Alim le tanneur

Note: 3.96/5
(3.96/5 pour 73 avis)

Alim le tanneur nous entraîne dans un univers oriental, un monde des mille et une nuits... où vit un peuple dominé par un système théocratique rigide des plus liberticides.


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Alim le tanneur nous entraîne dans un univers oriental, un monde des mille et une nuits... où vit un peuple dominé par un système théocratique rigide des plus liberticides. Dans l'empire de Jesameth, être un hors-caste, c'est n'être pas tout à fait un homme. Alim le tanneur est de ceux-là. Il se charge de "recycler" les corps sans vie des sirènes tueuses qui viennent échouer sur les plages de la cité impériale. Mais le destin redistribue parfois les rôles. Un soir, l'océan vient confier au plus humble des hommes le plus grand des secrets...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2004
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Alim le tanneur
Les notes (73)
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13/09/2004 | ThePatrick
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Fable à la réflexion pertinente sur la religion, le culte, le pouvoir et la liberté de pensée, Alim le tanneur est une plaisante série qui prend le temps de planter des personnages et un contexte tout en tenant en haleine le lecteur. La principale force est de rapidement emmener ses anti-héros en vagabondage dans des lieux divers et variés et de forcer son récit à sauter dans le temps, puisque l'intrigue s'étale sur des décennies. Ceci est alimenté par un trait un peu enfantin qui peut contraster avec le ton sombre d'alim le tanneur mais cela ne m'a pas choqué ou meme fait tiquer outre mesure. Seuls reproches, des parallèles trop directs avec les cultures ou civilisations existantes, ce qui manque parfois de finesse dans le message et le personnage du garde dont le nom m'échappe qui ne fait que passer en quelque sorte.

25/05/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Voilà une bonne et grande série qui scénaristiquement tient grandement la route et l'on comprend aisément qu'elle est fort louée sur le site. Un ou deux regrets cependant, ce qui d'ailleurs n'ôte rien à la chose, quoique, lorsque l'on écrit ce genre d'histoire se passant dans un univers aussi riche, le souci vient parfois justement de cette richesse. J'aurais aimé que ces différentes civilisations que nous rencontrons soient plus exploitées, que l'on s'y attarde un peu plus. De même cette histoire de sirène du début m'a véritablement mis l'eau à la bouche et j'aurais aimé en savoir plus sur ces créatures. Au chapitre des regrets je noterais comme mes petits camarades une baisse de régime concernant le trait mais aussi la colorisation entre le premier tome et les suivants Alors foin de regrets et concentrons nous sur ce qui fait le charme de cette série. En premier lieu Alim. Que c'est rafraichissant de suivre les aventures d'un personnage qui n'est pas un héros bodybuildé, il ne sait pas se battre et il est plutôt empoté, balloté par les évènements qu'il ne fait bien souvent que subir, il possède néanmoins une force mentale qui lui permet d'avancer. Le récit s'éloigne de la fantasy classique qu'il n'est d'ailleurs pas tant que cela sauf à faire exception d'un bestiaire merveilleux et de quelques touches très légères de fantastique ici ou là. Le propos est ailleurs, dans une dénonciation des fanatismes de tout poils. Ce n'est pas lourdingue mais les choses ont le mérite d'être claires et l'on reconnait la patte de Lupano déjà à l’œuvre dans Le Singe de Hartlepool. Non, le principal est que l'on ne s'ennuie pas une seconde pendant la lecture, on a envie de connaitre la suite, c'est en bref très divertissant et pose quelques bonnes questions. Hormis les petits regrets que j'ai émis plus haut cette série est hautement recommandable.

