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Alim le tanneur

Note: 3.93/5
(3.93/5 pour 76 avis)

Alim le tanneur nous entraîne dans un univers oriental, un monde des mille et une nuits... où vit un peuple dominé par un système théocratique rigide des plus liberticides.


BD à offrir Delcourt Les meilleures séries courtes

Alim le tanneur nous entraîne dans un univers oriental, un monde des mille et une nuits... où vit un peuple dominé par un système théocratique rigide des plus liberticides. Dans l'empire de Jesameth, être un hors-caste, c'est n'être pas tout à fait un homme. Alim le tanneur est de ceux-là. Il se charge de "recycler" les corps sans vie des sirènes tueuses qui viennent échouer sur les plages de la cité impériale. Mais le destin redistribue parfois les rôles. Un soir, l'océan vient confier au plus humble des hommes le plus grand des secrets...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2004
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Alim le tanneur

13/09/2004 | ThePatrick
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Par Canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur Canarde

Cette BD est recouverte d'étoiles par les avis de BDthèque depuis 2012, et je me disais, il faudra bien que je la lise un jour... Et, justement, un jour que je cherchais du réconfort (après un lumbago carabiné) dans les rayons d'une librairie... La bonne bouille du héros baignée de couleurs chaudes et ensoleillées en couverture de l'intégrale s'est imposée comme l'achat nécessaire ! J'avais mal évalué le poids de l'objet, mais, une fois arrivée dans ma chambre et allongée avec le volume posé sur le torse, j'ai lu l'ensemble d'une traite. Donc , c'est efficace : Un monde imaginaire avec des noms qui sonnent bien, un héros qui a tout pour rester la 5ème roue du carrosse et qui devient par le hasard un rouage crucial de l'histoire. On s'attache au héros, on suit ses aventures avec inquiétude, les dialogues sont malins, le dessin est séduisant avec des personnages variés et bien campés, bref rien à redire. deux bémol : 1. la couleur ; ça commence bien (Geneviève Penloup) : chaque double page s'offre à vous avec son caractère spécifique, parfois réaliste et clair, parfois rougi dans l'ombre ou violacé dans les moments d'inquiétude, sombre pour le dernier volume dans une espèce de verdâtre déplaisant avec un dessin plus flou 2. La morale de l'histoire. Un seul modèle de société fonctionne, celui du tyran cynique qui maintient sa population dans une religion unique, peuplée de grands prêtres, de sacrifices, et de guerres impérialistes. La seule solution est de sortir de la société et d'aller vivre seul pépère au bord d'une mare. En gros seul le héros s'en tire, avec sa fille et un vieux chaman, et tous les autres continuent leur pauvre existence étourdis de violence, d'injustice et d'absurdité...Beau programme ! Je comprends bien que les auteurs de BD comme leurs lecteurs doivent être en majorité dans ce fantasme, mais ça ne me convient pas du tout. Le BD pourraient servir à chercher des modèles plus inventifs, moins manichéens. Tous les peuples qui se font écraser par le méchant Khélob pourraient avoir un rôle dans la fin de l'histoire plutôt que d'être simplement écrasés sous sa botte, sans qu'aucun de leurs personnages subalternes ne puisse prendre son envol et détourner le cours de l'histoire... Bref je suis déçue...

