Les derniers avis (12 avis)

Couverture de la série Adam et Elle
Adam et Elle

La présentation de l’éditeur met en avant une proximité avec la Nouvelle vague cinématographique. Pourquoi pas ? On peut y retrouver certaines préoccupations de Rohmer, autour des relations amoureuses. Ou aussi une certaine vision cruelle du couple selon Chabrol. Toujours est-il que nous suivons – au milieu d’autres personnages, un couple nouvellement formé, sur des bases pas forcément fragiles, mais en tout cas parfois étonnantes. Adam, qui vient de rompre, est amoureux de Juliette (sentiment largement partagé). Alors que le couple semble se lancer dans une relation assez libre, mais classique, Adam se met en tête de « tester » la solidité des sentiments de Juliette et sous une fausse identité, lui tend des « pièges » en lui écrivant une lettre, puis des mails. Il pousse même le vice jusqu’à inciter un de ses potes à se faire passer pour son double, pour voir jusqu’où Juliette résisterait à une éventuelle tentation. Adam dévoile ainsi une personnalité paranoïaque et perverse, malsaine en tout cas. J’ai un temps cru à une mise en abimes. En effet, les principaux protagonistes masculins étant acteurs ou scénaristes, je me suis demandé si l’on n’avait pas ici une intrigue gigogne dans laquelle réalité et fiction n’auraient fait qu’une. Mais en fait non. Je n’ai pas trop aimé le procédé consistant parfois à avoir des commentaires de ce que font Juliette ou Adam. C’est artificiel et cela assèche et ralentit la narration. Cela fait bizarre. Et puis le dernier tiers du second album m’a laissé sur ma faim. Ou plutôt j’ai trouvé étrange cette fin, cette évolution d’un amour qui meure bizarrement. Reste que l’histoire se laisse globalement lire, et que Bonneval nous propose une comédie sentimentale à laquelle il manque peut-être quelque chose qui l’aurait fait sortir d’une certaine léthargie. Mais malgré mes remarques, la lecture n’est pas si désagréable. Le dessin de Sterckman n’est pas forcément mon truc, mais il est lisible, avec un trait à la fois moderne et classique, mais qui manque de détails. Qui est aussi parfois un chouia trop figé. Surtout, j’ai plusieurs fois eu du mal à distinguer plusieurs personnages masculin (le héros et un de ses potes), ce qui m’a forcé à quelques retours en arrière. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Sex Addict Story
Sex Addict Story

Bon, le dessin de Frétet est vraiment le principal attrait de cet album. Quel coup de crayon. Pourtant, pas exempt de menus défauts, mais plus que de qualités techniques proprement dites (parce que certains détails ne sont pas forcément réussis ou « beaux » en eux-mêmes), c’est le rendu que je trouve très beau, avec cette colorisation un peu cuivrée, proche parfois de photos insolées. C’est original et attractif en tout cas. L’intrigue de la principale histoire (qui donne son titre à l’album) est, comme le dessin, intéressante par certains à-côtés. En effet, la construction du récit est relativement originale, puisque chaque chapitre du principal récit donne successivement le point de vue d’un protagoniste, comme si c’était une course de relai. Cela dynamise ce récit, et renouvelle régulièrement centres d’intérêt et points de vue. Par contre la conclusion est franchement confuse et part dans tous les sens. « African Queen » est une histoire un peu bizarre. Nous suivons une Diane qui s’occupe de gorilles dans la jungle africaine. On part sur une sorte de récit d’une Diane Fossey (fantasmée par une jeune yougoslave !?) – mais qui aurait des allures de Druuna et des fantasmes bestiaux. C’est court, délirant, et plus illustré que construit. « Journal intime d’un dessinateur licencieux » présente une série de rencontres qu’aurait fait une sorte de double de l’auteur : des dames de la haute société le plus souvent. Un court texte, un ou deux dessins présentant les relations sexuelles entre eux. C’est probablement un carnet d’esquisses (d’histoires et de dessins) placé ici pour compléter l’album. Il n’y a pas en tout de réelle intrigue. Au final, c’est globalement plaisant à lire, même si ça reste très léger – en matière d’intrigue essentiellement. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Par Lukiluk
Note: 3/5
Couverture de la série Kenya
Kenya

