Siasha, puissante sorcière traquée, et Zig, mercenaire vétéran initialement chargé de la tuer, s'associent et fuient ensemble vers un continent inconnu. Ils découvrent un monde neuf où la magie n'est pas interdite et où les humains sont tous alliés contre la menace de dangereuses créatures. Pour s'intégrer à cette société, Siasha devient aventurière chargée de chasser ces créatures, tandis que Zig continue à la protéger.
Adaptation d'un light novel, ce manga nous plonge dans un univers mêlant la Dark Fantasy et le JRPG, avec ses guildes d'aventuriers. Il se base sur un duo improbable et relativement attachant, formé d'une jolie sorcière bicentenaire et ultra-puissante mais se comportant régulièrement comme une mignonne adolescente, et d'un puissant guerrier sérieux et capable de gérer toutes les situations. Le beau ténébreux et la jolie sorcière : même si pour le moment aucune romance ne s'installe entre eux, on l'imagine venir assez vite.
Le dessin est plutôt classique, dynamique et plaisant, parfaitement adapté à l’univers médiéval-fantastique, même s'il ne surprend pas vraiment. La mise en scène n'est pas parfaite car certaines scènes d'action ne sont pas aisées à comprendre, et la transition entre les chapitres est parfois abrupte.
Le scénario installe un monde et des thèmes intéressants : rédemption, quête d’identité, discrimination. La relation entre Siasha et Zig est ce qui fait la force du récit même si certaines interactions m’ont paru un peu trop artificielles : les personnages semblent parfois agir pour servir le récit plutôt que de réagir naturellement. Le rythme narratif prend également son temps, sans véritable fil directeur autre que la découverte de ce nouveau monde et la progression de l'insertion de nos héros dans celui-ci.
Pour ce qui est du début de ce manga, tout est encore possible : on suit les héros avec plaisir, mais sans encore trop savoir où ça va nous mener et si une intrigue plus accrocheuse va se mettre en place. Malgré quelques petites maladresses, j'ai bien envie de voir comment leur relation et l'univers vont évoluer dans la suite.
La Grande Aventure de la Famille Criminy raconte les tribulations de Bradley Criminy, sa femme et leurs enfants, contraints de fuir leur île paisible après une attaque de pirates. Leur périple les entraîne dans des lieux bizarres et dangereux, peuplés de monstres, d'esclavagistes, de sociétés absurdes et de situations rocambolesques.
Le dessin adopte un style cartoon très inspiré des comics des années 30, en particulier Disney. Les héros évoquent inévitablement une version modifiée de la famille de Mickey avec des oreilles de Dingo. Toute la mise en scène rend hommage à ces récits anciens, que ce soit dans la narration en longues aventures découpées en chapitres ou à travers des clins d'œil, comme l'apparition d'un cousin de Popeye. C'est un style dynamique où décors, personnages et couleurs donnent vie à chaque étape du voyage et renforcent le côté joyeux et décalé de l'histoire. L'album séduit ainsi par sa belle facture, son énergie et son univers inventif.
Côté scénario, l'album fonctionne sur plusieurs niveaux.
Si le style cartoon a souvent servi des récits subversifs ces dernières années, ici l'intrigue reste très premier degré. La famille Criminy enchaîne les péripéties, passant de lieux absurdes en dangers ou captivité, jusqu'à s'en sortir et rejoindre le lieu suivant, pour finir sur une conclusion heureuse. Cette lecture reste basique, avec des résolutions ou retournements de situation peu crédibles, qui privilégient le spectaculaire au détriment de la logique interne. La structure en odyssée, succession d'escales et de rencontres, paraît décousue, et le ton parfois trop conventionnel crée une distance pour le lecteur en quête de nuance.
Pour autant, derrière ce ton léger, le récit semble proposer aussi une réflexion discrète sur la famille, le foyer et les différents systèmes de société rencontrés par les Criminy. On peut y voir une métaphore, certes un peu simpliste, de la situation des migrants fuyant leur pays et des dangers ou exploitations auxquels ils peuvent être confrontés. Ce fond reste toutefois secondaire et se perd souvent au profit d'une histoire très directe.
Mon avis est donc mitigé. J'ai apprécié la beauté de l'album et son hommage aux comics et à l'animation des années 30, mais le scénario m'a un peu ennuyé malgré son exubérance. J'espérais quelque chose de plus nuancé et mieux structuré.
