Le premier tome est très bon, mais la série souffre de plusieurs problèmes dans son édition française. Les dessins de John Buscema nous présentent un Tarzan puissant, parfois furieux (rappelant Conan !), et l'édition grand format met en valeur son talent artistique ; le cycle d'Opar est excellent. Cependant, lorsque les encres passent à T. de Zuniga ou R. Mesina, on ne ressent plus la même force brute. Tout se détériore dans le deuxième tome, lorsque John transmet le relais à son frère Sal, les intrigues sont de plus en plus courtes et l'histoire reste incomplète. Je n'ai pas lu le troisième tome dans l'édition française.
Voilà une très bonne biographie d’un personnage qui a atteint un statut mythique pour pas mal de monde durant la guerre froide (sa photo trônant dans nombre de chambres d’étudiants). Une biographie qui prend le temps d’installer le personnage.
Jon Lee Anderson a fait un gros travail de recherche, ça se sent. Mais la narration est fluide et il n’y a rien d’indigeste dans ce récit – pourtant un gros pavé de plus de 400 pages !
Il faut dire déjà que graphiquement c’est très agréable à lire. Le dessin de José Hernandez est très bon, un trait réaliste plaisant (avec parfois des « flous » ressemblant à des photos retravaillée). Et j’ai aussi beaucoup aimé sa colorisation, aux tons brumeux et cuivrés. Un rendu attrayant.
La première partie montre Ernesto Guevara durant sa « formation politique », sa prise conscience durant ses voyages en Amérique latine, qui vont le familiariser avec les injustices, l’idée révolutionnaire. Et sa rencontre avec les frères Castro va faire le reste.
Puis, une fois la Révolution victorieuse, vient le temps de « l’institutionnalisation », des désillusions, des « disparitions » parmi le premier cercle révolutionnaire. Et la pression mise par les États-Unis – et aussi par l’URSS dans un autre registre.
Enfin la mise à l’écart du Che et son départ de Cuba pour répandre la Révolution partout ailleurs, au Congo, et surtout dans toute l’Amérique latine.
La vie privée du Che reste ici mineure – elle l’a aussi sûrement été en réalité, s’effaçant derrière le « devoir » révolutionnaire d’une sorte d’idéaliste. Un homme qui en tout cas n’a jamais renié ou trahi ses idéaux de jeunesse, même s’il n’a pu faire advenir la Révolution et la société dont il rêvait.
Un album très recommandable pour tous ceux qui s’intéressent à cette période et à ce personnage charismatique et pourtant qui ne recherchait ni les honneurs ni les projecteurs.
J'ai lu les deux premiers tomes et j'ai trouvé le résultat correct sans plus.
C'est une comédie romantique avec une idée bien débile: une jeune fille bien gentille et féminine qui semble être une héroïne de shojo se retrouve dans un lycée où tout le monde est un délinquant balaise. On s’attend donc à une comédie basé sur le contraste entre l'héroïne et l'environnement qui l'entoure, mais très vite on tombe dans la comédie romantique basique lorsque l'héroïne croise son ami d'enfance timide et faible qui est devenu le plus fort de l'école. On va retrouver les ingrédients de tous comédies romantiques comme l'arrivée de rivaux amoureux (dont bien sur le beau garçon riche). Ajoutons aussi d'autres clichés comme le personnage qui veut être le boss du lycée et rate tout comme un gros loser.
Ça se laisse lire et j'ai souvent souris, mais les situations sentent souvent le déjà vu comme si l'auteur avait une liste de toutes les situations qu'on doit voir dans un manga de ce genre. Le truc le plus original est que c'est l'héroïne qui rentre dans une salle pendant que les garçons se changent ! Du coup même si c'est un peu sympathique, c'est pas non plus passionnant à moins d'être un lecteur novice en matière de mangas. Le dessin est pas trop mal.
J'ai découvert Sala récemment grâce à Joueur d'échecs que j'ai absolument a-do-ré. Je n'en dirais pas autant de cet album que je trouve "seulement" très bon, aspect visuel toujours aussi fascinant. Là, on a une multi-biographie réussie savoir celle du héros de la famille, de l'auteur, de sa mère, et accessoirement, des autres. Comment savoir si ce qui fait que je préfère Le joueur d'échec est une fiction supérieure à la réalité ou ma fascination pour les échecs ? Dur à dire.
