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Les derniers avis (6838 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Séquelles
Séquelles

Une fois n'est pas coutume, amenons directement ce dialogue puisé dans l'épilogue : "- trop de questions sans réponse. - Elle est toute simple la réponse : l'action mon vieux, le mouvement" Avec ces quelques lignes, Hugues Micol vient de résumer parfaitement les 320 pages de son pavé graphique qui se peut se lire comme une suite de sa première oeuvre Romanji (3) mais également comme un reboot totalement indépendant. Rappelons rapidement que cet OVNI pouvait facilement diviser (l'avis de Ro en est un bel exemple en contrepartie du mien). Il y a au moins de la consistance dans cette haletante course-poursuite qui renvoie autant aux dialogues d'un Michel Audiard pour certaines réparties pas piquées des hannetons qu'à un polar bien noir et craspec. On retrouve le valeureux agent Sabre qui n'en a décidément pas terminé avec son enquête surréaliste en croisant quelques créatures fantastiques et même quelques divinités. Hugues Micol dont le trait s'apparente désormais à celui plus charbonneux de Blutch arrive à captiver son lectorat tout en le désorientant par quelques effets temporels de mise en scène dont il est préférable de ne rien dévoiler. Il y aura de l'action, de l'absurde, de l'humour noir et pas mal de gunfights. La frénésie initiale laisse ici place à une subtilité narrative efficace. Et c'est même assez joli à regarder si on adhère au style survolté de son auteur. Séquelles ne plaira pas au plus grand nombre mais offre de belles perspectives de relecture pour qui veut bien abandonner un peu de sa rigueur cartésienne. Hugues Micol n'aura jamais été aussi généreux quitte de présenter un plat à la limite indigeste par la multitude de ses ingrédients.

08/04/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série 1984 (Torregrossa)
1984 (Torregrossa)

Inutile de s'appesantir davantage sur ce classique absolu de la littérature mondiale qui reste aujourd'hui et pour de longues années malheureusement l'exemple de ce qu'il ne faudrait pas suivre en politique et dans une société de plus en plus surveillée et falsifiée. Cela doit faire plus de 35 ans que j'en connaissais chaque ligne et presque tout autant que je souhaitais en lire une adaptation en bande dessinée. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver non pas une ou deux adaptations en ce début d'année 2021 mais bien quatre toutes distinctes et d'éditeurs différents. Celle de Soleil était mon choix initial et le resta même si je risque de craquer sur d'autres adaptations. La motivation de ces lectures n'est pas tant de retranscrire l'univers froid et sans émotions du monde créé par George Orwell mais bien d'en ressentir de nouvelles par les dessins. De ce côté-là, tout est plutôt bien retranscrit en seulement 120 pages de dessins inspirés par la ligne claire franco-belge classique et tout en nuances de gris. Quelques couleurs rehaussent intelligemment les rares moments de plaisir (un verre d'alcool, une étreinte, la nature) et le rythme est très soutenu. La première partie décrit assez rapidement (mais pas succinctement) toutes les caractéristiques de ce Londres déshumanisé même si de nombreux détails sont survolés et qu'on aurait apprécié encore plus de de décors écrasants sur quelques doubles pages par exemple. L'accent est en effet porté sur la relation entre Winston Smith et Julia qui restent présent au cœur du récit. Le travail est assez conséquent pour ce qui semble être l'adaptation la plus condensée et la plus accessible pour un jeune public. Rien que pour tout cela et une narration très fluide, cette adaptation du chef d'œuvre d'Orwell mérite amplement votre attention.

