Les derniers avis (7342 avis)

Par FredGri
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Raptor
Raptor

J'avais lu, l’Été dernier la version originale chez Dark Horse, mais je m'étais tout de même rendu compte de la complexité de la langue McKeanienne, très littéraire, avec un vocabulaire recherché et précis. Du coup, en voyant la version française chez Futuropolis, je dois bien avouer que j'étais content. Et j'ai donc redécouvert ce très bel album, profond, pas toujours très facile à aborder, mais qui mérite d'une part qu'on aille jusqu'au bout, et d'autre part qui sait se dévoiler progressivement, tout en gardant ses petits secrets ! Une nouvelle fois McKean montre qu'il reste un artiste exceptionnel (j'adore les séquences déclinées avec le faucon et sa proie, que c'est beau !), mais qu'en plus il sait aussi écrire avec une vraie sensibilité des récits qui nous interrogent, nous surprennent et nous émeuvent ! Un voyage qui ne laisse pas indifférent, à lire et à relire ! Très conseillé !

05/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Raptor
Raptor

J’ai beaucoup d’affection pour le travail de Dave Mckean… ses albums complets, ceux qu’il scénarise. Je me sens cependant bien seul en ces lieux. Mon avis reste souvent le seul, à part peut-être Cages qui avait attiré plus d’attention, mais pas toujours positive (pas récemment en tout cas – le dernier avis très positif datant de 2006). Je me suis jeté sur son nouvel album avec trépidation, et je l’ai lu deux fois d’affilée… pour en comprendre les méandres, mais aussi pour en apprécier la richesse. On retrouve le même genre de narration à deux niveaux : une histoire au premier degré, qui nous montre deux personnages tentant de communiquer entre deux mondes, par les écrits. Mais l’auteur l’enrichit (ou l’alourdit, selon le point de vue) de réflexions sur l’art, la vie, la nature… les textes sont poétiques voire abscons, et je suis toujours resté à la limite de la compréhension, persuadé de savoir où l’auteur voulait en venir, mais avec une impression que certains éléments m’échappaient… en tout cas ma lecture fut stimulante et agréable, pas de doute. Et j’aime toujours son travail graphique, ce mélange de plusieurs techniques, cette poésie ambiante. Un excellent album pour les fans de l’auteur… mais où sont-ils, exactement ?

04/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

J'ai dévoré les deux livres de nicolas Wild. Quelques mois après la chute de Kaboul, une sorte de Saïgon 2, Kaboul Disco 1&2 se lisent avec un autre oeil. Beaucoup des événements dramatiques , d'un point de vue ONUsien, étaient annoncés dans l'ouvrage de Wild!! Quel échec malgré les milliards de dollars déversés en un temps record sur Kaboul. J'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est un témoignage vécu de premier ordre. Même reclus dans un quartier d'ONG occidentales, c'est beaucoup de courage que de rester à la merci d'un fanatique à la colère exacerbée par des évènements qui ont eu lieu de l'autre côté du monde ( Guantanamo , Copenhague). Nicolas Wild décrit avec beaucoup d'humour sa vie quotidienne à la fois dans son travail et dans ses rapports sociaux. Il ne tient pas toujours le beau rôle. Cette autodérision ajoute à l'humour et à l'autenticité du récit. Cet humour est la grande force de l'histoire mais quelque fois une faiblesse car comment rendre avec humour les massacres des années communistes ou le différentiel de niveau de vie entre les expat ,même associatifs, bourrés de dollars en comparaison des familles afghanes devant élever leurs enfants handicapés avec quelques afghanis qui n'arrivent pas. Le second livre qui nous montre la lutte contre l'opuim le décrit de façon très explicite. Vouloir imposer une morale, même légitime par la force, a toujours conduit à des catastrophes. Le 15 août 2021 nicolas Wild devait penser au très beau et prémonitoire passage de son tome 1 écrit en 2007 quand le poète récitait " Dormez mes enfants car bientôt un roi défunt/ Transplantera, pour accomplir son noir dessin/ La belle rose de l'Afghanistan dans son jardin." Beaucoup de décideurs auraient du lire les livres de monsieur Wild car il expliquait très simplement ,comme il l'avait fait avec la constitution afghane pour des illétrés, à travers des personnages de BD amusants, les germes de la plus grande humiliation de la "Communauté Internationnale" en ce début de siècle. Fallait il que cela passe les portes blindées de quelques tours d'ivoire.

