Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations.
L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde.
Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre.
Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide.
C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures.
Note : 2,5/5
Un homme assez minable découvre une boîte de pilules qui lui permettent de devenir instantanément célèbre pendant un certain temps. À partir de ce principe, Lewis Trondheim construit une sorte de satire du star-system et de la fascination pour la célébrité fabriquée.
Malheureusement, je n'ai absolument pas accroché à cet album. L'idée de base pouvait donner lieu à une petite fable acide sur la société du spectacle, mais l'histoire part rapidement dans un grand n'importe quoi qui donne l'impression d'un récit improvisé au fil des pages. Les situations s'enchaînent sans véritable logique ni montée en puissance, et l'ensemble finit par tourner à vide sans jamais réussir à produire ni véritable satire ni même un gag qui fasse mouche. Je me suis foncièrement ennuyé. La lecture est d'autant plus pénible que la narration au présent, que Trondheim semble avoir empruntée à Sfar, m'a horripilé sur la durée.
Quant au dessin, je l'ai tout simplement trouvé hideux : un style brouillon et déglingué qui rend les planches visuellement fatigantes et n'aide vraiment pas à apprécier le récit.
Au final, je me suis forcé à aller jusqu'au bout de l'album sans jamais décrocher un sourire. C'est la première fois qu'un scénario de Trondheim me déçoit autant.
Pas banale, cette histoire d'une gamine qui bosse comme une dératée pour permettre à sa famille d'éponger les dettes laissées par le père, et qui se retrouve à devoir partager son corps avec une créature dont on ignore la nature.
Sur ce pitch de départ, Yoshiaki aurait pu faire une série un peu plan-plan, enchaînant les gags et les quiproquos déjà vu dans des histoires de corps contrôlés partiellement par des démons ou des extra-terrestres. Mais non, dès ce tome 1 il fait évoluer la situation, opérant une dissociation physique qui ne casse cependant pas la cohabitation forcée des deux personnages. On a d'ailleurs des corps qui évoluent régulièrement, donc des positionnements de force fluctuants. Et on a bien sûr une grosse boîte qui voit en Sumire une exterminatrice potentiellement très puissante, capable d'enfin débarrasser la Terre des créatures monstrueuses et parasites laissées par une invasion alien datant de plusieurs décennies. C'est enlevé, c'est fun (j'ai carrément pouffer lorsque Sumire, sentant que quelque chose monte dans son corps, crie "ça sort, ça sort, ça sort" et que le démon, pas encore surnommé Duskin, lui crie "retiens-toi, retiens-toi, retiens-toi !"), et c'est assez surprenant. L'éditeur parle d'un mélange entre Dandadan et Kaiju n°8.
Côté dessin, Yoshiaki, qui est fans de Ranma 1/2, a créé son héroïne comme une jumelle de celle de ce glorieux titre, et propose un style classique, mais assez à l'aise avec les designs de monstres (et de robots/cyborgs ?).
C'est sympa, je recommande.
Bon, pas grand chose à dire de cet album, dont je suis sorti un peu sur ma faim.
Le dessin est sympa, agréable à l'œil, idem pour la colorisation. Mais ce dessin manque aussi de détails. Les décors auraient mérité d'être plus mis en avant.
L'intrigue se laisse lire elle aussi agréablement. La narration est fluide, et les délires plus ou moins ancrés dans la réalité de Yuanyuan autour de ses bulles apportent une touche de poésie.
Mais aussi une bonne dose de naïveté, qui tend à l'improbable.
Surtout l'intrigue manque de densité, elle est trop linéaire. Il manque de la tension, que j'ai attendu vainement. Du coup c'est trop facile et simpliste. Et finalement décevant.
Note réelle 2,5/5.
Une série de fantasy assez particulière, construite comme une succession de petits contes autour de générations de chats magiques élevés par un dragon protecteur. Chaque chapitre suit l'un de ces félins dans une courte aventure, parfois légèrement aventureuse, parfois simplement contemplative, dans un univers volontairement doux et accessible.
C'est joli, c'est mignon, c'est bien dessiné et l'intention est bonne.
