Quelle belle surprise que Loba Loca! Je m'attendais à une lecture légère, et j'y ai trouvé bien davantage. Une BD qui touche juste, avec une sincérité et une profondeur qui ne se révèlent qu'au fil des pages.
L'histoire nous raconte un road trip initiatique autant intérieur qu'extérieur.
Et c'est précisément cette quête qui donne toute sa force au récit. On suit Guada, l'héroïne qui a grandie sans père, dont toute l'aventure gravite autour de cette énigme identitaire. Qui suis-je, vraiment, quand une partie de moi m'a toujours manqué? Quand la vérité éclate enfin, c'est une révélation fulgurante qui marque autant le personnage que le lecteur.
Ça m'a évoqué irrésistiblement la maxime socratique gravée au fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même... » Loba Loca en capture parfaitement l'esprit. Une jeune femme en pleine introspection, qui mûrit, se révèle et trouve peu à peu sa place dans le monde. Cette BD m'a semblé très juste dans sa façon de raconter ce chemin intérieur.
Le dessin, fluide et chaleureux, épouse parfaitement cette atmosphère intime et drôle par moment. Il ne cherche pas à impressionner, il accompagne, et c'est exactement ce qu'il fallait.
Simple en surface, riche au fond. Loba Loca laisse une empreinte douce.
Je ne m'attendais pas à être autant embarqué dans Les Indes Fourbes, et pourtant, dès les premières pages, quelque chose s'est mis en place; discrètement, presque sournoisement. Ce n'est pas une BD qui cherche à séduire d'emblée. Elle t'envoûte peu à peu, jusqu'à te tenir complètement. Je voulais connaître le fin mot de toute cette histoire.
Le dessin de Guarnido est, à lui seul, une raison de s'y plonger. Magistral. Un style classique et lumineux, d'une richesse et d'une expressivité rares. Les décors fourmillent, les visages parlent, la lumière sculpte chaque scène. On y sent l'héritage des grands maîtres espagnols et flamands (vive la Belgique), mais aussi une nervosité du trait qui rend chaque planche vibrante, vivante.
Le scénario d'Alain Ayroles est d'une intelligence redoutable. Construit comme une vaste tromperie, il fait du lecteur le complice involontaire des mensonges du héros. Le texte est ciselé, parfois ironique, souvent cruel, toujours brillant. L'intrigue joue avec les codes du roman picaresque pour mieux les dynamiter : mensonge, survie, fatalité — tout s'entremêle dans une grande comédie humaine pleine de faux-semblants.
Quant à Pablos de Ségovie, il est fascinant précisément parce qu'il est indéfendable. Rusé, pathétique, orgueilleux et fragile à la fois, il incarne cette quête illusoire de grandeur où la morale se brouille sans cesse. On oscille en permanence entre admiration et répulsion — et c'est là toute la force du récit.
Un léger bémol, pour ma part : la dernière partie m'a semblé légèrement en retrait, comme si le rythme s'y relâchait un peu après un début absolument irrésistible. Mais ce serait vraiment chipoter face à l'ampleur de l'ensemble.
Les Indes Fourbes est une œuvre dense, exigeante, somptueuse à chaque page. Une lecture qui demande de l'attention, mais qui récompense largement par sa profondeur, sa puissance narrative et ce mélange rare de beauté et de cruauté. Une BD qui reste en tête, et dans le cœur, bien longtemps après qu'on l'avoir refermée.
Un incontournable!
La Couleur tombée du ciel reste pour moi une nouvelle marquante de Lovecraft, mais de manière assez particulière : ce n'est pas tant sa fin en apothéose que sa montée en tension, lente et insidieuse, qui m'avait vraiment marqué à la lecture.
Dans cette adaptation manga par Gou Tanabe, j'ai presque ressenti l'inverse. La progression m'a paru plus plate, moins prenante, et j'avoue avoir été régulièrement agacé par le comportement de la famille, qui refuse obstinément de fuir ou même simplement d'arrêter de consommer l'eau du puits et les produits contaminés, alors que la situation devient rapidement intenable. Là où le texte original instaurait une angoisse diffuse et inexorable, j'ai eu ici davantage l'impression d'une mécanique un peu répétitive.
En revanche, la fin m'a nettement plus impressionné que dans la nouvelle. Le médium graphique permet à Tanabe de livrer quelque chose de beaucoup plus visuel et spectaculaire, avec des planches marquantes qui donnent enfin toute sa dimension à cette couleur indicible.
Je suis en revanche plus réservé sur le dessin dans son ensemble. D'une part, les personnages ont un aspect très fermiers du Far West qui ne correspond pas vraiment à l'image que je me faisais de la Nouvelle-Angleterre de Lovecraft. D'autre part, le trait et l'encrage, assez chargés et parfois un peu biscornus, rendent certaines scènes difficiles à lire, notamment dès qu'il s'agit de représenter des transformations ou des formes organiques inhabituelles. Cela nuit parfois à la lisibilité, là où l'horreur devrait au contraire gagner en clarté visuelle.
