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Les derniers avis (25608 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Elles (Le Lombard)
Elles (Le Lombard)

Ah là je dis oui ! Des fois on farfouille dans les albums achetés par et pour les enfants, et on peut faire une bonne pioche. C'est le cas avec ce Elle(s), qui nous brosse le portrait d'une adolescente qui a des personnalités multiples, très différentes, susceptibles d'apparaître à tout moment, et de lui causer les plus grands ennuis. Mais à 16 ans Elle a pu, sinon les contrôler, du moins apprendre à les connaître. Ce qui est un peu plus étonnant c'est qu'elle n'ait pas droit à un suivi psychologique si son état est connu de ses parents... D'autant plus que comme dans le film Split, une personnalité, jusque-là réprimée (ou plutôt volontairement recluse) s'apprête à faire surface et à agir... J'aime bien ces BD pour ados qui ne prennent pas leur lectorat pour des neuneus avides de bastons ou de bluettes... Kid Toussaint, qui s'est sans doute renseigné sur la façon dont fonctionnent les personnalités multiples, propose là une nouvelle série (courte ?) qui est vraiment intéressante, avec des personnages à la psychologie crédible, et des dialogues adaptés. Aveline Stokart travaille entièrement en numérique, ça se voit, mais elle se débrouille très bien dans ce qui me semble être ses débuts professionnels. Je lirai la suite avec curiosité.

10/04/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série A travers
A travers

Dans sa forme extrêmement simple et pourtant très originale, « A travers » nous raconte l’histoire d’un homme, au rythme d’une double page traitant d’un moment-clé à chacune des 69 années son existence. Sur la page de gauche, le sujet observant, sur celle de droite, l’objet observé, produisant une interaction ludique auquel le lecteur se laisse prendre. Des images fixes sans texte explicatif, à raison d’une par page, tels des clichés photographiques qui jalonnent sa vie et fixent pour l’éternité des moments particuliers. Sans en avoir l’air, cet ouvrage raconte beaucoup de choses en se passant des mots, peut-être bien davantage que s’il avait comporté du texte. Avec « A travers », c’est avant tout le regard et l’observation qui priment sur le discours, grâce à un graphisme épuré et efficace, limité aux trois couleurs primaires, ce qui produit quelque chose d’assez stylé. Tom Haugomat sait suggérer avec subtilité les sentiments malgré son dessin minimaliste, par le biais des poses et des attitudes, notamment lorsqu’il décrit la relation du personnage central — qui tend à délaisser sa vie privée au profit de sa carrière —, avec sa femme, relation qui commence à battre de l’aile, jusqu’à la séparation annoncée. Sur la page de gauche, on voit l’homme, assis à sa table de travail, tourner légèrement la tête sur le côté. Ce qu’il voit, c’est sa femme de dos dans la cuisine, les sacs de course à ses pieds, s’appuyant des deux bras sur le plan de travail. Cette seule image suffit à traduire la lassitude d’une épouse fatiguée de vivre aux côtés d’un homme qui toute sa vie sera passionné par le monde qui l’entoure, tout ayant oublié au fil des années de prêter attention à sa compagne de route. Un dessin qui exprime à lui seul le tragique d’un amour fané. Mais la véritable force d’« A Travers », c’est d’avoir su faire se rencontrer les opposés. Car « à travers » la vie de cet homme, c’est l’infiniment grand (sa passion en tant qu’astronaute) qui rejoint l’ « infiniment petit », tout au moins à une échelle visible pour l’œil humain (sa passion pour les insectes à la fin de sa vie), c’est la grande Histoire (le 11 septembre 2001) qui dialogue avec la petite histoire (les événements de sa vie, mariage, naissance, séparation…), c’est enfin l’espace qui s’associe au temps (le passé, le présent et le futur) dans une sorte de vertige métaphysique, où le lecteur réalise, par cette lecture si fluide et si rapide, combien la vie dans toute sa grandeur et sa richesse, reste brève et fragile. Un exercice de style tout à fait réussi qui évoquera dans sa forme un autre OVNI du neuvième art, le brillant Ici de Richard McGuire.

