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Les derniers avis (26142 avis)

Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Isabelle la Louve de France
Isabelle la Louve de France

Et bien, en voilà un de bon récit d’histoire ! ça ne traine pendant des tomes et des tomes puisque 2 albums suffisent à suivre le destin d’Isabelle, reine d’Angleterre et fille du roi de France Philippe IV le Bel. Et puis, j’aime beaucoup le coup de patte de Jaime Calderon. Voila une série qui arrive à point nommé pour bien comprendre pourquoi, quand et comment débuta la guerre de 100 ans. Jusqu’à maintenant, j’avais lu « Le trône d’argile » et son préquel « La Couronne de verre » mais il me manquait une bande dessinée ancrée bien avant ces deux séries citées pour parfaire mes connaissances sur cette période de l’histoire de France. Bon, je l’avoue, je ne suis pas parti sur une feuille blanche en lisant « Isabelle la louve de France ». Étant moi-même passionné d’histoires, je m’étais déjà renseigné sur le destin de Philippe IV le Bel et son fameux massacre des membres de l’Ordre du Temple (les croisés). Cependant, la vie d’Isabelle m’était peu relativement peu connue et c’est donc avec grande curiosité que j’ai suivi ses affres. Et là encore, on s’aperçoit que le dicton de Talleyrand « Derrière chaque grand homme, il y a une femme » peut être appliqué à cette reine bien que le roi Edouard II, roi d’Angleterre, ne pourrait pas être considéré comme un « grand » personnage quand on voit ses frasques dans cette bande dessinée. Marie et Thierry Gloris ont centralisé leur scénario sur Isabelle, ce qui fait que l’on retrouve face à un récit romanesque où la reine y apparait belle, naïve et parfois paradoxalement très cruelle. Je ne sais pas si cette femme fut ainsi mais j’ai quand même eu de l’antipathie pour elle notamment sur le fait qu’elle se laissera dicter sous les ordres du roi d’Angleterre pour des raisons d’état comme l’a voulu son père, Philippe IV le Bel. Elle se laissera aussi tomber dans les bras d’un amant pour le torturer après une fois la vérité dévoilée…Sans compter son rôle dans l’affaire d’adultères de ses belles-sœurs…Bref, ça fait froid au dos tout ça… Pour le reste, le contexte géopolitique de l’époque y est expliqué d’une manière globale, on peut juste regretter que de nombreux faits de n’y soient pas assez développés (Pourquoi cette guerre entre les irlandais et les anglais ? Quels sont vraiment les actes du comte d’Artois, des frères d’Isabelle ?). Après, on peut aisément deviner que raconter leurs péripéties auraient peut-être compliquées la lecture de cette bande dessinée qui va à l’essentiel sur la vie de cette reine d’Angleterre. J’adore le coup de patte de Jaime Calderon, je le trouve en parfaite adéquation avec ce récit historique. Ses personnages sont assez facilement reconnaissables. Les décors et costumes semblent avoir fait l’objet d’un bon travail de recherche, ils sont fouillés juste comme il faut, la narration et le découpage des scènes sont bons. Bref, c’est vraiment du bon travail ! Amateurs de récits historiques, vous serez -à mon avis- conquis avec cette série si vous désirez découvrir l’avant-guerre de 100 ans. Certes, de nombreuses questions peuvent demeurer en dehors de la vie d’Isabelle après cette lecture, si c’est vraiment le cas pour vous, je considère comme une qualité de cette bd de nous donner l’envie de s’intéresser aux autres évènements (in)directement liés au destin de cette reine d’Angleterre. Au final, une bonne lecture vraiment plaisante sans trop prise de tête d’autant plus que le graphisme m’est apparu au top.

