Les derniers avis (8337 avis)

Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aristée
Aristée

Dans la mythologie grecque, Aristée est un dieu mineur, le dieu associé à l'activité pastorale et à l'agriculture. Un album qui permet de vagabonder sur notre jolie planète, de passer de la ville inquiétante à une nature mystérieuse. Pour fil conducteur, une forme humanoïde d'une blancheur fantomatique, elle semble observer. Vincent Vanoli propose une narration muette qui laissera aux lecteurs le choix d'interpréter la succession d'images. Peut-être l'âme de la Terre ou Aristée lui-même qui vient faire le tour de son propriétaire, un état des lieux... Un dessin somptueux dans un beau format à l'italienne. Une image par planche pour mieux déambuler et en apprécier tous les détails. Un noir et blanc charbonneux qui est pour beaucoup dans mon plaisir de lecture. Une BD contemplative. Note réelle : 3,5. Coup de cœur graphique.

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Cuisine des ogres
La Cuisine des ogres

Généralement, pour ma pomme, un achat impulsif dépend bien plus du nom du scénariste ou du sujet du livre que du nom du dessinateur. Il y a toutefois des exceptions, et le nom de Jean-Baptiste Andreae en est une fameuse ! Il suffit que je voie son nom écrit sur la couverture d'une bande dessinée... en fait, il suffit que je reconnaisse son trait sur ladite couverture pour que je m'empare de l'objet. Andreae, pour moi, c'est la promesse d'une poésie gothique et flamboyante, de lumières sombres, de noirceurs lumineuses, de bleus profonds, de rondeurs, d'horreurs magnifiques et de beautés difformes. Alors, quand le sujet du livre semble avoir été spécialement choisi pour laisser le champ libre à l'artiste et quand le scénariste m'a déjà séduit par ailleurs, je me rue sur l'objet. A la lecture, j'ai trouvé ce que j'espérais... même si j'aurais aimé en avoir encore un peu plus. L'univers proposé convient à merveille à Jean-Baptiste Andreae et on sent bien qu'il s'y éclate. Ses planches sont riches de détails, de noirceur et de beauté. La colorisation est fascinante et envoutante. Les personnages sont à la fois séduisants et difformes. C'est vraiment beau à voir et c'est un délice de se plonger dans ces planches pour en scruter les petits détails. Le conte imaginé par Fabien Vehlmann est plaisant. Il dégage la noirceur et l'humour de la même couleur que l'on est en droit d'attendre d'un conte destiné (aussi) aux adultes. Il propose une belle palette de personnages mémorables (et pas seulement les principaux). Il offre une histoire riche en événements et en péripéties. Enfin la fin de cet album n'est pas celle à laquelle je m'attendais. Et ça, j'aime beaucoup ! Ce récit peut se lire comme un one-shot mais son sous-titre nous laisse espérer une suite (ce que sa fin laisse elle aussi sous-entendre). Quoiqu'il en soit, c'est une lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs de contes sombres (mais pas parodiques) et aux amateurs de beaux dessins. Un très chouette moment d'évasion à livre ouvert.

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Combat d'Henry Fleming
Le Combat d'Henry Fleming

A la suite du bel avis, adls, de Ro et sur le nom de Steve Cuzor qui m'avait épaté avec son Cinq branches de coton noir je n'ai pas hésité à m'offrir le très bel album que propose Air Libre. Je ne regrette ni sa lecture ni sa possession. Je ne connais pas le roman de Stephen Crane et je pense que cela n'a pas beaucoup d'importance. En effet, à moins d'être un spécialiste de littérature américaine en v.o difficile de dire pourquoi ce roman a fait date. Toutefois l'adaptation de Steve Cuzor se suffit à elle-même tant elle est de qualité dans ses choix de mise en scène, de découpages, de textes et d'images. Cuzor réussit l'équilibre parfait entre une introspection psychologique complexe et une explosion d'actions dont on comprend mal l'intérêt stratégique. En effet Cuzor place le lecteur au niveau de compréhension et dans le champ visuel du simple fantassin. Tout est impersonnel et indéfini : des sous-bois, une rivière, une butte avec une barricade tout est noyé dans une fumée qui rend l'orientation impossible. Les uniformes deviennent identiques ainsi que la folie meurtrière qui saisit chacun au moment de l'assaut. Pourquoi faire ? se demande l'homme Fleming dans ses moments de lucidité. Lucidité ou lâcheté ? Folie ou héroïsme c'est toute la complexité de l'intériorité du soldat/homme Fleming. Ces sentiments contradictoires qu'expose très bien l'auteur montre toute la complexité de l'œuvre de Crane. Une lecture moderne comme la mienne, souligne l'absurdité des ordres, des assauts meurtriers ou des avancées vaines. C'est une compréhension pacifiste issue de plus d'un siècle de massacres inutiles. Est-ce la vision de l'œuvre originale ? Je n'en suis pas sûr car le soldat Fleming surmonte ses peurs initiales pour aller au plus fort du danger en entrainant ses camarades vers la mort (ou la gloire dérisoire). Cuzor travaille très bien sur cette ambiguïté fondamentale du comportement de Fleming dans sa bataille. Le graphisme est à la hauteur de la mise en scène. L'auteur nous propose de l'excellence dans son style réaliste. Tous les visages sont finement travaillés dans l'étendue des expressions que peut produire le cerveau de l'homme. Aucun homme n'est négligé par l'auteur, même si il se trouve en arrière-plan la richesse de son apparence renvoie à celle de son irréductible humanité. En nous proposant une scène qui rappelle fortement "Le dormeur du val" (p68) Cuzor appuie tristement sur l'universalité du mal. Avec des uniformes différents, les scènes décrites pourraient avoir lieu encore aujourd'hui. Une très belle lecture où le fond et la forme sont d'une rare qualité. Je n'ai aucun souci pour ma notation.

