Les derniers avis (238 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Escadron de la Reine
L'Escadron de la Reine

Pendant le (court) règne d'Henri II et celui de ses fils, son épouse Catherine de Médicis a joué un rôle politique très important. On lui prête ainsi la création d'une brigade informelle, surnommée l'Escadron volant, au sin duquel un certain nombre de ses dames de compagnie ont joué le rôle d'espionnes, jouant les bretteuses et obtenant des secrets stratégiques sur l'oreiller. Techniquement, cela faisait de la Médicis une mère maquerelle, utilisant les charmes de ses courtisanes pour obtenir plus de pouvoir. Si cet escadron a réellement existé, il fut l'objet de nombreuses fables, certaines allant parfois très loin. Raule, scénariste espagnol connu notamment pour Jazz Maynard, s'en est emparé pour tourner l'idée à sa sauce, et nous livrer un récit d'aventure historique ma foi pas mal troussé, mêlant intrigues de la Cour et combats d'épées dans les rues de Paris. Avec en prime la présence d'une tueuse venue visiblement d'Orient. Le récit est mis en images par José Muñoz, vétéran de la BD argentine, qui a notamment travaillé avec Breccia et Pratt. Son style s'est affiné dans cette série, pour ressembler à ce que l'on faisait il y a une vingtaine d'années dans la collection (A suivre). C'est très plaisant, et on voit que le dessinateur s'amuse beaucoup à varier sa mise en scène, pour nous offrir de belles planches assez classiques. Curieux de savoir ce qu'il va arriver à Victoria, l'audacieuse débutante, dans la suite d ela série.

16/02/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Secret housewives
Secret housewives

À mon âge, je commence à découvrir et à lire des mangas porno. Je devrais avoir plus de jugement, être plus raisonnable... Je n'aime pas le futanari, les images avec des tentacules partout, ni les histoires avec des personnages qui ressemblent à des enfants. En internet, les génitaux sont souvent censurés et c'est trop laid! Cependant, tout n'est pas mauvais, au contraire! Shinozuka Yuuji est dans la moyenne de ce que j'ai trouvé le moins mauvais, a condition d'aimer les (très) gros seins et les femmes en manque d'attention. Les histoires ne sont pas trop longues et le dessin est plutôt bien. Ce qui manque ici, je pense, c'est un peu plus d'humour et de surprises.

16/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Victor Hugo et l'affaire des filles de Loth
Victor Hugo et l'affaire des filles de Loth

Je ne connaissais pas du tout le poème de Victor Hugo, mais j'ai bien aimé l'idée de reprendre cette histoire biblique un peu moins connu que d'autres en prétextant ce poème pour parler du passage en question. Je pensais le connaitre, mais en vérité je n'avais en tête que la fin de l'histoire, celle qui est souvent reprise dans les tableaux et œuvres d'art. Mais il y a pourtant bien plus ! Les deux volumes explorent donc toute l'histoire de Loth et de ses filles, tout en faisant une histoire secondaire de Victor Hugo qui la raconte à ses amis après une séance de spiritisme suite à la mort de sa fille. Cette seconde histoire aura un dénouement que j'avoue ne pas avoir bien saisi. D'accord, le poème ne serait pas de Hugo, mais franchement on s'en fiche un peu et ça semble un prétexte à apporter la présence de Georges Sand, qui n'était pas là auparavant. C'aurait été une bonne façon d'apporter la question du féminisme et de la place des femmes dans cette histoire, mais ce n'est jamais développé et c'est dommage. Cette seconde intrigue est donc assez anecdotique et je ne pense pas qu'elle soit nécessaire au récit. Par contre l'idée de représenter tout l'épisode biblique en commençant par l'arrivée de Loth et son peuple sur les bords de Sodome et Gomorrhe jusqu'à la destruction de ces deux villes. Et c'est un récit d'aventure assez classique avec un dénouement bien connu, mais le tout est bien raconté avec des personnages sympathiques. Le récit prend le temps de se développer mais réussit aussi à retransmettre des problématiques que je doute trouver dans le texte d'origine. Et c'est plaisant de lire un récit qui déborde de son cadre initial pour faire une vraie histoire complète. N'eut-été l'absence de liens clairs entre l'histoire principale et la secondaire, j'aurais dit que la BD est une vraie réussite. En l'état, c'est bien mais pas assez travaillé sur les liens entre les deux narrations pour que je note au-dessus. A lire à l'occasion, c'est plutôt bon !

