Les derniers avis (220 avis)

Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Opération Moon Fire
Opération Moon Fire

Ah ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une BD de ce genre. Xavier Bétaucourt s'est amusé à écrire une BD plutôt divertissante, qui nous emmène dans les Etats-Unis profonds des années 60, en pleine Guerre Froide, avec des complots russes, des Martiens qui débarquent et dézinguent des gens, et des Nazis qui se baladent en liberté. C'est relativement réaliste, ça ressemble beaucoup à des dizaines d'histoires ayant fleuri à cette époque, et on ne s'ennuie pas une seconde. Là où j'ai trouvé une certaine originalité, c'est dans les motivations et les justifications de certains personnages : pour en sauver un plus grand nombre de gens, on n'hésite pas à en sacrifier quelques-uns. Et si les Russes ne sont peut-être pour rien dans l'histoire, ils restent les ennemis, les adversaires, donc on ne sait jamais... Les personnages sont parfois caricaturaux (les rednecks avec des petites moustaches...) parfois pas du tout (le champion de football est loin d'être un abruti, sans pour autant être un génie), bref on passe un très bon moment, une lecture salvatrice à une époque où le complotisme profite du rayonnement des réseaux sociaux et des medias en tous genres. Olivier Perret est un dessinateur dont j'aime bien le style, il ne s'embarrasse pas de réalisme en termes de morphologie ou d'architecture, même si on sent qu'il a fait des efforts sur les voitures américaines des années 1960. En revanche l'énergie qui se détache de son dessin est réjouissante, il a un dynamisme assez sympathique, et son compère Paul Bona aux couleurs est au diapason. Sans verser dans le didactisme, c'est un album fort sympathique, qui jongle avec bonheur entre complotisme à papa et réalités politique. Les 112 pages se lisent très vite.

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Stella (Bonin)
Stella (Bonin)

Je commence à connaitre Cyrille Bonin dont j'ai pu lire plusieurs œuvres. Et je trouve que cette BD est un peu dans la même veine que ce que l'auteur a déjà produit. C'est bon, mais pas inoubliable non plus. La BD est une sorte de Pygmalion mélangé avec de la réflexion sur la création, et notamment l'IA (même si la BD n'en parle pas spécifiquement). C'est une question de personnage et d'auteur, mais je trouve que l'ensemble est trop lent et manque de développement. Le retournement final est intéressante, mais laisse un peu trop de questions ouvertes. C'est une sorte de mise en abyme du personnage et de l'auteur mais je trouve que ça finit de manière trop cryptique. Par contre, il y a quelques idées intéressantes sur le personnage de l'auteur qui semble assez vieux con en dehors du monde, qui se prend à rêver d'une femme des années 50 (qu'il n'a pas connu) et qui doit confronter ses idées avec la réalité ensuite. Ça m'a évoqué "Pleasantville" avec cette image parfaitement lisse des années 50 qu'on confronte ensuite à la réalité. D'ailleurs la BD de manière globale m'a évoquée "Ruby Sparks", film sur un auteur et son personnage aussi. Maintenant, je dois dire que la BD semble inutilement longue dans son milieu, avec un moment qui oscille trop longtemps sur une idée avant que l'action ne reprenne. C'est sans doute parce que j'ai trouvé que ça n'apportait rien au récit, mais ce ventre mou est dommage, puisqu'il revient ensuite sur des bonnes idées que j'aurais aimé voir plus développé. En fin de compte, à la fin, je me suis dit que j'avais lu une BD qui est parfaitement en adéquation avec ce que j'ai lu de Cyril Bonin et qui pioche dans d'autres histoires comme Pygmalion mais à sa sauce. Sauf que je ne peux pas vraiment dire que c'est extraordinaire ou inoubliable pour le coup. C'est à lire, mais sans s'enthousiasmer trop.

20/01/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Junction
The Junction

Norm Konyu, canadien habitant en Angleterre, est surtout connu pour son travail dans l’animation (notamment pour la BBC et le studio Dreamworks). « The Junction » est sa première BD (même si Glénat a choisi de la publier en France après Downlands), et bon sang, que c’est bon ! L’illustration élégante et le résumé intrigant ont suffi à me faire craquer, et je ressors émerveillé et bouleversé de ma lecture. L’intrigue est prenante et remplie de mystère, et débute comme une bête enquête pour expliquer la réapparition de Lucas. Mais au fur et à mesure que les réponses arrivent le récit devient de plus en plus poignant, et les thèmes de plus en plus douloureux. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Le style graphique est charmant au possible, et influencé par le travail d’animation de l’auteur. Il apporte une certaine légèreté au récit qui contrebalance un peu avec les thèmes difficiles. Un coup de maître pour un premier album, et un coup de cœur !

