Le Cri du Peuple

Note: 3.47/5
(3.47/5 pour 32 avis)

Angoulême 2002 : Alph'Art du meilleur dessin et Alph'Art du public (tome 1). Le récit s'ouvre à l'aube de la Commune de Paris, alors que monte la rumeur de la révolte et l'espoir du peuple. Le cadavre d'une femme, serrant dans sa main un oeil de verre portant le numéro 13, est découvert dans la Seine. Les polices secrètes mènent l'enquête tout en se livrant une guerre sans merci.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Angoulême : récapitulatif des séries primées Format à l’italienne La Commune et l'occupation prussienne Paris Photographie Révolutions françaises Tardi

Le récit s'ouvre à l'aube de la Commune de Paris, alors que monte la rumeur de la révolte et l'espoir du peuple. Le cadavre d'une femme, serrant dans sa main un oeil de verre portant le numéro 13, est découvert dans la Seine. Les polices secrètes mènent l'enquête tout en se livrant une guerre sans merci. Dans cette atmosphère survoltée et confuse, les protagonistes vont au-devant de leurs destins respectifs: Grondin a fait 20 ans de bagne et cherche celui dont il croit avoir endossé le crime. Théophile Mirecourt, le photographe, officie sur les barricades pour le Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Il se lie d'amitié avec le Capitaine Tarpagnan, qui lui-même risquera sa vie en tombant amoureux de "Cafconc", une belle aperçue le temps d'un mouvement de foule. Ainsi une multitude de personnages se croisent, se cherchent, s'affrontent ou s'évitent, leurs destinées se mêlent et peu à peu l'intrigue se noue sur fond de barricades, au son des chants révolutionnaires et des cris de tous les Gavroches.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2001
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Le Cri du Peuple
Les notes (32)
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04/12/2001 | Kael
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Par yaglourt
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Tous les passionnés d'Histoire se doivent de lire cette BD (à défaut de lire le roman éponyme). On suit toute une galerie de personnages bringuebalés dans la grande histoire de la Commune, dont l'épopée, l'ambiance, la fièvre sont très bien retranscrites par Vautrin et très bien illustrées par le grand Tardi. Bien sûr, c'est un récit très engagé (du côté des communards) mais pour une fois que les vaincus ont l'occasion d'écrire l'Histoire, on ne va pas se plaindre.

16/10/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Tardi n’a pas son pareil pour dépeindre les quartiers populaires, déclassés, de Paris et de ses environs. Il l’a déjà maint fois réalisé, et Vautrin lui a donné ici la possibilité de s’en donner à cœur joie avec le Paris des années 1870. Et ici, Tardi a voulu prolonger son plaisir, puisque le triptyque originellement prévu s’est vu ajouté un tome supplémentaire, Tardi souhaitant s’étendre sur la « Semaine sanglante ». Je ne pense pas que cela ait été un bon choix, car ça a un peu accentué le sentiment de dilution de l’intrigue. C’est sûrement une série « engagée » (lire à ce propos les déclarations de Vautrin et Tardi en faveur de la Commune et de ses idées), et les quatre tomes relativement épais se lisent très bien. J’ai particulièrement aimé l’évocation du Paris de l’époque, et de ses habitants au langage peu académique mais très fleuri, l’ambiance de « Grand Soir » portée par ses hommes et ses femmes jusqu’à la désillusion finale. Par contre, si l’on considère que ceci n’est que le décor – même s’il est omniprésent, les intrigues plus ou moins liées et l’enquête policière sont, elles, un peu plus classiques (même si bien menées). J’ai parfois eu l’impression que les auteurs n’avaient pas su faire un choix clair entre ces deux « pôles » de leur série. Une série qui mérite toutefois le détour.

05/07/2015 (modifier)