Le problème, à mes yeux, est que cette douceur permanente finit par enlever presque tout enjeu au récit. L'ambiance est tellement feel-good qu'elle en devient un peu mièvre, et l'humour reste assez discret, ce qui donne parfois une impression de lecture sirupeuse. Les chats eux-mêmes sont difficiles à prendre vraiment au sérieux : ils sont tous très mignons, très bienveillants, très sages, très intelligents, souvent très puissants en magie et globalement toujours du bon côté des choses. À force, ils ont presque un côté Mary Sue assez marqué qui rend leurs aventures assez prévisibles.
Le manga est joli et agréable à feuilleter, avec un dessin expressif et une atmosphère paisible, mais l'ensemble repose surtout sur le charme de ces chats et sur cette ambiance chaleureuse. Il faut clairement aimer à la fois les félins et les histoires très feel-good pour accrocher. Pour ma part, j'ai trouvé la lecture plutôt douce… mais aussi un peu ennuyeuse sur la durée. A voir si davantage d'intrigue se met en place sur les tomes suivants puisqu'il y en a déjà 12 de parus au Japon.
Note : 2,5/5
Dans la première partie du XXème siècle, JRR Tolkien posa les bases d'un nouveau genre de littérature, la Fantasy, avec Le Hobbit puis Le Seigneur des anneaux
Il fallut attendre le début des années 70 pour que le public francophone ait droit à une traduction.
Dans les années 80 le genre est encore cantonné aux aficionados des jeux de rôle.
Toutefois certains auteurs du 9ème art tentent de le rendre accessible au plus grand nombre. C'est notamment le cas du duo Le Tendre/Loisel avec La Quête de l'Oiseau du Temps en 1983 ou encore du duo Van Hamme/Rosinski avec Le Grand Pouvoir du Chninkel en 1988.
Et entre les deux se trouve donc notre trilogie imaginée par Chevalier et mis en scène par Ségur à la fin de l'année 1987 (comme la chanson de Calogero)
Et si pour ma part c'est grâce au Lanfeust de Troy d'Arleston que je tombais amoureux du genre, il était évident que je ne pouvais passer à côté de ses trois séries phares, pionnières du genre.
Si mes voyages en compagnie de la belle Pelisse et du vieux Bragon ou encore du petit Chninkel J'on se sont révélés fort agréables, il en a été tout autrement de celui en compagnie de Noren, le nain et de Firfin, le Lin.
Je ne suis tout simplement jamais rentré dans le monde de Chevalier. Le scénario est assez basique avec une guerre entre divinités qui prennent en otages, marionnettes, un peuple, les Nains en l'occurrence.
Mais que c'est plat. Aucune originalité, aucun rebondissement, limite que l'on connait déjà la fin dès le 1er tome.
Je ne me suis jamais pris d'empathie ou d'affection pour les nains ou autres personnages. Je les ai trouvés dans le meilleur des cas insipides, voire détestables dans le cas de Firfin. Finalement seul l'idiot Morkaï avec ses réactions très binaires a su trouver grâce à mes yeux.
Enfin le dessin ne m'a jamais transporté. J'ai eu toutes les peines du monde à distinguer les 3 nains. Et les couleurs m'ont franchement fait mal aux yeux. Je n'aime pas du tout cette colorisation pastel. Pour être franc j'en suis même à préférer le graphisme de Chroniques de la lune noire, c'est tout dire
Mais du coup pourquoi ne pas mettre 1 seule étoile, me direz vous.
Eh bien parce que la lecture reste facile et que le rythme en 3 temps est le bon.
C'est uniquement ça qui sauve "Légendes des Contrées Oubliées" du bonnet d'âne.
