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Il était une fois en France

Note: 4.14/5
(4.14/5 pour 43 avis)

Angoulême 2011 : Prix de la série (pour le tome 4) Le destin de Joseph Joanovici, personnage controversé qui vécut au XXième siècle.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale 1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Angoulême : récapitulatif des séries primées Best of 2000-2009 Best-of des 20 ans du site Glénat La Résistance Les meilleures séries terminées en 2012 Les prix lecteurs BDTheque 2007

« Il était une fois en France » conte l’histoire de JOSEPH JOANOVICI, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. C’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le “roi de Paris” par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. “Monsieur JOSEPH” se confie sur son lit de mort aux côtés de LUCIE-FER, celle qui fut sa plus fidèle compagne. Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l’occupation un appartement en plein coeur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, JOSEPH reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Octobre 2007
Statut histoire Série terminée 6 tomes parus
Couverture de la série Il était une fois en France

05/10/2007 | iannick
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Par Seube
Note: 4/5
L'avatar du posteur Seube

Je suis très content de ma lecture, même si je ne suis pas sûr d’être amené à relire cette série en retrouvant le même plaisir. Un scénario intense, qui m’a permis de vraiment entrer dans l'histoire crescendo. Cette BD est une fiction qui cherche à mettre en situation ce qui a pu (et certainement dû) exister au temps de l’Occupation et après la Libération. Je ne cherche pas à savoir le vrai du faux au niveau historique donc. Là où l’idée semble novatrice, c’est de mettre en avant les individus égoïstes, n’ayant cherché qu’à s’en mettre plein les poches et, si possible, à élever leur rang social par des actes affairistes et opportunistes. Que cette idée se place au cœur de la Seconde Guerre Mondiale est vraiment géniale, parce-que s’il y a bien un moment où on se dit que les individus devaient choisir un camp par obligation, c’était bien pendant cette période : résistants, armée régulière, collabos, gestapo, SS, armée nazie, etc. Je ne serai pas de ceux qui critiqueraient (en existent-ils ?) le scénario. Il est ultra chiadé, tout est bien mené et les transitions sont excellentes. Si on arrive à trouver le personnage fin calculateur et grand opportuniste, c’est grâce à un script aux petits oignons : tout est rôdé, les problèmes accumulés nous font pressentir une certaine complexité, mais la solution pour les résoudre ne laisse place à aucun doute et ne laisse aucune incompréhension. Et le storyboard qui va avec est impeccable : passage d’un endroit à un autre, du passé au présent, etc. C’est top ! Au niveau du dessin, ce n’est pas forcément mon style. J’ai toujours trouvé ce type de trait relativement neutre, je le considère comme un compromis qui permet d’englober un maximum de lecteurs potentiels... Avec un scénario pareil, je trouve que le dessin se place au second rang. C’est ce qui m’empêche principalement de placer cette série au rang de Culte. Après, l’ensemble est tout à fait correct, je trouve la colorisation top, le dynamisme est présent tout le temps, bref ça reste super propre ! Il y avait matière à créer quelques situations avec plus de silence, mais bon c’est mon péché mignon, faut pas que j’en abuse. Je rejoins le débat sur la psychologie du personnage principal. Il m’a été difficile d’avoir un intérêt empathique envers Joseph au début. Et puis, au fur et à mesure, on sent bien qu’il arrive à contrôler sa situation autant qu’il l’aggrave. Un problème réglé en amène un autre, continuellement. Joseph est pragmatique oui, sauf qu’il navigue à vue. Et quand il prend le recul nécessaire, vital, c’est trop tard ! On sait qu’on tend vers le drame (ou fin heureuse pour qui pense que ces crapules méritent leur sort). Et je trouve l’épilogue proche du grandiose. A lire, ça plaira forcément au plus grand nombre.

