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Le Serpent et la Lance

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Le destin croisé de 3 garçons de castes sociales différentes : Oeil-Lance, Cozatl et Serpent dans l'empire Aztèque d'avant la conquête espagnole, de leur enfance à l'âge adulte


1454 - 1643 : Du début de la Renaissance à Louis XIII Civilisations précolombiennes Mexique et mexicains

1454, Tenochtitlan, immense cité lacustre et capitale de l'empire Aztèque. Depuis quelques temps, des cadavres momifiés de jeunes filles sont retrouvés dans plusieurs endroits du Monde Unique (le territoire aztèque). Afin d'éviter panique, troubles et rumeurs dérangeantes, les autorités de la cité décident de dissimuler cette vérité au peuple et même à l'empereur Ahuizotl. Une enquête discrète est confiée à Serpent, haut fonctionnaire plein de morgue et cruel, tandis que parallèlement, le prêtre Cozatl demande à son ami d'enfance OEil-Lance de mener la même enquête à l'insu de Serpent, car ces meurtres rituels ont des similitudes avec certaines pratiques religieuses de son ordre. OEil-Lance et Serpent se connaissent depuis l'enfance, ils ont reçu la même éducation par le même maître, Ombre-Montagne, et entretiennent depuis ce temps des relations conflictuelles.

Scénariste
Hub
Dessinateur
Hub
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 2019
Statut histoire Série en cours (3 tomes prévus) 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Le Serpent et la Lance
Les notes (1)
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04/02/2020 | Agecanonix
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L'avatar du posteur Agecanonix

Les Bd sur la civilisation aztèque ne sont pas nombreuses, la plus connue étant celle de Mitton, Quetzalcoatl qui fait partie de mes Bd préférées, car je suis depuis très longtemps passionné par les civilisations précolombiennes qui vivaient au Mexique avant l'arrivée des conquistadores. Dans mon avis sur Quetzalcoatl, je crois avoir tout dit sur cette civilisation, je ne vais donc pas me répéter, disons que à mon retour d'Angoulême, je passe chez mon pote de la Fnac, on discute de quelques nouveautés, et il me tend cet album en me disant : "connaissant ta passion, tu dois absolument lire ça !". Et d'un coup, je me souviens que l'ami Paco m'a montré le même album à Angoulême que j'ai trouvé d'emblée très beau ; du coup, je l'ai lu très rapidement, et j'en sors ravi, mais attention, sans tomber non plus dans l'excès car ce premier album d'un futur triptyque n'est pas en tous points parfait. Le travail est monumental, ça se sent quand on a le nez dedans, on sent que Hub s'est particulièrement documenté, il a dû y passer un temps fou. Ne connaissant pas son style graphique car n'ayant pas encore lu Okko, cette lecture a donc été pour moi une découverte qui s'avère positive. Le format choisi avec ses 180 pages, incite à quelques longueurs, à des scènes peu utiles qui n'auront sans doute pas d'incidence sur le final ; le scénario est de qualité, il s'agit d'une sorte d'enquête policière, un peu comme le Nom de la Rose, une intrigue prenante dont on a envie de connaître le dénouement, Hub le qualifie lui-même de thriller aztèque. De plus, Hub a fait le bon choix de situer son récit au moins 50 ans avant l'arrivée des Espagnols, les autres Bd sur les Aztèques montrant toujours le choc culturel entre Aztèques et Espagnols, comme dans les conquérants du mexique. La narration est foisonnante, dense, complexe, et pleine de ramifications, il faut donc suivre très attentivement à cause des nombreux flashbacks qui interrompent le présent pour comprendre qui est qui, qui fait quoi et qui est devenu quoi. Il y a une sorte de faux rythme car les personnages sont nombreux, ils ont des noms imprononçables, et une fois qu'ils sont introduits, il ne se passe finalement pas grand chose, le récit a tendance à traîner un peu, ça manque d'un truc un peu plus pêchu. Comme Mitton, Hub abuse un peu des mots aztèques en nahuatl, je sais que ça donne un côté authentique, mais ça peut parfois ralentir la lecture. De plus, le découpage n'est pas toujours très clair par endroits. Bon malgré ces défauts, je me laisse aller à un enthousiasme car l'ensemble, l'ambiance et surtout le décor aztèque sont une grande réussite. Le dessin est très bon, l'aspect très documenté des décors de Tenochtitlan, ses canaux, ses habitations, ses temples, de même que les coutumes traditionnelles sont bien évoquées, et les costumes bien reproduits, tout ceci témoigne d'un sacré boulot de recherche ; à ce stade, Hub se hisse au niveau de Mitton, la seule différence c'est que ce dernier y collait du sexe à outrance, ici il n'y en a pas parce que l'intrigue va vers une autre direction, mais tous deux s'inspirent du roman Azteca de Gary Jennings que Hub dans sa postface révèle avoir lu dans son adolescence. C'est pourquoi j'y retrouve plein d'éléments qui m'ont enchanté car ce roman basé sur des faits historiques est absolument fascinant. Le seul bémol sur le dessin, c'est la colorisation qui me dérange un peu par endroits : c'est beaucoup trop sombre dans certaines cases, mais sinon c'est du beau travail, certaines scènes de foule ou d'ensemble, et de grandes cases témoignent d'un travail soigné et appliqué. Un bel album.

04/02/2020 (modifier)