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Les derniers avis (6965 avis)

Par Ubrald
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Roi des oiseaux
Le Roi des oiseaux

Cette bd narre les pérégrinations et le destin d’un marchand russe dans un univers de déités animales majestueuses. Le dessin magnifique de couleurs vives, chaudes, et chatoyantes donne l’impression d’avoir été réalisé au pastel. Une splendide fable pour enfants qui ravira petits et grands, composée d’une succession de contes s’emboîtant comme des poupées russes.

22/06/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Wollodrïn
Wollodrïn

Typiquement le genre de bande dessinée dont je ne me lasse pas. J'ai grandi avec l'univers de Tolkien. Depuis, dès que je vois un récit d'héroic fantasy, je n'hésite pas une seconde. Ici, nous avons droit à 5 diptyques. Les 3 premiers nous présentent des personnages différents, le 4e fait de même mais prépare également le final, et vous l'aurez compris, le 5e est le grand final. Wollodrïn n'invente rien. Il reprend les codes de Tolkien mais les auteurs ont su tout de même les reprendre à leur sauce. Les personnages sont attachants, bien développés. Leurs objectifs sont complexes et nous font ressentir une grande palette d'émotions. Le récit est bien mené. Les auteurs ont su se tenir aux 10 tomes annoncés, et cela se ressent dans la qualité de la narration. Au terme de ma lecture, je suis déçu de quitter cet univers. J'aurai tant aimé en lire beaucoup plus. J'ai vraiment adoré découvrir le monde de Wollodrïn et je crois que cette série fera dorénavant partie de mes lectures annuelles pendant les grandes vacances. 4,5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

21/06/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Stern
Stern

Après lecture des trois premiers tomes. Il y a de la finesse dans le scénario et l’approche psychologique des personnages, c’est assez rare pour être appréciable dans un western. Le troisième tome est plus tourné vers l’action avec un côté « Règlement de compte à O.K. Corral » mais il comporte également de l’originalité et fonctionne très bien. Il est possible de comparer cette série avec Undertaker dont le héros est aussi un croque-mort. J’ai une nette préférence pour la bd Stern qui me paraît plus fine et moins commerciale même si Undertaker reste une bonne histoire à rebondissements plaisante à lire. Une certaine poésie, une certaine douceur se dégagent du héros ou plutôt antihéros « Stern » ; son côté taciturne, solitaire et compatissant à la fois, son amour des livres, son sens de l’amitié en font un personnage très attachant. C’est lui qui donne à mon sens du charme et du caractère à cette série. Le dessin et les couleurs laissent parfaitement transparaître la subtilité des scénarios. Il y a de la clarté et de la pureté dans le trait de Julien Maffre alors que j'avais précédemment trouvé son graphisme brouillon dans Le Tombeau d'Alexandre. Les intrigues sont vraiment fouillées, encore une fois, c’est rafraîchissant pour du western. Il faut absolument que je me procure le quatrième tome !

21/06/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Doggybags - Dirty old glory
Doggybags - Dirty old glory

V’là-t’y pas que l’ami Sloane me fourgue cette BD dans les mains avec un clin d’œil malicieux du genre « tu vas pouvoir faire festoyer tes pupilles ». Sur le coup j’avoue après avoir feuilleter quelques pages que je ne me réjouissais pas plus que ça de l’offrande. Mais il me connaît bien le bougre ! Il m’a fourni encore une fois un album particulièrement noir mais ô combien jouissif. Avec ce récit vous plongerez dans un huis-clos agressif et bien poisseux. Des survivalistes sont enfermés dans un char. Une partie d’un immeuble vient de s’abattre sur eux. Ils sont pris au piège. Ils sont condamnés à attendre les secours dans cette boite de conserve ensevelis sous des tonnes de gravats ! Pour tuer le temps les différents protagonistes se remémorent leurs passés. Chacun va confesser alégrement un passé plus ou moins trouble. Et ça part en cacahuète ! Les tensions sont palpables. Le côté ambiance malsaine se faufile au fil des pages. C’est pernicieux. Le côté badin du début laisse la place à une atmosphère délétère. C’est captivant. On ne peut lâcher l’album avant la fin. Le trait de Prozeet – que je découvre – est efficace et énergique quoi qu’un peu trop caricatural à mon goût. Le découpage est volontairement mouvant. C’est fort ! Voilà donc un album d’anticipation particulièrement bien construit. Il alterne les actions présentes et les flashbacks. On ne s’ennuie pas une seconde. C’est rythmé, même si sur le fond nous sommes dans un huis-clos qui pourrait soûler certains. Je vous invite à découvrir cette BD sémillante.

