C'est effectivement un Western tout ce qu'il y a de plus classique. Et pour distraire durant 1-2heures de lecture, il fait très bien le job.
Après, j'ai quand même trois gros reproches:
1.Le dessin est certes clair et propre, mais franchement désuet dans le style: cette BD est dessinée comme pas mal de westerns des années 70-début 80.
2.Pareil pour le scénario 100%-action qui semble dater de la même époque.
3.Et qui surtout est à la fois prévisible et peu crédible.
Car oui, je termine ma critique par un court résumé, alors que d'habitude c'est par-là qu'on commence: un homme de loi (sollicitor en anglais, il n'y a pas d'équivalent véritable en droit français, le plus proche c'est huissier) va essayer de retrouver un héritier pour lui permettre de palper quelques millions.
Cet homme de loi est équipé d'un pistolet automatique dernier cri, avec lequel il va envoyer ad patres la moitié de l’État du Texas. Car oui, il tue, tue et re-tue les méchants avec un rythme qui laisse quand même songeur, sans jamais avoir à subir une quelconque conséquence légale.
Et les péripéties s'enchaînent de manière complètement abracadabrantesque et incohérente.
En gros (très) fun mais très bête aussi.
Je n'ai pas lu toutes les adaptations BD du roman original de Conrad, ni vu tous les films qui s'en inspirent. Celle-ci me semble assez fidèle à la “novella” originale au niveau de l'intrigue et du texte. Je juge important de ne pas confondre la vision de Marlow sur l'Afrique et le Congo avec les opinions de Conrad lui-même sur le racisme et la violence. Selon certains critiques, il a été novateur à ce niveau, mais ici, je pense qu'il vaut mieux éviter ces polémiques…
Je n'ai pas adhéré immédiatement aux dessins de Brahy. Ils m'ont semblé peu travaillés et sans grandes images spectaculaires. Ensuite, au fur et à mesure que je lisais, j'ai commencé à me sentir plus identifié et je pense qu'ils sont en harmonie avec le texte. J'ai particulièrement apprécié les couleurs de Cyril Saint-Blancat, mais même celles-ci pourraient être plus sombres et glauques... Bref, je crois que le livre peut constituer une bonne introduction aux ténèbres et à Conrad. "The horror! The horror!" J'aime dire ça!
J’ai lu le Roman Graphique Super-Gau de Bea Davies et j’ai globalement apprécié cette lecture. L’histoire se déroule à Berlin et suit plusieurs personnages dont les vies se croisent. En arrière-plan, on apprend qu’un grand événement s’est produit au Japon : un puissant tsunami provoque la catastrophe de Fukushima de 2011. La BD ne raconte pas directement cette catastrophe, mais plutôt la façon dont un événement mondial peut influencer la vie de personnes qui vivent très loin.
Ce que j’ai le plus aimé dans cette BD, ce sont les illustrations. Le style de dessin paraît simple au premier regard, mais il est en réalité très expressif. Les visages des personnages transmettent beaucoup d’émotions et certaines pages sont presque artistiques. J’ai trouvé que les planches étaient très agréables à regarder et que le dessin rendait l’histoire encore plus touchante.
L’histoire est assez calme et contemplative. Il n’y a pas vraiment d’action et le récit peut parfois sembler un peu abstrait. Le tsunami reste surtout en arrière-plan et sert plutôt à montrer comment des vies peuvent être reliées par un même événement.
Au final, j’ai bien aimé Super-Gau, surtout pour son style graphique et son ambiance. C’est une BD originale et poétique qui parle des relations humaines et de la manière dont un événement lointain peut avoir un impact sur la vie des gens.
Un témoignage factuel et très bien documenté, d’une lutte qui a marqué l’imaginaire collectif. Et qui permet de découvrir, non seulement les tenants et aboutissants, les acteurs (qui s’agrègent en plusieurs vagues d’arrivées, avec des motivations parfois hétérogènes). Mais surtout – et cet aspect m’avait échappé – c’est la ténacité, le courage des participants qui sont mis en avant, car cette lutte a duré presque une quinzaine d’années, pour éviter des expropriations/expulsions au profit de l’armée, sur le beau plateau du Larzac.
L’intérêt de cet album est aussi de l’ancrer dans l’époque, une sorte de queue de la comète des luttes sociales, avec beaucoup de personnes à la conscience politique les poussant à un engagement personnel quasi christique. Si l’époque a changé, la lutte autour du Larzac présage par bien des aspects certaines luttes actuelles, mais aussi certains moyens d’actions utilisés plus tard. En particulier lors de la création et de la défense de certaines ZAD.
