Les derniers avis (5 avis)

Couverture de la série Omula et Rema
Omula et Rema

Mouais. Disons que ça se laisse lire. Mais je n’y reviendrai probablement pas. Il y a quand même trop de facilités et/ou de naïveté dans les grandes comme dans les petites lignes du scénario et de l’intrigue. La partie SF (qui s’estompe presque entièrement dans le second tome), où les clones accompagnant les voyageurs, le voyage lui-même semblent couler de source. Mais aussi la partie « antique », qui cherche à reproduire les premières années de la fondation de Rome et de sa civilisation. Cette dernière est en grande partie mythique, mais Sente semble l’avoir quasiment prise au pied de la lettre, en comblant les inévitables vides par des passages pas toujours crédibles (la façon dont la cité de Rema et ses femmes se développe, avec quels moyens ? Pourquoi le roi d’Albalonga peut-il tolérer cette cité concurrente qui visiblement se peuple d’une partie de sa population ?, le viol collectif des Sabins par les femmes de la cité – en lieu et place de « l’enlèvement des Sabines », le tremblement de terre qui détruit l’armée assiégeante sans toucher à la cité, etc.). La fin, où Tite-Live finit pour Auguste son récit des origines fait un peu « forcé » pour lier ce que nous venons de lire avec ce que nous connaissons de ce récit. L’affrontement entre les deux « sœurs » est parfois artificiellement grossi. Le second album est moins original, car la SF en est quasiment absente, mais aussi parce ‘on devine les péripéties, tant elles doivent coller à ce que nous connaissons de la construction mythique de Rome. Si l’idée de départ semblait séduisante, sa réalisation ne m’a pas enthousiasmé plus que ça. Note réelle 2,5/5.

29/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Croiseur fantôme
Le Croiseur fantôme

Dans l'Amérique des années 50, le père Mils, prêtre d'une petite paroisse, enquête sur une mystérieuse maladie qui défigure plusieurs patients et semble liée à des expérimentations secrètes. Cette BD respire le classicisme jusque dans l'objet lui-même : couverture, mise en page, phylactères, découpage en gaufrier, tout laisse penser qu'elle date de quelque part entre 1950 et 1980. Le dessin est dans une ligne claire très académique que j'aime beaucoup, quelque part entre Berthet et autres Floc'h. Il y a un vrai charme rétro et une élégance générale très agréable dans les personnages, les voitures, les intérieurs et les ambiances américaines d'époque. Tout n'est pas irréprochable pour autant. Certains visages sont un peu grossiers, quelques décors paraissent plats et il y a plusieurs soucis d'échelle ou de perspective, notamment avec des voitures qui semblent souvent trop grandes ou trop petites par rapport à leur environnement. Mais honnêtement, je suis prêt à passer au-dessus de ces défauts parce que j'aime le charme de cette ligne claire classique et légèrement désuète. Le scénario est lui aussi très traditionnel dans sa construction, mélangeant enquête, espionnage, science étrange et fantastique pseudo-scientifique. En revanche, j'ai trouvé originale l'idée d'avoir pour héros un prêtre catholique comme héros. Je n'ai pas le souvenir qu'une autre série BD ait déjà eu cette audace. Et ce n'est pas juste gratuit puisque son statut religieux intervient réellement dans le récit, par exemple lorsqu'il doit interrompre son enquête en pleine urgence parce qu'un mourant réclame une confession. Ce genre de détail apporte une vraie personnalité au personnage. L'intrigue se suit bien, avec un rythme efficace et une narration plaisante, même si les coïncidences sont parfois un peu faciles. Le père Mils arrive régulièrement exactement au même moment que les antagonistes sur différents lieux-clés, alors que les événements auraient très bien pu se produire dans un ordre totalement différent. Ça affaiblit un peu la crédibilité de l'ensemble. Par contre, dès la couverture et les premières pages, j'avais immédiatement compris que la légende du Philadelphia Experiment serait au cœur de l'histoire. Du coup, voir cette révélation traitée comme un grand choc final censé surprendre autant le héros que le lecteur m'a laissé un peu froid, simplement parce que le sujet est déjà très connu quand on s'intéresse un minimum à ce type de mythes pseudo-scientifiques (et qu'on a vu le film du même nom en ce qui me concerne). Malgré cela, j'ai passé un bon moment. C'est une BD au charme rétro assumé, avec un scénario sérieux, bien mené et agréable à suivre, portée par une esthétique de ligne claire qui fonctionne bien sur moi malgré ses imperfections.

