Les derniers avis (226 avis)

Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Ici même
Ici même

A 17 ans je voulais être auteur de BD ou anthropologue/philosophe. Mes parents n'étaint pas d'accord. Alors, j'ai acheté les premiers numéros d'(A Suivre) et je les garde encore avec beaucoup d'amour, comme la première edition de Casterman... Tardi et Forest a la couverture dès le premier numéro. J'ai adoré les dessins, l'histoire aussi ; le personnage, sa vie, mais surtout l'absurde et le questionnement du normal quotidien. Ce sont des auteurs complets (tant au dessin qu'au scénario) et cette collaboration a été merveilleuse. Aujourd'hui ne suis pas encore dessinateur ou philosophe, j'essaye toujours...

20/01/2026 (MAJ le 20/01/2026) (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Submersion
Submersion

D’emblée, il faut le dire , Submersion n’est pas une BD qui vous prend aux tripes dès les premières cases. Le rythme est lent, presque contemplatif, et c’est diablement bon. Ywan Lepingle prend son temps pour installer une atmosphère, pour faire monter en nous une tension sourde, une mélancolie qui colle à la peau. On pourrait croire que ça traîne, mais chaque page, chaque silence entre les dialogues, est nécessaire. C’est une œuvre qui respire, qui s’impose par sa lenteur même. Et puis, il y a ce graphisme. Très épuré, très sobre, sans fioriture. On pourrait s’attendre à plus de détails, à plus de spectaculaire, mais non ! Iwan mise sur l’essentiel, sur la force des lignes et des ombres. Le trait est sec, précis, presque minimaliste. Et c’est là que réside la magie : cette simplicité apparente cache une maîtrise totale du récit visuel. On est surpris, puis conquis. Les couleurs, ensuite, ces couleurs chaudes, presque anachroniques dans les paysages nord-écossais qu’il dépeint. On s’attend à des gris, à des bleus froids, à une palette qui colle au climat rude et aux falaises battues par les vents. Mais non, Iwan ose des ocres, des rouges, des jaunes qui semblent sortir d’un autre monde. Et pourtant, ça marche. Terriblement bien. Ces couleurs, loin d’affaiblir le récit, lui donnent une dimension presque onirique, comme si chaque case était un tableau à part entière. J’ai acheté cet album parce que la couverture m’a immédiatement rappelé l’hôtel Sainte-Barbe au Conquet, cette masse de béton abandonnée sur la falaise, face à Ouessant. Ce bâtiment fantôme, ce géant de pierre et de souvenirs, qui résiste encore et toujours aux assauts de l’océan. Submersion m’a fait revivre cette sensation de solitude face à l’immensité, cette mélancolie des lieux qui ont vu passer des vies et qui, aujourd’hui, ne sont plus que des coquilles vides. Je me suis régalé. Vraiment. Chaque page tournée était un plaisir, chaque planche une invitation à m’immerger un peu plus dans cette histoire. C’est une BD qui ne vous lâche pas. Je la recommande vivement, à ceux qui aiment les récits qui prennent leur temps, qui osent la sobriété et la poésie, et qui savent que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas. Un coup de cœur, sans hésitation pour ce polar surprenant.

20/01/2026 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Super A
Super A

Jérémie Moreau est un auteur indéniablement intéressant : un univers graphique immédiatement reconnaissable (des couleurs criardes volontiers fluo associées à un trait rond épuré déshumanisant), des thématiques sociétales (l'écologie, la famille, la place des nouvelles technologies, l'identité...) imbriquées dans des récits aux frontières du conte), un désir de jouer avec le genre et les codes de la fiction (fantastique, drame intimiste, conte, aventure, historique...). Le voir tenter l'aventure de la BD jeunesse apparaît comme une évidence, aussi j'étais fort intrigué par ce Super A. L'histoire propose dans un premier temps de décrire via la comédie une famille atypique dans laquelle les adultes aux vies ultramodernes sont bien en peine de veiller sur leurs enfants. Voilà donc notre tout jeune Aldo contraint de surveiller sa très jeune sœur Babette. Le prévisible raté de la chose sera à l'origine de transformations en super-héros. Le récit s'emballe alors d'un point de vue rythmique, visuel et s'enrichit durablement d'une thématique écologique, mais au détriment d'une relative finesse d'écriture. Une lecture assez contrastée, qui laisse en suspens bien des questions : ce visuel au mauvais goût assumé est-il une réussite ou une désagréable particularité (on pense à Saint-Elme dans ces moments-là), cette variante de super-héros est-elle artificielle et peu exploitée ou intrigante et militante, ai-je apprécié ma lecture ou suis-je davantage interpellé qu'admiratif ? Attendons le tome 2 pour trancher, ainsi que les avis des très jeunes lecteurs.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Nos pères, nos frères, nos amis
Nos pères, nos frères, nos amis

