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Les derniers avis (6910 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Entre les lignes (Mermoux)
Entre les lignes (Mermoux)

Dominique Mermoux adapte un deuxième roman de Baptiste Beaulieu (après Les Mille et une vies des urgences), et le résultat m’a beaucoup marqué. J’ai pourtant eu du mal à rentrer dans cette histoire. La narration souffre de la lourdeur textuelle souvent associée aux adaptations de roman en BD, les pages du journal de Moïse (la majorité du récit) étant retranscrites textuellement (et parsemées d’illustrations et de quelques phylactères). L’album est long (160 pages) et j’avais vraiment l’impression de ne pas avancer, ne comprenant pas non plus la démarche mensongère de Baptiste. Et puis, la tension émotionnelle monte tout doucement, les mystères familiaux deviennent vraiment intrigants (Qui est Anne-Lise ? Où est-elle maintenant ? Pourquoi lui écrire une fois par an, à la même date ? Quel est le secret de la photo ?), et je me suis retrouvé incapable d’arrêter ma lecture avant d’avoir atteint de dénouement. Les thèmes abordés en seconde partie d’album (les relations familiales père-fils, la perte d’un proche) m’ont beaucoup parlé, beaucoup touché, au point de me faire pleurer pendant ma lecture (ce qui arrive rarement). Voilà, j’ai eu un peu de mal à « entrer » dans cette histoire, mais une fois lancé, impossible de m’arrêter. Une lecture marquante.

04/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Wild West
Wild West

Malgré une couverture d'album qui ne me faisait pas de l'oeil comme ça a pu être le cas avec d'autres Bd western, ce 1er tome m'a littéralement soufflé, non seulement par le dessin de Lamontagne (j'y reviendrai) mais aussi par le déroulé du scénario de Gloris. Il retrace la destinée de Martha Cannary avant qu'elle ne devienne la célèbre Calamity Jane ; à partir de la légende, il reprend le parcours de cette femme décidée à conquérir sa liberté, et plonge dans la réalité sordide et cruelle d'un univers impitoyable. Les auteurs cernent les 2 personnages principaux que sont Martha et Wild Bill Hicock au plus près du contexte historique, au moment où la conquête de l'Ouest bat son plein, notamment avec l'arrivée du chemin de fer, le tout dans une sérieuse odeur de poudre et de sang. Le ton est en effet très cru et violent, très proche de la série TV Deadwood, dans la même optique démythifiante vue dans des films comme Tombstone ou Wyatt Earp. D'ailleurs, cette Bd me rappelle énormément le film Wild Bill de 1995 réalisé par le solide métier de Walter Hill où Ellen Barkin campait une Calamity piquante, et Jeff Bridges un Wild Bill tout en excès ; ce film est passé injustement inaperçu, il offrait une vision bien plus crédible que ce qui avait été montré à Hollywood sur ces personnages auparavant. J'y retrouve plein d'éléments approchants dans cette Bd, le Far West y est montré dans toute sa dureté et sa violence sanglante, son côté sordide et sale, où les femmes sont condamnées à la prostitution, bref c'est un Ouest sans concession, j'aime cet aspect parce qu'il est plus proche de ce que fut l'Ouest en réalité, loin de l'imagerie de carte postale et trop propre montrée dans les westerns de l'âge d'or. Je pense que Gloris a dû s'inspirer des mémoires de Calamity Jane intitulées "Lettres à sa fille - 1877-1902", petit bouquin très instructif publié par le Seuil en 1979, il y a pas mal de faits que j'ai retrouvé dans ce livre, mais il a aussi pris des libertés scénaristiques qu'il a mélangées habilement, de sorte qu'on ne sait trop ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, la vie de Calamity ayant été très aventureuse, et elle aussi n'a sans doute pas tout dit. En tout cas, tout est tellement plausible que rien ne cloche à ce niveau. Le tome 1 est peut-être celui où Gloris a pu "inventer" des détails, il montre l'activité des bordels miteux de l'Ouest, dans un ton glauque et plein de noirceur, où Martha survit tant bien que mal, piégée par un salopard qui va l'obliger à se prostituer. Le tome 2 s'écarte de ce postulat pour évoluer dans les paysages de l'Ouest , en montrant la quête de Wild Bill et la spoliation des terres indiennes, le ton est proche du film Danse avec les loups, en moins contemplatif, jusqu'aux retrouvailles entre les 2 figures de légende qui se ressemblaient beaucoup sur le plan caractériel et sur leur choix de vie. J'en viens au dessin de Jacques Lamontagne que j'avais déjà admiré sur ses autres séries comme Les Druides notamment, mais là c'est tout bonnement époustouflant, avec un trait précis, puissant et réaliste, bourré de détails et une colorisation qui accentue l'aspect sombre de la vie dans ces saloons et bordels crasseux, sans parler des cadrages très cinématographiques ; c'est comme ça que je conçois un western en bande dessinée, avec ce type de dessin. Certes, il magnifie un peu Martha, surtout au début, car c'était une femme pas tout à fait hommasse, mais pas très féminine quand même, et à l'hygiène douteuse. Qu'importe parce que c'est graphiquement superbe, je suis totalement conquis par ce western, ça rattrape les 2 déceptions que j'ai eues sur Prisonnière des Apaches et Ennemis - Noir/Blanc.

