Une mystérieuse hyène géante va entraîner le fils d'un chaman villageois dans un étrange voyage initiatique au cœur des croyances africaines.
Ce récit s'inspire en grande majorité de la culture Dogon, que je connais malheureusement très mal, et je suis donc incapable de juger de la pertinence ou de l'exactitude de cette représentation. L'album fait également de rapides références à de nombreux souverains africains de toutes époques et origines, ainsi qu'à certains éléments de la culture du Dahomey que je connais davantage. Dans tous les cas, je me suis laissé prendre par cette histoire qui propose moins une reconstitution historique qu'un univers africain largement fantasmé, mystérieux et rempli de croyances.
Avec son graphisme naïf et très personnel, l'album m'a donné l'impression d'une version plus sombre et mystique du conte de Kirikou. Le dessin accompagne bien cette ambiance étrange, oscillant entre scènes classiques et passages plus oniriques, voire presque psychédéliques. Les couleurs, parfois sombres et inquiétantes, renforcent le côté magique et inquiétant du récit.
L'histoire mélange aventure, mysticisme, humour et moments plus sombres, tout en abordant des thèmes comme la transmission, les croyances, la différence ou encore les conséquences de la colonisation. L'ensemble reste avant tout un beau conte, plus proche du rêve que d'un récit documentaire, mais qui réussit à créer une atmosphère vraiment dépaysante.
La structure en chapitres relativement courts donne un rythme agréable à la lecture et permet de ne pas s'ennuyer malgré le nombre important de pages. J'ai aimé suivre ce périple initiatique de cet enfant curieux et courageux, ainsi que sa relation ambiguë avec le yéban cette sorte de démon prenant la forme d'une hyène géante. Cette créature est tour à tour inquiétante, sournoise, attachante et même parfois amusante, ce qui rend leur duo intéressant, avec toujours l'envie de comprendre où cette hyène veut mener cet enfant au bout du compte.
Ce n'est peut-être pas un récit qui permet de découvrir réellement la culture africaine, mais c'est une plongée réussie dans une Afrique légendaire, inquiétante et envoûtante, qui m'a offert un agréable moment de lecture.
Une lecture sympathique.
Un récit qui parvient à rester équilibré, sur un sujet qui pouvait aisément s’avérer casse-gueule, propice à l’accumulation de pathos larmoyant. J’ai même eu parfois l’impression que Zabus aller basculer dans un extrême inverse, avec des passages un peu trop gentiment acidulés.
Mais en fait le récit (je ne connais pas le roman d’origine) reste sur le fil du rasoir : on a presque parfois l’impression de lire du feel-good, alors que le sujet est bien la mort d’un enfant (le suspens ne tiens pas plus d’une page).
Un enfant que Zabus rend très mature dans ses propos. Un peu comme il l’avait fait dans Mémoires d'un garçon agité. Il y a d’ailleurs pas mal de points communs entre les deux récits (la mort d’un enfant, en plus de celui cité plus haut). L’astuce de faire de chaque heure une année, permet artificiellement d’accélérer la vie du gamin (mais aussi sa « maturité »).
Ça n’est a priori pas forcément le type de récit qui m’attire. Mais Zabus a su me le rendre intéressant, avec une économie de moyens louable.
Le dessin de Vernay est lui aussi simple, fluide et intéressant. Il y a un peu de Sempé dans son trait.
Un album original (sur le fond et a forme), étrange, étonnant.
Etonnant déjà de le retrouver au catalogue de Fluide Glacial, maison d’édition plus réputée pour ses albums à l’humour plus ou moins con et absurde que pour ses documentaires sérieux !
Car il s’agit ici d’un recueil d’histoire courte, chacune nous présentant l’action d’un tueur en série – avec de beaux cas de psychopathes – et en fin d’histoire un rapide rappel factuel des crimes, du nombre de victimes, des modes opératoires, et de la destinée de chacun de ces « assassins ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un peu fourre-tout. En effet, certains cas comme Hitler aurait pu mériter bien plus de pages avec les millions de victimes (alors qu’il n’en a tué aucune de ses mains !), et j’ai aussi du mal à la classer comme « tueur en série », sa volonté génocidaire dépasse clairement le cadre dans lequel sont rangés les autres exemples développés dans cet album. J’ai aussi du mal à voir entrer dans les mêmes cases Elisabeth Bathory (dont on n’est même as sûr au final qu’elle ait été la personne que la légende a retenue). Car à côté d’Hitler ou de Bathory, sont regroupés d’autres « célébrités » du meurtre, comme Jack L’éventreur, Petiot ou Manson. Mais aussi d’autres bien moins connus (je ne connaissais pas du tout Belle Gunness, Mary Bell ou le couple hallucinant Fred et Rose West).