Une BD sur un sujet lourd, mais traité par un angle original. L'idée de Mathieu Palain a été de voir la violence domestique par le prisme de ces hommes violents, ceux qui semblent des monstres dans notre société mais sont avant tout des humains, nos voisins, nos amis, nos proches, notre famille. Issu d'un reportage qu'il diffusa notamment sur France Culture et qu'il compile ici en BD, son approche est centrée avant tout sur les questions de compréhension. Ces hommes se sentent victime, non-coupable, innocents. Selon eux, ils ne sont ni des monstres ni des hommes violents. Comment expliquer cela ? La BD est assez riche et dense, les témoignages parfois horribles, mais j'ai beaucoup aimé que Mathieur Palain ne s'en tienne pas qu'à ces simples témoignages. Il les dépasse pour aller chercher les réponses sociologiques et psychologiques. Les questions sont aussi pertinentes parce qu'elles permettent de replacer toutes ces violences en contexte. La violence domestique nait d'une violence déjà présente avant, dans l'enfance des victimes et des bourreaux. Elle incite à se poser des questions sur ce qu'on autorise et permet dans les familles, la reproduction de ce qu'on a vu. C'est aussi une question de niveau de vie, lorsque la plupart des personnes arrêtées sont pauvres alors que cette violence touche tout autant les riches. Mais elle met aussi en lumière ce que doivent faire les mecs "biens" dont tout le monde pense faire partie, puisque personne n'est un monstre, on l'a dit. A quel moment est-on réellement un "mec bien" ? Quel est la limite, qu'a-t-on fait de mal soi-même ? L'important n'est pas de culpabiliser tout à chacun mais de se demander ce que nous avons appris, reproduit ou ignoré. Et comment changer cela. Cette BD est à mettre en rapport avec d'autres sur les questions des violences faite aux femmes, mais en s'intéressant moins aux victimes (question importante, bien sur) qu'aux bourreaux, elle monte aussi que venir réparer les dégâts une fois la violence faite ne suffit pas. Il faut empêcher ces bourreaux de refaire des victimes, il faut arriver à changer les normes de masculinité toxique qui transforment tant de nos concitoyens en maris violents. Rappelons que ce fut le cas de 270.000 femmes les années passées, et donc de 270.000 hommes violents. Une BD qui incite à les considérer eux aussi comme des humains et s'interroger sur ce qu'on doit faire pour eux et avec eux. Une question importante, peut-être plus que ce qu'on imagine.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Chères élites
Chères élites

Un recueil de gags autour des élites de notre beau pays. C'est caustique, en gag unique ou en quelques planches, sur ces personnes se croyant au-dessus du monde et de tout, que ce soit politicien, élite financière ou encore élite intellectuelle. Chacun en prendra pour son grade ! Le trait de Ravard convient très bien à ce type de caricature, avec des têtes parfois reprise (Chirac, De Gaulle ...) mais aussi dans les têtes et les corps déformés, une représentation grotesque et ridicule qui va avec le récit. Comme souvent dans ce genre de BD, il y a de tout mais je dois dire que j'ai eu des éclats de rire plusieurs fois avec des détails qui font mouche et une inversion des valeurs capitalistes, l'invocation régulière de la main invisible et la croissance comme mot-clé du bonheur. De fait, on sent clairement le parti pris des auteurs mais ce n'est pas dérangeant, d'autant que loin du brulot politique, ils s'acharnent plutôt à montrer ces élites comme bêtes, immatures et infantiles. Cela dit, il est aussi clair que la BD reste en dessous d'autres satires, comme Tienstiens dans son excellent "Koko n'aime pas le capitalisme" ou les excellents Dialogues de Karibou. Je ne déconseille donc pas la lecture mais ça reste une lecture légère, amusante et distrayante qui ne franchit pas ce cap.

