Entre découvertes des coutumes terriennes et rencontres avec ses nouveaux voisins, un extraterrestre au physique de gamin tout juste débarqué sur Terre va essayer de comprendre cet étrange monde qui est le notre tout en passant inaperçu.
C'est une BD jeunesse plutôt sympa, pleine de situations loufoques. Elle est structurée en petites histoires, avec des rencontres et des expériences différentes qui permettent de multiplier les situations cocasses. C'est léger et souvent amusant, même si le concept finit parfois par tourner un peu en rond et manque d'un véritable fil conducteur ou d'un développement plus approfondi. Les enfants pourront facilement s'attacher à U-B-R et à ses proches, tandis qu'un adulte y trouvera quelques sourires grâce à un ton un peu pince-sans-rire et au décalage entre son regard innocent et nos propres travers.
Le dessin est agréable, avec un trait simple, efficace, entre ligne claire et comics humoristique. Les personnages sont expressifs et l'ensemble dégage une bonne humeur. La mise en page, souvent en petites cases régulières, fonctionne bien pour le jeune public et rend la lecture très accessible.
C'est une lecture sympathique pour les enfants, avec un héros attachant et quelques bonnes idées. Pour un adulte, c'est amusant et agréable à parcourir, mais cela reste une petite série jeunesse plaisante plus qu'un album réellement marquant.
Manga fascinant et malaisant, Mujina into the deep ne laisse pas indifférent.
Ce manga nous plonge dans une histoire de fuite et de perte des droits sociaux (des thématiques très actuelles comme en témoigne leur imprégnation dans les récents et décevants Les Marchés ou le tome 2 de Ils brûlent), dynamisée par une intrigue policière autour de tueurs à gages, assaisonnée de multiples thématiques sociétales (conditions de travail, pédophilie, ultramoderne solitude, réseaux sociaux et manipulation du récit sociétal, moralité/éthique de nos sociétés, etc.).
L'ensemble est d'une grande ambition, peut-être trop pour le moment : certains développements et des thématiques sont vite mis de côté, oubliés par le récit au profit d'éléments volontiers plus racoleurs : une action exagérément débridée, une gratuite érotisation de l'intrigue (via des plans et cadrages malaisants), un humour régressif malheureusement maladroitement assaisonné.
Si la richesse du récit demeure en l'état plus calorique que le plat réellement dans notre assiette, ce manga satisfait pleinement côté illustrations : cadrages dynamiques, contrastes de noir et blanc pertinents, grand soin apporté aux décors. Seuls quelques visages aux traits trop humoristiques et donc ces plans érotisants, gâchent le panorama, mais en ajoutant une distance malaisante intéressante dramatiquement puisque récupérée par l'intrigue pour créer un glauque assez original décrivant finalement assez bien la société dystopique imaginée par Asano.
Ces deux premiers tomes prometteurs disposent d'assez d'éléments pour donner une belle ampleur au manga, en espérant que les travers énoncés n'achèvent pas de prendre le dessus sur une intrigue dont la ligne directrice peut encore fluctuer, que le divertissement ne l'emporte pas sur le récit au propos puissant et engagé.
Un homme qui accumule les malchances entreprend une quête jusqu'à la montagne où vit "Celui-qui-sait-tout", persuadé que ce dernier pourra lui révéler comment retrouver le bonheur.
C'est une histoire courte, simple, mais assez réjouissante. Pozla reprend les codes du conte populaire avec une histoire volontairement linéaire et une morale classique, mais il lui apporte beaucoup d'humour et un vrai plaisir de narration. La mise en scène est pleine d'humour sans jamais en faire trop, le rythme est excellent et on se laisse rapidement emporter par cette quête un peu naïve mais attachante. Le dessin est très agréable, avec un trait vivant et expressif, de belles couleurs et quelques passages contemplatifs réussis. Les planches sans cases donnent une vraie fluidité au récit et renforcent l'impression de parcourir un vieux conte illustré.
La fin est prévisible dès que le héros obtient les réponses de "Celui-qui-sait-tout", mais elle reste plaisante grâce à la qualité de la narration et à l'humour de Pozla. La morale est simple, presque une sagesse populaire : nous cherchons trop loin ce qui est déjà sous nos yeux. Rien de révolutionnaire donc, mais une fable joliment racontée.
Mon seul regret vient de la rapidité de lecture, qui peut laisser une légère frustration au regard du prix de l'album, même si celui-ci reste raisonnable. C'est néanmoins une jolie petite histoire, drôle et touchante, portée par un chouette dessin.
Dans les années 1920, en Afrique de l'Est, une expédition française guidée par une jeune indigène part à la recherche de créatures fantastiques cachées dans une région mystérieuse.
Konghoro est une BD d'aventure jeunesse qui lorgne du côté du Monde perdu et des grandes expéditions exotiques. Elle propose avant tout de l'action divertissante, sans vraiment chercher à soigner sa narration, sa crédibilité ou son rythme. On est dans un récit d'aventure très classique, proche de ces histoires courtes qu'on pourrait trouver à la chaîne dans le Journal de Mickey : beaucoup d'exotisme, quelques mystères, des personnages archétypaux et une succession de péripéties destinées à maintenir l'intérêt du jeune lecteur. Ce n'est pas franchement mauvais, mais c'est un divertissement assez cheap et très dispensable.
