Spirou et Fantasio Classique - Le Trésor de San Inferno
Le retour de Lewis Trondheim et Fabrice Tarrin dans l'univers de Spirou, dans une aventure qui nous emmène aux confins du désert... et en-dessous !
Journal Spirou L'univers de Spirou et Fantasio Lewis Trondheim
Fantasio ayant encore flairé un nouveau scoop, voilà nos deux compères en route pour San Inferno, village isolé d'Amérique centrale. Et une fois n'est pas coutume, Seccotine ne tarde pas à pointer le bout de son nez... Mais dès leur arrivée, rien ne se passe comme prévu : un homme au sombrero sombre, Rodrigo, leur enjoint de partir, menaçant. Les voilà prévenus. Dans les catacombes, la femme du maire les conduit à sa découverte : un squelette qu'elle pense être celui d'un extraterrestre. Plus étrange encore, à son cou, est accroché un médaillon sur lequel figure un drôle de plan à décrypter...
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| Date de parution | 26 Septembre 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Dieu sait que j’aime Spirou et Fantasio. J’ai grandi avec eux, je les retrouve toujours avec un plaisir un peu pavlovien, et je me réjouis même de cette idée de “retour aux sources” : aventure classique, énergie bon enfant, et en bonus la présence du Marsupilami qui, à elle seule, suffit souvent à me mettre de bonne humeur. Mais San inferno, franchement… que c’est creux. Ce n’est pas un album désagréable, attention. Ça se lit bien, ça ne grince pas, ça ne trahit pas ouvertement l’esprit maison. Sauf qu’on a l’impression d’un décor en carton. Le dessin est très minimaliste : les personnages sont fidèles, dans la veine de ce qu’on aime, avec des expressions qui fonctionnent. Mais derrière eux ? Pas grand-chose. Des décors au strict minimum, des arrière-plans qui semblent avoir déserté l’album. L’histoire, elle aussi, file à toute vitesse. C’est plaisant, oui, mais d’une légèreté telle qu’on referme le livre en vingt minutes, avec une sensation de “minimum syndical”. Ça déroule sans aspérité, sans montée, sans vrai relief, et c’est peut-être ça le problème : il ne se passe rien, au fond, qui laisse une trace. Je suis le premier à défendre la poursuite de ces franchises de la vieille garde. Mais avec des auteurs talentueux, pourquoi viser si petit, si timide ? J’adoube André Franquin et Tome & Janry, évidemment, mais ils n’ont pas le monopole de la profondeur. On peut faire du classique et du dense. Ici, on a surtout du classique… en mode minimal.
Une lecture sympathique, mais qui au final m’a laissé un peu sur ma faim. Disons que les deux auteurs font le boulot, ne trahissent pas l’univers originel et usent plutôt bien des personnages (même si Spirou - et à un degré moindre le Marsupilami - sont ici en retrait). En fait le début est même très dynamique et amusant, avec un Fantasio au meilleur de sa forme, titillé par une Seccotine espiègle, la rencontre des deux proposant quelques saillies et gags réussis. Hélas, si Trondheim réussit quand même à bâtir une aventure qui se laisse lire, le rythme baisse singulièrement par la suite, c’est à la fois plus mou et plus creux, on s’enlise dans le désert (il est vrai que le quasi huis-clos au milieu du désert n’aide pas à renouveler l’intrigue). Il n’y a pas de vrais méchants. Rodrigo et Sofia paraissent trop artificiels dans leurs réactions – et leur attitude change parfois du tout au tout sans nuance. Et du coup, alors que l’antagonisme entre Fantasio et Seccotine tourne en rond, le lecteur peine à trouver de quoi s’accrocher. Restent quelques idées amusantes de Trondheim, mais là aussi, c’est moins fluide que le style Franquin, plus saccadé et inégal. Les dix dernières pages sont clairement moins captivantes, jusqu’à la chute finale, amusante mais que l’on a vu venir de loin. Pas déshonorant, mais un album qui n’a pas tenu les promesses entrevues au départ.
