Bd sympa mais pas forcément indispensable.
Déjà le lieu - un restaurant en province - ne permet pas à Hermann de dessiner des décors qui flatteraient la rétine comme il sait si bien le faire.
Au niveau de l'histoire, on a l'impression d'être dans du Jeremiah (ce qui n'est pas un défaut à mes yeux), avec deux clans un peu timbrés prêts à s'affronter jusqu'à la mort pour un prétexte quelconque. C'est juste que ce n'est pas très réaliste puisque on est censé être dans les années 90.
Par contre je cherche encore l'apport particulier de Van Hamme à cette création mais j'ai rien trouvé. Je vous tiens au courant.
Si on est fan d'Hermann, je classe tout de même cette BD dans la liste des one shots à posséder.
L'état morbide de Daniel Hulet a connu récemment une réédition. On conseillera plutôt les EO ou l'intégrale de 1995 dont la typographie respecte les codes des éditions originales.
C'est un récit d'épouvante somme toute classique qui joue sur la frontière entre le réel et l'imaginaire.
Oui il y a plusieurs niveaux de compréhension - c'est ce qui fait la force de l'oeuvre - mais on peut s'arrêter au premier niveau d'explication - un homme victime d'un stratagème diabolique - sans être perdu ou frustré.
Les éléments fantastiques sont percutants. J'ai apprécié la chute de chacun des trois tomes. La caractérisation du héros est originale aussi - il aime ecouter du Cabaret Voltaire et a pour compagnie une bande de punk arty.
Les réactions de rejet des contributeurs ci dessous m'ont assez amusé.
C'est vrai que l'ambiance urbaine gothique est assez inédite en bd et peut déstabiliser si on a pas les références.
Un peu comme les gens qui sont habitués à aller voir les Tuche et qui entreraient par erreur dans une salle projetant Eraserhead.
Visuellement c'est magnifique, avec un découpage moderne et une amélioration des couleurs à partir du tome 2.
Dommage que cette bande soit tombée dans l'oubli car pour moi c'est clairement culte et ça fait partie des incontournables des années 80-90.
Une longue composition autour du destin aventureux de deux jumeaux aux compétences musicales hors normes.
La reconstruction imaginaire de l'Europe à l'époque de Vivaldi et Bach est intéressante : on ne cherche pas du tout la description précise urbaine ou architecturale ( on ne reconnaîtra rien de Venise, Rome ou Amsterdam, malgré des noms à clefs assez parlants) mais les vêtements et les institutions politiques y font allusion.
Pour l'image, des collègues ont cité Gustave Doré, je pencherais plus vers Rembrandt. Mais avec une technique que j'imagine peut être à tort comme des lavis à l'encre, scannés et tramés, puis retravaillés pour y apposer les volutes de musique, blanches ou colorées. Cela déroute parce que cette technique de clair-obscure donne la texture d'un vieux journal où l'impression a bavé. Belle expérience visuelle ambivalente, à la fois somptueuse et sale.
Par ailleurs, la composition découpée en chapitres où le temps semble égal d'étape en étape, donne une sorte de puissance à l'histoire, par moments enthousiasmante et à d'autre tragique.
Deux bémols (si j'ose dire, dans ce contexte érudit de la musique)
1. les dialogues et leur caractère guindé, peu en accord avec le milieu social de départ des 2 héros, et qui installent, dès les premières pages, une distance désagréable entre le lecteur et les personnages
2. le personnage de Hans, le frère auquel on peine à s'identifier, parce qu'il n'exprime pas sa frustration, et elle n'explose que tardivement et constitue un levier important de la part tragique.
Le garçon aime jouer et repousser ses limites. Hélas, nouveau jeu, nouvelles limites : il harcèle de plus en plus une malentendante ! Et ce petit salaud entraînes les autres derrière lui. A force d'aller trop loin, le groupe se retourne contre lui. Bien fait ? Si on se met à la place de la victime, on le dira, mais cette pauvre malheureuse est bien gentille : elle lui pardonne.
