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Les derniers avis (6998 avis)

Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un océan d'amour
Un océan d'amour

J'apprécie toujours quand une bande dessinée nous offre de beaux dialogues mais il est pourtant très fréquent qu'une bonne bande dessinée atteigne pleinement le chef-d'oeuvre dans les moments où elle se passe de mots (le mieux étant quand l'auteur maîtrise les deux à fois, comme le fait Alain Ayroles, par exemple, les cases ou scènes muettes constituant des sommets narratifs au milieu des dialogues déjà brillants de Garulfo, De Cape et de Crocs, ou Les Indes fourbes). De même les dessins d'un Sempé oublient régulièrement les mots pour diffuser une grande poésie, un humour toujours fin voire une certaine émotion. Si je cite Sempé, ce n'est évidemment pas gratuit, car je trouve que Lupano s'approche régulièrement de la finesse de ce dernier (même si Sempé reste bien sûr inatteignable) dans Un Océan d'amour. Se passer de tout texte parlé, c'est donc le défi que s'est lancé l'auteur dans cette bande dessinée, et il l'a relevé avec brio ! Les personnages sont très typés, physiquement d'abord, mais Lupano réussit également, sans un seul mot, donc, à leur conférer un caractère très fort, bien marqué, parfois ridicule, mais toujours tempéré par la tendresse très communicative de l'auteur pour ses personnages. De même, sur le plan narratif, Lupano maîtrise a fond son récit, c'est même peut-être la BD que j'ai lue de lui que je préfère (enfin, à égalité avec Alim le tanneur). Les péripéties s'enchaînent de manière parfois rocambolesques mais toujours cohérente, les enjeux sont forts pour les personnages et suscitent une belle empathie du lecteur pour eux. Le plus beau, c'est qu'en même temps, Lupano en profite pour diffuser un message écologique, de façon assez subtile pour une fois, peut-être justement parce qu'il n'utilise que le pouvoir de l'image pour le rendre d'autant plus efficace. Depuis le début, je parle de Lupano, parce qu'il est le premier à féliciter pour la réussite du concept qu'il a mis en place, mais il est tout de même temps de rendre également hommage au talent incroyable de Grégory Panaccione. Ici, forcément, il est déterminant, et il partage à égalité le succès de l'œuvre. Sa patte graphique est vraiment très jolie. On retrouve toute l'atmosphère de la Bretagne, brumeuse et lumineuse, triste et pleine d'espoir à la fois, une ambiance fascinante parfaitement retransmise par le trait affûté du dessinateur. Les graphismes sont ronds, très expressifs, et donnent parfaitement vie aux personnages imaginés par Lupano. Il accentue à la fois le côté loufoque des péripéties, mais aussi l'humour, tantôt absurde, tantôt plein de délicatesse, et renforce grandement l'efficacité narrative par la force de son trait, nouvelle preuve du pouvoir de l'image, tour à tour ici comique, tragique, politique, poétique, très complète. En un mot, voilà ce qu'est Un Océan d'amour : une bande dessinée complète. On rit, on pleure, on réfléchit, on est ému, on est révolté... Bref, pendant 200 pages, on vit. On vit une aventure extérieure captivante et une odyssée intérieure non moins exceptionnelle, qui font définitivement de cette bande dessinée un incontournable à lire et relire sans trop de modération.

