Ukraine

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Trois ans après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ce roman graphique retrace l'histoire complexe et profondément enracinée du conflit russo-ukrainien, en explorant ses origines depuis le Moyen Âge jusqu'à la guerre actuelle.


Europe centrale et orientale L'invasion de l'Ukraine par la Russie

Trois ans après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ce roman graphique retrace l'histoire complexe et profondément enracinée du conflit russo-ukrainien, en explorant ses origines depuis le Moyen Âge jusqu'à la guerre actuelle. Le fil rouge de l'album est une jeune femme qui vit à Kyiv aujourd'hui, sous la menace constante des bombardements russes, et qui un jour décide d'aller se réfugier dans un abri sous un immeuble, en compagnie de dizaines d'autres personnes. La discussion s'oriente bientôt sur les origines de conflit, bien plus anciennes que ce qu'on peut croire...

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 12 Février 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Ukraine © Robinson (Hachette) 2025
Les notes
Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)
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12/02/2025 | Spooky
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Par cac
Note: 4/5
L'avatar du posteur cac

Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier. On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc. La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.

15/02/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Eh bien moi, je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. Ça n’est pas parce qu’un sujet est sensible, et parce que les auteurs défendent une cause qui parait « juste », que le lecteur doit absolument tout accepter – sur le fond et sur la forme. Les deux m’ont clairement laissé de côté. En fait le côté graphique peut passer, mais ça n’est pas ma tasse de thé. C’est ailleurs que le bât blesse selon moi. En fait, c’est un album qui relève d’une propagande maladroite qui, voulant défendre son point de vue (l’Ukraine est malmenée depuis très longtemps par la Russie), en oublie de rendre intéressante la narration, mais surtout de ne pas tomber dans les travers reprochés à « l’ennemi ». Tout étant montré sous le seul prisme manichéen d’une Ukraine martyrisée par son voisin russe, on en oublie donc tout ce qui pourrait aller à l’encontre du « roman national » pour ne pas dire nationaliste. Exit donc la corruption des élites ukrainiennes après la fin de l’URSS. De la même façon, faire des Cosaques des précurseurs de la résistance et du nationalisme ukrainien est une réécriture de l’Histoire plus que maladroite. De la même façon, la présentation du Rus de Kiev comme uniquement ukrainienne est anachronique (cela concerne tout autant les actuels Biélorusse ou les Russes, et l’album n’évoque pas l’origine Viking de cette entité). Pour revenir à l’époque proche, évacuer les ingérences étrangères (américaines en tête) dans les récents événements (manifestations de « Maïdan » par exemple est dommageable. Bref, la souffrance des Ukrainiens est réelle (et comme un fil rouge nous suivons certains d’entre eux qui cherchent à se protéger des bombes tombant sur les civils), Poutine est sans aucun doute un salaud (mais il a de la concurrence !), mais lorsque j’ai emprunté – au hasard – cet album, je m’attendais à une présentation plus équilibrée et honnête de la situation. Déjà le sous-titre pose problème : la « longue guerre avec la Russie du moyen-âge à nos jours » oriente l’album de façon rétroactive et imprécise. C’est comme si on titrait un album « la longue guerre entre la France et l’Allemagne de Charlemagne à nos jours », faisant fi de la réalité historique et géographique ancienne, qui ne correspond pas à ce qui est celle que nous connaissons aujourd’hui. Bref, vous l’avez compris, il y a là une réticence intellectuelle de ma part qui m’empêche d’apprécier cet album.