Le dessin donne une bonne impression au premier regard, avec de belles couleurs, un trait souple et dynamique et des décors exotiques et dépaysants. Mais dès qu'on s'y attarde, les faiblesses apparaissent rapidement. Le style évoque davantage une animation jeunesse télévisée assez cheap, voire parfois un simple storyboard préparatoire, avec des éléments traités en quelques traits grossiers. Les personnages ont des anatomies cartoonesques, presque caoutchouteuses, qui donnent parfois l'impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène de l'action souffre également de ce manque de soin, avec des scènes confuses et un découpage qui peine à donner de la fluidité. C'est trop approximatif.
La mise en place de l'histoire m'a aussi rapidement agacé. Le récit fait mine de s'inscrire dans un contexte historique et géographique réaliste, avec des notes de bas de page pour expliquer certains mots ou certains lieux, comme s'il cherchait à transmettre un peu de culture. Le problème est que s'y mélangent allègrement des éléments venus de différentes régions d'Afrique, voire de Perse, avec des inventions totalement fantaisistes, dans un gloubi-boulga exotique qui tient davantage de Tarzan ou d'Allan Quatermain que d'un cadre géographique et historique réaliste. Ce mélange aurait pu fonctionner si le récit assumait clairement son côté imaginaire, mais présenter ces éléments avec une apparence documentaire peut induire les jeunes lecteurs en erreur.
L'intrigue elle-même souffre des mêmes défauts. Elle est très cousue de fil blanc, avec des rebondissements attendus, des changements de camp parfois abrupts et des enchaînements qui manquent de logique. Les motivations des personnages sont souvent simplistes, les enjeux restent superficiels et le rythme est mal maîtrisé, avec des passages qui accélèrent brutalement alors que d'autres semblent étirés artificiellement. Certaines idées auraient pourtant pu être intéressantes, notamment cette région cachée où une faune et une flore particulières auraient évolué à l'écart du monde, mais elles sont exploitées de manière trop facile et immature.
Konghoro est une BD qui se dédie essentiellement à de jeunes lecteurs amateurs de divertissement léger, d'aventure exotique et de créatures fantastiques. Mais les défauts de scénario, de cohérence et de réalisation sautent rapidement aux yeux et ça ressemble davantage à un petit divertissement formaté qu'à une véritable grande aventure.
Bernet au dessin et Trillo au scénario, voilà deux auteurs qui a priori m’intéressent et qui, malgré une œuvre inégale, proposent généralement des choses originales et qui méritent largement le détour.
Et je dois dire que cet album confirme tout cela, tant il sort de l’ordinaire – tout en utilisant pas mal de clichés de genre.
Les deux auteurs mêlent ici pas mal de genres, dans lesquels ils ont pas mal donné ailleurs. Du polar, un zest d’érotisme, une dose d’absurde, et une louche d’humour – tendance décalé et noir.
Le résultat est inégal. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, un peu fouillis, je ne savais pas où voulaient en venir les auteurs. Puis, peu à peu, je m’y suis fait – y compris au bordel qui persiste, volontairement.
Car s’il y a bien une trame scénaristique, si Trillo place un cadre guerre froide, avec lutte d’espions, au milieu d’une intrigue vaguement polar, s’il y a bien un vague clin d’œil tendance king-kongesque (voir la couverture) au mythe de la Belle et de la Bête, ce qui prédomine ici est l’humour.
Car tout est surjoué, caricatural (même la pin-up – Belle donc – est insensible à la douleur, y compris lorsqu’un type la triture avec une aiguille, ou lorsqu’elle est torturée), dans les grandes lignes comme dans les détails. Trillo parodie les récits de genre, en y ajoutant un narrateur (lui-même en fait !) qui prend le lecteur à témoin, en critiquant certains traits du scénario ou des dialogues, en jouant sur de l’autodérision, etc. Belle pense à haute voix en commentant ses actions (lorsqu’elle séduit un type, couche avec lui, en appliquant à la lettre tous les conseils donnés par l’Actors studio !
Bernet n’est pas en reste. Son trait en Noir et Blanc colle parfaitement au récit, et Belle, en pin-up hyper sexy (on retrouve ici quelques accointances avec la Bang Bang imaginée par le même duo d’auteurs, dans une version plus « adulte »), la Bête en géant qui ne mesure pas sa force et détruit tout (voir le scène finale) ajoutent visuellement au loufoque du scénario de Trillo.
Au final, ça n’est pas un chef d’œuvre. Mais la lecture est suffisamment plaisante pour que les amateurs du duo – mais pas seulement – y trouvent leur compte. C’est une lecture décalée, un peu foutraque et bordélique, mais rafraichissante.
J’ai depuis très longtemps été intéressé, voire passionné par l’histoire et la culture amérindiennes, et j’ai lu énormément de choses sur le sujet. Et le sujet traité ici par Prugne est a priori quelque chose qui entre dans ce cadre : la destruction des tribus des plaines. Mais je suis sorti un chouia déçu de cette lecture – même si elle m’a globalement plu et si je recommande lecture et achat.