Plus facilement que le groupe, et ça se comprend. Les groupes, qu'on se le dise, carburent à l'exclusion, et n'est-il pas plus satisfaisant de se détourner d'un harceleur en chef que d'une handicapée ou tout autre innocent ? On le raye donc du paysage, et lui de même, raye les autres de son paysage, ce que le manga montre bien en rayant le visage de ceux dont le "héros" se détourne. Outre cela, le dessin est dynamique et précis, les personnages de la personne handicapée, du harceleur devenu rejeté, et des mères des deux protagonistes principaux font tout à fait réalistes. Le manga est gentil, l'apprenti salaud se fait apprenti repentant avec la même ardeur, il connait donc la rédemption, et pourquoi pas ? La romance. Si on était chez Disney, des animaux parleraient, mais on aurait aussi une bonne dose de niaiserie !
Je trouve les dessins bons pour une histoire dans le style superman, et les costumes pas aussi ridicules que les hommes en collants, mais c'est que nous avons fréquentons des dieux, ou assimilé, dans le cas de Loki ! Et puis, si les couleurs sont vives, elles ne piquent pas les yeux.
Pour en revenir à Loki, Loki il gagne, et comme il le remarque en passant à Odin, le dieu suprême ne l'a adopté que pour faire contraste avec son fils préféré, Thor, le condamnant au rôle de faire-valoir et de mauvais pour que l'autre joue plus aisément les héros. Il le relègue aussi à un rôle de perdant. Un point de vue intéressant…. D'ailleurs, tout l'est. Je ne m'attendais pas à ressentir surprise et compassion pour tous les êtres, enfin, pas vraiment pour le manipulateur Odin, j'ai mes limites ! Bref, il ne me déplait pas que quelqu'un subissant une injustice et étant des plus brillants gagne, d'un autre point de vue, ce n'est peut-être pas vraiment l'intérêt général qui triomphe avec son triomphe. Vous savez quoi ? Dans la mythologie égyptienne, on fait une meilleure place à tous les protagonistes, si Horus et les pharaons héritent de l'Egypte, l'opposant, Sept, exerce son pouvoir dans le désert. Je me demande ce qui fait une telle différence de traitement dans les mythologies. En tout cas, ici, Loki se débat comme un beau diable !
Bizarre cet album, un peu fourre-tout, qui n’est pas vraiment ce que Cosey a pu faire de plus poétique ou engageant.
Nous avons d’abord droit à une présentation de l’histoire de la technique du papier découpé en Suisse (je me suis demandé ce que ça venait faire là – mais le héros de l’histoire de Cosey pratique cet art…). Puis un prologue en BD de Maou qui, à partir de son histoire personnelle, plante le décor des conséquences de la Loi de l’enfant unique en Chine (ça éclaire vaguement l’histoire de Cosey, en tout cas pour comprendre les deux jeunes chinoises que son héros rencontre successivement). Ensuite viennent quelques croquis et esquisses de Cosey (il a toujours un bon coup de crayon !).
Toujours est-il que l’histoire de Cosey n’arrive qu’après quarante page… ça a peut-être joué sur mon ressenti mitigé, car je ne comprenais pas vraiment à ce moment l’intérêt de ce que je venais de lire. Et hélas, si par la suite ces « préambules » prennent davantage sens, l’intrigue concoctée par Cosey ne m’a jamais captivé. La rencontre entre les Alpes suisses enneigées et l’Asie chères à cet auteur suisse reste du classique, mais là j’ai trouvé le récit lent, creux, ennuyeux.
Quant au dessin de Cosey, je l’ai trouvé ici lui aussi en deçà de ce que je connais de lui, surtout pour les décors, peu développés.
Bref, un album étrange, à réserver aux amateurs complétistes de Cosey je pense.
Note réelle 2,5/5.
La mer ne m’attire pas spécialement, les sports nautiques non plus. Et pourtant, j’ai lu cet album plutôt avec plaisir.
