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Couverture de la série Apparition dans le ciel de Berlin-Est
Apparition dans le ciel de Berlin-Est

Une lecture qui m’a franchement laissé de côté, sur ma faim ! Pourtant plusieurs choses m’avaient intrigué, intéressé, d’où ma frustration au final. D’abord le côté espionnage au cœur du Berlin de guerre froide, avec une omniprésence de la Stasi pour surveiller tout le monde, et des dialogues qui, un temps, m’ont fait penser à une ambiance orwellienne, avec ce personnage, espion de l’ouest infiltré au cœur de la police politique de la RDA. A cela s’ajoute assez rapidement du fantastique/SF étrange, qui m’a dérouté, puis intrigué là aussi, surtout qu’il se développe dans le huis-clos d’un bunker où la Stasi mène des interrogatoires. Mais voilà, grosse déception au final. Toutes les questions que je me posais, à propos du personnage principal (qui livre certaines de ses interrogations, questions intellectuelles, scrupules en tous genres) ou de l’entité qui met les être face à la/leur vérité avant de les détruire, tout ça reste largement sans réponse. A ça s’ajoute une narration un peu saccadée, pas toujours claire à suivre (sur certains flash-backs), et finalement l’intrigue se révèle squelettique – et donc décevante. Gros bof donc me concernant.

05/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Les Misérables (Salch)
Les Misérables (Salch)

Cette relecture parodique des Misérables m'a laissé franchement froid. L'ensemble m'a donné l'impression d'un sous-Reiser et d'un sous-Vuillemin, beaucoup moins inspiré et nettement moins bien dessiné. Le trait se veut crade et agressif, mais sans la virtuosité ni la férocité graphique de ses modèles. Seules les couleurs plutôt sympas rendent les planches assez appréciables, mais elles ne sont pas toutes en couleurs, ce qui accentue l'impression d'inégalité et de bricolage. L'adaptation suit globalement l'oeuvre d'Hugo, mais en la recouvrant d'une couche de cynisme et de provocation qui finit par tout écraser. Les premières pages proposent quelques anachronismes encore relativement discrets, puis ceux-ci deviennent de plus en plus envahissants au fil de la lecture. Côté humour, j'ai trouvé l'ensemble très paresseux. Je dois préciser que je n'ai jamais été amateur d'humour trash. L'album repose presque exclusivement sur ce principe d'anachronisme, trop convenu dans ce type de parodie, et sur un trash appuyé (violence gratuite, vulgarité systématique), un procédé qui me lasse très vite, surtout quand on connaît ce que Reiser et Vuillemin ont fait de bien plus fort, plus juste et plus dérangeant avec les mêmes recettes. Ici, tout tourne rapidement à la mécanique lourde, sans véritable montée en puissance ni regard neuf. Quelques gags fonctionnent vaguement, mais beaucoup trop m'ont simplement ennuyé. Et au vu de l'épaisseur de l'album, la lecture m'a paru fatigante, répétitive et creuse. Ni la parodie ni la satire ne décollent réellement, et l'ensemble m'a donné surtout le sentiment d'un exercice de style forcé, qui confond irrévérence et facilité.

