Ce qui m’a intéressé avant de lire la BD, c’était cette couverture que j’aimais beaucoup et qui donnait l’aspect fantastique que j’attendais. Plus tard j’ai découvert que c’était Rodolphe aux commandes de la BD, et je m’attendais pas à ce type d’histoires. Surtout au vu de la couverture !
En effet, c’est une BD sur les Canaries, îles que je ne connaissais pas du tout, et dont l’histoire notamment coloniale est ici le point central. Et je suis assez étonné de l’idée, mais dans le bon sens puisque c’est encore une fois un pan d’histoire que je ne connais pas et que je ne demande qu’à découvrir.
Cependant, l’histoire de la BD est pas forcément très bien tournée. Par une personne contemporaine qui fait d’étranges rêves, on va retourner dans le passé par une réincarnation et une tentative de changer le passé de l’île. Alors c’est pas forcément mauvais, mais je trouve que ça mélange deux époques et deux genres de façon pas très subtile, avec une histoire un peu classique dans l’époque contemporaine d’un type sympa mais un peu perdu (archétype que je trouve toujours suspect) avec une ex qui semble toujours bien l'aimer, mais on sait pas ... Puis le récit s'emballe, et le type emballe une autre femme, parce que ... Parce que. Voila. C'est pas très intéressant ni utile au scénario, ça ne rend pas le personnage sympathique, ça n'est pas spécialement important. C'est le genre de détails que je regrette de voir dans le récit.
Par contre la question des natifs et leur traitement est intéressant, notamment cette idée de revenir prévenir une catastrophe et faire en sorte d'atténuer quelque chose qu'on sait en partie inévitable. Ça fait écho à de nombreuses périodes historiques pour lesquelles on aurait envie de revenir changer les choses. Et je ressors de la BD avec un peu d'informations sur les Canaries, dont je ne connaissais pas du tout l'Histoire mais qui sont intéressantes, une belle démonstration encore une fois de l'esprit colonisateur de l'Europe et sa violence dans les rapports aux autochtones.
Le dessin est efficace, mais pas spécialement joli. Personnellement je n'ai pas du tout été marqué par lui et ce n'est pas ce qui me fera en retenir quelque chose.
Une bonne BD de fantasy, qui rappelle un peu Gagner la Guerre dans son approche, mais en nettement plus brouillon. On reste sur un récit assez classique, avec plusieurs personnages aux aspirations différentes dont les trajectoires finissent par se croiser, sur fond d’intrigues politiques, d’aventure et de mystère. L’ensemble est plutôt bien construit et de qualité, mais sans vraiment rester dans les mémoires.
La principale réussite vient des personnages, suffisamment différenciés pour donner du relief au récit. La construction générale de l'oeuvre fonctionne bien dans l’ensemble, même si on peine parfois à s’y retrouver et que quelques incohérences ou zones laissées inexpliquées prétéritent un peu la fluidité de l’histoire.
C’est surtout au niveau du dessin que le bât blesse. On retrouve tous les codes graphiques de la fantasy, mais pas vraiment le niveau d’exécution attendu : certaines planches paraissent brouillonnes, les couleurs sont parfois assez fades et les proportions pas toujours totalement maîtrisées.
Au final, c’est une bonne lecture, avec de vraies qualités, mais qui donne un peu l’impression d’un projet étudiant de qualité : prometteur, sérieux, parfois très réussi, mais pas complètement abouti.
C’est pas mal, mais c’est pas brillant. Son of a Gun est une BD ludique, facile à lire et franchement fun, avec un rythme efficace et un ton décalé qui fonctionne bien. Le problème, c’est qu’à mes yeux l’ensemble reste presque trop léger. Je n’y ai pas vraiment trouvé la satire intelligente du western que j’espérais, mais davantage une BD ado humoristique qui joue avec les codes du genre sans aller beaucoup plus loin.
Ça se lit donc avec plaisir, sans ennui, mais sans laisser beaucoup de traces non plus. Les situations et les personnages font le boulot sur le moment, puis s’effacent assez vite une fois l’album refermé. C’est vraiment sympa à lire, mais clairement pas quelque chose qui me restera en mémoire.
Le dessin n’est pas non plus ma tasse de thé. Il est cohérent avec le côté humoristique et caricatural du récit, et fonctionne bien dans ce registre, mais ce n’est simplement pas le type de trait que je préfère.