08/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Alt-Life
Alt-Life

J'ai dévoré ces deux tomes, quel pied de se prendre un récit d'anticipation qui fourmille d'idées nouvelles qui explosent avec une palette vive de couleurs extrêmement nombreuses et un dessin tout en courbe, humain, qui parle aux sens. On a à la fois un récit intelligent et des personnages attachants, bourrés de sentiments. Que j'aime leur langage très parlé, un langage de jeune de mon époque, et qui parvient à se glisser malicieusement comme de la littérature. Les prénoms tous plus vieillots les uns que les autres m'ont semblé un autre choix osé, mais judicieux. Je comprends que cela ne sera pas du tout du goût de tous, et je suis admiratif devant le courage des auteurs qui n'ont fait aucune concession et sont allé au bout de leurs choix artistiques et philosophiques. Cette BD est intelligente et a clairement nécessité un énorme travail d'écriture. Vivre virtuellement ? Ce futur ne semble pas tellement improbable. Dans cette œuvre, vous découvrirez d'abord toutes les possibilités que l'on n'avait même pas imaginée à une vide dans l'ordinateur : vivre plusieurs choses à la fois, à la fois avec et sans les autres. Vous verrez les questions que cela soulève, comment l'esprit humain réagit, comment l'humanité peut évoluer. Le tome 2 ne m'a pas déçu, même s'il est vrai qu'il est moins limpide que le 1er, il poursuit indubitablement la réflexion entamée, et sans lui on n'aurait pas toutes les réponses. Quel plaisir aussi toute cette double lecture sur le rapport entre la personne et son créateur. Que de pistes pour celui qui garde à l'esprit cette hypothèse que nous sommes issus d'un "jeu de la vie" (un algorithme avec des contraintes qui ne crée pas la vie, mais lui donne les circonstances). J'oubliais de parler de ce qui sera peut-être le plus marquant pour une partie des lecteurs : une grande se(x)nsualité (surtout le tome 1), une imagination qui fantasme, et qui n'est pas le moindre plaisir de cette lecture, mais pas son sujet principal.

08/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Littérature pour tous
Littérature pour tous

Vandermeulen nous pond ici une sorte de manuel, destiné aux parents souhaitant aider leurs rejetons à se constituer une bonne culture littéraire : une sorte de Lagarde et Michard du pauvre, qui revisite et présente quelques grands auteurs, au travers de quelques pages censées présenter leur œuvre la plus connue. Si couverture et textes de présentation singent les grandes collections littéraires (chaque œuvre est présentée par un pseudo spécialiste, sur un ton souvent pompeux, prétentieux et naze), il ne faut pas parcourir trop de pages pour comprendre que l’entreprise n’est pas des plus sérieuses. Ou plutôt qu’elle feint de l’être pour mieux faire ressortir l’aspect grotesque, parfois totalement décalé, et souvent drôle en tout cas de ces extraits et de la revisite (avec un langage anachronique, des commentaires off alternant définitions improbables et précisions volontairement lourdingues et inutiles, avec souvent en fin de présentation des jeux et questionnaires de lecture eux-aussi farfelus). Quant aux histoires elles-mêmes, elles ressortent « légèrement » modifiées par l’imagination de Vandermeulen. L’ensemble est inégal, certes, mais j’ai globalement bien aimé cet album, dont la lecture est d’autant plus réjouissante que l’on connait les auteurs et les œuvres ici présentés. C’est plus ambitieux – et bien plus réussi – que ce qu’a pu faire de façon plus minimaliste sur le sujet Henrik Lange par exemple. Et, ce qui est notable, c’est que ce n’est pas répétitif, l’auteur renouvelle les angles d’attaques et les types de déconne, de langage, etc. En tout cas je suis étonné qu’il n’y ait pas plus d’avis sur cet album, qui procure une lecture jouissive, jouant sur à peu près tous les registres de l’humour. Je ne peux que vous encourager à y jeter un œil !

08/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Plongeon
Le Plongeon

C’est beau mais c’est triste… C’est la vie… La fin de vie, la perte, le plongeon vers l’oubli. Oubli de ses propres souvenirs comme oubli par ses proches. C’est d’une grande justesse de ton. Pas larmoyant, drôle même par certains côtés, ce qui rend l’album encore plus déprimant. C’est une ode à la vie, au dernier souffle que l’on voudrait exubérant comme un dernier pied de nez à la mort. C’est un très beau récit, qui m’a énormément touché. Le trait épuré et facile d’accès de Victor Pinel et la narration légère de Séverine Vidal adoucissent la triste réalité de cette ultime halte avant le dernier plongeon. C'est un gros coup au coeur.

