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Les derniers avis (26432 avis)

Couverture de la série Les Amis de Buddy Longway
Les Amis de Buddy Longway

Les anthologies sont principalement réservées à la poésie. En effet la forme des poèmes se prêtent bien à un recueil de textes courts. Il peut y avoir un thème ou s'organiser autour du goût de celui qui la compose. Je trouve que la BD réussit l'exercice avec brio. Cet album, vieux de près de 40 ans, est organisé autour du dixième anniversaire de Buddy Longway et d'interviews de la trentaine d'auteurs/amis qui se sont collés à l'exercice. C'est Yvan Delporte, l'ex-rédac 'chef de Spirou qui est le maître interviewer. Cela nous propose une page où l'auteur nous raconte une anecdote sur ses débuts, ses hobby, ses relations avec Derib ou plein d'autres détails. En face de l'interview une planche dessinée par l'auteur, en relation avec Buddy ou/et Derib. C'est souvent drôle ou touchant surtout après toutes ces années. Il y a donc bien un lien avec la poésie. Quelle belle couverture avec toutes ces signatures certaines déjà stars à l'époque et d'autres en devenir. Buddy avec Red Dust ou Blueberry autour d'un feu. Derib en Vénérable des Montagnes qui essaye de tirer son coup sur Natacha. Un vrai plaisir. Mais en guise d'hommage, je me permets de reprendre la page consacrée à J.C Mézières qui nous a quitté cette semaine. " S'il fallait trouver un adjectif pour parler de Jean-Claude Mézières, celui qui conviendrait serait : solaire. Il est rayonnant, content de vivre, aussi équilibré que peut être un artiste. Dans le métier, les gens ont la dent dure, sont prompts à discerner-voire à inventer-les défauts des collègues. Jamais personne n'a entendu un mot défavorable à propos du dessinateur deValérian." RIP l'artiste.

25/01/2022 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Kosmos
Kosmos

Une histoire plutôt palpitante, d'autant que j'aime bien les uchronies, revisitant la conquête spatiale des années 1960 et la guerre entre les USA et l'URSS pour être les pionniers dans ce domaine. Dans un beau noir et blanc, les auteurs postulent que contrairement à l'histoire officielle, le premier homme sur notre Lune serait une femme, Tatiana. On la voit pensive sur la couverture de l'album. Alors que tout le monde sait que personne n'y est allé, tout cela a réalisé en studio de cinéma... Pas mal de planches mais beaucoup de cases laissant le lecteur dans le silence de l'espace. La lecture de ces 160 pages n'est pas si longue qu'on pourrait le penser. Un discours tellement réaliste qu'on est à deux doigts de le croire véridique. Les deux nations avaient la même finalité, fouler la Lune, mais avec deux approches, une avec retour et l'autre sans. Tout cela est expliqué de manière très scientifique, la conception des modules lunaires notamment. Et une bonne note pour l'originalité et la surprise.

25/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Vei
Vei

Très sympa ce one shot. Et plutôt étonné qu’il soit passé un peu inaperçu ... il a bien des qualités et sa sortie remonte à plusieurs mois maintenant. Je ne suis pas un grand expert en mythologie scandinave, mais j’ai trouvé cette vision du Ragnarök très originale, elle bouscule toutes mes connaissances et certitudes de ce petit monde (exit l’image d’Épinal de Thorgal, Siegfried, Marvel et consort), et ça fait du bien. La bonne idée du récit est de se situer sur Jötunheim - le monde des géants, et de placer en antagoniste les Asgardiens. On va y suivre Vei, jeune humaine guerrière native de la terre de Géants, ballotée au milieu des enjeux entre Dieux et Géants. L’histoire se divise en 10 chapitres, et s’enchaîne de manière fluide, j’avais une crainte de la redondance de l’effet « Valkyrie Apocalypse » en milieu de tome mais les auteurs s’en sortent bien, et nous emmènent vers un final que j’ai trouvé très réussi, un peu doux amer, qui doit beaucoup à sa scénariste je pense. Pour le dessin, on est sur du comics ++, lisible, fin et détaillé ... peut être un design un peu trop sage mais l’ensemble est plus que satisfaisant, l’osmose est là entre parties écrites et graphiques. A noter que les auteurs sont suédois, qui de mieux pour cette relecture d’un classique nordique. Enfin un mot sur l’édition, comme à son habitude, Ankama nous offre un bel écrin au dos toilé, stylet tissu et au prix relativement modique pour une œuvre de plus de 200 pages.

