Les derniers avis (9634 avis)

Couverture de la série La Fille dans l'écran
La Fille dans l'écran

La Fille dans l’écran est une BD profondément feel-good et romantique, qui aborde les sentiments avec beaucoup de douceur et de justesse. La manière dont l’anxiété sociale est intégrée au récit donne une vraie épaisseur aux personnages et évite toute approche simpliste ou caricaturale. Cette fragilité assumée nourrit la relation et rend le lien entre les deux protagonistes crédible et touchant. La narration par messages fonctionne très bien et rappelle le roman graphique “adolescent” dans le bon sens du terme, mais avec une réelle maîtrise et une maturité d’écriture. Le dispositif des deux points de vue, traités séparément puis de plus en plus entremêlés, est intelligemment exploité. Il permet de ressentir progressivement le rapprochement émotionnel des personnages, sans lourdeur ni effets forcés. Graphiquement, l’album est très réussi. La gestion des couleurs — alternance entre une trame colorée et une trame en noir et blanc — est subtile et pertinente, servant à la fois la narration et les états émotionnels. Le dessin, simple mais expressif, accompagne parfaitement le propos. Rien de révolutionnaire sur le fond, mais une histoire d’amour sincère, bien construite et émotionnellement juste, qui marque par sa sensibilité.

03/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Dernière Nuit d'Anne Bonny
La Dernière Nuit d'Anne Bonny

Très bonne bande dessinée, portée par une construction narrative particulièrement efficace. La triple trame — le présent avec le débat d’historiens, la fin de vie d’Anne Bonny et le récit de ses aventures — apporte une vraie profondeur au propos. Ce dispositif rend la lecture dynamique tout en instaurant un recul bienvenu, presque introspectif, sur le personnage et sur ce que l’Histoire choisit de retenir ou de transformer. La dimension éducative fonctionne bien, notamment grâce à ce jeu de regards croisés qui met en lumière les subtilités de la réinterprétation historique. Le parcours d’Anne Bonny est en lui-même passionnant. Le récit est rythmé, aborde de nombreux thèmes et le choix d’un personnage féminin à cette époque donne une résonance très moderne à l’ensemble. La piraterie sert davantage de cadre que de finalité : on n’est pas face à une BD de pirates classique, mais plutôt à un portrait de femme en quête de liberté, dans un monde qui la contraint de toutes parts. La relation avec la mort incarnée, sans être révolutionnaire, est bien intégrée et apporte une touche supplémentaire de sens et de gravité. Graphiquement, le dessin est expressif et s’inscrit clairement dans les codes de la BD ado contemporaine. Ce n’est pas forcément une esthétique qui me séduit immédiatement, mais elle s’accorde bien au ton du récit et finit par fonctionner sur la durée. Une œuvre que je recommanderais sans hésiter aux adolescents, surtout filles mais aussi garçons, et tout autant à leurs parents.

03/02/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Chimères de Vénus
Les Chimères de Vénus