03/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Rock et si je ne m’abuse le Roll
Le Rock et si je ne m’abuse le Roll

Killoffer est l’un des fondateurs de L’Association et il a l’air d’être un sacré personnage. Je n’accroche pas à toutes ses productions mais j’aime quand il use de son dessin noir et blanc comme ici, ça me parle bien. Et j’apprécie beaucoup ce petit album, le dessin donc, mais aussi une certaine densité dans l’histoire. L’auteur se mettant en scène avec son avatar Kilo dans un bon et beau délire. Il se la joue rock star et son groupe n’est autre que les autres membres de L’Association. Le décalage de son personnage est assez jouissif, le ton sans être hilarant m’a énormément amusé (le costume, le logo …), et je trouve déjà le dessin de couverture et le titre très très bons. J’y ai descellé plusieurs niveaux de lectures. Une 1er degré où l’on suit ce looser magnifique et attachant qu’est Kilo, et une 2ème bien plus finaude pour qui connaît l’histoire de cette maison d’édition et le schisme de 2005/2006 où seul J-C Menu gouvernera (voir l’album Quoi !), et qui donne une meilleure compréhension de la dernière page. Tout ça pour dire que j’aime beaucoup, une petite réussite tout en métaphore et double lecture (l’album datant de 2006). Et un petit coup de cœur pour ce personnage de Kilo.

02/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma
Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma

3.5 J'ai attendu que le premier tome soit disponible à la bibliothèque pour le lire parce que même si j'aime bien globalement Riad Sattouf, je ne savais pas si je trouverais cela intéressant de suivre un acteur français que je ne connaissais même pas. Oui, depuis plusieurs années je regarde de moins en moins de films, et le cinéma français qui m'intéresse le plus c'est le cinéma populaire des années 50-80, alors je n'ai jamais vu de films avec Vincent Lacoste et les deux films français les plus récents que j'ai c'est les deux films en 3D d'Astérix, ce qui doit être assez pour vous montrer à quoi se résume ma connaissance du cinéma français moderne. Donc voilà comme le sujet principal m'intéressais moins que de suivre la jeunesse de Riad Sattouf, j'avais peur de m'ennuyer un peu. Et puis au fil des pages, j'ai trouvé que c'était pas mal et j'ai complètement embarqué dans le scénario lorsque Lacoste devient le personnage principal. J'ai vite trouvé cet ado que je ne connaissais pas complètement attachant. Sattouf fait partie des auteurs qui ont le ton juste pour raconter la vie quotidienne, toutes les anecdotes de l'album sont intéressantes, souvent drôles et parfois un peu tristes. Sattouf est vraiment le meilleur pour montrer la galère qu'est la vie des jeunes. J'ai aussi bien aimé voir l'envers du décor et découvrir les coulisses d'un tournage de film. Bref, j'ai passé un bon moment de lecture et j'ai bien envie de regarder le film de Sattouf !

01/05/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Lax est un maître conteur en humanité ! Je ne sais pas si sa formidable histoire d'Amédée Fario est pure fiction ou possède un fond de réalité mais peu importe. Mon premier avis sur le site était dédié à Marathon, c'est dire si l'effort solitaire avec un dépassement de soi gratuit m'attire. Même si mes légendes sont plutôt Zatopek, Mimoun ou Abebe Bikila, j'ai aussi rêvé sur les noms de Gaul, Coppi, Bahamontes Thévenet ou Hinault. Petit-Breton est un nom que l'on se transmettait de génération en génération comme le trésor d'un patrimoine sportif historique qu'il ne faut pas oublier. Merci à Lax de nous rendre ce patrimoine en images si belles. Au-delà de la belle histoire d'Amédée, c'est la formidable histoire des premiers Tours que l'auteur fait revivre. Effort, solidarité, créativité de la technique et de l'hygiène sportive, vision des organisateurs sur l'impact populaire d'un grand événement sportif, il y a tous ces thèmes très bien mis en valeur dans l'ouvrage. Evidemment, 1910,1911,1912,1913, le récit s'égraine comme une pendule tragique qui avance vers l'indicible. L'ombre portée de la guerre est toujours présent dans l'esprit du lecteur. Toutes ces vies, ces histoires non écrites à cause de ces vieillards ventripotents et galonnés qui vont envoyer des millions d'Amédée à la mort et produire des monstres encore plus terrifiants. 100 ans après, j'en ai encore de l'amertume dans la bouche et un ouvrage comme celui de Lax nous rappelle ce monstrueux gâchis. Je suis fan du dessin de Lax depuis ma lecture du Choucas. Lax ne nous vend pas de la Pin-up ou du BG body buildé (encore que Amédée est BG et Adeline à croquer) mais ses visages dans l'effort sont magnifiques. Son trait presque caricatural se prête bien aux rictus grotesques qu'ont tous les sportifs (moi le premier) au bout de leurs forces. Lax partage avec Cosey ses grandioses descriptions de montagne. Ici nous sommes gâtés. C'est dur, caillouteux, anguleux et froid mais c'est beau. Les teintes jaunes et bleutées sont piles dans les ambiances voulues. Lax revient aussi sur le thème du handicap surmonté, probablement un hommage à son frère, cela enrichit aussi un récit qui n'a aucune faiblesse à mes yeux. Pour finir, voilà une histoire qui crée de l'émotion, de l'empathie pour tous les personnages. Une lecture qui ne m'a pas laissé insensible.

