Dire que j'ai failli ne jamais acheter cette bande à cause des avis postés ici...
Désolé mais je vais m'inscrire en complet porte à faux des avis précédents.
L'histoire raconte la survie d'un groupe d'hommes au sein d'une super prison en Antarctique.
Prisonniers, gardiens et personnel vivent dans les mêmes conditions précaires. Au gré des évènements, des alliances se nouent. Bientôt tout n'est plus que question de survie...
Le lieu de base de l'intrigue nous fait penser que nous sommes dans une dystopie. Le ton est résolument nihiliste, cynique et violent.
Les hommes ne cessent de s'entretuer (presque un mort toutes les deux pages), c'est la loi du plus fort. Ca m'a beaucoup fait penser à Hombre.
Il n'y a rien de bordélique dans le récit. On a simplement un découpage très cinématographique, les scènes s'enchaînent sans transition. On passe d'un clan à un autre et cela retranscrit bien l'urgence de la situation.
En effet, tout ce petit monde est en train de perdre ses nerfs car ils attendent des provisions qui n'arrivent pas, et l'ambiance devient très vite délétère.
Concernant l'introduction "choquante" avec les phoques, il s'agit clairement d'une parodie de la scène d'introduction du film The Thing, réalisé par Carpenter en 1982.
Le dessin réaliste de Rubio est juste magnifique.
L'enfer blanc, ainsi que deux autres créations du même auteur, sont sortis chez Soleil en 1996. Mais elles ont été publiées pour la première fois dans la revue Cimoc entre le milieu des années 80 et le début des années 90.
Si ces bandes avaient été éditées chez Albin Michel dans la collection Spécial USA qui regorge de ce type de productions, on crierait au génie...
Bref, ne suivez pas le sens de la foule et donnez une chance à cette pépite !
Il s'agit d'une série qui rassemble de courtes histoires d'Altuna, publiées auparavant dans le magazine Playboy, en plusieurs éditions et langues. Elle inclut également quelques illustrations coquines en pleine page.
Souvent chauds et amusants, les récits sont sans prétention, mais il faut dire que les filles sont les plus belles de l'histoire de la BD jusqu'à présent! Les couleurs sont également très bien réalisées et ajoutent un plus à la qualité de l'ensemble. Je pense qu'il s'agit d'érotisme soft, étant donné que les sexes ne sont jamais montrés explicitement et que c'est très bien ainsi...
Tout ce travail mériterait une édition intégrale de plus grandes dimensions et avec une meilleure qualité... Taschen, un jour, peut-être?
J'ai récemment acquis ce volume. Je connaissais déjà auparavant beaucoup des dessins, surtout les idées noires de Franquin. Mais ce fut agréable de découvrir de petits trésors disséminés à travers les nombreuses pages: des dessins de Bilal, Moebius, Rosinsky, Tardi et bien d'autres. Mon appréciation la plus positive va aux couvertures, aux en-têtes délirants de Franquin. Quelque chose tenté plus tard dans (A suivre), sans toutefois rencontrer le même succès. Je recommande la consultation et l'achat éventuel, en prévoyant de l'espace libre dans votre bibliothèque.
Dans un cadre préhistorique situé au mésolithique, Euy, une jeune fille aux yeux vairons, est bannie de son village d'adoption après la disparition de son protecteur. Elle se retrouve livrée à elle-même et s'attache à un personnage ambigu, mi-sorcier mi-barde, rusé et manipulateur mais finalement pas si malveillant.
Au premier abord, cette BD laisse une impression assez déroutante. Le dessin, volontairement simple, presque enfantin, et le personnage d'Euy, très spontané, instinctif, avec une manière de s'exprimer volontairement approximative, presque mal dégrossie, donnent au départ le sentiment d'un récit soit très jeunesse, soit un peu simpliste.
Et pourtant, passé cette première impression, l'album révèle discrètement son intelligence. Derrière cette apparente candeur se construit un univers étonnamment cohérent et riche, qui propose une vision de la préhistoire à la fois fantaisiste et pourtant crédible. On y découvre différentes tribus, chacune avec ses coutumes, ses manières de parler, ses niveaux de développement technique, dans un monde où coexistent échanges, conflits, commerce et même formes d'esclavage. Le tout reste rudimentaire, mais sonne juste, comme une interprétation vivante et incarnée de ce que pouvaient être ces sociétés humaines en construction.
