Un petit "pas mal" pour une histoire qui m'aura au final laissé sur ma faim.
Une jeune fille offerte en offrande à un dieu animal se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte entre dieux et hommes.
L'idée de départ m'attirait franchement, ce mélange de mysticisme et de romantique avait tout sur le papier pour me convaincre.
Toutefois j'ai trouvé le développement beaucoup trop brut et rapide et c'est franchement dommage tant il y a de choses à explorer dans cette histoire et qui sont passées sous silence.
C'est une des rares fois où je trouve dommage de conter une si belle histoire sur un seul album. Je pense que si l'auteure avait pu signer un dytique ma note aurait été bien meilleure.
Reste le dessin que j'ai pour la peine beaucoup apprécié, autant pour ses formes que pour ses couleurs. Mobidic possède un indéniable talent
Bref une petite déception qui tient plus au développement de l'histoire qu'à autre chose. Dommage
L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu.
À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail.
Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine...
Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif.
Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple.
Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières.
Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation.
Un bof pour moi.
Lecture recommandable pour ne pas oublier.
« Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.
Écoutez claquer leurs sabots
Écoutez gronder leur colère,
Écoutez claquer leurs sabots
C’est la grève des sardinières. »
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album.
Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur...le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressorte. C'est la raison principal pourquoi je n'ai pas accroché: les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqués.
En gros, ce n'était pas un album pour moi.
Un documentaire qui porte sur l'esprit critique et les théories qui en découlent (biais cognitif et autre termes du même genre).
C'est bien que les autrices remettent les pendules à l'heure et rappellent que la science n'est pas censé être la gardienne de la vérité et on est pas naturellement plus intelligent parce qu'on est pro-science. Au travers le dialogue entre les deux personnages tout le long de l'album, ce que j'ai surtout retenu est qu'il faut se questionner sur soi-même et essayer de dialoguer avec l'autre au lieu de porter tout de suite un jugement. Ce sont des bonnes valeurs, surtout dans un monde de plus en plus divisé, mais j'ai l'impression que ça ne va pas marcher avec pleins de gens qui auront tout de suite envie de me casser la gueule juste parce que j'ai émis une opinion contraire à la sienne.
À part ça, je me suis d'accord avec ceux qui trouvent que c'est une lecture dense. Heureusement que je connaissais déjà certains termes parce que je pense que j'aurais été totalement perdu. C'est un peu ardu et ce n'est pas un documentaire qui m'a bien amusé pendant la lecture. C'est clairement pas une lecture pour tout le monde.
De prime abord c'est effectivement déconcertant. Avant la lecture je me suis demandé si en dehors de l'idée, du concept voir de la prouesse technico-graphico-narrative, cette bd ferait battre mon petit coeur.
Et bien oui.
C'est une bd qui m'a ému.
On rentre très vite dans l'histoire et l'empathie pour le personnage principal fonctionne très vite. On est touché et on suit l'histoire de Simon, 14 ans et pas fraichement un athlète qui vient de gagner une fortune au travers d'un pari hippique qui va amener sa mère dans le coma.
La narration est d'une fluidité parfaite et l'imaginaire que l'on se créé à sa lecture ainsique l'histoire qui se construit au fur et à mesure, tout ça donne quelque chose de très touchant. On suit pas à pas les enchainements qui arrivent à Simon, dont, à par nous lecteur, les hommes et femmes qu'il croise ne se soucient guère. Car chaque personnage rencontré par notre Simon ne voit qu'un bout de garçon, un ado pas franchement charismatique voir casse-pied avec ses soucis. Mais nous lecteur, qui le suivons depuis le début de l'aventure nous comprenons ses douleurs, sa logique, ses ressentis et tous ses doutes. A par nous Simon est seul plongé dans un monde d'adultes qui ne s'intéressent pas à lui, font juste leurs jobs ou encore tentent de le voler. Avec toute notre empathie nous avons envie qu'il s'en sorte, même si ce n'est qu'un garçon sans charisme particulier.
