Je ne suis a priori pas un gros amateur des histoires romantiques, des récits mettant en avant des animaux de compagnie. Je ne recherche pas non plus les récits larmoyants. C'est dire si cet album semblait de pas être fait pour moi.
Mais, au final, je dois dire que cette lecture a été plutôt agréable.
Le texte est assez littéraire (c'est l'adaptation d'un roman, que je ne connaissais pas), mais très peu présent. Beaucoup de pages muettes, ou en tout cas où le texte s'efface derrière les images, ou les silences. De la même façon, le récit, qui tourne pas mal autour du deuil (de la mère, de la femme aimée, d'un animal aimé comme un frère ou un fils, ou comme un "meilleur ami"), trouve un bel équilibre et ne joue pas uniquement et pas trop sur une montée du pathos et des larmes. Au deux tiers du récit, l'entrechoc de la maladie d'Ubac (le chien dont la mort a déclenché l'écriture autobiographique de ce récit) et du brusque décès de la mère de l'auteur est traité de façon simple, mais forte.
Par delà les valeurs et passions du héros/auteur (nature, montagne, détachement des objets et du confort, mais aussi des carcans administratifs pour son boulot de prof), c'est une belle déclaration d'amour à un compagnon avec lequel il a noué de très fortes relations. C'est quelque chose qui parlera sûrement à tous ceux qui vivent avec des animaux, nouent avec eux des liens forts.
Pour accompagner ce récit assez intimiste - mais presque à portée universelle, le dessin de Munuera est vraiment très bon. Fluide et agréable, présentant de belles planches, avec une colorisation assez douce, raccord avec le propos.
Une lecture difficile tant le fil narratif m’a paru décousu et complexe.
J’avais pourtant beaucoup d’attente pour cette BD après une lecture enthousiasmante de @Raptor…
Alors certes, la diversité des techniques graphiques utilisées (dessin, peinture, collage) donne un super résultat, c’est indéniable.
De par le style artistique et le thème abordé, j’ai d’ailleurs vu plusieurs similitudes avec le travail du peintre allemand Otto Dix.
Toutefois, je trouve que cet aspect prédominant de l’art finit par desservir le récit.
J’en viens même à me questionner sur l’intérêt d’utiliser la bande dessinée ici. Un livrable composé de différents tableaux (légendés ou non) aurait été tout aussi pertinent, quitte à le publier par la suite sous forme papier pour une plus large diffusion (dans le cadre de l’hommage à l’œuvre de Paul Nash pour lequel Dave McKean a été sollicité).
J’ai finalement une analyse plutôt semblable à celle des précédents aviseurs mais un ressenti qui diverge.
Note réelle : 2.5/5 que je pousse à 3 pour l’originalité ainsi que la beauté de certains poèmes !
Un concept intrigant… mais qui ne m’a pas convaincu
Ce manga m’a été fortement conseillé par mon libraire, persuadé que j’allais "kiffer".
Il est vrai que le pitch de départ est particulièrement intéressant : l’histoire commence avec le plan étrange d’une maison dont certains détails paraissent incohérents. L’idée de mener une enquête à partir de ce simple plan avait quelque chose de fascinant.
Malheureusement, la lecture ne m’a vraiment pas convaincu. Les conclusions arrivent beaucoup trop vite et les déductions se font de manière assez hâtive... Le mystère est posé de façon intrigante, mais les explications semblent tomber presque immédiatement.
De plus, les personnages apparaissent soudainement pour faire avancer l’enquête, donnant l’impression de sortir de nulle part.
Le concept reste original et l’idée de base est bonne, mais pour ma part le premier tome ne m’a pas convaincu.
Je m'arrêterai donc au tome 1.
Ce recueil d'histoires humoristiques de Goossens m'a laissé un sentiment mitigé. Il est vraiment trop inégal.
Certaines histoires fonctionnent bien et font rire pour peu qu'on se laisse prendre par leur ambiance, comme celle du Petit Poucet ou celle du Comte Karlgraf par exemple. On peut alors s'amuser pleinement de l'absurde, du décalage des dialogues et du sérieux exagéré avec lequel les personnages affrontent des situations ridicules.
