Les dernier avis (24265 avis)

Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Silas Corey
Silas Corey

Il y a rarement de surprises lorsque Fabien Nury est au scénario. Et ce que ce soit négatives ou positives. Côté négatif, on peut regretter le manque d'originalité dans les scénarios, c'est souvent des choses assez simples, qui ne révolutionnent pas le monde de la bd. Côté positif, la narration est toujours hyper efficace et l'histoire, si elle n'est donc jamais la plus originale, est toujours hyper bien racontée. C'est encore une fois le cas dans cette bd d'espionnage, qui se découpe en deux diptyques. Nous suivons Silas Corey, ancien soldat devenu espion et aux méthodes radicales dans des aventures d'espionnage, pendant et juste après la guerre. Il est accompagné d'une escouade de personnages secondaires tous réussis, et intéressants. Les deux aventures sont suffisamment alambiquées pour être crédibles dans une histoire d'espionnage, et suffisamment simples pour pouvoir les comprendre aisément. J'avoue que je suis parfois un peu perdu dans les récits d'espionnage ; là, même si il m'a fallu un minimum d'attention et quelques retours en arrière, j'ai pu garder le fil. L'histoire est bien faite, comme je le disais ce n'est pas la plus originale du monde mais elle est très bien racontée. Et, au fond, c'est ce qui est le plus important. Pas de fausse note donc en ce qui concerne l'histoire en elle même, on est captivé du début à la fin. On pourra simplement peut-être regretter (moi en tout cas) que la relation entre Nam et Corey n'ai pas été plus explorée, notamment sous l'angle des sentiments amoureux qui me semblaient suggérés dans les deux premiers albums. Cela aurait apporté un petit plus, une touche d'originalité qui aurait à mon sens été bienvenue. Reste que je ne me suis pas ennuyé une seconde à la lecture de cette bd, et ça reste le plus important. Quant au dessin, je le trouve très bon. Les scènes d'action sont tout à fait crédibles et bien dessinées, les expressions des personnages bien rendues. C'est un style qui est agréable à l'oeil et qui est bien maitrisé par Pierre Alary, et c'est un véritable plus pour cette oeuvre selon moi. Le dessin est vraiment très sérieux et c'est ce qui permet pour moi de faire passer la note à 4/5.

06/12/2019 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série La Boîte de petits pois
La Boîte de petits pois

Malgré les apparences, cette BD ne s’adresse pas vraiment aux enfants. Un peu à l’image de GiedRé dont les chansons ressemblent à des comptines mais se révèlent être en fait des paillardises très coquines au trentième-septième degré (féministes en vérité), propres (si on peut dire) à faire rougir votre vieil oncle Bernard pourtant amateur de blagues sous le niveau de la ceinture. Bien sûr, il n’est pas question de cul ici, parce que ce n’est pas le propos. Non, GiedRé nous raconte une histoire authentique, SON histoire, lorsqu’elle était fillette dans une Lituanie soviétique où les conditions de vie n’étaient pas franchement des plus drôles. Pourtant, ce qui pourrait paraître plombant pour un adulte ressort toujours transformé sous le regard d’une enfant, et avec GiedRé, il ne pouvait en aller autrement. Avec un mélange d’espièglerie et d’innocence, elle évoque ses souvenirs en se remettant dans la peau de la fillette qu’elle fut, entre une mère fragile et aimante et un père nonchalant et alcoolo, mais surtout une grand-mère haute en couleurs, ce qui donne lieu à quelques anecdotes truculentes. En effet, cette dernière voulait toujours lui faire boire de l’alcool pour qu’elle s’habitue et se protège ainsi des garçons qui risquaient de profiter d’elle plus tard… Holly R vient renforcer le charme de ce récit plein d’humour avec ses dessins naïfs et coloriés aux Caran d’Ache de notre enfance, bien loin de la supposée grisaille soviétique. Et cette boîte de petits pois, que vient-elle faire dans tout ça, me direz-vous ? Cela paraît difficile à croire, mais il se trouve que cet aliment, un peu ringardisé dans notre alimentation moderne, était pour les gens vivant en U.R.S.S. une denrée rare et appréciée que l’on servait pour les fêtes de Noël, souvent réservée aux apparatchiks. La mère de GiedRé s’évanouit lorsqu’elle vit son futur beau-frère en train d’en manger, alors que son père venait de l’introduire dans sa famille ! Et vous, vous savez ce que vous mangerez à Noël ?