20/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui confirme, si besoin était, que Wilfrid Lupano est décidément un excellent scénariste, qui multiplie les réussites dans les univers les plus variés ! Cela commence par une histoire classique, avec personnages espiègles (Alim, sa fille). Mais l’histoire va se complexifier rapidement, en multipliant les univers dans lesquels va se débattre Alim. Jesameth, cité théocratique en pleine expansion appartient à un Proche ou Moyen Orient imaginaire (rarement utilisé dans le genre Fantasy, à part peut-être dans Les Epées de verre), mais l’intrigue va aussi amener Alim à traverser des régions montagneuses et himalayennes, pour finir dans des décors de savane africaine ou de forêt vierge méso-américaine (quelques parentés avec le cycle Qâ de Thorgal je trouve). Bref, c’est très dépaysant ! Même si la relative proximité de ces univers que tout oppose et qui pourtant ne semblent pas si éloignés peut faire tiquer, je suis prêt à faire semblant de fermer les yeux pour suivre l’imagination de Lupano. Les aventures sont rythmées et l’on est emporté par l’épopée de ce hors caste jouant un rôle qui le dépasse. Ajoutons à ça que le bestiaire est original. Une grande et belle histoire, beaucoup plus violente que les premières planches ne le laissaient présager. Et une belle réflexion sur les enjeux du pouvoir, l’emprise de la religion sur les hommes, et les différentes manières d’appréhender la doxa (voir à ce propos un dialogue entre le général Torq Djihid et Khelob). Une vision quand même pessimiste des relations humaines et du pouvoir. Le dessin est lui aussi très réussi. Les personnages avaient un air enfantin, parfois proche du manga je trouve au début (voir les bouches et en particulier celle de Bul), mais, à l’instar de l’intrigue elle-même, cela va rapidement devenir excellent. J’ai vraiment beaucoup aimé le dessin de Virginie Augustin, ainsi que la colorisation, le tout parfaitement adapté aux univers successivement développés par Lupano. Sans être trop originale, cette histoire est quand même faite pour tous ceux qui cherchent une aventure bien menée. Malgré quelques facilités (armée miraculeusement anéantie dans la jungle – ceci étant traité par une ellipse, fin un peu improbable et heureuse pour Alim), c’est probablement la meilleure série que j’ai lue de la prolifique collection « Terres de légendes », et une des plus belles réussites du genre Fantasy !

18/05/2015 (modifier)

L'élément déclencheur de l'histoire d'Alim le tanneur est une excellente idée. Je n'en dirai pas plus car ça arrive au milieu du premier tome, et je vous laisse découvrir. Globalement, j'aime beaucoup la trame de cette histoire, extrêmement pessimiste sur la religion et dont les révélations du dernier tome sont complexes et bien trouvées (ceci dit, j'aurais aimé que l'auteur aille jusqu'au bout avec une conclusion encore plus sombre). Malheureusement, je trouve que le récit manque un peu de relief. Ce n'est pas qu'il se passe rien, car l'intrigue avance bien, passant d'un lieu à un autre, sautant des années s'il faut. Mais je ne sais pas, moi, j'aurais aimé des dialogues un peu plus percutants peut-être. En plus, en lisant Lupano sur la couverture, je m'attendais à des dialogues de folie comme dans Le Singe de Hartlepool, Ma révérence, Un océan d'amour, Les Vieux Fourneaux (cherchez l'intrus)... En tout cas, au moins, Lupano sait manifestement où il va dès le début et la série est bouclée en 4 tomes sans tentative d'allonger la sauce, ce qui est toujours appréciable. Si les dessins sont assez bons, j'ai trouvé en revanche que la narration graphique n'était pas toujours fluide : j'ai parfois dû revenir en arrière d'une case ou deux pour comprendre où on en était. J'ai aussi été très surpris et déçu que le dessin devienne tout d'un coup aussi brouillon pour le tome 4. C'est dommage, parce que cette histoire méritait un mieux. Un pitch franchement pas mal, donc, mais je vais arrondir la note en-dessous à cause de la réalisation. Pour le conseil d'achat, ben, c'est vous qui voyez, quoi. P.S.: Et à part ça, est-ce que je suis le seul à trouver qu'Alim ressemble à Sammy, le pote de Scooby-Doo? "Sammy, j'ai peuuuur !"

