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Les dernier avis (6730 avis)

Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Che - Une vie révolutionnaire
Che - Une vie révolutionnaire

Roulement de tambour s’il vous plaît. Oyé Oyé voici le commandant Ernesto « Ché » Guevara ! Faites de la place à cet album admirable dans votre bibliothèque. Je suis encore sous le choc de la lecture de cette BD fantastique. Un pavé de plus de 400 pages. Que vous soyez un fan ou pas de la révolution cubaine, que vous soyez un communiste endurci ou un impérialiste convaincu, vous serez subjugués par la vie de ce révolutionnaire argentin auréolé d’un prestige sans égal dans le monde entier. Jon Lee Anderson – journaliste au New Yorker, correspondant de guerre et spécialiste de l’Amérique latine - tire un portrait sans concession de ce mythe porté aux nues et sans nul doute plus connu qu’Elvis, que de Ronaldo ou encore que de Madonna. Cette adoration hors norme a son côté obscur et c’est le prisme de ce récit sans concession. Intéressant de livrer une vérité sur ce parangon d’une jeunesse rebelle. Vous ne porterez peut-être plus votre teeshirt avec l’effigie du Ché ! C’est le seul risque que vous prenez à la lecture de cette biographie. Alors vous faites quoi ? Vous avez raison, il faut plonger dans ce portrait sans mansuétude, mais ô combien captivant. Vous allez vous régaler. A vous ce personnage que vous allez côtoyer de 1952 quand il quitte Buenos Aires pour parcourir l’Amérique Latine à sa mort le 9 octobre 1967 à La Huguera en Bolivie. 15 ans de sa vie sous les feux des projecteurs avec une kyrielle de personnages haut en couleurs …. Fidel Castro, Nixon, Kennedy, Nasser, Kabila ou en encore Kroutchev. Elle a de la gueule cette galerie. Voilà un cours d’histoire comme vous n’en n’aurez jamais. Le style narratif est excellent en s’appuyant sur des articles de presse d’époque et sur la correspondance entretenue par le Ché avec sa famille et avec Fidel. Nous sommes dans ses pensées. Dans son intimité. Nous appréhendons ses doutes et ses certitudes. Nous percevons sa personnalité bien complexe. Aucune empathie pour ses parents ou pour les femmes qui ont partagé sa vie et qu’il a délaissé pour vivre égoïstement ses révolutions à Cuba, au Congo ou encore en Bolivie. Tout ceci est magnifié par la patte du mexicain José Hernández. Que c’est beau ! Le dessin est d’un réalisme époustouflant. Il accompagne les mots d'Anderson. Le côté sombre exalte le plaisir des yeux. Dingue le boulot qu’il a fallu pour réaliser ces 429 planches. Je suis encore abasourdi par ce graphisme. Impressionnant. Les traits de Fidel ou d’Ernesto sont ultra méga stupéfiants. Des photographies. Nous sommes tout simplement dans une sorte de reportage photo. Renversant. Et vous savez, avec cet album c’est à vous de juger Ernesto Guevara. Doit-il rester une référence iconique pour des adolescents révoltés ou n’est-il en fin de compte qu’un vulgaire révolutionnaire sanguinaire ? Jon Lee Anderson ne fait que restituer des faits en s’interdisant de juger les actions du commandant. Ça va vous bouger, ça va vous perturber, ça va vous déranger mais au bout du bout ça va vous questionner. Quand je vous dis que la lecture de cet album est exquise. Cela fait bien longtemps que mon petit coeur n’avait pas palpité autant à la lecture d'une BD. Aussi cette biographie documentée enrichissante, je vous la recommande sans réserve.

26/01/2021 (modifier)
Couverture de la série A la vie !
A la vie !

Peu importe sa profession, je pense qu'il est bon pour chacun de lire cette bd, car nous serons un jour ou l'autre tous confrontés à la mort. C'est simple, drôle, émouvant, bref un petit bijou pour les soirs d'hiver. Attention aux petites larmes qui vont sortir mais c'est ce qui rend cette bd encore plus magique.

