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Les derniers avis (320 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Reckless
Reckless

Brubaker et Phillips profitent des contraintes du confinement Covid et du ralentissement de l’industrie du comics pour adopter un nouveau format (des albums complets et non sérialisés), et pour lancer une nouvelle série et un nouveau personnage : Ethan Reckless. Si le genre reste le même que dans leur série phare Criminal, le personnage donne un ton frais aux récits : Reckless rappelle les détectives privés des feuilletons littéraires à la Jack Reacher : passé trouble et traumatisant, méthodes discutables voire illégales, compétences criminelles acquises alors qu’il bossait au FBI, et « petits boulots » douteux pour renflouer les caisses. Les auteurs démontrent tout leur talent : Les intrigues sont prenantes et remarquablement écrites, la narration est aux petits oignons et la mise en image de Phillips père et fils est parfaite. Les rebondissements sont bien amenés et ont réussi à me surprendre à chaque fois. Le tome 2 maintient la qualité du premier, et le tome 3 (que j’ai lu en VO) n’est pas en reste, et lâche une sacrée bombe en fin de récit… Vivement la suite !

04/10/2021 (MAJ le 26/01/2022) (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

"Là où vont nos père" est une très bonne bd muette, elle remplit toutes les cases qui font que j'aime particulièrement ce genre de bus quand elles sont bien faites : histoire simple mais touchante, développement fluide, et dessins magnifiques. Cette bd-ci est donc sur le thème de l'immigration. Un homme quitte sa famille pour trouver une meilleure vie loin, très loin. Il arrive par ferry pour quitter son pays natal ou un fléau le persécute, lui et sa famille. Il découvre donc d'autres coutumes, d'autres manières de vivre, une langue inconnue, des aliments qui lui semblent totalement farfelus. C'est là que réside l'originalité de la bd. La façon de vivre de tous ces gens nous est inconnue à nous, lecteurs : transport en cabine-ballon, animaux de compagnies inconnus, alphabet totalement différent de ce que l'on peut connaitre, etc. Shaun Tan, en utilisant ce procédé, en donnant à ces habitants des habitudes que nous lecteurs ne connaissons pas, qu'il a inventé, réussit à nous mettre à la place de ces migrants qui arrivent et débarquent dans un nouveau monde où tout leur parait surnaturel, tout comme nous parait surnaturel l'univers que nous avons sous les yeux. En effet, habituellement, on retrouve ce genre d'univers et de graphisme dans des séries de SF ou de Fantasy, alors qu'ici on est vraiment dans du roman graphique et que le propos de la bande dessinée est véritablement la façon dont le héros s'acclimate, les gens qu'il rencontre et les histoires respectives de ces gens-là. L'univers n'est là que pour rendre l'impression de débarquer dans un nouveau monde, comme le personnage principal. Cette trouvaille de Tan est particulièrement efficace et réussie. On est embarqué avec cet homme et on découvre et on s'acclimate petit à petit à ces coutumes et ces façons de vivre, notamment les aliments dans les boites, etc. On reste dans cet univers un peu fantastique avec les histoires des différents protagonistes, qui ont tous vécus des situations atroces, mais toujours dépeintes de façon originale. Au final, même si ce n'est pas vraiment dit, on arrive à retranscrire à peu près ces histoires à des situations réelles. Personnellement, j'ai instinctivement pensé aux Etats-Unis, avec l'arrivée en bateau, et à une période qui se situerait entre les deux guerres mondiales, voire juste après la deuxième. Peut-être l'auteur a-t-il pensé à autre chose en faisant ces planches, ou pas, mais ce n'est au final pas bien important. En tout cas, j'ai vraiment été transporté. Je disais que cette bd comportait les ingrédients indispensables selon moi pour une bonne bd muette, mais je serais presque tenté d'en ajouter un, plus complexe à définir. Pour qu'une bd muette marche sur moi, il fait qu'elle ait un truc en plus, qu'il y ait de l'exagération par exemple, ou une originalité particulière. Dans toutes les bas muettes que j'ai appréciées, j'ai trouvé ce petit truc qui faisait, outre le dessin, que la lecture était remarquable. En ce qui concerne le dessin, il a un style propre et très réaliste qui n'est pas forcément celui que je préfère, mais il faut reconnaitre qu'il est très très bien maitrisé et certaines planches sont très belles. Le choix de colorisation est très bon, et contribue à la beauté un peu froide du dessin. S'il fallait trouver un petit défaut, c'est peut-être l'aspect un peu optimiste de la bd, comme d'autres ont pu le noter. Il n'est pas total, car les difficultés du héros à trouver un emploi constituent une grande partie du récit, et il se retrouve à faire un métier rébarbatif et épuisant en usine, et les histoires des gens qu'il rencontre sont très dures. Mais effectivement, il ne rencontre aucune personne qui lui est vraiment hostile, il se fait des amis et semble réussir à ne pas être si isolé, sort que peuvent connaitre beaucoup de personnes dans ce cas. Mais Tan semble avoir voulu se concentrer sur les moments positifs (les scènes où l'on refuse de lui donner du travail sont au final assez peu développées) et, vu la poésie du produit fini, on ne peut pas lui en vouloir.