Bonne bd en général que je viens de relire, je préfère le dessin de cette série à celui des mondes d'Aldébaran, les personnages sont un peu moins figés. L’héroïne Kathy Austin est très pétillante ! D'autres personnages sont aussi très intéressants, tel " l'ignoble écrivain" John Remington. Bonne intrigue en général, mais on regrettera un peu une fin qui tourne un peu court, et surtout des incohérences, principalement : Si les "boites" ont été enfouies dans ce qui devient le lac Victoria, et n'ont pas encore été découvertes, d’où viennent les premiers animaux vus dans la série ? Et surtout d’où viennent ceux qui remontent à la surface dans la cave du château et dans la mine (qui sont très éloignées du lac) ?? 3,3/5 pour moi.

29/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Au temps pour elle
Au temps pour elle

Une pianiste virtuose perd soudain toute capacité à jouer quelques heures avant le concert le plus important de sa carrière, plongeant ses partenaires et les organisateurs dans un véritable casse-tête : faut-il la remplacer, annuler le spectacle ou tenter de comprendre ce qui lui arrive ? Cette histoire, résolument centrée sur la musique et la création artistique, prend une surprenante allure de vaudeville. Unité de lieu avec cette scène de théâtre encore vide de spectateurs, unité de personnages autour des quatre musiciens, de la responsable marketing et du propriétaire des lieux, ponctuées par les allées et venues de la femme de ménage. Les portes claquent, les personnages s'agitent tandis que la pianiste, presque mutique, semble observer tout cela de loin, enfermée dans son propre monde. Lorsqu'elle retrouve enfin ses mains, c'est pour jouer une musique totalement différente, comme si son blocage n'était pas une incapacité mais le refus inconscient de continuer à interpréter ce que les autres attendent d'elle. Le dessin accompagne bien le récit, avec un trait doux et agréable à lire, même si les décors restent assez sobres et que les expressions des visages manquent parfois de diversité et de finesse. Il y a un petit côté BD jeunesse dans ce dessin qui détonne avec le sujet un peu plus adulte. Le propos est finalement assez clair : l'art ne devrait pas se laisser enfermer dans un carcan, même lorsqu'il est couronné de succès. En revanche, la forme choisie pour le raconter a de quoi désarçonner. Cette ambiance de pièce de théâtre, avec ses personnages volontairement archétypaux, ses réactions parfois un peu forcées et son humour discret, instaure une certaine distance qui m'a laissé circonspect. Ce n'est ni vraiment humoristique, ni vraiment une analyse intimiste ou psychologique de ce blocage artistique. Je retiens donc surtout une BD originale dans son dispositif et pertinente dans son message sur la création artistique. J'ai trouvé l'idée intéressante, mais le ton adopté, à mi-chemin entre le théâtre de boulevard et la réflexion sur l'art, ne m'a pas complètement convaincu et m'a laissé un peu en dehors du récit.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Feul
Le Feul

Le Feul est une bonne série de fantasy qui m’a laissé un sentiment assez mitigé. Le scénario est globalement cohérent et propose de nombreuses bonnes idées, avec un univers travaillé et une mise en avant intéressante des différences culturelles entre les différents peuples. L’ensemble est suffisamment original pour donner envie de découvrir la suite, même si le rythme est parfois un peu lent. En revanche, j’ai trouvé que plusieurs concepts prometteurs étaient finalement trop peu exploités. La conclusion est intrigante, mais j’aurais aimé qu’elle soit davantage développée et expliquée. Le dessin n’est pas vraiment dans mes goûts et accuse un peu son âge, mais il reste cohérent avec l’univers et remplit bien son rôle. Une série agréable à lire, avec de vraies qualités, qui manque toutefois d’un peu plus de cohérence pour pleinement convaincre.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Ce monde n'existe pas
Ce monde n'existe pas