27/02/2021 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Josq

De tous les univers de bande dessinée au sein desquels j'ai eu l'occasion de me plonger, je pense que Alim le tanneur est un de ceux (sinon celui) que je préfère. Non que la saga soit irréprochable, mais je trouve que le monde inventé par Lupano pour l'occasion est absolument prodigieux, et bien supérieur à un grand nombre d'autres univers de fantasy vus en bande dessinée. Je vois trois raisons à cela : - Déjà, la magnificence du dessin de Virginie Augustin, qui donne corps à ce monde de la plus belle des manières. Son trait est absolument somptueux, chaque image est bourrée d'idées sans être dans quelque chose de surchargé. Il y a une pureté graphique qui n'exclut pas une très grande richesse et une grande densité visuelle, c'est très fort. Jamais ce monde n'a l'air trop étroit, ou trop statique. On y respire, on s'y sent bousculé, on s'y émerveille... Vraiment, le dessin est une des plus grandes réussites de cette saga, même si je trouve que dans le dernier tome, on perd un petit quelque chose que je ne saurai trop décrire. - Ensuite, la complexité des intrigues géopolitiques. Clairement, Wilfrid Lupano n'y va pas de main-morte ! Sans jamais perdre son lecteur, il crée des personnages d'une densité humaine étonnante, chacun ayant des motivations qu'on comprend très bien, qu'ils soient bons ou méchants. Alors que le discours manque un peu de nuance à mes yeux, les personnages sont en revanche parfaitement écrits. Aucun manichéisme dans tout cela : évidemment, il y a des personnages meilleurs que d'autres, et il y a des méchants, mais sans basculer dans le pathos, même les pires antagonistes ont droit à leur moment d'empathie. On ressent quelque chose de positif pour chaque personnage à un moment où à un autre. Je trouve ça exceptionnel, la manière avec laquelle Lupano fait parfois surgir de la noblesse ou de la douleur chez un personnage qu'on détestait jusque-là. Evidemment, ça ne rend pas forcément le personnage meilleur (Khélob, typiquement), mais ça peut expliquer comment il en est arrivé là et ainsi, nous permettre de comprendre sa trajectoire depuis le début du récit. En outre, les rapports de force entre les personnages (ou les groupes) sont extrêmement bien détaillés sans l'être trop. Cela permet d'ajouter en crédibilité à l'intrigue, allant jusqu'à évoquer dans les meilleurs moments de la saga, des univers tels que Game of Thrones ou Dune, et pourtant, sans jamais sacrifier l'action (sauf un peu dans le tome 3). En seulement 4 tomes de BD, chapeau ! - Enfin, les inspirations de Lupano. Une autre chose très réussie, c'est la manière qu'a Lupano de créer de l'imaginaire à partir du réel. Aucun peuple, aucune région présentée n'est sortie de nulle part. On est capable de lier chacune d'entre elles à une région existante (Asie, Afrique, Moyen-Orien, Amérique du Sud, Océanie). De même, dans les différents systèmes sociaux, politiques et religieux représentés, on peut retrouver des éléments empruntés aux catholicisme, à l'islam, à l'hindouisme, au bouddhisme, etc... C'est très fort car ainsi, on n'a pas l'impression que l'auteur s'acharne sur tel ou tel groupe de personnes, il brouille tous les repères afin de rendre son propos plus universel, et c'est très intelligent sur le plan narratif. Et d'ailleurs, même si, dans toutes les civilisations représentées, il y en a qu'on préfère à d'autres, on se rend vite compte que chacune a ses gros défauts et qu'aucune n'est parfaite. Maintenant, je trouve tout de même que tout ça dégage une vision assez nihiliste de l'Homme et de la civilisation en général, et comme j'ai toujours été un éternel optimiste, je ne peux plus suivre Lupano sur ce terrain-là. Il est vrai qu'on est tenté, lorsqu'on regarde en arrière, de ne voir tous les systèmes politiques, religieux, sociaux, mis en place dans le passé, que comme vecteurs d'une violence apparemment incompréhensible, et j'ai eu l'impression que c'est ce que faisait Lupano dans Alim. Or, quand bien même ces systèmes ont pu être imparfaits et inégalitaires (pas toujours plus que le nôtre, mais rarement moins), ils nous ont toutefois laissé chacun des traces absolument exceptionnelles, en termes de patrimoine, d'art, de technique, de médecine, de valeurs, etc... C'est là que je suis content de la conclusion du dernier tome qui rappelle que, même si elle s'appuie sur une potentielle supercherie religieuse (potentielle car, finalement, rien ne nous dit que l'histoire de Jésameth est fausse, il est simplement permis d'en douter) et sur un très clair abus de pouvoir, une civilisation peut produire de beaux fruits, quand bien même ces fruits sont issus d'arbres aux racines engluées de sang. On peut trouver ça bien sombre et désespérant, mais on peut trouver ça aussi très encourageant, très beau sur la capacité de l'Homme à dépasser, notamment par la civilisation (ou en tous cas, la vie en communauté), ses pulsions violentes. J'ai eu la sensation que Lupano, lui, malgré ces deux très belles pages, ne voulait voir dans le processus civilisateur de l'Homme que sa part obscure. Pour ma part, je veux y trouver une raison d'espérer et de croire que, malgré toutes les horreurs dont l'Homme est capable, jamais il n'arrivera à éteindre la flamme qui meut les cœurs les plus purs. Mais, j'en conviens, il y a encore du boulot.