Une bonne BD historique, portée par un contexte alsacien particulièrement intéressant. La construction fonctionne bien, avec une trame au présent qui permet de remonter progressivement dans le passé. L'univers viticole apporte aussi une vraie matière au récit et évite que la série ne se résume à une simple chronique de guerre.
Ce qui fait réellement sa force, ce sont surtout les dilemmes entre collaboration et résistance, mais plus encore la question de l'identité alsacienne, prise entre deux pays et deux cultures. Le choix de suivre différents membres d'une même famille permet de multiplier les points de vue et les aspirations sans tomber dans une opposition trop simpliste. L'ensemble est bien construit et les personnages servent efficacement cette complexité.
Le dessin est de qualité tout au long de la série et accompagne très bien le récit. Au final, c'est une œuvre solide et très agréable à lire, mais peut-être un peu timide : elle fait beaucoup de choses bien sans jamais vraiment prendre le risque ou trouver la force qui la rendrait marquante.
Pour avoir dévoré les tomes de Robin Hobb, je ne vais pas m’étendre sur le fond de l’histoire, que je trouve brillante. L’intérêt était surtout de voir comment une œuvre aussi dense, riche et complète pouvait être transposée en bande dessinée, et l’exercice est plutôt réussi. Forcément, il faut condenser énormément, mais l’adaptation conserve suffisamment bien l’univers, les personnages et les grandes dynamiques du récit pour ne jamais donner l’impression de trahir l’œuvre originale.
Je suis un peu moins convaincu par le dessin, que je trouve parfois caricatural et un peu vieillot. J’aurais apprécié une approche plus dynamique, avec une identité graphique davantage tournée vers la fantasy. Cela reste malgré tout très agréable de mettre enfin des images et des couleurs sur un récit que l’on connaît déjà, et surtout je n’ai jamais eu le sentiment que les choix graphiques étaient réellement à côté de l’univers imaginé par Robin Hobb.
Une adaptation solide d’une œuvre particulièrement difficile à condenser, qui vaut surtout pour le plaisir de retrouver Fitz et les Six-Duchés sous une autre forme.
Le choix de s'intéresser spécifiquement au terrible hiver de 1709 est probablement ce qui fait le principal intérêt de la série. Le contexte historique est bien exploité, entre famine, fortes inégalités de richesse et tensions religieuses, et donne une vraie consistance au récit.
Au-delà de ça, rien de bien fou : on reste sur une bonne aventure historique, agréable à suivre et correctement construite. L'intrigue fonctionne bien, les personnages ont chacun leur petite personnalité, mais ni les uns ni l'autre ne sont vraiment transcendants. C'est solide, sans jamais devenir particulièrement marquant.
C'est surtout le dessin qui m'avait donné envie de découvrir la série, et sur ce point je n'ai pas été déçu. Le trait très réaliste est de qualité et convient parfaitement à cette reconstitution historique.
Une bonne lecture donc, principalement portée par son contexte et son dessin, mais qui manque d'un petit quelque chose pour réellement sortir du lot.
J’ai bien aimé Le Cahier bleu, avant tout pour son scénario. Le récit se situe quelque part entre la romance et le roman policier, avec une intrigue qui se construit progressivement autour de plusieurs personnages dont les trajectoires finissent par s’entremêler de manière assez habile. On se laisse rapidement prendre au jeu et les rebondissements fonctionnent bien, même si certains ressorts sont parfois un peu tirés par les cheveux. L’ensemble reste néanmoins très cohérent.
Les deux tomes se valent à mon sens, notamment dans leur structure et dans cette manière de faire intervenir plusieurs protagonistes au sein d’une même intrigue très intriquée. Les personnages sont plutôt attachants, mais ce sont surtout la construction du récit et la façon dont les différentes pièces finissent par s’emboîter qui restent en mémoire.
Le dessin de Juillard est indéniablement beau et maîtrisé, mais il m’a paru un peu vieillot. Je suis sans doute mal habitué (et mon âge me trahit peut-être...) mais c’est clairement l’aspect qui m’a le moins séduit dans une œuvre dont l’intrigue reste, pour moi, la véritable réussite.
