Bon, ça se laisse lire, mais jamais je ne me suis senti réellement emporté par l’histoire. Et je ne me suis pas non plus totalement attaché aux personnages, malgré certaines fêlures qui leur donnent un peu de consistance.
La faute déjà à un dessin – lisible – qui n’est pas vraiment ma came. Et la colorisation, tranchée et froide, accentue cet aspect un peu « artificiel » et « mou » ressenti (mais pour tout ça c’est sans doute affaire de goût).
Les mésaventures de ces trois copains (deux filles et un garçon), qui cherchent à « percer » avec leur petit groupe de rock, à coup de reprises, et de petits cachetons dans les clubs et bars du coin où ils vivotent, restent souvent conventionnelles. Si tour à tour ils montrent leur faiblesse (prendre son indépendance vis-à-vis d’une mère – riche - ; accepter ou pas de quitter le groupe contre une carrière plus prometteuse avec un autre groupe ; lâcheté du troisième qui n’ose pas dire que la seule chanson que ses deux collègues ont aimée a été volée à un type bizarre rencontré dans un bar, etc.), rien n’est réellement développé, précisé, et le happy end final pour le trio émousse les quelques aspérités rencontrées. Seul le type dépressif, reprenant les chansons de Sinatra, aurait eu le pouvoir de dynamiser/dynamiter l’intrigue, mais cet aspect est sous-exploité.
Une histoire qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Dufaux nous propose ici une série Fantasy des plus classiques, qui lorgne pas mal sur Thorgal (plusieurs noms de personnages sont assez « thorgaliens », et Hildegirrd est une sorte de Kriss de Valnor en version blonde). Les amateurs du genre et de cette série y trouveront sans doute leur compte (même si elle est moins longue et ambitieuse).
Le dessin d’Aouamri (qui vient d’ailleurs récemment de participer à un tome de la collection Thorgal Saga) est agréable (c’est même le point fort de la série !). Un trait assez gras, mais puissant, un style qui convient bien à ce type de récit d’aventure testostéronnée, jouant sur les mythes nordiques – et sur l’imagerie fantasy déjà développée ailleurs.
Dufaux joue le classique dans sa narration, et use moins qu’ailleurs – ce qui me convient – d’un fantastique trop souvent inutile.
Je regrette juste des commentaires off parfois un peu trop présents, voire inutiles.
A part Thorgal, l’autre influence serait certains personnages de comics avec ces corps bodybuildés (voir les premières planches du troisième tome, prétextes à montrer ces corps musculeux).
En introduction, Dufaux précise qu’il avait au départ en tête un diptyque, voire plusieurs diptyques, s’inspirant de différentes légendes nordiques. Au final la fin ouverte ménage un possible retour avec une suite ou d’autres histoires plus ou moins liées à celle-ci. Mais surtout ce diptyque est devenu une trilogie. Et ça se sent quand même un peu dans les deux derniers tomes, qui s’étirent un peu trop parfois (le deuxième tome est un peu « mou », un peu trop verbeux par exemple).
Une lecture d’emprunt.
Frankenwood est un album qui se distingue par l'originalité de son scénario, à la fois hommage à l'âge d'or d'Hollywood et polar étrange, caustique et décalé. On y croise Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, et même quelques figures plus récentes comme Bardot ou Nicholson. Tous ces personnages sont ramenés à la vie dans un univers artificiel et coupé du monde, où leur mémoire se brouille et leur image est exploitée par des producteurs invisibles et sans scrupules. Le récit joue avec des accents de Frankenstein, de résurrections et de mémoire défaillante, créant un mélange ni vraiment sérieux ni vraiment loufoque.
Le dessinateur Igor Kordey se fait visiblement plaisir à représenter ces visages célèbres. Quelques portraits sont frappants, parfois avec des accents graphiques rappelant Richard Corben, mais la qualité reste inégale : certains visages changent selon l'angle de vue et deviennent moins reconnaissables. Cela dit, la galerie de stars et l'ambiance rétro hollywoodienne donnent beaucoup de charme à l'album, et les décors et cadrages sont travaillés avec soin.