16/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Crétin qui a gagné la guerre froide
Le Crétin qui a gagné la guerre froide

J'ai découvert le personnage de Reagan avec cette BD, ma culture du bonhomme étant très limité à quelques blagues qu'il avait fait et l'idée que c'était sous sa présidence que le libéralisme était devenu triomphant avec l'influence des Chicago Boys ainsi que le retour au conservatisme américain. Bref, Reagan est pour moi l'image du néo-libéralisme qui arrive, des conservateurs et du retour à un ordre moral fantasmé, devenu symbole d'années fastes (les années 80) aujourd'hui célébrées jusqu'à la nausée. Bref, ces années-là ont marquées suffisamment pour rejaillir aujourd'hui, et cette BD m'a permis de comprendre un peu plus qui était l'homme à la tête des USA à ce moment-là. Et le titre est carrément éclairant : ce type semble être un crétin. La BD le rend sympathique, sans doute plus qu'il ne l'était en réalité, mais mon dieu que ce type semble bête, la caricature du texan avec des blagues à chaque discours et un égo surdimensionné. Ses sorties sont souvent problématiques, il a un bagout et une gouaille, il s'amuse sans prendre réellement en compte sa charge de président de l’État, déléguant à ses acolytes dont un certain Bush qui reviendra bientôt. Le tout alors même qu'il arrive finalement à se faire accepter d'un Gorbatchev qui semble comprendre l'idiot et traite avec ses ministres. La BD balaye vraiment les huit années de mandat, citant nombre de ses discours et de ses actes, dont une idée de guerre spatiale qui sera reprise par Trump plus tard. Le tout avec ce personnage dont on ne sait que penser : authentique idiot ou acteur jouant sur ce personnage dans une situation où il n'est pas en contrôle ? C'est une question non-résolue, mais elle reste en tête. En fait, j'ai surtout l'impression que les auteurs ont voulu montrer une facette sympathique d'un type pour lequel je n'ai aucune empathie au niveau des idées. En somme, une tentative de comprendre l'homme mais sans pouvoir être certain de la réalité. La fin est explicite sur la démarche, avec l'image de Trump qui débarque et qui semble reprendre nombre des éléments de son prédécesseur. En pire, sans aucun doute ... Une BD qui m'a bien plu, pas forcément une BD inoubliable mais qui apporte un éclairage sur la fin de la Guerre Froide dont les américains s'accapareront le mérite. Elle est assez drôle et bien faite pour qu'on suive ce politicien sans rien manquer, le tout avec un message clair et fort sur la puissance d'un chef d'état et ce qu'il advient du monde lorsqu'un guignol s'en empare. Un message qui résonne terriblement bien avec l'actualité, hélas.

16/02/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Eat, and Love Yourself
Eat, and Love Yourself