Après lecture du 3e et dernier tome de cette saga, il est enfin possible de se faire un avis complet sur ce spin-off de la saga mère Le Château des étoiles, et ainsi, de refondre entièrement mon avis. Alain Ayroles, mon auteur vivant préféré, qui rejoint une de mes sagas d'aventure/SF préférée, ça ressemblait au Graal... Seule petite déception pour ma part, au moment de la sortie du premier tome : le dessin. Étienne Jung a une patte bien à lui, et non dénuée d'une certaine élégance, mais son trait fait peut-être un peu trop Disney, un peu trop dessin animé pour moi. Si cela conviendrait très bien à une série jeunesse, je trouve que Les Chimères de Vénus aurait mérité un trait plus classique, plus réaliste, qui aurait vraiment fait honneur au ton grandiose et épique du récit. Néanmoins, on s'habitue à ces choix graphiques, et cela ne gâche en rien l'aventure. Et quelle aventure !!! Après nous avoir proposé plus ou moins la même histoire avec Les Indes fourbes et La Terre verte, et même - dans une moindre mesure - avec L'Ombre des Lumières, son récit s'éloigne un peu de ces standards. Certes, il y a toujours les méchants colons capitalistes avant l'heure et les conflits entre peuples, mais ça s'arrête à peu près là. Je crois que c'est de toute façon un fil directeur évident de l'œuvre d'Ayroles. Ici, le fil directeur est avant tout une histoire d'amour, qui devient de plus en plus belle et de plus en plus pure à mesure qu'elle se dévoile, et surtout qui trouve un aboutissement particulièrement satisfaisant dans le tome 3. J'avoue que je ne m'attendais pas à ces retournements, qui donnent tout son sens à l'histoire. Comme dans les meilleurs Ayroles, l'émotion est au rendez-vous, la dimension tragique des personnages se révèle dans toute sa splendeur, sans jamais entraver une tonalité épique qui ne manque pas d'ampleur. En marchant sur les pas de Jules Verne, Ayroles déploie une aventure aux proportions phénoménales qui sait parfaitement articuler l'intime et le grandiose, en voguant d'une histoire d'amour absolu à un conflit géopolitique entre deux grandes puissances colonisatrices. Le terrain vénusien est l'occasion pour l'auteur de voguer entre Voyage au centre de la Terre et Jurassic Park avec le plus grand brio, sans jamais perdre son identité propre. On voyage et on rêve comme on ne l'avait plus fait chez Ayroles depuis De Cape et de Crocs, qui est finalement la saga ayrolienne sans doute la plus proche de ces Chimères de Vénus (même si on ne prétendra pas que cette dernière égale la meilleure saga de BD jamais écrite !). La puissance des personnage qui monte progressivement au cours du récit nous place dans un 3e tome extrêmement réussi face à des dilemmes d'une puissance qu'on aurait presque oubliée chez l'auteur. Ce que j'aime tout particulièrement, c'est le soin qu'il apporte aux personnages secondaires. De la bonne Prudence au forçat sensible bizarrement surnommé Pitaine, en passant par les deux scientifiques patauds mais attachants ou par le général borné et pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire, chaque personnage a droit à son caractère propre, et à un développement narratif soigné qui sert merveilleusement le récit. Aucun n'est inutile, chacun est à sa place. C'est aussi cette finesse d'écriture absolue, s'étendant à des dialogues irrésistibles, qui donne une profondeur insoupçonnée à ces Chimères de Vénus. Ce n'est pas la première fois chez Ayroles, mais il renoue avec sa jolie réflexion sur la poésie comme antidote aux dérives politiques, sur l'opposition entre artistes et institutions. En cela, l'auteur tutoie à nouveau les étoiles, et Les Chimères de Vénus n'a rien à envier aux meilleures œuvres de son auteur sur ce plan. La réflexion reste toujours en sous-texte, mais cela ne lui en donne qu'une plus grande efficacité. Original, puissant, surprenant, poétique, envoûtant... On ne finirait pas cette liste de qualificatifs susceptibles de s'adresser à ce magnifique spin-off d'une grande saga. Mais là où, même avec tout mon amour, j'ai tendance à trouver qu'Alex Alice a parfois tendance à s'enliser dans sa propre saga avec les derniers tomes (surtout le 7), Alain Ayroles - en bon amateur de théâtre - aura eu la sagesse de concevoir son récit comme une simple trilogie qui n'aura fait que monter en puissance jusqu'à une apothéose mémorable. Si on n'avait peur d'être un peu grandiloquent, on aurait envie de crier à notre tour, avec l'auteur et son personnage : "Ad augusta per angusta !"

25/03/2021 (MAJ le 01/02/2026) (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fanchon
Fanchon

J'ai à peine commencé à lire ce que j'ai dans ma collection Servais. La belle coquetière m'avait laissé de marbre malgré la beauté du dessin. Mais en lisant Fanchon, j'ai pris une petite claque. J'ai trouvé pour commencer que Servais sortait de l'illustration pour faire vraiment du dessin. Par exemple, l'aliénation urbaine du personnage principal est vraiment bien retranscrite dans les premières pages. Servais a choisi des thèmes puissants pour son histoire : les amours d'enfance, l'impossible retour à l'adolescence, le sentiment d'absence... Le tout au service d'une histoire très belle et très triste. Ça aurait pu faire un beau film de cinéma. Il manque peut être une dizaine de pages pour en faire un chef d'oeuvre absolu. Car si l'histoire sait prendre son temps, j'ai trouvé que ça allait un tout petit peu trop vite vers la fin. Une bd à lire pour constater que Servais est tout à fait capable de générer de puissantes émotions.