Côté scénario, l'histoire est intrigante et souvent amusante, notamment lorsqu'on relève tous ces clins d'œil aux films et aux acteurs, mais elle manque de cohérence interne. Plusieurs éléments ne tiennent pas vraiment la route et l'intrigue ne mène nulle part de façon satisfaisante : la fin s'éternise et se cherche, laissant le sentiment d'un hommage appuyé et un peu embrouillé plutôt que d'une intrigue solide de bout en bout. On retient surtout le plaisir de voir ces figures mythiques évoluer dans un univers fantasmé et caustique, ainsi que la réflexion ouverte sur l'exploitation de l'image des stars, leur immortalité artificielle et la manière dont Hollywood broie ses icônes, avec un écho indirect à la problématique moderne de l'IA dans le cinéma.
Frankenwood est un one-shot original et audacieux, visuellement plaisant et truffé de références cinématographiques, mais dont le scénario, surprenant par moments, reste surtout un prétexte pour explorer ce monde étrange et décalé plutôt qu'une intrigue rigoureuse. J'en suis ressorti amusé et intrigué, mais sans réelle sensation de conclusion ou de tension narrative complète.
Dans la vallée du Beuvron, en pleine campagne bourguignonne, un jeune homme un peu paumé et incapable de trouver un travail se met en tête de dénicher un trésor en se lançant dans la détection de métaux, quitte à s’aventurer sur des terrains sensibles. D’autant que, de son côté, un historien en colère est bien décidé à combattre les chasseurs de trésors qui pillent le patrimoine historique français.
Avec cet album, Bruno Duhamel propose une lecture agréable, portée avant tout par son talent graphique. Son dessin est soigné, lisible, avec des personnages expressifs et une galerie de trognes bien campées. Les décors sont aussi son point fort et participent largement au charme de l’ensemble, notamment les paysages ruraux et les arbres, particulièrement réussis, qui donnent une belle identité visuelle à l’album. L’ambiance générale, douce et un peu nostalgique, s’inscrit dans une tradition franco-belge assez classique, qui rend la lecture fluide et accessible.
Le cadre rural et la galerie de personnages secondaires, entre voisins, famille et figures locales, apportent une certaine densité humaine, avec une observation plutôt juste de ces petites vies et de leurs aspirations modestes. Il y a aussi, en toile de fond, une volonté d’ancrer le récit dans un cadre réaliste, notamment à travers les aspects légaux et historiques liés à la détection de métaux.
Cela dit, si l’ensemble se lit sans déplaisir, le scénario reste assez discret, pour ne pas dire anecdotique. Le récit avance tranquillement, sans véritable tension marquante, en enchaînant des situations du quotidien et des péripéties sans grand impact. Même la scène dramatique qui vient ponctuer l'histoire peu avant la fin tombe un peu à plat, car elle arrive de manière assez abrupte et ne permet pas vraiment de ressentir le choc vécu par celui qui en est témoin.
J’ai eu le sentiment d’une histoire qui se laisse suivre mais qui peine à vraiment marquer, avec une trajectoire narrative assez balisée et peu de moments réellement forts.
On notera d'ailleurs que l'éditeur propose deux couvertures alternatives pour cet album, miroir l'une de l'autre, ma préférence allant à celle avec le personnage de Léo en haut. Et justement, en comparaison, cette couverture, que je trouve très belle, fait preuve de bien plus d'intensité que le récit qu'elle accompagne.
Il en ressort une BD sympathique, bien réalisée et visuellement très plaisante, mais dont l’intrigue reste un peu trop légère. Une lecture confortable, portée par son ambiance rurale et son dessin, qui fonctionne sur le moment sans forcément laisser une impression durable.