23/07/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
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Un homme d'affaire sans scrupule, avec un grand sens de l’adaptabilité aux situations. Que dire de plus sinon qu’il est prêt à tout pour s'enrichir et sauver sa famille ! Un héros presque ordinaire qui navigue entre deux eaux et dont on ne sait trop quoi penser. Est-il un héros, est-il un salaud ? Cette question lancinante qui se pose le lecteur est la clef de cette série remarquable qui traduit parfaitement bien ce que fut la société des années 40 et en particulier celle de la France occupée. On a trop souvent des personnages aux engagements tranchés, sûrs d’eux, aux combats justes et incontstables. Ici, on est dans ce qu’on appelle la zone grise, ni d’un côté ni de l’autre ou un peu d’un côté et de l’autre. L’ambiguïté et la complexité du personnage sont vraiment bien rendues. Autour de lui, toute une clique de gens, plus vrais que nature. Le dessin est précis et travaillé. Il restitue avec justesse l’ambiance des années noires, oppressante, soupçonneuse, dangereuse. C’est intelligent, subtil, pas caricatural et cette histoire nous incite à nous poser des questions sur l’époque et sur nous-mêmes. Un petit clin d’œil aux films de Jean Gabin ? Probablement. On y retrouve aussi des personnages historiques qui trouvent, une place naturelle dans le scénario, sans que leur présence alourdisse l’histoire. Fabien Nury ne nous livre pas une fresque historique – c’est toujours le risque avec les récits basés sur des faits et des ambiances réels. Il manie avec subtilité l’histoire et la fiction et franchement, je trouve que c’est une très grande réussite.

17/07/2021 (modifier)
Par CVI
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur CVI

Super BD. On m'a offert l'intégrale, 6 tomes d'un coup. C'est captivant et historique. Je recommande vivement.

06/02/2021 (modifier)
Par Fab
Note: 5/5
L'avatar du posteur Fab

6 tomes qui vous tiennent en haleine sur l'histoire de Joseph Joanovici. J'aime beaucoup cette série: le dessin est beau et soigné, les couvertures sont magnifiques (et donnent envie de plonger dans l'histoire), et au delà je trouve que l'auteur a su parfaitement retranscrire les atermoiements propres à cette époque. Joseph Joanovici n'était ni tout blanc, ni tout noir: juste dans la zone grise comme tellement de Français à cette époque. Le suspense est présent, la narration (faite de flash-back, d'intrigues mêlées) est efficace. Bref, je recommande +++

20/08/2020 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
L'avatar du posteur doumé

C'est le parcours d'un homme d'affaire sans scrupule qui est prêt à tout pour sauver sa famille et s'enrichir. Issu d'une famille juive, notre héros s'échappe miraculeusement du progrom antisémite russe, survit à la seconde guerre mondiale et résiste autant qu'il peut à la traque d'un juge. Pour survivre pendant la seconde guerre mondiale, notre héros doué pour les affaires va utiliser sa compétence de ferrailleur pour s'enrichir et sauver sa famille de la déportation. Notre héros s'adapte toujours à son environnement hostile avec un coup d'avance. Un héros qui n'est ni dans un camp ni dans l'autre, il est partout. Entouré de personnes sans scrupule pour la plupart corrompues, il navigue dans ces eaux troubles avec maestria. Nos sentiments sont partagés pour le héros entre admiration, dégoût, compassion ou écœurement et nous passons d'un ressenti à un autre à un rythme rapide. C'est à mon avis le point fort de cette série. Au cours des 2 derniers tomes, la traque du juge m'a paru moins dynamique que les tomes précédents. Le dessin est travaillé, les décors et les détails nous installent dans une ambiance d'époque. Une série plaisante à lire et un héros inoubliable.

