Après le monument qu'est La Guerre éternelle, j'appréhendais la manière dont ce récit pourrait être prolongé. Libre à jamais relève brillamment le défi en s'imposant comme une suite qui n'en est pas tout à fait une. Fini la guerre à grande échelle : on se focalise ici sur une communauté restreinte pour des enjeux paradoxalement plus vastes, touchant aux fondements mêmes de l'Humanité.
Si le premier tome fait office de transition en parallèle à la fin de la série originale, il prépare le terrain pour un deuxième volume qui installe lentement la causalité du récit. Le tout culmine dans un troisième tome qui assume une rupture totale avec la 'Hard SF' pour s'aventurer vers une conclusion métaphysique. Un dénouement certes abrupt, voire proche du Deus Ex Machina, mais qui offre une fin bienvenue aussi bien mystique qu'audacieuse.
En découvrant cette BD, je me vois contraint de dissocier le fond de la forme. Sur le fond, je suis en accord avec le message de l'auteur et je salue la rigueur du travail documentaire. Sur la forme, en revanche, la lecture de l'album m'a été extrêmement pénible.
Saison brune est un reportage graphique très solidement documenté sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le travail de recherche de Philippe Squarzoni est impressionnant, sérieux et sincère. L'album couvre un spectre très large de données scientifiques, économiques et politiques, avec une volonté manifeste de rendre ces enjeux accessibles au plus grand nombre. L'ouvrage va bientôt avoir quinze ans et certaines données ont évolué depuis, mais d'autres étaient déjà en avance sur leur temps, d'autant plus que l'auteur rappelle qu'elles étaient connues parfois depuis des décennies.
Sur le fond, l'ensemble est donc très complet, mais inadapté à ma manière de lire. J'ai réellement eu l'impression de parcourir un livre ou un essai documentaire plutôt qu'une bande dessinée. Malgré l'intérêt indéniable du sujet, l'album m'a paru laborieux. L'accumulation de chiffres et d'interventions dilue le propos et engendre parfois de la confusion, notamment lorsque certaines données semblent se contredire sans être clairement explicitées. Cette surcharge nuit à la lisibilité et affaiblit par moments la portée du discours.
J'ai également été gêné par l'orientation très marquée de la dernière partie, où une place importante est accordée aux membres d'ATTAC. Leurs analyses ne sont pas dénuées d'intérêt, mais leur omniprésence confère à l'ensemble une coloration politique trop exclusive, avec le sentiment que seule cette vision du monde serait envisageable, au détriment d'autres pistes pourtant pertinentes (notamment autour de la démographie).
Sur la forme, le choix d'un dessin très froid et d'un découpage rigide renforce l'aspect scolaire de l'album. En tant que bande dessinée, le médium est très peu exploité. Les pages s'enchainent, montrant essentiellement des visages statiques s'adressant directement au lecteur pour exposer analyses et faits. La seule mise en scène véritablement propre à la BD concerne les états d'âme de l'auteur, qui viennent s'intercaler entre ces séquences documentaires tenant davantage du livre illustré. J'ai réellement ressenti que la dimension BD se greffe sur un essai littéraire classique sans apporter de fluidité de lecture ni de narration graphique justifiant l'usage de ce médium.
Ma note est à considérer comme profondément subjective. Il s'agit d'un ouvrage dense, honnête et intellectuellement stimulant, qui soulève de véritables questions et invite à la réflexion, mais qui m'a ennuyé par sa lourdeur, son ton souvent déprimant et son absence de propositions concrètes. Un livre important, sans doute, mais que je ne me vois ni relire ni recommander à tous.
Je crois que c’est la première BD de Wilfrid Lupano qui ne me conquiert pas. Il faut dire qu’il a placé la barre haut avec le reste de sa bibliographie, et que je m’attendais, comme souvent chez lui, à ce petit mélange de mordant, de rythme et d’évidence qui fait passer les pages toutes seules. Ici, ça ne prend pas vraiment.