Note : 2,5/5
J’allais écrire la même chose que gruizzli. En effet, c’est une série feel good pleine de bons sentiments à la Zidrou.
Ça se laisse lire, c’est plein d’optimisme, et les gentils triomphent aux dépens des méchants – qui sont punis par une justice à la fois immanente et humaine. Mais bon, c’est quand même parfois un peu trop sucré, il manque de la noirceur, y compris pour faire ressortir – en la crédibilisant davantage – cette gentillesse revendiquée d’un bout à l’autre du récit.
Autre écueil : les facilités scénaristiques, les coïncidences, les rencontres miraculeuses, qui elles aussi mettent trop d’huile dans les rouages, qu’on aurait aimer entendre grincer, couiner. Et là tout se déroule trop facilement. La constitution improbable du casting, les histoires croisées de Constance, d’Anatole et de Veronika Forsans, le tournage clandestin, le commissaire si conciliant, ça fait quand même quelques couleuvres à avaler… Et du coup jamais on ne s’inquiète pour les personnages, même lorsqu'ils semblent prendre des risques.
Mais bon, ça reste quand même lisible, sympathique, et des lecteurs moins pinailleurs que moi y trouveront leur compte. Mais cette lecture d’emprunt m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5
Une série étonnante, assez prenante, typique du label 619. La culture urbaine revisitée, dans une ville de Baltimore fantasmée, plus proche d’une cité mexicaine de la frontière gangrénée par les gangs que d’une métropole américaine policée.
Le dessin de Singelin est déjà proche de ce qu’il a produit plus tard, avec des personnages aux formes bizarres – ici plus qu’ailleurs, avec ces personnages quasi animaliers aux formes s’éloignant fortement de tout réalisme, des pieds minuscules, etc. (j’ai juste eu du mal parfois à distinguer entre eux certains personnages). Mais, une fois entré dans cet univers, on s’y fait facilement. Et j’ai beaucoup aimé le travail de colorisation.
Quant au récit, il est très rythmé donc, assez violent. Ducoudray nous présente une société américaine pourrie de l’intérieur, rejetant dans les marges les anciens combattants, et tous ceux qui n’entrent pas dans le cadre idéal. En ce sens, on découvre ici une contre société, qui singe la « normale » pour mieux l’investir, pour permettre à ceux qu’elle rejette de vivre quand même, avec des codes brutaux – mais finalement pas si éloignés de ceux du libéralisme (ou du Trumpisme…) moderne.
J’ai lu la série dans l’intégrale (je ne connais donc pas le tome zéro), d’une traite, et avec plaisir. Une lecture recommandée.
Note réelle 3,5/5.
La BD met six jeunes filles sur le devant de la scène, des jeunes filles dont je découvre - sauf Greta Thunberg - la force de caractère pour faire bouger - un peu - les choses. Il n'y a pas d'âges pour changer le monde, pour le rendre meilleur à défaut de le guerrir. Car évidemment, c'est comme écoper un navire à la dérive qui prend l'eau de partout avec une petite cuillère...
Six portraits très bien documentés de jeunes filles inspirantes, je suis admiratif devant tant de détermination et de foi pour faire aboutir leurs différents projets. Je vous tire mon chapeau pour apporter un peu d'espoir dans ce monde qui marche souvent sur la tête.
Mais si l'intention est louable, je ne suis pas charmé par une narration que je trouve monotone et neutre, peut-être trop détachée... Toujours est-il, je n'ai pas perçu ce vent de révolte qui m'aurait donné envie de me battre à leur côté. Ou peut-être suis-je déjà résigné...
Pour la partie graphique, un dessinateur différent par portrait, ça reste très classique pour du documentaire. Ça fait le job et dans l'ensemble, c'est dans la moyenne haute.
Du bon boulot.
Malgré ma note de 3 étoiles, "Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé" est une BD à lire et à faire lire.
Un titre et une couverture qui vont attirer l’oeil des jeunes (et qui ont attiré le mien à la bibli).
Un documentaire sur les fake news, destiné au jeune public, mais qui pourrait bien être utile à tout âge.
En quelques chapitres courts et percutants, l’auteure explique la différence entre info et infox. Et pourquoi certains créent ces infox et les diffusent. Et pourquoi il peut être tentant d’y croire. Et comment les reconnaître et exercer son esprit crititque.
