Les derniers avis (7342 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série MFK2
MFK2

Hey ! Mais que voilà donc revenir dans les bacs ! Mutafukaz iz back et on ne me dit rien ! Revoilà donc Vinz et Angelino sept ans après les événements de Dark Meat City. Après s'être fait tout petits, ils ont fini par reprendre une vie paisible ; Angelino est toujours livreur de sushi pour un chaîne japonaise et Vinz enchaîne les petits boulots. Les Machos semblent s'être fait oublier, même si l'Etat américain est sur ses garde après avoir réussi à étouffer le désastre de Dark Meat City. C'est sur les réseaux sociaux que ça turbine par contre. Un mystérieux Omega déchaîne les passions et exacerbe plutôt les tensions à coup de "vérités", de "on nous cache tout, on vous ment" et de "a qui profite le crime ?" (QAnon sors de ce corps !). Et c'est donc suite à une de ses publications à l'encontre de la communauté japonaise qu'un commando débarque dans le restau de Lino. Ça tourne au carnage, Lino s'en sort in extremis, mais pour la discrétion, c'est foutu, des caméras l'ont filmé en mode ninja : la fuite s'impose ! Voilà donc nos deux comparses prenant la poudre d'escampette partis à la recherche de leur vieux pote Willy dont ils sont sans nouvelles depuis 7 ans. Les retrouvailles vont être pour le moins... surprenantes ! C'est toujours un plaisir de découvrir qu'une série qu'on a vraiment aimé ressurgit à l'improviste. Retrouver ses personnages, son ton, son graphisme... Que du bonheur ! En même temps, c'est aussi avec une certaine appréhension qu'on se lance, avec la petite angoisse de la déception, de "la BD de trop". Pour le coup, je sors de ma lecture rassuré, y'a pas de foirade. Pour autant, le petit grain de folie qui traversait la première série tant dans le fond que dans la forme n'est pas aussi présente. Alors oui on retrouve la marque de fabrique de Run avec ses intermèdes publicitaires délirants ; il a aussi intégré tout ce qui concours à déliquescence de l'Amérique d'aujourd'hui (les fake news, l'usage des réseaux sociaux à outrance, les survivalistes et autres illuminés, etc). Mais on est loin de l'explosion de délires et de variations graphiques qui ont fait la renommée de Mutafukaz. Malgré cet aspect lissé, c'est avec joie que j'ai replongé dans cet univers, j'espère que la suite nous réservera davantage de surprises et d'originalité. (note 3.5/5 arrondie à 4)

12/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Petit traité d'écologie sauvage
Petit traité d'écologie sauvage

J’étais passé complètement à côté de ces albums. Je me rappelle vaguement avoir vu leur couverture, mais leur aspect étrange m’avait fait penser à des romans graphiques pas faits pour moi. En fait on en est très loin ! En effet, ces délires plus ou moins loufoques issus du blog de l’auteur sont de petit brûlots absurdes, très engagés (voir les textes, mais aussi les références des citations en début de chaque chapitre ou dans les textes en fin de chaque album). Mais ce n’est pas non plus un pensum, la pagination est aérée (pas de gaufrier traditionnel) et l’auteur use d’un absurde souvent assez drôle. L’ethnologue jivaro, qui vient étudier « dans leur milieu » des Européens, est une idée intéressante et assez jubilatoire. On rigole à ses erreurs d’interprétation, dûes à sa méconnaissance relative de la langue et de la culture. Et par ricochet on s’amuse à imaginer le même type d’erreur de la part de certains de nos savants à propos de sociétés « indigènes ». Sinon, les hommes politiques, déclamant de la poésie, ou tenant des propos enflammés et/ou scientifiques sur telles ou telles plantes ou bestioles (grenouille par exemple), les commentaires décalés de journalistes (voir les débats autour des élections présidentielles de 2017), donnent un effet joyeusement décalé, absurde, à des scènes pourtant connues et sérieuses. Et cela donne aussi à réfléchir sur la valeur de discours qui sont dans la réalité saturés de langue de bois et de platitudes désincarnées. A tout prendre, la teneur des dialogues est ici presque plus « réaliste », humaine. Au travers de ces détournements (oiseaux discourant comme des journalistes ou personnages politiques, personnages politiques chantres d’une écologie poétique et politique), c’est une critique – assez constructive finalement – de nos sociétés et de certaines hypocrisies langagières qui est en œuvre ici. Et les textes qui concluent les albums (en particulier en fin du troisième, avec un éloge des ZAD) ne laissent pas de doute sur le caractère engagé de ces ouvrages, en plus de leurs qualités humoristiques indéniables.

