Tranche-Trognes est un bourreau médiéval persuadé d'exercer le plus noble des métiers, mais dont les maladresses et les échecs répétés font davantage de lui un personnage attachant et comique qu'une figure inquiétante.
J'ai du mal à cerner le public cible de cette série. Le dessin, très aéré, rond et caricatural, donne l'impression de s'adresser aux enfants de moins de dix ans, tandis que le texte, certains jeux de mots et quelques gags plus caustiques semblent plutôt destinés à des lecteurs un peu plus âgés. On y trouve même par moments un humour qui parlera davantage aux adultes. Malgré ce positionnement un peu flou, j'ai trouvé l'ensemble plutôt plaisant.
Le principal atout de la série est son ambiance. Bien que le héros soit un bourreau, il n'y a jamais de véritable torture ni de mort à l'écran. Tout est constamment désamorcé par l'humour, souvent contre la volonté du principal intéressé d'ailleurs. Tranche-Trognes est un personnage assez attachant : fier de son métier et convaincu de son importance, il accumule pourtant les maladresses avec une bonne humeur inaltérable. Il ne devient jamais ronchon ou amer malgré ses échecs répétés et conserve en permanence un enthousiasme communicatif.
La série est construite sous la forme de chapitres courts, proches de petites histoires indépendantes, tout en conservant une certaine continuité d'un épisode à l'autre. Ce format fonctionne bien et rend la lecture légère et très fluide. J'ai souvent souri devant les situations, les personnages ou les dialogues.
En revanche, j'ai rarement ri devant les chutes elles-mêmes. Les conclusions des histoires me paraissent souvent assez prévisibles ou basiques. À mes yeux, l'humour fonctionne davantage dans le déroulement des récits que dans leur punchline finale.
Ce n'est donc pas une série hilarante, mais plutôt une lecture chaleureuse et sympathique qui entretient constamment une bonne humeur communicative.
Signe-Singe : jusqu'ici, j'avais compris la blague. Le livre ne va beaucoup plus loin, une longue blague pas toujours réussie, élucubrations dans un supposé essai sur Tarzan, réflexions et hypothèses farfelues. Les dessins se limitent à quelques détails (inspirés de Hogarth) qui évoquent l'origine du héros et il n'y a pas d'autre histoire. J'attribue la note moins mauvaise à l'immense culot de l'auteur et au fait d'avoir ri de moi-même à la fin.
La Fiancée du clan Kyougane nous raconte l'histoire d'un couple inhabituel : lui est le descendant d'une longue lignée d'exorcistes, qui a voué sa vie à la traque des démons, et elle est une jeune femme intrépide qui se retrouve avec un corps hybride à la suite d'une rencontre avec un célèbre démon. Mais loin de vouloir la tuer, Kuro Kyougane va tout faire pour protéger son épouse et essayer de lever l'anathème qui pèse sur elle.
C'est ma foi assez sympathique, l'action est quasi omniprésente, on ne s'ennuie pas, et avec l'arrivée d'un groupe d'inspecteurs de la guilde des exorcistes, les choses se corsent en fin de volume. Un premier volume plus épais que la moyenne, puisqu'il compte plus de 200 pages. Le dessin me semble manquer encore d'un peu de maturité, mais c'est ma foi assez agréable, et le design des démons rencontrés est plutôt inventif. Mention spéciale pour le démon de classe inférieure, assez semblable à un totoro, qui se fait estourbir pour être servie en ragoût à ce couple surprenant. cela ressemble à un running gag.
Curieux de lire la suite.
Je rejoins largement Solo : Comès est à son meilleur dans les Ardennes, le personnage principal ressemble à un personnage dans Corto Maltese. Volontairement ou non ? Allez savoir…. On peut parler de folie de la guerre ou individuelle tant qu'on veut, mais il y a un désir de liberté des personnages. Par ses amis imaginaires, l'héroïne si l'on peut dire se libère de sa solitude et des conventions sociales. Par le jeu de guerre, les hommes avec qui elle se confronte se libèrent de leur violence. Et c'est très bien comme ça : il faut se purger de sa violence sans nuire à personne, l'art est censé le faire, mais un jeu comme une fausse guerre et des personnages imaginaires y parviennent aussi. Après, il faut savoir se donner des limites….
