Les derniers avis (32021 avis)

Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Les Schtroumpfs
Les Schtroumpfs

Vive Peyo ! D'abord, je passe le chasse-neige : je crois qu'on fait de mauvais procès à Peyo. Avant, bien avant que le racisme n'existe, tout ce qui était sombre était connoté négativement, on avait de noirs desseins, le bien était la lumière, divine, la nuit attendait que l'aube la traverse. Or donc, nos lutins bleus, pourquoi bleu ? Probablement car devenue la couleur préférée de la majorité des Occidentaux, sont menacés par un sorcier vêtus de noir et des lutins noirs. Et maintenant, la lutin bleu ! Création du méchant sorcier, la Schtroumpfette a été introduite comme cheval de Troie chez les lutins bleu. Cela ne veut pas plus dire que les femmes sont mauvaises qu'on ne diabolise les canassons à cause de la ruse d'Ulysse ! Cependant, notre héroïne trouve sa place, admirée par tous les Schtroumpfs. Chez Peyo, ce n'est pas d'où on vient, qui compte, mais ce qu'on fait, ainsi, un sale gosse ressemblant quelque peu au méchant sorcier parvient à changer pour ne pas être comme lui et grâce à l'amitié de nos amis. Le méchant sorcier est bien vu : il y a plein de gens qui projettent le mal qu'ils font aux autres sur leurs victimes et parlent de s'en venger. Son chat est loyal au sorcier et prédateur avec les Schtroumpfs, ces de son point de vue souris qu'il chasse avec son maître. Le village de nos héros est une utopie qui n'aurait pas mal tournée : pour moi, plus incroyable que la magie ! Si le sorcier ne tramait pas de complots, si le grand Schtroumpf ne s'absentait pas, il ne se passerait presque rien, à part les quelques travaux et jeux de nos lutins. Le Schtroumpf financier m'a fait sourire. J'ai beaucoup aimé aussi un album qui n'est pas de Peyo : Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout, qui pouvait faire penser à Google à l'époque, et à présent, aux agents conversationnels. Je ne reprocherais qu'aux albums d'être vraiment inégaux et à nos lutins d'avoir fait de l'ombre à Johan et Pirlouit. Ce n'est pas le méchant sorcier mais eux qui pourraient se plaindre que les Schtroumpfs leur ont fait du tort.

27/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Hiatari Ryôkô ! - Une vie nouvelle
Hiatari Ryôkô ! - Une vie nouvelle

Je suis bien content de voir qu'une vieille série de Mitsuru Adachi a enfin été adapté en français et j'espère que ça sera aussi le cas dans le futur avec les titres de cet auteur encore inédit en français. À noter que c'est une des deux séries de type shojos de l'auteur et que l'adaptation en anime a été diffusé en France il y a longtemps. C'était la deuxième série longue d'Adachi et cela se voit un peu au début de la série. La narration manque un peu de rythme et la romance entre les deux personnages principaux semblent un peu forcée, mais heureusement cela devient vite très bon. On retrouve les éléments qui on fait le succès de l'auteur et qu'il perfectionnera par la suite: de la romance d'adolescents pleins de non-dit, de l'humour, du sport, des personnages humains.....En fait un des problèmes avec Mitsuru Adachi est que c'est le mangaka type qui ne sait pas trop renouveler durant sa carrière et du coup on dirait que ses séries se ressemblent un peu trop. Bon on est encore au début de sa carrière lorsqu'il révolutionnait le manga et qu'il n'était pas en mode pilote automatique alors l'œuvre contient beaucoup de qualités. Disons que si on connait l'œuvre de l'auteur, on est vraiment en terrain connu. La série se divise en deux parties. La première partie peut se lire comme une longue historie oû le talent dramatique de l'auteur se révèle au fil des pages pour atteindre des sommets lors du match de qualification de baseball. La seconde partie est constituée d'histoires dont le ton est souvent humoristique avec quelques parties plus sérieuses. Le résultat est toujours bon, mais avec quelques défauts. La relation entre les deux personnages principaux fait du surplace (et pendant un moment Adachi semble oublier que l'héroïne est amoureux d'un autre garçon) ce qui donne l'impression qu'on tourne en rond. Et puis vient la fin. J'ai toujours trouvé que l'auteur avait des problèmes pour conclure une œuvre et ici ça doit être le pire exemple. La série s'arrête brutalement sans que rien ne soit vraiment aboutit. J'ai surtout critiqué la série dans mon avis. Je précise que globalement je me suis amusé. Les gags fonctionnent bien (j'adore le petit ado que personne ne remarque) et il y a des moments qui m'ont émus. C'est surtout que je suis un gros fan d'Adachi et que je suis un peu exigeant avec lui. Disons qu'il y a des défauts qui feront en sorte que si c'est une bonne série, je ne la mets pas dans mes préférés de l'auteur.

