Il était une fois en France

Note: 4.15/5
(4.15/5 pour 52 avis)

Angoulême 2011 : Prix de la série (pour le tome 4) Le destin de Joseph Joanovici, personnage controversé qui vécut au XXième siècle.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale 1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Angoulême : récapitulatif des séries primées Best of 2000-2009 Best-of des 20 ans du site Glénat La Résistance Les meilleures séries terminées en 2012 Les prix lecteurs BDTheque 2007

« Il était une fois en France » conte l’histoire de JOSEPH JOANOVICI, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. C’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le “roi de Paris” par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. “Monsieur JOSEPH” se confie sur son lit de mort aux côtés de LUCIE-FER, celle qui fut sa plus fidèle compagne. Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l’occupation un appartement en plein coeur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, JOSEPH reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne…

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Octobre 2007
Statut histoire Série terminée 6 tomes parus

Couverture de la série Il était une fois en France © Glénat 2007
Les notes
Note: 4.15/5
(4.15/5 pour 52 avis)
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05/10/2007 | iannick
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L'avatar du posteur Bastien1008

Série brillante et clairement marquante. Le scénario impressionne par son niveau de recherche et sa maîtrise du rythme : c’est fluide, haletant, dense en rebondissements, sans jamais perdre le lecteur. Chaque tome s’inscrit naturellement dans une trajectoire globale très lisible, et l’évolution du contexte — avant, pendant et après-guerre — est passionnante à suivre. Les époques changent, les rapports de force aussi, mais certaines logiques humaines demeurent, et c’est précisément là que la série frappe juste. Le traitement résolument anti-manichéen de la Seconde Guerre mondiale en France est l’un des grands points forts. Ici, pas de confort moral : ni héros idéalisés, ni figures purement démoniaques. Le récit montre des existences faites d’ambition, de survie, de compromissions et d’horreurs bien réelles. Cette approche donne une profondeur rare au propos et rend la lecture à la fois fascinante et dérangeante, sans jamais tomber dans la démonstration lourde. Graphiquement, le travail est exemplaire. Le dessin, précis et légèrement caricatural, donne une véritable épaisseur aux personnages. Sans fioritures inutiles, il sert parfaitement un scénario très intense et renforce l’impact émotionnel des situations. Si l’œuvre éclaire avec intelligence une période complexe, elle pourrait aussi, si mal interprétée, par son angle, troubler l’imaginaire collectif sur les Juifs — un point qui interroge sans pour autant remettre en cause la puissance globale de la série.

22/12/2025 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Yann135

Oyez oyez lecteurs de BDthèque ! Roulement de tambour s’il vous plaît et faites rugir les trompettes pour Il était une fois en France, un chef-d’œuvre à savourer sans modération ! Cette série est dessinée par le génialissime Sylvain Vallée et celle-ci a été primée – excuser du peu - à Angoulême en 2011. Vous allez plonger dans une œuvre où l’Histoire et l’art se rencontrent avec une puissance rare. Tout, absolument tout, est fascinant dans cette bande dessinée : du récit inspiré de faits réels, qui nous transporte dans les méandres de la résistance et de la collaboration, au trait puissant et expressif de Sylvain Vallée, chaque planche est une invitation à l’émotion et à la réflexion. C’est juste dingo ! Le découpage des pages est tout simplement parfait, un équilibre subtilement maîtrisé entre tension narrative et respiration visuelle. Les scènes s’enchaînent avec une fluidité qui captive, tandis que la colorisation, d’une richesse et d’une finesse exceptionnelles, renforce l’immersion et l’atmosphère de chaque époque évoquée. Les dessins, d’une beauté à couper le souffle, sont à la fois réalistes et chargés d’une intensité dramatique qui rend chaque personnage inoubliable. Un petit conseil... Ayez un peu de temps devant vous car quand vous allez commercer la lecture de la série, vous ne pourrez pas quitter votre canapé avant de découvrir la fin ! Il était une fois en France n’est pas seulement une bande dessinée : c’est une œuvre d’art totale, une plongée dans l’âme humaine à travers les tourments du XXe siècle. C’est le genre de série qui mérite une place de choix dans toutes les bibliothèques, et qui se savoure autant pour son contenu que pour sa forme. C’est bientôt Noel ! C’est le cadeau idéal pour les amateurs de récits historiques, de dessin sublime et d’émotions fortes. Si vous cherchez une BD exceptionnelle à offrir, ne cherchez plus : cette série est un trésor à partager, une expérience de lecture qui marque à jamais. À mettre entre toutes les mains, sans hésiter ! Et bonne nouvelle, vous pouvez vous procurer la série sous forme d'intégrale. Quel kiff cette lecture !