Et tout ça avec des petits symboles vu du ciel... Quel tour de force !
Une belle bd.
On ne s'en lasse pas !
Voila plus de 10 ans que je relis mes Kid Paddles et j'ai toujours autant de plaisir. Aujourd'hui je passais sur un vide grenier et j'en ai trouvé 2 que je compte bien offrir à mon neveu.
J'adore le style de dessin de Midam et en particulier la tête des "Blorks", ses montres sont vraiment funs. Rien que de voir la tête des Blorks je ricane bêtement. On est bien dans ce petit univers. Il y a aussi des runnings-gags qu'on retrouve (étrangement) toujours avec autant de plaisir.
D'ailleurs c'est amusant car Kid, notre héros est fan de jeu vidéo mais je ne pense pas que l'auteur est vraiment beaucoup joué à ces jeux. C'est plus l'image qu'il s'en fait. Et ca rend justement le truc amusant. Sinon il y aura peut être eu une dimension plus "geek" et moins drôle.
Bref une série qui garde toute sa fraicheur et qui est pour moi entrée dans les Grands Classiques de la BD.
L’introduction est un clin d’oeil amusant à Eco et attire l’attention. Le dessin est intéressant, mais hélas souvent maladroit.
Ce qui fait mal aux yeux, par contre, ce sont les anachronismes partout : dans les meubles, les vêtements, les scènes de rues, l’architecture intérieure et extérieure. On perd rapidement l’effet "plongée dans le passé" quand on sursaute à chaque page. Un minimum de rigueur documentaire aurait été le bienvenu.
Du coup, il est légitime de se méfier de l’intrigue elle-même. Cela se veut documenté, mais... N’est pas Eco qui veut.
Une série qui se laisse lire – d’ailleurs assez rapidement – mais sur laquelle je ne reviendrai sans doute pas. Il lui manque de la densité.
Dessin et colorisation ne sont pas trop mon truc non plus. Même si je les ai trouvés meilleurs, un peu plus précis et détaillés dans le troisième tome, globalement ça reste trop lisse et moyen à mon goût. Très lisible, mais tout est lissé (je ne suis pas amateur de ce genre de colorisation informatique).
Quant à l’intrigue, elle m’a laissé sur ma faim au final. Chaque album développe une aventure nouvelle, même si une trame générale en arrière-plan fait que ce ne sont pas vraiment des one-shots. Le deuxième album est celui qui m’a la moins intéressé, avec ces attentats dans une cité sous-marine. Et le troisième se conclut plus un cycle que la série elle-même, puisqu’on n’en sait finalement pas plus sur les peuples extra-terrestres, et surtout sur les « Hittites » (ceux qui se présentent sous une apparence humaine), ni sur les monstres qui apparaissent dans les deux derniers tomes (encore moins sur l'enfant terrienne surdouée qui rejoint la Fédération extra-terrestre. C’est d’autant plus dommageable/frustrant qu’à plusieurs reprises un mystère semble s’épaissir autour du héros, et de ce que lui aurait dit l’ambassadeur Hittite (et la dernière case avec la copine du héros enceinte semble aussi jouer sur ce questionnement).
Bon, sinon, c’est une sorte de polar/thriller SF, qui est dynamique (avec des questionnements autour de l’acceptation des différences, le spécisme – questionnements toujours d’actualité). Mais je trouve dommage de rester à la fin sans aucune réponse concernant ce qui fait la singularité de l’intrigue.
Note réelle 2,5/5.
La première moitié des années 90 est souvent considérée comme une période pauvre pour Marvel qui avait décidé d'inonder le marché avec de nouvelles séries oubliables, souvent écrites par des scénaristes qui n'ont pas eu de grandes carrières. En plus, il y avait le phénomène des dessinateurs qui étaient devenus des superstars et tout d'un coup tout ce qui comptait était de faire des beaux dessins badass et la qualité du scénario était devenue secondaire.