Puisque je suis là, j'en profite pour inciter à lire Le gambit des étoiles, roman vraiment parfait de Klein. Je dois pourtant reconnaître que Sala fait un sans faute : on voit le poids de la transmission de la tragédie, dans la famille, mais aussi le bonheur d'une vie familiale où l'amour et la liberté règnent, ce qui n'est pas un mince privilège… Et parfois, le drame et le bonheur ne sont pas où on les attend. J'avais peur en ouvrant la bd, je l'ai fermé avec un presque sentiment de plénitude.
Bon, ce triptyque n’a peut-être pas la force de l’excellente série Il était une fois en France (dans laquelle le personnage très ambigu de Joseph jouait un rôle énorme). Mais, sur cette période de la débâcle et surtout de l’Occupation, c’est quand même une belle réussite.
Une lecture plaisante, que ce soit pour la narration, fluide, ou pour le dessin et la colorisation, eux-aussi réussis.
Le scénario est bien fichu, prend le temps d’installer le « décor » (la longue introduction autour débâcle introduit très bien l’atmosphère déliquescente qui va prédominer par la suite, tout en situant la ligne de démarcation – que notre héros sera amené à franchir de nombreuses fois). L’entrée en résistance du « Merlu », le sacrifice de nombre de ses compagnons de lutte, mais aussi les diverses facettes du Français « moyen » face à l’Occupation et au régime de Vichy sont aussi bien restitués. Une belle évolution pour le « beau-père » du Merlu, une plus écœurante pour le « mari » de celle qu’il aime (Marie-Jeanne), qui devient un cacique de la Milice, collabo opportuniste sans trop de scrupules.
Au milieu, une foule de profiles plus ou moins nets, de retournement de vestes, de compromission ou de refus d’en faire, de trahison : la guerre durcit les positions et c’est aussi bien rendu, jusqu’à la Libération et les règlements de comptes (le troisième album fait d’ailleurs un petit suspens entre la première page et ce qui se passe en toute fin autour du sort de Marie-Jeanne).
La teneur de la dernière page laisse presque à penser que les auteurs se sont ménagés une possibilité de suite. Je ne sais pas si ce serait une bonne idée.
En tout cas on a là une série solidement construite, agréable à lire, sur cette période trouble de l’Histoire nationale. Thierry Dubois a su habilement mêler petite et grande histoire.
J'ai enfin fini the Bouncer.... Et c'était génial.
A l'origine je ne suis pas un grand amateur de western, j'aime bien les ambiances crépusculaires, c'est vrai, mais le coté John Wayne, le sauveur blanc contre les méchants indiens me rebute pas mal, et pourtant je me suis laissé tenté il y a quelques années par sa lecture.
Une fois n'étant pas coutume, commençons pas le dessin, le talent de Boucq n'est plus a prouver, c'est jolie, bien découpé, bien mis en scène, avec de très belle couleur, notamment toute la première partie du tome 12 qui passe de nombreuses planche sous un pluie battante.
Concernant le scénario, c'est ce célèbre nom qui m'a fait hésiter.... j'étais resté un peu mi figue mi raisin concernant ma lecture de la caste des méta barons, que je trouvais par moment ainsi que les dialogues mal maitrisés....Et ici c'est tout le contraire, il y a une tres grande maitrise. On est plutôt loin d'une quête de vengence simpliste et bas du front. Ici on a un scénario d'apparence simple mais brillamment exécuté, et on ne sait jamais trop a l'avance a quel moment les trahison vont se faire, les retournement de situation vont avoir lieu. En ce sens on a une oeuvre très cinématographique. Les critiques sur le scénario me font penser un peu à celle de fury road, si l'histoire est en effet "faible" tout repose sur son exécution, et ici comme chez Miller c'est excellent.
Une ambiance de fin du monde, où seul quelques uns tentent de ne pas perdre leur humanité, au milieu de tout ce capharnaüm et c'est le cas de notre héro qui est tout sauf un cinique et qui crois qu'on peut faire les choses justes, meme si le monde autour lui dit le contraire...Et c'est peut etre pour cela que j'ai adoré, ce héro qui m'a touché. Apres pour être honnête il y ale cycle des tome 8 et 9 que j'ai trouvé un peux faible, mais je n'ai pas passé un mauvais moment.
Si j'ai mis des années a lire la série, c'est parce que je l'ai dégusté, comme un bonbon, qu'on laisse fondre plutot que de la croquer.
