Voilà un album dégotté au hasard en solderie, qui m’a immédiatement fait de l’œil. Plus que la guerre de Troie, c’est la perspective de voir apparaitre les Hittites qui m’a attiré vers cet album. Car cette partie du monde et son histoire est en elle-même intéressante.
Mikael Caoudou a voulu traiter de la fin de la guerre de Troie – passage iconique de la culture mondiale. Sans doute Caoudou a-t-il voulu rester fidèle à ce que nous connaissons des textes d’Homère et ne pas trop « ajouter » sa touche personnelle. Mais Homère (s’il a existé) était un aède, non un historien, et son récit est largement imprégné de religion, est irrigué des mythes. Et nombre de passages sont allégoriques, « énigmatiques ». A commencer par celui du fameux « cheval », repris ici littéralement. Pourquoi pas ? Par contre le long – trop long – passage (5 pages !) où un prêtre et ses serviteurs opposés à l’entrée du cheval dans la cité de Troie sont attaqués par des murènes manque cruellement d’intérêt et surtout de crédibilité.
Un récit des dernières heures de la guerre de Troie donc, avec sa prise et sa destruction par les Grecs. C’est violent et dynamique, on ne s’embarrasse ni de détails ni d’une longue mise en place (des protagonistes et des enjeux, le lecteur est prié de connaitre ce qui s’est passé avant). Du classique donc, auquel Caoudou a mêlé les Hittites (le scénario alterne les passages du siège et d’autres à la cour – violente – du roi hittite Hattusili). J’aurais sans doute préféré que la partie proprement hittite (ici reliée au siège de Troie car Hattusili est « allié » – peu fiable – des Troyens) soit davantage développée, voire que la série tourne uniquement autour de ce thème, bien moins souvent exploité (mais il est vrai aussi bien moins documenté).
Le dessin de Blasco-martinez est inégal (certains traits de visages plus ou moins effacés), et pas toujours assez fouillé pour les décors. Mais globalement je l’ai trouvé bon, intéressant, assez puissant pour accompagner un récit qui ne manque pas de force.
Un one-shot intéressant, mais qui m’a semble-t-il moins enthousiasmé que mes prédécesseurs.
Et voici le Retour du duo Robert Kirkman / Benito Cereno qui avaient déjà collaboré dans le tome 12 de Invincible. Chaque nouvelle série de Kirman titille toujours ma curiosité, après les réussites mondiales d'Invincible et Walking Dead, pour ne parler que d'elles. Et c'est un dessinateur que je découvre, E. J. Su, qui compose le trio d'auteur de cette nouvelle série explosive.
Dans ce futur, les aliens cohabitent avec les humains sur Terre, mais les malfrats de tout genre et de toutes espèces courent toujours, d'où le recours à de nombreux chasseurs de primes : Blood est l'une d'entre eux. Nous voilà donc plongés dans un univers SF/cyberbunk en suivant les aventures de la belle Akeldama Blood Bledsoe et de son fusil Thunder, qui a la particularité de parler. Ce dernier a effectivement la "langue" bien pendue et le verbe caustique !
Le duo improbable est intéressant, et le rythme endiablé de ce premier tome réjouira les amateurs d'action brute. L'originalité des personnages et des créatures est sans doute le point fort de cette série qui va s'articuler autour de la traque d'une créature surpuissante et de la recherche des origines mystérieuses de notre héroïne...
Si le côté pop-corn de la série est agréable de par sa dynamique, j'ai par contre été beaucoup moins réceptif au dessin de E.J Su. Si ses personnages et les actions dynamiques sont plutôt bien rendus, ses décors restent d'une rare pauvreté quand on s'y attache ; certaines cases font vraiment vides, dommage. Heureusement que la colorisation de Msassyk atténue ce ressenti.
Je lirais la suite par curiosité, en espérant que le dessin monte en qualité.