Prugne s’intéresse aussi à la culture amérindienne depuis longtemps, mais la plupart de ses séries se déroulaient un siècle auparavant, centrées sur le XVIIIème siècle, au moment des guerres franco-anglaises, et autour des tribus des forêts de l’Amérique du Nord-est. Il change ici pour la première fois de cadre. Historique d’abord, puisque l’intrigue se situe au milieu des années 1860. Géographique et culturel ensuite, puisque l’intrigue se concentre essentiellement sur les Cheyennes, dans les grandes plaines du Colorado.
Le cœur du récit (plutôt l’aboutissement, car en fait il n’est traité que tardivement, et assez rapidement), c’est le massacre de Sand Creek. Dans la longue lignée des actes odieux commis par les Blancs/Américains face aux tribus indiennes, ce massacre se pose (peut-être avec celui plus tardif de Wounded Knee) comme l’un des pires, n’ayant absolument aucune justification militaire, uniquement mu par le racisme, la bêtise, et l’envie de tuer ceux qui empêchent (ou semblent empêcher) l’accaparement de terres.
Le massacre des Cheyennes dirigés par Black Kettle à Sand Creek a inspiré plusieurs œuvres. Au cinéma « Soldat bleu » directement, mais aussi « Little Big Man » (la scène terrible et poignante de l’attaque du village indien où la femme indienne de Dustin Hoffman meurt). En BD, Charlier et Giraud se sont inspirés de ce massacre dans leur superbe série Blueberry, dans l’album « Général tête jaune », et ça a été évoqué brièvement dans Little Big Horn, ou Indians !.
Prugne s’est documenté, pour les faits et pour la culture indienne. En particulier les superbes photos de Curtis (plusieurs sont citées et « redessinées » dans le beau cahier graphique qui clôt l’album). Je ne serais pas étonné qu’il ait parmi ses sources le beau livre « Pieds nus sur la Terre sacrée » (au vu des citations amérindiennes en fin d’album – mais aussi pour les photos de Curtis).
Un massacre connu donc en aboutissement de l’histoire, qui voit la tension monter, et qui montre aussi comment même lorsque certains officiers américains voulaient sincèrement bien traiter les Indiens (à nuancer toutefois, car bien les traiter pouvait consister à les amener dans des « réserves » !), les « décideurs » (soutenus par tous ceux qui voulaient s’emparer des terres – ce qui était le but réel et ultime, comme la citation de Red Cloud, reprise deux fois rappelle) sabotaient les accords passés avec les tribus indiennes. Prugne confirme ici la réalité, la quasi-totalité des accords/traités passés entre Indiens et Américains ont été respectés par les premiers, trahis par les seconds.
Et la scène – avérée – du pauvre Black Kettle au pied de sa tente, avec le drapeau américain, persuadés que son pacifisme et la parole donnée suffisait à arrêter le massacre – est pathétique. Ironie de l’histoire, Black Kettle fera partie des rares survivants, mais il sera tué lors d’un autre massacre perpétré par les troupes de Custer quatre ans plus tard…
Le dessin de Prugne, avec un très beau travail à l’aquarelle, est vraiment très chouette, agréable à l’œil, lumineux. Je regrette juste des visages parfois moins réussis (et reconnait que son dessin exprime sans doute plus de force pour représenter les sous-bois des forêts du Nord-Est que les grandes plaines).
Concernant le récit lui-même, je l’ai trouvé intéressant, mais pas captivant. Le rythme est trop lent, l’intrigue manque de densité, et la plupart des personnages manquent aussi de personnalité. Prugne utilise comme personnage central un métis (qui a existé, Prugne s’est même inspiré du récit que celui-ci a écrit – très longtemps après les événements), mais ce personnage aurait lui aussi mérité d’être davantage développé.
En fait, je pense qu’il aurait été préférable de développer une série en plusieurs tomes, pour mieux développer le contexte (depuis le traité de Laramie une douzaine d’années plus tôt), et la suite (peut-être jusqu’à la fin des années 1870 (en englobant la bataille de la Little Big Horn par exemple). Avec le dessin de Prugne, ça aurait été vraiment chouette, et surtout cela aurait permis de mieux poser les choses, d’équilibrer passages contemplatifs et fortes tensions : ça aurait satisfait l’amoureux des Indiens des plaines que je suis.
Mais bon, en l’état, malgré ma relative déception (par rapport à de fortes attentes), c’est quand même un album intéressant, et très joli à regarder.
Note réelle 3,5/5.
« Juliette » n’est pas une œuvre de jeunesse. Et pourtant, en observant le dessin de Crépax dans cet album, je trouve le trait moins assuré, plus « jeté » ou plutôt esquissé que sur nombre de ses séries. Le rendu est souvent proche de dessins ou d’esquisses de mode, avec des corps assez fins (les poses des personnages féminins m’ont aussi fait penser à des gravures de modes, ou de vieilles publicités de mode).
En tout cas ça n’est pas le style graphique que je préfère de Crépax.