The New Warriors fait partie des quelques séries qui sortaient du lot, et après avoir lu les intégrales je comprends pourquoi. Il faut dire que le scénariste Fabien Nicieza est un scénariste efficace qui a eu une grosse carrière et le dessinateur principal de la série Mark Bagley a un coup de crayon solide. C'est une version un peu plus moderne de ce que l'on retrouvait dans les années 80 et c'est un style qui me plait. La mise en page est dynamique, tout en restant compréhensible, contrairement à ce que d'autres dessinateurs de l'époque faisaient.
C'est donc un groupe de super-héros composé d'adolescents, la plupart venant d'autres séries. Ce sont des personnages qui, séparément, ne sont pas les plus intéressants, mais ensemble cela fonctionne. Comme c'est le cas avec les autres groupes de super-héros, le point fort de la série est les relations humaines entre les personnages et cela donne de bons moments. Leurs personnalités sont variées et bien utilisées. Cela dit, il y a quand même quelques défauts. Nicieza fait des histoires divertissantes, mais qui ne sortent pas de la moyenne des comics de super-héros. Aussi, s'il utilise bien les personnages issus de différentes séries Marvel, ces propres créations originales ont souvent un intérêt limité. Et le troisième tome contient un long crossover entre différentes séries sans intérêt, qui montre bien la baisse de qualité de Marvel à cette époque.
En gros, c'est divertissant si on aime bien le comics de super-héros.
Après lecture du 3e et dernier tome de cette saga, il est enfin possible de se faire un avis complet sur ce spin-off de la saga mère Le Château des étoiles, et ainsi, de refondre entièrement mon avis. Alain Ayroles, mon auteur vivant préféré, qui rejoint une de mes sagas d'aventure/SF préférée, ça ressemblait au Graal... Seule petite déception pour ma part, au moment de la sortie du premier tome : le dessin. Étienne Jung a une patte bien à lui, et non dénuée d'une certaine élégance, mais son trait fait peut-être un peu trop Disney, un peu trop dessin animé pour moi. Si cela conviendrait très bien à une série jeunesse, je trouve que Les Chimères de Vénus aurait mérité un trait plus classique, plus réaliste, qui aurait vraiment fait honneur au ton grandiose et épique du récit. Néanmoins, on s'habitue à ces choix graphiques, et cela ne gâche en rien l'aventure.
Et quelle aventure !!! Après nous avoir proposé plus ou moins la même histoire avec Les Indes fourbes et La Terre verte, et même - dans une moindre mesure - avec L'Ombre des Lumières, son récit s'éloigne un peu de ces standards. Certes, il y a toujours les méchants colons capitalistes avant l'heure et les conflits entre peuples, mais ça s'arrête à peu près là. Je crois que c'est de toute façon un fil directeur évident de l'œuvre d'Ayroles.
Ici, le fil directeur est avant tout une histoire d'amour, qui devient de plus en plus belle et de plus en plus pure à mesure qu'elle se dévoile, et surtout qui trouve un aboutissement particulièrement satisfaisant dans le tome 3. J'avoue que je ne m'attendais pas à ces retournements, qui donnent tout son sens à l'histoire. Comme dans les meilleurs Ayroles, l'émotion est au rendez-vous, la dimension tragique des personnages se révèle dans toute sa splendeur, sans jamais entraver une tonalité épique qui ne manque pas d'ampleur.
En marchant sur les pas de Jules Verne, Ayroles déploie une aventure aux proportions phénoménales qui sait parfaitement articuler l'intime et le grandiose, en voguant d'une histoire d'amour absolu à un conflit géopolitique entre deux grandes puissances colonisatrices. Le terrain vénusien est l'occasion pour l'auteur de voguer entre Voyage au centre de la Terre et Jurassic Park avec le plus grand brio, sans jamais perdre son identité propre. On voyage et on rêve comme on ne l'avait plus fait chez Ayroles depuis De Cape et de Crocs, qui est finalement la saga ayrolienne sans doute la plus proche de ces Chimères de Vénus (même si on ne prétendra pas que cette dernière égale la meilleure saga de BD jamais écrite !).