05/02/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Kaël
Kaël

Dans ce monde de fantasy existent trois nations : celle des Anges, celle des Démons leurs ennemis, et la nation des animistes qui est coincée entre les deux. Dans celle-ci, les jeunes humains découvrent leur animal totem lors d'un rite de passage marquant leur transformation dans la forme humanoïde de cet animal, chacun ayant un rôle spécifique dédié au service de leur pays. Sauf que lorsque Kaël passe enfin ce rituel, aucun animal-totem ne s'offre à lui et il se retrouve avec le statut de Sans-totem, voué aux plus basses tâches de la société et au mépris de ses anciens pairs. Mais en réalité quelque chose s'est bien offert à lui, une entité différente qui va tenter de le corrompre. C'est un récit de fantasy tous publics mais plutôt adressé aux jeunes lecteurs ados et préados. Cela se retrouve dans la légèreté de son ton mais aussi dans son dessin. Le style de Kan-J est moderne, fait de nombreuses influences, franco-belge pour les décors et la mise en scène, manga pour les visages, et Disney pour l'aisance à représenter des personnages animaliers. C'est du bon boulot, avec une narration graphique claire et bien rythmée. J'aime beaucoup la représentation graphique de l'entité qui accompagne le héros et des ailes qu'elle lui donne. Seul les décors un peu trop souvent vides réduisent mon enthousiasme. L'histoire est sympathique. Si elle part d'un concept assez original, avec cette nation coincée entre deux dangereuses rivales et ses habitants se transformant définitivement en leur animal totem, elle emprunte ensuite quelques sentiers convenus dans les récits de fantasy jeunesse. Certaines scènes et comportements de personnages sont très cousues de fil blanc. Difficile de ne pas soupirer devant le harcèlement caricatural que subit le héros (qui trouve toutefois plus tard une explication), ou devant la réaction des autorités qui sont comme par hasard au bon endroit au bon moment, devant le manichéisme des démons méchants par nature, ou encore devant les facilités scénaristiques qu'implique la révélation de fin du premier tome quand on pense aux pouvoirs de ses instigateurs et comment avec de tels capacités ils auraient pu faire les choses de manière bien moins alambiquée. Là encore, cela trouve une explication par la suite, mais celle-ci n'est pas très convaincante. Ces points un peu immatures laissent penser que le public visé est jeune. Et enfin, les évènements s'enchainent un peu trop vite et facilement dans la dernière partie du second tome. Et comme celui-ci se termine sur un mot Fin qu'il n'y avait pas dans le premier tome, on dirait bien que c'est soit une fin de série, soit au minimum une fin de diptyque, et cette fin un peu trop abrupte est un peu frustrante, même si sa dernière page laisse une porte ouverte vers plus de développements. Bref, j'ai été diverti par cette série qui présente quelques idées sympathiques et un rythme assez prenant, mais aussi pas mal de facilités ou de séquences clichés qui laisse sur un léger sentiment de manque de maturité et qui semble indiquer que la série s'adresse avant tout à un public jeune.

25/03/2025 (MAJ le 05/02/2026) (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Batman - Mad Love
Batman - Mad Love

Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes. C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen. Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras. Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité. Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.

05/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Succubes
Succubes

Les jeunes hommes sevrés trop tôt y trouveront un certain agrément : de poitrine, il y en a. Pratiquement toujours la même quelle que soit l'identité de la donzelle mentionnée. C'est joli, soigné... Et terriblement stéréotypé ! Pour l'intrigue ? En fallait-il une ? Réponse : oui ! Parce que l'édition d'un porte folio avec un seul modèle de nana répété en boucle, cela aurait fait tache. Donc on a demandé à Mosdi et Thomas de noircir quelques pages. Soit on les a mal payé, soit ils avaient d'autre fers au feu. En tous cas, on ne sent pas vraiment l'investissement personnel. Cela meublera une soirée, permettant de ne pas rallumer la TV éteinte depuis 24 ans. Mais un vieux San Antonio ferait aussi bien, l'imagination du lecteur en prime pour les images.

05/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Terre ou Lune
Terre ou Lune

J’ai littéralement craqué dès que j’ai vu cette première de couverture : elle m’a captivé, intrigué et donné immédiatement envie de plonger dans cette BD. Puis, lorsque j’ai découvert la bande-annonce, j’ai été encore plus séduit : elle reflète parfaitement l’atmosphère poétique et étrange de l’univers et m’a mis l’eau à la bouche. Dès les premières pages, j’ai été frappé par l’univers unique que Jade Khoo a créé. On suit Othello, un jeune garçon dont la vie bascule après un geste irréversible. Mais loin de se limiter à un simple drame familial, le récit prend rapidement une ampleur bien plus grande. Il mêle émotion, poésie et science-fiction contemplative, tout en s’ancrant profondément dans la nature et l’observation du vivant, notamment des oiseaux, omniprésents et essentiels au récit. Visuellement, l’album est une véritable splendeur. Jade Khoo livre près de 300 pages en couleurs directes, entièrement réalisées à la main, et cela se ressent à chaque planche. Son trait d’une grande délicatesse, souvent à l’aquarelle, magnifie aussi bien les paysages naturels que les mondes imaginaires de science-fiction. Forêts embrumées, champs baignés de lumière, ciels crépusculaires, oiseaux dessinés avec une précision et une tendresse évidentes : on sent dans chaque image une véritable déclaration d’amour à la nature. Les influences de Moebius, Zao Dao ou Hayao Miyazaki se devinent, mais sans jamais écraser l’identité propre de l’autrice. J’ai adoré ce mélange subtil entre sensibilité intime et enjeux plus larges. À travers la quête d’Othello, Jade Khoo aborde des thèmes profonds comme l’identité, l’aliénation, l’altérité, la transmission et le prix des utopies. Progressivement, par petites touches et sans jamais forcer le trait, l’histoire personnelle du héros laisse apparaître une réflexion plus vaste sur l’Humanité, ses erreurs passées et ses idéaux écologiques. Tout est amené avec une grande fluidité, sans lourdeur ni discours appuyé. On suit Othello pas à pas, on partage ses doutes, sa curiosité et son rapport presque fusionnel au monde naturel. Le récit est initiatique, contemplatif, parfois bouleversant, et toujours d’une grande justesse émotionnelle. Chaque symbole, chaque silence, chaque regard contribue à l’immersion. Cette histoire est prévue en deux parties (diptyque), et ce premier tome nous laisse dans une attente excitante tant l’univers est riche et mystérieux. On referme l’album à regret, avec encore de nombreuses questions en tête et une seule envie : découvrir la suite de ce voyage poétique et poignant. Je ne peux que confirmer ce qu’indique le bandeau de l’album et le commentaire de Mathieu Bablet : « L’album le plus important de 2026, Jade Khoo est déjà un grand nom de la BD ». C’est exactement ce que j’ai ressenti. Et au passage, c’est aussi une entrée remarquable pour la toute nouvelle maison d’édition Morgen, qui frappe très fort avec ce premier tome. Avec son prix de lancement à 27,90 € avant de passer à 32,90 € après le 29 avril 2026, c’est clairement le moment idéal pour se procurer ce véritable coup de cœur.