17/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Apprendre à tomber
Apprendre à tomber

Le hasard de mes lectures fait que je découvre coup sur coup des auteurs allemands. Après Voyage de malade de Joséphine Mark, place à Mikaël Ross, un auteur qui ne m’est pas inconnu, la plupart de ses séries sont dans ma liste à lire mais c’est bien le 1er album que je lis de lui … Et bien franchement j’ai adoré, vous pouvez y aller tranquille. Le seul reproche que je peux faire, c’est qu’en fait ce tome est un album de commande d’un institut religieux pour ses 150 ans. C’est expliqué en pré ou postface (je ne sais plus) mais heureusement ça reste complètement anecdotique durant la lecture. Sinon bah c’est du très bon, justesse de la mise en scène, des personnages, des sentiments … l’auteur déroule son récit de main de maître. Je ne pensais pas être autant emporté par ce petit monde, la fin est très belle, en plus d’être réussie. Je suis un peu chiche, je vous renvoie au bel avis de Noirdésir pour en savoir plus. Je passe juste pour vous encourager à tomber sur ce chouette album et ne pas vous arrêter à la couverture.

16/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Après la rafle
Après la rafle

J'ai été très touché par ce livre témoignage qui éclaire les jours qui ont suivi la rafle du Vel'd'Hiv'. Arnaud Delalande est le porte-parole de Joseph Weismann pour nous livrer un récit authentique et bouleversant à hauteur de vue d'un enfant de onze ans. La série reprend le livre "Après la Rafle" pour proposer légitimement son message à un public plus large. Le récit est d'une grande justesse et n'a pas besoin d'en rajouter dans la dramaturgie tellement plusieurs scènes sont déchirantes, même 80 ans après les faits. Les auteurs s'appuient sur l'histoire de la famille de Joseph pour montrer l'implication du système de Vichy dans le déroulement de cette ignominie. En effet le récit montre comment les autorités allemandes ne sont pratiquement pas intervenues pour mettre en œuvre leurs directives criminelles. C'est avec effarement que l'on relit une fois de plus comment la chaîne de commandement qui part de Bousquet a pu aboutir à cette monstruosité. Le récit se concentre sur l'aventure des deux Jo mais s'oriente aussi sur le travail de deuil qu'ont connu les survivants dans un état d'esprit de culpabilité. Un ouvrage qui apporte sa pierre à l'édifice de mémoire sous une forme que je ne connaissais pas. Je n'avais pas vu le film ni lu le livre d'où la série est tirée. Je m'en félicite car cela donne une puissance émotionnelle forte au récit. Le graphisme de Laurent Bidot travaille dans la sobriété qui convient à la narration. C'est expressif et très détaillé sans verser dans le sensationnalisme. Une excellente lecture pour les ados et au-delà.

16/03/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trois chardons
Trois chardons

Histoire belle, douce et sans surprise ! Je comprends les réticences de Mac Arthur, le suspens n'est pas la premiere qualité de ce scénario ! Les trois chardons sont trois sœurs nées de la lande et parties où pas , elles cultivent leurs différences mais à l'occasion d'un deuil, elles vont se ressourcer ensemble et repartir du bon pied. Pour moi qui n'ai pas eu la chance de connaître cette île de Skye, ces paysages et cette ambiance de bord de mer paysan des années 30 m'ont empli de bien-être et de calme. Le dessin, élégant, associé à la couleur très bien composée donne le sentiment d'être repu. Les rapports entre les personnages qui semblent assez simplistes au départ, prennent un peu d'épaisseur au cours de l'aventure. Un beau cadeau pour un.e ado mélancolique. Et un bon moment de lecture pour les autres quand ils/elles n'ont pas envie de se prendre la tête !