03/05/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Je n'aurais qu'un mot : un album qui vous emporte ! ... Loin de l'Angleterre, dans les mers du sud. Cet album est réussi à tous points de vue. Le récit s'appuie sur le journal de bord de Richard Walter, chapelain du HMS Centurion qui participait à l'expédition et sur celui du lieutenant Saumarez retrouvé ultérieurement. Il est utilement agrémenté de cartes anciennes qui nous permettent de suivre le périple du Commodore Anson au jour le jour (avec une grande carte en fin d'album que l'on peut déplier). Et c'est précisément le ryhthme quasi journlier donné à ce récit qui lui apporte cette ambiance particulière, cette intimité de la vie à bord, des journées interminables quand le vent faiblit ou des jours et des nuits de tempêtes qui n'enfinissent pas. On est au milieu du XVIIIe siècle quand les grandes puissances maritimes se confrontent sur les océans. Le scénario est découpé en cours chapitres, chacun introduit par quels lignes et une carte. C'est très bien construit et très fluide. On y apprend plein de choses intéressantes : comment se préparait une expédition au long cours, qui sont les équipages, comment étaient-ils recrutés, comment se déroulait la vie à bord selon la place que chacun occupait sur le navire, mais aussi les manoeuvres avec tout le vocabulaire qui va avec. Et les auteurs ne se privent pas d'user et d'abuser du langage des marins pour décrire le bateau et les manoeuvres des équipages : un pur bonheur. Tout un monde à découvrir... Le dessin est à peine esquissé comme s'il était fait dans l'urgence, comme pour fixer sur le papier des scènes de vie et des épisodes marquants de l'expédition. La typographie utilisée est volontairement un peu tremblante, comme si on suivait un récit écrit au jour le jour depuis une des cabines du HMS Centurion alors que le bateau roule, tangue et craque de toutes parts. Les planches pleine page sont superbes avec les lueurs du ciel à l'aube ou au coucher du soleil, et la mer aux couleurs changeantes, passant du bleu profond au vert, puis au noir. Un très grand plaisir de lecture et un très bon moment de totale évasion et d'aventure dans le temps et l'espace.