En revanche, beaucoup d'autres récits sont bien plus mous et peinent à provoquer le moindre rire. L'absurde s'y dilue dans une construction parfois confuse, les gags paraissent étirés ou manquent de chute, et on a parfois l'impression de se traîner d'une planche à l'autre sans réelle surprise.
Quant au dessin, il reste sympathique et typique du style de Goossens, avec ses bouilles parfois geignardes ou ridiculement sérieuses, mais cela ne suffit pas à compenser le manque de constance dans l'humour.
Bref, ce n'est pas le meilleur de Goossens : quelques bonnes idées et mises en scènes réussies, mais de nombreux épisodes peinent à convaincre, donnant une lecture trop inégale.
Note : 2,5/5
Cet album de Foerster fait partie de ses premiers et cela se ressent assez nettement. On y retrouve déjà les éléments qui feront sa marque de fabrique, mais encore dans une forme un peu embryonnaire. Son univers est bien là : un noir et blanc très contrasté, des décors aux architectures improbables, des rues désertes, et toute une galerie de personnages difformes ou grotesques qui évoluent dans une atmosphère étrange, oscillant entre fantastique et humour noir. Mais graphiquement, son trait est encore assez rond et moins personnel que celui qu'il développera par la suite. Il n'a pas encore tout à fait trouvé cette signature visuelle très singulière qui marquera ses albums ultérieurs. Le dessin reste bon, mais il paraît moins affirmé que dans ses meilleures périodes.
Les histoires souffrent aussi un peu de ce côté encore en rodage. On note par exemple plusieurs d'entre elles mettant en scène un hôtel particulier et un bossu qui y travaille, personnage récurrent qu'on ne reverra plus par la suite. Il y a quelques bonnes idées, mais l'ensemble est inégal et un peu décevant pour moi qui en ai déjà lu beaucoup de cet auteur. Plusieurs récits m'ont semblé trop bavards, comme si une idée de départ avait été étirée sur trop de pages. On finit parfois par vouloir aller directement à la chute pour savoir où l'auteur veut en venir, tant les planches intermédiaires donnent l'impression de tourner autour du pot.
Plus largement, je me rends compte qu'à force de relire Foerster, une certaine lassitude finit par s'installer. À l'époque où je découvrais ses histoires dans Fluide Glacial pendant mon adolescence, cela faisait partie de mes pages préférées. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trop assimilé les mécanismes et les concepts de ses récits, qui reposent souvent sur des variations assez proches. À force, cela donne un sentiment de répétition qui émousse un peu l'effet de surprise.
Du coup, ce n'est clairement pas l'album le plus marquant de Foerster. On y aperçoit ce qui fera plus tard le charme de son univers mais ça manque encore un peu de densité et de précision. C’est plutôt une curiosité pour ceux qui s’intéressent à ses débuts, et un aperçu intéressant de son univers encore en formation.
Cet album est l'adaptation d'un bouquin destiné à donner une série de conseils aux hommes pour devenir le compagnon idéal, ou plutôt de dire aux femmes comment essayer de modeler leur mari selon leurs désirs. Et le résultat m'a surtout fait penser à un banal test de personnalité dans un magazine féminin. On y retrouve le même empilement de stéréotypes et de clichés faciles, simplement mis en scène sous forme de planches.
L'humour repose presque entièrement sur ces caricatures de comportements masculins et féminins. On s'attend à un peu d'ironie histoire d'arracher un léger sourire, mais dès le début la mécanique devient répétitive. Comme le principe ne dépasse jamais vraiment ce jeu de clichés, j'ai eu l'impression d'avoir tout lu dès les premières pages, et la lecture à très vite tourné en rond. Les gags sont basiques, sans mordant et restent souvent au niveau de la plaisanterie convenue.
Le dessin, de son côté, est techniquement correct mais ne m'a pas vraiment convaincu. Il est dans un style blog BD ou dessin de magazine féminin avec des décors vides au réduits au plus basique, et un trait presque trop fin qui lui donne un aspect un peu froid et sans personnalité. Rien de franchement mauvais, mais pas grand-chose non plus qui donne envie de s'attarder sur les planches.
