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Couverture de la série Le Voyage d'Abel
Le Voyage d'Abel

On comprend assez vite ce qu'Abel ,comme Montaigne, veut fuir en voulant quitter Reclesme."Ya pas de bitume là-bas, c'est qu' des pâtures/ N'empêche qu'on y croise pas mal d'ordures." Ses quatre saisons n'ont pas le goût ni la légèreté de Vivaldi ni la drôlerie d'un rap de Kamini mais plutôt l'odeur du purin et de la bêtise. Heureusement le beat est bon! Lisa Belvent et Duhamel nous livre un conte poétique plein d'humour où notre vieux chêne à bien la tête dans un ailleurs fantasmé , rêvé et rempli d'étoiles. Malheureusement ses racines qui l'empêchent de bouger sont elles bien dans la fange d'une vieille France qui ne joue pas aux ballons Black Blanc Beur mais plutôt petit blanc sec. Oui derrière cette jolie histoire de nostalgie d'une vie qui a raté ses aspirations profondes (Adeline ou sa liberté )pour se retrouver avec "le tracteur, le facteur et puis rien... si une vache de temps en temps". Derrière cela donc, je lis une charge joliment camouflée d'une France vieillote et pas sympa qui n'accepte l'étranger qu'à son corps défendant. Reclesme c'est un Marly-Gomont qui ne muera pas, englué dans ses vieilles peaux pas jolies jolies. C'est cyniquement très drôle. Bruno Duhamel est à son meilleur. Par son dessin seul il nous ferait presque avoir de l'empathie pour ces abrutis qui moquent notre Abel. Avec ses merveilleuses vieilles pierres, ses trop mignonnes bêtes, ses arbres centenaires la France est heureusement bien plus belle que la mentalité de nos tueurs en (im)puissance avec leurs fusils comme unique signe de virilité (un clin d'oeil à Franquin?) C'est cette France là qui nous redonne des couleurs, celle qui navigue au large de façon pacifique. Bref encore un superbe album de monsieur Duhamel bien aidé par sa collègue Lisa Belvent dédicacé à tous les hommes libres même dans "les petits patelins que personne ne connait, même pas Jean Pierre Pernaut" RIP JPP et merci Kamini.

04/05/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Les Trois Lois du monde
Les Trois Lois du monde

Troisième titre dans cette collection d'adaptation des nouvelles de Liu Cixin, et nouvelle réussite. Le graphisme est original, on sent la patte asiatique du dessinateur, et c'est parfait puisque cela colle bien avec le récit. On suit ici deux histoires distinctes. Dans l'espace on assiste à une guerre interstellaire entre 2 entités extra terrestre, d'un coté les envahisseurs de l'empire du silicium, de l'autre la fédération des civilisations carbonées. Ce combat d'une ampleur gigantesque dure depuis des siècles, s'étend sur des années lumières, aux 4 coins de l'univers, et fait des ravages sur les planètes qui se trouvent malheureusement prise au milieu. Vaisseaux, lasers, explosions, ciels étoilés sont à l'honneur et mis en valeur par quelques séquences spatiales brillamment illustrées. Cette partie n'occupe pas la majeure partie de l'histoire, mais le peu qui en est montré est suffisant, limpide et explicite. La seconde trame du récit se passe sur terre, dans une campagne chinoise très pauvre. Les habitants, de malheureux paysans, vivent de pas grand chose. Au milieu de tout ça une école, seulement occupée par quelques enfants et surtout leur instituteur. Dans des conditions pas faciles, dans un environnement hostile où l'instruction passe vraiment au dernier plan, il va faire preuve de courage et d'une abnégation exemplaire pour transmettre son savoir à ses élèves. Son rôle dépasse largement le cadre de simple instituteur. Là aussi le récit est interessant, on retrouve des valeurs assez classiques de la culture asiatique : le maitre, l'apprentissage, le courage, etc... Les enfants et l'instituteur sont attachants. Evidement les 2 histoires vont se rejoindre. Cette jonction se fait attendre et lorsqu'elle se produit, c'est assez logique et bien vu. Cela amène un petit suspens efficace et une légère tension. Même si on s'y attend un peu, cela fonctionne très bien, cela permet de justifier une telle construction du récit en deux intrigues parallèles. Cela donne tout son sens à cette histoire, et vient la clôturer de façon très satisfaisante.

