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Les derniers avis (26142 avis)

Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Goodnight paradise
Goodnight paradise

J’ai acheté ce polar suite aux avis très positifs de lecteurs ayant apprécié la série Criminal et ses spin-off (des gens de bon goût, donc) et je ressors ravi de ma lecture. L’intrigue est bien construite et passionnante - le dernier tiers m’a scotché avec cette narration qui revisite des évènements sous de nouveaux points de vue, pour en montrer plus au lecteur… une technique certes éculée (Berceuse assassine, Quintett etc.) mais diablement efficace. Le protagoniste principal est original et attachant au possible, jusqu’à la toute dernière page, qui m’a beaucoup touché. Le ton est très sombre, la crasse et la misère sont parfaitement retranscrits par le dessin d’Alberto Ponticelli. Je déplore juste quelques fautes horribles dans la VO (« your » plutôt que « you’re », « then » plutôt que « than »), mais j’imagine que ce souci n’existe pas dans la VF. Un polar noir, efficace et rondement mené… une excellente découverte !

26/09/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Choeur des femmes
Le Choeur des femmes

Cette adaptation pourrait en quelque sorte s’envisager comme la continuité d’ Il fallait que je vous le dise, précédent opus d’Aude Mermilliod paru en 2019. L’un comme l’autre évoquent des questions touchant plus particulièrement les femmes. Ce dernier était un documentaire traitant de l’avortement à travers l’expérience de l’autrice elle-même, expérience qu’elle s’efforçait de décrire à son médecin. « Le Chœur des femmes », qui pour sa part prend la forme d’une fiction, se déroule dans le service de gynécologie d’un hôpital. Dans son album précédent, le médecin en question se prénommait Martin Winckler, et n’était autre que l’auteur du roman dont est tirée l’adaptation ici présente. Ce sont deux axes narratifs entremêlés qui traversent les quelque 230 pages du livre : le premier, nourri de plusieurs témoignages (qu’on imagine authentiques) de femmes liés à leurs problèmes et questionnements intimes ; le second, centré autour de Jean Atwood, cette jeune femme brillante à la forte personnalité dont le but est de faire carrière dans la chirurgie gynécologique. Surplombant l’ensemble de sa stature de grand sage, le docteur Karma (eh oui…) va dans un premier temps jouer le rôle de contradicteur face à une Jean impatiente, bardée des certitudes qu’on lui a enseignées dans son école, tandis que le flegme imperturbable du docteur ne fait que renforcer sa colère et son énervement. Mais les réactions épidermiques de la jeune femme vont bientôt s’épuiser à force de se cogner à une réalité qu’elle ne veut pas voir, et son expérience aux côtés du gynécologue va se transformer en parcours initiatique… avec en guise de Graal une révélation sur son propre passé qui changera tout son être et son état d’esprit… La partie « documentaire » est particulièrement intéressante, et pas seulement pour le public féminin, car à travers ce gynécologue, le sujet porte sur une approche révolutionnaire et rafraîchissante de la médecine en général, de la sexualité et du genre aussi, basée sur l’empathie et l’écoute du patient, loin des corporatismes. Une approche qui remet en cause certaines pratiques gynécologiques abusives car douloureuses qui aujourd’hui ne devraient plus avoir court. Une sorte de suite assez logique de l’autre best-seller de Winckler, « La Maladie de Sachs »… La partie « fiction », un brin capillotractée, recèle toutefois ses charmes, notamment avec le personnage de Jean Atwood, dont les colères et l’entêtement face au docteur Karma agacent au début, mais finira par devenir attachant, au fur et à mesure que l’on percera les causes de son courroux. Les retrouvailles avec le père et les confessions qui s’ensuivent constituent un des meilleurs moments du récit. Les épreuves de la vie passée sont transcendées par une narration reprenant les codes du conte de fées. C’est formidablement bien vu et d’une tendresse extraordinaire. Dans une mise en page assez libre et variée, Aude Mermilliod utilise à bon escient sa ligne claire pour aller à l’essentiel et ajouter du dynamisme au récit. « Le Chœur des femmes » s’avère donc une adaptation réussie, les premières pages dissipant assez rapidement les craintes vis-à-vis d’un sujet sérieux et potentiellement pesant, grâce notamment à l’humour construit sur le « caractère de cochon » et la forte personnalité de Jean Atwood. Globalement, c’est un album tout à fait dans le ton de l’époque, à la fois surprenant, vivifiant et inspirant.