Ca et l'envie d'avoir un avis en commun avec Bamiléké, ce qui est suffisamment rare pour être relevé. :-)
Russ Manning s’est fait remarquer en produisant des adaptations BD de romans d’Edgar Rice Burroughs. Il se voit confier dès 1967 les pages de Tarzan qui paraissent chaque jour et chaque dimanche dans la presse américaine. Assisté de Bill Stout, Mike Royer et Dave Stevens, Manning dessine des histoires complètes en noir et blanc et aussi en couleurs (pour les dimanches) de Tarzan. L’oeuvre (1967-1979) couvre l’ensemble des mondes créés par Burroughs: Afrique équatoriale et saharienne, les mondes perdus de Pal-Ul-Don (avec ses animaux pré-historiques), Opar, la cité atlante oubliée (et la plus belle femme de tous les temps en BD, la reine La!), Pellucidar le monde au creux de la Terre, Xuja la cité des fous, mondes pharaoniques surgis du passé… et tant d'autres!
La famille de Tarzan, Jane et Korak, est aussi présente et ils jouent un role important, même central parfois.
L'édition française me semble complète: j'ai aussi l'édition américaine en couleurs et la portugaise en noir et blanc... j'adore comparer toutes ces éditions!
Bref, si je ne donne pas la note 5, pour le moment, c'est par-ce que Kubert publiait ses versions au même temps... et je compare toujours.
J'adorais Winnie l'Ourson lorsque j'étais jeune (la version Disney, n'ayant jamais lu les livres originaux) et la forêt des cents acres faisait partie des endroits de fictions où je voulais habiter. Même aujourd'hui je trouve que le premier long-métrage de Winnie est un des meilleurs films de Disney et les direct-to-video de Winnie que j'ai vus étaient meilleur que la plupart des suites que Disney sortait dans les années 1990-2000.
Alors j'avais quand même un bon apriori en commençant l'album, mais j'ai vite déchanté lorsque j'ai vu que c'était des strips à gag. On a donc droit aux défauts récurrents de ce type de comics : la plupart des chutes ne sont pas drôles, parfois je souriais un peu et sans plus. Cela devient vite répétitif vu qu'une bonne partie de l'humour tourne au fait que Winnie l'Ourson est un idiot avec une logique d'idiot. Si lire un strip dans le journal ça passe, c'est indigeste d'en lire plusieurs pages de suite dans un album.
De toute façon, je ne pense pas que le format gag marche pour l'univers de Winnie l'Ourson. Ce que j'adorais jeune et même encore aujourd'hui c'est de suivre les aventures d'une bande de personnages attachants. Selon moi, on aurait dû faire des strips à suivre axés sur des aventures inédites de Winnie et ses amis. Et ben ça tombe bien il y a des strips comme ça à la fin de l'album ! Des strips qui... adaptent les courts-métrages qu'on a rassemblés dans le premier film de Winnie... Alors ce sont des histoires que je connaissais déjà et comme c'est toujours le cas, la version papier semble fade si on a déjà vu le film.
Un album vraiment dispensable. À la limite empruntez-le si vous avez des jeunes enfants fans de l’ourson.
Un sentiment mitigé au sortir de cette lecture.
Il y a des points positifs. Une fois accepté le "voyage dans le passé "du héros, qui se retrouve propulsé dans les années 1960 (sans que ni nous ni lui ne comprenions ce qui s'est passé), on a sous les yeux une uchronie maligne, qui permet de se plonger dans cette période, et de rencontrer certains de ceux qui vont dominer la scène musicale (folk ou rock surtout). Le héros, avec le groupe de rock qu'il intègre, et avec ses connaissances du "futur", "vole" donc certains tubes des Beattles.
La narration est fluide, et en plus de cette uchronie, tout ceci est bien enrobé par une histoire d'amour compliquée.
Mais il y a aussi des points négatifs. a commencer par l'abandon de la série bien sûr, qui nous laisse en plan dans l'intrigue, sans connaître la conclusion, ni d'ailleurs une éventuelle "explication" (même si à ce propos je suis toujours dubitatif dans ce genre d'histoire au point de départ aussi improbable).
Mais aussi un dessin assez moyen (tout en étant lisible), et une histoire finalement "légère", certes aérée, mais péripéties, dialogues manquent de consistance.