Enfin un album sur ce crime capital touchant des millions de locaux par la fautes d'étrangers comme nous : sacrifier des hommes aux bêtes. Les habitants sont expulsés au nom de la nature intacte quand c'est avec leur symbiose que l'écologie des lieux est ce qu'elle est. Autre ironie : le cas le plus étudié, l'Ethiopie, nous montre un pays non colonisé d'Afrique tombant dans le colonialisme vert ! C'est que par lui, on s'attire les financement d'organismes très puissants comme le WWF, du prestige, et un prétexte pour mettre au pas des populations rebelles, quand elles le sont comme dans le cas éthiopien.
Merci à Pol d'avoir signalé cet album que j'ai acheté quoiqu'en ce moment je dégage plus que je n'acquière ! Mais j'ai deux objections à ses objections… Voyons voir !
Peu importe que le lecteur puisse se perdre entre tous les personnages d'ailleurs simplifiés face à la réalité : il y en a moins qui prennent les actions de plusieurs comme dit le livre… Vu que la BD ne prend une forme d'enquête que pour appâter le lecteur et qu'on ne mettra aucun des criminels sous les verrous ! Ce qui compte est de voir que se recasent d'anciens colons spécialistes auto-proclamés en écologie, et les violences qu'ils commettent sur le terrain avec l'aval des autorités tant nationales qu'internationales.
Peu importe qu'on ne voie pas la beauté de la nature africaine… Cette beauté, elle est si présente à notre esprit, elle pollue si bien notre cœur que j'ai pu dénoncer les crimes écologistes à des gens qui ne voulaient rien entendre ou même les justifiaient… Ici, ni les humains et l'environnement ne sont pas présenté de façon idéalisante, on voit des puissants imposant leur vision du monde aux populations d'abord enfermées dans des règles de restriction d'usage de leurs propres terres puis expulsées et leurs impuissantes tentatives de résistance.
C'est âpre. Et on nous rappelle aussi que la nature et la culture sont âpres, sans effet esthétisant comme à la télé, entre sélection des plus beaux moments et endroits, musiques et commentaires sacralisant la nature. L'envers du décor et la nature sans fard forment un choc que j'espère salutaire.
Vítor Péon, un grand auteur de bande dessinée au Portugal! Depuis les années 40, il a publié des histoires et des aventures dans les meilleurs magazines de BD (Mosquito, Mundo de Aventuras, Cuto, et tant d'autres). Après la Révolution, il a tenté sa chance en France, publiant un album avec le meilleur de ce qu'il faisait à l'époque: Tomahawk Tom. Un western classique, mais intéressant d'un point de vue historique. Je conserve l'album qui m'a été offert par mon père, après avoir relevé plusieurs défis scolaires! Mais Péon avait fait beaucoup plus auparavant, surtout dans le genre thriller et policier.
2.5
Une série pour jeunes (je dirais à partir de 10 ans environ) qui me laisse un peu perplexe. Je sais que je ne suis pas le public-cible des auteurs et j'essaie d'être indulgent lorsque cela s'adresse aux jeunes, mais je trouve qu'il y a des problèmes au niveau de la structure du scénario.
J'accepte que le ton de la série soit un peu loufoque et que c'est clairement rempli d'éléments pour plaire aux jeunes qui voudraient bien s'évader de leur vie monotone. Ainsi, une ado voleuse va se retrouver à faire ami-ami avec une famille de riches bien particulière: les trois enfants de la famille Bellaventure ne vont jamais à l'école, ils peuvent faire toutes les conneries qu'ils veulent et subir aucune conséquence, leur père qu'ils connaissent pas est mort en leur laissant une carte avec tellement de points qu'ils peuvent voyager partout en première classe, il y a des animaux exotiques dans leur grosse baraque de riche....On dirait que Zidrou voulait tellement que les jeunes lecteurs trouvent que cette famille était géniale que ça devient un peu trop gros.