Le parti-pris narratif est original, même si je ne sais pas si c’est une bonne idée. En effet, chaque histoire est racontée par un ou plusieurs personnages, inventés pour la plupart, mais l’histoire du « Docteur Petiot » (la plus longue) est racontée par une parodie du couple Balkany (version cynique et SM). Ça détourne un peu l’attention des assassins, même si introduit un peu de second degré, l’humour cher à Fluide.
L’album se laisse lire. Mais il ne m’a pas intéressé plus que ça. Je ne suis pas adepte de la mise en avant des faits divers, de la peoplisation des affaires judiciaires. Et je n’ai pas non plus été convaincu par le mélange des genres.
Note réelle 2,5/5.
Adaptation en bande dessinée de la célèbre collection de guides pratiques de La Musardine, cette série de quatre albums propose d'aborder la sexualité sous un angle à la fois pédagogique et ludique, avec des fortunes diverses selon les tomes.
Ces quatre albums sont loin d'être homogènes. Non seulement ils sont dessinés par deux auteurs différents, mais ils adoptent également des approches différentes dans leur contenu et mise en scène. Deux tomes sont illustrés par Eve E, les deux autres par Karo. Eve E tente visiblement de se rapprocher du style d'Arthur de Pins, dont les couvertures avaient largement contribué au succès des ouvrages originaux. La comparaison ne lui est pas forcément favorable, car son dessin apparaît moins maîtrisé, plus raide et moins sensuel. Pourtant, c'est malgré tout le style que je préfère dans cette série. À l'inverse, je n'ai jamais réussi à adhérer au dessin de Karo. J'ai du mal à mettre précisément le doigt sur ce qui me dérange, mais les expressions faciales de ses personnages m'agacent rapidement, avec des airs entendus et des sourires convenus qui ne me parlent pas du tout. De plus, les albums dessinés par Eve E bénéficient d'une véritable mise en scène, alors que ceux de Karo ressemblent davantage à des catalogues d'informations où deux personnages discutent pendant qu'on déroule méthodiquement les conseils.
Le premier tome, Rendre un homme fou de désir, sert d'introduction à l'univers de la série. On y découvre un groupe d'amies qui échangent sur leur vie sexuelle sous la houlette de Swan, une experte tellement omnisciente sur le sujet qu'on finit par se demander si elle n'est pas actrice porno. Les informations dispensées sont intéressantes et souvent instructives. La lecture se révèle agréable, davantage orientée vers la vulgarisation que vers l'érotisme. Je reste toutefois en profond désaccord avec certains passages, notamment lorsque l'ouvrage semble minimiser l'infidélité à partir du moment où elle reste discrète.
Le deuxième tome, consacré au Kama-Sutra, est de loin celui qui m'a le moins intéressé. Il s'agit essentiellement d'un catalogue de positions sexuelles illustrées, avec une faible narration et peu de mise en situation. Toute la dimension philosophique et relationnelle traditionnellement associée au Kama-Sutra disparaît au profit d'une simple succession de fiches techniques.
Le troisième album, Devenir l'amant parfait, est celui que j'ai préféré. Ce n'est certainement pas grâce à son protagoniste masculin, qui m'a plutôt donné l'image d'un gros con infidèle. En revanche, c'est le tome qui exploite le mieux son format de bande dessinée. Les conseils sont intégrés à une véritable histoire où une femme explique à son partenaire ce qu'elle aime, comment répondre à ses attentes et le met en pratique. L'ensemble est à la fois instructif, vivant et assez émoustillant, ce qui constitue probablement l'équilibre le plus réussi de la série.
Le quatrième et dernier tome retombe malheureusement dans les travers du deuxième. Consacré aux moyens de raviver le désir dans les couples qui s'essoufflent, il accumule les conseils sous forme de liste plus ou moins déguisée. La mise en scène manque de dynamisme et je n'y ai trouvé aucun aspect excitant. Cela se lit sans déplaisir, mais avec l'impression persistante de parcourir un manuel illustré plutôt qu'une véritable bande dessinée.