15/03/2024 (MAJ le 15/03/2024) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bombe
La Bombe

J’ai vraiment aimé cet album qui tient la route du début à la fin. Pas facile de le lire après avoir vu « Oppenheimer » de Christopher Nolan. Mais les auteurs ont su trouver un angle intéressant à la fois évident et original, celui de l’uranium qui attend son heure de gloire. Hormis cette comparaison de circonstance, l’album est un concentré d’informations à la fois précises et faciles à comprendre, même quand il s’agit d’aspect purement physiques. Un très gros travail documentaire. Un autre intérêt de cet album est de donner une vraie place aux opposants à la bombe qu’ils aient ou non participé au projet. C’est en général assez peu développé de même que de prendre le temps de montrer la vie au Japon, dans une société militarisée avant que la bombe ne détruise tout. Bref, mêlant un peu de fiction et beaucoup d’histoire, cet album au dessin percutant est une vraie réussite.

13/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Arca ou la nouvelle Eden
Arca ou la nouvelle Eden

Cette lecture m'a fortement enthousiasmé. Un scénario solide et maitrisé de bout en bout. A la lecture terminée, on ne décèle presque pas de faille à l'intrigue et à son déroulement incluant les motivations des différents protagonistes. L'histoire aborde des thématiques maintes fois visitées et revisitées en Science-Fiction (SF), mais donne lieu ici à un angle et une mise en place salutaire et fort à propos => Bref présentation des personnages, leurs classifications et occupations à bord de l'Arca et même un plan succinct (mais suffisant) du vaisseau. Le cadre est planté et on s'y sent bien. Le dessin n'est pas impressionnant en tant que tel mais il a ce coté "Matt Kindt" que j'apprécie particulièrement, et qui sait se montrer ultra efficace, particulièrement dans le séquençage, la clarté des actions et l'identification des personnages. Bien entendu, vous l'aurez compris, tout n'est pas rose sur Arca et on va vite déchanter pour ne plus lâcher le livre avant d'avoir compris le fin mot de l'histoire. Je tiens à souligner la très grande qualité de l'impression proposé par "404 éditions", la maquette est juste superbe proposant un grain de couverture et de pages intérieurs fort agréable au toucher. Petit Bémol, au moins deux/trois grosses typos m'ont particulièrement heurter la rétine. Pour conclure néanmoins, fort probablement un des top 10 SF de 2024. De la Science-Fiction haut de gamme.

13/03/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indociles
Les Indociles