Le dessin, dans un style réaliste, avec un trait fin, est très lisible, plutôt détaillé et agréable. Je l’ai juste trouvé un peu sec et rigide. Mais l’essentiel est ailleurs. Cet album, qui est complété par un bon dossier, et qui place des photographies d’époque au milieu des différents chapitres, se révèle une lecture instructive. Un documentaire historique réussi.
Note réelle 3,5/5.
Étrange album, pas forcément très facile d’accès, mais qui véhicule une pensée simple et forte.
Le texte est à la fois omniprésent, très important – si ce n’est essentiel – et minimaliste, finalement peu présent « physiquement ». Quelques bouts de phrases disséminés au milieu de pages illustrées de dessins, de reproduction plus ou moins partielles de documents divers en lien avec ce qui nous est conté, raconté.
Reprenant les idées – et en partie les mots – de Bruno Latour, Philippe Squarzoni se retrouve en terrain connu, lui qui a déjà publié plusieurs albums engagés dans la même direction, à la fois alarmiste, mais aussi avec toujours la volonté d’aller de l’avant, de montrer qu’un autre monde est possible – même si les derniers – et nombreux – délires de Trump deuxième manière aggravent la situation décrite et décriée dans cet album.
L’album est intéressant, donne à réfléchir. Je l’ai juste trouvé un peu aride. Et aussi, malgré le travail lui aussi intéressant de Squarzoni, j’ai trouvé à plusieurs reprises que ça serait presque aussi, voire plus intéressant sans passer par le médium BD. Sur le même registre politique/économique/poétique, je préfère presque lire les textes de Baudouin de Bodinat.
Note réelle 3,5/5.
Je ne suis généralement pas fan de ce type d’album, qui cumule a priori plusieurs handicaps. D’abord la forte hétérogénéité de l’ensemble (surtout au niveau graphique). Ensuite la place réduite – pour ne pas dire minimaliste ici (sauf exceptions rares une seule page) – laissée à chacun pour sa contribution. Enfin, et c’est très fortement visible ici, on ne peut se départir du sentiment d’avoir entre les mains le résultat d’une simple opération mercantile. En effet, le soixantième anniversaire de la création de l’univers d’Astérix par Goscinny et Uderzo a bon dos. Uderzo et les éditions Albert René y ont vu l’occasion de gratter encore un peu plus de sous.
C’est une vision cynique, mais plusieurs choses la justifient. D’abord le côté artificiel de plusieurs contributions.
Pour chaque auteur (et il y en a beaucoup), une page de gauche donne une courte biographie, une non moins courte bibliographie (parfois très partielle – et partiale), et en bas un petit témoignage de la rencontre de l’auteur avec Astérix. Si plusieurs de ces petits textes sont amusants (celui de Trondheim en particulier), sincères, originaux, certains sont plats et sans intérêt, quand plusieurs auteurs n’ont même pas écrit ce texte (et leur dessin /présence n’est donc là que pour faire le nombre – voir Manara). Mention spéciale à la présence de Peyo, mort bien avant la rédaction de cet album, mais qui « témoigne » quand même – à partir de citations, alors que son « dessin » est réalisé par le studio Peyo !...
Bref, un album prétexte de peu d’intérêt. Quelques beaux dessins quand même (il y a quelques pointures), celui de Vallée est simple et sincère (un crobar de lui gamin sur un album d’Astérix…), plusieurs auteurs plaçant leurs personnages fétiches au milieu des Gaulois, d’autres cherchant à copier le style Uderzo. Rares sont ceux ayant fait preuve d’une grande originalité : le dessin de Ferri est celui qui m’a le plus surpris – agréablement – à ce niveau.
3.5
Une bonne autobiographie qui montre ce que c'est d'être un dessinateur, notamment ceux qui travaillent dans les journaux satiriques, sous la Turquie d'Erdogan.
Ayant déjà lu une biographie du politicien turque en BD, je n'ai donc pas appris grand chose de la vie politique en Turquie. Ce qui m'a surtout intéressé est ce qui touchait le monde de la BD turque vu que tout ce que je connaissais était les plagiats de Tintin ou des super-héros américains qui dataient quand même de quelques décennies. Cela reste tout de même passionnant d'avoir un témoignage sur ce qu'était la vie quotidienne des turques au lieu de généralité comme 'dans les années 70 la vie politique était instable et il y a pleins de gens qui sont morts'.