01/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gangrène
Gangrène

Un petit chef d'oeuvre SF de Carlos Trillo magnifiquement mise en scène par Gimenez : voici Gangrène. Publié en 1987, cette bande nous montre un Juan Gimenez ayant déjà atteint sa pleine maturité graphique. Cerise sur le gâteau on a ici un récit mordant, plein d'ironie avec une conclusion à la hauteur. Les années 80, quelle époque de rêve pour les fans de science fiction...

01/02/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jeune et fauchée
Jeune et fauchée

Quand on nait avec une cuillère d’argent dans la bouche, on croit être préservé à vie des problèmes de fric, et on imagine encore moins être un jour concerné par la pauvreté. C’est pourtant ce qui est arrivé à Florence Dupré la Tour, comme elle le raconte dans ce témoignage rare, à peine croyable. Après Cruelle, Pucelle et Jumelle, l'autrice poursuit son parcours autobiographique avec cette fois pour thématique, comme le suggère le titre, son rapport à l’argent. Comment pourrait-on être désargentée et pauvre quand on vient d’un milieu bourgeois où l’entre-soi est soigneusement préservé, quitte à arranger des mariages consanguins, en ayant passé toute son enfance dans une magnifique demeure entouré d’un vaste jardin ? C’est pourtant bien ce qu’elle a vécu, « Mâââdemoiselle » Dupré la Tour. La dèche, la vraie, comme n’importe quel déclassé social, n’importe quel « gueux », à tirer le diable par la queue chaque fin de mois. Avec son patronyme à rallonge qui en impose à tous les « Dupont-Martin » de base, on pourrait hausser les épaules et juste se dire, elle doit être un peu mytho la meuf… C’est sans compter sur son talent de conteuse, car il faut le dire, on est immédiatement embarqué dans cette histoire où à plusieurs reprises il y a de quoi tomber de sa chaise. Dans un style crobardesque, qui fonctionne très bien par son côté expressif et évocateur — et on sait très bien que depuis Reiser, il faut un certain talent pour faire du « moche », un parti pris parfaitement maîtrisé aujourd'hui par des auteurs comme Lefred-Thouron ou Marion Montaigne — Florence Dupré la Tour va dérouler son récit, avec humour et une sincérité qui l’honore. Ce problème de thune commencera à l’adolescence, où le désir d’indépendance se manifeste très naturellement. Mais si maman refuse d’accorder un minimum d’argent de poche à sa progéniture, cela devient vite problématique. C’est ainsi que Florence, à l’âge de 17 ans, va se retrouver à errer dans les rues comme une pauvrette en compagnie de sa sœur jumelle Bénédicte, contrainte de fouiller dans les fontaines en espérant trouver de quoi de se payer un coca… pour deux ! Le début d’une longue galère où elle connaîtra ensuite, après des débuts laborieux dans la bande dessinée, l’angoisse de se retrouver à la rue, contrainte de vivre dans un appartement aux murs moisis avec ses deux enfants en bas âge, sans aucun soutien financier de parents indifférents à sa souffrance. Il serait pourtant difficile d’y voir un récit à charge, celui-ci ayant davantage une fonction exutoire. L’autrice ne fait jamais montre d’acrimonie (même si on sent une part de colère, y compris contre elle-même), elle s'efforce d’être factuelle, confirmant qu’on peut avoir des oursins dans les poches tout en étant pété de thunes. Bien au contraire, cette dernière explique, un peu honteuse, qu’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir de l’admiration pour ses géniteurs, lesquels ne lui ont pourtant pas fait de cadeaux ni soutenu dans ses choix. Elle fait même preuve de compréhension à leur égard. Non, c’est sûr, ses parents n’étaient pas des salauds. Peut-être étaient-ils eux-mêmes victimes de leur éducation bourgeoise, qui leur avait appris à considérer comme vulgaire le fait de s’épancher sur leurs états d’âme. Dans ce milieu, il est mal vu de demander de l’aide, il n’y a que les pauvres qui peuvent faire ça ! Bien élevée, « Mademoiselle Florence » avait appris à la fermer sans réclamer : rester digne à tout prix, c’était tout ce qui comptait, surtout quand on avait cette chance de porter un patronyme de noble ! Cette bande dessinée expose à la lumière un milieu finalement assez méconnu et qui a plutôt tendance à pratiquer le secret et l’entre soi — on ne sait jamais, ça pourrait donner des idées aux crève-la-faim qui végètent à leurs portes et convoitent le magot. Une question revient souvent au cours des pages : comment ses proches ont-ils accueilli le livre ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que le portrait n’est pas des plus flatteurs, même si la conclusion du livre vient tempérer cette impression. « Jeune et fauchée », qui aborde en filigrane le statut difficile de bédéaste, s’avère un récit passionnant que l’on dévore littéralement, la rareté du sujet (être "bourgeois" et pauvre à la fois) en renforçant l’intérêt. Par son style aussi bien graphique que narratif, j’y ai trouvé beaucoup de similitudes avec cette autobiographie de Carole Lobel, En territoire ennemi (paru en 2024 chez L’Association), qui aborde avec une même force les traumatismes infligés aux victimes de relations toxiques. Et tout comme ce dernier, l’ouvrage de Florence Dupré la Tour est un vrai coup de cœur qui touche avant tout par son authenticité.