Une série (en fait un album) intrigante, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Des trois recueils d'histoires courtes de Foerster que je viens de lire d'affilée, c'est celui-là qui m'a le moins convaincu. Il n'y a qu'un ou deux récits parmi eux qu'il me semble avoir déjà lus dans Fluide Glacial quand j'étais jeune, mais ils ne m'avaient pas marqué, et cette relecture ne change pas vraiment la donne.
On retrouve évidemment tout l'esprit de Foerster : le noir et blanc très contrasté, les personnages aux expressions horrifiées, les trognes improbables, les décors tordus et étirés, et bien sûr ces histoires d'horreur légère à l'humour noir volontiers dérangeant. Son univers reste cohérent, fidèle à ce fantastique étrange fait de petites horreurs familières.
Mais ici, aucune des histoires ne m'a vraiment emballé. Mosquito ou celle du Père Noël logé chez un marin sortent un peu du lot, sans être totalement marquantes. Le principal défaut vient surtout, à mes yeux, d'un côté trop bavard : beaucoup de ces récits sont verbeux, parfois inutilement, au point que j'ai plusieurs fois survolé des blocs de texte pour aller à l'essentiel. Là où Foerster est souvent plus percutant dans la suggestion et la chute, j'ai trouvé l'ensemble plus lourd et moins efficace.
Ce n'est pas courant, mais pour une fois je dois bien dire que j'ai été déçu par un album de Foerster.
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Genèse et Prozac
Genèse et Prozac est une succession de gags en une page qui revisitent la Bible et ses grands épisodes sous un angle parodique. Les auteurs imaginent notamment un Dieu anxieux, dépressif et peu sûr de lui, qui doute en permanence de ses propres créations. L'idée fonctionne plutôt bien sur le principe, et ce Dieu gaffeur, dépassé par ce qu'il a lui-même créé, est globalement assez sympathique. Les auteurs s'amusent à détourner des passages connus de l'Ancien et du Nouveau Testament avec une bonne dose d'irrévérence, parfois sarcastique ou absurde. Les gags sont cependant assez inégaux. Certains tombent à plat ou paraissent convenus, mais d'autres fonctionnent bien et m'ont fait rire pour de bon. L'ensemble se lit donc de façon agréable, même si l'inspiration varie beaucoup d'une page à l'autre. Graphiquement, le dessin n'est pas particulièrement réussi : il est raide et pas vraiment très professionnel. En revanche, j'apprécie la lisibilité de la ligne et une certaine élégance minimaliste qui se dégage malgré tout de l'ensemble, ce qui rend la lecture claire et fluide. C'est un album d'humour inégal mais sympathique, porté par ce portrait assez amusant d'un Dieu dépressif et maladroit qui semble aussi perdu que ses propres créatures. Note : 2,5/5
Célébritiz
Un homme assez minable découvre une boîte de pilules qui lui permettent de devenir instantanément célèbre pendant un certain temps. À partir de ce principe, Lewis Trondheim construit une sorte de satire du star-system et de la fascination pour la célébrité fabriquée. Malheureusement, je n'ai absolument pas accroché à cet album. L'idée de base pouvait donner lieu à une petite fable acide sur la société du spectacle, mais l'histoire part rapidement dans un grand n'importe quoi qui donne l'impression d'un récit improvisé au fil des pages. Les situations s'enchaînent sans véritable logique ni montée en puissance, et l'ensemble finit par tourner à vide sans jamais réussir à produire ni véritable satire ni même un gag qui fasse mouche. Je me suis foncièrement ennuyé. La lecture est d'autant plus pénible que la narration au présent, que Trondheim semble avoir empruntée à Sfar, m'a horripilé sur la durée. Quant au dessin, je l'ai tout simplement trouvé hideux : un style brouillon et déglingué qui rend les planches visuellement fatigantes et n'aide vraiment pas à apprécier le récit. Au final, je me suis forcé à aller jusqu'au bout de l'album sans jamais décrocher un sourire. C'est la première fois qu'un scénario de Trondheim me déçoit autant.