On suit donc l'auteur qui gamin adore les bd et veut en faire plus tard et une fois adulte il se retrouve dans une Turquie dirigé par un Erdogan qui va se montrer de plus en plus autoritaire au fil des années. Comme l'auteur travaille dans un journal satirique qui attaque le régime, on est au première loge en ce qui concerne certaines luttes contre les actions d'Erdogan (protéger une foret qu'il veut détruire pour bâtir un centre commercial par exemple) et comment le régime s'y prends pour faire peur à ses opposants. C'est vraiment captivant à lire et vu la dérive autoritaire de plusieurs pays occidentaux je me dis que ça pourrait tous nous arriver un jour.
Très bien, j'ai adoré. J'ai fait un retour en jeunesse, le collège, l'amour, les copains (copines). Je l'ai fait lire à ma soeur, elle a elle aussi aimé.
J’ai trouvé certains dialogues et situations assez drolatiques ainsi que l’effort louable de mêler l’intrigue principale à des évènements majeurs du XXe siècle.
Je n’ai pas lu le roman et je ne sais pas si cette interprétation lui est fidèle en termes d’atmosphère ressentie.
Mais je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions à la lecture, j’ai trouvé cela plutôt froid, un côté papier glacé, avec des longueurs, et au bout d’un moment une envie de sauter plusieurs passages pour avoir le fin mot de l’histoire.
Pas ma came mais original et très bien dessiné. Gon peut fasciner car il n'y a pas de parole mais un dinosaure aussi féroce que l'être humain peut l'être, mais bien exotique d'être sans parole, justement, et du fait qu'on n'en côtoie pas autrement qu'en fiction ! Il peut aussi déplaire pour la même raison, le brave Gon !
Par ma note moyenne, je donne mon ressenti, mais je gage que cette œuvre étrange restera parce que ceux qui l'aiment y sont particulièrement attachés. Peut être défoulant et drôle à lire, repousse les limites du genre bd car sans parole, hyper réaliste sans être caricatural et pourtant, assez drôle. Moi, j'en ai lu un et ça m'a suffi, mais bon, les passionnés liront et reliront… Moi, en principe j'achète ce que je pense que je vais lire et relire, de ce point de vue, Perramus est vraiment parfait.
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L'Homme de la loi
C'est effectivement un Western tout ce qu'il y a de plus classique. Et pour distraire durant 1-2heures de lecture, il fait très bien le job. Après, j'ai quand même trois gros reproches: 1.Le dessin est certes clair et propre, mais franchement désuet dans le style: cette BD est dessinée comme pas mal de westerns des années 70-début 80. 2.Pareil pour le scénario 100%-action qui semble dater de la même époque. 3.Et qui surtout est à la fois prévisible et peu crédible. Car oui, je termine ma critique par un court résumé, alors que d'habitude c'est par-là qu'on commence: un homme de loi (sollicitor en anglais, il n'y a pas d'équivalent véritable en droit français, le plus proche c'est huissier) va essayer de retrouver un héritier pour lui permettre de palper quelques millions. Cet homme de loi est équipé d'un pistolet automatique dernier cri, avec lequel il va envoyer ad patres la moitié de l’État du Texas. Car oui, il tue, tue et re-tue les méchants avec un rythme qui laisse quand même songeur, sans jamais avoir à subir une quelconque conséquence légale. Et les péripéties s'enchaînent de manière complètement abracadabrantesque et incohérente. En gros (très) fun mais très bête aussi.
Au coeur des ténèbres (Luc Brahy)
Je n'ai pas lu toutes les adaptations BD du roman original de Conrad, ni vu tous les films qui s'en inspirent. Celle-ci me semble assez fidèle à la “novella” originale au niveau de l'intrigue et du texte. Je juge important de ne pas confondre la vision de Marlow sur l'Afrique et le Congo avec les opinions de Conrad lui-même sur le racisme et la violence. Selon certains critiques, il a été novateur à ce niveau, mais ici, je pense qu'il vaut mieux éviter ces polémiques… Je n'ai pas adhéré immédiatement aux dessins de Brahy. Ils m'ont semblé peu travaillés et sans grandes images spectaculaires. Ensuite, au fur et à mesure que je lisais, j'ai commencé à me sentir plus identifié et je pense qu'ils sont en harmonie avec le texte. J'ai particulièrement apprécié les couleurs de Cyril Saint-Blancat, mais même celles-ci pourraient être plus sombres et glauques... Bref, je crois que le livre peut constituer une bonne introduction aux ténèbres et à Conrad. "The horror! The horror!" J'aime dire ça!