Une jeune voleuse embarque à bord d’un équipage de pirates aussi incompétents que loufoques dans une chasse au trésor remplie de créatures fantastiques, de références anachroniques et de clins d'oeil à Pirates des Caraïbes et à d’autres univers du même genre.
L'album repose clairement sur une volonté de détourner les codes du récit de pirates avec un humour absurde et décalé. Le problème, c’est que cet humour m’a paru très lourdaud et souvent forcé, avec des blagues qui semblent plaquées artificiellement sur les scènes plutôt que réellement intégrées au récit. Les dialogues sonnent faux, les personnages passent leur temps à cabotiner, et malgré la volonté de faire du décalé ou de l’absurde, je n’ai quasiment jamais souri.
Le dessin donne pourtant une bonne première impression. Le trait est souple, vivant, assez séduisant au premier regard, avec une vraie énergie graphique et des couleurs agréables. Mais à la lecture, cela devient beaucoup plus brouillon. Les personnages ont des anatomies très cartoonesques qui m’ont souvent perturbé, notamment ces jambes étonnamment courtes et presque caoutchouteuses qui donnent parfois l’impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène elle-même paraît assez brinquebalante, avec un découpage confus et un rythme qui fonctionne mal.
Malgré un fond graphique pas inintéressant et une envie évidente de proposer une aventure humoristique déjantée, l’histoire ne prend jamais vraiment. Entre les références insistantes, les gags qui tombent à plat et une narration assez pénible à suivre, j’ai péniblement parcouru cet album sans décrocher un sourire.
Une quinquagénaire divorcée part seule sur une île paradisiaque pour vivre des relations tarifées avec de jeunes hommes, tout en gardant un regard lucide sur ce qu'elle vient réellement chercher dans ces vacances mêlant désir, solitude et besoin d'affection.
Là encore, Axel place le sexe de manière très explicite au coeur du récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps sont imparfaits, les scènes sexuelles très directes, parfois même volontairement peu glamour, mais ce n'est clairement pas du porno fantasmé : tout paraît pensé avant tout pour servir une histoire et des personnages crédibles.
Et c'est ce que j'apprécie chez lui. Derrière les scènes de sexe, il cherche surtout à raconter quelque chose de réaliste et d'humain. Ici, il parle du vieillissement, du besoin de se sentir encore désirable, du tourisme sexuel féminin, des relations ambiguës où chacun sait plus ou moins pourquoi il est là. Il y a une vraie mélancolie dans tout ça, mais moins lourde et déprimante que dans Une femme fidèle. Le ton est plus léger, plus estival, parfois même un peu tendre.
Le personnage principal fonctionne bien parce qu'elle assume ses envies sans être idéalisée ni caricaturale. Cela rend l'ensemble légèrement plus émoustillant aussi, même si le côté très cru et naturaliste du récit ne m'a pas forcément excité à proprement parler.
L'histoire reste simple et assez courte, comme souvent chez Axel, mais elle m'a paru aboutie et fluide. Ce n'est pas une BD érotique qui cherche avant tout à stimuler, mais plutôt une parenthèse mélancolique et adulte autour du sexe, de la solitude et du besoin de se sentir encore vivant.
Une professeure mariée à un homme lourdement handicapé entretient avec lui une relation intime singulière : elle rencontre d'autres hommes dans des clubs libertins, filme leurs rapports sexuels et partage ensuite ces vidéos avec son mari, jusqu'au jour où les sentiments viennent bouleverser cet équilibre fragile.
Comme toujours chez Axel, le sexe très explicite occupe une place centrale dans le récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps paraissent vrais, imparfaits, crédibles, et cela donne aux scènes une dimension plus humaine que fantasmée. Mais justement, dans le cas particulier de cet album, tout cela m'a davantage évoqué quelque chose de triste et de déprimant que réellement érotique.
Il parle surtout de solitude, de dépendance affective, de fidélité, du poids du handicap et de la manière dont un couple tente de survivre malgré une situation impossible. C'est traité sérieusement, avec une certaine justesse, sans voyeurisme gratuit, mais il en ressort une mélancolie permanente qui écrase un peu toute forme d'excitation ou de sensualité. Même les scènes de sexe finissent par dégager une impression de malaise ou de tristesse plus que de plaisir.
Le dessin fonctionne toujours bien, avec ce style réaliste un peu rugueux propre à l'auteur, et les personnages paraissent authentiques, ce qui aide à croire à leur relation. Mais l'histoire reste finalement assez simple et vite résumée, avec une progression assez courte et une conclusion qui m'a laissé un peu vide.
