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Les derniers avis (6998 avis)

Couverture de la série Nez de Cuir
Nez de Cuir

Il s'agit d'une adaptation du roman le plus célèbre de Jean de La Varende, publié en 1936 et qui fut un beau succès. Auteur peu connu, La Varende fut l'écrivain du terroir normand, un royaliste et un catholique qui passa toute sa vie dans ses propriétés normandes, celles du Pays d'Ouche (actuel département de l'Eure), racontant dans ses romans l'histoire de ses ancêtres, des gentilhommes à l'orgueil disparu, à la sensualité brutale et à l'intrépidité au service des souverains. Dufaux signe une très belle adaptation, d'une grande fidèlité dans le style et l'esprit, au point de reprendre des dialogues entiers et des passages dans un style un peu ampoulé et des tournures de phrases d'un autre temps, en respectant la qualité du texte, dans une narration joliment poétique, empreinte de mélancolie. Il y a pas mal de textes récitatifs, mais ça se lit avec plaisir, c'est une adaptation fidèle d'un univers romantico-historique où à travers le héros, Dufaux brosse un tableau sociétal très réussi du terroir normand et des nobles qui y vivaient autour des années 1815-1820. J'avais lu ce roman il y a bien longtemps, je m'y suis rapidement replongé dedans et j'y ai retrouvé l'atmosphère décrite fidèlement. Le personnage de Roger de Tainchebray n'est pas particulièrement sympathique, aucun personnage n'est attachant, mais on peut toutefois s'intéresser à son sort, car toute sa vie va être vouée à une longue souffrance intérieure, et pour oublier son traumatisme d'une guerre qui l'a défiguré, il va multiplier les conquêtes galantes. Sa prestance, son audace, son regard bleu intense resplendissent sur un fond de tristesse, il a de la classe. Son malheur va s'amplifier lorsqu'il tombe amoureux de Judith de Rieusses, seule femme qui lui résiste. A première vue, ça sent le mélo à plein nez me direz-vous ? mais c'est beaucoup plus subtil que ça, c'est une belle Bd, dont l'esprit à l'ancienne a été bien capté par les auteurs, cependant les personnages sont intemporels, ce genre d'histoire pourrait se produire aussi de nos jours suite à un accident. L'autre atout en plus d'une narration et d'une écriture de qualité, est graphique, et ici Terpant livre de très belles planches avec des images superbes de paysages campagnards, de chasse en forêt, de châteaux dans la nuit (notamment le château de Beaumesnil qui existe vraiment dans l'Eure), son dessin bien qu'un peu raide par endroits, est raffiné, élégant et enjolive le décor rustique et champêtre qui domine dans cette histoire qui voit l'union de deux grands auteurs de BD. A noter que La Varende s'est inspiré de son arrière grand-père qui a réellement été défiguré sur un champ de bataille de l'Empire, il s'est servi de ses lettres pour échafauder son roman ; celui-ci a fait l'objet d'un film romanesque en 1951 avec Jean Marais dans le rôle-titre.

29/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Indeh
Indeh

Longtemps, le génocide dont ont été victimes les tribus amérindiennes a été nié, enseveli sous la propagande hollywoodienne au XXème siècle, après l’avoir été par la presse et les politiciens et autres militaires en mal d’exploits faciles au siècle précédent. Cet album a le mérite de rappeler les faits, qui sont aussi têtus qu’horribles, et surtout de le faire du point de vue apache, ce qui n’est pas courant. Alors, autour des figures connues des différents groupes (Cochise, Geronimo, Mangas Coloradas), nous suivons la rapide extermination de ce peuple, avec généralement un fil conducteur : la rapacité des « Blancs », et leur mauvaise foi. Le racisme, la soif de l’or ou de gloire, etc, et plus généralement la confrontation entre deux façons trop différentes de penser la terre, la propriété, de penser tout court, et l’écart immense des capacités militaires de chacun amènent l’inéluctable fin de ces groupes qui ne sont pourtant pas des enfants de cœur (rien de manichéen ici). C’est un récit triste (je connais bien le sujet, mais je ne peux m’empêcher de le « redécouvrir » avec douleur). C’est un récit triste, mais aussi traité avec beaucoup d’égard, d’une réelle beauté. En effet, le dessin, jouant sur des tons de cendres parfaitement adaptés à ce brasier qui s’éteint, est superbe (très bon techniquement en plus). On a l’impression de traverser un rêve/cauchemar, et de ne jamais sortir du brouillard. A noter que le livre s’arrête au moment de la reddition, de l’arrêt des « combats », et que l’ethnocide va se poursuivre, les réserves mouroirs s’accompagnant de la « rééducation » des enfants apaches dans des « écoles ». En tout cas, ceux que le sujet (relations entre Apaches et Blancs, histoire des guerres les opposant) intéresse et qui maitrisent la langue anglaise trouveront en fin de volume une imposante bibliographie.

