Cléo, ancienne haute fonctionnaire œuvrant sous pseudonyme, raconte sur le mode ingénue/débutante les actions réalisées par ce fameux Ministère des affaires complexes (en réalité une direction interministérielle avec une appellation différente), en charge en réalité de la "crise migratoire". En effet au milieu des années 2010 l'Europe a dû faire face à un afflux massif de réfugiés, et mettre en place des stratégies pour les accueillir, au moins à titre provisoire. Cléo et ses trois collègues, recrutés tout en venant d'horizons divers, doivent mettre sur pied des solutions logistiques, comme une plateforme permettant de réaliser des "matches" entre des réfugiés aux profils divers (nationalité, nombre...) et des logements vacants.
Les injonctions peuvent être contradictoires, dictées par les revirements au sommet de l'Etat ou de l'Europe, les marges de manœuvre sont réduites, les motivations fluctuantes. Les quatre fonctionnaires observent, beaucoup, réfléchissent, énormément, et proposent, peu, mais en essayant d'être pertinents. Les échanges avec leur hiérarchie peuvent être frustrants, mais ils essaient de ne pas perdre la foi. Leur quatuor est un peu caricatural, entre le gros nounours qui craque, mange pour calmer ses angoisses, le fonctionnaire blasé, la tête d'ampoule un peu effacée qui essaie de sortir LA bonne idée... Cela permet un bon panachage narratif, on ne s'ennuie pas dans cette lecture presque expurgée du jargon dédié, même si les auteurs en mettent un peu.
Kokopello a un style un peu passe-partout, à la limite de la caricature de presse, mais il sert bien le propos. C'est ma foi assez intéressant dans l'ensemble pour comprendre cet enjeu de politique publique dans le domaine de l'humanitaire.
Une agence secrète qui protège et enquête sur les aliens, et qui a entre autres le pouvoir d'effacer les souvenirs des Humains les concernant... J'ai assez vite pensé à Men in Black, d'autant plus que les représentants de l'agence se présentent en costume trois pièces. Le point commun s'arête là, l'agence est en fait une compagnie d'assurances, ce qui est un peu plus original. Pour la découverte candide, on a un adolescent possédant un pouvoir surprenant, celui de déceler quand une personne ment.
Un peu comme dans le film, l'apprenti va avoir en guise de première affaire un cas qui va le marquer. C'est d'ailleurs là, je trouve, qu'est le noeud, l'intérêt de la série : la faculté particulière de Kaede, qui l'oblige à se mettre en retrait en termes de relactions sociales, sous peine de carrément ne plus pouvoir le supporter. Ce premier tome expose bien ces enjeux, sans entrer dans le détail des rapports entre le jeune homme et sa marraine dans Cosmos, Rin.
Le dessin est bon, sans fioritures, cela se lit sans accrocs. Une petite série intéressante.
Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc et Guilmard au dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot avec les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!
C'est une série que j'ai reçue et découverte par hasard. J'avais commandé quelques lots de magazines Conan et Red Sonja pour compléter mes collections et ils sont venus avec des exemplaires d'autres séries. Tout était très bon marché.
Avec le temps, j'ai commencé à aimer les dessins, surtout ceux d'auteurs brésiliens qui ne m'étaient pas totalement inconnus. Tous étaient d'anciens collaborateurs de Marvel, dans plusieurs séries. Plus récemment, j'ai acheté l'intégrale pour pouvoir connaître le développement de l'histoire. J'ai appris entre-temps que l'éditeur américain avait fait faillite et que Pulido avait eu beaucoup de problèmes.
Les dessins, sans être extraordinaires, s'inscrivent dans la production typique du genre (j'aime le style des Vikings). L'idée originale de l'intrigue n'est pas mauvaise, mais je dois avouer que je ne suis pas un fan inconditionnel du genre.
J'ai adoré cette série dans ma jeunesse, pour moi c'était le maximum et j'attendais avec impatience un nouveau chapitre chaque semaine! Je copiais les dessins d'Auclair dans mes cahiers et j'imaginais les développements possibles de l'histoire.