J'avais envie de voir ce que le sujet donnerait adapté en BD, la dysmorphisme d'un personnage. La BD finie, je suis content de l'avoir lu mais je dois avouer que la BD reste à la surface des choses. Un peu dommage, donc, malgré les bonnes qualités qu'elle contient. Cette BD semble avoir été faite suite à une campagne de Kickstarter lancée en 2016 aux États-Unis, avant d'être adaptée chez nous par Ankama. C'est donc une réalisation avec beaucoup de volonté de la part de l'autrice, ce qui se sent dans l'histoire autant que dans le propos. Par exemple la dédicace d'entrée est une invitation à apprécier son corps quel qu'il soit, on ne peut être plus clair. L'histoire de cette BD est donc celle d'une jeune femme atteinte de dysmorphisme, détestant son corps qui n'est pas celui qu'elle voudrait. Trop grosse, mal fichue, laide, elle se sent mal dans sa peau et semble subir son entourage, dans les commentaires ou les attentes. La BD va montrer ce que ce ressenti fait vivre de l'intérieur, le mal-être, les comportements alimentaires, les luttes internes, la violence qu'on subit sans qu'elle ne soit volontaire ... Plusieurs fois dans la BD, Mindy va éclater, laissant échapper à quel point sa condition lui remonte sans cesse au visage. Ces explosions de violences sont les moments où son entourage comprend enfin qu'elle est travaillée par des soucis personnels présents à chaque instant. Et qu'ils lui font du mal ... La narration de la BD passe par un chocolat rappelant des souvenirs, permettant de remonter la vie de cette jeune femme et la façon dont elle fut sans cesse confronté à ses troubles alimentaires, aux remarques sur son physique et à la confrontation sociale qu'elle dû subir. Maintenant, cette exploration du passé et du présent, concluant sur les commentaires que son psy lui a fait afin de l'aider dans sa vie de tout les jours manque un peu de conclusion, sans doute aussi de développement. Notamment au regard des personnes autour, quel impact ont ces révélations sur eux ? Quel sont les perspectives d'avenir suite à ces prises de conscience ? Quel est le résultat pour Mindy, comment envisage-t-elle son propre avenir ? Ces questions sont sans réponses et c'est dommage, la BD reste sur le ressenti de Mindy et son point de vue, sans jamais en sortir. De fait, je trouve que ça limite le résultat, avec une BD sympathique et honnête, apportant son propos sans jamais dépasser ce propos. De fait, ça reste limité, donc pas indispensable mais plutôt réussi !

16/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Passeur(s)
Passeur(s)

Awar est un passeur, à la tête de convois de migrants vers le Royaume-Uni pour le compte d'un réseau aux méthodes mafieuses. L'arrivée d'une jeune Kurde fuyant la Syrie ravive chez lui de douloureux souvenirs et une humanité qu'il croyait étouffée par ce système cruel dont il n'est qu'un rouage. Basé sur les enquêtes de terrain du journaliste Frederic Loore, cette BD raconte de l'intérieur le fonctionnement du trafic de migrants, en adoptant, fait assez rare, le point de vue des passeurs. La tonalité oscille entre thriller et drame social. Filières, intermédiaires, hiérarchie, méthodes de pression, marchandisation des corps : l'ensemble se veut instructif et documenté, et il y a un solide travail d'enquête derrière la fiction (ainsi qu'un cahier documentaire sur le trafic d'êtres humains en fin d'album). L'objet en lui-même est une bel et grand album, un ouvrage éditorialement soigné qui impose immédiatement sa présence. Le dessin, sombre et réaliste, travaille surtout en teintes de gris, relevées de quelques rares touches de couleur venant souligner certains éléments symboliques, comme le foulard de combattante kurde de la jeune femme. Cette palette restreinte renforce la rudesse du propos. L'atmosphère est lourde, oppressante, bien en accord avec ce récit dur, presque sans échappatoire. Sur le fond, la description du trafic est implacable. On mesure la violence du système, l'exploitation cynique, la peur constante des migrants, l'humiliation organisée par les trafiquants. C'est âpre, parfois glaçant, et probablement crédible au regard de la documentation revendiquée. Pourtant, une question persiste : le traitement des antagonistes m'a semblé très manichéen. Les trafiquants apparaissent comme revanchards, haineux, brutaux, arrogants : de véritables salopards sans nuance, à l'exception relative du héros qui dissimule son humanité derrière un masque d'impassibilité. Leur violence est telle qu'on en vient à s'interroger : est-ce la représentation fidèle d'une réalité déjà insoutenable, ou une accentuation dramatique destinée à renforcer l'impact ? De la même manière, la passivité apparente des migrants face à ces exactions interroge (tout comme leur focalisation quasi exclusive sur le Royaume-Uni comme terre d'accueil, mais c'est un autre sujet). On conçoit que leur situation soit désespérée, que la guerre et l'absence de perspectives puissent rendre acceptable l'inacceptable. Mais face aux abus montrés ici, j'ai parfois eu du mal à comprendre pourquoi aucune révolte ne semblait possible. Je me suis demandé s'il s'agissait du reflet d'un rapport de force si écrasant qu'il annihile toute résistance, ou si le récit ne forçait pas le trait pour dénoncer l'horreur du système au détriment d'un peu de nuance. Je ne peux que supposer que l'histoire est conforme à la triste réalité documentée. Passeur(s) est une œuvre dure, sombre et solidement construite. Un récit instructif et engagé, qui éclaire efficacement les mécanismes du trafic de migrants. Mais son traitement très frontal, presque sans nuance dans la caractérisation des bourreaux, laisse planer un doute : sommes-nous face à une réalité brute, aussi terrible que cela, ou à une vision volontairement accentuée pour frapper les consciences ? Quoi qu'il en soit, la lecture ne laisse pas indifférent.

