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Le Singe de Hartlepool

Note: 3.92/5
(3.92/5 pour 37 avis)

2013 : Prix Canal BD Une anecdote historique où la bêtise part gagnante.


1799 - 1815 : Le Premier Empire - Napoléon Bonaparte BD à offrir Iles Britanniques Les prix lecteurs BDTheque 2012 Les Singes One-shots, le best-of Prix des Libraires de Bande Dessinée Procès

En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant : un chimpanzé, mascotte de l'équipage portant l'uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d'Angleterre, où personne n'a jamais vu de Français, l'animal correspond assez bien à l'idée qu'on se fait de l'ennemi. Aussitôt, le singe est traîné en justice, accusé d'espionnage...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Septembre 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool

06/09/2012 | Miranda
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Par Gaendoul
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaendoul

J'ai hésité entre 3 et 4 pour cette bd qui s'inspire d'une légende anglo-saxonne mais la balance a finalement penché vers le 4 grâce notamment au graphisme de Moreau. Si le dessin est très bon, le scénario est quand même assez farfelu et on peine à croire que des humains puissent être aussi stupides et j'aurais apprécié un peu plus de nuance à ce niveau là. La présence du médecin transforme même presque ces hommes en animaux et je pense que cela aurait pû être traité autrement. Cela étant dit, le traitement des habitants de Hartlepool par Lupano amène à la réflexion sur la pensée de groupe et les phénomènes de comformisme qui peuvent amener à des comportements stupides voire dangereux (l'assaut du Capitole aux USA n'en est qu'une des nombreuses illustrations récentes). Le récit est très plaisant donc, avec ses personnages hauts en couleur et le dessin est excellent ! Et comme dirait un bibliothécaire très connu... "Oook".

01/05/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

Je me retrouve beaucoup dans l’avis de Mac Arthur. Un scénariste de renom, un dessinateur prometteur, qui a confirmé depuis, mon éditeur préféré, du moins si l’on se réfère à la moyenne de mes notes, un genre que j’affectionne et des avis très largement positifs… tout était réuni pour une bombe du neuvième art. Je voulais une claque mais je n’ai reçu qu’une petite gifle. Dans cet album, les personnages principaux ne sont ni le singe ni les villageois mais la bêtise, l’ignorance et la haine. L’histoire prend place il y a plus de 200 ans mais, comme le rappait Manau, l’avenir est un long passé. Un petit tour sur internet et/ou les réseaux sociaux démontrent que les thèmes abordés sont malheureusement encore très actuels. Qu’il est facile de déverser sa haine conte un bouc émissaire dont on ne sait rien. Le récit est plaisant et se lit de manière fluide. Seulement voilà. Passées les premières pages, l’intrigue est cousue de fil blanc. Pas la moindre surprise ou presque (bien pensé ce petit twist final pour ne pas sombrer dans la déprime). On file tout droit vers une fin prévisible et inéluctable. Quant au dessin, c’est grâce à cet album que Jérémie Moreau s’est révélé au grand public, à raison. Son style si caractéristique se reconnaît, mais le contexte du récit et les nécessités narratives l’empêchent de prendre de la distance et de peindre ses fameux paysages. Restent des personnages réussis, hauts en couleur et très expressifs, bien que sous exploités par le scénario. Petite déception donc. Sans doute en attendais-je trop. Note réelle : 3.25/5

08/10/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue boy

Publié il y a maintenant huit ans, « Le Singe de Hartlepool » est l’album qui a révélé Jérémie Moreau, un peu sans doute grâce à la participation de Wilfrid Lupano au scénario. Et on le comprend aisément à la lecture ! En effet, force est de constater que l’alchimie entre les deux auteurs a parfaitement bien fonctionné. Lupano a construit un récit captivant et fluide en se basant sur un fait réel terrible et édifiant, où la réalité dépasse la fiction. De nos jours, on a un peu de mal à comprendre comment, il y a 200 ans, les habitants d’une petite ville ont pu se mettre d’accord pour condamner un singe à mort en le prenant pour un humain… Il n’en reste pas moins que depuis, l’événement est entré dans la légende de Hartlepool et fait la fierté de la ville, allez comprendre… Moreau quant à lui a su retranscrire le propos à l’aide d’un trait original, vigoureux et expressif, dans un esprit très « cartoon », avec des personnages haut en couleurs, des « gueules » souvent effrayantes où semblent macérer la bêtise et l’ignorance, plus simiesques que le protagoniste principal, le fameux singe du titre. Et l’on se surprend à penser que si l’évolution de Jérémie Moreau vers un graphisme plus pictural – l’auteur aime manier la couleur, et ça se voit —, avec La Saga de Grimr et Penss et les plis du monde, est une démarche digne de respect, on aimerait aussi le voir opérer une sorte de « retour aux sources ». Dans ses deux dernières œuvres, l’auteur fait la part belle aux paysages et à une nature omniprésente et toute puissante, et c’est plutôt réussi, au détriment des personnages qui semblent moins aboutis, ce que l’on peut légitimement regretter à la lumière du « Singe de Hartlepool ». La réussite de cette œuvre réside dans le fait d’avoir actualisé une « légende » locale en apparence anodine et amusante pour les enfants et les touristes, en la transformant en farce grotesque assez peu reluisante pour le genre humain dans son ensemble. Fable puissante sur l’effet de meute et la cruauté qui en résulte, « Le Singe de Hartlepool » devrait faire réfléchir chacun d’entre nous, à l’heure des réseaux sociaux où un simple mauvais buzz non vérifié peut se révéler psychologiquement destructeur pour celui ou celle qui en est la victime. Une thématique par ailleurs chère à Jérémie Moreau et qui traverse ses deux derniers albums.

