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Les dernier avis (25061 avis)

Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série #Nouveaucontact
#Nouveaucontact

J'avais repéré ce one-shot il y a un certain temps déjà, d'une part grace aux avis positifs ci dessous, et d'autre part car le dessin me faisait de l'oeil. J'ai enfin pu lire cet album et si j'ai passé un bon moment de lecture, j'hésite quand même entre 3 et 4 étoiles. Le propos ici est une critique assez forte des réseaux sociaux et également des médias puisque ils sont également largement égratignés. Notamment le traitement accordé aux faits divers aujourd'hui avec une course à l'information et une surenchère constante dans le traitement de celle-ci. Tout cela est traité dans le récit avec beaucoup de dérision et de second degré, tout est accentué au maximum. Toutes les situations, et les dérives qui vont avec, sont de plus en plus ahurissantes. Forcément cela prête à sourire : les followers, les tweets & retweets, les réactions en cascade, les médias qui balancent les infos sans rien vérifier, le déballage de la vie privée, etc... On a aussi les antis tout qui s'opposent et qui manifestent (j'ai adoré on se croirait dans la vraie vie)... En fait la force de cet album c'est que d'un coté j'ai ri (ou tout du moins souri) à cet escalade de connerie humaine, mais de l'autre j'ai surtout eu peur car j'ai l'impression qu'on en est là aujourd'hui et que c'est pas vraiment une fiction. Cela dit, je comprends tout à fait les avis qui disent que l'album a du mal à se renouveler sur la deuxième moitié. J'ai aussi ressenti un peu cela. Malgré tout c'est bien divertissant, j'ai passé un bon moment et j'ai adoré le dessin, alors ce sera 4 étoiles, même si cette lecture ne me marquera pas non plus pour des années.

20/10/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Couleur tombée du ciel
La Couleur tombée du ciel

Seconde salve me concernant après mon retour enthousiaste sur L'Appel de Cthulhu toujours adapté par Gou Tanabe. Si le bouquin est un peu moins épais, il n'en est pas moins palpitant avec cette histoire de météorite tombée en plein milieu d'une campagne uniquement peuplée de quelques masures paysannes. La famille Gardner va en faire les frais après quelques faits insolites (une drôle de couleur inconnue sur terre en émane et va métamorphoser nature et êtres vivants) et sur un ton montant crescendo. Encore ici le dessinateur profite de cet environnement rupestre pour tisser de splendides décors aussi détaillées qu'inquiétants. Dans un noir et blanc superbement contrasté, on devine même cette couleur inconnue qui va laisser de profondes cicatrices aux autochtones ainsi qu'au lecteur pris au piège d'une histoire simple mais diablement orchestrée. Le mérite en revient à l'histoire de Lovecraft en premier lieu (qui a été également adaptée cette année dans un film contemporain plutôt réussi malgré un budget que l'on devine maigrelet et la présence d'un Nicolas Cage aux antipodes de ses rôles les plus mémorables) mais également au talent de Gou Tanabe. Si on ajoute à l'ensemble une qualité exceptionnelle du travail de l'éditeur avec ce rendu imitation cuir et la qualité du papier utilisé, il ne devrait plus subsister beaucoup de sceptiques. Vivement le prochain opus !

19/10/2020 (modifier)
Par Franz
Note: 4/5
Couverture de la série L'Assassin qu'elle mérite
L'Assassin qu'elle mérite

