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Les derniers avis (6998 avis)

Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Suzette ou le grand amour
Suzette ou le grand amour

Quel plaisir de retrouver un nouvel album de Fabien Toulmé. C'est peu de dire que j'ai été marqué par ses précédents ouvrages, Ce n'est pas toi que j'attendais qui parle de l'arrivée dans son foyer d'un enfant trisomique et L'Odyssée d'Hakim un récit bouleversant sur les migrants. Avec l'histoire de Suzette, il délaisse les récits réalistes pour nous livrer une fiction sur la thématique de l'amour, et notamment l'amour chez les personnes âgées. Si c'est un petit moins fort que ces albums documentaire-réalistes, la barre était tellement haute, il nous propose quand même une très belle histoire, très plaisante à lire. Noémie une jeune fille dans la vingtaine est très proche de sa grand mère, Suzette, octogénaire, qui vient de perdre son mari après une existence entière de vie commune. Les deux femmes, extrêmement complices vont partager ce deuil, échanger sur les sentiments notamment ceux de la grand mère. La relation de ses grands parents a été idéalisée par la jeune femme. Et lorsqu'elle le réalise, elle se met en tête d'aider son aïeule à retrouver son premier amour, perdu de vue depuis 60 ans. Même si il y a de petites facilités par ci par là (l'aisance avec laquelle on peut plonger des rochers à 80 ans pour aller pécher des oursins en apnée est impressionnante), mais c'est anecdotique. C'est brillamment raconté, Fabien Toulmé est un conteur exceptionnel, du coup on fonce avec lui dans cette histoire. C'est tellement facile à lire, on ne voit pas passer les 340 pages de l'histoire. Les confidences échangées entre la jeune femme et sa grand mère sont l'occasion de se poser quelques questions sur le grand amour et sur la difficulté de refaire sa vie si âgée. Ne serait ce que de simplement envisager cette possibilité. Est il encore possible d'aspirer à l'amour et au bonheur ? Il y aura aussi un parallèle interessant avec l'histoire de Noémie et son copain un peu immature qui a du mal à s'engager. C'est autant un album qui fait réfléchir à tout ça, qu'un album divertissant. Le dessin est une nouvelle fois une réussite totale pour donner une ambiance joviale au récit, malgré un sujet à priori dur, ce livre respire la bonne humeur. Une nouvelle réussite signée Fabien Toulmé qui est décidément un auteur qui me touche à chacun de ses livres.

12/06/2021 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Tentation (dynamite)
La Tentation (dynamite)

J'ai découvert Axel avec Une femme fidèle parue très récemment. A la lecture de ce dernier, j'ai eu envie de connaitre les autres livres d'Axel, un auteur assez surprenant. Certains m'ont conseillé La Tentation, et j'avoue de pas avoir été déçu par ce choix judicieux. On a pour habitude d'associer la bd porno à des pochades (comme le tout récent "Clémentine à la plage" d'Igor et Boccère), ou encore à des histoires courtes humoristiques ( la série des "Giovanna"), voire des adaptions de romans ou nouvelles (La Pharmacienne d'Igor & Boccère, ou Les 110 Pilules de Magnus), mais là, Axel arrive à nous livrer une histoire plausible, avec des personnages qui sont très éloignés des bimbos ou des Apollons . C'est ce côté réaliste qui donne à cette histoire le rang d'une véritable scène de la vie conjugale. Les personnages sont crédibles, on ressent même une certaine empathie avec ce couple de cinquantenaire, qui part à la dérive suite à des jeux érotiques dangereux. Outre les scènes de sexe très crues et très explicites, mais nullement gratuites, Axel a un véritable don pour camper une atmosphère. On sent le soleil, la mer et la chaleur à travers les pages. Son dessin est vraiment lumineux sur cet opus. J'ai lu ces 64 pages avec délectation, regrettant juste que la fin de l'album n'appelle pas un tome 2, tant le lecteur est plongé dans la vie de ce couple, Gérard et Françoise. Une bande dessinée de cul émouvante, touchante, ce qui n'est pas donné à tous les livres du genre dite pour adultes. Une des meilleures bd porno que j'ai lu depuis pas mal de temps

