L'Arabe du futur

Note: 4/5
(4/5 pour 14 avis)

Angoulême 2015 : Prix du meilleur album. 2014 : Grand prix RTL de la bande dessinée Ce livre raconte l'histoire vraie d'un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Khadafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Angoulême : récapitulatif des séries primées Autobiographie Ecole Pivaut, Nantes Gobelins, l'École de l'Image Grand prix RTL de la bande dessinée Les petits éditeurs indépendants Proche et Moyen-Orient

Riad Sattouf est né en 1978 d'une mère bretonne et d'un père syrien venu faire ses études en France. L'esprit plein de rêves panarabes, ce père décide un jour d'accepter un poste de professeur à Tripoli, puis à Damas. Le petit Riad, blondinet grandi en France, vit à cette occasion un rude choc des cultures.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Mai 2014
Statut histoire Série en cours 4 tomes parus
Dernière parution : Moins de 2 ans
Couverture de la série L'Arabe du futur
Les notes (14)
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01/08/2014 | Chéreau
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Par gruizzli
Note: 4/5
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Je suis vraiment, vraiment charmé par cette BD et je me retiens de donner le maximum car j'attends de voir la façon dont Riad Sattouf finira sa série, mais on est, selon moi, sur une des BD les plus marquantes de ces dernières années. J'ai toujours bien aimé les BD de l'auteur, son trait faussement enfantin et sa façon de raconter des histoires de personnes dont on se fiche d'habitude. ll a également l'art de croquer le quotidien de gens (et je pense ici aux Cahiers d'Esther) avec un regard très neuf sur la banalité du quotidien. Ce qui fait qu'une biographie était, à mon avis, une idée parfaitement exploitable. Ce qui est le cas, puisque entre sa jeunesse au Moyen-Orient, sa famille et surtout son père, nous avons le droit à une histoire qui sort des sentiers battus pour aller très loin (et de plus en plus loin dans les derniers volumes). Car je pense que son père est le protagoniste principal de ces quatre volumes, tant il est original pour un lecteur français d'aujourd'hui. Le monde musulman a changé de visage ces dernières années, et il est étrange pour moi de découvrir comment celui-ci était il y a moins de quarante ans. Et c'est bien ça qui cristallise l'histoire de cette famille : le monde musulman et la façon dont celui-ci voyait sa vie changer pour passer à l'arabe du futur. Riad Sattouf mélange ici les éléments de sa vie d'enfant tiraillé entre deux mondes et deux cultures, tout en jouant beaucoup sur les messages politiques, religieux ou sociaux de ces deux pays qu'il connut étant enfant. C'est très curieux comme mélange, car on rigole et on se prend au sérieux d'une page à l'autre. L'histoire fait état d'une enfance mais pas très banale. En lisant cette BD j'ai eu des interrogations sur un peu tout à la fois. Ce qui fascine, plus que tout, c'est la façon dont les choses se passent au fur et à mesure des années. Comment la mère résiste-t-elle à tout cela est toujours un mystère, mais aussi comment le père, instruit et éduqué, peut finalement glisser par des pressions familiales et sociales dans une idée qu'il semblait vouloir fuir au début. C'est une histoire qui semble vouloir mal finir ... En attendant la conclusion qui ne devrait plus trop tarder, je reste sur une excellente note pour une excellente impression. J'ai hâte de lire le reste, de découvrir le fin mot de cette histoire et de pouvoir découvrir comment Riad Sattouf finit par devenir l'auteur que nous connaissons aujourd'hui.

07/04/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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Je mets à jour mon avis après la lecture du quatrième tome qui est le meilleur album d'une série que je trouve de plus en plus excellente à chaque album. Sattouf raconte son enfance entre la Syrie, la Libye et la France et c'est vraiment intéressant. L'auteur sait comment raconter la vie quotidienne et j'ai particulièrement aimé comment il ne fait pas la morale. Il ne fait que montrer ce qu'il a vécu et il laisse les lecteurs juger tous seuls. Du coup les personnages semblent terriblement humains et je me suis surpris à changer d'opinion sur eux selon les scènes. Ainsi, par exemple, j'ai trouvé que le père était vraiment un gros connard durant la majeure partie du tome 4 et puis il y avait quelques pages où je trouvais qu'il faisait un peu pitié. Je pense que Sattouf est vraiment excellent pour caricaturer le genre humain. Le personnage du père de Sattouf est vraiment au centre de cette série. Il est rempli de contradictions (il veut être moderne, mais il est un peu prisonnier du coté traditionnel de sa famille et cela va empirer lorsqu'il va devenir plus religieux) et de préjugés. Disons que je suis bien content de pas l'avoir eu comme père ! La mère est effacée au début, mais elle est plus présente au fil des tomes. Vu que ce sont les souvenirs de Sattouf enfant, la situation devient plus complexe lorsqu'il grandit et qu'il comprend mieux le monde qui l'entoure, notamment que son père est moins honorable qu'il le pensait. Une bonne lecture qui montre la société arabe et française des années 80-90 vécue par un jeune enfant. Toutefois, je n'irais pas jusqu'à dire que c'est la série à lire pour comprendre la situation en Syrie. Pour moi c'est surtout le témoignage d'un auteur qui avait beaucoup de choses à dire et peut-être exorciser certains démons intérieurs. Après réflexion, je monte la note et donne le maximum. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant apprécié une série !