06/12/2019 (modifier)
Couverture de la série Une aventure du lieutenant Blueberry
Une aventure du lieutenant Blueberry

Je ne suis fan ni de Christophe Blain (dont je reconnais néanmoins le talent), ni de Joann Sfar (qui la plupart du temps m’endort profondément). Les voir reprendre ce monument, cet icône, ce symbole de la bande dessinée et du western qu’est Blueberry avait de quoi m’effrayer… mais aussi m’intriguer. Parce que, oui, je suis un grand fan de Blueberry, de sa gueule cassée, de son sens personnel de la justice, de sa manie de plaire aux femmes loin desquelles il ferait mieux de fuir. Blueberry, c’est une charte, un symbole. On ne touche pas à Blueberry !! J’ai beaucoup aimé ce premier volet. D’abord parce qu’il respecte parfaitement l’esprit de la série mère. On retrouve le Blueberry que l’on connait, toujours aussi doué pour se foutre les pires ennuis sur le dos tout en voulant aider son prochain. On retrouve cet univers de western inspiré par le cinéma italien et les œuvres américaines des années 70. Ici, une famille de dégénérés menée par un pasteur cruel et vicieux va faire office de catalyseur. Blueberry va devoir les protéger d’une juste vengeance indienne tout en évitant que cette vengeance ne sombre dans un bain de sang infernal et aveugle. C’est bu bon, c’est du grand, c’est du pur Blueberry. Mais j’aurais été déçu si les auteurs n’avaient pas apporté quelque chose en plus, ou du moins de différent. Et ils y parviennent grâce à la force de leurs personnages pas si secondaires que cela. Les femmes font montre d’un caractère fidèle à celui qu’elles affichaient déjà dans la série mère. Les indiens ne sont pas de simples victimes ou de sombres brutes, la vérité se situe ici entre les deux avec au départ un légitime besoin de vengeance mais qui glisse en cours de route vers la rancune aveugle. La complexité et l’ambivalence des sentiments et émotions de ces personnages apportent une touche originale au récit. Mais, et c’est important de le souligner, sans alourdir la narration, sans plomber les propos sous des réflexions vaguement philosophiques. Et puis il y a l’excellent dessin de Christophe Blain. Alors, oui, ça change de Giraud… mais j’ai envie de dire « pas tant que ça ». Et certainement pas autant que je le craignais, et si vous avez des doutes, comme moi avant ma lecture, je vous invite à feuilleter l’album pour vous en convaincre. C’est beau, c’est racé, c’est soigné avec une bonne mise en page et la régulière mise en avant de grands espaces. Franchement, je suis heureux que ma curiosité l’ai emporté sur mes craintes car c’est le meilleur album de Blueberry que j’ai lu depuis longtemps ! Vivement la suite !!!

06/12/2019 (modifier)
Couverture de la série Sombres citrouilles
Sombres citrouilles

