Quel beau voyage que ce "Dieu vagabond".
Un voyage qui fait se côtoyer la mythologie grecque et notre monde contemporain. On va suivre Eustis, un satyre du cortège de Dionysos qui s'est fait bannir du monde des dieux pour se retrouver parmi les mortels. Un récit qui passe successivement du monde réel à la mythologie au fur et à mesure des pérégrinations d'Eustis et de ses diverses rencontres, mais il n'oubliera pas de taquiner la bouteille dès que cela est possible (on ne se refait pas). Le récit aux nombreuses références est bien structuré, onirique, poétique et il n'omet pas une petite dose de réflexion. Autres atouts : les protagonistes, ils sonnent justes et on peut s'identifier facilement à eux.
Une bien belle et touchante odyssée.
Si ma lecture fut si plaisante, elle doit énormément au graphisme singulier de Fabrizio Dori. Un dessin au trait fin, détaillé et expressif au rendu légèrement statistique. À cela s'ajoute un choix judicieux des couleurs qui lui donne du cachet. Mais surtout, ces deux composantes fluctuent suivant l'évolution du récit. Superbe !
Vraiment le point fort de cet album.
Une BD à découvrir !
3.5
Une œuvre bien particulière que voilà ! Après l'avoir lu une première fois il y a quelques jours et je me suis dit que je devrais la relire au moins une fois avant de poster mon avis pour bien comprendre les subtilités de cette BD.
Je ne sais pas trop si j'ai bien tout compris parce que c'est une œuvre dense avec une structure particulière. Peut-être que je vais mieux comprendre cette partie du scénario au cours d'une autre relecture, mais je pense que j'ai assez lu ce one-shot pour le moment et j'en ai compris assez pour savoir que j'ai bien aimé. J'avoue que je me méfie toujours lorsqu'une BD a une narration qui sort du lot parce que parfois c'est un gimmick inutile qui sert juste à rendre original un scénario qui ne l'est pas. Cela semblait être un peu le cas ici au premier coup d'œil, un énième polar bien noir avec des animaux humanisés et puis au fil des pages on finit par s'apercevoir que ce n'est pas le cas. C'est un scénario riche et je ne vais pas en dire plus pour ne pas gâcher la lecture. J'ai commencé ma lecture avec le coté utilisé comme couverture sur ce site et je pense que c'est la meilleur façon de lire l'album.
Le dessin est vraiment remarquable. Un premier coup d'essai réussi pour l'auteur.
Une jeune fille dotée d'un lien mystérieux avec l'eau et la nature se retrouve au cœur d'un conflit entre traditions, forces mystiques et modernité destructrice, sur fond de construction d'un grand barrage.
Mon avis sur cette BD est assez typiquement un "oui mais…".
Oui, parce que c'est un ouvrage généreux, dense, visuellement très réussi. Le dessin est franchement beau, maîtrisé, avec des couleurs riches et une bonne capacité à embarquer dans un univers d'aventure. Il y a un vrai souffle, un sens du mouvement, des scènes marquantes, et globalement une qualité graphique qui donne envie de tourner les pages. Les personnages fonctionnent plutôt bien, même s'ils restent assez classiques, et certaines interactions ou moments d'aventure sont vraiment agréables à suivre. On sent une belle envie de raconter quelque chose, et ça se ressent.
Mais en même temps, difficile de ne pas être freiné par un gros sentiment de déjà vu. L'histoire mélange tellement d'influences qu'elle finit par perdre de sa singularité. Influence de Miyazaki avant tout, car la trame globale, comme la relation entre les deux jeunes héros ou encore les braves pirates, fait énormément penser au Château dans le ciel, avec par moments des échos à Princesse Mononoké, voire même à Ponyo sur la falaise (je pense à la scène de course sous l'eau). À cela s'ajoutent d'autres influences plus larges du récit d'aventure, et même un parallèle avec le film La Forêt d'Émeraude pour toute la dimension autour du barrage menaçant les populations locales.
