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Les derniers avis (6998 avis)

Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Memento mori
Memento mori

C'est un roman graphique qui raconte l'expérience d'une maladie. Une maladie qui vous coupe de la communauté générale et vous fait entrer un temps, pour partie à l'intérieur de vous même et pour partie dans un protocole hospitalier inconnu et répétitif. Ici il s'agit d'un AVC (accident vasculaire cérébral) d'une jeune finlandaise dessinatrice de BD. Le point de vue est résolument celui du malade. Je le mettrais entre "quand vous pensiez que j'étais mort" pour le point de vue interne et Sous l'entonnoir pour l'observation de la vie entre les murs. J'avoue que je viens de passer quelques jours à l’hôpital pour une opération simple et voir décrire si précisément le ressenti de la personne "en bonne santé" qui se trouve plongée, bien malgré elle, dans l'univers de l'hôpital, m'a touché. La description du coté banal des gestes médicaux qui se répètent chaque jour, mélangé à la prise en charge de l'urgence est parfaitement réussi... On est à la fois surpris et déprimé de constater que le quotidien du malade hospitalisé est exactement le même en Finlande qu'en France (personnel qui parle d'autre chose en te soignant comme si tu étais un objet, ou grands sourires infantilisants, protocoles imperturbables, équipe de jour, équipe de nuit, brancardiers peu loquaces ...) La fatigue, et l'angoisse de ne pas en voir le bout... l'imagination qui cherche à se rendre compte de ce que sera la vie à la sortie de l’hôpital, puis après, combien de temps pour que tout revienne à la normale, va-t-on revenir à la "normale" ? Je ne sais pas si une personne qui n'a pas du tout vécu la chose de l'intérieur pourra en être aussi touchée. Cela peut justement être un outil pour l'entourage d'un malade, pour l'aider à se rendre compte. En tout cas l'outil graphique utilisé est très réussi (jus des 2 ou 3 lavis différents qui s'assemblent en de belles compositions, parfois un peu de craie plus claire quand on a oublié de réserver un blanc, contours de la grille noirs et réguliers). La première page rend bien cet équilibre froid, où même le rouge ne réchauffe pas . Memento mori : souviens-toi que tu vas mourir.

17/07/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Un homme d'affaire sans scrupule, avec un grand sens de l’adaptabilité aux situations. Que dire de plus sinon qu’il est prêt à tout pour s'enrichir et sauver sa famille ! Un héros presque ordinaire qui navigue entre deux eaux et dont on ne sait trop quoi penser. Est-il un héros, est-il un salaud ? Cette question lancinante qui se pose le lecteur est la clef de cette série remarquable qui traduit parfaitement bien ce que fut la société des années 40 et en particulier celle de la France occupée. On a trop souvent des personnages aux engagements tranchés, sûrs d’eux, aux combats justes et incontstables. Ici, on est dans ce qu’on appelle la zone grise, ni d’un côté ni de l’autre ou un peu d’un côté et de l’autre. L’ambiguïté et la complexité du personnage sont vraiment bien rendues. Autour de lui, toute une clique de gens, plus vrais que nature. Le dessin est précis et travaillé. Il restitue avec justesse l’ambiance des années noires, oppressante, soupçonneuse, dangereuse. C’est intelligent, subtil, pas caricatural et cette histoire nous incite à nous poser des questions sur l’époque et sur nous-mêmes. Un petit clin d’œil aux films de Jean Gabin ? Probablement. On y retrouve aussi des personnages historiques qui trouvent, une place naturelle dans le scénario, sans que leur présence alourdisse l’histoire. Fabien Nury ne nous livre pas une fresque historique – c’est toujours le risque avec les récits basés sur des faits et des ambiances réels. Il manie avec subtilité l’histoire et la fiction et franchement, je trouve que c’est une très grande réussite.

