Une BD sur la mort et l'après, avec une idée que j'ai déjà vu exploitée dans différentes œuvres et que je ne pourrais pas qualifier d'originale. Non, ce qui est intéressant, c'est le déroulé progressif et l'histoire qui change progressivement jusqu'à se concentrer sur le personnage principal.
Le hic, c'est qu'à la lecture j'ai assez vite compris vers quoi on se dirigeait. Même si des surprises subsistent, le global était assez clair pour moi et certains retournements m'ont semblé un peu trop téléphonés, notamment parce que les autres oeuvres que j'avais vu/lu utilisaient les mêmes procédés narratifs. Je ne parle bien sur pas de plagiat, juste d'idées communes, qui finissent par se retrouver d'une histoire à l'autre.
Maintenant, ce n'est pas parce que le déroulé m'a semblé prévisible qu'il était ennuyant, d'autant que plusieurs surprises m'ont cueillis. D'ailleurs j'étais assez surpris de la révélation autour de la fille qui a un comportement très étrange, et l'idée m'a franchement fait rire. D'ailleurs quelques métaphores sont assez bien amenées dans l'ensemble et c'est la plus grande qualité que j'ai trouvé à cette BD.
La BD se laisse lire, sans aucun soucis, et je ne vous la déconseillerait pas. C'est juste qu'elle n'a pas l'attrait de la nouveauté dans le genre, et que même si elle est bien menée avec ses bonnes idées et une fin assez mignonne, elle n'est pas non plus inoubliable. Le genre de BD qui est "juste" bien, donc ni déconseillé ni hautement recommandée. En tout cas, ça ne fait pas de mal quand on tombe dessus !
Pas mal de qualités dans cet album, qui ont fait de cette lecture un réel moment de plaisir. Quelques choix scénaristiques ont cependant empêché que j’attribue plus qu’un simple 3/5. Un album que je conseille cependant, du moins si vous cherchez à vous distraire au travers d’une fiction et non à vous instruire grâce à un documentaire.
Au rayon des qualités, le dessin très lisible et expressif de Munuera. C’est agréable et facile à lire avec des personnages bien typés et des décors soignés quand l’intrigue l’exige. Petit plus en plus, la reproduction (souvent détournée) d’illustrations qui symbolisent ce festival dans notre inconscient collectif : on se souvient de ces photographies de glissades improvisées dans la boue, le dessinateur reproduit le même cadrage mais remplace le personnage de la photo par un des acteurs principaux de ce récit. Ce procédé sera utilisé plusieurs fois (et j’en ai certainement raté plus d’une) mais sans que cela ne gêne la lecture. Au contraire, ça participe à notre immersion en exploitant notre mémoire souvent inconsciente.
Le récit est lui aussi plaisant à lire. On va suivre ainsi quelques personnages fictifs tout en en croisant d’autres historiques. L’équilibre est plutôt bon même si la part fictionnelle prend le dessus sur le pan documentaire du récit. J’en ai finalement très peu appris sur le festival en lui-même mais j’ai aimé me balader dans cette foule en compagnie des personnages.
Il y a également une très bonne trouvaille scénaristique pour transcender le charisme d’un des organisateurs emblématiques du festival… que je vous laisse découvrir.
Petit bémol : le sentiment de lire un récit qui se déroule en 1969 mais avec des personnages qui pensent comme en 2026. A plusieurs reprises, j’ai une cette sensation de personnages trop modernes dans leur façon de parler comme dans leurs manières de penser par rapport à l’époque à laquelle Woodstock s’est déroulé.
Pas mal du tout, mais pas parfait pour autant. Divertissant.
Dans la forêt de Greenwood, le Club du Samedi est une bande d'amis débrouillards, composée de jeunes animaux de différentes espèces qui s'entraident au fil de petites aventures du quotidien, entre concours de pâtisserie, enquêtes et imprévus.
Au Chant des Grenouilles est une série concept dans le sens où elle réunit les mêmes scénaristes (Anaïs Halard et Barbara Canepa), tandis que chaque tome est confié à un dessinateur différent. Les six premiers albums sont ainsi illustrés successivement par Florent Sacré, Jérémie Almanza, Giovanni Rigano, Kerascoët, Alexis Nesme et Aurélie Neyret.