Je ressors donc de cette lecture davantage touché par son côté sombre et humain que réellement emballé. Ce n'est pas inintéressant, loin de là, mais ce n'est clairement pas un album qui m'a donné envie d'y revenir ou de le relire.
Nous sommes à un an de l'élection présidentielle. A l'heure où les candidat(e)s présomptifs/ves sont nombreux/ses, certains essaient de se démarquer, de sortir du lot. Sans clamer que je sois particulièrement fan du personnage, force est de constater que François Ruffin, député écologiste de la Somme, essaie de se démarquer. Journaliste et documentariste de formation, il s'est engagé depuis une dizaine d'années en politique, et est député de la Somme depuis 2017. Ce mandat lui permet de se mêler à la population locale, lors d'évènements divers, de manifestations ou encore d'immersions avec des travailleurs et des travailleuses de la première ligne, salué(e)s durant la crise Covid, mais jamais rétribué(e)s de manière substantielle.
On a donc une suite d'instantanés, certains uniques, d'autres découpés en plusieurs segments, qui montrent son écoute, son talent pour le dialogue et l'esprit de synthèse qui lui permet d'être pertinent et percutant dans ses interventions et ses analyses. Des anecdotes racontées par Ruffin lui-même, et transformées en segments narratifs par le talentueux et chevronné Laurent Galandon. Des anecdotes, des témoignages parfois poignants, tous intéressants. Ruffin s'y montre donc attentif, offensif, mais jamais injurieux ou agressif comme il peut l'être dans d'autres circonstances. C'est donc un peu policé, une bonne chose, mais Ruffin y est aussi, par moments, un peu pédant, ce qui est dommage.
Le travail graphique des onze dessinatrices et dessinateurs qui ont accepté de le suivre dans l'aventure est vraiment bon, quoique très diversifié (on a Pendanx et Jul, par exemple...). Ils ont fait du bon boulot sur des formats courts, voire très courts.
Ces témoignages sont donc intéressants pour comprendre ce qu'est "La France d'en bas".
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Tarzan (Buscema)
Le premier tome est très bon, mais la série souffre de plusieurs problèmes dans son édition française. Les dessins de John Buscema nous présentent un Tarzan puissant, parfois furieux (rappelant Conan !), et l'édition grand format met en valeur son talent artistique ; le cycle d'Opar est excellent. Cependant, lorsque les encres passent à T. de Zuniga ou R. Mesina, on ne ressent plus la même force brute. Tout se détériore dans le deuxième tome, lorsque John transmet le relais à son frère Sal, les intrigues sont de plus en plus courtes et l'histoire reste incomplète. Je n'ai pas lu le troisième tome dans l'édition française.
Che - Une vie révolutionnaire
Voilà une très bonne biographie d’un personnage qui a atteint un statut mythique pour pas mal de monde durant la guerre froide (sa photo trônant dans nombre de chambres d’étudiants). Une biographie qui prend le temps d’installer le personnage. Jon Lee Anderson a fait un gros travail de recherche, ça se sent. Mais la narration est fluide et il n’y a rien d’indigeste dans ce récit – pourtant un gros pavé de plus de 400 pages ! Il faut dire déjà que graphiquement c’est très agréable à lire. Le dessin de José Hernandez est très bon, un trait réaliste plaisant (avec parfois des « flous » ressemblant à des photos retravaillée). Et j’ai aussi beaucoup aimé sa colorisation, aux tons brumeux et cuivrés. Un rendu attrayant. La première partie montre Ernesto Guevara durant sa « formation politique », sa prise conscience durant ses voyages en Amérique latine, qui vont le familiariser avec les injustices, l’idée révolutionnaire. Et sa rencontre avec les frères Castro va faire le reste. Puis, une fois la Révolution victorieuse, vient le temps de « l’institutionnalisation », des désillusions, des « disparitions » parmi le premier cercle révolutionnaire. Et la pression mise par les États-Unis – et aussi par l’URSS dans un autre registre. Enfin la mise à l’écart du Che et son départ de Cuba pour répandre la Révolution partout ailleurs, au Congo, et surtout dans toute l’Amérique latine. La vie privée du Che reste ici mineure – elle l’a aussi sûrement été en réalité, s’effaçant derrière le « devoir » révolutionnaire d’une sorte d’idéaliste. Un homme qui en tout cas n’a jamais renié ou trahi ses idéaux de jeunesse, même s’il n’a pu faire advenir la Révolution et la société dont il rêvait. Un album très recommandable pour tous ceux qui s’intéressent à cette période et à ce personnage charismatique et pourtant qui ne recherchait ni les honneurs ni les projecteurs.