Un des hommes essaie vaguement d'expliquer qu'on ne peut en vouloir à l'héroïne qui ne fait pas exprès d'être folle, mais de même qu'elle n'a pas voulu tenir compte du fait qu'il est bon qu'ils se purgent de leur violence sans nuire, ils ne veulent pas l'excuser au motif de ses troubles. L'auteur traite de la question de la folie, de la guerre, de la purgation et de l'incommunicabilité et de la nature, il éclaire plus certains aspects que d'autres… Les explications ne sont pas forcément de trop, et pour ce qu'elles disent, et pour apaiser à la fin, et pour… Qui sait ? Pour qu'on dise qu'il explique trop quand tant de choses comme la nature, l'incommunicabilité et la purgation restent dans l'ombre ! Le lecteur a l'esprit apaisé ou impatienté de croire tout comprendre. Mais un jour, il pourra reprendre l'œuvre et lui trouver de nouvelles résonances, au lieu de paraître plus petite et fanée, ce sera tout le contraire !
Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher.
Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ».
Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.
2.5
Ann Nocenti a commencé sa carrière de scénariste avec des séries de super-héros Marvel et même en faisant du comics mainstream elle écrivait souvent des histoires étranges où soit on embarquait dans son délire, soit on restait en dehors du récit. Ayant déjà lu des récits d'elle, je n'ai pas été surpris par le ton de cet album bien particulier.
On retrouve selon moi les forces et les faibles de la scénariste. Oui, elle a un ton original qui la fait sortir du lot, mais parfois c'est parfois un peu trop original pour être bien compréhensible. Le scénario mélange plusieurs thématiques et parfois c'est un peu dur de comprendre où l'autrice voulait en venir. C'est aussi un peu trop décousu à mon gout. Je pense que le plus gros défaut est le dessin que j'ai trouvé froid. Il est dénué d'émotions et d'ailleurs je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. Lorsque je regarde ce que j'ai aimé de Nocenti, je me rends compte que j'ai surtout aimé son run sur Daredevil et cela venait en parti du talent des dessinateurs qui collaboraient avec elle.
Au final, une curiosité à lire si on aime les scénarios bizarres, mais c'est pas très palpitant à lire.
Ce manga commence bien avec un premier tome introductif bien excitant.
Il y a tout d'abord le dessin qui est vraiment dynamique et très beau à regarder. C'est le style de dessin que j'aime lire dans un manga. Pour ce qui est du scénario, l'autrice reprends le thème des cupidons de manière originale. Notre héroïne est morte de manière tragique est devenue un cupidon. À travers ces yeux de recrue, on découvre le métier de cupidon et l'autrice n'a pas peur de partir dans un gros délire parce que ses cupidons n'utilisent pas du tout l'arc pour toucher le cœur des gens ! L'humour fonctionne bien et il y a un bon équilibre entre les moments rigolos et le coté tragique du premier arc narratif. En effet, l'héroïne va retrouver quelqu'un de son passé lors de sa première mission et on traite du drame avec pudeur et intelligence. Les différents cupidons sont attachants.
J'espère que la suite va être aussi bonne.
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga.
Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ».
Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série.
D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts.
Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer !
Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage.
Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements.
Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
Ce dérivé des Profs ne démérite pas, d'autant qu'on retrouve ci et là les protagonistes de la série mère.
Comme bcp de recueils de gags, il faut lire quelques pages, sinon c'est l'overdose, ça peut vite lasser.
Rien de méchant, rien de subversif, une BD très honnêtement dessinée par Mauricet puis Stédo, qui ne sont pas des débutants et qui savent manier le crayon. Bref, c'est plus que largement correct graphiquement. Pour les scénarios, parfois, il y a des redites, c'est un peu normal. Certains albums sont très thématiques, comme celui des vacances. Mais globalement, ça tient bien la route, on va dire que c'est au dessus du panier.
Chose amusante, la petite amie de Boulard n'est pas la même dans les 2 séries, mais ce n'est pas très gênant.
