Les derniers avis (5 avis)

Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Not All Robots
Not All Robots

Vrai note : 3.5 J’ai vraiment passé un très bon moment avec Not All Robots. Sous ses airs de SF absurde et décalée, la BD propose finalement quelque chose d’assez malin et étonnamment actuel. L’histoire se déroule dans un futur où les robots travaillent désormais à la place des humains. Libérés du travail, ces derniers vivent dans une société qui semble pourtant toujours aussi tendue, frustrée et dysfonctionnelle. On suit principalement la famille Walters, dans un quotidien où les tensions sociales, familiales et existentielles finissent constamment par exploser. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Mark Russell utilise cette situation pour tourner en dérision beaucoup de comportements humains. Derrière l’humour et les dialogues souvent très drôles, j’y ai vu une critique assez mordante du pouvoir, des rapports de domination et du patriarcat. Certains personnages sont volontairement caricaturaux dans leur besoin de contrôle, leur frustration ou leur incapacité à évoluer, et c’est justement ce qui rend l’ensemble aussi drôle que pertinent. La BD fonctionne aussi très bien parce qu’elle ne se contente pas d’être une satire sociale. Elle parle également du rapport au travail, de l’utilité sociale, de la peur du changement et même de l’obsolescence humaine dans un monde dominé par les IA et les robots. Tout ça passe par un simple foyer de banlieue, presque banal, ce qui rend finalement le propos encore plus efficace. Visuellement, Mike Deodato Jr livre un travail superbe, détaillé et très expressif. J’ai aussi beaucoup aimé la couverture qui détourne et reprend la célèbre peinture américaine "American Gothic "de Grantsymbole. Une peinture célèbre, annonçant immédiatement une œuvre qui joue avec les symboles et les codes culturels. Une lecture drôle, intelligente et bien plus riche qu’elle n’en a l’air au premier abord.

16/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

J'ai fini de relire la série complète avec les intégrales Dupuis et c'est merveilleux ! Quand j'étais petit, l'histoire qui m'a le plus marqué a été évidemment La Flûte. Mais maintenant, je reconnais que la série vaut beaucoup plus. Je me suis rappelé tant d'aventures, de personnages et de scènes marquantes : les mollassons et le géant de la Source, la bataille navale des vikings, mais surtout le très drôle Pirlouit et sa chèvre Biquette, tant de magie et de sorts ! Les dessins ont évolué, les personnages sont devenus plus ronds et aboutis, l'humour toujours excellent. La contribution à la soi-disant « école de Marcinelle » est indéniable. Bref, je recommande cette redécouverte !

16/05/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Newburn
Newburn

J’ai vraiment accroché à Newburn, surtout grâce à son ambiance de polar noir moderne et à son personnage principal particulièrement marquant. L’histoire suit Easton Newburn, un ancien flic devenu une sorte de médiateur indépendant travaillant pour toutes les familles criminelles de New York. Son rôle consiste à résoudre les problèmes avant qu’une guerre éclate entre les différents clans. Une idée simple sur le papier, mais extrêmement efficace dans la manière dont Zdarsky construit ses intrigues. J’ai adoré suivre ce personnage froid, méthodique et presque détaché émotionnellement, qui navigue constamment entre manipulations, trahisons et règlements de comptes. Chaque affaire permet d’explorer une nouvelle facette du milieu criminel new-yorkais tout en développant progressivement le passé et la personnalité de Newburn. Visuellement, Jacob Phillips apporte une vraie identité à la série avec un style sale (comme peut le faire son pere), nerveux et très urbain qui colle parfaitement à l’ambiance du récit. Ses couleurs participent énormément à cette sensation de polar poisseux et nocturne. On ressent aussi une vraie influence du roman noir et des vieux films policiers dans toute la mise en scène. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont la série parvient à rester très accessible tout en construisant un univers criminel dense et crédible. Les dialogues sont efficaces, les personnages secondaires existent vraiment et les tensions fonctionnent du début à la fin. Une excellente lecture de polar noir moderne, tendue et immersive, portée par un duo créatif qui maîtrise parfaitement son sujet.

