Cette série suit les aventures d'une jeune apprentie sorcière espiègle qui découvre peu à peu ses pouvoirs, son destin et son lien avec un monde magique peuplé de créatures surnaturelles.
Le dessin est sans doute son premier atout : un style très sympathique, clairement orienté kawai, avec une ligne propre et toute en rondeur qui mise sur l'expressivité et la lisibilité. L'ensemble m'a fait penser à certains jeux vidéo en 3D isométrique, avec des décors colorés, des formes simples mais efficaces et un univers visuel immédiatement attachant. C'est doux, lumineux, agréable à l'œil, même si ce rendu très propre et très lisse peut parfois donner une impression de manque de caractère ou d'audace.
Côté histoire, on évolue dans un univers fortement marqué par les influences de Miyazaki, avec une proximité assez évidente avec Kiki la petite sorcière. Outre son petit chat parlant qui l'accompagne, on retrouve cette même atmosphère mêlant quotidien et magie, cette héroïne un peu maladroite mais attachante, et ce mélange de légèreté, de découverte de soi et de petites aventures. L'ensemble reste assez classique, mais fonctionne grâce à son ton mignon et à ses personnages sympathiques.
Au fil des tomes, une intrigue de fond se met progressivement en place autour des véritables pouvoirs de l'héroïne, notamment son lien avec des créatures censées être maléfiques comme les fantômes ou les monstres. Cela apporte un peu plus de profondeur, avec des thèmes comme la différence, la peur de l'autre ou l'exclusion, abordés de manière accessible, même si cela reste globalement assez attendu.
Le principal bémol vient du ton très enfantin. La narration est simple, parfois un peu rapide ou superficielle, et certains enchaînements manquent de fluidité. Cela peut limiter l'intérêt pour un lecteur adulte, qui aura parfois le sentiment que l'ensemble reste en surface, malgré un univers prometteur et un graphisme charmant.
Cela reste malgré tout une lecture mignonne et colorée, qui remplit parfaitement son rôle auprès d'un jeune public, tout en restant suffisamment agréable pour être partagée avec des lecteurs plus âgés.
Un bel album j'avoue, une belle qualité d'édition et plus de 300 pages. J'ai eu un peu de mal au début à rentrer dans cette histoire de lapins, avec un jargon bien spécifique, heureusement qu'un petit addendum séparé définit le glossaire. En plus les personnages étant des lapins, ils se ressemblent pas mal et ce n'est pas évident d'assimiler tous les noms. Pour faire simple, ce sont des lapins qui font sécession et décident d'aller coloniser une nouvelle garenne.
Puis ils se rendent compte qu'il leur faut des femelles afin de perpétuer leur village et décident donc d'aller en dégotter dans une autre garenne qui s'avère bien plus autoritaire et "fasciste". Il faut dire que le système lapin est très codifié avec un unique maitre lapin et des lapins un peu costauds qui sont les gardiens qui eux décident quand les lapins de base ont le droit de sortir pour manger ou autre. Donc c'est parfois violent, il y a du combat, de la stratégie et un véritable plan comme dans la Grande Evasion pour atteindre l'objectif de la mission. Cela s'avère haletant.
Une fable qui fait un parallèle évident avec nos communautés humaines et leurs travers.
Un album âpre sur une relation de couple toxique. Manifestement autobiographique, Asa raconte les débuts idylliques puis la main-mise de son compagnon sur elle, la poussant à se refermer, à changer physiquement, et enchainant dans un crescendo les vexations et humiliations.
Septième étage, c'est là où ils vivent, un appartement d'où Asa songe de plus en plus à passer par-dessus le balcon. Bref c'est sombre comme lecture mais il faut que des témoignages de ce genre existent et soient lus.
Un manga de romance sur un couple qui vit ensemble sans se marier. Rien de très palpitant. Il faut sans doute tenir compte d'une pression sociale et d'une culture japonaise qui incite les couples vivant ensemble à se marier. On a différentes anecdotes et l'originalité tient au fait que les chapitres alternent le point de vue d'une personne du couple puis de l'autre. Je ne sais pas si l'auteur a persévéré jusqu'au bout de la série, j'ai abandonné après le premier tome.