10/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Secret de la Momie
Le Secret de la Momie

Voilà un petit album qui ne paye pas de mine, mais qui devrait plaire aux amateurs de cet auteur norvégien (dont je fais partie) – voire même au-delà. Visuellement, c’est du classique, avec une quasi absence de décor, des personnages animaliers aux traits peu expressifs. Ajoutant à toute cette économie de moyen une grande rareté des dialogues (la majorité des histoires sont muettes), vous avez donc là un univers minimaliste. Mais clairement pas inintéressant ! Si la dernière partie est composée de courts strips (3 cases), l’essentiel de l’album regroupe une suite d’histoires courtes dans lesquels une série de personnages plus ou moins récurrents (et qui se retrouvent dans l’une des dernières histoires) s’agitent, se poursuivent, s’interpellent, etc. C’est globalement assez rythmé, et, alors que l’absurde, un humour loufoque, la culture de certains running gags dynamisent l’ensemble, j’ai trouvé souvent réussies ces histoires, souvent amusantes : personnages et gags récurrents (comme cet homme préhistorique assommant immanquablement les femmes qu’il rencontre) accentuant l’humour ambiant. Ces petites saynètes qui s’enchainent m’ont fait penser à certains courts métrages du cinéma muet, ou à certains numéros de fin de spectacle de cirque, lorsque les acteurs multiplient les passages plus ou moins drôles en traversant la scène. Bref, un bon moment de lecture, un bon millésime de Jason, que je vous recommande. Note réelle 3,5/5.

10/04/2021 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Celestia
Celestia

"Celestia" c'est d'abord un bel objet, avec l'extrémité de ses pages de couleur bleues, avec la texture de sa couverture. Mais comme l'a signalé le précédent chroniqueur, "Célestia c'est aussi un conte futuriste, et le parallèle avec "la terre des fils" de GIPI est pertinent. Sauf que, si la vision d'une société future que nous propose GIPI se décline essentiellement sur le mode de la violence, il n'en va pas de même ici. En effet, si on retrouve un peu un coté "Orange Mécanique" avec cette bande qui croise le chemin des héros principaux, Pierrot et Dora, et qui donne lieu à des scènes de grande violence, la poésie et la contemplation dominent pourtant ce récit. Dora appartient à un groupe de télépathes dont les activités sont organisées par le père de Pierrot. Lui est en rupture de banc avec ce groupe, de même que Dora qui cherche à s'en extraire. Pour ce faire ils cherchent à quitter cette ville qui ressemble à s'y méprendre à Venise. On y apprend que cette ville était naguère reliée au continent; mais qu'à la suite d'une invasion dont on ne saura rien, le pont qui reliait la ville au Continent à été détruit. Echapper à son père , échapper à ces "amis" envahissants signifie donc gagner l'ailleurs, le monde au delà du pont. Pierrot et Célestia vont donc gagner en gondole, ce monde peuplés de gens étranges, vivant en vase clos, où les adultes semblent vivre en autarcie, voire retomber en enfance pour certains, tandis que les enfants semblent prendre la relève. C'est notamment un enfant qui sera le guide de PIERROT ET DORA dans leurs pérégrinations sur cet étrange Continent. Pierrot et Dora vont donc s'engager dans un voyage, mystérieux et contemplatif, dont ils reviendront finalement pour regagner leur ville d'origine. Il faudra pour Pierrot affronter cette bande en quête de revanche. Mais ce retour aux sources lui permettra de se réconcilier avec un père qui lui aussi se sent à l'étroit dans cette ville, et qui souhaite lui aussi gagner cet au delà même s'il est moins sécurisant. Ne cherchez pas de réponses évidentes dans cette histoire vous n'en trouverez pas. L'auteur laisse le lecteur libre de ses interprétations. L'auteur s'interroge et nous interroge sur la société du futur. Doit-on rester emmurés dans un environnement clos, coupé du monde pour préserver notre sécurité? Ou doit-on au contraire ne pas craindre d'aller ailleurs, quitte à prendre des risques et à se confronter à l'inconnu? Le dessin de FIOR est désormais affirmé, les couleurs et les ambiances sont superbes comme dans ses précédents albums. Point de phylactères superflus ici puisque les images parlent souvent d'elle même. Si vous aimez les histoires ambitieuses, les histoires à tiroir, laissez vous embarquer dans ce nouveau "one shot" de l'auteur Italien. En revanche si vous êtes un adepte d'une BD Franco Belge plus classique, passez vous chemin, car vous n'y trouverez pas votre compte.