Le problème, c'est que cet empilement finit par créer une certaine distance. Plutôt que d'être pleinement pris dans l'histoire, j'ai souvent eu l'impression de reconnaître des éléments déjà vus ailleurs, ce qui installe une forme d'indifférence. Même le cadre africain m'a laissé un peu perplexe : alors que les auteurs sont sud-africains, j'y ai rarement reconnu l'Afrique que je connais. J'avais plus souvent l'impression d'être dans une Amazonie fantasmée ou dans des îles du Pacifique, avec une vision assez stéréotypée de la terre d'aventure et d'exploration.
Et puis il y a la conclusion, qui m'a laissé un peu sur ma faim. Elle mélange beaucoup d'éléments, au point qu'on ne sait plus très bien quelles sont les motivations des différents camps, ni même comment interpréter la fin : elle va tellement dans tous les sens qu'on ne sait plus trop si les gentils ont vraiment gagné, ni s'il y a lieu de se réjouir au final.
Du coup, je reste partagé. Je n'ai pas été aussi captivé et emporté que je l'aurais voulu. Mais en même temps, il y a suffisamment de qualités (visuelles, rythmiques, d'ambiance) pour que je trouve que cette BD mérite d'être mise en avant. Ce n'est pas une réussite totale, mais c'est loin d'être une œuvre sans intérêt.
Il est important de ne pas confondre l'œuvre avec l'auteur, proclame la néo-herméneutique.
Nous sommes face à une biographie romancée et critique qui ne cache pas les aspects les plus désagréables d'une personnalité égocentrique et auto-martyrisée. Je pense que le plus intéressant dans le récit est la rencontre avec Klimt et sa relation d'amitié mais aussi de rivalité mimétique.
Au niveau du dessin et des couleurs, je crois que Coste a fait un bon travail. Ce n'est pas attrayant au premier contact, mais cela finit par correspondre, sans copier servilement, à l'esprit de la vie et de l'œuvre de Schiele, un Klimt moins décoratif et plus sombre.
Je recommanderais surtout la contemplation des peintures en direct. Chose que j'ai faite, encore jeune, allant exprès aux musées Albertina et Belvédère de Vienne. À cette époque, j'admirais incontestablement l'art du peintre. En plus de la peinture érotique, il fut un grand portraitiste (au-delà des autoportraits) et paysagiste (tant la nature que la ville). Je regrette que l'album ne se soit pas davantage penché sur ces peintures, mais je comprends, nous ne sommes pas ici devant un essai d'esthétique philosophique ou de philosophie de l'histoire. Le contexte de la décadence viennoise, le démantèlement de l'Empire et le pessimisme régnant ont produit des génies. Freud, entre autres, pourrait avoir quelque chose à dire sur son concitoyen. Mais il a préféré attaquer d'autres génies, comme Dostoïevski...
Souvent, je me suis demandé comment l'œuvre d'Egon aurait évolué s'il n'était pas mort à 28 ans. Comme le dit Xavier Coste à la fin, «tant de tableaux qui n'auront pas été peints».
Un polar très sympathique.
L’histoire en elle-même se laisse lire, mais c’est surtout la « mise en scène » qui la fait sortir du lot et rend relativement prenante l’intrigue.
En effet, c’est assez « déconstruit » au départ, avec ces personnages (féminins surtout) qui ne se connaissent pas et sur lesquels on nous livre au compte-gouttes quelques infos, jusqu’à ce que leurs trajectoires se croisent et que l’histoire prenne corps et sens. J’ai quand même eu un peu de mal au début à saisir ce qui se passait et qui était qui. Même si ça s’éclaire au fur et à mesure, c’est un petit bémol me concernant. Surtout que pas mal de scènes sont « revues », vécues sous différents angles en fonction des protagonistes.
A ces allers-retours et multiplications d’angles de vue s’ajoute le travail graphique, lui aussi s’écartant du gaufrier classique. De grandes cases alternent avec plein de toute petites. Et la colorisation, volontairement tranchée, parfois terne, donne une patine un peu vintage intéressante.
L’ensemble est assez noir, même si la fin offre une respiration et presque un happy-end. Le personnage de Dee reste quand même jusqu’au bout un peu nihiliste et paumé.
