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Les derniers avis (6910 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Soleil mécanique
Soleil mécanique

Le moins qu’on puisse dire, c’est que graphiquement, l’ouvrage n’est pas très engageant avec son trait géométrique hyper minimaliste. Et pourtant, quand on se donne le peine d’entamer la lecture, on est très vite fasciné par ce qui s’avère un parti pris radical et d’autant plus original quand on sait que le dessin a été entièrement réalisé à l’aide du logiciel Autocad. Seul un architecte aurait pu avoir une telle idée, et celui-ci se prénomme Lukasz Wojciechowski. Prof d’architecture et de design à la fac de Wroclaw, en Pologne, il publie ici sa seconde bande dessinée. Passé le temps de familiarisation avec cette forme narrative singulière qui requiert la participation active du lecteur, force est d’admettre que celle-ci fonctionne très bien, en partie grâce à une écriture fluide. Wojciechowski adopte le format du gaufrier, où les cases, dédiées autant à la partie graphique que textuelle, deviennent ainsi des phylactères à part entière. Pour l’architecte tchèque Bohumil Balda dont la carrière est en pleine ascension, ce soleil, élément récurrent du récit qui était au centre de ses créations, deviendra sa malédiction. La magnifique maison baignée de lumière où il demeure avec son épouse, d’une conception très avant-gardiste pour l’époque, reprend le concept des « toits-terrasse » cher à Le Corbusier. Les nazis, qui viennent d’envahir les Sudètes, vont faire appel à ses compétences, alors que curieusement ils exècrent le modernisme et préfèrent les toits en pente. Balda, par lâcheté ou par égocentrisme, peut-être un peu des deux, va céder bon gré mal gré aux sirènes hitlériennes de la gloire et abandonnera ses toits plats… Il est vrai qu’un refus équivaudrait à un suicide professionnel, réduisant alors sa carrière à néant. Mais bien vite, après une bouffée d’égo passagère, il sera rattrapé par sa mauvaise conscience, car pour être adoubé par ce régime, il y a forcément un prix à payer. Sous le diktat humiliant d’un sbire de Hitler, il sera chargé de concevoir le fameux « soleil mécanique », un projet titanesque et mégalo à la gloire du führer qui le conduira vers la folie puis la chute. Pour revenir sur l’aspect graphique, c’est la forme qui prime ici, bien au-delà d’une quelconque velléité esthétique. Toutes les choses visibles du monde réel sont ramenées à l’état de symbole, de logo, de courbes et de lignes épurées à l’extrême. De façon logique, les constructions sont un assemblage de carrés, de rectangles, parfois de triangles, puisqu’il s’agit du thème central du livre, mais les personnages également, masculins en particulier. Lida, l’épouse de Balda, intègre quant à elle des courbes plus féminines dans sa représentation. En contrepoint des angles et des traits rectilignes, évoquant la stabilité et la conception humaine, le cercle impose son mouvement naturel et son mystère obsédant, parfaitement souligné par l’auteur par un procédé itératif. Le cercle, symbole le plus répandu dans l’histoire de l’humanité, aux significations multiples selon les cultures. Ici, il symbolise avant tout l’astre suprême, et par extension la roue, la course du temps et l’éternité. Au fur et à mesure que l’histoire avance, le soleil si cher à Balda, va progressivement être remplacé par la svastika hitlérienne, terrible juggernaut qui finira par « désagréger » l’architecte, lui dont le travail était façonné par l’astre lumineux. Sa femme, qui le vénérait et voyait en lui un créateur de soleil, sera en quelque sorte une victime collatérale en perdant la vue, peut-être à force d’avoir trop contemplé l’astre depuis sa terrasse… Contre toute attente, « Soleil mécanique » est donc une excellente surprise. Cet ouvrage pseudo-historique nous laisse fascinés, comme si ce soleil avait imprimé durablement notre rétine, et nous trouble au point de se demander si tout cela n’est pas vraiment arrivé, sentiment renforcé par les photos qui jalonnent le récit. Mais surtout, il s’agit d’une double fable, d’une part celle d’un homme qui fut courtisé avant d’être annihilé dans son âme par un pouvoir politique monstrueux, d’autre part celle d’un régime qui fut englouti et périt par sa propre vanité. « Soleil mécanique » est une réécriture absolument percutante du mythe d’Icare.