La Belle et le Badass
J'ai lu les deux premiers tomes et j'ai trouvé le résultat correct sans plus. C'est une comédie romantique avec une idée bien débile: une jeune fille bien gentille et féminine qui semble être une héroïne de shojo se retrouve dans un lycée où tout le monde est un délinquant balaise. On s’attend donc à une comédie basé sur le contraste entre l'héroïne et l'environnement qui l'entoure, mais très vite on tombe dans la comédie romantique basique lorsque l'héroïne croise son ami d'enfance timide et faible qui est devenu le plus fort de l'école. On va retrouver les ingrédients de tous comédies romantiques comme l'arrivée de rivaux amoureux (dont bien sur le beau garçon riche). Ajoutons aussi d'autres clichés comme le personnage qui veut être le boss du lycée et rate tout comme un gros loser. Ça se laisse lire et j'ai souvent souris, mais les situations sentent souvent le déjà vu comme si l'auteur avait une liste de toutes les situations qu'on doit voir dans un manga de ce genre. Le truc le plus original est que c'est l'héroïne qui rentre dans une salle pendant que les garçons se changent ! Du coup même si c'est un peu sympathique, c'est pas non plus passionnant à moins d'être un lecteur novice en matière de mangas. Le dessin est pas trop mal.
Le Poids des héros
J'ai découvert Sala récemment grâce à Joueur d'échecs que j'ai absolument a-do-ré. Je n'en dirais pas autant de cet album que je trouve "seulement" très bon, aspect visuel toujours aussi fascinant. Là, on a une multi-biographie réussie savoir celle du héros de la famille, de l'auteur, de sa mère, et accessoirement, des autres. Comment savoir si ce qui fait que je préfère Le joueur d'échec est une fiction supérieure à la réalité ou ma fascination pour les échecs ? Dur à dire. Puisque je suis là, j'en profite pour inciter à lire Le gambit des étoiles, roman vraiment parfait de Klein. Je dois pourtant reconnaître que Sala fait un sans faute : on voit le poids de la transmission de la tragédie, dans la famille, mais aussi le bonheur d'une vie familiale où l'amour et la liberté règnent, ce qui n'est pas un mince privilège… Et parfois, le drame et le bonheur ne sont pas où on les attend. J'avais peur en ouvrant la bd, je l'ai fermé avec un presque sentiment de plénitude.
Le Merlu
Bon, ce triptyque n’a peut-être pas la force de l’excellente série Il était une fois en France (dans laquelle le personnage très ambigu de Joseph jouait un rôle énorme). Mais, sur cette période de la débâcle et surtout de l’Occupation, c’est quand même une belle réussite. Une lecture plaisante, que ce soit pour la narration, fluide, ou pour le dessin et la colorisation, eux-aussi réussis. Le scénario est bien fichu, prend le temps d’installer le « décor » (la longue introduction autour débâcle introduit très bien l’atmosphère déliquescente qui va prédominer par la suite, tout en situant la ligne de démarcation – que notre héros sera amené à franchir de nombreuses fois). L’entrée en résistance du « Merlu », le sacrifice de nombre de ses compagnons de lutte, mais aussi les diverses facettes du Français « moyen » face à l’Occupation et au régime de Vichy sont aussi bien restitués. Une belle évolution pour le « beau-père » du Merlu, une plus écœurante pour le « mari » de celle qu’il aime (Marie-Jeanne), qui devient un cacique de la Milice, collabo opportuniste sans trop de scrupules. Au milieu, une foule de profiles plus ou moins nets, de retournement de vestes, de compromission ou de refus d’en faire, de trahison : la guerre durcit les positions et c’est aussi bien rendu, jusqu’à la Libération et les règlements de comptes (le troisième album fait d’ailleurs un petit suspens entre la première page et ce qui se passe en toute fin autour du sort de Marie-Jeanne). La teneur de la dernière page laisse presque à penser que les auteurs se sont ménagés une possibilité de suite. Je ne sais pas si ce serait une bonne idée. En tout cas on a là une série solidement construite, agréable à lire, sur cette période trouble de l’Histoire nationale. Thierry Dubois a su habilement mêler petite et grande histoire.