10/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Voici une série au récit solide et bien construit, et au dessin en apparence joli, mais qui encore une fois, est à ce que je vois, un peu trop surestimée. Il faut relativiser tout ça, et il y a plusieurs éléments qui font grimacer, à tel point que même si l'ensemble de la série est bon, elle ne m'a pas renversé et séduit comme l'ont été une cinquantaine de posteurs, ça fait un peu beaucoup quand même. Ce qui me dérange un peu là-dedans, c'est cet aspect mystique trop appuyé, la religion semble étouffer cette civilisation et dicter ses actes, en ayant recours comme certaines civilisations du passé, à des rituels sanglants. Même un peuple imaginaire ne peut pas être détaché du goût du sang ; de toute façon, a-t-on jamais vu un peuple en asservir un autre ou une civilisation se bâtir sans tremper dans les excès sanguinaires et fanatiques ? La réponse est non. Ensuite, il y a un mélange de civilisations un peu trop disparate dans ce monde, sans réelle unité, puisqu'on y trouve un peuple d'inspiration orientaliste aux noms à consonances israëlites (Brahmalem lorgne vers Jerusalem, Jésameth lorgne vers Jérimadeth...), un peuple montagnard inspiré des Tibétains ou d'Asie centrale, un peuple d'indigènes basanés qui ressemble à certaines tribus d'Amazonie, des architectures qui ressemblent fort à celles des Mayas... bref c'est un mélange hétéroclite de peuplades qui sont censées vivre sur un espace pas si grand que ça, et que rien ne rapproche. De plus, ces peuples sont décrits sans profondeur. Autres points à signaler : le personnage de Soubyr est complètement laissé de côté après le tome 2 et pas du tout exploité ; il y avait peut-être une opportunité à saisir avec ce personnage. D'autre part, la série marque le pas après le tome 2 ; les 2 premiers albums sont très bons, mais je trouve le tome 3 trop lent, un peu inutile, il ne s'y passe plus rien d'intéressant, la dynamique est brisée. Il y a aussi un break entre la fin du tome 3 et le début du tome 4 : il y a eu une bataille qui aurait sans doute été sympa à montrer au lecteur qui a du mal à comprendre comment une armée de guerriers aguerris emmenée par Torq et Khelob se retrouve décimée dans la jungle par des bourrins en peaux de bête... C'est sur ça qu'il fallait insister plutôt que de ramer dans ce tome 3.. Enfin, je crois qu'un type normalement constitué qui se reçoit un coup de sabre comme c'est le cas à la fin pour Alim, n'a guère de chance d'en réchapper : là, c'est un peu gros ! Du coup, l'épilogue me laisse un brin dubitatif. J'en termine avec la partie graphique, je trouve étrange et dommage que le dessin au trait presque diaphane et léger, soit subitement beaucoup moins appliqué au tome 4, avec des visages ou des contours qui sont peu jolis, voire hésitants par endroits. A noter aussi que le style souple et parfois épuré du dessin n'est peut-être pas trop adapté au sujet qui est quand même assez violent par moments, et qui aurait préféré un trait plus appuyé, plus ferme. Voici donc quelques réserves qui m'empêchent d'être aussi enthousiaste envers cette série. Ceci dit, c'est un conte fantastique attrayant quand même, une fantasy exotique et aquatique qui est intéressante par son imaginaire, et reposante par son dessin doux et aérien. Mais de là à en faire une série majeure, c'est très exagéré.