Quant à l’histoire, elle ne m’a pas vraiment emballé. Très verbeuse déjà, avec des textes un peu soulants, qui plus est souvent dans tous les sens de lecture, fourrés dans tous les coins des cases…
La quatrième de couverture fait référence à la pièce de Shakespeare, et au récit de Sade. J’avoue n’avoir pas trop trouvé les liens (surtout par rapport à Sade), et m’être rapidement désintéressé de l’intrigue.
Les atermoiements de Juliette concernant ses amours, avec un Roméo un peu bellâtre, bof.
Enfin, la présentation de l’album par l’éditeur parle d’un chef d’œuvre d’esthétisme et d’érotisme. Si l’on voit bien la volonté esthétique de Crépax (tout est vraiment lié à la mode dans la représentation), le côté érotique est franchement très peu présent (voire quasi absent, ce qui est peu courant chez Crépax). En pour finir (hélas !), c'est très loin d'être un chef d'oeuvre !
Dans un futur proche, un gigantesque projet scientifique vise à creuser un tunnel traversant la Terre de part en part afin de révolutionner les transports. Mais derrière cet exploit technologique se cache un drame humain qui conduira à un procès implacable.
Dès les premières pages, j'ai eu du mal à entrer dans le récit, en grande partie à cause d'une narration très hachée. Les nombreux sauts chronologiques sont mal signalés et il est souvent difficile de savoir à quelle époque on se trouve ou quels personnages sont censés avoir vieilli. D'autant que le dessin n'aide absolument pas : le trait est hésitant, imprécis, beaucoup de protagonistes se ressemblent et il m'est arrivé à plusieurs reprises de les confondre. Graphiquement, d'ailleurs, les décors manquent de personnalité, les scènes censées susciter l'émerveillement ne produisent guère d'effet et l'ensemble paraît quelconque pour une BD de SF.
Mais c'est surtout le scénario qui m'a posé problème. Le postulat de départ est relativement intrigant : creuser un tunnel passant par le noyau terrestre afin de raccourcir les trajets. Pourtant, plus l'histoire avance, moins j'ai compris l'intérêt réel d'un tel projet. Même en acceptant les libertés propres à la science-fiction, l'idée m'a paru peu crédible et surtout peu convaincante. Et lorsque le tunnel trouve finalement une toute autre utilisation dans le dernier acte, je n'ai pas trouvé sa réalisation plus crédible même si cette fois je comprenais mieux son intérêt.
L'autre aspect qui m'a déçu concerne les antagonistes et leur volonté de condamner à mort le père du responsable du projet. Leur haine me paraît totalement disproportionnée et repose sur un raisonnement qui ne tient pas debout. C'est un peu comme si l'on décidait de condamner à mort tous les scientifiques dont les découvertes ont, de près ou de loin, rendu possible l'invention de la bombe atomique. C'est idiot et simpliste.
De manière générale, j'ai trouvé que les idées de science-fiction manquaient de profondeur. Le récit accumule les concepts sans vraiment les développer ni leur donner une véritable cohérence. C'est comme une succession d'idées approximatives qui peinent à convaincre.
Entre un dessin peu inspiré, une narration confuse et un scénario dont les principaux concepts m'ont semblé bancals, je n'ai jamais réussi à m'investir dans cette histoire.
Je suis tout à fait d'accord avec les deux précédents avis.
Un album utile mais hélas confus dans lequel j'ai eu des difficultés avec les flashback qui se succèdent et s'entremêlent, sans indication de lieu ni de date, ce qui m'a perdu par moment ou du moins a rendu la lecture difficile.
D'une manière globale, le graphisme est très agréable (je n'apprécie pas ces personnages qui ont des yeux sans pupille...)
Je recommanderai de lire les pages historiques explicatives en début d'album car cela permettrait d'apporter de la clarté au récit.
Dommage car cet album avait toutes les qualités pour une 4e étoile.
Un manga des années 90 qui a eu une influence sur les mangas mettant en vedette des délinquants, débarque enfin dans le monde francophone et je me demande si c'était vraiment nécessaire, parce qu'en dehors de l'aspect historique, il y a pas grand chose de bien intéressant dans cette série. J'ai lu les 4 premiers tomes et je n'ai pas envie d'en lire plus.
Il faut dire que c'est un manga qui fait le poids des années et aussi qu'on a eu avant des séries de délinquants plus récentes qui ont clairement été influencées par celle-ci. Ce qui pouvait être un peu original en 1990 est trop classique plus de 35 ans plus tard. Il faut dire que le scénario est surtout une suite de bastons. Le héros semble un peu con, mais il est très fort et après avoir battu un ou plusieurs délinquants, il y a un nouveau défi qui se pointe et on répète le schéma encore et encore. On essaie de mettre un peu de profondeur dans le scénario, par exemple avec ce délinquant qui a une mauvaise réputation pour des raisons injustes, mais rien à faire je ne m'attache pas aux personnages et je ne trouve pas le scénario passionnant. L'humour est lourdingue et ne me fait pas rire.
Peut-être que si j'avais lu ça jeune, j'aurais mieux accroché. L'adulte que je suis trouve que c'est trop basique pour être intéressant.
