J'ai commandé et acheté l'album par curiosité et après avoir lu les avis de bdtheque. J'avais été trop traumatisé par ma lecture précédente de Zep. Mais oui, les dessins de Vince sont bons et il y a une histoire à lire. Alterner le genre sexuel n'est pas vraiment mon type de fétiche mais je pense que dans le thème il peut y avoir des variations encore plus excitantes. Je pense aussi que les différences psychologiques et physiologiques entre femmes et hommes auraient pu être davantage développées.
Il s'agit d'une œuvre fondamentale dans l'histoire de la bande dessinée, je crois. Je possède les éditions Horay et Taschen, les deux sont asez bonnes. Pour l'époque, les dessins de W. McCay étaient fantastiques et les histoires délirantes! Après tout, il s'agissait de rêves, parfois un peu réalistes(?), mais principalement surréalistes. Elles doivent être appréciées avec modération, sous peine d'indigestion... ou chute du lit.
Dans un décor futuriste à tendance cyberpunk, un trio de chats humanoïdes joue les justiciers quand le monde virtuel et le réel s'entremêlent. Une série rythmée, accessible et pensée pour divertir tout en glissant un message sur les dérives du web, notamment le cyberharcèlement.
Le dessin est chouette et bien maîtrisé. Le mélange entre trait traditionnel et couleurs numériques fonctionne très bien et donne un rendu dynamique, presque vidéoludique, parfaitement en phase avec le propos.
La série regorge de clins d'œil geeks, ce qui fait à la fois son charme et ses limites. C'est sympathique parce qu'on s'amuse à repérer les références (à commencer par Samouraï Pizza Cats avec ce héros chat livreur de pizzas qui devient samouraï dans le monde virtuel), mais cela peut aussi devenir un peu envahissant quand certaines tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. L'exemple le plus frappant pour moi est l'utilisation très présente de l'alphabet Aurebesh (celui de l'univers Star Wars), qui m'a régulièrement donné envie de le traduire tout en me faisant m'interroger sur les implications d'une telle réutilisation si jamais il prenait l'envie aux avocats de Lucasfilm de s'y intéresser.
Sur le fond, le récit reste très orienté jeunesse. L'antagoniste du premier tome, incarnation d'un avatar malveillant né du cyberharcèlement, est traité de manière assez frontale, et la résolution, où les harceleurs sont punis puis comprennent la leçon, reste très sage et convenue. Tout est bien qui finit bien, avec une morale claire.
Il en résulte une série sympathique, bien dessinée, rythmée et divertissante pour un jeune public, mais qui pourra sembler un peu mièvre et attendue pour un lecteur adulte.
Écouter ceux qui réduisent Hokuto no Ken à un simple défouloir pour testostérone, la preuve d un manque criant d'analyse: on passe totalement à côté de l'essentiel. Sous la violence graphique se cache une œuvre d'une noirceur métaphysique absolue qui traite de la condition humaine quand toutes les structures sociales se sont effondrées. Là où les détracteurs ne voient que des personnages "plats", il y a en réalité une exploration brutale du concept de Fatum, chaque protagoniste est prisonnier d'une étoile, d'un destin qu'il ne peut fuir, transformant le récit en une véritable tragédie grecque moderne. Kenshiro n'est pas un héros d'action classique, c'est une figure christique qui ne tire pas sa puissance de la colère, mais de la tristesse. Le Musô Tensei, l'ultime arcane du Hokuto Shinken, est la concrétisation philosophique de l'empathie il ne peut être maîtrisé que par celui qui a accepté de porter sur ses épaules toute la douleur du monde. On est à des années-lumière du schéma de puissance basique. Raoh, de son côté, incarne une volonté de puissance nietzschéenne poussée à son paroxysme, cherchant à instaurer une paix tyrannique pour mettre fin au chaos, une réflexion politique complexe sur le prix de l'ordre face à la liberté qui d'ailleurs aurait de forte chznce de réellement exister si un monde comme ça exister. Le manga déconstruit même les codes de la virilité en montrant des colosses qui expriment leur humanité par les larmes et le sacrifice, comme Shu se laissant écraser par la pyramide pour sauver l'avenir. C'est une œuvre sur la transmission, le deuil et la persistance de la moralité dans un univers nihiliste. Si certains s'arrêtent à la forme sans voir le fond, c'est qu'ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour saisir la poésie tragique qui se joue entre deux explosions de chair, retourner lire demon slayer où d autre shonen basique si vous êtes incapable de décoder le fond d un manga iconique.
