J'ai commencé à admirer cette série aux Pilote des années 60, puis dans Tintin portugais, dans les années 70 ! Pour moi, c'est LA série de science-fiction de référence, très en avance sur toutes les autres. J'adore presque tout et il est difficile d'entrer dans les détails, mais je vais essayer un peu : l'apocalypse et la vie sur Terre après, les voyages dans le temps, les mondes extraterrestres, l'empire des mille planètes, les oiseaux du Seigneur, la maladresse de Valérian et la compétence de Laureline pour le compenser. Tout est très bon et étonnant !
Les récits et les dessins ont été une énorme influence sur le cinéma, sans qu'elle ait été reconnue nombreuses fois: George Lucas, Ridley Scott, Luc Besson...
Mézières disait qu'il ne savait pas dessiner et ressentait beaucoup de difficultés, les mains des personnages, par exemple. Mais je pense qu'il s'en est très bien sorti, ses vaisseaux spatiaux sont impressionnants !
J'ai eu quelques difficultés avec certains épisodes et personnages : la sainte trinité... les paradoxes spatio-temporels, je vais encore essayer de les comprendre mieux. À la fin de tout, je reste aussi stupide, idiot et amoureux de Laureline, tout comme les shingouz.
Ma plus belle lecture cette année ! Une BD magnifique à la fois visuellement et dans le message qu’elle porte. Mention spéciale pour la richesse des dessins végétaux. Au fil des pages, on réalise le niveau de recherche et le temps que ça a dû représenter. A lire absolument !
Et en plus, elles font ça sans cheffe ni mots.
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, de nature autobiographique. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Anaële Hermans pour le scénario, et par Sandrine Revel pour les dessins et les couleurs. Il comprend cent-dix pages de bande dessinée.
Sur la côte atlantique, aux abords d’un village de Galice, une équipe d’une quinzaine de volontaires sont en train de nettoyer les rochers après une marée noire, d’enlever le mazout. Claire s’occupe en particulier d’un rocher qu’elle gratte avec ses gants, étant revêtue d’une combinaison blanche de protection. Sa voisine lui fait observer que ça n’a l’air de rien, mais à la longue ça fait sacrément mal aux bras, elle s’attendait à un autre type de travail. Claire lui répond qu’il faut dire que les images qu’on avait vues à la télé étaient autrement plus impressionnantes, avec ces énormes flaques de pétrole et ces oiseaux mazouté. Une habitante du village indique que les volontaires qui les ont précédées ont fait un boulot extraordinaire. Elle continue : Mais franchement, elles sont au moins aussi méritantes, le travail de fourmi qui leur est demandé est usant. Puis Beatriz signale la fin de la journée de travail : ils vont s’arrêter là pour aujourd’hui, les volontaires peuvent ranger leur matériel dans la camionnette. Elle interpelle Claire en lui disant qu’à un moment il faut savoir s’arrêter.
Le soir venu, tous les volontaires sont attablés dans une salle commune. Beatriz indique aux convives que Carlos et Marta ont cuisiné un menu complet, il y a du vin et de l’eau sur les tables, s’ils veulent boire autre chose il faudra commander au bar. Et enfin, elle annonce : Voici le caldo gallego. Tout le monde discute. Claire répond à son vis-à-vis qu’après toutes ces années elle n’arrive toujours pas à masquer son accent étrange. Elle est française, elle vient de Lyon, mais elle vit à Madrid depuis huit ans. À une autre table, les volontaires échangent sur les suites pour les responsables de la marée noire. De toute façon, le procès durera des années, comme pour l’Erika. Ça va être difficile de pointer un responsable avec un bateau construit au Japon et immatriculé aux Bahamas, un certificat d’aptitude délivré par des Américains, un armateur libérien, un armement grec… Sans oublier le gouvernement espagnol et sa splendide idée d’éloigner le bateau des côtes au lieu de le remorquer vers le port. Les discussions se poursuivent. Claire indique qu’elle exerce le métier de traductrice : elle traduit beaucoup de poésie, un peu de littérature jeunesse et puis des… Elle hésite cherchant le mot juste, et après avoir cherché un instant : Des essais. Puis elle s’adresse à Beatriz pour savoir si elle accueille des groupes de volontaires tous les week-ends, et un autre demande à Marta si elle nourrit tout ce beau monde depuis trois mois. Ce à quoi elle répond que oui, et elle pense que quand toute cette effervescence retombera, ça va même lui manquer.
