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Karmen

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Il arrive qu'on se suicide sur un malentendu.


Auteurs espagnols La Mort Réincarnations Suicide

C'est l'heure du rapport : un "code rouge" pour Karmen. À Palma de Majorque, la jeune femme avec ses cheveux roses et ses taches de rousseur, habillée d'une combinaison noire de squelette pénètre dans l'appartement d'une coloc étudiante. Elle se rend tout droit à la salle de bain où Catalina s'est taillé les veines. Dans l'instant suspendu entre la vie et la mort, l'introspection commence pour la jeune fille et son chagrin d'amour, emportée dans une narration fantastique qui jongle entre mises à distances et dimensions parallèles.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Février 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Karmen
Les notes (2)
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05/02/2020 | Ro
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Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

Ouah ! Quand j’ai vu cette bd sur le site, j’ai été intrigué par la couverture, mais sans savoir si j’avais vraiment envie de la lire. J’ai feuilleté ensuite cette bd en librairie et j’ai continué à être intrigué. J’ai finalement emprunté la chose, et, au final, cette lecture est intrigante. Intrigante mais très agréable. Tout d’abord, l’aspect graphique interpelle. Le dessin est très bon, Guillem March sublime ses personnages, qui sont très beaux mais avec leurs petits défauts naturels. Catalina est magnifique et passe une bonne partie du récit nue. Mais ce nu, comme le dit Ro, n’est pas érotique, pas vulgaire. Les parties intimes sont soigneusement cachées, et le corps de l'héroïne n’est pas parfait, pas tout fin et sans défauts. Mais il est beau, tout simplement. Graphiquement, c’est donc un vrai plaisir. Karmen est magnétisante et son corps, ainsi que celui de ses congénères, est très bien rendu. Les décors sont eux aussi très bons, la ville de Palma est vraiment bien rendue. En ce qui concerne la colorisation, elle surprend au premier abord. De plus, je trouve qu’elle ne rend pas forcément service aux décors et notamment à la ville de Palma, qui aurait été plus mise en valeur avec une colorisation plus classique. Mais au final, cette colorisation très claire et pastelle rend bien avec l’histoire et sa dimension un peu surnaturelle. Cette histoire est prenante. On est un peu dans le roman graphique, la bd suit la vie de Catalina et montre la remise en question de celle-ci. Karmen est l’élément qui sert à cette remise en question, tout le système des âmes apporte un peu de gaieté à tout ça, et c’est agréable. Le fantastique vient ici au service d’un questionnement plus terre à terre, presque philosophique. Le récit est fluide, l’histoire bien racontée. J’ai donc beaucoup aimé cette histoire, peut-être un peu fleur bleue, mais qui n’est pas niaise pour un sou, et aborde des thématiques qui ne sont pas parmi les plus joyeuses. Alors certes on peut se dire que c’est un peu gros en refermant le livre, mais au final tant pis, ou tant mieux. Je ne peux que conseiller cette bd qui m’a satisfait autant que le plan de l’histoire que du dessin. MAJ J'avais emprunté ce livre dans sa version numérique, et avait donc beaucoup apprécié la chose, y compris graphiquement. Avec le déconfinement et la réouverture des librairies, j'ai pu feuilleter l'album "en vrai". Et j'en rajoute une couche sur la beauté du truc. C'est vraiment très très beau, j'ai été soufflé par les planches. La colorisation rend mieux sur version papier que numérique, et même si j'avais (beaucoup) apprécié ma lecture numérique, je conseille vraiment la lecture version papier. Moi qui achète peu neuf, surtout pour des ouvrages que j'ai déjà lu, j'avoue me tâter fortement, et en tout cas, dès que je pourrais le trouver en occase, je foncerai. Car c'est vraiment une belle bande dessinée.

09/05/2020 (MAJ le 25/05/2020) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Karmen, c'est l'histoire d'un suicide amoureux, d'un ange et d'une rédemption. Vivant à Palma de Majorque, Catalina et Xisco sont amis d'enfance et soudés comme les doigts de la main. Catalina est en réalité secrètement amoureuse de Xisco, mais ce dernier la considère comme une simple amie et sort avec d'autres filles. Quand elle réalise qu'il prend de la distance avec elle et se rapproche plutôt de sa jolie colocataire, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase et Catalina décide de se suicider. Tandis qu'elle se vide de son sang dans la salle de bains, Karmen, une étrange jeune femme aux cheveux roses et en combinaison noire de squelette entre et vient lui proposer de sortir et de discuter longuement avec elle maintenant qu'elle est libérée des contraintes physiques de la réalité et de la vie. Ensemble, elles vont parcourir les rues et le ciel de Palma tandis que Karmen va tenter de montrer à Catalina un autre aspect de cette vie qu'elle a décidé de quitter afin de la faire réfléchir sur sa décision. Guillem March m'avait déjà épaté par sa maîtrise graphique dans Monika et surtout The Dream. Mais dans ces albums là, la colorisation était froide et le style très étudié. Ici, les couleurs sont bien plus chaudes, plus naturelles, et les planches sont tout de suite plus attirantes. L'encrage aussi est différent, plus épais, plus vivant. Ses femmes sont toujours aussi belles mais là aussi plus authentiques. Certes, leurs visages sont majoritairement de parfaits minois très charmants, rappelant parfois le style de Manara, mais leurs corps ne sont pas ceux des vrais mannequins qu'il nous montrait dans ses autres œuvres : ils sont ici plus réalistes, avec de menus défauts, ce qui n’ôte rien à leur charme bien au contraire. Je parle de ces corps car il faut savoir que l'héroïne va être nue sur la quasi totalité de l'album, mais pas un nu érotique ou aguicheur, un nu très naturel, très chaste, avec les parties intimes pudiquement cachées. Je suis aussi tombé sous le charme de la ville de Palma de Majorque telle qu'il nous la présente. Ce sont des angles de vues originaux, des effets de lentilles, des retournements de caméras (puisque à certains moments, la gravité n'a plus d'importance), et cela nous offre une ville vraiment belle qui donne envie d'être visitée et qui sert de bel écrin à cette jolie histoire. Les personnages sont bons. Et c'est tant mieux car nous allons en effet assister à une quasi psychanalyse de Catalina tandis qu'elle découvre ce qu'elle a fait de sa vie et ses erreurs d'interprétation qui l'ont poussé à prendre la mauvaise décision. En parallèle, l'énergie que dégage Karmen, si elle est un peu agaçante au départ, finit par devenir attachante quand on constate sa sincérité et sa bonté d'esprit. L'histoire en question intrigue au premier abord puis on comprend assez rapidement ce qu'il se passe même si on se demande où la fameuse Karmen veut en venir. Et quand on finit par saisir son objectif, les choses deviennent un peu plus prévisibles mais cela n'a rien d'un reproche car cela fait plaisir de suivre une histoire bien construite et qui se finit bien. Cette conclusion est un tout petit rose bonbon, mais elle a sa part de dureté, de tristesse refoulée et de promesses d'espoir. C'est très beau, surtout graphiquement mais aussi par son histoire qui n'est pas mal du tout et capte bien le lecteur. J'ai vraiment pris plaisir à cette lecture.

05/02/2020 (modifier)