La série est composée d'épisodes qui se suivent avec quelques mystères qui sont là pour retenir l'attention du lecteur et acheter la suite (les parents de la voleuse ne sont pas ses vrais parents, le père des gamins riches cache un secret, et il y a une mystérieuse organisation qui surveille la famille). Ce sont des énigmes pas trop mal, les personnages sont un peu attachants et l'humour fonctionne bien... Le problème est que j'ai souvent eu l'impression que l'intrigue faisait du surplace. C'est vraiment le cas avec le deuxième tome où on aurait pu raconter toute l'histoire avec la moitié des pages. Le premier tome est pas mal non plus à ce niveau vu qu'au final la plupart des actions des enfants n'ont servi à rien. Les intrigues m'ont semblé inutilement laborieuses.
Bref, tout n'est pas à jeter dans cette série, mais pour l'instant je ne suis pas trop convaincu.
Troisième et dernière œuvre de Rubio parue en France.
Encore un bon défouloir, sexe, robots policiers et violence gratuite au menu. Un dessin toujours au top.
Cette bande ne vise clairement pas le prix Nobel mais fleure bon les années 80/90.
On a comme dans L'Enfer Blanc une toute dernière page un peu faible, dommage.
Rubio est un des auteurs argentins à connaître. On peut le ranger à côté d'Altuna ou de Trillo dans ses étagères sans rougir.
Dire que j'ai failli ne jamais acheter cette bande à cause des avis postés ici...
Désolé mais je vais m'inscrire en complet porte à faux des avis précédents.
L'histoire raconte la survie d'un groupe d'hommes au sein d'une super prison en Antarctique.
Prisonniers, gardiens et personnel vivent dans les mêmes conditions précaires. Au gré des évènements, des alliances se nouent. Bientôt tout n'est plus que question de survie...
Le lieu de base de l'intrigue nous fait penser que nous sommes dans une dystopie. Le ton est résolument nihiliste, cynique et violent.
Les hommes ne cessent de s'entretuer (presque un mort toutes les deux pages), c'est la loi du plus fort. Ca m'a beaucoup fait penser à Hombre.
Il n'y a rien de bordélique dans le récit. On a simplement un découpage très cinématographique, les scènes s'enchaînent sans transition. On passe d'un clan à un autre et cela retranscrit bien l'urgence de la situation.
En effet, tout ce petit monde est en train de perdre ses nerfs car ils attendent des provisions qui n'arrivent pas, et l'ambiance devient très vite délétère.
Concernant l'introduction "choquante" avec les phoques, il s'agit clairement d'une parodie de la scène d'introduction du film The Thing, réalisé par Carpenter en 1982.
Le dessin réaliste de Rubio est juste magnifique.
L'enfer blanc, ainsi que deux autres créations du même auteur, sont sortis chez Soleil en 1996. Mais elles ont été publiées pour la première fois dans la revue Cimoc entre le milieu des années 80 et le début des années 90.
Si ces bandes avaient été éditées chez Albin Michel dans la collection Spécial USA qui regorge de ce type de productions, on crierait au génie...
Bref, ne suivez pas le sens de la foule et donnez une chance à cette pépite !
Il s'agit d'une série qui rassemble de courtes histoires d'Altuna, publiées auparavant dans le magazine Playboy, en plusieurs éditions et langues. Elle inclut également quelques illustrations coquines en pleine page.
Souvent chauds et amusants, les récits sont sans prétention, mais il faut dire que les filles sont les plus belles de l'histoire de la BD jusqu'à présent! Les couleurs sont également très bien réalisées et ajoutent un plus à la qualité de l'ensemble. Je pense qu'il s'agit d'érotisme soft, étant donné que les sexes ne sont jamais montrés explicitement et que c'est très bien ainsi...
Tout ce travail mériterait une édition intégrale de plus grandes dimensions et avec une meilleure qualité... Taschen, un jour, peut-être?