07/04/2021 (modifier)
Couverture de la série John Tanner
John Tanner

L'histoire de John Tanner qui restera 30 ans captif de tribus Ojibwe (capturé à l'âge de 9 ans) ne m'était pas tout à fait inconnue, mais je n'arrivais pas à bien la situer dans le temps. Car il s'agit d'une histoire vécue. D'abord destiné à remplacer un fils disparu, John connaitra plusieurs épreuves et un destin singulier et tourmenté avant de devenir un lien entre les deux cultures blanches et indiennes par sa fonction de traducteur et de guide. C'est donc un biopic bien relaté et extrêmement bien documenté ; en lisant ce qui concerne le personnage dans mon Histoire du Far West de Rieupeyrout, je me suis aperçu que Périssin avait dû bien potasser son sujet, car si l'on excepte quelques passages romancés pour donner un aspect aventureux au récit, le tout sent l'authenticité, en faisant oeuvre en même temps de valeur anthopologique chez les "native americans". C'est un récit qui d'ailleurs appartient plus au domaine de l'aventure qu'à celui du western, l'action se situant entre la fin du XVIIIème et le début du XIXème siècles, soit moins d'un siècle avant la période classique, à peu près à la même période que l'histoire du Dernier des Mohicans. Mais ce n'est pas bien grave vu que cette Bd est imprégnée par la culture indienne, même le vocabulaire indien est d'une richesse incroyable. La narration est originale, il s'agit d'un récit raconté par John Tanner à un ami qui deviendra plus ou moins son biographe, le tout étant décrit à travers des encadrés narratifs et quelques rares dialogues. Je suis frappé par le soin apporté à tous les composants de ce diptyque, ce soin concernant aussi bien sûr le dessin de Pavlovic, auteur que je suis content de retrouver depuis El Niño et Les Munroe. Son dessin est superbe lorsqu'il se déploie dans les paysages magnifiques des Grands Lacs, mais aussi il livre un véritable festival sur la culture indienne (tenues, objets et visages indiens). Je le trouve plus proche par sa finesse de celui de Les Munroe que de El Niño où son trait était plus épais. En plus de l'histoire de John Tanner, le récit dans son ensemble est instructif par sa retranscription de cette culture indienne que l'on découvre sous un visage beaucoup moins idéalisé (les native sont cruels, parfois méchants, individualistes et vivent dans le dénuement, sans autre ambition de survivre dans un monde hostile). On apprend aussi que l'évolution des native n'a pas été faite que dans la violence et le sang, mais dans une sorte d'assimilation , tout comme celle dans le sens inverse de John Tanner. Bon après, ce sont des Indiens des Grands Lacs, ils n'ont pas le même mode de vie que les Indiens des plaines un siècle plus tard comme le montrera Derib de façon plus idéalisée dans Celui qui est né deux fois. Une bonne histoire, édifiante et instructive.

07/04/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Alpha
Alpha

J’adore ! Voilà une série d’espionnage hyperréaliste que j’ai dévoré littéralement ! Chaque album est une réussite. J’achète les yeux fermés. Alors oui les dessinateurs et les scénaristes ont changé régulièrement mais sans jamais « casser » le contenu du début et en maintenant une qualité irréprochable. Le changement dans la continuité ! Pascal Renard a scénarisé les 2 premiers tomes. Lorsqu'il meurt en avril 1996, à 35 ans, c’est Mythic qui prend le scénario de la série en main. Les dessins sont l'œuvre de Youri Jigounov qui a également rédigé le scénario du tome 11. À partir douzième tome, il ne se consacre qu'à l'écriture, le dessin étant désormais réalisé par Chris Lamquet. Concernant le dernier opus - T15 roadies – le scénario est confié à Emmanuel Herzet et le dessin à Alain Queirex. Ce ne sont pas des inconnus loin de là, on les retrouve sur la série … « Alpha - Premières armes ». J’apprécie cette série qui a commencé, rendez-vous compte, en 1996 ! Une éternité ! Les aventures tumultueuses de Dwight Tyler dit Alpha sont brillantes. Aucune once de torpeur à l’horizon. Ca bouge, ça claque. Le graphisme est détaillé, minutieux et réaliste. La mise en page est dynamique permettant de donner du mouvement aux différents protagonistes. Place à l’action ! Entre les mensonges, les criminels, les bandes mafieuses, la CIA, le KGB, vous plongerez dans des aventures particulièrement réussies et envoûtantes. Vous vous ferez manipuler ! Et alors ? C’est juste jouissif ! Laissez-vous faire ! Les intrigues fourmillent et les rebondissements sont nombreux. Je dis oui oui oui. Encore. Nous sommes sur le panthéon de la série culte de la BD à l’instar de « XIII » ou de «Largo Winch ». Je me régale avec de tels albums. Je suis aux anges. Cette série clairement cinématographique fait partie de mes immanquables bien évidemment. Gros coup de cœur depuis toujours, enfin depuis 1996.