02/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Hysteria
Hysteria

Edition Moderne est une maison d’éditions helvétique germanophone. Mais ici cela ne pose pas de problème, puisque l’album est entièrement muet, et que les explications données sur son travail par Claudius Gentinetta (auteur que je découvre avec cet album) sont en Allemand et en Français. Les trois histoires qui composent ce recueil ont été écrites lorsque l’auteur – bénéficiant d’une bourse (sorte de résidence d’auteur) – a passé un an à Cracovie en Pologne. Ne parlant pas la langue, ne connaissant pas grand monde, Gentinetta dit avoir passé beaucoup de temps à regarder par la fenêtre, à suivre du regard les gens dans la rue, à imaginer leurs pensées, leur vie, etc. C’est ainsi que ces trois histoires semblent a priori imprégnées d’un morne quotidien, nous suivons quelques personnes dans leurs déambulations citadines. Mais c’est le traitement de ces histoires qui fait tout le prix du travail de Gentinetta. En effet, j’ai vraiment beaucoup aimé son dessin (sans doute à la carte à gratter ?), au rendu très sombre – dans tous les sens du terme. Les cases sont très chargées, de personnages, de décors aux multiples détails, et tout ceci est traité de façon baroque, avec un trait nerveux, mais surtout un refus de se soumettre aux règles de la proportion, de la perspective : tout est brinquebalant, difforme, déformé : un travail qui possède certaines accointances avec celui de Vanoli ou d’Andersson. On le voit on est dans une sorte d’underground, mais à l’esthétique forte, originale, qui poétise la noirceur de l’existence, sans en occulter la violence (voir en particulier la deuxième histoire). A feuilleter avant d’aller plus loin, car il faut être réceptif à ce genre de production. Mais c’est en tout cas un univers qui me parle, et que j’ai apprécié de découvrir. Note réelle 3,5/5.

02/05/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jardin, Paris
Le Jardin, Paris

Il arrive parfois qu’un bijou tombe du ciel, et cette bande dessinée en est un. La surprise est d’autant plus agréable quand on n’avait pas forcément eu l’intention de la lire au départ. Il arrive aussi que la couverture ne mente pas, et celle-ci, particulièrement réussie, en traduit parfaitement le contenu. Bienvenue au Jardin de la ville-lumière ! Cette fiction nous transporte – le terme est on ne peut plus adéquat — dans un cabaret parisien pendant les années folles. L’univers délicieux de Gaëlle Geniller est sublimé par les décors et accessoires de style Art nouveau, telle cette lampe de la couverture, et une palette de couleurs riches et chatoyantes. Le trait élégant, d’une sensibilité rare, retranscrit avec bonheur les mouvements gracieux des danseuses et danseurs, mais également les états d’âme des protagonistes. Ce cabaret, ce « jardin » paradisiaque, haut lieu des nuits parisiennes enivrantes de l’entre-deux-guerres où les danseuses portent un prénom de fleur, on l’a à peine découvert qu’on ne voudrait déjà plus le quitter. Quant à la narration, rien à redire là non plus, elle est impeccablement construite. Ces chroniques, bien qu’un tantinet fleur bleue, évitent pourtant tout pathos ou mélodrame inutiles. A cet égard, l’élégance du dessin est totalement en phase avec le scénario. Le lecteur va suivre avec fascination l’évolution de Rose, ce jeune homme, élevé « en vase clos » dans le cocon protecteur et entièrement féminin du cabaret dirigé par sa mère. Celui-ci va s’affirmer de plus en plus dans son identité transgenre, sous la houlette de celui qui deviendra son impresario, le charmant et distingué Monsieur Aimé. A l’époque, le terme « transgenre » n’existait pas vu que la question ne se posait pas. On parlait de travestis et ceux-ci n’étaient tolérés que dans le cadre d’un spectacle. Là où le parcours de Rose fascine, c’est que le jeune homme arrive à se faire accepter dans ses tenues féminines, même hors du cabaret, notamment lorsqu’il part séjourner en province….. Il faut dire que Rose est très beau, qu’il bénéficie d’une morphologie gracile et d’un visage très androgyne, ce qui semble suffire à faire taire les esprits ronchons et réactionnaires. Malgré le terrain glissant sur lequel repose ce récit, Gaëlle Geniller parvient à éviter toute vulgarité, ne cherchant aucunement à choquer le lecteur. L’érotisme facile est totalement hors champ. Cela tient beaucoup à la belle personnalité de Rose, tout en candeur, pour qui le fait de danser dans un lieu « olé-olé » apparaît tout à fait naturel. Certes, le jeune homme y a grandi, mais pour lui, seul son art compte, peu importe les centimètres carré de peau dénudée. A la question d’un journaliste qui lui demandait s’il se considérait comme une femme dans le corps d’un homme, Rose répond avec une simplicité désarmante : « Je me considère comme un homme, mais un homme qui aime tellement les femmes qu’il a envie de faire comme elle ». Certes, le monde décrit semble idéalisé et loin des problématiques de l’époque liées à la proximité des deux guerres (l’une qui venait de se terminer dans une gigantesque tragédie humaine et l’autre, non moins terrible, qui déjà grondait au loin), et pourtant on déguste, et surtout on respire avec bonheur ce « jardin de fleurs » aux mille odeurs. Il faudra vraiment suivre cette jeune autrice qui semble promise à un avenir aussi radieux que son jeune danseur de cabaret. Avec son charmant « Jardin » parisien, on lui saura gré de dédramatiser avec une grande finesse un sujet délicat, de rendre sans objet une polémique affectionnée par les réactionnaires de tout poil qui hélas refusent de se cantonner aux oubliettes patriarcales du XXe siècle.

