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Les derniers avis (6910 avis)

Couverture de la série Fritz Haber
Fritz Haber

Deux choses sautent aux yeux à la lecture de cette série. D’abord le parti pris esthétique. En effet, l’aspect graphique est assez original. Un rendu proche de vieilles photos floutées, mouillées, retravaillées parfois, avec d’autres passages plus nets (et des interludes entre les différents chapitres qui s’inspirent des légendes et de l’antique histoire allemandes). Les dominantes sombres, le rendu pas toujours très clair (sans doute cela peut-il gêner la lecture, mais ça n’a pas été le cas pour moi) s’accordent parfaitement à l’intrigue, mais aussi à l’histoire qui lui sert de cadre : c’est effectivement très sombre, et l’on touche là la noirceur de l’âme humaine, comme de l’Histoire. Ensuite, ce qui est notable, c’est l’ambition de David Vandermeulen ! C’est en effet une vision de l’histoire de l’Allemagne du dernier quart du XIXème siècle au premier tiers du suivant qui nous est contée, en plus d’une vision intéressante de certains conflits (génocide des Hereros en Afrique, et surtout Première guerre mondiale). C’est aussi le parcours étonnant de Haber que nous suivons, dans une sorte de pacte faustien : ambitieux (il veut diriger son institut), travailleur (il fait froid dans le dos lorsqu’il teste ses produits, son gaz, avec une vision uniquement commerciale et dépassionnée alors qu’il parle d’une arme potentiellement hyper dangereuse ! - quant à la façon dont il laisse sa femme de côté...), nationaliste, il essaye de faire oublier sa judéité, alors même que ses adversaires ne cesseront de la lui rappeler – dans une époque et en des lieux où cette question est des plus sensibles ! Autour de ces thèmes, l’évolution du mouvement sioniste (et les projets de fondation d'un Etat juif), la personnalité pacifiste d’Einstein, etc. Bref, on a là quelque chose de très dense et très bien mené. Œuvre ambitieuse et réussie, qui plus est avec des choix esthétiques forts pour la porter, nous avons là une série des plus recommandables ! J’ai lu les 4 albums déjà parus – mais le dernier date de 2014 et s’arrête en 1917, c’est dire qu’il y a encore matière à au moins deux tomes ! Et j’espère que cette série n’est pas abandonnée !

21/04/2021 (modifier)
Couverture de la série La Fin du monde
La Fin du monde

Impossible de se tromper sur le dessin de Tirabosco. Qu'on aime ou pas, l'aspect de crayon gras dû à la technique du monotype employée, ses formes douces qui passent facilement pour du dessin jeunesse, lui confèrent une personnalité sur laquelle on peut difficilement se tromper. Et ici la bichromie avec ce bleu rend cet album particulier entre tous ceux de Tirabosco. Personnellement j'aime beaucoup, même si le dessin en question ne convient peut-être pas pour tous les types d'histoires. La fin du monde est de prime abord une histoire étrange. En tout cas si on pense lire une véritable histoire de fin du monde. Mais bien sûr, il ne s'agit pas de cela. La fin du monde raconte un secret de famille, un non-dit, qui reste en suspens au milieu des membres de cette famille, et qui, loin de disparaître, fermente, se désseche, mais reste là, bloqué, suspendu, piégé et piégeant tout le monde. Notre héroïne - qui ne sera jamais nommée, comme si elle n'avait pas d'identité - est prise dans ses rets sans le savoir, elle ne se débat pas, elle reste allongée sur son plancher, anesthésiée. Et puis elle retourne dans la maison de son enfance, et avec des compagnons assez particuliers - un chat et une vieille dame - elle part à la découverte. Sous l'apparence d'un voyage à la Alice au pays des merveilles, elle va découvrir son passé et ce secret. Sous des dessous d'aventure bizarre et d'un titre apocalyptique, La fin du monde raconte une aventure intérieure, une naissance. Car parfois, pour pouvoir revivre, il faut accepter de faire son deuil, et peut-être, telle la chenille qui devient papillon, accepter de mourir. Chaque fois qu'un homme meurt, c'est pour lui la fin du monde, peut-être cela peut-il donner une clé de lecture de ce titre. Histoire contenant des éléments autobiographiques, son aspect très onirique lui confère un caractère étrange, fascinant et lancinant. L'athmosphère de ce récit est particulièrement réussie. Pas étouffante, pas inquiétante, non, mais pourtant on n'en est jamais loin. Ce qui est sûr, c'est que cet album est envoûtant, et fait ressentir une palette d'émotions assez impressionnante. On en ressort des questions et des images plein la tête. Très bonne lecture. Egalement de Tirabosco et dans un genre proche : Le Colporteur.

