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Couverture de la série 10 Octobre
10 Octobre

Voilà une série qui m’a surpris, et qui – en deux tomes – à la pagination conséquente quand même – parvient à boucler un récit dynamique et prenant. C’est de la SF dystopique, qui peu à peu se transforme en une sorte de polar. Le premier tome plante le décor, présente la petite dizaine de protagonistes principaux. Nous sommes dans une société assez froide, dans laquelle tout est calculé à l’avance : chacun sait dès sa naissance – et on ne cesse de le lui rappeler – en commençant par l’école – qu’il va mourir forcément le jour de son anniversaire d’un des six âges limites (on ne sait juste pas lequel), tout étant fait pour que les accidents et autres « aléas de la vie » ne perturbent pas cet état de fait. Et, lorsque approche l’une des échéances, chacun est sommé de faire bonne figure, en attendant le verdict. Mais certains (qui tous, à des âges divers, ont leur anniversaire le prochain 10 octobre, jour qui pour tous correspond à l’un de ces âges limites) ne l’entendent pas de cette oreille, et vont jouer le rôle de grains de sable dans les rouages de cette implacable machine. Le second tome est plus rythmé (toute la partie où les protagonistes doivent déjouer les caméras de surveillance est très prenante !), dynamique, bascule quasiment dans un thriller. J’ai bien aimé ce récit. Les petites longueurs qui pointaient le bout du nez dans le premier tome sont balayées dans le suivant, bien plus dynamique et prenant. Et la chute, qui ne livre pas complètement le voile sur l’avenir de Richie, le jeune héros de 11 ans (un des âges limites) est plutôt bien vue. Note réelle 3,5/5.

28/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Horlemonde
Horlemonde

Horlemonde est une bonne série de science-fiction qui s’appuie avant tout sur son univers. J'apprécie toujours le concept de civilisations ayant évolué à des stades de développement très différents, qui permet d’aborder des thèmes intéressants sans jamais alourdir le récit. Le scénario reste assez classique dans son déroulement et ne réserve pas de grandes surprises, mais l’aventure fonctionne bien et l’intrigue conserve suffisamment d’intérêt pour donner envie d’aller au bout. Graphiquement, j’ai été plutôt convaincu. Le dessin possède une certaine modernité qui colle bien à l’ambiance SF. Les visages sont expressifs et soignés, tandis que les créatures, la végétation et l’architecture bénéficient d’un vrai travail de conception qui participe fortement au dépaysement. L’ensemble est agréable à suivre et sert efficacement le récit. Une lecture solide, sans être particulièrement marquante, que je recommande aux amateurs de science-fiction en quête d’un univers de qualité davantage que d’un scénario particulièrement ambitieux.

28/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Charly 9
Charly 9

J'ai plutôt été surpris en bien de mon appréciation de cette BD. Adapter l'épisode tragique de la Saint-Barthélemy avec un angle satirique était un pari risqué, mais le mélange entre humour noir, histoire et drame fonctionne étonnamment bien. L’album ne cherche jamais à minimiser l’horreur des événements ; au contraire, il s’en sert pour dresser le portrait d’un Charles IX rongé par la culpabilité et sombrant peu à peu dans la folie. Le dessin accompagne parfaitement cette atmosphère, alternant scènes historiques et séquences plus hallucinées sans perdre en lisibilité. On pourra regretter une satire parfois poussée à l’excès, avec un roi dépeint comme presque totalement irresponsable alors que la réalité historique était sans doute plus nuancée. Mais ce parti pris sert le récit et a surtout le mérite de susciter la réflexion sur le poids du pouvoir, de la manipulation et de la responsabilité. Une adaptation originale et réussie, qui plaira autant aux amateurs de récits historiques qu’à ceux qui apprécient les œuvres mêlant tragédie et humour grinçant.