20/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou
Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou

Je n'ai jamais lu Le Marsupilami, et je n'en ai donc - à tort ou à raison - que l'image d'une série jeunesse et d'un animal un peu bêta qui fait Houba houba. Cet opus-ci raye d'un coup vengeur cette impression, avec une histoire d'une noirceur effarante. Tout au long de ce livre, le décor se veut réaliste et transpire la pauvreté, la crasse et la bêtise humaine, mais l'arrivée du marsupilami en cargo tel un King Kong, dans ce milieu industriel, pluvieux et sombre, avec cette cargaison honteuse de cadavres, bat tous les records. Les personnages sont fort bien campés, et se divisent assez bien entre les gentils et les méchants, avec un troisième camp plus neutre ou pas encore tranché (le directeur, le lieutenant) qui pourra apporter son lot d'évolutions. Au milieu de ce décor très fort, cela donne une histoire où les sentiments s'exacerbent assez facilement, et qui pour peu qu'on se laisse aller, remue facilement les tripes. Le dessin de Frank Pé y est pour beaucoup, absolument somptueux, qui parvient à faire cohabiter harmonieusement ces personnages aux têtes douces et enfantines, et ces décors crûment réalistes et sombres. Ces 150 pages ne se lisent pas, elles s'avalent, et constituent d'ores et déjà un début très fort pour ce qu'on espère être une série marquante.

20/06/2021 (modifier)
Par dgege
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Un avion sans elle
Un avion sans elle

Tout comme j'avais adoré Nymphéas noirs adapté d'un roman de Michel Bussi par Fred Duval, j'ai également beaucoup aimé "Un avion sans elle" dont le titre original inspiré d'une chanson de Charlélie Couture attisait déjà ma curiosité. Ce polar se déroule fin 1998, au 18e anniversaire de Lylie dont le détective Crédule doit livrer les conclusions de son enquête aux familles sur l'identité de cette jeune fille ayant atteint sa majorité, seule rescapée du crash de 1980. L'histoire alterne le présent et les différentes étapes chronologiques de son enquête traversant les montagnes Jurassiennes ou les plages Dieppoises, ainsi que quelques événements historiques (Mitterrand arrivant au pouvoir en mai 81 ou le 1/4 de finale de la Coupe du Monde de foot France-Brésil en juin 86...) en semant des indices et des rebondissements chers à tout thriller qui se respecte ! Le tout m'a tenu en haleine jusqu'à la révélation finale où tout s'explique, sous le charme de la beauté graphique aux superbes couleurs des personnages et décors du jeune auteur talentueux brésilien Nicolaï Pinheiro. Bref, un vrai régal que je recommande chaudement aux amateurs !

