Claude Paiement et Jean-Paul Eid collaborent encore une fois et donne un très bon one-shot qui traite d'un sujet actuel à savoir la dénonciation anonyme d'un réalisateur très populaire qui aurait abusé une femme il y a de cela plusieurs décennies.
Le scénario est efficace et très crédible. Les événements qui se produisent après la dénonciation sont réalistes avec ceux qui le défendent et ceux qui le jugent immédiatement. Ajoutons qu'en plus le réalisateur en question vient de sortir un film qui récolte des prix et des nominations alors plusieurs voudraient bien que cette accusation passe sous le tapis en se foutant si c'est vrai ou non, ce qui est important est que ce célèbre réalisateur fait honneur au Québec en gagnant l'oscar du meilleur film étranger !
Je ne sais pas si un lecteur européen va bien comprendre toutes les subtilités de la société québécoise. En gros, avant les années 60 le Québec francophone était dominé par la minorité anglophone et hormis une minorité de bourgeois, la plupart des francophones étaient des prolétaires et tout a changé en seulement quelques décennies. Le personnage principal fait parti de cette génération qui a souvent eu la vie dur avant de pouvoir s'épanouir durant les changements sociaux des années 60-70 et je comprends parfaitement qu'il soit traité comme un bijou national et qu'il faut que sa réputation soit irréprochable. Sauf que sa génération a aussi connue une époque où pouvait faire des choses qu'on ne peut plus faire aujourd'hui....
Le scénario est prenant et les personnages sont complexes. Il y a des dialogues qui font mal parce qu'elles disent des vérités que parfois on ne voudrait pas entendre. Le seul défaut selon moi est que l'identité de la mystérieuse femme qui dénonce et harcèle le réalisateur me semble facile à deviner.
Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier.
On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc.
La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.
Autant je pouvais reprocher à mes lectures précédentes de McNaught une certain vide, un goût de trop peu, ici avec Hors scène il déroule une véritable intéressante histoire sur le fond avec des dialogues plus fournis. Sur la forme on retrouve sa manie des petites cases carrées, du silence et de l'observation des petits détails. C'est un album de grand format chez Dargaud qui laisse le loisir de détailler ses dessins. Le trait de certains personnages m'a rappelé le style de Sattouf avec les Cahiers d'Esther.
Le scénario pose quant à lui des vrais personnages, des jeunes qui doivent monter une pièce de théâtre au collège. On sent le malaise, les non-dits, les moqueries d'enfants qui grandissent. David est le personnage principal, aussi dans la pièce car il joue le lion. Il est plutôt réservé, ce n'est pas la star de la classe. On sent sa minutie dans la création de son costume. Tout cela est très subtil et bien vu de la part de l'auteur.
Je n’aurais probablement jamais acheté cet album de moi-même. merci à Paco de me l’avoir prêté car effectivement cet album est une claque ! On sait tous que les logiciels espions existent, mais les voir décortiqués à ce point, avec une telle précision, ça fait flipper. Le scénario plonge dans les rouages de la surveillance de masse, et le niveau de détail dans le décryptage des affaires est impressionnant – presque trop réaliste.
Visuellement, c’est une réussite totale. La colorisation, en particulier, sert parfaitement l’ambiance : des tons froids, des contrastes saisissants, et une esthétique qui rappelle les documentaires d’investigation. On a vraiment l’impression de lire un reportage, pas une fiction. Chaque case est travaillée pour renforcer l’immersion et l’angoisse sourde qui monte page après page.
Bref, une BD indispensable pour comprendre (et craindre) l’ère numérique dans laquelle on vit. À lire d’urgence, même si on en ressort avec l’envie de jeter son smartphone ! En tout cas j ai modifié les paramètres de mon iPhone ! Merci Paco pour cette belle découverte.
L’univers et l’ambiance m’ont vraiment immergé dans un Far West rude et sans pitié. On est loin du cliché du cowboy héroïque : ici, l’Ouest américain de 1874 est violent, sale et dangereux, où les habitants, notamment les femmes, doivent se battre juste pour survivre.
J’ai trouvé intéressant que les protagonistes principaux soient trois femmes fortes (Marian, Elfie et Mattie), ce qui donne un vrai souffle narratif différent des westerns classiques centrés sur des hommes. Cela apporte de la modernité dans un récit de genre.
Le dessin de Chris Regnault m’a plu : il est efficace, nerveux et parfois très cinématographique, avec des planches qui rappellent les grands classiques du western à l’écran.
Côté scénario, j’ai ressenti des points forts et des limites. L’histoire va un peu trop vite et ne développe pas toujours tous les enjeux ou relations entre les personnages. Pour moi, cela reste classique, mais très efficace.
Leave Them Alone est une BD western bien construite, avec une atmosphère lourde et immersive, des personnages féminins intéressants et un dessin solide.
