Je suis allé un peu à reculons pour lire cet album malgré les bonnes notes. En effet, je n'avais pas aimé Le Bestiaire du crépuscule de la même autrice parue dans la même collection.
Heureusement, j'ai vite trouvé cette histoire plus facile que le précédant one-shot. Il faut dire que malgré la prémisse un peu absurde, il y a un vrai scénario dont le but est facile à suivre: le crâne de Descartes dialogue avec les animaux sur le fameux débat sur si les animaux ont une âme ou non et autour de ça il y a d'autres intrigues qui se greffent, comme ce qui est arrivé au crâne depuis la mort du philosophe. Il y a un coté historique dans le scénario qui a retenu mon attention alors qu'avec Le Bestiaire du crépuscule on tombait vite dans un récit onirique difficile à comprendre.
La lecture est exigeante et ça prend plusieurs heures pour la finir tellement l'album est bavard. Personnellement, cela ne m'a pas dérangé parce que les sujets de discussions des personnages me passionnaient, mais je peux comprendre les lecteurs qui seraient passé à coté du scénario parce que c'est clairement pas une lecture pour tout le monde. Ce qui aide aussi à passer au travers cet album sont les touches d'humour qui fonctionnent bien.
Le dessin est très bon et la mise en scène est très bien maitrisée.
Voici une histoire toute en retenue autour d'une famille qui a des liens distendus. Le jour de l'enterrement de sa femme, ni le fils, ni la petite-fille ne sont présents. On ne sait pas les raisons, sont-ils fâchés à ce point ? Le vieux monsieur a une passion originale, du moins rarement traitée en manga, à savoir l'art du vitrail. Il réalise différentes oeuvres dont des lampes. Un jour une jeune fille se présente chez lui et il pense que c'est sa petite-fille qu'il n'a pas vue depuis des années, celle-ci ne dément pas. Petit à petit il réapprend à la connaitre, va la former à sa passion et aussi reprendre goût à son art alors qu'il n'en avait plus envie après la mort de sa femme.
L'auteure s'est directement inspirée de son histoire familiale pour écrire ce récit, un hommage à son aïeul qui aimait ce travail sur le vitrail. Le dessin est très bon et on se prend au jeu de la découpe de verre et des couleurs sur un sujet pas forcément aguicheur. Le format est assez grand, la qualité d'édition impeccable comme souvent chez cet éditeur. On peut pousser à 4/5.
J’étais un peu passé à côté de cet album lors d’une première lecture en 2002, déstabilisé par ce choix narratif qui consiste à passer d’un personnage à un autre, plutôt que de se concentrer sur un protagoniste unique. Je relis l’album en 2026, et je monte ma note d’un point.
Tardi capture parfaitement cette boucherie insensée que fut la Première Guerre Mondiale. Sa violence, son cynisme, la marche en avant du progrès industriel pour inventer de nouvelles façons de massacrer la jeunesse. L’auteur choisit de ne rien expliquer, pas de leçon d’Histoire, de cartes explicatives, de géopolitique. Il montre, tout simplement. Certaines scènes sont à la limite du supportable. Le choix narratif dont je parle ci-dessus renforce encore plus cette impression de massacre à la chaine.
Le noir et blanc de l’auteur fonctionne parfaitement pour ce genre d’histoire. Il est détaillé et maitrisé, et la représentation des personnages et de leurs émotions apporte une puissance inouïe au récit.
Une lecture difficile de par son contenu, mais indispensable pour se rappeler du calvaire vécu par des millions de jeunes hommes, il y a à peine plus de 100 ans.
Comme cela arrive à beaucoup de lecteurs, c'est ma série préférée de Bilal. Après avoir tout lu de sa collaboration avec Christin, ce fut un choc esthétique et libérateur de découvrir Alcide Nikopol, Jill Bioskop et toute la faune humaine et extraterrestre des histoires.
J'ai regardé Paris et Londres différemment et j'ai commencé à dessiner automatiquement des profils bilaliens partout.
Froid Équateur ne m'a plus impressionné autant, je commençais à devenir immunisé, peut-être...