Aujourd'hui, je reconnais les limites de l'œuvre, les incohérences et aussi la maladresse de certains dessins. J'ai su les tensions entre Greg et Auclair, qui voulait voler de ses propres ailes et il avait peut-être raison! Mais j'aime toujours l'album, malgré tout.
Un petit avis rapide pour dire que je fais partie des super satisfaits avec cet album.
C’est fluide, coloré, détaillé, inspiré … l’auteur crée un petit monde fort attachant, dépaysant, cruel, grave et à la fois « mignon » dans lequel j’aime me perdre. J’ai aimé toutes les propositions et parti pris que proposent l’œuvre, on sent des références bien digérées. En fait, c’est comme si j’avais vu un truc à la Akira mais à la sauce Ghibli (ou l’inverse ?).
Bref franchement très chouette comme résultat, une belle friandise du label 619. A découvrir et à faire connaître.
Je serai plus vache que mes prédécesseurs dans ma note et mon ressenti.
Je connais cet album depuis sa sortie et donc dans son format carré.
Déjà à l’époque, j’étais un peu dubitatif mais la récente relecture accélérée m’a convaincu de l’insipidité de l’œuvre.
Les quelques promesses de départ n’ont, à mes yeux, jamais été tenues. Le format n’amène rien, le trait (pourtant un style dans ma zone de confort) se révèle finalement bien plat, les couleurs sont ternes et monotones, il n’y a que la narration qui a un peu grâce (mais heureusement l’auteur est storyboarder), c’est assez pauvre sur le plan graphique.
L’intrigue ne relève pas le niveau, pourtant appâté par l’idée « walkyrie » au far west, le récit manque vraiment de dynamisme (comme les planches), les personnages ne sont pas attachants, je garde cette impression que tout est maladroitement (ou pas) exploité, il s’en dégage toutefois une certaine noirceur appréciable mais l’ensemble ne fait pas mouche.
Une suite (20 après) existe : Cora, j’avoue mon peu d’envie de la découvrir.
J'adore cette série depuis mon enfance, en particulier le premier épisode. Les enfants sont captivants, chacun avec sa personnalité, et les dessins sont parmi les meilleurs réalisés pour les éditions Dupuis. C'est vraiment dommage qu'elle n'ait pas reçu la reconnaissance qu'elle méritait et que Roba se soit presque entièrement investi dans Boule et Bill. Heureusement, il a encore eu quelques très bonnes collaborations avec le Spirou de Franquin.
Je pense un jour raconter ces aventures à mes petits-enfants : la Ribambelle est belle!
C'est mon œuvre préférée de Manara. Je l'ai lue pour la première fois dans le magazine Corto (la plus belle publication que j'aie jamais connue et dont je suis fier de posséder tous les numéros). Ensuite, j'ai acheté l'album: les dessins sont excellents et sans trop d'excès érotiques typiques de l'auteur. La contribution de H. Pratt dans le scénario a certainement dû aider.
Ce fut une collaboration très heureuse entre deux monstres de la BD. Juste un regret: j'aime beaucoup les Indiens et je regrette que tant d'entre eux soient morts au cours de l'action.
C'est presque une hérésie de donner une si mauvaise note à une série aussi louée et objet de tant d'éloges, j'en suis conscient. Mais je me demande souvent si l'approche de Spiegelman, recourant à la métaphore animalière, a été ici la plus appropriée et si elle n'évite pas de nouvelles discriminations et stéréotypes raciaux.
J'ai lu et relu l'œuvre, et je considère que les événements terribles de la Shoah ne peuvent être oubliés ou minimisés. Pour moi, c'est le moment le plus horrible de l'histoire de l'humanité, je n'ai aucun doute !
Pourtant, je n'aime pas beaucoup le dessin et nous ne sommes pas ici dans Animal Farm d'Orwell. Je préfère que tous les personnages soient envisagés comme des humains… comme dans les récits sur le sujet de W. Eisner ou J. Kubert, par exemple.