Bon, je ne vais pas aller à l’encontre de mes prédécesseurs et améliorer la note générale. Pourtant, je suis plutôt preneur d’humour con, qui peut très bien s’épanouir dans ce type de récit, utilisant des romans-photos ringards en y ajoutant des dialogues absurdes, abscons ou tout simplement fortement décalés.
Ovidie est aussi une personne/auteure intéressante.
Bref, j’attendais plutôt du positif de cette lecture. Et j’en suis sorti fortement déçu.
En fait, ça rate les deux choses que je pensais pouvoir trouver développées ici, à savoir une bonne poilade (dans la lignée de cette collection décalée du Seuil), et un discours construit contre le machisme et/ou les clichés autour du mâle alpha et d’une certaine soumission féminine à celui-ci (Ovidie oblige).
Un ou deux souries, mais dans l’ensemble, je n’ai clairement pas trouvé ça drôle.
Reste l’autre aspect donc. Mais, là aussi, c’est la déception qui prédomine. Je n’ai pas réellement vu quelque chose de clair transparaître, tout étant juste « plat », absurde, mais au sens un peu « n’importe quoi, au lecteur de trouver quelque chose d’intéressant là-dedans »…
Alors, certes, les beaux gosses sûrs d’eux empilés ici sont ridicules. Mais ça n’a pas suffi à me rendre cette lecture intéressante.
Je connais un peu l’action de Patton durant la seconde guerre mondiale, et j’avais été marqué par l’interprétation de Georges C. Scott dans le film « Patton » de Schaffner. Cette version BD m’a nettement moins captivé.
Le dessin fait le boulot (même si les personnages connus ne sont pas toujours totalement ressemblant au modèle), la colorisation aussi – même si elle manque parfois de nuances.
C’est le scénario qui m’a un peu déçu. Essentiellement parce qu’il ne tient pas les promesses d’une biographie permettant de comprendre Patton en profondeur. Il faudra pour cela attendre le petit dossier final – assez succinct – pour en savoir un peu plus.
En effet, tout l’album se concentre uniquement sur sa brillante contre-offensive des Ardennes de décembre 1944. On tombe donc sur un banal récit de guerre, mené tambour battant – comme le faisait Patton avec ses hommes.
Le récit se laisse lire, mais la personne de Patton reste quand même encore à découvrir.
On voit bien le meneur d’homme, le brillant stratège. Mais l’ambivalence du personnage (féru d’Histoire, poète à ses heures, mais aussi brutal et fortement égocentré) n’est qu’évoqué dans le dossier.
Sa carrière militaire antérieure (avant la seconde guerre mondiale, mais aussi ses campagnes d’Afrique et de Normandie), ses démêlés avec Eisenhower (qui l’a cantonné à un rôle de leurre en le privant du débarquement) ou les journalistes (suite à ses nombreuses sorties sans filtres) sont escamotés.
Et du coup, c’est davantage « Patton dans les Ardennes » qu’une vision plus ample et plus éclairante d’un général qui n’a laissé aucun de ceux qui l’ont connu indifférent.
Note réelle 2,5/5.
Je découvre Daijiro Morohoshi avec cette série, que j’ai empruntée au hasard, faisant confiance au Lézard Noir pour me proposer quelque chose d’original.
Le récit de Morohoshi s’inscrit dans une veine fantastique qui, peu à peu vire à l’angoisse, voire à l’horreur, comme a pu le développer dans moult séries quelqu’un comme Junji Ito. Les amateurs de ce dernier trouveront sans doute leur compte dans cette série, qui nous entraine dans un huis-clos oppressant.
Quelques personnages qui ne se connaissent pas ont tous subi la même terrible et déroutante expérience : ayant reçu un casse-tête (du simple Rubik’s Cube à quelque chose de plus élaboré, en passant par des mots croisés), la résolution de ce casse-tête a entrainé un phénomène étrange et inquiétant, la disparition d’une partie d’un paysage/décor connu, ou d’une partie de corps d’un familier (ou de son propre corps). Toutes ces parties manquantes sont devenues invisibles, tout en n’ayant pas réellement disparu.