Au final, ce n'est pas catastrophique, mais l'ensemble est creux : un concept qui repose sur des clichés faciles, un humour qui tombe à plat, et un dessin propre mais sans âme.
Solo Leveling : un fast-food avec de bons ingrédients.
Soyons honnêtes : le scénario de Solo Leveling ne révolutionne pas le genre. L’histoire suit une structure très classique, autant recyclée que les séries Netflix.
Par contre, visuellement, c’est du très solide.
Les dessins de Jang Sung-rak sont superbes. Le découpage est très lisible et les scènes d’action sont d’une clarté remarquable. On comprend parfaitement ce qui se passe à chaque combat. De plus, la mise en couleur renforce le côté spectaculaire et rend l’ensemble très agréable à suivre.
Un rythme redoutablement efficace.
L’auteur sait exactement comment accrocher le lecteur : chaque tome se termine avec un cliffhanger qui donne envie d’enchaîner le suivant. Résultat : on lit “juste un chapitre”… puis cinq.
Côté profondeur… restons raisonnables.
Pour la psychologie des personnages, on est clairement loin des univers d’Enki Bilal ou de Xavier Dorison. Mais soyons honnêtes : ce n’est pas ce qu’on vient chercher ici.
Au final, Solo Leveling ressemble à un bon fast-food : ce n’est pas de la grande gastronomie… mais quand c’est bien fait, on en redemande.
Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif.
Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité.
Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne.
Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal.
C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.
J'ai une chance inouïe : je suis né à la fin des années 70.
Ainsi si j'ai des souvenirs très précis de Sangoku, Seiya ou encore Olive & Tom, j'ai également pu voir Goldorak, Albator et Capitaine Flam.
Alors si les souvenirs des trois derniers sont très ténus, ils me permettent toutefois de me jeter dans leurs aventures avec appétit mais également un œil nouveau et sans une certaine nostalgie qui viendrait tronquer mon avis.
Comme Mac Arthur, j'ai trouvé que cette série collait parfaitement à l'idée même que je me faisais de notre héros. Pour la peine le corsaire de l'espace est celui dont je garde le plus de souvenirs, sans doute grâce au très bon animé à sa gloire sorti en 2013.
J'ai retrouvé cette part de mystère qui, dans mes souvenirs, entourait le capitaine corsaire. Ce coté taciturne, mélancolique qui faisait le charme de l'animé a été très bien retranscrit par Jérôme Alquié. On sent que l'auteur éprouve un grand respect pour son héros
Après, sur l'ouvrage même, je pense que l'on est légèrement en dessous du très bon Goldorak de Bajram et Dorison.
Et pour moi cela tient certainement plus à la colorisation qu'à l'histoire. Attention ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit : ça reste très bien fait et très beau.
Mais j'avais trouvé les dessins d'Actarus et son robot plus "adulte".
Enfin c'est surtout pour chipoter car, encore une fois, je trouve cela très bien.
Au niveau du scénario j'ai trouvé que l'histoire faisait preuve d'une certaine justesse dans sa complexité, on arrive bien à comprendre où l'auteur nous amène et à quel danger l'équipage de l'Arcadia va devoir faire face. Il y a également ce qu'il faut d'action et de rebondissement pour ne pas s'ennuyer au fil des 3 tomes et ce même si le final est en dessous des 2 premiers albums.
Cela a été un vrai plaisir pour moi de retrouver Albator, ce héros de ma prime enfance. Un grand merci donc à Jérôme Alquié pour avoir su très bien rendre hommage à ce héros de naguère.
Je vais pouvoir m'attaquer à Capitaine Flam - L'Empereur éternel pour boucler la boucle de ma petite enfance.
Je retrouverai Jérôme Alquié un peu plus tard pour des héros plus récents : Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque - Time Odyssey
PS: On notera au passage le bon filon trouvé par Kana, avec ses adaptations des héros de notre enfance. Si tous se révèlent bons, je veux bien d'autres héros encore (Ulysse 31, Cobra, Nicky Larson, Cat's Eyes, ...)
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Il était une fois l'escalade
Pas mal du tout. Mais un peu trop long et pas accrocheur. Heureusement de magnifiques illustrations et des annexes très instructives.
