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Les derniers avis (6910 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série On Mars
On Mars

Je réécris mon avis suite à la lecture des 3 tomes, et ma note reste à 4/5. Les thèmes sont certes classiques : colonisation de Mars, différentes factions se livrant des combats sans merci, coups fourrés politiques, fanatiques religieux… Les personnages « gros durs » sont un peu clichés, et de manière générale l’histoire est surtout portée sur l’action… mais voilà, je trouve que la sauce prend vraiment, et j’ai avalé les 3 tomes d’une traite. Sylvain Runberg maitrise son scenario, qu’il conclut en 3 tomes, comme prévu à l’origine. La fin m’a beaucoup plu… mais je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher. Le dessin de Grun (aka Ludovic Dubois) est absolument magnifique, le boulot sur les personnages et leurs accoutrements est vraiment bluffant et détaillé. Les vues martiennes sont aussi très belles, et mises en valeur par des couleurs rougeâtres du plus bel effet. Les 3 albums se concluent sur des superbes carnets de croquis. Ces derniers enrichissent par ailleurs le background de l’histoire dans les tomes 2 et 3… sympa comme concept, les « épilogues carnets graphiques ». Une histoire classique mais efficace, et terminée en 3 tomes… à recommander aux amateurs de science-fiction.

03/09/2017 (MAJ le 05/04/2021) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Robny Clochard
Robny Clochard

Le dessin de Joan Boix est tout simplement hallucinant, quel talent dans l'utilisation du noir et blanc ou plus exactement ces deux couleurs qui se mêlent en s'aidant de ratures, de rayures, de stries qui viennent renforcer une expression ou un regard. Personnages réalistes donc, mais les décors ne sont pas en reste qu'il s'agisse de lieux campagnards ou citadins. Il n'est que de feuilleter la galerie pour se faire une petite idée du travail de J.Boix. Le sujet est en lui-même plus intéressant qu'il puisse sembler au premier abord. Huit courtes histoires dont la dernière sonne comme une conclusion nous emmènent dans le monde de Robny. Personnage plus qu'ambigu, nous le suivons dans ses errances à travers le monde semblant plus se fuir lui même que les autres ce qui est pourtant son credo. Ce sont des récits finalement assez pessimistes qui nous disent que le monde qui nous entoure est mauvais; un mal qui gangrène tout. Robny est également un homme qui se sent plus à son aise dans des décors campagnards, d'ailleurs à la fin de chacune de ses péripéties c'est vers des territoires vierges de l'homme qu'il s'en retourne tel un cowboy bien connu. Au final un récit dense, avec un personnage complexe mais ô combien intéressant, si l'on rajoute un dessin qui est une vraie tuerie, que demander de plus. Coup de cœur pour moi.

05/04/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Serpent et la Lance
Le Serpent et la Lance