S’il a lu le texte de la quatrième de couverture, le lecteur sait déjà dans quelle situation personnelle se trouve Claire, et il relève ses hésitations comme un signe. Sinon, il peut juste y voir la volonté de trouver le mot juste, ce qui fait sens au regard de sa profession de traductrice. Les circonstances feront que le récit reviendra sur une dimension de ce métier et de ce qu’il dit d’une facette de la personnalité du personnage principal. Quoi qu’il en soit, il se sent accueilli auprès d’elle, dans sa tâche de fourmi pour gratter du mazout sur un rocher d’une immense plage, puis faire connaissance avec d’autres volontaires lors du repas dans la salle commune, papoter sur la plage à la nuit tombée avec Beatriz, rentrer chez elle à Madrid et découvrir la multitude de post-it collés sur chaque surface ou presque avec soit le nom de l’objet et éventuellement un court commentaire, soit un extrait de poème de Pablo Neruda (1904-1973) ou de Charles Baudelaire (1821-1867), aller faire les courses, prendre une première leçon à la piscine en vue de pouvoir faire de la plongée, etc. Les dessins dégagent une apparence douce, sans bordure de case, avec des couleurs pastel, des formes réalistes et un peu simplifiées, des personnes calmes et souvent souriantes, affables. La séquence d’ouverture montre bien les volontaires en tenue de protection, ainsi que des rochers noircis, sans sensationnalisme. Les endroits suivants s’avèrent également accueillants dans leur simplicité ou leur banalité.
Le lecteur suit donc Claire dans son quotidien, pour un moment de sa vie qui semble hors du temps, une activité de bénévole, peu de travail, une situation où elle s’interroge sur la suite à donner à sa vie : continuer dans la même voie ou changer. La narration visuelle montre très bien cette vie au quotidien, dans ses aspects banals. L’appartement fonctionnel, pas très grand avec sa grande pièce comprenant le coin cuisine, une table sur laquelle se trouve un ordinateur, un coin salon proche de la baie vitrée avec son canapé et sa table basse. Dans la page suivante, Claire se sert machinalement un café, dans un geste tout à fait naturel. En page vingt, le lecteur la voit hésiter dans le rayon des légumes d’un grand supermarché, où il peut reconnaitre chaque produit. Plus loin, elle est invitée par Beatriz à un repas familial avec le mari et les deux filles, les dessins exprimant le naturel de cette situation, sa dimension organique. Plus loin, elle participe à une fête dans le village galicien : des êtres humains normaux, de la musique, un chant traditionnel, un peu de danse, là encore les cases permettent au lecteur de s’immerger dans ce moment chaleureux, appréciable pour sa qualité conviviale, dépourvu de clinquant ou de moyens extraordinaires. Les couleurs restent douces et la direction d’acteurs relèvent d’un registre naturaliste.
Dans le même temps, le lecteur observe rapidement que la narration visuelle s’aventure régulièrement dans des registres sortant de des cases réalistes sagement alignées en bande. Cela se produit dès les pages quatorze et quinze qui sont en vis-à-vis : un plan de l’appartement en élévation au centre, sept cases en périphérie représentant Claire dans une activité du quotidien en contraste inversé, et une nuée de post-it répartis sur toute la page, pour un effet saisissant transcrivant bien la préoccupation de chaque instant du personnage. Puis vient la séquence dans laquelle les autrices racontent l’accident arrivé à leur personnage : la dessinatrice restreint sa palette, privilégiant un rouge très soutenu et un jaune très vif, par exemple la jeune femme est représentée en rouge pour tous les contours, les cheveux, les traits de visage, etc. Ce dispositif revient lors d’un tête-à-tête entre elle et son conjoint Luis. Plus tard dans un café, Xosé raconte une histoire aux personnes présentes, et la narration visuelle passe en mode texte illustré, avec des cases aux contours arrondis et fluides, et l’histoire sur le blanc de la page. Le lecteur se délecte également de quelques illustrations en pleine page comme une baleine remarquable ou un banc de sardines. Les planches surprennent régulièrement le lecteur par des constructions visuelles en phase avec le reste du récit, et spécifiques pour exprimer une qualité, une sensation, une situation particulière.
D’autres séquences sortent visuellement de l’ordinaire : toutes celles consacrées à la mer, celles de plongée, et aussi celles évoquant une baleine, les sardines, ou une pieuvre. L’illustration de couverture donne un exemple représentatif du jeu sur les couleurs pour faire vivre ces moments superbes. Le lecteur y prête attention pas comme un moment de la tranche de vie du personnage, et également pour leur caractère symbolique. Le professeur du club de plongée explique que le corps humain est magnifiquement adapté à la plongée. Le lecteur le prend au premier degré, et aussi comme une capacité d’évoluer dans un autre environnement, la possibilité pour Claire de sortir de son environnement de vie professionnel pour pouvoir évoluer dans un autre. L’histoire de Xosé, presque un conte, met en avant l’interdépendance et la solidarité mutuellement bénéfique, l’importance de la parole donnée. Puis Antonio évoque le cas singulier d’une baleine surnommée cinquante-deux hertz, un cas unique : la fréquence de ses chants s’élève à cinquante-deux hertz alors que celle de ses congénères atteint entre douze et quinze hertz, ce qui induit une communication impossible et une grande solitude. Le lecteur voit facilement l’analogie avec Antonio lui-même (il l’explicite), et sa transposition à Claire. Plus tard, Beatriz et elle observent un banc de sardines lors d’une plongée. La première développe certaines caractéristiques comportementales de ces bancs. Entre autres : Elles sont mêmes capables de stratégie, si un requin les attaque, par exemple, elles forment parfois une sorte de boule autour de sa tête, ou se séparent en deux groupes pour le déconcerter… Et en plus, elles font ça sans cheffe ni mots. À nouveau l’analogie avec la situation de la traductrice apparaît facilement, montrant une possibilité d’adaptation pour elle, et pouvant également se lire comme une stratégie des citoyens contre les grosses compagnies pétrolières.