Au final, une adaptation globalement fidèle et intéressante, avec une conclusion visuellement réussie, mais qui perd selon moi en tension ce qu'elle gagne en spectacle, et dont le graphisme ne me plait pas vraiment.
Mo/CDM est un auteur assez prolifique, qui joue toujours sur le même registre de l’humour gras et con. Un registre qui m’intéresse a priori. Mais ses productions – entre chaque série, mais aussi à l’intérieur d’un même album – sont assez inégales.
C’est encore le cas avec ce recueil d’histoires courtes. Mais l’ensemble m’a globalement déçu. Bien sûr j’ai souri, voire ri, à plusieurs reprises, et quelques chutes sont bien amenées. Surtout dans les histoires les plus courtes d’ailleurs.
Car lorsque l’auteur développe, ça tombe trop souvent dans du n’importe quoi qui s’étale trop, moins drôle. Voire pas drôle du tout.
Concernant le dessin, c’est du classique pour cet auteur. Un trait adapté à son humour, qui passe bien, avec une colorisation qui elle aussi ne joue pas sur les détails et la finesse.
Comme pour les histoires, le trop est ici ennemi du bien, et certaines planches sont trop surchargées, avec les couleurs tapantes ça rend un peu indigeste la lecture, et accentue sur certaines histoires un peu plus longues l’impression de vacuité. Mais globalement j’aime bien son dessin caricatural, simple et dynamique.
Clairement, sur ce type de recueil, Mo/CDM est bien plus efficace sur des gags courts, punchy (même si, sur Cosmik Roger il a su être percutant sur la durée). Par exemple le gag très con (même si prévisible) sur les déchets envoyés dans l’espace sur une planète éloignée est réussi.
Note réelle 2,5/5.
Après les Elfes, les Nains, les Ocs, l'ouverture vers un semblant de continent africain avec les Terres d'Ogon, un nouvel horizon s'ouvre dans le Monde d'Aquilon : Les Terres d'Ynuma, qui revisite façon fantasy la mythologie japonaise.
Si j'ai commencé par me dire "Allez... Encore une nouvelle extension de l'univers déjà mastard du monde d'Aquilon !", j'avoue avoir un faible pour la mythologie japonaise, et j'ai donc plongé empli de curiosité dans ce nouveau cycle. On retrouve Nicolas Jarry au scénario, déjà bien investi dans l'univers, et Vax au dessin, que j'avais découvert avec Guerres & Dragons et le cycle Terres d'Ogon. Son trait est agréable et je l'ai trouvé très inspiré dans ce nouvel univers asiatique. Ses personnages sont bons, ses décors très réussis et immergeants, et les créatures fantastiques du folklore japonais magnifiquement réalisées. Si le coup du duo improbable ne brille pas par son originalité, il fonctionne pour autant très bien. Le titre de cet album tient au légendaire Samouraï rouge qui accompagne la prêtresses Mei-Jen dans ses exorcismes. Et nos deux compères ne chaument pas ! Chaque petite aventure s'ouvre sur un haïku formant au fil des pages un récit au long cours.
Voici donc un nouveau pan de cet univers qui s'ouvre de façon très plaisante ; on est vite happé quand, comme moi, le folklore japonais et la fantasy vous titillent. Espérons juste que nous ne soyons pas partis pour une trop longue série de tomes qui finissent par noyer le lecteur (5 tomes sont pour l'instant annoncé).
*** Tome 2 ***
"Hijo", second tome de ce nouveau cycle des Terres d'Arran, nous propose de suivre les pas, ou plutôt les vols, d'un jeune messager et espion au service de la nation Raïda. Seul survivant d'une tragédie familiale, Hijo voue une haine farouche aux elfes qui ont décimé les siens. Mais malheureusement pour lui, il va devoir s'assoir sur cette rancoeur pour mener à bien la dernière mission que son maître lui a confié...
C'est cette fois-ci le dessinateur Ma-Yi que je découvre aux pinceaux, et ma fois, son trait est plutôt agréable même si quelques penchants asiatiques lorgnant du côté du manga sur certains visages surprennent au début. Pour ce qui est du scénario, on reste dans une trame des plus classique, même s'il nous faudra attendre le prochain album pour avoir la fin. En effet, contrairement au premier opus, cet album est à suivre...
Bref, pour l'instant ce second tome me convainc bien moins que le premier, et à moins d'une bonne surprise à venir, je descend ma note à 3.5/5 pour la série.
Tiens, une nouvelle série de Jean-Luc Istin... Ça faisait longtemps... Et encore une série concept de SF ? Mmmouais... Et ? Ba le sieur sait y faire et nous propose une nouvelle fois une série qui démarre sur les chapeaux de roue ! Installez-vous confortablement, sortez le pop-corn... C'est parti !!!