Il faut dire que ce récit à des allures de documentaire bâti comme un thriller. On est rapidement immergé – dans tous les sens du terme d’ailleurs ! – dans l’histoire, qui raconte un épisode que je ne connaissais pas, une catastrophe ayant frappé cette course anglaise.
En effet, des centaines de bateaux, pour la plupart skippés par des amateurs, vont se trouver brusquement confrontés au large de l’Irlande à une brusque et terrible tempête, qui va laminer la flotte, endommager ou couler de nombreux bateaux, et surtout causer une quinzaine de morts et plus d’une centaine de blessés, en déclenchant une énorme opération de sauvetage en mer, au milieu des éléments déchaînés.
Nous suivons presque minute par minute la détérioration des conditions jusqu’au drame, qui dure plusieurs heures. L’ironie de l’histoire, c’est que les plus gros navires, ceux qui étaient les mieux équipés, avec des équipages les mieux entrainés, sont ceux qui ont le moins souffert de la tempête, puisqu’ils avaient pour la plupart déjà quitté la zone touchée lorsqu’elle a frappé.
La narration est haletante, on est pris par ce récit dont l’intensité s’accroit rapidement.
Pour rendre plus vivant le récit, un équipage imaginaire a été ajouté, pour qu’on s’attache à ses membres. Cela fonctionne plutôt bien. Mon seul bémol vient de la façon avec laquelle Melchior insiste sur le rêve prémonitoire de la femme d’un de ces navigateurs amateurs. Cela fait un peu lourd et artificiel, et surjoue le retournement final.
Luc Brunschwig nous propose ici un récit très dense, haletant, que j’ai bien aimé.
On y retrouve certains des thèmes déjà abordés dans plusieurs de ses séries, comme par exemple la politique intérieure américaine – et la volonté de certains d’accéder au pouvoir coûte que coûte. Mais on retrouve aussi dans ce triptyque une intrigue bien construite, avec des personnages qui ne sont pas monolithiques, et une très bonne utilisation d’un arrière-plan social et politique (ici le racisme et les revendications de Noirs-Américains, autour des Black Panthers).
En fait, l’aspect fantastique, et la présence de super-héros étaient ce que je craignais le plus. Mais finalement ça passe très bien, et les deux « mutants », mais aussi ce gamin pouvant communiquer avec les animaux s’imbriquent bien dans le récit.
Ce qui rend la lecture agréable, c’est aussi le dessin de Stéphane Perger – et sa colorisation, souvent lumineuse. Le rendu est vraiment bon, et accompagne très bien la tonalité du récit.
Mon principal reproche concernant cette série, c’est la fin, que j’ai trouvé un peu trop expédiée. Mais pour le reste, c’est une lecture des plus recommandables.
2.5
Une série humoristique avec un scénario bien débile comme les japonais savent en trouver.
L'idée de départ est simple : la mère du héros s'est remariée avec une licorne et comme par hasard elle est en voyage d'affaires alors le héros et le beau-père doivent apprendre à cohabiter ensemble. C'est une bonne idée, mais au final le scénario ne décolle jamais vraiment. Il y a quelques gags qui m'ont fait sourire et ça se laisse lire, mais au bout d'un moment cela tourne un peu en rond et heureusement que c'est un one-shot parce que je ne pense pas que j'aurais enduré un tome de plus à bases de gags sur le fait que le beau-père licorne est très populaire avec l'agence féminine. Il faut dire qu’il y a des situations qui sentent le déjà vu étant donné que c’est encore une fois le récit d’un étudiant normal qui se retrouve avec une présence surnaturelle dans sa vie.
Le dessin est bien sympathique.
De la Fantasy qui tend vers le roman graphique.
Je vais commencer par le titre : "Le feu monde". Quelle signification se cache derrière "feu" ? Le mot qui désigne une combustion destructrice ou l'adjectif qui indique la mort depuis peu de temps ? J'ai la réponse mais ne vous la donnerai pas.