03/10/2020 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

Encore un Lupano, et encore une réussite. “Le singe de Hartlepool” est une bd très réussie sur la bêtise humaine et les préjugés. Quand un navire de la flotte française s’échoue sur les côtes anglaises, à Hartlepool, les villageois sont on ne peut plus heureux : ces mangeurs de grenouille n’ont eu que ce qu’ils méritaient. Et quand ils découvrent un survivant, ils vont de ce pas le mettre aux fers et lui donner ce qu’il mérite. Seul petit problème, ce soldat français est en fait un singe, qui jouait le rôle de mascotte de l’équipage. Les auteurs dénoncent ici la bêtise humaine, la peur de l’autre et le dangereux effet de groupe. On a affaire à un village isolé, peu cultivé, renfermé sur lui-même, qui se trouve confronté à une situation inédite. En réponse à cette situation, les hommes décident la violence, sans réfléchir une minute. On voit que même parmi ces hommes, il y a une petite volonté chez certains de ne pas se précipiter, et il y a quelques doutes. On organise quand même une parodie de procès, et il y a un avocat. Mais l’ignorance et la peur de l’étranger sont les plus fortes, et ça pousse tous ces gens à faire n’importe quoi. Même ceux qui pouvaient un peu douter finissent par se laisser entraîner par la foule. Les seules personnes dubitatives sont un noble de passage, un jeune mousse rescapé du naufrage, et … certaines femmes du village, histoire de rappeler que la bêtise est bien souvent masculine, surtout à cette époque. Ce sont eux qui “gouvernent” le village et s’octroient le droit de s’occuper des affaires “importantes”, ce sont donc eux qui font les conneries. Le récit est bien mené, il est agréable et facile à suivre. Il est en même temps humoristique, car on ne peut s’empêcher de sourire devant une situation aussi abracadabrantesque, et en même temps dramatique. Tout du long, on se dit “mais ils ne vont quand même pas aller jusqu’au bout..” et si. A noter qu’il n’y a pas que les anglais dont on peut se moquer de la bêtise. Le capitaine du navire français est au moins (si ce n’est plus) abruti, comme les soldats qui obéissent à ce capitaine ultra raciste qui balance un enfant par dessus bord parce qu’il avait une nourrice anglaise. Bref, cette bd est contre l’imbécilité sous toutes ses formes, et le racisme en est une extraordinairement répandue. J’ai aussi bien aimé le dessin, j’apprécie ce style qui fait un peu enfantin, et ces cases qui ne sont pas toutes droites et carrées. Ca donne un style jeunesse à une bd qui ne l’est pas. Le dessin rend bien les expressions des personnages, autant celles des villageois excités par l’odeur du sang supposément français que celles du pauvre singe, désespéré par la bêtise humaine.

10/02/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
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La légende du Singe de Hartlepool est tout d'abord une légende anglo-saxonne. C'est depuis 2013 une très chouette bd emballée par le prolifique Lupano et mise en images par le trait vivace de Jérémie Moreau. En capturant un singe échoué après le naufrage d'un croiseur français et habillé en uniforme impérial époque Bonaparte, les habitants du petit village britannique de Hartlepool pensent avoir mis la main sur un envahisseur français. C'est à partir de cette crasse ignorance que tous les notables vont faire preuve d'une bêtise assez hallucinante. Racisme latent, peur de l'étranger.... Si le message est assez clair et finalement bien glauque, Lupano détricote cette "légende urbaine" pour nous offrir une farce réjouissante dont il a le secret. Menée tambour battant, l'intrigue virevolte d'un abruti notable vers un autre. Seuls quelques enfants et un docteur de passage vont faire preuve d'un peu plus de détachement sur une affaire qui prendra un tournant définitif dans les ultimes pages... Jérémie Moreau nous livre un dessin dynamique tout en rondeurs et aux teintes aquarelle. C'est également le point fort de ce récit. Faire d'un drame "historique" une comédie sans omettre le message universel et toujours d'actualité : l'espèce humaine est bien la plus stupide ayant foulé ces terres, qu'elle soit française, anglaise ou tout simplement de n'importe quelle autre nationalité. Belle leçon distillée par la plus belle des manières.