19/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Un homme qui passe
Un homme qui passe

Je précise que j'ai lu l'album de l'édition d'origine de 2020 ; je trouve d'ailleurs curieux que Dupuis ait déjà réédité cette Bd un an après la parution. Je vois que cette Bd n'est pas tellement appréciée, je vais donc remonter le niveau. On dirait que Denis Lapière a écrit cette histoire calquée sur les thèmatiques habituelles traitées par Dany, en exploitant l'aspect sexy qui sévit dans toutes ses créations, et ce depuis Olivier Rameau, rappelez-vous de Colombe Tiredaile, elle faisait fantasmer le pré-ado que j'étais lorsqu'elle est apparue dans le journal Tintin en 1968. On reconnait donc ici le goût de Dany pour dessiner de belles jeunes femmes, parfois peu vêtues. Mais Lapière inclue un élément supplémentaire avec cet homme mature, un photographe de renom qui a sillonné la planète dans des endroits de rêve et qui a séduit une ribambelle de beautés féminines. On dirait qu'on est à priori face à un énorme cliché, en somme le fantasme masculin dont on rêve tous, puisque toutes ces femmes sont des bombasses aux poitrines triomphantes, on n'y voit aucun thon, ni une femme ordinaire ou naturelle ; bah il faut bien faire rêver le lecteur, c'est comme au cinéma ! On peut penser aussi que cette intrigue est cousue de fil blanc et qu'elle n'innove en rien, il me semble avoir vu déjà ça dans des films, le mec à femmes qui emballe facile et qui vit de belles histoires, il raconte son parcours à quelqu'un etc... mais d'un autre côté, il a raison de se défendre d'être un prédateur égoïste, car toutes ces meufs ont été consentantes et ont bien cherché à se faire dorloter, elles ont autant utilisé le héros charmeur que lui a profité de leurs corps. Je ne le défend pas, je constate les faits. Oui, tout ceci peut paraitre ennuyeux au premier abord ou sans grande originalité, mais allez savoir pourquoi, ce récit m'a plu. L'album est construit selon un récit en flashbacks, un peu comme une succession d'anecdotes sur les filles rencontrées et aimées. Je peux encore concevoir qu'à ce stade, cette succession a quelque chose de répétitif, et on peut se dire que Lapière aurait pu se creuser un peu plus la tête pour offrir un récit plus costaud pour le crayon sublime de Dany ; mais cette narration n'est au final pas si désagréable à suivre, et devient même assez prenante, j'y ai succombé sans problème. Alors évidemment, le plus, c'est le dessin de Dany, ça m'a immédiatement tapé dans l'oeil dès l'ouverture de l'album, quand on pense que ce gars a près de 80 ans et qu'il est capable de dessiner encore de cette façon, c'est proprement du génie graphique, il a conservé toute sa fraîcheur et toute sa dextérité, non seulement dans les représentations de ces filles certes un peu trop belles, trop gravures de mode (mais je pense que c'est dû aussi au milieu que fréquentait ce photographe), mais aussi dans certaines images pleines de force, mélangées à l'exotisme des décors et au côté sauvage normand des îles Chausey (la première page de tempête est vraiment superbe). Un très bel album qui au-dela de son intrigue un peu convenue j'en conviens, affiche un petit côté mélancolique, n'oublions pas que le héros au début était parti pour se suicider face à la mer déchainée. Et d'ailleurs le seul truc qui me gêne un peu, c'est la fin, j'aurais préféré que le héros meurt d'une balle comme il le souhaitait au lieu de finir comme un légume dans un ehpad, mais bon ça reste quand même une belle histoire, bien contée et surtout magnifiquement illustrée par un des derniers grands dessinateurs de cette génération.