Je trouve le graphisme du petit frère un peu loupé : il fait nettement trop âgé dans les 1er albums.
Emporté par mon élan, j'attribue 4 étoiles à ce genre de BD souvent injustement décriée, dont le but est de divertir.
Attiré par son titre provocateur, j'ai apprécié me plonger dans Je ne veux pas travailler de Nele Jongeling.
Depuis qu'elle a terminé ses études, Edith est en recherche d'emploi depuis 1 an. Elle décide de participer à un show TV intitulé « Job de Rêve », mettant en concurrence cinq candidats dans des épreuves censées évaluer leur motivation, apprendre à augmenter sa productivité ou bien développer ses capacités de communication. A la clef : une offre d'emploi correspondant au job de ses rêves. Oui mais il y a un problème, Edith n'a aucune idée de son job de rêve à elle.
Si cette BD a aussi bien fonctionné sur moi c'est que je crois que je me retrouve dans le constat d'Edith (pas de spoil c'est au début) : « C'est que je veux bien travailler… mais dès que je vois une offre d'emploi … j'ai honte de le dire mais la semaine de 40 heures, le travail en équipe, les responsabilités, tout ça me dépasse complètement ».
Je trouve que cette BD arrive à mettre en scène un problème actuel : L'accès à l'emploi devient de moins en moins garanti alors que travailler est indispensable pour exister socialement. Je suis toujours un peu gêné lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, non pas que mon travail soit dévalorisant mais vraiment ça ne me représente pas.
Pour en revenir à l'ouvrage, la BD est un beau pavé de 300 pages mais se lit assez rapidement (environ 1h30). Au-delà du propos, j'ai trouvé les personnages très attachants et bien écrits. La parodie des discours managériaux prônant le bien être des employés (uniquement pour maximiser leur rentabilité) m'a beaucoup fait sourire.
La construction des planches est efficace (j'ai beaucoup aimé par exemple la multitude de petites cases sur une planche pour représenter le quotidien chargé d'une mère devant s'occuper de ses enfants et trouver un travail).
Je dois tout de même mettre un bémol sur le dessin et les couleurs qui peuvent rebuter.
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Tranche-Trognes
Tranche-Trognes est un bourreau médiéval persuadé d'exercer le plus noble des métiers, mais dont les maladresses et les échecs répétés font davantage de lui un personnage attachant et comique qu'une figure inquiétante. J'ai du mal à cerner le public cible de cette série. Le dessin, très aéré, rond et caricatural, donne l'impression de s'adresser aux enfants de moins de dix ans, tandis que le texte, certains jeux de mots et quelques gags plus caustiques semblent plutôt destinés à des lecteurs un peu plus âgés. On y trouve même par moments un humour qui parlera davantage aux adultes. Malgré ce positionnement un peu flou, j'ai trouvé l'ensemble plutôt plaisant. Le principal atout de la série est son ambiance. Bien que le héros soit un bourreau, il n'y a jamais de véritable torture ni de mort à l'écran. Tout est constamment désamorcé par l'humour, souvent contre la volonté du principal intéressé d'ailleurs. Tranche-Trognes est un personnage assez attachant : fier de son métier et convaincu de son importance, il accumule pourtant les maladresses avec une bonne humeur inaltérable. Il ne devient jamais ronchon ou amer malgré ses échecs répétés et conserve en permanence un enthousiasme communicatif. La série est construite sous la forme de chapitres courts, proches de petites histoires indépendantes, tout en conservant une certaine continuité d'un épisode à l'autre. Ce format fonctionne bien et rend la lecture légère et très fluide. J'ai souvent souri devant les situations, les personnages ou les dialogues. En revanche, j'ai rarement ri devant les chutes elles-mêmes. Les conclusions des histoires me paraissent souvent assez prévisibles ou basiques. À mes yeux, l'humour fonctionne davantage dans le déroulement des récits que dans leur punchline finale. Ce n'est donc pas une série hilarante, mais plutôt une lecture chaleureuse et sympathique qui entretient constamment une bonne humeur communicative.