Cette nouvelle série nous propose de suivre une équipe de personnages cyborg que nous allons découvrir au fil des tomes. Ce premier opus nous met sur le pas de la jeune Yuko, née avec un sévère handicap : elle n'a pas de bras (nann j'vous fait pas la blague sur le chocolat :P ). C'est avec celui qui l'a élevé, Akira, un maître en art martiaux qui forme la garde rapprochée du dictateur Tudor, que Yuko va grandir et apprendre à se battre. La novelle loi imposant l'euthanasie des personnes "imparfaites" va chambouler leur petit train-train et faire d'eux des fuyards avec une forte prime sur leur tête : tous les gangs de la mégalopole sont maintenant à leurs trousses...
Franchement, je partais assez circonspect en attaquant ma lecture, redoutant une énième série du genre. Mais les auteurs sont bons... très bons ! Et on se retrouve vite happé par cette histoire, très rythmée, poussée par une narration survitaminée dans laquelle nos personnage charismatiques vont évoluer. Le dessin de Kael Ngu fait plus que le job, même si on est sur un trait relativement classique.
En tout cas, voilà une nouvelle série B qui démarre plus que bien et nous promet de bons moments de lecture et de l'action à tout va !
Vivement la suite !
*** Tome 2 ***
Lancé sur les chapeaux de roue, "Cyborgs" poursuit sur sa lancée et complète cette équipe de cyborgs féminins rebelles avec l'histoire de Sam.
Gravement blessée suite à l'attentat qui a tué sa mère, Sam va devoir subir de lourdes opérations pour pouvoir remplacer jambes et bras. Et ce n'est que le début d'une looonngue période de rémission et d’acclimatation à ses nouveaux membres cybernétiques pour pouvoir parvenir à son objectif : la vengeance ! Car sa mère n'était pas n'importe qui ; elle était l'adversaire principale aux élections de Tudor, celui qui règne maintenant en dictateur...
L'intrigue se poursuit donc en faisant toujours autant d'étincelles, tout en posant de nouveaux jalons et personnages intéressants. Entre les scènes d'action, les nouvelles révélations et des dialogues cinglants, on profite tranquillou du spectacle percutant qui nous est proposé, bien accrochés à notre pot de popcorn.
Le dessin de Kael Ngu reste toujours aussi efficace et nous immerge parfaitement dans cet univers futuriste en gérant parfaitement les scènes d'action.
Vivement la suite !
*** Tome 3 ***
Encore un tome qui décoiffe !
Avec ce troisième opus, on revient légèrement en arrière dans la chronologie pour remonter juste avant l'élection de Tudor. On va apercevoir de loin les événements des tome 1 et 2, mais cette fois au travers du regard de Ramda, une flic un peu borderline, qui enquête sur un tueur en série qui a décidé de faire de ses proies des oeuvres d'art macabres...
Ce pas de côté est plutôt bien vu, surtout qu'on se laisse embarquer par cette enquête tête la première. Et c'est quand tous les morceaux de ce puzzle s'assemblent qu'on en prend plein la gueule. C'est magnifiquement mené et le dessin d'Oleg Okunev (que je découvre) est très plaisant et nous immerge à souhait dans cet univers futuriste.
Je reste sur ma note de 4 avec ce très bon 3e album.
*** Tome 4 ***
Un peu déçu par ce 4e tome... Ok l'intrigue avance, mais comparé au tome précédent qui m'avait beaucoup plu, celui-ci dénote et me semble le moins puissant de la série.
L'album commence et s'étire sur un loooong flashback retraçant l'histoire de Syl, la fille de Russel. C'est à cause d'un attentat que Syl va perdre ses jambes et la vue et que Russel va passer des années à développer des membres cybernétiques pour "réparer" sa fille, puis ensuite les autres protagonistes que nous avons découvert avec les trois premiers tomes de la série.
Pour le coup, j'ai trouvé cet album moins palpitant, même s'il explique certaines choses et raccroche les wagons. D'autre part, le dessin d'Alina Yerofieieva n'a pas la même saveur que les albums précédents, je l'ai trouvé moins aboutit, surtout sur les visages. C'est un peu l'inconvénient quand on change d'illustrateur entre chaque tome d'une même série...
Espérons donc que le cinquième et dernier tome annoncé soit à la hauteur de la mayonnaise qu'on nous monte et que le tout ne fasse pas un gros pschiiiit au final
(Appréciation globale 3.5/5)
Jacky et Célestin est une série jeunesse de l'école de Marcinelle que j'avais complètement manquée à l'époque, alors qu'elle correspond typiquement au genre d'albums que je lisais enfant. Je la découvre seulement aujourd'hui, et je la trouve de très bonne facture, au point d'être surpris que Dupuis ne l'ait pas publiée parmi ses classiques mais uniquement dans sa collection Péchés de jeunesse. Cela tient sans doute à sa prépublication initiale dans le journal Le Soir plutôt que dans Spirou, mais cela n'en reste pas moins une série policière jeunesse tout à fait recommandable.
