Au grand désespoir de ses parents, la petite Zara dessine et peint partout, jusqu'au jour où ceux-ci décident de lui interdire les pinceaux. Mais la fillette n'a pas dit son dernier mot...
Ce petit album vaut avant tout pour sa partie graphique. Les planches sont magnifiques, littéralement portées par des couleurs d'une intensité remarquable qui attirent immédiatement le regard. J'ai d'ailleurs souvent pensé au travail de Yoann, avec un trait assez similaire pour les personnages et ce même goût pour les teintes franches, éclatantes, qui donnent beaucoup d'énergie aux dessins. Benjamin Flao s'en donne à cœur joie et réussit à transmettre le plaisir presque physique de manipuler la peinture, d'en découvrir la matière, les transparences, les mélanges et toutes les possibilités qu'elle offre.
L'histoire est elle aussi un bel hommage à la création artistique. Elle montre bien cette passion dévorante qui pousse une enfant à peindre sans cesse, à expérimenter les couleurs et à donner vie aux animaux et aux personnages qui naissent sous son pinceau. On retrouve cet émerveillement devant la découverte progressive de nouvelles teintes et de leurs combinaisons, comme si chaque mélange ouvrait un nouveau monde.
En revanche, le récit lui-même m'a un peu moins convaincu. Il se lit très vite et reste finalement assez peu développé. J'attendais que cette passion conduise à une conclusion un peu plus originale ou plus surprenante, alors que l'histoire choisit une direction assez convenue. C'est agréable, plein de tendresse, mais un peu trop sage à mon goût.
Il n'empêche que j'ai apprécié de parcourir cet album tant il déborde de couleurs et de vitalité. Plus qu'une histoire marquante, c'est avant tout une jolie célébration de la peinture et du plaisir de créer.
La pagination est relativement conséquente (84 pages plus un cahier graphique), mais ça se lit finalement très rapidement. Et c’est peut-être ce que je regrette le plus.
En effet, malgré les qualités du récit, j’ai trouvé qu’il manquait de coffre, que certaines thématiques évoquées (comme les bouleversements économiques et sociaux en cours, avec la paupérisation des « cow-boys » avec l’arrivée du train, les inégalités économiques) aurait pu être davantage développées, exploitées. Surtout que le discours virulent d’un des accusés au départ (le récit commence par le procès de trois braqueurs, le reste est un flash-back menant à leur attaque d’un train) semblait vouloir orienter le récit sur ces thématiques.
Bon, malgré ces frustrations, ça reste quand même une lecture agréable.
En particulier j’ai bien aimé dessin et colorisation. Un trait moderne, nerveux, charbonneux plaisant.
Quant au récit lui-même, il est un peu crépusculaire. Une ambiance de fin d’un monde. D’abord pour les trois protagonistes, qui cherchent à s’en tirer avec le braquage des passagers d’un train, braquage qui dérape complètement et tourne au carnage – et à la catastrophe, car ils sont rapidement arrêtés : ces pieds-nickelés ont des airs de branquignoles désespérés. Et les rêves ou délires de l’un d’entre eux font clairement référence à la fin du monde sauvage et primitif, avec la disparition des bisons, mais aussi des Indiens qu’il a côtoyés (il a participé au massacre des deux !). L’ambiance prend parfois le pas sur l’intrigue elle-même.
Une lecture sympathique, même si je l’aurais imaginé plus prenante.
Étienne Davodeau accompagne sa compagne Françoise, qui intervient auprès de personnes atteintes de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, pour raconter leur quotidien, celui de leurs proches et celui de ceux qui tentent de les aider à vivre le plus dignement possible.
Le sujet est évidemment intéressant et profondément humain, et j'ai appris pas mal de choses sur ces pathologies, sur la manière de les accompagner et sur le rôle souvent méconnu de ces intervenants qui soutiennent autant les malades que leurs aidants. On découvre par exemple des approches bien plus respectueuses de l'autonomie des patients que ce que j'imaginais, avec l'idée de s'adapter à leur réalité plutôt que de les ramener sans cesse à la nôtre.
En revanche, la construction du récit m'a laissé une impression plus mitigée. Durant une bonne partie de l'album, j'ai eu le sentiment que Davodeau retranscrivait les informations au fur et à mesure qu'il les découvrait auprès de sa compagne, sans véritable fil conducteur. Cela donne un côté spontané et sincère, mais aussi assez décousu. On passe d'une anecdote à une réflexion, puis à un autre cas, puis à une discussion entre l'auteur et son épouse. C'est instructif, mais je le propos manque parfois de structure, ce qui rend les informations difficiles à assimiler et à retenir.
Les témoignages plus développés, comme le dernier, consacré à cet homme du même âge que Davodeau, fonctionnent mieux. En suivant plus longuement une même personne, le récit gagne en force, en émotion et en profondeur. C'est ce type de narration qui reste en mémoire davantage que la succession des situations plus brèves du début.
Le dessin est fidèle au style documentaire de Davodeau : simple, sobre, efficace, sans chercher à attirer l'attention sur lui-même. Il accompagne bien le propos.