17/07/2021 (modifier)
Couverture de la série Meurtres et chatiments
Meurtres et chatiments

Franchement inclassable, comme souvent avec cet auteur argentin au style particulièrement reconnaissable et clivant, mais que j’apprécie beaucoup. C’est l’aspect graphique qui justifie avant tout mon coup de cœur. Le dessin de Carlos Nine, déformant les corps et les objets dans une esthétique qui doit beaucoup au surréalisme, est plus que chouette ! Dessin et colorisation m’ont fait penser à un mixe de Bacon et Dali. Visuellement, c’est à la fois original, poétique, grotesque : j’en redemande. D’autant plus que l’éditeur a fait un effort particulier avec cet album. En effet, loin des couvertures souples qui d’ordinaire habillent les albums de la collection L’Echo des Savanes d’Albin Michel, nous avons là une couverture rigide, avec un dos toilé, et un papier bien plus épais que d’habitude, ce qui met bien en valeur le dessin de Nine. Quant aux petites histoires qui composent cet album, elles sont intéressantes, mais sans doute moins délirantes et poétiques que dans d’autres albums du même auteur. Pas de bulles ou de cases, dialogues et commentaires sont placés en off, tout autour des dessins. C’est une suite de récits qui partent de postulats assez classiques : des privés racontent leurs aventures, sur un ton blasé, au milieu des starlettes et de personnages de cartoon (plusieurs personnages de Disney – Nine adore déformer cet univers – de Popeye, etc.). Les amateurs de Carlos Nine se doivent de jeter un coup d’œil sur cet album (franchement pas des plus courants !). Les autres seront peut-être convaincus après un rapide feuilletage. Note réelle 3,5/5.

16/07/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Bucket List of the dead
Bucket List of the dead

Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga ! L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette. Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.

14/07/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Après lecture des 2 premiers tomes qui m'ont attiré de par leurs très jolies couvertures ! Il s’agit d’une bd animalière politique très agréable à lire. En préface Xavier Dorison cite ses diverses sources d’inspiration dont « La ferme des animaux » de George Orwell. Pour les intéressés, le film « L’ombre de Staline » dépeint la genèse de ce roman. Cette bd narre une dictature imposant des mesures spoliatrices et liberticides aux individus sous prétexte du bien collectif : au final la loi du plus fort règne et non l’état de droit. Comment se défendre d’un tel système autoritaire ?, c’est le propos des deux premiers tomes. Le débat par rapport au fait de renverser la dictature par les armes ou par la non coopération non violente m’ont rappelé le prêtre (Jeremy Irons) et le mercenaire (Robert de Niro) dans le merveilleux film « Mission ». Jeremy Irons répondant à De Niro « si la seule possibilité pour gagner est de prendre les armes alors ce monde n’est pas pour moi, je ne saurais y vivre ». Relater cette thématique sous forme de fable avec des personnages animaliers est une excellente idée. Le symbolisme des animaux donne au propos une intensité plus forte que ne l’aurait fait une histoire avec des humains. Du coup, cette bd prend un air sympathique de fable de la Fontaine. La présence des animaux rend aussi la lecture de ce drame plus ludique. Le graphisme et la colorisation sont très réussis, ne font pas Walt Disney, ce qui aurait pu être une facilité et un écueil pour une bd animalière ; de surcroît le dessin est très accessible. Pour terminer, l’action est bien présente, il y a de nombreux rebondissements. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, j’ai dévoré ces premiers tomes, j’attends avec impatience les deux prochains.

14/07/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Urgence climatique
Urgence climatique

Un album documentaire excellent. Les auteurs parviennent à aborder la problématique du réchauffement climatique d'une main de maître. Autant j'ai l'habitude de lire des ouvrages traitant ce sujet, autant je n'ai jamais autant apprécié ma lecture qu'ici. On est loin des discours de "monsieur-je-sais-tout", des "bobo-écolo" ou autres personnages insupportables. On est au contraire dans un dialogue posé et agréable entre 2 hommes, préoccupés par le réchauffement climatique et cherchant vraiment à comprendre d'où il vient, ses conséquences et ce qu'il est possible de faire pour le contrer. L'ouvrage est donc construit sous une forme de dialogue, entrecoupé par presque toutes les questions que l'on peut se poser sur le climat. C'est sérieux, intelligent, très pédagogue et le tout, agrémenté d'un excellent humour pour alléger notre lecture. Je conseille donc cette BD à tout le monde, et ne manquerai pas d'en faire la pub dans les écoles, afin qu'un maximum de personnes et de jeunes lisent cet ouvrage. 4 étoiles + coup de coeur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