03/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série RASL
RASL

Mettons tout de suite les choses au point : RASL n’a absolument rien en commun avec la série Bone, qui a révélé Jeff Smith au grand public. Les fans de cette dernière attendant une série de la même veine risquent d’être déçus. Voilà, c’est dit. RASL est une BD de science-fiction inspirée des théories d’univers parallèles et par l’électromagnétisme, et en particulier par le travail de Nikola Tesla, « inventeur et ingénieur américain d’origine serbe, ayant principalement œuvré dans le domaine de l’électricité. » (je vous laisse lire la suite sur Wikipedia) L’histoire de cet inventeur est tout simplement fascinante, et le fait qu’une BD de SF y fasse autant référence apporte un background d’une énorme richesse (certains passages du tome 2 sont presque encyclopédiques !) et surtout perd le lecteur entre faits avérés, spéculation et pure fiction. Jeff Smith mêle en effet son intrigue à des théories de complot connues telles que l’explosion de la Toungouska ou l’expérience de Philadelphie, et au travail de scientifiques de renom (Nikola Tesla donc, mais aussi Guglielmo Marconi, Thomas Edison et Albert Einstein) L’histoire est rythmée et facile à suivre, malgré les explications scientifiques et les sauts temporels et dimensionnels. Il s’agit bien entendu d’une vulgarisation de théories scientifiques complexes, même si l’auteur s’est clairement documenté. La fin n’apporte pas vraiment de surprises, mais est logique et satisfaisante. Certains passages un peu mystiques dans le tome 3 m’avaient fait craindre un dénouement « grand n’importe quoi » incompréhensible, quel plaisir donc de retrouver une fin qui n’en fait pas trop. Le dessin est le seul point commun avec Bone : on reconnait bien le trait de Jeff Smith, même s’il faut souligner que les illustrations sont elles aussi bien plus noires et adultes. Une série magnifique, diablement intéressante et terminée en 3 tomes.

30/08/2014 (MAJ le 03/05/2022) (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Un certain Cervantès
Un certain Cervantès

Avec « Un certain Cervantès », Christian Lax nous emmène aux Etats-Unis en compagnie d’un rescapé de la guerre d’Afghanistan, Mike. Celui-ci est revenu dans son pays amputé de son bras gauche et il se sent paumé… Le début du récit nous raconte par flash-back le vécu de Mike en Afghanistan ; puis, l’action transite vers la « cavale » de cet ancien soldat aux Etats-Unis. J’ai lu « Un certain Cervantès » d’une seule traite, sans ennui et avec intérêt. Il faut dire que le coup de patte réaliste de Christian Lax m‘est apparu très bon. On reconnaît facilement au premier coup d’œil les personnages. Les décors sont magnifiques que ce soit la situation du récit en Afghanistan ou aux Etats-Unis. La narration est nickelle. On a vraiment l’impression de suivre un film (de nombreux clins au 7ème art sont présents dans le récit) en feuilletant cette bande dessinée. Quant au scénario, on sent bien que l’auteur a voulu rendre hommage à Don Quichotte en faisant le parallèle entre ce héros de fiction et Mike, et en mettant en scène le roman de Cervantès dans divers lieux du récit. J’avoue que cette idée m’est apparue tordue, je n’y ai pas du tout cru. Après, je peux comprendre que Christian Lax a voulu nous faire ressortir la soif de liberté et d’indépendance de nos héros qui sont séparés de 4 siècles (voire plus), un message du genre « C’est un combat de tous les instants qui faut mener sans cesse » mais je trouve que ce n’est pas très bien amené (un exemplaire de l’ouvrage avec des dessins de Gustave Doré dans une prison… M’ouais…) et je ne suis pas convaincu non plus qu’il ait pu « se balader » aussi longtemps sans se faire repéré. Quant au « héros » Mike, je n’ai pas vraiment éprouvé de la sympathie pour lui car c’est un personnage qui m’a semblé compulsif. Sa tendance à vouloir tabasser tous les gens (il fonce sur des bikers dont on ne saura jamais s’ils voulaient faire un mauvais coup… le pasteur dont on ne peut lui reprocher sa liberté de paroles…) qu’il ne lui plaise pas me désole : à force de vouloir faire la loi lui-même, à ne pas se montrer irréprochable, ses faits et gestes se retournent contre lui… et c’est tant mieux ! Il y a donc une certaine justice quand je le vois être incarcéré à maintes reprises. Après, j’ai apprécié certaines « piques » de Christian Lax sur l’Amérique et sur la société en général en particulier sur les victimes de la crise des subprimes, le sort des migrants, les indiens et sur le traçage informatique des individus. Malgré tous ces reproches, j’ai apprécié ma lecture de « Un certain Cervantès » car c’est une bande dessinée qui donne à réfléchir. C’est un récit à prendre avec du recul… On ne sait pas trop si c’est vraiment comme ça l’Amérique. Le personnage principal, Mike, est un mutilé, il en a bien bavé mais ce n’est pas une raison pour se défouler à chaque fois sur des personnes qui ne lui plaisent pas… Il y a donc une certaine justice quand il se fait emprisonner à maintes fois. Le graphisme de Christian Lax est exceptionnel.

