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Les Indes fourbes

Note: 3.86/5
(3.86/5 pour 14 avis)

Grand prix RTL de la bande dessinée 2019 Prix Landerneau BD 2019 Prix des libraires BD 2019 De l’ancien au Nouveau Monde, la fabuleuse épopée d’un vaurien en quête de fortune…


École européenne supérieure de l'image Grand prix RTL de la bande dessinée Les prix lecteurs BDTheque 2019 One-shots, le best-of

Vulgaire escroc de bas étage vivant dans le Madrid du XVIIe siècle, Pablos décide de quitter l'Espagne pour s'embarquer à destination des colonies. Il y découvre un Nouveau Monde où tout est possible, même s'élever sur l'échelle sociale... Changeant d'identité comme de lieu, Pablos devient tour à tour esclave, noble, explorateur, traître... Des geôles espagnoles aux sommets de la Cordillère des Andes en passant par les méandres de l'Amazone, il connaît la gloire et la misère dans une épopée grandiose. Son but ? Voyons, la mythique El Dorado, bien sûr !

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Août 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les notes (14)
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28/08/2019 | Josq
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L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà un album qui était attendu par beaucoup, eu égard au nom – voire au renom des auteurs, et au relatif battage entretenu autour de lui sur certains sites spécialisés depuis pas mal de temps. Tout ceci créant une attente qui ne doit pas déplaire à l’éditeur, mais qui engendre souvent une relative déception lorsque « l’objet » est enfin entre les mains du lecteur. En tout cas, force est de constater que Delcourt a mis les petits plats dans les grands, avec un très grand format, une chouette présentation (titre en relief), avec un marque page. Et un prix conséquent aussi. Mais en plus de la qualité de l’enveloppe, le cœur est quand même imposant, avec près de 160 pages. Comme à son habitude, Alain Ayroles joue d’un texte ciselé pour construire son histoire, texte relativement abondant, déclamé, en « direct » ou en flash-back », par le personnage principal, Pablos, truculent loser, qui cumule la quasi-totalité des défauts (il est voleur, lâche, velléitaire, malchanceux, arriviste, calculateur, amoral, menteur, etc.). Sa principale, voire sa seule qualité serait sa ténacité, son obstination, qui le maintient en vie et le fait rebondir (dans tous les sens du terme d’ailleurs) au gré des événements : un fétu de paille emporté par une histoire (voire l’Histoire) beaucoup trop grande pour lui, un grain de sable que l’on suit avec pitié et/ou amusement, jusqu’aux rebondissements finaux. Car les échecs de Pablos, sa résilience, ses mimiques plus ou moins pathétiques, sont souvent drôles. Et le dessin de Guarnido se révèle particulièrement en phase avec la trame d’Ayroles. Dessin quelque peu surprenant pour ceux qui ne connaissent que ses – excellents – personnages animaliers de Blacksad. Mais c'est un dessin que j’ai trouvé réussi, que ce soit pour les personnages, mais aussi pour les décors (historiques ou « naturels »), avec de très belles planches à l’occasion. Malgré l’importante pagination et le texte relativement abondant, j’ai lu assez vite cet album. Car Ayroles sait mener sa barque. Je regrette juste quelques longueurs, dans le deuxième chapitre et au tout début du troisième. Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est un album qui, s’il n’atteint pas forcément les sommets que m’avaient laissé entrevoir le battage qui l’avait précédé et certains commentaires, reste très plaisant à lire. On peut d’ailleurs ne le lire que comme le compte rendu du casse du siècle, avec un Pablos ressemblant un peu par certains côtés à un Keyser Söze du Siècle d’Or…

22/01/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Bon ba voilà, ça c'est lu ! Moi qui ai toujours tendance à y aller à reculons dès qu'il s'agit d'une BD qui fait l'unanimité, il faut avouer que cet album réalisé par deux auteurs dont le talent n'est plus à remettre en question, fait le boulot et de très belle manière ! Le scénario d'Ayroles épique à souhait nous embarque rapidement en suivant les frasques et mésaventures rocambolesques de don Pablos, jeune Espagnol issu d'une famille pauvre allergique au mot travail, mais loin d'être désintéressée par l'argent ; débrouille et embrouilles semble être la devise de la famille. Mais don Pablos n'entend pas subir sa condition et s'embarque donc pour les Indes afin d'essayer d'y trouver fortune. L'adage dit pourtant "l'important n'est pas le but mais le voyage", et là, côté voyage notre espingouin va être servi ! "Tomber de Charybde en Scylla" serait même l'expression la plus appropriée pour résumer son périple ! Don Pablos attire les emmerdes comme une merde fraiche les mouches. Mais notre bonhomme a de la ressource et sa persévérance lui vaudra une réussite certaine, je vous laisse le plaisir de découvrir tout cela sans trop en dévoiler. Côté dessin, c'est aussi très réussi. Qu'il s'agisse des scènes en mer, dans la jungle ou en montagne ou des décors et autres costumes d'époque Juanjo Guarnido sait y faire et retranscrire ces ambiances disparates grâce au talent de son coup de crayon et sa très belle mise en couleur. Le grand format de l'album met d'ailleurs parfaitement en valeur ses planches et son travail. Alors, ne faite pas comme moi et n'attendez pas trop longtemps avant de savourer un album qui mérite bien sa sélection au Fauve d'Or d'Angoulême de cette année !