Le tout expliqué sous forme d’un dialogue, avec des exemples parlants et des personnages amusants.
Du beau boulot, à mettre dans tous les CDI et les biblis – et à faire lire aux parents !
Point fort de la série : le dessin, stylé. Comment le dire autrement ? On sent l'aisance, on voit la force, et les couleurs ne sont pas mauvaises, ce qui fait que j'ai recopié quelques dessins et ai vite jeté le résultat. Bref et j'aime la plastique et le visage des personnages. Et j'apprécie l'idée de base et les créatures foisonnantes…. Mais tout cela m'a assez vite lassé sans que je puisse pointer une baisse de niveau. On dira que l'œuvre et moi nous sommes séparées par consentement mutuel et que j'en attendais sans doute trop !
A noter qu'avec le covid et la réussite semble-t-il aussi massive que partie pour durer de La guerre des étoiles avec ses nombreuses œuvres dérivées, il se pourrait qu'une réédition trouve son public. Il y a aussi notre espèce en danger… Bref, des éditeurs sachant éditer pourraient attirer l'attention sur tous ses points en plus du côté vintage.
Autre chose, je trouve assez bien vu que le héros cherche, aime une femme qui ne l'aime pas, quoi de plus commun qu'un amour non partagé, qu'une mission prise au sérieux par l'un et moins par l'autre ? Je comprends qu'on se fasse plaisir avec des héros romantiques que la société embête ou encore Luke et Leia qui qui ne savent pas qu'ils sont frère et sœur, mais enfin, pourquoi pas un désaccord des cœurs entre héros principaux d'une série de science fiction ? Ce n'est pas parce qu''on explore la science qu'on doit se montrer répétitif pour ce qui est des sentiments.
Sinon, la série serait verbeuse ? Moi, je trouve que c'est si le héros en décalage dans une autre époque et sans la femme avec qui il se pense un destin ne s'interrogeait pas que ce serait bizarre, et d'autant qu'il s'agit d'un scientifique, dont la formation et l'activité poussent aux interrogations. Nickoop le fait bien chez Bilal sans un tel bagage, mais pourquoi pas, intelligence, culture et sensibilité ne sont pas l'apanage des chercheurs !
Je comprends que certains puissent néanmoins trouver cela pesant, car de nos jours, on s'attache beaucoup au côté dramatique, que les questionnements peuvent sembler par trop diluer. Cependant, l'action peut être aussi répétitive que les soliloques. Qu'il est difficile de ne pas s'ennuyer, ou créateur, de ne pas lasser son public !
Le dessin n'est pas d'une nullité absolue mais c'est l'histoire qui porte la lecture. Découvrons les aventures d'une lesbienne flamboyante à une époque où une telle audace détonnait. Bien sûr, c'était plus facile en héritière fortunée que dans une situation moins avantageuse mais attendez… Elle avait déjà deux handicaps sociaux : femme et homosexuelle, désolé, mais plus les obstacles s'accumulent, moins il y a de probabilités qu'on les surmonte. Ce qui fait que les riches ont l'utilité sociale éventuelle de pouvoir être en avance sur les mœurs et de faire de l'art ou du mécénat voire les deux comme Caillebotte qu'on redécouvre de nos jours.
Bref, avec notre héroïne, on n'est donc pas dans le misérabilisme, mais dans l'aventure réjouissante, par moment, j'avais l'impression d'être dans un film de cap et d'épée. D'accord, je ne me souviens pas de duel, mais il y a la passion des navires et la gouvernance fantasque mais somme tout assez efficace et humaniste d'une île. A présent, après sa mort, notre héroïne a l'utilité sociale de montrer que l'émancipation féminine et homosexuelle remonte plus loin qu'on peut le penser et donc conforter les personnes défendant leur droit, puisque tout le monde se cherche des précurseurs. J'imagine qu'une célébrité élogieuse et utile ne lui déplairait pas, mais franchement, le dessin aurait pu et dû être mieux.
3.5
Un récit initiatique simple et qui se lit vite, mais qui est aussi terriblement efficace !
Durant la guerre civile espagnole, un jeune soldat républicain est en fuite et il se retrouve dans un phare perdu au milieu de nulle part et dont le vieux gardien est un peu excentrique. Les échanges entre les deux personnages sont très bien écrits et donnent des moments savoureux. Leur deux personnalités se complémentent bien et le récit est vraiment captivant à lire.