21/05/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Un peu comme la saga du « Parrain », qui, plus qu’une histoire sur la mafia, n’était aux dires de Coppola qu’une saga familiale, il est fort possible que les auteurs n’aient ici voulu traiter que la trajectoire – intime, morale – d’un homme, « l’histoire de France » - fut-elle sa partie la plus sombre, n’étant là que comme décor. Et de fait, c’est bien la personnalité de Joseph, ses agissements, qui sont au cœur de cette série. Joseph, Juif ayant survécu et fui les pogroms en Roumanie au début du siècle, réfugié en France, et qui rapidement, s’est fait une place. Joseph, sorte de Machiavel moderne, amoral qui, dans un contexte atroce – l’occupation et la chasse aux Juifs, use de tous les moyens pour s’en sortir. Mais avant même la guerre, et après aussi, ses calculs froids font de lui un être détestable, n’hésitant pas à jouer les uns contre les autres, à sacrifier ses « pions », avec un cynisme impressionnant. Le décor de cette étude d’un personnage, aussi fascinant que repoussant, est constitué par les détours de la guerre, de l’épuration, avec là aussi pas mal de cynisme. Un petit juge de province, qui s’attache aux basques de Joseph, semble être le seul à défendre la morale (et aussi la loi), quoi que… Le dessin semi réaliste de Sylvain Vallée est vraiment très bon et rend la lecture agréable et fluide. Un réel plus pour le scénario de Fabien Nury : les deux auteurs ont produit quelque chose de réussi, avec un juste équilibre entre reconstitution historique (réellement bien documentée) et petite histoire.

07/07/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

C'est typiquement le genre de BD qui s'adresse à un large public en ratissant large et en surfant sur ce que j’appellerais la bonne conscience des lecteurs potentiels. Car, au fait, de quoi est-il véritablement question ici ? De la vie et de l’œuvre de ce que feue ma grand-mère qui vécut cette période avec deux jeunes enfants à charge aurait appelé un salaud, un profiteur. Peu importe ici que ce personnage soit juif, d'ailleurs sa judéité n'est que très peu explorée par les auteurs, il reste tout de même un mec qui profite d'un système particulier (la guerre) pour s'enrichir. Doit-on condamner ou ne pas aimer une BD à cause d'un ou plusieurs personnages ? Sans doute que non mais il n'empêche que tout au long de ces 6 tomes deux trois faits relatés m'ont mis plutôt mal à l'aise. Pour autant cette saga est très intelligemment construite et, malgré les restrictions évoquées plus haut, on se prend à vouloir connaitre la suite. Il y a derrière tout ça un formidable travail et l'ensemble se lit d'une traite aidé par un dessin au top. En tenant compte des réserves que j’émettais, cette série est bien sûr à lire pour l'éclairage qu'elle apporte sur cette période troublée.

09/03/2016 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 5/5
L'avatar du posteur DamBDfan

Ca, c’est le genre de BD (tirée de faits réels) dont on va se souvenir pendant quelques temps tant la densité du scénario, des dialogues et des personnages, est remarquable. Beaucoup de moments forts, d’émotions, de force dans les dialogues qui, une fois la série terminée, procurent cette sensation de bien-être, un peu comme quand on sort de la salle de cinéma avec le sentiment d’avoir vu un grand film. Et puis, que dire sur ce « fameux » Joseph Joanovici, ferrailleur d’origine juive au caractère terriblement ambigu, prêt à tout les coups foireux pour survivre et sauver sa famille pendant l'Occupation allemande. Il y a tant de choses à dire sur ce personnage tant il est complexe mais vous jugerez par vous-mêmes l'individu et son histoire qui vaut le détour. Rien à dire sur les dessins impeccables, propres, belles lignes claires (proche du style de Dodier, Meynet,…), accompagnés d'agréable couleurs chaudes à « l’ancienne » Définitivement un classique à lire et relire.