(2.5/5)
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Wiloucha - Les dernières heures de Troie
Voilà un album dégotté au hasard en solderie, qui m’a immédiatement fait de l’œil. Plus que la guerre de Troie, c’est la perspective de voir apparaitre les Hittites qui m’a attiré vers cet album. Car cette partie du monde et son histoire est en elle-même intéressante. Mikael Caoudou a voulu traiter de la fin de la guerre de Troie – passage iconique de la culture mondiale. Sans doute Caoudou a-t-il voulu rester fidèle à ce que nous connaissons des textes d’Homère et ne pas trop « ajouter » sa touche personnelle. Mais Homère (s’il a existé) était un aède, non un historien, et son récit est largement imprégné de religion, est irrigué des mythes. Et nombre de passages sont allégoriques, « énigmatiques ». A commencer par celui du fameux « cheval », repris ici littéralement. Pourquoi pas ? Par contre le long – trop long – passage (5 pages !) où un prêtre et ses serviteurs opposés à l’entrée du cheval dans la cité de Troie sont attaqués par des murènes manque cruellement d’intérêt et surtout de crédibilité. Un récit des dernières heures de la guerre de Troie donc, avec sa prise et sa destruction par les Grecs. C’est violent et dynamique, on ne s’embarrasse ni de détails ni d’une longue mise en place (des protagonistes et des enjeux, le lecteur est prié de connaitre ce qui s’est passé avant). Du classique donc, auquel Caoudou a mêlé les Hittites (le scénario alterne les passages du siège et d’autres à la cour – violente – du roi hittite Hattusili). J’aurais sans doute préféré que la partie proprement hittite (ici reliée au siège de Troie car Hattusili est « allié » – peu fiable – des Troyens) soit davantage développée, voire que la série tourne uniquement autour de ce thème, bien moins souvent exploité (mais il est vrai aussi bien moins documenté). Le dessin de Blasco-martinez est inégal (certains traits de visages plus ou moins effacés), et pas toujours assez fouillé pour les décors. Mais globalement je l’ai trouvé bon, intéressant, assez puissant pour accompagner un récit qui ne manque pas de force. Un one-shot intéressant, mais qui m’a semble-t-il moins enthousiasmé que mes prédécesseurs.
Blood & Thunder
Et voici le Retour du duo Robert Kirkman / Benito Cereno qui avaient déjà collaboré dans le tome 12 de Invincible. Chaque nouvelle série de Kirman titille toujours ma curiosité, après les réussites mondiales d'Invincible et Walking Dead, pour ne parler que d'elles. Et c'est un dessinateur que je découvre, E. J. Su, qui compose le trio d'auteur de cette nouvelle série explosive. Dans ce futur, les aliens cohabitent avec les humains sur Terre, mais les malfrats de tout genre et de toutes espèces courent toujours, d'où le recours à de nombreux chasseurs de primes : Blood est l'une d'entre eux. Nous voilà donc plongés dans un univers SF/cyberbunk en suivant les aventures de la belle Akeldama Blood Bledsoe et de son fusil Thunder, qui a la particularité de parler. Ce dernier a effectivement la "langue" bien pendue et le verbe caustique ! Le duo improbable est intéressant, et le rythme endiablé de ce premier tome réjouira les amateurs d'action brute. L'originalité des personnages et des créatures est sans doute le point fort de cette série qui va s'articuler autour de la traque d'une créature surpuissante et de la recherche des origines mystérieuses de notre héroïne... Si le côté pop-corn de la série est agréable de par sa dynamique, j'ai par contre été beaucoup moins réceptif au dessin de E.J Su. Si ses personnages et les actions dynamiques sont plutôt bien rendus, ses décors restent d'une rare pauvreté quand on s'y attache ; certaines cases font vraiment vides, dommage. Heureusement que la colorisation de Msassyk atténue ce ressenti. Je lirais la suite par curiosité, en espérant que le dessin monte en qualité. (2.5/5)