La puissance des personnage qui monte progressivement au cours du récit nous place dans un 3e tome extrêmement réussi face à des dilemmes d'une puissance qu'on aurait presque oubliée chez l'auteur. Ce que j'aime tout particulièrement, c'est le soin qu'il apporte aux personnages secondaires. De la bonne Prudence au forçat sensible bizarrement surnommé Pitaine, en passant par les deux scientifiques patauds mais attachants ou par le général borné et pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire, chaque personnage a droit à son caractère propre, et à un développement narratif soigné qui sert merveilleusement le récit. Aucun n'est inutile, chacun est à sa place.
C'est aussi cette finesse d'écriture absolue, s'étendant à des dialogues irrésistibles, qui donne une profondeur insoupçonnée à ces Chimères de Vénus. Ce n'est pas la première fois chez Ayroles, mais il renoue avec sa jolie réflexion sur la poésie comme antidote aux dérives politiques, sur l'opposition entre artistes et institutions. En cela, l'auteur tutoie à nouveau les étoiles, et Les Chimères de Vénus n'a rien à envier aux meilleures œuvres de son auteur sur ce plan. La réflexion reste toujours en sous-texte, mais cela ne lui en donne qu'une plus grande efficacité.
Original, puissant, surprenant, poétique, envoûtant... On ne finirait pas cette liste de qualificatifs susceptibles de s'adresser à ce magnifique spin-off d'une grande saga. Mais là où, même avec tout mon amour, j'ai tendance à trouver qu'Alex Alice a parfois tendance à s'enliser dans sa propre saga avec les derniers tomes (surtout le 7), Alain Ayroles - en bon amateur de théâtre - aura eu la sagesse de concevoir son récit comme une simple trilogie qui n'aura fait que monter en puissance jusqu'à une apothéose mémorable.
Si on n'avait peur d'être un peu grandiloquent, on aurait envie de crier à notre tour, avec l'auteur et son personnage : "Ad augusta per angusta !"
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Roi Ours
Un petit "pas mal" pour une histoire qui m'aura au final laissé sur ma faim. Une jeune fille offerte en offrande à un dieu animal se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte entre dieux et hommes. L'idée de départ m'attirait franchement, ce mélange de mysticisme et de romantique avait tout sur le papier pour me convaincre. Toutefois j'ai trouvé le développement beaucoup trop brut et rapide et c'est franchement dommage tant il y a de choses à explorer dans cette histoire et qui sont passées sous silence. C'est une des rares fois où je trouve dommage de conter une si belle histoire sur un seul album. Je pense que si l'auteure avait pu signer un dytique ma note aurait été bien meilleure. Reste le dessin que j'ai pour la peine beaucoup apprécié, autant pour ses formes que pour ses couleurs. Mobidic possède un indéniable talent Bref une petite déception qui tient plus au développement de l'histoire qu'à autre chose. Dommage
Le Chœur des sardinières
L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu. À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail. Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine... Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif. Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple. Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières. Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation. Un bof pour moi. Lecture recommandable pour ne pas oublier. « Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent À plusieurs milliers se mettent en grève. Écoutez claquer leurs sabots Écoutez gronder leur colère, Écoutez claquer leurs sabots C’est la grève des sardinières. »
Les Notes rouges
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album. Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur...le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressorte. C'est la raison principal pourquoi je n'ai pas accroché: les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqués. En gros, ce n'était pas un album pour moi.
L'Esprit critique
Un documentaire qui porte sur l'esprit critique et les théories qui en découlent (biais cognitif et autre termes du même genre). C'est bien que les autrices remettent les pendules à l'heure et rappellent que la science n'est pas censé être la gardienne de la vérité et on est pas naturellement plus intelligent parce qu'on est pro-science. Au travers le dialogue entre les deux personnages tout le long de l'album, ce que j'ai surtout retenu est qu'il faut se questionner sur soi-même et essayer de dialoguer avec l'autre au lieu de porter tout de suite un jugement. Ce sont des bonnes valeurs, surtout dans un monde de plus en plus divisé, mais j'ai l'impression que ça ne va pas marcher avec pleins de gens qui auront tout de suite envie de me casser la gueule juste parce que j'ai émis une opinion contraire à la sienne. À part ça, je me suis d'accord avec ceux qui trouvent que c'est une lecture dense. Heureusement que je connaissais déjà certains termes parce que je pense que j'aurais été totalement perdu. C'est un peu ardu et ce n'est pas un documentaire qui m'a bien amusé pendant la lecture. C'est clairement pas une lecture pour tout le monde.