Le dessin, d’abord, m’a paru fragile. Très centré sur les personnages, au point que les décors semblent absents, ou, pire, oubliés. Ça donne un sentiment de bâclé, de désinvolture, comme si l’album se reposait sur une économie de moyens qui ne dit jamais clairement si elle est voulue ou subie. Et c’est d’autant plus frustrant que ce qui est “dans” la case est, paradoxalement, plutôt joliment réalisé : un trait net, parfois même léché, des visages expressifs, des intentions lisibles. Mais ce soin sur l’avant-plan ne suffit pas à masquer ce vide derrière, qui finit par attirer l’œil à chaque page, comme un décor en carton-pâte… sauf qu’ici, il n’y a même pas le carton.
Au scénario, je rejoins pas mal des avis ici : c’est un peu poussif, parfois maladroit. On sent des idées, un sujet qui pourrait porter davantage, mais la narration peine à trouver son souffle. Les traits d’humour ne sont pas mauvais en soi, certains font mouche, d’autres font sourire, mais je me suis souvent demandé s’ils servaient vraiment le récit, ou s’ils venaient surtout meubler les transitions. Résultat : je reste à distance, sans cette impression d’élan et de précision qu’on associe spontanément à Lupano.
Au final, j’ai refermé l’album avec une sensation de demi-mesure. Pas un naufrage, loin de là, mais une lecture qui laisse un goût d’inachevé, comme si tout était en place pour raconter quelque chose de plus fort… sans jamais oser aller au bout. Et c’est précisément ça qui déçoit : le potentiel est là, mais il est resté sous la forme d'un poulet des montagnes mal cuisiné.
Un petit "pas mal" pour une histoire qui m'aura au final laissé sur ma faim.
Une jeune fille offerte en offrande à un dieu animal se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte entre dieux et hommes.
L'idée de départ m'attirait franchement, ce mélange de mysticisme et de romantique avait tout sur le papier pour me convaincre.
Toutefois j'ai trouvé le développement beaucoup trop brut et rapide et c'est franchement dommage tant il y a de choses à explorer dans cette histoire et qui sont passées sous silence.
C'est une des rares fois où je trouve dommage de conter une si belle histoire sur un seul album. Je pense que si l'auteure avait pu signer un dytique ma note aurait été bien meilleure.
Reste le dessin que j'ai pour la peine beaucoup apprécié, autant pour ses formes que pour ses couleurs. Mobidic possède un indéniable talent
Bref une petite déception qui tient plus au développement de l'histoire qu'à autre chose. Dommage
L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu.
À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail.
Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine...
Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif.
Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple.
Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières.
Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation.
Un bof pour moi.
Lecture recommandable pour ne pas oublier.
« Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.
Écoutez claquer leurs sabots
Écoutez gronder leur colère,
Écoutez claquer leurs sabots
C’est la grève des sardinières. »
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album.
Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur... le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressortent. C'est la raison principale pourquoi je n'ai pas accroché : les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqué.
En gros, ce n'était pas un album pour moi.
Un documentaire qui porte sur l'esprit critique et les théories qui en découlent (biais cognitif et autres termes du même genre).
C'est bien que les autrices remettent les pendules à l'heure et rappellent que la science n'est pas censé être la gardienne de la vérité et on est pas naturellement plus intelligent parce qu'on est pro-science. Au travers le dialogue entre les deux personnages tout le long de l'album, ce que j'ai surtout retenu est qu'il faut se questionner sur soi-même et essayer de dialoguer avec l'autre au lieu de porter tout de suite un jugement. Ce sont des bonnes valeurs, surtout dans un monde de plus en plus divisé, mais j'ai l'impression que ça ne va pas marcher avec plein de gens qui auront tout de suite envie de me casser la gueule juste parce que j'ai émis une opinion contraire à la sienne.