06/04/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série A Fake Story (d'après le roman de Douglas Burroughs)
A Fake Story (d'après le roman de Douglas Burroughs)

« A Fake Story » est tout d’abord une enquête policière prenante, sur fond de racisme dans les USA des années 30… Douglas Burroughs mène l’enquête, et la version officielle des évènements laisse peu à peu place à des motivations beaucoup plus sombres. La révélation finale est bien amenée, logique et satisfaisante. Enfin, la mise en image de Jean-Denis Pendanx est absolument magnifique (même si je note un lettrage pas toujours très lisible). Et puis… page 85 arrive le « fameux » épilogue (dont parle Mac Arthur dans son avis) qui vient tout chambouler, avec une mise en abyme intéressante qui encourage le lecteur à faire ses propres recherches sur les faits, et propose une réflexion pertinente sur les « fake news » et notre capacité à croire l’incroyable du moment qu’on « fait confiance » à la source d’information. Difficile d’en dire plus, mais cet épilogue est assez fort, même si je ne l’ai pas trouvé d’une clarté limpide (j’ai dû en discuter avec Mac Arthur pour m’assurer que j’avais bien tout compris). Un album à lire, sans aucun doute… ne serait-ce que pour l’enquête palpitante. L’épilogue, lui, est la cerise sur un gâteau déjà bien appétissant !

05/04/2021 (modifier)
Couverture de la série L'Aviatrice
L'Aviatrice

Apparemment, les femmes et les avions, c'est le grand truc de Walthéry, sauf que là, il ne s'agit plus d'hotesse de l'air et de notre époque, mais d'une femme-pilote dans les années 30. Le récit situé dans cette période années 30 est une bonne idée, vu que c'est une époque où quelques femmes intrépides défient dans le ciel leurs homologues masculins, et l'héroïne Nora Stalle est sans aucun doute inspirée de modèles réels de femmes-pilotes comme Amélia Earhart ou Maryse Bastié qui figurent parmi les plus connues dans l'histoire de l'aviation. C'est un bon récit d'aventure avec une part historique, aux péripéties nombreuses et diverses, les auteurs accumulant quantité de dangers divers, de suspense et un rythme endiablé ; l'intrigue est bien ancrée dans son époque où l'actualité est non seulement assez fournie en matière d'aviation mais aussi sur le plan politique et social, la situation internationale est en effet tendue avec la menace nazie qui se profile, de même que plusieurs personnalités sont évoquées. Les 2 personnages principaux sont attachants, et les clins d'oeil à Hergé sont très sympathiques. L'aventure c'est une chose, mais la collection Cockpit chez Paquet s'adressant surtout aux passionnés d'aéronautique, le cahier des charges de la Bd implique une partie technique précise sur les Caudron, leurs moteurs et leurs performances, on a tout ça, le récit est aussi bien documenté sur l'aviation des années 30 que sur l'actualité de cette période. Au final c'est un diptyque qui sans être exceptionnel, retranscrit bien toute la tension et les enjeux des missions accomplies par les pionniers de l'aéropostale, le tout emballé par une dose d'humour bienvenue. Sur le plan graphique, comme j'aime bien le style de Walthéry, je n'avais aucun souci à me faire ; difficile de distinguer par moments qui de Walthéry ou de Di Sano dessine telle ou telle page, vu que leurs styles graphiques sont très proches, et d'ailleurs il n'est pas étonnant que Di Sano ait repris Rubine. En tout cas, Walthéry rend son héroïne féminine et sexy, mais sans exagérer comme sur Natacha... disons que le dessin accompagne parfaitement cette épopée d'aviation très agréable à lire et idéale pour la détente.

05/04/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série On Mars
On Mars

Je réécris mon avis suite à la lecture des 3 tomes, et ma note reste à 4/5. Les thèmes sont certes classiques : colonisation de Mars, différentes factions se livrant des combats sans merci, coups fourrés politiques, fanatiques religieux… Les personnages « gros durs » sont un peu clichés, et de manière générale l’histoire est surtout portée sur l’action… mais voilà, je trouve que la sauce prend vraiment, et j’ai avalé les 3 tomes d’une traite. Sylvain Runberg maitrise son scenario, qu’il conclut en 3 tomes, comme prévu à l’origine. La fin m’a beaucoup plu… mais je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher. Le dessin de Grun (aka Ludovic Dubois) est absolument magnifique, le boulot sur les personnages et leurs accoutrements est vraiment bluffant et détaillé. Les vues martiennes sont aussi très belles, et mises en valeur par des couleurs rougeâtres du plus bel effet. Les 3 albums se concluent sur des superbes carnets de croquis. Ces derniers enrichissent par ailleurs le background de l’histoire dans les tomes 2 et 3… sympa comme concept, les « épilogues carnets graphiques ». Une histoire classique mais efficace, et terminée en 3 tomes… à recommander aux amateurs de science-fiction.

03/09/2017 (MAJ le 05/04/2021) (modifier)