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Rock'n'roll Suicide
Bon, ça se laisse lire, mais jamais je ne me suis senti réellement emporté par l’histoire. Et je ne me suis pas non plus totalement attaché aux personnages, malgré certaines fêlures qui leur donnent un peu de consistance. La faute déjà à un dessin – lisible – qui n’est pas vraiment ma came. Et la colorisation, tranchée et froide, accentue cet aspect un peu « artificiel » et « mou » ressenti (mais pour tout ça c’est sans doute affaire de goût). Les mésaventures de ces trois copains (deux filles et un garçon), qui cherchent à « percer » avec leur petit groupe de rock, à coup de reprises, et de petits cachetons dans les clubs et bars du coin où ils vivotent, restent souvent conventionnelles. Si tour à tour ils montrent leur faiblesse (prendre son indépendance vis-à-vis d’une mère – riche - ; accepter ou pas de quitter le groupe contre une carrière plus prometteuse avec un autre groupe ; lâcheté du troisième qui n’ose pas dire que la seule chanson que ses deux collègues ont aimée a été volée à un type bizarre rencontré dans un bar, etc.), rien n’est réellement développé, précisé, et le happy end final pour le trio émousse les quelques aspérités rencontrées. Seul le type dépressif, reprenant les chansons de Sinatra, aurait eu le pouvoir de dynamiser/dynamiter l’intrigue, mais cet aspect est sous-exploité. Une histoire qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Saga Valta
Dufaux nous propose ici une série Fantasy des plus classiques, qui lorgne pas mal sur Thorgal (plusieurs noms de personnages sont assez « thorgaliens », et Hildegirrd est une sorte de Kriss de Valnor en version blonde). Les amateurs du genre et de cette série y trouveront sans doute leur compte (même si elle est moins longue et ambitieuse). Le dessin d’Aouamri (qui vient d’ailleurs récemment de participer à un tome de la collection Thorgal Saga) est agréable (c’est même le point fort de la série !). Un trait assez gras, mais puissant, un style qui convient bien à ce type de récit d’aventure testostéronnée, jouant sur les mythes nordiques – et sur l’imagerie fantasy déjà développée ailleurs. Dufaux joue le classique dans sa narration, et use moins qu’ailleurs – ce qui me convient – d’un fantastique trop souvent inutile. Je regrette juste des commentaires off parfois un peu trop présents, voire inutiles. A part Thorgal, l’autre influence serait certains personnages de comics avec ces corps bodybuildés (voir les premières planches du troisième tome, prétextes à montrer ces corps musculeux). En introduction, Dufaux précise qu’il avait au départ en tête un diptyque, voire plusieurs diptyques, s’inspirant de différentes légendes nordiques. Au final la fin ouverte ménage un possible retour avec une suite ou d’autres histoires plus ou moins liées à celle-ci. Mais surtout ce diptyque est devenu une trilogie. Et ça se sent quand même un peu dans les deux derniers tomes, qui s’étirent un peu trop parfois (le deuxième tome est un peu « mou », un peu trop verbeux par exemple). Une lecture d’emprunt.