Un petit polar plaisant, dynamique, dont les deux tomes se lisent relativement vite.
Note réelle 3,5/5.
Depuis quelques années, les éditions Cornélius ont entrepris de rééditer toute l’œuvre de Nicole Claveloux. Ils poursuivent leur travail avec cet album inédit. Comme à leur habitude ils le font très bien, avec un très beau travail éditorial, qui met en valeur une histoire très originale.
Dans ce récit, nous entrons dans le cerveau endormi de l’auteure, pour pénétrer au cœur de ses rêves. Mais rêves et réalité se mélangent. Comme se mélangent propos réalistes et décors et situations quasi surréalistes.
Durant son sommeil, le subconscient de Claveloux est très animé. Les très nombreux personnages se partagent l’animation, la mise en fonctionnement de ce qui pourrait s’apparenter à une petite entreprise, qui subit une sorte de « contrôle de gestion », de la part de Charles Chaposec, qui exige logique et raison, singulièrement éloignés du mode de fonctionnement d’autres personnages. Claveloux penche nettement vers ceux qui apportent imprévus et magie aux rêves (comme Loïc Lalune): l'imagination doit garder le pouvoir !
La plupart des cases sont très chargées. D’abord avec un texte très abondant (c’est un peu ce qui m’a parfois gêné, c’est parfois indigeste – même si finalement ça passe). Mais surtout avec ce dessin, qui mélange personnages humains et animaliers, avec des décors très riches (qui font penser parfois à ceux du Douanier Rousseau), avec une multitude de détails en arrière-plan.
Se chargeant elle-même de la colorisation (couleurs peintes avec des encres à eau), Claveloux nous propose ici quelque chose de très réussi, prouvant qu’à son « grand âge » elle n’a pas perdu la main.
Si le récit est parfois difficile à suivre, il est néanmoins plaisant à lire, et très original, avec une partie graphique que j’ai vraiment beaucoup aimée.
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Le Dieu vagabond
Quel beau voyage que ce "Dieu vagabond". Un voyage qui fait se côtoyer la mythologie grecque et notre monde contemporain. On va suivre Eustis, un satyre du cortège de Dionysos qui s'est fait bannir du monde des dieux pour se retrouver parmi les mortels. Un récit qui passe successivement du monde réel à la mythologie au fur et à mesure des pérégrinations d'Eustis et de ses diverses rencontres, mais il n'oubliera pas de taquiner la bouteille dès que cela est possible (on ne se refait pas). Le récit aux nombreuses références est bien structuré, onirique, poétique et il n'omet pas une petite dose de réflexion. Autres atouts : les protagonistes, ils sonnent justes et on peut s'identifier facilement à eux. Une bien belle et touchante odyssée. Si ma lecture fut si plaisante, elle doit énormément au graphisme singulier de Fabrizio Dori. Un dessin au trait fin, détaillé et expressif au rendu légèrement statistique. À cela s'ajoute un choix judicieux des couleurs qui lui donne du cachet. Mais surtout, ces deux composantes fluctuent suivant l'évolution du récit. Superbe ! Vraiment le point fort de cet album. Une BD à découvrir !
L'Orfèvre (Lozes)
3.5 Une œuvre bien particulière que voilà ! Après l'avoir lu une première fois il y a quelques jours et je me suis dit que je devrais la relire au moins une fois avant de poster mon avis pour bien comprendre les subtilités de cette BD. Je ne sais pas trop si j'ai bien tout compris parce que c'est une œuvre dense avec une structure particulière. Peut-être que je vais mieux comprendre cette partie du scénario au cours d'une autre relecture, mais je pense que j'ai assez lu ce one-shot pour le moment et j'en ai compris assez pour savoir que j'ai bien aimé. J'avoue que je me méfie toujours lorsqu'une BD a une narration qui sort du lot parce que parfois c'est un gimmick inutile qui sert juste à rendre original un scénario qui ne l'est pas. Cela semblait être un peu le cas ici au premier coup d'œil, un énième polar bien noir avec des animaux humanisés et puis au fil des pages on finit par s'apercevoir que ce n'est pas le cas. C'est un scénario riche et je ne vais pas en dire plus pour ne pas gâcher la lecture. J'ai commencé ma lecture avec le coté utilisé comme couverture sur ce site et je pense que c'est la meilleur façon de lire l'album. Le dessin est vraiment remarquable. Un premier coup d'essai réussi pour l'auteur.
