2.5
L'autrice raconte sa ménopause, un sujet qui ne me concerne pas en tant qu'homme, mais c'est important de comprendre ce que le corps fait subir aux femmes.
J'ai donc appris des choses sur la ménopause et comment cela affecte les femmes qui sont rendu à ce stade de leur vie. Le ton est le même qu'on retrouve dans plusieurs documentaires de ce type à savoir qu'on mélange l'éducatif avec de l'humour et qu'on a aussi droit à des tranches de vies de l'autrice. Il y a des bons passages, mais aussi des passages beaucoup moins intéressants et aussi le scénario est souvent décousu. On saute d'un sujet à l'autre et cela manque d'organisation. Au final, cet album ne m'a pas trop marqué et j'étais bien content lorsque c'était terminé.
Le dessin est sympa.
Bien dessiné mais que ça radote : on a vite compris la surenchère de chaque méta-baron sur le précédent, pour être capable de tuer son papa qui a tué son papa. Le meurtre du père, c'est comme tout, il ne faut pas en abuser, sinon, je ne vous dis pas l'ennui qu'on éprouverait sans les dessins, vraiment très bons…
Et les robots : leur humour n'est pas de trop pour relancer la machine. J'y vois d'ailleurs l'une des raisons de la supériorité de cette série sur celle dédiée aux technopères. Vraiment, les dérivés, préquelles, séquelles, personnages, castes, tirées de l'Incal sont dispensables ! Mais comme l'Incal lui même est excellent et qu'on aime en explorer l'univers comme celui de tout champ des possibles un tant soit peu prometteur, on peut céder à la tentation de lire plutôt que de rêver alors que "rêver, c'est survivre !"
Histoires très courtes et des années 70... Mais pour ceux qui sont passionnés par Bilal, on peut y détecter quelques changements dans le trait et la colorisation, surtout dans la combinaison des deux. Je continue à aimer les drames coloniaux et l'humour noir qui se dégage de l'ensemble.
J'avais l'habitude de lire ces histoires à ma fille aînée, quand elle était petite, à l'heure du coucher. Elle riait beaucoup et finalement il n'y avait pas beaucoup de texte à lire, tant mieux ! L'animal si étrange avec ses œufs-surprise était amusant et les dessins de Géri sont très bien dans ce type de gags.
Ma note oscille entre le "Pas mal" et le "Sans plus", mais je vais laisser arrondi au supérieur pour la qualité du dessin et sa façon d'être très aéré, lent et posé. Il n'y a qu'a voir en galerie pour comprendre l'idée, les 368 pages sont assez vite lues malgré la quantité !
Cela dit, pour parler encore du dessin, je trouve que ça fait parfois un peu trop léger. On sent l'absence de décors, pratiquement tout le temps absent, qui manquent dans les pages, de même que de nombreuses autres pages comportent des fourmis uniquement. Une métaphore que je n'ai pas spécialement compris, peut-être simplement une métaphore du temps qui passe mais pourquoi mettre des fourmis spécialement ? Bref c'est joli mais un peu trop enfantin et souvent vide, ce qui fait que j'ai du mal à retenir des visuels et des pages marquantes.
Pour l'histoire, on est dans ces histoires de jeunes qui découvrent que la vie peut être plus complexe, qu'elles sortent de l'enfance et rentrent dans l'âge des secrets. Et puis voila, il n'y a pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent. La BD est sur une jeune femme étrange, que j'ai eu du mal à cerner. Elle ne peut pas mentir, ou semble ne pas connaitre le mensonge et répond tout le temps la vérité. Déjà j'ai eu du mal à comprendre, parce qu'il me semblait que les enfants savent assez rapidement ce qu'est un mensonge et comment ça marche. Je vois l'idée de l'innocence de l'enfance et la découverte d'un monde différent, où l'on ne dit pas tout. Mais ça donne un personnage très peu crédible, que je n'apprécie pas spécialement. D'ailleurs j'avais mal compris lors de la lecture, je croyais que c'était des cousines faisant des vacances en famille, mais en fait il s'agit d'amies qui passent leurs vacances ensemble.