L’assassin qu’elle mérite. 1, Art nouveau (4/5) Lupanar. Vienne, en 1900, va révolutionner l’art et la pensée (Schiele, Klimt, Freud, l’Art nouveau, etc.) mais sous l’opulence, la jouissance et l’insouciance, toute une vie laborieuse, brutale et soumise entretient le système élitiste. Victor, jeune homme destiné à une vie besogneuse est repéré par hasard, dans la rue, par deux nantis, Alec et Klement, bien décidés à transformer un quidam sur sa bonne mine en ennemi juré de la société. Alec, oisif et spécieux, anticipe l’avènement des masses laborieuses et imagine façonner un innocent du peuple, le manipuler afin qu’il devienne un support humain à son geste créatif, un brasier en puissance. Si Victor accepte la générosité d’Alec qu’il croit désintéressée, il n’imagine pas la déflagration qu’elle va engendrer. Avec l’argent facile, Victor goûte à des plaisirs inimaginables pour une personne de son niveau social. Conçu en quatre tomes, « L’assassin qu’elle mérite » démarre plein pot (de fleur) dans la capitale autrichienne. Bien rythmé, le récit est sans temps mort, servi par de bons dialogues. Victor dégage autant d’empathie que d’agacement face à ses envies, ses emportements et les coups qu’il encaisse en retour de quelques frivolités. Au pays de Freud, la folie couve. Bien dans le ton de l’ensemble, la fin pétaradante appelle une suite dans la foulée. Le dessin de Yannick Corboz est diablement expressif, évoquant l’expressionnisme et son cinéma à l’exemple du « Cabinet du docteur Caligari » de Robert Wiene. Les contrastes graphiques en ombre et lumière sont encore accentués par les coloristes qui utilisent les bleus et les rouges avec talent. L’assassin qu’elle mérite. 2, La fin de l’innocence (4/5) Le côté obscur de la farce. Apprenti tailleur de pierre, Victor semble anticiper son destin de futur casseur de caillou dans un quelconque bagne patenté. En effet, le jeune homme plonge dans la délinquance après qu’un grand bourgeois désœuvré l’a déniaisé en lui promettant une vie luxueuse et en lui coupant brutalement tout crédit, le rendant à sa condition ouvrière indigente, ce coup bas dans le but de métamorphoser un honnête besogneux en un être menaçant la bonne société. Après son attentat dans un restaurant huppé, Victor est pris en chasse par la police. Recueilli par un chômeur appartenant à un groupuscule antisémite, Victor apprend que son père a été incarcéré afin d’écoper à sa place. Il nourrit l’idée de le délivrer en kidnappant et en détroussant Mathilde, une prostituée, tout en faisant pression sur un juge fréquentant assidument la maison close où officie Mathilde à laquelle il tient. Par ses actions, Victor va entraîner un engrenage chaotique et sanglant qu’il ne maîtrise ni ne comprend. Le second tome de la quadrilogie surprend par le tour de vis pris dans le récit et l’aspect sombre développé. Le monde de luxe et d’artifice cher au bourgeois du premier volume est contrebalancé ici par l’envers du décor fait de piaules misérables, de ruelles malfamées, de tristes hôpitaux. Les coups bas tombent et ils font mal. Critique nuancé de la société, le scénariste construit un parcours individuel nourri de rencontres hasardeuses et d’idées faussées et montre en filigrane le déterminisme social ainsi que le poids du conformisme dans une société inégalitaire. Une nouvelle fois, la dernière case incite à lire la suite. L’assassin qu’elle mérite. 