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Entre découvertes des coutumes terriennes et rencontres avec ses nouveaux voisins, un extraterrestre au physique de gamin tout juste débarqué sur Terre va essayer de comprendre cet étrange monde qui est le notre tout en passant inaperçu. C'est une BD jeunesse plutôt sympa, pleine de situations loufoques. Elle est structurée en petites histoires, avec des rencontres et des expériences différentes qui permettent de multiplier les situations cocasses. C'est léger et souvent amusant, même si le concept finit parfois par tourner un peu en rond et manque d'un véritable fil conducteur ou d'un développement plus approfondi. Les enfants pourront facilement s'attacher à U-B-R et à ses proches, tandis qu'un adulte y trouvera quelques sourires grâce à un ton un peu pince-sans-rire et au décalage entre son regard innocent et nos propres travers. Le dessin est agréable, avec un trait simple, efficace, entre ligne claire et comics humoristique. Les personnages sont expressifs et l'ensemble dégage une bonne humeur. La mise en page, souvent en petites cases régulières, fonctionne bien pour le jeune public et rend la lecture très accessible. C'est une lecture sympathique pour les enfants, avec un héros attachant et quelques bonnes idées. Pour un adulte, c'est amusant et agréable à parcourir, mais cela reste une petite série jeunesse plaisante plus qu'un album réellement marquant.
Mujina into the deep
Manga fascinant et malaisant, Mujina into the deep ne laisse pas indifférent. Ce manga nous plonge dans une histoire de fuite et de perte des droits sociaux (des thématiques très actuelles comme en témoigne leur imprégnation dans les récents et décevants Les Marchés ou le tome 2 de Ils brûlent), dynamisée par une intrigue policière autour de tueurs à gages, assaisonnée de multiples thématiques sociétales (conditions de travail, pédophilie, ultramoderne solitude, réseaux sociaux et manipulation du récit sociétal, moralité/éthique de nos sociétés, etc.). L'ensemble est d'une grande ambition, peut-être trop pour le moment : certains développements et des thématiques sont vite mis de côté, oubliés par le récit au profit d'éléments volontiers plus racoleurs : une action exagérément débridée, une gratuite érotisation de l'intrigue (via des plans et cadrages malaisants), un humour régressif malheureusement maladroitement assaisonné. Si la richesse du récit demeure en l'état plus calorique que le plat réellement dans notre assiette, ce manga satisfait pleinement côté illustrations : cadrages dynamiques, contrastes de noir et blanc pertinents, grand soin apporté aux décors. Seuls quelques visages aux traits trop humoristiques et donc ces plans érotisants, gâchent le panorama, mais en ajoutant une distance malaisante intéressante dramatiquement puisque récupérée par l'intrigue pour créer un glauque assez original décrivant finalement assez bien la société dystopique imaginée par Asano. Ces deux premiers tomes prometteurs disposent d'assez d'éléments pour donner une belle ampleur au manga, en espérant que les travers énoncés n'achèvent pas de prendre le dessus sur une intrigue dont la ligne directrice peut encore fluctuer, que le divertissement ne l'emporte pas sur le récit au propos puissant et engagé.
L'Homme qui courait après sa chance
Un homme qui accumule les malchances entreprend une quête jusqu'à la montagne où vit "Celui-qui-sait-tout", persuadé que ce dernier pourra lui révéler comment retrouver le bonheur. C'est une histoire courte, simple, mais assez réjouissante. Pozla reprend les codes du conte populaire avec une histoire volontairement linéaire et une morale classique, mais il lui apporte beaucoup d'humour et un vrai plaisir de narration. La mise en scène est pleine d'humour sans jamais en faire trop, le rythme est excellent et on se laisse rapidement emporter par cette quête un peu naïve mais attachante. Le dessin est très agréable, avec un trait vivant et expressif, de belles couleurs et quelques passages contemplatifs réussis. Les planches sans cases donnent une vraie fluidité au récit et renforcent l'impression de parcourir un vieux conte illustré. La fin est prévisible dès que le héros obtient les réponses de "Celui-qui-sait-tout", mais elle reste plaisante grâce à la qualité de la narration et à l'humour de Pozla. La morale est simple, presque une sagesse populaire : nous cherchons trop loin ce qui est déjà sous nos yeux. Rien de révolutionnaire donc, mais une fable joliment racontée. Mon seul regret vient de la rapidité de lecture, qui peut laisser une légère frustration au regard du prix de l'album, même si celui-ci reste raisonnable. C'est néanmoins une jolie petite histoire, drôle et touchante, portée par un chouette dessin.
