais pas forcément au sens où le grand public l’entend. Et pourtant, il est bien membre d’un « kop », c’est une sorte « d’ultra ». Mais d’un club satellite de la banlieue parisienne, au très fort ancrage local et politique, le Red Star : c’est deux aspects sont au cœur de son récit, alors même que le vieux stade – historique et presque anachronique – est en « rénovation », et alors qu’un fonds d’investissement américain semble vouloir redéfinir les priorités du club. Le récit transpire la sincérité, et donne un éclairage intéressant sur la survivance d’une conscience politique et éthique au sein des supporters du clubs, qui sont éloignés des néo-nazis racistes auxquels on pense lorsqu’on évoque les ultras – mais aussi éloignés des bobos voire grands bourgeois peuplant certaines tribunes pêchues du Parc des Princes. Une petite lecture sympathique.
Jaunes
Mouais. Je n’ai pas vraiment été convaincu par cette série. Elle joue sur différents registres, aucun ne m’ayant satisfait. Le premier cycle amène du fantastique, notre héros alternant passé et présent, passant de façon brutale le plus souvent des années 1980 à celles de l’occupation nazie de la Belgique durant la Seconde guerre mondiale. Le rythme est lent (le texte peu abondant sur ce cycle accentue un sentiment de vide) et l’histoire peu passionnante. Par la suite le fantastique s’efface, et on tombe dans une sorte de polar/thriller un peu plus bavard, mais qui ne m’a pas du tout intéressé : l’échange entre Jaunes et un apparatchik tchèque venant donner une conférence en Belgique durant la guerre froide m’est apparu hautement improbable (comme souvent dans ce type d’intrigue, c’est peu crédible), et décousue (je n’ai pas tout saisi – peut-être en partie parce que je me détachait de l’histoire), et j’ai fini par survoler les deux derniers albums. Bucquoy a pas mal côtoyé les milieux anars et surréalistes belges, et on le sent à plusieurs moments. D’abord Jaunes lui-même se définit comme très à gauche, et le premier cycle dénonce les collabos belges rexistes. Ensuite dans le deuxième cycle, Bucquoy dénonce les magouilles des politiciens très droitistes, et aussi – et surtout – la famille royale. Fait avec plus de finesse et avec une intrigue plus intéressante, j’aurais volontiers suivi cette dénonciation au vitriol, mais là j’avais déjà été mis de côté. Le dessin de Tito est assez daté, un peu figé pour les personnages (mieux réussi je trouve pour les décors), mais reste encore très lisible, et pas désagréable. La colorisation, souvent terne et un peu « passée » à certains moments donne un rendu moyen. Mais tout ceci s’améliore clairement au fil des tomes, et le deuxième cycle (à partir du quatrième album) est bien meilleur dans ce domaine.
Le Village (Delcourt)
Au départ, Le Village prend les allures d’un thriller mystérieux plutôt classique : une ambiance pesante, des événements inquiétants et une intrigue qui installe progressivement le doute. Puis le récit glisse peu à peu vers la science-fiction, donnant une autre ampleur à l’histoire et apportant une dimension inattendue. Ce mélange fonctionne bien et maintient le lecteur dans l’attente des révélations jusqu’au bout. Pour ma part, j’ai tout de suite été attiré par cette BD grâce à sa couverture, que j’ai trouvée particulièrement réussie et intrigante. Une fois lancé dans la lecture, je me suis laissé embarquer facilement. Le récit est bien mené, le suspense fonctionne et on ne décroche pas. L’histoire est prenante, efficace, et j’ai passé un bon moment du début à la fin. Le dessin est lui aussi à la hauteur : sans être exceptionnel, il est largement convaincant et accompagne bien l’ambiance du récit. Il fait le travail avec sérieux et participe à rendre la lecture agréable. Malgré cela, il m’a manqué un petit quelque chose pour que cette BD me marque davantage. Tout est bien fait, l’ensemble est solide, mais il manque cette étincelle qui aurait pu la rendre vraiment mémorable. Cela reste malgré tout une lecture agréable et efficace, qui remplit bien son rôle. Une BD prenante et bien construite, qui mélange habilement thriller et science-fiction. Il lui manque un supplément d’âme pour se hisser au-dessus du lot, mais cela reste une lecture très agréable.
