Complots de cour, manipulations politiques, espionnage et conflits armés, dans un univers animalier qui n'a que peu à envier à celui de Game of Thrones.
J'ai adoré le premier tome, beaucoup aimé le second, et été un peu déçu par le dernier et sa conclusion.
Le dessin est d'excellente facture. Le style animalier à la Disney est parfaitement digéré, avec une galerie de personnages à l'expressivité remarquable, tout en conservant leurs caractéristiques propres. Les décors sont également réussis, même s'ils marquent un peu moins les esprits, car parfois légèrement plats. La colorisation numérique joue d'ailleurs en partie contre cela : si elle est souvent très agréable, ses dégradés et ses scènes nocturnes font parfois trop ressortir son aspect informatique.
L'univers est enthousiasmant. Il m'a beaucoup fait penser à celui de L'Ogre Lion, sorti quelque temps plus tôt : un monde médiéval à peine fantastique, à la société complexe et hiérarchisée, dans lequel les animaux anthropomorphes ont conservé les spécificités de leur espèce (prédateurs d'un côté, herbivores de l'autre, etc.). Dans ce contexte, voir des lions, des loups, des aigles ou des ours occuper des positions de pouvoir paraît naturel, même si c'est précisément cette évidence qui nourrit les enjeux, chacun devant agir avec intelligence pour conserver sa place. Cet univers dangereux, traversé de complots, rappelle fortement Game of Thrones, et j'y ai retrouvé ce que j'aimais dans cette série.
L'intrigue est très bien construite. J'ai apprécié sa finesse, le mystère qu'elle installe, ainsi que les manipulations et trahisons qui parviennent régulièrement à surprendre. J'ai aussi aimé ses personnages, à la fois stéréotypés (le renard rusé qu'on croirait sorti de Zootopia, le lion puissant évoquant Le Roi Lion, ou encore le duo raton-laveur et ours qui rappelle Les Gardiens de la Galaxie) et pourtant plus nuancés qu'ils n'en ont l'air. Cette finesse se retrouve aussi dans les dialogues, très bien ciselés, qui évoquent par moments un mélange entre Game of Thrones et De Cape et de Crocs.
Tout était donc réuni pour un coup de cœur, malgré une légère impression de déjà-vu liée à ces archétypes. Pourtant, la fin m'a laissé plus réservé. Sans être prévisible, elle m'a un peu déçu, notamment par l'évolution soudaine du personnage principal et par un dénouement assez brutal. Même la touche légèrement ironique de la dernière scène ne m'a pas autant marqué que le reste. Dommage, car les deux premiers tomes m'avaient vraiment convaincu.
Les planches de la galeries sont les premières pages et effrayent un peu par leur beauté ( dans le format de la BD, on dirait qu'elles sont faites au stylo-bille : magnifique travail) mélangée à une certaine absurdité en premiere approche. En réalité tout a un sens que l'on va comprendre au cours du récit. Cet album utilise beaucoup de dispositifs un peu clichés et réussit à en faire un objet unique et évocateur qui raconte une histoire à la fois personnelle et installée dans un contexte social.
C'est un voyage à deux en voiture américaine depuis Detroit jusqu'à Roma ( quel État ?) Il y a donc la caractérisation des deux personnages qui sont évidement construits en opposition. Socialement comme psychologiquement. On pense bien-sûr à Thelma et Louise mais finalement cela n'a rien d'une ode à la liberté feel good, c'est plutôt une psychanalyse reciproque.
Le road-movie est souvent un peut ennuyeux par sa construction linéaire et géographique et le seul suspens est en fait "Depuis le point A, va-t-on atteindre le point B et dans quel état ?" Ici la construction est plutot en caléïdoscope, faite de références cinématographiques, de dessins piqués dans le carnet d'une des protagonistes, de souvenirs, de dialogues et d'actes du quotidien. Et si la première partie semble nous perdre, la seconde rassemble tous les indices.
Par dessus le marché, une variété graphique, qui expérimente plein de techniques et de contrastes avec beaucoup d'inventivité. Au début, chaque page est un étonnement, et paradoxalement, cela peut décourager ; comme si cette virtuosité perdait de vue l'objectif narratif. Mais accrochez- vous, cela mène quelque part : en nous .
