Les dernier avis (6388 avis)

Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Promised Neverland
The Promised Neverland

Je suis bien content de voir ce manga enfin débarquer en français. Cela faisait longtemps qu'un manga faisant partie de la catégorie des shonens m'avait autant passionné ! Il faut dire que le cadre du scénario est original pour un shonen, un genre qui depuis des décennies ne faisait que reprendre les mêmes codes encore et encore. Ici, il n'y a pas de jeune garçon qui veut devenir le meilleur dans son domaine, il n'y a pas de combats, il n'y a pas de rival qui devient aussi le pote du héros, il n'y a pas d'amie d'enfance amoureuse du héros....Il y a juste des orphelins normaux qui ont leur intelligence comme seul pouvoir. Le cadre de l'orphelinat est aussi original vu que c'est un endroit paisible (je sais pas pour vous mais la plupart du temps lorsque je tombe sur un orphelinat dans une oeuvre de fiction et ben c'est un endroit horrible où les enfants sont misérables). Ici, les enfants sont heureux et ils ont une mère adoptive gentille et affectueuse. On peut tout de même voir que quelque chose cloche (ils n'ont pas le droit d'aller dans le monde extérieur, ils font des tests bizarres) et un jour l’héroïne et son copain découvrent la vérité et leur monde bascule et ils doivent s'enfuir avant qu'il soit trop tard. Le scénario est prenant et intelligent. Les personnages sont attachants, intéressants et leurs réactions sont crédibles. C'est rempli de rebondissements et de retournements de situation qui me tiennent en haleine. Le dessin est dynamique et je le trouve agréable à regarder. Si les auteurs continuent comme ça je vais peut-être même finir par mettre la note culte ! xxx Après lecture du tome 10, je mets la note maximale. L'intrigue est toujours aussi captivante après le premier arc. Il y a plus d'actions, mais ça ne me dérange pas trop parce que les personnages utilisent toujours leur intelligence pour établir des stratégies pour vaincre l'ennemi. J'attends avec impatience chaque nouveau tome de la série et j'espère qu'elle va finir en beauté !

25/04/2018 (MAJ le 17/11/2019) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Paul à la maison
Paul à la maison

Cela faisait des années que j'attendais un nouveau Paul avec impatience et après cet album je vais devoir attendre encore très longtemps car l'auteur a expliqué qu'il n'avait plus grand chose à raconter. On retrouve un Paul qui a vieilli, divorcé de sa femme et qui a une mère malade. Le pauvre Paul semble n'avoir que des problèmes et l'auteur donne une version glauque de la vieillesse qui ne donne pas du tout envie de vieillir. Alors que je suis habitué à un Paul plus jeune, plus enthousiaste et énergique, ici il broie du noir. Rabagliati mélange la fiction et l'auto-biographie et c'est encore plus mis en avant ici vu que Paul est devenu un auteur de BD qui sort des livres sur lui-même avec les mêmes titres et le même éditeur que dans la réalité et pour avoir lu les dernières interviews de Rabagliati, il est clair qu'il agit maintenant comme le pauvre Paul qui est maintenant seul, ne semble avoir que des problèmes et n'aime pas trop ce monde moderne où tout le monde a un ipad. Je pense que ce qui m'a surtout frappé est à quel point il est seul. Avant, il était la plupart du temps avec sa femme, sa fille, sa famille ou des copains. Ici, la majorité de l'album le montre dans des scènes où il est seul ou encore isolé du monde extérieur. J'ai pris du plaisir à lire cet album. L'auteur a vraiment le chic pour rendre captivants les moments quotidiens les plus anodins et les plus ennuyeux. Il y a tout de même quelques trucs qui m'ont gêné. La dernière fois que l'auteur avait été aussi loin dans la vie de Paul, cela se terminait en 1999 et ici on est en 2011. J'aurais aimé quelques flashbacks qui montrent un peu ce qui s'est passé durant les années 2000, surtout en ce qui concerne le divorce de Paul. Ici, on a juste droit aux explications minimales. Il y a aussi le fait que sa fille va partir en Angleterre et que le récit se termine lorsqu'elle part et j'aurais bien aimé savoir comment a été son séjour. Donc pour moi, ce n'est pas le meilleur Paul, mais cela reste une bonne lecture dynamique et remplie d'émotions. Peut-être que je vais encore mieux adorer durant une relecture. Je pense qu'il faut que je m'habitue au ton qui est différent des autres Paul. À lire si on n'est pas allergique aux romans graphiques qui parlent de la vie de tous les jours.