Je ne mets pas 5 parce que le premier tome "ne sert" qu'à nous faire poireauter impatiemment la sortie du second (novembre 2021). En attendant je le lis et le relis avec toujours le même plaisir... Un univers comme celui de l'empire aztèque mêlé avec une intrigue remplie de mystères dans tous les sens, c'est l'antiquité qui se confronte au monde contemporain. Comme précisé par Hub, l'empire aztèque n'avait pas de "police" pour enquêter sur les meurtres, alors il s'est demandé comment les aztèques auraient pu agir, d'autant que ce peuple est connu pour avoir une vision de la réalité très spirituelle et superstitieuse (ce qui causa malheureusement leur perte). Heureusement, dans ce récit se trouve notre héros et quelques autres personnages à l'esprit fort rationnel (anachronisme sans conséquence) pour outrepasser ces croyances afin d'élucider le mystère inquiétant le monde unique. Les bases ont été posé pour ce premier tome, solidement. 3 naissances, 3 hommes destinés à se rencontrer et à se confronter durant leur vie. On se trouvera dans le passé, le présent, les rêves... Cette lecture n'est pas de tout repos mais l'ensemble reste parfaitement solide et cohérent. Eh oui, beaucoup de mystères existent à plusieurs niveaux : l'intrigue en elle-même, les relations entre les anciens camarades de classe, l'amour, la culpabilité ressentie au plus haut niveau de l'empire... Et le pire, c'est que le mystère reste entier à la fin du premier tome ! Raaah, c'est rageant autant que c'est génial ! Rageant parce qu'on dévore l'idée de savoir. Génial parce qu'on ne s'ennuie pas, sauf quelques longueurs sans grande importance. Hub intègre une troupe similaire à celle de Okko: un leader intelligent et charismatique, un guerrier monstrueux et fidèle, puis une vieille peau magicienne addict à la fumette. Rien de rébarbatif tant l'univers est radicalement différent. Comparativement à Okko toujours, il y a moins d'humour...Et c'est tellement mieux ainsi! Je déteste lire un humour qui semble n'être présent que par obligation, comme si sans cela le lecteur ne serait pas satisfait de sa lecture. Exceptées les scènes nocturnes qui sont un peu trop sombres pour en profiter sans plisser les yeux, les dessins et la colorisation sont superbes. Visiblement, tous ceux qui ont lu le T1 attendent de pied ferme le T2 ! Et je les rejoins ! On peut dire que cette première partie met l'eau à la bouche et que Hub place la barre très trèèèès haut !

04/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges
Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges

Léonie Bischoff... Mac Arthur nous avait bien dit de ne pas oublier ce nom... Eh bien je peux vous dire qu'après cette magnifique lecture je ne l'oublierai pas de sitôt ! J’ai découvert cet album (et, je dois le confesser, l’existence d’Anaïs Nin par la même occasion) grâce à la critique postée par Mac Arthur. Son enthousiasme débordant, ainsi que le dessin séduisant m’ont donné envie de lire cette BD ; par la suite, les autres critiques élogieuses postées sur le site m’ont définitivement convaincue que je ne devais pas passer à côté. Et grand bien m’en a pris ! Dès les premières pages j’ai été envoutée par le dessin… ah, ce dessin, que dire à part qu’il est tout simplement sublime ? Après ma lecture, je me suis rendue compte que j'avais déjà lu un album dessiné par Léonie Bischoff (Le Prédicateur) mais je n’ai pas été spécialement marquée par son dessin. En revanche, dans cet album l’autrice me parait avoir atteint une parfaite maturité, semblant laisser libre cours à toute sa créativité et son inspiration. Le dessin au crayon multicolore apporte beaucoup de douceur et un charme indéniable. Les nombreux espaces laissés blancs apportent quant à eux dans certaines planches une belle luminosité qui contraste avec d’autres scènes plus sombres. Le trait gracieux retranscrit à merveille la sensualité d’Anaïs Nin, certaines compositions sont tout simplement magnifiques. C'est original, délicat, inspiré ; à mes yeux c'est tout simplement parfait. Et quel bonheur de découvrir au fil des pages que ce dessin magnifique n’est pas le seul atout de cet album ! J’ai été très rapidement happée par le récit, j’ai plongé avec bonheur dans l'esprit d'Anaïs, cette femme superbe qui brûle de vivre pleinement, sans entraves, loin des chemins tout tracés. Il se dégage de son être la passion, l'amour ; et loin de l'image de l'artiste tourmenté éternellement malheureux elle ouvre une autre voie. Léonie Bischoff nous ouvre une porte sur la vie d’Anaïs Nin par le biais des extraits de son journal intime, journal qu’elle a tenu avec assiduité toute sa vie. La force de cet ouvrage est de rendre compréhensible des comportements que par ailleurs on pourrait être tenté de juger ; en pénétrant dans l’esprit et le cœur d’Anaïs Nin, on réalise que malgré ses nombreuses aventures, il n'y a nulle trace d'égoïsme ni de manque de respect envers son mari à qui elle voue un amour sincère. Il semble juste que son cœur et ses désirs sont trop grands pour un seul homme. Et elle témoigne à chaque personne qu’elle croise une telle bienveillance qu’on ne peut voir en elle qu’une belle personne. Je suis heureuse d’avoir lu ce superbe album, et d’avoir découvert Anaïs Nin, cette femme décidément fascinante. Nul doute qu'elle ne s'est pas retournée dans sa tombe à la sortie de l'album. Au contraire, elle doit y reposer plus en paix que jamais, reconnaissante d'avoir été à ce point magnifiée et si bien comprise.