3, Les amants effroyables (4/5) Les tourments de l’âme. Dans le Vienne de la Belle Epoque, les fêtes privées battent leur plein. Décorum en stuc, panoplies égyptiennes, alcools forts, nudités affichées participent de l’orgie. Klement, devenu paraplégique après l’attentat du restaurant, orchestrateur de la bacchanale, tente de noyer son désarroi et son amertume dans la débauche acide et l’ironie amère. Accompagné par Victor, son exécuteur, il envisage de rejoindre Paris au prétexte de l’Exposition universelle où il sait qu’Alec gîte. Victor souhaite se venger du riche gandin qui a précipité sa chute en le manipulant sans scrupule. A Paris, la Ville lumière où la fée électricité s’expose, un couple d’anarchistes fomente un attentat cornaqué en sous-main par Alec désireux que la société exécrée se volatilise. Tout pourrait suivre le chemin de la catastrophe programmée si Alec ne croisait Léna, intensément aimée dans le passé. A la destruction meurtrière va se greffer la folie amoureuse, peut-être plus dévastatrice encore. Le troisième tome prend une direction inattendue, déplaçant l’intrigue sur Paris, la ville des plaisirs et de l’amour. Un romantisme noir distille son venin à mesure que les personnages avancent dans une histoire minée. Le dessin plus hâtif, moins maîtrisé que dans les tomes précédents, s'effiloche en esquisse, transformant les protagonistes en pantins ectoplasmiques. Paradoxalement, ils semblent davantage animés, grotesques ricanant empêtrés dans une tragédie qui les dépasse, férocement implacable. L’assassin qu’elle mérite. 4, Les amants effroyables (4/5) L’esthétique de l’effroi. Victor épie Alec et surprend des bribes qui l’amènent vers sa relation passée avec Léna, aujourd’hui mariée et mère de deux enfants. Bien décidé à faire du mal au manipulateur sournois et sans scrupule qu’est Alec Rindt, Victor guette le moment où il pourra atteindre Léna. A sa grande surprise, Victor assiste incrédule au suicide par noyade de Léna Stihr qui a été bouleversée par sa rencontre inattendue avec Alec. Victor sauve Léna et se trouve malgré lui auréolé du prestige du héros auprès de la famille Stihr mais Léna est rongée par sa passivité morbide que l’apparition d’Alec a ravivée. Léna comprend que sa vie bourgeoise et rangée est un leurre. Puisqu’elle n’a pu se supprimer, elle va agir en conséquence. Une course contre la montre s’est aussi engagée auprès du couple d’anarchistes bien décidé à faire exploser une bombe la veille de la fermeture de l’Exposition universelle. Le quatrième volume clôt parfaitement la série. Le talentueux Wilfrid Lupano a ourdi son histoire de manière à entraîner personnages et lecteurs dans des directions inattendues, mariant habilement destinée sociale, corruption et amours maudits. Chacun cherche son chemin et aboutit souvent dans une impasse ou une voie de garage, la richesse extérieure n’y changeant rien. Bien que le récit soit daté, l’univers corseté, le scénariste a su le distordre, le biaiser et y insuffler un discours contemporain. Yannick Corboz possède de multiples qualités. Son trait et sa mise en couleur sont expressives. Il sait mettre du mouvement dans ses cases et ses planches. La richesse visuelle qui émane de son travail distille charme et plaisir. Le duo d’auteurs cimenté par l’amitié est en mesure de donner naissance à de nouvelles créations enthousiasmantes.