26/01/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Bombe
La Bombe

J'ai vraiment été bluffé par la qualité de cet ouvrage. Il s'agit d'un véritable livre d'Histoire, qui selon moi, devrait même être étudié à l'école. C'est documenté, riche, bien écrit et surtout captivant. Il n'y a aucun temps mort. La facilité d'accès de cet ouvrage historique m'a fortement fait penser aux auteurs tels que Gallo ou Dumas, ou encore Stéphane Bern et tous les autres passeurs d'Histoire. J'ai particulièrement apprécié la narration et le fait que ce soit l'uranium le narrateur. Cela a permis en quelque sorte, d'humaniser l'inhumain. 5 étoiles + coup de coeur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

26/01/2021 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Hector le Boucher
Hector le Boucher

Une BD de compagnie, fraîche et actuelle. Vous le savez peut-être, nous vivons une époque nouvelle où une part grandissante des ingénieurs et universitaires quittent leur travail ou leurs études pour réapprendre un métier dit "manuel". En réalité, on devrait dire "à part manuelle", parce que les relations avec les clients, les fournisseurs, l'organisation du travail, le choix de son équipe, la conception de son environnement de travail, sont des compétences relationnelles et intellectuelles, tout aussi nécessaires que le savoir faire purement technique (lui-même à part manuelle seulement). Bref avec cette nouvelle vague de retour au local, au concret et à la bonne bouffe, cette BD tombe à pic et raconte le destin d'un fils de boucher. Le dessin est très attachant, avec deux partis pris qui pourraient s'opposer mais finissent par se compléter - une vivacité du trait qui ne rentre pas dans tous les détails, mais évoque le mouvement de la vie, et s’arrête sur les points importants avec humour et générosité. - un coté un peu veille France que la première page illustre bien avec la vitrine symétrique, sa tête de vache dorée, le tablier , la vendeuse à forte poitrine et l'apprenti souriant, des prénoms et des noms choisis pour faire rire. Le scénario a un petit problème de rythme puisqu'il décrit l'ascension du jeune homme dans tous ses détails avec un coté un peu documentaire même s'il reste chargé d'humour, et passe un peu vite sur les éléments dramatiques et familiaux qui auraient pu être exploités plus efficacement. Mais l'histoire est jolie et par moment surprenante. Les personnages ont une certaine épaisseur grâce aux dialogues savoureux et qui par des petits rien donnent des indices sur les caractères de chacun. C'est une BD du moment, dont je conseille la lecture, roborative, (par son sujet comme par son épaisseur).

24/01/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Labo (Bourhis/Varela)
Le Labo (Bourhis/Varela)

A mi-chemin entre fiction et doc historique, ce roman graphique nous offre une perspective fascinante suggérant que la démocratisation de l’ordinateur personnel aurait été le fruit d’une réflexion guidée par la prise de substances hallucinogènes, visant à stimuler une approche visionnaire. L’un des pères fondateurs, Steve Jobs, étaient de ceux-là, bien plus que Bill Gates, davantage connu pour son sens des affaires. Dans le prélude à l’histoire, nous voyons un jeune couple de Parisiens à la recherche d’un endroit paisible en province, afin d’y accueillir une structure de co-working « dédié aux start-ups 3.0 ». En visitant une propriété inoccupée, siège d’un ancien fabricant de photocopieuses, autrefois la plus grosse entreprise de ce coin perdu de Charente, ils découvriront une ruine intrigante au design typiquement seventies. Cette ruine, c’est celle du Labo, une base de recherche et développement en informatique initiée par le fils du patron qui connaîtra son heure de gloire dans les années 70… Sa sœur Nicole, chargée de négocier la vente, veut se débarrasser au plus vite de la propriété, qui lui rappelle surtout de mauvais souvenirs. Pourtant, devant l’enthousiasme des visiteurs, la dame sexagénaire va narrer la saga de ce Labo « où la technologie se mêle à la folie la plus pure », et dont elle prétend être la dernière survivante. A la lecture du livre, on serait presque tenté de croire que tout cela est bien arrivé, grâce à un parti-pris narratif consistant à mêler la fiction aux faits réels. Dans une époque fortement influencée par le mouvement hippie, le psychédélisme et la pop culture, le champ des possibles paraissait infini et toutes les utopies semblaient à portée de main. Et c’est là qu’est contenue toute la part de merveilleux du récit, avec ces visions incroyables qui s’imposent à Jean-Yves Bertrand, le créateur du Labo, dès lors qu’il tire une taff sur un joint de ganja très spéciale importée des States… des visions idéalisées où micro-informatique, Internet et réseaux sociaux s’imposent au monde… mais pour le jeune informaticien et son équipe, l’enthousiasme des débuts va rapidement faire place aux désillusions, dès lors que le gouvernement choisira de favoriser le Minitel au détriment des autres réseaux, leur coupant ainsi les budgets. Quant à Nicole, la sœur de Jean-Yves qui était encore adolescente, sans doute une des toutes premières geeks de cette ère nouvelle, elle suivra sa propre route pour développer avec succès des jeux vidéo au Japon, une manière de prendre sa revanche sur ceux qui ne croyaient pas en ses talents… A l’époque, comme cela est bien souligné dans le récit, la gent féminine subissait plus que jamais la condescendance et le mépris des hommes… Graphiquement, la ligne claire moderne et séduisante de Luca Varela s’accorde parfaitement avec ce design psyché-seventies, et on apprécie particulièrement la façon dont il reproduit les véhicules de cette époque (Peugeot 504, Renault 12, locomotives « Nez cassés »…). On peut également saluer la narration fluide de Hervé Bourhis, qui sait montrer avec justesse les deux faces d’une technologie pleine de promesses mais avec ses revers et ses dangers, tels qu’on peut le constater aujourd’hui avec notamment les effets néfastes des réseaux sociaux utilisés à mauvais escient ou les addictions aux écrans, mais n’appelle-t-on pas cela la rançon du succès ? Un constat quelque peu désenchanté qui imprègne ce récit à la fois joyeux et amer, et surtout passionnant.