04/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Choix de Sam
Le Choix de Sam

2.5 Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD. Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord. Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.

04/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Orson Welles - L'Inventeur de rêves
Orson Welles - L'Inventeur de rêves

2.5 Les auteurs rendent hommage à Orson Welles, un réalisateur-acteur qui a marqué l'histoire du cinéma. Personnellement, de ce que j'ai vu de son travail, je trouve que c'est efficace, mais ça ne m'a pas marqué plus que ça hormis son adaptation du Procès de Kafka et certaines scènes de Citizen Kane. Comme il était aussi un personnage hauts-en-couleurs, faire une biographie de lui est une bonne idée tellement sa vie regorge d'anecdotes. Rien qu'avec tous ses films qu'il n'a pas tourné je pense qu'on pourrait faire un album complet. Sauf que voilà on est encore une fois dans une biographie en BD qui manque de saveur. En gros, on va voir les moments les plus marquants de la vie de Welles, parfois même pas dans un ordre chronologique, et rien ne semble vraiment développé. Il y a quelques scènes pas trop mal, mais la plupart du temps c'est peu palpitant. Au niveau du dessin, j'adore les couleurs, mais les personnages manquent un peu de dynamisme. Ça se laisse lire sans plus.

04/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 3 Secondes (3'')
3 Secondes (3'')

Perfection des dessins, du rythme du noir et blanc, originalité de l'idée, maîtrise du rythme, brutalité : il s'agit de mort par balle ! Et esthétisme. Dramatisation et détachement. Et enfin du rythme qui ne sonne pas il faut bien faire de l'action, mais quel ennui ! Quand on pense comme moi que la perfection est l'union et harmonie des contraires, comment ne pas donner la note maximum. Et par-delà les raisons, il y a le coup de cœur pour cette œuvre. Ah, comme elle dédommage de tant où soit on radote, soit on croit innover mais pour finir par livrer une sorte de brouillon au lecteur ! Que dirait-on d'un cuisinier qui nous livrerait un plat censément cuit mais cru ? Tels sont trop de créateurs… Par contre, cette bd en petit format, pas longue, sans discours, nous laisse non pas sur notre faim, mais repus et dégustant longtemps son goût après l'avoir finie.

04/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Les Aventures de Jack Palmer
Les Aventures de Jack Palmer

Je viens de lire le dernier Palmer, sur le vin, j'ai souri et ai presque ri, merci ! Autrefois un sur Apostrophe, une autre fois sur la Corse, sur le voile, et toujours cela semblait marcher sur l'eau, décalé et dans la cible, incisif sans être méchant… J'aime aussi que le décor puisse être riche sans étouffer l'humour, et qu'il puisse y avoir pas mal de personnages sans qu'on s'y perde… Aussi qu'on puisse apprendre une chose ou deux, ou bien que ce qu'on sache devienne rieur grâce à la bd. Le rythme est juste ce qu'il faut. Je ne saurais dire ce qu'il manque pour mieux noter, ça doit être comme pour le vin, se trouver à côté d'une appellation sans être l'appellation. Santé !

04/02/2026 (modifier)