26/09/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série GoSt111
GoSt111

Goran vient de se faire virer ! Il est chauffeur-livreur et on vient de lui retirer son permis. Il doit trouver rapidement un autre boulot. Il doit subvenir aux besoins de sa petite famille. Il accepte donc le premier job proposé, à savoir convoyer de la drogue. Evidemment il se fait pincer ! Le con ! Pour échapper à la prison, il n‘a pas beaucoup d’options qui s’offrent à lui. Il va devenir contraint et forcé un « tonton », un indic pour la police. Entre les truands et la police, notre ami Goran va devoir jouer à un jeu risqué. C’est pas mal cet album. Le scénario tient la route. Le rythme est soutenu. On ne s’ennuie pas une seule seconde. C’est avec délice que nous plongeons allégrement dans les coulisses de la police. Le duo Goran Stankovic et Alex Lemaître fonctionne parfaitement. C’est glauque. C’est du bien noir assurément. Les dialogues sont délicieux. Et même si le graphisme n’est pas trop ma tasse de thé, au fil de la lecture je m’y suis fait. A découvrir de toute urgence. Je vous l’assure, l’adrénaline est bien présente à travers les 200 pages de cet album hyperréaliste.

26/09/2021 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Baron (Masbou)
Le Baron (Masbou)

Aaaah le Baron de Munchhausen ! Je n’ai jamais lu ses aventures loufoques mais qu’est-ce que j’adore son adaptation cinématographique réalisée par Terry Gilliam ! Un film que je n’hésite pas à revoir à chaque fois qu’il passe à la télé ! Mais revenons donc sur cette bande dessinée réalisée par Jean-Luc Mabou, connu pour avoir conçu « De Cape et de Crocs »… En gros, « Le Baron » nous raconte comment le Baron de Munchhausen (eh oui, ce personnage a réellement existé !) a accueilli le roman de ces récits rédigé par un écrivain qu’il ne connaît pas ! En effet, ce dernier, justement, va essayer de rejoindre le Baron de Munchhausen avec l’aide des habitants du village où il réside… Pour comprendre l’enjeu de cette initiative de l’écrivain, il faut se mettre dans le contexte de l’époque : ça se passe au XVIIIème siècle alors forcément, la population n’était pas si lettrée que ça donc pas vraiment de livres mis à la disposition du peuple et je ne vous parle pas de l’inexistence de la radio et de la télé ! Donc, pour égayer des soirées, des repas entre familles, quoi de mieux que d’écouter des aventures racontées par un bon orateur, et quand on sait que le Baron était un sacré beau-parleur et d’une imagination sans limite… Je peux percevoir sans problème que son public était admiratif de ces récits et fermaient les yeux ou plutôt débranchaient leurs cerveaux pour les écouter… Je peux imaginer aussi qu’ils préféraient se taire plutôt que de contredire ce mytho de Baron ! Ben, quoi de mieux que de se marrer de ses conneries ! Ils auraient pu le prendre pour un imbécile mais ses propos étaient tellement fantasmagoriques et… magiques qu’il a réussi à se faire respecter ainsi et à se faire un nom, d’où ce livre ! Donc, ce décor planté, j’ai finalement passé un excellent moment de lecture avec ce baron ! J’y ai apprécié les historiettes ou plutôt les passages les plus connus de ses aventures dessinées d’une façon différente de la trame principale. J’y ai apprécié également la bonhomie du baron, Masbou l’a rendu ainsi et ce n’est pas plus mal car ça contribue à la poésie et la légèreté que j’ai pu ressentir tout au long de ce récit. J’ai aimé aussi tous ces moments loufoques où je n’ai pu m’empêcher de me marrer franchement ! Quant au coup de patte de Masbou, ce n’est pas ce que j’aime le plus dans le 9ème art car les arrières plans sont –à mon avis- trop chargés mais j’avoue que sa mise en couleurs aux tons chatoyants est bien adaptée à ce genre de récits. Mention spéciale à la narration qui m’est apparue excellente. Au final, une excellente lecture qui a su m’évader, me faire rêver… Bref, un bel hommage à ce fameux racontar qu’était le Baron de Munchhausen !