Kariba
Une jeune fille dotée d'un lien mystérieux avec l'eau et la nature se retrouve au cœur d'un conflit entre traditions, forces mystiques et modernité destructrice, sur fond de construction d'un grand barrage. Mon avis sur cette BD est assez typiquement un "oui mais…". Oui, parce que c'est un ouvrage généreux, dense, visuellement très réussi. Le dessin est franchement beau, maîtrisé, avec des couleurs riches et une bonne capacité à embarquer dans un univers d'aventure. Il y a un vrai souffle, un sens du mouvement, des scènes marquantes, et globalement une qualité graphique qui donne envie de tourner les pages. Les personnages fonctionnent plutôt bien, même s'ils restent assez classiques, et certaines interactions ou moments d'aventure sont vraiment agréables à suivre. On sent une belle envie de raconter quelque chose, et ça se ressent. Mais en même temps, difficile de ne pas être freiné par un gros sentiment de déjà vu. L'histoire mélange tellement d'influences qu'elle finit par perdre de sa singularité. Influence de Miyazaki avant tout, car la trame globale, comme la relation entre les deux jeunes héros ou encore les braves pirates, fait énormément penser au Château dans le ciel, avec par moments des échos à Princesse Mononoké, voire même à Ponyo sur la falaise (je pense à la scène de course sous l'eau). À cela s'ajoutent d'autres influences plus larges du récit d'aventure, et même un parallèle avec le film La Forêt d'Émeraude pour toute la dimension autour du barrage menaçant les populations locales. Le problème, c'est que cet empilement finit par créer une certaine distance. Plutôt que d'être pleinement pris dans l'histoire, j'ai souvent eu l'impression de reconnaître des éléments déjà vus ailleurs, ce qui installe une forme d'indifférence. Même le cadre africain m'a laissé un peu perplexe : alors que les auteurs sont sud-africains, j'y ai rarement reconnu l'Afrique que je connais. J'avais plus souvent l'impression d'être dans une Amazonie fantasmée ou dans des îles du Pacifique, avec une vision assez stéréotypée de la terre d'aventure et d'exploration. Et puis il y a la conclusion, qui m'a laissé un peu sur ma faim. Elle mélange beaucoup d'éléments, au point qu'on ne sait plus très bien quelles sont les motivations des différents camps, ni même comment interpréter la fin : elle va tellement dans tous les sens qu'on ne sait plus trop si les gentils ont vraiment gagné, ni s'il y a lieu de se réjouir au final. Du coup, je reste partagé. Je n'ai pas été aussi captivé et emporté que je l'aurais voulu. Mais en même temps, il y a suffisamment de qualités (visuelles, rythmiques, d'ambiance) pour que je trouve que cette BD mérite d'être mise en avant. Ce n'est pas une réussite totale, mais c'est loin d'être une œuvre sans intérêt.