Du fait que je trouvais que l'histoire était assez linéaire, pas très intéressante et aux personnages assez désagréable. Les deux grandes n'ont vraiment rien fait pour m'être sympathique, même si je comprends l'idée des ados en train d'expérimenter le premier amour. C'est juste rapidement des gamines lassantes. En fait, l'absence de communication claire, l'obligation d'être cool (et donc de fumer, qu'est-ce que ça peut m'AGACER !) m'a tenu loin de ces personnages. Ce sont des gens que je n'apprécie pas, qui ne m'évoquent personne et dont l'histoire est trop linéaire. D'ailleurs la fin est assez peu claire : on a une sorte de dernier été de l'innocence, mais qui manque de corps. Le personnage principal semble avoir perdu une amie, et rideau on passe à autre chose. Mais est-ce vraiment grandir ? La morale de l'histoire est étrange, pas franchement intéressante d’ailleurs.
Bref, une BD qui m'a laissé sur ma faim et dont j'ai peu apprécié le déroulé. C'est étrange, peut-être que je n'arrive pas du tout à m'identifier à ce qu'il se passe pour apprécier clairement, mais dans l'ensemble j'ai assez peu aimé ma lecture. C'était facile à lire, cela dit, et c'est ce qui fait arrondir ma note vers le haut. Mais globalement je pense que j’oublierai vite la BD.
Mimésia propose une science-fiction dystopique assez loufoque qui imagine un futur foisonnant de races, de peuples et de créatures aux apparences souvent surprenantes, qui est malheureusement corseté par une IA totalitaire qui cherche à tout normaliser au nom de l'efficacité, au détriment de l'imaginaire, de la culture et de l'art. Un robot coach sportif se retrouve malgré lui responsable de la protection d'un buste de marbre devenu objet de résistance face à ce pouvoir uniformisateur.
J'ai apprécié la créativité visuelle de l'ensemble. Les personnages sont souvent improbables, à commencer par ce trio d'handicapés directement inspiré des Mendiants de Brueghel, tandis que le sympathique Tin, persuadé de sauver quelque chose d'essentiel en protégeant une œuvre d'art, constitue un héros assez attachant. Les décors regorgent également d'idées, notamment cette étonnante ville ondulée du début où le sol semble suivre des vagues et où la gravité paraît se plier à une géographie absurde.
Le dessin de Micol est immédiatement reconnaissable. Ses couleurs directes, son trait expressif et son sens de la composition apportent beaucoup de personnalité à l'album. Cette esthétique accentue le côté étrange et décalé du récit tout en lui donnant un charme certain.
L'histoire se lit avec plaisir et multiplie les trouvailles visuelles, les situations improbables et les idées amusantes autour de la place de l'art dans une société dominée par l'intelligence artificielle.
Ce n'est qu'après plusieurs chapitres que j'ai véritablement compris le lien avec le musée du Louvre. En effet, le scénario avait été proposé à l'origine pour la collection coéditée avec le musée, avant d'être refusé. Futuropolis a finalement permis à Micol de mener son projet à terme, ce qui explique sans doute cette impression de liberté totale qui se dégage de l'album.
En revanche, la conclusion m'a paru moins convaincante. Là où le récit parvenait jusque-là à maintenir un équilibre entre fantaisie et cohérence interne, le final bascule davantage dans la loufoquerie et donne l'impression de résoudre les choses un peu trop facilement (même s'il m'a permis au passage de découvrir l'amusante erreur HTTP 418 "I'm a teapot").
J'en retiens donc une bande dessinée inventive, visuellement riche et portée par un sincère amour de l'art et de la création. La lecture est agréable, souvent souriante, et déborde d'idées originales. Dommage que son dénouement un peu confus et expéditif me laisse finalement dans un sentiment assez mitigé, entre enthousiasme pour l'univers proposé et frustration devant une conclusion qui ne me semble pas à la hauteur de ses ambitions.
