Les derniers avis (2 avis)

Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Dieu en personne
Dieu en personne

Je trouve à Marc Antoine Mathieu un certain talent : j'ai trouvé la bd un peu longuette parfois, un peu verbeuse, je me suis presque ennuyé. Mais une fois le livre refermé, je ne peux pas m'empêcher d'y repenser et de trouver que c'est quand même un peu génial. Oui, l'idée est originale, mais après tout ça ne fait pas tout. Dieu revient parmi nous, et tout ce qu'on trouve à faire, c'est de l'incorporer à notre société ultra consumériste, sensationnaliste et de l'assigner en justice. C'est un peu ridicule mais bien vu, et pour le coup pas spécialement original, parce que c'est un développement qui ma parait logique. Si dieu débarque réellement demain, je pense qu'on peut assister à pas mal de schémas que l'auteur développe, voire pire. Certaines situations sont un peu caricaturées à l'extrême mais finalement c'est très représentatif de notre monde. Les touches d'humour absurdes fonctionnent bien sur moi, plusieurs m'ont arraché un sourire. Et si, comme je l'ai dit en préambule, j'ai parfois trouvé le temps un petit peu long, notamment pendant les miracles de Dieu, ou les explications des témoins, j'ai eu super envie d'arriver à la fin à chaque instant de ma lecture. Celle-ci, encore une fois, n'est pas spécialement originale, mais m'a parfaitement contenté. Elle est à l'image de la bd. Caricaturale et plausible, stupide et très réelle. L'ensemble est une critique de la société, des humains, sur plusieurs plans (commercialisation de tout et n'importe quoi, crédulité, judiciarisation à l'extrême). Le tout est servi par un dessin ultra efficace, comme à chaque fois chez Marc Antoine Mathieu. Et j'ai bien aimé le fait que l'on ne voit jamais le visage de Dieu, qui ajoutait du mystique au personnage.

25/04/2026 (modifier)
Par Hub
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta
1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta

Lorsque j’ai commencé, j’avais beaucoup d’attentes car Dorison est un de mes auteurs préférés, et il ne m’a pas déçu. Avec 1629, Dorison livre un récit captivant et terriblement oppressant, une œuvre qu’on ne lâche pas facilement tant on est happé par la tension dramatique et la noirceur du propos. Dès les premières pages, le ton est donné : derrière le récit historique de naufragés se dessine une véritable réflexion sur la nature humaine, la violence et la manière dont l’homme peut basculer dans la barbarie lorsque toute structure sociale disparaît. Le prologue évoque notamment "l’effet Lucifer”, cette théorie psychologique selon laquelle des individus ordinaires peuvent commettre les pires atrocités selon le contexte dans lequel ils évoluent. Cette idée imprègne les 2 albums et donne au récit une profondeur glaçante. Plus qu’un simple récit de survie, 1629 devient une démonstration implacable de la fragilité de la morale humaine face au chaos. Le scénario de Dorison est d’une efficacité redoutable : maîtrisé, intense, sans temps mort. Il installe progressivement un climat de tension qui devient de plus en plus étouffant, jusqu’à rendre la lecture presque suffocante. On assiste, fasciné et horrifié, à la montée de la cruauté et à l’effondrement de toute humanité. Graphiquement, Montaigne accompagne ce récit avec un immense talent. Son dessin réaliste et puissant sublime la violence du propos, avec des planches superbes qui renforcent encore l’immersion et l’intensité dramatique. Avec 1629, Dorison signe selon moi une œuvre majeure : brutale, intelligente, fascinante. Une bande dessinée marquante, qui captive autant qu’elle dérange, et qui confirme une fois de plus tout le génie narratif de son auteur.

25/04/2026 (modifier)