25/09/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Jacob le Cafard (55 Dropsie avenue, le Bronx)
Jacob le Cafard (55 Dropsie avenue, le Bronx)

Jacob Shtarkah, un immigrant juif travailleur et courageux, se retrouve un jour sans emploi. Alors qu’il rentre chez lui, découragé, un malaise cardiaque l’oblige à s’asseoir dans la rue. C’est alors qu’il aperçoit un cafard tombé par la fenêtre. L’insecte, qui met toute son énergie à se remettre sur ses pattes, fait réfléchir Jacob et cette volonté de vivre envers et contre tout lui rappelle sa propre situation désespérée. Jacob va lui aussi remonter la pente et, au fil des rencontres, retrouver un travail et sa place dans la petite société dans laquelle il vit. Entrent alors en scène différents personnages qui se croisent et se rencontrent : un fils de bonne famille désargenté obligé de vivre dans le même immeuble que lui, un ami menuisier en difficulté, le rabbin et sa femme handicapée… et surtout sa propre femme, la parfaite mère-juive, sa fille institutrice qui commence à flirter et son fils médecin qui veut se marier avec une non juive. Tous (sauf le fils qui a réussi à quitter le quartier) essaient désespérément de s’en sortir. Sur fond de crise économique des années 1930 et de misère sociale, on voit la mafia italienne pointer son nez et les idées fascistes et communistes prendre de l'ampleur en Europe. Le contexte de la crise économique qui conditionne le comportement des personnages est raconté à travers des articles de presse mis en page par Will Eisner. C’est une bonne idée, c’est facile à lire et on a l’essentiel. Comme dans ses autres albums, Will Eisner restitue avec précision l’ambiance des années post crise de 1929 et sur fond de contexte social dur pour ceux qui n’avaient déjà pas grand-chose, aborde des questions essentielles. Ces tranches de vie prises sur le vif m'ont fait penser aux illustrations de Norman Rockwell qui a, lui aussi, décrit avec détails cette période de crise économique. Moins abouti et moins dramatique que le Pacte avec Dieu, Jacob le cafard n’en reste pas moins une chronique passionnante tant sur le plan humain qu’historique. C’est toujours aussi savoureux et je suis toujours aussi fan de Will Eisner !

25/09/2021 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Le peintre hors-la-loi
Le peintre hors-la-loi

L'album commence par un fait historique marquant, le régicide du peuple français et sa jeune République. Ils sont là les badauds, les curieux et différents peintres et dessinateurs pour figer cet instant dans les mémoires. La guillotine se détache sur une grande planche en contre-plongée. Dans les campagnes règne une certaine anarchie, la mort du roi n'a rien résolu car le peuple a toujours faim malgré la chute de la monarchie et les brigands sont légion. C'est dans ce contexte qu'on découvre Lazare Bruandet, peintre qui m'était inconnu. Un grand type, un boiteux au regard un peu fou qui d'un coup de sang défenestre sa femme. Ce geste le conduit à fuir à Fontainebleau dans ses forêts qu'il connait bien et où les souvenirs d'enfance ressurgissent les bons comme les très mauvais quand une troupe de soldats a débarqué chez sa mère. La nature qui l'entoure l'inspire pour de nouveaux tableaux. Plusieurs planches muettes ou presque permettent de contempler cette belle nature. J'aime beaucoup le style de dessin de Frantz Duchazeau, les couleurs sont également bien adaptées. Un bon moment de lecture sur les pas de ce peintre un brin torturé.