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Le Ministère des affaires complexes
Cléo, ancienne haute fonctionnaire œuvrant sous pseudonyme, raconte sur le mode ingénue/débutante les actions réalisées par ce fameux Ministère des affaires complexes (en réalité une direction interministérielle avec une appellation différente), en charge en réalité de la "crise migratoire". En effet au milieu des années 2010 l'Europe a dû faire face à un afflux massif de réfugiés, et mettre en place des stratégies pour les accueillir, au moins à titre provisoire. Cléo et ses trois collègues, recrutés tout en venant d'horizons divers, doivent mettre sur pied des solutions logistiques, comme une plateforme permettant de réaliser des "matches" entre des réfugiés aux profils divers (nationalité, nombre...) et des logements vacants. Les injonctions peuvent être contradictoires, dictées par les revirements au sommet de l'Etat ou de l'Europe, les marges de manœuvre sont réduites, les motivations fluctuantes. Les quatre fonctionnaires observent, beaucoup, réfléchissent, énormément, et proposent, peu, mais en essayant d'être pertinents. Les échanges avec leur hiérarchie peuvent être frustrants, mais ils essaient de ne pas perdre la foi. Leur quatuor est un peu caricatural, entre le gros nounours qui craque, mange pour calmer ses angoisses, le fonctionnaire blasé, la tête d'ampoule un peu effacée qui essaie de sortir LA bonne idée... Cela permet un bon panachage narratif, on ne s'ennuie pas dans cette lecture presque expurgée du jargon dédié, même si les auteurs en mettent un peu. Kokopello a un style un peu passe-partout, à la limite de la caricature de presse, mais il sert bien le propos. C'est ma foi assez intéressant dans l'ensemble pour comprendre cet enjeu de politique publique dans le domaine de l'humanitaire.
Cosmos (Ki-oon)
Une agence secrète qui protège et enquête sur les aliens, et qui a entre autres le pouvoir d'effacer les souvenirs des Humains les concernant... J'ai assez vite pensé à Men in Black, d'autant plus que les représentants de l'agence se présentent en costume trois pièces. Le point commun s'arête là, l'agence est en fait une compagnie d'assurances, ce qui est un peu plus original. Pour la découverte candide, on a un adolescent possédant un pouvoir surprenant, celui de déceler quand une personne ment. Un peu comme dans le film, l'apprenti va avoir en guise de première affaire un cas qui va le marquer. C'est d'ailleurs là, je trouve, qu'est le noeud, l'intérêt de la série : la faculté particulière de Kaede, qui l'oblige à se mettre en retrait en termes de relactions sociales, sous peine de carrément ne plus pouvoir le supporter. Ce premier tome expose bien ces enjeux, sans entrer dans le détail des rapports entre le jeune homme et sa marraine dans Cosmos, Rin. Le dessin est bon, sans fioritures, cela se lit sans accrocs. Une petite série intéressante.
Chlorophylle
Curieusement, j'ai commencé à lire les aventures de Chlorophylle et Minimum par la fin. Greg, de Groot dans les intrigues et surtout Dupa, ainsi que Hubuc et Guilmard au dessin. Plus tard, j'ai lu tout Macherot avec les intégrales et j'ai aimé modérément. Ce n'a jamais été une de mes séries préférées, mais c'est vraiment sympathique, je le reconnais aujourd'hui. Mon épisode préféré: le Bosquet hanté!
Medieval Lady Death
C'est une série que j'ai reçue et découverte par hasard. J'avais commandé quelques lots de magazines Conan et Red Sonja pour compléter mes collections et ils sont venus avec des exemplaires d'autres séries. Tout était très bon marché. Avec le temps, j'ai commencé à aimer les dessins, surtout ceux d'auteurs brésiliens qui ne m'étaient pas totalement inconnus. Tous étaient d'anciens collaborateurs de Marvel, dans plusieurs séries. Plus récemment, j'ai acheté l'intégrale pour pouvoir connaître le développement de l'histoire. J'ai appris entre-temps que l'éditeur américain avait fait faillite et que Pulido avait eu beaucoup de problèmes. Les dessins, sans être extraordinaires, s'inscrivent dans la production typique du genre (j'aime le style des Vikings). L'idée originale de l'intrigue n'est pas mauvaise, mais je dois avouer que je ne suis pas un fan inconditionnel du genre.