12/07/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Urban
Urban

Je réécris mon avis après la lecture des 5 tomes. Je pense que le seul (petit) reproche qu’on puisse faire à cette série (et c’est d’ailleurs déjà noté dans les avis plus négatifs) est une narration un peu nébuleuse : personnages multiples, passages d’une scène à une autre, voire d’une époque à une autre, bref, une narration « à la Brunschwig ». Personnellement je suis fan, mais je comprends qu’on puisse y être hermétique. L’histoire est prenante et remarquablement écrite. Chaque tome apporte de nouveaux éléments et ajoute une couche supplémentaire au récit. L’univers mis en place, ses personnages, leur passé, leur personnalité, tout est parfaitement maîtrisé. Les révélations successives m’ont tenu en haleine, et la fin m’a beaucoup plu. Le dessin de Ricci est magistral. Il fourmille de détails, et la composition des planches est très réussie… les couleurs lumineuses contribuent à l’ambiance futuriste et technologique. Le design m’a un peu rappelé le jeu vidéo Bioshock. Une superbe série, et un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

19/09/2011 (MAJ le 12/07/2021) (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goodnight paradise
Goodnight paradise

Au bowling vous jouez pour faire des strikes ! Dans ma quête de BD, je fouille, je furète, je chine pour trouver l’album qui cochera toutes cases. Je veux voir toutes les quilles tomber. Avec « goodnight paradise » - oui Messieurs Dames - tous les items qui font une BD sublime sont réunis. Graphisme délicat et détaillé, découpage rythmé, scénario efficace qui ne s’essouffle pas, de nombreux rebondissements, colorisation juste, des décors soignés, un épilogue que tu ne vois pas arriver ou encore des personnages fouillés. Une lecture d’une seule traite bien évidemment avec le sentiment d’avoir été un lecteur privilégié. Tu fermes cette BD avec la sensation d’avoir découvert un album sublime qui restera une référence. Magique moment durant lequel le monde s’est arrêté me permettant d’atteindre l’extase. Je m’agenouille donc pour dire un énorme bravo à Joshua Dysart et à Alberto Ponticelli pour cette œuvre magistrale. Vous pouvez / vous devez vous procurer cet album en espérant que mon ressenti sera le vôtre. 5 étoiles bien évidemment. Je ne dirais pas « culte » peut être un peu démesuré comme notation mais énormissime BD !

11/07/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Jours de sable
Jours de sable