28/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Pierre rouge plume noire - Une histoire de Hai Long Tun
Pierre rouge plume noire - Une histoire de Hai Long Tun

Avec Pierre rouge plume noire, Thierry Robin nous entraine à nouveau dans la beauté graphique de son univers chinois pour nous raconter le siège d'une cité montagneuse par l'armée de l'Empereur Ming. Après le souvenir de la superbe série Rouge de Chine du même auteur, dont les couleurs participaient énormément à la beauté des planches, j'ai été surpris et tout d'abord déçu en découvrant que cet album n'arborait pas le même style de couleurs très intenses. Je suis persuadé qu'avec un travail de mise en couleurs similaire, il aurait pu atteindre un niveau visuel exceptionnel et gagner encore en contraste dans certaines scènes. Mais même avec ces couleurs plus discrètes et moins percutantes, le dessin est ici proprement superbe. Thierry Robin livre des planches d'une grande beauté, avec une maîtrise impressionnante des compositions, des décors, des scènes de foule et des panoramas monumentaux. Il y a une vraie recherche esthétique dans la mise en scène, entre influences de l'estampe, puissance des silhouettes et travail remarquable des ombres. C'est une BD que l'on parcourt presque plus pour le plaisir de regarder ses pages que pour son histoire. Le récit adopte un point de vue assez original puisqu'il est raconté par des observateurs extérieurs au conflit : un corbeau qui rapporte à une montagne ce qu'il voit du siège d'une forteresse chinoise sous la dynastie Ming. Cette distance donne au récit une dimension presque philosophique, en montrant la folie des hommes depuis le regard d'êtres qui dépassent leurs querelles. Le procédé fonctionne bien et apporte une vraie personnalité à une histoire de siège qui, sur le fond, est assez classique. Celle-ci sait se faire toutefois relativement accrocheuse en permettant de suivre brièvement le destin de certains personnages, notamment ce grand général confronté à un roi enfermé dans son palais et incapable de comprendre la réalité de son peuple, ou encore ce simple fermier enrôlé malgré lui qui devient un soldat courageux et intelligent, tout en restant déchiré par les conséquences de ses actes. Quelques situations et quelques détails parviennent à toucher, même si j'aurais parfois aimé que les personnages soient davantage approfondis. Car c'est aussi la limite de l'album : malgré toute sa beauté et son élégance, l'histoire suit une trajectoire trop prévisible. Dès le départ, on sent la fatalité qui pèse sur cette bataille et rien ne vient vraiment bouleverser ce destin annoncé. Ce fatalisme a évidemment une certaine élégance et correspond bien au ton de fable tragique choisi par l'auteur, mais il laisse aussi une certaine frustration lorsque la conclusion arrive. Face à la magnificence du dessin, je n'arrive pas à mettre une moins bonne note, mais ce n'est pas forcément une histoire qui m'a bouleversé, plutôt un album très classe dont on prend plaisir à contempler les planches.

28/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Castelmaure
Castelmaure

Même si le début de Castelmaure m'a légèrement déstabilisé, avec l'impression de passer d'un conte à un autre et de suivre des personnages différents sans lien évident, tout se combine assez rapidement pour former quelque chose de beaucoup plus cohérent. Lewis Trondheim construit progressivement un véritable puzzle narratif où les différentes légendes finissent par se rejoindre autour de la disparition du roi Éric, dans un récit à la fois intelligent, bien construit et plein de multiples originalités. L'album joue avec tous les codes du conte médiéval (le roi disparu, la sorcière, les malédictions, les héritages familiaux, les personnages étranges), mais il ne se contente pas de les aligner. Les histoires racontées par le mythographe Zéphyrin Loreaux s'assemblent peu à peu pour révéler une intrigue plus vaste, avec une vraie logique interne. J'ai apprécié cette manière de raconter une histoire qui semble d'abord partir dans plusieurs directions avant de trouver progressivement son unité. Le dessin d'Alfred accompagne parfaitement cette ambiance de conte ancien revisité. Son trait est maîtrisé, lisible, avec un côté faussement naïf qui contraste bien avec certains aspects plus sombres du récit. Les couleurs participent beaucoup à l'atmosphère, entre enluminure médiévale et imaginaire fantastique, et donnent à l'ensemble un charme particulier. Derrière son apparence de récit médiéval classique, l'album propose une réflexion intéressante sur la famille, l'acceptation de soi et les conséquences des choix des personnages. Et ce qui m'a surtout plu, c'est que l'album assume pleinement son statut de conte. Là où beaucoup de récits modernes cherchent trop souvent la noirceur ou l'ambiguïté, Castelmaure n'a pas peur de proposer une histoire où les choses finissent bien. Et j'aime les contes où tout est bien qui finit bien quand ils le font avec sagesse, sans tomber dans la facilité.