26/01/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Kingsman - Services secrets
Kingsman - Services secrets

Tout le monde connaît de près ou de loin les films Kingsman, de Matthew Vaughn, mais étonnamment, beaucoup moins de gens ont lu les comics, malgré les grosses pointures qui sont derrière... Pour ma part, je suis un fan absolument inconditionnel des 3 films (à ce jour) de Vaughn, et c'est donc avec une certaine appréhension que je me suis tourné vers le comics original, craignant que l'histoire fonctionne moins bien sur le papier qu'à l'écran, et que le récit perde une partie de sa magie... La première chose qui m'a frappé, c'est le dessin de Dave Gibbons. Certes, il est très bon, mais quand a s'est pris la baffe monumentale de Watchmen dans la gueule, on ne peut que remarquer que quelque chose a changé. C'est un style très réaliste et très clair, mais aussi très statique, et surtout, le trait est ici très épais, ce qui enlève aux graphismes une bonne partie de leur finesse, d'autant que les décors sont souvent assez vides. Encore une fois, c'est un peu un caprice d'enfant gâté, car le dessin est vraiment réussi, je souligne juste la comparaison avec Watchmen, l'écart de 28 ans qui sépare les deux oeuvres ne jouant pas en faveur de Kingsman. Peut-être aussi est-ce la couleur qui atténue un peu la force du dessin de Gibbons, je ne sais pas. Néanmoins, le dessin reste très efficace, rien à redire là-dessus. En tous cas, on oublie vite cette petite réserve quand on commence à s'immerger dans l'histoire. La comparaison avec le film joue plutôt en défaveur du comics au début, car le film a nécessairement plus d'occasions de développer ses personnages, d'ajouter des petits détails qui leur donnent du caractère, de la complexité, accentuent la force de l'intrigue, etc. Surtout, le film profite du génial Matthew Vaugh, qui transforme tout ce qu'il touche en or. Là, ça fonctionne, mais il manque un petit quelque chose au début. Et puis, plus on avance dans la lecture, plus on se rend compte qu'en fait, Mark Millar a quand même eu le temps de construire quelque chose. Les liens entre les personnages sont suffisamment développés, on s'attache volontiers à chacun d'entre eux, en tous cas les trois principaux (Gary, son oncle et sa mère), et Millar parvient tout-à-fait à insuffler un joli discours au travers de son récit, qui trouve son apothéose dans la lettre posthume de l'oncle Jack à la fin, subtile et à la hauteur du personnage. Mais bien sûr, quand on pense à Kingsman, on pense à sa représentation de la violence, tout-à-fait inédite au cinéma. Evidemment, c'est beaucoup plus conventionnel dans les pages du comics, mais on retrouve tout de même cette tonalité très "sale gosse", qui unit visiblement la créativité de Millar et celle de Vaughn. Ce mélange entre l'aspect britannique, classe, pince-sans-rire, un peu guindé, et une violence débridée à l'américaine, est tout-à-fait jouissive, et renforce largement le plaisir de lecture. Si le discours quasi-politique du film sur la société de consommation et la banalisation de la violence ne se retrouve pas trop dans le comics, l'utilisation du gore, quoique plus rare, se fait tout de même avec une certaine générosité. Enfin, on appréciera tous les changements qui ont été faits entre le comics et le film, permettant de donner aux habitués du film une vision légèrement décentrée et relativement inédite de l'histoire, le grand méchant ayant été totalement remanié dans sa version cinéma (et tant mieux, parce que Samuel L. Jackson y trouvait un de ses meilleurs rôles), et plusieurs détails significatifs se voyant transformés. Néanmoins, l'humour très britannique est bien présent, et trouve toujours sa justification dans les pages de ce récit geek, haletant, mené avec brio. Evidemment, ça ne remplace pas la vision des incroyables films de Matthew Vaughn, mais ça leur donne une belle base pour s'amuser à faire ce qui reste sans nul doute à ce jour et à mes yeux le meilleur pastiche de James Bond.