Je ne sais pas comment vous convaincre que cet album n’est pas une œuvre opportune sortie à l’époque d’Halloween juste pour faire nombre dans les rayons de librairies déjà débordées. Je pourrais vous parler de sa scénariste, Malika Ferdjoukh. Vous dire qu’avant d’être scénariste, elle est auteure de romans, dont l’excellente série des « Quatre soeurs » déjà adaptée (avec talent) par Cati Baur. Vous vanter son art de marier légèreté apparente et réflexions plus profondes, son habileté à créer des récits destinés de prime abord aux adolescents mais qui toucheront un bien plus large public. Souligner encore que pour un travail d’une romancière, ce scénario adapté d’une de ses propres œuvres ne souffre en rien du transfert d’un support vers un autre. Oui, je pourrais vous dire tout ça… Je pourrais aussi vous parler du dessinateur, Nicolas Pitz. De l’intelligence et de l’inventivité dont il a fait preuve pour illustrer les passages se déroulant la nuit. Du talent dont il a fait montre pour parvenir à singulariser chacun des nombreux membres de cette famille recomposée et complexe. De la fraicheur et de la naïveté qui peuvent surgir de son trait. Oui, ça aussi, je pourrais l'évoquer... Je pourrais enfin vous parler de ce récit, de sa finesse. Souligner le fait qu’il nous confie des petits et des grands secrets, que chaque personnage en a un bien à lui, ou qu’il partage avec d’autre. Vous dire que cet album parle d’amours inavouées (les plus douloureuses) et d’amitiés sincères. Insister tout de même sur le fait que derrière ce roman graphique se cache une intrigue policière, avec un cadavre quelque peu encombrant que l’on ira cacher tantôt dans les citrouilles, tantôt dans un placard… … et puis vous avouer enfin que j’ai eu la larme à l’œil lorsque cette histoire qui paraissait pourtant si légère finit par tourner au drame pour un de ses personnages… Je pourrais vous dire tout ça mais j’aurais peur que vous attendiez de cet album monts et merveilles… alors qu’il s’agit tout simplement d’un chouette album. Ni une œuvre opportune et mercantile, ni un récit révolutionnaire… mais une histoire qui m’a touché par sa finesse et l’émotion qu’elle parvient à distiller. Seul reproche : pas toujours facile de s’y retrouver dans les liens qui unissent les différents membres de cette famille recomposée. Un petit arbre généalogique planqué quelque part aurait, je pense, été l’arme ultime pour m’achever.

06/12/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Stig & Tilde
Stig & Tilde

Tilde et Stig, ce sont une soeur et un frère jumeaux d'une contrée scandinave indéterminée où la coutume veut que le passage à l'âge adulte s'accompagne d'un séjour d'au moins un mois sur une île déserte de un grand lac où les adolescents doivent survivre par leurs propres moyens avant de revenir à la civilisation. De nos jours, ce rite s'est bien adouci avec une île qui s'apparente à un centre de colonie de vacances avec comme seul particularité qu'il n'y a aucun adulte. Sauf que le petit bateau de Stig et Tilde s'échoue par accident sur une autre île, plus petite mais moins déserte qu'elle en a l'air... C'est le début d'une suite de vraies aventures pour les deux ados, avec une composante fantastique assez inattendue. Sur la forme et dans la narration, cette BD fait dans la simplicité et l'efficacité. Le dessin de Max de Radiguès est assez candide, fait de quelques traits simples, à la manière des séries pour la jeunesse. Pour autant, il est très agréable et il fonctionne bien. Sa mise en scène, surtout, est particulièrement immersive, avec un rythme narratif s'accordant quelques longues périodes muettes qui posent l'ambiance du récit et l'atmosphère assez particulière de la série. Chaque album est composé d'une histoire complète avec son début et sa fin, mais les récits se suivent tout de même et chaque nouveau tome intègre les acquis et personnages des précédents. Ce qui surprend quand on découvre la série, c'est l'implication d'une part de fantastique dans son intrigue. Fantôme, et femme parlant aux loups s'intègrent dans un récit proche d'une Robinsonnade qui est également prétexte à mettre en scène le passage de l'adolescence à l'âge adulte des deux héros. Si les deux premiers tomes sont des récits de survie sur des îles "désertes", une différente pour chaque album, le troisième tome se place dans une situation différente, avec bien plus de personnages, et un scénario rappelant une version moderne de Sa Majesté des Mouches, même si là encore il inclut les apports fantastiques des deux premiers albums. C'est une lecture très prenante, divertissante et dont l'ambiance et le contenu sort plutôt des sentiers battus. Elle plaira sûrement autant aux jeunes lecteurs, ados et pré-ados, qu'aux adultes. Je suis content de voir que la série connaître encore une suite car je la lirai avec plaisir.