Tome 1: Tome 2: Tome 3: Tome 4: Note moyenne: 3.25/5 Tardi et Vautrin nous présentent ici l'adaptation graphique d'un roman qui se déroule pendant la commune de Paris. Amateur d'histoire, je me suis bien pris au jeu, l'atmosphère austère et violente de ce Paris de la fin du XIXe siècle est très bien rendue, notamment grâce à un argot bien étudié et très présent dans les dialogues. J'ai relu quelques pages de mon livre sur l'histoire de France pour me remettre au point sur la commune, la lecture n'en a été que plus savoureuse, et j'ai constaté que les faits étaient bien respectés. Le récit compte beaucoup de personnages, qui partagent de nombreuses relations plus ou moins directes, mais la qualité du récit n'en pâtit pas trop. Au contraire, cela apporte une richesse, car l'on a envie de connaitre le destin de chacun d'entre eux. Ces personnages, bien qu'en noir et blanc, sont hauts en couleur et à la personnalité bien tranchée ! Le capitaine Tarpagnan, la Caf'Conc', Bassicoussé...Même l'infâme inspecteur Hippolyte est un fabuleux protagoniste, tant il est bien croqué. Signalons la présence de moults personnages historiques authentiques comme Louise Michel, Gustave Courbet, Jarosław Dombrowski, Jules Vallès...etc Le Découpage est magnifiquement organisé, les différentes séquences s'enchainent sans problème, les transitions entre les différents personnages sont bien orchestrées. Le dessin est un noir et blanc dans le plus pur style de Tardi, avec ses gueules particulères et ses yeux mi-clos. On aime ou ou n'aime pas. Personnellement, j'ai bien adhéré, et le style colle parfaitement à l'ambiance qui est encore une fois très bien rendue. Par ailleurs, on note un souci du détail en ce qui concerne le respect de l'architecture des bâtiments: on se croirait vraiment en plein Paris. Le seul défaut que je pourrais reprocher est que l'intrigue, très prenante sur les deux premiers tomes, s'essouffle considérablement dans la deuxième partie de l'oeuvre. Au départ, cette série était prévue en trois tomes, et il aurait été préférable d'en rester là, quitte à gonfler un peu le nombre de pages par tomes. En effet, au fur et à mesure, j'ai trouvé que les auteurs ne nous racontaient plus une histoire, mais l'Histoire avec un grand H. L'ouvrage perd sa fonction de divertissement pour devenir documentaire. C'est dommage, car, au début, l'équilibre entre l'action et l'information est très bien pesé. Deuxième petit reproche, l'intrigue principale est un peu trop facile à démasquer...Personnellement, j'avais deviné assez vite qui était le véritable assassin de la fille adoptive de Horace Grondin / Charles Bassicoussé ... Une lecture qui reste assez plaisante, bien que fastidieuse sur la fin... (231)

17/06/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

"Le cri du peuple" c'est l'histoire d'un personnage à mi chemin entre Edmond Dantès et Jean Valjean. Condamné par erreur au bagne, un ancien notaire, tente de retrouver la trace de celui qui a assassiné sa fille adoptive plusieurs années auparavant. Réapparu en France au moment de la défaite de Sedan, et donc à la fin de Règne de NAPOLEON III, il croit enfin avoir trouvé le véritable coupable. L'histoire se déroule au cours de l'année 1871, au moment où le Gouvernement a fui à Versailles sous les ordres de THIERS et cherche à reconquérir la ville de Paris menée par la Commune. Le récit qui s'étend sur plus de 300 pages, est dense et reproduit fidèlement l'argot de l'époque ce qui ne le rend pas très facile à lire. Mais cela rend au moins l'histoire crédible, et les auteurs ont évité de faire s'exprimer les personnages du 19e avec un vocabulaire contemporain, ce qui est le cas dans beaucoup de séries historiques. Tardi reste fidèle à son trait, simple, minimaliste, et restitue à merveille les faciès abimés du Paris des bas fonds, du Paris misérable qui criait sa soif de justice sociale. A conseiller pour tous les amateurs d'histoire, souhaitant bénéficier d'une piqure de rappel sur cette période un peu méconnue de notre histoire.

10/04/2012 (modifier)
Par lili21
Note: 4/5

J'ai vraiment adoré cette série. Le thème abordé - la commune de Paris en 1871 - est un évènement historique relativement méconnu du grand public, et donc difficile à aborder (en dire assez pour comprendre l'Histoire, mais pas trop pour ne pas basculer dans le documentaire). Tardi s'en tire à merveille : il réussit à poser un cadre historique, une atmosphère 19è s., en y introduisant une intrigue policière qui réunit les principaux protagonistes. Le trait de Tardi est fidèle à lui-même, très rond, souple et travaillé. J'apprécie beaucoup le format à l'italienne (plus large que haut) de la BD qui lui ajoute une originalité supplémentaire.