Tarzan - Seigneur des signes
Signe-Singe : jusqu'ici, j'avais compris la blague. Le livre ne va beaucoup plus loin, une longue blague pas toujours réussie, élucubrations dans un supposé essai sur Tarzan, réflexions et hypothèses farfelues. Les dessins se limitent à quelques détails (inspirés de Hogarth) qui évoquent l'origine du héros et il n'y a pas d'autre histoire. J'attribue la note moins mauvaise à l'immense culot de l'auteur et au fait d'avoir ri de moi-même à la fin.
La Fiancée du clan Kyougane
La Fiancée du clan Kyougane nous raconte l'histoire d'un couple inhabituel : lui est le descendant d'une longue lignée d'exorcistes, qui a voué sa vie à la traque des démons, et elle est une jeune femme intrépide qui se retrouve avec un corps hybride à la suite d'une rencontre avec un célèbre démon. Mais loin de vouloir la tuer, Kuro Kyougane va tout faire pour protéger son épouse et essayer de lever l'anathème qui pèse sur elle. C'est ma foi assez sympathique, l'action est quasi omniprésente, on ne s'ennuie pas, et avec l'arrivée d'un groupe d'inspecteurs de la guilde des exorcistes, les choses se corsent en fin de volume. Un premier volume plus épais que la moyenne, puisqu'il compte plus de 200 pages. Le dessin me semble manquer encore d'un peu de maturité, mais c'est ma foi assez agréable, et le design des démons rencontrés est plutôt inventif. Mention spéciale pour le démon de classe inférieure, assez semblable à un totoro, qui se fait estourbir pour être servie en ragoût à ce couple surprenant. cela ressemble à un running gag. Curieux de lire la suite.
L'Arbre-coeur
Je rejoins largement Solo : Comès est à son meilleur dans les Ardennes, le personnage principal ressemble à un personnage dans Corto Maltese. Volontairement ou non ? Allez savoir…. On peut parler de folie de la guerre ou individuelle tant qu'on veut, mais il y a un désir de liberté des personnages. Par ses amis imaginaires, l'héroïne si l'on peut dire se libère de sa solitude et des conventions sociales. Par le jeu de guerre, les hommes avec qui elle se confronte se libèrent de leur violence. Et c'est très bien comme ça : il faut se purger de sa violence sans nuire à personne, l'art est censé le faire, mais un jeu comme une fausse guerre et des personnages imaginaires y parviennent aussi. Après, il faut savoir se donner des limites…. Un des hommes essaie vaguement d'expliquer qu'on ne peut en vouloir à l'héroïne qui ne fait pas exprès d'être folle, mais de même qu'elle n'a pas voulu tenir compte du fait qu'il est bon qu'ils se purgent de leur violence sans nuire, ils ne veulent pas l'excuser au motif de ses troubles. L'auteur traite de la question de la folie, de la guerre, de la purgation et de l'incommunicabilité et de la nature, il éclaire plus certains aspects que d'autres… Les explications ne sont pas forcément de trop, et pour ce qu'elles disent, et pour apaiser à la fin, et pour… Qui sait ? Pour qu'on dise qu'il explique trop quand tant de choses comme la nature, l'incommunicabilité et la purgation restent dans l'ombre ! Le lecteur a l'esprit apaisé ou impatienté de croire tout comprendre. Mais un jour, il pourra reprendre l'œuvre et lui trouver de nouvelles résonances, au lieu de paraître plus petite et fanée, ce sera tout le contraire !
Carbone 14
Mouais. Je vais être moins enthousiaste que mon prédécesseur. Pourtant, j’avais bien aimé l’humour gentiment déjanté de Coyote Bill, très cartoonesque. Et c’est le nom de Widenlocher qui m’a attiré et m’a poussé à acheter cet album dans une foire au troc – heureusement très peu cher. Car en fait j’avais zappé que « Coyote Bill » était scénarisé par quelqu’un d’autre – en l’occurrence Herlé. Et avec ce « Carbone 14 », Widenlocher est seul à la baguette. Et son humour n’a pas fait mouche avec moi. J’ai trouvé la plupart des gags poussifs, ils ne m’ont arraché que quelques rares sourires. Même son dessin m’a moins plu que pour « Coyote Bill ». Alors, certes, dessin et histoires peuvent être lisibles, mais je n’y ai pas trouvé de quoi agiter mes zygomatiques.