16/11/2019 (modifier)
Par Samsa
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Soon
Soon

Soon ou un récit d'anticipation et de science-fiction prenant ! Qu'il est rare dans le flux de sorties de recevoir une telle pépite. BD d'ambiance, amateurs d'action et de rebondissements en tous genres, passez votre chemin. Vous avez là une oeuvre qui prend le temps de se mettre en place, qui crée un univers complexe et très riche, un avenir possible parmi des centaines de scénarios. Lecture parfois ardue, le sens des phylactères cheminant parfois tel un fleuve et ne respectant guère les codes du genre, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une lecture qui vous laissera une impression marquante bien après avoir refermé l'objet. Quête initiatique, liens familiaux, aspirations personnelles et conventions sociales, découverte de soi-même et des autres. C'est un vrai coup de coeur mais la lenteur du traitement pourrait repousser certains lecteurs. Le dessin est fouillé mais lisible et contribue à l'ambiance particulière de cette bande-dessinée. Honnêtement, je recommande à tous ceux qui veulent lire un ouvrage d'anticipation imaginatif et original. L'auteur prend le temps de mettre en place plusieurs civilisations ayant fait des choix variés pour leur avenir et celui de la planète. La survie de l'espèce justifie-t-elle tout ? Le concept de vie et de survie est intelligemment abordé. Au final une très bonne lecture qui fait réfléchir et qui divertit.

13/11/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Gyakushu !
Gyakushu !

On va de surprise en surprise avec les éditions Ankama qui non seulement nous dégotent de jolis talents bien de chez nous pour leur label 619 mais également quelques figures de proues de la scène indépendante comme cet OVNI tout droit sorti de l'imagination débridée de son auteur Dan Hipp. Gyakushu ! (Vengeance !) ne donne pourtant pas très envie a priori. Les pages représentées ici même ne donnent guère envie avec un dessin très (trop ?) épuré a priori. L'histoire de vengeance inspirée d'un Kill Bill ou de Lady SnowBlood dans un monde Dark Fantasy n'a en soi rien de fichtrement original. Les références de duel à la Sergio Leone sont également légion ainsi l'identité du voleur, principal protagoniste, est soigneusement éludée de la même façon que l'homme sans nom incarné par Clint Eastwood dans la trilogie du dollar. Ce voleur, sorte de Robin des Bois un rien désinvolte, brave les autorités par jeu afin de dérober moult trésors. Souhaitant élever son fils à l'abri avec sa compagne dans une contrée lointaine, il va être retrouvé par un sinistre Empereur et laissé pour mort après le massacre de sa propre famille. Ressuscité sous la forme d'une créature recouverte de bandelettes, il est grand temps de régler les comptes à ses agresseurs 15 ans plus tard dans un pays dévasté par la tyrannie de son principal ennemi.... Avec un tel pitch il y a plusieurs façons d'opérer... Soit on s'y prend très au sérieux sous peine de se vautrer dans le ridicule des plus convenus soit on profite de la minceur du scénario et de sa banalité pour en faire un gros délire propre aux expériences graphiques et narratives des plus variées.... Et Dan Hipp a heureusement choisi la deuxième option en multipliant cadrages nerveux et un usage du noir et blanc à la Scott Pilgrim pour alterner scènes de flashbacks et de nombreux charcutages bien rythmés. L'utilisation d'un mystérieux narrateur rythmant le récit à sa guise en nous envoyant dans le passé ou le présent du Voleur est plutôt ingénieuse car on évite la linéarité d'un récit convenu tout en ayant droit à quelques pincées d'humour plus que bienvenues. Il n'y a rien de révolutionnaire dans tout cela et les 200 pages du premier tome s'avèrent être une simple mise en bouche divertissante et pourtant son cliffhanger interpelle quant à l'issue de cette histoire. Comme le dit si bien le narrateur de cette histoire : Tout va mal finir ! Le second volume éclate davantage l'ordre narratif en virevoltant dans le présent et le passé sans que l'on soit pour autant perdu grâce à l'aide de ce mystérieux narrateur. Une fois de plus, pas de quartier avec trois frères psychopathes complètement allumés du cigare et un commanditaire masqué qui semble bien connaître notre héros... Quelques amputations plus tard et des révélations qui relancent la mécanique et notre intérêt un rien perturbé par ce mélange pop et indépendant et on arrive déjà à la fin de ce chapitre avec pas mal de réponses mais avec de nouvelles questions en suspens. Le troisième et ultime volet offre son lot de surprises et résout toutes les intrigues en cours. C'est la lecture de ce dernier acte qui justifie l’intérêt de toute la série au complet. S'y révèle même un soupçon imaginé de tension et d’émotions qu'on n'a pas vu du tout venir. Du grand art. Dan Hipp manipule parfaitement la narration et en joue diaboliquement avec le lecteur pour offrir une digne fin à la hauteur d’une grande saga. Utilisant les mécanismes d’une narration éclatée et tout autant de révélations qui redonnent une toute autre lecture à Gyakushu, une fois la dernière page tournée toute la richesse d'un scénario parfaitement écrit. La patte graphique est loin d'être simpliste, Dan Hipp est avant tout un illustrateur de renom Outre-Atlantique qui a su adapter des règles purement cinématographiques pour dynamiser sa mise en scène. Gyakushu est un incroyable melting-pot d’influences et de saveurs uniques. D’un intérêt initial plus qu’incertain, l'auteur a su rendre captivante une histoire de vengeance et l'étoffer pour rendre le récit haletant jusqu'à la dernière case. Les personnages ont beau être peu développés, on comprend leurs motivations et ambitions en quelques cases. Du coup l’ensemble est plus que hautement recommandable et Dan Hipp offre un lot de passages épiques voire bouleversants sans abandonner aucun de ses protagonistes. C’est bien la caractéristique des grandes œuvres cultes, celles qui n’auront jamais un impact commercial monstrueux mais qui auront touché ou diverti les quelques bonnes âmes courageuses pour les découvrir. À noter un travail d’édition remarquable de la part d’Ankama. Belle découverte pour ma part. :)