21/04/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Révérend
Le Révérend

J’ai la chance d’avoir de terribles lacunes dans l'univers western dans la BD. Mon plan est de lire quelques histoires qui s’offrent à moi avant d’attaquer vraiment le graal immanquable, Blueberry, dont j’ai de trop vagues souvenirs. Bref, j’ai pris l’opportunité de démarrer par Le Révérend… Et boum, voilà une su-per surprise. L’intrigue se révèle sans cesse du début à la fin parallèlement aux actions qui, elles aussi, s’enchaînent. Chaque personnage a son lot de charisme et une personnalité profondément travaillée, même si on retrouve à peu près le casting classique du western US. La jeune femme a du toupet et je reste poli. Son rôle pourrait être sous-estimé, pourtant c’est bien elle en plus du Révérend qui permet à l’histoire d’avoir tous ces retournements de situation et toute cette complexité… Et franchement, chapeau aux auteurs pour avoir créé une intrigue aussi « efficace ». Ca démarre comme il faut, l’histoire monte en puissance continuellement pour finalement atteindre une grande intensité au moment de l’épilogue. Il pourrait ne pas y avoir de suite que je serai encore plus ravi. Je trouve ces dernières bulles absolument parfaites, totalement calibrées par rapport au thème principal du récit, où l’auteur nous explique ce que l’expression « faire justice soi-même » veut dire. Peut-être aussi cherche-t-il à offrir à son héros une réponse à la question suivante : de quoi te venges-tu? Difficile de ne pas aimer le dessin et les couleurs qui permet à l’ensemble d’avoir un dynamisme de folie… La réussite de la gestuelle et des mouvements m’a permis de dévorer le bouquin. Mais j’ai essayé de réduire mon rythme pour ne pas perdre une miette sur les détails présents dans l’environnement, ni sur la qualité des ambiances dégagées par les couleurs, qu’elle que soit l’heure ou même le climat (nuit étoilée, aube, pluie, neige, ciel bleu…). C'est un exercice graphique largement réussi ! Je ne peux que conseiller la lecture aussi bien que l’achat. Quand j’aurais un peu plus de place, je pense bien en faire l’acquisition. De mon point de vue, c’est vraiment un super beau travail !