11/07/2015 (MAJ le 04/02/2019) (modifier)
Par yaglourt
Note: 4/5

Superbe et édifiante histoire de l'enfance (puis de l'adolescence) de l'auteur, l'excellent Riad Satouff. Le constraste entre la Bretagne maternelle et le miséreux village paternel en Syrie est frappant ! Cette BD rappelle un peu le Persepolis de Satrapi, à la différence qu'avec "L'Arabe du futur", le dessin est chouette et apporte beaucoup au récit.

04/11/2018 (modifier)

J'adore vraiment cette série. Je suis en train de la relire, et c'est toujours le même plaisir, donc note maximale pour moi. Déjà, il faut remarquer que le livre en lui même est très agréable au toucher avec ses pages épaisses et son papier à grain, tout l'inverse d'un papier glacé, parfois gênant à lire à cause des reflets. Je lis chaque tome, assez gros, en une ou deux fois, tellement je suis happé par l'histoire. La lecture est en effet très agréable, très fluide, le trait est simple mais efficace, avec des personnages très expressifs, notamment concernant leurs mimiques. Tout cela permet de suivre, sur un rythme effréné, le quotidien souvent drôle, mais parfois tragique aussi, des protagonistes, dont la plupart sont très attachants (Riad et son père surtout). Côté couleur, on a une tétrachromie qui n'est pas sans rappeler le drapeau Syrien: noir, blanc, vert, et rouge. Surtout, la lecture permet un voyage temporel et spatial dans le moyen Orient et la France du début des années 80. On a donc ici un témoignage des plus précieux sur la vie et l'idéologie des syriens et des libyens. Cette tranche de vie est sans doute encore plus précieuse depuis la guerre qui a ravagé la Syrie. A consommer sans modération.

19/06/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles. Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80... Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité. En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes. Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage). A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée. Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse ! Bravo et vivement la suite ! Avis sur le tome 2 : L'effet de surprise étant passé, j'ai trouvé ce second tome bien moins percutant et bien plus répétitif. Attention cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon mais le côté redondant de ce looooong récit n'apporte finalement pas beaucoup plus à la verve et la fraicheur du premier. Cela reste néanmoins très très bon en espérant que le 3ème tome retrouve un peu la spontanéité du début et qu'il me surprenne à nouveau ! Riad Sattouf a un tel niveau d'écriture que j'en deviens exigeant ! Ce qui n'est pas forcément négatif finalement. ;)

17/08/2015 (MAJ le 09/02/2016) (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Riad Sattouf nous livre dans le premier tome la première partie d'un récit autobiographique (l'album couvre ses six premières années). Le dessin assez simple, en bichromie (dessin en Noir et Blanc et colorisation unie alternant le orange, le bleu et le rose) permet une lecture à la fois amusante et décalée. Dans ses premières années, les parents de Riad ont forcément le rôle principal - surtout son père il est vrai, sa mère étant très effacée (il faut dire qu'elle est souvent "en terre inconnue"). Riad est bringuebalé entre la Bretagne, la Libye et la Syrie (pays d'origine de son père), et c'est son regard plein d'émerveillements et d'incompréhension qui donne un ton amusant à ce récit. Sattouf fait passer plusieurs messages: le regard porté sur Libye et Syrie, dictatures en développement, entre le discours volontariste de son père et le regard décalé du gamin qu'il était rend fluide la lecture. Cet album est aussi, par delà les incompréhensions, un hommage rendu par Sattouf à son père. Le deuxième tome couvre une période plus restreinte (une année environ), et se déroule quasiment intégralement en Syrie, dans la petite ville où ils se sont installés. Le ton et "l'ambiance graphique" sont restés les mêmes, et le jeune Riad porte toujours un regard mêlant admiration et ironie sur son père. Sa mère, toujours très en retrait, commence toutefois à imposer sa personnalité. Le cœur de l'album est constitué par l'entrée à l'école de Riad, qui découvre les méthodes pédagogiques très musclées de ses maîtres : beaucoup de passages sont très drôles. Un deuxième tome qui me pousse à monter d'une étoile pour l'ensemble, j'attends la suite.