"Une guerre millénaire fait rage. Elle oppose Atome et Zéphyr, deux géants se disputant l'adoration des Hommes. Chacun peut choisir un Martyr qui portera sa marque et diffusera sa parole parmi les Hommes". Le royaume d'Atrevi est soutenu par Atome et celui de Clermont par Zéphyr. C'est dans cet univers médiéval/fantastique que la jeune et fougueuse Métisse va rejoindre la Cohorte, une troupe de guerriers dirigé par Tikhomir, le frère du roi de Clermont. C'est le début d'un long parcours qui sera semé d'embûches, de trahisons, de morts et de présages. Un récit avec des ingrédients déjà vus mille fois, cependant, la lecture fut très plaisante pour diverses raisons. La narration est énergique avec la succession de chapitres courts, ceux-ci se terminent sur deux pleines pages avec sur la gauche une représentation qui fait écho au texte sur la droite (voir la galerie). De très beaux textes écrits par Tancrède Livin, un des personnages qui va côtoyer Métisse, et ces textes apportent une vraie plus-value dans la compréhension de ce monde et de ses croyances, mais surtout ils amènent à la réflexion et à l'émancipation. L'évolution de Métisse de simple guerrière à porte drapeau pour la liberté se fait naturellement. Un scénario qui ne sera pas avare de rebondissements et de surprises, et le plus souvent je ne les ai pas vus venir (c'est monis le cas pour la conclusion). Une belle histoire sur le don de soi.
Un dessin qui pourra divisé, une chose est sûre, il a de la personnalité. Jason S. propose un trait vif, anguleux et rêche, le résultat est une sorte de mélange entre manga et comics. Les décors sont réussis et les visages taillés à la serpe ne manquent pas de personnalités,.par contre quelques visages bâclés sur de rares vignettes. J'ai aimé le choix des couleurs et la mise en page variée et dynamique.
Du bon boulot.
"Je vivais dans l'illusion, mais je vivais en paix".
Pour les amateurs du genre.
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Lune de guerre
Bd sympa mais pas forcément indispensable. Déjà le lieu - un restaurant en province - ne permet pas à Hermann de dessiner des décors qui flatteraient la rétine comme il sait si bien le faire. Au niveau de l'histoire, on a l'impression d'être dans du Jeremiah (ce qui n'est pas un défaut à mes yeux), avec deux clans un peu timbrés prêts à s'affronter jusqu'à la mort pour un prétexte quelconque. C'est juste que ce n'est pas très réaliste puisque on est censé être dans les années 90. Par contre je cherche encore l'apport particulier de Van Hamme à cette création mais j'ai rien trouvé. Je vous tiens au courant. Si on est fan d'Hermann, je classe tout de même cette BD dans la liste des one shots à posséder.
L'Etat morbide
L'état morbide de Daniel Hulet a connu récemment une réédition. On conseillera plutôt les EO ou l'intégrale de 1995 dont la typographie respecte les codes des éditions originales. C'est un récit d'épouvante somme toute classique qui joue sur la frontière entre le réel et l'imaginaire. Oui il y a plusieurs niveaux de compréhension - c'est ce qui fait la force de l'oeuvre - mais on peut s'arrêter au premier niveau d'explication - un homme victime d'un stratagème diabolique - sans être perdu ou frustré. Les éléments fantastiques sont percutants. J'ai apprécié la chute de chacun des trois tomes. La caractérisation du héros est originale aussi - il aime ecouter du Cabaret Voltaire et a pour compagnie une bande de punk arty. Les réactions de rejet des contributeurs ci dessous m'ont assez amusé. C'est vrai que l'ambiance urbaine gothique est assez inédite en bd et peut déstabiliser si on a pas les références. Un peu comme les gens qui sont habitués à aller voir les Tuche et qui entreraient par erreur dans une salle projetant Eraserhead. Visuellement c'est magnifique, avec un découpage moderne et une amélioration des couleurs à partir du tome 2. Dommage que cette bande soit tombée dans l'oubli car pour moi c'est clairement culte et ça fait partie des incontournables des années 80-90.