22/03/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Starve
Starve

J’ai bien aimé cette BD, je ne lui mets pas 4 mais un bon 3.6. Et pourtant, une histoire de téléréalité sur la cuisine… avec un dessin très sombre… bof rien pour me plaire au premier abord, mais on me l’a mise de force dans les mains ;-) et oui j’ai bien accroché, je l’ai quasiment lue d’une traite, c'est très rythmé, très original et on se fait vite au dessin sombre, ça colle bien à l’ambiance dramatique du scénario et du contexte social. De plus, je suis souvent déçu par les fins d’histoires, pas sur celle-ci.

22/03/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme qui marche
L'Homme qui marche

Ayant adoré Quartier lointain, j'ai décidé de lire d'autres oeuvres de Taniguchi, en commençant par celle-ci. L'histoire est très simple et se résume au titre de l'album: c'est un homme qui marche. Point. Pas d'aventures, d'actions ou de fantaisies, juste quelqu'un qui marche. Et c'est là tout l'intérêt de ce manga. En marchant, ce japonais va s'émerveiller devant les petites choses du quotidien: une mésange charbonnière, un cerisier en fleur, des enfants jouant au ballon, la sérénité d'un parc, un petit avion coincé dans un arbre,... Durant les 130 et quelques pages de ce manga, nous marchons avec cet homme et nous aussi nous nous émerveillons. D'une part, on s'émerveille des dessins qui sont toujours autant ancrés de poésie que dans Quartier lointain, qui nous dressent des paysages et décors à couper le souffle, et qui nous dépeignent la vie quotidienne d'un japonais. Et d'une autre part, on s'émerveille avec cet homme qui marche, de la poésie que nous offre la vie. Il n'y a presque pas de texte dans ce manga. Cela nous donne l'opportunité de nous créer notre propre texte, de penser, de réfléchir tout en marchant. J'ai lu dans un des avis qui précède le mien, qu'avec ce manga, Taniguchi nous donne du temps. C'est exactement le ressenti que j'ai eu durant ma lecture. Pendant que cet homme marchait, j'ai eu le temps de me rendre compte que je passais à côté de tout ce que la vie peut m'offrir. En pensant aller à l'essentiel dans mon quotidien, en réalité, je rate l'essentiel. Un manga rempli de poésie, qui va vous donner le temps de vous recentrer sur les petits bonheur du quotidien et surtout, qui va vous faire marcher. 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

22/03/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur Mardi-Gras Descendres
Monsieur Mardi-Gras Descendres

En résumé : 4/5. Une belle surprise pour un récit macabre, atypique et absurde, que j'ai eu plaisir à lire du début à la fin. Pauvre Monsieur Mardi-Gras Descendres qui, comme ses homologues, reçoit sans prévenir l'information qu'il se trouve dorénavant dans ce drôle de monde d'hommes squelettiques, après une mort accidentelle. D'entrée, la différence entre les causes de sa mort et l'endroit dans lequel il est jeté nous annonce le style absurde, que j'apprécie particulièrement. Le récit est très bien monté, on s'y plonge facilement. A priori, je pensais lire une aventure abracadabrantesque après lecture du résumé. Et puis non, c'est une approche à la fois sage et drôle de parler de : la mort, la religion, la condition humaine et notre motivation à exister et s'accrocher à la vie. L'auteur a dû injecter pas mal de pensées philosophiques, plutôt habilement puisqu'elles se touchent et se confrontent tout du long. L'aventure est faite de péripéties mais les objectifs sont assez clairs, rendant l'ensemble linéaire. Je n'aurais pas autant aimé s'il n'y avait pas eu toute cette ambiance absurde qui donne de la légèreté au récit et des personnages dont j'ai eu plaisir à suivre les aventures (notre héros curieux et convaincu, son compagnon qui cause l'argot comme personne, le mystérieux facteur moustachu). Mais il y a son lot de moments noirs, avec la lourde conscience de son être, pouvant amener à la dépression, la fatalité et le défaitisme. C'est un univers tellement riche! Et puis ce dessin, qui m'a plus dès le départ, a été magnifié sur le T.2 avec une mise en couleur discrète et efficace. La couleur du T.3 vient appuyer le récit. Et celle du T.4 redevient comme le T.2 mais avec des couleurs plus ternes. Les squelettes sont très beaux et leur visage dégage de l'expression. J'ai aussi beaucoup aimé ce pointillisme qui vient agrémenter le décor galactique. Les planches sont homogènes, quelques découpages sympas mais il n'y a pas grande prise de risque à ce sujet, j'aurais aimé avoir plus de plans larges pour contempler l'univers avec ce style. Je me perdais un peu pour reconnaître les personnages secondaires je l'avoue, mais ça n'aura pas bloqué ma lecture. Ah oui, et la fin quand même... C'est un magnifique final, qui dégage toute la poésie de cette histoire. Gros coup de coeur pour une série que j'aimerais posséder.