Tous les personnages ayant vécu cette expérience sont invités à se trouver devant un bâtiment mystérieux (en forme d’une grande boîte – d’où le titre de la série), une porte s’ouvre, ils entrent, invités par une mystérieuse jeune fille, Kyoko. Et là ils découvrent qu’ils sont prisonniers de cette structure, aux airs de labyrinthe, et qu’ils ne pourront en sortir qu’en résolvant d’autres énigmes.
La suite est donc une sorte d’escape game morbide, dans lequel la tension va monter régulièrement, l’angoisse, le fantastique étant de plus en plus imprégné d’ero-guro grotesque. Morohoshi entretient le côté ludique en livrant en fin de chaque chapitre des solutions aux énigmes et impasses auxquelles ont été confrontés les personnages (et même de nombreux jeux type « 7 différences », jeux d’illusions, énigmes en tous genre, etc.). Le personnage de Kyôko, qui apparait/disparait régulièrement, mais aussi ses apparitions ponctuelles à côté d’une case, la jeune fille jouant le rôle de « maîtresse du jeu », commentant action ou dialogues de certains protagonistes, apportent un peu d’humour et ou de fraicheur à une intrigue par ailleurs plutôt asphyxiante.
Le fait que Morohoshi joue constamment sur des lignes géométriques pour le décor – épuré – voire sur des cubes, renforce le côté froid et l’unité du récit. Un récit qui s’écarte de plus en plus d’une réalité cartésienne (même les monstres apparaissent comme du Yokaïs difformes improbables).
Le troisième tome fait de très nombreuses références au travail d’Escher, ce qui accentue le côté absurde et froid, le côté faux et piégeux de ce qui se présente visuellement comme la réalité.
Le dessin est simple et classique, relativement épuré (là aussi proche de ce que propose Ito). Les yeux de certains personnages sont parfois un chouia trop gros par contre, avec un rendu donnant l’impression qu’ils sont maquillés).
Au final je dois dire qu’il y a quand même certaines redites, quelques longueurs. Mais l’auteur a su exploiter son idée de départ et en faire un récit mêlant angoisse et aspects ludiques, ces derniers compensant les longueurs évoquées plus hauts.
Une lecture détente pas désagréable, dans un style faisant un peu penser à Ito, mais en moins morbide, sans doute en plus « sage ».
Voilà un album très interessant autant par sa forme atypique (format à l'italienne pour un comics, c'est pas tous les jours) que par le fond. Une variation originale des histoires de voyage dans le temps : il est ici question de juste pouvoir arreter le temps, se balader, faire un trucs ou deux et pendant ce temps-là tous les gens sont figés et ne bougent pas. Et pendant qu'il s'est écoulé 1 seconde pour tout le monde, la personne en possession de se pouvoir a eu une heure ou deux pour vaquer à ses occupations. Et la question qui va avec : que faire d'un tel pouvoir ?
L'entrée en matière est assez prenante : des évènements bizarres et inexpliqués aux quatre coins du globe. Et plutôt du sordide et du violent : l'élimination d'un gang de motards, la disparition de chefs d'états, des règlements de comptes entre gangs... Seul un scientifique, à l'origine du procédé, semble s'y intéresser et comprendre ce qui se cache derrière ces mystères. C'est interessant, original, dynamique, le découpage est efficace et l'action va bon train.
Le dessin est esthétique, colle bien à l'ambiance du récit. Pour 4 chapitres en tout cas. Un second dessinateur s'est chargé des 4 derniers chapitres, et ça le fait beaucoup moins. Un style moins réaliste, plus cartoon, mais surtout bien différent du premier. Rien dans l'histoire ne justifie cette différence. Et c'est un peu regretable, car c'est moins joli dans la seconde moitié, l'ensemble perd en cohérence, on ne reconnait pas hyper bien les personnages. En tout cas il faut un moment pour se les réapproprier.