26/01/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Saint-Elme
Saint-Elme

Voilà déjà trois ans que notre duo d'auteurs avait marqué les esprits avec le magnifique L'Homme gribouillé. Cette nouvelle collaboration semble s'inscrire dans la même veine : une enquête centrée autour des croyances locales de bleds un peu paumés. Alors, bienvenue à Saint-Elme, petite bourgade de montagne dont l'essentiel de l'économie tient à l'usine d'eau de source tenue par la famille Sax, qui règne en magnat local. Franck Sangaré, détective privé débarque à Saint-Elme pour retrouver un jeune fils de bonne famille disparu depuis plus de 3 mois ; il va y retrouver Madame Sombre qui connaît bien les lieux et les gens pour lui servir d'assistante. On suit également Morba, un black embarqué dans un trafic mystérieux dont la transaction va tourner au drame ; ce dernier va se retrouver à fuir en compagnie d'une jeune fille inconnue retenue prisonnière... Enfin, les présentations de la famille Sax se fait au travers de leurs rapports brutaux et sans filtres, comme taillés à la serpe et qui laissent présager de leurs "bonnes relations" avec le reste de la population locale... Ce premier tome va donc se construire autour de ces trois pôles narratifs pour tisser petit à petit les ramifications qui vont les relier. Si ce premier tome introductif ne fait d'une certaine façon que poser des questions et installer le mystère, le décor est planté et les personnages posés pour mieux nous mettre l'eau à la bouche... Car côté mystère Serge Lehman connaît son travail et maîtrise la narration, quant au graphisme de Frederik Peeters, il magnifie cette histoire grâce à son graphisme toujours aussi fourmillant de détails et un encrage marqué. Si le noir et blanc qui avait prévalu dans L'Homme gribouillé, Peeters a ici opté pour une mise en couleur très peps et acidulée, qui, passé la surprise des premières planches, propose des ambiances sombres qui accentuent le mystère ambiant. Voilà donc un premier tome très réussi, dont le seul défaut réside en la frustration qu'il impose ayant terminé d'avaler ces quelques 80 pages... Les dés sont jetés, reste à savoir ce que la suite va nous réserver... *** Tome 2 *** Cool ! Voilà un tome deux qui ne se sera pas fait attendre ! C'est toujours une joie pour moi de replonger dans les univers concoctés par notre duo d'auteurs, et j'avais hâte de retrouver l'atmosphère pesante et poisseuse de Saint-Elme ! Après le carnage chez nos trafiquants locaux, il faut maintenant faire le ménage. Le Derviche doit donc faire appel au réseau de nettoyage de la famille Sax... Franck Sangaré se retrouve pour le coup en situation critique et la couverture de son amie Ombre est quant à elle très compromise. Ça sent le brûlé au pays de l'eau plate ! On est vite replongé dans ce petit monde d'embrouilles et de secrets de famille ou de bled paumé. Chaque personnage semble garder quelques cartes dans sa manche, avec toujours en arrière plan cette impression de passé plus ou moins trouble. Ajoutez à cela un "grand secret" qui semble être le fil rouge de ce récit mais qui reste en filigrane pour le moment, et on peut dire que côté mystères on est plutôt servis ! C'est d'ailleurs le seul reproche que l'on pourrait faire à ce tome, qui, s'il fait avancer le récit, pousse peut être un peu trop doucement ses pions. On arrive à la fin de l'album avec quelques réponses, certes, mais surtout davantage de questions sans qu'on ait l'impression qu'il se soit passer énormément de choses. Alors oui, les lignes bougent et l'échiquier s'ébranle, mais on reste sur notre faim au bout de ces 80 pages. Frustration quand tu nous tiens ! Il ne nous reste donc plus qu'à prendre notre mal en patiente en attendant que la suite arrive, en espérant que le troisième tome soit à la hauteur ! Mais le cliff hanger de fin d'album semble très prometteur, alors croisons les doigts !

