Les jeunes hommes sevrés trop tôt y trouveront un certain agrément : de poitrine, il y en a. Pratiquement toujours la même quelle que soit l'identité de la donzelle mentionnée. C'est joli, soigné... Et terriblement stéréotypé !
Pour l'intrigue ? En fallait-il une ? Réponse : oui ! Parce que l'édition d'un porte folio avec un seul modèle de nana répété en boucle, cela aurait fait tache. Donc on a demandé à Mosdi et Thomas de noircir quelques pages. Soit on les a mal payé, soit ils avaient d'autre fers au feu. En tous cas, on ne sent pas vraiment l'investissement personnel.
Cela meublera une soirée, permettant de ne pas rallumer la TV éteinte depuis 24 ans. Mais un vieux San Antonio ferait aussi bien, l'imagination du lecteur en prime pour les images.
J’ai littéralement craqué dès que j’ai vu cette première de couverture, elle m’a captivé, intrigué et donné immédiatement envie de plonger dans cette BD. Et puis lorsque j’ai découvert la bande-annonce, j’ai été encore plus séduit : elle reflète parfaitement l’atmosphère poétique et étrange de l’univers et m’a mis l’eau à la bouche.
Dès les premières pages, j’ai été frappé par l’univers unique que Jade Khoo a créé. On suit Othello, un garçon de sept ans dont la vie bascule après un geste irréversible. Mais loin d’être seulement un drame familial, l’histoire mélange habilement émotion, poésie et une touche de science-fiction contemplative. Le monde dans lequel évolue Othello est à la fois familier et légèrement décalé : paysages, objets et oiseaux semblent sortir d’un rêve futuriste, renforçant l’impression d’un univers suspendu entre réalité et imaginaire.
J’ai adoré ce mélange subtil de SF et de sensibilité. Les planches, souvent réalisées à l’aquarelle, dégagent une fragilité et une beauté qui touchent profondément. Chaque détail, chaque scène, chaque symbole contribue à l’immersion dans ce récit initiatique : on suit Othello pas à pas, on ressent ses émotions, ses doutes et sa curiosité, et on se laisse guider dans sa quête de sens et de liberté.
Cette histoire est prévue en deux parties, et ce premier tome nous laisse dans l’attente du 2ème et dernier tome. L’attente devient presque excitante, car on veut absolument savoir comment se conclura ce voyage poignant et poétique.
Je ne peux que confirmer ce qu’indique le bandeau de l’album et le commentaire de Mathieu Bablet : « L’album le plus important de 2026, Jade Khoo est déjà un grand nom de la BD ». C’est exactement ce que j’ai ressenti en refermant ce premier tome. Et avec le prix de lancement à 27,90€, avant qu’il n’atteigne 32,90€ après le 29 avril 2026, c’est vraiment le moment idéal pour se le procurer.
2.5
Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD.
Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord.
Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.
2.5
Les auteurs rendent hommage à Orson Welles, un réalisateur-acteur qui a marqué l'histoire du cinéma. Personnellement, de ce que j'ai vu de son travail, je trouve que c'est efficace, mais ça ne m'a pas marqué plus que ça hormis son adaptation du Procès de Kafka et certaines scènes de Citizen Kane.
Comme il était aussi un personnage hauts-en-couleurs, faire une biographie de lui est une bonne idée tellement sa vie regorge d'anecdotes. Rien qu'avec tous ses films qu'il n'a pas tourné je pense qu'on pourrait faire un album complet. Sauf que voilà on est encore une fois dans une biographie en BD qui manque de saveur. En gros, on va voir les moments les plus marquants de la vie de Welles, parfois même pas dans un ordre chronologique, et rien ne semble vraiment développé. Il y a quelques scènes pas trop mal, mais la plupart du temps c'est peu palpitant. Au niveau du dessin, j'adore les couleurs, mais les personnages manquent un peu de dynamisme.
Ça se laisse lire sans plus.
Perfection des dessins, du rythme du noir et blanc, originalité de l'idée, maîtrise du rythme, brutalité : il s'agit de mort par balle ! Et esthétisme. Dramatisation et détachement. Et enfin du rythme qui ne sonne pas il faut bien faire de l'action, mais quel ennui ! Quand on pense comme moi que la perfection est l'union et harmonie des contraires, comment ne pas donner la note maximum.
Et par-delà les raisons, il y a le coup de cœur pour cette œuvre. Ah, comme elle dédommage de tant où soit on radote, soit on croit innover mais pour finir par livrer une sorte de brouillon au lecteur ! Que dirait-on d'un cuisinier qui nous livrerait un plat censément cuit mais cru ? Tels sont trop de créateurs… Par contre, cette bd en petit format, pas longue, sans discours, nous laisse non pas sur notre faim, mais repus et dégustant longtemps son goût après l'avoir finie.