Semences
2.5 Ann Nocenti a commencé sa carrière de scénariste avec des séries de super-héros Marvel et même en faisant du comics mainstream elle écrivait souvent des histoires étranges où soit on embarquait dans son délire, soit on restait en dehors du récit. Ayant déjà lu des récits d'elle, je n'ai pas été surpris par le ton de cet album bien particulier. On retrouve selon moi les forces et les faibles de la scénariste. Oui, elle a un ton original qui la fait sortir du lot, mais parfois c'est parfois un peu trop original pour être bien compréhensible. Le scénario mélange plusieurs thématiques et parfois c'est un peu dur de comprendre où l'autrice voulait en venir. C'est aussi un peu trop décousu à mon gout. Je pense que le plus gros défaut est le dessin que j'ai trouvé froid. Il est dénué d'émotions et d'ailleurs je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant ma lecture. Lorsque je regarde ce que j'ai aimé de Nocenti, je me rends compte que j'ai surtout aimé son run sur Daredevil et cela venait en parti du talent des dessinateurs qui collaboraient avec elle. Au final, une curiosité à lire si on aime les scénarios bizarres, mais c'est pas très palpitant à lire.
Love Bullet
Ce manga commence bien avec un premier tome introductif bien excitant. Il y a tout d'abord le dessin qui est vraiment dynamique et très beau à regarder. C'est le style de dessin que j'aime lire dans un manga. Pour ce qui est du scénario, l'autrice reprends le thème des cupidons de manière originale. Notre héroïne est morte de manière tragique est devenue un cupidon. À travers ces yeux de recrue, on découvre le métier de cupidon et l'autrice n'a pas peur de partir dans un gros délire parce que ses cupidons n'utilisent pas du tout l'arc pour toucher le cœur des gens ! L'humour fonctionne bien et il y a un bon équilibre entre les moments rigolos et le coté tragique du premier arc narratif. En effet, l'héroïne va retrouver quelqu'un de son passé lors de sa première mission et on traite du drame avec pudeur et intelligence. Les différents cupidons sont attachants. J'espère que la suite va être aussi bonne.
L'Ecole emportée
Le pitch de départ (une école entière avec ses occupants projetée brusquement « ailleurs », dans une zone a priori inconnue) m’a forcément fait penser à celui de la série The Woods, que j’ai lue il n’y a pas longtemps, série dont les auteurs ont probablement été influencés par ce manga. Le point de départ est forcément intrigant, avec cette école brutalement coupée du monde, envoyée on ne sait où avec ses occupants. Après quelques fiascos de la part des adultes, les élèves/enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ambiance qui peut faire penser à « Sa majesté des mouches ». Mais, une fois la surprise initiale passée, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette série. D’abord le dessin fait franchement vieillot. J’allais dire plus que son âge, mais je viens de voir que la série date du début des années 1970 au Japon… Je n’ai pas vraiment aimé la propension des personnages à avoir la bouche grande ouverte pour parler, pleurer, crier, surjouant les émotions. Et la façon de dessiner les personnages en mouvement – en particulier lorsqu’ils courent – multiplie les défauts. Quant à l’intrigue, il y a déjà des longueurs dans le premier tome (il faut dire que chaque tome est bien plus épais que le format classique du manga), et c’est encore le cas par la suite. Clairement il aurait fallu élaguer ! Ensuite, dès la situation de départ installée, Umezu cherche à maintenir l’attention du lecteur par des artifices souvent maladroits et peu crédibles. En particulier dans les réactions – souvent outrancières et improbables – des adultes, qui changent brusquement et du tout au tout de personnalité, ayant des comportement psychopathiques (voir le cuistot près à tuer tous les gamins de l’école pour garder la bouffe pour lui seul, ou un professeur se transformant en serial killer sans raison claire). Et les pseudo explications données à ces changements, via des dialogues un peu lourds, renforcent le côté artificiel de l’ensemble – et accentue l’impression de remplissage. Par la suite, Umezu use d’autres moyens pour relancer l’intrigue, mais là aussi ça ne m’a pas convaincu. En effet, ça fait feu de tout bois pour faire survenir les dangers, pour maintenir en haleine, sans jamais que ça ne soit crédible. Ça sombre trop souvent dans une facilité et un n’importe quoi presque involontairement comique (les bestioles géantes, l’histoire du couteau avec la mère du jeune héros, etc.). En fait, on a l’impression que l’idée de situer le point de départ de l’intrigue dans une école, c’est surtout pour avoir un réservoir important de victimes potentielles de diverses menaces. Les gamins peuvent bien mourir régulièrement, il en reste toujours pour nourrir de nouveaux rebondissements. Enfin bref, j’avais emprunté les 6 tomes, et je me suis arrêté aux trois premiers, car ça me soulait un peu trop, et je ne voyais pas les choses s’améliorer. Ça n’est sans doute pas ma came.