À part ça, je suis d'accord avec ceux qui trouvent que c'est une lecture dense. Heureusement que je connaissais déjà certains termes parce que je pense que j'aurais été totalement perdu. C'est un peu ardu et ce n'est pas un documentaire qui m'a bien amusé pendant la lecture. C'est clairement pas une lecture pour tout le monde.
De prime abord c'est effectivement déconcertant. Avant la lecture je me suis demandé si en dehors de l'idée, du concept voir de la prouesse technico-graphico-narrative, cette bd ferait battre mon petit coeur.
Et bien oui.
C'est une bd qui m'a ému.
On rentre très vite dans l'histoire et l'empathie pour le personnage principal fonctionne très vite. On est touché et on suit l'histoire de Simon, 14 ans et pas fraichement un athlète qui vient de gagner une fortune au travers d'un pari hippique qui va amener sa mère dans le coma.
La narration est d'une fluidité parfaite et l'imaginaire que l'on se créé à sa lecture ainsique l'histoire qui se construit au fur et à mesure, tout ça donne quelque chose de très touchant. On suit pas à pas les enchainements qui arrivent à Simon, dont, à par nous lecteur, les hommes et femmes qu'il croise ne se soucient guère. Car chaque personnage rencontré par notre Simon ne voit qu'un bout de garçon, un ado pas franchement charismatique voir casse-pied avec ses soucis. Mais nous lecteur, qui le suivons depuis le début de l'aventure nous comprenons ses douleurs, sa logique, ses ressentis et tous ses doutes. A par nous Simon est seul plongé dans un monde d'adultes qui ne s'intéressent pas à lui, font juste leurs jobs ou encore tentent de le voler. Avec toute notre empathie nous avons envie qu'il s'en sorte, même si ce n'est qu'un garçon sans charisme particulier.
Et tout ça avec des petits symboles vu du ciel... Quel tour de force !
Une belle bd.
On ne s'en lasse pas !
Voila plus de 10 ans que je relis mes Kid Paddles et j'ai toujours autant de plaisir. Aujourd'hui je passais sur un vide grenier et j'en ai trouvé 2 que je compte bien offrir à mon neveu.
J'adore le style de dessin de Midam et en particulier la tête des "Blorks", ses montres sont vraiment funs. Rien que de voir la tête des Blorks je ricane bêtement. On est bien dans ce petit univers. Il y a aussi des runnings-gags qu'on retrouve (étrangement) toujours avec autant de plaisir.
D'ailleurs c'est amusant car Kid, notre héros est fan de jeu vidéo mais je ne pense pas que l'auteur est vraiment beaucoup joué à ces jeux. C'est plus l'image qu'il s'en fait. Et ca rend justement le truc amusant. Sinon il y aura peut être eu une dimension plus "geek" et moins drôle.
Bref une série qui garde toute sa fraicheur et qui est pour moi entrée dans les Grands Classiques de la BD.
L’introduction est un clin d’oeil amusant à Eco et attire l’attention. Le dessin est intéressant, mais hélas souvent maladroit.
Ce qui fait mal aux yeux, par contre, ce sont les anachronismes partout : dans les meubles, les vêtements, les scènes de rues, l’architecture intérieure et extérieure. On perd rapidement l’effet "plongée dans le passé" quand on sursaute à chaque page. Un minimum de rigueur documentaire aurait été le bienvenu.