03/04/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Roi des bourdons
Le Roi des bourdons

Ce n’est pas du Lewis Trondheim mais ça y ressemble furieusement ! Et c’est du très bon. A travers une clique de personnages en apparence loufoques, David de Thuin nous plonge dans le quotidien de deux maisons d’édition et propose une critique plutôt acerbe de leur fonctionnement. On y perçoit une réalité que l’on imagine mais qu’on n’a pas forcément envie de découvrir : la rentabilité des titres, la concurrence acharnée, les coups bas... Loin de la magie de l’éditeur découvrant des manuscrits et révélant des auteurs, le personnage principal, un auteur de BD nommé Zola, va se confronter à l’indifférence, au mépris et aux paroles blessantes. Cette histoire de super héros qui n’en n’est pas une est une pépite aux trouvailles scénaristiques excellentes, aux rebondissements incessants et aux dialogues croustillants. Jusqu’à la dernière page, on est tenus en haleine, prêts à de nouvelles révélations sur le roi de Bourdons. Par pleins de petits détails, de postures, de rapports entre les personnages : ça sent le vécu !!! Le dessin n’est pas en reste et cette clique de personnages zoomorphiques dont on apprend aussi les histoires personnelles sont autant de clins d’œil à des typologies d’acteurs du milieu du 9e art. Une excellente surprise ! Un vrai coup de cœur !

03/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Transformers (Vestron)
Transformers (Vestron)

C'est purement par hasard que j'ai feuilleté quelques pages chez le libraire, et que je suis tombé dedans, puisque je reste un fondu de science-fiction. C'est de la bonne science-fiction, avec de nouveaux regards, et un régal de visuels. Vous ne connaissez rien aux Transformers ? C'est sans importance, je ne connaissais pour ma part que les deux robots principaux. Aucun être humain, action jamais gratuite, rebondissements et détails à foison, c'est une BD à grande durée de vie, à nombreuses relectures, ce qui d'ailleurs ne plaira pas à tout le monde. Les personnages sont très nombreux, on se perd tant qu'on ne les a pas appris. J'apprécie justement tous ces indices qu'on ne comprend pas tout de suite et qui auront un sens plus tard, car la force de cet auteur c'est que tout ce qui est semé sera réutilisé. Il n'y a pas plus grand plaisir que de s'apercevoir qu'un récit préexiste à tout le reste, et que les personnages et l'action ne font que servir le déroulement d'une idée. On connaît Asimov et le lointain futur des Robots, mais que serait une société de robots qui n'aurait pas connu autre chose ? Comment se voient-ils par rapport aux êtres vivants organiques pensants ? Quels seraient leurs motivations ? Et ce Transformer schizophrène qui dialogue avec ses compatriotes morts et zombifiés ? Un autre plaisir personnel, pas forcément partagé, c'est le format unique de ces éditions Vestron : le format comics US souple, mais de la largeur plus importante du silver age. Mais la plus grande force de ce récit, ce qui me rend impatient de lire la suite, c'est le refus du manichéisme, des comportements simplistes. Les "méchants" Décepticons sont ici plutôt ambigus, ils ne veulent pas autodétruire leur planète, ce serait idiot, ils veulent à la fois moins de consensus, et aller plus vite plus loin, et même à eux la situation va leur échapper, tandis que les Autobots luttent pour la paix sociale. Un antagonisme connu par ailleurs, mais très appréciable dans ce contexte. Pour autant, malgré cette vision philosophique qui peut paraître assommante, cette BD fonctionne à tous les niveaux (un autre signe de talent), et les lecteurs qui adorent voir des robots transformables (j'en suis aussi), qui adorent retrouver les personnages des films (que j'ai renoncé à voir après le 1er), et ceux qui aiment la franchise seront aux anges. J'ai posté cette série car la science-fiction qui se renouvelle, c'est rare, et aussi parce que je ne sais pas si elle pourra trouver son public. Elle est à la fois trop complexe pour des enfants, et trop "licence Hasbro" pour avouer la lire. De plus, sa diffusion reste assez faible, j'ai souvent acheté le dernier exemplaire sur le rayon. Le tome 2 continue d'approfondir le sujet avec autant de qualité, attendons de voir la suite. [Edit] Je descends à 4 pour respecter l'échelle, mais je penche pour 4,5 Pour ceux qui ont été déçus par les précédents séries Transformers, sachez qu'elles sont à des années lumières de celle-ci. Si vous l'aimez, je vous conseille le spin-off Transformers Galaxies : Constructicons. C'est du même bois, et donne d'autres clés importantes pour comprendre l'ensemble. Sur un autre ton, le Transformers contre Terminator est d'un abord plus facile, et s'est fendu de bonnes idées aussi, ce qui est excessivement rare dans ce genre de rencontres.