20/04/2021 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zaroff
Zaroff

L'enthousiasme de notre ami Agecanonix était tel que je ne pouvais pas passer à côté de cette bande dessinée ! Après avoir découvert le merveilleux film de 1932 récemment, je me suis donc lancé dans cette suite dessinée, et indéniablement, c'est du très, très bon boulot ! Faire revivre ce personnage détestable et fascinant n'était pas chose aisée, mais Sylvain Runberg a trouvé un excellent point de départ, permettant de renouveler les bases du scénario original tout en perpétuant l'univers dans la grande continuité de ce qu'instaurait le film de Pichel et Schoedsack. Cette idée d'opposer au général Zaroff une autre psychopathe permet de mettre en scène un nouveau duel où, cette fois, il devient difficile de déterminer qui, des deux adversaires, est la proie et qui est le chasseur. Les personnage sont très bien dessinés, et surtout très nuancés, par leurs actes et leurs dialogues, joliment écrits. Ainsi, Zaroff se découvre une âme en étant obligé de sauver la famille de sa sœur, mais pour autant, il ne devient pas un "gentil". Cela reste un psychopathe, un chasseur qui aime le goût du sang, mais au fond duquel sommeille toutefois un homme loyal. Heureusement, le scénario nous offre donc également les personnages de la sœur du général russe et de ses enfants, auxquels on aura moins de scrupules à s'attacher qu'au personnage principal. Le récit est raconté sur un ton très réaliste, et prend le temps de développer chacune de ses péripéties, malgré quelques raccourcis narratifs vraiment pas méchants (genre la civière qui surgit de nulle part sans précision d'une quelconque ellipse temporelle ayant permis sa confection). Ainsi, la crédibilité est de mise dans ce duel entre deux esprits tout aussi tordus l'un que l'autre, à la fois terrifiants et envoûtants. Surtout, le récit est parfaitement servi par le dessin de François Miville-Deschênes, d'une précision ahurissante et donc d'une beauté stupéfiante. Vraiment, chaque case est un pur plaisir à regarder. J'aime rarement quand le dessin est hyper-réaliste (à la Bergèse dans les "Buck Danny de 2005-2006, par exemple), mais ici, Miville-Deschênes réussit à faire quelque chose de très fluide. Notamment, l'alchimie entre les personnages et les paysages (élément essentiel dans les histoires mettant en scène le comte Zaroff) est admirable, il n'y a pas le côté trop statique qu'on trouve souvent quand le dessin essaye d'être trop réaliste. Ici, pas un trait en trop, l'équilibre est parfait ! Seul (très) léger reproche : il est peut-être un peu trop propre par rapport au ton du récit. Quand ça devient vraiment sanglant, on a parfois un petit peu de peine à ressentir l'impact d'une blessure ou d'un coup de griffe. Ou encore le visage blessé du général Zaroff est bien trop lisse par rapport à ce à quoi on aurait pu s'attendre. Mais bon, ça n'entame pas la qualité incroyable du dessin. Ainsi, alors que le pari de reprendre la nouvelle initiale et le film de 1932 avec la même intensité semblait perdu d'avance, Runberg et Miville-Deschênes réussissent pourtant à créer un résultat à la hauteur des œuvres initiales. Rien n'est édulcoré, aucun élément de base n'est trahi, et la continuité est parfaitement entretenue jusqu'à une conclusion qui sait être sombre sans l'être à l'excès. Une conclusion qui résume parfaitement l'esprit de cette bande dessinée : ne rien trahir, trouver le juste équilibre. Clairement, c'est une mission accomplie pour les deux auteurs !

20/04/2021 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Heart Gear
Heart Gear

J'ai commencé cette série après en avoir lu le début distribué gratuitement et qui m'avait intrigué... Bien m'en a pris... L'univers post apocalyptique de ce manga se met en place petit à petit, avec de faux airs de Casshern Sins. Le dessin est très bon et dynamique, il me rappelle des mangas comme Blame et Biomega mais en plus lisible. Les personnages principaux sont attachants et l'intrigue est bien amenée. Ce manga est très bon et pourrait basculer sur un 5/5 à l'avenir selon le déroulement de la suite... Bref, à lire!!

19/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Da Qin
Da Qin

Un bon diptyque dont je n'attendais rien et que j'ai lu un peu par hasard, mais qui au final m'a grandement séduit. Le récit mêle habilement l'aventure antique à des relents vaguement historiques, et qui trouve son originalité dans le fait de retrouver un Romain et un Celte aux confins du monde, sur la Route de la Soie après s'être échappé de chez les Parthes. Cette Bd m'a rappelé le film Dragon Blade avec Jackie Chan et John Cusack où des Romains se retrouvaient aussi en Chine ancienne en se frottant aux ancêtres de Gengis Khan, est-ce que les auteurs s'en sont inspirés ? si on me le disait, ça ne m'étonnerait pas du tout. D'un autre côté, cette idée n'est peut-être pas si incongrue quand on sait que l'Empire Parthe occupait l'actuel Iran et que ce territoire était situé sur la Route de la Soie. Le récit est ultra violent avec de multiples scènes de batailles bien sanglantes et d'étripages à tout va, si on l'adaptait en film, ça serait très bourrin, mais en bande dessinée, on a vu ce genre de scènes dans des Bd comme Arawn ou Orks. C'est bien rythmé, agréable à lire, avec des personnages bien définis, un contexte guerrier féroce et bien développé, et le tout est bien rendu par un dessin nerveux et costaud, un découpage et une mise en page très efficaces. Les décors chinois sont également soignés, bref c'est de la bonne BD de détente.