22/05/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Libye
Libye

"Ta fille s’est noyée lors de ta première tentative d’embarquer sur un canot.. Et toi, tu pues. Tes parents priaient à l’église quand une bombe de Boko Haram les a fait sauter avec les bibles, les crucifix et tous les autres symboles d’un dieu auquel tu ne crois plus... Tu as traversé le désert pour sauver ta peau, mais ils t'ont arrêté... Et tu pues." Voici l'un des extraits de cette BD qui prend aux tripes. Des passages comme cela, il y en a des dizaines et des dizaines. "Libye" raconte le quotidien des Libyens à partir de 2011, la période "post-Kadhafi". Le tout est raconté selon divers points de vue : le garde-côte, la mère de famille, la milice, l'Erythréenne qui tente de passer en Italie... Il s'agit d'un documentaire qui ne nous donne pas l'impression d'en être un. Tout est raconté avec une puissance des mots, avec une cruelle vérité qui dérange. Le tout, appuyé par un dessin en noir et blanc juste et précis. Je dis juste, car on ne tombe pas dans le gore et trash pour autant. Vu ce qui est raconté, les auteurs auraient pu faire le choix de nous montrer des scènes choquantes et traumatisantes visuellement, or ce n'est pas le cas. Mais attention, on montre bien des scènes de massacres, d'esclavagisme et diverses autres horreurs, mais sans tomber dans le trash inutile. Avant ma lecture, je n'avais que de vagues connaissances sur le sujet, celles qu'on obtient en regardant le JT de 20h. J'ai donc été plus d'une fois surpris, bouleversé dans mes croyances. Par exemple, je ne m'imaginais pas une seconde que de nombreux Libyens regrettaient l'époque Kadhafi. Mais au vu des événements postérieurs à Kadhafi, je ne peux que le comprendre dorénavant. Cette BD remet énormément d'éléments à leur place, recontextualise et apporte un regard nouveau (en tout cas pour moi, petit homme blanc privilégié) sur la Libye de 2011 à 2019. Cette lecture est accessible à tout le monde. Elle ne nécessite aucune connaissance au préalable. Voilà encore une BD qui devrait faire partie du programme scolaire des plus grands. 4 étoiles + coup de cœur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

22/05/2021 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Canardo
Canardo

Aaah...Canardo. C'est noir, c'est cynique voire carrément crado parfois mais tellement bon. Les pérégrinations de ce privé désabusé (voire complètement dépressif) ont de quoi troubler le lecteur non averti qui pensait lire des histoires de roman policier de gare... La grande force de cette série, c'est qu'elle laisse au second plan le côté policier/détective justement et met en avant les personnages et les situations cruelles ou sombres dans lesquelles ils évoluent. Le dessin de Sokal est très bon même si je préfère celui des premiers tomes, plus chargé, plus chaotique, plus sombre, car je trouve qu'il correspond mieux à l'univers dans lequel évolue notre pauvre canard détective. Les tomes sont inégaux mais il y a de vraies perles et certaines histoires sont juste excellentes. A lire si vous aimez les canards cyniques en imper ! (vous ne le savez pas encore, mais vous aimez sûrement)

21/05/2021 (modifier)
Par max
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moonlight mile
Moonlight mile

Salut, J'ai été très surpris de voir tant de mauvaises critiques à propos de ce manga qui, à mon sens, rempli parfaitement son cahier des charges. Tout d'abord je trouve que le sujet traité, à savoir la conquête spatiale, est fait de façon très réaliste tant dans ses dessins de très bonne qualité, que dans l'approche physique ou sociale. Ensuite, j'aime beaucoup la trame narrative et l’évolution en parallèle des deux protagonistes qui, bien que pouvant paraitre clichés par certains traits de caractère exacerbés, sont bien représentatifs des puissances politiques qu'ils symbolisent. Là ou je rejoins les précédentes critiques, c'est sur le fait que le manga manque un peu de finesse parfois et montre une vulgarité souvent gratuite ; mais pour ceux qui ont lu d'autres œuvres de Ohtagaki Yasuo, je pense que vous reconnaitrez son style, on aime ou pas, personnellement, je n'ai rien contre une scène un peu beauf de temps en temps. En conclusion, je pense que ce manga tient un vrai propos sur la géopolitique mondiale autour de la thématique de la conquête spatiale mais que malheureusement il n'a pas eu la chance de le développer jusqu'au bout vu que la publication s'est stoppée au 11eme tome. En tout cas, si vous aimez les mangas avec des dessins de qualité avec une histoire un peu sérieuse, du sexe et des vaisseaux spatiaux, foncez. PANINI, publiez la suite svp qu'on puisse connaitre la fin de l'histoire

