Saint Exupéry - Le dernier vol

Note: 3.57/5
(3.57/5 pour 7 avis)

Les dix dernières minutes du célèbre pilote de l'aéro-postale.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Auteurs Italiens Aviation Pratt

Dans un ciel d'azur, Antoine pense. Il pense à sa vie, à son oeuvre, ses amis, ses amours. - S'il te plait, redessine-moi un mouton. - je te l'ai dessiné la dernière fois... - l'autre s'en est allé avec une étoile... Des allers-retours entre le présent et ses souvenirs : la guerre, l'aéropostale, Mermoz, le Guatemala... Dans son ciel d'azur, Antoine s'ennuie et rêve du calme des allées de cyprès des cimetières. 31 juillet 1944. Antoine de Saint Exupéry s'envole de Borgho pour ce qui sera son dernier vol.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1995
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Saint Exupéry - Le dernier vol
Les notes (7)
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Par Superjé
Note: 3/5

C'est le premier album que je lis d'Hugo Pratt, la coïncidence veut que ce fût aussi le dernier album de Pratt. J'avais choisi cet album car je ne connais pas grand chose de la vie d'Antoine de Saint-Exupéry. Je sais juste que je n'ai pas trop accroché au roman Le Petit Prince. La longue préface de l'album qui est en fait la biographie de Saint-Exupéry aurait pu me suffire car elle résume bien sa vie et j'ai appris pas mal de choses. Et elle introduit bien le récit. Récit que j'ai trouvé assez dur à saisir mais relativement beau et onirique. Il n'est pas super captivant, mais se laisse lire. Je suis un peu déçu de ma "rencontre" avec Pratt mais je suis d'accord pour lire d'autres albums de lui. Le dessin, je l'ai trouvé très "gras" (dans l'encrage) et épuré, un peu nerveux et pas soigné (à part pour certaines cases où on voit un avion, mais où c'est le même dessin qui revient). Les couleurs elles sont assez basiques et trop pastel. Un livre assez intéressant sans être génial.

22/09/2011 (modifier)

Ce que je connaissais de Saint-Exupéry se résumait au fait qu’il a écrit ‘Le petit prince’, qu’il était aviateur et qu’il est mort pendant la guerre. Cet album, à défaut de m’avoir véritablement transporté, m’aura à tout le moins davantage renseigné sur la vie de cet illustre Français. Le plus intéressant dans cette bd, c’est finalement sa préface. En plus d’être passionnante – ce qui, il faut bien le reconnaître, n’est pas le cas de toutes les préfaces –, celle-ci introduit parfaitement le récit. Elle retrace ainsi toute la vie de Saint-Ex, avant que Pratt ne raconte les dernières minutes de la vie de l’aviateur. Pris en chasse par la Luftwaffe au-dessus de la Méditerranée, ce dernier se remémore les événements marquants de sa vie, qui se mêlent confusément au présent. La lecture de la préface m’aura ainsi permis de saisir les nombreuses références au passé du héros. Concernant le dessin, je me contenterai de dire que c’est du Pratt tardif et donc très épuré. En conclusion, cet album, s’il n’est pas aussi divertissant que les magnifiques séries d’aventure dont Pratt avait le secret, n’en demeure pas moins un très bel hommage d’un grand homme à un autre.