L'histoire est rythmée, et les péripéties, comme les révélations, tiennent bien la route. Jusqu'au dernier chapitre qui se résume à des scènes de poursuite alternées avec des scènes de baston. Cette dose survitaminée n'est pas la meilleure partie du scénario. Et la chute finale, bien énigmatique, n'apporte pas grand chose, si ce n'est laisser une ouverture pour une possible suite.
Au final on a quand même un bel album qui se lit d'une traite. Le thème est sympa et traité de manière originale. Cela suffit amplement à rassasier un lecteur amateur de séries d'action.
Les séries avec ce type d'humour absurde ont été popularisés avec brio par Fabcaro depuis quelques années. Cet album est à ranger dans cette même catégorie d'humour con et décalé. Il est ici question en fil rouge d'un braquage de banque avec prise d'otage et de la négociation qui est menée par une policière pour amener les braqueurs à se rendre. Et à chaque page, un gag absurde fait avancer la trame du récit.
Ca donne quoi ? des dialogues inattendus et complètement décalés, comme quand au milieu d'une séquence de négociation des demandes des braqueurs, les protagonistes s'interrogent sur la ville la plus ancienne du monde. Rien à voir avec le schmilblik, mais c'est bien le principe.
Sur le moment, sans être hilarante, la lecture n'est pas désagréable. Au mieux on sourit légèrement, au pire on reste de marbre en tournant la page. Cette dimension décalée, volontairement poussée à l'extreme, amène quand même trop de dialogues / situations vraiment sorties de nulle part. Et dans ces cas là, la chute, pas spécialement drôle, tombe un peu trop souvent à plat. Les quelques idées rigolotes (la mauvaise foi des chaines comme BFM TV) sont réutilisées à outrance, abusent trop des clichés et ce qui était marrant dans les 2-3 premières occurences ne fonctionne plus à la longue.
Et au final, une semaine après avoir refermé l'album, il n'en reste pas grand chose. Un souvenir mitigé, pas mauvais sur le moment mais une lecture pas marquante du tout.
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Magic (Lylian/Molinatti)
Cette série suit les aventures d'une jeune apprentie sorcière espiègle qui découvre peu à peu ses pouvoirs, son destin et son lien avec un monde magique peuplé de créatures surnaturelles. Le dessin est sans doute son premier atout : un style très sympathique, clairement orienté kawai, avec une ligne propre et toute en rondeur qui mise sur l'expressivité et la lisibilité. L'ensemble m'a fait penser à certains jeux vidéo en 3D isométrique, avec des décors colorés, des formes simples mais efficaces et un univers visuel immédiatement attachant. C'est doux, lumineux, agréable à l'œil, même si ce rendu très propre et très lisse peut parfois donner une impression de manque de caractère ou d'audace. Côté histoire, on évolue dans un univers fortement marqué par les influences de Miyazaki, avec une proximité assez évidente avec Kiki la petite sorcière. Outre son petit chat parlant qui l'accompagne, on retrouve cette même atmosphère mêlant quotidien et magie, cette héroïne un peu maladroite mais attachante, et ce mélange de légèreté, de découverte de soi et de petites aventures. L'ensemble reste assez classique, mais fonctionne grâce à son ton mignon et à ses personnages sympathiques. Au fil des tomes, une intrigue de fond se met progressivement en place autour des véritables pouvoirs de l'héroïne, notamment son lien avec des créatures censées être maléfiques comme les fantômes ou les monstres. Cela apporte un peu plus de profondeur, avec des thèmes comme la différence, la peur de l'autre ou l'exclusion, abordés de manière accessible, même si cela reste globalement assez attendu. Le principal bémol vient du ton très enfantin. La narration est simple, parfois un peu rapide ou superficielle, et certains enchaînements manquent de fluidité. Cela peut limiter l'intérêt pour un lecteur adulte, qui aura parfois le sentiment que l'ensemble reste en surface, malgré un univers prometteur et un graphisme charmant. Cela reste malgré tout une lecture mignonne et colorée, qui remplit parfaitement son rôle auprès d'un jeune public, tout en restant suffisamment agréable pour être partagée avec des lecteurs plus âgés.