09/01/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur gruizzli

J'avais de grandes attentes concernant cette BD, déjà avec le nom de l'auteur sur la couverture, vu la qualité des avis sur elle et surtout au vu du prix par rapport à l'objet (beaucoup l'ont souligné, et effectivement il semble un peu excessif même si c'est un bel objet). J'ai donc tenté de retarder un peu ma lecture, et pourtant lorsque je me suis plongé dedans, j'en suis ressorti émerveillé. Les Indes fourbes, c'est du pur roman picaresque en Bande-dessinée. Peu importe que l'on trouve cela peu crédible au final, c'est tout l'intérêt de cette BD : une histoire qui dépasse l'entendement et qui offre des séquences faisant rêver plutôt que d'être réalistes. Si on y adhère, l'aventure nous attend à bras ouverts. C'est mené avec brio tout du long, entre les différents chapitres (dont chacun apportera son lot de surprises) et le ton oscillant toujours entre l'humour et le sérieux. C'est une peinture (certes déformée) de cette époque pas si glorieuse que ça des Amériques. Avis aux amateurs de la phrase "c'était mieux avant", allez découvrir la vie qui était celle de ces pionniers faisant rêver aujourd'hui. Le racisme, la pauvreté, le génocide amérindien, la division en classes sociales si marquées, la destruction de cultures américaines ... On découvre une série d'horreurs en même temps que l'on rit de ce personnage principal si avide de richesse mais cherchant avant tout à sauver sa peau. Le mélange est suffisamment bien dosé pour que l'on ne sente pas le poids de tout ceci mais qu'il joue sur le récit pour donner un cadre à la fois réaliste (une bonne piqure de rappel dans un roman au tel ton) et de l'enjeu aux actions. Le personnage principal gagne en épaisseur alors que l'on découvre sa vie et les raisons de son comportement. Cela ne le rend jamais moral pour autant, pour notre plus grand bonheur. Et justement, l'humour est le centre de toute cette histoire : on rit de ce personnage, ses exactions mais également sa façon de louvoyer dans un monde impitoyable, pour toujours s'en sortir par une pirouette, un pied-de-nez et un coup dans le dos. Lâche, menteur, voleur, manipulateur, il accumule les défauts et semble pourtant sympathique d'un bout à l'autre. Alors même qu'il est odieux dès lors que l'on fait le compte de ses exactions. Mais quel plaisir jouissif de le voir nous raconter ses histoires à sa façon, sans trop d'artifices et porteur de sens sur la condition du monde. J'en parle depuis le début, mais je trouve que justement l'auteur a réussi l'exploit de faire à la fois une BD d'humour, une aventure rocambolesque, un récit construit en plusieurs facettes et également une critique de l'ordre social de ces époques qui transpire dans la plupart des scènes. Tout y passe, de la noblesse au bas-peuple en passant par le clergé, tout le monde en prend pour son grade. Et c'est justement cette représentation assez acide du monde qui donne tout son sel à ce personnage fourbe : il ne l'est jamais plus que le monde dans lequel il vit. Ayroles n'a pas son pareil pour faire une BD qui brasse un mélange des genres mais tenir aussi un propos cohérent et peut-être terriblement en phase avec l'actualité. Je m'extasie beaucoup sur le texte, mais j'ai trouvé que le dessin n'est largement pas en reste, avec ces décors magnifiques (la taille de la BD permet de ressentir tous les décors que l'auteur s'est fait suer à faire), ces personnages hauts en couleurs et ces cases parfois composées d'une façon surprenante (plusieurs cases m'ont impressionné par leurs compositions). Les planches sont réellement agréables à lire, et j'ai encore plusieurs visuels en tête après la lecture qui remonte à une semaine. Un excellent signe ! Et j'ajouterais que l'auteur réussit à faire passer beaucoup de choses (notamment niveau sentiment) via son dessin et ses cases. C'est un très bon support à ce genre de récit. Si vous en doutiez encore, j'ai adoré ma lecture, mais je n'ai pas poussé jusqu'au culte parce qu'il manquerait un petit rien, un tout petit plus pour que ce récit atteigne vraiment les sommets de la BD. En attendant, je le considère réellement comme un immanquable du genre. Ayroles me régale décidément à chaque BD que je lis, et j'ai hâte de découvrir la suite de ses créations. Si vous êtes encore passé à côté de cette BD encensée depuis le début d'année, je vous enjoins à vous précipiter pour la lire, elle en vaut réellement la peine.