27/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Contrapaso
Contrapaso

Contrapaso est une grande oeuvre. Grande en terme de taille car chaque album est de bonne taille et fait plus de 150 pages pour un récit très dense, presque romanesque. Grande aussi en terme de somme de travail et de soin qui lui a été apportée par son auteure, une Teresa Valero dont je découvre ici le talent. Cela se passe à Madrid, sous la dictature de Franco dans les années 1950. Les deux héros sont journalistes, spécialisés dans les faits divers. L'un est un vieux de la vieille, ancien phalangiste désabusé qui se dédie désormais à la recherche de la vérité, notamment sur la mort de femmes tuées par ce qui ressemble à un tueur en série, chose qui n'existe officiellement pas dans l'Espagne Franquiste. L'autre est un jeune homme qui vient de revenir en Espagne après avoir fui en France pour échapper à un passé familial et romantique compliqué. Aussi novice soit-il dans le domaine journalistique, il se révèle lui aussi très motivé par la recherche de la vérité, quitte à braver les interdits, et sa forte personnalité va faire des étincelles face à celle de son collègue imposé. Si ce couple de personnages que tout oppose et qui va finalement apprendre à s'apprécier a des airs de déjà-vu (on pense par exemple au film Seven avec qui il partage une ambiance similaire), on apprécie très vite les personnalités complexes et profondes de ces deux là qui sont loin d'être des stéréotypes et qui ont bien des choses à nous faire découvrir sur leurs origines et motivations. Graphiquement, j'ai aussi très vite été séduit. Le cadre, les décors détaillés, les costumes, la mise en scène et les couleurs m'ont fait penser à Blacksad, avec de vrais humains. Je n'irais pas jusqu'à les comparer pour de bon car Teresa Valero n'atteint pas la virtuosité de Guarnido, mais c'est pour vous dire à quel point son dessin reste admirable, et surtout agréable à lire. Et maintenir ce niveau de qualité sur plus de 150 pages par album, c'est remarquable. L'histoire est complexe et surtout très mature. Nous y sommes dans l'ambiance d'un polar noir, avec une bonne part d'historique en sus. Dès le premier tome, plusieurs trames narratives s'entremêlent. Au cœur de l'intrigue, il y a l'enquête policière menée par nos deux journalistes puis une femme venue à leur aide, portant sur une série de morts suspectes visiblement en lien avec le milieu médical et notamment le traitement réservé aux lesbiennes durant les débuts de la dictature, puisque évidemment dans l'Espagne de Franco, le lesbianisme est une maladie qui doit se soigner en toute discrétion. En parallèle, nous en apprenons davantage sur le passé de nos héros, et notamment sur les relations familiales du plus jeune des deux, ainsi que sur une ancienne relation tristement avortée. Et surtout, ce qui m'a le plus intéressé ici, c'est la mise en scène et la découverte de l'intérieur de la vie sous la dictature franquiste. J'avais eu une vision assez ample de celle-ci grâce à Carlos Gimenez et ses fameux Paracuellos, Barrio et Les Temps Mauvais, auteur à qui Teresa Valero rend d'ailleurs hommage le temps d'un chapitre. Ici, c'est une autre facette qui m'a été présentée, à la fois plus adulte et moins étouffante, et en même temps toujours pleine d'hypocrisie et de contradictions. On y découvre des espagnols divisés et hésitants, ni totalement dans un camp ni totalement dans l'autre, certains d'entre eux passant même radicalement de l'un à l'autre. On y découvre surtout une Espagne lasse de sa dictature et où l'on sent que l'élite gouvernementale est en train de perdre ses marques. C'est bigrement intéressant et surtout présenté avec beaucoup d'intelligence. L'auteure s'est beaucoup documentée sur le sujet et elle en profite pour mettre en scène de nombreux personnages certes fictifs mais inspirés de personnes et de situations ayant existé. Cela offre un panel de protagonistes très originaux et qui mériteraient presque tous une histoire rien qu'à eux. En même temps, cet aspect adulte et riche en informations du récit se ressent dans la narration qui est parfois intense. Le lecteur doit garder son esprit aux aguets pour bien suivre le déroulement du récit et les nombreuses révélations qui ne se font qu'à demi-mot. Le premier tome tient bien la route sur ce plan là. D'ordinaire, moi qui ne suis pas amateur de polars (j'ai tendance à m'y perdre quand une enquête complexe accumule les non-dits), j'ai trouvé ici que cela passait bien et je m'étais suffisamment bien attaché aux personnages et au contexte pour bien comprendre l'intrigue, et même pour fortement apprécier sa mise en scène parfois cinématographique, avec quelques ellipses surprenantes et pourtant claires et logiques. Le second tome par contre est plus exigeant. La profusion d'informations et de contexte sur l'Espagne Franquiste et son rapport au cinéma et à l'urbanisme peut facilement noyer le lecteur, et la mise en scène n'aide cette fois pas toujours. Une lecture attentive voire une relecture sont nécessaires pour bien tout appréhender, avec malgré tout quelques flous persistants. En cela, ce tome est moins bon que le premier, mais pour le reste, il demeure tout aussi beau et instructif sur cette époque et ces lieux. C'est du grand art, tant sur le plan du dessin que de la narration et de l'intérêt de l'intrigue et des personnages. Chaque tome est particulièrement dense, constituant à lui seul un épais one-shot avec une histoire complète qui se suffit à elle-même. Mais il s'agit bien aussi d'une série à suivre, une trilogie où l'on suit les mêmes personnages et où une enquête en fil rouge relie chacun et dont on n'aura le fin mot que dans le dernier tome. Il est à noter Mais la fin de l'album ouvre la porte vers une suite et je retrouverai avec plaisir ses héros et son cadre si particulier pour de nouvelles aventures et enquêtes.