24/01/2022 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dépôt de bilan de compétences
Dépôt de bilan de compétences

J'avais déjà repéré David Snug et je voulais lire un de ces albums. Voilà qui est fait, et je peux dire que je ne suis pas déçu. L'auteur, donc David Snug, parle à son lui du passé de toutes ses expériences professionnelles passées (et à venir, donc). Avec un DEUG en Arts Plastiques, qu'il a fait car il aimait dessiner, pas facile de trouver un emploi "respectable", de "s'insérer dans la société" par le travail. Pas facile non plus de rester à vie dans un emploi rébarbatif, dur physiquement, et mal payé. Pourtant, plein de gens le font, parce qu'ils n'ont pas le choix. Mais David Snug a décidé qu'il ne voulait pas vivre comme ça. Nous le suivons tout au long de son parcours professionnel jusqu'à arriver à la conclusion qu'il en a soupé du travail, de vivre pour un salaire en étant constamment méprisé par les patrons/CPE/employés de Pôle Emploi, etc. Le propos est très intéressant, pas moralisateur et, finalement, bien argumenté à travers les petites saynètes de la vie de Snug. La bd est, d'ailleurs, assez drôle. L'humour est souvent présent et les dialogues assez savoureux, que ce soit entre David Snug et David Snug ou entre David Snug et ses différents employeurs/interlocuteurs du travail. Ça se lit donc très facilement et très vite. Au final, on passe un bon moment à lire les gags et ceux-ci nous amènent, sans qu'on s'en rende compte, au propos où l'auteur veut nous emmener, à savoir celui que j'ai développé plus haut. Je dois avouer qu'à la lecture des rares planches que j'ai vues de cette bd-ci et des autres, j'avais un peu peur d'un humour un peu gras et lourd. Au final, je n'ai pas du tout eu cette impression. En ce qui concerne le dessin, j'aime beaucoup le style de Snug, qui est assez basique mais très bien maitrisé. En plus, son personnage, qu'il met en scène dans cette bd et les autres est très reconnaissable, avec sa barbe et son accoutrement. Et les petits monstres rampants qu'il glisse dans la plupart de ses cases participent aussi à rendre les dessins de Snug uniques et particuliers. Je conseille donc cette lecture et, quant à moi, je vais me diriger vers les autres bandes dessinées de David Snug !

24/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Sangoma - Les Damnées de Cape Town
Sangoma - Les Damnées de Cape Town

J’ai beaucoup aimé ce récit même si sa partie introductive m’a gêné aux entournures, principalement du fait de la manière très manichéenne dont les personnages sont présentés (les méchants boers, les pauvres noirs opprimés et spoilés de leurs terres). Heureusement, au fil du récit, cet aspect manichéen se nuance méchamment et la dimension historique et politique s’efface au profit d’une intrigue policière à deux niveaux. Le climat est tendu du début à la fin, contrebalancé par l’attitude du héros, désinvolte et blagueur (entre autres qualités) et nous allons progressivement descendre les marches d’un escalier qui nous mènera vers les zones les plus nauséabondes du Cap. Le récit est très bien mené et les deux intrigues se recoupent assez naturellement, sans jamais s’emmêler. Le dessin de Corentin Rouge est parfait pour ce type de récit au ton très proche des séries policières américaines. Les cases présentant de grands espaces, les scènes dédiées à l’action, les physionomies des personnages, tout est extrêmement cinématographique tant et si bien que l’on se croirait dans un film à gros budget, l’originalité du cadre en prime. Bon ! Contrairement à Pol, je ne mettrais pas cet album entre toutes les mains. A partir de 15, 16 ans, oui. Plus jeunes, certains passages risquent quand même de donner aux lecteurs quelques cauchemars tandis que l’aspect politique du récit nécessite un certains intérêt pour cette matière (ce qui est rarement le cas des moins de quinze ans). Mais si vous êtes amateurs de polars noirs et violents, franchement, cet album fait parfaitement le taf.