23/01/2021 (modifier)
Par Rincevent
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Retour à Killybegs
Retour à Killybegs

Cette BD de Pierre Alary adapte le deuxième roman de Sorj Chalandon consacré à Tyrone Meehan, célèbre figure de l'IRA qui a été en fait un agent des Britanniques pendant 20 ans. Faisant suite au roman (et à la BD) Mon traître, celle-ci place le curseur du point de vue de Meehan, à travers de nombreux flashbacks, on en vient à mieux comprendre cet homme détruit. Alary nous livre une histoire toute en psychologie, avec des planches toutes en camaïeux de couleurs qui facilitent la compréhension. Une belle lecture !

23/01/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Nous étions les ennemis
Nous étions les ennemis

George Takei est bien entendu connu pour son rôle dans la série Star Trek, mais aussi plus récemment pour son combat pour les droits humains de manière générale, et pour les droits LGBT en particulier. Je le « suis » sur Facebook, et je dois avouer que j’ai beaucoup d’admiration pour son humanisme… j’ignorais pourtant tout de l’histoire de sa famille, et de ce triste épisode de l’Histoire américaine. Et comme il l’avoue lui-même dans la postface, c’est un peu le but de ce « comics manga ». Il parle beaucoup de l’hystérie politique « post Pearl Harbor » et de l’incarcération illégale de milliers d’américains d’origines japonaise lors de conférences dans le monde entier, et a joué dans de nombreuses pièces de théâtre sur ce sujet à Broadway. Ayant réalisé que ce n’était pas suffisant pour toucher le grand public, il s’est tourné vers ce qu’il considère être un media plus « populaire ». Mission accomplie selon moi. L’histoire est édifiante, et remarquablement contée dans cet ouvrage parfaitement réalisé. Le format est certes très traditionnel et linéaire, mais la narration est d’une clarté et d’une fluidité remarquable, j’ai avalé les 200 pages sans effort, et parfaitement compris la situation pourtant relativement complexe. Le message est puissant, et après cette lecture mon admiration pour George Takei (et pour ses parents) a encore grandi. Un bouquin recommandable, et à mettre entre toutes les mains, et dans toutes les bibliothèques d’écoles. 2020 fut un excellent cru pour les « comics » documentaires historiques (voir aussi Payer la terre et Kent State, quatre morts dans l'Ohio entre autres).