07/11/2010 (modifier)
Par Belhou
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Pratt a eu une très bonne idée en réalisant cette adaptation BD de la mort d'Antoine de Saint-Exupéry. Suggestion poétique de la fin d'un des plus grands auteurs du 20ème siècle, qui a dit qu'il n'a plus vécu depuis l'enfance. Certains trouveront ce récit étrange. En effet, il se déroule sur 10 minutes ! Saint-Exupery, qui était un aviateur durant la seconde guerre mondiale, vit ses derniers instants lors de ce vol. Il se remémore des choses agréables, il lui arrive plein de choses qu'il ne comprend pas, un brouillard s'installe, frontière entre le réel et l'irréel. Et à la fin du souvenir, la mort... Ce récit est assez compliqué, car il mêle habilement passé, présent, imagination de cet auteur que plus rien ne rattachait à la vie, sauf sa mère, à qui il voue un amour sans faille, et qui est le symbole de la protection de l'enfant qui ne sait rien de la vie (il le dit lui même : s'il est blessé, sa mère le soignera, s'il revient, il aura quelqu'un à embrasser, s'il meurt, il aura quelqu'un à attendre dans l'éternité). Car Saint-Exupéry n'a pas apprécié de grandir. Cela se ressent dans ses œuvres, des trésors philosophiques du siècle passé. Vous devez sûrement vous poser une question : qu'y a t-il d'étonnant, un gars qui va bientôt mourir et qui parle à des gens ? C'est sûrement ce qui nous arrive quand on meurt, on pense à ces moments simples mais ô combien réjouissants. Le dessin de Pratt est parfait dans ce one-shot, il atteint son apogée. Car l'auteur arrive à rendre sublime une nappe de brouillard, avec un avion français en difficulté à l'intérieur. Les couleurs de Patrizia Zanotti s'accommodent à merveille avec le dessin. Ce souci du réel, mêlé à l'irréel, cette finesse, cette sensibilité et cette simplicité de cet album en font un petit bijou que je ne peux que vous conseiller de lire. C'est l'histoire d'un auteur qui est mort pour la France, pourchassé par des avions allemands, et qui savait tout faire... Que dire de plus : "Le dernier vol" est plus qu'un album, c'est un témoignage subjectif, mais qui arrive à avoir une âme. On se dit : Saint-Exupery a sûrement pensé cela à ce moment. La préface de cet album est de Frédéric d'Aguay, le traduction de Sylvina Pratt et le lettrage de Pomme Verte. Un ultime vol d'un humanisme profond...

15/06/2010 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'aime beaucoup les livres de Saint Exupéry et il était sans aucun doute un grand humanisme, mais cela ne suffit pas pour rendre le récit passionnant. Pour que je m'intéresse à la vie d'un personnage célèbre, il faut au moins qu'il se soit passé des choses captivantes dans sa vie. Ici, Saint Exupéry se promène en avion et il rencontre des gens. Désolé, mais ce n'est pas suffisant pour moi. Il m'en faut plus. SPOILER En revanche, j'aime beaucoup la scène où Saint Exupéry sort de l'avion et se promène dans les airs. Il y a quelque chose d'étrange dans ces pages qui m'attire. J'aime beaucoup lorsque le rêve et la réalité se mélangent. Naturellement, il faut que ça ne soit pas confus et c'est exactement le cas ici. FIN DU SPOILER

12/04/2009 (modifier)

Le denier vol : titre prémonitoire pour cette œuvre de Pratt. Relier Pratt que je considère comme le plus grand en BD et St Exupéry dont je considère les écrits comme majeurs dans la philosophie au XXème siècle c’était forcément un cocktail détonnant. Pourtant j’avais peur de le lire, peur de cet ouvrage de fin de vie. Car dans les productions de Pratt en fin de vie, les dessins étaient nettement moins précis que quelques temps avant, je redoutais donc d’être déçu… Au final j’ai été ébloui, car non content de transcrire avec une poésie infinie l’univers de St Exupéry, on retrouve toutes ses œuvres toute sa pensée. Humaniste au sens de l’amour de l’humain, vous aurez devant vous un hymne à la tolérance, à l’amour d’autrui où poésie et philosophie se mêleront avec justesse et percussion. Hallucinations ? Je dirais plutôt que nous sont présentées les rêveries d’un idéaliste qui de temps en temps reprend pied dans la réalité. Le dessin sans retrouver la précision d’un album comme « les celtiques » se fait courbe et épouse la rêverie. Le texte prend forme, la poésie vit en ces planches. Notre monde ne doit pas se résumer à un dualisme primaire et exclusif. Autrui n’est pas un ennemi si l’on veut bien tenter de voir par delà des idéologies castratrices ou un individualisme au final vide de sens. St Exupéry était un grand philosophe dont beaucoup réduisent les propos à son petit prince en le faisant passer pour un conte pour enfants, Pratt lui rend ici hommage pour son message universel : plumes, textes, noir et blanc s’associent pour donner une porte de sortie dans notre société inhumaine à l’homme : de l’espoir en lui-même…