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Iruene
Ce qui m’a intéressé avant de lire la BD, c’était cette couverture que j’aimais beaucoup et qui donnait l’aspect fantastique que j’attendais. Plus tard j’ai découvert que c’était Rodolphe aux commandes de la BD, et je m’attendais pas à ce type d’histoires. Surtout au vu de la couverture ! En effet, c’est une BD sur les Canaries, îles que je ne connaissais pas du tout, et dont l’histoire notamment coloniale est ici le point central. Et je suis assez étonné de l’idée, mais dans le bon sens puisque c’est encore une fois un pan d’histoire que je ne connais pas et que je ne demande qu’à découvrir. Cependant, l’histoire de la BD est pas forcément très bien tournée. Par une personne contemporaine qui fait d’étranges rêves, on va retourner dans le passé par une réincarnation et une tentative de changer le passé de l’île. Alors c’est pas forcément mauvais, mais je trouve que ça mélange deux époques et deux genres de façon pas très subtile, avec une histoire un peu classique dans l’époque contemporaine d’un type sympa mais un peu perdu (archétype que je trouve toujours suspect) avec une ex qui semble toujours bien l'aimer, mais on sait pas ... Puis le récit s'emballe, et le type emballe une autre femme, parce que ... Parce que. Voila. C'est pas très intéressant ni utile au scénario, ça ne rend pas le personnage sympathique, ça n'est pas spécialement important. C'est le genre de détails que je regrette de voir dans le récit. Par contre la question des natifs et leur traitement est intéressant, notamment cette idée de revenir prévenir une catastrophe et faire en sorte d'atténuer quelque chose qu'on sait en partie inévitable. Ça fait écho à de nombreuses périodes historiques pour lesquelles on aurait envie de revenir changer les choses. Et je ressors de la BD avec un peu d'informations sur les Canaries, dont je ne connaissais pas du tout l'Histoire mais qui sont intéressantes, une belle démonstration encore une fois de l'esprit colonisateur de l'Europe et sa violence dans les rapports aux autochtones. Le dessin est efficace, mais pas spécialement joli. Personnellement je n'ai pas du tout été marqué par lui et ce n'est pas ce qui me fera en retenir quelque chose.
Les Princes d'Arclan
Une bonne BD de fantasy, qui rappelle un peu Gagner la Guerre dans son approche, mais en nettement plus brouillon. On reste sur un récit assez classique, avec plusieurs personnages aux aspirations différentes dont les trajectoires finissent par se croiser, sur fond d’intrigues politiques, d’aventure et de mystère. L’ensemble est plutôt bien construit et de qualité, mais sans vraiment rester dans les mémoires. La principale réussite vient des personnages, suffisamment différenciés pour donner du relief au récit. La construction générale de l'oeuvre fonctionne bien dans l’ensemble, même si on peine parfois à s’y retrouver et que quelques incohérences ou zones laissées inexpliquées prétéritent un peu la fluidité de l’histoire. C’est surtout au niveau du dessin que le bât blesse. On retrouve tous les codes graphiques de la fantasy, mais pas vraiment le niveau d’exécution attendu : certaines planches paraissent brouillonnes, les couleurs sont parfois assez fades et les proportions pas toujours totalement maîtrisées. Au final, c’est une bonne lecture, avec de vraies qualités, mais qui donne un peu l’impression d’un projet étudiant de qualité : prometteur, sérieux, parfois très réussi, mais pas complètement abouti.
Son of a gun!
C’est pas mal, mais c’est pas brillant. Son of a Gun est une BD ludique, facile à lire et franchement fun, avec un rythme efficace et un ton décalé qui fonctionne bien. Le problème, c’est qu’à mes yeux l’ensemble reste presque trop léger. Je n’y ai pas vraiment trouvé la satire intelligente du western que j’espérais, mais davantage une BD ado humoristique qui joue avec les codes du genre sans aller beaucoup plus loin. Ça se lit donc avec plaisir, sans ennui, mais sans laisser beaucoup de traces non plus. Les situations et les personnages font le boulot sur le moment, puis s’effacent assez vite une fois l’album refermé. C’est vraiment sympa à lire, mais clairement pas quelque chose qui me restera en mémoire. Le dessin n’est pas non plus ma tasse de thé. Il est cohérent avec le côté humoristique et caricatural du récit, et fonctionne bien dans ce registre, mais ce n’est simplement pas le type de trait que je préfère.