12/02/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue boy

Comme le sous-entend le sous-titre de cet album, très bien documenté, la guerre entre la Russie et l’Ukraine ne date pas d’hier, et remonte à une époque très lointaine. C’est au IXe siècle qu’est créée la Rus’ de Kyiv, considérée alors comme « l’un des plus grands Etats de l’Europe médiévale ». C’est ensuite que les choses se sont gâtées, notamment avec les invasions mongoles du XIIIe siècle qui réduisirent en cendres l’Ukraine sous sa forme originelle, laquelle tenta de survivre en tant que « principauté de Galicie-Volhynie », avant d’être dépecée à nouveau par la Pologne et la Lituanie. Il faudra attendre la fin du XVe siècle pour voir l’Ukraine refaire surface sous l’influence des Cosaques, des « hommes libres vivant en communautés autonomes ». Ceux-ci avaient créé les « Sitch », centres politiques et militaires, avant d’être soumis définitivement en 1764 par l’impératrice russe Catherine II. Les derniers Cosaques trouvèrent alors refuge sur les bords du Danube, mais ce sont eux qui ont contribué à forger l’identité ukrainienne moderne. Ce n’est là qu’un modeste résumé de mille ans d’Histoire, mais on ne va pas se mentir, les liens entre les pays d’Europe orientale sont tellement intriqués qu’il est parfois difficile d’y voir parfaitement clair pour nous autres, Européens de l’Ouest. Difficile d’être affirmatif quant à l’objectivité du livre, mais si l’on recoupe certaines informations en allant sur Wikipédia, on constate que le clivage entre le nord-ouest « pro-occidental » et le sud-est « pro-russe » du pays n’est pas nouveau puisqu’il remonte à l’époque des Cosaques. Ce que l’ouvrage, au demeurant très instructif, n’évoque absolument pas. Ce que l’on retiendra surtout après cette lecture, c’est que l’esprit de résistance ukrainien a toujours été très puissant et ne semble pas près de s’éteindre. Cela bien sûr ne remet pas en cause l’ignoble agression de Vladimir Poutine, qui dans son « opération spéciale » n’a pas mesuré l’ampleur de la détermination des Ukrainiens, lui qui pensait au départ que l’affaire serait pliée en quelques jours… La bande dessinée est plutôt captivante, alternant les passages historiques et les séquences documentaires, où l’on est immergé dans le quotidien de la guerre en cours, avec des illustrations saisissantes qui rendent bien compte de l'horreur et l’absurdité d’un conflit où les civils trinquent énormément lors des bombardements des habitations. A noter que le livre a été réalisé par des auteurs ukrainiens, notamment Mariam Naiem pour la partition narrative. Intellectuelle ukrainienne d’origine afghane, celle-ci s’efforce par son travail de mettre en lumière les enjeux de cette guerre, en dénonçant la politique de domination de l’Etat russe. Quant aux illustrations, elles ont été produites à quatre mains : par Ivan Kypibida pour la partie historique et Yulia Vus pour la partie documentaire. La mise en page est très vivante et permet de suivre sans être guetté une seconde par l’ennui un dossier tout de même relativement dense. On notera la tonalité dominante de l’orange dans ce parti pris bichromique, choix fort logique puisqu’il évoque la fameuse révolution orange de 2004. Le livre montre d’ailleurs comme cette révolution avait été marquée par l’empoisonnement du candidat Viktor Iouchtchenko par les sbires de Poutine (eh oui, on peut dire que la guerre couvait déjà à l’époque, ce dernier n’ayant pas réussi à imposer son protégé Ianoukovytch lors d’élections frauduleuses). Ainsi, si « Ukraine » apparaît plus comme un ouvrage davantage militant que véritablement historique, ce que l’on peut fort bien comprendre, il permet de saisir la détermination inébranlable du camp ukrainien face à un dictateur sanguinaire et manipulateur. On espère juste que le soutien de Donald Trump ne compliquera pas la situation en prolongeant inutilement cette guerre barbare et anachronique.

06/05/2025 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

Depuis trois ans et l'"Opération spéciale" se résumant en l'invasion de l'Ukraine par les forces armées russes, et alors que peut-être une issue est proche (mais à quel prix ?), le pays vit sous les bombes. Cet album est l'un des premiers à nous venir d'Ukraine même, réalisé par un trio d'auteurs locaux. Marian Naiem a par exemple essayé d'expliquer de manière didactique et attrayante les origines du conflit séculaire entre les deux nations, un ancien empire et un ancien dominion, comme elle le dit elle-même. Depuis le Moyen-Âge l'Ukraine a en effet été la cible de ses voisins, pour ses terres fertiles, ses ressources minières considérables, ou encore sa position stratégique sur la Mer Noire. Pendant plusieurs décennies le pays a d'ailleurs fait partie de la grande Russie, puis de l'URSS, une entité que Vladimir Poutine ambitionne de recréer. Pendant cette période l'Ukraine a subi une sorte de nettoyage culturel et linguistique, les autorités tentant d'imposer le russe à la place de l'ukrainien. Mais le peuple ukrainien, fier, a fait preuve de résistance tout au long de son histoire, et plus récemment avec la Révolution orange, la Révolution de la Dignité, et depuis trois ans en faisant preuve d'une solidarité hors du commun (bien aidé par la communauté internationale également) face à l'agresseur. Constitution du Rus' de Kyiv, annexion de la Crimée, tentative de séparatisme des provinces russophones du Donbass, tout nous est expliqué, et on y voit beaucoup plus clair dans cette guerre aux portes de l'Europe. Le duo de dessinateurs nous montre dans une bichromie aux limites de l'expressionnisme parfois, les horreurs que peuvent vivre les Ukrainiens au fil du temps. Leur style graphique est un peu naïf, peut-être hérité d'une certaine imagerie post-soviétique, mais il ne dessert absolument pas le propos, qui se veut didactique et factuel. Plusieurs pages en annexe proposent d'ailleurs une longue liste d'ouvrages permettant de compléter les faits racontés dans l'album. Le message assumé par les auteurs est qu'en temps de guerre, les images et les mots peuvent aussi devenir des armes, comme l'a prouvé par ailleurs la propagande russe lorsqu'elle contrôlait le pays. Un album essentiel pour comprendre ce conflit déchirant.

12/02/2025 (modifier)