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Les dernier avis (2 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Tueur - Affaires d'Etat
Le Tueur - Affaires d'Etat

La suite de la série Le tueur n'était pas de ces BD que j'attendais, la série mère se finissant sur un dernier volume qui était parfait à mes yeux, avec tout ce qu'il fallait de noirceur et de considérations sociétales très marquées par le dégoût d'une humanité. C'est donc un peu circonspect que je me suis penché sur ce nouvel opus qui semble inaugurer une nouvelle ère du Tueur. Et c'est relativement bon pour l'instant ! Si la série démarre en douceur, avec ce qu'il faut d'action et de considérations sociétales, on se penche plus directement sur les affaires internes de la France et la façon dont certains problèmes sont réglés de manière bien rude. Ce n'est toujours pas la série que je recommande au déprimé ou à ceux qui ont envie de découvertes joyeuses : entre la morale politique et les échanges bien acides sur la façon de diriger un pays, on est dans une BD qui tire à boulet rouge sur le pouvoir, ses armes et ses protagonistes. Encore une fois, c'est à charge envers l'humanité, mais avec un ciblage plus précis sur les arcanes du pouvoir et ses différents personnages, tous aussi pourris. Le ton du récit laisse envisager une suite potentiellement surprenante, et j'ai hâte de découvrir ce que Matz nous prépare dans la suite. Le dessin est toujours aussi bon, il n'y a pas à tortiller : précis et vif, dans l'action et parfaitement en adéquation avec le propos. Rien à redire de plus dessus. Bref, une nouvelle série qui a de bonnes idées et qui démarre fort, j'ai bien envie de découvrir la suite du Tueur !

18/02/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Paul à la maison
Paul à la maison

Bien que je n'ai pas lu l'intégralité des tomes de la série Paul, je suis effectivement très surpris par le ton de ce récit. C'est bien plus noir et sombre que les précédents opus, et dégage une ambiance bien plus fataliste que dans les autres récits, toujours orientés sur le positif et l'optimisme. Et pour autant, j'ai apprécié cet opus qui s'inscrit dans un tout autre contexte de celui des autres, un peu plus proche et également plus réaliste. Ce que j'ai beaucoup aimé dans la série des Paul, c'est que c'est réellement une tranche de vie, un point de vue de la société via ce personnage et ses considérations. Et c'est tout l'intérêt de voir la vie de ce bonhomme, le dépaysement de la Belle Province et de ses idiomes de langage, mais aussi la façon dont il envisage la vie et se développe au fur et à mesure des tomes. Celui-ci est d'un ton totalement différent, donc, mais je l'ai trouvé aussi très mélancolique. Paul est ici vieillissant, avec tous les aspects de la vieillesse que l'on peut envisager : la solitude (très marquée dans le livre), les soucis physiques, la considération du temps qui a passé, la coupure entre l'individu et la société qu'il a du mal à comprendre ... C'est très nettement un roman graphique qui considère que le temps passé et que son personnage (très proche de l'auteur probablement, plusieurs parallèles sont menés dans le livre) ne semble plus avoir sa place dans ce monde-ci. La moitié des choses semblent incompréhensibles ou ineptes à ses yeux, et j'ai trouvé très juste et touchant le rapport qu'il entretient avec ce qu'il reste de son monde. La bande-dessinée comme métier, sa famille éclatée ... On sent que Paul s'accroche aux restes de son monde mais qu'il fait également le deuil d'une grande partie de sa vie. Et j'ai été touché par cela, comme si Rabagliati représentait déjà la vieillesse qui vient avant l'heure dans la vie d'un homme. Et j'ai été sensible aussi à un message que je sens dans le récit, et qui concerne plus la société dans son ensemble. Notamment l'accélération technologique ou la perte de repères d'une génération en mal de vivre et vieillissante. Quelle place a encore un père de famille après son divorce ? Que doit-il faire vis-à-vis de sa fille lorsqu'elle part à l'étranger de son propre chef ? Quelle place a un auteur plus âgé dans le monde jeune de la bande-dessinée ? Comment parler de son métier, de sa passion à des jeunes ? Et je sens aussi tout le drame de l'absence de dialogues, présent dans toute la BD. Paul ne peut plus dialoguer, ni avec sa famille ni avec ses voisins. Ni même avec sa mère ou sa sœur, et c'est le silence lourd durant toute la BD. Une métaphore assez sentie lorsque Paul imagine jeter tous les téléphones d'un bus pour obliger les gens à parler. J'aime bien cette scène, parce qu'on sent toute la frustration de se sentir dans une société où la communication a remplacé le dialogue. On ne parle plus, mais on communique en tout sens. Et c'est d'autant plus intéressant avec la mise en abime entre la BD (qui est un média et donc un moyen de communiquer) mais aussi le fait que les études de Paul sur le design technique et la communication soit présentes par petites touches. Paul à la maison, c'est tout une représentation de la communication ou le dialogue. Bref, sans être un grand fan de la série, du moins pas encore, je me suis senti touché par cet opus qui renferme beaucoup de choses en peu de mots. Et surtout c'est incroyable comment Rabagliati arrive à faire passer l'émotion en peu de mots. Les personnages, que l'on a suivis sur plusieurs tomes, ont ici bien changé, et si toutes les clés de cette évolution ne sont pas encore connues, j'ai envie de savoir et de continuer à les suivre. Un nouvel opus réussi pour l'auteur, et qui appelle une suite, lorsqu'elle viendra !

18/02/2020 (modifier)