Je viens de lire le dernier Palmer, sur le vin, j'ai souri et ai presque ri, merci ! Autrefois un sur Apostrophe, une autre fois sur la Corse, sur le voile, et toujours cela semblait marcher sur l'eau, décalé et dans la cible, incisif sans être méchant… J'aime aussi que le décor puisse être riche sans étouffer l'humour, et qu'il puisse y avoir pas mal de personnages sans qu'on s'y perde… Aussi qu'on puisse apprendre une chose ou deux, ou bien que ce qu'on sache devienne rieur grâce à la bd. Le rythme est juste ce qu'il faut. Je ne saurais dire ce qu'il manque pour mieux noter, ça doit être comme pour le vin, se trouver à côté d'une appellation sans être l'appellation. Santé !
Une BD plaisante à lire, dont l'approche est originale. D'autant plus intéressante, certes, si l'on s'intéresse à Matisse et au Maghreb mais accessible également aux "profanes". Mon principal regret, qui m'a empêché de mettre une meilleure note, est le choix de la bichromie pour le dessin (par ailleurs agréable). Quel dommage, pour un ouvrage sur l'un des maîtres de la couleur, d'y avoir volontairement renoncé. Peut-être un choix des auteurs, mais dont l'objectif m'échappe alors. Quelle superbe BD ça aurait pu être si le dessin s'était davantage inspiré de l'œuvre de Matisse !
Qu'est-ce que c'est nul... C'est ça votre "oeuvre culte" ? Un scénario de série Z misogyne et aux dialogues ineptes, une conclusion idiote... J'ai jamais été bien fan de Manara, et ce n'est pas ça qui va me réconcilier avec le fameux dessinateur italien. Oui, *même* le Tome 1 est franchement bête, y a vraiment rien à sauver là-dedans.
Curieusement, les dessins du T01 me font un peu penser à Bilal, avec tous leurs petits traits. Ce n'est plus le cas dans les tomes ultérieurs. Bon, dans l'ensemble, passez votre chemin.
Deux minuscules alpinistes du peuple des Ahlalàààs se lancent un défi improbable : gravir le personnage d'Achille Talon comme s'il s'agissait d'une montagne. Leur ascension, mise en scène comme un exploit sportif sponsorisé, les conduit de la semelle à la tête du géant, chaque geste de celui-ci devenant pour eux un véritable cataclysme.
Il est étonnant de voir Derib, l'auteur de Yakari et Buddy Longway, s'aventurer dans une histoire humoristique aussi fantasque, et plus encore d'y faire intervenir de manière explicite le héros d'un autre auteur, Achille Talon, dont l'univers est à l'opposé de ses séries d'aventure. Il faut toutefois rappeler que cette courte série a été prépubliée dans l'éphémère magazine Achille Talon en 1975. J'imagine qu'elle a alors été conçue comme une récréation amusante pour Derib, et comme une fantaisie légère destinée aux lecteurs du magazine. Je l'ai moi-même abordée avec le sourire, comme une curiosité un peu insolite issue d'une époque évoquant la nostalgie.
Côté dessin, Derib reste fidèle à lui-même : un trait clair, souple et très lisible, des personnages expressifs et des couleurs simples mais agréables. Malgré des décors réduits à l'essentiel, la lecture reste fluide et parfaitement compréhensible. Achille Talon et son univers sont par ailleurs restitués avec beaucoup de tendresse, dans un style assez proche de celui de Greg.
Sur le fond, en revanche, l'ensemble demeure très anecdotique. L'idée de départ est amusante, certaines trouvailles d'échelle fonctionnent et deux ou trois gags font mouche, mais le récit reste léger et assez creux. Il n'y a ni véritable enjeu ni réelle surprise, et l'aventure se déroule rapidement, avec un sourire parfois un peu complaisant, sans provoquer de vrai rire. Cela ressemble davantage à une fantaisie récréative qu'à une histoire à part entière, avec un ton qui semble parfois clairement destiné à un jeune public.
Une curiosité sympathique et bien dessinée, mais qui ne s'adressera sans doute qu'aux amateurs de Greg et de Derib, ou aux collectionneurs.
Je suis très surpris de cette lecture, qui part sur des chapeaux de roues et s'embarque dans une histoire aux tournants imprévisibles. Je suis très fan de la direction prise par l'histoire après ce premier tome !