31/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Missié Vandisandi
Missié Vandisandi

J’ai toujours aimé Hermann et cette BD, dans son style classique avec une claire delineation des sujets et couleurs vives ne m’a pas déçu du tout. ( en défaut des couleurs directes qui est à la Mode maintenant chez Hermann ) Une histoire pas tout à fait banale, sans toute la violence exagérée, comme par exemple un Jeremiah, est hors norme . Même si cette histoire date des années 90 elle est toujours courante. Nos héritages Coloniaux ne disparaîtront jamais, pour le bien ou le Mal. J’encourage les lecteurs à lire cette histoire et à se trouver reposés sans trop de maux de Tête ! Même si cette histoire n’a pas de vraie conclusion, elle raconte une histoire, d’une personne, et de ces relations qu’on pourrait facilement croiser dans la rue, sans savoir leur Histoire, ou ce qui s’est passé dans leur vie. Mr. Tout le monde en BD. Bien fait pour la période et toujours valable. Faut dire que depuis mon absence prolongée de mes lectures BD, et un retour depuis quelques années, ça me fait revivre le neuvième art qui est tellement important dans nos cultures Francophones . Belgique, France, Canada.

30/01/2026 (modifier)
Couverture de la série La Cour des Miracles
La Cour des Miracles

La Cour des Miracles est une très solide bande dessinée d’aventure historique, portée par un univers particulièrement riche. Le choix de s’ancrer dans le « monde d’en bas », structuré, organisé et régi par ses propres règles, fonctionne pleinement. Le contraste avec le pouvoir royal et les élites est bien exploité, tout comme les jeux d’influence et les manœuvres politiques nécessaires à la survie de cette contre-société. Le contexte historique constitue une réelle plus-value, sans jamais alourdir la lecture. On reste avant tout sur un récit d’action et d’intrigues, fluide et efficace, qui privilégie le rythme et la tension dramatique. Les personnages sont soignés, tant sur le plan graphique que narratif : aucune figure caricaturale, peu de manichéisme, et une subtilité appréciable malgré une approche clairement romancée. Le dessin accompagne parfaitement le propos. Il est appliqué, lisible et très attentif à la restitution des décors, des corps et de la misère omniprésente, élément central du récit. L’ensemble dégage une vraie cohérence visuelle et narrative. Une bande dessinée dense, immersive, et clairement marquante.

30/01/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Passe-Miroir
La Passe-Miroir