Ce qui m'a particulièrement surpris, c'est son ton relativement réaliste. Malgré leur apparence de grands adolescents, les deux héros vivent des aventures assez adultes, avec un sérieux et un sens de l'action qui les rapprochent d'un Gil Jourdan, même si l'ensemble conserve davantage de légèreté et de fantaisie. Le duo fonctionne bien et évoque clairement une dynamique à la Spirou et Fantasio : Jacky est le plus posé, parfois un peu lisse, tandis que Célestin apporte une touche plus fantasque et se retrouve plus facilement au cœur des ennuis.
Côté dessin, on découvre un Walthéry encore débutant, loin du style qui fera sa renommée sur Natacha. Le premier album (Vous êtes trop bon !) porte encore fortement l'influence de Will qui le supervisait, puis les suivants s'inscrivent davantage dans la tradition du studio Peyo, au point de rappeler régulièrement le trait de Gos (Le Scrameustache). Le dessin reste toutefois très solide et lisible, même s'il peut paraître un peu raide par moments, et s'intègre parfaitement dans l'esthétique des productions Spirou des années 60. C'est aussi intéressant de voir l'évolution rapide de Walthéry au fil des pages.
Les scénarios, écrits ou supervisés par Peyo et son entourage (Vicq, Gos, etc.), s'inscrivent dans une veine assez classique, mais efficace. On est clairement dans de l'enquête policière, parfois teintée d'espionnage ou de mystère, avec quelques éléments de fantaisie hérités de l'esprit Marcinelle. Cela surprend de la part de Peyo car c'est très éloigné de séries comme Johan et Pirlouit ou Les Schtroumpfs, et plus adulte que Benoit Brisefer. L'humour reste présent, mais l'action ne fait pas semblant, avec de vrais dangers, des accidents de voiture et un certain sens du suspense.
Cela dit, malgré ses qualités, la série reste assez sage. Les intrigues sont bien menées mais rarement surprenantes, et l'ensemble manque d'une identité vraiment marquante ou d'un supplément de folie qui lui aurait permis de se distinguer davantage. C'est sans doute ce qui explique qu'elle soit restée relativement méconnue.
Il en découle une bonne petite série de la BD franco-belge classique : agréable, bien réalisée, portée par un vrai savoir-faire, mais qui manque d'un petit quelque chose pour devenir mémorable. Ça reste néanmoins une découverte très sympathique, surtout pour les amateurs de cette époque.
Je ne suis pas un geek, je ne connaissais donc pas l'existence de ce jeu vidéo, ici, adapté en BD.
Je me suis profondément ennuyé durant les 112 pages de ce premier verset. Un récit où culte et dévotion seront les enjeux de cette intrigue. Dans une étrange forêt, différentes religions vont se battre pour ne pas disparaître. Rien de bien nouveau, on va y découvrir tous les mauvais penchants des croyances anciennes.
J'ai trouvé les personnages stéréotypés et manquant de charisme. Une narration énergique et équilibrée, les scènes d'action et les moments développant la personnalité des personnages se partagent équitablement le nombre de planches. Un ensemble léger qui ne m'a pas convaincu.
La partie graphique dénote avec le sujet proposé. Un style caricatural proche du manga associé à des couleurs tapantes. Ça bouge dans tous les sens.
Pas mal.
Un premier tome qui ne m'a pas donné envie de poursuive l'aventure.
À réserver aux inconditionnels du jeu vidéo, enfin, peut-être...
Un polar bien tordu comme je l'aime.
Le scénariste utilise trois faits historiques qui se sont passés la même semaine (le discours historique de Martin Luther King, un double meurtre dont le coupable n'a jamais été retrouvé et la mort en Afrique de l'activiste américain noir W. E. B. Du Bois) pour concocter un polar efficace qui se passe durant le 20 ème anniversaire du discours de King. C'est un de ces polars où on sait dès le début qui est le coupable et se sont ses motivations qui sont nébuleuses. On va comprendre petit à petit la mentalité de ce tueur via des flashbacks.
Certes, le scénario n'échappe pas aux défauts récurrents des polars : il y a des facilités dans le scénario et aussi aucun personnage n'est vraiment attachant. Aussi, le seul truc vraiment captivant est de savoir la réponse au mystère et après qu'on le sait il y a pas grand chose qui donne envie de relire l'album un jour. Le noir et blanc est pas mal.
Premier album de Jon McNaught que je lis et franchement je ne pense pas en lire un autre avant longtemps.
Le dessin m'a fait un peu penser à du Chris Ware, surtout la manière dont l'auteur aime bien faire de très petites cases. Heureusement, il y a souvent peu de dialogues alors les pages se lisent vite malgré le nombre de cases. Quant au scénario, on est dans du contemplatif. On suit le personnage principal au travers de différentes tranches de vies. C'est un ado un peu timide et mal dans sa peau qui se retrouve à jouer dans une pièce de théâtre. J'ai trouvé les personnages et les situations vraiment banales. J'ai rien contre les récits qui ne font que montrer la vie quotidienne de quelqu'un, mais ici j'ai eu l'impression que l'auteur n'avait rien de très intéressant à dire. Il ne se passe pas grand chose de bien intéressant et j'ai lu le récit dans une indifférence générale.
Pas pour moi.
