Les derniers avis (8 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Clear
Clear

Un futur cyberpunk où chacun peut porter un voile, une sorte de filtre permanent appliqué à la réalité, permettant de voir le monde tel qu'il souhaite le percevoir, comme des filtres Instagram appliqués à la vie entière. Le concept paraît un peu bancal si l'on réfléchit trop aux conséquences concrètes (voir le monde différemment ne change pas ce que l'on touche ni ce que l'on subit réellement), mais une fois cette réserve acceptée, je me suis laissé embarquer sans difficulté dans cette histoire. Francis Manapul livre un travail graphique intéressant, multipliant les couleurs néon et les inserts visuels liés aux différents voiles. Les personnages sont les plus réussis. Je suis plus réservé sur les décors et surtout sur la mise en scène, qui privilégie souvent l'effet et l'ambiance au détriment de la lisibilité. On ressent parfois davantage une impression générale qu'une véritable compréhension de l'espace et de l'action. Si le récit prend souvent la structure d'un polar noir à l'ancienne, avec son détective désabusé et la femme fatale qui l'emploie, l'intrigue rappelle régulièrement Philip K. Dick avec cette société qui préfère l'illusion au réel. D'ailleurs, à plusieurs reprises, je m'attendais presque à découvrir que le héros était lui-même un robot ou une création artificielle. Je vous spoile, ce n'est pas le cas. L'enquête fonctionne plutôt bien. J'ai eu envie de comprendre ce qui se cachait derrière les différents mystères et le récit entretient efficacement sa part d'ombre. En revanche, comme dans beaucoup de polars noirs, arrive un moment où les révélations, les manipulations et les motivations des différents protagonistes deviennent un peu confuses. Le dénouement apporte bien des réponses, mais certaines m'ont paru fragiles, notamment tout ce qui concerne le fameux "homme aux yeux jaunes", dont les actes et les motivations ne me semblent pas totalement cohérents. Malgré ces quelques faiblesses, j'ai trouvé l'ensemble suffisamment prenant pour me tenir en haleine jusqu'au bout. Ce n'est peut-être pas le chef-d'œuvre philosophique ou le thriller implacable qu'il ambitionne parfois d'être, mais c'est un thriller de science-fiction solide, portée par une bonne identité visuelle et quelques idées suffisamment stimulantes pour donner envie d'en découvrir les secrets.

22/06/2026 (modifier)
Couverture de la série La Mécanique
La Mécanique

Une lecture pas désagréable, plutôt rythmé, avec un habillage graphique assez élaboré et original. La série possède de réelles qualités. Mais elle m’a quand même moins captivé que la majorité de mes prédécesseurs. En effet, j’ai été à plusieurs reprises perdu dans le récit. Trop de personnages, trop de péripéties, et un dessin qui, si je lui reconnais de réelles qualités, n’est pas toujours très clair (c’est assez inégal en tout cas dans ce domaine). Du coup, mon plaisir de lecture en a été amoindri. Reste quelques belles planches, et des décors futuristes très sombres, glauques et morbides. Une ville de Lyon revisitée à la mode nihiliste, qui ne nous donne pas vraiment envie de connaitre ce « futur ». Au final, c’est trop fouillis pour moi, pour que j’y prenne suffisamment de plaisir. Affaire de goût sans doute, mais ça ne doit pas être ma came. Note réelle 2,5/5.

22/06/2026 (modifier)
Par Annabelle
Note: 3/5
Couverture de la série La Ferme des animaux
La Ferme des animaux

J'aime les illustrations mais je ne vois pas pourquoi édulcorer la fin, les enfants sont capables d'entendre la réalité. Quant à ceux qui affirment que cette histoire n'est pas pour les enfants, qu'ils se détrompent : comme tous les grands contes, elle est destinée aux 7 à 77 ans, car point n'est besoin d'un doctorat en histoire pour comprendre les dégâts de la propagande et de la violence. Je l'étudie chaque année avec mes CM2 et ils accèdent à une compréhension fine et font des analyses parfois très pertinentes, car leur cerveau n'est pas encore farci de propagande gauchiste ou libéralo-identitaire.