28/05/2021 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Vision de Bacchus
La Vision de Bacchus

Dans mes lectures récentes, cette BD est une de mes favorites ! J'avais déjà fait connaissance avec l'auteur à travers sa BD Le Sourire des Marionnettes, mais celle-ci est encore plus réussie à mes yeux. Le thème de l'art et de la Renaissance italienne, enrobé dans une histoire sentant fortement la réalité (les peintres ayant existé, plusieurs tableaux exposés sont réels ...) et le tout servi par un dessin sans fioriture, efficace et osant des fulgurances créatives dans la mise en page, moi je dis oui ! Trois fois oui ! Au cours de mes années d'études, j'avais eu quelques cours d'Histoire de l'art, ce qui m'a permis de mieux appréhender le sujet qui est exposé, mais je pense que c'est une BD qui convient à tout le monde, tant elle se suffit à elle-même. Mais un petit bagage permet d'apprécier les différentes mentions qui sont faites parfois et rajoutent un panorama historique derrière, telle la mention des peintres flamands -comme les néerlandais avec Jérôme Bosch. La BD est donc proto-historique, ne se vantant pas d'être un récit parfaitement historique mais puisant largement dedans pour en faire sa toile de fond et développer son propos sur l'art et l'humain. Si l'histoire est prenante, c'est qu'elle va nous présenter plusieurs personnages intéressants. De l'homme obsédé par la beauté d'une femme et voulant la fixer à tout prix à l'épouse qui subit l'admiration de son époux, en passant par le peintre voulant rendre la vie sur toile, les personnages ont leurs visions du monde, leur faiblesses et leurs envies, qui guideront leurs vies et leurs actes. C'est d'autant plus important que la vie est rude, en ces temps, et la peste, la maladie et la fatalité frappent durement. Mais cela donne plus de poids à leur ambitions de vie. La BD est servie par son dessin, qui allie une sobriété bienvenue (notamment au niveau des couleurs, peu vives mais parfaitement accordées au ton) avec des petites touches de créativités glissés de ci de là. J'ai notamment adoré les personnages qui traversent une case découpée mais dont le fond est toujours raccordé, ou ces pages présentant la vieillesse qui marque le visage de la femme, autour de laquelle les cases racontent le temps qui passe. C'est marquant visuellement et également bien représentatif d'une idée développée en amont du récit : la vieillesse qui marque un corps, alors que la peinture gardera la jeunesse éternelle. Bref, une adéquation bien trouvée entre le fond et la forme. C'est ce genre de trouvailles qui me font réellement apprécier les BD, et celle-ci m'a beaucoup plu ! Je ne peux que vous recommander la lecture de cette œuvre, pleine de qualités et d'inventivité, parlant d'un sujet universel et d'une belle façon, contenant sa part de tragédie (peut-être même plus qu'il n'en faut) et de moments marquants, finissant même sur une image rude et brusque, mais sincère. C'est une très belle BD, que j'ai été ravi de découvrir !