20/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Inlandsis Inlandsis
Inlandsis Inlandsis

Inlandsis Inlandsis est une série originale, étrange et visiblement ambitieuse, mais qui a aussi de quoi laisser perplexe. Le récit s'ouvre sur des pages documentaires consacrées aux conditions de vie et de travail des tout premiers scientifiques ayant passé des mois en Antarctique pour y étudier la glace. Puis l'album alterne ensuite entre plusieurs fils narratifs. Le premier suit un couple vivant à Nantes dans un futur proche marqué par un réchauffement climatique avancé et par une France gouvernée par un Etat catholique fasciste. L'homme est en situation irrégulière, sans que l'on comprenne immédiatement de quel point de vue, tandis que la femme tente de composer avec les séquelles d'un traumatisme crânien qui lui fait perdre la mémoire immédiate au bout de deux jours et demi. Elle est par ailleurs responsable du financement et de la logistique d'une expédition artistique envoyée en Antarctique. Cette expédition constitue le deuxième fil narratif : celui de deux vétérans de la bande dessinée envoyés vivre isolés dans une base polaire. L'un gère les aspects matériels du quotidien, tandis que l'autre raconte la vie du premier en BD, à travers de longs monologues intérieurs portant sur leur état d'esprit, leur rapport à la création et à la vie en général. L'ensemble est régulièrement entrecoupé de nouveaux chapitres documentaires consacrés à la découverte et à l'exploration du continent antarctique. On se retrouve ainsi face à un ensemble très dense et complexe, avec presque 300 pages pour le premier volume qui se révèle assez exigeant à lire. La mise en scène a ceci de particulier qu'elle explique très peu son contexte. En particulier, la partie consacrée au couple dans la France du futur fournit peu d'éléments explicatifs, et il faut plusieurs chapitres pour appréhender correctement leur situation et celle du monde dans lequel ils évoluent. Les dialogues eux aussi sont un peu ardus à suivre car la mise en scène montre peu qui dit quoi et l'auteur joue plutôt sur des codes de couleurs pour les bulles. Surtout, il reste difficile de cerner les intentions des auteurs, tant les trois fils narratifs semblent avoir peu de points de convergence, en dehors de leur lien avec l'Antarctique et les questions environnementales, ainsi que l'impact de la maladie de l'héroïne sur la logistique des artistes coupés du monde. Il en découle une lecture déroutante. J'ai apprécié certaines originalités, les idées liées à ce monde d'anticipation, la situation du couple et le personnage de cette femme à l'amnésie évolutive, ainsi que les passages documentaires, l'Antarctique me fascinant aussi personnellement. En revanche, le séjour polaire des deux artistes m'a nettement moins captivé et m'a paru beaucoup plus laborieux. Et au final, je ne sais toujours pas très bien où les auteurs veulent en venir, ni même si l'on finira par le comprendre clairement.

20/01/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Opération Moon Fire
Opération Moon Fire

Ah ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une BD de ce genre. Xavier Bétaucourt s'est amusé à écrire une BD plutôt divertissante, qui nous emmène dans les Etats-Unis profonds des années 60, en pleine Guerre Froide, avec des complots russes, des Martiens qui débarquent et dézinguent des gens, et des Nazis qui se baladent en liberté. C'est relativement réaliste, ça ressemble beaucoup à des dizaines d'histoires ayant fleuri à cette époque, et on ne s'ennuie pas une seconde. Là où j'ai trouvé une certaine originalité, c'est dans les motivations et les justifications de certains personnages : pour en sauver un plus grand nombre de gens, on n'hésite pas à en sacrifier quelques-uns. Et si les Russes ne sont peut-être pour rien dans l'histoire, ils restent les ennemis, les adversaires, donc on ne sait jamais... Les personnages sont parfois caricaturaux (les rednecks avec des petites moustaches...) parfois pas du tout (le champion de football est loin d'être un abruti, sans pour autant être un génie), bref on passe un très bon moment, une lecture salvatrice à une époque où le complotisme profite du rayonnement des réseaux sociaux et des medias en tous genres. Olivier Perret est un dessinateur dont j'aime bien le style, il ne s'embarrasse pas de réalisme en termes de morphologie ou d'architecture, même si on sent qu'il a fait des efforts sur les voitures américaines des années 1960. En revanche l'énergie qui se détache de son dessin est réjouissante, il a un dynamisme assez sympathique, et son compère Paul Bona aux couleurs est au diapason. Sans verser dans le didactisme, c'est un album fort sympathique, qui jongle avec bonheur entre complotisme à papa et réalités politique. Les 112 pages se lisent très vite.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Stella (Bonin)
Stella (Bonin)