Spirou et Fantasio partent pour un village isolé au cœur du désert d'Amérique centrale afin d'enquêter sur un mystérieux squelette découvert sur place. Mais entre la présence envahissante de Seccotine, bien décidée à décrocher son propre scoop, et les étranges révélations que réserve ce coin reculé, leur reportage ne sera pas de tout repos. Avec Trondheim et Tarrin aux commandes, l'album suscite forcément de grandes attentes. Fabrice Tarrin avait déjà démontré son talent pour retrouver l'esprit de Franquin dans Le Tombeau des Champignac et Spirou chez les Soviets. Ici, son trait paraît plus paresseux sur les décors, mais cela tient sans doute au cadre désertique de San Inferno. Les personnages, eux, gagnent un côté légèrement plus cartoonesque qui colle à l'ambiance légère du récit, même si l'on perd un peu de la finesse propre à Franquin. Lewis Trondheim lui, en est à son troisième scénario de Spirou si on compte Panique en Atlantique et L'Accélérateur atomique, son Spirou dans l'univers de Lapinot. C'est toutefois la première fois qu'il se rapproche autant d'un véritable scénario classique à la Franquin. On pense à une aventure en Palombie, ou encore au Gorille a bonne mine avec son expédition loin de la civilisation pour un bon reportage. Le ton est toutefois davantage à l'humour comme souvent avec Trondheim qui renonce rarement à la tentation du second degré. L'intrigue fonctionne, avec des trouvailles amusantes, mais elle manque d'ampleur : le huis clos désertique finit par être étouffant, et certains éléments paraissent artificiels, comme l'attitude exagérée de Rodrigo au début, en décalage avec son calme ultérieur. Au final, la lecture reste agréable, souriante et divertissante, mais l'ensemble manque de souffle et d'ambition pour s'imposer comme une grande aventure de Spirou.
Fabrice Tarrin et Lewis Trondheim ont déjà touché à l'univers de Spirou, mais c'est la première fois qu'ils se réunissent. Je dois bien avouer que je n'avais pas trop aimé leurs premières incursions dans cet univers, même si Tarrin au dessin m'a toujours satisfait. Ici, le résultat est à mon avis bien plus plaisant ! Nouveau tome de la série Spirou et Fantasio Classique, ce Trésor de San Inferno en est à mon avis clairement le meilleur tome (en considérant Spirou chez les Soviets comme un Classique, ce que Dupuis n'a plus l'air de faire... Ils sont durs à suivre, parfois !). Le dessin de Tarrin s'affine peu à peu et, plus épuré que dans Spirou chez les Soviets, il est ici d'une impressionnante efficacité. Il hisse en tous cas Tarrin au rang des meilleurs repreneurs de la saga, sur le plan graphique, sans aucun doute. Côté scénaristique, je suis un peu plus partagé. L'introduction du récit est proprement géniale. En quelques pages, Trondheim renoue avec le génie de Franquin en posant efficacement le décor, et en introduisant les personnages avec un art consommé. Les joutes oratoires habituelles entre les personnages sont très drôles, et l'arrivée de Seccotine dans l'histoire est parfaite en tous points. A la lecture de cette introduction, j'ai vraiment cru que je lisais le meilleur Spirou depuis Franquin. Mais la suite du scénario est un peu plus discutable. Je ne saurais que trop conseiller à ceux qui me lisent de ne surtout pas se fier au synopsis officiel. Il est certes fidèle au premier tiers de l'album, mais ensuite, le récit part dans une toute autre direction. D'un côté, j'aime cet aspect inattendu, que les aficionados de Trondheim connaissent bien. D'un autre côté, la direction choisie ramène le récit dans quelque chose de beaucoup plus anecdotique que les promesses initiales du synopsis, notamment par rapport aux antagonistes. Je n'en dirais pas plus, mais j'ai eu un moment l'impression que l'intrigue tournait un peu en rond. Je reconnais malgré tout qu'arrivé à la conclusion du récit, j'étais tout de même très satisfait de cette lecture, qui renoue avec la simplicité et l'art épuré de l'âge d'or de la bande dessinée, dans les années 60. Et tout anecdotique que soit l'histoire, je ne peux qu'en être content ! Bref, j'aimerais bien que ce duo Trondheim/Tarrin reste sur la saga, et nous propose de nouveaux albums, mais peut-être en musclant un peu plus leur jeu d'ici là ! Mais vu comme il semble avoir été compliqué de convaincre Tarrin de revenir sur la saga, pas sûr que ce soit de si tôt... (même s'il a annoncé qu'il ferait les crayonnés du prochain tome de Spirou chez les soviets, alors tout est possible !)
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