31/03/2021 (MAJ le 27/01/2026) (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Malanotte - La Malédiction de la Pantafa
Malanotte - La Malédiction de la Pantafa

J'ai été plutôt séduit par cette BD. J'ignorais tout de sa paire d'auteur, mais elle fonctionne bien. Elle contient une somme de qualités essentielles, et j'ai pris du plaisir à la lire. D'abord, le dessin, comme toujours, car c'est lui qui force ma décision au moment de passer à la caisse. Par la seule force d'un joli trait, je peux repartir avec. Alors oui, bien sur, il y a quand même d'autres facteurs, comme le thème qui peut être rédhibitoire, mais en règle générale, je le redis : c'est le dessin qui a le premier et le dernier mot. Dans Malanotte, Laura La Came déploie un univers tout à fait personnel en mêlant la force du charbon pour l’ambiance fantastique (dans tous les sens du terme) à l’élégance d’un trait fin et précis, plus fouillé, plus minutieux, histoire d’ancrer cette histoire dans une réalité que nous, lecteurs-trices sommes susceptible de connaitre. Je trouve que tout cela fonctionne à merveille et nous gratifie de plusieurs très belles planches sur lesquelles on s’arrête longuement. Le scénario n’est pas en reste. Il prend le temps de s’installer, laissant progressivement monter un malaise de plus en en plus lourd. L’histoire n’est pas située géographiquement et pourrait se dérouler n’importe où, mais il y a un petit parfum d’Italie qui flotte, ne serait-ce qu’à travers les noms des personnages. Mais l’Italie des petits villages, avant l’avènement du portable, l’Italie des croyances et superstitions populaires. Le final laisse un petit goût d’inachèvement, certes, et on referme Malanotte avec la sensation d’émerger d’un mauvaise rêve poisseux, mais l’effet est volontaire, et très bien vu à mon sens. La fin propose plus qu’elle ne résout, ce qui colle parfaitement à cette atmosphère cauchemardesque. Sur ce coup-là, je ne vais pas bouder mon plaisir. Et j’espère bien croiser à nouveau la route de Laura La Came…