La Couleur des choses
De prime abord c'est effectivement déconcertant. Avant la lecture je me suis demandé si en dehors de l'idée, du concept voir de la prouesse technico-graphico-narrative, cette bd ferait battre mon petit coeur. Et bien oui. C'est une bd qui m'a ému. On rentre très vite dans l'histoire et l'empathie pour le personnage principal fonctionne très vite. On est touché et on suit l'histoire de Simon, 14 ans et pas fraichement un athlète qui vient de gagner une fortune au travers d'un pari hippique qui va amener sa mère dans le coma. La narration est d'une fluidité parfaite et l'imaginaire que l'on se créé à sa lecture ainsique l'histoire qui se construit au fur et à mesure, tout ça donne quelque chose de très touchant. On suit pas à pas les enchainements qui arrivent à Simon, dont, à par nous lecteur, les hommes et femmes qu'il croise ne se soucient guère. Car chaque personnage rencontré par notre Simon ne voit qu'un bout de garçon, un ado pas franchement charismatique voir casse-pied avec ses soucis. Mais nous lecteur, qui le suivons depuis le début de l'aventure nous comprenons ses douleurs, sa logique, ses ressentis et tous ses doutes. A par nous Simon est seul plongé dans un monde d'adultes qui ne s'intéressent pas à lui, font juste leurs jobs ou encore tentent de le voler. Avec toute notre empathie nous avons envie qu'il s'en sorte, même si ce n'est qu'un garçon sans charisme particulier. Et tout ça avec des petits symboles vu du ciel... Quel tour de force ! Une belle bd.
Kid Paddle
On ne s'en lasse pas ! Voila plus de 10 ans que je relis mes Kid Paddles et j'ai toujours autant de plaisir. Aujourd'hui je passais sur un vide grenier et j'en ai trouvé 2 que je compte bien offrir à mon neveu. J'adore le style de dessin de Midam et en particulier la tête des "Blorks", ses montres sont vraiment funs. Rien que de voir la tête des Blorks je ricane bêtement. On est bien dans ce petit univers. Il y a aussi des runnings-gags qu'on retrouve (étrangement) toujours avec autant de plaisir. D'ailleurs c'est amusant car Kid, notre héros est fan de jeu vidéo mais je ne pense pas que l'auteur est vraiment beaucoup joué à ces jeux. C'est plus l'image qu'il s'en fait. Et ca rend justement le truc amusant. Sinon il y aura peut être eu une dimension plus "geek" et moins drôle. Bref une série qui garde toute sa fraicheur et qui est pour moi entrée dans les Grands Classiques de la BD.
Hérétique
L’introduction est un clin d’oeil amusant à Eco et attire l’attention. Le dessin est intéressant, mais hélas souvent maladroit. Ce qui fait mal aux yeux, par contre, ce sont les anachronismes partout : dans les meubles, les vêtements, les scènes de rues, l’architecture intérieure et extérieure. On perd rapidement l’effet "plongée dans le passé" quand on sursaute à chaque page. Un minimum de rigueur documentaire aurait été le bienvenu. Du coup, il est légitime de se méfier de l’intrigue elle-même. Cela se veut documenté, mais... N’est pas Eco qui veut.