Un manga (mais un animé aussi) qui se lit à la mode européenne.
Pourquoi ce titre Afro Samurai ? Afro est un samouraï noir à la tignasse crépue.
Un récit basé sur la vengeance, notre Afro (et aussi affreux) veut venger la mort de son père, pour cela il va partir à la recherche de son meurtrier : N°1 (un homme avec le pouvoir d'un dieu). Une numérotation (qui rappellera une célèbre série pour les plus anciens) non expliquée, mais on devine une hiérarchisation dans ce "panthéon". J'ai oublié de vous signaler que le papa d'Afro était N°2.
On va donc assister - dans un Japon féodal où vient se greffer une technologie XXe siècle (téléphone à clapet par exemple) - à une succession de scènes de combat très violente, ça découpe et charcute à tout va. Un scénario très mince même s'il tente d'explorer les limites de cette quête vengeresse. Le personnage d'Afro, avec son allure dégingandé et son mégot au bec, est tout sauf sympathique, mais bon, ce n'est pas le but de ce récit où l'action prime sur le fond.
La narration ultra dynamique, malgré quelques rares moments d'accalmie, m'a permis de passer un agréable moment sans prise de tête.
Le point fort de ce manga est sans conteste son graphisme. Un très beau noir et blanc, avec toutes les nuances de gris, au trait anguleux et énergique. La couleur rouge n'apparaît que pour les nombreuses flaques de sang. J'ai aimé le soin apporté aux décors et la diversité des faciès. Un petit bémol tout de même pour les scènes de combat, elles sont très sombres et manquent souvent de lisibilité.
Une curiosité.
J'ai un faible pour la vieille SF à papa, celle des space operas où un cargo spatial tombe en panne au milieu de nulle part, découvre une planète surgie de la brume et se retrouve confronté à des phénomènes étranges flirtant avec le fantastique. C'est exactement le genre d'ambiance que propose cet album, avec son lot de mystères, de communautés isolées et d'événements inexplicables.
Graphiquement, le résultat m'a laissé une impression mitigée mais plutôt positive. Le trait est parfois indécis, voire un peu brouillon, notamment dans certaines anatomies ou expressions. Mais l'ensemble dégage un charme certain. Le noir et blanc, les ombrages réalisés entre hachures et effets de fusain, ainsi que l'aspect légèrement vieillot de la mise en scène donnent à l'album une personnalité attachante.
En revanche, j'ai eu beaucoup plus de mal avec le scénario pendant une bonne partie de la lecture. On est ici dans une science-fiction très ancienne école, où la crédibilité scientifique est totalement absente. Un vaisseau navigue entre les constellations comme une voiture sur une départementale, tombe en panne et cherche la planète la plus proche pour se poser. À vrai dire, toute l'intrigue fonctionnerait probablement mieux si l'on remplaçait le vaisseau spatial par un camion en panne dans une région reculée. Une bonne partie des situations et des réactions des personnages m'ont paru artificielles, voire involontairement comiques. Certains comportements sont particulièrement difficiles à avaler, comme lorsque l'un des membres du groupe disparaît mystérieusement et que les autres décident pratiquement de poursuivre leur route sans vraiment chercher à comprendre ce qui lui est arrivé.
J'étais donc plutôt dépité par cette accumulation de clichés, d'invraisemblances et de situations déjà vues. Pourtant, l'album finit par se rattraper grâce à son ultime révélation. Le twist final, que je n'avais pas vu venir alors qu'il appartient pourtant à un grand classique du genre, rebat complètement les cartes et vient donner du sens à de nombreux éléments qui me semblaient jusque-là absurdes ou maladroits. Il ne résout pas tout pour autant (je cherche encore pourquoi Sylvie devient soudainement Shirley après quelques pages...), mais il améliore sensiblement l'ensemble.