02/04/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Un récit de sciences fictions et d'anticipations pure et dure qui en vaut le détour. Le premier et principal atout de cette BD est la partie graphique. Chaque planche a été travaillé, les décors sont vraiment très détaillés et favorisent l'immersion. J'ai particulièrement apprécié contempler les séquences en dehors du vaisseau, dans l'espace. Cette BD m'a rappelé à quelque point notre planète bleue est magnifique. En revanche, gros bémol concernant les visages des personnages. Tout comme dans Carbonne et Silicium", je n'y adhère pas. Ils sont difformes et tout le monde se ressemble au point de parfois nous perturber et nous confondre dans le récit. Concernant le scénario, c'est l'histoire d'un groupuscule voulant se rebeller contre le gouvernement en place, qui nous rappelle le fameux "Big Brother" de 1984. Assez classique, mais bien amené, avec plusieurs autres thématiques abordées, qui elles, m'ont de suite fait penser à la série "Black Mirror". Je ne vous en dit pas plus, car mon plaisir dans cet album, a été de tout découvrir sans rien avoir été teasé et cela a grandement contribué à mon plaisir de lecture. Plus d'une fois, je me suis arrêté dans ma lecture pour me poser et méditer sur ce que je lisais, en faisant le parallèle avec notre société actuelle. Un grand chapeau pour l'auteur, dont je ne manquerai plus aucune sortie. 4,5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