06/12/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Universal War Two
Universal War Two

On l'attendait ce premier tome du second cycle, depuis 7 ans. Denis Bajram a alors affirmé qu'il avait toujours été question de trois cycles de 6 tomes, et du coup la magnifique réussite d'Universal War One prend une nouvelle dimension, une nouvelle saveur, d'autant plus que l'auteur a su rebondir sur l'actualité en adaptant son script d'origine. D'entrée de jeu, ce nouveau tome, s'il ne comble pas les attentes (il faudra attendre les 5 suivants pour en être sûr), ravira les fans du premier cycle. On y retrouve beaucoup d'éléments connus, comme le voyage dans le temps (ici juste évoqué) la soif de liberté des personnages et le discours humaniste qui imprègne toute l'histoire. Difficile pour l'heure d'en dire beaucoup plus, mais l'essentiel est déjà là. Dans le deuxième, l'action s'accélère déjà, dans une sorte de furieux remake de ce qu'il s'est passé de plus grave dans le premier cycle. La tension est insoutenable, et nous amène jusqu'à la fin du tome sans temps mort. Et puis de nombreuses questions sont encore sans réponse, comme ce mystérieux vaisseau laissé à lui-même sur Japet... Serait-ce encore une rencontre spatio-temporelle plus ou moins ratée par ses protagonistes ? Le tome 3 répond à quelques questions, mais en soulève un certain nombre d'autres, et la fin nous laisse sur un cliffhanger de haut niveau, parfaitement insoutenable. On imagine bien que les caractères et les aptitudes particulières des survivants de Canaan vont leur permettre de se sortir de ce piège géant, mais... Comment ? Espérons que Bajram saura sortir de cette période compliquée qui l'empêche de continuer son récit... Graphiquement j'ai l'impression que Bajram a passé un cran. Je n'ai pas lu les albums réalisés entre les deux cycles, mais il y a une maîtrise énorme dans les décors, la mise en scène, mais aussi les personnages. Et toujours ce traitement des couleurs si particulier. C'est enthousiasmant, au bas mot.

12/11/2013 (MAJ le 05/12/2019) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Sillage
Sillage

Sillage est arrivé en trombe dans le paysage de la BD de SF franco-belge. Grâce au talent (et à la palette graphique) de Philippe Buchet, le scénariste Jean-David Morvan a décidé de redonner un peu d'air à la SF. Résultat, nous nous retrouvons avec une série magnifiquement illustrée, revisitant à chaque album un courant "classique" de la science fiction : dans le désordre steampunk, planet fantasy, heroic fantasy... Des thèses humanistes, lorgnant parfois vers Star Wars, un rythme effréné et des scénarios réglés au millimètre laissant la part belle à l'héroïne Nävis, voilà une recette détonante ! Attention toutefois à la tentation de ne jamais finir cette série. Au tome 15, alors que je commençais à sentir une certaine lassitude, Morvan réussit à relancer la trame de fond, à savoir la recherche des origines de l'héroïne. Ce tome 15 contient en plus un hommage sympathique à Moebius. Le tome 16, quant à lui, opère un virage important dans son histoire, car elle se retrouve seule, ou presque face à l'imprévu. Vivement la suite (oui je suis en retard) !

24/04/2002 (MAJ le 05/12/2019) (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Moi en double
Moi en double