Son odeur après la pluie
Je ne suis a priori pas un gros amateur des histoires romantiques, des récits mettant en avant des animaux de compagnie. Je ne recherche pas non plus les récits larmoyants. C'est dire si cet album semblait de pas être fait pour moi. Mais, au final, je dois dire que cette lecture a été plutôt agréable. Le texte est assez littéraire (c'est l'adaptation d'un roman, que je ne connaissais pas), mais très peu présent. Beaucoup de pages muettes, ou en tout cas où le texte s'efface derrière les images, ou les silences. De la même façon, le récit, qui tourne pas mal autour du deuil (de la mère, de la femme aimée, d'un animal aimé comme un frère ou un fils, ou comme un "meilleur ami"), trouve un bel équilibre et ne joue pas uniquement et pas trop sur une montée du pathos et des larmes. Au deux tiers du récit, l'entrechoc de la maladie d'Ubac (le chien dont la mort a déclenché l'écriture autobiographique de ce récit) et du brusque décès de la mère de l'auteur est traité de façon simple, mais forte. Par delà les valeurs et passions du héros/auteur (nature, montagne, détachement des objets et du confort, mais aussi des carcans administratifs pour son boulot de prof), c'est une belle déclaration d'amour à un compagnon avec lequel il a noué de très fortes relations. C'est quelque chose qui parlera sûrement à tous ceux qui vivent avec des animaux, nouent avec eux des liens forts. Pour accompagner ce récit assez intimiste - mais presque à portée universelle, le dessin de Munuera est vraiment très bon. Fluide et agréable, présentant de belles planches, avec une colorisation assez douce, raccord avec le propos.
Black Dog - Les Rêves de Paul Nash
Une lecture difficile tant le fil narratif m’a paru décousu et complexe. J’avais pourtant beaucoup d’attente pour cette BD après une lecture enthousiasmante de @Raptor… Alors certes, la diversité des techniques graphiques utilisées (dessin, peinture, collage) donne un super résultat, c’est indéniable. De par le style artistique et le thème abordé, j’ai d’ailleurs vu plusieurs similitudes avec le travail du peintre allemand Otto Dix. Toutefois, je trouve que cet aspect prédominant de l’art finit par desservir le récit. J’en viens même à me questionner sur l’intérêt d’utiliser la bande dessinée ici. Un livrable composé de différents tableaux (légendés ou non) aurait été tout aussi pertinent, quitte à le publier par la suite sous forme papier pour une plus large diffusion (dans le cadre de l’hommage à l’œuvre de Paul Nash pour lequel Dave McKean a été sollicité). J’ai finalement une analyse plutôt semblable à celle des précédents aviseurs mais un ressenti qui diverge. Note réelle : 2.5/5 que je pousse à 3 pour l’originalité ainsi que la beauté de certains poèmes !
The strange house
Un concept intrigant… mais qui ne m’a pas convaincu Ce manga m’a été fortement conseillé par mon libraire, persuadé que j’allais "kiffer". Il est vrai que le pitch de départ est particulièrement intéressant : l’histoire commence avec le plan étrange d’une maison dont certains détails paraissent incohérents. L’idée de mener une enquête à partir de ce simple plan avait quelque chose de fascinant. Malheureusement, la lecture ne m’a vraiment pas convaincu. Les conclusions arrivent beaucoup trop vite et les déductions se font de manière assez hâtive... Le mystère est posé de façon intrigante, mais les explications semblent tomber presque immédiatement. De plus, les personnages apparaissent soudainement pour faire avancer l’enquête, donnant l’impression de sortir de nulle part. Le concept reste original et l’idée de base est bonne, mais pour ma part le premier tome ne m’a pas convaincu. Je m'arrêterai donc au tome 1.