10/06/2021 (modifier)
Par montane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Banquier du Reich
Le Banquier du Reich

J'avais déjà lu Kersten, médecin d'Himmler chez Glénat, qui racontait déjà l'histoire d'un homme de l'ombre de la seconde guerre mondial. Un personnage qui a gravité dans l'entourage du 3e Reich, sans être lui-même accusé d'avoir collaboré avec le régime Nazi. Il en va de même avec cette remarquable histoire en 2 tomes parus chez Glénat qui n'avait pas fait l'objet de critiques jusqu'à ce jour. Après la première guerre mondiale, l'Allemagne est à genoux économiquement. Le traité de Versailles lui impose en effet de payer aux alliés des dommages de guerre conséquents, qui empêchent tout redémarrage économique. Le régime Nazi, dont on connait aujourd'hui les funestes projets, souhaite desserrer ce carcan économique, sans trop alerter les puissances alliées sur son funeste projet. Pour ce faire, il va alors solliciter un de ses plus brillants économistes, Président de la Deutsche Bank, pour négocier avec les puissances alliées un allégement de ces contraintes. C'est ce qu'il parviendra à faire, sans éveiller les soupçons grâce à ses talents d'économistes et de négociateur. De ce fait ce sympathisant du régime Nazi resté dans l'ombre va contribuer bien malgré lui au financement de l'effort de guerre Nazi, et donc à la mise en place de la "solution finale". Certes il ne cautionnera jamais les atrocités du régime et s'en écartera progressivement jusqu'à être démis de ses fonctions de grand argentier du Reich. Il n'en demeure pas moins qu'il sera malgré tout jugé et acquitté à Nuremberg. Dans 2 tomes de plus de 100 pages, les auteurs nous retracent dans un récit de style très classique cette passionnante histoire qui ravira les amateurs du genre. Le dessin, très classique lui aussi, renvoie à un style très en vogue dans la BD Franco-Belge des années 50/60. Le trait est précis, mais un peu figé comme pouvait l'être celui d'un Jacques Martin ou d'un Gilles Chaillet. Néanmoins, cela ne lui en rien au plaisir de la lecture de cette ouvre qui reste une vraie réussite.

10/06/2021 (modifier)
Couverture de la série La Patrie des frères Werner
La Patrie des frères Werner

La Patrie des frères Werner est une fiction qui s’enchâsse dans le fil de l’Histoire avec une telle plausibilité que je me suis longuement demandé où s’arrêtaient les faits véridiques et où commençaient les faits inventés. Le match au centre du récit a bien entendu eu lieu et, dans le dossier fouillé offert en fin d’album, plusieurs faits évoqués sont reprécisés (dont une malle qui devait permettre de rapatrier en toute discrétion tout Est-Allemand candidat à la fuite vers l’Ouest vers sa mère patrie). Par contre, ces frères et leur destin sont pures fictions. Et découvrir ce fait m’a finalement quelque peu frustré tant j’ai aimé leur histoire. Ceci dit ! Ceci dit, j’ai adoré ma lecture. L’aspect historique et le contexte politique et sportif, déjà, font partie des sujets qui naturellement m’attirent. Ensuite vient la relation entre ces deux frères, l’endoctrinement, les convictions, les aspirations –soit ce qui doucement va les séparer- les épreuves traversées ensemble, la solidarité, le soutien fraternel –soit ce qui les lie par-dessus tout- sont autant d’éléments qui nourrissent ce récit, rendant cette relation forte et poignante. Et comme j’ai bien aimé le dessin (personnages bien typés, décors riches et soignés, lisibilité jamais prise en défaut) et sa colorisation monochrome (qui simplifie encore la lisibilité de l’album), je ressors de ma lecture ravi. Il s’agit donc à mes yeux d’un très bon récit où les sentiments fraternels qui unissent les frères Werner s’opposent à leurs convictions idéologiques, reflet de ces deux Allemagnes de 1974, frères ennemis d’une coupe du monde historique.