25/09/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série L'Attente
L'Attente

Après plusieurs bandes dessinée dénonçant l'absurdité du régime dictatorial de la Corée du nord, voici un one-shot qui raconte une tragédie dont on entend moins parler : le fait que la séparation des deux Corée a aussi séparé des familles. Keum Suk Gendry-Kim a basé son récit sur les souvenirs de sa mère et d'autres personnes du même âge. Au début, je trouvais cela juste sympathique et puis lorsque l'autrice commence à montrer le passé de la mère j'ai accroché. Le récit est bouleversant et on comprend la peine de ces gens qui ont été séparés de leurs proches et qui des décennies après gardent l'espoir de pouvoir les retrouver même si c'est pour de courtes rencontres. Le pire étant que les générations ayant vécu cette séparation disparaissent complétement peu à peu et les générations plus jeunes se fichent de cet événement ! J'ai bien aimé aussi les réflexions de l'héroïne sur sa mère, comment elle pense que la tragédie qu'elle a vécu l'a changée. On sent la distance entre la mère qui a vécu l'horreur et la fille qui a un peu peur de ravir de mauvais souvenirs en parlant de ça avec sa mère. Il y a des moments émouvants et l'autrice a le ton juste pour parler de sujets graves. Cela ne tombe jamais dans le larmoyant facile. Le dessin est bon. Un livre à lire si on est fan de roman graphique.

25/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Solo Leveling
Solo Leveling

La Corée du sud a depuis quelques temps vu exploser l'arrivée sur le marché de webtoons, des versions numériques de manhwas ou de webcomics sud-coréens. "Solo Leveling" est donc une adaptation papier éditée par Delcourt dans leur toute nouvelle collection dédiée : Kbooks. L'objet est déjà plaisant ; format légèrement plus grand que les mangas classiques, papier de qualité et un manga entièrement colorisé. La couverture est accrocheuse avec quelques effets qui donnent envie de passer le pas. Nous allons donc suivre ceux de Jinwoo, jeune "chasseur" peu expérimenté, qui comme un certain nombre d'humains a développé des capacités particulières quand sont apparues un peu partout sur Terre des portails d'où émergeaient des créatures monstrueuses. Ces chasseurs vont donc à chaque nouvelle apparition devoir pénétrer ces "donjons" pour exterminer ces monstres dangereux. Aidés d'une interface qui est un peu le centre névralgique de "Solo Leveling", nos personnages vont évoluer ou trépasser de façon assez radicale. Ce premier tome ne fait pas dans la dentelle et les pertes sont plus que conséquentes ! C'est ce qui fait d'ailleurs la force de ce tome introductif en nous plongeant rapidement au centre de l'action, accrochant rapidement le lecteur. Ne cherchez pas ici une folle originalité, mais plutôt l'efficacité. En tout cas, on se laisse vite prendre au jeu, pour peu qu'on soit amateur de ce style d'aventure très jeu vidéo rpg, et le graphisme de Dubu et la très bonne colorisation respectant à priori le webtoon n'y sont pas pour rien. C'est bien réalisé, rythmé, la narration dépote et la tension est palpable. Reste que scénaristiquement il ne faudrait pas que cela tourne trop en rond. Car si le côté vie personnelle des personnages est mis en avant dans ce premier tome, avec les problèmes personnels de chacun dans leur vie quotidienne, il serait intéressant que ce volet ait une importance dans le scénario pour ne pas tourner au rpg bête et méchant. Un bon début de série qui demande à confirmer l'essai dans les tomes à venir. *** Tome 2 *** Avec ce second opus, nous allons suivre la rapide progression de notre héros. Ce dernier va rapidement griller les étapes et monter en niveau en se retrouvant pour une raison inconnue à affronter un donjon tout seul, ce qui à priori n'arrive jamais... Cette expérience va lui permettre d'acquérir de nouvelles capacités et compétences qui vont lui être plus qu'utile pour survivre lors de sa quête suivante. Car toujours poussé par le besoin d'argent pour survivre dans la vie réelle, il va accepter une mission officieuse en intégrant un groupe de chasseurs expérimentés à qui il manquait 2 personnes pour valider la mission. Relégué au rang de "porte bagages", Jinwoo va néanmoins sauver la mise au groupe en pressentant le danger qui les menaces. Pour autant, la mission va virer au drame, mais ça je vous laisse découvrir comment et pourquoi... :) Ce deuxième tome tient toutes ses promesses en nous montrant l'évolution rapide de Jinwoo et nous replonge tout aussi vite dans l'action. Le dessin de Dubu reste égal, par contre j'ai trouvé que le découpage de certaines planches était moins réussi pour certaines planches, nuisant par moment à la narration ; on peine parfois à trouver le bon sens de lectures des cases. Pour ce qui est du scénario, rien de bien neuf, mis à part le petit cliffhanger de fin de tome qui relance notre intérêt de façon réussie. A suivre donc ! *** Tome 3 *** Voilà donc un troisième tome qui continue de voir l'ascension fulgurante de notre jeune Jinwoo se confirmer. Ce dernier a gagné en niveaux et en compétences mais continue de se faire passer pour un joueur médiocre. Cela lui permet d'amasser un petit pactole et de sortir de son quotidien miséreux sans pour autant donner dans l'ostensible (discrétion oblige !). Il devient par contre plus compliqué de cacher son développement physique (même dans la "vraie vie") et encore moins dans les portails où il évolue. Malgré sa discrétion Jinwoo commence à susciter pas mal d'interrogations et finir par devenir une cible de choix pour les recruteurs des grands clans... Ajoutez à cela quelques psychopathes pas forcément prévus au tableau, et les rebondissements vont bon train dans ce troisième opus. Pour le coup, je monte ma note à 4. Ne cherchez pas une folle originalité dans cette série, mais le contrat est plus que rempli et donne facilement envie de connaître la suite. Un très bon page turner !