Mon avis est donc mitigé sur l'ensemble. La série souffre d'une qualité inégale d'un tome à l'autre et d'une tendance récurrente à transformer ses intrigues en catalogues de recommandations. En revanche, les premier et troisième albums remplissent plutôt bien leur rôle de guides de la sexualité accessibles, instructifs et parfois légèrement stimulants, ce qui les rend à mes yeux plus intéressants que les deux autres.
Note : 2,5/5
L'histoire se déroule juste après la bataille d’Hastings, pendant la conquête des Normands du royaume d'Angleterre par Guillaume le Bâtard. On va suivre deux femmes et un homme dans un triangle amoureux, et en parallèle ils vont s'atteler à améliorer les défenses de leur village pour résister à l'envahisseur. L'une est la veuve du seigneur de ce village et l'autre est une simple habitante de ce bourg. Lui est un mercenaire danois au sombre passé. Le décor est planté. Une rivalité amoureuse qui donne, comme bien souvent, le mauvais rôle au genre masculin.
Le récit se laisse lire mais je le trouve mal équilibré à mon goût, la partie sentimentale prenant trop le pas sur la partie historique hélas. Un choix assumé de l'auteur, mais il me laisse sur ma faim. Les histoires de cœur (et un peu de cul) de ce trouple ne m'ont pas vraiment passionné (jalousie et non-dits), le rythme est lent, les rebondissements sont attendus et une fin ouverte qui ne laisse guère d'espoir. Mais étrangement, je ne me suis jamais ennuyé et j'ai pris un certain plaisir à suivre les destins tragiques de nos protagonistes.
Un plaisir qui doit beaucoup au dessin de Félix The Rover. Un trait fin à la ligne claire, certes, il est parfois grossier, quelques problèmes de proportions apparaissent ci et là mais son graphisme dégage une identité qui me plaît, elle m'a rappelé sur certaines planches celle de Philip Craig Russel (couleurs et encrage). Une narration qui s'appuie sur cette partie graphique avec de nombreuses planches sans texte.
Par contre, il a déjà la science de la mise en page, simple et efficace.
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Le Repas des hyènes
Une mystérieuse hyène géante va entraîner le fils d'un chaman villageois dans un étrange voyage initiatique au cœur des croyances africaines. Ce récit s'inspire en grande majorité de la culture Dogon, que je connais malheureusement très mal, et je suis donc incapable de juger de la pertinence ou de l'exactitude de cette représentation. L'album fait également de rapides références à de nombreux souverains africains de toutes époques et origines, ainsi qu'à certains éléments de la culture du Dahomey que je connais davantage. Dans tous les cas, je me suis laissé prendre par cette histoire qui propose moins une reconstitution historique qu'un univers africain largement fantasmé, mystérieux et rempli de croyances. Avec son graphisme naïf et très personnel, l'album m'a donné l'impression d'une version plus sombre et mystique du conte de Kirikou. Le dessin accompagne bien cette ambiance étrange, oscillant entre scènes classiques et passages plus oniriques, voire presque psychédéliques. Les couleurs, parfois sombres et inquiétantes, renforcent le côté magique et inquiétant du récit. L'histoire mélange aventure, mysticisme, humour et moments plus sombres, tout en abordant des thèmes comme la transmission, les croyances, la différence ou encore les conséquences de la colonisation. L'ensemble reste avant tout un beau conte, plus proche du rêve que d'un récit documentaire, mais qui réussit à créer une atmosphère vraiment dépaysante. La structure en chapitres relativement courts donne un rythme agréable à la lecture et permet de ne pas s'ennuyer malgré le nombre important de pages. J'ai aimé suivre ce périple initiatique de cet enfant curieux et courageux, ainsi que sa relation ambiguë avec le yéban cette sorte de démon prenant la forme d'une hyène géante. Cette créature est tour à tour inquiétante, sournoise, attachante et même parfois amusante, ce qui rend leur duo intéressant, avec toujours l'envie de comprendre où cette hyène veut mener cet enfant au bout du compte. Ce n'est peut-être pas un récit qui permet de découvrir réellement la culture africaine, mais c'est une plongée réussie dans une Afrique légendaire, inquiétante et envoûtante, qui m'a offert un agréable moment de lecture.
