Les derniers avis (24 avis)

Couverture de la série Le Travailleur de la nuit
Le Travailleur de la nuit

C’est typiquement le genre de BD que j’ai tendance à apprécier un peu plus que ce qu’elle “vaut objectivement” tant elle coche beaucoup de cases qui me plaisent : le côté Robin des Bois, le crime romancé, la critique sociale et surtout le vrai fond philosophique derrière le personnage. Mais même en essayant de prendre du recul, ça reste une très bonne lecture. Le scénario est cohérent de bout en bout et développe intelligemment la figure d’Alexandre Jacob sans tomber dans l’héroïsation totale. On comprend progressivement sa logique, ses convictions et son rapport à la société de l’époque. La BD réussit aussi très bien à rendre son contexte humain crédible. On développe de la compassion pour son entourage et une vraie sensibilité aux injustices sociales et judiciaires de l’époque. Le fait que l’histoire soit inspirée d’un personnage réel apporte énormément de poids au récit et renforce l’intérêt global. On découvre une personnalité fascinante avec un parcours de vie franchement passionnant. Graphiquement, c’est également très solide. Le dessin est dynamique, moderne dans la mise en scène, mais conserve une vraie cohérence avec la période historique. Les personnages sont expressifs, les ambiances fonctionnent bien et l’ensemble donne une lecture très fluide. Ce n’est peut-être pas une BD révolutionnaire dans sa structure, mais c’est une œuvre intelligente, bien racontée et portée par un personnage extrêmement fort.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Âge d'or
L'Âge d'or

L’Âge d’or est une œuvre assez atypique, à mi-chemin entre le conte médiéval, la fable politique et la critique sociale. Le récit mélange aventure, réflexion philosophique et chronique des petites gens avec beaucoup de finesse. Certaines mécaniques restent un peu téléphonées et quelques zones paraissent volontairement floues ou incomplètement expliquées, mais l’ensemble reste extrêmement cohérent dans son intention et surtout porté par une vraie profondeur de lecture. Derrière le voyage et les luttes de pouvoir, la BD développe des thèmes assez riches autour de la liberté, des rapports de classe, de l’utopie et du pouvoir, sans tomber dans le discours lourd ou moralisateur. Le scénario fonctionne aussi grâce à des personnages particulièrement bien écrits. Leur évolution est progressive et crédible, avec une vraie utilité narrative pour chacun d’eux. Il y a beaucoup de nuances dans les dialogues, du sarcasme, de l’humour et des réflexions parfois très pertinentes sur le fonctionnement du monde et des rapports humains. Le récit sait alterner moments intimistes, réflexion politique et passages plus épiques sans perdre son identité. Mais la vraie claque reste probablement la partie graphique ; une esthétique de conte complètement survitaminée, avec quelque chose de très vivant, chaleureux et en même temps profondément sombre. L’utilisation des couleurs comme vecteur d’émotion et d’ambiance est particulièrement réussie et donne énormément de personnalité à l’ensemble. Certaines planches dégagent une vraie puissance visuelle sans jamais donner l’impression d’être purement démonstratives.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Gung Ho
Gung Ho

Gung Ho fait partie de ces séries post-apocalyptiques qui reprennent des codes très classiques du genre mais avec suffisamment de maîtrise pour rester vraiment prenantes. On est clairement dans une œuvre orientée ado/jeune adulte, mais qui ne tombe ni dans le survivalisme caricatural ni dans une version trop édulcorée de l’apocalypse. L’univers reste brutal et dangereux, mais la violence paraît cohérente avec le contexte et rarement gratuite. Le ton est cru sans chercher en permanence la surenchère. Le vrai point fort de la série reste surtout ses personnages et leurs relations. Les tensions humaines, les rivalités, les rapports de groupe et les émotions sont bien travaillés et donnent beaucoup de crédibilité à l’ensemble. La petite dimension romantique fonctionne bien et apporte une respiration bienvenue dans un univers assez oppressant. Le scénario reste solide sur toute la lecture avec un bon rythme, des rebondissements réguliers et une évolution des personnages qui donne envie d’enchaîner les tomes sans difficulté. Visuellement, la série est également très réussie. Le dessin semi-réaliste et très dynamique renforce énormément l’immersion. Les couleurs et l’ambiance générale participent vraiment au sentiment de danger permanent tout en gardant une identité visuelle forte. Ce n’est peut-être pas la série la plus originale du genre, mais c’est une œuvre très efficace, maîtrisée et particulièrement agréable à lire pour les amateurs de récits post-apo orientés personnages.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série D'or et d'oreillers
D'or et d'oreillers

