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Couverture de la série Pillages
Pillages

Un chouia romancé – avec quelques personnages inventés et des noms de navires changés – on a quand même là un reportage tout à fait intéressant, et dont la lecture est hautement recommandée. J’avais déjà lu un dossier sur la question dans Le Monde diplomatique je crois, mais cet album a le mérité de synthétiser les connaissances, et surtout de les présenter de façon très simples – mais pas simplistes. En particulier, j’ai beaucoup aimé l’idée, utilisée à plusieurs reprises, de mettre en parallèle le développement du pillage des mers par les navires usines européens ou chinois, et l’émigration des populations appauvries de l’Afrique vers l’Europe. Car si les pays riches savent bien critiquer l’immigration, ils sont plus discrets sur les causes. Et si nos médias se gargarisent de la lutte contre la piraterie des Africains (en Somalie anciennement, maintenant dans le Golfe de Guinée), on ne parle jamais de piraterie ou de vol lorsque des navires espagnols – ou chinois, mais balayons d’abord devant nos portes – pillent illégalement les ressources des pays africains incapables de surveiller ou protéger leurs ressources (ou alors gangrénés par la corruption). Les questions du développement de l’aquaculture, et de la consommation de saumon hors périodes de fête, sont aussi intéressantes, et clairement mises en perspectives ici. La narration est fluide, le dessin agréable, le propos fondé et étayé, tout en restant « vulgarisateur ». On a donc tous les ingrédients d’un bon documentaire.

19/02/2026 (modifier)
Par Fastsnake
Note: 4/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Comme beaucoup d'enfants nés au tout début des années 90, mon premier contact avec l'univers de Troy s'est fait sur les étagères du CDI de mon collège. Au milieu des ouvrages pédagogiques et des classiques imposés, la série détonnait : entre les effusions de sang et un côté "graveleux" assumé, ça marquait forcément l'imaginaire adolescent. Pourtant, à l'époque, j'ai délaissé Lanfeust au profit de l'explosion du manga, passant à côté de ce qui allait devenir un pilier de la fantasy française. À 35 ans, alors que je me replonge sérieusement dans le "Médiéval-Fantastique", j'ai enfin décidé de franchir le pas, malgré quelques a priori. Je craignais de n'y trouver qu'une imagerie un peu datée, portée par des personnages féminins très "bimbos" et un humour potache de lycéen. Le verdict après lecture de l'intégrale ? Une excellente surprise. Certes, le "fan service" est omniprésent et parfois un peu lourd, mais derrière les décolletés, il y a une vraie proposition : - Un univers riche : On sent une profondeur qui ne demande qu'à être explorée. Si huit tomes semblent presque trop courts pour faire le tour de ce monde, on comprend vite pourquoi tant de spin-offs ont vu le jour (au-delà de la simple logique commerciale). - Une galerie de personnages attachants : Contre toute attente, l'évolution du groupe fonctionne très bien. Mention spéciale à Hébus le Troll, et à la gestion des relations amoureuses qui évitent les clichés habituels pour offrir une conclusion inattendue. - Un parti pris graphique rafraîchissant : Le trait de Tarquin est efficace, mais c'est surtout la palette de couleurs qui détonne. Là où la fantasy moderne s'enfonce souvent dans le sombre et le désespoir, Lanfeust reste éclatant et lumineux. Cette série mérite donc pour moi sa place dans toute bédéthèque de genre. C’est une porte d’entrée idéale pour les adolescents, même si je reste perplexe face au prix reçu à Angoulême dans la catégorie "9-12 ans". L'univers et le ton adopté s'apprécient pleinement qu'à partir de 14 ou 15 ans, pour garder un peu de recul.

19/02/2026 (MAJ le 19/02/2026) (modifier)