21/05/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Nombrils
Les Nombrils

Mon avis datait de 2006 et avait besoin d'être mis à jour car la série Les Nombrils est devenue quelque chose de bien plus mature, profond et intéressant que les simples albums de gags qu'elle était initialement. Cette BD a été créée en 2004. Ses auteurs sont québécois, compagnons dans la vie, et elle est parue dans le Journal de Spirou dans la mouvance de la rubrique "33, rue Carambole", je pense. C'était une BD qui se voulait moderne, destinée plutôt aux filles mais que les garçons ne rechigneront pas à lire. De même que les adultes car je la lis avec plaisir. Les gags tournent autour de 3 héroïnes. Quand on les découvre, Vicky et Jenny sont deux petites con... heu... chipies superficielles, mignonnes mais sans cervelle, qui ne pensent qu'à draguer et à se faire belles. Et il a fallu qu'elles aient pour... amie, Karine, trop grande, trop naïve, trop maigre et pas féminine pour un sou, qui leur sert bien trop souvent de souffre-douleur. Autant les personnages des deux premières sont irritants au possible, autant celui de la pauvre Karine est attachant comme tout à mes yeux. Quand les gags ne tournent pas autour des plans drague des filles, ils tournent le plus souvent autour de la façon dont Karine va une fois de plus s'en prendre plein la face, la pauvre. C'est un zeste d'humour noir qui me fait facilement rire ou sourire. Quant au dessin, il est bon, dynamique, frais et moderne. Si cela s'était arrêté là, cela aurait donné une série d'humour sympathique mais pas inoubliable. Mais les auteurs ont décidé de faire évoluer l'esprit de leur série et de ses personnages au fil des tomes. Les différentes péripéties quotidiennes que vivent les héroïnes vont transformer leurs vies et leurs caractères. Les successions de gags vont peu à peu former de vraies histoires, avec parfois même un réel suspens voire du danger. Et surtout les héroïnes vont changer au fur et à mesure, avec avant tout la souffre-douleur Karine qui va fortement gagner en maturité, mais les deux autres aussi vont gagner en profondeur et devenir à la fois plus attachantes et surtout plus intéressantes. Les Nombrils est devenue avec le temps une excellente série pour adolescents mais aussi pour un public plus adulte, avec des personnages finalement bien plus complexes qu'ils ne le laissaient paraitre au premier abord. Par le biais de l'humour et des aventures qui se forment, elle va permettre à ses auteurs d'aborder des thèmes finalement sérieux et surtout très intéressants et humains. Je la conseille sans hésiter !

25/01/2006 (MAJ le 21/05/2021) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Nombrils
Les Nombrils

3.5 Tiens je réécris mon avis vu que la série a bien changé depuis. Je me souviens d'avoir découvert la série dans le magazine québécois Safarir et que j'étais bien content de voir la série traverser l'océan Atlantique. D'ailleurs je pense que c'est vers cette époque qu'on a vu plus de québécois édité chez des éditeurs français ou belges comme Jacques Lamontagne que je lisais aussi dans Safarir, mais passons. J'avais tout de suite bien aimé le dessin, mais le scénario me laissait perplexe parce que si l'humour vache fonctionnait bien, il y avait un coté énervant à voir cette pauvre Karine être le souffre douleur de ses deux soi-disant amies. Puis la série a évolué au fil des tomes et est devenue plus qu'une suite de gags. Il y a de vraies histoires qui se construisent et on a même droit à du thriller dans le tome 6. Les auteurs font évoluer les personnages et si je comprends que certains lecteurs n'aiment pas ça, mais moi je trouve ça original de voir des personnages d'une série humoristique évoluer au lieu de rester prisonniers d'un rôle et de faire les mêmes choses à chaque album. Les auteurs abordent plusieurs problèmes sans tomber dans le moralisant et il y a toujours des surprises. En fait, le seul reproche que je peux faire est que pour une série humoristique, cela ne me fait pas trop rire ! Je souris souvent, mais je ne ris pas au éclats, mais cela ne me dérange pas parce que j'adore cet univers, les personnages et j'ai hâte de voir ce qui va leur arriver !