Bouncer
J'ai enfin fini the Bouncer.... Et c'était génial. A l'origine je ne suis pas un grand amateur de western, j'aime bien les ambiances crépusculaires, c'est vrai, mais le coté John Wayne, le sauveur blanc contre les méchants indiens me rebute pas mal, et pourtant je me suis laissé tenté il y a quelques années par sa lecture. Une fois n'étant pas coutume, commençons pas le dessin, le talent de Boucq n'est plus a prouver, c'est jolie, bien découpé, bien mis en scène, avec de très belle couleur, notamment toute la première partie du tome 12 qui passe de nombreuses planche sous un pluie battante. Concernant le scénario, c'est ce célèbre nom qui m'a fait hésiter.... j'étais resté un peu mi figue mi raisin concernant ma lecture de la caste des méta barons, que je trouvais par moment ainsi que les dialogues mal maitrisés....Et ici c'est tout le contraire, il y a une tres grande maitrise. On est plutôt loin d'une quête de vengence simpliste et bas du front. Ici on a un scénario d'apparence simple mais brillamment exécuté, et on ne sait jamais trop a l'avance a quel moment les trahison vont se faire, les retournement de situation vont avoir lieu. En ce sens on a une oeuvre très cinématographique. Les critiques sur le scénario me font penser un peu à celle de fury road, si l'histoire est en effet "faible" tout repose sur son exécution, et ici comme chez Miller c'est excellent. Une ambiance de fin du monde, où seul quelques uns tentent de ne pas perdre leur humanité, au milieu de tout ce capharnaüm et c'est le cas de notre héro qui est tout sauf un cinique et qui crois qu'on peut faire les choses justes, meme si le monde autour lui dit le contraire...Et c'est peut etre pour cela que j'ai adoré, ce héro qui m'a touché. Apres pour être honnête il y ale cycle des tome 8 et 9 que j'ai trouvé un peux faible, mais je n'ai pas passé un mauvais moment. Si j'ai mis des années a lire la série, c'est parce que je l'ai dégusté, comme un bonbon, qu'on laisse fondre plutot que de la croquer.
Pyraths
Une jeune voleuse embarque à bord d’un équipage de pirates aussi incompétents que loufoques dans une chasse au trésor remplie de créatures fantastiques, de références anachroniques et de clins d'oeil à Pirates des Caraïbes et à d’autres univers du même genre. L'album repose clairement sur une volonté de détourner les codes du récit de pirates avec un humour absurde et décalé. Le problème, c’est que cet humour m’a paru très lourdaud et souvent forcé, avec des blagues qui semblent plaquées artificiellement sur les scènes plutôt que réellement intégrées au récit. Les dialogues sonnent faux, les personnages passent leur temps à cabotiner, et malgré la volonté de faire du décalé ou de l’absurde, je n’ai quasiment jamais souri. Le dessin donne pourtant une bonne première impression. Le trait est souple, vivant, assez séduisant au premier regard, avec une vraie énergie graphique et des couleurs agréables. Mais à la lecture, cela devient beaucoup plus brouillon. Les personnages ont des anatomies très cartoonesques qui m’ont souvent perturbé, notamment ces jambes étonnamment courtes et presque caoutchouteuses qui donnent parfois l’impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène elle-même paraît assez brinquebalante, avec un découpage confus et un rythme qui fonctionne mal. Malgré un fond graphique pas inintéressant et une envie évidente de proposer une aventure humoristique déjantée, l’histoire ne prend jamais vraiment. Entre les références insistantes, les gags qui tombent à plat et une narration assez pénible à suivre, j’ai péniblement parcouru cet album sans décrocher un sourire.