Le travail sur le langage est d'ailleurs intéressant. Sans chercher de vraie rigueur linguistique, l'auteur s'amuse avec les mots, les manières de s'exprimer, et donne à chaque groupe une identité propre. Cela peut déstabiliser et paraitre arbitraire au début, mais quand on constate qu'il y a une vraie logique dans les manières de parler de chacun, cela participe à l'immersion et à la singularité du récit.
Sur le plan narratif, l'histoire prend la forme d'un parcours initiatique teinté d'aventure. La relation entre les deux personnages principaux, faite de méfiance, d'intérêt mutuel et d'une forme d'attachement progressif, porte une bonne partie du récit. Les péripéties s'enchaînent avec énergie, parfois avec des touches d'humour ou des situations un peu absurdes, mais l'ensemble conserve sa propre cohérence.
Ce mélange de naïveté apparente et de richesse de fond donne une BD tous publics assez singulière, qui demande un petit temps d'adaptation mais qui finit par convaincre. Une vision de la préhistoire colorée, vivante et inventive, qui parvient à être à la fois accessible et étonnamment nuancée derrière son voile de loufoquerie.
Note : 3,5/5
Tome 1 : Une sorte de tranche de vie d'une communauté rurale dans le Québec des années 20. On suit le personnage principal, Marie, qui vient de perdre son mari. tout deux tenaient le magasin général, sorte de point névralgique du village, isolé de la ville. Beaucoup de personnages secondaires sont introduits de sorte que le lecteur a parfois du mal à cerner qui est qui... Dans ce tome 1, il n'y a pas de véritable fil conducteur mais on suit le quotidien de la communauté. Niveau dessin, c'est du pur Loisel, le trait un peu épais mais joli, tout comme la mise en couleur. dommage qu'il n'y ait pas de lexique en fin d'ouvrage pour mieux apprécier les expressions québecoises qui sont néanmoins savamment distillées afin que le lecteur français que je suis arrive à suivre et comprendre les échanges.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 7/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 14/20
Tome 2 : le meilleur tome selon moi de la série. On suit ici l'arrivée de Serge et la révolution qu'il va entrainer dans la communauté privée de ses hommes partis plusieurs mois en forêt pour couper du bois.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 16/20
Tome 3 : suite au retour des hommes, la vie de la communauté prend une tournure inattendue. Je ne m'attendait pas du tout à l'issue finale et au fait que Serge soit homosexuel. Beaucoup d'émotion dans ce tome qui sonne très juste..
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 15/20
Une BD lente sur un choix à faire dans sa vie. La BD commence par l'arrivée de Hélène, une femme d'une quarantaine d'années, chez ses parents. Sa mère a Alzheimer, son père est un peu artiste. La pluie commence à arriver et couper les routes. Elle doit rester pour la nuit. Et puis les questions essentielles arrivent, les discussions importantes aussi ...
La BD est lente, franchement lente, laissant le temps au propos de se développer. Certaines choses prennent sens dans la durée, jusqu'à certains moments clés et souvent muets. On comprend sans avoir besoin de texte pour nous souligner les choses, ce qui est franchement bien, d'autant plus pour un récit intimiste qui raconte les difficultés que traverse cette femme, et notamment la question de la prise de conscience qu'elle doit faire.
Le tout est enrobé dans une histoire de pluie torrentielle et d'eau qui monte. Je ne sais pas trop de quand date l'idée de la BD mais ça m'a fait penser à ces inondations catastrophiques qui ont dévastées la Belgique en 2021. Cette idée introduit quelque chose d'inquiétant, une sorte de métaphore de tout ce qui remonte progressivement et nous isole des autres, mais aussi un refoulement d'émotion qui monte et gagne tout, dévastant nos vies jusqu'à un lever de soleil métaphorique sur une nouvelle étape de la vie. Hélène est une femme meurtrie, qui doit reconnaitre ses échecs et la réalité de ce qu'elle vit, forcée de rester chez ses parents qui sont gagnés par la maladie également.