Les Naufragés d'Arroyoka
J'ai adoré cette série dans ma jeunesse, pour moi c'était le maximum et j'attendais avec impatience un nouveau chapitre chaque semaine! Je copiais les dessins d'Auclair dans mes cahiers et j'imaginais les développements possibles de l'histoire. Aujourd'hui, je reconnais les limites de l'œuvre, les incohérences et aussi la maladresse de certains dessins. J'ai su les tensions entre Greg et Auclair, qui voulait voler de ses propres ailes et il avait peut-être raison! Mais j'aime toujours l'album, malgré tout.
P.T.S.D.
Un petit avis rapide pour dire que je fais partie des super satisfaits avec cet album. C’est fluide, coloré, détaillé, inspiré … l’auteur crée un petit monde fort attachant, dépaysant, cruel, grave et à la fois « mignon » dans lequel j’aime me perdre. J’ai aimé toutes les propositions et parti pris que proposent l’œuvre, on sent des références bien digérées. En fait, c’est comme si j’avais vu un truc à la Akira mais à la sauce Ghibli (ou l’inverse ?). Bref franchement très chouette comme résultat, une belle friandise du label 619. A découvrir et à faire connaître.
Rose et Isabel
Je serai plus vache que mes prédécesseurs dans ma note et mon ressenti. Je connais cet album depuis sa sortie et donc dans son format carré. Déjà à l’époque, j’étais un peu dubitatif mais la récente relecture accélérée m’a convaincu de l’insipidité de l’œuvre. Les quelques promesses de départ n’ont, à mes yeux, jamais été tenues. Le format n’amène rien, le trait (pourtant un style dans ma zone de confort) se révèle finalement bien plat, les couleurs sont ternes et monotones, il n’y a que la narration qui a un peu grâce (mais heureusement l’auteur est storyboarder), c’est assez pauvre sur le plan graphique. L’intrigue ne relève pas le niveau, pourtant appâté par l’idée « walkyrie » au far west, le récit manque vraiment de dynamisme (comme les planches), les personnages ne sont pas attachants, je garde cette impression que tout est maladroitement (ou pas) exploité, il s’en dégage toutefois une certaine noirceur appréciable mais l’ensemble ne fait pas mouche. Une suite (20 après) existe : Cora, j’avoue mon peu d’envie de la découvrir.
La Ribambelle
J'adore cette série depuis mon enfance, en particulier le premier épisode. Les enfants sont captivants, chacun avec sa personnalité, et les dessins sont parmi les meilleurs réalisés pour les éditions Dupuis. C'est vraiment dommage qu'elle n'ait pas reçu la reconnaissance qu'elle méritait et que Roba se soit presque entièrement investi dans Boule et Bill. Heureusement, il a encore eu quelques très bonnes collaborations avec le Spirou de Franquin. Je pense un jour raconter ces aventures à mes petits-enfants : la Ribambelle est belle!
Un été indien
C'est mon œuvre préférée de Manara. Je l'ai lue pour la première fois dans le magazine Corto (la plus belle publication que j'aie jamais connue et dont je suis fier de posséder tous les numéros). Ensuite, j'ai acheté l'album: les dessins sont excellents et sans trop d'excès érotiques typiques de l'auteur. La contribution de H. Pratt dans le scénario a certainement dû aider. Ce fut une collaboration très heureuse entre deux monstres de la BD. Juste un regret: j'aime beaucoup les Indiens et je regrette que tant d'entre eux soient morts au cours de l'action.
Maus
C'est presque une hérésie de donner une si mauvaise note à une série aussi louée et objet de tant d'éloges, j'en suis conscient. Mais je me demande souvent si l'approche de Spiegelman, recourant à la métaphore animalière, a été ici la plus appropriée et si elle n'évite pas de nouvelles discriminations et stéréotypes raciaux. J'ai lu et relu l'œuvre, et je considère que les événements terribles de la Shoah ne peuvent être oubliés ou minimisés. Pour moi, c'est le moment le plus horrible de l'histoire de l'humanité, je n'ai aucun doute ! Pourtant, je n'aime pas beaucoup le dessin et nous ne sommes pas ici dans Animal Farm d'Orwell. Je préfère que tous les personnages soient envisagés comme des humains… comme dans les récits sur le sujet de W. Eisner ou J. Kubert, par exemple.