J'ai lu les 3 premiers tomes de cette série et pour l'instant c'est pas trop mal.
Un vampire travail dans un bain public depuis qu'il a été sauvé par le petit-fils du propriétaire. Il aime bien les jeunes hommes puceau alors il attend que le petit-fils devient un homme pour lui sucer son sang. Malheureusement, dès son premier jour de lycée, le petit-fils tombe amoureux d'une fille....Le vampire va tout faire pour qu'il reste puceau et évidemment ce n'est pas facile à faire.
L'intrigue est pas trop mal et l'humour m'a bien fait sourire à défaut d'avoir réussi à me faire rire. L'intrigue avance bien et l'apparition de nouveaux personnages permet de renouveler les situations. Cela dit je ne suis pas certain que cela va bien ternir la route jusqu'à la fin, surtout lorsque je vois qu'il y a déjà une dizaine de tomes sortie au Japon. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants ou approfondi en dehors du vampire et du chasseur de vampire. Le dessin est pas mal.
Une référence qui mérite largement son statut.
La Quête de l'Oiseau du Temps, c'est typiquement le genre d'œuvre qu'on respecte de réputation avant même de l'avoir ouverte. Et pour une fois, la réalité est à la hauteur de la légende.
Le dessin de Loisel s'impose dès les premières cases : riche, détaillé, vivant. Chaque planche respire l'aventure et le fantastique, avec une maîtrise qui donne immédiatement du poids et de la chair à l'univers. Ce n'est pas seulement beau, c'est habité.
Mais ce qui fait la vraie force de la série, c'est son ambiance. On est dans la fantasy, certes, mais avec quelque chose en plus : une maturité d'écriture rare pour le genre, un mélange subtil d'humour, de mélancolie et de gravité qui évite tous les clichés. Le récit sait faire sourire et émouvoir dans la même page, sans que ça sonne jamais faux.
Les personnages y sont pour beaucoup. Le duo principal est savoureux; plein de caractère, de vécu, avec une vraie évolution au fil des albums. On s'y attache sans même s'en apercevoir.
L'histoire, elle, prend son temps, et c'est une qualité. Pas d'adrénaline forcée, mais une progression maîtrisée, construite, qui fait confiance au lecteur. On sent une œuvre pensée sur la durée, avec un vrai sens de la narration et de la construction dramatique.
Ce qui frappe au final, c'est ce côté à la fois classique et intemporel. La Quête de l'Oiseau du Temps a posé des bases dans la BD de fantasy francophone; et ça se ressent à chaque page.
Une référence qui a une vraie âme. Et ça, ça ne vieillit pas.
Pas pour moi mais une œuvre qui mérite le respect.
J'avais une vraie curiosité en ouvrant Mickey Mouse de Floyd Gottfredson. Malheureusement, je n'ai pas réussi à aller au bout, et c'est toujours un peu frustrant quand on s'attendait à accrocher.
Ce n'est pourtant pas faute de qualités objectives. Les dessins ont un charme indéniable : on sent immédiatement l'importance historique du travail de Gottfredson, son rôle fondateur dans l'histoire de la bande dessinée. C'est propre, lisible, avec une vraie identité graphique.