Du coup, il est légitime de se méfier de l’intrigue elle-même. Cela se veut documenté, mais... N’est pas Eco qui veut.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Libre à jamais
Après le monument qu'est La Guerre éternelle, j'appréhendais la manière dont ce récit pourrait être prolongé. Libre à jamais relève brillamment le défi en s'imposant comme une suite qui n'en est pas tout à fait une. Fini la guerre à grande échelle : on se focalise ici sur une communauté restreinte pour des enjeux paradoxalement plus vastes, touchant aux fondements mêmes de l'Humanité. Si le premier tome fait office de transition en parallèle à la fin de la série originale, il prépare le terrain pour un deuxième volume qui installe lentement la causalité du récit. Le tout culmine dans un troisième tome qui assume une rupture totale avec la 'Hard SF' pour s'aventurer vers une conclusion métaphysique. Un dénouement certes abrupt, voire proche du Deus Ex Machina, mais qui offre une fin bienvenue aussi bien mystique qu'audacieuse.
Saison brune
En découvrant cette BD, je me vois contraint de dissocier le fond de la forme. Sur le fond, je suis en accord avec le message de l'auteur et je salue la rigueur du travail documentaire. Sur la forme, en revanche, la lecture de l'album m'a été extrêmement pénible. Saison brune est un reportage graphique très solidement documenté sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Le travail de recherche de Philippe Squarzoni est impressionnant, sérieux et sincère. L'album couvre un spectre très large de données scientifiques, économiques et politiques, avec une volonté manifeste de rendre ces enjeux accessibles au plus grand nombre. L'ouvrage va bientôt avoir quinze ans et certaines données ont évolué depuis, mais d'autres étaient déjà en avance sur leur temps, d'autant plus que l'auteur rappelle qu'elles étaient connues parfois depuis des décennies. Sur le fond, l'ensemble est donc très complet, mais inadapté à ma manière de lire. J'ai réellement eu l'impression de parcourir un livre ou un essai documentaire plutôt qu'une bande dessinée. Malgré l'intérêt indéniable du sujet, l'album m'a paru laborieux. L'accumulation de chiffres et d'interventions dilue le propos et engendre parfois de la confusion, notamment lorsque certaines données semblent se contredire sans être clairement explicitées. Cette surcharge nuit à la lisibilité et affaiblit par moments la portée du discours. J'ai également été gêné par l'orientation très marquée de la dernière partie, où une place importante est accordée aux membres d'ATTAC. Leurs analyses ne sont pas dénuées d'intérêt, mais leur omniprésence confère à l'ensemble une coloration politique trop exclusive, avec le sentiment que seule cette vision du monde serait envisageable, au détriment d'autres pistes pourtant pertinentes (notamment autour de la démographie). Sur la forme, le choix d'un dessin très froid et d'un découpage rigide renforce l'aspect scolaire de l'album. En tant que bande dessinée, le médium est très peu exploité. Les pages s'enchainent, montrant essentiellement des visages statiques s'adressant directement au lecteur pour exposer analyses et faits. La seule mise en scène véritablement propre à la BD concerne les états d'âme de l'auteur, qui viennent s'intercaler entre ces séquences documentaires tenant davantage du livre illustré. J'ai réellement ressenti que la dimension BD se greffe sur un essai littéraire classique sans apporter de fluidité de lecture ni de narration graphique justifiant l'usage de ce médium. Ma note est à considérer comme profondément subjective. Il s'agit d'un ouvrage dense, honnête et intellectuellement stimulant, qui soulève de véritables questions et invite à la réflexion, mais qui m'a ennuyé par sa lourdeur, son ton souvent déprimant et son absence de propositions concrètes. Un livre important, sans doute, mais que je ne me vois ni relire ni recommander à tous.
