Jean Doux, employé modèle dans une entreprise de broyeuses à papier au cœur d'un open space des années 90, découvre une mystérieuse disquette 5"1/4 cachée dans un faux plafond. Ce qui commence comme une petite enquête absurde dans un décor de bureau à la Cogip finit peu à peu par se transformer en véritable aventure d'exploration, entre polar d'entreprise, humour décalé et quête rétro-fantastique.
Tout le charme de la BD vient de cette association improbable entre un graphisme volontairement raide et décalé qui évoque les vieux jeux vidéo point and click (à ce propos, la page 4 dans la galerie me fait énormément penser au jeu Les Voyageurs du Temps), des personnages ringards dans leurs vêtements, leurs coupes de cheveux ou leurs attitudes, et cet univers d'entreprise profondément ridicule avec ses open spaces, ses broyeuses à papier, ses blagues lourdes et ses collègues tous nommés Jean ou Jeanne quelque chose. L'auteur pousse le kitsch et la caricature très loin, mais en restant toujours à la limite du crédible pour éviter le gag absurde gratuit. J'ai juste tiqué sur un anachronisme, quand l'un des personnages indique avoir passé beaucoup de temps en RTT en... 1976.
Le récit prend son temps pour installer son ambiance et son humour pince-sans-rire, avant de glisser progressivement vers une aventure étonnamment prenante. Ce qui fonctionne très bien, c'est que derrière le loufoque permanent, l'histoire reste construite comme une vraie enquête, avec des rebondissements, du mystère et une logique interne qui tient debout malgré le délire ambiant. On n'est jamais dans le n'importe quoi total.
Je n'ai pas forcément éclaté de rire du début à la fin, mais je me suis laissé embarquer avec beaucoup de plaisir par cette aventure et par ces personnages qui deviennent attachants précisément grâce à leur côté dépassé et maladroit. Il y a aussi quelque chose de très réussi dans cette manière de jouer avec la nostalgie d'une époque finalement pas si lointaine, mais qui paraît déjà complètement obsolète aujourd'hui.
Une lecture captivante et studieuse.
Cette bande de Cothias et Lax qui situe son intrigue en 1786, n'essaie jamais de s'ouvrir à un large public.
C'est ce qui fait sa force à mon sens, mais cela explique aussi son manque de réputation.
Il y a peu d'action, on observe souvent des personnages débattre entre eux.
Le dessin très précis est aussi très froid, figé comme une vieille pièce de maison que l'on n'ouvre jamais. Mais excelle pourtant à traduire en images le fossé immense entre la noblesse et les laissés pour compte.
La reconstitution historique des costumes, des décors, impressionne.
Le premier tome essaie de se trouver une identité mais échoue. On verse dans un marivaudage un peu stérile, cette introduction à une intrigue somme toute classique prend trop son temps.
Cothias revient à ses fondamentaux, déjà entrevus dans Les 7 vies de l'épervier dès le second tome : la tragédie familiale, le fatalisme, les destins liés. La petite histoire dans la Grande.
Le troisième épisode prend des accents zoliens. On peste contre le sort qui enchaîne un innocent - Modeste Bonhomme - à la misère.
Son âme est plus noble que la majorité des aristocrates rencontrés. Son sacrifice pour protéger un être fragile contraste avec l'égoïsme des puissants.
Le dernier tome nous offre une conclusion douce amère.
Une œuvre de Cothias qui, à l'instar de son héros, mériterait d'être réhabilité.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Jean Doux, employé modèle dans une entreprise de broyeuses à papier au cœur d'un open space des années 90, découvre une mystérieuse disquette 5"1/4 cachée dans un faux plafond. Ce qui commence comme une petite enquête absurde dans un décor de bureau à la Cogip finit peu à peu par se transformer en véritable aventure d'exploration, entre polar d'entreprise, humour décalé et quête rétro-fantastique. Tout le charme de la BD vient de cette association improbable entre un graphisme volontairement raide et décalé qui évoque les vieux jeux vidéo point and click (à ce propos, la page 4 dans la galerie me fait énormément penser au jeu Les Voyageurs du Temps), des personnages ringards dans leurs vêtements, leurs coupes de cheveux ou leurs attitudes, et cet univers d'entreprise profondément ridicule avec ses open spaces, ses broyeuses à papier, ses blagues lourdes et ses collègues tous nommés Jean ou Jeanne quelque chose. L'auteur pousse le kitsch et la caricature très loin, mais en restant toujours à la limite du crédible pour éviter le gag absurde gratuit. J'ai juste tiqué sur un anachronisme, quand l'un des personnages indique avoir passé beaucoup de temps en RTT en... 1976. Le récit prend son temps pour installer son ambiance et son humour pince-sans-rire, avant de glisser progressivement vers une aventure étonnamment prenante. Ce qui fonctionne très bien, c'est que derrière le loufoque permanent, l'histoire reste construite comme une vraie enquête, avec des rebondissements, du mystère et une logique interne qui tient debout malgré le délire ambiant. On n'est jamais dans le n'importe quoi total. Je n'ai pas forcément éclaté de rire du début à la fin, mais je me suis laissé embarquer avec beaucoup de plaisir par cette aventure et par ces personnages qui deviennent attachants précisément grâce à leur côté dépassé et maladroit. Il y a aussi quelque chose de très réussi dans cette manière de jouer avec la nostalgie d'une époque finalement pas si lointaine, mais qui paraît déjà complètement obsolète aujourd'hui.
La Marquise des Lumières
Une lecture captivante et studieuse. Cette bande de Cothias et Lax qui situe son intrigue en 1786, n'essaie jamais de s'ouvrir à un large public. C'est ce qui fait sa force à mon sens, mais cela explique aussi son manque de réputation. Il y a peu d'action, on observe souvent des personnages débattre entre eux. Le dessin très précis est aussi très froid, figé comme une vieille pièce de maison que l'on n'ouvre jamais. Mais excelle pourtant à traduire en images le fossé immense entre la noblesse et les laissés pour compte. La reconstitution historique des costumes, des décors, impressionne. Le premier tome essaie de se trouver une identité mais échoue. On verse dans un marivaudage un peu stérile, cette introduction à une intrigue somme toute classique prend trop son temps. Cothias revient à ses fondamentaux, déjà entrevus dans Les 7 vies de l'épervier dès le second tome : la tragédie familiale, le fatalisme, les destins liés. La petite histoire dans la Grande. Le troisième épisode prend des accents zoliens. On peste contre le sort qui enchaîne un innocent - Modeste Bonhomme - à la misère. Son âme est plus noble que la majorité des aristocrates rencontrés. Son sacrifice pour protéger un être fragile contraste avec l'égoïsme des puissants. Le dernier tome nous offre une conclusion douce amère. Une œuvre de Cothias qui, à l'instar de son héros, mériterait d'être réhabilité.