Mais voilà, ça n'a tout simplement pas pris pour moi. Le rythme et la narration m'ont maintenu à distance, sans jamais réussir à me faire entrer vraiment dans le récit. Peut-être une question d'époque, peut-être une question de sensibilité personnelle.
Je pense malgré tout que cette œuvre saura séduire les fans de Disney et de Mickey, ou ceux qui s'intéressent aux racines du genre et à son histoire. C'est une lecture qui a clairement sa place dans la culture de la BD mais ce n'était juste pas la mienne.
Quelle belle surprise que Loba Loca! Je m'attendais à une lecture légère, et j'y ai trouvé bien davantage. Une BD qui touche juste, avec une sincérité et une profondeur qui ne se révèlent qu'au fil des pages.
L'histoire nous raconte un road trip initiatique autant intérieur qu'extérieur.
Et c'est précisément cette quête qui donne toute sa force au récit. On suit Guada, l'héroïne qui a grandie sans père, dont toute l'aventure gravite autour de cette énigme identitaire. Qui suis-je, vraiment, quand une partie de moi m'a toujours manqué? Quand la vérité éclate enfin, c'est une révélation fulgurante qui marque autant le personnage que le lecteur.
Ça m'a évoqué irrésistiblement la maxime socratique gravée au fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même... » Loba Loca en capture parfaitement l'esprit. Une jeune femme en pleine introspection, qui mûrit, se révèle et trouve peu à peu sa place dans le monde. Cette BD m'a semblé très juste dans sa façon de raconter ce chemin intérieur.
Le dessin, fluide et chaleureux, épouse parfaitement cette atmosphère intime et drôle par moment. Il ne cherche pas à impressionner, il accompagne, et c'est exactement ce qu'il fallait.
Simple en surface, riche au fond. Loba Loca laisse une empreinte douce.
Je ne m'attendais pas à être autant embarqué dans Les Indes Fourbes, et pourtant, dès les premières pages, quelque chose s'est mis en place; discrètement, presque sournoisement. Ce n'est pas une BD qui cherche à séduire d'emblée. Elle t'envoûte peu à peu, jusqu'à te tenir complètement. Je voulais connaître le fin mot de toute cette histoire.
Le dessin de Guarnido est, à lui seul, une raison de s'y plonger. Magistral. Un style classique et lumineux, d'une richesse et d'une expressivité rares. Les décors fourmillent, les visages parlent, la lumière sculpte chaque scène. On y sent l'héritage des grands maîtres espagnols et flamands (vive la Belgique), mais aussi une nervosité du trait qui rend chaque planche vibrante, vivante.
Le scénario d'Alain Ayroles est d'une intelligence redoutable. Construit comme une vaste tromperie, il fait du lecteur le complice involontaire des mensonges du héros. Le texte est ciselé, parfois ironique, souvent cruel, toujours brillant. L'intrigue joue avec les codes du roman picaresque pour mieux les dynamiter : mensonge, survie, fatalité — tout s'entremêle dans une grande comédie humaine pleine de faux-semblants.
Quant à Pablos de Ségovie, il est fascinant précisément parce qu'il est indéfendable. Rusé, pathétique, orgueilleux et fragile à la fois, il incarne cette quête illusoire de grandeur où la morale se brouille sans cesse. On oscille en permanence entre admiration et répulsion — et c'est là toute la force du récit.
Un léger bémol, pour ma part : la dernière partie m'a semblé légèrement en retrait, comme si le rythme s'y relâchait un peu après un début absolument irrésistible. Mais ce serait vraiment chipoter face à l'ampleur de l'ensemble.
Les Indes Fourbes est une œuvre dense, exigeante, somptueuse à chaque page. Une lecture qui demande de l'attention, mais qui récompense largement par sa profondeur, sa puissance narrative et ce mélange rare de beauté et de cruauté. Une BD qui reste en tête, et dans le cœur, bien longtemps après qu'on l'avoir refermée.
Un incontournable!