09/02/2008 (MAJ le 21/05/2021) (modifier)
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Qu'est-ce qui fait qu'une lecture est remarquable ? Un certain nombre de critères, sans doute. En l'occurrence, quand une lecture a marqué son lecteur et qu'il y pense toujours après quelques temps, quand il se dit que, quand même, il y a dans cette histoire de la richesse, de la matière et ce même si elle n'est pas forcément facile d'accès, quand, ayant lu ce livre il se dit que oui, il va vouloir le relire, et quand l'ayant emprunté il se dit que oui, il va l'acheter, alors sans doute peut-on considérer que cette lecture a été remarquable. Pourtant je ne savais pas à quoi m'attendre. Les ambiances colorées assez monochromatiques par chapitre m'ont tout de suite plu. Le dessin aussi, fin, précis, soigné, avec des personnages ayant de vraies gueules. Même si j'ai plus loin été un peu déçu quand pour les têtes des personnages il devenait plus doux et moins réaliste, j'ai été époustouflé par les scène marines de toute beauté, avec ce bateau aux prises avec les vagues rageuses. Mais ce qui est le plus marquant pour moi, c'est bien sûr le personnage de Loup Larsen. Terrifiant, détestable, insaisissable. Capitaine despote s'arrogeant le droit de vie, de mort et de souffrance sur son équipage, embarquer sur son navire revient à entrer dans un enfer sur mer. Personnage d'une brutalité sans nom, représenté comme une bête sauvage ou un démon ou encore un titan, manipulateur, il s'avérera pourtant cultivé, presqu'autant que Humphrey Van Weyden. Et ce point est très intéressant, car d'abord perçu comme une brute par nature, Loup Larsen se révèle une brute par choix. Désabusé, nihiliste. On aura donc non seulement une dichotomie sur la civilisation et la domination par la force - la loi de la nature - mais aussi et peut-être surtout sur la moralité ou son absence, l'amoralité. Humphrey et le capitaine semblent d'abord être aussi éloignés l'un de l'autre qu'il est possible de l'être. Pourtant ils seront étroitement liés, et Humphrey sera fortement influencé par le capitaine. Personnage poli, civilisé et pour tout dire intellectuel bourgeois imbu de lui-même, il ne sortira de cette histoire qu'en portant la marque indélébile de ce capitaine. Vous ferez peut-être quelque chose de votre vie finalement ! Déjà vous commencez à marcher par vous-même, lui dit d'ailleurs ce dernier. En refermant ce livre aux ambiances fortes, au discours brutal et implacable, aux idées sombres et violentes, j'ai vraiment eu le sentiment d'une lecture riche et marquante. C'est donc avec grand plaisir que je l'ai choisi pour mon 1000ème avis.

