Une quinquagénaire divorcée part seule sur une île paradisiaque pour vivre des relations tarifées avec de jeunes hommes, tout en gardant un regard lucide sur ce qu'elle vient réellement chercher dans ces vacances mêlant désir, solitude et besoin d'affection.
Là encore, Axel place le sexe de manière très explicite au coeur du récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps sont imparfaits, les scènes sexuelles très directes, parfois même volontairement peu glamour, mais ce n'est clairement pas du porno fantasmé : tout paraît pensé avant tout pour servir une histoire et des personnages crédibles.
Et c'est ce que j'apprécie chez lui. Derrière les scènes de sexe, il cherche surtout à raconter quelque chose de réaliste et d'humain. Ici, il parle du vieillissement, du besoin de se sentir encore désirable, du tourisme sexuel féminin, des relations ambiguës où chacun sait plus ou moins pourquoi il est là. Il y a une vraie mélancolie dans tout ça, mais moins lourde et déprimante que dans Une femme fidèle. Le ton est plus léger, plus estival, parfois même un peu tendre.
Le personnage principal fonctionne bien parce qu'elle assume ses envies sans être idéalisée ni caricaturale. Cela rend l'ensemble légèrement plus émoustillant aussi, même si le côté très cru et naturaliste du récit ne m'a pas forcément excité à proprement parler.
L'histoire reste simple et assez courte, comme souvent chez Axel, mais elle m'a paru aboutie et fluide. Ce n'est pas une BD érotique qui cherche avant tout à stimuler, mais plutôt une parenthèse mélancolique et adulte autour du sexe, de la solitude et du besoin de se sentir encore vivant.
Nous sommes à un an de l'élection présidentielle. A l'heure où les candidat(e)s présomptifs/ves sont nombreux/ses, certains essaient de se démarquer, de sortir du lot. Sans clamer que je sois particulièrement fan du personnage, force est de constater que François Ruffin, député écologiste de la Somme, essaie de se démarquer. Journaliste et documentariste de formation, il s'est engagé depuis une dizaine d'années en politique, et est député de la Somme depuis 2017. Ce mandat lui permet de se mêler à la population locale, lors d'évènements divers, de manifestations ou encore d'immersions avec des travailleurs et des travailleuses de la première ligne, salué(e)s durant la crise Covid, mais jamais rétribué(e)s de manière substantielle.
On a donc une suite d'instantanés, certains uniques, d'autres découpés en plusieurs segments, qui montrent son écoute, son talent pour le dialogue et l'esprit de synthèse qui lui permet d'être pertinent et percutant dans ses interventions et ses analyses. Des anecdotes racontées par Ruffin lui-même, et transformées en segments narratifs par le talentueux et chevronné Laurent Galandon. Des anecdotes, des témoignages parfois poignants, tous intéressants. Ruffin s'y montre donc attentif, offensif, mais jamais injurieux ou agressif comme il peut l'être dans d'autres circonstances. C'est donc un peu policé, une bonne chose, mais Ruffin y est aussi, par moments, un peu pédant, ce qui est dommage.
Le travail graphique des onze dessinatrices et dessinateurs qui ont accepté de le suivre dans l'aventure est vraiment bon, quoique très diversifié (on a Pendanx et Jul, par exemple...). Ils ont fait du bon boulot sur des formats courts, voire très courts.
Ces témoignages sont donc intéressants pour comprendre ce qu'est "La France d'en bas".
Ah, une nouvelle variation sur Sherlock Holmes !
Certes, on a déjà eu Les Quatre de Baker Street sur ce même sujet des gamins des rues de Londres, qui servent parfois d'informateurs, voire de limiers, au célèbre détective, mais cette série est un peu différente.
