La série fait immanquablement penser à celles de Bravo "Le journal d'un ingénu" puis "L'espoir malgré tout". On y retrouve en effet nos héros Spirou et Fantasio dans le même contexte de l’occupation nazie. Et, comme pour Bravo, Yann et Schwartz ont d’abord réalisé un one-shot pour ensuite développer l’ensemble sur plusieurs autres tomes (ici deux).
« Le groom vert-de-gris » est plutôt intéressant, et se place d’emblée dans le haut du panier des « aventure de Spirou et Fantasio par… ». C’est en tout cas le tome que j’ai préféré de cette « série ».
Le dessin est vraiment sympathique, donne une version esthétique des personnages proche des premiers auteurs ayant travaillé sur cette série au long cours. Et j’aime bien le dessin de Schwartz qui dans ce style évoqué plus haut parvient à bien retranscrire l’ambiance et les décors d’époque.
Au niveau du dessin d’ailleurs, le lecteur est rapidement captivé par la multitude de clins d’œil effectués à des personnages de la BD classique tendance old school (Hergé en tête), ou à des copains comme Léturgie, mais aussi à des auteurs comme Boris Vian. J’ai été étonné par la tournure donnée au personnage de Violette Morris (si elle a bien collaboré et est bien morte en 1944, c’est en France et non à Bruxelles…). Mais bon, licence créatrice dira-t-on…
Le récit mêle habilement grande et petite histoire, c’est assez rythmé, et les quiproquos entre nos deux héros maintiennent en haleine le lecteur (qui ne les a sans doute jamais vu autant dragués par la gent féminine !).
Le diptyque suivant, s’il se laisse lire sans problème, m’a un peu moins convaincu.
Il y a encore quelques clins d’œil (Spiegelman ; Hergé – la femme léopard déjà…, pseudo argot à Léopoldville autour des mots « Tintin » et « Milou » ; Vian encore, etc.), quelques jeux de mots amusants. Mais tout ça est moins présent, il y a là moins d’à-côtés stimulants pour la lecture (à part les apparitions de Sartre et de Beauvoir).
Par contre j’ai bien aimé tous les détails distillés dans le dernier album autour de la colonisation belge du Congo (journal et cinéma pour « évolués », mépris pour les aspirations indépendantistes – et pour les colonisés/Noirs en général : voir la pub Cadum « rendant la peau plus blanche », caricature de Mobutu avant son accession au pouvoir, etc.).
Ça reste globalement de l’aventure « old school like », pas désagréable, mais moins captivante que le premier tome je trouve.
Note réelle 3,5/5.
Je serais moins enthousiaste que les autres posteurs.
Cet album a des qualités. Tout d'abord la mise en scène est bien maîtrisée et il y a de belles pages et le dessin est très bon. Le scénario possède de bonnes scènes et notamment la grosse scène choc du récit. L'auteur réussit l'exploit de montrer un viol sans tomber dans le voyeurisme. Tout est parfait dans cette scène. Malheureusement, l'histoire est trop longue. Je comprends qu'on veut montrer comment cet événement a détruit la vie de l'héroïne (enfin ça et la mort de sa mère) et va la poursuivre toute sa vie.
C'est une bonne idée, sauf que je trouve qu'il y a des longs passages où il se passe rien de bien intéressant. Parfois, j'avais l'impression que l'auteur voulait absolument mettre dans son histoire autant de sujets de société que possible. C'est donc encore une fois une BD où mon intérêt variait selon les scènes. Je recommande un emprunt parce que malgré tout il y a de très bonnes scènes.
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Le Spirou de Schwartz et Yann
La série fait immanquablement penser à celles de Bravo "Le journal d'un ingénu" puis "L'espoir malgré tout". On y retrouve en effet nos héros Spirou et Fantasio dans le même contexte de l’occupation nazie. Et, comme pour Bravo, Yann et Schwartz ont d’abord réalisé un one-shot pour ensuite développer l’ensemble sur plusieurs autres tomes (ici deux). « Le groom vert-de-gris » est plutôt intéressant, et se place d’emblée dans le haut du panier des « aventure de Spirou et Fantasio par… ». C’est en tout cas le tome que j’ai préféré de cette « série ». Le dessin est vraiment sympathique, donne une version esthétique des personnages proche des premiers auteurs ayant travaillé sur cette série au long cours. Et j’aime bien le dessin de Schwartz qui dans ce style évoqué plus haut parvient à bien retranscrire l’ambiance et les décors d’époque. Au niveau du dessin d’ailleurs, le lecteur est rapidement captivé par la multitude de clins d’œil effectués à des personnages de la BD classique tendance old school (Hergé en tête), ou à des copains comme Léturgie, mais aussi à des auteurs comme Boris Vian. J’ai été étonné par la tournure donnée au personnage de Violette Morris (si elle a bien collaboré et est bien morte en 1944, c’est en France et non à Bruxelles…). Mais bon, licence créatrice dira-t-on… Le récit mêle habilement grande et petite histoire, c’est assez rythmé, et les quiproquos entre nos deux héros maintiennent en haleine le lecteur (qui ne les a sans doute jamais vu autant dragués par la gent féminine !). Le diptyque suivant, s’il se laisse lire sans problème, m’a un peu moins convaincu. Il y a encore quelques clins d’œil (Spiegelman ; Hergé – la femme léopard déjà…, pseudo argot à Léopoldville autour des mots « Tintin » et « Milou » ; Vian encore, etc.), quelques jeux de mots amusants. Mais tout ça est moins présent, il y a là moins d’à-côtés stimulants pour la lecture (à part les apparitions de Sartre et de Beauvoir). Par contre j’ai bien aimé tous les détails distillés dans le dernier album autour de la colonisation belge du Congo (journal et cinéma pour « évolués », mépris pour les aspirations indépendantistes – et pour les colonisés/Noirs en général : voir la pub Cadum « rendant la peau plus blanche », caricature de Mobutu avant son accession au pouvoir, etc.). Ça reste globalement de l’aventure « old school like », pas désagréable, mais moins captivante que le premier tome je trouve. Note réelle 3,5/5.
Le Dernier été de mon innocence
Je serais moins enthousiaste que les autres posteurs. Cet album a des qualités. Tout d'abord la mise en scène est bien maîtrisée et il y a de belles pages et le dessin est très bon. Le scénario possède de bonnes scènes et notamment la grosse scène choc du récit. L'auteur réussit l'exploit de montrer un viol sans tomber dans le voyeurisme. Tout est parfait dans cette scène. Malheureusement, l'histoire est trop longue. Je comprends qu'on veut montrer comment cet événement a détruit la vie de l'héroïne (enfin ça et la mort de sa mère) et va la poursuivre toute sa vie. C'est une bonne idée, sauf que je trouve qu'il y a des longs passages où il se passe rien de bien intéressant. Parfois, j'avais l'impression que l'auteur voulait absolument mettre dans son histoire autant de sujets de société que possible. C'est donc encore une fois une BD où mon intérêt variait selon les scènes. Je recommande un emprunt parce que malgré tout il y a de très bonnes scènes.