La Couleur tombée du ciel reste pour moi une nouvelle marquante de Lovecraft, mais de manière assez particulière : ce n'est pas tant sa fin en apothéose que sa montée en tension, lente et insidieuse, qui m'avait vraiment marqué à la lecture.
Dans cette adaptation manga par Gou Tanabe, j'ai presque ressenti l'inverse. La progression m'a paru plus plate, moins prenante, et j'avoue avoir été régulièrement agacé par le comportement de la famille, qui refuse obstinément de fuir ou même simplement d'arrêter de consommer l'eau du puits et les produits contaminés, alors que la situation devient rapidement intenable. Là où le texte original instaurait une angoisse diffuse et inexorable, j'ai eu ici davantage l'impression d'une mécanique un peu répétitive.
En revanche, la fin m'a nettement plus impressionné que dans la nouvelle. Le médium graphique permet à Tanabe de livrer quelque chose de beaucoup plus visuel et spectaculaire, avec des planches marquantes qui donnent enfin toute sa dimension à cette couleur indicible.
Je suis en revanche plus réservé sur le dessin dans son ensemble. D'une part, les personnages ont un aspect très fermiers du Far West qui ne correspond pas vraiment à l'image que je me faisais de la Nouvelle-Angleterre de Lovecraft. D'autre part, le trait et l'encrage, assez chargés et parfois un peu biscornus, rendent certaines scènes difficiles à lire, notamment dès qu'il s'agit de représenter des transformations ou des formes organiques inhabituelles. Cela nuit parfois à la lisibilité, là où l'horreur devrait au contraire gagner en clarté visuelle.
Au final, une adaptation globalement fidèle et intéressante, avec une conclusion visuellement réussie, mais qui perd selon moi en tension ce qu'elle gagne en spectacle, et dont le graphisme ne me plait pas vraiment.
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Esmera
J'ai commandé et acheté l'album par curiosité et après avoir lu les avis de bdtheque. J'avais été trop traumatisé par ma lecture précédente de Zep. Mais oui, les dessins de Vince sont bons et il y a une histoire à lire. Alterner le genre sexuel n'est pas vraiment mon type de fétiche mais je pense que dans le thème il peut y avoir des variations encore plus excitantes. Je pense aussi que les différences psychologiques et physiologiques entre femmes et hommes auraient pu être davantage développées.
Little Nemo in Slumberland
Il s'agit d'une œuvre fondamentale dans l'histoire de la bande dessinée, je crois. Je possède les éditions Horay et Taschen, les deux sont asez bonnes. Pour l'époque, les dessins de W. McCay étaient fantastiques et les histoires délirantes! Après tout, il s'agissait de rêves, parfois un peu réalistes(?), mais principalement surréalistes. Elles doivent être appréciées avec modération, sous peine d'indigestion... ou chute du lit.
Cybercats
Dans un décor futuriste à tendance cyberpunk, un trio de chats humanoïdes joue les justiciers quand le monde virtuel et le réel s'entremêlent. Une série rythmée, accessible et pensée pour divertir tout en glissant un message sur les dérives du web, notamment le cyberharcèlement. Le dessin est chouette et bien maîtrisé. Le mélange entre trait traditionnel et couleurs numériques fonctionne très bien et donne un rendu dynamique, presque vidéoludique, parfaitement en phase avec le propos. La série regorge de clins d'œil geeks, ce qui fait à la fois son charme et ses limites. C'est sympathique parce qu'on s'amuse à repérer les références (à commencer par Samouraï Pizza Cats avec ce héros chat livreur de pizzas qui devient samouraï dans le monde virtuel), mais cela peut aussi devenir un peu envahissant quand certaines tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. L'exemple le plus frappant pour moi est l'utilisation très présente de l'alphabet Aurebesh (celui de l'univers Star Wars), qui m'a régulièrement donné envie de le traduire tout en me faisant m'interroger sur les implications d'une telle réutilisation si jamais il prenait l'envie aux avocats de Lucasfilm de s'y intéresser. Sur le fond, le récit reste très orienté jeunesse. L'antagoniste du premier tome, incarnation d'un avatar malveillant né du cyberharcèlement, est traité de manière assez frontale, et la résolution, où les harceleurs sont punis puis comprennent la leçon, reste très sage et convenue. Tout est bien qui finit bien, avec une morale claire. Il en résulte une série sympathique, bien dessinée, rythmée et divertissante pour un jeune public, mais qui pourra sembler un peu mièvre et attendue pour un lecteur adulte.