J'en retiens surtout à quel point ces maladies sont terribles. Voir disparaître progressivement les souvenirs et en réalité une grande partie de ce qui constitue l'identité d'un individu est sans doute ce qui m'effraie le plus. Je serais effondré qu'un de mes proches subisse une telle maladie. Malgré une construction qui ne m'a pas totalement convaincu, cet album a au moins le mérite de rappeler avec beaucoup d'humanité qu'au-delà de la maladie, ce sont avant tout des personnes qu'il faut continuer à accompagner et à considérer.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Secret de Zara
Au grand désespoir de ses parents, la petite Zara dessine et peint partout, jusqu'au jour où ceux-ci décident de lui interdire les pinceaux. Mais la fillette n'a pas dit son dernier mot... Ce petit album vaut avant tout pour sa partie graphique. Les planches sont magnifiques, littéralement portées par des couleurs d'une intensité remarquable qui attirent immédiatement le regard. J'ai d'ailleurs souvent pensé au travail de Yoann, avec un trait assez similaire pour les personnages et ce même goût pour les teintes franches, éclatantes, qui donnent beaucoup d'énergie aux dessins. Benjamin Flao s'en donne à cœur joie et réussit à transmettre le plaisir presque physique de manipuler la peinture, d'en découvrir la matière, les transparences, les mélanges et toutes les possibilités qu'elle offre. L'histoire est elle aussi un bel hommage à la création artistique. Elle montre bien cette passion dévorante qui pousse une enfant à peindre sans cesse, à expérimenter les couleurs et à donner vie aux animaux et aux personnages qui naissent sous son pinceau. On retrouve cet émerveillement devant la découverte progressive de nouvelles teintes et de leurs combinaisons, comme si chaque mélange ouvrait un nouveau monde. En revanche, le récit lui-même m'a un peu moins convaincu. Il se lit très vite et reste finalement assez peu développé. J'attendais que cette passion conduise à une conclusion un peu plus originale ou plus surprenante, alors que l'histoire choisit une direction assez convenue. C'est agréable, plein de tendresse, mais un peu trop sage à mon goût. Il n'empêche que j'ai apprécié de parcourir cet album tant il déborde de couleurs et de vitalité. Plus qu'une histoire marquante, c'est avant tout une jolie célébration de la peinture et du plaisir de créer.
Le Procès des affamés
La pagination est relativement conséquente (84 pages plus un cahier graphique), mais ça se lit finalement très rapidement. Et c’est peut-être ce que je regrette le plus. En effet, malgré les qualités du récit, j’ai trouvé qu’il manquait de coffre, que certaines thématiques évoquées (comme les bouleversements économiques et sociaux en cours, avec la paupérisation des « cow-boys » avec l’arrivée du train, les inégalités économiques) aurait pu être davantage développées, exploitées. Surtout que le discours virulent d’un des accusés au départ (le récit commence par le procès de trois braqueurs, le reste est un flash-back menant à leur attaque d’un train) semblait vouloir orienter le récit sur ces thématiques. Bon, malgré ces frustrations, ça reste quand même une lecture agréable. En particulier j’ai bien aimé dessin et colorisation. Un trait moderne, nerveux, charbonneux plaisant. Quant au récit lui-même, il est un peu crépusculaire. Une ambiance de fin d’un monde. D’abord pour les trois protagonistes, qui cherchent à s’en tirer avec le braquage des passagers d’un train, braquage qui dérape complètement et tourne au carnage – et à la catastrophe, car ils sont rapidement arrêtés : ces pieds-nickelés ont des airs de branquignoles désespérés. Et les rêves ou délires de l’un d’entre eux font clairement référence à la fin du monde sauvage et primitif, avec la disparition des bisons, mais aussi des Indiens qu’il a côtoyés (il a participé au massacre des deux !). L’ambiance prend parfois le pas sur l’intrigue elle-même. Une lecture sympathique, même si je l’aurais imaginé plus prenante.
Là où tu vas - Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Étienne Davodeau accompagne sa compagne Françoise, qui intervient auprès de personnes atteintes de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, pour raconter leur quotidien, celui de leurs proches et celui de ceux qui tentent de les aider à vivre le plus dignement possible. Le sujet est évidemment intéressant et profondément humain, et j'ai appris pas mal de choses sur ces pathologies, sur la manière de les accompagner et sur le rôle souvent méconnu de ces intervenants qui soutiennent autant les malades que leurs aidants. On découvre par exemple des approches bien plus respectueuses de l'autonomie des patients que ce que j'imaginais, avec l'idée de s'adapter à leur réalité plutôt que de les ramener sans cesse à la nôtre. En revanche, la construction du récit m'a laissé une impression plus mitigée. Durant une bonne partie de l'album, j'ai eu le sentiment que Davodeau retranscrivait les informations au fur et à mesure qu'il les découvrait auprès de sa compagne, sans véritable fil conducteur. Cela donne un côté spontané et sincère, mais aussi assez décousu. On passe d'une anecdote à une réflexion, puis à un autre cas, puis à une discussion entre l'auteur et son épouse. C'est instructif, mais je le propos manque parfois de structure, ce qui rend les informations difficiles à assimiler et à retenir. Les témoignages plus développés, comme le dernier, consacré à cet homme du même âge que Davodeau, fonctionnent mieux. En suivant plus longuement une même personne, le récit gagne en force, en émotion et en profondeur. C'est ce type de narration qui reste en mémoire davantage que la succession des situations plus brèves du début. Le dessin est fidèle au style documentaire de Davodeau : simple, sobre, efficace, sans chercher à attirer l'attention sur lui-même. Il accompagne bien le propos. J'en retiens surtout à quel point ces maladies sont terribles. Voir disparaître progressivement les souvenirs et en réalité une grande partie de ce qui constitue l'identité d'un individu est sans doute ce qui m'effraie le plus. Je serais effondré qu'un de mes proches subisse une telle maladie. Malgré une construction qui ne m'a pas totalement convaincu, cet album a au moins le mérite de rappeler avec beaucoup d'humanité qu'au-delà de la maladie, ce sont avant tout des personnes qu'il faut continuer à accompagner et à considérer.