09/10/2021 (MAJ le 26/01/2022) (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Les Sept Secrets
Les Sept Secrets

Très bonne surprise que ce premier tome des 7 secrets ! Il est ici question d’un ordre mystérieux en charge de veiller depuis des générations sur les 7 secrets les mieux gardés de l’humanité. 7 mallettes contenants les fameux secrets confiés à 7 gardiens et 7 porteurs. Tout ce petit monde est surentrainé au combat et prêt à résister à la torture pour protéger coute que coute ces mallettes. Et bien sur, une organisation malintentionnée est prête à tout pour mettre la main dessus. Très vite on se prend au jeu et la curiosité l’emporte. Quels peuvent être ces secrets si important ? Que peuvent bien contenir ces mallettes que l’ordre met tant d’énergie à protéger ? Le scénario joue la dessus et arrive vraiment bien à titiller notre curiosité. Tout ça est enrobé de la formation d’un nouveau gardien, plus jeune recrue de l’ordre. Ces parents ne sont pas n’importe qui, ça aide. On suit donc son initiation qui, au rythme de son apprentissage, enfonce encore le clou sur l’importance capitale des secrets. Le dessin est assez dynamique, un peu trop informatisé par moment, mais il colle bien à l’esprit du récit. Il faut parfois s’accrocher quand il y a beaucoup de protagonistes en action, mais on arrive bien à suivre malgré tout. Il y a pas mal d’action, beaucoup de bastons, mais sans atteindre l’overdose. Le piment de ce premier tome vient surtout de ces fameux secrets. Il faudra lire la suite pour les découvrir, ça fait envie, même si j’ai peur que les révélations nous emmènent trop dans le fantastique et le surnaturel. A confirmer.

26/01/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Hurlevent (Duval)
Hurlevent (Duval)

Bienvenue dans l’hélios, un bagne à ciel ouvert de la taille d’un continent. Notre héros, Alceste de Hurlevent, est un ancien noble banni depuis des années. Il est médecin et les conséquences d’une explosion vont lui ouvrir les portes d’un avenir meilleur. Coté dessin c’est efficace, même si j’ai l’impression que Stéphane Crety n’atteint pas ici son excellence habituelle. Le trait est peu être un peu moins précis que ce à quoi il nous a habitué. Ca reste lisible et esthétique malgré tout. Coté scénario, ce qui est appréciable c’est cet univers bien pensé. La rareté de l’eau, la condition des prisonniers, on adhère à tout le background de ce monde fantastique. Et comme l’intrigue et les péripéties sont interessantes, tout ça donne vraiment envie de découvrir la suite. Hurlevent c’est de l’Heroic Fantasy qui sort des entiers battus. On oublie les clichés habituels. Pas d’héroïne à forte poitrine et mini short, fini la traversée de la montagne enneigée à la recherche du dragon, et place à un univers cohérent, des personnages fouillés et un scénario original et prenant !