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Le Royaume sans nom
Complots de cour, manipulations politiques, espionnage et conflits armés, dans un univers animalier qui n'a que peu à envier à celui de Game of Thrones. J'ai adoré le premier tome, beaucoup aimé le second, et été un peu déçu par le dernier et sa conclusion. Le dessin est d'excellente facture. Le style animalier à la Disney est parfaitement digéré, avec une galerie de personnages à l'expressivité remarquable, tout en conservant leurs caractéristiques propres. Les décors sont également réussis, même s'ils marquent un peu moins les esprits, car parfois légèrement plats. La colorisation numérique joue d'ailleurs en partie contre cela : si elle est souvent très agréable, ses dégradés et ses scènes nocturnes font parfois trop ressortir son aspect informatique. L'univers est enthousiasmant. Il m'a beaucoup fait penser à celui de L'Ogre Lion, sorti quelque temps plus tôt : un monde médiéval à peine fantastique, à la société complexe et hiérarchisée, dans lequel les animaux anthropomorphes ont conservé les spécificités de leur espèce (prédateurs d'un côté, herbivores de l'autre, etc.). Dans ce contexte, voir des lions, des loups, des aigles ou des ours occuper des positions de pouvoir paraît naturel, même si c'est précisément cette évidence qui nourrit les enjeux, chacun devant agir avec intelligence pour conserver sa place. Cet univers dangereux, traversé de complots, rappelle fortement Game of Thrones, et j'y ai retrouvé ce que j'aimais dans cette série. L'intrigue est très bien construite. J'ai apprécié sa finesse, le mystère qu'elle installe, ainsi que les manipulations et trahisons qui parviennent régulièrement à surprendre. J'ai aussi aimé ses personnages, à la fois stéréotypés (le renard rusé qu'on croirait sorti de Zootopia, le lion puissant évoquant Le Roi Lion, ou encore le duo raton-laveur et ours qui rappelle Les Gardiens de la Galaxie) et pourtant plus nuancés qu'ils n'en ont l'air. Cette finesse se retrouve aussi dans les dialogues, très bien ciselés, qui évoquent par moments un mélange entre Game of Thrones et De Cape et de Crocs. Tout était donc réuni pour un coup de cœur, malgré une légère impression de déjà-vu liée à ces archétypes. Pourtant, la fin m'a laissé plus réservé. Sans être prévisible, elle m'a un peu déçu, notamment par l'évolution soudaine du personnage principal et par un dénouement assez brutal. Même la touche légèrement ironique de la dernière scène ne m'a pas autant marqué que le reste. Dommage, car les deux premiers tomes m'avaient vraiment convaincu.
Detroit Roma
Les planches de la galeries sont les premières pages et effrayent un peu par leur beauté ( dans le format de la BD, on dirait qu'elles sont faites au stylo-bille : magnifique travail) mélangée à une certaine absurdité en premiere approche. En réalité tout a un sens que l'on va comprendre au cours du récit. Cet album utilise beaucoup de dispositifs un peu clichés et réussit à en faire un objet unique et évocateur qui raconte une histoire à la fois personnelle et installée dans un contexte social. C'est un voyage à deux en voiture américaine depuis Detroit jusqu'à Roma ( quel État ?) Il y a donc la caractérisation des deux personnages qui sont évidement construits en opposition. Socialement comme psychologiquement. On pense bien-sûr à Thelma et Louise mais finalement cela n'a rien d'une ode à la liberté feel good, c'est plutôt une psychanalyse reciproque. Le road-movie est souvent un peut ennuyeux par sa construction linéaire et géographique et le seul suspens est en fait "Depuis le point A, va-t-on atteindre le point B et dans quel état ?" Ici la construction est plutot en caléïdoscope, faite de références cinématographiques, de dessins piqués dans le carnet d'une des protagonistes, de souvenirs, de dialogues et d'actes du quotidien. Et si la première partie semble nous perdre, la seconde rassemble tous les indices. Par dessus le marché, une variété graphique, qui expérimente plein de techniques et de contrastes avec beaucoup d'inventivité. Au début, chaque page est un étonnement, et paradoxalement, cela peut décourager ; comme si cette virtuosité perdait de vue l'objectif narratif. Mais accrochez- vous, cela mène quelque part : en nous .