12/03/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Van Gogh - Fragments d'une vie en peintures
Van Gogh - Fragments d'une vie en peintures

Quel plaisir de pouvoir profiter d'un peintre que j'adore avec Žeželj à la baguette. Le tout avec un album de grande taille, au dos toilé et au grammage de qualité. Un voyage dans la psyché de Vincent Van-Gogh qui ne m'a pas laissé insensible, loin de là. Il n'est pas question ici d'une biographie. À partir de 15 lettres écrites de 1873 à 1890 par Van Gogh, la majorité à son frère Théo, Žeželj retranscrit à sa sauce le contenu de celles-ci. Une narration qui propose la partie graphique, en quatre à huit planches, puis la lettre de Vincent. Cet ordre narratif permet de découvrir la partie dessinée vierge de toutes informations et de pouvoir laisser aller son imaginaire. Chacun sera alors libre d'en faire sa propre interprétation. Le parti pris de choisir le noir et blanc pour l'un des maîtres de la couleur peut paraître incongru, personnellement j'approuve ce choix, il permet de mieux appréhender l'esprit torturé du peintre. Une bd muette qui laisse place aux rêves. Žeželj est l'un des maîtres du noir et blanc. Son trait gras et charbonneux, ses jeux d'ombres, sa mise en page cinématographique sont sa signature. Je suis admiratif de son travail. Je me suis attardé sur chaques cases pour profiter de son immense talent. Un album à la puissance immersive que je  recommande à ceux qui veulent découvrir Van-Gogh différemment et aussi (re)découvrir Žeželj dessinateur à part dans le monde de la bd. Franchissez le pas.

11/03/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Grimoire Noir
Grimoire Noir

Je suis épaté par ce one-shot et si je comprends bien, c'est le premier album des autrices. Un excellent début ! Le dessin est vraiment magnifique à regarder avec des couleurs splendides. C'est le genre de style qui me donne envie de lire une bande dessinée du début jusqu'à la fin d'une traite. Cela tombe bien, le scénario est captivant. On se retrouve dans une ville particulière où toutes les femmes sont des sorcières et ne peuvent sortir de la ville. La scénariste distille les informations sur cette ville et son histoire. Il y a un mystère à résoudre et j'ai bien aimé suivre la quête de ce jeune ado qui veut retrouver sa soeur qui a disparu mystérieusement. L'intrigue mélange deux genres que j'adore, le polar et le fantastique et le fait à la perfection. Il y a des rebondissements, des retournements de situation et des personnages terriblement attachants. Peut-être que certains adultes vont moins aimer, mais si vous avez des ados fans d'histoires de sorcières, ils vont sûrement adorer ce one-shot !

10/03/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mister Mammoth
Mister Mammoth

Un polar énigmatique, avec ce premier tome qui pose plus de questions qu'il ne donne de réponses. Au scénario Matt Kindt, scénariste/dessinateur américain, spécialisé dans le comics, fait ici sa première incursion dans la bd franco/belge et pour le moins, il nous sort une histoire des plus tortueuse. Nous sommes en 1970 et il met en scène un détective privé des plus insolite. Mammoth a une intelligence hors norme et de ce fait il ne prend que les enquêtes qui mettent à mal son intellect. De plus physiquement c'est une montagne au visage ingrat et aux multiples cicatrices. Et justement, on vient lui donner matière à travailler et son richissime client ne lui dit pas tout. En parallèle on suit l'histoire d'une jeune femme qui commence dans un poste de télévision, elle est poursuivie et son itinéraire se termine en ville dans une zone en quarantaine. Fiction ou réalité ? Une demeure, des tableaux et des flash-backs sur l'enfance de Mammoth sont des éléments que j'ai pris en pleine face. Bref, j'avoue que je suis noyé sous le flot d'informations et je ne sais pas où veut en venir Kindt, n'ayant aucune certitude. Jubilatoire. C'est Jean-Denis Pendanx qui réalise la partie graphique dont j'avais déjà pu apprécier le travail avec A Fake Story (d'après le roman de Douglas Burroughs). Un dessin soigné avec une mise en page dynamique et une colorisation dans les tons délavés. Superbe. Bref, je ne peux vous en conseiller l'achat, ne sachant pas comment cela va se terminer. Mais sachez que cet opus est sacrément bien réalisé. Note de quatre étoiles qui pourra évoluer avec le second tome, en bien ou en mal. Et coup de cœur.