Hokuto no Ken - Fist of the North Star (Ken le survivant)
Écouter ceux qui réduisent Hokuto no Ken à un simple défouloir pour testostérone, la preuve d un manque criant d'analyse: on passe totalement à côté de l'essentiel. Sous la violence graphique se cache une œuvre d'une noirceur métaphysique absolue qui traite de la condition humaine quand toutes les structures sociales se sont effondrées. Là où les détracteurs ne voient que des personnages "plats", il y a en réalité une exploration brutale du concept de Fatum, chaque protagoniste est prisonnier d'une étoile, d'un destin qu'il ne peut fuir, transformant le récit en une véritable tragédie grecque moderne. Kenshiro n'est pas un héros d'action classique, c'est une figure christique qui ne tire pas sa puissance de la colère, mais de la tristesse. Le Musô Tensei, l'ultime arcane du Hokuto Shinken, est la concrétisation philosophique de l'empathie il ne peut être maîtrisé que par celui qui a accepté de porter sur ses épaules toute la douleur du monde. On est à des années-lumière du schéma de puissance basique. Raoh, de son côté, incarne une volonté de puissance nietzschéenne poussée à son paroxysme, cherchant à instaurer une paix tyrannique pour mettre fin au chaos, une réflexion politique complexe sur le prix de l'ordre face à la liberté qui d'ailleurs aurait de forte chznce de réellement exister si un monde comme ça exister. Le manga déconstruit même les codes de la virilité en montrant des colosses qui expriment leur humanité par les larmes et le sacrifice, comme Shu se laissant écraser par la pyramide pour sauver l'avenir. C'est une œuvre sur la transmission, le deuil et la persistance de la moralité dans un univers nihiliste. Si certains s'arrêtent à la forme sans voir le fond, c'est qu'ils n'ont tout simplement pas les outils intellectuels pour saisir la poésie tragique qui se joue entre deux explosions de chair, retourner lire demon slayer où d autre shonen basique si vous êtes incapable de décoder le fond d un manga iconique.
Vavam Vampire
J'ai lu les 3 premiers tomes de cette série et pour l'instant c'est pas trop mal. Un vampire travail dans un bain public depuis qu'il a été sauvé par le petit-fils du propriétaire. Il aime bien les jeunes hommes puceau alors il attend que le petit-fils devient un homme pour lui sucer son sang. Malheureusement, dès son premier jour de lycée, le petit-fils tombe amoureux d'une fille....Le vampire va tout faire pour qu'il reste puceau et évidemment ce n'est pas facile à faire. L'intrigue est pas trop mal et l'humour m'a bien fait sourire à défaut d'avoir réussi à me faire rire. L'intrigue avance bien et l'apparition de nouveaux personnages permet de renouveler les situations. Cela dit je ne suis pas certain que cela va bien ternir la route jusqu'à la fin, surtout lorsque je vois qu'il y a déjà une dizaine de tomes sortie au Japon. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants ou approfondi en dehors du vampire et du chasseur de vampire. Le dessin est pas mal.