16/12/2025 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5

On a tant dit qu'il fallait donner dans un mélange d'enseignement et de prêche pour empêcher le retour des génocides, de l'antisémitisme et des guerres, et cela bien sûr sans en empêcher l'éternel retour ! Alors le chantage à replongez dans cette époque ou du moins faites semblant, sinon, vous êtes en quelque sorte responsable du pire, ça ne marche pas sur moi, merci. Non plus que l'affirmation que qui laisse faire est plus responsable que les assassins, non mais, vive la révolte des porteurs de charentaises ! Mais la série a su m'attirer par la couverture, me séduire par le dessin, le découpage et l'absence de chantage moral porté par une histoire si originale. Le héros, si on peut parler d'un héros, ne fait qu'essayer de survivre, comme la plupart des gens, il se trouve simplement qu'il se révèle en mesure de s'enrichir en plus, il est victime car Juif, et complice des bourreaux , lui qui en profite largement, comme si une souris de Mauss avait partagé le repas des méchants chats nazis ! Cela ne fait pas de cette BD l'égale de Mauss, mais une sorte de prolongement, d'exception à la règle qui fait des chats et des souris des rôles sans ambiguïté. Il y a le bien et le mal, mais les êtres sont rarement de purs représentants des ténèbres ou de la lumière, ce que de rares circonstances peuvent mettre en exergue dans le cas de génocidaires face à leurs victimes. Je pense que si l'enseignement, et non la matraquage, du passé est utile, des œuvres de fiction aussi prenantes que possible actualisent les connaissances par le déclanchement de l'empathie provoquée par la lecture de fiction. Bien sûr, cette empathie va en priorité aux personnages, mais aussi à tous les êtres : on lit par curiosité, on en sort un peu plus humain. Face à des héros, on prend quelque chose de leur ardeur vers l'excelllence, face à des non héros, on se rappelle de l'ambiguïté des êtres.

02/11/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
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Ouh, la belle claque que cette BD ! J'avais depuis très longtemps la série dans le viseur et j'ai enfin pu profiter de ma bibliothèque locale pour tout lire d'un coup. Et quelle lecture, c'est prenant et instructif, tout en posant de sérieuses questions sur l'humanité. Comme tout le monde, semblait-il, je ne connaissais pas cette figure contrastée de l'Histoire de France et de la Seconde Guerre Mondiale, mais je trouve que Fabien Nury a réussi un tour de force dans l'adaptation de la réalité à la BD. J'ai pu vérifier ensuite quelques détails qui me paraissaient presque trop gros pour être vrais, mais ils sont souvent ceux qui sont malheureusement très réaliste. Et quelle histoire ... Si je devais garder une idée de cette BD, c'est qu'il est facile de juger mais que personne ne nait saint ou salaud. Il n'y a qu'une infinité d'humains dans un monde qui n'est jamais tout noir ou tout gris. Que penser de Joanovici, après toute cette vie ? Quelle leçon en tirer, qu'en conclure ? Il est très très difficile de juger, et tant mieux. Le jugement, c'est dans un tribunal (et par sur Twitter), mais pour soi-même il est souvent bon de se l'interdire. En fait, au-delà de la figure sulfureuse du type, son parcours illustre bien les tensions qui habitèrent cette première moitié du vingtième siècle et les problématiques sociales, culturelles mais aussi économique de ce monde. Un milliardaire qui s'acoquine avec le pire de l'humain, mangeant aux deux râteliers et tentant sans cesse de sauver sa peau, jouant sur tout les tableaux pour toujours gagner ... Sa vie est sans doute moins "noble" et gentille que dans cette BD, mais elle montre ce que furent ces années-là, où tout devient progressivement permis. Le dessin de la BD va à merveille au récit, avec le trait de Sylvain Vallée qui se fait plaisir. Il croque des trognes, des gueules, des figures tout en ajoutant l'aspect historique bien travaillé dans les décors, les costumes mais aussi les types ayant réellement existé. Le tout fait rapidement immerger dans l'histoire et j'ai dévoré les six tomes en une soirée, happé par le récit et ne parvenant pas à m'en détacher. Sans fioritures, sans défaut, je trouve cette BD excellente. Le genre qui met une claque morale, celle où on se dit après que le monde n'est pas si simple à comprendre et que décidément, dans le pire des temps tout ce qui peut exister de l'humain ressort. Je ne peux que recommander cette lecture !