Ce qui est incroyable est que lors du dénouement je me suis rendu compte à quel point le scénario est au final assez cliché, mais c'est tellement bien fait qu'au final ce n'est pas un problème. Cela montre que si on a du talent, on peut réussir à captiver un lecteur avec des éléments narratifs qu'il a déjà vus une bonne centaine de fois. Le côté poétique de l'œuvre m'a touché et la fin m'a vraiment ému. J'ai aimé le dessin qui selon moi va parfaitement à ce genre de récit.
Après avoir lu ce one-shot, je comprends qu'il n'ait pas été posté sur ce site avant parce qu'il ne sort pas du tout du lot.
C'est du pur roman graphique qui montre la vie d'un adolescent durant les derniers jours de juillet. En gros, cet ado semble un peu mal dans sa peau, il a des problèmes familiaux (des membres de sa famille qui s'engueulent, la grand-mère qui n’en a rien à foutre et fait juste que regarder la télé). Il passe donc beaucoup de temps dehors avec d'autres jeunes de son âge, dont une fille qu'il semble aimer.
Le scénario m'a ennuyé. Je n'ai rien contre une bande dessinée qui raconte le quotidien, mais il faut quand même avoir quelque chose d'intéressant à dire et ce n'est pas le cas ici. Le personnage principal a certes des problèmes, mais des problèmes que j'ai déjà vus mieux traités dans d'autres histoires. À un moment, ça tourne un peu en rond et lorsque ça se termine je ne savais pas trop où l'autrice avait voulu en venir avec son récit. Je pense que c'est pour les gros fans de récits contemplatifs, en tout cas c'est sûr que si vous aimez l'action vous allez vous ennuyer ferme.
Il y a tout de même quelques qualités. Le dessin est pas trop mal et la narration est dynamique, alors au moins ça se lit facilement, même si je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Album oubliable en ce qui me concerne.
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Witch and Mercenary
Siasha, puissante sorcière traquée, et Zig, mercenaire vétéran initialement chargé de la tuer, s'associent et fuient ensemble vers un continent inconnu. Ils découvrent un monde neuf où la magie n'est pas interdite et où les humains sont tous alliés contre la menace de dangereuses créatures. Pour s'intégrer à cette société, Siasha devient aventurière chargée de chasser ces créatures, tandis que Zig continue à la protéger. Adaptation d'un light novel, ce manga nous plonge dans un univers mêlant la Dark Fantasy et le JRPG, avec ses guildes d'aventuriers. Il se base sur un duo improbable et relativement attachant, formé d'une jolie sorcière bicentenaire et ultra-puissante mais se comportant régulièrement comme une mignonne adolescente, et d'un puissant guerrier sérieux et capable de gérer toutes les situations. Le beau ténébreux et la jolie sorcière : même si pour le moment aucune romance ne s'installe entre eux, on l'imagine venir assez vite. Le dessin est plutôt classique, dynamique et plaisant, parfaitement adapté à l’univers médiéval-fantastique, même s'il ne surprend pas vraiment. La mise en scène n'est pas parfaite car certaines scènes d'action ne sont pas aisées à comprendre, et la transition entre les chapitres est parfois abrupte. Le scénario installe un monde et des thèmes intéressants : rédemption, quête d’identité, discrimination. La relation entre Siasha et Zig est ce qui fait la force du récit même si certaines interactions m’ont paru un peu trop artificielles : les personnages semblent parfois agir pour servir le récit plutôt que de réagir naturellement. Le rythme narratif prend également son temps, sans véritable fil directeur autre que la découverte de ce nouveau monde et la progression de l'insertion de nos héros dans celui-ci. Pour ce qui est du début de ce manga, tout est encore possible : on suit les héros avec plaisir, mais sans encore trop savoir où ça va nous mener et si une intrigue plus accrocheuse va se mettre en place. Malgré quelques petites maladresses, j'ai bien envie de voir comment leur relation et l'univers vont évoluer dans la suite.