17/02/2021 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ju

Première bd de Lupano à laquelle je vais mettre une note inférieure à 4/5, et pourtant j’ai longuement hésité. Car il faut dire qu’objectivement, « Alim le tanneur » est une bonne bd de fantasy, bien construite et cohérente. L’histoire est intéressante à suivre et le monde créé par Lupano y est pour beaucoup. J’ai beaucoup aimé toutes les parties autour des luttes de pouvoir et des réflexions autour de celui-ci. Le fanatisme est abordé de manière très intelligente, tous les enjeux sont développés, c’est une réflexion très intéressante sur l’homme, le pouvoir, les différentes façons de vivre ensemble et de créer des sociétés. J’ai à ce titre beaucoup aimé le personnage de Khélob, dont on suit l’évolution, et qui paraît tantôt fanatique tantôt visionnaire (on peut être visionnaire en étant un salaud), tantôt faible et hystérique et tantôt fort et manipulateur. C’est le personnage le plus intéressant, et de loin. Le personnage de Soubyr est lui aussi très intéressant mais très peu développé. C’est dommage car son évolution est vraiment sympa, et il devient le seul à trouver la paix intérieur et le bonheur, quand tous les autres courent après sans jamais le trouver. Les autres personnages sont moins marquants, y compris Alim, qui est plus un héros qui sert de témoin au monde qui l’entoure. Celui-ci est le centre du récit, le coeur de la bd. Et c’est ce qui me fait un peu tiquer. C’est certes intéressant, mais pas passionnant, je trouve que l’histoire en elle-même manque un peu d’un truc. J’ai moins aimé la tournure de l’histoire à partir du troisième tome, même s’il y avait toujours des choses intéressantes, notamment dans la réflexion autour du pouvoir. Mais l’histoire en elle-même n’est pas passionnante. Alim sans Bul, c’est un peu ennuyant, et le personnage du chaman qui est censé être l’élément comique ne l’est pas vraiment. Et puis on nous introduit des personnages qui disparaissent assez vite, c’est un peu frustrant, comme la femme du clan des airs, qui commence à être développée puis qui disparaît en même temps que Bul. Pareil pour la fin, je trouve intéressant la tournure prise par Bul, ça pousse à la réflexion. Mais du coup, ce n’est pas passionnant à suivre. En gros, je m’en fichais un peu de savoir comment ça allait se finir, et je pense que si la série s’était poursuivie je me serais lassé. Le dessin quant à lui est bon, il fait assez « Lanfeust de Troy » et se prête bien au genre, sans apporter véritablement un plus à l’oeuvre. « Alim le tanneur » apporte donc un réflexion très intéressante et recèle quelques pépites, si vous appréciez ce que fait Lupano foncez, au pire, comme moi, vous ne ferez que « plutôt apprécier » sans « adorer ».

27/02/2020 (modifier)

Fable à la réflexion pertinente sur la religion, le culte, le pouvoir et la liberté de pensée, Alim le tanneur est une plaisante série qui prend le temps de planter des personnages et un contexte tout en tenant en haleine le lecteur. La principale force est de rapidement emmener ses anti-héros en vagabondage dans des lieux divers et variés et de forcer son récit à sauter dans le temps, puisque l'intrigue s'étale sur des décennies. Ceci est alimenté par un trait un peu enfantin qui peut contraster avec le ton sombre d'alim le tanneur mais cela ne m'a pas choqué ou meme fait tiquer outre mesure. Seuls reproches, des parallèles trop directs avec les cultures ou civilisations existantes, ce qui manque parfois de finesse dans le message et le personnage du garde dont le nom m'échappe qui ne fait que passer en quelque sorte.