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Loba Loca
Quelle belle surprise que Loba Loca! Je m'attendais à une lecture légère, et j'y ai trouvé bien davantage. Une BD qui touche juste, avec une sincérité et une profondeur qui ne se révèlent qu'au fil des pages. L'histoire nous raconte un road trip initiatique autant intérieur qu'extérieur. Et c'est précisément cette quête qui donne toute sa force au récit. On suit Guada, l'héroïne qui a grandie sans père, dont toute l'aventure gravite autour de cette énigme identitaire. Qui suis-je, vraiment, quand une partie de moi m'a toujours manqué? Quand la vérité éclate enfin, c'est une révélation fulgurante qui marque autant le personnage que le lecteur. Ça m'a évoqué irrésistiblement la maxime socratique gravée au fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même... » Loba Loca en capture parfaitement l'esprit. Une jeune femme en pleine introspection, qui mûrit, se révèle et trouve peu à peu sa place dans le monde. Cette BD m'a semblé très juste dans sa façon de raconter ce chemin intérieur. Le dessin, fluide et chaleureux, épouse parfaitement cette atmosphère intime et drôle par moment. Il ne cherche pas à impressionner, il accompagne, et c'est exactement ce qu'il fallait. Simple en surface, riche au fond. Loba Loca laisse une empreinte douce.
Les Indes fourbes
Je ne m'attendais pas à être autant embarqué dans Les Indes Fourbes, et pourtant, dès les premières pages, quelque chose s'est mis en place; discrètement, presque sournoisement. Ce n'est pas une BD qui cherche à séduire d'emblée. Elle t'envoûte peu à peu, jusqu'à te tenir complètement. Je voulais connaître le fin mot de toute cette histoire. Le dessin de Guarnido est, à lui seul, une raison de s'y plonger. Magistral. Un style classique et lumineux, d'une richesse et d'une expressivité rares. Les décors fourmillent, les visages parlent, la lumière sculpte chaque scène. On y sent l'héritage des grands maîtres espagnols et flamands (vive la Belgique), mais aussi une nervosité du trait qui rend chaque planche vibrante, vivante. Le scénario d'Alain Ayroles est d'une intelligence redoutable. Construit comme une vaste tromperie, il fait du lecteur le complice involontaire des mensonges du héros. Le texte est ciselé, parfois ironique, souvent cruel, toujours brillant. L'intrigue joue avec les codes du roman picaresque pour mieux les dynamiter : mensonge, survie, fatalité — tout s'entremêle dans une grande comédie humaine pleine de faux-semblants. Quant à Pablos de Ségovie, il est fascinant précisément parce qu'il est indéfendable. Rusé, pathétique, orgueilleux et fragile à la fois, il incarne cette quête illusoire de grandeur où la morale se brouille sans cesse. On oscille en permanence entre admiration et répulsion — et c'est là toute la force du récit. Un léger bémol, pour ma part : la dernière partie m'a semblé légèrement en retrait, comme si le rythme s'y relâchait un peu après un début absolument irrésistible. Mais ce serait vraiment chipoter face à l'ampleur de l'ensemble. Les Indes Fourbes est une œuvre dense, exigeante, somptueuse à chaque page. Une lecture qui demande de l'attention, mais qui récompense largement par sa profondeur, sa puissance narrative et ce mélange rare de beauté et de cruauté. Une BD qui reste en tête, et dans le cœur, bien longtemps après qu'on l'avoir refermée. Un incontournable!
La Couleur tombée du ciel
La Couleur tombée du ciel reste pour moi une nouvelle marquante de Lovecraft, mais de manière assez particulière : ce n'est pas tant sa fin en apothéose que sa montée en tension, lente et insidieuse, qui m'avait vraiment marqué à la lecture. Dans cette adaptation manga par Gou Tanabe, j'ai presque ressenti l'inverse. La progression m'a paru plus plate, moins prenante, et j'avoue avoir été régulièrement agacé par le comportement de la famille, qui refuse obstinément de fuir ou même simplement d'arrêter de consommer l'eau du puits et les produits contaminés, alors que la situation devient rapidement intenable. Là où le texte original instaurait une angoisse diffuse et inexorable, j'ai eu ici davantage l'impression d'une mécanique un peu répétitive. En revanche, la fin m'a nettement plus impressionné que dans la nouvelle. Le médium graphique permet à Tanabe de livrer quelque chose de beaucoup plus visuel et spectaculaire, avec des planches marquantes qui donnent enfin toute sa dimension à cette couleur indicible. Je suis en revanche plus réservé sur le dessin dans son ensemble. D'une part, les personnages ont un aspect très fermiers du Far West qui ne correspond pas vraiment à l'image que je me faisais de la Nouvelle-Angleterre de Lovecraft. D'autre part, le trait et l'encrage, assez chargés et parfois un peu biscornus, rendent certaines scènes difficiles à lire, notamment dès qu'il s'agit de représenter des transformations ou des formes organiques inhabituelles. Cela nuit parfois à la lisibilité, là où l'horreur devrait au contraire gagner en clarté visuelle. Au final, une adaptation globalement fidèle et intéressante, avec une conclusion visuellement réussie, mais qui perd selon moi en tension ce qu'elle gagne en spectacle, et dont le graphisme ne me plait pas vraiment.