24/01/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Sous les galets la plage
Sous les galets la plage

Auteur prolixe, aussi à l’aise au dessin qu’au scénario, Pascal Rabaté nous offre un récit lui permettant d’exprimer à nouveau son talent d’observateur des mœurs sociales. « Sous les galets la plage », c’est la rencontre entre deux mondes opposés. D’un côté, une petite bourgeoisie de province aux vues et aux portefeuilles étriqués, de l’autre, des parias vivant de petites combines pour pouvoir survivre. Et comme le suggère ce titre pour le moins évocateur, ces deux mondes vont s’entrechoquer jusqu’à un final flamboyant, dans un élan vital alimenté par l’amour et la liberté. Ce roman graphique intemporel, qui de déroule dans la France des années 60, va nous mener dans les pas d’Albert, jeune homme de bonne famille dont l’avenir aurait dû être tout tracé sous la férule de son père autoritaire et étouffant, totalement acquis aux valeurs d’une France patriarcale. Le jour où il confie les clefs de la maison de vacances à son fils, qui vient d’avoir 18 ans, il ne se doute pas encore que le destin de celui-ci va basculer radicalement. Car ces clés, que le père lui tend comme si elles étaient « les clés du pouvoir », s’avèreront pour Albert les clés vers la liberté… et lorsque l’amour pointera le bout de son nez, sous l’apparence d’une jolie jeune femme peu loquace sur son passé, le point de retour va être allégrement franchi, pour le plus grand plaisir du lecteur… Sans être trop explicite, Grâce à une parole bien choisie ou une simple posture, Rabaté parvient à révéler l’âme de ses protagonistes avec une espièglerie jubilatoire. Ainsi, tout l’état d’esprit du père (qui vouvoie son fils !) est révélé dans cette seule phrase, lorsqu’il vient d’acquérir un meuble à pain dans la brocante du village : « Vous voyez, mon fils, il faut toujours marchander, c’est comme ça que l’on économise et que l’on peut épargner. ». Et c’est bien l’un des points forts de l’auteur, qui a le don de concevoir des dialogues ciselés. Et comme toujours, son trait à la nonchalance étudiée respire la liberté, certaines cases au cadrage très cinématographique évoquant la Nouvelle vague. D’ailleurs, lorsque vers la fin Albert retrouve sa bien-aimée Odette, on pense immanquablement au couple mythique Jean Seberg/Jean-Paul Belmondo dans « A bout de souffle ». Ce thriller social très fluide, qui ressuscite les fantômes de mai 68, se révèle assez puissant sous son apparente légèreté. « Sous les galets la plage », c’est l’histoire d’une révolte d’une génération sur la précédente, sur les trompe-l’œil de la filiation inaltérable et les carcans du patrimoine transmissible, qui nous questionne de façon assez subversive : et si les enfants ingrats avaient raison ? C’est aussi le récit d’une revanche jouissive des « gueux » aux allures de robin des bois sur les parvenus vaniteux. Sans abus de textes explicatifs et d’effets de manche, Rabaté en profite également pour livrer une attaque cinglante contre les mâles défenseurs d’une France blanche et patriote, nostalgique du « bon temps des colonies », tout cela grâce à une galerie de portraits finement élaborés et des dialogues ciselés. La conclusion est juste formidable, avec cet irrésistible pied de nez dévoilé sur la dernière image par ce fieffé gredin de Rabaté, qui ne peut pas vraiment dissimuler ses sympathies anars !