27/11/2011 (MAJ le 13/11/2019) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Mur de Pan
Le Mur de Pan

J'avais une grande envie de lire cette BD qui est si bien notée sur BDthèque mais qui est presque inconnue en dehors (et même sur BDthèque, finalement ...). Et surtout, une BD qui n'a pas marqué plus que cela vu le temps passé depuis sa sortie (et après lecture je n'aurais pas cru qu'elle était si vieille, presque trente ans !). D'autant que l'auteur n'a rien fait et que j'aurais beaucoup aimé découvrir un nouvel opus de cet auteur atypique. Et au final ... Eh bien je suis vraiment émerveillé ! Enfin, plutôt surpris, la surprise étant le maître mot de cette série selon moi. Une surprise qui est venue de partout, à commencer par ce dessin très serré, presque trop d'ailleurs. Il faut souvent plisser des yeux pour arriver à bien lire les cases, et plusieurs d'entre elles sont chargées. Mais cela n'empêche pas le dessin de trouver une certaine grâce, une élégance (quoique j'ai cru remarquer que l'auteur aimait un peu trop les profils de ses personnages, heureusement ça s'améliore au fur et à mesure du temps) qui rajoute beaucoup à l'ensemble. Et je ne parle pas de l'ambiance qui est distillée par ce dessin dans des teintes plutôt sombres, avec des foisonnements d'idées dans les décors, les personnages et les visuels. Un mélange de SF et de fantasy, rehaussé de trouvailles architecturales. Mais un mélange qui arrive à ne pas sembler brouillon ni saugrenu. Et pourtant il y aurait eu moyen d'être rapidement blasé visuellement. C'est rempli de petits détails que j'ai pris plaisir à trouver, et je ne doute pas que j'en trouverai plein d'autres à la relecture. Niveau histoire, c'est bien plus corsé que je l'aurais pensé au premier tome. Bien que le triptyque offre une conclusion satisfaisante à l'histoire, elle aura beaucoup évolué depuis la trame annoncée au début, et j'en suis assez satisfait. C'est surprenant à ce niveau-là, parce que l'intrigue explorait des pistes déjà vues en terme de prophéties, d'histoire d'amour en construction ou de méchants qui reviennent de leurs retraites, et pourtant tout va évoluer selon une logique différente. L'auteur va prendre le temps de développer son histoire de manière très rapide, en un seul tome il se passe une quantité de choses incroyable qui rajoutent autant en densité du monde qu'en densité des personnage. Et même si je n'ai pas tout compris, notamment au niveau des doubles suboniriques, j'ai adoré les possibilités que l'auteur s’octroie, et le fait que l'ensemble s'articule parfaitement. Le mélange de dieux anciens (ou quelque chose dans le genre), conflit entre nations, déesse mythiques, élue, quête d'immortalité, conditions de populations inférieures, magie et technologie, il y a moyen de créer une soupe indigeste. Et pourtant je suis sous le charme de ce qui s'apparente à un conte étonnant. Le mélange des genres ne semble absolument pas indigeste, mais fait naviguer dans un mélange de fable ou de conte, et un ajout de quelque chose de moderne. C'est assez inexplicable, d'autant que l'humour est bien présent, qu'on a quelques personnages bien