27/01/2026 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire Les Indes fourbes. Déjà parce que Guarnido… voilà. Presque pas besoin d'en dire plus, mais quand même (parce que c'est le but ici !) : Son dessin est plein de vie, d’énergie et d’expressivité. Les trognes, les postures, les décors, les foules, les petites scènes de comédie au détour d’une case : c’est riche, vivant, et ça pousse à s'attarder sur les planches pour être sûr de ne rien louper. Côté scénario, Ayroles ne réinvente peut-être pas la roue (on est dans du grand récit d’aventures picaresque), mais c’est bien huilé. On se laisse embarquer dès le départ, et ça enchaîne les rebondissements avec une vraie maîtrise du rythme. Pablos, ce gredin ambitieux qui vise haut, est à la fois agaçant et drôle. Les personnages qui gravitent autour sont tout aussi truculents. Bref : un album généreux, malin, superbement mis en images.

26/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Junction
The Junction

J'avais pris une grosse claque en découvrant Downlands de Norm Konyu et c'est tout naturellement que je me suis procuré "The Junction" du même auteur. 1984, Lucas Jones et son père disparaissent. 1996, Lucas Jones réapparaît dans sa ville natale : Medford. La stupéfaction de sa tante et de son oncle de découvrir que Lucas n'a pas changé, il est toujours ce petit garçon de 11 ans... Un récit qui commence sous la forme d'une enquête avec à sa tête un inspecteur aidé d'une psychologue pour expliquer cette réapparition et déterminer s'il s'agit bien de Lucas Jones, avec pour seul indice le journal du jeune garçon devant son mutisme. Un récit qui va doucement et naturellement basculer vers le fantastique. Pour ceux qui ont lu Downlands, ils y retrouveront des thèmes / points communs. La perte d'un être cher et la difficulté de faire son deuil, la mort omniprésente et cette jonction mort / vivant. Une narration maîtrisée au rythme bien dosé avec des chapitres courts, ils alternent l'enquête de 1996 et les passages tirés du journal de Lucas. Au 3/4 du récit, la psychologue nous dévoile comment va se terminer cette histoire, mais cela n'enlève en rien à l'envie de découvrir les dernières planches et ses révélations. Un comics émouvant et profondément humain, les personnages sont attachants et authentiques. Le style si particulier de Norm Konyu m'a encore émerveillé. Un trait précis, anguleux à l'esthétisme jouant sur le déséquilibre des proportions humaines avec de grosses têtes et des bras / jambes filiformes. Un dessin ne ressemblant à aucun autre. L'ambiance surnaturelle est accentuée avec les couleurs froides et généralement sombres. Un régal pour les yeux. Mon premier coup de cœur de l'année.

25/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Arq
Arq

J'ai eu la chance de tout pouvoir emprunter à la suite à la Bibliothèque, et ça m'a beaucoup plu ! Le dessin me semble élégant et riche, ce qui permet de patienter le temps que les divers mystères se décantent. Je ne me rappelle pas de toute la complexité, loin s'en faut vu que cela date de plusieurs années, mais la série peut mériter d'être relue. Si aucun personnage n'attire une vraie sympathie, on les plaint tous de ce qu'ils subissent car ils sont vrais. Les deux amoureux disant qu'ils sont bons et que les autres sont mauvais, fuyant, surs de leur bonheur, qu'on retrouve en tant que prostituée et souteneur nous font voir un retournement ironique comme la vie l'est parfois. Et je me demande si ce n'est pas un clin de l'auteur pour la suite : les choses ne sont pas ce qu'elles semblent, et on n'est pas vraiment dans une lutte entre les bons et les méchants. Le mélange de noir et blanc et de couleurs, dans cette série comme dans d'autres, ajoute un petit quelque chose car il est bien fait.