08/06/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tout ou rien
Tout ou rien

Avant toute chose sachez que les éditions Nada- Editions ne publient que des essais ou des récits ayant trait à la critique et à l’histoire sociale, à la littérature et aux arts. La question sociale, l’émancipation, les marginalités, les contre-cultures sont autant de thématiques qui sous-tendent sa ligne éditoriale. Aucune surprise donc de découvrir le parcours de vie dessiné de l’auteur. Une autobiographie touchante, émouvante et un brin désarmante. Nous suivons ainsi le chemin quelques fois tortueux de Thierry Guitard depuis son enfance jusqu’à ses 19 ans quand il est condamné à de la prison ferme. Ce garnement vit dans une cité de la région parisienne. C’est son univers. Entre les tragédies qui vont ponctuer son adolescente, ses difficultés scolaires, ses premiers larcins, la découverte de la drogue et de la musique psychédélique des punks, le jeune chenapan progresse dans la délinquance pour survivre et pour subvenir aux besoins de sa familles. La spirale est infernale. Et pourtant Thierry Guitard a déjà un rêve de dingue ! Malgré toutes les difficultés, il veut être dessinateur. Et vous savez quoi. Je crois bien que le garçon a réussi à réaliser son rêve ! La colère est en lui. Il est déterminé. Peu importe les obstacles. Il ne renoncera jamais. Son destin n’est pas écrit. Il n’est pas prédestiné à tomber dans la grande délinquance et à faire des allers et retours en prison. Il veut, il va s en sortir. Son crayon sera son salut. Belle histoire optimiste. La rudesse de son quotidien ne vient pas altérer son enthousiasme. Thierry Guitard ne tombe pas dans les clichés avec son album. Son histoire est d’une banalité affligeante tout compte fait, mais terriblement fascinante. Notre justice n’est pas la plus conciliante et juge souvent en ne prenant pas assez en compte le parcours de ses concitoyens brinquebalés entre un système scolaire non adapté et une vie sociale réduite à peau de chagrin. Le graphisme est un peu particulier. Peut-être un trait un peu gras. La colorisation par contre est magnifique. Peu de couleurs utilisées. Les nuances ne sont pas de mise. Au final c’est vraiment bien. On peut saluer et applaudir des deux mains le travail de ce dessinateur autodidacte. Un album qui ne se lit pas en coup de vent. Prenez votre temps. Par contre difficile de le lâcher avant la fin. Je vous invite chaudement à découvrir Thierry Guitard.

07/06/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman Arkham
Batman Arkham

Mon avis concerne pour l'instant les albums Double Face et Poison Ivy. Je vais éditer mon avis lorsque j'aurai tous les albums. J'attendais de pouvoir lire cette nouvelle série d'anthologie d'Urban Comics car je suis un grand fan de l'univers de Batman et une des raisons est que j'adore les méchants de Batman. Donc le principe que 6 d'entre eux vont recevoir une anthologie alors que pendant des années seul le Joker en avait une m'excite beaucoup ! Pour l'instant, la qualité des histoires choisies est globalement très bonne. J'ai une préférence pour celle de Double Face parce que non seulement je l'aime mieux que Poison Ivy, mais aussi parce qu'il y a des comics de toutes les époques alors que pour Poison Ivy on passe de sa première apparition en 1966 à la fin des années 80. C'est vrai qu'elle était une méchante mineure pendant longtemps, mais j'aurais bien aimé qu'on inclut l'histoire la mettant en vedette durant le run de Gerry Conway du début des années 80. Et je regarde la liste des histoires prévues pour le Pingouin sur le site de l'éditeur, il y a aucune histoire parue lors de l'ère de bronze alors qu'il y a pratiquement toutes ses apparitions majeures de la fin des années 80 au début des années 90 ! Un autre truc est que dans Joker Anthologie il y avait du rédactionnel qui accompagnait chaque récit alors qu'ici il y a juste une introduction en début d'album qui explique l'évolution des personnages et c'est tout. Malgré mes critiques, c'est pour l'instant une très belle collection. Evidemment, pour un type qui a lu pleines d'histoires de Batman, il y aura toujours l'aspect « j'aurais voulu qu'on mettre cette histoire à la place de celle-ci », mais ce sont de bons albums si on veut mieux découvrir un méchant. Il faut bien sûr ne pas être allergique à certains aspects des histoires de super-héros, surtout pour les histoires anciennes. Ce sont aussi des histoires généralement inédites en albums en français et ça fait du bien de lire autre chose que les vieux classiques qui se sont réimprimés encore et encore.