19/10/2020 (modifier)
Couverture de la série Cochléa & Eustachia
Cochléa & Eustachia

J’avais découvert cet auteur avec l’album La Machine Écureuil, qui visiblement s’est avéré très clivant. Je pense que celui-ci va l’être tout autant. Ou plutôt, je crois qu’il ne va encore une fois révéler ses merveilles qu’à certains initiés. Non qu’il s’agisse d’une secte ou d’un quelconque club d’happy few, mais plutôt que Hans Rickheit développe un univers très personnel, original et quelque peu dérangeant, qui attire ou repousse, mais qui ne saurait laisser indifférent. C’est un univers franchement marqué par un surréalisme noir – ou violet, puisque cette teinte domine, avec le marron, les deux albums de lui que je connais. Et j’aime beaucoup ces couleurs ici ! Elles s’accommodent parfaitement à l’ambiance développée par Rickheit – puisqu’il s’agit ici davantage d’ambiance que d’intrigue à proprement parler. Une longue histoire occupe les deux-tiers de l’album, durant laquelle nous suivons deux jeunes filles – Cochléa et Eustachia donc, deux jumelles qui suivent une sorte d’homme-taupe se déplaçant sur un fauteuil roulant, dans un manoir improbable. Tout est à moitié cassé, animaux et machines fusionnent pour former des êtres hybrides, des décors un peu steampunk ou simplement décalés habillent murs et sols, couloirs, tuyaux ou simples planches posées entre deux bouts de planchers éventrés servent à relier les pièces entre elles. Nous pénétrons même dans le corps de certains animaux comme on ouvre un tiroir ou comme on regarde dans une longue-vue… Très peu de dialogues, encore moins « d’explications ». En quatrième de couverture est inscrit : « Qui sont Cochléa & Eustachia ? ». Il faut dire que nous n’aurons jamais la réponse. Et que pour apprécier cet album, il ne faut pas la chercher, du moins, elle ne doit pas être nécessaire pour apprécier cette sorte de long poème visuel, noir et décalé, parfois trash (mais moins que dans La Machine Écureuil). Œuvre déroutante, mais dans laquelle je suis entré aisément, captivé. Le dernier tiers de l’album reprend plusieurs histoires courtes dans lesquelles apparaissent nos deux filles énigmatiques, dans des univers toujours aussi étranges. Cette partie m’a peut-être un peu moins accroché. D’abord parce que la colorisation, moins homogène, joue sur des couleurs un peu moins à mon goût. Ensuite parce que les cases sont cette fois-ci très – trop – petites, on apprécie moins bien le dessin, et les textes sont du coup plus difficiles à lire. Enfin, comme visiblement cela semble être des petites histoires parues en revue, Huber aurait peut-être pu en signaler l’origine en fin de volume. Mais là je chipote, car le travail éditorial est remarquable, la qualité de l’album, avec une couverture cartonnée très épaisse, un dos renforcé, la qualité du papier et des reproductions permettent d’apprécier toutes les qualités de l’œuvre de Rickheit. A feuilleter avant d’acheter, car c’est assez particulier. Mais moi j’en redemande, et j’espère que d’autres albums de cet auteur paraîtront rapidement en France.

19/10/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Balle tragique pour une série Z
Balle tragique pour une série Z

Ca doit vous arriver aussi. Vous cherchez une bande dessinée mais pas n’importe laquelle, vous êtes à la recherche du graal, LA bande dessinée qui vous fera vibrer au point de voir vos guiboles flageoler. Vous fouinez dans tous les recoins de votre librairie, vous passez en revue toutes les étagères … et rien. Et puis devant vos yeux, un album apparait comme une révélation divine. C’est un peu ce qui s’est passé avec cet album. Le pitch est emballant. Eté 1957 à Los Angeles, dans les studios Disney à Burbank, Jimmy White, éternel second rôle, joue dans une série pour gosses, un truc un peu naïf qui raconte l’histoire d’un type masqué qui signe son nom à la pointe de son épée … C’est Brenda, son agent, qui lui a dégoté ce boulot. Jimmy fait un peu tout. Le cascadeur, la doublure et les rôles de petites frappes qui se sont immanquablement embrocher par le renard masqué, ce poseur prétentieux de Guy Williams. Jimmy a aussi des dettes ! 5000 dollars qu’il doit à Giuseppe Battaglia, l’un des pires usuriers du quartier de Fairfax. Pour Jimmy, l’existence serait merdique s’il n’y avait pas Sally Davis, cette figurante dont il est tombé follement amoureux sur un plateau. Seulement depuis que Buddy Drummond, producteur de la Fox aussi puissant que lubrique, a fait miroiter à la belle un premier rôle dans un western, Jimmy commence à avoir des doutes sur leur liaison. Dos au mur, il est sur le point de commettre l’irréparable … Voilà un polar éclatant qui vous emmènera dans les bas-fonds un peu glauques de Hollywood. Cet album est magnifié par le dessin et surtout la couleur de Pascal Regnauld. Vous ne pourrez qu’être envoutés par cette colorisation ocre de cet album, une sorte de sépia sous fond noir. L’ambiance années 50 60 est de fait parfaitement restituée. Un petit bonbon sucré à déguster sans modération. Une découverte inattendue que je recommande chaudement, rien que pour le plaisir des yeux. J’ai retrouvé avec plaisir les personnages de la série Zorro et notamment Don Diégo de la Véga (Guy Williams) et le truculant sergent Garcia (Henry Calvin). Bravo au scénariste Roger Seiter d’avoir réussi à coller ces personnages dans son album. Le résultat est plutôt réussi. L’intrigue est bien ficelée. Impossible d’imaginer le dénouement. Vous serez embarqués dans l’histoire et vous ne pourrez pas lâcher l’album jusqu’à la fin. Un délice.