Une tranche de vie dans sa banalité la plus quotidienne d’une jeune femme qui doit repenser son mode de vie à la suite d’un accident cardiovasculaire. Des scènes banales, entre personnes sans éclat, avec une narration visuelle en phase. Et aussi ce que ce quotidien ordinaire peut contenir d’extraordinaire, que ce soit de la plongée sous-marine ou une fête dans un café avec un petit orchestre, et des dessins qui révèlent alors bien d’autres saveurs, exprimant toute la richesse de ces moments, et leur caractère unique. Le lecteur éprouve immédiatement de la sympathie pour cet être humain en situation de détresse, ne sachant pas trop comment réintégrer une vie normale, ni ce qu’elle pourrait être, totalement sous le charme de la narration visuelle, et des expressions banales de solidarité. Formidable.
Je rejoins les avis positif sur ce premier tome et si la suite est du même niveau, il se peut que je monte ma note au maximum parce que c'est du très bon divertissement !
Oui, on reprend la trame des sept samouraïs pour au moins la centième fois depuis 1954, mais cela ne m'a pas trop dérangé parce que l'intrigue est malgré tout captivante. Cela vient en grande partie du fait que le groupe de guerrier est remplit de personnages bien campés et terriblement attachants. L'auteur joue bien avec leurs différentes personnalités. On devine que deux membres ont un passé troubles que j'espère seront bien développé dans le tome 2. J’aime ce mélange de nationalités, l'humour fonctionne bien et les scènes de batailles sont bien chorégraphiées. Le rythme est aussi bien maitrisé et on lit ce long album sans aucun problème et j'ai été un peu triste de voir que c'était fini pour le moment.
Alors cela reste une œuvre de pur divertissement sans surprise dans le déroulement du scénario, mais qu'est-ce que c'est bien fait !
LA série culte par excellence !
Elle a duré plusieurs décennies sans que l'on s'en rende compte, même si les derniers tomes étaient à mon sens plus faibles et on s'attendrait presque à la sortie d'un nouvel opus.
Tout l'univers est captivant et a permis l'émergence d'un méchant récurent, le célèbre Mr CHOC !
Pour moi les meilleurs tomes sont "Le réveil de Toar", "Les ressuscités", Le retour de la bête", "Les passe-montagnes", "Le sanctuaire oublié", etc etc ...
Si vous devez posséder une série complète dans votre collection, choisissez Tif et Tondu ! (prévoyez de la place quand même)
Le coup de coeur de ces dernières années (comme la plupart des titres des Editions Calandre).
Préférez "Le trésor de Noirmoutier" qui est le meilleur à mon sens de la série pour le moment.
Certains grogneront sur le dessin jugé parfois trop rapide et imprécis mais c'est le premier charme de la série.
Les scénarios se tiennent tous et évitent la facilité.
A ceux qui sauront les voir, vous y trouvez de nombreux clins d'oeil à d'autres séries illustres.
Vivement le tome 13 qui ne va pas tarder.
Je recommande.
Invincible est pour moi une excellente série du début à la fin. C’est justement le genre de comics qui réussit à rester captivant pendant toute sa durée, sans donner l’impression de s’essouffler.
Je ne comprends pas vraiment les critiques sur les dessins des premiers tomes. Certes, le style est un peu différent de ce qu’on voit plus tard dans la série, mais je trouve justement que ça fait partie de son charme. Il y a un côté plus brut, plus simple, qui colle très bien aux débuts du personnage et à l’ambiance “super-héros classique” avant que l’histoire ne devienne beaucoup plus violente et mature.
Le gros point fort du comics, c’est surtout l’évolution du personnage principal. On voit vraiment Mark Grayson grandir au fil des événements, changer mentalement, prendre des décisions de plus en plus difficiles et perdre peu à peu son innocence. Son évolution paraît naturelle et crédible, ce qui rend les moments marquants encore plus impactant.
A conseiller !