09/03/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Désolé je vais me faire l’avocat du diable et aller un peu contre l’avis général très positif qui se dégage de cette série qui ne m’a pas conquis à titre personnel. Comme tout le monde j’ai été envoûté par le charme oriental qui ressort du premier tome. Une Fantasy exotique très modérée d’inspiration méditerranéenne qu’on n’a pas souvent l’habitude de voir en bande-dessinée, dessins et couleurs de Virginie Augustin opèrent leur charme, un encrage peu profond et des teintes chaudes et claires, oui, de prime abord on tombe sous le charme. Entre parenthèse on ne retrouve pas la qualité affichée du premier tome dans les deux derniers qui font piètre mesure en comparaison, il y a une criante baisse de régime. Un décor et un bestiaire fantastiques changeant au fil des albums, on passe de la chaleur orientale aux monts enneigés puis de l’autre côté de l’océan vers un désert aride puis une jungle humide. Un graphisme cependant loin d’être dépaysant tant tout cela nous rappelle à notre réalité, et pas seulement sur le plan géographique mais aussi sur l’aspect culturel, religieux, historique. Avec ses allures de conte philosophique Alim le tanneur s’éloigne des codes classiques de la Fantasy, le scénario se place presque dans le genre du conte. Ainsi le vaste empire Jésamethain s’apparente à un Califat ou un Etat islamique dont la ville sainte, l’éternelle Brahmalem, serait le pendant d’une Jérusalem. Le mimétisme est poussé jusqu’à avoir les mêmes consonances, leur prophète guerrier se nomme Jésameth ce qui rappelle un certain Mahomet. La cité dans les montagnes du nord, Théobès, dont le peuple prône une religion pacifique fait tout de suite penser aux moines bouddhistes du Tibet, et cela continue ainsi de suite sur l’ensemble du récit. Mais alors pourquoi cette ressemblance ? Et bien tout simplement parce que le principal intérêt de la série ne réside pas dans un scénario qui ferait la part belle à l’héroïsme et aux aventures épiques, même s’il y en a, mais dans un récit qui n’est qu’un prétexte pour délivrer un message ou plutôt une dénonciation que l’on peut reprendre à notre compte : celle des religions austères liberticides et du fanatisme religieux qui en découle qui pousse aux violences les plus macabres. On pose aussi la question du fondement des mythes et de la recherche de la vérité. Tout cela est intéressant, toutefois la soi-disant révélation apportée dans le dernier album par le biais d’un échange entre Torq Djihib le fanatique jusqu’au-boutiste qui croit dure comme fer que lui et son peuple détiennent LA vérité et que le monde entier doit s’y soumettre, et Khélob l’empereur qui comprend parfaitement les rouages du pouvoir et lui fait ainsi la leçon sur la vraie nature du pouvoir ; et bien cette scène ne m’a pas du tout mis sur le cul. Je ne comprends pas qu’il ait fallu quatre albums pour en arriver à cette conclusion dont le premier album avait déjà parfaitement mis en lumière. Il est bon de rappeler que la plupart des civilisations ont été battit sur des génocides et sur une pseudo-unité dans une même foi aussi morbide soit-elle, mais j’ai l’impression que l’auteur enfonce une porte ouverte, je ne vois pas ce que ça a de si génial. Que la religion lorsqu’elle est entre les mains du pouvoir, ce qui est ou a été souvent le cas, n’est qu’un instrument du pouvoir en place pour que les puissants puissent contrôler et orienter la vie de la plèbe. Qu’elle permet de faire la guerre et d’exacerber les haines et les passions des syndiqués de la religion. Bien sûr qu’on ne fait jamais la guerre pour des questions de croyances, mais pour des richesses qu’une poignée vont en tirer, à travers l’or, la gloire ou une expansion territoriale. Et quoi, c’est tout ? D’accord le propos est intelligent et bien construit, mais pour moi qui ne me fais plus guère d’illusion sur les raisons d’existence des religions à savoir maintenir les peuples dans l’ignorance et la peur du blasphème comme le conquérant Torq, pour que d’autres puissent s’empiffrer, je trouve cela un peu maigre. Il y a peut être d’autres thèmes qui m’ont échappé mais la religion est le principal axe de l’intrigue. Seul le parcours de Soubyr le Candide m’a vraiment intéressé. On le rencontre la première fois en tant que soldat en bon rapport avec les inquisiteurs de la foi, puis comme renégat en quête du nouveau messie, pour finalement le trouver mener une philosophie de vie voltairienne, celle du « il faut cultiver son jardin », car il choisit d’abandonner aux autres tous ces questionnements religieux pour se consacrer à son propre bonheur et se retirer loin de tout. Pour ce qui est du reste, il faut bien en parler comme je n’ai pas été obnubilé par le message humaniste, je trouve le rythme du récit trop frénétique. On passe d’un lieu à un autre ce qui permet rarement de faire parler les personnages et de s’intéresser à eux, excepté Alim qui tire toute la couverture. Mais par exemple Cléolia la capitaine du navire des vents qui apparaît dans le tome 2 est intéressante mais jamais on ne se penchera sur elle, et quand on la retrouve bien plus tard, 10 ans ont passé et on est déjà proche de la fin. De même, la petite Bul n’est pas attachante, en tout cas dans son rôle d’agent provocateur et déclencheur des péripéties de notre héros elle est plus exaspérante et un boulet qu’autre chose alors qu’elle a sûrement plus à apporter. Je disais plus haut que l’aspect épique qu’on aime dans la Fantasy n’est pas ce qui caractérise en premier la série. Il y a parfois des ellipses qui vont clairement dans ce sens comme la prise de Théobès par les armées de Torq qui aurait pu donner lieu à une chouette bataille, ou encore le trou entre le tome 3 et 4 et l’exploration des marécages qui donne lieu à de véritables carnages et escarmouches jamais montrés entre sauvages et Jésaméthains . Voilà, Alim le tanneur est une jolie fable humaniste qui a ce mérite d’avoir une certaine profondeur sous une couche fantastique, je ne lui reproche pas son côté Fantasy soft, j’ai pris la série pour ce qu’elle était mais j’ai du mal à me conformer à la doxa et y voir une œuvre d’exception. J’ai bien aimé la toute dernière page du tome 4 en forme de clin d’œil inversé au début du tome un, une jolie conclusion.

03/01/2015 (modifier)
Par Tourenne
Note: 5/5

Merveilleux! Un scénario qui tient la route jusqu'au bout (ce qui est notable... hélas), et qui prend même de plus en plus de consistance au fil des albums. Une profondeur inattendue sous les airs naïfs du départ. De belles illustrations.