Cet album très attendu d’Aimée de Jongh est un véritable choc visuel et sensoriel, ce qui en fait assurément un événement pour cette année 2021. C’est à partir d’un fait historique un peu oublié, le Dust Bowl — un phénomène météorologique lié à la sécheresse qui provoqua la misère et la fuite des paysans principalement du Texas, de l’Oklahoma et du Kansas, de 1931 à 1937 —, que l’autrice néerlandaise a conçu seule cette fiction hors normes. Elle s’est inspirée également des nombreuses photographies en noir et blanc, pour certaines très célèbres, témoignant de cette catastrophe inédite et dont une partie montrait les habitants de la région dans une immense détresse. Si John Steinbeck a évoqué dans « Les Raisins de la colère » l’exode vers la Californie de ces populations plongées dans la misère, il n’a en revanche que peu traité la question de ce dérèglement climatique dû à l’activité humaine, peut-être le premier de cette ampleur dans l’histoire de l’humanité. La narration impeccable, faite de longues plages de silence où le dessin prend le dessus, associée à une mise en page aux plans très serrés, souvent en pleine page, nous emporte telle une tornade au cœur de l’histoire. Et si la comparaison est facile, elle n’en est pas moins vraie… Le lecteur est littéralement immergé dans cette atmosphère suffocante aux tonalités oscillant entre le gris beige et le brun orangé. Visuellement, c’est aussi magnifique que la situation des habitants appauvris par la catastrophe n’est tragique, et l’esthétique soignée n’enlève rien à la puissance de l’image. Le cadrage est saisissant, comme si l’autrice avait cherché à nous mettre le nez dans ces vents de sable pour nous faire mieux ressentir l’âpreté d’une situation dont les victimes ont littéralement « mordu la poussière ». Le trait sensible et réaliste d’Aimée de Jongh retranscrit parfaitement les états d’âme de ces gens livrés à eux-mêmes, pris dans la nasse du désespoir et pour une bonne partie captifs d’une terre maudite, sans même avoir les moyens financiers de la quitter… Le jeune héros, John, va vivre, à travers cette première expérience professionnelle en tant que photographe, un véritable parcours initiatique qui va le plonger dans des abîmes existentiels. Très vite, malgré sa jeunesse, le douteval’envahir quant à l’éthique de la fonction qui lui a été assignée par le journal qui vient de l’embaucher : prendre des clichés suivant des thématiques très précises, un rien cyniques dans leur aspect factuel, car déjà à l’époque, le « choc des photos » était nécessaire pour augmenter les ventes. Mais il n’est pas pour autant question de porter un jugement trop sévère sur ces photographies, dont la mise en scène pouvait travestir la réalité pour la rendre plus percutante. Car sans ces témoignages sur pellicule (et ces portraits saisissants, dont certains ont marqué la conscience collective), qu’aurions-nous su de cette tragédie et quelles traces en aurait gardé l’Histoire ? Aimée de Jongh elle-même aurait-elle pu réaliser cet album ? Pourtant, John, ce garçon sensible et empathique, l’est peut-être un peu trop pour exercer un métier se résumant à observer le monde dans sa dureté, où le photographe croit se protéger derrière la froideur mécanique de son objectif… En plus de toutes les qualités narratives et graphiques de ce one-shot, ce qui le rend encore plus marquant, plus prégnant, est la façon dont les faits décrits résonnent puissamment avec les problématiques environnementales de notre époque. On imagine sans peine qu’une telle catastrophe puisse désormais se reproduire sous n’importe quelle latitude, surtout quand l’actualité nous annonce que la côte Ouest du Canada ou la Sibérie subissent des températures approchant les 50° Celsius… Nul doute que « Jours de sable » marquera les esprits pour longtemps et ne passera pas inaperçu. La maison Dargaud, qui l’a bien compris, a doté l’ouvrage d’une qualité éditoriale on ne peut plus seyante, renforcée par un excellent choix visuel pour la double couverture et un minimalisme stylé pour la couverture intérieure. Avec ce petit plus qui n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour à l’objet papier : la cordelette marque-page. Avec une réussite aussi évidente, qui pourra encore oser prétendre que le neuvième art est une affaire de mecs et nier l’importance des autrices ?

10/07/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série World War Wolves
World War Wolves

Voilà 3 albums magnifiques. Plutôt adepte des zombies, j’y allais avec un peu d’appréhension sur cette série. J’ai eu tort. Immédiatement j’ai adhéré à l’histoire. Ici les mortels ne se transforment pas en d’affreux zombies avides de chair fraiche mais en des loups affamés. Et pour assouvir leurs envies, ces gastronomes sanguinaires se contenteront de viande humaine. Et je peux vous assurez, ils sont voraces et ce n’est pas facile pour qu’ils soient rassasiés. La population américaine doit gérer une épidémie dévastatrice. Le virus est contagieux. Les hommes se transforment peu à peu en une meute de loups cruels et insensibles à son prochain. Ce sont leurs estomacs qui les guident désormais. Malheur à celui qui sera mordu. La transformation est presque immédiate. Petite particularité, ces loups-garous ont un avantage énormissime. Ils peuvent prendre l’apparence humaine et se fondre dans l’anonymat pour mieux égorger leurs prochaines victimes. Seule la décapitation permet de venir à bout de ces monstres. Pour se défendre, les miraculés survivants ont du boulot s’ils veulent échapper à ces nouveaux prédateurs ! Franchement cela le fait. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J’ai lu les 3 albums d’une seule traite. Dommage que tout soit en noir et blanc. Cela aurait eu de la gueule avec des planches rouge sang. On pense à Walking Dead bien évidemment avec cette histoire post apocalyptique. Des survivants qui s’adaptent pour survivre dans un monde cruel et impitoyable. J’adore World War Wolves. C’est à croquer sans modération. Si vous avez faim je suis sûr que vous dévorez cette série et que vous vous en mettrez plein les babines. Bon appétit.

08/07/2021 (modifier)