J’ai eu du mal avec cet album, que ce soit au niveau du dessin ou celui de l’histoire elle-même. Et pourtant, je ne peux pas trop lui taper dessus. Car il possède de réelles qualités, et il se révèle relativement original. Le dessin n’est pas vraiment mon truc, et il n’est pas toujours lisible. Mais le travail à l’aquarelle sort de l’ordinaire. L’histoire est un peu décousue, et un peu « légère », autour de ce jeune homme qui, traité injustement par la société, se retrouve incarcéré, puis contraint d’aller bourlinguer pour l’armée à l’autre bout du monde. Il y a quelque chose d’intéressant dans ce destin, cet amour contrarié, mais la narration un peu froide, et la construction un peu – beaucoup – éclatée m’ont détaché de cette histoire. Affaire de goûts sans doute (mon prédécesseur y a semble-t-il davantage trouvé son compte), mais c’est un album qui m’a laissé de côté. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Swamp
Swamp

Une lecture sympathique, tout public (probablement davantage destinée à un jeune lectorat quand même je pense), qui met en avant quelques belles valeurs : l’amitié, le refus des discriminations (ici du racisme), autour essentiellement de trois enfants, au cours de quelques semaines d’été dans le sud des États-Unis. Le dessin est tout mignon, et plaira au jeune lectorat aussi. On peut quand même pointer quelques facilités, une vision parfois un peu trop « gentille » d’une certaine réalité – même si tout n’est pas édulcoré. En effet, l’amitié entre le jeune Noir Otis et le jeune Blanc Red est improbable en Louisiane à cette époque (fin des années 1930), tant le racisme est implanté dans ce sud des États-Unis. Et l’apparition miraculeuse de cette artiste et de sa fille (Shelley, qui va devenir amie d’Otis et de Red), franchement très tolérante (elle vient du Nord-Ouest plus ouvert) est parfois un peu caricaturale. Mais bon, ceci étant dit, ça se laisse lire agréablement, et les valeurs mises en avant sont plutôt sympathiques. Je note quand même une fin un peu brutale (on aurait pu voir davantage éclairées les magouilles du shérif).

29/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Equation à une inconnue
Equation à une inconnue

À dix-huit ans, Olivier a reçu au bord d'une piscine une déclaration d'amour... mais sans ses lunettes, il est incapable de distinguer le visage de la jeune fille. Vingt-six ans plus tard, un concours de circonstances le ramène dans la petite ville où tout s'est passé, avec l'envie de retrouver la trace de cette mystérieuse inconnue. C'est une BD qui sent les vacances d'été. Pas celles passées en bord de mer, mais plutôt celles où l'on revient sur les lieux de sa jeunesse, où l'on retrouve d'anciens amis, où l'on redécouvre des endroits chargés de souvenirs et où l'on se demande ce qu'il est advenu de ceux qui ont croisé notre route. Il y a quelque chose de bien agréable dans cette atmosphère légère et chaleureuse, renforcée par l'enthousiasme communicatif avec lequel toute une petite ville se mobilise pour aider Olivier dans sa quête improbable. Ce côté "téléfilm estival" est pleinement assumé, avec tout ce que cela peut avoir de réconfortant. Le dessin de Frédéric Peynet participe beaucoup à cette impression. Son trait est souple, lisible et très expressif, tandis que les couleurs chaudes donnent aux planches une sensation de confort et de douceur. Les décors respirent, les personnages sont vivants et l'ensemble se lit avec une grande fluidité. L'intrigue, elle, repose davantage sur les rencontres, les retrouvailles et la nostalgie que sur le suspense. La recherche de cette jeune fille devient surtout un prétexte pour revisiter un passé que le héros avait laissé derrière lui et mesurer le chemin parcouru. J'ai aussi apprécié que le récit évite la conclusion la plus attendue. Olivier n'a plus dix-huit ans, il s'est construit une vie, avec ses réussites comme ses regrets, et transformer cette histoire en simple romance adolescente retrouvée aurait finalement sonné un peu faux. Ce choix donne au dénouement une tonalité plus juste et plus touchante. Une lecture chaleureuse et très plaisante, portée par une ambiance estivale pleine de bienveillance et un dessin particulièrement réussi. L'histoire ne cherche pas à révolutionner le genre, mais elle raconte avec beaucoup de sincérité ces petits souvenirs qui nous accompagnent parfois toute une vie.