09/04/2021 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sucre de la pierre
Le Sucre de la pierre

"Le sucre de la pierre" est une BD assez onirique sur un monde étrange qui ressemble à notre planète. Il est question de neuf géants tout puissants qui ont créé un monde nouveau ou du moins l'un d'entre-eux. Pour autant, il s'agit surtout de croyances et de religion dont se sert un prêtre dirigeant pour asseoir son pouvoir sur une peuplade primitive vivant dans d'immenses cavernes.  Il est relativement aisé de trouver des arguments pour encenser ou démonter une bande dessinée que l’on aime ou l’on déteste. Cependant, l’exercice s’avère délicat quand l’œuvre est spéciale. En effet, c'est comme une invitation au songe. C'est presque un voyage époustouflant dans un univers d'ailleurs assez hermétique et onirique. Cette manière de tout relier est sublime mais parfois éprouvante car nous n'aurons pas toutes les explications utiles. Deux mots me viennent à l'esprit pour qualifier cette œuvre : singulière et brillante. Il est vrai que l'auteur Hervé Leblan a façonné des planches à la beauté asphyxiante, voire une élégance du trait omniprésent. On aura droit soit à des plans reculés ou soit des angles plutôt intimistes. Les décors sont absolument fabuleux. Le graphisme est réellement d’un esthétisme absolu avec un trait fin et précis. En effet, chaque case suggère une profondeur presque démentielle, libérant son lecteur abasourdi dans des cadrages relevant du virtuose. On observera également une générosité dans le détail et une lumière exceptionnelle de maîtrise. Graphiquement, c’est plus qu’honnête. J'ai bien aimé les deux personnages principaux qui forment un beau couple qui se complète. J'ai aimé leur impudeur physique et psychologique dans une férocité crue et presque sensuelle. L’immersion dans cet étrange univers ayant ses propres codes semble être totale et le pouvoir d’attraction irrémédiable. On vit cet album comme une apnée à la fois sensorielle et tragique dans son déroulé. Il faut juste se laisser emporter par le récit. Je note un petit bémol en ce qui concerne la conclusion de ce récit, à moins de considérer d'être à la fin d'un rêve ou au début d'un éternel recommencement. Il est question de liberté mais également d'un triomphe de l'éphémère face à l'éternel comme une prise de revanche sur les dieux. Pour l'inspiration, je sens des influences un peu diverses comme le film culte « Avatar » de James Cameron ou encore une vieille œuvre BD de science-fiction comme Le Cycle de Cyann de François Bourgeon. Que des œuvres de qualité avec un certain dogmatisme ! Je voudrais remercier celui qui m'a permis de bénéficier de cet album et qui se reconnaîtra. C'est tout ce que j'aime et je le dis avec sincérité. A noter une édition tout à fait exceptionnelle qui met le graphisme en valeur. C'est tout à fait dommage que cette sortie soit intervenue dans une période un peu particulière, ce qui fait que c'est passé un peu inaperçu. Il s'agit de combler cela car à la fermeture de cet album, persiste une agréable sensation. Voici un nouvel auteur à découvrir. Et le meilleur est à venir ! Je n’en doute pas. En tout cas, c’est à lire sans aucune hésitation. Je lui réserve la place d’honneur de ma bibliothèque. Un scénario captivant, un graphisme impressionnant d’une très grande beauté ainsi qu'une fabrication hors pair. Trois éléments pour un mariage flamboyant et quatre étoiles amplement méritées. Je terminerai ma dernière chronique sur une citation : "Oublie tout ce qu'ils t'ont appris ; commence par rêver".