20/10/2025 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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En bon fan de Fabien Nury, j'ai lu un petit paquet de ses œuvres. Et pourtant, j'étais passé à côté de sa saga culte. La faute, sans doute, au sujet, dont on nous a tellement rebattu les oreilles à l'école et dans toutes formes de médias, que dès le collège, j'en ai fait une overdose. La Shoah, la Résistance, l'Occupation, la Libération... Tous ces thèmes semblaient obnubiler les enseignants, les politiques, les médias, à un point qui ne pouvait que faire fuir le jeune que j'étais... et probablement beaucoup d'autres avec moi. Bref, cet effet contre-productif d'un matraquage maladroit sur un sujet pourtant si essentiel a laissé des restes. Il y a toujours en moi certains sujets qui me passionnent, et d'autres qui me barbent royalement : la Seconde Guerre mondiale, ses méandres si complexes et tous les thèmes qui lui sont inextricablement liés font malheureusement partie de la deuxième catégorie. Eh bien, reconnaissons un grand mérite à Fabien Nury : il a réussi à me replonger le nez dedans et à me passionner à nouveau pour cette période, comme si je la découvrais pour la première fois ! Il était une fois en France fait partie de ces sagas instantanément cultes, de ces chefs-d'œuvre qui ne laissent pas indemnes. J'avais déjà apprécié le romanesque récit de Pierre Lemaître, Miroir de nos peines, je retrouve le même génie dans ces six tomes. Fabien Nury s'est parfaitement documenté pour nous offrir une histoire qui respecte à merveille la complexité de l'Histoire. En six volumes, il nous brosse un portrait extrêmement riche de l'Occupation et de la Libération, nous montrant bien que les héros ne se trouvent nulle part... Non que l'auteur cherche à désacraliser des icônes ; les grandes figures de cette période sont absentes du récit. Mais Nury, comme toujours, nous fait voir l'Histoire à travers ses petits (ou grands) à-côté, il nous intéresse à des personnages et des événements peu connus, qui dressent un tableau inattendu et méconnu de connaissances qu'on croyait acquises. Cette démarche touche ici son paroxysme. Personne n'est gentil, dans Il était une fois en France. Ou presque... En tous cas, personne n'est héroïque. C'est toute la réussite de Nury : quel que soit le personnage vers lequel on se tourne, rien n'est idéalisé, on y trouvera des traits qu'on sait malheureusement trop présents chez l'être humain. Parfois, ce sont de beaux traits, mais souvent, ils sont bien vilains. Avec la puissance narrative qui est la sienne, Fabien Nury nous offre donc une montée en puissance, qui culmine à mon avis dans les tomes 4 et 5, au plus profond de l'horreur humaine. Mais ce ne serait rien sans le trait si expressif de Sylvain Vallée (qui collaborera à nouveau avec Nury dans le génial Katanga). Si on a parfois tendance à mélanger certains noms et visages, les trognes qu'il dessine, alliée à son impressionnant mélange entre réalisme et caricature, font rentrer les différents personnages dans notre esprit pour un temps qu'on espère durable. Sans le talent graphique de Vallée, peut-être Nury n'aurait-il pas réussi à nous plonger aussi bien dans les méandres de son horrible récit. En l'état, Il était une fois en France atteint une sorte d'état de grâce que peu de bandes dessinées peuvent se vanter d'avoir atteintes. On se doute bien de la part de fiction qui y règne, on imagine bien que les événements n'ont pas été strictement respectés, pour des raisons de mise en scène et d'impact narratif. Mais il y a tant de scènes qui nous font réagir, tant de pages dont on sort les larmes aux yeux, que ce soient des larmes de rage ou de tristesse. Il y a tant de vie dans toute cette histoire qu'il est impossible de ne pas vibrer à un moment où à un autre. Tant d'allers simples vers l'horreur de la bestialité humaine, et si peu de retours vers l'héroïsme, qu'on ne peut se détacher de ces pages qui nous racontent cette histoire dont on aurait aimé qu'elle ne soit pas la nôtre. Et parfois, au milieu de tout cela, une fragile étincelle de pureté, quelques éclairs de beauté qui nous rappellent que même au plus profond de l'ignominie, il y a toujours une raison d'espérer. Oh, c'est discret, dans Il était une fois en France ! Mais c'est puissant. Et c'est pour cela que l'œuvre de Nury est si importante. Non seulement, on en sort avec le même bénéfice que si on avait ouvert un livre d'histoire. Mais en plus de cela, il y a au fond de tout cet innommable fouillis de merde une leçon que peu d'auteurs savent mettre en avant quand ils s'aventurent si loin dans la face sombre de l'humanité. Car à l'issue de ce voyage au bout de la nuit qui a duré six tomes, et a paru durer une éternité, il y a une chose qui subsiste, dans cette sorte de calme presque paisible qui clôt le dernier tome : oui, il est bien là. Sous une forme incroyablement ténue, si vaporeuse, et pourtant si solide. L'espoir.