09/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

Entre Joe Sacco et Guy Delisle (sans doute plus proche du second), Nicolas Wild développe une sympathique œuvre mêlant reportage et roman graphique, avec une bonne dose d’humour et d’autodérision. Une autobiographie maligne, qui met ici à découvert un certain nombre de travers liés à la situation de l’Afghanistan depuis plusieurs décennies. Bien sûr la société afghane elle-même – il y a une quinzaine d’années, mais beaucoup de choses ont perduré. Mais aussi sur tout le microcosme lié à « l’aide étrangère », que ce soit l’armée américaine (qu’on voit là faire de la propagande et former une armée de brique et de broc), ou les multiples ONG et autres sociétés privées, qui gravitent autour de l’aide humanitaire (et s’en servent parfois comme un business classique). C’est instructif (pour tous les aspects présentés), et surtout la lecture est très agréable, fluide, grâce au ton employé par Wild, souvent très drôle en faux naïf gaffeur qui découvre peu à peu une réalité contrastée. C’est une sorte de journal de voyage d’un candide, mais qui est une bonne porte d’entrée vers des recherches plus pointues, ou des articles du Monde diplomatique. Wild nous montre des choses intéressantes, y compris sur lui-même. Une lecture fortement recommandée en tout cas.

09/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Cotus et Léon
Cotus et Léon

Une petite pépite méconnue cet album. Plusieurs lectures depuis sa sortie et je me bidonne toujours autant. On a affaire à de la Fantasy épique et humoristique, complètement con et crétin, j’adore. On y suit 2 frères, Cotus et Léon, l’un guerrier et l’autre magicien, chargés bien malgré eux de sauver le monde ... Quand on voit le niveau de nos 2 gugusses, on se dit que c’est pas perdu mais que c’est pas gagné gagné, je n’en dis pas plus. Les dangers et rencontres montent crescendo jusqu’au final jouissif. L’humour bête et méchant fonctionne à plein tube, quelques running gags du plus bel effet, ça ne plaira pas à tout le monde mais perso j’ai adhéré à 100%. La partie graphique sert bien le récit et possède sa patte (inspirée de Mignola mais en plus grossier), j’ai bien aimé, quelques bonnes bouilles. Je ne connais que cette œuvre des auteurs mais bravo à eux, ils ont su jouer avec les codes, une réussite à mes yeux. Un one shot rondement mené, j’invite les amateurs du genre à le découvrir. Je serais curieux de connaître votre ressenti. 3,5+ et coup de cœur

08/03/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Maudite baleine
Maudite baleine

J’adore cette passion qu’ont les éditions Mosquito (et son fondateur Michel Jans en particulier) pour la BD italienne. Ils traduisent le catalogue de tous les grands maîtres (Serpieri, Toppi, Micheluzzi) mais aussi des auteurs moins célèbres, voire carrément inconnu au bataillon. Il existe peu d’informations en français sur Walter Chendi (y compris sur le site de Mosquito), qui semble avoir été joueur de foot professionnel puis travailleur de bureau, avant de découvrir la BD sur le tard. Sa première BD « La porta di Sion » semble avoir connu un certain succès, et « Maudite baleine » est sa première œuvre traduite en français… et une chouette découverte ! L’histoire, sur fond de traumatisme de guerre, suit le personnage de Giovani, et alterne entre un lit d’hôpital et une bien étrange aventure sur un mystérieux paquebot… mais impossible de savoir où se situe le présent. Le patient sur son lit se rappelle-t-il des évènements sur le bateau ? Ou est-ce l’inverse ? On nage en plein mystère, et si j’ai trouvé le début un peu poussif, le récit décolle assez rapidement et m’en vraiment emballé. La dernière page révèle un détail inattendu qui change tout… sans toutefois fournir une réponse claire et définitive. La mise en image est réussie, avec des touches informatiques qui ne seront sans doute pas du goût de tout le monde, mais j’ai personnellement trouvé les planches magnifiques. Un récit original, une intrigue stimulante, et un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