C'était demain
Mo/CDM est un auteur assez prolifique, qui joue toujours sur le même registre de l’humour gras et con. Un registre qui m’intéresse a priori. Mais ses productions – entre chaque série, mais aussi à l’intérieur d’un même album – sont assez inégales. C’est encore le cas avec ce recueil d’histoires courtes. Mais l’ensemble m’a globalement déçu. Bien sûr j’ai souri, voire ri, à plusieurs reprises, et quelques chutes sont bien amenées. Surtout dans les histoires les plus courtes d’ailleurs. Car lorsque l’auteur développe, ça tombe trop souvent dans du n’importe quoi qui s’étale trop, moins drôle. Voire pas drôle du tout. Concernant le dessin, c’est du classique pour cet auteur. Un trait adapté à son humour, qui passe bien, avec une colorisation qui elle aussi ne joue pas sur les détails et la finesse. Comme pour les histoires, le trop est ici ennemi du bien, et certaines planches sont trop surchargées, avec les couleurs tapantes ça rend un peu indigeste la lecture, et accentue sur certaines histoires un peu plus longues l’impression de vacuité. Mais globalement j’aime bien son dessin caricatural, simple et dynamique. Clairement, sur ce type de recueil, Mo/CDM est bien plus efficace sur des gags courts, punchy (même si, sur Cosmik Roger il a su être percutant sur la durée). Par exemple le gag très con (même si prévisible) sur les déchets envoyés dans l’espace sur une planète éloignée est réussi. Note réelle 2,5/5.
Terres d'Ynuma
Après les Elfes, les Nains, les Ocs, l'ouverture vers un semblant de continent africain avec les Terres d'Ogon, un nouvel horizon s'ouvre dans le Monde d'Aquilon : Les Terres d'Ynuma, qui revisite façon fantasy la mythologie japonaise. Si j'ai commencé par me dire "Allez... Encore une nouvelle extension de l'univers déjà mastard du monde d'Aquilon !", j'avoue avoir un faible pour la mythologie japonaise, et j'ai donc plongé empli de curiosité dans ce nouveau cycle. On retrouve Nicolas Jarry au scénario, déjà bien investi dans l'univers, et Vax au dessin, que j'avais découvert avec Guerres & Dragons et le cycle Terres d'Ogon. Son trait est agréable et je l'ai trouvé très inspiré dans ce nouvel univers asiatique. Ses personnages sont bons, ses décors très réussis et immergeants, et les créatures fantastiques du folklore japonais magnifiquement réalisées. Si le coup du duo improbable ne brille pas par son originalité, il fonctionne pour autant très bien. Le titre de cet album tient au légendaire Samouraï rouge qui accompagne la prêtresses Mei-Jen dans ses exorcismes. Et nos deux compères ne chaument pas ! Chaque petite aventure s'ouvre sur un haïku formant au fil des pages un récit au long cours. Voici donc un nouveau pan de cet univers qui s'ouvre de façon très plaisante ; on est vite happé quand, comme moi, le folklore japonais et la fantasy vous titillent. Espérons juste que nous ne soyons pas partis pour une trop longue série de tomes qui finissent par noyer le lecteur (5 tomes sont pour l'instant annoncé). *** Tome 2 *** "Hijo", second tome de ce nouveau cycle des Terres d'Arran, nous propose de suivre les pas, ou plutôt les vols, d'un jeune messager et espion au service de la nation Raïda. Seul survivant d'une tragédie familiale, Hijo voue une haine farouche aux elfes qui ont décimé les siens. Mais malheureusement pour lui, il va devoir s'assoir sur cette rancoeur pour mener à bien la dernière mission que son maître lui a confié... C'est cette fois-ci le dessinateur Ma-Yi que je découvre aux pinceaux, et ma fois, son trait est plutôt agréable même si quelques penchants asiatiques lorgnant du côté du manga sur certains visages surprennent au début. Pour ce qui est du scénario, on reste dans une trame des plus classique, même s'il nous faudra attendre le prochain album pour avoir la fin. En effet, contrairement au premier opus, cet album est à suivre... Bref, pour l'instant ce second tome me convainc bien moins que le premier, et à moins d'une bonne surprise à venir, je descend ma note à 3.5/5 pour la série.