19/04/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sous Terre
Sous Terre

Après Le Mystère du Monde Quantique, Mathieu Burniat signe avec « Sous terre » sa deuxième docu-BD dans le domaine scientifique. On avait pu constater son talent pour vulgariser des concepts plutôt obscurs pour le lecteur lambda. Force est de reconnaître que Burniat s’en sort haut la main dans cet exercice, parvenant à produire ici quelque chose de hautement original, avec la bénédiction du Muséum national d’histoire naturelle. Cet ouvrage nous immerge immédiatement grâce au mode narratif choisi, celui de l’aventure. Hadès, qui a lancé une invitation aux humains pour participer à une sorte de jeu de piste, promet au vainqueur de prendre sa place lorsqu’il découvrira la « corne d’abondance ». Et les candidats au poste seront très nombreux… En réalité, le dieu des enfers va utiliser leur cupidité et leur soif de pouvoir pour se venger des désordres commis en son royaume, conséquence de l’activité humaine. Et il s’est juré de leur faire vivre… l’enfer ! En se mettant dans les pas de cette fillette qui va répondre à l’invitation pour demander à Hadès de ramener son chien mort tragiquement, le lecteur, ramené dans la position du candide, va pénétrer dans les entrailles de la Terre, un univers aussi méconnu que fascinant, dans un voyage plein de surprises et de rebondissements… Dans sa ligne claire toute en rondeur, Mathieu Burniat nous révèle ces souterrains obscurs en y insufflant des couleurs chatoyantes, renforçant l’aspect ludique de son exposé didactique. A ce titre, la très belle couverture est on ne peut plus parlante et suggère un royaume souterrain coloré et aux richesses infinies, méconnu même des scientifiques qui « ignorent le nom de plus de 99 pour cent des êtres qui s’y trouvent et la manière dont ils vivent ». L’auteur réussit la gageure de ne jamais nous ennuyer grâce à une narration enlevée. On appréciera les clins d’œil au cinéma fantastique, notamment au film de Richard Fleischer, « Le Voyage fantastique ». Pour leur permettre d’avoir une meilleure vision de cet univers étrange, les protagonistes voient leur taille constamment modifiée, parfois à des dimensions microscopiques. Les créatures invisibles à l’œil nu deviennent des monstres dignes de « Voyage au centre de la Terre ». On frissonnera de voir Suzanne et son nouveau compagnon Tom aux prises avec des taupes géantes, des « pseudoscorpions » à taille humaine ou encore des acariens tueurs gros comme des ballons de foot. On s’esclaffera de voir nos aventuriers dialoguer avec des bactéries et on s’émerveillera de ce « métrover », moitié lombric moitié métro, se frayant un chemin dans les profondeurs du sol. Jusqu’à la conclusion du livre, autre référence particulièrement bien sentie aux zombies. « Sous terre », c’est un peu comme une fête foraine où l’on ressort tourneboulé mais aussi enrichi d’une connaissance qui nous aurait paru négligeable avant cette lecture. La terre, ce n’est pas juste de la terre, ce n’est pas juste cette matière inerte de couleur brune ou noire, amas charbonneux saturé de microbes servant seulement à salir nos beaux habits. On réalise au contraire que notre sous-sol est un vaste microcosme où le vivant prospère dans une parfaite symbiose, dans l’ombre du mépris des hommes qui pourraient pourtant s’inspirer de cette formidable machine à recycler. Ce monde qui grouille de vie, certes pas toujours très ragoûtant, Mathieu Burniat s’emploie à le nous le rendre familier, le présentant comme un élément qui mérite le plus grand respect car indispensable à la survie des générations futures. Et à travers la référence à la mythologie, il pointe du doigt nos tares et notre comportement anthropocentriste, non sans espièglerie. L’homme peut-il se persuader, sans une bonne dose de mauvais foi, que la planète est exploitable à l’infini et que son génie suffira pour pallier les problèmes environnementaux qui ne font que s’accentuer avec les années. Notre arrogance a provoqué la colère de Hadès, à juste titre, car au fond, il est plutôt sympa le dieu des enfers.