23/01/2022 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série Le Dieu vagabond
Le Dieu vagabond

La mythologie grecque propulsée à l'époque contemporaine. L'auteur nous emmène suivre le parcours d'un dieu déchu par une malédiction qui veut retrouver son statut de satyre autour de Dyonisos Le ton de l'histoire s'appuie sur un héros noceur et buveur qui s'embarque dans une odyssée pour retrouver son statut avec deux compagnons. Le premier est un homme de notre époque en fin de vie, Eudis lui a promis en échange de quelques bouteilles de réaliser son dernier vœux. Le second est un inconnu de la mythologie, il était destiné à avoir le statut de héros mais une rage de dent pendant son examen le laisse au rang de simple inconnu. L'auteur utilise trois comparses avec des profils différents, une diversité qui donne une dynamique à cette histoire et la rend originale. Cette quête joyeuse est menée tambour battant où l'humour est omniprésent et nos trois héros en quête de leur Graal nous communiquent leur enthousiasme. Plaisir et contemplation sont les deux premiers objectifs d'Eudis, un héros plein de bon sens qui m'a paru plus proche des hommes que des dieux dans une aventure irréelle très plaisante à lire.

23/01/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Bouche du diable
Bouche du diable

Cet album paru il y a trente ans se relit très bien. Le scénario est historiquement intéressant, bien mené et cohérent. Si la fin, un peu courte à mon sens, laisse un peu perplexe avec l’intervention d’un personnage providentiel, elle ne gâche en rien la lecture. Le héros, dont on découvre la vie depuis l’enfance, suit un parcours programmé par les services secrets soviétiques, un parcours dans lequel il n’était prévu aucune déviation, aucun fait du hasard, aucune initiative personnelle. Et évidemment, ce qui devait arriver arriva ! Le héros tente d’échapper au contrôle de ses supérieurs. Le récit prend le temps de dérouler l’histoire, pas à pas, sans raccourcis simplificateurs et solutions faciles. Les pages concernant les techniques d’endoctrinement du KGB sont efficaces, de même que la critique de la société américaine qui nous mène dans les bas-fonds du Bronx hyper bien dessinés. Le dessin de Boucq est excellent, subtil et puissant dans les scènes d’action. Un récit d’espionnage qu’on ne lâche pas jusqu’à la fin.

23/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Cléopâtre - La Reine fatale
Cléopâtre - La Reine fatale

Depuis le temps que j'attendais de lire cette Bd, je n'avais pas envie de poireauter à chaque sortie d'album, je voulais lire les 4 tomes à la suite. Manque de chance, il y aura un tome 5, c'est à la fois un tort et un bienfait pour cette série, j'y reviendrai. Il faut bien comprendre que la Bd fait partie d'une collection qui a le parti-pris dès le début de présenter la part sombre ou sulfureuse des reines choisies, sans lisser les personnages. Ceci a bien réussi pour Aliénor, pour Isabelle de France, pour Frédégonde, un peu moins pour Constance d'Antioche. La tâche n'était peut-être pas aisée pour décrire Cléopâtre qui a été hissée au rang de mythe. Aussi, comme dans l'excellent Cléopâtre (Glénat), les auteurs abordent le personnage sous une facette inhabituelle, insolente, perfide, limite cruelle, provocatrice et nymphomane ; est-ce la vérité ? est-ce la meilleure vision ? je ne suis pas assez renseigné sur Cléopâtre pour avoir un avis tranché là-dessus, pendant longtemps, j'ai subi l'influence du film hollywoodien grandiose de 1963, et pour moi, cette femme avait les traits d'Elizabeth Taylor. Mais d'après les bribes de textes que j'ai lu par-ci par-là, je pense qu'il y a sans doute une part de vrai et pas mal de part romancée. La relation très houleuse et mêlée de haine avec son frère-époux Ptolémée est montrée sans détours, cette part est réelle et probablement peu exagérée. Le contexte d'époque est bien décrit, on y voit en parallèle la détermination de Cléopâtre pour régner seule, et la guerre civile entre pompéiens et partisans de César, puis on passe les étapes en sacrifiant des épisodes probablement légendaires (la rencontre de Cléopâtre avec César roulée dans un tapis, son entrée triomphale dans Rome sur un char gigantesque) ; ces faits ont été magnifiés par le film hollywoodien. Le couple Gloris ne déforme pas des faits connus mais les réinterprète à sa façon, comme les chamailleries entre Cléopâtre et Marc-Antoine, ou la mort de Vercingétorix ; d'autres sont bien conformes (la mort de Pompée, la mort de Cicéron), mais je suis un peu déçu du traitement concernant l'assassinat de César. Comme je disais au début de cet avis, le bienfait de la série, c'est qu'elle est contée en détail, ça permet de bien comprendre l'aspect politique et les arcanes du pouvoir, les intrigues et les personnages qui ont tous un rôle important. Le tort, c'est que 4 albums, puis 5, c'est beaucoup trop, ça étire la série inutilement, on sent quelques longueurs, les auteurs prennent trop leur temps, notamment dans le tome 4 qui est le plus dense et aussi le plus érotique. Je crois que 3 albums auraient suffi, là où Cléopâtre (Glénat) a dû énormément compresser pour tout rentrer en 46 planches. N'empêche que malgré ce défaut d'excès ou d'étirement, la lecture n'est pas lassante ni pesante, et reste très agréable, la narration se traîne un peu par endroits, mais l'atout principal de cette bande est la partie graphique qui est proprement somptueuse. Mouclier a fait de sacrés progrès depuis Sémio, mais il ne reproduit pas un dessin hyperréaliste comme celui vu sur Meridia, il est plus proche de celui de Le Gardien du feu. C'est un dessin fastueux, chatoyant, avec des décors hyper travaillés et des personnages soignés dans leur apparence et leur costume ; il y a juste quelques visages parfois un peu ratés, mais je pinaille, au regard de l'ensemble, c'est magnifique. La mise en page et la colorisation renforcent la dextérité graphique, c'est une belle Bd historique, et c'est comme ça que j'aime qu'elle soit illustrée.