Konghoro - Terre sacrée
Dans les années 1920, en Afrique de l'Est, une expédition française guidée par une jeune indigène part à la recherche de créatures fantastiques cachées dans une région mystérieuse. Konghoro est une BD d'aventure jeunesse qui lorgne du côté du Monde perdu et des grandes expéditions exotiques. Elle propose avant tout de l'action divertissante, sans vraiment chercher à soigner sa narration, sa crédibilité ou son rythme. On est dans un récit d'aventure très classique, proche de ces histoires courtes qu'on pourrait trouver à la chaîne dans le Journal de Mickey : beaucoup d'exotisme, quelques mystères, des personnages archétypaux et une succession de péripéties destinées à maintenir l'intérêt du jeune lecteur. Ce n'est pas franchement mauvais, mais c'est un divertissement assez cheap et très dispensable. Le dessin donne une bonne impression au premier regard, avec de belles couleurs, un trait souple et dynamique et des décors exotiques et dépaysants. Mais dès qu'on s'y attarde, les faiblesses apparaissent rapidement. Le style évoque davantage une animation jeunesse télévisée assez cheap, voire parfois un simple storyboard préparatoire, avec des éléments traités en quelques traits grossiers. Les personnages ont des anatomies cartoonesques, presque caoutchouteuses, qui donnent parfois l'impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène de l'action souffre également de ce manque de soin, avec des scènes confuses et un découpage qui peine à donner de la fluidité. C'est trop approximatif. La mise en place de l'histoire m'a aussi rapidement agacé. Le récit fait mine de s'inscrire dans un contexte historique et géographique réaliste, avec des notes de bas de page pour expliquer certains mots ou certains lieux, comme s'il cherchait à transmettre un peu de culture. Le problème est que s'y mélangent allègrement des éléments venus de différentes régions d'Afrique, voire de Perse, avec des inventions totalement fantaisistes, dans un gloubi-boulga exotique qui tient davantage de Tarzan ou d'Allan Quatermain que d'un cadre géographique et historique réaliste. Ce mélange aurait pu fonctionner si le récit assumait clairement son côté imaginaire, mais présenter ces éléments avec une apparence documentaire peut induire les jeunes lecteurs en erreur. L'intrigue elle-même souffre des mêmes défauts. Elle est très cousue de fil blanc, avec des rebondissements attendus, des changements de camp parfois abrupts et des enchaînements qui manquent de logique. Les motivations des personnages sont souvent simplistes, les enjeux restent superficiels et le rythme est mal maîtrisé, avec des passages qui accélèrent brutalement alors que d'autres semblent étirés artificiellement. Certaines idées auraient pourtant pu être intéressantes, notamment cette région cachée où une faune et une flore particulières auraient évolué à l'écart du monde, mais elles sont exploitées de manière trop facile et immature. Konghoro est une BD qui se dédie essentiellement à de jeunes lecteurs amateurs de divertissement léger, d'aventure exotique et de créatures fantastiques. Mais les défauts de scénario, de cohérence et de réalisation sautent rapidement aux yeux et ça ressemble davantage à un petit divertissement formaté qu'à une véritable grande aventure.
Belle et la Bête
Bernet au dessin et Trillo au scénario, voilà deux auteurs qui a priori m’intéressent et qui, malgré une œuvre inégale, proposent généralement des choses originales et qui méritent largement le détour. Et je dois dire que cet album confirme tout cela, tant il sort de l’ordinaire – tout en utilisant pas mal de clichés de genre. Les deux auteurs mêlent ici pas mal de genres, dans lesquels ils ont pas mal donné ailleurs. Du polar, un zest d’érotisme, une dose d’absurde, et une louche d’humour – tendance décalé et noir. Le résultat est inégal. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, un peu fouillis, je ne savais pas où voulaient en venir les auteurs. Puis, peu à peu, je m’y suis fait – y compris au bordel qui persiste, volontairement. Car s’il y a bien une trame scénaristique, si Trillo place un cadre guerre froide, avec lutte d’espions, au milieu d’une intrigue vaguement polar, s’il y a bien un vague clin d’œil tendance king-kongesque (voir la couverture) au mythe de la Belle et de la Bête, ce qui prédomine ici est l’humour. Car tout est surjoué, caricatural (même la pin-up – Belle donc – est insensible à la douleur, y compris lorsqu’un type la triture avec une aiguille, ou lorsqu’elle est torturée), dans les grandes lignes comme dans les détails. Trillo parodie les récits de genre, en y ajoutant un narrateur (lui-même en fait !) qui prend le lecteur à témoin, en critiquant certains traits du scénario ou des dialogues, en jouant sur de l’autodérision, etc. Belle pense à haute voix en commentant ses actions (lorsqu’elle séduit un type, couche avec lui, en appliquant à la lettre tous les conseils donnés par l’Actors studio ! Bernet n’est pas en reste. Son trait en Noir et Blanc colle parfaitement au récit, et Belle, en pin-up hyper sexy (on retrouve ici quelques accointances avec la Bang Bang imaginée par le même duo d’auteurs, dans une version plus « adulte »), la Bête en géant qui ne mesure pas sa force et détruit tout (voir le scène finale) ajoutent visuellement au loufoque du scénario de Trillo. Au final, ça n’est pas un chef d’œuvre. Mais la lecture est suffisamment plaisante pour que les amateurs du duo – mais pas seulement – y trouvent leur compte. C’est une lecture décalée, un peu foutraque et bordélique, mais rafraichissante.