07/01/2020 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur iannick

« Les Indes fourbes » ne pouvaient pas mieux tomber pour que je poste mon 900ème avis sur ce site de bédéphiles. En effet, après avoir lu ce gros pavé, ma réaction fut : « Purée, quel job ! ». Je me demandais ce que faisait Juanjo Guarnido depuis quelques années… La réponse est dans la réalisation des « Indes fourbes », une bande dessinée de 160 pages ( !), en collaboration avec Alain Ayrolles en tant que scénariste. « Les Indes fourbes » est une adaptation d’un récit d’aventures espagnol assez méconnu en France : « La vie de l'aventurier Don Pablos de Ségovie ». Ça se passe au XVIIème siècle à mi-cheval entre la péninsule ibérique et l’Amérique du Sud. Je ne voudrais pas en dire trop sur ce récit pour que vous gardiez l’effet de surprise en découvrant les (très) nombreuses péripéties de Pablo, le personnage principal de cette bande dessinée. Ce fut une histoire très intéressante à lire du fait du contexte de l’époque et aussi, parce qu’à travers les situations rocambolesques de Pablo, le lecteur ne pourra que mesurer à quel degré la folie des hommes peut atteindre ! J’ai été donc très emballé par cette bande dessinée, elle aurait pu être parmi mes panthéons du 9ème art s’il n’y avait eu cet épilogue qui –à mon avis- discrédite complètement l’histoire et qui ne m’est pas apparu utile. Il est clair que ma relecture de ce récit s’arrêtera avant ce dernier chapitre afin que je puisse en apprécier pleinement toutes ces qualités. Je ne vous ai pas encore parlé du coup de patte de Juanjo Guarnido, il est tout simplement exceptionnel ! L’apothéose de son travail est –à mon avis- atteint dans ce fameux passage muet et les vues panoramiques d’une extraordinaire beauté ! « Les Indes fourbes » est une bande dessinée assez chère à acquérir mais ce coût m’est apparu amplement justifié par le grand plaisir de lecture qu’elle m’a procuré. Cela fait longtemps que je n’avais pas feuilleté un tel ouvrage scénaristiquement et graphiquement exceptionnel. Dommage que l’épilogue (qui n’apporte pas grand chose à la compréhension de l’histoire) des « Indes fourbes » m’a un peu gâché ce feuilletage mais au moins, je saurai désormais m’arrêter avant ce chapitre. Mon coup de cœur de l’année 2019 !

19/12/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

3.5 J'ai enfin pu lire cette bande dessinée qui fait sans aucun doute partie des albums les plus populaires de la rentrée 2019. Globalement, j'ai bien aimé ma lecture, car je m'attendais à mieux au vu des avis que j'ai lus ici et un peu partout sur les sites de BD. Mes attentes étaient peut-être un peu trop élevées. Même si je ne crie pas au chef d'oeuvre comme plusieurs, j'ai trouvé que c'était un bon récit....la plupart du temps. Car oui, durant deux moments de ma lecture, je me suis un peu ennuyé. Le livre est divisé en trois parties. La première partie est pas mal, mais un peu longue et vers les dernières pages de ce chapitre, je me demandais quand est-ce qu'on allait passer à autre chose. Heureusement, le second chapitre est vraiment excellent. Le récit est captivant de la première à la dernière page et à ce moment j'étais presque prêt à mettre 5 étoiles...et puis la troisième partie arrive et c'est le chapitre le moins intéressant du livre. Mon intérêt a donc baissé au fil que je le lisais et franchement je trouve que la fin est mauvaise. Elle s'étire et je trouve que c'était un peu n'importe quoi. Bref, après m'avoir captivé durant une bonne centaine de pages, le récit finit en eau de boudin. Du coup je ne sais même pas quelle note donner parce que si j'ai bien aimé sur la majorité de l'album, ce dernier chapitre gâche tout. Je vais tout de même donner 4 étoiles parce que les parties que j'ai aimées sont vraiment extraordinaires, mais je conseille surtout un emprunt à la bibliothèque pour ce faire une idée avant un achat vu que le livre est cher. Ah oui j'ai oublié de parler du dessin. Il est très beau et dynamique, mais pour je ne sais quelle raison j'ai trouvé que le trait de Guarnido était plus beau dans Blacksad. Peut-être que je préfère le voir dessiner des animaux et non des humains...