Cyborgs
Tiens, une nouvelle série de Jean-Luc Istin... Ça faisait longtemps... Et encore une série concept de SF ? Mmmouais... Et ? Ba le sieur sait y faire et nous propose une nouvelle fois une série qui démarre sur les chapeaux de roue ! Installez-vous confortablement, sortez le pop-corn... C'est parti !!! Cette nouvelle série nous propose de suivre une équipe de personnages cyborg que nous allons découvrir au fil des tomes. Ce premier opus nous met sur le pas de la jeune Yuko, née avec un sévère handicap : elle n'a pas de bras (nann j'vous fait pas la blague sur le chocolat :P ). C'est avec celui qui l'a élevé, Akira, un maître en art martiaux qui forme la garde rapprochée du dictateur Tudor, que Yuko va grandir et apprendre à se battre. La novelle loi imposant l'euthanasie des personnes "imparfaites" va chambouler leur petit train-train et faire d'eux des fuyards avec une forte prime sur leur tête : tous les gangs de la mégalopole sont maintenant à leurs trousses... Franchement, je partais assez circonspect en attaquant ma lecture, redoutant une énième série du genre. Mais les auteurs sont bons... très bons ! Et on se retrouve vite happé par cette histoire, très rythmée, poussée par une narration survitaminée dans laquelle nos personnage charismatiques vont évoluer. Le dessin de Kael Ngu fait plus que le job, même si on est sur un trait relativement classique. En tout cas, voilà une nouvelle série B qui démarre plus que bien et nous promet de bons moments de lecture et de l'action à tout va ! Vivement la suite ! *** Tome 2 *** Lancé sur les chapeaux de roue, "Cyborgs" poursuit sur sa lancée et complète cette équipe de cyborgs féminins rebelles avec l'histoire de Sam. Gravement blessée suite à l'attentat qui a tué sa mère, Sam va devoir subir de lourdes opérations pour pouvoir remplacer jambes et bras. Et ce n'est que le début d'une looonngue période de rémission et d’acclimatation à ses nouveaux membres cybernétiques pour pouvoir parvenir à son objectif : la vengeance ! Car sa mère n'était pas n'importe qui ; elle était l'adversaire principale aux élections de Tudor, celui qui règne maintenant en dictateur... L'intrigue se poursuit donc en faisant toujours autant d'étincelles, tout en posant de nouveaux jalons et personnages intéressants. Entre les scènes d'action, les nouvelles révélations et des dialogues cinglants, on profite tranquillou du spectacle percutant qui nous est proposé, bien accrochés à notre pot de popcorn. Le dessin de Kael Ngu reste toujours aussi efficace et nous immerge parfaitement dans cet univers futuriste en gérant parfaitement les scènes d'action. Vivement la suite ! *** Tome 3 *** Encore un tome qui décoiffe ! Avec ce troisième opus, on revient légèrement en arrière dans la chronologie pour remonter juste avant l'élection de Tudor. On va apercevoir de loin les événements des tome 1 et 2, mais cette fois au travers du regard de Ramda, une flic un peu borderline, qui enquête sur un tueur en série qui a décidé de faire de ses proies des oeuvres d'art macabres... Ce pas de côté est plutôt bien vu, surtout qu'on se laisse embarquer par cette enquête tête la première. Et c'est quand tous les morceaux de ce puzzle s'assemblent qu'on en prend plein la gueule. C'est magnifiquement mené et le dessin d'Oleg Okunev (que je découvre) est très plaisant et nous immerge à souhait dans cet univers futuriste. Je reste sur ma note de 4 avec ce très bon 3e album. *** Tome 4 *** Un peu déçu par ce 4e tome... Ok l'intrigue avance, mais comparé au tome précédent qui m'avait beaucoup plu, celui-ci dénote et me semble le moins puissant de la série. L'album commence et s'étire sur un loooong flashback retraçant l'histoire de Syl, la fille de Russel. C'est à cause d'un attentat que Syl va perdre ses jambes et la vue et que Russel va passer des années à développer des membres cybernétiques pour "réparer" sa fille, puis ensuite les autres protagonistes que nous avons découvert avec les trois premiers tomes de la série. Pour le coup, j'ai trouvé cet album moins palpitant, même s'il explique certaines choses et raccroche les wagons. D'autre part, le dessin d'Alina Yerofieieva n'a pas la même saveur que les albums précédents, je l'ai trouvé moins aboutit, surtout sur les visages. C'est un peu l'inconvénient quand on change d'illustrateur entre chaque tome d'une même série... Espérons donc que le cinquième et dernier tome annoncé soit à la hauteur de la mayonnaise qu'on nous monte et que le tout ne fasse pas un gros pschiiiit au final (Appréciation globale 3.5/5)
Jacky et Célestin