03/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Salto - L'Histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie
Salto - L'Histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie

Quel titre intriguant ! Et l’histoire ne déçoit pas, et fait preuve de beaucoup d’originalité. La thématique est intéressante, avec cet écrivain raté qui décide du jour au lendemain de devenir garde du corps pour des membres du gouvernement au Pays Basque, pour trouver l’inspiration pour son roman. Un boulot pas forcément compatible avec une vie de famille. L’histoire est prenante, et je n’ai pas vu passer les 368 pages. J’ai parfois eu un peu de mal à croire en ce personnage de Miguel, ou en tout cas à m’y identifier, mais c’est bien le seul petit reproche que je ferai. La mise en image de Judith Vanistendael est superbe. J’ai particulièrement apprécié les couleurs (au fusain ?), tantôt sombres, tantôt vives et colorées. La narration est fluide et légère, les textes se font discrets, et de belles pleines pages viennent aérer le récit. Certaines scènes s’étalent sur plusieurs planches, comme l’explosion (voir galerie) qui s’étale sur 8 pages, formant une véritable fresque… original ! Une chouette collaboration entre une autrice belge et un auteur espagnol.

03/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

J'ai dévoré les deux livres de nicolas Wild. Quelques mois après la chute de Kaboul, une sorte de Saïgon 2, Kaboul Disco 1&2 se lisent avec un autre oeil. Beaucoup des événements dramatiques , d'un point de vue ONUsien, étaient annoncés dans l'ouvrage de Wild!! Quel échec malgré les milliards de dollars déversés en un temps record sur Kaboul. J'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est un témoignage vécu de premier ordre. Même reclus dans un quartier d'ONG occidentales, c'est beaucoup de courage que de rester à la merci d'un fanatique à la colère exacerbée par des évènements qui ont eu lieu de l'autre côté du monde ( Guantanamo , Copenhague). Nicolas Wild décrit avec beaucoup d'humour sa vie quotidienne à la fois dans son travail et dans ses rapports sociaux. Il ne tient pas toujours le beau rôle. Cette autodérision ajoute à l'humour et à l'autenticité du récit. Cet humour est la grande force de l'histoire mais quelque fois une faiblesse car comment rendre avec humour les massacres des années communistes ou le différentiel de niveau de vie entre les expat ,même associatifs, bourrés de dollars en comparaison des familles afghanes devant élever leurs enfants handicapés avec quelques afghanis qui n'arrivent pas. Le second livre qui nous montre la lutte contre l'opuim le décrit de façon très explicite. Vouloir imposer une morale, même légitime par la force, a toujours conduit à des catastrophes. Le 15 août 2021 nicolas Wild devait penser au très beau et prémonitoire passage de son tome 1 écrit en 2007 quand le poète récitait " Dormez mes enfants car bientôt un roi défunt/ Transplantera, pour accomplir son noir dessin/ La belle rose de l'Afghanistan dans son jardin." Beaucoup de décideurs auraient du lire les livres de monsieur Wild car il expliquait très simplement ,comme il l'avait fait avec la constitution afghane pour des illétrés, à travers des personnages de BD amusants, les germes de la plus grande humiliation de la "Communauté Internationnale" en ce début de siècle. Fallait il que cela passe les portes blindées de quelques tours d'ivoire.

03/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Rock et si je ne m’abuse le Roll
Le Rock et si je ne m’abuse le Roll

Killoffer est l’un des fondateurs de L’Association et il a l’air d’être un sacré personnage. Je n’accroche pas à toutes ses productions mais j’aime quand il use de son dessin noir et blanc comme ici, ça me parle bien. Et j’apprécie beaucoup ce petit album, le dessin donc, mais aussi une certaine densité dans l’histoire. L’auteur se mettant en scène avec son avatar Kilo dans un bon et beau délire. Il se la joue rock star et son groupe n’est autre que les autres membres de L’Association. Le décalage de son personnage est assez jouissif, le ton sans être hilarant m’a énormément amusé (le costume, le logo …), et je trouve déjà le dessin de couverture et le titre très très bons. J’y ai descellé plusieurs niveaux de lectures. Une 1er degré où l’on suit ce looser magnifique et attachant qu’est Kilo, et une 2ème bien plus finaude pour qui connaît l’histoire de cette maison d’édition et le schisme de 2005/2006 où seul J-C Menu gouvernera (voir l’album Quoi !), et qui donne une meilleure compréhension de la dernière page. Tout ça pour dire que j’aime beaucoup, une petite réussite tout en métaphore et double lecture (l’album datant de 2006). Et un petit coup de cœur pour ce personnage de Kilo.