08/04/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Hugo Pratt est à la bande dessinée ce que Picasso a été à la peinture ou encore Jules Verne au roman d'aventure. Je ne fais que constater un fait indéniable ; après on aime ou on n’aime pas... Le dernier vol est la dernière oeuvre du Maître qui s'en est allé après ce titre bien prémonitoire. En l'occurrence, il raconte les derniers instants vécus par Antoine de Saint-Exupéry alors qu'il effectuait une mission en Méditerranée pour le compte des Forces Alliés le 31 Juillet 1944. Le personnage est connu par ses talents d'aviateur et également pour son "Petit Prince", conte pour enfants qui a fait le tour du monde. Alors qu'il est pourchassé par deux chasseurs allemands, il se remémore les moments les plus importants de sa vie : son amitié avec Mermoz, sa rencontre avec Consuelo Gomez Carrilo lors d'un tango en Argentine, son crash dans le désert saharien ainsi que son sauvetage par des bédouins, ses faits d'arme lors de la guerre d'Espagne, une rencontre hypothétique avec sa soeur Simone, son opération au Guatemala lors d'un énième accident, le sauvetage de Guillemet dans la cordillère des Andes... On sait que la fin est inéluctable ce qui rend le récit d'autant plus attachant et mélancolique. Dans cette espèce de délire, on croisera même le petit prince et des nuages en forme de moutons comme un ultime clin d'oeil. J'ai beaucoup d'admiration pour Antoine de Saint-Exupéry que je considère comme un vrai héros national. On a beaucoup critiqué son patriotisme au moment de la France de Vichy qu'il quitta pour les Etats-Unis sans tomber dans l'escarcelle du Général de Gaulle. A la fameuse phrase du Général : "Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre", il répondait : "Dites la vérité Général, nous avons perdu la guerre. Nos alliés la gagneront !" En effet, il ne veut pas accepter que qui que ce soit se déclare le chef d'une France libre qui divise le pays qui devrait rester un et uni. Il s'agirait le cas échéant de méditer sur cette opinion peu commune alors que nos livres d'histoire dresse l'antagonisme d'une France contre l'autre : celle des héros contre les vendus. A la fin de sa vie, il déclarera qu'il avait prouvé aux Etats-Unis (pays où il avait un lien très privilégié) qu'on pouvait être bon français, antinazi, antiraciste, et ne pas plébisciter cependant le futur gouvernement de la France par le parti gaulliste. Le 30 juillet au soir, il avait laissé deux lettres sur la table de nuit de sa chambre dont l'une à un ami qui disait: "Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m'épouvante. Et je haïs leur vertu de robots. Moi, j'étais fais pour être jardinier". Modeste, le gars ! Je précise que tout ces détails ci-dessus ne sont pas racontés par la bd en question (ce n'est donc pas un spoiler) mais cela permet peut-être de se faire une idée de ce qu'était Saint-Exupéry pour lequel Hugo Pratt vouait également la plus grande admiration. A bien y regarder les qualités sont les mêmes pour ces deux hommes d'exception : conteur infatigable d'aventure et profondément humaniste.

06/04/2009 (modifier)

En 12 minutes, la vie du grand homme est savamment mixée par un autre grand homme, peut-être le seul à pouvoir faire ça. Les méandres de la mémoire sont bien rendus, entre hallucinations et retour à la raison, Pratt nous entraîne et nous n'avons plus qu'à nous laisser faire. Un hymne au rêve, à la passion, un véritable hommage. Magnifique.

14/04/2004 (modifier)