Egon Schiele
Il est important de ne pas confondre l'œuvre avec l'auteur, proclame la néo-herméneutique. Nous sommes face à une biographie romancée et critique qui ne cache pas les aspects les plus désagréables d'une personnalité égocentrique et auto-martyrisée. Je pense que le plus intéressant dans le récit est la rencontre avec Klimt et sa relation d'amitié mais aussi de rivalité mimétique. Au niveau du dessin et des couleurs, je crois que Coste a fait un bon travail. Ce n'est pas attrayant au premier contact, mais cela finit par correspondre, sans copier servilement, à l'esprit de la vie et de l'œuvre de Schiele, un Klimt moins décoratif et plus sombre. Je recommanderais surtout la contemplation des peintures en direct. Chose que j'ai faite, encore jeune, allant exprès aux musées Albertina et Belvédère de Vienne. À cette époque, j'admirais incontestablement l'art du peintre. En plus de la peinture érotique, il fut un grand portraitiste (au-delà des autoportraits) et paysagiste (tant la nature que la ville). Je regrette que l'album ne se soit pas davantage penché sur ces peintures, mais je comprends, nous ne sommes pas ici devant un essai d'esthétique philosophique ou de philosophie de l'histoire. Le contexte de la décadence viennoise, le démantèlement de l'Empire et le pessimisme régnant ont produit des génies. Freud, entre autres, pourrait avoir quelque chose à dire sur son concitoyen. Mais il a préféré attaquer d'autres génies, comme Dostoïevski... Souvent, je me suis demandé comment l'œuvre d'Egon aurait évolué s'il n'était pas mort à 28 ans. Comme le dit Xavier Coste à la fin, «tant de tableaux qui n'auront pas été peints».
November
Un polar très sympathique. L’histoire en elle-même se laisse lire, mais c’est surtout la « mise en scène » qui la fait sortir du lot et rend relativement prenante l’intrigue. En effet, c’est assez « déconstruit » au départ, avec ces personnages (féminins surtout) qui ne se connaissent pas et sur lesquels on nous livre au compte-gouttes quelques infos, jusqu’à ce que leurs trajectoires se croisent et que l’histoire prenne corps et sens. J’ai quand même eu un peu de mal au début à saisir ce qui se passait et qui était qui. Même si ça s’éclaire au fur et à mesure, c’est un petit bémol me concernant. Surtout que pas mal de scènes sont « revues », vécues sous différents angles en fonction des protagonistes. A ces allers-retours et multiplications d’angles de vue s’ajoute le travail graphique, lui aussi s’écartant du gaufrier classique. De grandes cases alternent avec plein de toute petites. Et la colorisation, volontairement tranchée, parfois terne, donne une patine un peu vintage intéressante. L’ensemble est assez noir, même si la fin offre une respiration et presque un happy-end. Le personnage de Dee reste quand même jusqu’au bout un peu nihiliste et paumé. Un petit polar plaisant, dynamique, dont les deux tomes se lisent relativement vite. Note réelle 3,5/5.
Ce soir c'est cauchemar
Depuis quelques années, les éditions Cornélius ont entrepris de rééditer toute l’œuvre de Nicole Claveloux. Ils poursuivent leur travail avec cet album inédit. Comme à leur habitude ils le font très bien, avec un très beau travail éditorial, qui met en valeur une histoire très originale. Dans ce récit, nous entrons dans le cerveau endormi de l’auteure, pour pénétrer au cœur de ses rêves. Mais rêves et réalité se mélangent. Comme se mélangent propos réalistes et décors et situations quasi surréalistes. Durant son sommeil, le subconscient de Claveloux est très animé. Les très nombreux personnages se partagent l’animation, la mise en fonctionnement de ce qui pourrait s’apparenter à une petite entreprise, qui subit une sorte de « contrôle de gestion », de la part de Charles Chaposec, qui exige logique et raison, singulièrement éloignés du mode de fonctionnement d’autres personnages. Claveloux penche nettement vers ceux qui apportent imprévus et magie aux rêves (comme Loïc Lalune): l'imagination doit garder le pouvoir ! La plupart des cases sont très chargées. D’abord avec un texte très abondant (c’est un peu ce qui m’a parfois gêné, c’est parfois indigeste – même si finalement ça passe). Mais surtout avec ce dessin, qui mélange personnages humains et animaliers, avec des décors très riches (qui font penser parfois à ceux du Douanier Rousseau), avec une multitude de détails en arrière-plan. Se chargeant elle-même de la colorisation (couleurs peintes avec des encres à eau), Claveloux nous propose ici quelque chose de très réussi, prouvant qu’à son « grand âge » elle n’a pas perdu la main. Si le récit est parfois difficile à suivre, il est néanmoins plaisant à lire, et très original, avec une partie graphique que j’ai vraiment beaucoup aimée.