Au final, je suis passé d'une lecture qui me paraissait franchement bancale à une appréciation plus favorable grâce à cette conclusion bien trouvée. Cela reste pour moi une œuvre mineure, sympathique pour les amateurs de SF rétro et de récits à chute, mais certainement pas une bande dessinée indispensable.
Cela faisait un moment que ces BD de Mickey scénarisées par Filippi me faisaient de l’œil.
Malheureusement, comme la plupart des lecteurs précédents, je ressors relativement mitigé de ma lecture. En effet, il faut bien l'avouer, cette BD ne tire son épingle du jeu que par son graphisme qui est tout bonnement magnifique. En tant qu'ancien abonné du journal de Mickey, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à parcourir les nombreuses planches de Camboni, toutes plus belles les unes que les autres. Il a ainsi réussi à créer une réelle profondeur de champ et les couleurs très vives sont vraiment du plus bel effet. Et pour une fois, les dessins sont à la hauteur de ceux de la couverture que je trouve particulièrement réussie.
Vous l'aurez compris, c'est plutôt du côté du scénario que cela pêche. Même si certaines idées sont bonnes (océan à l'envers, univers steampunk, ...), j'ai trouvé l'histoire globale un peu trop simpliste pour l'adulte que je suis. Il faut avouer que la soixantaine de pages de la BD n'aide pas à avoir un scénario fouillé et des personnages plus profonds.
J'ai malgré tout passé un agréable moment de lecture et je prendrai du plaisir à reparcourir visuellement les planches de Carboni. La cible reste pour moi le jeune public.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 3/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10
NOTE GLOBALE : 12/20
Je me retrouve assez dans l’avis de Blue Boy pour certaines critiques – même si j’arrondirai au supérieur (note réelle 2,5/5).
En effet, voilà une histoire des plus originales, qui possède certains atouts, mais qui m’a quand même un peu laissé sur ma faim.
Le dessin de Loisel est sympa, très expressif, et les trognes de certains personnages apportent un indéniable atout comique. Son trait permet aussi de plonger davantage dans l’ambiance étrange, pour ne pas dire foutraque, dans laquelle se développe l’intrigue.
Comme Blue Boy, je regrette que n’ait pas été davantage exploitée certaines choses autour de Pierrot. Un jeune homme qui attire a priori mépris et pitié, un crétin niaiseux qui pète bien plus haut que son cul, qui se croit Dom Juan mais qui n’accumule que des râteaux. Surtout, le visage que lui renvoient les miroirs est à l’opposé de sa vraie gueule, pour le moins moche. Je pensais que l’intrigue allait tourner autour de ça – de Pierrot, mais aussi et surtout de ce que les autres, la société, font à ceux qui ont une « sale gueule ».
Mais en fait ce dernier point est en parti évacué. Quant au personnage de Pierrot, dès qu’il revient dans « la dernière maison juste avant la forêt », on bascule dans quelque chose de fantastique, foutraque, qui fait presque oublier sa gueule et ses problèmes, tant la galerie de personnages proposée par les auteurs relève presque d’une réunion de freaks.
L’histoire alterne bonnes idées, voire moments jouissifs, passages drôles, et passages moins clairs, l’ensemble donnant un rendu un peu brouillon, parfois simple défouloir ou accumulation d’idée sans liant.
Reste que j’ai quand même aimé certaines choses, suffisamment pour que ma lecture ait été globalement plaisante.
Le père statufié par sa femme jalouse et déjantée, le serviteur s’exprimant avec des bouts d’anglais faussement snob, et quelques actes ou saillies de cette mère de Pierrot haute en couleurs apportent une saveur au récit qui fait oublier certaines longueurs, le foutoir de l’histoire, et ces « bestioles » qui sont les personnages les moins – bien – exploités.