22/03/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bathtub Brothers
Bathtub Brothers

Ce qui est bien avec les mangas est que même si on trouve des genres très codifiés, il y a aussi plein d'auteurs qui n'ont pas peur de trouver des idées dingues. Ici, on a droit à un héros loser qui a un frère asocial qui sort jamais de sa chambre et ils vont être obligés de s'entraider et de survivre à la montée du niveau de la mer dans leur baignoire ! J'ai trouvé ce manga prenant et j'ai bien hâte de lire la fin. L'idée de départ semble un peu tirée par les cheveux et le fait qu'il y a plein de requins mangeurs d'hommes donne l'impression qu'on va lire une série Z déconnade, mais l'auteur mélange l'humour et le drame et ça fonctionne ! J'ai été captivé par le scénario et je tournais les pages en voulant savoir comment les frères allaient survivre et si les personnages secondaires qu'ils croisent vont survivre ou non. Un autre point fort du scénario est les personnages. Les deux héros ont plein de défauts, mais ils restent humains. L'auteur a réussi à ne pas les rendre odieux à mes yeux. Ils sont attachants malgré tout. La relation entre les deux frères est intéressante. Et en prime la série n'a que 4 tomes, donc on évite le manga qui s'allonge inutilement pendant des tomes et des tomes. Le dessin est un peu moche (l'auteur semble prendre plaisir à dessiner des personnages moches), mais c'est pas grave. À lire si on est fan de manga qui sort de l'ordinaire !

20/03/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Déchéance d'un homme
La Déchéance d'un homme

Voilà un manga qui sort clairement du lot des productions actuelles. Connu pour ses mangas horrifiques, c'est cette fois l'adaptation d'un des romans phare de la littérature japonaise "La déchéance d'un homme" qu'il nous propose. Et on en prend plein la gueule ! Il faut dire que l'histoire est déjà suffisamment tragique, mais couchée sur le papier sous le coup de crayon incisif et réaliste de Junji Ito, on reste scotché à notre lecture de bout en bout. N'est pas maître de l'horreur qui veut. Or ici, point de montres sanguinaire, ni de fantastique au détour d'un passage, l'histoire nous raconte le tragique destin de Yôzô Oba, le fils d'un riche député, qui dès sa jeunesse ne supporte pas le regard que les autres portent sur lui. Enfant il décide donc de jouer le clown ou le bouffon pour son entourage, dissimulant ainsi son malaise et son mal être. Mais garder éternellement une telle façade n'est pas aisé et Yôzô va rapidement s'enfoncer dans le mensonge. Les tragédies ne vont pas tarder à s'accumuler et sa culpabilité de grandir, entraînant un cercle vicieux dans lequel va petit à petit sombrer notre protagoniste. Jeune adulte et fuyant sa riche famille (complètement dérangée !) à Tokyo, il tombe petit à petit dans l'alcoolisme, fréquente les prostituées en dilapidant l'argent facile que lui donne son père. Quand cette manne financière vient à s'arrêter Yôzô sombre encore plus loin dans la misère et le mal être... Alors oui, faut être quand même de bonne humeur et ne pas avoir le moral dans les chaussettes pour attaquer cette lecture. Cette longue spirale infernale dans laquelle glisse petit à petit notre Yôzô et les personnes qu'il côtoie est assez hypnotique. Junji Ito sais captiver son lecteur tout en le mettant mal à l'aise. Car si on peut dire que certaines personnes ont une bonne étoile, dites vous que pour Yôzô c'est l'opposé extrême. Genre le môme a été maudit par un Y?kai à sa naissance ! Je vous laisse le soin de découvrir sa complexe famille et tous les pervers qui gravitent autour de lui... Et c'est tout le talent de Junji Ito et de son trait fin et précis qui couplé à ses découpages très cinématographiques, saisit le lecteur d'effroi par les scènes qu'il enchaîne planche après planche. Je reste donc très curieux de découvrir la suite et fin de cette adaptation annoncée en trois tomes ; une très bonne surprise pour moi qui va me pousser à aller découvrir les autres productions de cet auteur.