28/05/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Urgence climatique
Urgence climatique

Que voilà un excellent documentaire sur le sujet. Tout d'abord très agréable à lire, pas lourdingue pour deux sous malgré le sujet, avec une mise en page aérée et colorée. Ceux qui connaissent Lécroart savent ses talents de raconteur et d'illustrateur, tout cela est bel et bien fait. Maintenant sur les tenants et aboutissants de ce dérèglement climatique qui nous concerne tous, il s'est adjoint un mathématicien spécialiste du chaos et de l'économique (qui, soit dit en passant, a inspiré le personnage du Dr Malcolm de Jurassik park). Les auteurs ont entamé l'ouvrage en 2020, ce qui permet d'avoir des données récentes par rapport aux autres bds traitant du sujet, je pense forcément au non moins excellent Saison brune qui n'a que l'inconvénient de dater d'avant Fukushima. Un choix que j'ai grandement apprécié dans ce documentaire, c'est de ne finalement s'attarder que peu sur la « technique » du dérèglement climatique, ainsi que sur ses conséquences physiques. Ces sujets sont maintenant suffisamment évoqués par divers médias, des reportages télé (bon, ça dépend sur quelles chaînes) pour que tout un chacun puisse connaître à peu près ce qui se passe déjà et ce qui nous attend. Là, on a une approche bien historique de l'économie mondialisée. Bien sûr, ce commerce mondial ne date pas d'hier mais l'ouvrage montre bien l'évolution parallèle du commerce, de l'industrie, de la finance et de ce qu'il faut bien appeler le capitalisme effréné. On voit bien ce mouvement qui a conduit à la situation actuelle, mais ce n'est pas manichéen. Les auteurs évoquent bien sûr le progrès que cette progression du commerce a engendré, sur le plan sanitaire (sauf Covid évidemment), sur le confort obtenu dans les pays riches …. au prix bien sûr d'une dépendance de plus en plus forte aux énergies fossiles. Je ne suis nullement une férue de finance et parfois je peine dans les émissions sur l'économie politique à vraiment comprendre le fond des choses. J'ai eu droit ici à un cours que j'ai trouvé extrêmement bien fait. Je n'avais nullement imaginé l'impact des guerres mondiales sur l'essor, post conflit, des industries au XXe siècle par exemple. Les auteurs montrent bien également les freins à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, que ce soit de par notre mode de vie, nos politiques toujours soumises aux impératifs économiques, la publicité, et l'agriculture conventionnelle qui n'est pas épargnée. C'était passionnant, je le relirai. J'ai déjà promis à mon bibliothécaire municipal que je lui prêterai pour qu'il en commande un et le diffuse au maximum. Le seul petit regret que je pourrai avoir : les chiffres et statistiques donnés ne sont pas sourcés directement sur la page concernée, toutes les sources scientifiques sont regroupées en fin d'album, certes ça a le mérite d'aérer la mise en page mais on retrouve moins facilement d'où vient quoi. Je n'ai pas l'habitude de mettre 5 étoiles, « culte » c'est énorme. Mais là, je ne peux pas faire autrement. Donc culte.

26/05/2021 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Transitions - Journal d'Anne Marbot
Transitions - Journal d'Anne Marbot

Transitions. Si vous êtes pointilleux, vous remarquerez le pluriel. Car il ne s'agit pas tant ici de la transition de Lucie/Alex mais surtout de celle d'Anne, sa mère. En effet, en partant de son incompréhension initiale, du rejet de l'idée et de la sensation de perte, cette dernière entame elle-même un long processus d'acceptation et de compréhension d'un univers dont elle ne fait pas partie et dont elle ignorait même l'existence. Elle va donc devoir remettre en question ses idées reçues, ses préjugés mais aussi sa propre façon de vivre et de réfléchir. A travers ce voyage dans la représentation du genre et comment la société l'impose, Anne nous renvoit à nos propres questionnements face à cette société qui évolue (enfin?) et qui permet à certaines personnes de vivre et non plus de survivre. On ressent de la tristesse, de la joie et beaucoup d'autres émotions lors de cette lecture...on sourit voire rit même parfois (par exemple, lorsqu'Anne passe en mode berzerk et semble vouloir tout révolutionner) et on comprend assurément les épreuves qu'ont endurées ces personnes. Une oeuvre excellente, tant par la force de sa représentation du tourbillon d'émotions qui déferle sur Anne que par la justesse de son propos. Très bien documentée, forte du récit et du parcours de 2 personnes d'une même famille (Anne et Alex) et intelligemment mise en forme, j'ai tout simplement trouvé la bd géniale. Là où Catherine Castro dans Appelez moi Nathan m'avait parue trop superficielle et n'entrait jamais dans le vif du sujet, Elodie Durand explique tout en restant toujours ancrée dans le récit et en faisant preuve d'une grande pédagogie. On n'a jamais l'impression qu'on nous explique quelque chose mais qu'au contraire, on est soi-même en train de vivre le changement de paradigme d'Anne et cela pousse à une nouvelle vision des choses. Bref, c'est très intelligent et ça permet vraiment de se faire une meilleure idée des combats qu'ont à mener certaines personnes et à les comprendre. Une bd à lire de toute urgence !