P. S. mon exemplaire de «Libération» du 14 octobre 1993 commence à montrer son âge.
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La Tête de mort venue de Suède
Je suis allé un peu à reculons pour lire cet album malgré les bonnes notes. En effet, je n'avais pas aimé Le Bestiaire du crépuscule de la même autrice parue dans la même collection. Heureusement, j'ai vite trouvé cette histoire plus facile que le précédant one-shot. Il faut dire que malgré la prémisse un peu absurde, il y a un vrai scénario dont le but est facile à suivre: le crâne de Descartes dialogue avec les animaux sur le fameux débat sur si les animaux ont une âme ou non et autour de ça il y a d'autres intrigues qui se greffent, comme ce qui est arrivé au crâne depuis la mort du philosophe. Il y a un coté historique dans le scénario qui a retenu mon attention alors qu'avec Le Bestiaire du crépuscule on tombait vite dans un récit onirique difficile à comprendre. La lecture est exigeante et ça prend plusieurs heures pour la finir tellement l'album est bavard. Personnellement, cela ne m'a pas dérangé parce que les sujets de discussions des personnages me passionnaient, mais je peux comprendre les lecteurs qui seraient passé à coté du scénario parce que c'est clairement pas une lecture pour tout le monde. Ce qui aide aussi à passer au travers cet album sont les touches d'humour qui fonctionnent bien. Le dessin est très bon et la mise en scène est très bien maitrisée.
Akari
Voici une histoire toute en retenue autour d'une famille qui a des liens distendus. Le jour de l'enterrement de sa femme, ni le fils, ni la petite-fille ne sont présents. On ne sait pas les raisons, sont-ils fâchés à ce point ? Le vieux monsieur a une passion originale, du moins rarement traitée en manga, à savoir l'art du vitrail. Il réalise différentes oeuvres dont des lampes. Un jour une jeune fille se présente chez lui et il pense que c'est sa petite-fille qu'il n'a pas vue depuis des années, celle-ci ne dément pas. Petit à petit il réapprend à la connaitre, va la former à sa passion et aussi reprendre goût à son art alors qu'il n'en avait plus envie après la mort de sa femme. L'auteure s'est directement inspirée de son histoire familiale pour écrire ce récit, un hommage à son aïeul qui aimait ce travail sur le vitrail. Le dessin est très bon et on se prend au jeu de la découpe de verre et des couleurs sur un sujet pas forcément aguicheur. Le format est assez grand, la qualité d'édition impeccable comme souvent chez cet éditeur. On peut pousser à 4/5.
C'était la guerre des tranchées
J’étais un peu passé à côté de cet album lors d’une première lecture en 2002, déstabilisé par ce choix narratif qui consiste à passer d’un personnage à un autre, plutôt que de se concentrer sur un protagoniste unique. Je relis l’album en 2026, et je monte ma note d’un point. Tardi capture parfaitement cette boucherie insensée que fut la Première Guerre Mondiale. Sa violence, son cynisme, la marche en avant du progrès industriel pour inventer de nouvelles façons de massacrer la jeunesse. L’auteur choisit de ne rien expliquer, pas de leçon d’Histoire, de cartes explicatives, de géopolitique. Il montre, tout simplement. Certaines scènes sont à la limite du supportable. Le choix narratif dont je parle ci-dessus renforce encore plus cette impression de massacre à la chaine. Le noir et blanc de l’auteur fonctionne parfaitement pour ce genre d’histoire. Il est détaillé et maitrisé, et la représentation des personnages et de leurs émotions apporte une puissance inouïe au récit. Une lecture difficile de par son contenu, mais indispensable pour se rappeler du calvaire vécu par des millions de jeunes hommes, il y a à peine plus de 100 ans.
La Trilogie Nikopol
Comme cela arrive à beaucoup de lecteurs, c'est ma série préférée de Bilal. Après avoir tout lu de sa collaboration avec Christin, ce fut un choc esthétique et libérateur de découvrir Alcide Nikopol, Jill Bioskop et toute la faune humaine et extraterrestre des histoires. J'ai regardé Paris et Londres différemment et j'ai commencé à dessiner automatiquement des profils bilaliens partout. Froid Équateur ne m'a plus impressionné autant, je commençais à devenir immunisé, peut-être... P. S. mon exemplaire de «Libération» du 14 octobre 1993 commence à montrer son âge.