07/08/2025 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
L'avatar du posteur Cleck

Série historique montrant la capacité d'adaptation et de survie d'un homme d'affaires juif sans scrupule durant la noire et trouble époque de la Seconde Guerre mondiale, collaboration comprise. L’ambiguïté du personnage est le moteur principal de cette série. L'idée est d'en suivre le parcours glorieux et sombre, de présenter les camps opposés (collabos/soldats nazis/police française Vs résistants) sans frontière nette et hermétique, montrant combien les opportunités et relations pouvaient conduire à choisir son camp, que l'idéologie et les valeurs n'étaient majoritairement pas les critères les plus pertinents. BD rythmée, prenante, surprenante, glauque, mais aussi un peu redondante (car désireuse de recenser les faits historiques), pas assez dans le thriller (pour expliquer les choix des protagonistes, décrivant l'infernale souricière dans laquelle ils sont plongés), pas aussi bonne que sa réputation.

21/06/2024 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

Cette lecture m'a replongé de nombreuses années en arrière quand je dévorais les ouvrages de l'inspecteur Borniche aux prises avec les anciens de la Carlingue. Il y a tellement de documentations sur Josef Joanovici qu'il faut saluer le travail de synthèse et la mise en scène qui aboutit à une histoire originale cohérente. Fabien Nury inscrit sa fiction dans un cadre historique précis même si certains points sont encore discutés. De ce côté le scénario de Nury est une pièce d'orfèvrerie même si j'ai trouvé quelques longueurs dans certains passages. Pour un personnage comme monsieur Josef, une grande partie du travail des auteurs est de créer une humanité dans le discours et les expressions de Joanovici et de ses interlocuteurs. C'est à ce niveau que j'ai eu souvent eu plus de mal à adhérer au message des auteurs. Evidemment les entretiens entre Joanovici et la gestapo (française ou allemande) resteront à jamais inconnus. J'ai trouvé les expressions du personnage, sa bonhommie ou ses attitudes trop souvent indulgentes. Perso je ne me suis jamais identifié au double jeu que l'on nous présente. J'ai trouvé les passages sur la Carlingue bien trop soft par rapport à la réalité (d'ailleurs je croyais que Jo Attia ne faisait pas partie de la rue Lauriston contrairement à ce que les auteurs laissent penser en tome 2 ou 3). Il y a donc quelques arrangements scénaristiques qui permettent une dramatisation du récit. Cela est compréhensible mais cela me gène un peu car les auteurs parlent de vraies personnes. J'ai acquis la version intégrale en N&B. Je trouve le graphisme vraiment bon. Vallée travaille sur les innombrables photos des personnages ce qui rend le visuel très crédible. Il y a relativement peu de scènes spectaculaires les auteurs privilégiant les scènes de confrontations expressives. C'est bien travaillé mais cela rend le personnage de Josef trop théâtral à mon goût. En conclusion j'admire le travail des auteurs mais leur parti pris m'a laissé assez dubitatif à de nombreux endroits. 3.5