18/10/2021 (modifier)
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

Si la principale gageure à mes yeux allait être de réussir à créer une intrigue susceptible de plaire aux vieux lecteurs que sont devenus les jeunes téléspectateurs de l’anime, la première chose que je retiens de cette reprise est le dessin tout simplement fabuleux du trio Bajram-Cossu-Sentenac et parfaitement mis en valeur par Yoann Guillo. C’est parfait à mes yeux tant les personnages comme les mécha comme les couleurs sont à la fois conformes à l’anime et modernisés pour plaire à un public devenu adulte et en attente d’une plus grande profondeur. Au niveau du scénario, celui-ci tient parfaitement la route. Il garde une bonne part de naïveté dans certains enchainements tout en offrant une intrigue solide dans laquelle Xavier Dorison glisse un sujet d’actualité (le problème des migrants) et un sujet universel (la gestion des conflits). Je ne dis pas que c’est l’intrigue du siècle mais il me semblait difficile de faire mieux pour à la fois nous rappeler les animes de l’époque (qui étaient destinés à des spectateurs de moins de 10 ans et se devaient donc d’être manichéens, simplistes et naïfs) tout en étant capable de plaire aux vieux lecteurs que ceux-ci sont devenus (et si comme moi vous avez vu Goldorak à la fin des années 70, il est très probable que vous soyez aujourd’hui proches de la cinquantaine). Le pari, qui me semblait des plus casse-gueule, est globalement réussi et j’ai vraiment pris du plaisir à lire cette histoire, partagé entre le sentiment de retomber en enfance et celui d’avoir une vision de Goldorak plus moderne et bien plus « tout public » que seulement destinée aux enfants. Une réussite, en somme, sans être le livre du siècle.

18/10/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cauchemar d'Innsmouth
Le Cauchemar d'Innsmouth

Attendons encore un peu , mais nul doute que prochainement quand Gou Tanabe aura achevé ses adaptations des récits de H.P. Lovecraft, la note de culte lui sera attribuée par mes soins. "Le cauchemar d'Innsmouth" est à mon sens la meilleure nouvelle du reclus de Providence que je relis occasionnellement et j'attendais avec impatience son adaptation par Tanabe. Et là Wouaww!! que du bon, en suivant les pas de Robert Olmstead nous découvrons avec lui toute l'histoire de cette mystérieuse petite ville de l'est des États-Unis. Prospérité avec ses armateurs qui se déplacent jusque dans le Pacifique pour y traiter avec les indigènes d'îles perdues et puis dégénérescence des industries et de la population qui se lit avec des créatures ramenées de ces fameuses îles. Tanabe nous propose un récit fort bien construit, son adaptation fait doucement monter l'angoisse, je trouve que par rapport à ses travaux antérieurs les personnages offrent des visages moins figés avec notamment des regards plus expressifs. Ah ! ces images d'Innsmouth délabré hantés par les silhouettes de ses habitants. J'en redemande donc et suis en attente impatiente de la deuxième partie du récit.

18/10/2021 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

Avec quelle facilité Brubaker m'embarque dans ses histoires, j'ai eu le même ressenti en lisant Pulp. Capté dès les premières pages, Brubaker emmène son lecteur dans un univers composé de malfrats abîmés par un passé plus ou moins douloureux, nous assistons à leurs quotidiens qui les poussent irrémédiablement vers un destin tragique. Le déroulement de son scénario ne laisse aucun espoir à ses personnages, ils sont tous comme aspirés vers une fin tragique et c'est d'autant plus touchants que l'auteur a pris le temps de travailler tous les personnages en nous les présentant avec leurs faiblesses et leurs passés douloureux grâce au format de cette bd. Un dessin souvent sombre pour coller aux situations et la représentation des visages est vraiment réussie. Pas une seconde d'ennui pendant les 288 pages.

17/10/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Tout commence par la couverture ! Son façonnage particulier est une porte ouverte qui nous permet d’entrer directement dans le cerveau de Sherlock Holmes. Et là ! On découvre une organisation impressionnante, une immense bibliothèque dans laquelle sont méthodiquement classées les affaires élucidées, les poisons, les armes, les grands criminels de l’histoire… Un cerveau exceptionnel… mais Sherlock Holmes s’ennuie. Fort heureusement, une nouvelle affaire ne tarde pas à se présenter. Il fait nuit, dans une rue de Londres, un homme en sous-vêtements semble dans un état second. Quand un policeman l’interpelle, il ne se rappelle rien sauf qu’il est une connaissance du docteur Watson. Il n’en faut pas plus à Sherlock Holmes pour mettre son cerveau en marche. Récoltant indice après indice, le super détective classe tous ces éléments dans sa tête. On le voit raisonner, classer, analyser. L’histoire est prétexte à une mise en scène excellente, intelligente et précise, fourmillant de détails, mais aucun n’est inutile. Ce premier album d’un diptyque avec ses décors soignés, ses couleurs douces et un Sherlock plus vif que jamais est une vraie belle interprétation du détective légendaire. Une réussite ! Le second tome confirme la réussite de ce diptyque à quelques changements près. Le dessin gagne encore en délire et en détails, c'est hyper créatif et beau. Le scénario, quant à lui, gagne un peu en épaisseur. En plus de l'enquête parfaitement maîtrisée, les auteurs nous proposent des réflexions intéressantes sur l'empire britannique, les comportements coloniaux et les trafics clandestins. Est-ce bien la fin de cette histoire ? Apparemment, oui mais la dernière page pourrait laisser entendre que ce n'est pas tout à fait terminé... Je confirme ma première impression, c'est une très bonne série.