Soli Deo Gloria
Une longue composition autour du destin aventureux de deux jumeaux aux compétences musicales hors normes. La reconstruction imaginaire de l'Europe à l'époque de Vivaldi et Bach est intéressante : on ne cherche pas du tout la description précise urbaine ou architecturale ( on ne reconnaîtra rien de Venise, Rome ou Amsterdam, malgré des noms à clefs assez parlants) mais les vêtements et les institutions politiques y font allusion. Pour l'image, des collègues ont cité Gustave Doré, je pencherais plus vers Rembrandt. Mais avec une technique que j'imagine peut être à tort comme des lavis à l'encre, scannés et tramés, puis retravaillés pour y apposer les volutes de musique, blanches ou colorées. Cela déroute parce que cette technique de clair-obscure donne la texture d'un vieux journal où l'impression a bavé. Belle expérience visuelle ambivalente, à la fois somptueuse et sale. Par ailleurs, la composition découpée en chapitres où le temps semble égal d'étape en étape, donne une sorte de puissance à l'histoire, par moments enthousiasmante et à d'autre tragique. Deux bémols (si j'ose dire, dans ce contexte érudit de la musique) 1. les dialogues et leur caractère guindé, peu en accord avec le milieu social de départ des 2 héros, et qui installent, dès les premières pages, une distance désagréable entre le lecteur et les personnages 2. le personnage de Hans, le frère auquel on peine à s'identifier, parce qu'il n'exprime pas sa frustration, et elle n'explose que tardivement et constitue un levier important de la part tragique.
A Silent voice
Le garçon aime jouer et repousser ses limites. Hélas, nouveau jeu, nouvelles limites : il harcèle de plus en plus une malentendante ! Et ce petit salaud entraînes les autres derrière lui. A force d'aller trop loin, le groupe se retourne contre lui. Bien fait ? Si on se met à la place de la victime, on le dira, mais cette pauvre malheureuse est bien gentille : elle lui pardonne. Plus facilement que le groupe, et ça se comprend. Les groupes, qu'on se le dise, carburent à l'exclusion, et n'est-il pas plus satisfaisant de se détourner d'un harceleur en chef que d'une handicapée ou tout autre innocent ? On le raye donc du paysage, et lui de même, raye les autres de son paysage, ce que le manga montre bien en rayant le visage de ceux dont le "héros" se détourne. Outre cela, le dessin est dynamique et précis, les personnages de la personne handicapée, du harceleur devenu rejeté, et des mères des deux protagonistes principaux font tout à fait réalistes. Le manga est gentil, l'apprenti salaud se fait apprenti repentant avec la même ardeur, il connait donc la rédemption, et pourquoi pas ? La romance. Si on était chez Disney, des animaux parleraient, mais on aurait aussi une bonne dose de niaiserie !
Thor - Loki
Je trouve les dessins bons pour une histoire dans le style superman, et les costumes pas aussi ridicules que les hommes en collants, mais c'est que nous avons fréquentons des dieux, ou assimilé, dans le cas de Loki ! Et puis, si les couleurs sont vives, elles ne piquent pas les yeux. Pour en revenir à Loki, Loki il gagne, et comme il le remarque en passant à Odin, le dieu suprême ne l'a adopté que pour faire contraste avec son fils préféré, Thor, le condamnant au rôle de faire-valoir et de mauvais pour que l'autre joue plus aisément les héros. Il le relègue aussi à un rôle de perdant. Un point de vue intéressant…. D'ailleurs, tout l'est. Je ne m'attendais pas à ressentir surprise et compassion pour tous les êtres, enfin, pas vraiment pour le manipulateur Odin, j'ai mes limites ! Bref, il ne me déplait pas que quelqu'un subissant une injustice et étant des plus brillants gagne, d'un autre point de vue, ce n'est peut-être pas vraiment l'intérêt général qui triomphe avec son triomphe. Vous savez quoi ? Dans la mythologie égyptienne, on fait une meilleure place à tous les protagonistes, si Horus et les pharaons héritent de l'Egypte, l'opposant, Sept, exerce son pouvoir dans le désert. Je me demande ce qui fait une telle différence de traitement dans les mythologies. En tout cas, ici, Loki se débat comme un beau diable !