26/01/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Le Détective du Bizarre
Le Détective du Bizarre

Fan de Billy Brouillard et amateur du travail de Guillaume Bianco en général, voilà que nous revient son personnage fétiche amateur de mystères et de monstres en tout genre. Chouette ! Mais si les albums précédents s'adressaient à un plus large public avec différents niveaux de lecture et un côté plus sombre, "Le détective du bizarre" vise davantage un public jeunesse. D'une part le choix de passer à un album colorisé (ce qui n'était pas le cas des autres Billy Brouillard), d'y ajouter un côté ludique avec cette loupe à filtre rouge fournie avec l'album pour découvrir des fantômes cachés dans les cases, mais surtout une histoire un peu plus simple également. J'ai trouvé un peu dommage que Billy perde ainsi un peu de sa personnalité avec cette édulcoration pour s'adapter à un public jeunesse, moi qui avait mis du temps à apprivoiser l'animal avec circonspection pour finir inconditionnel de la série ; j'avais même eu la chance de rencontrer Guillaume Bianco pour une interview à Angoulême il y a quelques années (à retrouver sur votre site préféré bien sûr ;) ). Malgré ça, c'est toujours un plaisir de retrouver ce personnage facétieux, tout en malice et toujours prêt à partir à l'aventure tant qu'il y a des monstres à pourchasser ! Alors, pour tout ceux qui ont gardé leur âme d'enfant ou qui le sont toujours, si un peu d’espièglerie et de fantastique vous font envie, laissez-vous tenter ! *** Tome 2 *** C'est toujours un plaisir pour moi de retrouver Billy et ses aventures rocambolesquement monstrueuses ! J'aime ce personnage qui ne rentre pas dans les cases et vit dans son monde fantastique dès qu'il en a l'occasion. Avec ce deuxième opus de ce spin off de la série mère, Billy va devoir s'affronter lui même pour sauver sa soeur. En effet, Billy assiste à une dispute entre ses parents "à cause" de ses défauts ; le soir même sa soeur Jeanne se fait enlever par le monstre du placard sans qu'il intervienne. Pris de remords, il se lance à son secours armé de sa loupe à filtre rouge. Il va devoir affronter moult monstres et autres créatures, mais c'est surtout lui même qu'il va devoir dompter pour mener à bien sa mission... J'avais trouvé le premier tome un peu en dessous de la série originelle, je reste sur le même avis au sortir de ce second tome. Si le récit est un peu plus fouillé et réfléchi avec toute cette introspection nécessaire pour réussir à sauver sa soeur en surpassant ses peurs et en gérant ses colères, j'ai trouvé le récit moins onirique. De plus je ne suis pas sûr qu'un jeune lectorat comprendra toutes ces paraboles et symboliques sur le contrôle de soi. Quant à la loupe fournie avec l'album pour trouver des créatures cachées dans les pages, elle tient plus du gadget qu'autre chose... Dommage, car si Métamorphose a toujours ce talent pour produire de beaux livres, là je trouve que le contenu est un peu décevant. Je passe ma note à 2.5/5

28/05/2019 (MAJ le 26/01/2022) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Bolchoi arena
Bolchoi arena

