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Mangez-le si vous voulez

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

En adaptant le roman le plus noir de Jean Teulé, Dominique Gelli s'attaque aussi à un monument des annales judiciaires françaises. L'expressivité de son travail traduit de façon troublante le martyr d'Alain de Monéys.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Adaptations de romans en BD Jean Teulé Mirages Nouveautés BD, comics et manga Sud-Ouest

À l'été 1870, alors que la puissance de l'armée prussienne décide du sort du second Empire, le moral du peuple français est au plus bas. Quand un jeune notable de Dordogne, Alain de Monéys, se rend à la foire d'Hautefaye, il ne sait pas que c'est pour y subir les pires tortures, jusqu'à son meurtre et sa dévoration par une foule rendue hystérique d'avoir cru l'entendre dire : « à bas la France »...

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Septembre 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Mangez-le si vous voulez
Les notes (1)
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10/09/2020 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Cette nouvelle adaptation d’un roman de Jean Teulé a de quoi marquer ses lecteurs. Avant tout par son sujet mais aussi par son traitement graphique. Le dessin de Dominique Gelli n’est pas le plus lisible qui soit mais, crébonsoir, que je l’ai trouvé beau ! Chaque case est une peinture dans laquelle les jeux d’ombre et de lumière sont accentués par un travail sur le flou artistique. C’est du grand œuvre, pas toujours évident à lire (car ce trait n’est pas immédiat) mais d’un strict point de vue artistique, nous sommes devant un travail de haute voltige. Le sujet, ensuite puisque le récit de Teulé, basé comme à l’habitude de l’écrivain sur un fait historique véridique, va nous raconter comment un jeune homme tout ce qu’il y a de plus aimable va être battu à mort, torturé, brûlé et enfin dévoré en partie par une foule en furie. C’est réellement choquant à lire. Révulsant à bien des points de vue et pour bien des passages tant les auteurs ne nous épargnent aucun détail. Les scènes de torture s’enchaînent au fil des planches et lorsque la couleur fait son apparition, ce n’est que pour étaler à notre dégoût le rouge de la victime en sang ou faire exploser la chaleur du bûcher. J’ai adoré le sujet, la thématique et le dessin. Je suis moins convaincu par le résultat final. Pour deux raisons. La première est qu’il m’a manqué l’élément déclencheur qui m’aurait permis de comprendre cette furia destructrice. On a bien le point de départ, je peux comprendre que ça s’excite un peu et que l’émulation va rendre les gens cons mais je n’ai pas vu de progression dans cette folie. Et c’est peut-être dû au second détail qui me dérange. Le dessin de Dominique Gelli, s’il est magnifique à plus d’un point de vue, n’est peut-être pas le plus adapté pour faire passer les émotions de ses personnages. Du coup, c’est très beau, très bien fait mais la progression dans les sentiments des protagonistes (et surtout chez les plus violents d’entre eux) ne m’est pas apparue clairement… et j’ai donc eu du mal à comprendre cette haine destructrice. Au final, c’est certainement une œuvre à lire. A une époque où le lynchage médiatique ou via les réseaux sociaux est une pratique courante, ce type de récit historique reste d’une actualité brûlante tant la haine, chez l’homme, semble aimer se nourrir de l’émulation (et de l'anonymat) de la foule. Dieu, que l’humain est con !

10/09/2020 (modifier)