08/12/2014 (MAJ le 12/10/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Il faut habiter dans un lointain pays genre Mongolie ou dans un village paumé du fin fond de la Syrie pour ne pas avoir entendu causer de cet album. Je n'irais pas jusqu'à parler de matraquage médiatique mais nous n'en sommes pas très loin. Partout dans la presse ou ailleurs, moult avis dithyrambiques. Aussi ma première réaction a été : "méfiance, méfiance!". Au final, ben oui c'est pas mal, dans le sens où l'auteur se met en scène et plus particulièrement ses parents (surtout son père), de manière brute et sans concession. Le plus gros problème pour moi a été de ressentir quelque chose pour cette famille et ses déboires, d'abord en Lybie puis en Syrie. Je ne veux porter aucun jugement sur la manière de vivre et surtout de penser de gens confrontés à des situations finalement extrêmes au regard de nos canons français. Deux détails m'ont posé question: le rôle de la mère très très effacée et l'auteur, très jeune garçon, ne pouvant donc pas tout comprendre, mais qui aurait pu se positionner différemment dans cette BD avec le recul lorsqu'il se met en scène. J'ajouterais qu'un brin d'humour n'aurait pas été de trop, même si je peux comprendre que les situations ne s'y prêtent guère. Cette histoire est à découvrir car elle permet de découvrir un aspect des choses rarement évoqué en BD. Majoration après lecture du tome 2 Ce deuxième tome enfonce le clou. Je m'explique; en fait après la lecture du premier j'éprouvais un sentiment diffus sur lequel j'avais du mal à mettre un nom. Je crois avoir trouvé aujourd'hui, c'est tristesse et gâchis. Je précise que peut être l'auteur s'en est expliqué ici ou la, je ne sais pas, toujours est il que c'est la tristesse que je ressens en premier lieu, tristesse d'un enfant certes aimé de ses parents mais livré à lui même de telle sorte que dans sa vie ô combien difficile, en butte aux insultes qu'il ne comprend pas: "Tu es un sale juif!", face aux comportements de sa maitresse d'école il est finalement très seul. Je ne doute pas qu'aujourd'hui Mr Sattouf soit un homme équilibré, mais avouons que son enfance à de quoi déglinguer les plus costauds. L'autre terme qui me vient à l'esprit c'est le gâchis. Gâchis d'un système éducatif, si tant est que l'on puisse parler d'un système, ou des enfants syriens, dans les années 80, se voyaient contraints d'apprendre la première sourate du Coran sans en comprendre goutte. C'est ce que l'on doit appeler le choc des cultures ou des civilisations, il n'empêche les dictatures, dans le but de se maintenir au pouvoir ont toujours pensé que le mieux était de laisser les populations dans l'ignorance la plus crasse, il est alors plus aisé de manipuler le bon peuple. Pour l'instant si je ne devais retenir qu'une chose de l’œuvre de R. Sattouf, se serait ce ton acerbe mais aussi un brin désabusé, désenchanté sur l'état d'un certain monde. Tout au long de ces deux tomes son propos est d'autant plus fort qu'il est énoncé par un homme qui possède la double culture et qui a vécu les choses de l'intérieur. Ce deuxième tome fait que j'augmente ma note d'une étoile et conseille vivement la lecture.

21/04/2015 (MAJ le 13/08/2015) (modifier)
Par BDenis
Note: 3/5

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Amusant et instructif. Les deux mots qui me viennent à l'esprit pour définir cette BD. Celle-ci est l'autobiographie de son auteur, Riad Sattouf, tout au moins une première partie, celle de sa prime jeunesse. Né de mère française et de père syrien, sa jeunesse se déroule entre la France, la Lybie et la Syrie. Le père de Riad est omniprésent dans cette première partie et est décrit avec beaucoup d'humour. Comme le très jeune Riad a passé du temps en Libye et en Syrie, c'est là où le côté instructif de la BD intervient. Le dessin, à base de bichromie dont la couleur change en fonction des étapes géographiques, est très naïf, tout en étant précis dans les mimiques et évocateur dans les situations. J'ai bien aimé ma lecture. 11,5 / 20