17/11/2019 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
L'avatar du posteur pol

Voilà un album que j'avais repéré il y a déjà un bon moment, avant même sa sortie. Forcément le nom des 2 auteurs sur la couverture avait hautement retenu mon attention. Et puis à sa sortie, lorsque j'ai vu que mon libraire me demandait 35 euros pour cet album, j'ai décidé de différer un peu mon achat et d'attendre quelques retours avant de franchir le pas. Au vu des bonnes critiques ici même j'ai donc craqué. L'album est découpé en 3 chapitres. Le premier nous raconte les nombreuses pérégrinations de Don Pablos, fraîchement débarqué aux Indes (en Amérique donc). On a droit au récit très détaillé de toutes ses (mes)aventures : comment il s'est retrouvé chassé, enfermé, sans le sou, sans espoir, comment celui-ci est revenu avec la perspective de découvrir un trésor, comment il s'est re-retrouvé pourchassé, battu, enfermé, en vadrouille, etc... Bref j'avoue ne pas avoir été passionné par ce premier chapitre. Visuellement c'est très sympa, mais on va dire que je n'ai pas reçu la claque que m'avaient donnée les premiers Blacksad. Scénaristiquement ça fonctionne, c'est bien écrit c'est sûr, mais on est loin du phrasé génial de De Cape et de Crocs. J'ai trouvé que ce premier chapitre s'étirait en longueur et que certains aspects des aventures de notre héros tournaient en rond. Le deuxième chapitre repose sur une pirouette super efficace qui vient chambouler notre perception de cette histoire. Et là je dis oui ! Ayrolles nous donne enfin un peu de surprise. On comprend la nécessité de certaines scènes du premier chapitre. Le puzzle se met en place et c'est fort agréable. Le troisième chapitre fonctionne lui aussi sur une pirouette, plus grosse et moins surprenante que la précédente. La deuxième moitié de l'album se révèle donc bien plus prenante et intéressante que la première (et c'est plus appréciable que l'inverse lorsqu'on nous a mis en appétit et que le soufflé retombe trop tôt). Au final du bon et du moins bon. Après avoir eu du mal à rentrer dans cette histoire, j'ai bien apprécié la tournure des événements. Je suis plutôt content de mon achat... même si avec les 35 euros de mon amende de stationnement l'album m'est revenu fort cher :)

30/09/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

Il est des bd qui marquent car elles sont le fruit d’une association unique comme on en fait peu. Nous avons en effet le dessinateur de Blacksad avec le scénariste de la série bien aimée De Cape et de Crocs. J’avoue que le résultat est magnifique tant au niveau du scénario assez élaboré qu’au niveau du dessin qui est somptueux. C’est une bd fort ambitieuse mais qui tient une bonne partie des promesses. Il y a un livre d’origine « La vie de l'Aventurier Don Pablos de Ségovie » qui se passait en Espagne alors que cette suite se passe sur le continent américain. Le titre « Les Indes fourbes » est alors un peu trompeur mais c’est l’effet recherché. On va plutôt partir à la recherche de l’Eldorado mythique avec une fripouille sympathique. C’est parfois assez amoral mais bon. A retenir le commandement : tu ne travailleras point. Le dessin de Juanjo Guarnido est parfaitement maîtrisé. Il n’y a rien à jeter car tout est parfaitement maîtrisé. C’est du grand art. Nous avons là l’un des plus grands dessinateurs de la bd actuelle et il le prouve encore par cette nouvelle œuvre. Le travail de mise en aquarelle est également magnifique. De l’aventure, de l’humour, de l’action, de la bassesse et de la grandeur humaine. Cet album est un concentré de bonheur sur un ton savoureux. C’est d’ailleurs un récit plein de vie et de surprises avec de bonnes trouvailles. Il est vrai que le final est assez étonnant. Cet album est évidemment un indispensable à acquérir pour tout bédéphile qui se respecte. Nul doute qu’il fera date. En tout cas, c’est un immense plaisir de lecture.