Un certain surréalisme innerve le récit (le buste, le canard gonflable, etc.), et ça a sans doute aidé à me plonger dans cette histoire défouloir.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Déréglée - Journal d'une ménopause
2.5 L'autrice raconte sa ménopause, un sujet qui ne me concerne pas en tant qu'homme, mais c'est important de comprendre ce que le corps fait subir aux femmes. J'ai donc appris des choses sur la ménopause et comment cela affecte les femmes qui sont rendu à ce stade de leur vie. Le ton est le même qu'on retrouve dans plusieurs documentaires de ce type à savoir qu'on mélange l'éducatif avec de l'humour et qu'on a aussi droit à des tranches de vies de l'autrice. Il y a des bons passages, mais aussi des passages beaucoup moins intéressants et aussi le scénario est souvent décousu. On saute d'un sujet à l'autre et cela manque d'organisation. Au final, cet album ne m'a pas trop marqué et j'étais bien content lorsque c'était terminé. Le dessin est sympa.
La Caste des Méta-barons
Bien dessiné mais que ça radote : on a vite compris la surenchère de chaque méta-baron sur le précédent, pour être capable de tuer son papa qui a tué son papa. Le meurtre du père, c'est comme tout, il ne faut pas en abuser, sinon, je ne vous dis pas l'ennui qu'on éprouverait sans les dessins, vraiment très bons… Et les robots : leur humour n'est pas de trop pour relancer la machine. J'y vois d'ailleurs l'une des raisons de la supériorité de cette série sur celle dédiée aux technopères. Vraiment, les dérivés, préquelles, séquelles, personnages, castes, tirées de l'Incal sont dispensables ! Mais comme l'Incal lui même est excellent et qu'on aime en explorer l'univers comme celui de tout champ des possibles un tant soit peu prometteur, on peut céder à la tentation de lire plutôt que de rêver alors que "rêver, c'est survivre !"
Mémoires d'outre-espace
Histoires très courtes et des années 70... Mais pour ceux qui sont passionnés par Bilal, on peut y détecter quelques changements dans le trait et la colorisation, surtout dans la combinaison des deux. Je continue à aimer les drames coloniaux et l'humour noir qui se dégage de l'ensemble.
Skblllz
J'avais l'habitude de lire ces histoires à ma fille aînée, quand elle était petite, à l'heure du coucher. Elle riait beaucoup et finalement il n'y avait pas beaucoup de texte à lire, tant mieux ! L'animal si étrange avec ses œufs-surprise était amusant et les dessins de Géri sont très bien dans ce type de gags.
L'Âge des secrets
Ma note oscille entre le "Pas mal" et le "Sans plus", mais je vais laisser arrondi au supérieur pour la qualité du dessin et sa façon d'être très aéré, lent et posé. Il n'y a qu'a voir en galerie pour comprendre l'idée, les 368 pages sont assez vite lues malgré la quantité ! Cela dit, pour parler encore du dessin, je trouve que ça fait parfois un peu trop léger. On sent l'absence de décors, pratiquement tout le temps absent, qui manquent dans les pages, de même que de nombreuses autres pages comportent des fourmis uniquement. Une métaphore que je n'ai pas spécialement compris, peut-être simplement une métaphore du temps qui passe mais pourquoi mettre des fourmis spécialement ? Bref c'est joli mais un peu trop enfantin et souvent vide, ce qui fait que j'ai du mal à retenir des visuels et des pages marquantes. Pour l'histoire, on est dans ces histoires de jeunes qui découvrent que la vie peut être plus complexe, qu'elles sortent de l'enfance et rentrent dans l'âge des secrets. Et puis voila, il n'y a pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent. La BD est sur une jeune femme étrange, que j'ai eu du mal à cerner. Elle ne peut pas mentir, ou semble ne pas connaitre le mensonge et répond tout le temps la vérité. Déjà j'ai eu du mal à comprendre, parce qu'il me semblait que les enfants savent assez rapidement ce qu'est un mensonge et comment ça marche. Je vois l'idée de l'innocence de l'enfance et la découverte d'un monde différent, où l'on ne dit pas tout. Mais ça donne un personnage très peu crédible, que je n'apprécie pas spécialement. D'ailleurs j'avais