Je pense que j'ai tous les albums de David Snug ou quasi, et l'ouvrage ici présent est le seul de toute ma collection toutes bds confondues qui m'ait été dédicacé par l'auteur. Cela fait-il de moi un fan ? Je n'en sais rien, mais le fait est que j'aime toutes les bédés, comme dirait l'autre, de l'auteur. Et celle-ci ne fait pas exception à la règle. C'est même un bon cru.
Déjà, stylistiquement parlant côté dessin, c'est l'album le plus abouti de l'auteur. J'aime beaucoup ce style, qui n'est pas si naïf et "moche" que ce que David Snug veut en dire. Il suffit de regarder un peu ce qui se fait autour, notamment sur internet, pour se rendre compte qu'il s'en sort très bien. Le trait est d'ailleurs bien plus net que lors de ses premiers albums, et ca donne un rendu hyper propre. Son personnage principal a une bonne petite bouille et un air sympathique, il est mine de rien assez expressif. Et j'avoue que je trouve toujours assez drôle les têtes des personnalités politiques qui sont calquées. Ça reste un dessin simple mais bien réalisé, avec peu ou pas de décors outre les fameux petits cacas signatures.
Côté scénario, l'auteur nous fait le compte rendu des manifs auxquelles il a participé a l'occasion des mobilisations contre les retraites et en profite pour livrer son regard sur les situations politiques, sociétales du moment. C'est très souvent drôle, inspiré et redoutablement bien vu. Qu'on ne s'y trompe pas, derrière le dessin simpliste et l'apparente légèreté du propos et des réflexions du héros, il y a une solide culture politique derrière, comme dans chaque bd de Snug. Ça rejoint un peu en cela Koko n'aime pas le capitalisme, une apparente simplicité et de l'humour parfois absurde derrière lesquels se cache un propos politique précis, documenté et construit.
C'est donc intelligent mais aussi très drôle. Les expressions du personnage sont assez rigolotes. Et plusieurs planches franchement drôles dans leur narration, leur parti pris, j'aime beaucoup celle de Marlène Schiappa dans Playboy, pour n'en citer qu'une.
Allez, même si ça fait un petit bout de temps que je l'ai lue, un petit coup de coeur pour l'ami Snug. C'est sans doute ma deuxième bédé préférée de l'auteur après Dépôt de bilan de compétences et je trouve que son travail mérite de la lumière. Après tout, peut être que je suis vraiment fan.
« Le Sursis » occupe une place particulière dans ma vie de BDphile : il s’agit de la première BD « adulte » que j’ai lue… c’était en 1999 lors de la parution du deuxième tome, et 2 ans avant la création de BDtheque… J’avais choisi ce diptyque grâce à son dessin, et 27 ans après, je réalise que j’avais eu la main heureuse !
L’histoire est rondement menée, il se passe tellement de choses dans ce petit village français sous l’occupation allemande : les petits drames de la vie, les amourettes, les débats politiques sur la terrasse du café, mais aussi la résistance qui s’organise, et la menace constante des Allemands et des collabos… tout ce cirque nous est conté par Julien, du haut de son grenier et lors de ses excursions nocturnes. J’ai pris beaucoup de plaisir à relire cette histoire champêtre, à suivre ce bal romantique entre nos deux protagonistes… surtout que le dessin de Gibrat est absolument magnifique… j’adore notamment ses personnages.
Un diptyque immanquable en ce qui me concerne.
La seule bande dessinée qui peut concurrencer Den de Corben.
Le parallèle m'a sauté aux yeux à la lecture.
Bien que Voss et Richard Corben aient des styles graphiques très distincts, j'ai retrouvé la même sève créative issue de l'âge d'or de la bd fantastique adulte, période Métal Hurlant.
On retrouve des points communs évidents à commencer par le canevas de base : Heilman va vivre un voyage initiatique dans un monde qui ne répond plus aux lois terrestres. Il lutte pour sa survie au sein d'environnements hostiles afin de trouver sa véritable identité.
On retrouve dans les deux cas l'influence de Lovecraft, cette idée de puissances anciennes qui règnent sur des mondes en perdition. Heilman rajoute le mythe de Faust par dessus.
Il y a chez l'un comme chez l'autre une exploration de l'inconscient, des pulsions primaires et de la douleur. La même volonté de transgression, de briser les codes.
Le dessin est bien sûr très différent. On pourrait dire que Den représente le feu et Heilman la glace. Un style froid et minéral, mais qui partage une obsession similaire pour l'anatomie, la même volonté de jeter le corps de son héros en pâture.
Heilman est l'autre face d'un des plus beaux diamants de la bande dessinée.
Et comme toutes les pierres précieuses, accrochez vous pour le récupérer car la côte appliquée est assez déraisonnable...