23/01/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cercle de Providence
Le Cercle de Providence

Lovecraft est à l'honneur en ce moment. Entre une superbe biographie en deux tomes sortie chez ActuSF, des adaptations somptueuses en manga par Gou Tanabe, voici une relecture de L'Appel de Cthulhu, l'un de ses titres les plus connus. C'est une version contemporaine, écrite par Sébastien Viozat, habitué des histoires de peur, qui met en scène un trio d'adolescents, mais toujours à Providence, la ville où a résidé l'auteur (Lovecraft, pas Viozat, enfin pas à ma connaissance). Et malgré les éléments communs (le vieux flic notamment), j'ai eu l'impression de lire une toute autre histoire. Ce n'est que lorsqu'est apparu Cthulhu lui-même, en statuette, puis en chair et en os, que j'ai compris me trouver à lire une adaptation, pas seulement un hommage appuyé. Et cette version me plaît beaucoup. Rendez-vous compte, au tiers de l'album, je me suis obligé à ralentir ma lecture, pour qu'elle dure plus longtemps ! Viozat a introduit quelques touches de modernité dans son récit, un brin de diversité ethnique et sexuelle, et s'est offert les services de l'une des dessinatrices les plus talentueuses du moment, à savoir Anne-Catherine Ott. Dans le tome 2 Viozat explore une autre figure lovecraftienne, Hastur, que le reclus de Providence avait lui-même emprunté à l'auteur Robert W. Chambers. L'auteur français se l'approprie d'une autre façon, en le liant au mystérieux Howard, dont la nature est révélée dans ce second opus. Cela reste méchamment plaisant à lire, et je suis curieux de voir ce que le duo d'auteurs nous propose pour la suite. J'avais découvert le travail d'Ott dans l'audacieux Havre, écrit par Isabelle Bauthian, et j'avais raté de le coche de Versipelle, mais je suis content de la retrouver dans cette série horrifique qui colle tellement à son univers visuel, ses personnages si expressifs, son audace graphique et sa mise en scène inspirée, magnifiée ici par les couleurs de Gabriel Amalric, puis Kathrine Avram. On notera deux -très petites- faiblesses dans son dessin, l'absence de relief dans les oreilles de ses personnages, ainsi qu'une propension (moindre que dans Havre) à doter ceux-ci de jambes trop fines, surtout dans le premier tome. Pour le reste, c'est de l'excellent boulot, et j'ai hâte de lire la suite des aventures de Francis, Howard et Atonia.

14/10/2020 (MAJ le 22/01/2022) (modifier)