mal compris lors de la lecture, je croyais que c'était des cousines faisant des vacances en famille, mais en fait il s'agit d'amies qui passent leurs vacances ensemble. Du fait que je trouvais que l'histoire était assez linéaire, pas très intéressante et aux personnages assez désagréable. Les deux grandes n'ont vraiment rien fait pour m'être sympathique, même si je comprends l'idée des ados en train d'expérimenter le premier amour. C'est juste rapidement des gamines lassantes. En fait, l'absence de communication claire, l'obligation d'être cool (et donc de fumer, qu'est-ce que ça peut m'AGACER !) m'a tenu loin de ces personnages. Ce sont des gens que je n'apprécie pas, qui ne m'évoquent personne et dont l'histoire est trop linéaire. D'ailleurs la fin est assez peu claire : on a une sorte de dernier été de l'innocence, mais qui manque de corps. Le personnage principal semble avoir perdu une amie, et rideau on passe à autre chose. Mais est-ce vraiment grandir ? La morale de l'histoire est étrange, pas franchement intéressante d’ailleurs. Bref, une BD qui m'a laissé sur ma faim et dont j'ai peu apprécié le déroulé. C'est étrange, peut-être que je n'arrive pas du tout à m'identifier à ce qu'il se passe pour apprécier clairement, mais dans l'ensemble j'ai assez peu aimé ma lecture. C'était facile à lire, cela dit, et c'est ce qui fait arrondir ma note vers le haut. Mais globalement je pense que j’oublierai vite la BD.
Mimésia
Mimésia propose une science-fiction dystopique assez loufoque qui imagine un futur foisonnant de races, de peuples et de créatures aux apparences souvent surprenantes, qui est malheureusement corseté par une IA totalitaire qui cherche à tout normaliser au nom de l'efficacité, au détriment de l'imaginaire, de la culture et de l'art. Un robot coach sportif se retrouve malgré lui responsable de la protection d'un buste de marbre devenu objet de résistance face à ce pouvoir uniformisateur. J'ai apprécié la créativité visuelle de l'ensemble. Les personnages sont souvent improbables, à commencer par ce trio d'handicapés directement inspiré des Mendiants de Brueghel, tandis que le sympathique Tin, persuadé de sauver quelque chose d'essentiel en protégeant une œuvre d'art, constitue un héros assez attachant. Les décors regorgent également d'idées, notamment cette étonnante ville ondulée du début où le sol semble suivre des vagues et où la gravité paraît se plier à une géographie absurde. Le dessin de Micol est immédiatement reconnaissable. Ses couleurs directes, son trait expressif et son sens de la composition apportent beaucoup de personnalité à l'album. Cette esthétique accentue le côté étrange et décalé du récit tout en lui donnant un charme certain. L'histoire se lit avec plaisir et multiplie les trouvailles visuelles, les situations improbables et les idées amusantes autour de la place de l'art dans une société dominée par l'intelligence artificielle. Ce n'est qu'après plusieurs chapitres que j'ai véritablement compris le lien avec le musée du Louvre. En effet, le scénario avait été proposé à l'origine pour la collection coéditée avec le musée, avant d'être refusé. Futuropolis a finalement permis à Micol de mener son projet à terme, ce qui explique sans doute cette impression de liberté totale qui se dégage de l'album. En revanche, la conclusion m'a paru moins convaincante. Là où le récit parvenait jusque-là à maintenir un équilibre entre fantaisie et cohérence interne, le final bascule davantage dans la loufoquerie et donne l'impression de résoudre les choses un peu trop facilement (même s'il m'a permis au passage de découvrir l'amusante erreur HTTP 418 "I'm a teapot"). J'en retiens donc une bande dessinée inventive, visuellement riche et portée par un sincère amour de l'art et de la création. La lecture est agréable, souvent souriante, et déborde d'idées originales. Dommage que son dénouement un peu confus et expéditif me laisse finalement dans un sentiment assez mitigé, entre enthousiasme pour l'univers proposé et frustration devant une conclusion qui ne me semble pas à la hauteur de ses ambitions.