29/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Adolphus Claar
Adolphus Claar

Dans un futur rétro-futuriste très marqué années 50, Adolphus Claar, riche industriel aussi satisfait de lui-même que vaguement crétin, traverse une série de mésaventures spatiales entre voyages interplanétaires, robots défaillants et situations absurdes. Comme souvent avec Chaland, j'ai surtout pris plaisir à regarder l'album plus qu'à réellement le lire. Son trait "style Atome" est d'une grande élégance , avec cette synthèse immédiatement reconnaissable entre la ligne claire franco-belge classique et une modernité pop art très années 80. On sent évidemment les influences de Jijé ou Franquin (Adolphus rappelle forcément Fantasio), mais digérées dans quelque chose de beaucoup plus graphique et design. Certaines planches sont des bijoux de composition et de fluidité, avec ce sens de l'ellipse et du découpage qui rend la lecture agréable. En revanche, les histoires elles-mêmes m'ont laissé froid. Ce sont de très courts récits, souvent plus proches du sketch ou du gag étiré que de véritables aventures, et je les ai trouvés un peu vides en contenu. L'univers possède un bon potentiel rétro-SF amusant, avec ses robots, ses corporations et ses visions naïves d'un futur Atom Punk, mais tout reste trop anecdotique et superficiel. L'humour, souvent cynique ou absurde, ne m'a pas fait rire non plus. Et surtout, j'ai eu du mal avec Adolphus Claar lui-même. Son côté grand bourgeois satisfait, maladroit, râleur et perpétuellement autosuffisant m'a davantage agacé qu'amusé. Là où certains y verront un personnage loufoque ou satirique, je l'ai surtout trouvé assez pénible à suivre. Ça reste donc une lecture sympathique avant tout pour admirer le talent graphique de Chaland et son esthétique rétro-futuriste, mais je suis resté assez extérieur aux histoires comme aux personnages.

29/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Grandes Personnes - Récits du naufrage de la Belle Héloïse
Les Grandes Personnes - Récits du naufrage de la Belle Héloïse

Après le naufrage de son navire, un jeune aristocrate colonialiste du XVIIIe siècle échoue sur une île peuplée de géants avec Prudence, une vieille esclave qu'il méprise ouvertement. Sur cette terre inconnue, ils vont découvrir des races de géants qui vont rapidement inverser leurs rapports de domination. Impossible de ne pas penser aux Voyages de Gulliver tant le concept rappelle directement le classique de Swift, même si Téhem adopte ici un ton beaucoup plus cru, plus cruel et moins porté sur la satire légère. Derrière le récit d'aventure fantastique, l'album parle surtout d'esclavage, de colonialisme et de rapports de classe sans tomber dans le discours démonstratif. Le personnage d'Emilien est bien rendu. C'est un jeune homme suffisant, persuadé que sa naissance et sa couleur de peau lui donnent naturellement le droit d'être servi et obéi. Il est parfois un peu caricatural tant il manque de bon sens, mais cela fonctionne justement parce qu'on finit réellement par le mépriser. Son évolution finale m'a semblé plutôt crédible et satisfaisante sans chercher à le transformer miraculeusement en héros irréprochable. J'ai aussi apprécié la structure narrative en plusieurs chapitres donnant successivement le point de vue des différents protagonistes. C'est un procédé que j'aime quand il est bien utilisé, comme il l'était dans la série Berceuse assassine où la multiplication des regards enrichissait énormément le récit. Ici aussi, certains détails prennent un sens différent selon celui qui raconte les événements. En revanche, Téhem pousse parfois un peu trop loin le principe et plusieurs scènes reviennent quasiment à l'identique d'un chapitre à l'autre. À force, j'ai fini par survoler ces passages quand je voyais encore revenir les mêmes moments. Globalement, j'ai trouvé l'album intelligent et plutôt réussi, avec un bon mélange d'aventure, de fantastique et de réflexion sur les rapports humains et la nature. L'univers de cette île étrange fonctionne bien, avec sa faune bizarre, ses géants et son ambiance de conte cruel assez hostile. Pourtant, malgré toutes ses qualités, je suis resté un peu à distance émotionnellement. Je ne me suis pas énormément attaché aux personnages ni totalement immergé dans cette atmosphère particulière. Reste une BD solide, originale dans sa narration et assez subtile dans sa manière légèrement humoristique de parler de domination et d'émancipation sans transformer le récit en démonstration pesante. Une lecture globalement positive, même si elle ne m'a pas complètement captivé.

29/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Jezebel
Jezebel

Je découvre cet auteur avec cet album, même si j’avais vu son nom sur quelques séries qui pourraient m’intéresser. La première chose – c’est important pour ce type de récit – c’est que son dessin est plutôt bon, agréable à l’œil (même s’il est avare de décors travaillés – ça n’est d’ailleurs pas forcément ce qu’on regarde le plus ici), à la fois précis et sensuel pour les scènes de sexe. J’ai juste eu quelques soucis parfois pour distinguer plusieurs personnages masculins. La deuxième chose, c’est qu’Eon cherche à installer une histoire, un récit qui tiendrait la route. Mais, une fois installée, l’intrigue n’est pas trop approfondie hélas, ça reste assez linéaire et basique – malgré la petite surprise finale. La narratrice (via une lettre adressée à l’homme qu’elle quitte) est une jeune femme qui nous relate la relation vaguement SM, en tout cas de soumission, qu’elle subie/entretenue avec l’un des amants de sa mère. Eon place dans une case le livre « Histoire d’O », avec lequel on pourra trouver quelques points communs – même si le livre de Pauline Réage est plus ambitieux, sadien et dense. Une intrigue un peu trop légère, facile, mais qui se laisse lire, agréablement mise en images. Note réelle 2,5/5.

29/05/2026 (modifier)