16/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Monstrophobie
Monstrophobie

Arashiro, lycéen harcelé incapable d'assumer son homosexualité, se transforme en monstre après avoir été blessé par les propos homophobes d'un professeur qu'il admirait. Cette métamorphose devient une carapace : une protection contre le regard des autres, mais aussi un moyen de l'affronter pour de bon. Avec Monstrophobie, Kazuki Minamoto livre un conte moderne assez rude sur l'homophobie, le harcèlement scolaire, la lâcheté institutionnelle et l'acceptation de soi. À partir du rejet et de la honte intériorisée, le récit élargit son propos : la victime peut devenir violente, le harcelé peut à son tour harceler, et les adultes se montrent parfois profondément défaillants. Si la thématique LGBT est centrale, l'enjeu dépasse cette seule question : il est aussi affaire d'identité, de pression sociale et de difficulté à s'accepter. Le propos, sur le fond, est sincère. Le dessin, expressif et efficace, soutient bien les scènes de transformation et de crise intérieure. Le monstre, avec sa drôle d'allure à la frontière entre ridicule et effrayant, matérialise visuellement le mal-être, et certaines planches traduisent avec force la détresse d'Arashiro comme celle d'autres personnages. C'est surtout le ton qui m'a laissé partagé. L'aspect allégorique rend parfois flou le fonctionnement de cette métamorphose, dont les effets semblent variables et narrativement un peu artificiels. Quant à la manière d'aborder les thématiques principales, par moments les réflexions sont profondes, justes et intelligentes dans leur manière d’éviter le manichéisme. Et à d’autres, certains comportements m’ont semblé étranges, voire maladroits. Le héros, notamment, franchit assez tôt une limite problématique lorsqu’il agresse sexuellement celui qu’il aime : une scène un peu violente, aussi surprenante que dérangeante, qui semble ensuite presque éludée. Difficile de ne pas rester gêné par ce traitement, mais on n'en parlera plus jamais dans la suite du manga ce qui m'a laissé circonspect. De même, le professeur admiré apparaît constamment médiocre, mollasson et réactionnaire, au point qu'il devient difficile de comprendre l'attachement d'Arashiro. C'est un manga surprenant, parfois subtil, parfois maladroit, qui peut déconcerter mais qui me semble néanmoins pertinent pour de jeunes lecteurs en quête de réponses sur eux-mêmes et sur le regard des autres.

16/02/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Kid Francis
Kid Francis

Autant la boxe me fait profondément chier, autant les boxeurs se révèlent souvent être des personnalités pour le moins attachantes. C'est un monde qui me semble à part, et qui offre un cadre scénaristique prometteur. On gardera en mémoire Ali, Rocky, Raging Bull ou bien encore Million Dollar Baby pour ce qui est du ciné, pour ne citer que ces titres, ou Championzé en ce qui concerne la BD. C'est le cas ici encore une fois. Kid Francis est illustrée par Gregory Mardon dont j'apprécie le travail depuis longtemps. J'aime son dessin qui, sans être ce que j'appellerais un "beau dessin" (même si on sent bien la maitrise), se révèle d'une efficacité redoutable. Il ne s'embarrasse pas de détail, va à l'essentiel, et parvient à nous captiver par la seule force de son expressivité. A mes yeux, rares sont ceux qui parviennent à un tel niveau, de ce point de vue. Quant au scénar, il est à l'image du dessin : il file droit au but, ne laissant sur son passage aucun temps mort. Si la vie du boxeur François Buonagurio (de son vrai nom) est essentiellement composée de lacunes, Marius Rivière reconstitue les blancs avec brio, faisant par la même occasion l'impasse sur la période argentine, sans doute peu voire pas documentée du tout. Alors bien sur, certains personnages paraissent un peu stéréotypée, tel François Spirito, collabo de circonstance comme il y en a plein les romans, mais aussi comme il y en avait plein la vie, ai-je envie d'ajouter... Le scénario manque aussi parfois de surprise, et l'issue de la plupart des situations semble cousu de fil blanc. Mais n'empêche ! Kid Francis est un genre de modèle du genre. En outre, on sent bien la présence des personnalités, ainsi que leur motivation, notamment celles de Kid Francis qui en devient très attachant. Enfin, le contexte historique est très bien rendu. On croise des célébrités de l'époque (Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Marcel Pagnol...), on percute l'Histoire (Vous saviez que des quartiers entiers du centre ville de Marseille avaient été dynamités par les Allemands en 1943 ?)... Bref ! C'est une BD solide et sure de son fait qui saura séduire largement.