Afro Samurai
Un manga (mais un animé aussi) qui se lit à la mode européenne. Pourquoi ce titre Afro Samurai ? Afro est un samouraï noir à la tignasse crépue. Un récit basé sur la vengeance, notre Afro (et aussi affreux) veut venger la mort de son père, pour cela il va partir à la recherche de son meurtrier : N°1 (un homme avec le pouvoir d'un dieu). Une numérotation (qui rappellera une célèbre série pour les plus anciens) non expliquée, mais on devine une hiérarchisation dans ce "panthéon". J'ai oublié de vous signaler que le papa d'Afro était N°2. On va donc assister - dans un Japon féodal où vient se greffer une technologie XXe siècle (téléphone à clapet par exemple) - à une succession de scènes de combat très violente, ça découpe et charcute à tout va. Un scénario très mince même s'il tente d'explorer les limites de cette quête vengeresse. Le personnage d'Afro, avec son allure dégingandé et son mégot au bec, est tout sauf sympathique, mais bon, ce n'est pas le but de ce récit où l'action prime sur le fond. La narration ultra dynamique, malgré quelques rares moments d'accalmie, m'a permis de passer un agréable moment sans prise de tête. Le point fort de ce manga est sans conteste son graphisme. Un très beau noir et blanc, avec toutes les nuances de gris, au trait anguleux et énergique. La couleur rouge n'apparaît que pour les nombreuses flaques de sang. J'ai aimé le soin apporté aux décors et la diversité des faciès. Un petit bémol tout de même pour les scènes de combat, elles sont très sombres et manquent souvent de lisibilité. Une curiosité.
Le Pays de la nuit
J'ai un faible pour la vieille SF à papa, celle des space operas où un cargo spatial tombe en panne au milieu de nulle part, découvre une planète surgie de la brume et se retrouve confronté à des phénomènes étranges flirtant avec le fantastique. C'est exactement le genre d'ambiance que propose cet album, avec son lot de mystères, de communautés isolées et d'événements inexplicables. Graphiquement, le résultat m'a laissé une impression mitigée mais plutôt positive. Le trait est parfois indécis, voire un peu brouillon, notamment dans certaines anatomies ou expressions. Mais l'ensemble dégage un charme certain. Le noir et blanc, les ombrages réalisés entre hachures et effets de fusain, ainsi que l'aspect légèrement vieillot de la mise en scène donnent à l'album une personnalité attachante. En revanche, j'ai eu beaucoup plus de mal avec le scénario pendant une bonne partie de la lecture. On est ici dans une science-fiction très ancienne école, où la crédibilité scientifique est totalement absente. Un vaisseau navigue entre les constellations comme une voiture sur une départementale, tombe en panne et cherche la planète la plus proche pour se poser. À vrai dire, toute l'intrigue fonctionnerait probablement mieux si l'on remplaçait le vaisseau spatial par un camion en panne dans une région reculée. Une bonne partie des situations et des réactions des personnages m'ont paru artificielles, voire involontairement comiques. Certains comportements sont particulièrement difficiles à avaler, comme lorsque l'un des membres du groupe disparaît mystérieusement et que les autres décident pratiquement de poursuivre leur route sans vraiment chercher à comprendre ce qui lui est arrivé. J'étais donc plutôt dépité par cette accumulation de clichés, d'invraisemblances et de situations déjà vues. Pourtant, l'album finit par se rattraper grâce à son ultime révélation. Le twist final, que je n'avais pas vu venir alors qu'il appartient pourtant à un grand classique du genre, rebat complètement les cartes et vient donner du sens à de nombreux éléments qui me semblaient jusque-là absurdes ou maladroits. Il ne résout pas tout pour autant (je cherche encore pourquoi Sylvie devient soudainement Shirley après quelques pages...), mais il améliore sensiblement l'ensemble. Au final, je suis passé d'une lecture qui me paraissait franchement bancale à une appréciation plus favorable grâce à cette conclusion bien trouvée. Cela reste pour moi une œuvre mineure, sympathique pour les amateurs de SF rétro et de récits à chute, mais certainement pas une bande dessinée indispensable.