Le graphisme constitue clairement le principal attrait de la série. L'ensemble est très soigné, avec une colorisation douce et travaillée, et l'on sent l'influence de Barbara Canepa dans la direction artistique. Chaque tome propose un univers visuel riche, avec de très beaux décors et une vraie atmosphère, renforcée par des planches parfois proches de l'illustration. J'aime également beaucoup la présence de la carte de la forêt et des lieux visités, qui participe à cette sensation d'immersion.
Je suis en revanche plus mitigé sur le choix de multiplier les dessinateurs. Pris individuellement, chaque style a ses qualités, mais les différences sont suffisamment marquées pour créer une rupture assez nette d'un tome à l'autre. Cela m'a notamment frappé en passant du premier au second volume, avec une impression de changement d'ambiance et même de perception des personnages, dont les expressions et les visages ne renvoient plus tout à fait la même chose. Au-delà de ma préférence personnelle pour le style de Florent Sacré, cette variation nuit un peu à la continuité globale.
Sur le plan narratif, la série propose d'abord un premier cycle en trois tomes, avant de basculer vers des histoires en un tome. Les intrigues restent assez simples et clairement orientées vers un jeune public. Pour un lecteur adulte, cela peut paraître un peu léger, avec des enjeux limités et un manque global de tension narrative. Le début de la série est notamment très introductif, avec une mise en place de l'univers et des personnages qui prend le pas sur une véritable intrigue, ce qui donne parfois l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose.
Le rythme constitue d'ailleurs un point un peu fragile. Le premier cycle m'a semblé légèrement étiré, alors que l'histoire en un tome du tome 4 (le dernier actuellement paru) est à l'inverse sont un peu trop vite lue.
Malgré cela, l'ensemble est agréable à lire. Les dialogues sont plutôt naturels et bien écrits, et j'apprécie les petites pages à vocation éducative qui viennent enrichir le récit en présentant la nature, la faune ou même quelques recettes de cuisine. Il y a aussi des choix intéressants dans la composition du groupe, notamment la présence d'une araignée et d'une chauve-souris parmi les héros, ce qui change des habituels animaux plus consensuels. Le personnage de Shadow l'araignée, en particulier, est bien exploité et apporte une touche originale. En revanche, tous les protagonistes ne sont pas aussi attachants, et certains restent un peu en retrait ou manquent de relief, ce qui limite parfois l'implication dans leurs aventures.
C'est une série visuellement très réussie, portée par une direction artistique forte et un univers plein de charme, mais dont les histoires peinent à proposer un véritable souffle narratif. Une lecture sans doute idéale pour un jeune public, mais qui laisse un peu sur sa faim lorsqu'on en attend davantage sur le fond.
2.5
Ici, Garth Ennis prend des risques et donne une nouvelle direction à sa carrière : il fait un one-shot qui se passe durant la seconde guerre mondiale ! Donc oui, c'est encore un récit de guerre d'Ennis et ses détracteurs qui trouvent qu'il ne se renouvelle pas vont encore une fois avoir raison. La grosse nouveauté est que cela se passe en Birmanie et ce sont les britanniques, aidés par les locaux ainsi que par des soldats de leurs colonies, contre les japonais. Déjà à la base on voit bien moins le front pacifique comparé à celui en Europe, mais on oublie facilement que l'Angleterre avait encore des colonies dans ce coin là et que l'empire japonais les avait envahies.
Ceux qui ont déjà lu un récit de guerre d'Ennis ne vont pas être surpris parce qu'on est en terrain connu. Ennis rend hommage à des soldats qui risquent leur vie pour affronter un ennemi dangereux qui commet des crimes de guerres. On philosophe un peu sur la vie, l'absurdité de la guerre et l'hypocrisie en général (les britanniques colonisateurs sont-ils mieux que les japonais colonisateurs ?). Ça se laisse lire et il y a quelques scènes marquantes, mais ça ressemble trop à d'autres récits de guerre se passant dans une jungle (lisez juste n'importe quoi sur la guerre du Vietnam et les grosses différences c'est le matériel de guerre et la nationalité des personnages) ou à ce qu'Ennis à déjà écrit sur le sujet pour être marquant. Comme souvent avec Ennis, il y a de bons dialogues, mais parfois ils sonnent un peu faux. Il y a des répliques qui semblent être dites par des hommes modernes qui connaissent déjà l'issue de la guerre et ce qui va arriver ensuite et pas par des soldats durant la seconde guerre mondiale.