Le tout est servi par un dessin étrange, avec des têtes que j'ai trouvé trop fixe pendant un long moment avant de comprendre que c'était une volonté de l'auteur, puisque Hélène va progressivement changer de tête et se dérider, tout en s'ouvrant aux autres. L'air hautain est une défense qu'elle adopte pour survivre.
En fait, en écrivant l'avis, j'ai un meilleur souvenir que la première impression que j'avais en écrivant l'avis. C'est une BD qui reste simple dans son déroulé, lent mais pas chiant, avec un rendu final plutôt tendre. Je vois quelques défauts, dont le principal selon moi est la disparition des parents étrangement fantastique. Je comprend que c'est une façon de continuer la métaphore du récit, mais cette disparition est si brusque et irréelle (presque irréaliste) qu'elle fait un peu tâche face au reste du récit qui est très réaliste. Cependant, en dehors de cette note que j'ai trouvé de trop, le reste est franchement bien tenu et arrive à me marquer plus que je n'aurais cru. En fin de compte je serais plus modéré dans ma note et mon avis, enclin à vous conseiller cette BD finalement.
Je note large pour le dessin superbe et l'enthousiasme qui m'a porté tout au long de ma lecture, dans une ambiance parfaitement orchestrée entre son hommage et son propos.
Parce que cette histoire est avant tout un bel hommage à la fantasy pulp des années 30, clairement inspiré de la vie de Robert E. Howard et son célèbre Conan, mais pas seulement puisqu'il y a aussi l'esthétique renvoyant au comics pulp, notamment l'héroïne qui rappelle pas mal Red Sonja. C'est surtout cet hommage qui se ressent, mais l'esthétique de la BD en envoie plein les mirettes, entre les couvertures magnifiques, le dessin coloré et rappelant les bons vieux designs de fantasy héroïque de ces années-là, sans jamais faire dans le plagiat ni dans la reprise sans originalité. La dessinatrice s'est fait plaisir en mélangeant différents styles visuels, chacun absorbé et digéré, jamais saugrenue. C'est clairement une maitrise de sa part, avec la combinaison de tout ce qu'il veut référencer suffisamment bien mélangé pour qu'on ne voit pas uniquement là quelque chose de forcé. Ce dessin est un excellent point, si ce n'est le meilleur, de cette BD.
Pour autant, la BD n'est pas en reste sur l'histoire, prenante jusqu'au bout. C'est une histoire qui démarre doucement, avec cet interview d'une vieille femme par un type que je pensais plus important qu'il ne l'est finalement. Mais très vite, on comprend que ce sera une histoire scindée en deux parties : la narration de cette vieille femme, entrecoupée des cassettes enregistrées qui voyagent de propriétaire en propriétaire. Le tout est entrainant avec l'introduction progressive de ce monde de fantasy débridé, sans règles et qui ne se laisse jamais cerner ou appréhender totalement. L'histoire reste celle de cette gouvernante qui n'y va jamais, se contenant de tenir le rôle qu'on lui a donné tout en acceptant parfois de sortir de celui-ci pour obliger quelqu'un à se bouger.
Le seul défaut que je vois à cette histoire est là toute fin, qui semble montrer l'importance de ces histoires certes mais qui se finit sans réellement avoir de point final. C'est dommage, même si je comprends la portée de ce message : les histoires comme celles-ci ne s'arrêtent jamais et leurs héros vivent encore à travers nous. Cependant, je trouve que la fin est abrupte, pas spécialement marquante et peut-être un peu trop cryptique. La dernière planche semble vouloir dire quelque chose mais je n'ai pas compris quoi.
Bref, la BD est riche visuellement et franchement intéressante, prenante dans un récit épique mais aussi intime. C'est franchement bon, avec un dépaysement qui fait plaisir et me donnerait envie de revoir cette fantasy grand spectacle, débridée, s'autorisant tout et n'importe quoi pour faire rêver et proposer une inventivité de chaque instant. Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture même si la fin m'a un peu déçu. Donc lecture conseillée !