09/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Beauté
Beauté

Très chouette lecture que celle-ci. Pourtant rien d’extraordinaire a priori, mais un récit simple (même s’il n’est pas avare de complexités souterraines), et un dessin lui aussi simple mais plein d’attraits, voilà donc une série pleine de qualités, une lecture agréable que je vous recommande. Le personnage principal, Morue, est emblématique de cette histoire, où les apparences sont trompeuses, et où rien n’est manichéen ou définitif. En effet, on passe avec ce personnage de la Morue/Beauté, de la compassion (c’est au départ une sorte de souillon, une cendrillon revisitée) au mépris, à l’incompréhension, pour revenir à une certaine forme d’empathie. Insatisfaite, source du mal en cherchant le bien et le bonheur, elle irrite comme elle attire. Questionnement sur la notion de beauté aussi, du caractère factice et dangereux des rapports de séduction, cette histoire est aussi triste que belle, intelligente. Une lecture sympathique en tout cas. Note réelle 3,5/5.

09/04/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Séquelles
Séquelles

Une fois n'est pas coutume, amenons directement ce dialogue puisé dans l'épilogue : "- trop de questions sans réponse. - Elle est toute simple la réponse : l'action mon vieux, le mouvement" Avec ces quelques lignes, Hugues Micol vient de résumer parfaitement les 320 pages de son pavé graphique qui se peut se lire comme une suite de sa première oeuvre Romanji (3) mais également comme un reboot totalement indépendant. Rappelons rapidement que cet OVNI pouvait facilement diviser (l'avis de Ro en est un bel exemple en contrepartie du mien). Il y a au moins de la consistance dans cette haletante course-poursuite qui renvoie autant aux dialogues d'un Michel Audiard pour certaines réparties pas piquées des hannetons qu'à un polar bien noir et craspec. On retrouve le valeureux agent Sabre qui n'en a décidément pas terminé avec son enquête surréaliste en croisant quelques créatures fantastiques et même quelques divinités. Hugues Micol dont le trait s'apparente désormais à celui plus charbonneux de Blutch arrive à captiver son lectorat tout en le désorientant par quelques effets temporels de mise en scène dont il est préférable de ne rien dévoiler. Il y aura de l'action, de l'absurde, de l'humour noir et pas mal de gunfights. La frénésie initiale laisse ici place à une subtilité narrative efficace. Et c'est même assez joli à regarder si on adhère au style survolté de son auteur. Séquelles ne plaira pas au plus grand nombre mais offre de belles perspectives de relecture pour qui veut bien abandonner un peu de sa rigueur cartésienne. Hugues Micol n'aura jamais été aussi généreux quitte de présenter un plat à la limite indigeste par la multitude de ses ingrédients.

08/04/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 1984 (Torregrossa)
1984 (Torregrossa)

Inutile de s'appesantir davantage sur ce classique absolu de la littérature mondiale qui reste aujourd'hui et pour de longues années malheureusement l'exemple de ce qu'il ne faudrait pas suivre en politique et dans une société de plus en plus surveillée et falsifiée. Cela doit faire plus de 35 ans que j'en connaissais chaque ligne et presque tout autant que je souhaitais en lire une adaptation en bande dessinée. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver non pas une ou deux adaptations en ce début d'année 2021 mais bien quatre toutes distinctes et d'éditeurs différents. Celle de Soleil était mon choix initial et le resta même si je risque de craquer sur d'autres adaptations. La motivation de ces lectures n'est pas tant de retranscrire l'univers froid et sans émotions du monde créé par George Orwell mais bien d'en ressentir de nouvelles par les dessins. De ce côté-là, tout est plutôt bien retranscrit en seulement 120 pages de dessins inspirés par la ligne claire franco-belge classique et tout en nuances de gris. Quelques couleurs rehaussent intelligemment les rares moments de plaisir (un verre d'alcool, une étreinte, la nature) et le rythme est très soutenu. La première partie décrit assez rapidement (mais pas succinctement) toutes les caractéristiques de ce Londres déshumanisé même si de nombreux détails sont survolés et qu'on aurait apprécié encore plus de de décors écrasants sur quelques doubles pages par exemple. L'accent est en effet porté sur la relation entre Winston Smith et Julia qui restent présent au cœur du récit. Le travail est assez conséquent pour ce qui semble être l'adaptation la plus condensée et la plus accessible pour un jeune public. Rien que pour tout cela et une narration très fluide, cette adaptation du chef d'œuvre d'Orwell mérite amplement votre attention.