D’or et d’oreillers reprend vraiment les codes du conte classique, mais dans une version clairement plus adulte. On retrouve la structure et les thématiques typiques du genre (épreuves, rapports de classes, mariage, secrets, éveil sentimental) avec toutefois une violence psychologique et une sensualité qui dépassent largement le cadre du conte jeunesse traditionnel. Le récit ajoute aussi une couche de psychologie bienvenue qui donne un peu plus d’épaisseur aux personnages et aux relations. Le scénario fonctionne bien dans l’ensemble, même s’il ne révolutionne pas le genre. Certaines séquences restent un peu floues et quelques éléments donnent une impression d’inachevé ou de questions laissées ouvertes. Cela dit, l’histoire reste cohérente et l’univers suffisamment maîtrisé pour maintenir l’intérêt jusqu’au bout. La grande force de la BD reste clairement la partie graphique. Le dessin conserve l’ADN du conte et de la BD jeunesse, mais avec une sensibilité beaucoup plus adulte, plus sombre et plus affirmée. Les couleurs sont magnifiques, plusieurs planches sont réellement marquantes, et la mise en page accompagne très bien l’ambiance du récit sans jamais tomber dans la démonstration esthétique gratuite. Toute la direction artistique participe à ancrer parfaitement l’œuvre dans cet univers de conte élégant mais inquiétant. Une BD qui parlera probablement davantage à des adolescents plus âgés et à des adultes amateurs de réécritures de contes qu’à un jeune public classique.

17/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Contrapaso
Contrapaso

Eh bien, il est plutôt chouette cet album. Un dessin semi réaliste et très dynamique, une colorisation elle aussi plutôt sympa : ça se laisse lire facilement. Et d’autant plus agréablement que l’histoire prend le temps de planter le décor, de présenter les principaux protagonistes (l’album fait quasiment 150 pages !). Et qu’elle se développe avec un arrière-plan assez riche. Nous avons ainsi l’occasion de nous plonger dans l’Espagne franquiste des années 1950, très bien reconstituée. Et, au milieu de ce décor assez riche, Teresa Valero (que je découvre avec cet album) nous a concocté une intrigue policière dense, bien fichue, avec l’inévitable d’enquêteurs a priori mal assortis, ici non des flics, mais des journalistes. Surtout le vieux briscard, qui piste un serial killer depuis des années, et se refuse à totalement abdiquer devant les menaces et la censure franquistes (relayées par la police et ses supérieurs). C’est très dynamique, lisible, avec une narration fluide et agréable, comme le dessin donc. L’album conclut bien l’intrigue et l’enquête. Mais la fin reste ouverte et, même si cet album se suffit à lui-même, il est tout à fait envisageable que d’autres albums voient le jour. Ce qui ne serait pas une mauvaise idée après tout, tant le premier album se révèle bien fichu. ****************** Je reste sur ma très bonne impression après lecture du deuxième tome, même si je l’ai trouvé plus dense – parfois à la limite de l’indigestion, du fait du texte très abondant et du nombre d’information à ingurgiter. Mais ce petit bémol ne doit pas vous freiner. En effet, le polar est bien fichu, on prend le temps de planter le décor, d’affiner les personnages et les rouages de l’intrigue qui, malgré mes remarques liminaires, reste quand même agréable à suivre. Et, encore une fois, le contexte, l’arrière-plan historique, est vraiment très bien restitué : c’est clairement le point fort de la série. L’Espagne franquiste des années 1950 (ici avec le rapprochement avec les USA, le milieu du cinéma, les magouilles immobilières et les reliquats de la guerre civile) donne une sacrée épaisseur à l’intrigue. Et l’imposant dossier final complète parfaitement la lecture. Il faut prévoir du temps à investir pour lire ces albums, mais ça en vaut la peine.