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Claude Paiement et Jean-Paul Eid collaborent encore une fois et donne un très bon one-shot qui traite d'un sujet actuel à savoir la dénonciation anonyme d'un réalisateur très populaire qui aurait abusé une femme il y a de cela plusieurs décennies. Le scénario est efficace et très crédible. Les événements qui se produisent après la dénonciation sont réalistes avec ceux qui le défendent et ceux qui le jugent immédiatement. Ajoutons qu'en plus le réalisateur en question vient de sortir un film qui récolte des prix et des nominations alors plusieurs voudraient bien que cette accusation passe sous le tapis en se foutant si c'est vrai ou non, ce qui est important est que ce célèbre réalisateur fait honneur au Québec en gagnant l'oscar du meilleur film étranger ! Je ne sais pas si un lecteur européen va bien comprendre toutes les subtilités de la société québécoise. En gros, avant les années 60 le Québec francophone était dominé par la minorité anglophone et hormis une minorité de bourgeois, la plupart des francophones étaient des prolétaires et tout a changé en seulement quelques décennies. Le personnage principal fait parti de cette génération qui a souvent eu la vie dur avant de pouvoir s'épanouir durant les changements sociaux des années 60-70 et je comprends parfaitement qu'il soit traité comme un bijou national et qu'il faut que sa réputation soit irréprochable. Sauf que sa génération a aussi connue une époque où pouvait faire des choses qu'on ne peut plus faire aujourd'hui.... Le scénario est prenant et les personnages sont complexes. Il y a des dialogues qui font mal parce qu'elles disent des vérités que parfois on ne voudrait pas entendre. Le seul défaut selon moi est que l'identité de la mystérieuse femme qui dénonce et harcèle le réalisateur me semble facile à deviner.
Ukraine
Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier. On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc. La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.
Hors scène
Autant je pouvais reprocher à mes lectures précédentes de McNaught une certain vide, un goût de trop peu, ici avec Hors scène il déroule une véritable intéressante histoire sur le fond avec des dialogues plus fournis. Sur la forme on retrouve sa manie des petites cases carrées, du silence et de l'observation des petits détails. C'est un album de grand format chez Dargaud qui laisse le loisir de détailler ses dessins. Le trait de certains personnages m'a rappelé le style de Sattouf avec les Cahiers d'Esther. Le scénario pose quant à lui des vrais personnages, des jeunes qui doivent monter une pièce de théâtre au collège. On sent le malaise, les non-dits, les moqueries d'enfants qui grandissent. David est le personnage principal, aussi dans la pièce car il joue le lion. Il est plutôt réservé, ce n'est pas la star de la classe. On sent sa minutie dans la création de son costume. Tout cela est très subtil et bien vu de la part de l'auteur.
Hypersurveillance - Enquête sur les nouveaux outils de surveillance
Je n’aurais probablement jamais acheté cet album de moi-même. merci à Paco de me l’avoir prêté car effectivement cet album est une claque ! On sait tous que les logiciels espions existent, mais les voir décortiqués à ce point, avec une telle précision, ça fait flipper. Le scénario plonge dans les rouages de la surveillance de masse, et le niveau de détail dans le décryptage des affaires est impressionnant – presque trop réaliste. Visuellement, c’est une réussite totale. La colorisation, en particulier, sert parfaitement l’ambiance : des tons froids, des contrastes saisissants, et une esthétique qui rappelle les documentaires d’investigation. On a vraiment l’impression de lire un reportage, pas une fiction. Chaque case est travaillée pour renforcer l’immersion et l’angoisse sourde qui monte page après page. Bref, une BD indispensable pour comprendre (et craindre) l’ère numérique dans laquelle on vit. À lire d’urgence, même si on en ressort avec l’envie de jeter son smartphone ! En tout cas j ai modifié les paramètres de mon iPhone ! Merci Paco pour cette belle découverte.
Leave them alone
L’univers et l’ambiance m’ont vraiment immergé dans un Far West rude et sans pitié. On est loin du cliché du cowboy héroïque : ici, l’Ouest américain de 1874 est violent, sale et dangereux, où les habitants, notamment les femmes, doivent se battre juste pour survivre. J’ai trouvé intéressant que les protagonistes principaux soient trois femmes fortes (Marian, Elfie et Mattie), ce qui donne un vrai souffle narratif différent des westerns classiques centrés sur des hommes. Cela apporte de la modernité dans un récit de genre. Le dessin de Chris Regnault m’a plu : il est efficace, nerveux et parfois très cinématographique, avec des planches qui rappellent les grands classiques du western à l’écran. Côté scénario, j’ai ressenti des points forts et des limites. L’histoire va un peu trop vite et ne développe pas toujours tous les enjeux ou relations entre les personnages. Pour moi, cela reste classique, mais très efficace. Leave Them Alone est une BD western bien construite, avec une atmosphère lourde et immersive, des personnages féminins intéressants et un dessin solide.