19/06/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Sideshow
Sideshow

Houuuuu mais c'est que ça part très très bien cette nouvelle série ! Voilà longtemps que Corbeyran n'avait pas réussi à m'embarquer d'emblée dans une de ses séries ! Il faut dire que le trait semi réaliste d'Emmanuel Despujol et la superbe colorisation de Fabien Alquier y sont aussi pour quelque chose. L'album s'ouvre sur une scène d'enterrement un peu pathétique, une seule personne est présente aux obsèques de Charly. Arrive alors au dernier moment une femme : Trixie. Ne se connaissant pas ils décident d'aller manger un bout pour faire connaissance, car s'ils ont tous deux connus Charly, ils ne se sont jamais rencontré. Commence alors le récit de la découverte du "pouvoir" de Charly qui va lui permettre pendant cette période très dure de la Grande Dépression américaine de s'en sortir plutôt pas mal grâce à son aptitude à annihiler les pouvoirs des créatures surnaturelles. C'est d'ailleurs au cours d'une de ses missions qu'il fera la connaissance de Trixie, une femme tatouée de la tête aux pieds faisant partie d'une troupe de Freaks qui tourne dans le Sud profond américain. C'est dans cette caravane de "monstres" que Charly va trouver refuge avec la petite fille qui l'accompagne ; mais ce n'est pas sa fille : c'est sa prisonnière... J'ai vraiment apprécié la construction narrative de cet album où temps présent et flashbacks sont vraiment bien gérés et donnent au récit toute la fluidité attendue. De même, l'équilibre entre réalité historique et personnages fantastiques est bien dosé rendant la lecture de ce premier tome très agréable. Ajoutez à cela le graphisme de Despujol et la mise en couleur de Fabien Alquier qui à eux deux imposent des ambiances qui collent à merveille au récit que leur a servi Corbeyran, et nous avons là un très bon album qui lance une série déjà très haut en orbite ! Il ne reste plus qu'à espérer que la suite soit du même tenant, en tout cas pour ma part j'attends la suite avec impatience !

18/06/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Fondu au noir
Fondu au noir

Je suis étonné par les notes relativement faibles de ce polar du duo Brubaker / Phillips. L’histoire est plus longue que le format d’un album de Criminal (12 fascicules comics, contre 4 ou 5 habituellement). Le rythme est donc beaucoup plus lent, les auteurs prennent le temps de planter le décor (le monde du cinéma Hollywoodien d’après-guerre) avec un réalisme impressionnant. Ils introduisent également une galerie de personnages assez conséquente. Ce dernier point rend la lecture un peu plus ardue, même si un trombinoscope en début d’album est là pour nous rafraîchir la mémoire… un album à lire au calme, bien concentré, c’est sûr. L’intrigue est prenante et remarquablement construite. L’ambiance est très noire : protagoniste vétéran soufrant du trouble de stress post-traumatique, chasse aux communistes, place de la femme objet dans le monde du cinéma de l’époque, magouilles et étouffages d’affaires sordides pour protéger la réputation du studio… et au milieu de tout ça, une starlette assassinée et un scénariste qui refuse d’accepter la version officielle des évènements. Le dénouement est logique et bien amené, mais sans surprise… A ce titre il fait plus l’effet d’un « fondu au noir » réaliste que d’une fin hollywoodienne alambiquée et remplie de révélations fracassantes. Une histoire qui m’a beaucoup marqué. Sa longueur a fait que je me suis intéressé et attaché aux personnages, et l’univers décrit m’a fasciné. Un coup de cœur !

18/06/2021 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Comment faire fortune en juin 40
Comment faire fortune en juin 40