La Grande Aventure de la famille Criminy
La Grande Aventure de la Famille Criminy raconte les tribulations de Bradley Criminy, sa femme et leurs enfants, contraints de fuir leur île paisible après une attaque de pirates. Leur périple les entraîne dans des lieux bizarres et dangereux, peuplés de monstres, d'esclavagistes, de sociétés absurdes et de situations rocambolesques. Le dessin adopte un style cartoon très inspiré des comics des années 30, en particulier Disney. Les héros évoquent inévitablement une version modifiée de la famille de Mickey avec des oreilles de Dingo. Toute la mise en scène rend hommage à ces récits anciens, que ce soit dans la narration en longues aventures découpées en chapitres ou à travers des clins d'œil, comme l'apparition d'un cousin de Popeye. C'est un style dynamique où décors, personnages et couleurs donnent vie à chaque étape du voyage et renforcent le côté joyeux et décalé de l'histoire. L'album séduit ainsi par sa belle facture, son énergie et son univers inventif. Côté scénario, l'album fonctionne sur plusieurs niveaux. Si le style cartoon a souvent servi des récits subversifs ces dernières années, ici l'intrigue reste très premier degré. La famille Criminy enchaîne les péripéties, passant de lieux absurdes en dangers ou captivité, jusqu'à s'en sortir et rejoindre le lieu suivant, pour finir sur une conclusion heureuse. Cette lecture reste basique, avec des résolutions ou retournements de situation peu crédibles, qui privilégient le spectaculaire au détriment de la logique interne. La structure en odyssée, succession d'escales et de rencontres, paraît décousue, et le ton parfois trop conventionnel crée une distance pour le lecteur en quête de nuance. Pour autant, derrière ce ton léger, le récit semble proposer aussi une réflexion discrète sur la famille, le foyer et les différents systèmes de société rencontrés par les Criminy. On peut y voir une métaphore, certes un peu simpliste, de la situation des migrants fuyant leur pays et des dangers ou exploitations auxquels ils peuvent être confrontés. Ce fond reste toutefois secondaire et se perd souvent au profit d'une histoire très directe. Mon avis est donc mitigé. J'ai apprécié la beauté de l'album et son hommage aux comics et à l'animation des années 30, mais le scénario m'a un peu ennuyé malgré son exubérance. J'espérais quelque chose de plus nuancé et mieux structuré. Note : 2,5/5
La Parole du muet
J’allais écrire la même chose que gruizzli. En effet, c’est une série feel good pleine de bons sentiments à la Zidrou. Ça se laisse lire, c’est plein d’optimisme, et les gentils triomphent aux dépens des méchants – qui sont punis par une justice à la fois immanente et humaine. Mais bon, c’est quand même parfois un peu trop sucré, il manque de la noirceur, y compris pour faire ressortir – en la crédibilisant davantage – cette gentillesse revendiquée d’un bout à l’autre du récit. Autre écueil : les facilités scénaristiques, les coïncidences, les rencontres miraculeuses, qui elles aussi mettent trop d’huile dans les rouages, qu’on aurait aimer entendre grincer, couiner. Et là tout se déroule trop facilement. La constitution improbable du casting, les histoires croisées de Constance, d’Anatole et de Veronika Forsans, le tournage clandestin, le commissaire si conciliant, ça fait quand même quelques couleuvres à avaler… Et du coup jamais on ne s’inquiète pour les personnages, même lorsqu'ils semblent prendre des risques. Mais bon, ça reste quand même lisible, sympathique, et des lecteurs moins pinailleurs que moi y trouveront leur compte. Mais cette lecture d’emprunt m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5
The Grocery
Une série étonnante, assez prenante, typique du label 619. La culture urbaine revisitée, dans une ville de Baltimore fantasmée, plus proche d’une cité mexicaine de la frontière gangrénée par les gangs que d’une métropole américaine policée. Le dessin de Singelin est déjà proche de ce qu’il a produit plus tard, avec des personnages aux formes bizarres – ici plus qu’ailleurs, avec ces personnages quasi animaliers aux formes s’éloignant fortement de tout réalisme, des pieds minuscules, etc. (j’ai juste eu du mal parfois à distinguer entre eux certains personnages). Mais, une fois entré dans cet univers, on s’y fait facilement. Et j’ai beaucoup aimé le travail de colorisation. Quant au récit, il est très rythmé donc, assez violent. Ducoudray nous présente une société américaine pourrie de l’intérieur, rejetant dans les marges les anciens combattants, et tous ceux qui n’entrent pas dans le cadre idéal. En ce sens, on découvre ici une contre société, qui singe la « normale » pour mieux l’investir, pour permettre à ceux qu’elle rejette de vivre quand même, avec des codes brutaux – mais finalement pas si éloignés de ceux du libéralisme (ou du Trumpisme…) moderne. J’ai lu la série dans l’intégrale (je ne connais donc pas le tome zéro), d’une traite, et avec plaisir. Une lecture recommandée. Note réelle 3,5/5.
Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé
La BD met six jeunes filles sur le devant de la scène, des jeunes filles dont je découvre - sauf Greta Thunberg - la force de caractère pour faire bouger - un peu - les choses. Il n'y a pas d'âges pour changer le monde, pour le rendre meilleur à défaut de le guerrir. Car évidemment, c'est comme écoper un navire à la dérive qui prend l'eau de partout avec une petite cuillère... Six portraits très bien documentés de jeunes filles inspirantes, je suis admiratif devant tant de détermination et de foi pour faire aboutir leurs différents projets. Je vous tire mon chapeau pour apporter un peu d'espoir dans ce monde qui marche souvent sur la tête. Mais si l'intention est louable, je ne suis pas charmé par une narration que je trouve monotone et neutre, peut-être trop détachée... Toujours est-il, je n'ai pas perçu ce vent de révolte qui m'aurait donné envie de me battre à leur côté. Ou peut-être suis-je déjà résigné... Pour la partie graphique, un dessinateur différent par portrait, ça reste très classique pour du documentaire. Ça fait le job et dans l'ensemble, c'est dans la moyenne haute. Du bon boulot. Malgré ma note de 3 étoiles, "Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé" est une BD à lire et à faire lire.
L'Attaque des slips tueurs - Une BD hilarante pour apprendre à décrypter les fake news (Alerte : Culottes meurtrières)
Un titre et une couverture qui vont attirer l’oeil des jeunes (et qui ont attiré le mien à la bibli). Un documentaire sur les fake news, destiné au jeune public, mais qui pourrait bien être utile à tout âge. En quelques chapitres courts et percutants, l’auteure explique la différence entre info et infox. Et pourquoi certains créent ces infox et les diffusent. Et pourquoi il peut être tentant d’y croire. Et comment les reconnaître et exercer son esprit crititque. Le tout expliqué sous forme d’un dialogue, avec des exemples parlants et des personnages amusants. Du beau boulot, à mettre dans tous les CDI et les biblis – et à faire lire aux parents !
Les Naufragés du temps
Point fort de la série : le dessin, stylé. Comment le dire autrement ? On sent l'aisance, on voit la force, et les couleurs ne sont pas mauvaises, ce qui fait que j'ai recopié quelques dessins et ai vite jeté le résultat. Bref et j'aime la plastique et le visage des personnages. Et j'apprécie l'idée de base et les créatures foisonnantes…. Mais tout cela m'a assez vite lassé sans que je puisse pointer une baisse de niveau. On dira que l'œuvre et moi nous sommes séparées par consentement mutuel et que j'en attendais sans doute trop ! A noter qu'avec le covid et la réussite semble-t-il aussi massive que partie pour durer de La guerre des étoiles avec ses nombreuses œuvres dérivées, il se pourrait qu'une réédition trouve son public. Il y a aussi notre espèce en danger… Bref, des éditeurs sachant éditer pourraient attirer l'attention sur tous ses points en plus du côté vintage. Autre chose, je trouve assez bien vu que le héros cherche, aime une femme qui ne l'aime pas, quoi de plus commun qu'un amour non partagé, qu'une mission prise au sérieux par l'un et moins par l'autre ? Je comprends qu'on se fasse plaisir avec des héros romantiques que la société embête ou encore Luke et Leia qui qui ne savent pas qu'ils sont frère et sœur, mais enfin, pourquoi pas un désaccord des cœurs entre héros principaux d'une série de science fiction ? Ce n'est pas parce qu''on explore la science qu'on doit se montrer répétitif pour ce qui est des sentiments. Sinon, la série serait verbeuse ? Moi, je trouve que c'est si le héros en décalage dans une autre époque et sans la femme avec qui il se pense un destin ne s'interrogeait pas que ce serait bizarre, et d'autant qu'il s'agit d'un scientifique, dont la formation et l'activité poussent aux interrogations. Nickoop le fait bien chez Bilal sans un tel bagage, mais pourquoi pas, intelligence, culture et sensibilité ne sont pas l'apanage des chercheurs ! Je comprends que certains puissent néanmoins trouver cela pesant, car de nos jours, on s'attache beaucoup au côté dramatique, que les questionnements peuvent sembler par trop diluer. Cependant, l'action peut être aussi répétitive que les soliloques. Qu'il est difficile de ne pas s'ennuyer, ou créateur, de ne pas lasser son public !