13/03/2011 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Qui d’autre que Tardi aurait pu mettre en image ce qui est à la base un roman historique de Jean Vautrin relatant les événements parisiens durant la Commune ? Cette histoire se vit comme un quasi-documentaire sur le Paris de 1871 et l’esprit de révolte qui y régnait, comme si on y était. Et comme d’habitude chez Tardi, les dessins des bâtiments et des monuments de l’époque sont superbement représentés. L’auteur étant un amoureux inconditionnel de Paname , il parvient ici à faire revivre cette page de l’Histoire injustement oubliée, avec également toute une galerie de personnages tous plus pittoresques les uns que les autres. Le noir et blanc est ici plus qu’approprié pour rendre le côté sombre de l’époque. Le scénario de Vautrin est plutôt bien ficelé, sachant trouver le bon équilibre entre documentaire et polar. Quant aux personnages, malgré l’inexpressivité de leur visage (ce n’est pas le fort de Tardi et pourtant j’apprécie son dessin), Grondin reste le plus intéressant. Au départ appartenant au camp des notables et exploiteurs, il finira peu à peu par comprendre et soutenir cette révolution des gueux que fut la Commune, même si son but ultime est d’assouvir sa vengeance en retrouvant l’ex-capitaine communard Tarpagnan. Les dialogues semblent crédibles, faits en bonne partie de gouaille parisienne qui rappellera à beaucoup le maître dialoguiste Audiard. Je ne connais pas d’ouvrage historique pouvant relater aussi fidèlement par l’image les faits, l’ambiance et l’esprit de cette époque tragique. C’est une véritable plongée dans les bas-fonds les plus glauques du Paname d’antan, où la misère était noire et la colère âpre. En effet, on réalise que la révolte du peuple était aussi virulente que le mépris de la classe dirigeante était odieux - et encore plus cruelle par sa réaction disproportionnée face aux errements de la Commune, selon les mots de Caf'Conc' : « Dans les quartiers reconquis par Versailles, j’ai vu des hommes, semblables à ceux qu’on peut voir le Dimanche à la sortie de la messe, des hommes respectables et attentifs à leur épouse et à leurs enfants, enfoncer des goulots de bouteilles dans les bouches des cadavres et les vagins des mortes, émasculer des enfants, casser les nez à coup de pied, crever les yeux, éventrer les corps et faire du bout de leur cannes à pommeau d’argent, des guirlandes de boyaux encore chauds. » Et au final, le peuple paiera chèrement cette parenthèse enchantée lorsque les canons de Mac Mahon reprendront le contrôle de la capitale. Au final, la "Semaine sanglante" représentera le plus important massacre de masse de l’Etat français, à l’époque dirigé par Thiers (« Foutriquet ») contre ses citoyens, avec 30.000 morts. Les deux auteurs ont mis tout leur cœur pour réhabiliter cette période de notre Histoire pas si lointaine (près de 150 ans), et le résultat est à la hauteur. Le Cri du peuple, une formidable épopée, mêlant avec brio documentaire et romanesque, une œuvre que chaque citoyen se doit de connaître.

15/12/2010 (modifier)
Par julchagra
Note: 3/5

Belle Bd historique, belle histoire et style de dessin original. Mais il est vrai que l'événement relaté joue beaucoup dans l'exaltation que l'on peut ressentir (d'autant que j'habite le quartier de Ménilmontant) ; le dessin aurait pu être allégé ce n'aurait pas été moins bien je crois ; et l'histoire connaît des passages parfois tortueux, elle se dénoue de manière un peu alambiquée ; tout cela altère un peu la lecture et l'impression finale. Je ne suis pas certain que ceux qui ignorent la Commune, ou ceux qui s'initient à la BD s'y retrouveront...

22/11/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Hommage passionné à la Commune de Paris, le roman de Jean Vautrin est adapté de manière magistrale en bande dessinée avec un format à l'italienne pour donner de l'ampleur au récit. Le travail de l'écrivain est restitué avec fidélité par le talentueux dessin de Tardi. Le mariage parfait entre littérature et bande dessinée?... Peut-être pas car cette oeuvre n'est pas réellement accessible à tout un chacun. Encore faut 'il passer certaines barricades! Elle s'adresse surtout à des passionnées d'Histoire qui veulent comprendre le mouvement de révolte qui s'est emparé de Paris dans la République de ce bon M. Thiers en 1870 alors que le Second Empire vient de s'écrouler face à la défaite avec la Prusse. Cette fresque épique en 4 volumes retrace plus qu'un engagement politique. C'est également l'occasion de connaître un peu mieux ce qu'a été la ville de Paris. Et puis, au delà de l'aspect proprement historique, il y a un véritable polar peuplé de figures truculentes. Cependant, au fil des tomes, l'abondance des détails nous fera perdre le fil de cette oeuvre finalement trop dense. Chute de Paris et vengeance enfin assouvie: un final sans surprise dont on ressort forcément un peu déçu. L'ensemble mérite toutefois une lecture attentive.

21/03/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
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Je suis plutôt mitigé face à ce Tardi. J'ai bien aimé les deux premiers tomes qui montraient une série d'intrigues complexes, mais tout tombe dans les deux derniers tomes. À la lecture, plusieurs choses m'ont échappé. Comment Gabrielle est devenue ambulancière ? Qu'est-il devenu du gang avec les yeux de verres ? De plus, comme je ne connais pas cette période, j'ai eu un peu de mal à suivre l'évolution de la Commune et aussi de toute ses allusions à des personnages historiques. Le dessin de Tardi est superbe dans cette série et il nous offre même quelques cases montrant uniquement Paris et ses habitants en guerre. Superbe.

16/12/2007 (modifier)
Par jb
Note: 5/5

Tardi est un grand on le savait. Un de ceux dont on parlera encore dans quarante ans et qui fera l'unanimité. Un mec à la Brassens pour la chanson, à la Picasso pour la peinture. Bref un monstre sacré. Mais là, il dépasse l'entendement. Cette BD est énorme. Il exploite à fond l'oeuvre de Vautrin pour lui donner un rythme, une dimension impressionnante. Avec un souci du détail remarquable, un trait qui sait exploiter l'absence de couleur pour faire vivre les personnages et mettre en relief les plus bas instincts au même titre que les plus belles idées. En s'attaquant à un évènement historique tel que celui-ci la tâche n'était pas simple mais c'est finalement une réussite remarquable pour le Tardi militant. Avec cent ans de moins on se voit sur les barricades. Chapeau bas l'artiste.

30/03/2007 (modifier)