14/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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J’ai découvert cet auteur véritablement qu’assez récemment avec « Retour au collège » bien que j’avais lu auparavant Petit Verglas ou le fameux Pascal Brutal. En l’occurrence, il s’attaque à un récit autobiographique assez ambitieux. C’est un témoignage assez intéressant de ce qui se passait en Lybie et en Syrie à la fin des années 70 et au début des années 80. Cet ouvrage vient d’être primé du fauve d’or lors du festival d’Angoulême de 2015 non sans raison. Sur le fond et la forme, je n’ai rien à dire de particulier. J’aime ce genre de roman graphique où l’auteur se dévoile sans complaisance et nous dresse le portrait de sa famille. C’est une démarche tout à fait honnête. L’itinéraire est en tout cas assez passionnant à suivre. Je sais que nos sociétés occidentales ne sont pas exemptes de tous vices et sont souvent des donneurs de leçons. Cependant, j’aime y vivre car je me sens en liberté même si elle est relative par certains côtés (avoir de l’argent procure encore plus de libertés). Dans les pays où l’islam occupe une large part, les minorités que ce soit des chrétiens, des gays ou surtout des femmes sont persécutés. Les Etats sont souvent sur un mode autoritaire avec peine de mort ou châtiment corporel. Je ne partage pas du tout l’idéal ou la vision du père de notre auteur qui est mis en avant dans cet ouvrage. C’est pourtant un intellectuel au début laïc et qui va tomber progressivement dans le piège de la religion. Bon, j’emploie le mot intellectuel mais c’est déjà exagéré que de le dire surtout quand on voit ses réactions et son attitude. Con et antipathique en réalité doublé par un antisémitisme pourrait penser de nombreux lecteurs alimentant des pensées extrémistes. Oui, il faut en vouloir pour justifier la vie sous un régime dictatorial de Kadhafi ou d’Hafez el-Assad. Ainsi, lorsque son épouse d’origine française s’émeut en voyant des pendus dans la rue, il justifie par le fait que c’est nécessaire pour gouverner les masses arabes. Il est vrai qu’à la révolution française, nous avons fait pareil. C’était il y a trois siècles. Bref, on éprouve un certain malaise car certains événements font froid dans le dos. Heureusement qu’il y a l’humour mais on n’a pas franchement envie de rire quand on découvre cette société. On s’aperçoit également que les dictatures permettent de conférer une stabilité à un pouvoir politique. Les successions de coup d’état et la guerre civile ne sont pas propices à conférer la prospérité au peuple. Il faut parfois sortir de la vision occidentale pour comprendre les choses en profondeur. Cependant, cela reste condamnable sur la forme (culte de la personnalité, répression politique…). Je ne sais pas où l’auteur veut en venir et s’il dénonce véritablement cette vision des choses. L’œil est pour l’instant candide et naïf : celui d’un enfant de deux ans qui se rappelle de tout. A voir dans les deux autres tomes qui suivront. Gageons que l’arabe du futur soit un homme éclairé vivant dans une société pacifique, démocratique et prospère. Oui, à condition de sortir de l’obscurantisme religieux.

20/02/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur herve

Cela faisait un moment que je tournais autour de ce livre. Sans doute à cause de sa parenté graphique avec les albums de Guy Delisle (que j'adore) ou encore ceux de Marjane Satrapi, que j'avais découvert il y a quelques années. Ce n'est pourtant pas son récent prix à Angoulême qui m'a fait pencher vers l'achat de cet album. En effet, son précédent prix pour Pascal Brutal m'avait laissé de marbre à l'époque. Et, je l'avoue, c'est la première fois que je lis un album de cet auteur. Avec ce premier album retraçant son enfance, j'ai adoré ce que je retrouve chez Delisle : dépaysement, décalage, et surtout ici (pour ceux qui comme moi ont le même âge que Riad Sattouf) une autre idée des années 80, très loin du mode de vie occidental que l'on connaissait. Avec ce premier opus, Riad Sattouf nous offre une vision assez pessimiste d'un monde arabe tourné vers le despotisme de Kadhafi, en Lybie, ou d'Hafez Al-Assad en Syrie, despotisme appelé à être renversé d'après son père, visionnaire des printemps arabes, avant l'heure. Outre cet aspect, Riad Sattouf nous enseigne, avec une facilité déconcertante, les différences entre sunnites et chiites, qui encore de nos jours, bouleversent l'équilibre du monde arabe. Choc des cultures, entre orient et occident, choc des civilisations entre Bretagne et Lybie (et Syrie), cet ouvrage est vraiment remarquable, et je serai au rendez-vous, sans hésitation, pour le second volume. Un prix amplement mérité à Angoulême pour cette année 2015.

09/02/2015 (modifier)