30/09/2019 (modifier)

Cette rencontre entre Ayroles, scénariste entre autres de De Cape et de Crocs et de Garulfo, et Guarnido, dessinateur surtout connu pour Blacksad, était attendue par beaucoup quand les premières infos sur ce projet sont sorties. Personnellement, j'attendais principalement cette BD pour lire un nouvel album d'Ayroles, dont les livres antérieurs m'ont majoritairement enchanté. Je n'ai en revanche jamais été béat d'admiration devant le style de Guarnido. Ici, force est de constater qu'il fait le boulot, il maîtrise bien sa peinture, mais voilà, pas de quoi sauter au plafond non plus, d'autant plus qu'il y a quelques ratés, comme la couverture, par exemple. Venons-en donc à l'histoire. Elle m'a déçu. Le livre est découpé en trois parties, avec deux "rebondissements" majeurs au début de la deuxième et à la fin de la troisième. Je parle de rebondissements entre guillemets car j'ai vu venir les deux. À dix pages de la fin de la première partie pour le premier et dès le début du livre pour le second. Il faut dire que les indices sont quand même énormes. C'est déjà un mauvais point. Le problème est que toute l'histoire repose entièrement sur ces deux rebondissements et qu'au-delà de cela, il n'y a quasiment rien à se mettre sous la dent, à part le verbe du scénariste que l'on a connu plus truculent. De plus, la première partie est vraiment trop longue vu son utilité réelle et la troisième est franchement tordue et alambiquée : l'auteur a voulu faire mine que son intrigue est à tiroirs sauf que c'est trop gros, on n'y croit pas, ce n'est même pas un tantinet drôle et les allers-retours à faire pour recoller les morceaux deviennent franchement pénibles une fois que l'ennui a pris le dessus. On attend désespérément une étincelle qui ferait qu'on se dise soudain que cette BD est géniale mais jamais elle ne jaillit. Bref, c'est un véritable ratage de la part d'Ayroles, et même son plus gros, vu que de ratés dans son œuvre jusqu'à présent il n'y avait à mon sens que les tomes 5 et 6 de De Cape et de Crocs. Une vraie débâcle.

24/09/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Et bien messieurs qu'ajouter de plus à vos commentaires dithyrambiques. Je tiens à préciser que je suis un des rares posteurs de ce site qui n'est pas été emballé tant que cela par le scénario de De Cape et de Crocs, par contre le travail de Juanjo Guarnido sur Blacksad holà mes aïeux!!. C'est donc dire que je n'avais pas une attente si grande que cela. Énorme BD d'esprit picaresque qui cavale à un rythme endiablée, c'est véritablement du grand art, cela a évoqué pour moi certains récits de A. Perez Reverte et dans un tout autre style des romans de Jack Vance, "Cugel l'astucieux" par exemple. Pas de quoi révolutionner le genre, en cause pour moi un dessin que je trouve "moins bon " que sur Blacksad mais une belle aventure fort bien troussée qui donne envie de lire.

21/09/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ro

Alain Ayroles (De Cape et de Crocs) au scénario et Juanjo Guarnido (Blacksad) au dessin, ça ressemble à une association de rêve ! Je pouvais difficilement passer à côté. Physiquement, Les Indes Fourbes est un beau gros bouquin. Il ne paie pas de mine mais il fait tout de même 160 pages et quand on voit la qualité du dessin de chaque planche, c'est vraiment un très bel ouvrage ! Car le dessin de Guarnido y est superbe. En début de lecture, je me faisais la réflexion qu'il était ici un peu moins époustouflant que sur Blacksad mais plus les pages passaient plus j'étais soufflé par la constance de l'excellence du dessin et de la peinture, et plus j'étais épaté qu'il ait pu ainsi nous offrir autant de planches toutes aussi belles et travaillées. Pour l'histoire également, sur le premier tiers de l'album, j'étais un petit peu déçu car je m'attendais à un scénario et des dialogues du niveau de De Cape et de Crocs et je me retrouvais face à une sorte de fable d'aventure picaresque à la manière des romans du 16e et 17e siècle où les péripéties s’enchaînent comme autant de saynètes épisodiques qu'on finit un peu par oublier et mélanger tant elles s’enchaînent les unes après les autres. Mais c'est arrivé en fin du premier chapitre que j'ai constaté que c'était voulu. Et même si je m'attendais fortement au retournement de situation du second chapitre, j'ai véritablement adoré la manière dont il fut mis en scène. Et à partir de là, je me suis mis à profondément apprécier ma lecture et le déroulé de son intrigue. La fin, ceci dit, m'a paru un petit peu tirée par les cheveux, l'aventure amusante finissant par tourner un peu plus à la véritable farce, mais ça reste dans la même idée et ça reste toujours plutôt drôle. J'en retiens un vraiment bel album, que je prendrais plaisir à rouvrir, à admirer et très probablement à relire !

19/09/2019 (modifier)