Sur ce premier tome Louis est seul, ou plutôt se retrouve seul suite au meurtre de son amie et protectrice, et il entretient un rapport complexe d'admiration et de rancune envers celui qui vient d'arriver à Baker Street et le prend sous son aile. Holmes y est arrogant, violent, dédaigneux, mais sait reconnaître la graine de détective dans ce gamin tout crasseux. Le scénariste est allé fouiner dans les recoins des œuvres de Sir Arthur Conan Doyle pour y trouver des références, parfois très ténues, à des affaires déjà résolues par Holmes. Il s'en inspire donc, comme de nombreux suiveurs et adeptes, pour proposer des histoires originales. Et ma foi, c'est assez plaisant, avec ces personnages au caractère bien trempé (on y croise également un jeune Lestrade, mais pas encore d'autres personnages iconiques de la saga littéraire d'origine), et ces affaires surprenantes. Et ce premier tome s'achève sur la rencontre avec un autre drôle de personnage...
Graphiquement Matsubara propose une version plutôt intéressante de la Londres victorienne, et des personnages bien tenus visuellement, mis en scène de façon très dynamique. C'est une relecture modenre et intéressante.
Les aventures de (Gérard ?) Lambert en Afrique...
C'est une bande pour initié, il n'est pas facile de rentrer dans l'œuvre de Matthias Schultheiss.
Le récit alterne entre polar, fantastique et chronique sociale hyper réaliste. Les protagonistes sont tous des marginaux avec une âme souvent laide. Sauf Lambert, antihéros de cette histoire qui est une sorte de dieu maudit de la destruction.
Côté dessin, le trait est viscéral et tourmenté. Il empreinte beaucoup à la peinture de Egon Schiele, avec une approche très psychologique, où la maigreur des corps et les postures contorsionnées servent à exprimer l'angoisse.
Mais Schulteiss est aussi capable d'utiliser le décor de la mer pour créer une atmosphère onirique à la manière d'un William Turner, en noyant les formes dans une sorte de brouillard tempétueux.
Ma note est sévère car je suis resté un peu étranger à l'univers qui était proposé. Mais force est de constater l'excellent niveau général de cette bande.
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Le Prix de l'amour
Une quinquagénaire divorcée part seule sur une île paradisiaque pour vivre des relations tarifées avec de jeunes hommes, tout en gardant un regard lucide sur ce qu'elle vient réellement chercher dans ces vacances mêlant désir, solitude et besoin d'affection. Là encore, Axel place le sexe de manière très explicite au coeur du récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps sont imparfaits, les scènes sexuelles très directes, parfois même volontairement peu glamour, mais ce n'est clairement pas du porno fantasmé : tout paraît pensé avant tout pour servir une histoire et des personnages crédibles. Et c'est ce que j'apprécie chez lui. Derrière les scènes de sexe, il cherche surtout à raconter quelque chose de réaliste et d'humain. Ici, il parle du vieillissement, du besoin de se sentir encore désirable, du tourisme sexuel féminin, des relations ambiguës où chacun sait plus ou moins pourquoi il est là. Il y a une vraie mélancolie dans tout ça, mais moins lourde et déprimante que dans Une femme fidèle. Le ton est plus léger, plus estival, parfois même un peu tendre. Le personnage principal fonctionne bien parce qu'elle assume ses envies sans être idéalisée ni caricaturale. Cela rend l'ensemble légèrement plus émoustillant aussi, même si le côté très cru et naturaliste du récit ne m'a pas forcément excité à proprement parler. L'histoire reste simple et assez courte, comme souvent chez Axel, mais elle m'a paru aboutie et fluide. Ce n'est pas une BD érotique qui cherche avant tout à stimuler, mais plutôt une parenthèse mélancolique et adulte autour du sexe, de la solitude et du besoin de se sentir encore vivant.