L'Homme à la Valise
Ce recueil d'histoires humoristiques de Goossens m'a laissé un sentiment mitigé. Il est vraiment trop inégal. Certaines histoires fonctionnent bien et font rire pour peu qu'on se laisse prendre par leur ambiance, comme celle du Petit Poucet ou celle du Comte Karlgraf par exemple. On peut alors s'amuser pleinement de l'absurde, du décalage des dialogues et du sérieux exagéré avec lequel les personnages affrontent des situations ridicules. En revanche, beaucoup d'autres récits sont bien plus mous et peinent à provoquer le moindre rire. L'absurde s'y dilue dans une construction parfois confuse, les gags paraissent étirés ou manquent de chute, et on a parfois l'impression de se traîner d'une planche à l'autre sans réelle surprise. Quant au dessin, il reste sympathique et typique du style de Goossens, avec ses bouilles parfois geignardes ou ridiculement sérieuses, mais cela ne suffit pas à compenser le manque de constance dans l'humour. Bref, ce n'est pas le meilleur de Goossens : quelques bonnes idées et mises en scènes réussies, mais de nombreux épisodes peinent à convaincre, donnant une lecture trop inégale. Note : 2,5/5
La Soupe aux cadavres
Cet album de Foerster fait partie de ses premiers et cela se ressent assez nettement. On y retrouve déjà les éléments qui feront sa marque de fabrique, mais encore dans une forme un peu embryonnaire. Son univers est bien là : un noir et blanc très contrasté, des décors aux architectures improbables, des rues désertes, et toute une galerie de personnages difformes ou grotesques qui évoluent dans une atmosphère étrange, oscillant entre fantastique et humour noir. Mais graphiquement, son trait est encore assez rond et moins personnel que celui qu'il développera par la suite. Il n'a pas encore tout à fait trouvé cette signature visuelle très singulière qui marquera ses albums ultérieurs. Le dessin reste bon, mais il paraît moins affirmé que dans ses meilleures périodes. Les histoires souffrent aussi un peu de ce côté encore en rodage. On note par exemple plusieurs d'entre elles mettant en scène un hôtel particulier et un bossu qui y travaille, personnage récurrent qu'on ne reverra plus par la suite. Il y a quelques bonnes idées, mais l'ensemble est inégal et un peu décevant pour moi qui en ai déjà lu beaucoup de cet auteur. Plusieurs récits m'ont semblé trop bavards, comme si une idée de départ avait été étirée sur trop de pages. On finit parfois par vouloir aller directement à la chute pour savoir où l'auteur veut en venir, tant les planches intermédiaires donnent l'impression de tourner autour du pot. Plus largement, je me rends compte qu'à force de relire Foerster, une certaine lassitude finit par s'installer. À l'époque où je découvrais ses histoires dans Fluide Glacial pendant mon adolescence, cela faisait partie de mes pages préférées. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trop assimilé les mécanismes et les concepts de ses récits, qui reposent souvent sur des variations assez proches. À force, cela donne un sentiment de répétition qui émousse un peu l'effet de surprise. Du coup, ce n'est clairement pas l'album le plus marquant de Foerster. On y aperçoit ce qui fera plus tard le charme de son univers mais ça manque encore un peu de densité et de précision. C’est plutôt une curiosité pour ceux qui s’intéressent à ses débuts, et un aperçu intéressant de son univers encore en formation.
Le Mec idéal, c’est possible !
Cet album est l'adaptation d'un bouquin destiné à donner une série de conseils aux hommes pour devenir le compagnon idéal, ou plutôt de dire aux femmes comment essayer de modeler leur mari selon leurs désirs. Et le résultat m'a surtout fait penser à un banal test de personnalité dans un magazine féminin. On y retrouve le même empilement de stéréotypes et de clichés faciles, simplement mis en scène sous forme de planches. L'humour repose presque entièrement sur ces caricatures de comportements masculins et féminins. On s'attend à un peu d'ironie histoire d'arracher un léger sourire, mais dès le début la mécanique devient répétitive. Comme le principe ne dépasse jamais vraiment ce jeu de clichés, j'ai eu l'impression d'avoir tout lu dès les premières pages, et la lecture à très vite tourné en rond. Les gags sont basiques, sans mordant et restent souvent au niveau de la plaisanterie convenue. Le dessin, de son côté, est techniquement correct mais ne m'a pas vraiment convaincu. Il est dans un style blog BD ou dessin de magazine féminin avec des décors vides au réduits au plus basique, et un trait presque trop fin qui lui donne un aspect un peu froid et sans personnalité. Rien de franchement mauvais, mais pas grand-chose non plus qui donne envie de s'attarder sur les planches. Au final, ce n'est pas catastrophique, mais l'ensemble est creux : un concept qui repose sur des clichés faciles, un humour qui tombe à plat, et un dessin propre mais sans âme.