08/03/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

J’ai moi aussi passé un excellent moment de lecture en compagnie de Tarid, Lubna et Marwan. Le contexte historique est passionnant (et approfondi dans une postface un peu lourde mais essentielle), et les thèmes abordés sont universels et intemporels : les méandres de la coexistence entre le pouvoir religieux et la connaissance scientifiques. Mais surtout, l’histoire reste divertissante malgré le sérieux historique. La narration est fluide et légère, le dessin est aéré, les dialogues se font discrets et sont emplis d’humour, et les personnages sont drôles et attachants au possible. J’ai avalé les 250 pages sans effort, sans me rendre compte que l’histoire m’instruisait tout en me divertissant. Un grand bravo aux auteurs, quelle maîtrise ! Mon seul reproche sera pour la toute dernière page, qui, je trouve, fait un peu un amalgame alarmiste entre les faits historiques et une vague suggestion qu’Internet est le prochain ennemi de l’accès à la connaissance. Je suis peut-être naïf, mais j’aurais tendance à dire que c’est plutôt le contraire qui se produit. Voilà, un album essentiel en ce qui me concerne.

07/03/2022 (modifier)
Couverture de la série Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ?
Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ?

L’ambition des autrices lors de la réalisation de ces deux recueils est claire : parler du désir pour une femme de ne pas avoir d’enfants pour le premier tome, parler de l’importance du droit à pouvoir choisir de se faire avorter dans le deuxième tome. Et dans un cas comme dans l’autre, en parler de manière décomplexée, avec légèreté et en s’adressant en priorité aux personnes concernées (soit, en voyant large, les femmes entre 15 et 50 ans). L’objectif est à mes yeux pleinement atteint. Pourtant, je ne pense pas avoir ri franchement une seule fois, les gags n’ayant rien d’hilarant la plupart du temps. Mais voilà, j’ai adoré le ton général et l’art de déculpabiliser les lectrices (et lecteurs) qui partageraient le même sentiment que les deux personnages centraux de ces récits. Le fait que je partage totalement leur état d’esprit, leurs questionnements, leur effarement devant l’hypocrisie de certains arguments pro-natalité, leur colère face aux obstacles mis sur le chemin d’une femme désirant se faire avorter en respectant totalement la loi, oui cela a certainement joué un rôle dans mon appréciation ! Comme certains passages de l’intégrale qui développent cet aspect, j’ai eu le sentiment de retrouver dans ce récit des gens proches de moi (« comme si je retrouvais en vacances quelqu’un de mon village » comme le font dire très justement les autrices à l’une de leurs personnages). Oui, cette intégrale fait du bien. C’est un vrai album feelgood pourvu que l’on partage l’état d’esprit de ses autrices. Maintenant, que vient-il faire dans le catalogue de Fluide glacial, plus habitué à l’humour scatologique, sexiste et provocateur ? Ça, je ne sais pas dire. Mais pour ma part, je ne peux que répéter : j’ai vraiment bien aimé et je remercie les autrices d’avoir abordé ces sujets sur ce ton. Un intégrale à ranger près de certaines productions d’Aude Mermilliod (« Il fallait que je vous le dise », « Le Choeur des femmes ») car son approche plus légère le rend plus abordable à un large public. Et à partir du moment où un album a à mes yeux le potentiel pour pleinement atteindre son objectif, je ne peux dire que franchement bien !

07/03/2022 (modifier)