Les derniers avis (3 avis)

Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Fabienne
Fabienne

La suite d'Animan, dans un format beaucoup plus petit. On retrouve Animan en psy des animaux, son ennemi Objecto qui s'entête à l'embêter et sa pote grenouille Fabienne sur lequel l'album s'attache plus particulièrement. On découvre son passé et pourquoi Animan peut la comprendre parler sans besoin de se transformer. Elle a vécu une sorte de remake du film La Mouche de Cronenberg. Depuis elle déprime. La fin appelle clairement une suite, attendue avec impatience.

24/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Frontier
Frontier

Frontier est une lecture de science-fiction particulièrement réussie, qui propose bien plus qu’un simple récit d’aventure spatiale. Sous ses airs de SF dynamique et accessible, l’album développe un univers crédible et immersif où la conquête spatiale sert surtout de miroir à des problématiques très actuelles : exploitation des ressources, rapports de domination, inégalités sociales. L’un des grands points forts de l’album est sa capacité à nous plonger très rapidement dans cet univers. Guillaume Singelin installe son décor avec efficacité, sans surcharger le récit d’explications inutiles. On entre vite dans l’histoire, on comprend les enjeux, et on suit les personnages avec plaisir. Le rythme est fluide, naturel, et rend la lecture particulièrement agréable. L’ambiance générale est excellente : il y a une vraie sensation d’immersion, un univers vivant, cohérent, dans lequel on sent à la fois le souffle de l’aventure spatiale et le poids des réalités humaines qui s’y jouent. Cette dimension sociale donne de la profondeur au récit sans jamais alourdir la narration. Le dessin contribue énormément à cette réussite. Avec un style très dynamique, aux influences manga assumées, Guillaume Singelin donne beaucoup d’énergie à son univers. Les personnages sont expressifs, les scènes sont lisibles, et l’ensemble possède une vraie identité visuelle. Ce choix graphique apporte une légèreté bienvenue à un fond plus dense, et l’équilibre fonctionne très bien. Ce qui rend Frontier particulièrement plaisant, c’est cette capacité à mêler aventure, accessibilité et réflexion. Le récit reste prenant du début à la fin, tout en proposant un arrière-plan riche et intelligent. Sans révolutionner le genre, l’album parvient à offrir une science-fiction généreuse, immersive et pleine d’humanité. Une très belle réussite dans le registre de la SF moderne, portée par un univers fort et un dessin vibrant.

24/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Fils de bourge - Le doux printemps 1936
Fils de bourge - Le doux printemps 1936

À la fin de l'année 1935, dans une petite ville industrielle française, François, 17 ans, grandit sous l'autorité d'un père violent, notable local aux sympathies fascisantes, tandis que la montée des tensions sociales et politiques précède l'arrivée du Front populaire. Les récits situés dans les années 30 se concentrent souvent sur la montée du fascisme ou annoncent directement la Seconde Guerre mondiale, mais abordent plus rarement les conflits sociaux qui ont précédé l'élection du Front populaire et le climat politique qui l'a rendu possible. Cet album montre bien à quel point la situation pouvait être explosive dans certaines villes industrielles, avec une opposition sociale extrêmement marquée entre bourgeoisie locale et classe ouvrière, tout en laissant déjà entrevoir les fractures idéologiques qui ressurgiront pendant l'Occupation, entre futurs collaborateurs séduits par les idées fascistes et figures plus proches du communisme ou du socialisme qui entreront plus tard dans la Résistance. Visuellement, Eric Stalner livre quelque chose de solide. Son dessin reste dans une ligne assez classique et académique, mais c'est propre, lisible et efficace. La colorisation soignée fonctionne bien, notamment dans le contraste entre les décors campagnards verdoyants et les scènes d'intérieur plus étouffantes autour du père du héros. Les personnages sont reconnaissables et la mise en scène sait créer une vraie proximité avec François. Le scénario repose sur une base assez convenue : le fils adolescent qui se rebelle contre un père autoritaire et violent, puis s'émancipe au contact d'un milieu populaire présenté comme plus sincère et solidaire. L'album souffre aussi parfois d'un certain manichéisme, avec des bourgeois particulièrement odieux et méprisants face à des "rouges" certes plus brusques et parfois violents, mais montrés comme loyaux et profondément humains. Du coup, la confrontation sociale paraît par moments un peu caricaturale, avec une haine et un mépris très appuyés de part et d'autre. Ceci dit, quand on observe aujourd'hui certaines formes de radicalisation et de polarisation, on se dit aussi que les tensions de l'époque pouvaient sans doute être tout aussi violentes, simplement sous d'autres formes. Mais malgré ces réserves, cela fonctionne vraiment bien. J'ai été pris par le parcours de François, par sa manière d'encaisser progressivement la violence de son père jusqu'à parvenir à lui résister, par son tiraillement entre son milieu d'origine et ses nouveaux amis, par cette camaraderie parfois très virile née des luttes communes, ainsi que par la discrète romance qui se développe en parallèle. Il y a une vraie envie de le voir triompher des injustices qu'il subit, à la fois sur le plan familial et social. Le rythme est efficace, le récit est accrocheur, et j'ai surtout apprécié qu'il s'agisse d'un one-shot qui va réellement au bout de son histoire. L'épilogue de plusieurs pages consacré aux années suivantes apporte une vraie satisfaction et donne encore plus de poids au destin de François et des autres personnages, tout en renforçant l'intérêt historique de l'ensemble. Au-delà de son classicisme, c'est surtout une BD qui parvient à rendre cette période charnière très concrète et incarnée, en montrant comment les fractures sociales et politiques de l'époque annonçaient déjà une partie des drames à venir.

24/04/2026 (modifier)