25/06/2026 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Louise Michel - La Vierge Rouge
Louise Michel - La Vierge Rouge

Que voilà une belle biographie. Mary et Bryan Talbot ont visiblement réuni une documentation fournie. Ils se sont rendus sur les lieux où Louise Michel a vécu et s’est battue pour ses idées. Une grande dame qui mérite beaucoup mieux dans les livres d’histoire. Révolutionnaire et féministe avant l’heure, elle avait tout pour me plaire. Je la connaissais depuis longtemps, pour la petite histoire, je traversais la rue Louise Michel pour aller au collège (depuis longtemps vous dis-je !) et j’aimais savoir qui était qui dans mon quartier. Heureusement que la toponymie des rues lui rend parfois hommage. J’ai bien aimé la façon dont est scénarisé le récit de ses combats. Le début se situe le jour de l’inhumation de Louise en 1905, et sa vie est alors évoquée dans le dialogue entre deux femmes qui l’ont connue et admirent ses idées et son engagement. On évite le récit linéaire en alternant entre ce présent et le passé mais le graphisme différentié permet de ne pas s’y perdre du tout. C’est bien documenté et c’est également bien raconté. Le côté didactique est agréablement diffusé dans l’action et les dialogues. On y croise quelques personnages historiques. (Et entre autres Albert Robida, dessinateur et surtout écrivain de SF utopiste complètement déjantée que je conseille chaudement aux amateurs qui ne le connaissent pas encore). Le dessin est plutôt agréable, avec les deux ambiances suivant l’époque, et curieusement une impression de fusain adouci pour la bio même dans les combats révolutionnaires, et qui n’empêche pas de comprendre la violence présente. Et les touches de couleurs rouge (le foulard de Louise, un manifeste...) symbolisent cette lutte révolutionnaire avec le ciel qui rosit lors des pires batailles. Et donc merci aux auteurs de lui accorder cette bio, et de belle façon.

24/06/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mitterrand Requiem
Mitterrand Requiem

C'est une bien étrange BD que voici. Mitterrand se meurt, et dans ses derniers instants, rongé par un cancer et la douleur, il voit Anubis qui l'invite à revenir sur sa vie. Une vie qu'il est difficile de juger, mais qui interroge. La figure de Mitterrand est une des grandes figures politiques de la Cinquième République. Social-traitre pour certain, fossoyeur du PS pour d'autres, seul vrai président de gauche, réformateur de cette République avec de nombreuses lois permissives, etc etc ... Bref, c'est un personnage qui attire de nombreuses sympathie ou animosité. Difficile de le cerner, de dire ce que furent ses bilans et sa vie de manière globale. La BD essaye donc de faire un bilan général de cette vie, de ses deux mandats présidentiels sans le glorifier ou l'enfoncer. Car en fin de compte, je ne sais pas trop quoi penser de l'ensemble de sa vie. Il y a du bon, du moins bon, et ce personnage difficile à caractériser : opportuniste, certes, débutant en politique sous l'occupation mais résistant avéré, puis socialiste pas toujours très social, mais ayant changé beaucoup de réelles choses en France (radio libre, fin de la peine de mort, etc ...), dans un double mandat marqué par une cohabitation également. Bref, un type pas réglo, y compris dans sa vie privé, mais qu'il serait difficile de caractériser comme un opportuniste morbide, homme politique assoiffé de pouvoir et prêt à tout pour le récupérer. Le dessin va très bien avec le ton de la BD et renforce les dialogues qui deviennent des joutes oratoires dans des lieux précis, chacun étant une marque représentative de sa vie. Le tout est lisible, aéré et franchement bien amené. Ce que je retiens surtout de cette BD, c'est que mon dégout de nos hommes politiques est telle aujourd'hui que cette BD me fait paraitre Mitterrand très sympathique, signe non pas d'un réel intérêt que j'ai pour lui mais de la violence du monde politique actuel. Finalement, c'était un président sympa, au regard de ceux qu'on connait ...