Grosse surprise que cet album ! Et dans le très bon sens ! Connaissant Boulet uniquement de réputation (oui, shame on me diront certains...) et pas du tout le travail d'Aseyn, c'est un peu à l'aveugle que je me suis lancé dans cette lecture qui à première vue ne m'inspirait pas plus que ça de par son graphisme. Pourtant cette jaquette souple et translucide originale avait quelque chose d'interpellant... Et j'avoue qu'une fois entamé je n'ai pas lâché l'album avant sa fin ! Le Bolchoï est un réseau mondial de réalité virtuelle qui a supplanté internet et quasiment le monde réel. Cette réplique à l'identique du monde réel où chacun peut y évoluer sous la forme de l'avatar qu'il s'est choisi ne s'arrête pas à notre petit caillou terrestre, mais à l'ensemble de l'univers connu. C'est du coup un simulateur parfait pour toutes les nouvelles technologies et qui a permis de relancer la conquête spatiale. Notre jeune héroïne Marje, étudiante en astrophysique qui était jusque là restée hors connexion, finit par sauter le pas pour pouvoir "aller voir sur place" ce qu'elle étudie. Mais cette jeune newbie va dès sa première connexion faire le buzz en se faisant remarquer des meilleurs joueurs et des grosses firmes qui recrutent des joueurs professionnels... Si la thématique n'est pas des plus nouvelles et rappelle par exemple l'un des derniers films de Spielberg "Ready player one", j'ai trouvé le traitement des plus réussis. Tout d'abord la narration est juste parfaite et on est très rapidement accroché à l'histoire et à cette découverte de ce nouveau monde par Marje ; tout comme elle, on tombe vite accro ! Et si le dessin d'Aseyn assez minimaliste dans un style proche de certains mangas n'avait pas mon adhésion complète au départ, je m'en suis rapidement accommodé et j'ai même grandement apprécié. La colorisation un peu terne dans des tons pastels (qui m'a un peu fait penser à certains Moebius) impose également une ambiance particulière qui se révèle finalement des plus efficaces. Vous l'aurez compris, voilà un premier tome d'une série des plus prometteuses, mêlant aventure, action, humour et mystère dans un univers d'une grande richesse tout en poussant tranquillement la réflexion sur notre dépendance au monde virtuel. Un très bon premier album, vivement la suite ! *** Tome 2 *** BAM ! Ce 2e tome enfonce le clou d'un début de série canon et propulse "Bolchoi arena" dans mon p'tit top des séries du moment ! C'est avec un réel plaisir que j'ai replongé dans les virées virtuelles de Marje dans le Bolchoi. Surtout que là tout va se compliquer. Les premières "heures" de découverte et l'infini des possibilités de ce nouveau monde vont vite être rattrapés par la dure réalité, même dans le virtuel. Finis les bisounours, mais surtout, Marje va se retrouver dans une situation des plus compliquées (pas de panique je ne vais pas spoiler !) et ses amis vont devoir gérer tout ça tant bien que mal pendant que les forces en puissance vont forcément profiter de la situation. Après un tome introductif bien campé et qui avait posé les bases solides de son récit, Boulet lance le turbo et nous déroule un récit qui maintient ce rythme intensif en nous distillant des rebondissements bien pensés. Aseyn conserve cette ligne très marquée manga de par son dynamisme et la fausse simplicité de son trait, tout en ayant cette petite touche personnelle qui fait la différence. Mention spéciale aux scènes d'action qui sont d'un rendu assez exceptionnel ! Alors, voilà, il n'y a plus qu'à prendre notre mal en patience pour attendre le prochain opus de cette série qui dépote ! *** Tome 3 *** Et c'est reparti sur les chapeaux de roue ! Depuis la chute de BOGI (l'un de ces grand consortium) la crise économique mondiale prend de l'ampleur et les conflits sociaux fleurissent dans le monde entier. de son côté Marje est toujours bloquée dans son monde virtuel et réfléchit au moyen de sauver tant bien que mal sa terrible découverte... Quel plaisir que de retrouver cet univers assez unique et ses personnages attachants, ou qu'on a juste envie de baffer, c'est selon ^^ ! Boulet et Aseyn poussent encore leur histoire plus loin pour nous proposer un récit à l'équilibre intelligent. Entre l'épique (qui satisfera tous les joueurs) et la réflexion (pour les amateurs d'anticipation) sur le devenir de nos sociétés face à l'emprise du numérique et des grands groupes qui nous inondent, on est plutôt bien servis ! Ce tome met également en avant la psychologie de nos protagonistes au travers de leurs amitiés et de leurs relations diverses. C'est souvent complexe, douloureux, mais les bonnes surprises sont aussi de la partie. Voilà donc un troisième tome, qui s'il rompt avec le rythme tonitruant des précédents approfondie les questionnements latents qui constituent la trame de cette série depuis son début ainsi que les relations des personnages. Pour autant, pas le temps de s'ennuyer et l'action a toujours la part belle ; l'imprévisibilité de notre chère Marje aidant ! Vivement la suite !

25/10/2018 (MAJ le 26/01/2022) (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Katanga
Katanga