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Valérian
J'ai commencé à admirer cette série aux Pilote des années 60, puis dans Tintin portugais, dans les années 70 ! Pour moi, c'est LA série de science-fiction de référence, très en avance sur toutes les autres. J'adore presque tout et il est difficile d'entrer dans les détails, mais je vais essayer un peu : l'apocalypse et la vie sur Terre après, les voyages dans le temps, les mondes extraterrestres, l'empire des mille planètes, les oiseaux du Seigneur, la maladresse de Valérian et la compétence de Laureline pour le compenser. Tout est très bon et étonnant ! Les récits et les dessins ont été une énorme influence sur le cinéma, sans qu'elle ait été reconnue nombreuses fois: George Lucas, Ridley Scott, Luc Besson... Mézières disait qu'il ne savait pas dessiner et ressentait beaucoup de difficultés, les mains des personnages, par exemple. Mais je pense qu'il s'en est très bien sorti, ses vaisseaux spatiaux sont impressionnants ! J'ai eu quelques difficultés avec certains épisodes et personnages : la sainte trinité... les paradoxes spatio-temporels, je vais encore essayer de les comprendre mieux. À la fin de tout, je reste aussi stupide, idiot et amoureux de Laureline, tout comme les shingouz.
Verts
Ma plus belle lecture cette année ! Une BD magnifique à la fois visuellement et dans le message qu’elle porte. Mention spéciale pour la richesse des dessins végétaux. Au fil des pages, on réalise le niveau de recherche et le temps que ça a dû représenter. A lire absolument !
Lointains mes mots
Et en plus, elles font ça sans cheffe ni mots. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, de nature autobiographique. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Anaële Hermans pour le scénario, et par Sandrine Revel pour les dessins et les couleurs. Il comprend cent-dix pages de bande dessinée. Sur la côte atlantique, aux abords d’un village de Galice, une équipe d’une quinzaine de volontaires sont en train de nettoyer les rochers après une marée noire, d’enlever le mazout. Claire s’occupe en particulier d’un rocher qu’elle gratte avec ses gants, étant revêtue d’une combinaison blanche de protection. Sa voisine lui fait observer que ça n’a l’air de rien, mais à la longue ça fait sacrément mal aux bras, elle s’attendait à un autre type de travail. Claire lui répond qu’il faut dire que les images qu’on avait vues à la télé étaient autrement plus impressionnantes, avec ces énormes flaques de pétrole et ces oiseaux mazouté. Une habitante du village indique que les volontaires qui les ont précédées ont fait un boulot extraordinaire. Elle continue : Mais franchement, elles sont au moins aussi méritantes, le travail de fourmi qui leur est demandé est usant. Puis Beatriz signale la fin de la journée de travail : ils vont s’arrêter là pour aujourd’hui, les volontaires peuvent ranger leur matériel dans la camionnette. Elle interpelle Claire en lui disant qu’à un moment il faut savoir s’arrêter. Le soir venu, tous les volontaires sont attablés dans une salle commune. Beatriz indique aux convives que Carlos et Marta ont cuisiné un menu complet, il y a du vin et de l’eau sur les tables, s’ils veulent boire autre chose il faudra commander au bar. Et enfin, elle annonce : Voici le caldo gallego. Tout le monde discute. Claire répond à son vis-à-vis qu’après toutes ces années elle n’arrive toujours pas à masquer son accent étrange. Elle est française, elle vient de Lyon, mais elle vit à Madrid depuis huit ans. À une autre table, les volontaires échangent sur les suites pour les responsables de la marée noire. De toute façon, le procès durera des années, comme pour l’Erika. Ça va être difficile de pointer un responsable avec un bateau construit au Japon et immatriculé aux Bahamas, un certificat d’aptitude délivré par des Américains, un armateur libérien, un armement grec… Sans oublier le gouvernement espagnol et sa splendide idée d’éloigner le bateau des côtes au lieu de le remorquer vers le port. Les discussions se poursuivent. Claire indique qu’elle exerce le métier de traductrice : elle traduit beaucoup de poésie, un peu de littérature jeunesse et puis des… Elle hésite cherchant le mot juste, et après avoir cherché un instant : Des essais. Puis elle s’adresse à Beatriz pour savoir si elle accueille des groupes de volontaires tous les week-ends, et un autre demande à Marta si elle nourrit tout ce beau monde depuis trois mois. Ce à quoi elle répond que oui, et elle pense que quand toute cette effervescence retombera, ça va même lui manquer. S’il a lu le texte de la quatrième de couverture, le lecteur sait déjà dans quelle situation personnelle se trouve Claire, et il relève ses hésitations comme un signe. Sinon, il peut juste y voir la volonté de trouver le mot juste, ce qui fait sens au regard de sa profession de traductrice. Les circonstances feront que le récit reviendra sur une dimension de ce métier