Fédération (Soleil)
Une série qui se laisse lire – d’ailleurs assez rapidement – mais sur laquelle je ne reviendrai sans doute pas. Il lui manque de la densité. Dessin et colorisation ne sont pas trop mon truc non plus. Même si je les ai trouvés meilleurs, un peu plus précis et détaillés dans le troisième tome, globalement ça reste trop lisse et moyen à mon goût. Très lisible, mais tout est lissé (je ne suis pas amateur de ce genre de colorisation informatique). Quant à l’intrigue, elle m’a laissé sur ma faim au final. Chaque album développe une aventure nouvelle, même si une trame générale en arrière-plan fait que ce ne sont pas vraiment des one-shots. Le deuxième album est celui qui m’a la moins intéressé, avec ces attentats dans une cité sous-marine. Et le troisième se conclut plus un cycle que la série elle-même, puisqu’on n’en sait finalement pas plus sur les peuples extra-terrestres, et surtout sur les « Hittites » (ceux qui se présentent sous une apparence humaine), ni sur les monstres qui apparaissent dans les deux derniers tomes (encore moins sur l'enfant terrienne surdouée qui rejoint la Fédération extra-terrestre. C’est d’autant plus dommageable/frustrant qu’à plusieurs reprises un mystère semble s’épaissir autour du héros, et de ce que lui aurait dit l’ambassadeur Hittite (et la dernière case avec la copine du héros enceinte semble aussi jouer sur ce questionnement). Bon, sinon, c’est une sorte de polar/thriller SF, qui est dynamique (avec des questionnements autour de l’acceptation des différences, le spécisme – questionnements toujours d’actualité). Mais je trouve dommage de rester à la fin sans aucune réponse concernant ce qui fait la singularité de l’intrigue. Note réelle 2,5/5.
The New Warriors - L'intégrale
La première moitié des années 90 est souvent considérée comme une période pauvre pour Marvel qui avait décidé d'inonder le marché avec de nouvelles séries oubliables, souvent écrites par des scénaristes qui n'ont pas eu de grandes carrières. En plus, il y avait le phénomène des dessinateurs qui étaient devenus des superstars et tout d'un coup tout ce qui comptait était de faire des beaux dessins badass et la qualité du scénario était devenue secondaire. The New Warriors fait partie des quelques séries qui sortaient du lot, et après avoir lu les intégrales je comprends pourquoi. Il faut dire que le scénariste Fabien Nicieza est un scénariste efficace qui a eu une grosse carrière et le dessinateur principal de la série Mark Bagley a un coup de crayon solide. C'est une version un peu plus moderne de ce que l'on retrouvait dans les années 80 et c'est un style qui me plait. La mise en page est dynamique, tout en restant compréhensible, contrairement à ce que d'autres dessinateurs de l'époque faisaient. C'est donc un groupe de super-héros composé d'adolescents, la plupart venant d'autres séries. Ce sont des personnages qui, séparément, ne sont pas les plus intéressants, mais ensemble cela fonctionne. Comme c'est le cas avec les autres groupes de super-héros, le point fort de la série est les relations humaines entre les personnages et cela donne de bons moments. Leurs personnalités sont variées et bien utilisées. Cela dit, il y a quand même quelques défauts. Nicieza fait des histoires divertissantes, mais qui ne sortent pas de la moyenne des comics de super-héros. Aussi, s'il utilise bien les personnages issus de différentes séries Marvel, ces propres créations originales ont souvent un intérêt limité. Et le troisième tome contient un long crossover entre différentes séries sans intérêt, qui montre bien la baisse de qualité de Marvel à cette époque. En gros, c'est divertissant si on aime bien le comics de super-héros.