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Une référence qui mérite largement son statut. La Quête de l'Oiseau du Temps, c'est typiquement le genre d'œuvre qu'on respecte de réputation avant même de l'avoir ouverte. Et pour une fois, la réalité est à la hauteur de la légende. Le dessin de Loisel s'impose dès les premières cases : riche, détaillé, vivant. Chaque planche respire l'aventure et le fantastique, avec une maîtrise qui donne immédiatement du poids et de la chair à l'univers. Ce n'est pas seulement beau, c'est habité. Mais ce qui fait la vraie force de la série, c'est son ambiance. On est dans la fantasy, certes, mais avec quelque chose en plus : une maturité d'écriture rare pour le genre, un mélange subtil d'humour, de mélancolie et de gravité qui évite tous les clichés. Le récit sait faire sourire et émouvoir dans la même page, sans que ça sonne jamais faux. Les personnages y sont pour beaucoup. Le duo principal est savoureux; plein de caractère, de vécu, avec une vraie évolution au fil des albums. On s'y attache sans même s'en apercevoir. L'histoire, elle, prend son temps, et c'est une qualité. Pas d'adrénaline forcée, mais une progression maîtrisée, construite, qui fait confiance au lecteur. On sent une œuvre pensée sur la durée, avec un vrai sens de la narration et de la construction dramatique. Ce qui frappe au final, c'est ce côté à la fois classique et intemporel. La Quête de l'Oiseau du Temps a posé des bases dans la BD de fantasy francophone; et ça se ressent à chaque page. Une référence qui a une vraie âme. Et ça, ça ne vieillit pas.
Mickey Mouse par Floyd Gottfredson
Pas pour moi mais une œuvre qui mérite le respect. J'avais une vraie curiosité en ouvrant Mickey Mouse de Floyd Gottfredson. Malheureusement, je n'ai pas réussi à aller au bout, et c'est toujours un peu frustrant quand on s'attendait à accrocher. Ce n'est pourtant pas faute de qualités objectives. Les dessins ont un charme indéniable : on sent immédiatement l'importance historique du travail de Gottfredson, son rôle fondateur dans l'histoire de la bande dessinée. C'est propre, lisible, avec une vraie identité graphique. Mais voilà, ça n'a tout simplement pas pris pour moi. Le rythme et la narration m'ont maintenu à distance, sans jamais réussir à me faire entrer vraiment dans le récit. Peut-être une question d'époque, peut-être une question de sensibilité personnelle. Je pense malgré tout que cette œuvre saura séduire les fans de Disney et de Mickey, ou ceux qui s'intéressent aux racines du genre et à son histoire. C'est une lecture qui a clairement sa place dans la culture de la BD mais ce n'était juste pas la mienne.
Loba Loca
Quelle belle surprise que Loba Loca! Je m'attendais à une lecture légère, et j'y ai trouvé bien davantage. Une BD qui touche juste, avec une sincérité et une profondeur qui ne se révèlent qu'au fil des pages. L'histoire nous raconte un road trip initiatique autant intérieur qu'extérieur. Et c'est précisément cette quête qui donne toute sa force au récit. On suit Guada, l'héroïne qui a grandie sans père, dont toute l'aventure gravite autour de cette énigme identitaire. Qui suis-je, vraiment, quand une partie de moi m'a toujours manqué? Quand la vérité éclate enfin, c'est une révélation fulgurante qui marque autant le personnage que le lecteur. Ça m'a évoqué irrésistiblement la maxime socratique gravée au fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même... » Loba Loca en capture parfaitement l'esprit. Une jeune femme en pleine introspection, qui mûrit, se révèle et trouve peu à peu sa place dans le monde. Cette BD m'a semblé très juste dans sa façon de raconter ce chemin intérieur. Le dessin, fluide et chaleureux, épouse parfaitement cette atmosphère intime et drôle par moment. Il ne cherche pas à impressionner, il accompagne, et c'est exactement ce qu'il fallait. Simple en surface, riche au fond. Loba Loca laisse une empreinte douce.