22/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Tremen
Tremen

Qu’elle est étrange et difficilement pénétrable, cette « histoire », totalement muette, terriblement grise et désespérante, fantastique autant que minimaliste. Il est étonnant, aussi, de la retrouver chez Dargaud (dans sa collection « Visions du futur » qui, pour le coup, qui plus est en cette période anxiogène, ne pêche pas ici par excès d’optimisme). On aurait tout aussi bien pu la rencontrer chez les Humanos à leur grande époque (d’ailleurs, Druillet – en intro – et Caro – en conclu – se fendent d’un court texte de mise en perspective). On peut lire cet album comme un long et triste poème visuel, une balade éperdue sur les grèves où se déposent des rebus de la vie, et où ne se rencontre aucun repère pouvant ancrer le récit dans quelque chose de connu, de mesurable, de situable. D’où la légère frustration qui peut s’emparer du lecteur à la sortie de sa lecture – très rapide. Je ne chercherai pas à expliquer ce qui ne s’y prête pas. Mais j’ai vraiment aimé le travail graphique (qui justifie mon coup de cœur) de cet auteur néerlandais que je découvre ici.

21/01/2021 (modifier)
Par Nabul
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans la combi de Thomas Pesquet
Dans la combi de Thomas Pesquet

Ayant plusieurs longues lectures en cours, je publie en attendant un avis sur cette BD qui fut un véritable coup de coeur! Je ne connaissais Marion Montaigne que de nom, et avais déjà pu apercevoir distraitement des bribes de l'adaptation sur Arte de Tu mourras moins bête, et n'en savais pas beaucoup plus. "Dans la combi de Thomas Pesquet" constitue donc ma porte d'entrée dans son univers, qui m'a définitivement conquis autant que monsieur Pesquet ne l'a fait avec l'espace! Tout d'abord, je suis très sensible à la vulgarisation, je trouve que c'est un excellent moyen de faire connaître et d'apprendre un sujet. Seulement il y a ceux qui savent le faire et ceux qui ne savent pas. Et fort heureusement, Marion Montaigne se montre très douée dans l'exercice. Le travail réalisé en amont de la création de cette BD dût être conséquent, et il est évident qu'il a été mené avec sérieux et minutie. Les faits rapportés, mine de rien derrière une façade gaguesque, sont très riches et précis, et j'ai particulièrement apprécié le fait de suivre l'aventure de Thomas étape par étape, ce qui retranscrit bien l'engagement colossal qu'une telle carrière demande, et le niveau d'exigence en tous points. Le récit est bien structuré et l'humour y est, d'après moi, parfaitement dosé, et c'est le prochain point que je souhaiterais aborder. L'humour, donc. J'ai trouvé cette BD à mourir de rire. J'ai rarement ri d'aussi bon coeur devant une bande dessinée, et pourtant celle-ci m'a provoqué un tel effet sur de nombreuses pages. Il ne réside pas seulement dans le texte, mais les dessins, très sommaires, n'en restent pas moins remplis de détails complétant parfaitement l'approche humoristique du sujet, et sont un parfait assaisonnement à des situations hilarantes. J'y ai peut-être été particulièrement réceptif, mais je trouve que l'humour et son utilisation son parfaitement maîtrisés, et arrivent au final à rendre ce voyage spatial passionnant du début jusqu'à la fin. Un très grand plaisir et une lecture que je recommande à tous les amateurs de vulgarisation scientifique, et à tous les curieux!

21/01/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Walhalla hôtel
Walhalla hôtel

Juste wahou cet album ! Ce polar extravagant ne peut que vous étonner ! Ça pulse, c’est original, ça décape et tout ça avec un gros zest d’humour noir et une pincée de suspens. Vous voilà embarqué dans un road movie avec une kyrielle de personnages étonnants. Cela va du délinquant sexuel qui fait office de secrétaire du commissaire de police, à un champion de tennis sur table pressenti pour les prochains jeux olympiques, à une blonde avec des cheveux - je ne vais pas dire platine mais plutôt jaune Ricard - intrigante aux yeux bleus électriques , en passant par une communauté d’anciens nazis, éleveurs de porcs et survitaminés à la musique de Motorhead ! Le programme est alléchant non ? Tous les ingrédients pour un sublime récit sont réunis. Ce premier opus est étincelant. Les actions sont solides et virevoltantes. On se délecte des dialogues délicieux entre les différents protagonistes. Ça fait mouche. Je ne sais pas où vont nous emmener Perna et Bedouel, mais pour le moment je les suis les yeux fermés. L’ambiance glauque et poussiéreuse de Flatstone – sur la route d’Albuquerque – est envoutante et captivante. Une douce folie s’empare de ce bled perdu au milieu de nulle part. Cette trilogie, si elle tient la route jusqu’au bout, va marquer les esprits. Nous ne sommes pas loin d’un film de Tarantino.

20/01/2021 (modifier)