30/01/2021 (MAJ le 17/10/2021) (modifier)
Couverture de la série Outlaw
Outlaw

C’est un petit western sympathique. Je l’aurais sans aucun doute mieux apprécié si l’ensemble était resté du même niveau que les deux premiers tomes, clairement les plus dynamiques, très rythmés, avec des bons mots qui fusent et quelques running gags réussis. Les deux suivants sont plus inégaux, se renouvèlent moins. Sans être ratés, ils m’ont moins intéressé, c’est dommage. Mais ça reste quand même une lecture agréable. Nous suivons Jason, jeune homme naïf à la recherche de son père, entouré d’une brochette improbable et hétéroclite (une jeune femme qui essaye de percer dans la danse de saloon, un asiatique syndicaliste, un vieil alcolo et un gros barraqué peu causant). Les running gags autour de Smithy l’alcoolique qui boit tout ce qui dépasse les 10 degrés, l’organisation de vieilles rombières assassines dynamisent l’intrigue (plus dans les deux premiers tomes donc). Contrairement à certains posteurs précédents, j’ai plutôt bien aimé le dessin. Le trait un peu crado, avec des tronches qui donnent un air de musaraigne à certains personnages, c’est original et c’est bien passé pour moi. Et j’ai aussi bien aimé la colorisation, les tons passés, marrons qui dominent. Même si le niveau baisse un peu à mi-chemin, cela n’en reste pas moins une lecture très sympathique. Note réelle 3,5/5

17/10/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter
L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter

J'étais bien curieux de lire cet album, dont la sortie coïncide, à quelques jours près, avec le quarantième anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France. Je suis le parcours de Marie Bardiaux Vaïente depuis plusieurs années, admiratif de son énergie pour que l'abolition de la peine de mort soit universelle. Car de nombreux pays, et non des moindres, continuent à l'appliquer, dans des conditions qui seraient ridicules si elles n'étaient pas dramatiques et barbares. Pour en revenir à l'album, il est en effet centré sur le personnage de Robert Badinter, promoteur et lui-même activiste acharné en faveur de cette abolition. La scénariste a choisi de ne pas faire une biographie classique, mais plutôt de se concentrer que quelques évènements qui ont jalonné la vie et la carrière de Badinter, et forgé ses convictions. Deux affaires, symboliques, ont retenu son attention et sont brièvement racontées dans cet album. Celle de Claude Buffet et Roger Bontems, condamnés à mort, non graciés et exécutés, alors que le second n'a tué personne. Celle de Patrick Henry, coupable de l'un des assassinats les plus glauques connus, condamné à mort, gracié. Deux affaires dans lesquelles Badinter est l'avocat de la défense. François Mitterrand élu Président de la république, Badinter est nommé Garde des Sceaux, et a pu plaider l'abolition de la peine capitale devant les deux chambres du Parlement, en septembre 1981. Et obtenir sa récompense, l'issue victorieuse de ce combat essentiel pour la justice et pour la République. Avant de voir le bourreau de son père, déporté pendant la guerre, être condamné à la prison à perpétuité. Des symboles forts que ces affaires, que Marie Bardiaux-Vaïente raconte de manière factuelle, presque froide, afin de toucher le public le plus large possible. Un seule petit regret par rapport à ces choix narratifs, le peu de place laissée aux opposants à l'abolition, dont la rage et la violence furent assez effrayantes à l'époque. Malo Kerfriden prête son trait classique à ce documentaire aussi proche que possible de la vérité, avec une coloration en bichromie qui laisse la part belle aux paroles, à l'expression des différents personnages. C'est d'une efficacité redoutable, et cela permet à ce one-shot d'être à mon sens un album essentiel pour comprendre les racines d'un combat qui fut gagné, mais qui n'est pas terminé.