Jacky et Célestin est une série jeunesse de l'école de Marcinelle que j'avais complètement manquée à l'époque, alors qu'elle correspond typiquement au genre d'albums que je lisais enfant. Je la découvre seulement aujourd'hui, et je la trouve de très bonne facture, au point d'être surpris que Dupuis ne l'ait pas publiée parmi ses classiques mais uniquement dans sa collection Péchés de jeunesse. Cela tient sans doute à sa prépublication initiale dans le journal Le Soir plutôt que dans Spirou, mais cela n'en reste pas moins une série policière jeunesse tout à fait recommandable. Ce qui m'a particulièrement surpris, c'est son ton relativement réaliste. Malgré leur apparence de grands adolescents, les deux héros vivent des aventures assez adultes, avec un sérieux et un sens de l'action qui les rapprochent d'un Gil Jourdan, même si l'ensemble conserve davantage de légèreté et de fantaisie. Le duo fonctionne bien et évoque clairement une dynamique à la Spirou et Fantasio : Jacky est le plus posé, parfois un peu lisse, tandis que Célestin apporte une touche plus fantasque et se retrouve plus facilement au cœur des ennuis. Côté dessin, on découvre un Walthéry encore débutant, loin du style qui fera sa renommée sur Natacha. Le premier album (Vous êtes trop bon !) porte encore fortement l'influence de Will qui le supervisait, puis les suivants s'inscrivent davantage dans la tradition du studio Peyo, au point de rappeler régulièrement le trait de Gos (Le Scrameustache). Le dessin reste toutefois très solide et lisible, même s'il peut paraître un peu raide par moments, et s'intègre parfaitement dans l'esthétique des productions Spirou des années 60. C'est aussi intéressant de voir l'évolution rapide de Walthéry au fil des pages. Les scénarios, écrits ou supervisés par Peyo et son entourage (Vicq, Gos, etc.), s'inscrivent dans une veine assez classique, mais efficace. On est clairement dans de l'enquête policière, parfois teintée d'espionnage ou de mystère, avec quelques éléments de fantaisie hérités de l'esprit Marcinelle. Cela surprend de la part de Peyo car c'est très éloigné de séries comme Johan et Pirlouit ou Les Schtroumpfs, et plus adulte que Benoit Brisefer. L'humour reste présent, mais l'action ne fait pas semblant, avec de vrais dangers, des accidents de voiture et un certain sens du suspense. Cela dit, malgré ses qualités, la série reste assez sage. Les intrigues sont bien menées mais rarement surprenantes, et l'ensemble manque d'une identité vraiment marquante ou d'un supplément de folie qui lui aurait permis de se distinguer davantage. C'est sans doute ce qui explique qu'elle soit restée relativement méconnue. Il en découle une bonne petite série de la BD franco-belge classique : agréable, bien réalisée, portée par un vrai savoir-faire, mais qui manque d'un petit quelque chose pour devenir mémorable. Ça reste néanmoins une découverte très sympathique, surtout pour les amateurs de cette époque.
Cult of the Lamb
Je ne suis pas un geek, je ne connaissais donc pas l'existence de ce jeu vidéo, ici, adapté en BD. Je me suis profondément ennuyé durant les 112 pages de ce premier verset. Un récit où culte et dévotion seront les enjeux de cette intrigue. Dans une étrange forêt, différentes religions vont se battre pour ne pas disparaître. Rien de bien nouveau, on va y découvrir tous les mauvais penchants des croyances anciennes. J'ai trouvé les personnages stéréotypés et manquant de charisme. Une narration énergique et équilibrée, les scènes d'action et les moments développant la personnalité des personnages se partagent équitablement le nombre de planches. Un ensemble léger qui ne m'a pas convaincu. La partie graphique dénote avec le sujet proposé. Un style caricatural proche du manga associé à des couleurs tapantes. Ça bouge dans tous les sens. Pas mal. Un premier tome qui ne m'a pas donné envie de poursuive l'aventure. À réserver aux inconditionnels du jeu vidéo, enfin, peut-être...
Black Gospel
Un polar bien tordu comme je l'aime. Le scénariste utilise trois faits historiques qui se sont passés la même semaine (le discours historique de Martin Luther King, un double meurtre dont le coupable n'a jamais été retrouvé et la mort en Afrique de l'activiste américain noir W. E. B. Du Bois) pour concocter un polar efficace qui se passe durant le 20 ème anniversaire du discours de King. C'est un de ces polars où on sait dès le début qui est le coupable et se sont ses motivations qui sont nébuleuses. On va comprendre petit à petit la mentalité de ce tueur via des flashbacks. Certes, le scénario n'échappe pas aux défauts récurrents des polars : il y a des facilités dans le scénario et aussi aucun personnage n'est vraiment attachant. Aussi, le seul truc vraiment captivant est de savoir la réponse au mystère et après qu'on le sait il y a pas grand chose qui donne envie de relire l'album un jour. Le noir et blanc est pas mal.
Hors scène
Premier album de Jon McNaught que je lis et franchement je ne pense pas en lire un autre avant longtemps. Le dessin m'a fait un peu penser à du Chris Ware, surtout la manière dont l'auteur aime bien faire de très petites cases. Heureusement, il y a souvent peu de dialogues alors les pages se lisent vite malgré le nombre de cases. Quant au scénario, on est dans du contemplatif. On suit le personnage principal au travers de différentes tranches de vies. C'est un ado un peu timide et mal dans sa peau qui se retrouve à jouer dans une pièce de théâtre. J'ai trouvé les personnages et les situations vraiment banales. J'ai rien contre les récits qui ne font que montrer la vie quotidienne de quelqu'un, mais ici j'ai eu l'impression que l'auteur n'avait rien de très intéressant à dire. Il ne se passe pas grand chose de bien intéressant et j'ai lu le récit dans une indifférence générale. Pas pour moi.