Kids (Ennis)
Après Freddie l'Arrangeur, Delcourt publie un autre court délire de Garth Ennis (à la limite, on aurait pu mettre les deux one-shot dans le même album) et j'ai moins aimé que Freddie. Comme c'est une histoire courte, une quarantaine de pages, je savais dès le départ que cela n'allait pas être un récit profond, mais je m'attendais à au moins un récit divertissant et au final j'ai trouvé que c'était peu intéressant. L'idée de départ, les bébés sont transformés en adulte, n'est pas bien utilisée. Ça se résume vite à des scènes de catastrophes qui semblent sortir de n'importe quel film d'horreur quelconque. Les personnages sont banals, il y a juste la voisine acariâtre qui est pas mal. Elle a droit aux meilleurs dialogues du récit et elle est le seul élément un peu divertissant de ce one-shot. La fin est convenue et bâclée. Heureusement que ça se lit vite, mais ça s'oublie aussi facilement.
Le Roi Cyclope
Le meilleur, dans cette série, c'en est la critique de Le Grand A ! Qui m'a amusé comme le dézingage des films dans le blog d'un Odieux connard. Ah merci ! Sinon, je trouve les dessins et le méchant très bon. Je soupçonne qu'en court de route, on a voulu en faire un être plus complexe donc pas totalement méchant. Hélas ! Le scénariste ne se foule pas… Le reste des personnages n'est pas au niveau, c'est comme si on avait un Dark Vador sans Yan Solo et tant de protagonistes haut en couleurs, humains et non humains. Le mieux qui pourrait arriver au pauvre Marquis serait qu'il serve d'inspiration à quelqu'un pour être la meilleure version de lui-même dans un monde plus captivant !
Les Epées de verre
J'avais été plutôt emballé en 2010 lorsque j'avais lu le premier tome prometteur de cette série d'heroïc-fantasy tant les graphismes et l'univers sortaient à l'époque du lot des BD du genre. M'étant procuré récemment l'intégrale, je dois dire que 16 ans plus tard, le charme n'opère plus vraiment. En effet, bien que le dessin soit toujours aussi attrayant, l'histoire reste vraiment très basique et n'apporte pas grand chose au genre : une jeune héroïne se retrouve orpheline à cause d'un seigneur maléfique semant la terreur sur la région. Celle-ci va rencontrer un maître dont le passé semble lié au tyran et qui va l'entrainer aux techniques de combat pour venger ses parents. Bien sûr, notre jeune héroïne est également l'une des 4 élues qui peut manier les épées de verre et devra également accomplir sa destinée en réunissant les 4 épées tombées aux quatre coins du monde. Un air de déjà vu vous dis-je ? Côté graphisme, si le dessin est très fin et détaillé, la colorisation que je trouvais plutôt jolie dans les deux premiers albums devient de plus en plus banale et informatisée dans les deux tomes qui suivent. Enfin, la série semblait mettre en avant l'esthétique originale des animaux peuplant le monde, sortes de mélange entre hommes, félins et singes, mais au final, cette originalité n'est pas vraiment exploitée et n'apporte rien au récit. Un 2,5 que je ramène à 2 au vu de ma déception. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 2/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8/10 NOTE GLOBALE : 10/20
Islander
3.5 Un bon premier tome qui pose bien les bases de la série. Il se passe beaucoup de choses et je n'ai pas eu l'impression de lire une longue introduction inutilement étirée comme c'est le cas avec plein de premiers tomes. Le scénario est prenant et le futur créé par les auteurs est bien facile à suivre, même si on n'explique pas tout en détail. Le dessin est bon. On n'est pas dans du réaliste figé où tout semble avoir été dessiné sur des photos. Il y a de très belles pages de paysages. Cela dit, j'ai tout de même trouvé quelques défauts. Je trouve notamment que les personnages sont un peu trop stéréotypés entre les bons et les méchants avec chacun qui joue un archétype bien précis, mais je vois du potentiel pour un peu plus de complexité dans les tomes suivants. Il y a aussi quelques facilité dans le scénario (on passe un peu trop facilement la frontière entre les deux Islande je trouve). Cela reste du bon divertissement, mais j'espère que la suite va corriger les défauts parce que je risque de moins aimer.