Cheyenne
J’ai depuis très longtemps été intéressé, voire passionné par l’histoire et la culture amérindiennes, et j’ai lu énormément de choses sur le sujet. Et le sujet traité ici par Prugne est a priori quelque chose qui entre dans ce cadre : la destruction des tribus des plaines. Mais je suis sorti un chouia déçu de cette lecture – même si elle m’a globalement plu et si je recommande lecture et achat. Prugne s’intéresse aussi à la culture amérindienne depuis longtemps, mais la plupart de ses séries se déroulaient un siècle auparavant, centrées sur le XVIIIème siècle, au moment des guerres franco-anglaises, et autour des tribus des forêts de l’Amérique du Nord-est. Il change ici pour la première fois de cadre. Historique d’abord, puisque l’intrigue se situe au milieu des années 1860. Géographique et culturel ensuite, puisque l’intrigue se concentre essentiellement sur les Cheyennes, dans les grandes plaines du Colorado. Le cœur du récit (plutôt l’aboutissement, car en fait il n’est traité que tardivement, et assez rapidement), c’est le massacre de Sand Creek. Dans la longue lignée des actes odieux commis par les Blancs/Américains face aux tribus indiennes, ce massacre se pose (peut-être avec celui plus tardif de Wounded Knee) comme l’un des pires, n’ayant absolument aucune justification militaire, uniquement mu par le racisme, la bêtise, et l’envie de tuer ceux qui empêchent (ou semblent empêcher) l’accaparement de terres. Le massacre des Cheyennes dirigés par Black Kettle à Sand Creek a inspiré plusieurs œuvres. Au cinéma « Soldat bleu » directement, mais aussi « Little Big Man » (la scène terrible et poignante de l’attaque du village indien où la femme indienne de Dustin Hoffman meurt). En BD, Charlier et Giraud se sont inspirés de ce massacre dans leur superbe série Blueberry, dans l’album « Général tête jaune », et ça a été évoqué brièvement dans Little Big Horn, ou Indians !. Prugne s’est documenté, pour les faits et pour la culture indienne. En particulier les superbes photos de Curtis (plusieurs sont citées et « redessinées » dans le beau cahier graphique qui clôt l’album). Je ne serais pas étonné qu’il ait parmi ses sources le beau livre « Pieds nus sur la Terre sacrée » (au vu des citations amérindiennes en fin d’album – mais aussi pour les photos de Curtis). Un massacre connu donc en aboutissement de l’histoire, qui voit la tension monter, et qui montre aussi comment même lorsque certains officiers américains voulaient sincèrement bien traiter les Indiens (à nuancer toutefois, car bien les traiter pouvait consister à les amener dans des « réserves » !), les « décideurs » (soutenus par tous ceux qui voulaient s’emparer des terres – ce qui était le but réel et ultime, comme la citation de Red Cloud, reprise deux fois rappelle) sabotaient les accords passés avec les tribus indiennes. Prugne confirme ici la réalité, la quasi-totalité des accords/traités passés entre Indiens et Américains ont été respectés par les premiers, trahis par les seconds. Et la scène – avérée – du pauvre Black Kettle au pied de sa tente, avec le drapeau américain, persuadés que son pacifisme et la parole donnée suffisait à arrêter le massacre – est pathétique. Ironie de l’histoire, Black Kettle fera partie des rares survivants, mais il sera tué lors d’un autre massacre perpétré par les troupes de Custer quatre ans plus tard… Le dessin de Prugne, avec un très beau travail à l’aquarelle, est vraiment très chouette, agréable à l’œil, lumineux. Je regrette juste des visages parfois moins réussis (et reconnait que son dessin exprime sans doute plus de force pour représenter les sous-bois des forêts du Nord-Est que les grandes plaines). Concernant le récit lui-même, je l’ai trouvé intéressant, mais pas captivant. Le rythme est trop lent, l’intrigue manque de densité, et la plupart des personnages manquent aussi de personnalité. Prugne utilise comme personnage central un métis (qui a existé, Prugne s’est même inspiré du récit que celui-ci a écrit – très longtemps après les événements), mais ce personnage aurait lui aussi mérité d’être davantage développé. En fait, je pense qu’il aurait été préférable de développer une série en plusieurs tomes, pour mieux développer le contexte (depuis le traité de Laramie une douzaine d’années plus tôt), et la suite (peut-être jusqu’à la fin des années 1870 (en englobant la bataille de la Little Big Horn par exemple). Avec le dessin de Prugne, ça aurait été vraiment chouette, et surtout cela aurait permis de mieux poser les choses, d’équilibrer passages contemplatifs et fortes tensions : ça aurait satisfait l’amoureux des Indiens des plaines que je suis. Mais bon, en l’état, malgré ma relative déception (par rapport à de fortes attentes), c’est quand même un album intéressant, et très joli à regarder. Note réelle 3,5/5.