18/04/2023 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Ambiguïté. Si vous cherchez une définition illustrée à ce mot, lisez donc cette série, dont le personnage principal comblera vos attentes les plus folles. En effet, rarement un personnage aussi ambigu, mais également aussi logique, aussi réaliste, aussi humain, finalement, ne m’aura été offert. C’est l’atout maître de cette série … et il est énorme ! Sortie de ce captivant profil, la série offre d’autres sujets de satisfaction. La narration est fluide. La structure en flash-back est aisée à suivre. Certains lecteurs lui reprocheront peut-être son aspect assez conventionnel, mais, à titre personnel, je suis friand de ce style et ne boude pas mon plaisir. Cette biographie imaginaire évite le piège d’une suite hachée de séquences hétéroclites, et nous offre donc un récit au suspense toujours présent même si cet aspect n’est pas son sujet central. Le trait de Sylvain Vallée m’a surpris dans un premier temps par son approche semi-réaliste. Il ne m’a cependant jamais choqué. Je le trouve finalement très adéquat et agréablement lisible. Par sa simplicité, il a permis au lecteur que je suis de se centrer sur les personnages sans trop s’attarder sur la beauté des décors ou sur la précision des détails historiques. L’ensemble n’est cependant pas dénué de richesses, mais celles-ci se savourent bien plus dans le cadre d’une relecture que lors de la découverte de ces planches. Cette série a marqué plus d'un lecteur et a ouvert la porte à d'autres œuvres dans lesquels le personnage central propose un double profil qui en montre toute la complexité. De ce fait, je la considère comme culte même si certaines longueurs se font ressentir dans les deux derniers tomes. Captivant, sans nul doute !

04/02/2010 (MAJ le 08/09/2022) (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

