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Couverture de la série Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)

Voilà une lecture plaisante. Un polar qui ne paye pas de mine, où il n’y a finalement pas beaucoup d’action, mais qui est à la fois prenant et plein de peps. Car la narration est très dynamique, à l’image de l’héroïne, Eva, une jeune psy un peu déjantée qui se transforme en enquêtrice « hors norme ». L’aspect polar n’est pas hyper original (une histoire d’héritage, de magouilles qui refont surface, dans une famille de la grande bourgeoisie barcelonaise), mais son traitement primesautier, très frais rend la lecture très agréable. Et l’héroïne, elle aussi très « naturelle » (voir la façon avec laquelle elle distille certaines infos au psychiatre sensé l’évaluer) est pour beaucoup dans la fluidité de la lecture. Le dessin de Lafebre est simple, sans être minimaliste. Il est en tout cas, avec une économie de moyens, très expressif (en particulier pour les bouilles des trois femmes, qui accompagnent Eva en pensée). Un chouette album. Rien d’exceptionnel, mais un bon moment de détente assuré. ******************* J'ai découvert sur le tard que ce que je croyais n'être qu'un one-shot se transformait en une série d'histoires indépendantes. Je ne sais si c'est une bonne idée. Enfin bon, j'ai lu cet "Ange perdu". Il est sur la lancée du précédent album, on y retrouve les mêmes personnages, les mêmes tics (la personnalisation des "voix intérieures" de l'héroïne - héroïne toujours aussi désinvolte et borderline, énervante et attachante, probablement insupportable quand même). L'intrigue est un chouia plus originale que dans le précédent opus, mais est quand même secondaire. Tout est encore misé sur Eva et sa relation aux autres, au monde. Un personnage lunaire auquel quelques situations et dialogues amusants donnent un certain peps. Une série sans prétention, mais la lecture est toujours plaisante.

06/04/2024 (MAJ le 31/03/2026) (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Wax paradoxe
Wax paradoxe

Je suis tombé sur cette BD dont le sujet m'a immédiatement interpelé : le wax ! Le fameux tissu "africain" dont on fait les chemises et les boubous. Or, je suis grand amateur de Wax ! Si cette BD est sortie opportunément pendant une exposition parisienne précisément consacrée au Wax (c'est même une commande), elle ne passe pas à côté de son sujet. La jeune autrice Justine Sow, métis de père guinéen, et dont il s'agit de la première BD, livre même une bonne histoire qui ne fait pas l'impasse sur l'émotion. En effet, elle livre quelques souvenirs familiaux poignants, et surtout comment elle niait sa propre situation. Comment aussi elle a subit le racisme invisible, y compris de la part de sa très proche famille. Tout cela est bien fait. L'intro pose parfaitement le cadre, et le rendu documentaire est distillé en parallèle de l'histoire familiale. Le dessin remplit parfaitement sa fonction, et on apprend des choses étonnantes sur le fameux tissu. On regrettera simplement une fin abrupte, ainsi que la fugacité des scènes de famille, certes concentrées autour d'anecdotes et de dialogues bien choisis. L'ensemble manque d'un poil de percussion, d'où un côté un peu froid peut-être. Perso, j'aurais aimé quelque chose de plus investi d'autant qu'il y avait largement matière à le faire.

31/03/2026 (modifier)