25/05/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Voilà une bonne et grande série qui scénaristiquement tient grandement la route et l'on comprend aisément qu'elle est fort louée sur le site. Un ou deux regrets cependant, ce qui d'ailleurs n'ôte rien à la chose, quoique, lorsque l'on écrit ce genre d'histoire se passant dans un univers aussi riche, le souci vient parfois justement de cette richesse. J'aurais aimé que ces différentes civilisations que nous rencontrons soient plus exploitées, que l'on s'y attarde un peu plus. De même cette histoire de sirène du début m'a véritablement mis l'eau à la bouche et j'aurais aimé en savoir plus sur ces créatures. Au chapitre des regrets je noterais comme mes petits camarades une baisse de régime concernant le trait mais aussi la colorisation entre le premier tome et les suivants Alors foin de regrets et concentrons nous sur ce qui fait le charme de cette série. En premier lieu Alim. Que c'est rafraichissant de suivre les aventures d'un personnage qui n'est pas un héros bodybuildé, il ne sait pas se battre et il est plutôt empoté, balloté par les évènements qu'il ne fait bien souvent que subir, il possède néanmoins une force mentale qui lui permet d'avancer. Le récit s'éloigne de la fantasy classique qu'il n'est d'ailleurs pas tant que cela sauf à faire exception d'un bestiaire merveilleux et de quelques touches très légères de fantastique ici ou là. Le propos est ailleurs, dans une dénonciation des fanatismes de tout poils. Ce n'est pas lourdingue mais les choses ont le mérite d'être claires et l'on reconnait la patte de Lupano déjà à l’œuvre dans Le Singe de Hartlepool. Non, le principal est que l'on ne s'ennuie pas une seconde pendant la lecture, on a envie de connaitre la suite, c'est en bref très divertissant et pose quelques bonnes questions. Hormis les petits regrets que j'ai émis plus haut cette série est hautement recommandable.

20/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui confirme, si besoin était, que Wilfrid Lupano est décidément un excellent scénariste, qui multiplie les réussites dans les univers les plus variés ! Cela commence par une histoire classique, avec personnages espiègles (Alim, sa fille). Mais l’histoire va se complexifier rapidement, en multipliant les univers dans lesquels va se débattre Alim. Jesameth, cité théocratique en pleine expansion appartient à un Proche ou Moyen Orient imaginaire (rarement utilisé dans le genre Fantasy, à part peut-être dans Les Epées de verre), mais l’intrigue va aussi amener Alim à traverser des régions montagneuses et himalayennes, pour finir dans des décors de savane africaine ou de forêt vierge méso-américaine (quelques parentés avec le cycle Qâ de Thorgal je trouve). Bref, c’est très dépaysant ! Même si la relative proximité de ces univers que tout oppose et qui pourtant ne semblent pas si éloignés peut faire tiquer, je suis prêt à faire semblant de fermer les yeux pour suivre l’imagination de Lupano. Les aventures sont rythmées et l’on est emporté par l’épopée de ce hors caste jouant un rôle qui le dépasse. Ajoutons à ça que le bestiaire est original. Une grande et belle histoire, beaucoup plus violente que les premières planches ne le laissaient présager. Et une belle réflexion sur les enjeux du pouvoir, l’emprise de la religion sur les hommes, et les différentes manières d’appréhender la doxa (voir à ce propos un dialogue entre le général Torq Djihid et Khelob). Une vision quand même pessimiste des relations humaines et du pouvoir. Le dessin est lui aussi très réussi. Les personnages avaient un air enfantin, parfois proche du manga je trouve au début (voir les bouches et en particulier celle de Bul), mais, à l’instar de l’intrigue elle-même, cela va rapidement devenir excellent. J’ai vraiment beaucoup aimé le dessin de Virginie Augustin, ainsi que la colorisation, le tout parfaitement adapté aux univers successivement développés par Lupano. Sans être trop originale, cette histoire est quand même faite pour tous ceux qui cherchent une aventure bien menée. Malgré quelques facilités (armée miraculeusement anéantie dans la jungle – ceci étant traité par une ellipse, fin un peu improbable et heureuse pour Alim), c’est probablement la meilleure série que j’ai lue de la prolifique collection « Terres de légendes », et une des plus belles réussites du genre Fantasy !