Oscar et la dame rose
Une lecture sympathique. Un récit qui parvient à rester équilibré, sur un sujet qui pouvait aisément s’avérer casse-gueule, propice à l’accumulation de pathos larmoyant. J’ai même eu parfois l’impression que Zabus aller basculer dans un extrême inverse, avec des passages un peu trop gentiment acidulés. Mais en fait le récit (je ne connais pas le roman d’origine) reste sur le fil du rasoir : on a presque parfois l’impression de lire du feel-good, alors que le sujet est bien la mort d’un enfant (le suspens ne tiens pas plus d’une page). Un enfant que Zabus rend très mature dans ses propos. Un peu comme il l’avait fait dans Mémoires d'un garçon agité. Il y a d’ailleurs pas mal de points communs entre les deux récits (la mort d’un enfant, en plus de celui cité plus haut). L’astuce de faire de chaque heure une année, permet artificiellement d’accélérer la vie du gamin (mais aussi sa « maturité »). Ça n’est a priori pas forcément le type de récit qui m’attire. Mais Zabus a su me le rendre intéressant, avec une économie de moyens louable. Le dessin de Vernay est lui aussi simple, fluide et intéressant. Il y a un peu de Sempé dans son trait.
Assassins - Les Psychopathes célèbres
Un album original (sur le fond et a forme), étrange, étonnant. Etonnant déjà de le retrouver au catalogue de Fluide Glacial, maison d’édition plus réputée pour ses albums à l’humour plus ou moins con et absurde que pour ses documentaires sérieux ! Car il s’agit ici d’un recueil d’histoire courte, chacune nous présentant l’action d’un tueur en série – avec de beaux cas de psychopathes – et en fin d’histoire un rapide rappel factuel des crimes, du nombre de victimes, des modes opératoires, et de la destinée de chacun de ces « assassins ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un peu fourre-tout. En effet, certains cas comme Hitler aurait pu mériter bien plus de pages avec les millions de victimes (alors qu’il n’en a tué aucune de ses mains !), et j’ai aussi du mal à la classer comme « tueur en série », sa volonté génocidaire dépasse clairement le cadre dans lequel sont rangés les autres exemples développés dans cet album. J’ai aussi du mal à voir entrer dans les mêmes cases Elisabeth Bathory (dont on n’est même as sûr au final qu’elle ait été la personne que la légende a retenue). Car à côté d’Hitler ou de Bathory, sont regroupés d’autres « célébrités » du meurtre, comme Jack L’éventreur, Petiot ou Manson. Mais aussi d’autres bien moins connus (je ne connaissais pas du tout Belle Gunness, Mary Bell ou le couple hallucinant Fred et Rose West). Le parti-pris narratif est original, même si je ne sais pas si c’est une bonne idée. En effet, chaque histoire est racontée par un ou plusieurs personnages, inventés pour la plupart, mais l’histoire du « Docteur Petiot » (la plus longue) est racontée par une parodie du couple Balkany (version cynique et SM). Ça détourne un peu l’attention des assassins, même si introduit un peu de second degré, l’humour cher à Fluide. L’album se laisse lire. Mais il ne m’a pas intéressé plus que ça. Je ne suis pas adepte de la mise en avant des faits divers, de la peoplisation des affaires judiciaires. Et je n’ai pas non plus été convaincu par le mélange des genres. Note réelle 2,5/5.