Frankenwood
Frankenwood est un album qui se distingue par l'originalité de son scénario, à la fois hommage à l'âge d'or d'Hollywood et polar étrange, caustique et décalé. On y croise Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, et même quelques figures plus récentes comme Bardot ou Nicholson. Tous ces personnages sont ramenés à la vie dans un univers artificiel et coupé du monde, où leur mémoire se brouille et leur image est exploitée par des producteurs invisibles et sans scrupules. Le récit joue avec des accents de Frankenstein, de résurrections et de mémoire défaillante, créant un mélange ni vraiment sérieux ni vraiment loufoque. Le dessinateur Igor Kordey se fait visiblement plaisir à représenter ces visages célèbres. Quelques portraits sont frappants, parfois avec des accents graphiques rappelant Richard Corben, mais la qualité reste inégale : certains visages changent selon l'angle de vue et deviennent moins reconnaissables. Cela dit, la galerie de stars et l'ambiance rétro hollywoodienne donnent beaucoup de charme à l'album, et les décors et cadrages sont travaillés avec soin. Côté scénario, l'histoire est intrigante et souvent amusante, notamment lorsqu'on relève tous ces clins d'œil aux films et aux acteurs, mais elle manque de cohérence interne. Plusieurs éléments ne tiennent pas vraiment la route et l'intrigue ne mène nulle part de façon satisfaisante : la fin s'éternise et se cherche, laissant le sentiment d'un hommage appuyé et un peu embrouillé plutôt que d'une intrigue solide de bout en bout. On retient surtout le plaisir de voir ces figures mythiques évoluer dans un univers fantasmé et caustique, ainsi que la réflexion ouverte sur l'exploitation de l'image des stars, leur immortalité artificielle et la manière dont Hollywood broie ses icônes, avec un écho indirect à la problématique moderne de l'IA dans le cinéma. Frankenwood est un one-shot original et audacieux, visuellement plaisant et truffé de références cinématographiques, mais dont le scénario, surprenant par moments, reste surtout un prétexte pour explorer ce monde étrange et décalé plutôt qu'une intrigue rigoureuse. J'en suis ressorti amusé et intrigué, mais sans réelle sensation de conclusion ou de tension narrative complète.
Le Goût du métal
Dans la vallée du Beuvron, en pleine campagne bourguignonne, un jeune homme un peu paumé et incapable de trouver un travail se met en tête de dénicher un trésor en se lançant dans la détection de métaux, quitte à s’aventurer sur des terrains sensibles. D’autant que, de son côté, un historien en colère est bien décidé à combattre les chasseurs de trésors qui pillent le patrimoine historique français. Avec cet album, Bruno Duhamel propose une lecture agréable, portée avant tout par son talent graphique. Son dessin est soigné, lisible, avec des personnages expressifs et une galerie de trognes bien campées. Les décors sont aussi son point fort et participent largement au charme de l’ensemble, notamment les paysages ruraux et les arbres, particulièrement réussis, qui donnent une belle identité visuelle à l’album. L’ambiance générale, douce et un peu nostalgique, s’inscrit dans une tradition franco-belge assez classique, qui rend la lecture fluide et accessible. Le cadre rural et la galerie de personnages secondaires, entre voisins, famille et figures locales, apportent une certaine densité humaine, avec une observation plutôt juste de ces petites vies et de leurs aspirations modestes. Il y a aussi, en toile de fond, une volonté d’ancrer le récit dans un cadre réaliste, notamment à travers les aspects légaux et historiques liés à la détection de métaux. Cela dit, si l’ensemble se lit sans déplaisir, le scénario reste assez discret, pour ne pas dire anecdotique. Le récit avance tranquillement, sans véritable tension marquante, en enchaînant des situations du quotidien et des péripéties sans grand impact. Même la scène dramatique qui vient ponctuer l'histoire peu avant la fin tombe un peu à plat, car elle arrive de manière assez abrupte et ne permet pas vraiment de ressentir le choc vécu par celui qui en est témoin. J’ai eu le sentiment d’une histoire qui se laisse suivre mais qui peine à vraiment marquer, avec une trajectoire narrative assez balisée et peu de moments réellement forts. On notera d'ailleurs que l'éditeur propose deux couvertures alternatives pour cet album, miroir l'une de l'autre, ma préférence allant à celle avec le personnage de Léo en haut. Et justement, en comparaison, cette couverture, que je trouve très belle, fait preuve de bien plus d'intensité que le récit qu'elle accompagne. Il en ressort une BD sympathique, bien réalisée et visuellement très plaisante, mais dont l’intrigue reste un peu trop légère. Une lecture confortable, portée par son ambiance rurale et son dessin, qui fonctionne sur le moment sans forcément laisser une impression durable.