Super Gau
J’ai lu le Roman Graphique Super-Gau de Bea Davies et j’ai globalement apprécié cette lecture. L’histoire se déroule à Berlin et suit plusieurs personnages dont les vies se croisent. En arrière-plan, on apprend qu’un grand événement s’est produit au Japon : un puissant tsunami provoque la catastrophe de Fukushima de 2011. La BD ne raconte pas directement cette catastrophe, mais plutôt la façon dont un événement mondial peut influencer la vie de personnes qui vivent très loin. Ce que j’ai le plus aimé dans cette BD, ce sont les illustrations. Le style de dessin paraît simple au premier regard, mais il est en réalité très expressif. Les visages des personnages transmettent beaucoup d’émotions et certaines pages sont presque artistiques. J’ai trouvé que les planches étaient très agréables à regarder et que le dessin rendait l’histoire encore plus touchante. L’histoire est assez calme et contemplative. Il n’y a pas vraiment d’action et le récit peut parfois sembler un peu abstrait. Le tsunami reste surtout en arrière-plan et sert plutôt à montrer comment des vies peuvent être reliées par un même événement. Au final, j’ai bien aimé Super-Gau, surtout pour son style graphique et son ambiance. C’est une BD originale et poétique qui parle des relations humaines et de la manière dont un événement lointain peut avoir un impact sur la vie des gens.
Larzac - Histoire d'une résistance paysanne
Un témoignage factuel et très bien documenté, d’une lutte qui a marqué l’imaginaire collectif. Et qui permet de découvrir, non seulement les tenants et aboutissants, les acteurs (qui s’agrègent en plusieurs vagues d’arrivées, avec des motivations parfois hétérogènes). Mais surtout – et cet aspect m’avait échappé – c’est la ténacité, le courage des participants qui sont mis en avant, car cette lutte a duré presque une quinzaine d’années, pour éviter des expropriations/expulsions au profit de l’armée, sur le beau plateau du Larzac. L’intérêt de cet album est aussi de l’ancrer dans l’époque, une sorte de queue de la comète des luttes sociales, avec beaucoup de personnes à la conscience politique les poussant à un engagement personnel quasi christique. Si l’époque a changé, la lutte autour du Larzac présage par bien des aspects certaines luttes actuelles, mais aussi certains moyens d’actions utilisés plus tard. En particulier lors de la création et de la défense de certaines ZAD. Le dessin, dans un style réaliste, avec un trait fin, est très lisible, plutôt détaillé et agréable. Je l’ai juste trouvé un peu sec et rigide. Mais l’essentiel est ailleurs. Cet album, qui est complété par un bon dossier, et qui place des photographies d’époque au milieu des différents chapitres, se révèle une lecture instructive. Un documentaire historique réussi. Note réelle 3,5/5.
Zone critique
Étrange album, pas forcément très facile d’accès, mais qui véhicule une pensée simple et forte. Le texte est à la fois omniprésent, très important – si ce n’est essentiel – et minimaliste, finalement peu présent « physiquement ». Quelques bouts de phrases disséminés au milieu de pages illustrées de dessins, de reproduction plus ou moins partielles de documents divers en lien avec ce qui nous est conté, raconté. Reprenant les idées – et en partie les mots – de Bruno Latour, Philippe Squarzoni se retrouve en terrain connu, lui qui a déjà publié plusieurs albums engagés dans la même direction, à la fois alarmiste, mais aussi avec toujours la volonté d’aller de l’avant, de montrer qu’un autre monde est possible – même si les derniers – et nombreux – délires de Trump deuxième manière aggravent la situation décrite et décriée dans cet album. L’album est intéressant, donne à réfléchir. Je l’ai juste trouvé un peu aride. Et aussi, malgré le travail lui aussi intéressant de Squarzoni, j’ai trouvé à plusieurs reprises que ça serait presque aussi, voire plus intéressant sans passer par le médium BD. Sur le même registre politique/économique/poétique, je préfère presque lire les textes de Baudouin de Bodinat. Note réelle 3,5/5.