Osez... en BD
Adaptation en bande dessinée de la célèbre collection de guides pratiques de La Musardine, cette série de quatre albums propose d'aborder la sexualité sous un angle à la fois pédagogique et ludique, avec des fortunes diverses selon les tomes. Ces quatre albums sont loin d'être homogènes. Non seulement ils sont dessinés par deux auteurs différents, mais ils adoptent également des approches différentes dans leur contenu et mise en scène. Deux tomes sont illustrés par Eve E, les deux autres par Karo. Eve E tente visiblement de se rapprocher du style d'Arthur de Pins, dont les couvertures avaient largement contribué au succès des ouvrages originaux. La comparaison ne lui est pas forcément favorable, car son dessin apparaît moins maîtrisé, plus raide et moins sensuel. Pourtant, c'est malgré tout le style que je préfère dans cette série. À l'inverse, je n'ai jamais réussi à adhérer au dessin de Karo. J'ai du mal à mettre précisément le doigt sur ce qui me dérange, mais les expressions faciales de ses personnages m'agacent rapidement, avec des airs entendus et des sourires convenus qui ne me parlent pas du tout. De plus, les albums dessinés par Eve E bénéficient d'une véritable mise en scène, alors que ceux de Karo ressemblent davantage à des catalogues d'informations où deux personnages discutent pendant qu'on déroule méthodiquement les conseils. Le premier tome, Rendre un homme fou de désir, sert d'introduction à l'univers de la série. On y découvre un groupe d'amies qui échangent sur leur vie sexuelle sous la houlette de Swan, une experte tellement omnisciente sur le sujet qu'on finit par se demander si elle n'est pas actrice porno. Les informations dispensées sont intéressantes et souvent instructives. La lecture se révèle agréable, davantage orientée vers la vulgarisation que vers l'érotisme. Je reste toutefois en profond désaccord avec certains passages, notamment lorsque l'ouvrage semble minimiser l'infidélité à partir du moment où elle reste discrète. Le deuxième tome, consacré au Kama-Sutra, est de loin celui qui m'a le moins intéressé. Il s'agit essentiellement d'un catalogue de positions sexuelles illustrées, avec une faible narration et peu de mise en situation. Toute la dimension philosophique et relationnelle traditionnellement associée au Kama-Sutra disparaît au profit d'une simple succession de fiches techniques. Le troisième album, Devenir l'amant parfait, est celui que j'ai préféré. Ce n'est certainement pas grâce à son protagoniste masculin, qui m'a plutôt donné l'image d'un gros con infidèle. En revanche, c'est le tome qui exploite le mieux son format de bande dessinée. Les conseils sont intégrés à une véritable histoire où une femme explique à son partenaire ce qu'elle aime, comment répondre à ses attentes et le met en pratique. L'ensemble est à la fois instructif, vivant et assez émoustillant, ce qui constitue probablement l'équilibre le plus réussi de la série. Le quatrième et dernier tome retombe malheureusement dans les travers du deuxième. Consacré aux moyens de raviver le désir dans les couples qui s'essoufflent, il accumule les conseils sous forme de liste plus ou moins déguisée. La mise en scène manque de dynamisme et je n'y ai trouvé aucun aspect excitant. Cela se lit sans déplaisir, mais avec l'impression persistante de parcourir un manuel illustré plutôt qu'une véritable bande dessinée. Mon avis est donc mitigé sur l'ensemble. La série souffre d'une qualité inégale d'un tome à l'autre et d'une tendance récurrente à transformer ses intrigues en catalogues de recommandations. En revanche, les premier et troisième albums remplissent plutôt bien leur rôle de guides de la sexualité accessibles, instructifs et parfois légèrement stimulants, ce qui les rend à mes yeux plus intéressants que les deux autres. Note : 2,5/5
Les Cendres du Nord
L'histoire se déroule juste après la bataille d’Hastings, pendant la conquête des Normands du royaume d'Angleterre par Guillaume le Bâtard. On va suivre deux femmes et un homme dans un triangle amoureux, et en parallèle ils vont s'atteler à améliorer les défenses de leur village pour résister à l'envahisseur. L'une est la veuve du seigneur de ce village et l'autre est une simple habitante de ce bourg. Lui est un mercenaire danois au sombre passé. Le décor est planté. Une rivalité amoureuse qui donne, comme bien souvent, le mauvais rôle au genre masculin. Le récit se laisse lire mais je le trouve mal équilibré à mon goût, la partie sentimentale prenant trop le pas sur la partie historique hélas. Un choix assumé de l'auteur, mais il me laisse sur ma faim. Les histoires de cœur (et un peu de cul) de ce trouple ne m'ont pas vraiment passionné (jalousie et non-dits), le rythme est lent, les rebondissements sont attendus et une fin ouverte qui ne laisse guère d'espoir. Mais étrangement, je ne me suis jamais ennuyé et j'ai pris un certain plaisir à suivre les destins tragiques de nos protagonistes. Un plaisir qui doit beaucoup au dessin de Félix The Rover. Un trait fin à la ligne claire, certes, il est parfois grossier, quelques problèmes de proportions apparaissent ci et là mais son graphisme dégage une identité qui me plaît, elle m'a rappelé sur certaines planches celle de Philip Craig Russel (couleurs et encrage). Une narration qui s'appuie sur cette partie graphique avec de nombreuses planches sans texte. Par contre, il a déjà la science de la mise en page, simple et efficace. Un artiste à surveiller. Pour une première œuvre, c'est plutôt pas mal.