Pourtant échaudé par la BD précédente de Maybelline Skvortzoff, je me suis volontiers lancé dans Tachycardie, pour d’obscures raisons. Si le dessin ne me déplait pas, c’est sans doute l’aspect globalement un peu trash qui m’a motivé.
Oui, le dessin me plait assez. J’aime cette ligne claire et fine, le sens du détail de l’autrice, la manière dont elle découpe son récit, ainsi que les plans qu’elle choisit de montrer. C’est habile et très dynamique. Si ce n’était le côté un peu cauchemardesque de certains visages, avec leurs nez pointus leur conférant un petit air de sorcière, je serais même clairement emballé. Le père fait vaguement flipper avec son long nez et sa tête de psychopathe, et la patronne du magasin bio où travaille Judith est quant à elle carrément hideuse.
Trop rien à reprocher au scénario. Il suit sa bille, dévoile les personnages lentement. Petit à petit, on comprend les liens qui unissent tous les protagonistes. C’est bien amené, et malgré quelques ressemblances qui font parfois confondre les personnages, ainsi que quelques enchainements un peu incertains, Tachycardie se lit bien. Ah oui ! Les passages où sont donnés à lire les échanges de sms sont confus : on ne sait pas toujours qui écrit à qui… Rien de rédhibitoire toutefois.
Alors pourquoi que c’est que trois sur cinq ? Et bien d’abord, il y a un petit côté désenchanté dont je n’ai jamais pu me départir et qui plombe un peu la lecture. J’ai beaucoup pensé à Miguel Vila. Il n’y a pas un personnage qui soit équilibré dans cette affaire. Toutes et tous souffrent d’un sévère manque émotionnel, quand elles ou ils n’ont pas carrément un gros pète au casque. Quant à Charlie, il en devient même profondément antipathique. Tout cela est accentué par la manière dont l’autrice représente les visages. La même histoire dessinée par Pascal Rabaté ou Chloé Cruchaudet n’aurait sans aucun doute pas eu le même impact. Heureusement pour la santé mentale du lecteur, cette histoire se termine bien, et on verra même de la beauté émerger de toute cette crasse psychiatrique.
Ben finalement, le bilan est plutôt bon, non ? En écrivant, je réalise toute la force du dessin de Maybelline Skvortzoff qui parvient par son trait seul à tordre encore d’avantage ses personnages. C’est vrai que je préfère lire des récits qui me portent plutôt que des histoires qui me plombent, mais honnêtement, est-ce une raison suffisante pour flinguer une BD ? Purée, j’suis pas prof moi ! Le fait d’avoir rédigé cette critique m’amène tout bonnement à la réévaluer. Et zou !
Comme pour TER, je me rends compte que je suis bon public pour la science fiction peu scientifique ! Évidemment que les plus rationnels d'entre-nous sont assez rétifs à imaginer qu'on puisse vivre sur la lune ; et les multiples freins à cette éventualité interdisent tout ambryon de scénario en ce sens.
Pourtant c'est vraiment un fantasme enfantin qui me parle. Le rythme lent et méditatif de cet album cache des boucles scénaristiques nombreuses qui aglomèrent des univers qui jusque là étaient assez éloignées les unes des autres dans mon cerveau.
Et ça me fait le même effet que lorsque, ado, on se rend compte que telle place de la ville qu'on fréquentait enfant ( pour voir un ami de nos parents par exemple) se trouve en fait tout près d'une autre ( un bibliothèque, un cinéma) dont le souvenir était rangée très loin de la première en partie parce qu'on avait jamais fait ces deux activités successivement.
Cette histoire, aux habits de manga aquarellé, fait tourner une sorte de constellation d'univers littéraires variés, chaque tiroir s'ouvre l'un après l'autre sans se refermer dans ce tome : le documentaire sur les oiseaux, le roman d'orphelinat (avec brimades et drames), le roman de science fiction ( avec nouveaux moyens de transports et évolutions politiques effrayantes), l'enquête familiale ( avec recherche angoissante des origines), le fantastique (avec le géant de pierre qui ouvre ses yeux bleus pour renseigner les âmes pures), la bande d'ados (avec les ambiguïtés entre amour et amitié et les rôles qui se caricaturent)
Honnêtement chaque boucle de scénario est cohérente et ouvre notre imaginaire vers de nouveaux horizons : cela me paraît une qualité rare qui mérite bien 4 étoiles.
En revanche je suis assez curieuse de voir comment le second tome va réussir à continuer l'orbite de toutes ces planètes sans qu'elles ne se percutent dans un crash final !
Flegme britannique et une touche de violence. Clifton est génial !
Une des meilleures séries que tout le monde se rappelle du Journal Tintin. Créée par Macherot, mais ensuite avec Turk et De Groot, elle a atteint la perfection en termes d'histoires et de dessin.
Le modèle du détective britannique, sa gouvernante, Mrs Partridge, ses chatons et sa MG rouge forment une caricature et une vision inoubliable.
De Clifton à New York de Macherot jusqu'au voleur qui rit et Lord X, je ris tout le temps !
Même avec l'épisode d'Azara et la continuation de Bédu, tout est resté très bon. E. P. Jacobs apparaît dans un des épisodes et cela a tout son sens !