23/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Pré derrière l'église
Le Pré derrière l'église

Cette série en deux tomes m'a beaucoup plu, même si j'ai une préférence assez nette pour le premier album qui aurait pu rester un one-shot. J'ai adoré son ambiance campagnarde irlandaise, son dessin chaleureux, les bouilles extrêmement expressives et souvent hilarantes des animaux, ainsi que les dialogues savoureux qui font mouche tout au long de la lecture. Le parallèle entre les moutons du pré et les "moutons" parmi les villageois est particulièrement réussi et permet de se moquer avec tendresse des travers humains, surtout dès qu'il s'agit de bigoterie. Le premier tome a l'élégance des histoires simples qui n'ont pas besoin d'en faire trop pour fonctionner. L'intrigue est linéaire, les enjeux modestes, mais tout est parfaitement dosé. Entre les querelles de clocher, les moutons qui tentent de donner un sens à l'absence du curé et les habitants du village qui ne valent guère mieux qu'eux, l'ensemble est drôle, attachant et débouche sur un dénouement très satisfaisant, avec un agréable côté feel good. Le second tome reprend les mêmes ingrédients mais s'avère un peu plus dense et légèrement plus sérieux. L'attention se porte davantage sur les humains que sur les animaux, notamment avec l'arrivée d'une nouvelle institutrice qui semble en savoir plus qu'elle ne le laisse paraître. L'intrigue reste plaisante, les dialogues toujours très amusants et les personnages attachants, mais j'ai trouvé que le charme spontané du premier album était un peu moins présent. Cela reste malgré tout une excellente lecture, pleine d'humour, de tendresse et d'humanité, que je conseillerais sans hésiter. J'espère simplement que la série s'arrêtera à ces deux tomes, car ils forment un ensemble cohérent et complet. Prolonger l'aventure risquerait surtout d'en diluer l'élégance et la fraîcheur.

23/06/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Marée Blanche
Marée Blanche

Vous avez chaud ? pour vous rafraichir je vous propose Marée blanche, la dernière création de Gaël Séjourné. C’est du tout bon. En tant que fan inconditionnel de son travail, je suis toujours émerveillé par son trait d’une finesse exceptionnelle. Chaque planche est un véritable tableau, où les lignes épurées mais précises captent l’émotion avec une justesse rare. Le dessin, à la fois délicat et puissant, sert un scénario remarquablement bien ficelé, où chaque détail a son importance. L’histoire est inspirée de faits réels - J’ai eu la chance d’échanger longuement avec Gaël à ce sujet lors d’un festival. Vous allez être embarqués très rapidement par le récit. Vous serez captivés de la première à la dernière page. L’histoire vous tiendra en haleine avec des personnages profonds et des situations crédibles. La narration est d’une fluidité exemplaire : pas une case ne semble superflue, pas un dialogue ne sonne faux. Le combo parfait ! C’est le genre de BD qui se lit d’une traite, avec un plaisir intact du début à la fin. Une lecture très agréable qui prouve une fois de plus que Gaël Séjourné est un maître du neuvième art. Un sans-faute, à savourer sans modération !

23/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série La Nuit barbare
La Nuit barbare

Durant les années 80, Albin Michel s'est rarement trompé dans ses choix éditoriaux en matière de bande dessinée coquine. La Nuit barbare s'inscrit parfaitement dans cette lignée avec cette histoire d'amour à l'époque préhistorique, qui diffuse une ambiance aux frontières de l'aventure et de l'érotisme. Le scénario de Jean Ollivier se concentre avant tout sur l'action, avec des humains concentrés sur leurs besoins primaires : faire du feu, manger, tuer, s'accoupler... Le trait de Marcello insuffle à l'ensemble une énergie sauvage qui conserve sa part de modernité et qui colle parfaitement à l'ambiance de ce récit primitif. A ranger aux côtés de Manara et Rotundo dans la même collection.

22/06/2026 (modifier)