14/10/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
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Quelle belle BD, et quel message : l'imbécilité humaine n'a pas de limites, et cela ne s'est jamais contredit dans l'histoire. Cette BD est parfaitement bien réalisée, tout autant sur le dessin qui arrive à retranscrire une atmosphère sombre et poisseuse d'un bord de mer anglais, et un scénario qui régale. Certes, je pense qu'il y a des petits écarts historiques dans le récit (notamment le personnage du médecin dont je ne dévoilerai pas le nom), mais cela n'entache en rien le message très fort de la BD. Et que ce soit des anglais ne change rien, nous sommes tous aussi bêtes quand nous le voulons. Cette BD est assez "coup de poing", dans le sens où le scénario ne se prive pas d'aller de plus en plus loin dans la bêtise crasse, et qui finit par des paroles qui ne font que renforcer cet aspect là. J'ai beaucoup apprécié ce récit, qui laisse songeur, et qui est d'une thématique d'autant plus forte aujourd'hui. L'étranger, le méchant envahisseur, le "barbare" sale et incompréhensible, a une autre forme aujourd'hui, mais il reste toujours victime. Même lorsque c'est un singe. Une BD qui invite à la réflexion.

28/09/2017 (modifier)
Par yonec
Note: 3/5

J'ai acheté cette bd après avoir lu les avis très positifs sur ce site. Oui, cette histoire est surprenante, le dessin sympa, le message positif. Mais, à aucun moment, j'ai été tenu en haleine par le scénario sans rebondissement...

17/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Cette BD devrait être inscrit au patrimoine mondial qui dénonce la connerie humaine, il devrait être obligatoire de le lire au cours des années de collège ou de lycée. Sur la masse on peut espérer que certains en sortiraient un peu moins cons, mais comme disait l'autre:" Je rêve!" Nonobstant ce petit agacement, que dire chers collègues que vous n'ayez déjà dit dans ces colonnes? Magnifique pamphlet contre la connerie humaine avec un dessin pas si approximatif qu'il n'y paraît, je découvre à l'occasion J. Moreau qui m'a donné envie de suivre ses travaux futurs. Quand à Lupano il sait de manière très subtile vous scotchez à son histoire par des petits détails mais qui mine de rien s'enchainent comme une mécanique d'horlogerie. Bon! ben excellent, y a rien à jeter, Achetez, Offrez, faites connaitre.

15/05/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Une bd satirique jubilatoire où une bande de démeurés en prennent pour leur grade. Je n'ai pas grand chose à dire sur cette bd, on se fout un peu des personnages et je n'accroche pas particulièrement au dessin caricatural et minimaliste ce qui m'a plu c'est ce ton satirique, cette dénonciation de l’imbécillité la plus crasse, dans les deux camps d'ailleurs. Ca fait du bien de lire ça. C'est une sorte de conte philosophique à la Voltaire.

14/03/2015 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
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Une charge sévère et subtile contre le racisme et le rejet de l'inconnu, qui prend une ampleur toute particulière à une époque où le rejet de l'autre est une tendance de fond, que ce soit au plan national mais aussi au plan européen. Les auteurs ont parfaitement réussi à dénoncer ce qu'il y a de pire dans le genre humain, c'est à dire une bêtise insondable qui conduit des individus arriérés à emprisonner, à juger et à condamner à mort un singe qu'ils confondent avec un espion français. Pourtant, ils n'ont jamais vu ni l'un ni l'autre dans la triste existence qu'ils mènent dans un village côtier de l'Angleterre à l'époque napoléonienne. Et quand la bêtise se mêle aux instincts grégaires, inutile de raisonner la meute avide de vengeance. A la fin du récit on se demande véritablement qui de l'animal ou de l'homme est l'être le plus humain. Cet album est donc une véritable réussite qui mérite très largement les critiques élogieuses dont il a fait l'objet, et notamment le prix des libraires de BD pour l'année 2013.

19/04/2014 (modifier)