trouvés comme le pirate à grande gueule mais sympathique ou le bandit dramaturge. C'est surtout cette narration qui tient à différentes choses que je trouve réellement merveilleuses, dans le sens où elle fait sentir quelque chose de merveilleux, d'irréel, de l'ordre du conte. La narration m'a tenu en haleine suffisamment pour que je dévore les trois tomes en une nuit au lieu de dormir, et pourtant la lenteur de la lecture aurait pu me ralentir. Mais quelque chose, une de ces inexplicables forces, travers ce récit et m'a tenu jusqu'au bout. Et j'aime ce genre de choses. Je ne suis pas aveugle à quelques défauts de la BD, au niveau des dessins où l'on se demande parfois si l'auteur n'a pas du mal à faire autre chose que des profils, voir de l'histoire avec quelques pistes narratives un peu trop obscures, ou même une fin qui peut être insatisfaisante même si elle conclut toutes les trames. Mais c'est du pinaillage, parce que je me suis vraiment laissé entrainer dans une histoire qui sort des sentiers battus et qui a cette inspiration narrative qui me retient. J'ai adoré ma lecture, et je sens que c'est ce genre d'histoire que je vais devoir prendre le temps de relire, tranquillement et posément, afin d'en savourer tous les aspects. Ça faisait longtemps que je n'avais pas été plongé ainsi dans un autre monde, et chaque fois qu'une BD me le refait je redécouvre ce plaisir. Inutile de préciser que ce fut le cas ici !

13/11/2019 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

Ces deux auteurs nous avaient livré il y a quelques années L'Héritage du Diable, une série sympathique mêlant ésotérisme avec la grande Histoire, série que j'avais beaucoup appréciée. Cette fois-ci le tandem nous revient avec un western, et quel western! Derrière une magnifique couverture, que l'on ait opté pour le tirage de luxe ou le tirage normal, nous découvrons une histoire assez inattendue. Outre un scénario qui n'est pas avare en surprises, et qui défie tout ce que l'on attendait d'un western classique, il faut souligner la qualité exceptionnelle du dessin de Paul Gastine. Quels progrès depuis L'Héritage du Diable. Avec des plans très cinématographiques (jetez un coup d’œil à la troisième case de la page 49), Gastine nous offre des planches somptueuses. Il est très à l'aise dans les scènes nocturnes, assez nombreuses dans cette histoire. J'avoue avoir choisi l'édition grand format, en tirage de luxe pour admirer le dessin. J'attendais depuis plusieurs mois la sortie de cet album, après avoir découvert quelques planches sur certains sites, et mon attente a été à la hauteur de ce que j'espérais. Car ce one shot, il faut souligner qu'il s'agit d'un one-shot, est sublime. Jérôme Félix a l'habileté de nous offrir, derrière un début de scénario somme toute assez classique, souvent traité au cinéma (le déclin des cow-boys et l'émergence du chemin de fer) une histoire d'amitié, d'engagement qui va virer au cauchemar. J'ai déjà relu cet album deux fois tant cette histoire m'a enthousiasmé, et je vous invite à découvrir ce one-shot, qui, avec Les Indes fourbes sera à mon avis, un des meilleurs albums de cette année.