29/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Zorro (Disney)
Zorro (Disney)

Je lisais ces histoires quand j'étais enfant et j'ai toujours aimé ça. Je garde les BD jusqu'à aujourd'hui, sous différents formats et langues, avec beaucoup d'affection et de nostalgie. Les personnages sont drôles : du Sergent Garcia au serviteur muet Bernardo et au propre Diego de la Vega. Certaines señoritas très belles et en difficulté aussi. Selon les histoires, le Capitán ou Comandante finit toujours par voir ses plans déjoués. Je savais qu'il y avait un dessinateur meilleur que les autres, mais je ne connaissais pas son nom. Aujourd'hui je sais qu'il s'agit d'Alex Toth, grand dessinateur de comics.

29/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain
Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain

Londres, 1824. Le jeune Charles Dickens vit dans la misère tandis que son père est emprisonné pour dettes et que le futur écrivain doit gagner quelques sous dans une manufacture de cirage. Les auteurs imaginent alors sa rencontre avec des mudlarks, ces gamins qui fouillaient la vase de la Tamise à la recherche d'objets de valeur, et avec l'un d'eux en particulier, plus débrouillard que les autres, qui lui apprendra les combines de la rue et inspirera ses futurs ouvrages. Ambiance victorienne avant l'heure dans les quartiers miséreux de Londres. Emmanuel Cassier fait ici le choix d'un graphisme lâché, légèrement inspiré de Loisel. Le trait apparait brouillon, avec des visages changeants souvent difficiles à reconnaître et des mains qui donnent régulièrement l'impression d'avoir été simplement esquissées, presque comme dans un storyboard. Même la mise en scène ne m'a pas convaincu, avec des cadrages et des angles de vue parfois étrangement choisis qui rendent confuses des scènes pourtant simples. Je suis d'autant plus surpris par ce parti pris que son dessin est bien différent et beaucoup plus soigné dans d'autres œuvres, comme le très joli Albert Kahn - L'Archiviste de la planète. L'histoire est intéressante. J'ignorais à quel point la jeunesse de Charles Dickens avait été difficile, et j'ai trouvé l'idée de mêler réalité historique et rencontre fictive avec un Oliver assez pertinente. L'ensemble est enrichi par une intrigue faite de combines pour gagner un peu d'argent, tout en essayant d'échapper au terrible père d'Oliver, un escroc qui exploite les orphelins, et d'améliorer la situation familiale de Charles, partagé entre une mère peu aimante et un père endetté. Il se passe beaucoup de choses, racontées parfois de manière un peu embrouillée ou pas toujours très claire. Je n'ai notamment pas bien compris ce qui se joue entre le peintre et la mère de Charles vers la fin, ni ce qui la fait finalement changer d'avis. Même si l'ensemble tient la route, il y a quelque chose d'un peu bancal dans la narration, ainsi qu'une certaine artificialité, notamment dans la scène finale où la portée symbolique du couteau jeté dans la rivière m'a échappé (sans parler de la façon dont il flotte avant de couler). Je reste donc moyennement convaincu par cette BD, qui a le mérite de proposer une histoire originale au croisement de l'Histoire, de la littérature et de la fiction, mais qui le fait avec un dessin et une mise en scène que je trouve assez brouillons. Note : 2,5/5

29/06/2026 (modifier)