Watership Down
Un bel album j'avoue, une belle qualité d'édition et plus de 300 pages. J'ai eu un peu de mal au début à rentrer dans cette histoire de lapins, avec un jargon bien spécifique, heureusement qu'un petit addendum séparé définit le glossaire. En plus les personnages étant des lapins, ils se ressemblent pas mal et ce n'est pas évident d'assimiler tous les noms. Pour faire simple, ce sont des lapins qui font sécession et décident d'aller coloniser une nouvelle garenne. Puis ils se rendent compte qu'il leur faut des femelles afin de perpétuer leur village et décident donc d'aller en dégotter dans une autre garenne qui s'avère bien plus autoritaire et "fasciste". Il faut dire que le système lapin est très codifié avec un unique maitre lapin et des lapins un peu costauds qui sont les gardiens qui eux décident quand les lapins de base ont le droit de sortir pour manger ou autre. Donc c'est parfois violent, il y a du combat, de la stratégie et un véritable plan comme dans la Grande Evasion pour atteindre l'objectif de la mission. Cela s'avère haletant. Une fable qui fait un parallèle évident avec nos communautés humaines et leurs travers.
Septième étage (7e étage)
Un album âpre sur une relation de couple toxique. Manifestement autobiographique, Asa raconte les débuts idylliques puis la main-mise de son compagnon sur elle, la poussant à se refermer, à changer physiquement, et enchainant dans un crescendo les vexations et humiliations. Septième étage, c'est là où ils vivent, un appartement d'où Asa songe de plus en plus à passer par-dessus le balcon. Bref c'est sombre comme lecture mais il faut que des témoignages de ce genre existent et soient lus.
Just not married
Un manga de romance sur un couple qui vit ensemble sans se marier. Rien de très palpitant. Il faut sans doute tenir compte d'une pression sociale et d'une culture japonaise qui incite les couples vivant ensemble à se marier. On a différentes anecdotes et l'originalité tient au fait que les chapitres alternent le point de vue d'une personne du couple puis de l'autre. Je ne sais pas si l'auteur a persévéré jusqu'au bout de la série, j'ai abandonné après le premier tome.
La Fabrique du prince charmant
Bon, je ne vais pas aller à l’encontre de mes prédécesseurs et améliorer la note générale. Pourtant, je suis plutôt preneur d’humour con, qui peut très bien s’épanouir dans ce type de récit, utilisant des romans-photos ringards en y ajoutant des dialogues absurdes, abscons ou tout simplement fortement décalés. Ovidie est aussi une personne/auteure intéressante. Bref, j’attendais plutôt du positif de cette lecture. Et j’en suis sorti fortement déçu. En fait, ça rate les deux choses que je pensais pouvoir trouver développées ici, à savoir une bonne poilade (dans la lignée de cette collection décalée du Seuil), et un discours construit contre le machisme et/ou les clichés autour du mâle alpha et d’une certaine soumission féminine à celui-ci (Ovidie oblige). Un ou deux souries, mais dans l’ensemble, je n’ai clairement pas trouvé ça drôle. Reste l’autre aspect donc. Mais, là aussi, c’est la déception qui prédomine. Je n’ai pas réellement vu quelque chose de clair transparaître, tout étant juste « plat », absurde, mais au sens un peu « n’importe quoi, au lecteur de trouver quelque chose d’intéressant là-dedans »… Alors, certes, les beaux gosses sûrs d’eux empilés ici sont ridicules. Mais ça n’a pas suffi à me rendre cette lecture intéressante.