03/10/2014 (modifier)
Par scaph
Note: 4/5

Mignon. Mignon malgré la gravité et la manière dont sont abordés certains sujets (la paternité, la religion, l'amour, la violence...). Car il ne faut pas s'y tromper, si on a l'impression de voir un film de Disney, la violence est bien présente. Alim le tanneur n'est pas un héros, d'ailleurs il n'y en a pas dans cette histoire. Il y a une multitude de personnages secondaires, dont certains sont vraiment charismatiques (j'en prends pour preuve Torq Djihid qui mériterait une série à lui seul). Les méchants sont méchants (Torq Djihid "encore" tue un enfant, Khélob incarne la folie impérialiste) et les gentils subissent (jusqu'à un certain point). On voyage également et c'est ce qu'on recherche en termes d'aventure. De l'ambiance indienne du premier album puis tibétaine en passant furtivement par une ville Aztèque avant de faire un tour dans le désert australien pour finir dans une forêt tropicale, pas un seul album ne ressemble à un autre. Même si la série s'écoule sur une période d'une dizaine d'année, le scénariste n'a pas oublié de faire évoluer ses personnages physiquement et mentalement. Le scénario quant à lui reste cohérent et prenant, ce qui permet au lecteur de ne pas s'ennuyer. Ceci prouve une grande maîtrise de la part du scénariste qui du début à la fin reste maître de son histoire et nous emmène exactement là où il avait voulu. Les dessins pleins de couleurs amoindrissent les sujets traités mais restent en parfait accord avec l'histoire, le découpage est bon, le mouvement bien rendu et l'imaginaire est au rendez-vous. Alors pourquoi pas un "culte" ou un "coup de coeur" ? En dépit de toutes ces qualités, le 4ème tome reste en dessous du niveau des trois autres point de vue dessins. Idem point de vue scénario, il y a des "trous" dans l'histoire (par exemple entre le tome 3 et le tome 4, on passe de la dernière page où toute l'armée part à la conquête de l'île et, dans l'album suivant, l'armée est déjà décimée et nous sommes au cœur des marais sans savoir comment). Est-ce par manque de temps ? Pression de l'éditeur ? En tout cas, cette série a frisé le chef d'oeuvre et on voudrait en voir plus du même genre.

16/01/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
L'avatar du posteur gruizzli

Ah ben voilà ! Ça c'est ce que j'appelle du scénario ! Et un vrai scénario, maitrisé et complet, surprenant et inventif. Et en plus, intelligent. Un vrai de vrai scénario quoi. J'avoue qu'en lisant le premier tome, je m'attendais à un dénouement tout autre. Parce que la façon dont l'histoire va progresser et proprement géniale, avec ce pauvre petit tanneur qui est mêlé à une histoire qui va le dépasser bien vite. Mais en fait, ce tanneur devient vite un prétexte à une histoire plus travaillée dans laquelle Alim n'est qu'un personnage et pas forcément le héros. Le propos est en fait la religion et le pouvoir, et la façon de concevoir les deux, et à cet égard le tome 4 est proprement génial, prenant des détours complètement inattendus. J'étais scié en lisant la dernière page, parce qu'on se rend compte que l'auteur savait exactement où nous emmener et qu'il l'a fait de façon très intelligente, laissant le lecteur seul juge de ce qu'il a vu. Et l'on se rend compte qu'il n'est pas si simple d'être juge, surtout lorsque l'histoire prend une telle tournure. Ajoutez à cela un dessin bien fait et qui colle à merveille à cette ambiance, changeant selon les tomes qui se déroulent en des lieux bien différents. Il tient le coup jusqu'à la fin et l'atmosphère gentille et sympathique du premier tome se dissipe rapidement pour une conclusion plus grave et plus intelligente. Si je ne devais retenir qu'un scénario de BD, je pense que celle-ci se disputerait la place avec Watchmen, car elle a su allier un scénario efficace et prenant avec un propos intelligent sur un sujet épineux. Pour moi, c'est un véritable joyau qu'il faut avoir lu.

01/01/2014 (modifier)
Par pedrolito
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Quelle claque! C'est ce genre d'ouvrages qui fait de la BD ce qu'elle est! Des dessins somptueux au service d'une histoire remarquable. Cette BD est comme une fresque satirique dénonçant la folie des Hommes emprunts de fanatisme religieux. Comment les sentiments primaires des gens les poussent à des actes inconsidérés, surtout quand cela fait vaciller leur trône et leur statut si justement glané. Cette fable est belle, touchante mais terriblement révoltante... On s'attache aux personnages, à Alim, à sa fille, au grand père... si bien que la fin arrive trop rapidement et avec elle la fin de l'innocence de la fille d'Alim mais aussi du lecteur. Ne passez surtout pas à côté de cette série monstrueusement délicieuse... courrez dans votre librairie préférée acheter ce petit bijou!!!

21/09/2013 (MAJ le 21/09/2013) (modifier)