20/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Mecs in progress
Mecs in progress

3.5 Un guide pour les hommes qui se posent des questions sur le féminisme actuel et comment être un homme sans tomber dans les travers du virilisme. On va donc suivre le cheminement de deux hommes, un homme blanc dans la cinquantaine et un homme noir plus jeune, qui vont finir par se questionner sur leur identité et leur relations avec les femmes et ils seront aidés par une amie qui va parler de son expérience en tant que femme. On survole plusieurs sujets enveloppant la masculinité et c'est pile le genre d'album pour moi qui se questionne sur les stéréotypes et autres sujets du genre depuis que je suis petit et qui n'est pas trop fan de modèles virils qu'on me propose. Les personnages sont crédibles et je pense que les hommes qui ont ou ont eu des problèmes de couples vont se reconnaitre dans l'homme noir qui ne sait pas gérer son couple même après avoir essayé de changer son attitude. Le documentaire est intéressant même si je ne suis pas nécessairement d'accord avec tout ce qui est dit. Il y a beaucoup d'informations et c'est raconté de manière fluide. J'aime bien comment la masculinité n'est pas diabolisée, c'est surtout sa partie toxique qui montré du doigt et ça me semble être un problème très actuel quand je vois des jeunes sur internet tenir des propos sexistes que mes grands-pères nés dans les années 20-30 n'auraient jamais osé dire en public....

20/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Marche ou rêve
Marche ou rêve

Une très étrange BD, un morceau de vie découpée dans celle d'un ado ordinaire. Et en même temps un récit lent, sombre, qui laisse songeur. La BD est le récit de Harold, en visite chez sa grand-mère dans la Bretagne profonde. Il découvre des secrets de famille, va faire la rencontre d'une jeune femme et vivre un évènement grave. Le programme semble chargé, et pourtant la BD s'étale dans le temps et laisse le silence s'étaler le long des pages. C'est une lente construction, celle d'un jeune homme confronté à des choses qui le font vite grandir. Le récit se fait donc petit à petit, par touches dans lesquelles Harold va voir sa vie chambouler. La BD est assez sombre, presque mélancolique, sur le poids des familles et des non-dits, ce qu'on veut être, mais aussi la violence dans les familles (qui apparait chez plusieurs personnes). Harold est aussi en découverte de la sexualité, alors qu'il commence à avoir une copine avec qui c'est sérieux. Et voila que débarque Pauline, qui semble remettre des choses en question aussi. De même que la découverte de son demi-frère qui remet en lumière son père et les rapports qu'il a entretenu avec lui. C'est des questions sur la famille et les modèles qu'on a, sans réponse spécifique. Le tout est servi par le dessin de Laurel, que je connaissais bien via son blog et ses BD sur ses périples américains. Elle est assistée ici par Elric que je ne connais pas, mais qui a probablement orienté le trait. En tout cas c'est joli et doux, lent mais posé aussi. Une BD étrange, posée et pourtant assez dense, qui pose des questions sans vraiment répondre. Une tranche de vie, qui semble très personnelle mais touche assez juste. Lecture conseillée.

19/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Terminus 1
Terminus 1

Mouais. Je ne dois pas être le cœur de cible, je ne sais pas. En tout cas cette lecture, rapide et pas réellement désagréable, ne m’a jamais vraiment accroché. Je l’ai traversée sans enthousiasme, et me dépêche de l’aviser, avant de l’avoir oubliée. Le dessin de Ponzio est, comme à son habitude – assez particulier dans son rendu. Hyperréaliste, proche de photos retravaillées, avec des personnages assez « raides ». Je n’en suis a priori pas un gros amateur. Mais c’est lisible et parfois même très beau. C’est juste que cet aspect glaçant et rigide ne m’attire pas trop. C’est surtout l’histoire qui m’a laissé de côté, qui ne m’a jamais réellement intéressé. L’intrigue est légère, manque d’aspérités. Et je n’ai pas compris comment Marje pouvait faire parvenir des objets, de l’eau à Julius d’une autre planète en quelques instants – ni comment Julius avait pu revenir seul avec son Palladium en retraversant le désert. Si les pouvoirs de télépathie de Julius sont expliqués e façon expéditive (piqué par une espèce spéciale de guêpes !?), cet aspect est finalement peu exploité (je m’attendais à ce que ce soit quelque chose de central dans l’histoire). Bref, une petite déception me concernant.