Rai Rai Rai
Pas banale, cette histoire d'une gamine qui bosse comme une dératée pour permettre à sa famille d'éponger les dettes laissées par le père, et qui se retrouve à devoir partager son corps avec une créature dont on ignore la nature. Sur ce pitch de départ, Yoshiaki aurait pu faire une série un peu plan-plan, enchaînant les gags et les quiproquos déjà vu dans des histoires de corps contrôlés partiellement par des démons ou des extra-terrestres. Mais non, dès ce tome 1 il fait évoluer la situation, opérant une dissociation physique qui ne casse cependant pas la cohabitation forcée des deux personnages. On a d'ailleurs des corps qui évoluent régulièrement, donc des positionnements de force fluctuants. Et on a bien sûr une grosse boîte qui voit en Sumire une exterminatrice potentiellement très puissante, capable d'enfin débarrasser la Terre des créatures monstrueuses et parasites laissées par une invasion alien datant de plusieurs décennies. C'est enlevé, c'est fun (j'ai carrément pouffer lorsque Sumire, sentant que quelque chose monte dans son corps, crie "ça sort, ça sort, ça sort" et que le démon, pas encore surnommé Duskin, lui crie "retiens-toi, retiens-toi, retiens-toi !"), et c'est assez surprenant. L'éditeur parle d'un mélange entre Dandadan et Kaiju n°8. Côté dessin, Yoshiaki, qui est fans de Ranma 1/2, a créé son héroïne comme une jumelle de celle de ce glorieux titre, et propose un style classique, mais assez à l'aise avec les designs de monstres (et de robots/cyborgs ?). C'est sympa, je recommande.
Pour que respire le désert
Bon, pas grand chose à dire de cet album, dont je suis sorti un peu sur ma faim. Le dessin est sympa, agréable à l'œil, idem pour la colorisation. Mais ce dessin manque aussi de détails. Les décors auraient mérité d'être plus mis en avant. L'intrigue se laisse lire elle aussi agréablement. La narration est fluide, et les délires plus ou moins ancrés dans la réalité de Yuanyuan autour de ses bulles apportent une touche de poésie. Mais aussi une bonne dose de naïveté, qui tend à l'improbable. Surtout l'intrigue manque de densité, elle est trop linéaire. Il manque de la tension, que j'ai attendu vainement. Du coup c'est trop facile et simpliste. Et finalement décevant. Note réelle 2,5/5.
Cats and dragon
Une série de fantasy assez particulière, construite comme une succession de petits contes autour de générations de chats magiques élevés par un dragon protecteur. Chaque chapitre suit l'un de ces félins dans une courte aventure, parfois légèrement aventureuse, parfois simplement contemplative, dans un univers volontairement doux et accessible. C'est joli, c'est mignon, c'est bien dessiné et l'intention est bonne. Le problème, à mes yeux, est que cette douceur permanente finit par enlever presque tout enjeu au récit. L'ambiance est tellement feel-good qu'elle en devient un peu mièvre, et l'humour reste assez discret, ce qui donne parfois une impression de lecture sirupeuse. Les chats eux-mêmes sont difficiles à prendre vraiment au sérieux : ils sont tous très mignons, très bienveillants, très sages, très intelligents, souvent très puissants en magie et globalement toujours du bon côté des choses. À force, ils ont presque un côté Mary Sue assez marqué qui rend leurs aventures assez prévisibles. Le manga est joli et agréable à feuilleter, avec un dessin expressif et une atmosphère paisible, mais l'ensemble repose surtout sur le charme de ces chats et sur cette ambiance chaleureuse. Il faut clairement aimer à la fois les félins et les histoires très feel-good pour accrocher. Pour ma part, j'ai trouvé la lecture plutôt douce… mais aussi un peu ennuyeuse sur la durée. A voir si davantage d'intrigue se met en place sur les tomes suivants puisqu'il y en a déjà 12 de parus au Japon. Note : 2,5/5