29/11/2014 (modifier)
Par Pierrick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Voici la série qui a transformé mon attirance pour la BD en véritable passion! (Il faut préciser que je suis néophyte dans le genre, ce qui m'évitera les foudres des puristes considérant que de nombreuses séries antérieures auraient mérité cette remarque). Après chaque lecture, j'ai toujours l'impression d'avoir visionné un très bon film à l'image du "Parrain" ou de "Il était une fois en Amérique". La lecture des six tomes est particulièrement fluide grâce à un scénario et à une narration maîtrisés. Les cadrages, extrêmement précis et adaptés au contexte, nous plongent dans l'intrigue en créant un suspense constant (c'est d'ailleurs, à mon avis, ce qui caractérise l'oeuvre de Fabien Nury). Bref, vous l'aurez compris, je suis un fan de cette série dont je recommande vivement la lecture et l'achat à l'occasion de la sortie prochaine de l'intégrale.

30/10/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Ce déferlement de 4 étoiles est éloquent, et il est vrai que la série les mérite, affichant une qualité certaine dans l'échafaudage du scénario, sa progression, les nombreux revirements de situations, malgré le fait que le récit explore les heures sombres de l'Occupation, une période douloureuse avec tout ce que ça implique de négatif (collaboration, Gestapo, tortures, trafics honteux, assassinats, individus sinistres comme Lafont ou Petiot...). C'est une fresque humaine âpre, pleine de profondeur et d'émotion, il y a incontestablement un côté captivant dans cette série, on a envie de connaître la suite à chaque fin de tome. La qualité graphique est aussi au rendez-vous, et ce point compte aussi énormément dans la notation ; le dessin de Vallée est très plaisant, sans trop d'effets comme aiment à le faire certains dessinateurs modernes. Mais son mérite vient d'un graphisme clair, précis, agréable à l'oeil, avec une mise en page simple et assez classique, je trouve qu'il a des points communs avec celui de Félix Meynet. Je reproche simplement la complexité de certains passages, et surtout les changements d'époque un peu perturbants dans le tome 1 ; déjà qu'il y a énormément de personnages, il faut bien s'investir dans cette Bd pour tout retenir, et pour ce faire, il faut lire les 6 albums à la suite, c'est ce que j'ai fait, sans ennui. Maintenant, il y a quand même un truc qui me gêne dans ce récit, c'est le personnage central de monsieur Joseph ; son côté affairiste et amoral transpire dans chacun de ses actes, c'est un arriviste vénal qui ne pense qu'à l'argent et qui emploie tous les moyens pour sauver sa peau. D'un côté, son enrichissement personnel, ses collusions avec l'ennemi, ses corruptions de fonctionnaire, ses magouillages divers, allant jusqu'au meurtre... De l'autre, il sauve des gens, aide la Résistance... bref tout ça n'est pas propre, et j'ai du mal à m'attacher ou à admirer un type comme lui aussi ambigu, froid, presque dénué de sentiments et qui se réfugie dans une fausse abnégation en se persuadant de bien agir pour sa famille. C'est quand même une prodigieuse crapule. Et il y a aussi une chose étonnante dans cette histoire : comment un type comme Joseph a-t-il pu fricoter autant avec les Boches avec un physique aussi typé ? Ce personnage de vieux filou qui est admiré ou honni, ne m'inspire pas confiance, et je ne m'y attache pas par définition. Evidemment, comme on distingue mal le vrai du faux, le fictif du réel ainsi que les auteurs en avertissent le lecteur, on ne sait pas si ce type a existé tel qu'il est décrit, mais je suis persuadé qu'ils n'ont pas dû broder beaucoup, et d'ailleurs des types comme ça, il y en a eu. La série m'a beaucoup fait penser au film Monsieur Klein, de Joseph Losey en 1976, où Alain Delon campait un juif profitant de l'Occupation. Ceci étant dit, je regarde avant tout le travail entrepris par les auteurs, ils ont dû amasser de la documentation pour étayer tout ça, et je trouve ce travail sur le plan BD, brillant, édifiant et hautement instructif.

14/08/2014 (modifier)