20/05/2021 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Merlu
Le Merlu

Tome 1 : Les Routes de la défaite J'ai découvert cette série presque par hasard, en lisant un sujet lui étant dédié sur un forum de bd. J'avoue être passé complétement à côté de sa sortie en 2020. J'ai vite réparé cet oubli, en trouvant chez mon libraire l'édition canalbd limitée à 1000 exemplaires. Il faut avouer qu'il s'agit d'un bel objet éditorial avec le nom de la série étrangement en retrait sur la couverture et un 2ème plat de couverture qui me rappelle les anciennes bd (avec le rappel des titres déjà parus). Après ces considérations de collectionneur, qu'en est-il de cet album? Certes le thème de l'exode a souvent été évoqué récemment dans la bd (rappelons nous d'Emile Bravo, avec sa vision de Spirou - d'ailleurs un clin d’œil y est fait page 27- ou ,encore Comment faire fortune en juin 40 d'Astier et Dorison), mais là, nous sommes rapidement plongé dans l'ambiance du désastre de mai 40. Nous suivons donc les aventures du sergent Colin (colin....merlu...vous avez fait le rapprochement? ,non? attendez de lire le tome 2 alors...), rendu à la vie civile, suite à son évasion. Bref, tout au long de ce volume, nous assistons à la vie des petites gens, des anonymes sous l'occupation, qui peu à peu vont s'engager dans la résistance, par des actes presque anodins C'est bien observé, et même si les personnages sont assez caricaturaux (le jeune fougueux, le père pétainiste , l'ami juif , le pro-allemand, sans oublier l'amoureuse de service), on lit cet album avec un grand plaisir. Le dessin de Jérôme Phalippou sied parfaitement à cette histoire, à tel point que j'ai envie de découvrir d'autres albums de ce dessinateur . Un scénario certes traditionnel servi par un dessin classique, mais qui s'achève sur une page qui ne demande qu'à découvrir le tome 2, bref un très bel album. Je remercie les participants du forum dédié à cet album de m'avoir fait découvrir cette série, prévue en 3 volumes, et qui va rejoindre mes incontournables de mon immense bibliothèque. Tome 2 : Les Routes de sang Avec ce deuxième opus d'une série qui en comptera trois, Thierry Dubois nous plonge dans une ambiance plus sombre, d'ailleurs j'ai préféré cet album au premier, qui plaçait déjà la barre assez haut. Car nous plongeons ici dans le coeur de l'occupation, avec une description de la Résistance, vue au niveau local, avec ses différents réseaux que la France Libre veut réunifier. Il s'agit non seulement de la Résistance, menée par le Merlu, mais aussi la résistance passive . Le ton est plus dramatique dans cet album, même si le running gag de l'explication de Colin sur l'explosion du berlier fait sourire. "Les routes du sang", titre de cet album, passent donc par les traitres, les héros anonymes mais aussi par la torture, et les collabos. Si vous vous intéressez, comme moi à cette période trouble de l'histoire, lisez cette série. Ce second volume est encore plus prenant que le précédent. Vivement le prochain pour connaitre le dénouement de cette histoire imaginée par Thierry Dubois.

19/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

N'étant pas un grand amateur de westerns, mais attiré par cette couverture sombre et farouche, j'ai immédiatement su en feuilletant les premières pages que je repartirais avec cet album sous le bras. Rarement un dessin m'aura subjugué comme celui-ci, et le premier chapitre fut un bonheur à lire. Pour son dessin éblouissant, ses gueules réalistes et magnifiquement expressives, ses ambiances colorées très contrastées, et pour l'histoire qu'il parvient à raconter de façon limpide en trois pages seulement. Mais il ne s'agissait là que de l'introduction. Le récit va s'ancrer dans une fin de 19ème siècle qui voit le chemin de fer mettre au chômage les cow boys. C'est sur cette prémisse elle aussi limpide que va se construire cette histoire. Histoire d'un bouleversement, d'un monde qui change, d'une époque qui s'achève. Histoire d'hommes pris dans cette tourmente qui luttent pour survivre. Le décor farouche du western, avec ses codes brutaux, se prêtait sans doute impeccablement bien à une telle histoire. Mais ici cette brutalité, toile de fond latente et omniprésente, ne sera pas gratuite. Si un événement déclencheur va la libérer et si elle va prospérer dans un enchaînement implacable, tous les protagonistes ont leur motivation. Et je reste admiratif devant la facilité avec laquelle on comprend ces personnages, archétypaux mais pas caricaturaux, sans qu'ils aient besoin d'aligner plus de trois phrases. L'épilogue m'a laissé un peu dubitatif sur le coup. Mais en y repensant, il est très beau et, donnant une note d'espoir parmi toute cette violence, ouvrant sur ce nouveau monde qui après tous ces soubresauts aura retrouvé un peu de paix, offre à ce western une morale qui ne dénoterait pas dans un conte. Western crépusculaire et magistral, vous a-t-on dit. Je confirme, et j'aime. Note réelle : 4,5 / 5, et je pousse avec joie jusqu'à 5.