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Tachycardie
Pourtant échaudé par la BD précédente de Maybelline Skvortzoff, je me suis volontiers lancé dans Tachycardie, pour d’obscures raisons. Si le dessin ne me déplait pas, c’est sans doute l’aspect globalement un peu trash qui m’a motivé. Oui, le dessin me plait assez. J’aime cette ligne claire et fine, le sens du détail de l’autrice, la manière dont elle découpe son récit, ainsi que les plans qu’elle choisit de montrer. C’est habile et très dynamique. Si ce n’était le côté un peu cauchemardesque de certains visages, avec leurs nez pointus leur conférant un petit air de sorcière, je serais même clairement emballé. Le père fait vaguement flipper avec son long nez et sa tête de psychopathe, et la patronne du magasin bio où travaille Judith est quant à elle carrément hideuse. Trop rien à reprocher au scénario. Il suit sa bille, dévoile les personnages lentement. Petit à petit, on comprend les liens qui unissent tous les protagonistes. C’est bien amené, et malgré quelques ressemblances qui font parfois confondre les personnages, ainsi que quelques enchainements un peu incertains, Tachycardie se lit bien. Ah oui ! Les passages où sont donnés à lire les échanges de sms sont confus : on ne sait pas toujours qui écrit à qui… Rien de rédhibitoire toutefois. Alors pourquoi que c’est que trois sur cinq ? Et bien d’abord, il y a un petit côté désenchanté dont je n’ai jamais pu me départir et qui plombe un peu la lecture. J’ai beaucoup pensé à Miguel Vila. Il n’y a pas un personnage qui soit équilibré dans cette affaire. Toutes et tous souffrent d’un sévère manque émotionnel, quand elles ou ils n’ont pas carrément un gros pète au casque. Quant à Charlie, il en devient même profondément antipathique. Tout cela est accentué par la manière dont l’autrice représente les visages. La même histoire dessinée par Pascal Rabaté ou Chloé Cruchaudet n’aurait sans aucun doute pas eu le même impact. Heureusement pour la santé mentale du lecteur, cette histoire se termine bien, et on verra même de la beauté émerger de toute cette crasse psychiatrique. Ben finalement, le bilan est plutôt bon, non ? En écrivant, je réalise toute la force du dessin de Maybelline Skvortzoff qui parvient par son trait seul à tordre encore d’avantage ses personnages. C’est vrai que je préfère lire des récits qui me portent plutôt que des histoires qui me plombent, mais honnêtement, est-ce une raison suffisante pour flinguer une BD ? Purée, j’suis pas prof moi ! Le fait d’avoir rédigé cette critique m’amène tout bonnement à la réévaluer. Et zou !
Terre ou Lune
Comme pour TER, je me rends compte que je suis bon public pour la science fiction peu scientifique ! Évidemment que les plus rationnels d'entre-nous sont assez rétifs à imaginer qu'on puisse vivre sur la lune ; et les multiples freins à cette éventualité interdisent tout ambryon de scénario en ce sens. Pourtant c'est vraiment un fantasme enfantin qui me parle. Le rythme lent et méditatif de cet album cache des boucles scénaristiques nombreuses qui aglomèrent des univers qui jusque là étaient assez éloignées les unes des autres dans mon cerveau. Et ça me fait le même effet que lorsque, ado, on se rend compte que telle place de la ville qu'on fréquentait enfant ( pour voir un ami de nos parents par exemple) se trouve en fait tout près d'une autre ( un bibliothèque, un cinéma) dont le souvenir était rangée très loin de la première en partie parce qu'on avait jamais fait ces deux activités successivement. Cette histoire, aux habits de manga aquarellé, fait tourner une sorte de constellation d'univers littéraires variés, chaque tiroir s'ouvre l'un après l'autre sans se refermer dans ce tome : le documentaire sur les oiseaux, le roman d'orphelinat (avec brimades et drames), le roman de science fiction ( avec nouveaux moyens de transports et évolutions politiques effrayantes), l'enquête familiale ( avec recherche angoissante des origines), le fantastique (avec le géant de pierre qui ouvre ses yeux bleus pour renseigner les âmes pures), la bande d'ados (avec les ambiguïtés entre amour et amitié et les rôles qui se caricaturent) Honnêtement chaque boucle de scénario est cohérente et ouvre notre imaginaire vers de nouveaux horizons : cela me paraît une qualité rare qui mérite bien 4 étoiles. En revanche je suis assez curieuse de voir comment le second tome va réussir à continuer l'orbite de toutes ces planètes sans qu'elles ne se percutent dans un crash final !
Clifton
Flegme britannique et une touche de violence. Clifton est génial ! Une des meilleures séries que tout le monde se rappelle du Journal Tintin. Créée par Macherot, mais ensuite avec Turk et De Groot, elle a atteint la perfection en termes d'histoires et de dessin. Le modèle du détective britannique, sa gouvernante, Mrs Partridge, ses chatons et sa MG rouge forment une caricature et une vision inoubliable. De Clifton à New York de Macherot jusqu'au voleur qui rit et Lord X, je ris tout le temps ! Même avec l'épisode d'Azara et la continuation de Bédu, tout est resté très bon. E. P. Jacobs apparaît dans un des épisodes et cela a tout son sens !