Les Sacrifiés du paradis
Enfin un album sur ce crime capital touchant des millions de locaux par la fautes d'étrangers comme nous : sacrifier des hommes aux bêtes. Les habitants sont expulsés au nom de la nature intacte quand c'est avec leur symbiose que l'écologie des lieux est ce qu'elle est. Autre ironie : le cas le plus étudié, l'Ethiopie, nous montre un pays non colonisé d'Afrique tombant dans le colonialisme vert ! C'est que par lui, on s'attire les financement d'organismes très puissants comme le WWF, du prestige, et un prétexte pour mettre au pas des populations rebelles, quand elles le sont comme dans le cas éthiopien. Merci à Pol d'avoir signalé cet album que j'ai acheté quoiqu'en ce moment je dégage plus que je n'acquière ! Mais j'ai deux objections à ses objections… Voyons voir ! Peu importe que le lecteur puisse se perdre entre tous les personnages d'ailleurs simplifiés face à la réalité : il y en a moins qui prennent les actions de plusieurs comme dit le livre… Vu que la BD ne prend une forme d'enquête que pour appâter le lecteur et qu'on ne mettra aucun des criminels sous les verrous ! Ce qui compte est de voir que se recasent d'anciens colons spécialistes auto-proclamés en écologie, et les violences qu'ils commettent sur le terrain avec l'aval des autorités tant nationales qu'internationales. Peu importe qu'on ne voie pas la beauté de la nature africaine… Cette beauté, elle est si présente à notre esprit, elle pollue si bien notre cœur que j'ai pu dénoncer les crimes écologistes à des gens qui ne voulaient rien entendre ou même les justifiaient… Ici, ni les humains et l'environnement ne sont pas présenté de façon idéalisante, on voit des puissants imposant leur vision du monde aux populations d'abord enfermées dans des règles de restriction d'usage de leurs propres terres puis expulsées et leurs impuissantes tentatives de résistance. C'est âpre. Et on nous rappelle aussi que la nature et la culture sont âpres, sans effet esthétisant comme à la télé, entre sélection des plus beaux moments et endroits, musiques et commentaires sacralisant la nature. L'envers du décor et la nature sans fard forment un choc que j'espère salutaire.
Tomahawk Tom
Vítor Péon, un grand auteur de bande dessinée au Portugal! Depuis les années 40, il a publié des histoires et des aventures dans les meilleurs magazines de BD (Mosquito, Mundo de Aventuras, Cuto, et tant d'autres). Après la Révolution, il a tenté sa chance en France, publiant un album avec le meilleur de ce qu'il faisait à l'époque: Tomahawk Tom. Un western classique, mais intéressant d'un point de vue historique. Je conserve l'album qui m'a été offert par mon père, après avoir relevé plusieurs défis scolaires! Mais Péon avait fait beaucoup plus auparavant, surtout dans le genre thriller et policier.
La Famille Bellaventure
2.5 Une série pour jeunes (je dirais à partir de 10 ans environ) qui me laisse un peu perplexe. Je sais que je ne suis pas le public-cible des auteurs et j'essaie d'être indulgent lorsque cela s'adresse aux jeunes, mais je trouve qu'il y a des problèmes au niveau de la structure du scénario. J'accepte que le ton de la série soit un peu loufoque et que c'est clairement rempli d'éléments pour plaire aux jeunes qui voudraient bien s'évader de leur vie monotone. Ainsi, une ado voleuse va se retrouver à faire ami-ami avec une famille de riches bien particulière: les trois enfants de la famille Bellaventure ne vont jamais à l'école, ils peuvent faire toutes les conneries qu'ils veulent et subir aucune conséquence, leur père qu'ils connaissent pas est mort en leur laissant une carte avec tellement de points qu'ils peuvent voyager partout en première classe, il y a des animaux exotiques dans leur grosse baraque de riche....On dirait que Zidrou voulait tellement que les jeunes lecteurs trouvent que cette famille était géniale que ça devient un peu trop gros. La série est composée d'épisodes qui se suivent avec quelques mystères qui sont là pour retenir l'attention du lecteur et acheter la suite (les parents de la voleuse ne sont pas ses vrais parents, le père des gamins riches cache un secret, et il y a une mystérieuse organisation qui surveille la famille). Ce sont des énigmes pas trop mal, les personnages sont un peu attachants et l'humour fonctionne bien... Le problème est que j'ai souvent eu l'impression que l'intrigue faisait du surplace. C'est vraiment le cas avec le deuxième tome où on aurait pu raconter toute l'histoire avec la moitié des pages. Le premier tome est pas mal non plus à ce niveau vu qu'au final la plupart des actions des enfants n'ont servi à rien. Les intrigues m'ont semblé inutilement laborieuses. Bref, tout n'est pas à jeter dans cette série, mais pour l'instant je ne suis pas trop convaincu.