Avec « Katanga », le duo Fabien Nury (au scénario) et Sylvain Vallée (au dessin) envoie du lourd, du très lourd sur la décolonisation du Congo et la guerre civile qui en suivit. Un peu comme leur série précédente « Il était une fois en France », chaque protagoniste en prend pour son grade que ce soient les congolais ou les européens : tous pourris ! On se retrouve donc en plein début de l’indépendance du Congo qui est divisé en 2 zones : Le Congo en lui-même privé du territoire du Katanga, c’est ce qui fait générer de vives tensions entre ces territoires sujets à de nombreuses guerres civiles (très sanglantes !). Au fait, le Katanga a la particularité d’être très riche en minerais, ce qui provoque la convoitise des grosses compagnies européennes et aussi du Congo… et justement, au début du récit, Charlie, un congolais a mis la main sur un énorme butin de diamants… Je vous laisse imaginer la suite… « Katanga » mélange les personnages réels et d’autres de fiction tout en précisant à chaque fois en début d’album (bien mis en évidence !) que cette histoire est fictive, on imagine sans peine que les auteurs n’avaient pas trop envie de se baigner dans des joutes juridiques avec ces protagonistes d’autant plus que ça dézingue à tout va : politicards corrompus à bloc et aux mains sanglantes, entrepreneurs européens ultra pourris, équipe de mercenaires carrément immoraux, populations locales très violentes dont certaines sujettes à des actes de cannibalisme, chefs de clans congolais main dans la main avec des personnes peu scrupuleuses qui exploitent encore l’esclavage, responsables de l’ONU complétement à la ramasse, une grande part de la gent féminine réduite à être des objets sexuels pour survivre dans ce milieu hostile… Bref, ça déménage ! D’ailleurs, le récit mélange d’une façon tellement habile le sérieux, le récit historique, la violence, l’humour noir et ironique, la romance… que j’ai eu l’impression de me retrouver dans une des séquences de l’excellent film « Lord of War ». Qu’en est-il du dessin ? Il est assuré de main de maître par Sylvain Vallée dont sa représentation des personnages qui est à la limite de la caricature adoucit un peu la violence du récit et permet également aux lecteurs d’identifier aisément les différents personnages. Je vois que certains bédéphiles lui reprochent de représenter les africains avec des grosses lèvres et des nez aplatis… euh, oui et alors ? Ils sont comme ça et ça ne m’empêche pas de les apprécier comme ils sont ! Au niveau de la narration, là encore, notre duo fait merveille : ça se lit facilement malgré la complexité des intrigues (politiques et privés des différents protagonistes) et surtout, c’est captivant ! Bon, vous l’avez compris, j’ai vachement apprécié « Katanga » : ça pête fort, le scénario est captivant, des personnages attachants et pourris de la mort qui tue, un sacré dessinateur, un récit qui mélange habilement la fiction et l’histoire, une situation dans un Congo explosif… Vivement la prochaine série du duo Fabien Nury et Sylvain Vallée !

26/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Ludivine - L'Histoire sans dessous... dessous !
Ludivine - L'Histoire sans dessous... dessous !

Ludivine est une historienne féministe, qui rédige une thèse visant à montrer que les femmes ont joué un rôle majeur dans l’Histoire, au travers des histoires de cul auxquelles elles ont été associées. A la suite de circonstances abradacabrantesques, elle se retrouve successivement projetée à divers moments plus ou moins cruciaux de l’histoire (de France essentiellement). Bon, en fait, à part Jeanne d’Arc, aucune femme n’apparait et ne voit son rôle historique réévalué. Par contre, pour montrer l’influence des histoires de cul, l’album s’en donne à cœur joie. Il faut dire que c’est Dany qui se colle au dessin, et que Ludivine est des plus sexy – et des moins farouches et habillées ! Nous avons donc une succession de saynètes de cul « en costume » (comme on le dit, même si le costume de Ludivine est souvent minime), de la préhistoire à nos jours. C’est aussi l’occasion pour les auteurs de caser un maximum de jeux de mots (plus ou moins réussis ou lourdingues), de faire des clins d’œil (aux férus d’histoire comme aux amateurs de BD, avec une citation de Franquin, des allusions au travail de Dany, etc.). Ce n’est pas inoubliable, mais ça se laisse lire, le sourire aux lèvres parfois, Ludivine érotisant gentiment toutes les petites histoires qui sont censées expliquer la grande. A noter que Katia Even a récemment repris en partie la même idée, avec Le Petit derrière de l'Histoire. Bref, à emprunter à l’occasion, mais sans en attendre des merveilles (au niveau historique bien sûr, mais aussi du point de vue érotique). Note réelle 2,5/5.

26/01/2022 (modifier)