Le Prix de l'amour
Une quinquagénaire divorcée part seule sur une île paradisiaque pour vivre des relations tarifées avec de jeunes hommes, tout en gardant un regard lucide sur ce qu'elle vient réellement chercher dans ces vacances mêlant désir, solitude et besoin d'affection. Là encore, Axel place le sexe de manière très explicite au coeur du récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps sont imparfaits, les scènes sexuelles très directes, parfois même volontairement peu glamour, mais ce n'est clairement pas du porno fantasmé : tout paraît pensé avant tout pour servir une histoire et des personnages crédibles. Et c'est ce que j'apprécie chez lui. Derrière les scènes de sexe, il cherche surtout à raconter quelque chose de réaliste et d'humain. Ici, il parle du vieillissement, du besoin de se sentir encore désirable, du tourisme sexuel féminin, des relations ambiguës où chacun sait plus ou moins pourquoi il est là. Il y a une vraie mélancolie dans tout ça, mais moins lourde et déprimante que dans Une femme fidèle. Le ton est plus léger, plus estival, parfois même un peu tendre. Le personnage principal fonctionne bien parce qu'elle assume ses envies sans être idéalisée ni caricaturale. Cela rend l'ensemble légèrement plus émoustillant aussi, même si le côté très cru et naturaliste du récit ne m'a pas forcément excité à proprement parler. L'histoire reste simple et assez courte, comme souvent chez Axel, mais elle m'a paru aboutie et fluide. Ce n'est pas une BD érotique qui cherche avant tout à stimuler, mais plutôt une parenthèse mélancolique et adulte autour du sexe, de la solitude et du besoin de se sentir encore vivant.
Une femme fidèle
Une professeure mariée à un homme lourdement handicapé entretient avec lui une relation intime singulière : elle rencontre d'autres hommes dans des clubs libertins, filme leurs rapports sexuels et partage ensuite ces vidéos avec son mari, jusqu'au jour où les sentiments viennent bouleverser cet équilibre fragile. Comme toujours chez Axel, le sexe très explicite occupe une place centrale dans le récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps paraissent vrais, imparfaits, crédibles, et cela donne aux scènes une dimension plus humaine que fantasmée. Mais justement, dans le cas particulier de cet album, tout cela m'a davantage évoqué quelque chose de triste et de déprimant que réellement érotique. Il parle surtout de solitude, de dépendance affective, de fidélité, du poids du handicap et de la manière dont un couple tente de survivre malgré une situation impossible. C'est traité sérieusement, avec une certaine justesse, sans voyeurisme gratuit, mais il en ressort une mélancolie permanente qui écrase un peu toute forme d'excitation ou de sensualité. Même les scènes de sexe finissent par dégager une impression de malaise ou de tristesse plus que de plaisir. Le dessin fonctionne toujours bien, avec ce style réaliste un peu rugueux propre à l'auteur, et les personnages paraissent authentiques, ce qui aide à croire à leur relation. Mais l'histoire reste finalement assez simple et vite résumée, avec une progression assez courte et une conclusion qui m'a laissé un peu vide. Je ressors donc de cette lecture davantage touché par son côté sombre et humain que réellement emballé. Ce n'est pas inintéressant, loin de là, mais ce n'est clairement pas un album qui m'a donné envie d'y revenir ou de le relire.
Les Aventures de François Ruffin, député-reporter
Nous sommes à un an de l'élection présidentielle. A l'heure où les candidat(e)s présomptifs/ves sont nombreux/ses, certains essaient de se démarquer, de sortir du lot. Sans clamer que je sois particulièrement fan du personnage, force est de constater que François Ruffin, député écologiste de la Somme, essaie de se démarquer. Journaliste et documentariste de formation, il s'est engagé depuis une dizaine d'années en politique, et est député de la Somme depuis 2017. Ce mandat lui permet de se mêler à la population locale, lors d'évènements divers, de manifestations ou encore d'immersions avec des travailleurs et des travailleuses de la première ligne, salué(e)s durant la crise Covid, mais jamais rétribué(e)s de manière substantielle. On a donc une suite d'instantanés, certains uniques, d'autres découpés en plusieurs segments, qui montrent son écoute, son talent pour le dialogue et l'esprit de synthèse qui lui permet d'être pertinent et percutant dans ses interventions et ses analyses. Des anecdotes racontées par Ruffin lui-même, et transformées en segments narratifs par le talentueux et chevronné Laurent Galandon. Des anecdotes, des témoignages parfois poignants, tous intéressants. Ruffin s'y montre donc attentif, offensif, mais jamais injurieux ou agressif comme il peut l'être dans d'autres circonstances. C'est donc un peu policé, une bonne chose, mais Ruffin y est aussi, par moments, un peu pédant, ce qui est dommage. Le travail graphique des onze dessinatrices et dessinateurs qui ont accepté de le suivre dans l'aventure est vraiment bon, quoique très diversifié (on a Pendanx et Jul, par exemple...). Ils ont fait du bon boulot sur des formats courts, voire très courts. Ces témoignages sont donc intéressants pour comprendre ce qu'est "La France d'en bas".