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Le Dernier Quai
Une BD sur la mort et l'après, avec une idée que j'ai déjà vu exploitée dans différentes œuvres et que je ne pourrais pas qualifier d'originale. Non, ce qui est intéressant, c'est le déroulé progressif et l'histoire qui change progressivement jusqu'à se concentrer sur le personnage principal. Le hic, c'est qu'à la lecture j'ai assez vite compris vers quoi on se dirigeait. Même si des surprises subsistent, le global était assez clair pour moi et certains retournements m'ont semblé un peu trop téléphonés, notamment parce que les autres oeuvres que j'avais vu/lu utilisaient les mêmes procédés narratifs. Je ne parle bien sur pas de plagiat, juste d'idées communes, qui finissent par se retrouver d'une histoire à l'autre. Maintenant, ce n'est pas parce que le déroulé m'a semblé prévisible qu'il était ennuyant, d'autant que plusieurs surprises m'ont cueillis. D'ailleurs j'étais assez surpris de la révélation autour de la fille qui a un comportement très étrange, et l'idée m'a franchement fait rire. D'ailleurs quelques métaphores sont assez bien amenées dans l'ensemble et c'est la plus grande qualité que j'ai trouvé à cette BD. La BD se laisse lire, sans aucun soucis, et je ne vous la déconseillerait pas. C'est juste qu'elle n'a pas l'attrait de la nouveauté dans le genre, et que même si elle est bien menée avec ses bonnes idées et une fin assez mignonne, elle n'est pas non plus inoubliable. Le genre de BD qui est "juste" bien, donc ni déconseillé ni hautement recommandée. En tout cas, ça ne fait pas de mal quand on tombe dessus !
Woodstock 69 - Le Concert du siècle
Pas mal de qualités dans cet album, qui ont fait de cette lecture un réel moment de plaisir. Quelques choix scénaristiques ont cependant empêché que j’attribue plus qu’un simple 3/5. Un album que je conseille cependant, du moins si vous cherchez à vous distraire au travers d’une fiction et non à vous instruire grâce à un documentaire. Au rayon des qualités, le dessin très lisible et expressif de Munuera. C’est agréable et facile à lire avec des personnages bien typés et des décors soignés quand l’intrigue l’exige. Petit plus en plus, la reproduction (souvent détournée) d’illustrations qui symbolisent ce festival dans notre inconscient collectif : on se souvient de ces photographies de glissades improvisées dans la boue, le dessinateur reproduit le même cadrage mais remplace le personnage de la photo par un des acteurs principaux de ce récit. Ce procédé sera utilisé plusieurs fois (et j’en ai certainement raté plus d’une) mais sans que cela ne gêne la lecture. Au contraire, ça participe à notre immersion en exploitant notre mémoire souvent inconsciente. Le récit est lui aussi plaisant à lire. On va suivre ainsi quelques personnages fictifs tout en en croisant d’autres historiques. L’équilibre est plutôt bon même si la part fictionnelle prend le dessus sur le pan documentaire du récit. J’en ai finalement très peu appris sur le festival en lui-même mais j’ai aimé me balader dans cette foule en compagnie des personnages. Il y a également une très bonne trouvaille scénaristique pour transcender le charisme d’un des organisateurs emblématiques du festival… que je vous laisse découvrir. Petit bémol : le sentiment de lire un récit qui se déroule en 1969 mais avec des personnages qui pensent comme en 2026. A plusieurs reprises, j’ai une cette sensation de personnages trop modernes dans leur façon de parler comme dans leurs manières de penser par rapport à l’époque à laquelle Woodstock s’est déroulé. Pas mal du tout, mais pas parfait pour autant. Divertissant.