Ce tome introductif est parfaitement bien exécuté, avec une histoire vite campée et des personnages bien inspirés. Le protagoniste est ce bretteur amateur de bon mots, protecteur des pauvres gens dans une cité ressemblant un peu à Venise, dans un contexte de magie et de questionnements sociaux. En quelques pages l'histoire prend un envol avec cette congrégation de révolutionnaires qui entendent changer les choses dans le monde. Et si l'on a du classique dans le début de l'aventure, très vite le récit semble accélérer jusqu'à une révélation finale surprenante et qui augure du bon pour la suite. J'ai accroché tout de suite à l'histoire et j'ai envie de voir la suite, qui est prometteuse.
Le tout est servi par un dessin qui est appréciable. Je n'ai encore rien lu de sa part mais la dessinatrice a un coup de crayon qui fait ressortir les scènes d'actions et les intérieurs, tout en ayant un trait global qui rappelle tout à fait les films de capes et d'épées, une esthétique vénitienne et les visuels marquants. L'ensemble est clair et lisible, dynamique et coloré, une lecture franchement agréable ! Je ne peux que recommander la lecture de ce premier tome qui promet pour la suite.
Le deuxième tome poursuit l'histoire et l'accélère, allant dans une direction intéressante. J'aime beaucoup l'idée qui est présente du pouvoir avec contrepartie et ce que ça dit sur l'exercice du pouvoir. C'est une vraie question de la façon dont le pouvoir passe par des réseaux de domination, incarné ici par le Commodore qui distribue de la puissance, laquelle est chaque fois compensée par un cout négatif. De l'autre côté, Don Juan est (même si ça n'est pas encore confirmé) une sorte d'électron libre qui trace sa propre voie, presque anarchiste et social, faisant ses propres liens sociaux par son charisme et son bagout. De même, il semble disposer de pouvoirs sans contrepartie, métaphore peut-être d'une conception différente de la société et d'un pouvoir qui n'est pas vertical ?
Cette question du pouvoir et de la politique est au centre du récit de cape et d'épées, et ce deuxième tome confirme que le récit d'aventure est l'enrobage d'une réflexion sur la société. Sur la notre, sans aucun doute, mais avec l'aspect fun et prenant d'une comédie d'aventure aux personnages bien campés. C'est vraiment une lecture intéressante et que je recommande !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Succubes
Les jeunes hommes sevrés trop tôt y trouveront un certain agrément : de poitrine, il y en a. Pratiquement toujours la même quelle que soit l'identité de la donzelle mentionnée. C'est joli, soigné... Et terriblement stéréotypé ! Pour l'intrigue ? En fallait-il une ? Réponse : oui ! Parce que l'édition d'un porte folio avec un seul modèle de nana répété en boucle, cela aurait fait tache. Donc on a demandé à Mosdi et Thomas de noircir quelques pages. Soit on les a mal payé, soit ils avaient d'autre fers au feu. En tous cas, on ne sent pas vraiment l'investissement personnel. Cela meublera une soirée, permettant de ne pas rallumer la TV éteinte depuis 24 ans. Mais un vieux San Antonio ferait aussi bien, l'imagination du lecteur en prime pour les images.
Terre ou Lune
J’ai littéralement craqué dès que j’ai vu cette première de couverture, elle m’a captivé, intrigué et donné immédiatement envie de plonger dans cette BD. Et puis lorsque j’ai découvert la bande-annonce, j’ai été encore plus séduit : elle reflète parfaitement l’atmosphère poétique et étrange de l’univers et m’a mis l’eau à la bouche. Dès les premières pages, j’ai été frappé par l’univers unique que Jade Khoo a créé. On suit Othello, un garçon de sept ans dont la vie bascule après un geste irréversible. Mais loin d’être seulement un drame familial, l’histoire mélange habilement émotion, poésie et une touche de science-fiction contemplative. Le monde dans lequel évolue Othello est à la fois familier et légèrement décalé : paysages, objets et oiseaux semblent sortir d’un rêve futuriste, renforçant l’impression d’un univers suspendu entre réalité et imaginaire. J’ai adoré ce mélange subtil de SF et de sensibilité. Les planches, souvent réalisées à l’aquarelle, dégagent une fragilité et une beauté qui touchent profondément. Chaque détail, chaque scène, chaque symbole contribue à l’immersion dans ce récit initiatique : on suit Othello pas à pas, on ressent ses émotions, ses doutes et sa curiosité, et on se laisse guider dans sa quête de sens et de liberté. Cette histoire est prévue en deux parties, et ce premier tome nous laisse dans l’attente du 2ème et dernier tome. L’attente devient presque excitante, car on veut absolument savoir comment se conclura ce voyage poignant et poétique. Je ne peux que confirmer ce qu’indique le bandeau de l’album et le commentaire de Mathieu Bablet : « L’album le plus important de 2026, Jade Khoo est déjà un grand nom de la BD ». C’est exactement ce que j’ai ressenti en refermant ce premier tome. Et avec le prix de lancement à 27,90€, avant qu’il n’atteigne 32,90€ après le 29 avril 2026, c’est vraiment le moment idéal pour se le procurer.