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L'Enfer Blanc
Dire que j'ai failli ne jamais acheter cette bande à cause des avis postés ici... Désolé mais je vais m'inscrire en complet porte à faux des avis précédents. L'histoire raconte la survie d'un groupe d'hommes au sein d'une super prison en Antarctique. Prisonniers, gardiens et personnel vivent dans les mêmes conditions précaires. Au gré des évènements, des alliances se nouent. Bientôt tout n'est plus que question de survie... Le lieu de base de l'intrigue nous fait penser que nous sommes dans une dystopie. Le ton est résolument nihiliste, cynique et violent. Les hommes ne cessent de s'entretuer (presque un mort toutes les deux pages), c'est la loi du plus fort. Ca m'a beaucoup fait penser à Hombre. Il n'y a rien de bordélique dans le récit. On a simplement un découpage très cinématographique, les scènes s'enchaînent sans transition. On passe d'un clan à un autre et cela retranscrit bien l'urgence de la situation. En effet, tout ce petit monde est en train de perdre ses nerfs car ils attendent des provisions qui n'arrivent pas, et l'ambiance devient très vite délétère. Concernant l'introduction "choquante" avec les phoques, il s'agit clairement d'une parodie de la scène d'introduction du film The Thing, réalisé par Carpenter en 1982. Le dessin réaliste de Rubio est juste magnifique. L'enfer blanc, ainsi que deux autres créations du même auteur, sont sortis chez Soleil en 1996. Mais elles ont été publiées pour la première fois dans la revue Cimoc entre le milieu des années 80 et le début des années 90. Si ces bandes avaient été éditées chez Albin Michel dans la collection Spécial USA qui regorge de ce type de productions, on crierait au génie... Bref, ne suivez pas le sens de la foule et donnez une chance à cette pépite !
Voyeur - Les petites histoires érotiques pour Playboy
Il s'agit d'une série qui rassemble de courtes histoires d'Altuna, publiées auparavant dans le magazine Playboy, en plusieurs éditions et langues. Elle inclut également quelques illustrations coquines en pleine page. Souvent chauds et amusants, les récits sont sans prétention, mais il faut dire que les filles sont les plus belles de l'histoire de la BD jusqu'à présent! Les couleurs sont également très bien réalisées et ajoutent un plus à la qualité de l'ensemble. Je pense qu'il s'agit d'érotisme soft, étant donné que les sexes ne sont jamais montrés explicitement et que c'est très bien ainsi... Tout ce travail mériterait une édition intégrale de plus grandes dimensions et avec une meilleure qualité... Taschen, un jour, peut-être?
Le Trombone Illustré
J'ai récemment acquis ce volume. Je connaissais déjà auparavant beaucoup des dessins, surtout les idées noires de Franquin. Mais ce fut agréable de découvrir de petits trésors disséminés à travers les nombreuses pages: des dessins de Bilal, Moebius, Rosinsky, Tardi et bien d'autres. Mon appréciation la plus positive va aux couvertures, aux en-têtes délirants de Franquin. Quelque chose tenté plus tard dans (A suivre), sans toutefois rencontrer le même succès. Je recommande la consultation et l'achat éventuel, en prévoyant de l'espace libre dans votre bibliothèque.