Au Chant des Grenouilles
Dans la forêt de Greenwood, le Club du Samedi est une bande d'amis débrouillards, composée de jeunes animaux de différentes espèces qui s'entraident au fil de petites aventures du quotidien, entre concours de pâtisserie, enquêtes et imprévus. Au Chant des Grenouilles est une série concept dans le sens où elle réunit les mêmes scénaristes (Anaïs Halard et Barbara Canepa), tandis que chaque tome est confié à un dessinateur différent. Les six premiers albums sont ainsi illustrés successivement par Florent Sacré, Jérémie Almanza, Giovanni Rigano, Kerascoët, Alexis Nesme et Aurélie Neyret. Le graphisme constitue clairement le principal attrait de la série. L'ensemble est très soigné, avec une colorisation douce et travaillée, et l'on sent l'influence de Barbara Canepa dans la direction artistique. Chaque tome propose un univers visuel riche, avec de très beaux décors et une vraie atmosphère, renforcée par des planches parfois proches de l'illustration. J'aime également beaucoup la présence de la carte de la forêt et des lieux visités, qui participe à cette sensation d'immersion. Je suis en revanche plus mitigé sur le choix de multiplier les dessinateurs. Pris individuellement, chaque style a ses qualités, mais les différences sont suffisamment marquées pour créer une rupture assez nette d'un tome à l'autre. Cela m'a notamment frappé en passant du premier au second volume, avec une impression de changement d'ambiance et même de perception des personnages, dont les expressions et les visages ne renvoient plus tout à fait la même chose. Au-delà de ma préférence personnelle pour le style de Florent Sacré, cette variation nuit un peu à la continuité globale. Sur le plan narratif, la série propose d'abord un premier cycle en trois tomes, avant de basculer vers des histoires en un tome. Les intrigues restent assez simples et clairement orientées vers un jeune public. Pour un lecteur adulte, cela peut paraître un peu léger, avec des enjeux limités et un manque global de tension narrative. Le début de la série est notamment très introductif, avec une mise en place de l'univers et des personnages qui prend le pas sur une véritable intrigue, ce qui donne parfois l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose. Le rythme constitue d'ailleurs un point un peu fragile. Le premier cycle m'a semblé légèrement étiré, alors que l'histoire en un tome du tome 4 (le dernier actuellement paru) est à l'inverse sont un peu trop vite lue. Malgré cela, l'ensemble est agréable à lire. Les dialogues sont plutôt naturels et bien écrits, et j'apprécie les petites pages à vocation éducative qui viennent enrichir le récit en présentant la nature, la faune ou même quelques recettes de cuisine. Il y a aussi des choix intéressants dans la composition du groupe, notamment la présence d'une araignée et d'une chauve-souris parmi les héros, ce qui change des habituels animaux plus consensuels. Le personnage de Shadow l'araignée, en particulier, est bien exploité et apporte une touche originale. En revanche, tous les protagonistes ne sont pas aussi attachants, et certains restent un peu en retrait ou manquent de relief, ce qui limite parfois l'implication dans leurs aventures. C'est une série visuellement très réussie, portée par une direction artistique forte et un univers plein de charme, mais dont les histoires peinent à proposer un véritable souffle narratif. Une lecture sans doute idéale pour un jeune public, mais qui laisse un peu sur sa faim lorsqu'on en attend davantage sur le fond.
The Lion and the Eagle
2.5 Ici, Garth Ennis prend des risques et donne une nouvelle direction à sa carrière : il fait un one-shot qui se passe durant la seconde guerre mondiale ! Donc oui, c'est encore un récit de guerre d'Ennis et ses détracteurs qui trouvent qu'il ne se renouvelle pas vont encore une fois avoir raison. La grosse nouveauté est que cela se passe en Birmanie et ce sont les britanniques, aidés par les locaux ainsi que par des soldats de leurs colonies, contre les japonais. Déjà à la base on voit bien moins le front pacifique comparé à celui en Europe, mais on oublie facilement que l'Angleterre avait encore des colonies dans ce coin là et que l'empire japonais les avait envahies. Ceux qui ont déjà lu un récit de guerre d'Ennis ne vont pas être surpris parce qu'on est en terrain connu. Ennis rend hommage à des soldats qui risquent leur vie pour affronter un ennemi dangereux qui commet des crimes de guerres. On philosophe un peu sur la vie, l'absurdité de la guerre et l'hypocrisie en général (les britanniques colonisateurs sont-ils mieux que les japonais colonisateurs ?). Ça se laisse lire et il y a quelques scènes marquantes, mais ça ressemble trop à d'autres récits de guerre se passant dans une jungle (lisez juste n'importe quoi sur la guerre du Vietnam et les grosses différences c'est le matériel de guerre et la nationalité des personnages) ou à ce qu'Ennis à déjà écrit sur le sujet pour être marquant. Comme souvent avec Ennis, il y a de bons dialogues, mais parfois ils sonnent un peu faux. Il y a des répliques qui semblent être dites par des hommes modernes qui connaissent déjà l'issue de la guerre et ce qui va arriver ensuite et pas par des soldats durant la seconde guerre mondiale.