18/04/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

Un documentaire poignant, totalement immersif grâce au savant mélange de photos et de dessins. Loin des photos d’Afghanistan que l’on connaît, celles de Didier Lefèbre sont dans leur jus, grises, sombres aussi, parfois à la limite de la lisibilité mais très belles. Et c’est ce qui donne l’extraordinaire impression d’être sur le terrain, au sein de la mission de MSF. Est-ce une BD ? Oui et non, mais c’est ce qui est certain c’est que c’est une expérience, au premier sens du terme. J’avais lu cette série à sa sortie, je viens de la relire et je redécouvre ces paysages, ces populations qui vivent sur fond de guerre qui déroule au loin… enfin, pas si loin que ça. De la préparation de la mission au Pakistan, à l’hôpital de campagne dans une vallée du nord du pays, on marche avec eux, on vit avec eux. Le côté répétitif du quotidien est renforcé par les planches contacts aux scènes répétées. On n’est pas du tout dans l’aventure héroïque, mais plutôt dans le laborieux travail d’une équipe médicale qui œuvre avec les moyens du bord pour soigner les populations locales et inculquer des rudiments de médecine aux soignants locaux. Le dessin, en total contraste avec les photos est simple et coloré. Il raconte essentiellement le quotidien des membres de la mission. Le texte est très bon parce qu’il est sincère, simple et humble. La voix off aborde tous les sujets, le caractère des hommes et des femmes, leurs relations, leur vie privée, les galères, la fatigue, les astuces pour survivre dans cet environnement hostile… Si de prime abord, l’album peut rebuter par une certaine austérité, à peine commencé on est happé, emmené en voyage au cœur d’un pays peu connu, on apprend des tas de choses, des petits détails sur le quotidien des Afghans et sur celui de la mission. Je recommande très chaleureusement.

18/04/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur désire ?
Monsieur désire ?

Dès la première page de cet album, on entre par la porte de service dans la domesticité d’une maison de maîtres. Dans l’Angleterre victorienne, un dandy beau, réputé bien membré et fêtard rentre un soir inconscient et ensanglanté. Il s’est aventuré dans l’East End londonien au péril de sa vie. Alors que le personnel est absent, une jeune domestique consignée pour garder la maison n’a d’autre choix que de s’occuper de son maître et de le déshabiller. S’instaure, à partir de cette soirée, un rapport très ambigu entre les deux personnages : Edouard, un maître de maison dépravé et Lisbeth, une domestique besogneuse et discrète, au physique ingrat, mais à la vertu inébranlable. Entre tendresse, écoute patiente, suffisance et mépris, une relation complice s’installe. C’est très bien fait, bien écrit – même si dans plusieurs bulles il manque des mots ! – Le scénario est bien découpé. La logique voudrait que l’on aime Lisbeth et que l’on déteste Edouard, mais ce n’est pas si simple… La fresque sociale peinte par les auteurs est passionnante et nous plonge dans la société de l’époque victorienne. Les personnages sont complexes, profonds, mais, si on découvre le passé d’Edouard et les raisons de son comportement excessif, on ne sait pas grand-chose de Lisbeth. Dommage… un tome 2 serait le bienvenu. Le dessin est très précis, d’une grande finesse avec des cadrages réussis et des couleurs douces parfaitement bien choisies. Bref ! Une lecture très agréable, un régal pour les yeux.

17/04/2021 (modifier)
Par Madelaine
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Druides
Les Druides

J'ai été passionné dès les premiers tomes, avec les enquêtes, puis la deuxième série je me suis emballé également. Seul regret, et très grosse déception, que la série se soit arrêtée. Je suis resté sur ma faim, dommage.

17/04/2021 (modifier)