18/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Fanfan Villeperdue

L'élément déclencheur de l'histoire d'Alim le tanneur est une excellente idée. Je n'en dirai pas plus car ça arrive au milieu du premier tome, et je vous laisse découvrir. Globalement, j'aime beaucoup la trame de cette histoire, extrêmement pessimiste sur la religion et dont les révélations du dernier tome sont complexes et bien trouvées (ceci dit, j'aurais aimé que l'auteur aille jusqu'au bout avec une conclusion encore plus sombre). Malheureusement, je trouve que le récit manque un peu de relief. Ce n'est pas qu'il se passe rien, car l'intrigue avance bien, passant d'un lieu à un autre, sautant des années s'il faut. Mais je ne sais pas, moi, j'aurais aimé des dialogues un peu plus percutants peut-être. En plus, en lisant Lupano sur la couverture, je m'attendais à des dialogues de folie comme dans Le Singe de Hartlepool, Ma révérence, Un océan d'amour, Les Vieux Fourneaux (cherchez l'intrus)... En tout cas, au moins, Lupano sait manifestement où il va dès le début et la série est bouclée en 4 tomes sans tentative d'allonger la sauce, ce qui est toujours appréciable. Si les dessins sont assez bons, j'ai trouvé en revanche que la narration graphique n'était pas toujours fluide : j'ai parfois dû revenir en arrière d'une case ou deux pour comprendre où on en était. J'ai aussi été très surpris et déçu que le dessin devienne tout d'un coup aussi brouillon pour le tome 4. C'est dommage, parce que cette histoire méritait mieux. Un pitch franchement pas mal, donc, mais je vais arrondir la note en-dessous à cause de la réalisation. Pour le conseil d'achat, ben, c'est vous qui voyez, quoi. P.S.: Et à part ça, est-ce que je suis le seul à trouver qu'Alim ressemble à Sammy, le pote de Scooby-Doo? "Sammy, j'ai peuuuur !"

10/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Voici une série au récit solide et bien construit, et au dessin en apparence joli, mais qui encore une fois, est à ce que je vois, un peu trop surestimée. Il faut relativiser tout ça, et il y a plusieurs éléments qui font grimacer, à tel point que même si l'ensemble de la série est bon, elle ne m'a pas renversé et séduit comme l'ont été une cinquantaine de posteurs, ça fait un peu beaucoup quand même. Ce qui me dérange un peu là-dedans, c'est cet aspect mystique trop appuyé, la religion semble étouffer cette civilisation et dicter ses actes, en ayant recours comme certaines civilisations du passé, à des rituels sanglants. Même un peuple imaginaire ne peut pas être détaché du goût du sang ; de toute façon, a-t-on jamais vu un peuple en asservir un autre ou une civilisation se bâtir sans tremper dans les excès sanguinaires et fanatiques ? La réponse est non. Ensuite, il y a un mélange de civilisations un peu trop disparate dans ce monde, sans réelle unité, puisqu'on y trouve un peuple d'inspiration orientaliste aux noms à consonances israëlites (Brahmalem lorgne vers Jerusalem, Jésameth lorgne vers Jérimadeth...), un peuple montagnard inspiré des Tibétains ou d'Asie centrale, un peuple d'indigènes basanés qui ressemble à certaines tribus d'Amazonie, des architectures qui ressemblent fort à celles des Mayas... bref c'est un mélange hétéroclite de peuplades qui sont censées vivre sur un espace pas si grand que ça, et que rien ne rapproche. De plus, ces peuples sont décrits sans profondeur. Autres points à signaler : le personnage de Soubyr est complètement laissé de côté après le tome 2 et pas du tout exploité ; il y avait peut-être une opportunité à saisir avec ce personnage. D'autre part, la série marque le pas après le tome 2 ; les 2 premiers albums sont très bons, mais je trouve le tome 3 trop lent, un peu inutile, il ne s'y passe plus rien d'intéressant, la dynamique est brisée. Il y a aussi un break entre la fin du tome 3 et le début du tome 4 : il y a eu une bataille qui aurait sans doute été sympa à montrer au lecteur qui a du mal à comprendre comment une armée de guerriers aguerris emmenée par Torq et Khelob se retrouve décimée dans la jungle par des bourrins en peaux de bête... C'est sur ça qu'il fallait insister plutôt que de ramer dans ce tome 3.. Enfin, je crois qu'un type normalement constitué qui se reçoit un coup de sabre comme c'est le cas à la fin pour Alim, n'a guère de chance d'en réchapper : là, c'est un peu gros ! Du coup, l'épilogue me laisse un brin dubitatif. J'en termine avec la partie graphique, je trouve étrange et dommage que le dessin au trait presque diaphane et léger, soit subitement beaucoup moins appliqué au tome 4, avec des visages ou des contours qui sont peu jolis, voire hésitants par endroits. A noter aussi que le style souple et parfois épuré du dessin n'est peut-être pas trop adapté au sujet qui est quand même assez violent par moments, et qui aurait préféré un trait plus appuyé, plus ferme. Voici donc quelques réserves qui m'empêchent d'être aussi enthousiaste envers cette série. Ceci dit, c'est un conte fantastique attrayant quand même, une fantasy exotique et aquatique qui est intéressante par son imaginaire, et reposante par son dessin doux et aérien. Mais de là à en faire une série majeure, c'est très exagéré.