02/06/2021 (MAJ le 24/09/2021) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série 21st Century Boys
21st Century Boys

Conclusion en deux tomes de la série 20th Century Boys, cette série est complexe à noter. Deux tomes séparés du reste de l'histoire (pourquoi ?) qui viennent enfin conclure décemment la série en précisant les détails de certaines intrigues. Le souci dans la notation de cette série, c'est qu'il est compliqué de le faire sans le dissocier de l’œuvre principale. D'autre part, ces deux tomes sont là de façon assez explicite pour conclure la série qui n'en avait pas de satisfaisante. Mais cela étant, les deux volumes contiennent aussi un rebondissement d'intrigue étrange et assez artificiel à mon gout, comme s'il fallait refaire une intrigue pour tenir deux volumes. D'autant qu'elle fait un peu doublon avec la fin de la série en elle-même. Pour le reste, je ne peux que recommander l'avis que j'ai laissé sur 20th Century Boys, puisque je considère que la série est un tout en elle-même. Pour autant, la notation est compliquée !

16/11/2008 (MAJ le 24/09/2021) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série 20th Century Boys
20th Century Boys

20th Century Boys ... Il y a quelques années de cela, j'avais décerné la note maximale et mes commentaires élogieux à cette série que j'avais lu dans mes primes années de lecteur de BD. Une intrigue qui brassait moult idées en tout genre, des retournements et des personnages travaillés, un dessin qui me plaisait, une ambiance sombre et désespérée tempérée par quelques faits hauts en couleur ... Oui, encore aujourd'hui, en le relisant, j'aime beaucoup cette série qui a d'indéniables qualités. Mais c'est surtout qu'aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de lire autrement ces 24 albums (en comptant "21th Century Boys"). Déjà, il y a le retournement de milieu de série qui redéfinie les cartes. Clairement, il semble que ce retournement soit très artificiel et donne l'impression d'avoir allongé une sauce qui aurait pu être plus réduite. L'auteur joue sur les rebondissements et parvient à maintenir la tension, mais le plaisir initial n'est plus là. Une pression éditoriale, un choix malheureux ? Je ne sais pas. Par contre, ce que je sais aujourd'hui et que je ne connaissais pas à l'époque, c'est le sens plus profond de l’œuvre. En effet, j'ai depuis lors lu le livre "Underground" de Haruki Murakami, parlant des attentats du métro de Tokyo en 1995. Un attentat effectué par une secte, qui diffusa du gaz sarin (hautement toxique) dans différentes rames. Après cet attentat, le monde découvrait la secte Aum, son chef et leader Shoko Asahara, et toutes ces personnes embrigadées dedans. Des médecins, des ingénieurs, des gens du commun, tous avaient œuvré à perpétrer des attentats incroyablement violents. Ceux-ci eurent un véritable effet d'électrochoc sur la société japonaise, et je pense que l'on ne peut lire le manga "20th Century Boys" sans voir de liens évidents entre les attentats et la BD. Ce que je comprends de l’œuvre aujourd'hui, c'est qu'il s'agit d'une sorte