Les Indes fourbes
Je ne m'attendais pas à être autant embarqué dans Les Indes Fourbes, et pourtant, dès les premières pages, quelque chose s'est mis en place; discrètement, presque sournoisement. Ce n'est pas une BD qui cherche à séduire d'emblée. Elle t'envoûte peu à peu, jusqu'à te tenir complètement. Je voulais connaître le fin mot de toute cette histoire. Le dessin de Guarnido est, à lui seul, une raison de s'y plonger. Magistral. Un style classique et lumineux, d'une richesse et d'une expressivité rares. Les décors fourmillent, les visages parlent, la lumière sculpte chaque scène. On y sent l'héritage des grands maîtres espagnols et flamands (vive la Belgique), mais aussi une nervosité du trait qui rend chaque planche vibrante, vivante. Le scénario d'Alain Ayroles est d'une intelligence redoutable. Construit comme une vaste tromperie, il fait du lecteur le complice involontaire des mensonges du héros. Le texte est ciselé, parfois ironique, souvent cruel, toujours brillant. L'intrigue joue avec les codes du roman picaresque pour mieux les dynamiter : mensonge, survie, fatalité — tout s'entremêle dans une grande comédie humaine pleine de faux-semblants. Quant à Pablos de Ségovie, il est fascinant précisément parce qu'il est indéfendable. Rusé, pathétique, orgueilleux et fragile à la fois, il incarne cette quête illusoire de grandeur où la morale se brouille sans cesse. On oscille en permanence entre admiration et répulsion — et c'est là toute la force du récit. Un léger bémol, pour ma part : la dernière partie m'a semblé légèrement en retrait, comme si le rythme s'y relâchait un peu après un début absolument irrésistible. Mais ce serait vraiment chipoter face à l'ampleur de l'ensemble. Les Indes Fourbes est une œuvre dense, exigeante, somptueuse à chaque page. Une lecture qui demande de l'attention, mais qui récompense largement par sa profondeur, sa puissance narrative et ce mélange rare de beauté et de cruauté. Une BD qui reste en tête, et dans le cœur, bien longtemps après qu'on l'avoir refermée. Un incontournable!
La Couleur tombée du ciel
La Couleur tombée du ciel reste pour moi une nouvelle marquante de Lovecraft, mais de manière assez particulière : ce n'est pas tant sa fin en apothéose que sa montée en tension, lente et insidieuse, qui m'avait vraiment marqué à la lecture. Dans cette adaptation manga par Gou Tanabe, j'ai presque ressenti l'inverse. La progression m'a paru plus plate, moins prenante, et j'avoue avoir été régulièrement agacé par le comportement de la famille, qui refuse obstinément de fuir ou même simplement d'arrêter de consommer l'eau du puits et les produits contaminés, alors que la situation devient rapidement intenable. Là où le texte original instaurait une angoisse diffuse et inexorable, j'ai eu ici davantage l'impression d'une mécanique un peu répétitive. En revanche, la fin m'a nettement plus impressionné que dans la nouvelle. Le médium graphique permet à Tanabe de livrer quelque chose de beaucoup plus visuel et spectaculaire, avec des planches marquantes qui donnent enfin toute sa dimension à cette couleur indicible. Je suis en revanche plus réservé sur le dessin dans son ensemble. D'une part, les personnages ont un aspect très fermiers du Far West qui ne correspond pas vraiment à l'image que je me faisais de la Nouvelle-Angleterre de Lovecraft. D'autre part, le trait et l'encrage, assez chargés et parfois un peu biscornus, rendent certaines scènes difficiles à lire, notamment dès qu'il s'agit de représenter des transformations ou des formes organiques inhabituelles. Cela nuit parfois à la lisibilité, là où l'horreur devrait au contraire gagner en clarté visuelle. Au final, une adaptation globalement fidèle et intéressante, avec une conclusion visuellement réussie, mais qui perd selon moi en tension ce qu'elle gagne en spectacle, et dont le graphisme ne me plait pas vraiment.