Euy
Dans un cadre préhistorique situé au mésolithique, Euy, une jeune fille aux yeux vairons, est bannie de son village d'adoption après la disparition de son protecteur. Elle se retrouve livrée à elle-même et s'attache à un personnage ambigu, mi-sorcier mi-barde, rusé et manipulateur mais finalement pas si malveillant. Au premier abord, cette BD laisse une impression assez déroutante. Le dessin, volontairement simple, presque enfantin, et le personnage d'Euy, très spontané, instinctif, avec une manière de s'exprimer volontairement approximative, presque mal dégrossie, donnent au départ le sentiment d'un récit soit très jeunesse, soit un peu simpliste. Et pourtant, passé cette première impression, l'album révèle discrètement son intelligence. Derrière cette apparente candeur se construit un univers étonnamment cohérent et riche, qui propose une vision de la préhistoire à la fois fantaisiste et pourtant crédible. On y découvre différentes tribus, chacune avec ses coutumes, ses manières de parler, ses niveaux de développement technique, dans un monde où coexistent échanges, conflits, commerce et même formes d'esclavage. Le tout reste rudimentaire, mais sonne juste, comme une interprétation vivante et incarnée de ce que pouvaient être ces sociétés humaines en construction. Le travail sur le langage est d'ailleurs intéressant. Sans chercher de vraie rigueur linguistique, l'auteur s'amuse avec les mots, les manières de s'exprimer, et donne à chaque groupe une identité propre. Cela peut déstabiliser et paraitre arbitraire au début, mais quand on constate qu'il y a une vraie logique dans les manières de parler de chacun, cela participe à l'immersion et à la singularité du récit. Sur le plan narratif, l'histoire prend la forme d'un parcours initiatique teinté d'aventure. La relation entre les deux personnages principaux, faite de méfiance, d'intérêt mutuel et d'une forme d'attachement progressif, porte une bonne partie du récit. Les péripéties s'enchaînent avec énergie, parfois avec des touches d'humour ou des situations un peu absurdes, mais l'ensemble conserve sa propre cohérence. Ce mélange de naïveté apparente et de richesse de fond donne une BD tous publics assez singulière, qui demande un petit temps d'adaptation mais qui finit par convaincre. Une vision de la préhistoire colorée, vivante et inventive, qui parvient à être à la fois accessible et étonnamment nuancée derrière son voile de loufoquerie. Note : 3,5/5
Magasin général
Tome 1 : Une sorte de tranche de vie d'une communauté rurale dans le Québec des années 20. On suit le personnage principal, Marie, qui vient de perdre son mari. tout deux tenaient le magasin général, sorte de point névralgique du village, isolé de la ville. Beaucoup de personnages secondaires sont introduits de sorte que le lecteur a parfois du mal à cerner qui est qui... Dans ce tome 1, il n'y a pas de véritable fil conducteur mais on suit le quotidien de la communauté. Niveau dessin, c'est du pur Loisel, le trait un peu épais mais joli, tout comme la mise en couleur. dommage qu'il n'y ait pas de lexique en fin d'ouvrage pour mieux apprécier les expressions québecoises qui sont néanmoins savamment distillées afin que le lecteur français que je suis arrive à suivre et comprendre les échanges. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 7/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 14/20 Tome 2 : le meilleur tome selon moi de la série. On suit ici l'arrivée de Serge et la révolution qu'il va entrainer dans la communauté privée de ses hommes partis plusieurs mois en forêt pour couper du bois. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 16/20 Tome 3 : suite au retour des hommes, la vie de la communauté prend une tournure inattendue. Je ne m'attendait pas du tout à l'issue finale et au fait que Serge soit homosexuel. Beaucoup d'émotion dans ce tome qui sonne très juste.. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 15/20
Après l'orage (Cremers)
Une BD lente sur un choix à faire dans sa vie. La BD commence par l'arrivée de Hélène, une femme d'une quarantaine d'années, chez ses parents. Sa mère a Alzheimer, son père est un peu artiste. La pluie commence à arriver et couper les routes. Elle doit rester pour la nuit. Et puis les questions essentielles arrivent, les discussions importantes aussi ... La BD est lente, franchement lente, laissant le temps au propos de se développer. Certaines choses prennent sens dans la durée, jusqu'à certains moments clés et souvent muets. On comprend sans avoir besoin de texte pour nous souligner les choses, ce qui est franchement bien, d'autant plus pour un récit intimiste qui raconte les difficultés que traverse cette femme, et notamment la question de la prise de conscience qu'elle doit faire. Le tout est enrobé dans une histoire de pluie torrentielle et d'eau qui monte. Je ne sais pas trop de quand date l'idée de la BD mais ça m'a fait penser à ces inondations catastrophiques qui ont dévastées la Belgique en 2021. Cette idée introduit quelque chose d'inquiétant, une sorte de métaphore de tout ce qui remonte progressivement et nous isole des autres, mais aussi un refoulement d'émotion qui monte et gagne tout, dévastant nos vies jusqu'à un lever de soleil métaphorique sur une nouvelle étape de la vie. Hélène est une femme meurtrie, qui doit reconnaitre ses échecs et la réalité de ce qu'elle vit, forcée de rester chez ses parents qui sont gagnés par la maladie également. Le tout est servi par un dessin étrange, avec des têtes que j'ai trouvé trop fixe pendant un long moment avant de comprendre que c'était une volonté de l'auteur, puisque Hélène va progressivement changer de tête et se dérider, tout en s'ouvrant aux autres. L'air hautain est une défense qu'elle adopte pour survivre. En fait, en écrivant l'avis, j'ai un meilleur souvenir que la première impression que j'avais en écrivant l'avis. C'est une BD qui reste simple dans son déroulé, lent mais pas chiant, avec un rendu final plutôt tendre. Je vois quelques défauts, dont le principal selon moi est la disparition des parents étrangement fantastique. Je comprend que c'est une façon de continuer la métaphore du récit, mais cette disparition est si brusque et irréelle (presque irréaliste) qu'elle fait un peu tâche face au reste du récit qui est très réaliste. Cependant, en dehors de cette note que j'ai trouvé de trop, le reste est franchement bien tenu et arrive à me marquer plus que je n'aurais cru. En fin de compte je serais plus modéré dans ma note et mon avis, enclin à vous conseiller cette BD finalement.