19/01/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
Couverture de la série Sirocco
Sirocco

Un tenancier de bistro à Venise élève sa fille tout seul avec l'aide de sa propre mère. Sa fille veut devenir danseuse et sa mère ne peut plus sculpter et aprend que son cancer a repris. Tout est parfait, c'est plein d'émotion, intergénérationnel, ça fait le lien ville (Venezia, en plus) campagne (Sicile) le lien hétéro/ homo, artiste/artisan...Bref tout est pour le mieux, mais je suis restée un peu en dehors. Le lettrage numérisé manque de personnalité, les pages bicolores sont un peu artificielles et même si le trait est vif, les personnages bien caractérisés, les dialogues légers... Cette marée de bons sentiments dilue un peu le propos. Cette BD nous tend un miroir boboïsant dans lequel on peine à se reconnaître... Non, on n'a pas un bistro à Venise, ni une mère sculptrice, ni une fille qui va devenir une danseuse étoile.. Mais ça ne nous empêche pas d'être triste quand nos grand-parents meurent.

19/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Röd i Snön
Röd i Snön

Un polar nordique. Un énième serait-on tenté de dire tant ils semblent être à la mode. Mais celui-ci est espagnol ! Un auteur espagnol donc, un dessin asse minimaliste et stylisé, des options « fantastiques » relativement soft et originales (le fantôme/double du héros – les deux dialoguant comme si de rien n’était) et un assureur en guise d’enquêteur. On a là un récit qui, doucement, semble sortir de l’ordinaire, sans jamais trop s’en éloigner en fait. Si le meurtre dont il est question est un peu bizarre et tiré par les cheveux, et si le rythme est lent, on ne s’ennuie jamais, et l’ambiance grisâtre (à peine traversée par le rouge vif du pelage d’un renard ou de la chevelure de la policière), ajoute à l’étrangeté de cette histoire, qui se laisse lire plutôt agréablement. Avec un chouette format à l’italienne (que j’apprécie), on a là un polar d’atmosphère réussi. Note réelle 3,5/5.

19/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Dix Secondes
Dix Secondes

Je ne connais que Un Eté en apnée (Simon & Louise) (et son versant) de l’auteur, une œuvre que j’avais trouvé fort sympathique mais fugace. Avec 10 secondes, l’auteur a réussi à me faire l’effet inverse, forcément on troque les amours de jeunesse pour leur mal-être. On retrouve sa patte graphique fluide et « simple », un album qui se lit très facilement mais @#%£%!! que l’histoire (enfin surtout le héros) m’a énervé. Pourtant on a le même parcours de jeunesse (localisation, conneries, expériences …) mais sans l’ennui, l’inconscience et l’autodestruction. Il y a une certaine froideur et justesse dans la façon de raconter cette histoire mais je ne la relirais jamais. En tout cas ça suscite pas mal d’émotions (énervement, incompréhension, déprime …).

19/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Deryn Du
Deryn Du

Je suis vache en mettant cette note mais je n’en pouvais plus de voir la fin. L’œuvre possède pourtant des qualités mais qui n’ont pas su me toucher. Le dessin, malgré certaines images fabuleuses, ne m’a pas emporté cette fois, je l’ai trouvé parfois trop maladroit. Et si j’ai aimé la retranscription et l’ambiance d’un village de pêcheur d’époque, aucun personnage ne m’a vraiment intéressé. Ensuite vient le récit qui m’a semblé bien peu palpitant, l’auteur retrouve des thématiques que l’on a déjà aperçu dans d’autres de ses albums, mais sans apporter de nouveauté ou véritable souffle. J’ai quand même bien aimé la fin mais que ce fut long pour l’atteindre. La postface laisse le mot à l’auteur sur une certaine ambition avec cet album, l’horreur en BD … et bin ça n’a pas marché avec moi, j’ai détesté ces pages qui me faisaient sortir de ma lecture et qui m’ont semblé lourdes (et donc pour moi effet escompté loupé). Bref je n’y reviendrais pas, assez mitigé de ma lecture. Je ne peux pas le déconseiller, pour les amateurs d’ambiance mais ne vous attendez pas à un truc de fou. 2,5

19/01/2026 (modifier)