16/05/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5
Couverture de la série Berceuse assassine
Berceuse assassine

Les Berceuses assassines est pour moi un polar noir remarquable, autant pour son histoire que pour sa construction narrative. Le principe des trois tomes fonctionnant comme trois regards différents sur une même séquence est particulièrement brillant. Chaque album apporte une nouvelle lecture des événements et modifie progressivement notre perception des personnages et de leurs actes. Cette narration fragmentée donne une vraie profondeur au récit et renforce constamment la tension. L’histoire plonge dans une ambiance noire, mélancolique et presque fataliste, où chaque personnage semble prisonnier de ses choix et de son passé. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est la manière dont le récit joue avec les points de vue. On ne découvre jamais totalement la vérité d’un seul coup : elle se reconstruit morceau par morceau, au fil des versions et des révélations. Cela donne une impression très cinématographique, presque comme un puzzle émotionnel et psychologique. Le rythme est maîtrisé, avec beaucoup de silences, de non-dits et une tension permanente. La BD ne cherche jamais l’action gratuite ; elle privilégie l’atmosphère, les regards, les blessures intérieures des personnages. On ressent une vraie humanité derrière cette noirceur. Graphiquement, Ralph Meyer sublime parfaitement cette approche narrative. Son dessin réaliste, les expressions fatiguées des visages, les jeux d’ombres et les décors urbains renforcent cette sensation de polar noir crépusculaire. Chaque case participe à l’ambiance. Au final, j’ai eu l’impression de lire bien plus qu’une simple enquête policière : une véritable tragédie humaine racontée sous plusieurs angles, avec une narration intelligente et immersive qui donne toute sa force à l’œuvre

16/05/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Saigneurs
Saigneurs

Chouette, une nouvelle bd de Lou Lubie. Je suis un lecteur attentif de l'autrice, à défaut d'être assidu. Je me rends compte à la lecture de sa fiche sur bdtheque que je n'ai pas du tout lu ses dernières sorties. Je me rattrape en lisant la dernière, Saigneurs. Et ben c'est un bien bon cru en ce qui me concerne. On suit donc trois protagonistes : Maggy, la principale, Iulia et Anghel. Ils vivent en Transylvanie, dans un monde où vampires et humains cohabitent, en apparente égalité. Le récit suit le cheminement de Maggy, puis de ses deux amis, dans une quête d'égalité avec les vampires qui reste très théorique. Je le répète comme les autres avis, l'autrice utilise ici les vampires pour dénoncer les inégalités hommes/femmes dans la société réelle. Elle joue assez intelligemment sur cette comparaison, et l'on trouve énorme et ridicule cette société ou les vampires peuvent mordre en toute impunité et sont ultra avantagés. Or, c'est un fait, nous vivons dans une société ou les hommes sont ultra avantagés par rapport aux femmes, ou de très nombreuses violences sexuelles sont non condamnées, etc. Pour le coup je trouve que le parallèle est assez visible, avec notamment les collages des militants humanistes, qui sont les mêmes que les collages dénonçant les féminicides ; les affaires d'agression dans le cinéma, qui rappellent le mouvement metoo ; le discours de l'empereur qui est un copier coller de ce que Macron avait dit sur Depardieu ; les violences au sein du couple, et j'en passe. De prime abord, j'aurais pu croire à un parallèle sur les inégalités raciales (plein de choses auraient pu coller et c'est la aussi un sujet loin d'être réglé), mais au final les parallèles se font beaucoup moins. On est vraiment sur un ouvrage qui veut sensibiliser aux inégalités basées sur le genre. Ça marche bien je trouve. Personne ne peut dire que les vampires sont les gentils de l'histoire et qu'ils sont dans leur droit. Et du coup quand on ramène au débat homme/femme, avec les mêmes chiffres et les mêmes types de violence et d'inégalité, ça devient intéressant pour les réticents a admettre ces inégalités. Un autre truc que je trouve malin, c'est que Lubie fait exprès de gommer l'aspect genré (les inégalités hommes femmes n'existent pas), mais les protagonistes les plus intéressantes sont quand même des femmes. Maggy est badass, Iulia est un très bon personnage, fort et fragile a la fois, et Anghel, le héros homme, est sensible et victime des vampires. Alors en effet, le récit est peut être un peu facile, il n'invente rien et a des airs d'album jeunesse, dans sa narration, dans ses personnages, voire même dans son graphisme. Mais il y a plein de références qui seront surtout compréhensibles par les adultes, et à mon sens il s'adresse aux deux assez facilement. J'ai personnellement bien aimé, ma copine aussi, et je suis à peu près sûr que mes neveux et nièces qui ont 11 /13 ans pourraient aussi y trouver leur compte. Niveau dessin, si on retrouve le trait de Lubie, je trouve un aspect un peu plus lisse, plus jeunesse que d'habitude. Elle fait partie des autrices dont je reconnais le trait en un coup d'oeil, et là c'est un peu moins le cas. Mais ça reste graphiquement très efficace, et agréable à lire. J'ai bien aimé les couleurs utilisées et les tenues Transylvaniennes, on sent qu'elle s'est fait plaisir sur ça, stylé comme look. Bref, un album qui se lit bien, et pour petits et grands.

16/05/2026 (modifier)