25/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Clown (Hussenot)
Clown (Hussenot)

J’éprouve une affection particulière pour Victor Hussenot. Non que j’adule ses œuvres mais son travail m’attire. Il s’en dégage une bienveillance qui me plait. L’auteur cherche également à innover, à inventer des modes narratifs un peu en marge de la production habituelle. Enfin, il n’est pas rare de trouver une dimension philosophique et métaphysique dans son travail. Avec Clown, Victor Hussenot s’amuse vraiment avec sa mise en page et, dans un même temps, trouve une manière originale d’illustrer les mimes de son personnage sans les dessiner, ce qui est conforme au principe du mime, qui permet de donner vie à des objets inexistants… Ici, il nous fait voir ces objets justement parce qu’il ne les dessine pas. Le dessin, très dépouillé, va à l’essentiel et l’idée est la source principale d’humour. C’est très souvent inventif et espiègle, pas toujours pleinement convaincant mais j’ai trouvé dans cet album ce que j’espère trouver dans un album de cet artiste : de l’inventivité, de l’intelligence et de la bienveillance. Cet album peut plaire à des lecteurs de tous âges, chacun s’amusera d’un aspect différent de ces histoires… et beaucoup n’adhèreront pas du tout au concept (mais ce ne sera pas dû à une question d’âge). Enfin, si le récit se découpe en de multiples histoires courtes, ces saynètes mises bout à bout suivent tout de même un fil conducteur et la dernière page clôt parfaitement le livre. Cet album n’est pas un chef-d’œuvre mais c’est le genre de récit que j’aime lire de temps à autres, parce qu’il m’apporte autre chose que la bande dessinée traditionnelle tout en restant accessible.

25/05/2021 (modifier)
Par r0ud0ud0u
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Clones en série (Nirta Omirli)
Clones en série (Nirta Omirli)

Je comprends les précédents avis des lecteurs qui sont restés sur leur faim (sans fin justement à l'époque). En effet ce "triptyque" annoncé comme tel : 1er tome (2004), 2eme tome (2006) n'a vu sa fin non pas dans un troisième tome, mais dans une intégrale en 2019. Que d'attente pour les impatients de la première heure. Moi, j'ai eu la chance de tomber dessus dernièrement (lors du dernier confinement, qui n'en était pas un puisqu'on avait seulement des restrictions) et que les magasins comme les librairies étaient vraiment essentiel aux Français (alors que je ne pouvais pas acheter de chaussures à mes enfants, ni de lave linge, ni de frigo) M'enfin j'ai trouvé cette BD, Couverture + scénariste JDM ont suffit à me convaincre. Ça fait partie de ces quelques séries qui ont le mérite d'avoir été terminées et d'avoir une fin dans une intégrale comme BIG K, REDHAND ou WITNESS 4. Contrairement à beaucoup d'autres qui ont été définitivement abandonnées (et elles sont nombreuses). Série sans doute desservie aussi par un choix très "original" de noms super compliqués. D'origine la série s'appelle "Nirta Omirli" renommée "Clones en série" sur l'intégrale. La planète "NéVé-Rikosse" est peuplée d'autochtones hostiles: les "Pètzétatis-Qcouzinas" L'amiral "Danyel Hammarskjöld" est l'un des personnages. Pas très facile à retenir et donc pas très vendeur tout cela ! Sûr, il y a des ressemblances avec Sillage mais, le dessin est clair et plutôt sympa avec un scénario plutôt bien ficelé et pleins de rebondissements. Finalement j'ai pris plaisir à lire cette série et c'est le principal. J'y mets même un coup de cœur pour la faire connaître.