Le Choix de Sam
2.5 Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD. Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord. Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.
Orson Welles - L'Inventeur de rêves
2.5 Les auteurs rendent hommage à Orson Welles, un réalisateur-acteur qui a marqué l'histoire du cinéma. Personnellement, de ce que j'ai vu de son travail, je trouve que c'est efficace, mais ça ne m'a pas marqué plus que ça hormis son adaptation du Procès de Kafka et certaines scènes de Citizen Kane. Comme il était aussi un personnage hauts-en-couleurs, faire une biographie de lui est une bonne idée tellement sa vie regorge d'anecdotes. Rien qu'avec tous ses films qu'il n'a pas tourné je pense qu'on pourrait faire un album complet. Sauf que voilà on est encore une fois dans une biographie en BD qui manque de saveur. En gros, on va voir les moments les plus marquants de la vie de Welles, parfois même pas dans un ordre chronologique, et rien ne semble vraiment développé. Il y a quelques scènes pas trop mal, mais la plupart du temps c'est peu palpitant. Au niveau du dessin, j'adore les couleurs, mais les personnages manquent un peu de dynamisme. Ça se laisse lire sans plus.
3 Secondes (3'')
Perfection des dessins, du rythme du noir et blanc, originalité de l'idée, maîtrise du rythme, brutalité : il s'agit de mort par balle ! Et esthétisme. Dramatisation et détachement. Et enfin du rythme qui ne sonne pas il faut bien faire de l'action, mais quel ennui ! Quand on pense comme moi que la perfection est l'union et harmonie des contraires, comment ne pas donner la note maximum. Et par-delà les raisons, il y a le coup de cœur pour cette œuvre. Ah, comme elle dédommage de tant où soit on radote, soit on croit innover mais pour finir par livrer une sorte de brouillon au lecteur ! Que dirait-on d'un cuisinier qui nous livrerait un plat censément cuit mais cru ? Tels sont trop de créateurs… Par contre, cette bd en petit format, pas longue, sans discours, nous laisse non pas sur notre faim, mais repus et dégustant longtemps son goût après l'avoir finie.
Les Aventures de Jack Palmer
Je viens de lire le dernier Palmer, sur le vin, j'ai souri et ai presque ri, merci ! Autrefois un sur Apostrophe, une autre fois sur la Corse, sur le voile, et toujours cela semblait marcher sur l'eau, décalé et dans la cible, incisif sans être méchant… J'aime aussi que le décor puisse être riche sans étouffer l'humour, et qu'il puisse y avoir pas mal de personnages sans qu'on s'y perde… Aussi qu'on puisse apprendre une chose ou deux, ou bien que ce qu'on sache devienne rieur grâce à la bd. Le rythme est juste ce qu'il faut. Je ne saurais dire ce qu'il manque pour mieux noter, ça doit être comme pour le vin, se trouver à côté d'une appellation sans être l'appellation. Santé !
Tanger sous la pluie
Une BD plaisante à lire, dont l'approche est originale. D'autant plus intéressante, certes, si l'on s'intéresse à Matisse et au Maghreb mais accessible également aux "profanes". Mon principal regret, qui m'a empêché de mettre une meilleure note, est le choix de la bichromie pour le dessin (par ailleurs agréable). Quel dommage, pour un ouvrage sur l'un des maîtres de la couleur, d'y avoir volontairement renoncé. Peut-être un choix des auteurs, mais dont l'objectif m'échappe alors. Quelle superbe BD ça aurait pu être si le dessin s'était davantage inspiré de l'œuvre de Matisse !
Le Déclic
Qu'est-ce que c'est nul... C'est ça votre "oeuvre culte" ? Un scénario de série Z misogyne et aux dialogues ineptes, une conclusion idiote... J'ai jamais été bien fan de Manara, et ce n'est pas ça qui va me réconcilier avec le fameux dessinateur italien. Oui, *même* le Tome 1 est franchement bête, y a vraiment rien à sauver là-dedans. Curieusement, les dessins du T01 me font un peu penser à Bilal, avec tous leurs petits traits. Ce n'est plus le cas dans les tomes ultérieurs. Bon, dans l'ensemble, passez votre chemin.