18/10/2020 (modifier)
Couverture de la série Bouts d'ficelles
Bouts d'ficelles

Eh bien, voilà une histoire simple, déroulant une suite d’idées de façon naturelle, alors qu’elles s’enchaînent sans autre lien entre elles que la personne qui subit les unes après les autres ces mésaventures, un type tout ce qu’il y a d’ordinaire, qui va vire une nuit extraordinaire ! L’ensemble est bâti comme la chanson gigogne dont est tiré le titre (d’ailleurs une personne la fredonne à son enfant insomniaque vers la fin, donnant une unité abracadabrantesque aux différents épisodes de cette nuit délirante et survitaminée) : bouts d’ficelle, selle de cheval, etc… L’auteur affirme d’ailleurs avoir suivi le hasard de cette comptine pour développer son histoire : le résultat est plutôt jouissif. Dis comme ça ça ne paye pas de mine, mais la virée que nous suivons est super rythmée, mêle action, humour et romantisme, et se révèle captivante. Le dessin est au diapason, fluide et efficace, avec un style semi caricatural des plus réussis. Bref, un album sans prétention mais très recommandable !

18/10/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série La Fuite du cerveau
La Fuite du cerveau

Si le retour de Pierre-Henry Gomont était des plus attendus en cette rentrée, c’est un retour en fanfare et en grande forme qui se manifeste à travers cet album placé sous le signe du burlesque. En s’inspirant d’un fait réel – le vol du cerveau d’Einstein en 1955 - comme point de départ de son récit, l’auteur nous emmène dans une course folle à travers les Etats-Unis, où le Dr Stolz, détenteur de la « matière grise » du célèbre scientifique, n’aura de cesse de tenter d’échapper à ses poursuivants du FBI, le bocal contenant le précieux « Graal » sous le bras… Pour l’occasion, le trait de Gomont se fait encore plus vif et nerveux qu’à l’accoutumée, accentuant le rythme effréné de cette comédie déjantée. Les corps se tordent en des angles improbables, les jambes s’étirent démesurément pour mieux courir, et les visages se déforment dans des expressions hallucinées, comme dans un dessin animé digne de Tex Avery. L’image marquante de cette histoire restera celle d’un Einstein mi-fantôme mi-héros de BD au crâne évidé, contemplant d’un air un peu crétin son propre cerveau flottant dans un bocal, puis pour passer inaperçu aux côtés de Stolz, sera affublé d’une casquette de base-ball, symbole vestimentaire fétiche d’une certaine beaufitude yankee…L’autre jolie trouvaille est de voir le professeur, par suite de l’ablation de la zone du langage sur son cerveau (l’aire de Broca), s’exprimer par images. Et quoi de mieux que la BD pour raconter cela ? L’air de rien, Pierre-Henry Gomont s’est quelque peu documenté pour produire « La Fuite du cerveau », nous livrant une conclusion pour le moins étonnante qu’il serait déplacé de révéler ici. Cette excellente comédie macabro-surréaliste, non seulement drôle mais également fascinante, parce que traitant d’un sujet des plus fascinants : la grosse éponge peu ragoûtante emprisonnée dans notre crâne, siège de toutes les créations humaines. Très modestement, l’auteur de Malaterre met son envie de « broder ces quelques pages en tous points indignes du génie humain dont il est question (…) sur le compte des mystères insondables que recèle le cerveau humain ». Juste peut-être, comme il le dit, un « besoin vital, et parfois frénétique, de raconter des histoires. Des histoires vraies, comme des histoires fausses ».