01/05/2021 (modifier)
Par Georges
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Chevaliers d'Héliopolis
Les Chevaliers d'Héliopolis

Bon, moi je lis pour me distraire. Je viens seulement de découvrir ces auteurs (désolé). Là, il y a la qualité du dessin, et le fait de torturer la réalité ne me gêne pas du tout, au contraire, c'est intéressant. On voit qu'il y a de la recherche servie par une imagination débordante ... moi j'aime !

01/05/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

C’est le troisième album que je lis d’Emmanuel Lepage en quelques semaines. Après « Ar-men, l’enfer des enfers » et « la lune est blanche » me voilà prêt à attaquer « un printemps à Tchernobyl ». Rien de bien drôle dans la célébration du 35ième anniversaire de cette catastrophe nucléaire majeure. En effet le 26 avril 1986 à Tchernobyl, un réacteur devient incontrôlable conduisant à son explosion et à la libération d’importante quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère provoquant une très large contamination de l’environnement ainsi que de nombreux décès et maladies survenus immédiatement ou à long terme du fait des irradiations ou contaminations. Vingt deux ans plus tard, jour pour jour, ce n’est pas sans appréhension qu’Emmanuel Lepage se rend sur place pour témoigner des conséquences sanitaires, écologiques, économiques et politiques. Son témoignage est émouvant et déchirant. Vous ne pourrez qu’être bouleversés par la situation des « survivants » qui habitent malgré le spectre de la radioactivité à proximité immédiate de la zone interdite. Les décors ressemblent à un film d’horreur post apocalyptique d’une série B. C’est pourtant la réalité. Une ville abandonnée car trop contaminée. Glaçant. Beaucoup de sensibilité graphique dans son approche pour décrire ces paysages figés dans une zone irradiée et pour brosser ses nombreuses rencontres avec les locaux . Je crois que je deviens accro aux publications d’Emmanuel Lepage . C’est juste époustouflant encore une fois. Plus de 160 pages magnifiques. Quel talent. Un énormissime bravo pour ce témoignage poignant.