Je crois qu'il n'y a pas de meilleure manière de commencer cette critique que par un énorme Merci à Grogro, dont les discussions dans la voiture à Angoulême m'ont convaincu d'acheter cette BD dès que je suis rentré. Et je ne redirais jamais à quel point ce genre de conseils peut-être précieux dans les lectures, parce qu'une pépite de ce genre ça vaut son prix. Le pavé est peu engageant de prime abord : 50 € pour un pavé si lourd et dense, empli de textes et de petites cases, annonçant une longue et fastidieuse lecture, qui en voudrait ? Et pourtant, merci grogro, on peut se laisser à l'acheter, le feuilleter, commencer à la lire. Et dans mon cas, le poser (après avoir du difficilement l'abandonner deux fois pour des raisons futiles, comme le travail) près d'une journée et demi après, pour rester habité par ce que je venais de lire. Quelle force ! Je dois le souligner directement, tant c'est ce qui m'a le plus surpris, mais cette BD est d'une force incroyable : elle happe et entraine, alors que l'histoire racontée n'est ni follement originale ni incroyable, aux rebondissements et retournements incessants. C'est proprement stupéfiant à quel point le récit m'a pris dans son intrigue en quelques pages, en quelques moments. Très vite Lulu, Jo et Chiara sont introduits, globalement cernés et leur monde peut se déployer. Le monde des années 60, dans toute leur horreur (dirait Gébé). Un monde de pensionnat catholique, de patriarcat décomplexé, de puritanisme moral et bien sur, de contre-culture émergente. Une contre-culture hippie, communiste, libertaire qui se dessine progressivement dans le Jura Suisse. La BD va balayer des dizaines d'années pour déboucher dans les nôtres, balayant les espoirs et les rêves, rappelant la dure et lourde réalité qui s'est abattue sur le mouvement de contestation des années 60. La BD semble dire que ce ne fut pas que la faute du vilain système contre les gentils contestataires, qui restent aussi des humains dans toutes leurs contradictions. Parfois cons, parfois touchants, souvent naïf et amusants, les trois protagonistes sont terriblement humains. Leur histoire sonne juste, les dialogues sonnent juste, tout fait vrai. C'est le genre de BD qui laisse songeur pendant longtemps après sa lecture par ce qu'elle raconte. C'est Les Vieux Fourneaux version Suisse, en somme. Ces vieux qui ont lutés, y ont crus, ont échoués. Leur combat d'hier sont contre un monde qui n'existe plus aujourd'hui mais semble vouloir revenir sans cesse. Christophe Blocher ou Trump, Marine LePen ou Giorgia Meloni, cet ancien monde que l'on espérait ne plus jamais revoir semble revenir d'entre les morts. Et "Les Indociles", c'est le manifeste de ceux qui étaient déjà là contre eux avant. Plutôt qu'un parcours à suivre, leur vie sonne comme un rappel de ce qui a été fait. On peut l'avoir oublié, on peut se dire que c'était mal fait et ridicule, voir contre-productif. Mais peut-être que ce genre de BD nous permets de redonner espoir quand on se demande pourquoi lutter. Et pour la jeune génération, c'est important de retrouver non pas des modèles mais des inspirations. Finalement, cette BD nous parle de la lutte collective comme émancipation, d'amour comme échappatoire au poids de la vie, à l'obstination parfois bête comme mode de vie. C'est pas une glorification, mais une histoire émouvante. Et je ne peux qu'avoir une immense sympathie pour ces gens qui restent bien loin d'un idéal que j'aurais envie d’imiter, mais je suis aussi impressionné par ce qu'ils ont fait là où ils étaient. Voir le monde des années 60 de leur point de vue fait prendre conscience qu'il nous est facile de les critiquer. Mais on parle d'un monde sans radio libre, aux informations plus lacunaires, aux discours catho sur les ondes et dans l'école. Tout refuser en bloc n'était sans doute pas la solution, mais il fallait essayer pour le savoir. J'ai adoré ma lecture -merci grogro- et je n'ai qu'une envie : la recommander à tout le monde. C'est un morceau d'histoire, une Histoire sans grand personnage ni grands moments, juste des vies quotidiennes qui se nouent ensemble. On parle d'homosexualité, de politique, de parentalité, de transformation du monde, d'émancipation des femmes, de machos et de beaufs, de drogue et de musique. Les auteurs montrent le passage de flambeau d'une génération à une autre ... Et putain, ça fait du bien au moral, quoi ! Ça requinque, ça donne envie de s'y mettre ! Franchement, le reste on s'en fout : le dessin, la pagination, les couleurs, tout ça, c'est super. Je vous l'ai dit, c'est super lisible ! Alors j'arrête de déblatérer, si je vous ai pas convaincu, je pourrais pas le faire et je sais pas ce qu'il vous faut. Ouais, c'est le genre de BD qui donne envie d'en parler pendant deux heures avant de se dire "Non, mais en fait on s'en fout : lis-la". Le conseil est passé, à bon entendeur, salut ! Et merci grogro du conseil.

12/03/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Meunier hurlant
Le Meunier hurlant

Et oui, les deux univers Dumontheuil et Paasilinna (romancier finlandais à l'humour forestier) ont vraiment quelque chose de commun. Une sorte d'admiration pour les personnages dont l'énergie intérieure les mènent loin du commun des mortels. Ici l'histoire reste assez romanesque mais pointe les mesquineries dans lesquelles s'enfèrent souvent les groupes humains. Un type venu du sud vient s'installer dans le moulin abandonné et le remet en fonctionnement. Le village est d'abord séduit, mais ça ne colle pas finalement et c'est comme si la société ne pouvait pas reconnaître en l'Autre sa propre humanité. Toutes les règles sociales que chacun a eu tant de mal à intégrer, on ne supporte pas qu'un étranger puisse s'en affranchir. Et une violence organisée enfle et déborde à la recherche de la destruction de l'intru. Ce qui est plaisant ce sont les personnages qui ne hurlent pas avec les loups, mais soutiennent le héros, reconnaissant en lui un peu d'eux même (le facteur, le garde champêtre et la conseillère agricole) leur bonté touche, et l'intelligence inadaptée de Ragnar aussi. Les animaux ont une grande importance et on retrouve l'espieglerie et le goût de l'observation silencieuse de Paasilinna. Pour le dessin, j'aime toujours l'expressivité des personnages, dans un trait assez épais mais adapté à chaque contour. Les nuances de gris que l'auteur a préféré à la couleur donne un aspect suranné qui pousse aussi l'album vers le récit de trapeur. Par moment un faux air de "Le magasin général" mais dépouillé de tout bon sentiment, l'environnement y est présenté comme moins rude que la société. Et j'ai aussi pensé à "Martha James Canary" pour le mode de vie aventureux et western renversé. Je ne mets pas 4 étoiles parce que cette vision cruelle de la société reste douloureuse pour moi, c'est comme si l'intelligence était condamnée dans nos organisations humaines : c'est foncièrement pessimiste : l'humour noir est un sacerdoce que je ne reprends pas totalement à mon compte !

11/03/2024 (modifier)