et de ce qu’il dit d’une facette de la personnalité du personnage principal. Quoi qu’il en soit, il se sent accueilli auprès d’elle, dans sa tâche de fourmi pour gratter du mazout sur un rocher d’une immense plage, puis faire connaissance avec d’autres volontaires lors du repas dans la salle commune, papoter sur la plage à la nuit tombée avec Beatriz, rentrer chez elle à Madrid et découvrir la multitude de post-it collés sur chaque surface ou presque avec soit le nom de l’objet et éventuellement un court commentaire, soit un extrait de poème de Pablo Neruda (1904-1973) ou de Charles Baudelaire (1821-1867), aller faire les courses, prendre une première leçon à la piscine en vue de pouvoir faire de la plongée, etc. Les dessins dégagent une apparence douce, sans bordure de case, avec des couleurs pastel, des formes réalistes et un peu simplifiées, des personnes calmes et souvent souriantes, affables. La séquence d’ouverture montre bien les volontaires en tenue de protection, ainsi que des rochers noircis, sans sensationnalisme. Les endroits suivants s’avèrent également accueillants dans leur simplicité ou leur banalité. Le lecteur suit donc Claire dans son quotidien, pour un moment de sa vie qui semble hors du temps, une activité de bénévole, peu de travail, une situation où elle s’interroge sur la suite à donner à sa vie : continuer dans la même voie ou changer. La narration visuelle montre très bien cette vie au quotidien, dans ses aspects banals. L’appartement fonctionnel, pas très grand avec sa grande pièce comprenant le coin cuisine, une table sur laquelle se trouve un ordinateur, un coin salon proche de la baie vitrée avec son canapé et sa table basse. Dans la page suivante, Claire se sert machinalement un café, dans un geste tout à fait naturel. En page vingt, le lecteur la voit hésiter dans le rayon des légumes d’un grand supermarché, où il peut reconnaitre chaque produit. Plus loin, elle est invitée par Beatriz à un repas familial avec le mari et les deux filles, les dessins exprimant le naturel de cette situation, sa dimension organique. Plus loin, elle participe à une fête dans le village galicien : des êtres humains normaux, de la musique, un chant traditionnel, un peu de danse, là encore les cases permettent au lecteur de s’immerger dans ce moment chaleureux, appréciable pour sa qualité conviviale, dépourvu de clinquant ou de moyens extraordinaires. Les couleurs restent douces et la direction d’acteurs relèvent d’un registre naturaliste. Dans le même temps, le lecteur observe rapidement que la narration visuelle s’aventure régulièrement dans des registres sortant de des cases réalistes sagement alignées en bande. Cela se produit dès les pages quatorze et quinze qui sont en vis-à-vis : un plan de l’appartement en élévation au centre, sept cases en périphérie représentant Claire dans une activité du quotidien en contraste inversé, et une nuée de post-it répartis sur toute la page, pour un effet saisissant transcrivant bien la préoccupation de chaque instant du personnage. Puis vient la séquence dans laquelle les autrices racontent l’accident arrivé à leur personnage : la dessinatrice restreint sa palette, privilégiant un rouge très soutenu et un jaune très vif, par exemple la jeune femme est représentée en rouge pour tous les contours, les cheveux, les traits de visage, etc. Ce dispositif revient lors d’un tête-à-tête entre elle et son conjoint Luis. Plus tard dans un café, Xosé raconte une histoire aux personnes présentes, et la narration visuelle passe en mode texte illustré, avec des cases aux contours arrondis et fluides, et l’histoire sur le blanc de la page. Le lecteur se délecte également de quelques illustrations en pleine page comme une baleine remarquable ou un banc de sardines. Les planches surprennent régulièrement le lecteur par des constructions visuelles en phase avec le reste du récit, et spécifiques pour exprimer une qualité, une sensation, une situation particulière. D’autres séquences sortent visuellement de l’ordinaire : toutes celles consacrées à la mer, celles de plongée, et aussi celles évoquant une baleine, les sardines, ou une pieuvre. L’illustration de couverture donne un exemple représentatif du jeu sur les couleurs pour faire vivre ces moments superbes. Le lecteur y prête attention pas comme un moment de la tranche de vie du personnage, et également pour leur caractère symbolique. Le professeur du club de plongée explique que le corps humain est magnifiquement adapté à la plongée. Le lecteur le prend au premier degré, et aussi comme une capacité d’évoluer dans un autre environnement, la possibilité pour Claire de sortir de son environnement de vie professionnel pour pouvoir évoluer dans un autre. L’histoire de Xosé, presque un conte, met en avant l’interdépendance et la solidarité mutuellement bénéfique, l’importance de la parole donnée. Puis Antonio évoque le cas singulier d’une baleine surnommée cinquante-deux