Joe la Pirate
Le dessin n'est pas d'une nullité absolue mais c'est l'histoire qui porte la lecture. Découvrons les aventures d'une lesbienne flamboyante à une époque où une telle audace détonnait. Bien sûr, c'était plus facile en héritière fortunée que dans une situation moins avantageuse mais attendez… Elle avait déjà deux handicaps sociaux : femme et homosexuelle, désolé, mais plus les obstacles s'accumulent, moins il y a de probabilités qu'on les surmonte. Ce qui fait que les riches ont l'utilité sociale éventuelle de pouvoir être en avance sur les mœurs et de faire de l'art ou du mécénat voire les deux comme Caillebotte qu'on redécouvre de nos jours. Bref, avec notre héroïne, on n'est donc pas dans le misérabilisme, mais dans l'aventure réjouissante, par moment, j'avais l'impression d'être dans un film de cap et d'épée. D'accord, je ne me souviens pas de duel, mais il y a la passion des navires et la gouvernance fantasque mais somme tout assez efficace et humaniste d'une île. A présent, après sa mort, notre héroïne a l'utilité sociale de montrer que l'émancipation féminine et homosexuelle remonte plus loin qu'on peut le penser et donc conforter les personnes défendant leur droit, puisque tout le monde se cherche des précurseurs. J'imagine qu'une célébrité élogieuse et utile ne lui déplairait pas, mais franchement, le dessin aurait pu et dû être mieux.
Le Phare
3.5 Un récit initiatique simple et qui se lit vite, mais qui est aussi terriblement efficace ! Durant la guerre civile espagnole, un jeune soldat républicain est en fuite et il se retrouve dans un phare perdu au milieu de nulle part et dont le vieux gardien est un peu excentrique. Les échanges entre les deux personnages sont très bien écrits et donnent des moments savoureux. Leur deux personnalités se complémentent bien et le récit est vraiment captivant à lire. Ce qui est incroyable est que lors du dénouement je me suis rendu compte à quel point le scénario est au final assez cliché, mais c'est tellement bien fait qu'au final ce n'est pas un problème. Cela montre que si on a du talent, on peut réussir à captiver un lecteur avec des éléments narratifs qu'il a déjà vus une bonne centaine de fois. Le côté poétique de l'œuvre m'a touché et la fin m'a vraiment ému. J'ai aimé le dessin qui selon moi va parfaitement à ce genre de récit.
La Fin de juillet
Après avoir lu ce one-shot, je comprends qu'il n'ait pas été posté sur ce site avant parce qu'il ne sort pas du tout du lot. C'est du pur roman graphique qui montre la vie d'un adolescent durant les derniers jours de juillet. En gros, cet ado semble un peu mal dans sa peau, il a des problèmes familiaux (des membres de sa famille qui s'engueulent, la grand-mère qui n’en a rien à foutre et fait juste que regarder la télé). Il passe donc beaucoup de temps dehors avec d'autres jeunes de son âge, dont une fille qu'il semble aimer. Le scénario m'a ennuyé. Je n'ai rien contre une bande dessinée qui raconte le quotidien, mais il faut quand même avoir quelque chose d'intéressant à dire et ce n'est pas le cas ici. Le personnage principal a certes des problèmes, mais des problèmes que j'ai déjà vus mieux traités dans d'autres histoires. À un moment, ça tourne un peu en rond et lorsque ça se termine je ne savais pas trop où l'autrice avait voulu en venir avec son récit. Je pense que c'est pour les gros fans de récits contemplatifs, en tout cas c'est sûr que si vous aimez l'action vous allez vous ennuyer ferme. Il y a tout de même quelques qualités. Le dessin est pas trop mal et la narration est dynamique, alors au moins ça se lit facilement, même si je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Album oubliable en ce qui me concerne.