J'ai un défaut, en matière de lecture, je résiste rarement à la tentation de feuilleter la fin des albums, ou des séries, avant même d'avoir tout lu. Il n'est donc pas rare que certains effets du récit tombent à plat. Mais pour cette fois-ci, pas question que ça arrive. J'étais déterminé à lire d'une traite cette série dont j'avais plusieurs albums chez moi depuis longtemps, mais que je n'ai complétée que dernièrement, et que j'attendais donc de lire depuis un moment. Je commence donc le premier tome, le lit, ne comprend pas tout mais ai bien envie de lire la suite. Et là, je me rends compte que j'avais classé les bds de la série dans l'ordre décroissant. Je venais de lire l'intégralité du tome 6, et donc la conclusion de la série, sans avoir du tout lu les précédents tomes. Autant dire que ma lecture a parfois été embrouillées, puisque je connaissais déjà certains personnages, ou ce qui allait leur arriver, et ça m'a enlevé un peu de sel à la lecture. D'habitude, je ne me spoile qu'une partie de l'intrigue, un point culminant, mais il reste toujours des zones d'ombres qui s'éclaircissent au fur et à mesure. Là, c'était un peu différent, je conaissais déjà toute la fin et ses détail. Sans compter qu'il y a pas mal de sauts dans le temps et de flashbacks qui m'ont encore plus fait douter de la chronologie de la narration. Mais j'ai quand même beaucoup apprécié ma lecture, preuve de la réussite du duo Nury-Vallée pour cette histoire qui conte la vie de Joseph Joanovici, immigré qui fit fortune avant la guerre puis pendant, avant de terminer en disgrâce et sans le sou. L'histoire est passionnante, elle permet de se replonger dans le contexte historique de la 2e guerre mondiale a travers les yeux d'un homme assez peu scrupuleux, mais qui se retrouve en vrai danger et qui fait tout pour échapper à son funeste destin. L'ambivalence du personnage principal est très bien rendue, avec d'un côté des actes souvent très égoïstes et parfois criminels et de l'autre des instants de prise de conscience et une volonté d'aider les autres, ou de sauver sa peau coûte que coûte. Difficile de ne pas comprendre ceux qui font de lui un salaud fini comme difficile de ne pas comprendre ceux qui le érigent en héros. L'histoire de cet homme est passionnante, mais elle est aussi extrêmement bien racontée. Nury s'y connait pour dire de bonnes histoires, et il n'y a pas grand chose à redire sur la narration, peut être sur les sauts dans le temps dans les derniers albums mais vu que je n'ai pas lu dans l'ordre c'est peut être juste moi que ça a un peu perdu. C'est passionnant, on voit bien l'évolution de la personnalité du héros, et la différence entre cruelle froideur et moments de prise de conscience de ce qu'il est en train de devenir. J'ai bien aimé cette ambivalence des personnages qui ne sont pas tout blancs ou tout noirs. Joseph est présenté comme ayant des côtés bons parfois, et le "petit juge de Melun", au contraire, alors qu'il sert une cause à priori juste, celle de la justice, est présenté avec des côté plus obscurs et s'assombrit au fur et à mesure du récit. Pareil pour les autres personnages, ils sont tous plutôt bien construits et intéressants, même si évidemment certains sont plus secondaires que d'autres et donc moins profonds, comme Lucie Fer qui est essentiellement le soutien de Joseph ou son frère qui le soutient coûte que coûte puis s'en détache. Mais ils restent tous intéressants et il n'y a pas un personnage ou je me suis dit que son développement était pas terrible. Quant au dessin, c'est celui de Vallée. Il est comme d'habitude très bon, mais je note une différence avec les deux autres bds que j'ai lues de lui, à savoir Katanga et Tananarive. "Il était une fois en France" est antérieur à ces deux bds, et le style de Vallée n'en était pas au même stade de maturité. Et j'avoue que je ne sais pas exactement ce que je préfère. Ce style là est plus réaliste (surtout pour ce qui concerne les têtes des personnages) et, pour un récit "historique", ce n'est pas plus mal. A l'inverse, le style "nouveau" de Sylvain Vallée est plus marqué et plus reconnaissable, mais les têtes particulières de certains personnages atténuent un peu ce côté réaliste. Mais au moins maintenant on reconnait tous les personnages alors que dans "Il était une fois en France" j'ai parfois eu un peu de mal. Bref, quoi qu'il en soit, le dessin ici est très bon, même si j'aime bien quand les dessinateurs ont leur patte, leur petit truc particulier, et donc j'aime bien le chemin pris par le dessin de Vallée récemment. Je conseille donc évidemment cette bd pour ceux qui seraient passés à côté.

26/07/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
L'avatar du posteur Cacal69

Une lecture captivante, émouvante et instructive. L'histoire de Joseph Joanovici, dont je ne savais rien, elle est romancée mais les faits principaux sont réels. Et c'est là tout le talent de Fabien Nury, un subtil mélange de fiction et d'Histoire. Un homme parti de rien qui deviendra milliardaire. Une narration non linéaire qui nous fait découvrir le destin hors norme de cet homme, à différentes périodes de sa vie. Le côté historique du récit est retranscrit de façon pointilleuse, et j'ai particulièrement apprécié la partie sous l'occupation allemande, avec toute l'ambivalence des personnages et la chasse aux sorcières qui s'en est suivi. Les mots ambiguïté et énigmatique prennent tous leurs sens pour Joseph Joanovici. Tantôt une ordure, tantôt un "héros". Chacun aura sa propre idée sur ce personnage. Sylvain Vallée a fait un travail de fou, on est plongé de plain pied dans cette France : d'entre deux guerres, d'occupation puis d'après guerre. Des personnages aux décors, il en émane une authenticité à chaque page. Pour preuve les deux publicités pour Suze et Picon dans les deux premiers tomes, deux apéritifs que j'apprécie mais avec modération. Du bel ouvrage. Évidemment, je recommande.

14/05/2022 (modifier)