hertz, un cas unique : la fréquence de ses chants s’élève à cinquante-deux hertz alors que celle de ses congénères atteint entre douze et quinze hertz, ce qui induit une communication impossible et une grande solitude. Le lecteur voit facilement l’analogie avec Antonio lui-même (il l’explicite), et sa transposition à Claire. Plus tard, Beatriz et elle observent un banc de sardines lors d’une plongée. La première développe certaines caractéristiques comportementales de ces bancs. Entre autres : Elles sont mêmes capables de stratégie, si un requin les attaque, par exemple, elles forment parfois une sorte de boule autour de sa tête, ou se séparent en deux groupes pour le déconcerter… Et en plus, elles font ça sans cheffe ni mots. À nouveau l’analogie avec la situation de la traductrice apparaît facilement, montrant une possibilité d’adaptation pour elle, et pouvant également se lire comme une stratégie des citoyens contre les grosses compagnies pétrolières. Une tranche de vie dans sa banalité la plus quotidienne d’une jeune femme qui doit repenser son mode de vie à la suite d’un accident cardiovasculaire. Des scènes banales, entre personnes sans éclat, avec une narration visuelle en phase. Et aussi ce que ce quotidien ordinaire peut contenir d’extraordinaire, que ce soit de la plongée sous-marine ou une fête dans un café avec un petit orchestre, et des dessins qui révèlent alors bien d’autres saveurs, exprimant toute la richesse de ces moments, et leur caractère unique. Le lecteur éprouve immédiatement de la sympathie pour cet être humain en situation de détresse, ne sachant pas trop comment réintégrer une vie normale, ni ce qu’elle pourrait être, totalement sous le charme de la narration visuelle, et des expressions banales de solidarité. Formidable.
Knight club
Je rejoins les avis positif sur ce premier tome et si la suite est du même niveau, il se peut que je monte ma note au maximum parce que c'est du très bon divertissement ! Oui, on reprend la trame des sept samouraïs pour au moins la centième fois depuis 1954, mais cela ne m'a pas trop dérangé parce que l'intrigue est malgré tout captivante. Cela vient en grande partie du fait que le groupe de guerrier est remplit de personnages bien campés et terriblement attachants. L'auteur joue bien avec leurs différentes personnalités. On devine que deux membres ont un passé troubles que j'espère seront bien développé dans le tome 2. J’aime ce mélange de nationalités, l'humour fonctionne bien et les scènes de batailles sont bien chorégraphiées. Le rythme est aussi bien maitrisé et on lit ce long album sans aucun problème et j'ai été un peu triste de voir que c'était fini pour le moment. Alors cela reste une œuvre de pur divertissement sans surprise dans le déroulement du scénario, mais qu'est-ce que c'est bien fait !
Tif et Tondu
LA série culte par excellence ! Elle a duré plusieurs décennies sans que l'on s'en rende compte, même si les derniers tomes étaient à mon sens plus faibles et on s'attendrait presque à la sortie d'un nouvel opus. Tout l'univers est captivant et a permis l'émergence d'un méchant récurent, le célèbre Mr CHOC ! Pour moi les meilleurs tomes sont "Le réveil de Toar", "Les ressuscités", Le retour de la bête", "Les passe-montagnes", "Le sanctuaire oublié", etc etc ... Si vous devez posséder une série complète dans votre collection, choisissez Tif et Tondu ! (prévoyez de la place quand même)
Une Aventure de Jacques Gipar
Le coup de coeur de ces dernières années (comme la plupart des titres des Editions Calandre). Préférez "Le trésor de Noirmoutier" qui est le meilleur à mon sens de la série pour le moment. Certains grogneront sur le dessin jugé parfois trop rapide et imprécis mais c'est le premier charme de la série. Les scénarios se tiennent tous et évitent la facilité. A ceux qui sauront les voir, vous y trouvez de nombreux clins d'oeil à d'autres séries illustres. Vivement le tome 13 qui ne va pas tarder. Je recommande.
Invincible
Invincible est pour moi une excellente série du début à la fin. C’est justement le genre de comics qui réussit à rester captivant pendant toute sa durée, sans donner l’impression de s’essouffler. Je ne comprends pas vraiment les critiques sur les dessins des premiers tomes. Certes, le style est un peu différent de ce qu’on voit plus tard dans la série, mais je trouve justement que ça fait partie de son charme. Il y a un côté plus brut, plus simple, qui colle très bien aux débuts du personnage et à l’ambiance “super-héros classique” avant que l’histoire ne devienne beaucoup plus violente et mature. Le gros point fort du comics, c’est surtout l’évolution du personnage principal. On voit vraiment Mark Grayson grandir au fil des événements, changer mentalement, prendre des décisions de plus en plus difficiles et perdre peu à peu son innocence. Son évolution paraît naturelle et crédible, ce qui rend les moments marquants encore plus impactant. A conseiller !