19/05/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

La bande dessinée me casse les roubignolles actuellement. Ce n'est un secret probablement pour personne. Je passe beaucoup moins de temps à lire et donc à venir chroniquer par ici pour x raisons qui je l'espère s'estomperont. Pourtant il était difficile en 2019 de passer au travers de cette grosse sortie de rentrée. Pensez-donc, une œuvre à 4 mains du dessinateur de Blacksad, série devenue très rapidement culte par la seule force de ses dessins animaliers détaillés de toute beauté d'une part et d'autre part du scénariste d'autres séries remarquables avec également des bestioles douées de paroles dont je ne vais pas vous faire l'affront de vous les citer naïvement. Si vous n'avez pas lu Garulfo ou De Capes et de.... OUPS ! Je l'ai dit ! Et bien arrêtez la lecture de mon humble critique pour vous gorger des bons mots de Maître Ayroles dans les titres qui ont fait la gloire de ce grand monsieur. Les autres ont surement donc lu Les Indes Fourbes et n'ont pas attendu aussi longtemps que moi pour avoir leur avis. Mais qu'importe, je vais enfin donner le mien qui peut se résumer en peu de choses : pourquoi ai-je attendu autant de temps pour lire ce petit bijou ? (d'autant que je le possède depuis sa sortie ahem). Et surtout, comment ai-je pu ne pas être spoilé bêtement de cette intrigue à tiroirs ce qui aurait probablement bien gâché cette lecture vierge de tout ressenti. Car je ne peux que conseiller, non même de recommander à la plupart des âmes curieuses et tout aussi vierges que moi de se jeter sans aucune retenue dans ce récit sans aucune influence extérieure, quelle qu'elle soit. Les auteurs laissent déjà bien trop d'indices parsemés par ici ou par cela. On retrouve l'intérêt du papa d'Eusèbe le lapin pour les mises en scène théâtrales et autres farces dignes de Molière. Le récit des tristes mésaventures de Pablos qui constitue le premier acte et une bonne partie du récit (un copieux 160 pages livré en un seul tome complet) n'est qu'une mise en bouche où l'humour de la situation se dispute au ridicule et à la cruauté des hommes. Désirant faire fortune en Amérique du Sud que l'on appelait encore les Indes au XVIIème siècle, notre malandrin n'a décidément pas beaucoup de chance ou du moins c'est ce que l'on suppose. En quête d'un Eldorado qui pourrait établir sa gloire, Pablos va rencontrer tout un tas de personnages qui vont l'élever ou le rabaisser. La mise en scène en histoires imbriquées pourrait être pénible à suivre mais Ayrolles qui insuffle un tel souffle et un tel rythme qu'il est difficile de couper sa lecture. Et lorsqu'arrivent les second et troisième actes bien plus courts mais ô combien jubilatoires, on arrive en fin de lecture avec le sourire aux lèvres et surtout l'envie de tout relire immédiatement pour déceler certaines fourberies. Ai-je parlé du dessin ? Non mais il est magnifique. Guarnido prouve en deux temps trois mouvements qu'il peut dessiner autre chose que des polars félins et il le fait très bien (sa double page en aquarelle regorge de détails de toute beauté) et ne faiblit jamais. On sent ces deux auteurs s'amuser énormément. Peu importe certaines ficelles scénaristiques, j'ai passé un excellent moment et vous savez quoi ? Oubliez ma première phrase. ^^

18/05/2021 (modifier)