08/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Alt-Life
Alt-Life

J'ai dévoré ces deux tomes, quel pied de se prendre un récit d'anticipation qui fourmille d'idées nouvelles qui explosent avec une palette vive de couleurs extrêmement nombreuses et un dessin tout en courbe, humain, qui parle aux sens. On a à la fois un récit intelligent et des personnages attachants, bourrés de sentiments. Que j'aime leur langage très parlé, un langage de jeune de mon époque, et qui parvient à se glisser malicieusement comme de la littérature. Les prénoms tous plus vieillots les uns que les autres m'ont semblé un autre choix osé, mais judicieux. Je comprends que cela ne sera pas du tout du goût de tous, et je suis admiratif devant le courage des auteurs qui n'ont fait aucune concession et sont allé au bout de leurs choix artistiques et philosophiques. Cette BD est intelligente et a clairement nécessité un énorme travail d'écriture. Vivre virtuellement ? Ce futur ne semble pas tellement improbable. Dans cette œuvre, vous découvrirez d'abord toutes les possibilités que l'on n'avait même pas imaginée à une vide dans l'ordinateur : vivre plusieurs choses à la fois, à la fois avec et sans les autres. Vous verrez les questions que cela soulève, comment l'esprit humain réagit, comment l'humanité peut évoluer. Le tome 2 ne m'a pas déçu, même s'il est vrai qu'il est moins limpide que le 1er, il poursuit indubitablement la réflexion entamée, et sans lui on n'aurait pas toutes les réponses. Quel plaisir aussi toute cette double lecture sur le rapport entre la personne et son créateur. Que de pistes pour celui qui garde à l'esprit cette hypothèse que nous sommes issus d'un "jeu de la vie" (un algorithme avec des contraintes qui ne crée pas la vie, mais lui donne les circonstances). J'oubliais de parler de ce qui sera peut-être le plus marquant pour une partie des lecteurs : une grande se(x)nsualité (surtout le tome 1), une imagination qui fantasme, et qui n'est pas le moindre plaisir de cette lecture, mais pas son sujet principal.

08/04/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Les Boucliers de Mars
Les Boucliers de Mars

L’histoire de la Rome antique est une période qui m’intéresse particulièrement. Alors évidemment, ce récit m’a plu et bien plus encore. J’admire cette rigueur qu’a Chaillet dans ses récits sur l’Antiquité romaine. Cette précision des dialogues et des dessins est peut-être un peu lourde mais c’est un régal pour tout passionné : les rues, les boutiques, les maisons et leurs intérieurs avec tous les détails. Les costumes, les armes, bref… tout y est. La chute d’un des boucliers du Dieu Mars est le très bon début d'un scénario qui ne demande qu’à se développer avec intrigues, menaces de guerre, trahison et rebondissements. La dimension géographique du récit enrichit aussi l’histoire de points de vue différents sur la puissance impériale. On découvre les frontières de l’empire et leur fragilité. Le danger n’est jamais loin et les garnisons ont depuis longtemps perdu la rigueur de la discipline romaine. C’est vrai que c’est un peu lent par moments mais les dessins sont là pour nous faire apprécier les temps où il ne se passe pas grand-chose. Seul bémol pour le dessin, les personnages qu’on a parfois du mal à reconnaître.

08/04/2021 (modifier)