12/11/2019 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Mésaventures de Minouche
Les Mésaventures de Minouche

Personnage apparu dans les pages de "Récréation", supplément hebdomadaire du quotidien belge "La dernière heure", Minouche est un des tout premiers personnages créés par Greg, puisqu'il s'y anime de 1956 à 1958. Jamais publié en album, il faut attendre que les éditions Pan Pan s'en emparent pour créer cet album sorti en 2012. Reprenant l'édition originale de ces histoires, la qualité visuelle de l'album est parfois inégale, notamment à cause d'une colorisation pas toujours très performante. Il n'empêche que cela permet de goûter une petite rareté, témoin historique des premiers pas d'un futur génie de la bande dessinée. Bien évidemment, ici, rien d'absolument incontournable. Achille Talon, Olivier Rameau, Les As, Rock Derby ou Zig et Puce sont encore un peu loin, mais il n'empêche qu'on trouve déjà les germes de l'humour à la Greg. Certains gags sont ici certes bien trop sages, mais d'autres titillent déjà bien les zygomatiques. Dans un humour anticipant à la fois Boule et Bill, Modeste et Pompon ou César et Ernestine, Greg s'amuse à varier les gags dans un cadre urbain, jouant à la fois sur les relations familiales, amicales et de voisinage. Quelques idées originales montrent déjà le talent à venir du grand auteur dont on assiste ici à la naissance artistique. Au niveau du dessin, les fans de Greg n'y retrouveront pas leurs petits, tant on a du mal à cerner la patte pourtant si caractéristique qui se déploiera plus tard dans l'oeuvre de l'auteur-dessinateur. Il n'empêche que le dessin, très traditionnel, n'a rien de désagréable, et sa simplicité ne verse pas dans le simplisme, les jeux d'expression des personnages étant déjà bien présents. Bref, rien d'incontournable, sinon pour les fans de Greg qui veulent en découvrir plus sur un de leurs auteurs favoris. Malheureusement, le prix prohibitif de cet album issu d'un tirage limité (250 exemplaires) coupe un peu sa diffusion. Reste que l'amateur de raretés pour bédéphiles y trouvera son compte.

12/11/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Four color fear
Four color fear

Ce recueil d'histoires horrifiques est le témoignage d'une époque révolue. Bien avant l'arrivée du Comics Code Authority qui allait freiner ce genre de publications, voici 40 histoires conçues de la même façon que celles d'EC Comics et toutes en couleur. Leur particularité ? Celle de n'avoir jamais été publiées en France d'une part et d'être bien moins célèbres. Tirées des périodiques américains des années 50, on passe du mauvais à l'excellence en passant par le très bon. On y retrouve même certains dessinateurs reconnus chez les grosses maisons d'éditions comme Wally Wood ou Joe Kubert. Il y a effectivement de quoi boire et manger mais le résultat éditorial est impressionnant. Il ne s'agit en aucun cas d'un livre qui sera lu rapidement tant son contenu parait exhaustif. Il est également important de souligner que les 4 points de couleurs donnent un cachet séduisant à tous ces récits en plus de l'inspiration du titre de cette grosse anthologie. On y retrouve même des couvertures originales au milieu de l'album sur papier glacé et un dossier des plus intéressants à lire sur la conception de ces histoires à dormir debout qui faisaient le bonheur des gamins de l'époque. S'il est certain que la majorité des récits ne fera pas de l'ombre aux célèbres Tales from the crypt, Four Color Fear est un livre absolument IN-DIS-PEN-SA-BLE pour tous les amateurs du genre mais il semble difficilement trouvable de nos jours. C'est d'autant plus dommage que ces histoires d'outre-tombe ne demandent qu'à être exhumées pour notre plus grand plaisir.