01/05/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Album de l'année
L'Album de l'année

Paru six ans après Le Steak Haché de Damoclès, « L’Album de l’année », titre faussement prétentieux et surtout autodérisoire, part sur une idée simple mais astucieuse : réaliser une case par jour pendant un an, à la façon d’un journal de bord. Les cases se suivent sans ligne narrative particulière, décrivant juste la vie ordinaire d’un auteur de BD au succès (encore) confidentiel, avec ses tracas du quotidien et ses états d’âme un rien autocentrés, façon Caliméro. Et ça fonctionne extrêmement bien, parce que Fabcaro possède un vrai talent : recourir à un sens de l’humour très décalé qui lui permet de faire rire le lecteur et l’empêche de s’appesantir sur son sort. En 2009, Fabcaro est un jeune papa de 36 ans avec une dégaine d’étudiant attardé manquant un peu d’assurance, un rien désabusé. Il nous parle en vrac de ses petites galères en tant que père ou auteur de BD, de son hypocondrie, de ses gaffes, de ses rêves bizarres, de son incompétence en matière de bricolage ou encore des sempiternels repas chez ses parents, toujours un brin inquiets pour l’avenir de leur fils. Et on aime ça parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre d’un jour à l’autre. L’auteur utilise avec brio le procédé du « running gag ». Les conversations sans intérêt qui se prolongent ont tôt fait de l’ennuyer et très souvent, il décroche. Comme dans Le Steak Haché de Damoclès, les paroles interminables de l’interlocuteur se transforment en onomatopées vaporeuses, (wouwouw…) et c’est bidonnant à souhait ! On apprécie également les petits proverbes nonsensiques inaugurant chacune des 52 pages du journal. Jugez plutôt : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi pour le rouer de coup » (c’est de l’humour, hein !) ou « Un homme averti parce que je le vaux bien ». Un livre susceptible de provoquer des décrochages de mâchoires intempestifs. Le trait à la puissance comique incontestable reste très proche de celui du « Steak haché », pour notre plus grand bonheur. Un très bon Fabcaro assurément, un véritable antidépresseur ! Tout achat de ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale !

30/04/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cotus et Léon
Cotus et Léon

Je me suis procuré cette bd juste sur l'avis de Tomdelapampa et je ne le regrette pas. J'ai tout aimé. TOUT. Un album de petite taille qui se dévore d'une traite. Un scénario foutraque où la fantasy et  l'humour barré se mélangent avec bonheur. Deux frères, Léon le guerrier et Cotus le magicien vont devoir partir en mission pour sauver le monde. Ils seront accompagnés par Pitch le chien qui ne cessera de subir quelques transformations et de la pulpeuse elfe Analiell qui les rejoindra en cours de route. Deux héros portés sur les plaisirs de la chair et qui ne transpirent pas par leur intelligence. Par chance les méchants ne sont pas mieux lotis. Un récit où la subtilité n'est pas de mise avec son humour décalé, ses gags visuels et ses personnages demeurés. Une narration fluide qui rend ce grand n'importe quoi "crédible" avec sa fin explosive. Effectivement, graphiquement cela ressemble à Mike Mignola, on reconnaît les visages anguleux mais dans un style plus caricatural. Un dessin qui colle parfaitement au récit. J'ai pris énormément de plaisir. Que demander de plus ? Si vous êtes déprimés ou si vous êtes adeptes d'absurdité, alors cet album est fait pour vous.