Légendes des Contrées Oubliées
Dans la première partie du XXème siècle, JRR Tolkien posa les bases d'un nouveau genre de littérature, la Fantasy, avec Le Hobbit puis Le Seigneur des anneaux Il fallut attendre le début des années 70 pour que le public francophone ait droit à une traduction. Dans les années 80 le genre est encore cantonné aux aficionados des jeux de rôle. Toutefois certains auteurs du 9ème art tentent de le rendre accessible au plus grand nombre. C'est notamment le cas du duo Le Tendre/Loisel avec La Quête de l'Oiseau du Temps en 1983 ou encore du duo Van Hamme/Rosinski avec Le Grand Pouvoir du Chninkel en 1988. Et entre les deux se trouve donc notre trilogie imaginée par Chevalier et mis en scène par Ségur à la fin de l'année 1987 (comme la chanson de Calogero) Et si pour ma part c'est grâce au Lanfeust de Troy d'Arleston que je tombais amoureux du genre, il était évident que je ne pouvais passer à côté de ses trois séries phares, pionnières du genre. Si mes voyages en compagnie de la belle Pelisse et du vieux Bragon ou encore du petit Chninkel J'on se sont révélés fort agréables, il en a été tout autrement de celui en compagnie de Noren, le nain et de Firfin, le Lin. Je ne suis tout simplement jamais rentré dans le monde de Chevalier. Le scénario est assez basique avec une guerre entre divinités qui prennent en otages, marionnettes, un peuple, les Nains en l'occurrence. Mais que c'est plat. Aucune originalité, aucun rebondissement, limite que l'on connait déjà la fin dès le 1er tome. Je ne me suis jamais pris d'empathie ou d'affection pour les nains ou autres personnages. Je les ai trouvés dans le meilleur des cas insipides, voire détestables dans le cas de Firfin. Finalement seul l'idiot Morkaï avec ses réactions très binaires a su trouver grâce à mes yeux. Enfin le dessin ne m'a jamais transporté. J'ai eu toutes les peines du monde à distinguer les 3 nains. Et les couleurs m'ont franchement fait mal aux yeux. Je n'aime pas du tout cette colorisation pastel. Pour être franc j'en suis même à préférer le graphisme de Chroniques de la lune noire, c'est tout dire Mais du coup pourquoi ne pas mettre 1 seule étoile, me direz vous. Eh bien parce que la lecture reste facile et que le rythme en 3 temps est le bon. C'est uniquement ça qui sauve "Légendes des Contrées Oubliées" du bonnet d'âne. Ca et l'envie d'avoir un avis en commun avec Bamiléké, ce qui est suffisamment rare pour être relevé. :-)
Tarzan - L'intégrale des strips de presse
Russ Manning s’est fait remarquer en produisant des adaptations BD de romans d’Edgar Rice Burroughs. Il se voit confier dès 1967 les pages de Tarzan qui paraissent chaque jour et chaque dimanche dans la presse américaine. Assisté de Bill Stout, Mike Royer et Dave Stevens, Manning dessine des histoires complètes en noir et blanc et aussi en couleurs (pour les dimanches) de Tarzan. L’oeuvre (1967-1979) couvre l’ensemble des mondes créés par Burroughs: Afrique équatoriale et saharienne, les mondes perdus de Pal-Ul-Don (avec ses animaux pré-historiques), Opar, la cité atlante oubliée (et la plus belle femme de tous les temps en BD, la reine La!), Pellucidar le monde au creux de la Terre, Xuja la cité des fous, mondes pharaoniques surgis du passé… et tant d'autres! La famille de Tarzan, Jane et Korak, est aussi présente et ils jouent un role important, même central parfois. L'édition française me semble complète: j'ai aussi l'édition américaine en couleurs et la portugaise en noir et blanc... j'adore comparer toutes ces éditions! Bref, si je ne donne pas la note 5, pour le moment, c'est par-ce que Kubert publiait ses versions au même temps... et je compare toujours.