20/03/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Persepolis
Persepolis

Longtemps j'ai hésité avant d'enfin lire Persepolis. Le dessin me rebutait. Je le trouvais trop simpliste, brouillon. Et encore maintenant, mon avis sur le dessin reste inchangé. Je ne l'aime vraiment pas, j'ai l'impression qu'il a été bâclé, fait à la "va vite". Voilà le seul et unique défaut de cette série à mes yeux. Nous avons là une autobiographie exceptionnelle. Je ne sais pas si tout est véridique mais j'en ai bien l'impression. Marjane Satrapi est une iranienne qui a grandi durant la révolution iranienne, suivi de la guerre Iran-Irak et de tous les autres événements dont j'avoue avoir pris connaissance durant ma lecture. Avant ma lecture, certes je savais qu'il y avait eu des conflits Là-bas, mais ce n'était que là-bas, donc pourquoi m'en serais-je soucié et intéressé? J'ai donc découvert, à travers les yeux d'une gamine, le quotidien d'une famille iranienne durant les années 70-80 en Iran, et plus particulièrement, le quotidien des femmes. J'ai souvent été choqué, parfois même effaré. Mais j'ai également été impressionné par le courage, la détermination et l'amour dont peuvent faire preuve les familles iraniennes. Prenons comme exemple les parents de notre héroïne (oui on peut l'a qualifié de héros, au sens premier du terme), qui prennent un grand risque en ramenant d'un voyage un poster d'un groupe de musique à leur fille. Ce poster sera caché dans les coutures d'une veste afin de ne pas le plier. Ils ont risqué jusqu'à leur vie pour un simple poster. Bien entendu, ce simple poster à mes yeux, est en fait tout un symbole de liberté pour eux. En effet, ces familles n'ont aucun droit. Et encore moins les femmes. Ensuite, Marjane Satrapi, à 16 ans, ira en Autriche poursuivre ses études dans une société civilisé et ouverte d'esprit. Et là encore j'ai pris une belle claque dans la g*****. Je me suis rendu compte, au fil des pages, à quel point nous, occidentaux privilégié, pouvions être encore plus fermé d'esprit et égoïste que le pire des extrémistes. Satrapi va être confronté au rejet et racisme que rencontre beaucoup d'immigrés et cela m'a dégouté. Au bout de quelques années des plus sympathiques passé en Europe (comprenez l'ironie s'il vous plait), Satrapi va décider de rentrer chez elle, malgré les lois liberticides. C'est pour vous dire à quel point elle en a bavé. La différence étant qu'elle n'est plus une gamine, mais une adulte. Nous avons donc encore un nouveau point de vue sur cette société. Et encore une fois, cette partie ne sera pas des plus joyeuses. Ce récit de vie est sans conteste, un ouvrage à lire. Véritable récit historique, où la petite histoire raconte la grande. Qui a l'audace de dénoncer. Qui nous dépeint une société liberticide au travers les yeux d'un enfant, puis d'une ado et enfin d'une femme. Qui instruit et donne envie d'en apprendre plus sur cette culture et période de l'Histoire. Qui bouleverse de nombreuses idées reçues. Qui, excusez mon langage, met une bonne mandale dans la gueule aux occidentaux et à tous leurs privilèges. Vous l'aurez compris, j'ai réellement été impressionné et bouleversé par la vie de Satrapi. Malgré le fait que je n'ai pas du tout apprécié les dessins, rapidement ces derniers n'ont plus aucune importance, tellement l'histoire est prenante et grave. A lire absolument. 4,5 étoiles et un coup de coeur (un meilleur dessin aurait rendu la série culte et aurait valu un 5 étoiles) MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