30/04/2022 (modifier)
Par Seube
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Légendes des Contrées Oubliées
Légendes des Contrées Oubliées

Je vais faire le difficile parce-que cette petite série a bien plus d'atouts que de défauts. Je ne critiquerai pas le scénario, riche d'évènements et de péripéties. Je sors de cette lecture avec le sentiment d'avoir parcouru 10 tomes alors que cette histoire n'en compte que 3. L'équilibre est parfaitement réussi entre le rythme soutenu du récit et le scénario délesté de toute fioritures anecdotiques. On nous envoie facilement de "pays en pays" comme dans un Seigneur des Anneaux, et chaque région possède sa singularité, son ambiance propre. La temporalité est importante avec la notion du Mal originel, du présent et du destin. Puis la magie du scénario lie l'ensemble avec une facilité déconcertante. Le tome 3 est exemplaire: on sent la domination du Chaos de plus en plus écrasante autant que la persévérance de l'Espoir, alors que tous les voiles tombent et que les personnages vont devoir faire face à leur dualité. Ce T3 est un épilogue à part entière, vraiment génialissime. Et cerise sur le gâteau, c'est le plus réussi graphiquement. Parce-que graphiquement, le tome 1 et 2... Franchement, j'ai trop galéré à déchiffrer. Il manque de la profondeur de champ dans beaucoup de cases, même pour les paysages parfois. Mes yeux voient des dessins aplatis, comme si le regard portait vers une scène n'ayant qu'un seul plan. Les lignes et les courbes serpentent sans que je ne réussisse à distinguer l'endroit où se situe la tête et les pieds. Les couleurs, manquant trop souvent de contraste entre elles, en viennent à mettre un terme à ma noyade. Alors je passe à la case suivante, rebuté. C'est dommageable pour moi, alors que le trait me plaît énormément : les créatures, les personnages, le décor... Tout ça m'emballe beaucoup, le tableau est très vivant et les plans donnent beaucoup de dynamisme. Très difficile de noter, alors j'ajoute le gros coup de cœur sur ce tome 3 épique, où tout se rejoint dans une fusion dramatique grandiose. Si on se replace dans l'époque, la notion de culte semble évidente pour le genre Fantasy, mais aussi très subjective. Peut-être suis-je étonné de la voir si bien placé dans les Immanquables. Elle risque d'être de plus en plus clivante avec l'âge. Mais il ne faut pas perdre les bonnes choses, retenez que c'est définitivement à lire!

29/04/2022 (modifier)
Par greg
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Highland Games
Highland Games

Les tribulations d'une équipe amateur de lancer de marteau bretonne qui va participer aux fameux Highland Games en Ecosse. Ce récit met en situation un coach, professeur d'arts plastiques, et ses "poulains", qui vont quitter leur Bretagne natale, certains pour la première fois, afin de tenter leur chance aux Highland Games, jeux traditionnels servant par le passé à pacifier les tensions entre clans par des épreuves aussi ludiques qu'improbables comme le lancer de troncs d'arbres, de ballots de paille, de pierres, et j'en passe. L'essentiel du récit se concentre sur la traversée Bretagne-Ecosse, les jeux en question ne faisant qu'une vingtaine de pages sur presque 160. Mais ce n'est pas un problème, les jeux ne sont qu'un prétexte pour nous dévoiler des tranches de vie. Chaque personnage est inspiré d'une personne réelle, et c'est un des éléments qui rend l'ensemble sympathique : l'auteur prend le temps de poser ses personnages, et nous les dévoile petit à petit au court du récit qui prend un peu la forme d'un voyage initiatique vers l'âge adulte. C'est très touchant, car ils sont tous confrontés aux défis du quotidien, certains plus que d'autres, un mélange extrêmement réussi d'humour et de sentiments. On passe souvent d'un grand sourire à une petite larme et vice-versa. Bref un plaisir total, j'ai rarement autant apprécié une BD, légère mais plein de bonne humeur.

28/04/2022 (modifier)