16/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Phalanges de l'ordre noir
Les Phalanges de l'ordre noir

Le premier chef d'oeuvre du duo Christin-Bilal. Après la trilogie Légendes d'aujourd'hui, c'est l'épisode de la maturité. Christin livre un scénario sans fantastique mais fait cohabiter l'Histoire avec les histoires grâce à l'utilisation d'une voix off qui fonctionne comme un monologue intérieur. C'est précurseur et en plus le procédé est parfaitement maîtrisé, jusqu'à la conclusion magistrale du récit. Guerre d'Espagne, brigades rouges... On est en 1979 et on se rend compte qu'on peut traiter de tous les sujets à travers la bd pour adultes. Bilal utilise pour la dernière fois les bleus de coloriage avant le passage en couleurs direct. Disons juste que le soin apporté aux détails est exceptionnel et que la comparaison avec ses dernières productions peut être assez choquante si on ne connait que sa dernière période artistique. Arrières plans, nuages, chemins de traverses, péniches, bâtisses isolées, toitures au coeur de la ville; tout est sujet à émerveillement. C'est la clôture parfaite d'un premier âge d'or démarré en 1975 avec la Croisière des Oubliés. Le duo Christin-Bilal fait maintenant partie des précurseurs et le montrera encore quelques années plus tard avec Partie de Chasse. NB : à noter que la dernière édition de 2002 nous gratifie d'une longue interview (9 pages !) de Christin et Bilal ensemble très intéressante.

16/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Crue
Crue

Claude Paiement et Jean-Paul Eid collaborent encore une fois et donne un très bon one-shot qui traite d'un sujet actuel à savoir la dénonciation anonyme d'un réalisateur très populaire qui aurait abusé une femme il y a de cela plusieurs décennies. Le scénario est efficace et très crédible. Les événements qui se produisent après la dénonciation sont réalistes avec ceux qui le défendent et ceux qui le jugent immédiatement. Ajoutons qu'en plus le réalisateur en question vient de sortir un film qui récolte des prix et des nominations alors plusieurs voudraient bien que cette accusation passe sous le tapis en se foutant si c'est vrai ou non, ce qui est important est que ce célèbre réalisateur fait honneur au Québec en gagnant l'oscar du meilleur film étranger ! Je ne sais pas si un lecteur européen va bien comprendre toutes les subtilités de la société québécoise. En gros, avant les années 60 le Québec francophone était dominé par la minorité anglophone et hormis une minorité de bourgeois, la plupart des francophones étaient des prolétaires et tout a changé en seulement quelques décennies. Le personnage principal fait parti de cette génération qui a souvent eu la vie dur avant de pouvoir s'épanouir durant les changements sociaux des années 60-70 et je comprends parfaitement qu'il soit traité comme un bijou national et qu'il faut que sa réputation soit irréprochable. Sauf que sa génération a aussi connue une époque où pouvait faire des choses qu'on ne peut plus faire aujourd'hui.... Le scénario est prenant et les personnages sont complexes. Il y a des dialogues qui font mal parce qu'elles disent des vérités que parfois on ne voudrait pas entendre. Le seul défaut selon moi est que l'identité de la mystérieuse femme qui dénonce et harcèle le réalisateur me semble facile à deviner.

15/02/2026 (modifier)