En marche ou grève
Je pense que j'ai tous les albums de David Snug ou quasi, et l'ouvrage ici présent est le seul de toute ma collection toutes bds confondues qui m'ait été dédicacé par l'auteur. Cela fait-il de moi un fan ? Je n'en sais rien, mais le fait est que j'aime toutes les bédés, comme dirait l'autre, de l'auteur. Et celle-ci ne fait pas exception à la règle. C'est même un bon cru. Déjà, stylistiquement parlant côté dessin, c'est l'album le plus abouti de l'auteur. J'aime beaucoup ce style, qui n'est pas si naïf et "moche" que ce que David Snug veut en dire. Il suffit de regarder un peu ce qui se fait autour, notamment sur internet, pour se rendre compte qu'il s'en sort très bien. Le trait est d'ailleurs bien plus net que lors de ses premiers albums, et ca donne un rendu hyper propre. Son personnage principal a une bonne petite bouille et un air sympathique, il est mine de rien assez expressif. Et j'avoue que je trouve toujours assez drôle les têtes des personnalités politiques qui sont calquées. Ça reste un dessin simple mais bien réalisé, avec peu ou pas de décors outre les fameux petits cacas signatures. Côté scénario, l'auteur nous fait le compte rendu des manifs auxquelles il a participé a l'occasion des mobilisations contre les retraites et en profite pour livrer son regard sur les situations politiques, sociétales du moment. C'est très souvent drôle, inspiré et redoutablement bien vu. Qu'on ne s'y trompe pas, derrière le dessin simpliste et l'apparente légèreté du propos et des réflexions du héros, il y a une solide culture politique derrière, comme dans chaque bd de Snug. Ça rejoint un peu en cela Koko n'aime pas le capitalisme, une apparente simplicité et de l'humour parfois absurde derrière lesquels se cache un propos politique précis, documenté et construit. C'est donc intelligent mais aussi très drôle. Les expressions du personnage sont assez rigolotes. Et plusieurs planches franchement drôles dans leur narration, leur parti pris, j'aime beaucoup celle de Marlène Schiappa dans Playboy, pour n'en citer qu'une. Allez, même si ça fait un petit bout de temps que je l'ai lue, un petit coup de coeur pour l'ami Snug. C'est sans doute ma deuxième bédé préférée de l'auteur après Dépôt de bilan de compétences et je trouve que son travail mérite de la lumière. Après tout, peut être que je suis vraiment fan.
Le Sursis
« Le Sursis » occupe une place particulière dans ma vie de BDphile : il s’agit de la première BD « adulte » que j’ai lue… c’était en 1999 lors de la parution du deuxième tome, et 2 ans avant la création de BDtheque… J’avais choisi ce diptyque grâce à son dessin, et 27 ans après, je réalise que j’avais eu la main heureuse ! L’histoire est rondement menée, il se passe tellement de choses dans ce petit village français sous l’occupation allemande : les petits drames de la vie, les amourettes, les débats politiques sur la terrasse du café, mais aussi la résistance qui s’organise, et la menace constante des Allemands et des collabos… tout ce cirque nous est conté par Julien, du haut de son grenier et lors de ses excursions nocturnes. J’ai pris beaucoup de plaisir à relire cette histoire champêtre, à suivre ce bal romantique entre nos deux protagonistes… surtout que le dessin de Gibrat est absolument magnifique… j’adore notamment ses personnages. Un diptyque immanquable en ce qui me concerne.
Heilman
La seule bande dessinée qui peut concurrencer Den de Corben. Le parallèle m'a sauté aux yeux à la lecture. Bien que Voss et Richard Corben aient des styles graphiques très distincts, j'ai retrouvé la même sève créative issue de l'âge d'or de la bd fantastique adulte, période Métal Hurlant. On retrouve des points communs évidents à commencer par le canevas de base : Heilman va vivre un voyage initiatique dans un monde qui ne répond plus aux lois terrestres. Il lutte pour sa survie au sein d'environnements hostiles afin de trouver sa véritable identité. On retrouve dans les deux cas l'influence de Lovecraft, cette idée de puissances anciennes qui règnent sur des mondes en perdition. Heilman rajoute le mythe de Faust par dessus. Il y a chez l'un comme chez l'autre une exploration de l'inconscient, des pulsions primaires et de la douleur. La même volonté de transgression, de briser les codes. Le dessin est bien sûr très différent. On pourrait dire que Den représente le feu et Heilman la glace. Un style froid et minéral, mais qui partage une obsession similaire pour l'anatomie, la même volonté de jeter le corps de son héros en pâture. Heilman est l'autre face d'un des plus beaux diamants de la bande dessinée. Et comme toutes les pierres précieuses, accrochez vous pour le récupérer car la côte appliquée est assez déraisonnable...