19/03/2021 (modifier)
Couverture de la série La Vie d'Einstein
La Vie d'Einstein

Goossens, j'ai lu ses bandes pendant un an dans Fluide (il y a longtemps) avant de me dire "...mais... c'est génial en fait!". Le dessin réaliste, le rythme monocorde cachent et propulsent l'humour le plus fou de son époque haut la main. Assez logiquement, son lectorat est une poignée de disciples fanatiques (dont je suis, bien sûr), pendant que le reste du monde reste bienheureusement ignorant du potentiel de destruction massive de l'animal. La Vie d'Einstein, je vois ici que certains passent à coté, est à mon sens un de ses chef d'oeuvre. (derrière tout de même L'Encyclopédie des Bébés et Route vers l'Enfer). Comme souvent chez l'auteur, c'est une parodie de beaucoup de choses, ce qui en ferait normalement la forme d'humour la plus facile et la plus faible, sauf qu'à force d'accumuler des strates de références il acquiert, un peu à la façon d'un Grand Détournement, son propre univers et sa propre folie sans âge. Et puis attendez un peu de voir la comtesse resplendir, tel un joyau, dans son écrin!

19/03/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ragnagna & moi
Ragnagna & moi

Le phénomène des règles est un tabou dans de nombreuses sociétés. Au Japon comme ailleurs. Mais l'auteur Ken Koyama, qui s'est fait connaître d'abord sur internet, nous propose une série -essentiellement- humoristique sur celles-ci. Il en résulte un manga au ton très libéré, qui représente les menstruations sous la forme d'un être à la forme floue mais de couleur rose, qui débarque le plus souvent sans prévenir, qui n'hésite pas à maltraiter physiquement les jeunes femmes qu'elle vient visiter. Sa "force" est représentée par la violence de ces coups (maux de ventre, ponction de sang, effet chloroforme), mais aussi par la taille de Ragnagna. Les conséquences sociales de ces "visites" sont également passées en revue : mauvaise humeur, fatigue extrême... Malgré ce mal qu'elle fait aux femmes, Ragnagna est prête à les défendre face à l'incompréhension, au mépris, voire à l'obscurantisme des hommes. Les traitements, la ménopause, sont aussi passés en revue dès ce premier tome, qui rassemble une petite dizaine de récits courts. Ce qui caractérise le mieux ce webcomic devenu manga traditionnel, c'est sa simplicité. On ne peut s'empêcher de sourire, de grincer des dents, de serrer les dents face aux différentes actions de Ragnagna, mais surtout d'éprouver de la tendresse... Et de ressortir (je parle donc en tant qu'homme) de sa lecture avec une meilleure compréhension pour ce calvaire que doivent subir nos petites amies, nos soeurs, nos filles, nos épouses et compagnes. Un petit mot sur le trait de Ken Koyama, que beaucoup qualifieront d'"enfantin". C'est vrai, mais il y a une efficacité indéniable dans ce dessin, auquel il ne faut pas attacher trop d'importance. D'utilité publique.

18/03/2021 (modifier)
Couverture de la série Batman - White Knight
Batman - White Knight

La claque ! Non vraiment la claque ! Graphiquement, j'ai adoré. Ça fait plaisir d'avoir le coloriste apparaissant au même titre que le dessinateur-scénariste sur la couverture. C'est justice. Il y a un travail du coloriste remarquable. Alors certes, rapidement, on voit où nous emmène le scénario. Je me suis dit que c'était un énième lessivage des thèmes liés à l'univers de Batman. Et pourtant, comme graphiquement j'étais tellement dedans, je me suis aussi laissé embarquer par l'histoire qui, dans le fond, propose du super neuf avec du super vieux et c'est terriblement efficace. La reprise graphique des méchants, des batmobiles et de l'ensemble de l'univers est géniale. Je lis assez peu de comics, par méconnaissance principalement. S'il y a un tome 2, j'irai l'acheter sans sourciller. Mille fois recommandé.

17/03/2021 (modifier)