22/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Capitaine Espace
Capitaine Espace

Les mésaventures d'un anti-héros galactique contraint d'expliquer comment il a réussi à provoquer, plus ou moins involontairement, une impressionnante série de catastrophes à travers la galaxie. J'avais envie d'aimer cet album. Son ambition de proposer une aventure de science-fiction déconnante à la Fluide Glacial, pleine de créatures étranges, de mondes exotiques et d'idées absurdes, pouvait me plaire. Et le dessin me plaisait beaucoup : il est très sympathique, coloré, dynamique et regorge de détails. L'univers est visuellement riche, avec des décors variés et un bestiaire inventif qui témoignent d'une vraie générosité graphique. Le personnage principal possède lui aussi un certain charme. Ce Capitaine Espace est à la fois un peu mignon et un peu couillon, constamment dépassé par les conséquences de ses actes mais avançant malgré tout avec une désarmante bonne humeur, comme un gamin idiot. Quelques trouvailles font mouche, à l'instar de ce temple antique rempli de pièges toujours en place... sauf qu'ils sont... anciens. Ce genre de détournement des clichés de la SF et de l'aventure m'a amusé. Malheureusement, malgré toutes ces bonnes intentions, aussi bien de la part de l'auteur que des miennes en tant que lecteur, la sauce ne prend jamais complètement. Les gags sont agréables mais ils m'ont rarement fait rire et l'ensemble manque d'énergie et d'impact. L'humour absurde est omniprésent mais tombe souvent à plat, tandis que les péripéties s'enchaînent sans réellement créer d'enjeu ou de tension. L'album se lit agréablement grâce à son univers et à ses idées, mais il est finalement assez mollasson et peine à laisser une impression durable.

22/06/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Dragon ne dort jamais
Le Dragon ne dort jamais

Le format finalement peu banal, et surtout ce dessin tout à fait singulier, m'ont spontanément porté vers cette BD. Si l'histoire m'a laissé sur ma fin, avec l'impression que les auteurs ne savaient pas trop où ils allaient ni comment y aller, j'ai eu l'impression (rare) de pénétrer dans un univers très original, et ça, ça me plait. Le dessin surprend d'emblé tant il possède un charme évident. Malgré un côté qui pourrait, vite fait, paraitre un peu rigide (on pense à Aldébaran), le travail sur les couleurs apporte une chaleur et une profondeur insoupçonnées. Tout au long de ma lecture, j'ai eu l'impression d'être littéralement immergé dans les tableaux de Bruegel, ce qui colle parfaitement au contexte médiéval de l'histoire. J'ai beaucoup apprécié l'aspect fantastique distillé par touches impressionnistes. Y d'la fée, d'la sorcière, du dragon... Au final, j'ai ressenti un vrai plaisir de lecture, et ce malgré un scénario flou et mal peigné. Ouais, une BD n'est pas seulement une histoire. C'est pour moi avant tout un dessin, cela va sans dire, des personnages (ici bien taillés pour coller à l'époque), mais aussi (et on ne le dira jamais assez) un travail sur les couleurs qui, si on n'y prête pas nécessairement attention, demeure pourtant essentiel. Le Dragon ne dort jamais, sans être un chef d'œuvre, a ce petit truc entêtant qui la fait se démarquer du tout-venant. D'où le coup de cœur malgré une note un brin intransigeante.

22/06/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 3/5
Couverture de la série Sold Out
Sold Out

Avec ces deux albums de l’excellent Phil Castaza, vous plongerez allégrement dans un retour en arrière hilarant et touchant ! Ces deux BD sont une pépite de fraîcheur et d’humour. Et avec les grandes chaleurs que nous connaissons, cela fait du bien ! On suit avec beaucoup de plaisir, ces petits vieux attachants, déterminés à retrouver leur jeunesse rock’n’roll, et c’est drôle, émouvant et ultra dynamique. Entre gags savoureux et moments tendres, on ne s’ennuie pas une seconde ! Le trait rugueux et expressif de Phil Castaza donne une énergie folle à chaque planche. Les décors, les expressions, tout respire la vie et l’authenticité. Et puis, cette structure avec une Face A et une Face B, c’est malin et ça renforce l’immersion. je vous le dis, Sold Out, c’est du pur bonheur : un mélange de nostalgie, de rires et de rock. À dévorer sans modération !

22/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Wonder Woman (DC Heroes)
Wonder Woman (DC Heroes)

Les dessins de Terry Dodson sont un vrai plaisir pour les yeux ! Avec son crayon (et les encres de sa femme Rachel), il donne une nouvelle vie et aussi un nouveau look à l'héroïne : le nouveau bustier se distingue particulièrement. Le point faible de cette série réside dans des histoires un peu décousues et sans véritable nouveauté. Mais Diane, princesse des Amazones, est un personnage d'un grand intérêt historique, artistique et sociologique depuis sa création en 1941 par le psychologue William Moulton Marston, inventeur du polygraphe. Ça vaut vraiment le coup de la découvrir !

22/06/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Olympe et autres récits
Olympe et autres récits

J'aime beaucoup le style atome de Torres, comme il le développerait plus tard dans Roco Vargas. Ici, on trouve quelques premières approches, encore imparfaites, dans des histoires un peu folles et publiées auparavant dans plusieurs magazines. Opium, avec ses scènes sado-comiques, sera ensuite rassemblé dans sa propre série. C'est amusant la façon dont l'auteur se présente lui-même et son travail en tant que créateur de BD.

22/06/2026 (modifier)