Etonnamment, j'ai découvert Fabien Nury par le cinéma et la télévision. D'abord, j'ai vu (et apprécié) le film La Mort de Staline, en ignorant même que c'était adapté d'une bande dessinée. Ensuite, j'ai regardé l'excellente série Canal+ Paris Police 1900 (créée par Nury), car j'ai vu que mon auteur favori, Alain Ayroles, avait participé au scénario. Puis dans la foulée, j'ai enchaîné avec la précédente création de Fabien Nury, toujours pour Canal+, la formidable série Guyane (il n'a écrit que la première saison, mais c'est justement celle-là qui est exceptionnelle). Je me suis alors tourné vers la bande dessinée et j'ai adoré Silas Corey. Aussi, quand j'ai gagné le chèque cadeau après le concours des 20 ans de bdtheque, j'ai regardé du côté de Fabien Nury. Difficile de savoir quoi prendre, tant son œuvre est prolifique, mais mon choix s'est finalement arrêté sur "Comment faire fortune en juin 40", et bien m'en a pris. Le scénario, écrit à quatre mains par Nury et Dorison, contient tout ce que j'avais adoré dans les précédentes œuvres de Fabien Nury. Comment faire fortune en juin 40 est une pure bande dessinée d'aventures. C'est de l'Aventure, avec un grand A. Beaucoup de références ont été citées, comme évidemment De l'or pour les braves, mais aussi de manière plus générale, le cinéma d'Audiard et de Lautner, ou surtout de Verneuil (qui est sans doute l'influence majeure ici), et elles sont toutes vraies. Bien sûr, les dialogues n'ont pas le génie d'un Audiard, mais la manière dont Nury, Dorison et Astier dirigent leurs personnages évoque forcément ce cinéma bien franchouillard d'après-guerre, avec ses anti-héros qui, parfois, se révèlent des salauds accomplis, mais peuvent aussi de temps à autre, trouver une forme de rédemption, en révélant plus de noblesse que ce dont on les croyait capables. C'est toute l'ambiguïté de ce scénario brillant : les personnages sont pour la plupart des types sans aucune morale, mais pas forcément des criminels accomplis non plus. Non, ils cherchent juste à profiter de la débâcle de juin 1940 pour se faire de l'argent illégalement, en braquant la plus grosse institution financière du pays, qui a commis une légère erreur au milieu de la tourmente... A priori, on n'a pas trop de quoi s'attacher à eux, pourtant les auteurs savent très bien mettre en valeur les qualités et les défauts de chacun des personnages : leur loyauté, leur bravoure, leur honnêteté, qui, à un moment ou à un autre, ressurgit au sein d'une foule de défauts plus visibles. Ainsi, chaque personnage a droit à son petit morceau de bravoure, et c'est ce que j'aime vraiment. Cela prive cette histoire de tout manichéisme, et rend les personnages d'autant plus humains et plus compréhensibles. Scénaristiquement, donc, Comment faire fortune en juin 40 est une merveille. Mais sur le plan graphique, il est loin d'être en reste. Le dessin d'Astier est très bon, réaliste mais pas trop, avec de bonnes gueules et des décors bien croqués. L'ensemble est joliment mis en couleur par Laurence Croix, qui retranscrit parfaitement les atmosphères nocturnes, notamment, par un magnifique travail sur les lumières (les phares, les lueurs de balles et d'explosion, etc. sont très maîtrisés). D'ailleurs, j'ai bien aimé l'alternance de fonds blancs et fonds noirs selon que la scène se déroule de jour ou de nuit, c'est tout simple mais extrêmement immersif. Graphiquement, c'est donc vraiment tout ce que j'aime, ni trop caricatural, ni trop réaliste, et en plus, le choix des cadrages est parfois très intéressant ou original, permettant de donner au récit un vrai dynamisme et d'échapper à un dessin trop conventionnel. Ici, tout est très cinématographique, et le dessin s'échappe régulièrement (mais pas toujours) des limites de la case pour nous envelopper davantage et nous immerger toujours plus dans cette atmosphère fascinante, à la fois drôle et tragique. On a même droit à un plan-séquence lors de la très belle scène de fusillade dans l'escalier, dans le manoir nazi, à la fin, avec cette succession de vignettes où le décor continue sur l'ensemble des cases, formant un ensemble cohérent, tandis qu'on voit s'y déplacer les personnages d'une case à l'autre. Comment faire fortune en juin 40 m'a donc séduit à la fois sur le fond et sur la forme. L'histoire est extrêmement bien menée, avec une grande rigueur, en donnant un maximum de place à l'action, déjantée mais jamais trop délirante. Le dessin, lui, suit parfaitement la dynamique lancée par les auteurs, en renforçant ainsi la puissance d'une histoire tragicomique fascinante, fantaisie historique très ironique et grinçante, mais jamais totalement désespérante. Et la fin est absolument parfaite.

16/06/2021 (modifier)