07/06/2021 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Réfugiés climatiques & castagnettes
Réfugiés climatiques & castagnettes

Le pitch de cette montée des eaux sur le sud de l'Europe est finalement assez réaliste, même si le délai n'est pas facile à mesurer (mais après l'épisode "covid", on ne pourra plus jurer de rien, ma bonne dame !) et que les réfugiés pourraient aussi venir du nord. La question de devoir accueillir des étrangers chez soi pourrait se poser, à plus ou moins brève échéance ; donc cette mise en situation m'a paru assez intéressante, et pas si gratuite que ça. On s'identifie facilement à ces bourgeois parisiens qui se voient obligés d'ouvrir leur intérieur douillet à des inconnus qui ne parlent pas leur langue. Le point de vue reste humoristique, comme d'habitude chez Ratte, et je lève mon chapeau devant la justesse de ses personnages, même dans la rigolade. Il a une habileté particulière pour saisir les caractères, les liens entre les personnes, les carcans sociaux, les niveaux de langage des différents milieux et générations. C'est un auteur tout terrain qui excelle par la physionomie de ses personnages (dessin vigoureux) et la drôlerie de ses dialogues (langue parlée très actuelle). Pour mémoire : Le voyage des pères (réinterprétation biblique) ou Mamada, (aventure surnaturelle au temps du tourisme de masse) Il s'essaye ici au scénario d'anticipation. Bref cela m'est très sympathique, mais... La rançon du succès de Ratte, c'est que les éditeurs cherchent à allonger les histoires pour s'assurer des revenus. Comme pour Mamada, je pense qu'on l'a poussé à la production d'un tome supplémentaire, du coup ça sent les pages à rallonges, avec des grandes cases muettes qui n'ont rien à faire dans une BD d'humour où le rythme est capital. Par ailleurs, le format un peu plus grand que nécessaire, 24/32cm ajoute à ce sentiment de vacuité, par moments. Donc messieurs (dames ?) les éditeurs un peu de respect : l'humour, ça ne se délaye pas.

06/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Et si l'amour c'était aimer ?
Et si l'amour c'était aimer ?

Mais à quelle force maléfique, quelle fée obscure, quel dieu oublié, quel grand ancien Fabcaro a-t-il donc sacrifié pour obtenir la recette magique du fou rire ?! La recette est la même qu'un Moins qu'hier (plus que demain) et qu'un Zaï Zaï Zaï Zaï, et pourtant ça marche ! Humour décalé, incongru, saugrenu, absurde, voire même parfois complètement con, le lecteur impuissant sera l'esclave spectateur de ses zygomatiques irrésistiblement contractés, et son rire incontrôlable résonnera comme un appel au secours face à cette terrible malédiction. Les situations ubuesques (et décalées, incongrues, saugrenues, absurdes, voire même parfois complètement cons) s'enchaînent implacabement. La facilité apparente avec laquelle elles sont écrites masque une jolie complexité dans le domaine du pince sans rire. Le dessin y est pour beaucoup, volontairement figé, et avec le sérieux des personnages, entrant en totale contradiction avec le burlesque, le ridicule des situations, il se révèle un puissant moteur de cet humour ravageur. Un excellent cru que cet album, et un très bon outil de musculation pour vos abdominaux.