Les Chimères de Vénus
Après lecture du 3e et dernier tome de cette saga, il est enfin possible de se faire un avis complet sur ce spin-off de la saga mère Le Château des étoiles, et ainsi, de refondre entièrement mon avis. Alain Ayroles, mon auteur vivant préféré, qui rejoint une de mes sagas d'aventure/SF préférée, ça ressemblait au Graal... Seule petite déception pour ma part, au moment de la sortie du premier tome : le dessin. Étienne Jung a une patte bien à lui, et non dénuée d'une certaine élégance, mais son trait fait peut-être un peu trop Disney, un peu trop dessin animé pour moi. Si cela conviendrait très bien à une série jeunesse, je trouve que Les Chimères de Vénus aurait mérité un trait plus classique, plus réaliste, qui aurait vraiment fait honneur au ton grandiose et épique du récit. Néanmoins, on s'habitue à ces choix graphiques, et cela ne gâche en rien l'aventure. Et quelle aventure !!! Après nous avoir proposé plus ou moins la même histoire avec Les Indes fourbes et La Terre verte, et même - dans une moindre mesure - avec L'Ombre des Lumières, son récit s'éloigne un peu de ces standards. Certes, il y a toujours les méchants colons capitalistes avant l'heure et les conflits entre peuples, mais ça s'arrête à peu près là. Je crois que c'est de toute façon un fil directeur évident de l'œuvre d'Ayroles. Ici, le fil directeur est avant tout une histoire d'amour, qui devient de plus en plus belle et de plus en plus pure à mesure qu'elle se dévoile, et surtout qui trouve un aboutissement particulièrement satisfaisant dans le tome 3. J'avoue que je ne m'attendais pas à ces retournements, qui donnent tout son sens à l'histoire. Comme dans les meilleurs Ayroles, l'émotion est au rendez-vous, la dimension tragique des personnages se révèle dans toute sa splendeur, sans jamais entraver une tonalité épique qui ne manque pas d'ampleur. En marchant sur les pas de Jules Verne, Ayroles déploie une aventure aux proportions phénoménales qui sait parfaitement articuler l'intime et le grandiose, en voguant d'une histoire d'amour absolu à un conflit géopolitique entre deux grandes puissances colonisatrices. Le terrain vénusien est l'occasion pour l'auteur de voguer entre Voyage au centre de la Terre et Jurassic Park avec le plus grand brio, sans jamais perdre son identité propre. On voyage et on rêve comme on ne l'avait plus fait chez Ayroles depuis De Cape et de Crocs, qui est finalement la saga ayrolienne sans doute la plus proche de ces Chimères de Vénus (même si on ne prétendra pas que cette dernière égale la meilleure saga de BD jamais écrite !). La puissance des personnage qui monte progressivement au cours du récit nous place dans un 3e tome extrêmement réussi face à des dilemmes d'une puissance qu'on aurait presque oubliée chez l'auteur. Ce que j'aime tout particulièrement, c'est le soin qu'il apporte aux personnages secondaires. De la bonne Prudence au forçat sensible bizarrement surnommé Pitaine, en passant par les deux scientifiques patauds mais attachants ou par le général borné et pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire, chaque personnage a droit à son caractère propre, et à un développement narratif soigné qui sert merveilleusement le récit. Aucun n'est inutile, chacun est à sa place. C'est aussi cette finesse d'écriture absolue, s'étendant à des dialogues irrésistibles, qui donne une profondeur insoupçonnée à ces Chimères de Vénus. Ce n'est pas la première fois chez Ayroles, mais il renoue avec sa jolie réflexion sur la poésie comme antidote aux dérives politiques, sur l'opposition entre artistes et institutions. En cela, l'auteur tutoie à nouveau les étoiles, et Les Chimères de Vénus n'a rien à envier aux meilleures œuvres de son auteur sur ce plan. La réflexion reste toujours en sous-texte, mais cela ne lui en donne qu'une plus grande efficacité. Original, puissant, surprenant, poétique, envoûtant... On ne finirait pas cette liste de qualificatifs susceptibles de s'adresser à ce magnifique spin-off d'une grande saga. Mais là où, même avec tout mon amour, j'ai tendance à trouver qu'Alex Alice a parfois tendance à s'enliser dans sa propre saga avec les derniers tomes (surtout le 7), Alain Ayroles - en bon amateur de théâtre - aura eu la sagesse de concevoir son récit comme une simple trilogie qui n'aura fait que monter en puissance jusqu'à une apothéose mémorable. Si on n'avait peur d'être un peu grandiloquent, on aurait envie de crier à notre tour, avec l'auteur et son personnage : "Ad augusta per angusta !"