Une famille en guerre
Une bonne BD historique, portée par un contexte alsacien particulièrement intéressant. La construction fonctionne bien, avec une trame au présent qui permet de remonter progressivement dans le passé. L'univers viticole apporte aussi une vraie matière au récit et évite que la série ne se résume à une simple chronique de guerre. Ce qui fait réellement sa force, ce sont surtout les dilemmes entre collaboration et résistance, mais plus encore la question de l'identité alsacienne, prise entre deux pays et deux cultures. Le choix de suivre différents membres d'une même famille permet de multiplier les points de vue et les aspirations sans tomber dans une opposition trop simpliste. L'ensemble est bien construit et les personnages servent efficacement cette complexité. Le dessin est de qualité tout au long de la série et accompagne très bien le récit. Au final, c'est une œuvre solide et très agréable à lire, mais peut-être un peu timide : elle fait beaucoup de choses bien sans jamais vraiment prendre le risque ou trouver la force qui la rendrait marquante.
L'Assassin Royal
Pour avoir dévoré les tomes de Robin Hobb, je ne vais pas m’étendre sur le fond de l’histoire, que je trouve brillante. L’intérêt était surtout de voir comment une œuvre aussi dense, riche et complète pouvait être transposée en bande dessinée, et l’exercice est plutôt réussi. Forcément, il faut condenser énormément, mais l’adaptation conserve suffisamment bien l’univers, les personnages et les grandes dynamiques du récit pour ne jamais donner l’impression de trahir l’œuvre originale. Je suis un peu moins convaincu par le dessin, que je trouve parfois caricatural et un peu vieillot. J’aurais apprécié une approche plus dynamique, avec une identité graphique davantage tournée vers la fantasy. Cela reste malgré tout très agréable de mettre enfin des images et des couleurs sur un récit que l’on connaît déjà, et surtout je n’ai jamais eu le sentiment que les choix graphiques étaient réellement à côté de l’univers imaginé par Robin Hobb. Une adaptation solide d’une œuvre particulièrement difficile à condenser, qui vaut surtout pour le plaisir de retrouver Fitz et les Six-Duchés sous une autre forme.
Hyver 1709
Le choix de s'intéresser spécifiquement au terrible hiver de 1709 est probablement ce qui fait le principal intérêt de la série. Le contexte historique est bien exploité, entre famine, fortes inégalités de richesse et tensions religieuses, et donne une vraie consistance au récit. Au-delà de ça, rien de bien fou : on reste sur une bonne aventure historique, agréable à suivre et correctement construite. L'intrigue fonctionne bien, les personnages ont chacun leur petite personnalité, mais ni les uns ni l'autre ne sont vraiment transcendants. C'est solide, sans jamais devenir particulièrement marquant. C'est surtout le dessin qui m'avait donné envie de découvrir la série, et sur ce point je n'ai pas été déçu. Le trait très réaliste est de qualité et convient parfaitement à cette reconstitution historique. Une bonne lecture donc, principalement portée par son contexte et son dessin, mais qui manque d'un petit quelque chose pour réellement sortir du lot.
Le Cahier bleu
J’ai bien aimé Le Cahier bleu, avant tout pour son scénario. Le récit se situe quelque part entre la romance et le roman policier, avec une intrigue qui se construit progressivement autour de plusieurs personnages dont les trajectoires finissent par s’entremêler de manière assez habile. On se laisse rapidement prendre au jeu et les rebondissements fonctionnent bien, même si certains ressorts sont parfois un peu tirés par les cheveux. L’ensemble reste néanmoins très cohérent. Les deux tomes se valent à mon sens, notamment dans leur structure et dans cette manière de faire intervenir plusieurs protagonistes au sein d’une même intrigue très intriquée. Les personnages sont plutôt attachants, mais ce sont surtout la construction du récit et la façon dont les différentes pièces finissent par s’emboîter qui restent en mémoire. Le dessin de Juillard est indéniablement beau et maîtrisé, mais il m’a paru un peu vieillot. Je suis sans doute mal habitué (et mon âge me trahit peut-être...) mais c’est clairement l’aspect qui m’a le moins séduit dans une œuvre dont l’intrigue reste, pour moi, la véritable réussite.