09/03/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Désolé je vais me faire l’avocat du diable et aller un peu contre l’avis général très positif qui se dégage de cette série qui ne m’a pas conquis à titre personnel. Comme tout le monde j’ai été envoûté par le charme oriental qui ressort du premier tome. Une Fantasy exotique très modérée d’inspiration méditerranéenne qu’on n’a pas souvent l’habitude de voir en bande-dessinée, dessins et couleurs de Virginie Augustin opèrent leur charme, un encrage peu profond et des teintes chaudes et claires, oui, de prime abord on tombe sous le charme. Entre parenthèse on ne retrouve pas la qualité affichée du premier tome dans les deux derniers qui font piètre mesure en comparaison, il y a une criante baisse de régime. Un décor et un bestiaire fantastiques changeant au fil des albums, on passe de la chaleur orientale aux monts enneigés puis de l’autre côté de l’océan vers un désert aride puis une jungle humide. Un graphisme cependant loin d’être dépaysant tant tout cela nous rappelle à notre réalité, et pas seulement sur le plan géographique mais aussi sur l’aspect culturel, religieux, historique. Avec ses allures de conte philosophique Alim le tanneur s’éloigne des codes classiques de la Fantasy, le scénario se place presque dans le genre du conte. Ainsi le vaste empire Jésamethain s’apparente à un Califat ou un Etat islamique dont la ville sainte, l’éternelle Brahmalem, serait le pendant d’une Jérusalem. Le mimétisme est poussé jusqu’à avoir les mêmes consonances, leur prophète guerrier se nomme Jésameth ce qui rappelle un certain Mahomet. La cité dans les montagnes du nord, Théobès, dont le peuple prône une religion pacifique fait tout de suite penser aux moines bouddhistes du Tibet, et cela continue ainsi de suite sur l’ensemble du récit. Mais alors pourquoi cette ressemblance ? Et bien tout simplement parce que le principal intérêt de la série ne réside pas dans un scénario qui ferait la part belle à l’héroïsme et aux aventures épiques, même s’il y en a, mais dans un récit qui n’est qu’un prétexte pour délivrer un message ou plutôt une dénonciation que l’on peut reprendre à notre compte : celle des religions austères liberticides et du fanatisme religieux qui en découle qui pousse aux violences les plus macabres. On pose aussi la question du fondement des mythes et de la recherche de la vérité. Tout cela est intéressant, toutefois la soi-disant révélation apportée dans le dernier album par le biais d’un échange entre Torq Djihib le fanatique jusqu’au-boutiste qui croit dure comme fer que lui et son peuple détiennent LA vérité et que le monde entier doit s’y soumettre, et Khélob l’empereur qui comprend parfaitement les rouages du pouvoir et lui fait ainsi la leçon sur la vraie nature du pouvoir ; et bien cette scène ne m’a pas du tout mis sur le cul. Je ne comprends pas qu’il ait fallu quatre albums pour en arriver à cette conclusion dont le premier album avait déjà parfaitement mis en lumière. Il est bon de rappeler que la plupart des civilisations ont été battit sur des génocides et sur une pseudo-unité dans une même foi aussi morbide soit-elle, mais j’ai l’impression que l’auteur enfonce une porte ouverte, je ne vois pas ce que ça a de si génial. Que la religion lorsqu’elle est entre les mains