Les Ahlalaaas
Deux minuscules alpinistes du peuple des Ahlalàààs se lancent un défi improbable : gravir le personnage d'Achille Talon comme s'il s'agissait d'une montagne. Leur ascension, mise en scène comme un exploit sportif sponsorisé, les conduit de la semelle à la tête du géant, chaque geste de celui-ci devenant pour eux un véritable cataclysme. Il est étonnant de voir Derib, l'auteur de Yakari et Buddy Longway, s'aventurer dans une histoire humoristique aussi fantasque, et plus encore d'y faire intervenir de manière explicite le héros d'un autre auteur, Achille Talon, dont l'univers est à l'opposé de ses séries d'aventure. Il faut toutefois rappeler que cette courte série a été prépubliée dans l'éphémère magazine Achille Talon en 1975. J'imagine qu'elle a alors été conçue comme une récréation amusante pour Derib, et comme une fantaisie légère destinée aux lecteurs du magazine. Je l'ai moi-même abordée avec le sourire, comme une curiosité un peu insolite issue d'une époque évoquant la nostalgie. Côté dessin, Derib reste fidèle à lui-même : un trait clair, souple et très lisible, des personnages expressifs et des couleurs simples mais agréables. Malgré des décors réduits à l'essentiel, la lecture reste fluide et parfaitement compréhensible. Achille Talon et son univers sont par ailleurs restitués avec beaucoup de tendresse, dans un style assez proche de celui de Greg. Sur le fond, en revanche, l'ensemble demeure très anecdotique. L'idée de départ est amusante, certaines trouvailles d'échelle fonctionnent et deux ou trois gags font mouche, mais le récit reste léger et assez creux. Il n'y a ni véritable enjeu ni réelle surprise, et l'aventure se déroule rapidement, avec un sourire parfois un peu complaisant, sans provoquer de vrai rire. Cela ressemble davantage à une fantaisie récréative qu'à une histoire à part entière, avec un ton qui semble parfois clairement destiné à un jeune public. Une curiosité sympathique et bien dessinée, mais qui ne s'adressera sans doute qu'aux amateurs de Greg et de Derib, ou aux collectionneurs.
Don Juan des Flots
Je suis très surpris de cette lecture, qui part sur des chapeaux de roues et s'embarque dans une histoire aux tournants imprévisibles. Je suis très fan de la direction prise par l'histoire après ce premier tome ! Ce tome introductif est parfaitement bien exécuté, avec une histoire vite campée et des personnages bien inspirés. Le protagoniste est ce bretteur amateur de bon mots, protecteur des pauvres gens dans une cité ressemblant un peu à Venise, dans un contexte de magie et de questionnements sociaux. En quelques pages l'histoire prend un envol avec cette congrégation de révolutionnaires qui entendent changer les choses dans le monde. Et si l'on a du classique dans le début de l'aventure, très vite le récit semble accélérer jusqu'à une révélation finale surprenante et qui augure du bon pour la suite. J'ai accroché tout de suite à l'histoire et j'ai envie de voir la suite, qui est prometteuse. Le tout est servi par un dessin qui est appréciable. Je n'ai encore rien lu de sa part mais la dessinatrice a un coup de crayon qui fait ressortir les scènes d'actions et les intérieurs, tout en ayant un trait global qui rappelle tout à fait les films de capes et d'épées, une esthétique vénitienne et les visuels marquants. L'ensemble est clair et lisible, dynamique et coloré, une lecture franchement agréable ! Je ne peux que recommander la lecture de ce premier tome qui promet pour la suite. Le deuxième tome poursuit l'histoire et l'accélère, allant dans une direction intéressante. J'aime beaucoup l'idée qui est présente du pouvoir avec contrepartie et ce que ça dit sur l'exercice du pouvoir. C'est une vraie question de la façon dont le pouvoir passe par des réseaux de domination, incarné ici par le Commodore qui distribue de la puissance, laquelle est chaque fois compensée par un cout négatif. De l'autre côté, Don Juan est (même si ça n'est pas encore confirmé) une sorte d'électron libre qui trace sa propre voie, presque anarchiste et social, faisant ses propres liens sociaux par son charisme et son bagout. De même, il semble disposer de pouvoirs sans contrepartie, métaphore peut-être d'une conception différente de la société et d'un pouvoir qui n'est pas vertical ? Cette question du pouvoir et de la politique est au centre du récit de cape et d'épées, et ce deuxième tome confirme que le récit d'aventure est l'enrobage d'une réflexion sur la société. Sur la notre, sans aucun doute, mais avec l'aspect fun et prenant d'une comédie d'aventure aux personnages bien campés. C'est vraiment une lecture intéressante et que je recommande !