Yiyun
Bizarre cet album, un peu fourre-tout, qui n’est pas vraiment ce que Cosey a pu faire de plus poétique ou engageant. Nous avons d’abord droit à une présentation de l’histoire de la technique du papier découpé en Suisse (je me suis demandé ce que ça venait faire là – mais le héros de l’histoire de Cosey pratique cet art…). Puis un prologue en BD de Maou qui, à partir de son histoire personnelle, plante le décor des conséquences de la Loi de l’enfant unique en Chine (ça éclaire vaguement l’histoire de Cosey, en tout cas pour comprendre les deux jeunes chinoises que son héros rencontre successivement). Ensuite viennent quelques croquis et esquisses de Cosey (il a toujours un bon coup de crayon !). Toujours est-il que l’histoire de Cosey n’arrive qu’après quarante page… ça a peut-être joué sur mon ressenti mitigé, car je ne comprenais pas vraiment à ce moment l’intérêt de ce que je venais de lire. Et hélas, si par la suite ces « préambules » prennent davantage sens, l’intrigue concoctée par Cosey ne m’a jamais captivé. La rencontre entre les Alpes suisses enneigées et l’Asie chères à cet auteur suisse reste du classique, mais là j’ai trouvé le récit lent, creux, ennuyeux. Quant au dessin de Cosey, je l’ai trouvé ici lui aussi en deçà de ce que je connais de lui, surtout pour les décors, peu développés. Bref, un album étrange, à réserver aux amateurs complétistes de Cosey je pense. Note réelle 2,5/5.
Fastnet 1979
La mer ne m’attire pas spécialement, les sports nautiques non plus. Et pourtant, j’ai lu cet album plutôt avec plaisir. Il faut dire que ce récit à des allures de documentaire bâti comme un thriller. On est rapidement immergé – dans tous les sens du terme d’ailleurs ! – dans l’histoire, qui raconte un épisode que je ne connaissais pas, une catastrophe ayant frappé cette course anglaise. En effet, des centaines de bateaux, pour la plupart skippés par des amateurs, vont se trouver brusquement confrontés au large de l’Irlande à une brusque et terrible tempête, qui va laminer la flotte, endommager ou couler de nombreux bateaux, et surtout causer une quinzaine de morts et plus d’une centaine de blessés, en déclenchant une énorme opération de sauvetage en mer, au milieu des éléments déchaînés. Nous suivons presque minute par minute la détérioration des conditions jusqu’au drame, qui dure plusieurs heures. L’ironie de l’histoire, c’est que les plus gros navires, ceux qui étaient les mieux équipés, avec des équipages les mieux entrainés, sont ceux qui ont le moins souffert de la tempête, puisqu’ils avaient pour la plupart déjà quitté la zone touchée lorsqu’elle a frappé. La narration est haletante, on est pris par ce récit dont l’intensité s’accroit rapidement. Pour rendre plus vivant le récit, un équipage imaginaire a été ajouté, pour qu’on s’attache à ses membres. Cela fonctionne plutôt bien. Mon seul bémol vient de la façon avec laquelle Melchior insiste sur le rêve prémonitoire de la femme d’un de ces navigateurs amateurs. Cela fait un peu lourd et artificiel, et surjoue le retournement final.