Juliette
« Juliette » n’est pas une œuvre de jeunesse. Et pourtant, en observant le dessin de Crépax dans cet album, je trouve le trait moins assuré, plus « jeté » ou plutôt esquissé que sur nombre de ses séries. Le rendu est souvent proche de dessins ou d’esquisses de mode, avec des corps assez fins (les poses des personnages féminins m’ont aussi fait penser à des gravures de modes, ou de vieilles publicités de mode). En tout cas ça n’est pas le style graphique que je préfère de Crépax. Quant à l’histoire, elle ne m’a pas vraiment emballé. Très verbeuse déjà, avec des textes un peu soulants, qui plus est souvent dans tous les sens de lecture, fourrés dans tous les coins des cases… La quatrième de couverture fait référence à la pièce de Shakespeare, et au récit de Sade. J’avoue n’avoir pas trop trouvé les liens (surtout par rapport à Sade), et m’être rapidement désintéressé de l’intrigue. Les atermoiements de Juliette concernant ses amours, avec un Roméo un peu bellâtre, bof. Enfin, la présentation de l’album par l’éditeur parle d’un chef d’œuvre d’esthétisme et d’érotisme. Si l’on voit bien la volonté esthétique de Crépax (tout est vraiment lié à la mode dans la représentation), le côté érotique est franchement très peu présent (voire quasi absent, ce qui est peu courant chez Crépax). En pour finir (hélas !), c'est très loin d'être un chef d'oeuvre !
La Terre Transpercée
Dans un futur proche, un gigantesque projet scientifique vise à creuser un tunnel traversant la Terre de part en part afin de révolutionner les transports. Mais derrière cet exploit technologique se cache un drame humain qui conduira à un procès implacable. Dès les premières pages, j'ai eu du mal à entrer dans le récit, en grande partie à cause d'une narration très hachée. Les nombreux sauts chronologiques sont mal signalés et il est souvent difficile de savoir à quelle époque on se trouve ou quels personnages sont censés avoir vieilli. D'autant que le dessin n'aide absolument pas : le trait est hésitant, imprécis, beaucoup de protagonistes se ressemblent et il m'est arrivé à plusieurs reprises de les confondre. Graphiquement, d'ailleurs, les décors manquent de personnalité, les scènes censées susciter l'émerveillement ne produisent guère d'effet et l'ensemble paraît quelconque pour une BD de SF. Mais c'est surtout le scénario qui m'a posé problème. Le postulat de départ est relativement intrigant : creuser un tunnel passant par le noyau terrestre afin de raccourcir les trajets. Pourtant, plus l'histoire avance, moins j'ai compris l'intérêt réel d'un tel projet. Même en acceptant les libertés propres à la science-fiction, l'idée m'a paru peu crédible et surtout peu convaincante. Et lorsque le tunnel trouve finalement une toute autre utilisation dans le dernier acte, je n'ai pas trouvé sa réalisation plus crédible même si cette fois je comprenais mieux son intérêt. L'autre aspect qui m'a déçu concerne les antagonistes et leur volonté de condamner à mort le père du responsable du projet. Leur haine me paraît totalement disproportionnée et repose sur un raisonnement qui ne tient pas debout. C'est un peu comme si l'on décidait de condamner à mort tous les scientifiques dont les découvertes ont, de près ou de loin, rendu possible l'invention de la bombe atomique. C'est idiot et simpliste. De manière générale, j'ai trouvé que les idées de science-fiction manquaient de profondeur. Le récit accumule les concepts sans vraiment les développer ni leur donner une véritable cohérence. C'est comme une succession d'idées approximatives qui peinent à convaincre. Entre un dessin peu inspiré, une narration confuse et un scénario dont les principaux concepts m'ont semblé bancals, je n'ai jamais réussi à m'investir dans cette histoire.
L'Escadron bleu, 1945
Je suis tout à fait d'accord avec les deux précédents avis. Un album utile mais hélas confus dans lequel j'ai eu des difficultés avec les flashback qui se succèdent et s'entremêlent, sans indication de lieu ni de date, ce qui m'a perdu par moment ou du moins a rendu la lecture difficile. D'une manière globale, le graphisme est très agréable (je n'apprécie pas ces personnages qui ont des yeux sans pupille...) Je recommanderai de lire les pages historiques explicatives en début d'album car cela permettrait d'apporter de la clarté au récit. Dommage car cet album avait toutes les qualités pour une 4e étoile.
Crows
Un manga des années 90 qui a eu une influence sur les mangas mettant en vedette des délinquants, débarque enfin dans le monde francophone et je me demande si c'était vraiment nécessaire, parce qu'en dehors de l'aspect historique, il y a pas grand chose de bien intéressant dans cette série. J'ai lu les 4 premiers tomes et je n'ai pas envie d'en lire plus. Il faut dire que c'est un manga qui fait le poids des années et aussi qu'on a eu avant des séries de délinquants plus récentes qui ont clairement été influencées par celle-ci. Ce qui pouvait être un peu original en 1990 est trop classique plus de 35 ans plus tard. Il faut dire que le scénario est surtout une suite de bastons. Le héros semble un peu con, mais il est très fort et après avoir battu un ou plusieurs délinquants, il y a un nouveau défi qui se pointe et on répète le schéma encore et encore. On essaie de mettre un peu de profondeur dans le scénario, par exemple avec ce délinquant qui a une mauvaise réputation pour des raisons injustes, mais rien à faire je ne m'attache pas aux personnages et je ne trouve pas le scénario passionnant. L'humour est lourdingue et ne me fait pas rire. Peut-être que si j'avais lu ça jeune, j'aurais mieux accroché. L'adulte que je suis trouve que c'est trop basique pour être intéressant.