Mickey et l'océan perdu
Cela faisait un moment que ces BD de Mickey scénarisées par Filippi me faisaient de l’œil. Malheureusement, comme la plupart des lecteurs précédents, je ressors relativement mitigé de ma lecture. En effet, il faut bien l'avouer, cette BD ne tire son épingle du jeu que par son graphisme qui est tout bonnement magnifique. En tant qu'ancien abonné du journal de Mickey, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à parcourir les nombreuses planches de Camboni, toutes plus belles les unes que les autres. Il a ainsi réussi à créer une réelle profondeur de champ et les couleurs très vives sont vraiment du plus bel effet. Et pour une fois, les dessins sont à la hauteur de ceux de la couverture que je trouve particulièrement réussie. Vous l'aurez compris, c'est plutôt du côté du scénario que cela pêche. Même si certaines idées sont bonnes (océan à l'envers, univers steampunk, ...), j'ai trouvé l'histoire globale un peu trop simpliste pour l'adulte que je suis. Il faut avouer que la soixantaine de pages de la BD n'aide pas à avoir un scénario fouillé et des personnages plus profonds. J'ai malgré tout passé un agréable moment de lecture et je prendrai du plaisir à reparcourir visuellement les planches de Carboni. La cible reste pour moi le jeune public. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 3/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 12/20
La Dernière Maison juste avant la forêt
Je me retrouve assez dans l’avis de Blue Boy pour certaines critiques – même si j’arrondirai au supérieur (note réelle 2,5/5). En effet, voilà une histoire des plus originales, qui possède certains atouts, mais qui m’a quand même un peu laissé sur ma faim. Le dessin de Loisel est sympa, très expressif, et les trognes de certains personnages apportent un indéniable atout comique. Son trait permet aussi de plonger davantage dans l’ambiance étrange, pour ne pas dire foutraque, dans laquelle se développe l’intrigue. Comme Blue Boy, je regrette que n’ait pas été davantage exploitée certaines choses autour de Pierrot. Un jeune homme qui attire a priori mépris et pitié, un crétin niaiseux qui pète bien plus haut que son cul, qui se croit Dom Juan mais qui n’accumule que des râteaux. Surtout, le visage que lui renvoient les miroirs est à l’opposé de sa vraie gueule, pour le moins moche. Je pensais que l’intrigue allait tourner autour de ça – de Pierrot, mais aussi et surtout de ce que les autres, la société, font à ceux qui ont une « sale gueule ». Mais en fait ce dernier point est en parti évacué. Quant au personnage de Pierrot, dès qu’il revient dans « la dernière maison juste avant la forêt », on bascule dans quelque chose de fantastique, foutraque, qui fait presque oublier sa gueule et ses problèmes, tant la galerie de personnages proposée par les auteurs relève presque d’une réunion de freaks. L’histoire alterne bonnes idées, voire moments jouissifs, passages drôles, et passages moins clairs, l’ensemble donnant un rendu un peu brouillon, parfois simple défouloir ou accumulation d’idée sans liant. Reste que j’ai quand même aimé certaines choses, suffisamment pour que ma lecture ait été globalement plaisante. Le père statufié par sa femme jalouse et déjantée, le serviteur s’exprimant avec des bouts d’anglais faussement snob, et quelques actes ou saillies de cette mère de Pierrot haute en couleurs apportent une saveur au récit qui fait oublier certaines longueurs, le foutoir de l’histoire, et ces « bestioles » qui sont les personnages les moins – bien – exploités. Un certain surréalisme innerve le récit (le buste, le canard gonflable, etc.), et ça a sans doute aidé à me plonger dans cette histoire défouloir.