16/10/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cauchemar d'Innsmouth
Le Cauchemar d'Innsmouth

Le Cauchemar d'Innsmouth est souvent considéré comme l'un des meilleurs récits de Lovecraft. Gou Tanabe continue d'adapter l'oeuvre du reclus de Providence dans sa veine manga, cette fois-ci en deux tomes, le récit original étant plus long que la plupart des histoires lovecraftiennes. Encore une fois c'est du bon boulot. On suit les aventures de Robert Olmstead, un jeune homme curieux qui voyage pour découvrir des lieux liés à ses origines. Il entend parler d'Innsmouth, une ville côtière à la réputation diabolique et sulfureuse. Intrigué, il va y aller pour se rendre compte par lui-même. Le récit dans le récit est efficace, on découvre avec Robert toute l'horreur imprégnée dans la petite ville, ses habitants au physique évoquant des créatures marines, et les étranges rituels qu'un culte impie y aurait institués... Tanabe, si c'était possible, me semble avoir franchi une nouvelle étape dans l'impressionnisme avec cette histoire : les faciès des gens d'Innsmouth sont angoissants, les designs des artefacts qu'on y manipule sont troublants et dérangeants, et la mise en scène vraiment savamment dosée. C'est tellement torturé que par moments on se demande ce qu'on voit à l'image... J'ai hâte de lire la suite et fin de ce récit !

16/10/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Autopsie d'un imposteur
Autopsie d'un imposteur

C'est avec L'Éveil (Delcourt) que j'ai découvert le travail de nos deux auteurs, Thomas Campi au dessin et Vincent Zabus au scénario. L'osmose et l'équilibre qu'ils avaient réussi à trouver en se jouant du fond et de la forme m'avaient impressionné. C'est donc plein d'attentes que je me suis lancé dans la lecture de ce nouvel album. Présenté comme un polar, nous allons suivre le parcours torturé du jeune Louis, monté à Bruxelles pour suivre des études de droit. Ce jeune Rastignac dans l'âme n'aspire qu'à une chose : évoluer parmi la haute société et oublier ses modestes origines campagnardes. Et c'est donc au moment des profonds bouleversements liés aux travaux de l'Exposition Universelle de 1958 que s'inscrit notre histoire. Pour ma part j'y ai plus trouvé une fable sociale sur les luttes de classes qu'un polar. Zabus et Campi nous tissent un récit sombre, certes, amoral, certainement, mais qui nous rappelle que notre conscience ne pourra jamais nous faire oublier nos origines. Nos deux auteurs ne peuvent s'empêcher de jouer de nouveau sur le fond et la forme de leur objet et d'explorer les possibles du medium. Si c'est plus léger et discret que dans L'Éveil, on ne peut s'empêcher de sourire quand le héros Louis prend a parti le narrateur. "Complicité" qui va se poursuivre jusqu'au dénouement... Thomas Campi continue de m'épater par son graphisme flamboyant. J'adore sa gestion des lumières et des ambiances qu'il pose page après page ; elles collent à merveille à l'histoire concoctée par son comparse. Encore une fois, voilà un très bel album, différent, mais qui fait son effet grâce à son charme sombre.

15/10/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série En toute conscience
En toute conscience

3.5 Un one-shot pas mal qui traite d'un sujet grave: le suicide assisté ! J'ai bien aimé comment les auteurs ont traité le sujet tout en pudeur sans tomber dans le larmoyant facile. Tout le coté dramatique du récit est bien maitrisé et jamais je n'ai eu l'impression que les auteurs exagéraient. J'ai aussi aimé qu'ils montrent la dure réalité de cette pratique. Même si on peut deviner qu'ils sont pour le suicide assisté, vu que les personnages principaux sont membres d'une organisation qui aide les gens à s'enlever la vie, on voit très bien que c'est un choix difficile et que ceux qui le prennent ont le choix entre la mort douce ou la souffrance de la maladie pour le reste de leurs jours. C'est vraiment une bonne idée de faire intervenir dans le récit un jeune dépressif qui voit dans cette association qu'un moyen pour en finir alors qu'il est en forme et a toute la vie devant lui. Le point fort du récit est vraiment les relations entre les personnages, comment les membres de cette organisation ont des disputes et des opinions différentes, malgré le fait qu'ils luttent dans le même camp et aussi la relation qu'ils vont développer avec le jeune dépressif. Une BD à lire pour tout fan de roman graphique !

15/10/2021 (modifier)