Helen de Wyndhorn
Je note large pour le dessin superbe et l'enthousiasme qui m'a porté tout au long de ma lecture, dans une ambiance parfaitement orchestrée entre son hommage et son propos. Parce que cette histoire est avant tout un bel hommage à la fantasy pulp des années 30, clairement inspiré de la vie de Robert E. Howard et son célèbre Conan, mais pas seulement puisqu'il y a aussi l'esthétique renvoyant au comics pulp, notamment l'héroïne qui rappelle pas mal Red Sonja. C'est surtout cet hommage qui se ressent, mais l'esthétique de la BD en envoie plein les mirettes, entre les couvertures magnifiques, le dessin coloré et rappelant les bons vieux designs de fantasy héroïque de ces années-là, sans jamais faire dans le plagiat ni dans la reprise sans originalité. La dessinatrice s'est fait plaisir en mélangeant différents styles visuels, chacun absorbé et digéré, jamais saugrenue. C'est clairement une maitrise de sa part, avec la combinaison de tout ce qu'il veut référencer suffisamment bien mélangé pour qu'on ne voit pas uniquement là quelque chose de forcé. Ce dessin est un excellent point, si ce n'est le meilleur, de cette BD. Pour autant, la BD n'est pas en reste sur l'histoire, prenante jusqu'au bout. C'est une histoire qui démarre doucement, avec cet interview d'une vieille femme par un type que je pensais plus important qu'il ne l'est finalement. Mais très vite, on comprend que ce sera une histoire scindée en deux parties : la narration de cette vieille femme, entrecoupée des cassettes enregistrées qui voyagent de propriétaire en propriétaire. Le tout est entrainant avec l'introduction progressive de ce monde de fantasy débridé, sans règles et qui ne se laisse jamais cerner ou appréhender totalement. L'histoire reste celle de cette gouvernante qui n'y va jamais, se contenant de tenir le rôle qu'on lui a donné tout en acceptant parfois de sortir de celui-ci pour obliger quelqu'un à se bouger. Le seul défaut que je vois à cette histoire est là toute fin, qui semble montrer l'importance de ces histoires certes mais qui se finit sans réellement avoir de point final. C'est dommage, même si je comprends la portée de ce message : les histoires comme celles-ci ne s'arrêtent jamais et leurs héros vivent encore à travers nous. Cependant, je trouve que la fin est abrupte, pas spécialement marquante et peut-être un peu trop cryptique. La dernière planche semble vouloir dire quelque chose mais je n'ai pas compris quoi. Bref, la BD est riche visuellement et franchement intéressante, prenante dans un récit épique mais aussi intime. C'est franchement bon, avec un dépaysement qui fait plaisir et me donnerait envie de revoir cette fantasy grand spectacle, débridée, s'autorisant tout et n'importe quoi pour faire rêver et proposer une inventivité de chaque instant. Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture même si la fin m'a un peu déçu. Donc lecture conseillée !