Le Mètre des Caraïbes
Je crois que c’est la première BD de Wilfrid Lupano qui ne me conquiert pas. Il faut dire qu’il a placé la barre haut avec le reste de sa bibliographie, et que je m’attendais, comme souvent chez lui, à ce petit mélange de mordant, de rythme et d’évidence qui fait passer les pages toutes seules. Ici, ça ne prend pas vraiment. Le dessin, d’abord, m’a paru fragile. Très centré sur les personnages, au point que les décors semblent absents, ou, pire, oubliés. Ça donne un sentiment de bâclé, de désinvolture, comme si l’album se reposait sur une économie de moyens qui ne dit jamais clairement si elle est voulue ou subie. Et c’est d’autant plus frustrant que ce qui est “dans” la case est, paradoxalement, plutôt joliment réalisé : un trait net, parfois même léché, des visages expressifs, des intentions lisibles. Mais ce soin sur l’avant-plan ne suffit pas à masquer ce vide derrière, qui finit par attirer l’œil à chaque page, comme un décor en carton-pâte… sauf qu’ici, il n’y a même pas le carton. Au scénario, je rejoins pas mal des avis ici : c’est un peu poussif, parfois maladroit. On sent des idées, un sujet qui pourrait porter davantage, mais la narration peine à trouver son souffle. Les traits d’humour ne sont pas mauvais en soi, certains font mouche, d’autres font sourire, mais je me suis souvent demandé s’ils servaient vraiment le récit, ou s’ils venaient surtout meubler les transitions. Résultat : je reste à distance, sans cette impression d’élan et de précision qu’on associe spontanément à Lupano. Au final, j’ai refermé l’album avec une sensation de demi-mesure. Pas un naufrage, loin de là, mais une lecture qui laisse un goût d’inachevé, comme si tout était en place pour raconter quelque chose de plus fort… sans jamais oser aller au bout. Et c’est précisément ça qui déçoit : le potentiel est là, mais il est resté sous la forme d'un poulet des montagnes mal cuisiné.
Roi Ours
Un petit "pas mal" pour une histoire qui m'aura au final laissé sur ma faim. Une jeune fille offerte en offrande à un dieu animal se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte entre dieux et hommes. L'idée de départ m'attirait franchement, ce mélange de mysticisme et de romantique avait tout sur le papier pour me convaincre. Toutefois j'ai trouvé le développement beaucoup trop brut et rapide et c'est franchement dommage tant il y a de choses à explorer dans cette histoire et qui sont passées sous silence. C'est une des rares fois où je trouve dommage de conter une si belle histoire sur un seul album. Je pense que si l'auteure avait pu signer un dytique ma note aurait été bien meilleure. Reste le dessin que j'ai pour la peine beaucoup apprécié, autant pour ses formes que pour ses couleurs. Mobidic possède un indéniable talent Bref une petite déception qui tient plus au développement de l'histoire qu'à autre chose. Dommage
Le Chœur des sardinières
L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu. À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail. Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine... Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif. Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple. Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières. Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation. Un bof pour moi. Lecture recommandable pour ne pas oublier. « Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent À plusieurs milliers se mettent en grève. Écoutez claquer leurs sabots Écoutez gronder leur colère, Écoutez claquer leurs sabots C’est la grève des sardinières. »
Les Notes rouges
Bon ben je pense que je suis passé à coté de cet album. Il y a des qualités et je comprends pourquoi d'autres lecteurs ont adoré. Le dessin est élégant et on utilise bien la couleur... le problème est que je trouve que ce style est froid et que peu d'émotions en ressortent. C'est la raison principale pourquoi je n'ai pas accroché : les émotions. Tout le long de l'album, je n'ai pas ressenti grand chose en dehors d'un certain ennui. Je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs destins tragiques. J'ai trouvé que c'était long (heureusement qu'il y a plusieurs pages avec peu de textes) et que j'avais déjà vu des éléments du scénario dans des œuvres qui m'ont plu marqué. En gros, ce n'était pas un album pour moi.