Solo Leveling
Solo Leveling : un fast-food avec de bons ingrédients. Soyons honnêtes : le scénario de Solo Leveling ne révolutionne pas le genre. L’histoire suit une structure très classique, autant recyclée que les séries Netflix. Par contre, visuellement, c’est du très solide. Les dessins de Jang Sung-rak sont superbes. Le découpage est très lisible et les scènes d’action sont d’une clarté remarquable. On comprend parfaitement ce qui se passe à chaque combat. De plus, la mise en couleur renforce le côté spectaculaire et rend l’ensemble très agréable à suivre. Un rythme redoutablement efficace. L’auteur sait exactement comment accrocher le lecteur : chaque tome se termine avec un cliffhanger qui donne envie d’enchaîner le suivant. Résultat : on lit “juste un chapitre”… puis cinq. Côté profondeur… restons raisonnables. Pour la psychologie des personnages, on est clairement loin des univers d’Enki Bilal ou de Xavier Dorison. Mais soyons honnêtes : ce n’est pas ce qu’on vient chercher ici. Au final, Solo Leveling ressemble à un bon fast-food : ce n’est pas de la grande gastronomie… mais quand c’est bien fait, on en redemande.
Plaisir d'offrir
Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif. Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité. Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne. Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal. C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.
Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia
J'ai une chance inouïe : je suis né à la fin des années 70. Ainsi si j'ai des souvenirs très précis de Sangoku, Seiya ou encore Olive & Tom, j'ai également pu voir Goldorak, Albator et Capitaine Flam. Alors si les souvenirs des trois derniers sont très ténus, ils me permettent toutefois de me jeter dans leurs aventures avec appétit mais également un œil nouveau et sans une certaine nostalgie qui viendrait tronquer mon avis. Comme Mac Arthur, j'ai trouvé que cette série collait parfaitement à l'idée même que je me faisais de notre héros. Pour la peine le corsaire de l'espace est celui dont je garde le plus de souvenirs, sans doute grâce au très bon animé à sa gloire sorti en 2013. J'ai retrouvé cette part de mystère qui, dans mes souvenirs, entourait le capitaine corsaire. Ce coté taciturne, mélancolique qui faisait le charme de l'animé a été très bien retranscrit par Jérôme Alquié. On sent que l'auteur éprouve un grand respect pour son héros Après, sur l'ouvrage même, je pense que l'on est légèrement en dessous du très bon Goldorak de Bajram et Dorison. Et pour moi cela tient certainement plus à la colorisation qu'à l'histoire. Attention ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit : ça reste très bien fait et très beau. Mais j'avais trouvé les dessins d'Actarus et son robot plus "adulte". Enfin c'est surtout pour chipoter car, encore une fois, je trouve cela très bien. Au niveau du scénario j'ai trouvé que l'histoire faisait preuve d'une certaine justesse dans sa complexité, on arrive bien à comprendre où l'auteur nous amène et à quel danger l'équipage de l'Arcadia va devoir faire face. Il y a également ce qu'il faut d'action et de rebondissement pour ne pas s'ennuyer au fil des 3 tomes et ce même si le final est en dessous des 2 premiers albums. Cela a été un vrai plaisir pour moi de retrouver Albator, ce héros de ma prime enfance. Un grand merci donc à Jérôme Alquié pour avoir su très bien rendre hommage à ce héros de naguère. Je vais pouvoir m'attaquer à Capitaine Flam - L'Empereur éternel pour boucler la boucle de ma petite enfance. Je retrouverai Jérôme Alquié un peu plus tard pour des héros plus récents : Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque - Time Odyssey PS: On notera au passage le bon filon trouvé par Kana, avec ses adaptations des héros de notre enfance. Si tous se révèlent bons, je veux bien d'autres héros encore (Ulysse 31, Cobra, Nicky Larson, Cat's Eyes, ...)