06/06/2021 (modifier)
Couverture de la série Beauté
Beauté

Très belle histoire, Beauté nous raconte l'histoire de Morue, fille outrageusement laide et maltraitée par sa marraine qui en a fait une souillon. Croisant le chemin d'une fée à qui elle rend involontairement service, elle reçoit en récompense la beauté qu'elle désire tant. Plus précisément l'apparence de la beauté. Une beauté telle qu'elle surpasse celle de toutes les autres femmes. Bien évidemment, un tel don est à double tranchant, et son excès s'avère rapidement relever plus de la malédiction. Sans compter que Morue, désormais appelée Beauté, n'est pas devenue plus intelligente pour autant, ce qui ne l'aidera donc guère, et ne contribuera pas particulièrement à son bonheur. Cette histoire utilise avec brio les notions de beauté, d'intelligence, de bonheur, de bénédiction qui n'en n'est pas vraiment une et, reprenant tous les codes des contes de fée, va plus loin en montrant le côté obscur de ces fées et leurs intentions propres. Conservant tous les codes du conte avec ses aspects simplificateurs et ses portées morales, Beauté est aussi sombre, dur, cruel, et se révèle pourtant assez complexe et subtil dans ses ramifications - parfois à peine effleurées - et les thèmes qu'il explore. Dénué de manichéisme, cette histoire a été jusqu'à me rappeler Phénix - L'oiseau de feu de Tezuka. Malgré quelques longueurs parfois, toute l'histoire se déroule implacablement, et je n'ai quant à moi pu poser ces albums qu'après les avoir finis.

06/06/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Brooklyn Dreams
Brooklyn Dreams

C’est typiquement le genre de roman graphique que j’affectionne tant en termes de contenu que de dessin. J’ai tout d’abord savouré la façon dont John Marc DeMatteis introduit son témoignage autobiographique, en philosophant sur le degré limité de vérité que nous réussissons à transmettre, notre perception humaine étant imparfaite. Une fois cette précaution liminaire prise, il se lance dans un récit introspectif, frisant parfois la psychanalyse, pas une démarche purement mentale, mais quelque chose de beaucoup plus vivant, de son enfance jusqu’à son année de terminale. C’est admirablement réalisé, via la superposition de 2 codes graphiques distincts, d’une part un narrateur adulte crayonné ou en aquarelle sombre quelque peu brumeuse, et d’autre part un dessin plus classique ligne claire représentant son enfance, sa vie qui défile. Ces 2 frises s’enchevêtrent de façon subtile et pertinente, l’adulte portant un regard que l’on ressent compréhensif, bienveillant, sur le jeune en souffrance qu’il était alors. L’adulte est d’ailleurs parfois seul dans le noir, assis ou dans une posture pouvant suggérer qu’il est en train de suivre une psychanalyse. J’ai adoré la profondeur et la richesse de cette histoire : toute l’évolution psychique du jeune John Marc DeMatteis, de par les cahots de sa vie, ses expériences notamment psychotropes, ses passions solitaires, ses rencontres déterminantes, ses premiers émois amoureux puis surtout son questionnement mystique et existentiel. Il évoque aussi les 15 années qu’il lui a fallu pour guérir ses souffrances intérieures, ce qui pourrait faire l’objet d’un nouveau roman graphique. Niveau dessin, c’est un superbe noir & blanc, il y a du Eisner dans la façon dont Glenn Barr croque les travers familiaux, c’est jubilatoire, cela m’a rappelé Affaires de famille (Une affaire de famille). Son dessin me fait aussi penser à l’argentin Eduardo Risso, que j’apprécie beaucoup, notamment pour la réalisation de la couverture. J’espère ardemment que l’auteur nous offrira une suite à ce premier opus !

06/06/2021 (modifier)