Générations Astérix
Je ne suis généralement pas fan de ce type d’album, qui cumule a priori plusieurs handicaps. D’abord la forte hétérogénéité de l’ensemble (surtout au niveau graphique). Ensuite la place réduite – pour ne pas dire minimaliste ici (sauf exceptions rares une seule page) – laissée à chacun pour sa contribution. Enfin, et c’est très fortement visible ici, on ne peut se départir du sentiment d’avoir entre les mains le résultat d’une simple opération mercantile. En effet, le soixantième anniversaire de la création de l’univers d’Astérix par Goscinny et Uderzo a bon dos. Uderzo et les éditions Albert René y ont vu l’occasion de gratter encore un peu plus de sous. C’est une vision cynique, mais plusieurs choses la justifient. D’abord le côté artificiel de plusieurs contributions. Pour chaque auteur (et il y en a beaucoup), une page de gauche donne une courte biographie, une non moins courte bibliographie (parfois très partielle – et partiale), et en bas un petit témoignage de la rencontre de l’auteur avec Astérix. Si plusieurs de ces petits textes sont amusants (celui de Trondheim en particulier), sincères, originaux, certains sont plats et sans intérêt, quand plusieurs auteurs n’ont même pas écrit ce texte (et leur dessin /présence n’est donc là que pour faire le nombre – voir Manara). Mention spéciale à la présence de Peyo, mort bien avant la rédaction de cet album, mais qui « témoigne » quand même – à partir de citations, alors que son « dessin » est réalisé par le studio Peyo !... Bref, un album prétexte de peu d’intérêt. Quelques beaux dessins quand même (il y a quelques pointures), celui de Vallée est simple et sincère (un crobar de lui gamin sur un album d’Astérix…), plusieurs auteurs plaçant leurs personnages fétiches au milieu des Gaulois, d’autres cherchant à copier le style Uderzo. Rares sont ceux ayant fait preuve d’une grande originalité : le dessin de Ferri est celui qui m’a le plus surpris – agréablement – à ce niveau.
Journal inquiet d'Istanbul
3.5 Une bonne autobiographie qui montre ce que c'est d'être un dessinateur, notamment ceux qui travaillent dans les journaux satiriques, sous la Turquie d'Erdogan. Ayant déjà lu une biographie du politicien turque en BD, je n'ai donc pas appris grand chose de la vie politique en Turquie. Ce qui m'a surtout intéressé est ce qui touchait le monde de la BD turque vu que tout ce que je connaissais était les plagiats de Tintin ou des super-héros américains qui dataient quand même de quelques décennies. Cela reste tout de même passionnant d'avoir un témoignage sur ce qu'était la vie quotidienne des turques au lieu de généralité comme 'dans les années 70 la vie politique était instable et il y a pleins de gens qui sont morts'. On suit donc l'auteur qui gamin adore les bd et veut en faire plus tard et une fois adulte il se retrouve dans une Turquie dirigé par un Erdogan qui va se montrer de plus en plus autoritaire au fil des années. Comme l'auteur travaille dans un journal satirique qui attaque le régime, on est au première loge en ce qui concerne certaines luttes contre les actions d'Erdogan (protéger une foret qu'il veut détruire pour bâtir un centre commercial par exemple) et comment le régime s'y prends pour faire peur à ses opposants. C'est vraiment captivant à lire et vu la dérive autoritaire de plusieurs pays occidentaux je me dis que ça pourrait tous nous arriver un jour.
Coeur Collège
Très bien, j'ai adoré. J'ai fait un retour en jeunesse, le collège, l'amour, les copains (copines). Je l'ai fait lire à ma soeur, elle a elle aussi aimé.
Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
J’ai trouvé certains dialogues et situations assez drolatiques ainsi que l’effort louable de mêler l’intrigue principale à des évènements majeurs du XXe siècle. Je n’ai pas lu le roman et je ne sais pas si cette interprétation lui est fidèle en termes d’atmosphère ressentie. Mais je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions à la lecture, j’ai trouvé cela plutôt froid, un côté papier glacé, avec des longueurs, et au bout d’un moment une envie de sauter plusieurs passages pour avoir le fin mot de l’histoire.
Gon
Pas ma came mais original et très bien dessiné. Gon peut fasciner car il n'y a pas de parole mais un dinosaure aussi féroce que l'être humain peut l'être, mais bien exotique d'être sans parole, justement, et du fait qu'on n'en côtoie pas autrement qu'en fiction ! Il peut aussi déplaire pour la même raison, le brave Gon ! Par ma note moyenne, je donne mon ressenti, mais je gage que cette œuvre étrange restera parce que ceux qui l'aiment y sont particulièrement attachés. Peut être défoulant et drôle à lire, repousse les limites du genre bd car sans parole, hyper réaliste sans être caricatural et pourtant, assez drôle. Moi, j'en ai lu un et ça m'a suffi, mais bon, les passionnés liront et reliront… Moi, en principe j'achète ce que je pense que je vais lire et relire, de ce point de vue, Perramus est vraiment parfait.