Luminary
Luc Brunschwig nous propose ici un récit très dense, haletant, que j’ai bien aimé. On y retrouve certains des thèmes déjà abordés dans plusieurs de ses séries, comme par exemple la politique intérieure américaine – et la volonté de certains d’accéder au pouvoir coûte que coûte. Mais on retrouve aussi dans ce triptyque une intrigue bien construite, avec des personnages qui ne sont pas monolithiques, et une très bonne utilisation d’un arrière-plan social et politique (ici le racisme et les revendications de Noirs-Américains, autour des Black Panthers). En fait, l’aspect fantastique, et la présence de super-héros étaient ce que je craignais le plus. Mais finalement ça passe très bien, et les deux « mutants », mais aussi ce gamin pouvant communiquer avec les animaux s’imbriquent bien dans le récit. Ce qui rend la lecture agréable, c’est aussi le dessin de Stéphane Perger – et sa colorisation, souvent lumineuse. Le rendu est vraiment bon, et accompagne très bien la tonalité du récit. Mon principal reproche concernant cette série, c’est la fin, que j’ai trouvé un peu trop expédiée. Mais pour le reste, c’est une lecture des plus recommandables.
Papa est une licorne
2.5 Une série humoristique avec un scénario bien débile comme les japonais savent en trouver. L'idée de départ est simple : la mère du héros s'est remariée avec une licorne et comme par hasard elle est en voyage d'affaires alors le héros et le beau-père doivent apprendre à cohabiter ensemble. C'est une bonne idée, mais au final le scénario ne décolle jamais vraiment. Il y a quelques gags qui m'ont fait sourire et ça se laisse lire, mais au bout d'un moment cela tourne un peu en rond et heureusement que c'est un one-shot parce que je ne pense pas que j'aurais enduré un tome de plus à bases de gags sur le fait que le beau-père licorne est très populaire avec l'agence féminine. Il faut dire qu’il y a des situations qui sentent le déjà vu étant donné que c’est encore une fois le récit d’un étudiant normal qui se retrouve avec une présence surnaturelle dans sa vie. Le dessin est bien sympathique.
Le Feu Monde
De la Fantasy qui tend vers le roman graphique. Je vais commencer par le titre : "Le feu monde". Quelle signification se cache derrière "feu" ? Le mot qui désigne une combustion destructrice ou l'adjectif qui indique la mort depuis peu de temps ? J'ai la réponse mais ne vous la donnerai pas. "Une guerre millénaire fait rage. Elle oppose Atome et Zéphyr, deux géants se disputant l'adoration des Hommes. Chacun peut choisir un Martyr qui portera sa marque et diffusera sa parole parmi les Hommes". Le royaume d'Atrevi est soutenu par Atome et celui de Clermont par Zéphyr. C'est dans cet univers médiéval/fantastique que la jeune et fougueuse Métisse va rejoindre la Cohorte, une troupe de guerriers dirigé par Tikhomir, le frère du roi de Clermont. C'est le début d'un long parcours qui sera semé d'embûches, de trahisons, de morts et de présages. Un récit avec des ingrédients déjà vus mille fois, cependant, la lecture fut très plaisante pour diverses raisons. La narration est énergique avec la succession de chapitres courts, ceux-ci se terminent sur deux pleines pages avec sur la gauche une représentation qui fait écho au texte sur la droite (voir la galerie). De très beaux textes écrits par Tancrède Livin, un des personnages qui va côtoyer Métisse, et ces textes apportent une vraie plus-value dans la compréhension de ce monde et de ses croyances, mais surtout ils amènent à la réflexion et à l'émancipation. L'évolution de Métisse de simple guerrière à porte drapeau pour la liberté se fait naturellement. Un scénario qui ne sera pas avare de rebondissements et de surprises, et le plus souvent je ne les ai pas vus venir (c'est monis le cas pour la conclusion). Une belle histoire sur le don de soi. Un dessin qui pourra divisé, une chose est sûre, il a de la personnalité. Jason S. propose un trait vif, anguleux et rêche, le résultat est une sorte de mélange entre manga et comics. Les décors sont réussis et les visages taillés à la serpe ne manquent pas de personnalités,.par contre quelques visages bâclés sur de rares vignettes. J'ai aimé le choix des couleurs et la mise en page variée et dynamique. Du bon boulot. "Je vivais dans l'illusion, mais je vivais en paix". Pour les amateurs du genre.