01/04/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Contrapaso
Contrapaso

Contrapaso est une grande oeuvre. Grande en terme de taille car l'album qui n'est que le premier tome d'une série est de bonne taille et fait plus de 150 pages pour un récit très dense, presque romanesque. Grande aussi en terme de somme de travail et de soin qui lui a été apportée par son auteure, une Teresa Valero dont je découvre ici le talent. Cela se passe à Madrid, sous la dictature de Franco dans les années 1950. Les deux héros sont journalistes, spécialisés dans les faits divers. L'un est un vieux de la vieille, ancien phalangiste désabusé qui se dédie désormais à la recherche de la vérité, notamment sur la mort de femmes tuées par ce qui ressemble à un tueur en série, chose qui n'existe officiellement pas dans l'Espagne Franquiste. L'autre est un jeune homme qui vient de revenir en Espagne après avoir fui en France pour échapper à un passé familial et romantique compliqué. Aussi novice soit-il dans le domaine journalistique, il se révèle lui aussi très motivé par la recherche de la vérité, quitte à braver les interdits, et sa forte personnalité va faire des étincelles face à celle de son collègue imposé. Si ce couple de personnages que tout oppose et qui va finalement apprendre à s'apprécier a des airs de déjà-vu (on pense par exemple au film Seven avec qui il partage une ambiance similaire), on apprécie très vite les personnalités complexes et profondes de ces deux là qui sont loin d'être des stéréotypes et qui ont bien des choses à nous faire découvrir sur leurs origines et motivations. Graphiquement, j'ai aussi très vite été séduit. Le cadre, les décors détaillés, les costumes, la mise en scène et les couleurs m'ont fait penser à Blacksad, avec de vrais humains. Je n'irais pas jusqu'à les comparer pour de bon car Teresa Valero n'atteint pas la virtuosité de Guarnido, mais c'est pour vous dire à quel point son dessin reste admirable, et surtout agréable à lire. Et maintenir ce niveau de qualité sur plus de 150 pages par album, c'est remarquable. L'histoire est complexe et surtout très mature. Nous y sommes dans l'ambiance d'un polar noir, avec une bonne part d'historique en sus. Plusieurs trames narratives s'entremêlent. Au cœur de l'intrigue, il y a l'enquête policière menée par nos deux journalistes puis une femme venue à leur aide, portant sur une série de morts suspectes visiblement en lien avec le milieu médical et notamment le traitement réservé aux lesbiennes durant les débuts de la dictature, puisque évidemment dans l'Espagne de Franco, le lesbianisme est une maladie qui doit se soigner en toute discrétion. En parallèle, nous en apprenons davantage sur le passé de nos héros, et notamment sur les relations familiales du plus jeune des deux, ainsi que sur une ancienne relation tristement avortée. Et surtout, ce qui m'a le plus intéressé ici, c'est la mise en scène et la découverte de l'intérieur de la vie sous la dictature franquiste. J'avais eu une vision assez ample de celle-ci grâce à Carlos Gimenez et ses fameux Paracuellos, Barrio et Les Temps Mauvais, auteur à qui Teresa Valero rend d'ailleurs hommage le temps d'un chapitre. Ici, c'est une autre facette qui m'a été présentée, à la fois plus adulte et moins étouffante, et en même temps toujours pleine d'hypocrisie et de contradictions. On y découvre des espagnols divisés et hésitants, ni totalement dans un camp ni totalement dans l'autre, certains d'entre eux passant même radicalement de l'un à l'autre. On y découvre surtout une Espagne lasse de sa dictature et où l'on sent que l'élite gouvernementale est en train de perdre ses marques. C'est bigrement intéressant et surtout présenté avec beaucoup d'intelligence. L'auteure s'est beaucoup documentée sur le sujet et elle en profite pour mettre en scène de nombreux personnages certes fictifs mais inspirés de personnes et de situations ayant existé. Cela offre un panel de protagonistes très originaux et qui mériteraient presque tous une histoire rien qu'à eux. En même temps, cet aspect adulte et riche en informations du récit se ressent dans la narration qui est parfois intense. Le lecteur doit garder son esprit aux aguets pour bien suivre le déroulement du récit et les nombreuses révélations qui ne se font qu'à demi-mot. D'ordinaire, moi qui ne suis pas amateur de polars, j'ai tendance à m'y perdre quand une enquête complexe accumule les non-dits, mais j'ai trouvé ici que cela passait bien et je m'étais suffisamment bien attaché aux personnages et au contexte pour bien comprendre l'intrigue, et même pour fortement apprécier sa mise en scène parfois cinématographique, avec quelques ellipses surprenantes et pourtant claires et logiques. Comme je le disais en introduction, c'est du grand art, tant sur le plan du dessin que de la narration et de l'intérêt de l'intrigue et des personnages. Et ce qui achève de me surprendre, c'est qu'il ne s'agit que du premier tome d'une série. Il est tellement dense qu'il ferait déjà à lui seul un épais one-shot, et d'ailleurs il contient bien une histoire complète qui se suffit à elle-même. Mais la fin de l'album ouvre la porte vers une suite et je retrouverai avec plaisir ses héros et son cadre si particulier pour de nouvelles aventures et enquêtes.