Les Maîtres de guerre - Patton
Je connais un peu l’action de Patton durant la seconde guerre mondiale, et j’avais été marqué par l’interprétation de Georges C. Scott dans le film « Patton » de Schaffner. Cette version BD m’a nettement moins captivé. Le dessin fait le boulot (même si les personnages connus ne sont pas toujours totalement ressemblant au modèle), la colorisation aussi – même si elle manque parfois de nuances. C’est le scénario qui m’a un peu déçu. Essentiellement parce qu’il ne tient pas les promesses d’une biographie permettant de comprendre Patton en profondeur. Il faudra pour cela attendre le petit dossier final – assez succinct – pour en savoir un peu plus. En effet, tout l’album se concentre uniquement sur sa brillante contre-offensive des Ardennes de décembre 1944. On tombe donc sur un banal récit de guerre, mené tambour battant – comme le faisait Patton avec ses hommes. Le récit se laisse lire, mais la personne de Patton reste quand même encore à découvrir. On voit bien le meneur d’homme, le brillant stratège. Mais l’ambivalence du personnage (féru d’Histoire, poète à ses heures, mais aussi brutal et fortement égocentré) n’est qu’évoqué dans le dossier. Sa carrière militaire antérieure (avant la seconde guerre mondiale, mais aussi ses campagnes d’Afrique et de Normandie), ses démêlés avec Eisenhower (qui l’a cantonné à un rôle de leurre en le privant du débarquement) ou les journalistes (suite à ses nombreuses sorties sans filtres) sont escamotés. Et du coup, c’est davantage « Patton dans les Ardennes » qu’une vision plus ample et plus éclairante d’un général qui n’a laissé aucun de ceux qui l’ont connu indifférent. Note réelle 2,5/5.
Traqué dans l'espace
Aventure très sympa et bien écrite. Les dessins sont simples mais efficaces, j'ai passé un excellent moment avec cette bande dessinée, je recommande.
Box - Qu'y a-t-il dans la boîte ?
Je découvre Daijiro Morohoshi avec cette série, que j’ai empruntée au hasard, faisant confiance au Lézard Noir pour me proposer quelque chose d’original. Le récit de Morohoshi s’inscrit dans une veine fantastique qui, peu à peu vire à l’angoisse, voire à l’horreur, comme a pu le développer dans moult séries quelqu’un comme Junji Ito. Les amateurs de ce dernier trouveront sans doute leur compte dans cette série, qui nous entraine dans un huis-clos oppressant. Quelques personnages qui ne se connaissent pas ont tous subi la même terrible et déroutante expérience : ayant reçu un casse-tête (du simple Rubik’s Cube à quelque chose de plus élaboré, en passant par des mots croisés), la résolution de ce casse-tête a entrainé un phénomène étrange et inquiétant, la disparition d’une partie d’un paysage/décor connu, ou d’une partie de corps d’un familier (ou de son propre corps). Toutes ces parties manquantes sont devenues invisibles, tout en n’ayant pas réellement disparu. Tous les personnages ayant vécu cette expérience sont invités à se trouver devant un bâtiment mystérieux (en forme d’une grande boîte – d’où le titre de la série), une porte s’ouvre, ils entrent, invités par une mystérieuse jeune fille, Kyoko. Et là ils découvrent qu’ils sont prisonniers de cette structure, aux airs de labyrinthe, et qu’ils ne pourront en sortir qu’en résolvant d’autres énigmes. La suite est donc une sorte d’escape game morbide, dans lequel la tension va monter régulièrement, l’angoisse, le fantastique étant de plus en plus imprégné d’ero-guro grotesque. Morohoshi entretient le côté ludique en livrant en fin de chaque chapitre des solutions aux énigmes et impasses auxquelles ont été confrontés les personnages (et même de nombreux jeux type « 7 différences », jeux d’illusions, énigmes en tous genre, etc.). Le personnage de Kyôko, qui apparait/disparait régulièrement, mais aussi ses apparitions ponctuelles à côté d’une case, la jeune fille jouant le rôle de « maîtresse du jeu », commentant action ou dialogues de certains protagonistes, apportent un peu d’humour et ou de fraicheur à une intrigue par ailleurs plutôt asphyxiante. Le fait que Morohoshi joue constamment sur des lignes géométriques pour le décor – épuré – voire sur des cubes, renforce le côté froid et l’unité du récit. Un récit qui s’écarte de plus en plus d’une réalité cartésienne (même les monstres apparaissent comme du Yokaïs difformes improbables). Le troisième tome fait de très nombreuses références au travail d’Escher, ce qui accentue le côté absurde et froid, le côté faux et piégeux de ce qui se présente visuellement comme la réalité. Le dessin est simple et classique, relativement épuré (là aussi proche de ce que propose Ito). Les yeux de certains personnages sont parfois un chouia trop gros par contre, avec un rendu donnant l’impression qu’ils sont maquillés). Au final je dois dire qu’il y a quand même certaines redites, quelques longueurs. Mais l’auteur a su exploiter son idée de départ et en faire un récit mêlant angoisse et aspects ludiques, ces derniers compensant les longueurs évoquées plus hauts. Une lecture détente pas désagréable, dans un style faisant un peu penser à Ito, mais en moins morbide, sans doute en plus « sage ».