Un album qui marquera cette année 2026 ! Ce premier tome de 280 pages est l'adaptation de "Les fiancés de l'hiver", le premier des quatre romans du cycle "La Passe-Miroir" de Christelle Dabos. Un petit mot sur cette autrice, c'est le diagnostic d'un cancer de la mâchoire qui va la pousser, pendant sa convalescence, à prendre sa plume et à partager ses écrits sur une plate-forme d'écriture. Après les bons retours, elle participe en 2013 au premier concourt Roman jeunesse chez Gallimard. Elle en sera la lauréate avec le succès qu'on lui connaît. J'ai été littéralement happé dès les premières pages. Mais d'abord un petit topo sur ce monde fantasy où l'on va suivre la destiné d'Ophélie, une jeune fille de l'Arche d'Anima. Il existe 21 Arches flottantes, elles sont les vestiges d'une catastrophe appelée "la déchirure". Ophélie est myope et gaffeuse, elle choira plusieurs fois dans ce premier volume. Elle a, comme tous ses semblables, des dons : celui de traverser les miroirs pour se déplacer et celui de lire dans le passé des objets en les touchant. Après avoir refusé plusieurs demandes en mariage, elle est dans l'obligation de se fiancer à Thorn, l'héritier d'un clan de l'Arche du Pôle. Elle va quitter sa vie paisible pour suivre chez lui son futur époux et découvrir un monde très différent socialement du sien, mais aussi un monde mouvant où tout n'est qu'illusion et où les luttes de pouvoir et les conspirations sont monnaie courante. Un récit qui commence gentiment et qui prend de l'épaisseur au fur et à mesure que celui-ci avance. Tous les personnages sont très bien campés et leurs personnalités nuancées les rendent plus ou moins attachants. Un récit centré sur Ophélie et son glacial fiancé ainsi que sur les machinations qui se trament dans l'ombre, elles sont dignes de la cour versaillaise. La qualité des textes est à souligner, il prend l'accent et les tournures de phrases des différentes Arches. Elle peint avec des mots un univers riche, enchanteur et captivant qui m'a conquis. Autre point fort de cet album : le dessin, il est magnifique. Chaque case est un petit tableau qui fourmille de détails et d'une expressivité folle. Les couleurs pastel sont pour beaucoup dans l'ambiance intrigante qui se dégage du récit, c'est à la fois duveteux et rêche. Une mise en page et des cadrages qui mettent en avant les personnages avec de rares superbes pleines pages. Je me répète, mais c'est magnifique. Un grand bravo à Vanyda. Je conseille à toutes et tous, quel que soit votre âge. Et vivement la suite.

29/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bête à sa mère
La Bête à sa mère

Pour mon 7000ème avis sur ce formidable site je vais parler d'une bande dessinée qui m'a touché d'une manière qu'une bande dessinée ne l'a fait depuis un certain temps. En plus, j'ai un peu lu cette bande dessinée par hasard parce qu'il y avait le nom d'Eldiablo sur la couverture. Je m'attendais à un truc sympathique et j'ai eu un choc. C'est toujours un plaisir de tomber sur une œuvre exceptionnelle par hasard. C'est l'adaptation d'un roman québécois que je n'ai jamais lu parce que je ne lis pas les romans modernes. Je ne peux donc pas comparer, mais de toute façon l'adaptation en BD est tellement bonne qu'on ne dirait même pas que c'est une adaptation. Il n'y a aucun texte inutile qui explique ce que l'on voit déjà avec le dessin. Il faut dire que les textes dans les cartouches sont uniquement les pensées du personnage principal qui raconte sa vie et ses pensées en général. Le scénario en lui-même, un homme asocial qui a été séparé de sa mère suicidaire par les services sociaux lorsqu'il était jeune et il veut la retrouver, est un peu banal et on devine vite que tout va mal finir pour cet homme au comportement autodestructeur et déconnecté de la réalité. Mais j'ai trouvé le scénario palpitant grâce à deux éléments importants. La première est la qualité du texte. Les pensées du personnage principal sont savoureuses et très bien écrites. Je ne sais pas quels sont les dialogues issus du roman et quels ont été ceux inventés par Eldiablo, mais dans tous les cas le résultat est excellent. Et comme c'est écrit dans le langage populaire québécois, cela va sonner exotique pour un lecteur européen. Le scénario réussit aussi à me faire suivre sans problème la vie d'un personnage détestable. Il a certes grandit dans un mauvais environnement, mais cela n'excuse pas son comportement de salaud qui se fout des conséquences de ses actes et qui blâme tout le monde pour ses problèmes. La seconde qualité est le dessin. Le style du dessinateur est particulier et je ne sais pas trop comment le décrire. Mais ce que je sais est que c'était un style parfait pour ce type de récit au ton cru. Avec un dessin plus conventionnel, j'aurais sûrement moins accroché. Pour moi ce dessin montre clairement tout le potentiel du médium de la bande dessinée, mon médium préféré. On sent la violence du personnage principal et du monde qui l'entoure. Le noir et blanc dont la seule couleur qui ressorte est le rouge est sublime. Ce mariage parfait entre le texte et le dessin me fait penser à quel point j'adore la BD. Même si j'ai adoré, je préviens que ce n'est pas une bande dessinée pour tout le monde. Le langage est cru, il y a du sexe et de la violence. Peut-être même que je vais être le seul lecteur au monde qui va donner une note parfaite à cette œuvre, mais je m'en fous j'ai passé un excellent moment de lecture et j'espère que cela sera le cas pour d'autres lecteurs.

29/01/2026 (modifier)