de catharsis envers cet attentat de la part de Naoki Urasawa. Une façon de comprendre comment des gens aussi instruits ont pu se laisser embrigader dans une telle secte et finir par commettre des tueries de masses. Cette idée s'incarne dans l’œuvre à la fois par la secte de Ami, dont les idées sont certes différentes mais font bien échos à cela (préparation minutieuse d'attentat avec un gaz toxique dans Tokyo, notion de gymnastique et exercice purifiant, etc ...). D'autre part, il y a une démarche de compréhension derrière les personnages : comment chacun est rentré dedans, accepte ce qu'il se passe. Le mysticisme autour d'Ami, réel ou créé de toute pièce, ainsi que la puissance de ces croyances sur les individus. D'ailleurs, le développement d'un monde pratiquement fasciste reposant sur cette secte n'est pas non plus anodin. Et dans tout cela, j'y vois aussi une autre lecture, liée à tout ce qui se passe dans leur jeunesse. Une sorte d'utopie de leur enfance, dans un monde qui marche sur la lune et découvre l'exposition universelle. Et ces idées de jeunesse, ces aspirations et ces rêves, seront engloutis dans une froide réalité. Kenji travaille dans un super-marché en ayant délaissé sa guitare, par exemple. Mais par petites touches, il me semble que l'auteur décrive une froide réalité venue recouvrir leurs rêves d'enfances. Et cette réalité est aussi celle dans laquelle l'embrigadement d'une secte conduira à des morts. Une secte qui s'appuie sur la nostalgie de ce passé. Car, au final, les révélations progressives du livre et les résolutions postérieures ne feront que compléter cette vision du passé et en livrer une tonalité peut-être moins fantastique. Une réalité parfois dure qui existait déjà à cette époque et n'a pas été prise en compte. Derrière la façade de polar, j'ai l'impression que l'auteur tente de comprendre cette société qui a permit à des attentats pareils d'exister, et semble dire que la culpabilité est finalement partagée par le grand nombre. Nous avons crée ces personnes en pertes de repères qui sont prêt à suivre aveuglément n'importe quel gourou. Et nous avons également failli en ne laissant pas le monde devenir ce que nous voulions dans nos rêves d'enfants. Mine de rien, la BD est assez grave et lourde dans ses thématiques. Lors de mes premières lectures, je n'avais pas les clés de compréhension de certaines choses, mais à la relecture cela m'a frappé. La BD semble être un commentaire assez rude envers la société japonaise, mais aussi un constat amer sur ces sectes et leur possibles dérives. La BD n'est pas exempte de défaut, loin de là, et il y a clairement une cassure dans le rythme (qui ne faisait pas défaut à Monster) pour que je puisse lui décerner une note maximale. Mais, il y a un message assez sombre dans ce manga, et une nouvelle lecture appelle à plus de questions et d'interrogations. Complexe, dense et travaillée, aux multiples personnages, cette série de manga reste indéniablement marquante pour moi. Donc culte, je ne peux plus le dire, mais à lire en tout cas.

10/05/2009 (MAJ le 24/09/2021) (modifier)