J'ai trouvé cette bd autobiographique très intéressante. On suit le parcours de l'auteure, et son rapport à son corps et à son poids. Navie est "obèse morbide", avec une IMC de 53 ; ce qui est beaucoup. Quand un médecin lui dit qu'elle porte en permanence sur elle une femme de poids moyen, cette deuxième ''Elle'' se matérialise, et devient l'ennemi. "Moi en double" n'est pas un récit qui se borne à raconter la perte de poids, la lutte pour maigrir. En fait, c'est presque secondaire. Le thèmes principal est de trouver le bonheur, se sentir bien, et en bonne santé. Navie se montre sans pudeur et étale ses peurs, ses angoisses, ses inquiétudes, tout ce qui peut passer par la tête d'une personne grosse (j'utilise volontairement ce mot car c'est celui qui est utilisé dans la bd). On sent que ce livre sonne un peu comme le point final d'une lutte de plusieurs années, l'acceptation totale pas seulement de son corps mais plus généralement de soi. Car perdre du poids ne règle pas tout, ce n'est pas le but final, l'achèvement. Ce n'est qu'un outil pour tendre vers le bonheur, qui ne peut se résumer à ça. Perdre du poids aide l'héroïne à aller mieux, mais ce n'est pas la baguette magique. C'est quelque chose à intégrer dans un ensemble plus vaste et plus complexe. C'est personnel et touchant, je trouve qu'on s'identifie très bien au personnage. Il n'y en a pas de trop, on ne tombe jamais dans le pathétique. Tous les sujets sont abordés, de l'obsession de la nourriture au sexe, et tous le sont de façon très simple et naturelle. Il y a également quelques touches d'humour qui allègent le sujet d'ensemble qui est tout de même un peu lourd (sans mauvais jeu de mots). Si j'ai autant apprécié cette œuvre, c'est aussi grâce au dessin. Le noir et blanc est parfaitement à propos, avec seulement le fameux double en rouge, comme pour souligner son importance et son caractère néfaste. Le trait en lui même est assez doux, rond, pas du tout anguleux. Ca donne quelque chose de tout à fait agréable. C'est le genre de dessin qui rend très bien les expressions des personnages, et c'est exactement ce qu'il fallait pour servir le scénario. Simple et efficace.

04/12/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'une d'elles
L'une d'elles

« L'une d'elles » est un puissant plaidoyer contre les violences faites aux femmes, qui a d’ailleurs gagné le Prix Artémisia 2019 du combat féministe. L’auteur raconte ses propres circonstances, et les abus dont elle a été la victime, tout en les mettant en parallèle aux violences faites aux femmes dans le monde et au travers l’Histoire. Elle s’intéresse notamment au « Yorkshire Ripper », fameux tueur en série ayant sévi dans sa région d’origine, quand elle était ado. Elle nous fait réfléchir à tout ça… au traitement douteux de la police. Au fait que 50 ans après, on se souvienne du nom du tueur mais pas du nom des victimes. Au fait qu’on accepte la violence masculine comme faisant partie du paysage, et qu’on attende des femmes qu’elles s’adaptent à ce fait inébranlable. Elle pose la question qu’on redoute tous : pourquoi ? Pourquoi certains hommes sont-ils violents envers les femmes ? Une lecture coup de poing en ce qui me concerne. J’ai eu beaucoup de mal à écrire un avis… je ne sais pas trop quoi dire de plus, sinon que cet album m’a instruit et ouvert les yeux. A mettre entre toutes les mains.

04/12/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Quelle belle suite spirituelle à La Ferme des Animaux de George Orwell ! Comme dans le roman, nous sommes placés dans un cadre d'animaux qui se sont construit une société à l'écart des hommes et où les travers du pouvoir politique ont fait en sorte qu'ils vivent désormais dans un état totalitaire assez abject. Sous couvert de les protéger contre des attaques de loups imaginaires et sous prétexte de préserver leurs réserves de nourriture, les animaux les plus forts et au pouvoir rationnent et font trimer les autres en faisant régner la loi par la force mais aussi par l'hypocrisie et la manipulation. Lentement mais sûrement la contestation se met en place. Et avec l'aide de l'héroïne, une brave mère chatte, d'un lapin gigolo sympathique et d'un sage rat ménestrel, une solution pacifique tente d'être trouvée pour faire plier les forts sans entraîner de bain de sang. C'est finement raconté, avec de très bons personnages et beaucoup d'intelligence. Le dessin est en outre superbe ! Les animaux anthropomorphes y sont aussi expressifs que ceux de Disney, avec une maîtrise technique rappelant le trait de Juanjo Guarnido (Blacksad). Décors et couleurs ne sont pas en reste. On peut prendre un pur plaisir à admirer les planches et à y revenir après lecture. Pour ne rien gâcher, les albums sont denses et épais ce qui permet de les savourer encore plus longuement. Vivement la suite !

04/12/2019 (modifier)