Winnie l'ourson - Anthologie
J'adorais Winnie l'Ourson lorsque j'étais jeune (la version Disney, n'ayant jamais lu les livres originaux) et la forêt des cents acres faisait partie des endroits de fictions où je voulais habiter. Même aujourd'hui je trouve que le premier long-métrage de Winnie est un des meilleurs films de Disney et les direct-to-video de Winnie que j'ai vus étaient meilleur que la plupart des suites que Disney sortait dans les années 1990-2000. Alors j'avais quand même un bon apriori en commençant l'album, mais j'ai vite déchanté lorsque j'ai vu que c'était des strips à gag. On a donc droit aux défauts récurrents de ce type de comics : la plupart des chutes ne sont pas drôles, parfois je souriais un peu et sans plus. Cela devient vite répétitif vu qu'une bonne partie de l'humour tourne au fait que Winnie l'Ourson est un idiot avec une logique d'idiot. Si lire un strip dans le journal ça passe, c'est indigeste d'en lire plusieurs pages de suite dans un album. De toute façon, je ne pense pas que le format gag marche pour l'univers de Winnie l'Ourson. Ce que j'adorais jeune et même encore aujourd'hui c'est de suivre les aventures d'une bande de personnages attachants. Selon moi, on aurait dû faire des strips à suivre axés sur des aventures inédites de Winnie et ses amis. Et ben ça tombe bien il y a des strips comme ça à la fin de l'album ! Des strips qui... adaptent les courts-métrages qu'on a rassemblés dans le premier film de Winnie... Alors ce sont des histoires que je connaissais déjà et comme c'est toujours le cas, la version papier semble fade si on a déjà vu le film. Un album vraiment dispensable. À la limite empruntez-le si vous avez des jeunes enfants fans de l’ourson.
Yesterday
Un sentiment mitigé au sortir de cette lecture. Il y a des points positifs. Une fois accepté le "voyage dans le passé "du héros, qui se retrouve propulsé dans les années 1960 (sans que ni nous ni lui ne comprenions ce qui s'est passé), on a sous les yeux une uchronie maligne, qui permet de se plonger dans cette période, et de rencontrer certains de ceux qui vont dominer la scène musicale (folk ou rock surtout). Le héros, avec le groupe de rock qu'il intègre, et avec ses connaissances du "futur", "vole" donc certains tubes des Beattles. La narration est fluide, et en plus de cette uchronie, tout ceci est bien enrobé par une histoire d'amour compliquée. Mais il y a aussi des points négatifs. a commencer par l'abandon de la série bien sûr, qui nous laisse en plan dans l'intrigue, sans connaître la conclusion, ni d'ailleurs une éventuelle "explication" (même si à ce propos je suis toujours dubitatif dans ce genre d'histoire au point de départ aussi improbable). Mais aussi un dessin assez moyen (tout en étant lisible), et une histoire finalement "légère", certes aérée, mais péripéties, dialogues manquent de consistance. Une série (en fait un album) intrigante, mais qui m'a un peu laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Instants damnés
Des trois recueils d'histoires courtes de Foerster que je viens de lire d'affilée, c'est celui-là qui m'a le moins convaincu. Il n'y a qu'un ou deux récits parmi eux qu'il me semble avoir déjà lus dans Fluide Glacial quand j'étais jeune, mais ils ne m'avaient pas marqué, et cette relecture ne change pas vraiment la donne. On retrouve évidemment tout l'esprit de Foerster : le noir et blanc très contrasté, les personnages aux expressions horrifiées, les trognes improbables, les décors tordus et étirés, et bien sûr ces histoires d'horreur légère à l'humour noir volontiers dérangeant. Son univers reste cohérent, fidèle à ce fantastique étrange fait de petites horreurs familières. Mais ici, aucune des histoires ne m'a vraiment emballé. Mosquito ou celle du Père Noël logé chez un marin sortent un peu du lot, sans être totalement marquantes. Le principal défaut vient surtout, à mes yeux, d'un côté trop bavard : beaucoup de ces récits sont verbeux, parfois inutilement, au point que j'ai plusieurs fois survolé des blocs de texte pour aller à l'essentiel. Là où Foerster est souvent plus percutant dans la suggestion et la chute, j'ai trouvé l'ensemble plus lourd et moins efficace. Ce n'est pas courant, mais pour une fois je dois bien dire que j'ai été déçu par un album de Foerster.