01/05/2021 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série These Savage Shores
These Savage Shores

Ooooh cette bd n'est pas passée loin du 5/5. Mon seul regret: qu'elle ne soit pas plus longue... En effet, cette histoire de vampire est originale (on n'a pas l'habitude d'histoires de vampires se déroulant en Inde et c'est fait ici de façon très intelligente) et très agréable à lire. Le déroulement du scénario est fluide et on est tenu en haleine du début à la fin. Le dessin n'y est pas pour rien car il est vraiment très bon et renforce le récit. Bref, c'est très très bien et je recommende vivement la lecture. 4.5/5

01/05/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Désespoir du Singe
Le Désespoir du Singe

Très belle découverte grâce à ce site !!! Merciii ! On est tout de suite happés par l’histoire qui, même si elle n’est pas originale dans son récit dramatique, est tellement bien transposée dans une société à la Orwell que ce n’est absolument pas un frein pour apprécier pleinement ce magnifique drame amoureux. On revit, à travers la répression de la Milidza et la résistance des francs-battants, des périodes de l’histoire que l’on connaît bien. Mais les allusions à des situations historiques que l’on connaît sont suggérées, jamais lourdement affirmées. C’est subtil et suffisant pour comprendre l’allusion. On note aussi quelques références à des albums de BD mythiques comme le Transperceneige. Côté drame amoureux, les personnages sont croqués avec talents, les dessins superbes - mi réaliste, mi surréaliste, la colorisation magnifique et la mise en page rythmée et originale. Un grand plaisir de lecture, une superbe intégrale.

30/04/2021 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie
Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie

Comme l'a dit le posteur précédent, Delcourt publie un roman graphique qui sera sans nul doute un des albums de l'année. Ce livre évoque le destin tragique de Michel Magne musicien prolifique des années 60-70, souvent novateur dans son travail et parfois génie incompris. Je dois bien dire que je connaissais mal Michel Magne ; de lui, je connaissais surtout ses compositions des musiques de films pour Jean Yanne, ou encore celle des tontons flingueurs. Cela n'est qu'une infime partie de son œuvre car il a fait d'innombrables choses dans des domaines assez variés (il suffit de voir à la fin du livre le nombre de ses œuvres et de ses collaborations). Les auteurs Yann Le Quellec au scénario et Romain Ronzeau au dessin s'intéressent surtout à l'histoire du château d'Hérouville qui servit de salle d'enregistrement à des groupes aussi mythiques que Canned Heat, Magma, T Rex ou encore à des chanteurs solo comme David Bowie ou Eddy Mitchell. Le château, acheté par Michel Magne en 1962, d'abord destiné à des événements festifs devient réellement un grand studio d'enregistrement en 1969 après l'incendie qu'il a connu. Les auteurs montrent toute la démesure de Michel Magne qui dépense sans compter achetant les meilleures bouteilles pour ses convives et qui se retrouve vite en difficulté financière ainsi que sa relation tumultueuse avec sa compagne Marie-Claude beaucoup plus jeune que lui. L'album est comme constitué de chapitres entrecoupés par des entractes biographiques évoquant la vie et la carrière de Magne avant 1969 où alternent des pages illustrées quasi en roman-photo et des illustrations de l'auteur. Cela a parfois tendance à alourdir la narration. Le trait de Ronzeau est assez intéressant et traduit bien le côté bouillonnant de la vie qui se déroule au Château (qui fut -Magne ne cessant de le rappeler-un endroit que fréquentèrent Chopin et Sand). Le château est donc un élément essentiel de l'histoire ; l'on y croise un certain nombre de groupes et de pop-stars de l'époque. Il faut quand même avoir une bonne connaissance de ces années et cela fera quand même plus d'effets à un nostalgique des années 70. Le concert des Grateful Dead au château est un morceau d'anthologie, avec -histoire vraie- des policiers chargés de la sécurité sous LSD. La relation de couple entre Michel Magne et Marie-Claude sert aussi de fil narratif. Les auteurs ont d'ailleurs eu les confidences de Marie-Claude, comme nous pouvons le voir à la fin de l'ouvrage. Elle montre le côté sombre de Michel Magne car comme souvent les histoires d'amour finissent mal. On apprend donc beaucoup sur cette époque et sur ce compositeur un peu oublié et cela vaut clairement l'achat pour des passionnés d'une période beaucoup plus insouciante que celle d'aujourd'hui.

30/04/2021 (modifier)