Police Antarctic
Troisième et dernière œuvre de Rubio parue en France. Encore un bon défouloir, sexe, robots policiers et violence gratuite au menu. Un dessin toujours au top. Cette bande ne vise clairement pas le prix Nobel mais fleure bon les années 80/90. On a comme dans L'Enfer Blanc une toute dernière page un peu faible, dommage. Rubio est un des auteurs argentins à connaître. On peut le ranger à côté d'Altuna ou de Trillo dans ses étagères sans rougir.
L'Enfer Blanc
Dire que j'ai failli ne jamais acheter cette bande à cause des avis postés ici... Désolé mais je vais m'inscrire en complet porte à faux des avis précédents. L'histoire raconte la survie d'un groupe d'hommes au sein d'une super prison en Antarctique. Prisonniers, gardiens et personnel vivent dans les mêmes conditions précaires. Au gré des évènements, des alliances se nouent. Bientôt tout n'est plus que question de survie... Le lieu de base de l'intrigue nous fait penser que nous sommes dans une dystopie. Le ton est résolument nihiliste, cynique et violent. Les hommes ne cessent de s'entretuer (presque un mort toutes les deux pages), c'est la loi du plus fort. Ca m'a beaucoup fait penser à Hombre. Il n'y a rien de bordélique dans le récit. On a simplement un découpage très cinématographique, les scènes s'enchaînent sans transition. On passe d'un clan à un autre et cela retranscrit bien l'urgence de la situation. En effet, tout ce petit monde est en train de perdre ses nerfs car ils attendent des provisions qui n'arrivent pas, et l'ambiance devient très vite délétère. Concernant l'introduction "choquante" avec les phoques, il s'agit clairement d'une parodie de la scène d'introduction du film The Thing, réalisé par Carpenter en 1982. Le dessin réaliste de Rubio est juste magnifique. L'enfer blanc, ainsi que deux autres créations du même auteur, sont sortis chez Soleil en 1996. Mais elles ont été publiées pour la première fois dans la revue Cimoc entre le milieu des années 80 et le début des années 90. Si ces bandes avaient été éditées chez Albin Michel dans la collection Spécial USA qui regorge de ce type de productions, on crierait au génie... Bref, ne suivez pas le sens de la foule et donnez une chance à cette pépite !
Voyeur - Les petites histoires érotiques pour Playboy
Il s'agit d'une série qui rassemble de courtes histoires d'Altuna, publiées auparavant dans le magazine Playboy, en plusieurs éditions et langues. Elle inclut également quelques illustrations coquines en pleine page. Souvent chauds et amusants, les récits sont sans prétention, mais il faut dire que les filles sont les plus belles de l'histoire de la BD jusqu'à présent! Les couleurs sont également très bien réalisées et ajoutent un plus à la qualité de l'ensemble. Je pense qu'il s'agit d'érotisme soft, étant donné que les sexes ne sont jamais montrés explicitement et que c'est très bien ainsi... Tout ce travail mériterait une édition intégrale de plus grandes dimensions et avec une meilleure qualité... Taschen, un jour, peut-être?