Les Aventures de François Ruffin, député-reporter
Nous sommes à un an de l'élection présidentielle. A l'heure où les candidat(e)s présomptifs/ves sont nombreux/ses, certains essaient de se démarquer, de sortir du lot. Sans clamer que je sois particulièrement fan du personnage, force est de constater que François Ruffin, député écologiste de la Somme, essaie de se démarquer. Journaliste et documentariste de formation, il s'est engagé depuis une dizaine d'années en politique, et est député de la Somme depuis 2017. Ce mandat lui permet de se mêler à la population locale, lors d'évènements divers, de manifestations ou encore d'immersions avec des travailleurs et des travailleuses de la première ligne, salué(e)s durant la crise Covid, mais jamais rétribué(e)s de manière substantielle. On a donc une suite d'instantanés, certains uniques, d'autres découpés en plusieurs segments, qui montrent son écoute, son talent pour le dialogue et l'esprit de synthèse qui lui permet d'être pertinent et percutant dans ses interventions et ses analyses. Des anecdotes racontées par Ruffin lui-même, et transformées en segments narratifs par le talentueux et chevronné Laurent Galandon. Des anecdotes, des témoignages parfois poignants, tous intéressants. Ruffin s'y montre donc attentif, offensif, mais jamais injurieux ou agressif comme il peut l'être dans d'autres circonstances. C'est donc un peu policé, une bonne chose, mais Ruffin y est aussi, par moments, un peu pédant, ce qui est dommage. Le travail graphique des onze dessinatrices et dessinateurs qui ont accepté de le suivre dans l'aventure est vraiment bon, quoique très diversifié (on a Pendanx et Jul, par exemple...). Ils ont fait du bon boulot sur des formats courts, voire très courts. Ces témoignages sont donc intéressants pour comprendre ce qu'est "La France d'en bas".
Gaslight Stray Dog Detectives
Ah, une nouvelle variation sur Sherlock Holmes ! Certes, on a déjà eu Les Quatre de Baker Street sur ce même sujet des gamins des rues de Londres, qui servent parfois d'informateurs, voire de limiers, au célèbre détective, mais cette série est un peu différente. Sur ce premier tome Louis est seul, ou plutôt se retrouve seul suite au meurtre de son amie et protectrice, et il entretient un rapport complexe d'admiration et de rancune envers celui qui vient d'arriver à Baker Street et le prend sous son aile. Holmes y est arrogant, violent, dédaigneux, mais sait reconnaître la graine de détective dans ce gamin tout crasseux. Le scénariste est allé fouiner dans les recoins des œuvres de Sir Arthur Conan Doyle pour y trouver des références, parfois très ténues, à des affaires déjà résolues par Holmes. Il s'en inspire donc, comme de nombreux suiveurs et adeptes, pour proposer des histoires originales. Et ma foi, c'est assez plaisant, avec ces personnages au caractère bien trempé (on y croise également un jeune Lestrade, mais pas encore d'autres personnages iconiques de la saga littéraire d'origine), et ces affaires surprenantes. Et ce premier tome s'achève sur la rencontre avec un autre drôle de personnage... Graphiquement Matsubara propose une version plutôt intéressante de la Londres victorienne, et des personnages bien tenus visuellement, mis en scène de façon très dynamique. C'est une relecture modenre et intéressante.
Le Rêve du requin
Les aventures de (Gérard ?) Lambert en Afrique... C'est une bande pour initié, il n'est pas facile de rentrer dans l'œuvre de Matthias Schultheiss. Le récit alterne entre polar, fantastique et chronique sociale hyper réaliste. Les protagonistes sont tous des marginaux avec une âme souvent laide. Sauf Lambert, antihéros de cette histoire qui est une sorte de dieu maudit de la destruction. Côté dessin, le trait est viscéral et tourmenté. Il empreinte beaucoup à la peinture de Egon Schiele, avec une approche très psychologique, où la maigreur des corps et les postures contorsionnées servent à exprimer l'angoisse. Mais Schulteiss est aussi capable d'utiliser le décor de la mer pour créer une atmosphère onirique à la manière d'un William Turner, en noyant les formes dans une sorte de brouillard tempétueux. Ma note est sévère car je suis resté un peu étranger à l'univers qui était proposé. Mais force est de constater l'excellent niveau général de cette bande.