Je commence à connaitre Cyrille Bonin dont j'ai pu lire plusieurs œuvres. Et je trouve que cette BD est un peu dans la même veine que ce que l'auteur a déjà produit. C'est bon, mais pas inoubliable non plus. La BD est une sorte de Pygmalion mélangé avec de la réflexion sur la création, et notamment l'IA (même si la BD n'en parle pas spécifiquement). C'est une question de personnage et d'auteur, mais je trouve que l'ensemble est trop lent et manque de développement. Le retournement final est intéressante, mais laisse un peu trop de questions ouvertes. C'est une sorte de mise en abyme du personnage et de l'auteur mais je trouve que ça finit de manière trop cryptique. Par contre, il y a quelques idées intéressantes sur le personnage de l'auteur qui semble assez vieux con en dehors du monde, qui se prend à rêver d'une femme des années 50 (qu'il n'a pas connu) et qui doit confronter ses idées avec la réalité ensuite. Ça m'a évoqué "Pleasantville" avec cette image parfaitement lisse des années 50 qu'on confronte ensuite à la réalité. D'ailleurs la BD de manière globale m'a évoquée "Ruby Sparks", film sur un auteur et son personnage aussi. Maintenant, je dois dire que la BD semble inutilement longue dans son milieu, avec un moment qui oscille trop longtemps sur une idée avant que l'action ne reprenne. C'est sans doute parce que j'ai trouvé que ça n'apportait rien au récit, mais ce ventre mou est dommage, puisqu'il revient ensuite sur des bonnes idées que j'aurais aimé voir plus développé. En fin de compte, à la fin, je me suis dit que j'avais lu une BD qui est parfaitement en adéquation avec ce que j'ai lu de Cyril Bonin et qui pioche dans d'autres histoires comme Pygmalion mais à sa sauce. Sauf que je ne peux pas vraiment dire que c'est extraordinaire ou inoubliable pour le coup. C'est à lire, mais sans s'enthousiasmer trop.

20/01/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Junction
The Junction

Norm Konyu, canadien habitant en Angleterre, est surtout connu pour son travail dans l’animation (notamment pour la BBC et le studio Dreamworks). « The Junction » est sa première BD (même si Glénat a choisi de la publier en France après Downlands), et bon sang, que c’est bon ! L’illustration élégante et le résumé intrigant ont suffi à me faire craquer, et je ressors émerveillé et bouleversé de ma lecture. L’intrigue est prenante et remplie de mystère, et débute comme une bête enquête pour expliquer la réapparition de Lucas. Mais au fur et à mesure que les réponses arrivent le récit devient de plus en plus poignant, et les thèmes de plus en plus douloureux. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Le style graphique est charmant au possible, et influencé par le travail d’animation de l’auteur. Il apporte une certaine légèreté au récit qui contrebalance un peu avec les thèmes difficiles. Un coup de maître pour un premier album, et un coup de cœur !

20/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Mecs in progress
Mecs in progress

3.5 Un guide pour les hommes qui se posent des questions sur le féminisme actuel et comment être un homme sans tomber dans les travers du virilisme. On va donc suivre le cheminement de deux hommes, un homme blanc dans la cinquantaine et un homme noir plus jeune, qui vont finir par se questionner sur leur identité et leur relations avec les femmes et ils seront aidés par une amie qui va parler de son expérience en tant que femme. On survole plusieurs sujets enveloppant la masculinité et c'est pile le genre d'album pour moi qui se questionne sur les stéréotypes et autres sujets du genre depuis que je suis petit et qui n'est pas trop fan de modèles virils qu'on me propose. Les personnages sont crédibles et je pense que les hommes qui ont ou ont eu des problèmes de couples vont se reconnaitre dans l'homme noir qui ne sait pas gérer son couple même après avoir essayé de changer son attitude. Le documentaire est intéressant même si je ne suis pas nécessairement d'accord avec tout ce qui est dit. Il y a beaucoup d'informations et c'est raconté de manière fluide. J'aime bien comment la masculinité n'est pas diabolisée, c'est surtout sa partie toxique qui montré du doigt et ça me semble être un problème très actuel quand je vois des jeunes sur internet tenir des propos sexistes que mes grands-pères nés dans les années 20-30 n'auraient jamais osé dire en public....

20/01/2026 (modifier)