31/03/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kaguya-sama - Love is War
Kaguya-sama - Love is War

Enfin sorti en français ce manga qui est devenu très populaire ces dernières années. Ça commence comme une comédie romantique ordinaire avec deux ados qui sont trop fiers pour avouer leurs sentiments et sont donc dans une sorte de guerre perpétuelle. L'humour fonctionne bien si on est fan de gags à base de quiproquos et de personnages qui pensent un peu trop. On aurait peur au début de voir une suite de sketchs basés sur le même concept qui risque de se répéter rapidement même si l'auteur va bien sur ajouter des personnages au fil du temps, mais heureusement c'est le genre de comédie romantique qui mélange des chapitres humoristiques avec des arcs narratifs plus sérieux qui permettent de mieux développer les personnages. Et de plus ils vont aussi évoluer au fil des tomes, mais je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui ne connaissent pas la série. C'est donc une des meilleures comédies romantiques pour moi. Les personnages sont attachants, l'humour fonctionne bien et le coté dramatique est bien géré. En revanche, si après la lecture des deux premiers tomes (j'écris ces lignes la journée où ils sortent), on n'accroche pas, je pense que ça serait inutile d'essayer de continuer plus loin.

31/03/2021 (modifier)
Couverture de la série Mégafauna
Mégafauna

Il y a des livres sur lesquels on tombe, et dont on a l'impression qu'ils sortent de nulle part, mais dont on sent qu'on va tomber amoureux. Mégafauna en est un bon exemple. Alliant uchronie et fantasy, cet album fait se regarder Homo Sapiens et Homme de Néandertal en chiens de faïence par-dessus une frontière qui n'a pas grand-chose à envier au mur de Game of Thrones. L'histoire, elle, est vue par les yeux du jeune Timoléon de Veyres. Médecin en formation, il est dépêché par son oncle et pour le compte du roi du Dombrak dans un royaume des Nors, auprès du dimaraal Vorel pour une mission diplomatique (et un peu d'espionnage, peut-être, mais ne le répétez pas). Cette mission, et la découverte de cette autre civilisation, vont être l'objet de bien des remises en question. Ce qui paraît naturel à Timoléon ne l'est absolument pas pour les Nors, et réciproquement bien sûr. On ressent très bien les incompréhensions, cette altérité, et on comprend de façon très naturelle que l'autre est bizarre, quel que soit cet autre. Outre cette thématique très présente, il y aura la religion, l'environnement, le rapport hommes / femmes. Le sud de la muraille est en effet une contrée chaude, où les animaux ont été chassés jusqu'à disparition et les arbres coupés jusqu'à épuisement, alors que le nord est au contraire une immense forêt verdoyante, peuplée d'une faune gigantesque allant jusqu'aux mammouths. Et hommes et femmes n'ont pas les mêmes rapports au nord et au sud, proposant des visions fort différentes de la société. Toutes ces thématiques, intrigues politiques, religion, environnement, altérité, rapport hommes / femmes, loin d'être pesantes et didactiques, parviennent à tisser une histoire fraîche, dépaysante et très agréable à lire. Et pourtant elles créent une richesse sous-jacente très intéressante. En 92 pages, ce one-shot a le temps de se développer, sans bien sûr pour autant être en mesure d'exploiter tous ces thèmes autant qu'on pourrait le souhaiter Le dessin et la colorisation ne sont pas en reste, qui participent à créer cet univers très particulier, et dont je ressors charmé.

30/03/2021 (modifier)