24/05/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Basketful of heads
Basketful of heads

Joe Hill a dégainé l’artillerie lourde ! Voilà une BD complétement barrée, sans temps mort, sombre et haletante. Voilà une bonne tranche de rigolade sanglante à vous retourner l’estomac. Ca pulse dans tous les sens. Dans chaque case vous trouverez une énergie anarchique et subversive. C’est juste dingue et délicieusement bon. L’ironie est entremêlée avec de belle scènes d’horreur. Je me suis régalé comme jamais. Le fiston de Stephen King tient bien de son père. Le scénario est parfait. Les tensions montent crescendo au fil des pages. Aucun relâchement possible dans la lecture. Vous vous accrochez à l’album pour connaitre le dénouement. Quand le décor est bien planté, les premières têtes tombent … dans le sable. C’est jubilatoire. La petite June, frêle et jolie s’avère être une experte au maniement de la hache ! Elle a de la ressource la gamine. Quand je vous dis que cela envoie du lourd ! Et l’épilogue de cette histoire … décoiffante ? Vous avez déjà reçu un coup de poing au foie ? ben tout pareil ! MA GNI FI QUE ! Le graphisme est au diapason du récit. Le trait de Leomacs est magnifique. Belle dextérité à reproduire toute l’énergie des scènes d’actions, ainsi que l'ambiance démoniaque qui s'invite dans l'histoire plus on avance dans le récit. J’en ai encore la chair de poule. Il faut éviter de donner le bouquin aux enfants. Ils pourraient avoir les chocottes ! A part ça, je vous invite à lire cet album juste avant de vous endormir. Il vous hantera toute la nuit assurément. Je recommande chaudement ce thriller horrifique sanguinolant.

24/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

Les indes fourbes, c'est sans doute le livre qui m'a redonné envie de lire de la bande dessinée après un très, très long creux. Emprunté sans même en avoir entendu parler et sans avoir vu les auteurs (on ne se moque pas, au fond !), c'était la très belle couverture et le format imposant de l'album qui m'avaient attiré. A la lecture, j'ai adoré la première partie. Quand est venue la deuxième, j'ai un peu décroché, ça commençait à faire un peu longuet. Et comme je devais rendre ce livre rapidement, la troisième est passée trop rapidement. Mais cette histoire restait en toile de fond dans mes pensées, et quelques mois plus tard je suis retourné en librairie acheter l'album. Et oui, rien que pour ça on est déjà sur un album qui pour moi est remarquable, toutes les lectures n'incitant pas, et de loin, à une relecture ou un achat. Les indes fourbes, donc, après une relecture plus calme, c'est un magnifique dessin, et une histoire joliment intriquée. La première partie, la plus longue, nous livre le récit de Pablos, qui tel un Keyer Söze, se retrouve entre les mains de l'Alguazil majeur, seigneur peu tendre et peu enclin à entendre son récit. Il sera pourtant pris dans les rets du talent de narrateur de Pablos, et le lecteur avec lui. On y aura droit au récit de la vie de Pablos, par Pablos, un récit picaresque au goût d'aventure, nous amenant - au bout d'un long chemin et de moultes détours - à l'Eldorado. Mais si vous vous rappelez de Usual Suspects, vous savez que maintenant va arriver une deuxième partie du récit, et avec elle la vérité. Et en effet, on a droit à une magnifique relecture du récit fort enjolivé de Pablos. Puis une troisième partie entraînera Pablos au bout du bout de son leitmotiv. Les indes fourbes, c'est une lecture dense et riche, c'est l'histoire d'un coquin qui cherche à ne pas crever, à s'éloigner autant que possible de sa condition miséreuse, c'est ce principe poussé jusqu'à l'outrance pour parvenir à cette conclusion inévitable et pourtant absurde, c'est un dessin magnifique de Guarnido, c'est des pages sur lesquelles on revient pour vérifier la cohérence de l'ensemble, c'est une construction littéraire, un conte, une fable, un roman picaresque, et c'est aussi des rires devant les situations et les rebondissements énormes et les mines improbables des protagonistes. Une excellente découverte pour moi, donc, et dont je sais que je la relirai plusieurs fois avec beaucoup de plaisir.

24/05/2021 (modifier)
Par nco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpi the Soul Sender
Alpi the Soul Sender

Un manga incroyable, un scénario très prenant, j'ai été depuis le début sans cesse bluffé par l'écriture et le style de dessin, tous deux si bien réalisés.

23/05/2021 (modifier)