17/10/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série NeuN
NeuN

Voilà une série qui commence plutôt bien, même si pour le moment je n'ai réussi qu'à me procurer les 2 premiers tomes... Nous voilà donc catapultés dans l'Allemagne nazie de 1940 où pour assurer la pérennité du Reich, treize enfants ont secrètement hérité des gènes du Führer et été cachés aux quatre coins du pays. Mais Himmler décide d'abandonner le projet et envoie la SS faire le ménage en faisant tuer ces enfants. Neun, le neuvième enfant de cette expérience ne devra son salut qu'au garde du corps qui veille sur lui et qui fera front au commando de SS envoyé exterminer tous les témoins l'ayant connu... Ça sent la série historique sur fond ésotérique à plein nez, mais c'est plutôt bien amené et le rythme soutenu porté par ce graphisme bien sombre donne une cohérence à l'ensemble. Les personnages sont assez charismatiques et/ou attachants, d'autres mêmes flippants (mention spéciale au Dr U !). L'auteur semble avoir bien potassé son Histoire car tout cela fleure bon le réalisme et semble bien documenté au niveau des décors, des costumes et des accessoires. Son trait incisif et charbonneux à la fois est pleinement en adéquation avec cette sombre période de notre histoire et donne à cette course poursuite à travers l'Allemagne nazie et le reste de l'Europe une aura particulière. J'espère rapidement découvrir la suite, car c'est une réelle bonne surprise ! A découvrir.

17/10/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Faut pas prendre les cons pour des gens
Faut pas prendre les cons pour des gens

Rendu curieux par les avis précédents, j'ai jeté un oeil un peu distrait aux planches présentes dans la galerie, et personnellement, ça m'a convaincu d'en lire plus. Déjà séduit par l'humour qui se dégageait de ces 6 planches, je me suis marré comme un fou à la lecture du premier tome ! Alors tous les gags ne sont évidemment pas égaux, et certains sont moins drôles et flirtent parfois un peu trop pour moi avec le mauvais goût, mais ça reste assez rare et la plupart des gags sont franchement inattendus et hilarants. En tous cas, c'est typiquement le genre d'humour absurde qui me fait rire, avec ses gags qui posent un concept rocambolesque puis qui le développent à fond. Les auteurs traitent avec beaucoup de verve et d'acidité les grands problèmes sociaux de notre époque, et même si, parfois, je trouve ça pénible de ressasser toujours les mêmes choses, eux le font avec un tel humour que ça passe vraiment bien. Le dessin fixe peut gêner certains, mais je trouve qu'il renforce considérablement le côté pince-sans-rire de certains gags et le décalage complet des dialogues. Bref, je recommande, même s'il faut tenter un peu de lire avant de l'acheter les yeux fermés, je pense que ça peut déplaire à certains par son ton vraiment acerbe, parfois poussé à l'extrême. Je ne sais pas encore si je lirai le tome 2, qui semble moins réussi, mais en tous cas, ce premier tome est un petit bijou d'humour noir et délirant !

17/10/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Brigade Verhoeven
Brigade Verhoeven

Nous voilà plongé dans un bon polar comme je l’apprécie. Du suspens, une enquête bien menée, un enquêteur charismatique et tenace, une équipe dévouée et plutôt sympathique, de nombreux rebondissements et un happy end qui tient la route. Voilà donc des ingrédients qui raviront plus d’un. Le scénario est proche de celui du roman Rosy & John de Pierre Lemaitre. L’enquête est rythmée et les dialogues s’enchainent aisément au point de se prendre d’affection pour le commandant Verhoeven. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette première enquête et j’attends avec impatience les prochaines pour me délecter encore et encore du trait tout en rondeur de Yannick Corboz que j’avais découvert dans « voies off ». L’organisation des cases est plutôt conventionnelle et aurait pu être mieux pensée pour donner plus de rythme à l’histoire. A noter le travail concernant la restitution des émotions des personnages. C’est vraiment remarquable. La colorisation est aussi une belle réussite avec le jeu d’ombre et de lumière. Voilà donc une lecture agréable et divertissante qui vous captivera du début jusqu’à la fin.

17/10/2020 (modifier)