Stand Still
Voilà un album très interessant autant par sa forme atypique (format à l'italienne pour un comics, c'est pas tous les jours) que par le fond. Une variation originale des histoires de voyage dans le temps : il est ici question de juste pouvoir arreter le temps, se balader, faire un trucs ou deux et pendant ce temps-là tous les gens sont figés et ne bougent pas. Et pendant qu'il s'est écoulé 1 seconde pour tout le monde, la personne en possession de se pouvoir a eu une heure ou deux pour vaquer à ses occupations. Et la question qui va avec : que faire d'un tel pouvoir ? L'entrée en matière est assez prenante : des évènements bizarres et inexpliqués aux quatre coins du globe. Et plutôt du sordide et du violent : l'élimination d'un gang de motards, la disparition de chefs d'états, des règlements de comptes entre gangs... Seul un scientifique, à l'origine du procédé, semble s'y intéresser et comprendre ce qui se cache derrière ces mystères. C'est interessant, original, dynamique, le découpage est efficace et l'action va bon train. Le dessin est esthétique, colle bien à l'ambiance du récit. Pour 4 chapitres en tout cas. Un second dessinateur s'est chargé des 4 derniers chapitres, et ça le fait beaucoup moins. Un style moins réaliste, plus cartoon, mais surtout bien différent du premier. Rien dans l'histoire ne justifie cette différence. Et c'est un peu regretable, car c'est moins joli dans la seconde moitié, l'ensemble perd en cohérence, on ne reconnait pas hyper bien les personnages. En tout cas il faut un moment pour se les réapproprier. L'histoire est rythmée, et les péripéties, comme les révélations, tiennent bien la route. Jusqu'au dernier chapitre qui se résume à des scènes de poursuite alternées avec des scènes de baston. Cette dose survitaminée n'est pas la meilleure partie du scénario. Et la chute finale, bien énigmatique, n'apporte pas grand chose, si ce n'est laisser une ouverture pour une possible suite. Au final on a quand même un bel album qui se lit d'une traite. Le thème est sympa et traité de manière originale. Cela suffit amplement à rassasier un lecteur amateur de séries d'action.
Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée
Les séries avec ce type d'humour absurde ont été popularisés avec brio par Fabcaro depuis quelques années. Cet album est à ranger dans cette même catégorie d'humour con et décalé. Il est ici question en fil rouge d'un braquage de banque avec prise d'otage et de la négociation qui est menée par une policière pour amener les braqueurs à se rendre. Et à chaque page, un gag absurde fait avancer la trame du récit. Ca donne quoi ? des dialogues inattendus et complètement décalés, comme quand au milieu d'une séquence de négociation des demandes des braqueurs, les protagonistes s'interrogent sur la ville la plus ancienne du monde. Rien à voir avec le schmilblik, mais c'est bien le principe. Sur le moment, sans être hilarante, la lecture n'est pas désagréable. Au mieux on sourit légèrement, au pire on reste de marbre en tournant la page. Cette dimension décalée, volontairement poussée à l'extreme, amène quand même trop de dialogues / situations vraiment sorties de nulle part. Et dans ces cas là, la chute, pas spécialement drôle, tombe un peu trop souvent à plat. Les quelques idées rigolotes (la mauvaise foi des chaines comme BFM TV) sont réutilisées à outrance, abusent trop des clichés et ce qui était marrant dans les 2-3 premières occurences ne fonctionne plus à la longue. Et au final, une semaine après avoir refermé l'album, il n'en reste pas grand chose. Un souvenir mitigé, pas mauvais sur le moment mais une lecture pas marquante du tout.