du pouvoir, ce qui est ou a été souvent le cas, n’est qu’un instrument du pouvoir en place pour que les puissants puissent contrôler et orienter la vie de la plèbe. Qu’elle permet de faire la guerre et d’exacerber les haines et les passions des syndiqués de la religion. Bien sûr qu’on ne fait jamais la guerre pour des questions de croyances, mais pour des richesses qu’une poignée vont en tirer, à travers l’or, la gloire ou une expansion territoriale. Et quoi, c’est tout ? D’accord le propos est intelligent et bien construit, mais pour moi qui ne me fais plus guère d’illusion sur les raisons d’existence des religions à savoir maintenir les peuples dans l’ignorance et la peur du blasphème comme le conquérant Torq, pour que d’autres puissent s’empiffrer, je trouve cela un peu maigre. Il y a peut être d’autres thèmes qui m’ont échappé mais la religion est le principal axe de l’intrigue. Seul le parcours de Soubyr le Candide m’a vraiment intéressé. On le rencontre la première fois en tant que soldat en bon rapport avec les inquisiteurs de la foi, puis comme renégat en quête du nouveau messie, pour finalement le trouver mener une philosophie de vie voltairienne, celle du « il faut cultiver son jardin », car il choisit d’abandonner aux autres tous ces questionnements religieux pour se consacrer à son propre bonheur et se retirer loin de tout. Pour ce qui est du reste, il faut bien en parler comme je n’ai pas été obnubilé par le message humaniste, je trouve le rythme du récit trop frénétique. On passe d’un lieu à un autre ce qui permet rarement de faire parler les personnages et de s’intéresser à eux, excepté Alim qui tire toute la couverture. Mais par exemple Cléolia la capitaine du navire des vents qui apparaît dans le tome 2 est intéressante mais jamais on ne se penchera sur elle, et quand on la retrouve bien plus tard, 10 ans ont passé et on est déjà proche de la fin. De même, la petite Bul n’est pas attachante, en tout cas dans son rôle d’agent provocateur et déclencheur des péripéties de notre héros elle est plus exaspérante et un boulet qu’autre chose alors qu’elle a sûrement plus à apporter. Je disais plus haut que l’aspect épique qu’on aime dans la Fantasy n’est pas ce qui caractérise en premier la série. Il y a parfois des ellipses qui vont clairement dans ce sens comme la prise de Théobès par les armées de Torq qui aurait pu donner lieu à une chouette bataille, ou encore le trou entre le tome 3 et 4 et l’exploration des marécages qui donne lieu à de véritables carnages et escarmouches jamais montrés entre sauvages et Jésaméthains . Voilà, Alim le tanneur est une jolie fable humaniste qui a ce mérite d’avoir une certaine profondeur sous une couche fantastique, je ne lui reproche pas son côté Fantasy soft, j’ai pris la série pour ce qu’elle était mais j’ai du mal à me conformer à la doxa et y voir une œuvre d’exception. J’ai bien aimé la toute dernière page du tome 4 en forme de clin d’œil inversé au début du tome un, une jolie conclusion.

03/01/2015 (modifier)
Par Tourenne
Note: 5/5

Merveilleux! Un scénario qui tient la route jusqu'au bout (ce qui est notable... hélas), et qui prend même de plus en plus de consistance au fil des albums. Une profondeur inattendue sous les airs naïfs du départ. De belles illustrations.

03/10/2014 (modifier)