24/01/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Beatifica Blues
Beatifica Blues

Le Premier classique de Dufaux. Beatifica Blues n'est pas une œuvre parfaite mais elle contient en son sein tout ce qui fera le style de l'auteur : intrusion du fantastique, qualité littéraire indéniable, nihilisme des protagonistes... Et choix avisée du dessinateur. Ici Griffo donne corps à ce récit post apo avec un superbe dessin ancré dans les années 80. C'est magnifique de la première jusqu'à la dernière page. Une des réussites du binôme est d'avoir assumer leurs inspirations respectives en les citant directement : surréalisme et grands auteurs pour Dufaux, tandis que chez Griffo on note un hommage appuyé à Enki Bilal. Ainsi un des personnages rappelle beaucoup le Jean Ferdinand Choublanc de la Foire aux Immortels. Tout n'est pas réussi, le tome 2 explore des pistes narratives qui ont du mal à se raccorder avec la trame principale, et la conclusion disponible dans l'intégrale (33 pages, presque le volume d'un quatrième tome) utilise certains raccourcis même si elle a le mérite d'exister.

24/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Armée de l'ombre
L'Armée de l'ombre

Voilà une série qui a tout pour plaire aux amateurs de récits militaires sur la Seconde guerre mondiale. D’abord le dessin est vraiment très bon. Remarque valable pour tout ce qui concerne le matériel (avions, chars, etc.), mais aussi pour les personnages et les décors (immensités de l’URSS – boueuses ou enneigés – et décors urbains). Agréable à l’œil, et plutôt fluide. Du beau travail. Ensuite Speltens a fait un choix original et intéressant pour situer son intrigue. En effet, nous suivons des soldats allemands uniquement sur le front Est, face à l’armée rouge, et en plus on ne commence à les suivre qu’à partir de novembre 1942, c’est-à-dire au moment où la bataille de Stalingrad entre dans sa phase ultime. C’est donc une armée allemande stoppée, puis qui bat en retraite – malgré les contre-attaques, malgré la propagande qui refuse longtemps d’admettre l’évidence – que nous suivons. Si nous voyons des forces soviétiques (chars, avions, certains soldats), tout est centré sur des soldats allemands. De la Wehrmacht uniquement, et non de la SS ou des Einsatzgruppen. Cela permet à Speltens de nous proposer des hommes éloignés des fanatiques que l’on s’imagine, des hommes qui n’hésitent pas à critiquer la propagande voire même le Führer. Du coup on peut s’attacher à ces hommes. Nous suivons certains d’entre eux – qui disparaissent au fur et à mesure au fil des pertes importantes subies par l’armée allemande, avec un jeune homme au centre du récit, avec ses fragilités, son humanité. On ne s’ennuie jamais sur les quatre tomes – même si évidemment nous connaissons le dénouement général (les derniers soldats que nous suivons participent aux combats désespérés du printemps 1945). Mon unique bémol viendrait de la conclusion sur la dernière page : c’est vraiment inutile, « too much ».

24/01/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Institutrice
L'Institutrice

Très bon récit accessible aux adolescents, mais qui fonctionne tout aussi bien pour un public adulte. Le scénario est solidement construit, porté par une morale claire sans lourdeur. Le choix du contexte breton, relativement peu exploité dans les récits de Résistance, apporte une vraie singularité et ancre efficacement l’histoire dans une réalité locale crédible. Le traitement du corps enseignant et de ses difficultés est mené avec subtilité, tout comme celui de la guerre, jamais spectaculaire ni complaisant. Les personnages, et en particulier les enfants, sont écrits avec beaucoup d’humanité : chacun est identifiable, compréhensible et attachant, ce qui renforce l’impact émotionnel sans forcer le trait. Le diptyque ne cherche pas à révolutionner le genre, mais assume pleinement ce qu’il est : un récit simple, juste et sincère. Graphiquement, le dessin est très réussi. Expressif et plutôt artistique, il apporte une vraie dynamique à un scénario volontairement efficace et sans prise de risque majeure. L’ensemble fonctionne avec fluidité et cohérence. Un diptyque chaleureux, honnête et émotionnellement gratifiant, que l’on recommande sans réserve aux adolescents, aux enseignants et à tous ceux qui apprécient, à l’occasion, une lecture qui fait simplement du bien.

24/01/2026 (modifier)