02/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Vol du Corbeau
Le Vol du Corbeau

Gibrat nous propose une version parisienne du Sursis dans la même collection Aire Libre. J'avais vraiment beaucoup aimé les aventures de Julien et de Cécile dans leur campagne Aveyronnaise. Je trouve le Vol du Corbeau un peu moins captivant. Le dessin de Gibrat est vraiment très bon dans cette promenade des quartiers est de Paris. Par ses dessins, Gibrat crée à la fois une atmosphère de promenade amoureuse par un beau mois de juin 44 et de jeu de cache-cache avec l'occupant. Comme si quelque soient les circonstances, Paris restera toujours une destination première des rencontres amoureuses. La longue séquence sur les toits (presque mythiques) de Paris crée immédiatement un face à face intime qui va marquer le récit. Cette première partie, assez lente et pleine d'interrogations, endort un peu notre méfiance comme celle de Jeanne ou au contraire l'exacerbe puisque nous ne savons rien. Vues du métro aérien, du canal St Martin, Paris sans ses touristes (autres qu'Allemands) n'a pas tant changé que cela (sauf pour les Allemands). Jeanne est digne de sa soeur en beauté et en réparties. Une lettrée idéaliste qui est loin d'être une potiche. Comme pour le Sursis la petite promenade laisse place à de l'intensité dramatique qui s'intensifie à la fin du tome 1. C'est alors le génie de Gibrat de multiplier les rebondissements jusqu'au dénouement qui reste ouvert. Un bel ouvrage mais si j'avais mis 5 au Sursis je baisse un peu pour ce vol du corbeau. Pour finir un mot sur le titre à double sens. Noirdésir avait souligné très justement le clin d'oeil aux oeuvres cinématographiques de ces années sombres. Il citait "La Traversée de Paris". Ce titre, "Le Vol du Corbeau" nous renvoie aussi en 1943 à l'un des chef-d'oeuvres du cinéma réalisé par Clouzot avec un Pierre Fresnay inoubliable. A lire et à voir absolument !!!

02/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Ne m'oublie pas
Ne m'oublie pas

J’ai pris beaucoup de plaisir à accompagner Clémence et sa grand-mère dans ce road-trip un peu fou. J’ai trouvé le ton juste, les réflexions sur la vie intéressantes, et puis j’aime tout simplement ce que fait Clémence, ce moment de folie pour sa mamie. Je trouve ça beau, et de nombreux passages m’ont beaucoup touché. Par contre comme Mac Arthur j’ai trouvé la fin un peu « too much », même si ce détail n’a pas gâché ma lecture. La réalisation est exemplaire. J’aime beaucoup le dessin simple mais très expressif, et les couleurs pastelles sont très jolies. La narration est fluide, j’ai englouti les 220 pages d’une traite. Un joli promenade introspective.

02/05/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 4/5
Couverture de la série Servitude
Servitude

Cette série me laisse sur une très bonne impression après avoir fini les 6 tomes. Si le premier tome m'a un peu trop fait penser au Trône de Fer, le reste est finalement assez différent avec un univers plus fantasy. Ce qui est très sympa dans Servitude, c'est l'impression que l'univers est vivant, il a un passé, un avenir, et le scénario qui nous est raconté est un évènement certes important de l'histoire de ce monde, mais tout ne s'y arrête pas. Les appendices sont très intéressants à lire et donne vraiment de l'épaisseur à l'univers. L'histoire elle même est bien racontée, les personnages ont des caractères bien trempés. Ca se lit bien, mais je pense qu'il vaut mieux lire les 6 tomes d'affilée pour ne pas oublier les nombreux personnages et les nombreux évènements qui se déroulent entre les tomes. Concernant les dessins, ils sont très beaux, avec des couleurs assez particulières, avec un aspect délavé. Enfin bref, une très bonne série que je conseille aux fans de Fantasy guerrière.

01/05/2022 (modifier)