23/12/2022 (MAJ le 17/05/2026) (modifier)
Couverture de la série Le Bateau de Thésée
Le Bateau de Thésée

Après lecture de l'intégrale des 10 tomes du Bateau de Thésée, je suis agréablement surpris par la qualité de ce seinen policier teinté de fantastique dont je n'avais jamais entendu parler. C'est étonnant comme parfois certaines séries font le buzz alors que je les trouve de piètre qualité et comme d'autres, comme celle-ci, passent quasi-inaperçues, malgré leur intérêt indéniable. L'histoire se situe dans un petit village du Japon où un drame va survenir (empoisonnement de 21 élèves d'une école primaire) marquant à jamais la vie de la famille du policier, Bungo Sano, accusé de ces meurtres. Le plus jeune de ses fils souhaitant se rendre dans le village où s'est tenue le massacre pour une commémoration, se retrouve projeté dans le passé, quelques semaines avant la survenue des événements. Arrivera-t-il à empêcher les homicides et ainsi à modifier le présent ? On pourra reprocher quelques longueurs dans l'histoire qui répètent parfois un peu trop souvent les éléments de l'enquête ou quelques facilités scénaristiques (le lecteur ne saura jamais vraiment d'où provient la brume et le mystère autour de ces retours dans le passé) mais l'ensemble est très cohérent et le scénario plutôt bien construit, mêlant passé et présent. Côté dessin, le trait d'Higashimoto Toshiya, scénariste et dessinateur, est vraiment agréable à l’œil, dans un style très classique du manga. Les décors très détaillés, se rapprochant parfois de la photographie, m'ont un peu fait penser au style graphique de Hellbound - L'Enfer. Lecture vivement conseillée pour les amateurs du genre. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8/10 NOTE GLOBALE : 16/20

17/05/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Not All Robots
Not All Robots

Vrai note : 3.5 J’ai vraiment passé un très bon moment avec Not All Robots. Sous ses airs de SF absurde et décalée, la BD propose finalement quelque chose d’assez malin et étonnamment actuel. L’histoire se déroule dans un futur où les robots travaillent désormais à la place des humains. Libérés du travail, ces derniers vivent dans une société qui semble pourtant toujours aussi tendue, frustrée et dysfonctionnelle. On suit principalement la famille Walters, dans un quotidien où les tensions sociales, familiales et existentielles finissent constamment par exploser. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Mark Russell utilise cette situation pour tourner en dérision beaucoup de comportements humains. Derrière l’humour et les dialogues souvent très drôles, j’y ai vu une critique assez mordante du pouvoir, des rapports de domination et du patriarcat. Certains personnages sont volontairement caricaturaux dans leur besoin de contrôle, leur frustration ou leur incapacité à évoluer, et c’est justement ce qui rend l’ensemble aussi drôle que pertinent. La BD fonctionne aussi très bien parce qu’elle ne se contente pas d’être une satire sociale. Elle parle également du rapport au travail, de l’utilité sociale, de la peur du changement et même de l’obsolescence humaine dans un monde dominé par les IA et les robots. Tout ça passe par un simple foyer de banlieue, presque banal, ce qui rend finalement le propos encore plus efficace. Visuellement, Mike Deodato Jr livre un travail superbe, détaillé et très expressif. J’ai aussi beaucoup aimé la couverture qui détourne et reprend la célèbre peinture américaine "American Gothic "de Grantsymbole. Une peinture célèbre, annonçant immédiatement une œuvre qui joue avec les symboles et les codes culturels. Une lecture drôle, intelligente et bien plus riche qu’elle n’en a l’air au premier abord.