Boulard
Ce dérivé des Profs ne démérite pas, d'autant qu'on retrouve ci et là les protagonistes de la série mère. Comme bcp de recueils de gags, il faut lire quelques pages, sinon c'est l'overdose, ça peut vite lasser. Rien de méchant, rien de subversif, une BD très honnêtement dessinée par Mauricet puis Stédo, qui ne sont pas des débutants et qui savent manier le crayon. Bref, c'est plus que largement correct graphiquement. Pour les scénarios, parfois, il y a des redites, c'est un peu normal. Certains albums sont très thématiques, comme celui des vacances. Mais globalement, ça tient bien la route, on va dire que c'est au dessus du panier. Chose amusante, la petite amie de Boulard n'est pas la même dans les 2 séries, mais ce n'est pas très gênant. Je trouve le graphisme du petit frère un peu loupé : il fait nettement trop âgé dans les 1er albums. Emporté par mon élan, j'attribue 4 étoiles à ce genre de BD souvent injustement décriée, dont le but est de divertir.
Je ne veux pas travailler
Attiré par son titre provocateur, j'ai apprécié me plonger dans Je ne veux pas travailler de Nele Jongeling. Depuis qu'elle a terminé ses études, Edith est en recherche d'emploi depuis 1 an. Elle décide de participer à un show TV intitulé « Job de Rêve », mettant en concurrence cinq candidats dans des épreuves censées évaluer leur motivation, apprendre à augmenter sa productivité ou bien développer ses capacités de communication. A la clef : une offre d'emploi correspondant au job de ses rêves. Oui mais il y a un problème, Edith n'a aucune idée de son job de rêve à elle. Si cette BD a aussi bien fonctionné sur moi c'est que je crois que je me retrouve dans le constat d'Edith (pas de spoil c'est au début) : « C'est que je veux bien travailler… mais dès que je vois une offre d'emploi … j'ai honte de le dire mais la semaine de 40 heures, le travail en équipe, les responsabilités, tout ça me dépasse complètement ». Je trouve que cette BD arrive à mettre en scène un problème actuel : L'accès à l'emploi devient de moins en moins garanti alors que travailler est indispensable pour exister socialement. Je suis toujours un peu gêné lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, non pas que mon travail soit dévalorisant mais vraiment ça ne me représente pas. Pour en revenir à l'ouvrage, la BD est un beau pavé de 300 pages mais se lit assez rapidement (environ 1h30). Au-delà du propos, j'ai trouvé les personnages très attachants et bien écrits. La parodie des discours managériaux prônant le bien être des employés (uniquement pour maximiser leur rentabilité) m'a beaucoup fait sourire. La construction des planches est efficace (j'ai beaucoup aimé par exemple la multitude de petites cases sur une planche pour représenter le quotidien chargé d'une mère devant s'occuper de ses enfants et trouver un travail). Je dois tout de même mettre un bémol sur le dessin et les couleurs qui peuvent rebuter. Et vous, vous faites quoi dans la vie ?