11/11/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Rapport de Brodeck
Le Rapport de Brodeck

Adapter une œuvre d’un medium à un autre est souvent casse-gueule (combien de romans retranscrits en films ou séries télé déçoivent les fans ?). Les adaptations de romans en BD sont courantes (766 séries référencées sur le site au moment où j’écris ces lignes) mais l’exercice est difficile. Manu Larcenet réussit pour moi un sans-faute, et évite les pièges classiques (textes trop abondants et grosses coupures scénaristiques). Le dessin n’est pas « juste » magnifique, avec ce noir et blanc d’une précision remarquable, et ces scènes contemplatives d’une poésie rarement égalée. Non, ce qui est remarquable selon moi dans le dessin, c’est qu’il accomplit parfaitement son rôle dans l’adaptation : il capture le texte original, les descriptions, les émotions, et les retranscrit dans le medium de la BD : le dessin. Les regards et les silences en disent long, les paysages sont un personnage à part entière. Seuls les dialogues factuels ont été conservés, ce qui donne une narration légère et fluide. L’histoire de Philippe Claudel est sombre au possible, et parle de l’âme humaine, de la peur de l’autre, de la lâcheté face au danger… bref, vous voyez le tableau. Je suis ressorti de ma lecture bouleversé. « Le Rapport de Brodeck » est pour moi un diptyque parfait. Je me retrouve complètement incapable de justifier une note autre que 5/5… et je vois que je ne suis pas le seul.

11/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Notre Mère la Guerre
Notre Mère la Guerre

J’ai lu les quatre albums de la série – je m’aperçois juste en l’avisant que celle-ci a été complétée par un album « hors-série », que je n’ai donc pas lu. Mais les quatre albums forment une histoire complète (même si un petit doute peut persister à propos de certains points de l’intrigue). Et c’est avec grand plaisir que j’ai dévoré cette histoire. Qui n’est pas qu’une énième histoire de tranchées, sur la première guerre mondiale. En effet, si la boue, la fureur, la folie, la mort, la boucherie et l’horreur sont bien au rendez-vous, la guerre n’est ici parfois qu’un élément du décor. Ou devrais-je plutôt dire un personnage – central sans doute –, mais un personnage parmi d’autres. Car Kris développe au milieu de ce maelström une intrigue policière. Le personnage principal (et narrateur) étant un lieutenant de gendarmerie, enquêtant sur le meurtre de plusieurs femmes. Cela peut paraître incroyable (et d’un humour noir et cynique !) que l’on s’inquiète de la mort violente de 4 personnes, alors même qu’on en massacre des centaines de milliers au même moment et au même endroit, mais c’est hélas tout à fait crédible (voir "L’Obéissance", sur un sujet proche). Si Kris réussit parfaitement à retranscrire l’univers de cette guerre, il le fait tout aussi bien pour ce qui concerne l’enquête. Il sait en particulier très bien jouer de flash-back, pour peaufiner les diverses personnalités, mais aussi les liens qui unissent les divers protagonistes. La lecture est ainsi très fluide, et les rebondissements équilibrés, à la fois surprenants et « naturels ». Mais le succès de cette série est aussi dû au très beau dessin de Maël. Magnifique lorsqu’il s’agit de retranscrire le front et ses horreurs, mais aussi lorsqu’il s’agit de montrer les personnages, leurs émotions. Le seul bémol concerne les visages des femmes (un petit côté Hermann chez lui ?), pas vraiment jolis ! La conclusion est tout à fait raccord avec le fil rouge de ces albums, qui dénoncent l’horreur, mais aussi l’absurdité de cette guerre, en mettant en avant, si ce n’est des « gueules cassées », du moins des êtres brisés, broyés, pour des raisons oubliées, à oublier, des raisons que la raison aurait dû ignorer. A la fin, on peut même se demander si l’enquête véritable ne portait pas sur la guerre elle-même, si Kris ne nous entrainait pas dans la recherche du coupable non pas du meurtre de 4 femmes, mais de celui de 10 millions d’êtres humains ravalés au rang de compost par des Nivelle et autres fiers de comptoir ! Une série à redécouvrir !

11/11/2019 (modifier)