16/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

J'ai fini de relire la série complète avec les intégrales Dupuis et c'est merveilleux ! Quand j'étais petit, l'histoire qui m'a le plus marqué a été évidemment La Flûte. Mais maintenant, je reconnais que la série vaut beaucoup plus. Je me suis rappelé tant d'aventures, de personnages et de scènes marquantes : les mollassons et le géant de la Source, la bataille navale des vikings, mais surtout le très drôle Pirlouit et sa chèvre Biquette, tant de magie et de sorts ! Les dessins ont évolué, les personnages sont devenus plus ronds et aboutis, l'humour toujours excellent. La contribution à la soi-disant « école de Marcinelle » est indéniable. Bref, je recommande cette redécouverte !

16/05/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Newburn
Newburn

J’ai vraiment accroché à Newburn, surtout grâce à son ambiance de polar noir moderne et à son personnage principal particulièrement marquant. L’histoire suit Easton Newburn, un ancien flic devenu une sorte de médiateur indépendant travaillant pour toutes les familles criminelles de New York. Son rôle consiste à résoudre les problèmes avant qu’une guerre éclate entre les différents clans. Une idée simple sur le papier, mais extrêmement efficace dans la manière dont Zdarsky construit ses intrigues. J’ai adoré suivre ce personnage froid, méthodique et presque détaché émotionnellement, qui navigue constamment entre manipulations, trahisons et règlements de comptes. Chaque affaire permet d’explorer une nouvelle facette du milieu criminel new-yorkais tout en développant progressivement le passé et la personnalité de Newburn. Visuellement, Jacob Phillips apporte une vraie identité à la série avec un style sale (comme peut le faire son pere), nerveux et très urbain qui colle parfaitement à l’ambiance du récit. Ses couleurs participent énormément à cette sensation de polar poisseux et nocturne. On ressent aussi une vraie influence du roman noir et des vieux films policiers dans toute la mise en scène. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont la série parvient à rester très accessible tout en construisant un univers criminel dense et crédible. Les dialogues sont efficaces, les personnages secondaires existent vraiment et les tensions fonctionnent du début à la fin. Une excellente lecture de polar noir moderne, tendue et immersive, portée par un duo créatif qui maîtrise parfaitement son sujet.

16/05/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Berceuse assassine
Berceuse assassine

Les Berceuses assassines est pour moi un polar noir remarquable, autant pour son histoire que pour sa construction narrative. Le principe des trois tomes fonctionnant comme trois regards différents sur une même séquence est particulièrement brillant. Chaque album apporte une nouvelle lecture des événements et modifie progressivement notre perception des personnages et de leurs actes. Cette narration fragmentée donne une vraie profondeur au récit et renforce constamment la tension. L’histoire plonge dans une ambiance noire, mélancolique et presque fataliste, où chaque personnage semble prisonnier de ses choix et de son passé. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est la manière dont le récit joue avec les points de vue. On ne découvre jamais totalement la vérité d’un seul coup : elle se reconstruit morceau par morceau, au fil des versions et des révélations. Cela donne une impression très cinématographique, presque comme un puzzle émotionnel et psychologique. Le rythme est maîtrisé, avec beaucoup de silences, de non-dits et une tension permanente. La BD ne cherche jamais l’action gratuite ; elle privilégie l’atmosphère, les regards, les blessures intérieures des personnages. On ressent une vraie humanité derrière cette noirceur. Graphiquement, Ralph Meyer sublime parfaitement cette approche narrative. Son dessin réaliste, les expressions fatiguées des visages, les jeux d’ombres et les décors urbains renforcent cette sensation de polar noir crépusculaire. Chaque case participe à l’ambiance. Au final, j’ai eu l’impression de lire bien plus qu’une simple enquête policière : une véritable tragédie humaine racontée sous plusieurs angles, avec une narration intelligente et immersive qui donne toute sa force à l’œuvre

16/05/2026 (modifier)