L'Esprit critique
Un documentaire qui porte sur l'esprit critique et les théories qui en découlent (biais cognitif et autres termes du même genre). C'est bien que les autrices remettent les pendules à l'heure et rappellent que la science n'est pas censé être la gardienne de la vérité et on est pas naturellement plus intelligent parce qu'on est pro-science. Au travers le dialogue entre les deux personnages tout le long de l'album, ce que j'ai surtout retenu est qu'il faut se questionner sur soi-même et essayer de dialoguer avec l'autre au lieu de porter tout de suite un jugement. Ce sont des bonnes valeurs, surtout dans un monde de plus en plus divisé, mais j'ai l'impression que ça ne va pas marcher avec plein de gens qui auront tout de suite envie de me casser la gueule juste parce que j'ai émis une opinion contraire à la sienne. À part ça, je suis d'accord avec ceux qui trouvent que c'est une lecture dense. Heureusement que je connaissais déjà certains termes parce que je pense que j'aurais été totalement perdu. C'est un peu ardu et ce n'est pas un documentaire qui m'a bien amusé pendant la lecture. C'est clairement pas une lecture pour tout le monde.
La Couleur des choses
De prime abord c'est effectivement déconcertant. Avant la lecture je me suis demandé si en dehors de l'idée, du concept voir de la prouesse technico-graphico-narrative, cette bd ferait battre mon petit coeur. Et bien oui. C'est une bd qui m'a ému. On rentre très vite dans l'histoire et l'empathie pour le personnage principal fonctionne très vite. On est touché et on suit l'histoire de Simon, 14 ans et pas fraichement un athlète qui vient de gagner une fortune au travers d'un pari hippique qui va amener sa mère dans le coma. La narration est d'une fluidité parfaite et l'imaginaire que l'on se créé à sa lecture ainsique l'histoire qui se construit au fur et à mesure, tout ça donne quelque chose de très touchant. On suit pas à pas les enchainements qui arrivent à Simon, dont, à par nous lecteur, les hommes et femmes qu'il croise ne se soucient guère. Car chaque personnage rencontré par notre Simon ne voit qu'un bout de garçon, un ado pas franchement charismatique voir casse-pied avec ses soucis. Mais nous lecteur, qui le suivons depuis le début de l'aventure nous comprenons ses douleurs, sa logique, ses ressentis et tous ses doutes. A par nous Simon est seul plongé dans un monde d'adultes qui ne s'intéressent pas à lui, font juste leurs jobs ou encore tentent de le voler. Avec toute notre empathie nous avons envie qu'il s'en sorte, même si ce n'est qu'un garçon sans charisme particulier. Et tout ça avec des petits symboles vu du ciel... Quel tour de force ! Une belle bd.
Kid Paddle
On ne s'en lasse pas ! Voila plus de 10 ans que je relis mes Kid Paddles et j'ai toujours autant de plaisir. Aujourd'hui je passais sur un vide grenier et j'en ai trouvé 2 que je compte bien offrir à mon neveu. J'adore le style de dessin de Midam et en particulier la tête des "Blorks", ses montres sont vraiment funs. Rien que de voir la tête des Blorks je ricane bêtement. On est bien dans ce petit univers. Il y a aussi des runnings-gags qu'on retrouve (étrangement) toujours avec autant de plaisir. D'ailleurs c'est amusant car Kid, notre héros est fan de jeu vidéo mais je ne pense pas que l'auteur est vraiment beaucoup joué à ces jeux. C'est plus l'image qu'il s'en fait. Et ca rend justement le truc amusant. Sinon il y aura peut être eu une dimension plus "geek" et moins drôle. Bref une série qui garde toute sa fraicheur et qui est pour moi entrée dans les Grands Classiques de la BD.
Hérétique
L’introduction est un clin d’oeil amusant à Eco et attire l’attention. Le dessin est intéressant, mais hélas souvent maladroit. Ce qui fait mal aux yeux, par contre, ce sont les anachronismes partout : dans les meubles, les vêtements, les scènes de rues, l’architecture intérieure et extérieure. On perd rapidement l’effet "plongée dans le passé" quand on sursaute à chaque page. Un minimum de rigueur documentaire aurait été le bienvenu. Du coup, il est légitime de se méfier de l’intrigue elle-même. Cela se veut documenté, mais... N’est pas Eco qui veut.