Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire.

Chooz

Note: 1.5/5
(1.5/5 pour 2 avis)

Cet album fait partie des "Chroniques de fin de siècle", la saga anarchiste de Santi et Bucquoy (voir également à "Autonomes" et "Une aventure de Gérard Craan")


Anarchiste ! Dictatures et répression Trash Wallonie

Dos de couverture de la première édition (1988): Milieu des années 90 : alors que la Belgique se redresse péniblement de quelques années de dictature otantiste, la campagne électorale en France va décider du sort de l'Europe... Si Carnac et Lapeine triomphent, comment la wallonie libre et la France fasciste pourront-elles coexister? Sur fond de coup d'état, de pouvoir atomique et d'amour vache, les idéologies s'affrontent comme des bêtes enragées. Univers parallèle? Pas si sûr... En Belgique, on s'apprête à juger les membres des CCC fidèles lecteurs de Santi et Bucquoy, et on commence à découvrir l'ombre de la sureté de l'état et des militants otantistes dans les tueries du Brabant wallon. En france les électeurs vont bientôt se prononcer sur le prochain président de la république. LISEZ LES CHRONIQUES DE FIN DE SIECLES EN PRIANT POUR QUE LES PARALLELES NE SE REJOIGNENT PAS!

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1988
Statut histoire Une histoire par tome (fait partie des "Chroniques de fin de siècle") 1 tome paru
Couverture de la série Chooz
Les notes (2)
Cliquez pour lire les avis

19/02/2003 | ArzaK
Modifier


L'avatar du posteur Agecanonix

Je me rappelle avoir lu cet album dans Circus dans les années 80 alors que la Bd était titrée "Chroniques de fin de siècle" ; elle relatait les aventures d'un dénommé Gérard Craan avec une tête de Patrick Dewaère, qui agit tout au long d'une histoire de façon parfois violente dans des récits étranges et angoissants, et c'était avec ce dessin plus doux et agréable de Santi, très différent des premiers récits répertoriés ici sous le titre Une aventure de Gérard Craan. Je me souviens notamment d'un épisode où Craan rencontre un type qui a la tête de Depardieu, et qu'il attache une fille nue sur une chaise après l'avoir sautée... En bref, c'était un peu du n'importe quoi, ça ne signifiait pas grand chose et je me souviens que je n'avais pas accroché du tout. Le posteur précédent décrit très bien dans son avis les élections et l'aboutissement du fascisme qui règne sur l'Europe, soit en Belgique, soit en France ; il est vrai que la Belgique a connu dans les années 80 des heures agitées et qu'en France, on en a peu parlé, enfin je n'en ai pas le souvenir vivace. Bucquoy se sert d'une certaine réalité d'époque pour étayer son récit. Mais cette Bd reste intéressante uniquement pour sa description d'un contexte complètement déboussolé et perverti par une politique répressive et nauséabonde. Cette bande brasse un peu de tout en une sorte d'anticipation de politique-fiction ou d'une uchronie, je ne sais pas trop, ou un peu des deux, mais en tout cas, c'est du pur Bucquoy, subversif, dérangeant, qui décrit une fin de siècle particulièrement sombre et terrifiante, avec sa méthode rentre dedans, n'hésitant pas à étaler violence, sexe, dérives et actions condamnables, un peu dans le même style vu dans ses autres créations comme Stone ou Alain Moreau, ou même un épisode de Jaunes qui impliquait la famille royale belge... c'est donc très spécial et inclassable.

25/03/2015 (modifier)
Par ArzaK
Note: 2/5

La première chose qu’a suscitée en moi cet album, c’est l’étonnement. Dans cet album, datant de 1988, Bucquoy décrivait une France des années 90 en proie aux combats idéologiques extrêmes. La France est devenue un état policier, les élections présidentielles voit un second tour dans lequel un certain « Carnac » qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Jacques Chirac mais avec une petite moustache de facho, affronte « Lapeine », un borgne qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Lepen... C’est presque de la prémonition, non ? A la différence notable que, les deux ayant un score très serré et Carnac gagnant le siège de président avec à peine quelques dixièmes de pourcent en plus de Lapeine, décide de faire de Lapeine son ministre et fonde un parti fasciste unique... Face à cet état policier, des résistants anarchistes, organisés depuis la Belgique (qui s’est délivrée depuis peu d’une dictature Otantiste), viennent foutre le bordel en France en s’alliant avec des bandes de voyous sans foi ni loi. Brrr... C’est pas triste, c’est même super glauque comme anticipation. Et à lire cela aujourd’hui, on en revient vite à se poser des questions sur la santé mentale de Bucquoy... N’y-a-t-il pas un peu de parano dans tout ça ? Déjà, je parie que si cet album était réédité aujourd’hui, Chirac pourrait facilement faire condamner ses auteurs pour propos diffamatoires. Il n’est rien d’autre, dans cet album, qu’un sale facho faisant alliance avec Lepen pour fortifier une dictature et un parti unique. Mais n’oublions pas qu’à l’époque de cet album, le Chirac d’aujourd’hui n’hésitait pas à rencontrer monsieur Lepen afin de gagner les voix du FN et qu’il ne rechignait pas non plus à sortir par-ci par-là quelques propos racistes pour plaire à l’électorat facho (le célèbre « le bruit et l’odeur »). L’attaque de Bucquoy est sans doute lourde, mais franchement, le Chirac de ces années-là ne mérite pas mieux. Pour le reste, c’est en se replongeant dans l’histoire de la Belgique que l’on réalise que cet affrontement des extrêmes n’est que l’extrapolation de la situation politique belge confuse des années 80. J’apprends sans doute des choses aux Français, mais la Belgique des années 80, c’était tout sauf un pays de gens tous sympas, tous bons, tous c*** (l’image un peu désobligeante que Coluche donna du belge dans les années 80) : deux crises terroristes majeures ont frappés la Belgique dans ces années-là. D’un côté un mouvement extrémiste de gauche, les CCC (Cellule Combattante Communistes) décidé à faire éclater une révolution prolétarienne en Belgique, provoquaient des attentats dont l'un d'eux fût meurtrier. Parallèlement, une mystérieuse milice masquée provoqua pendant plusieurs semaines des massacres à l’arme de guerre dans des endroits publics (les super-marchés surtout) tirant sur tout ce qui bouge, femmes et enfants y compris. Aujourd’hui encore on ignore totalement qui étaient ces hommes masqués sanguinaires qu’ont a appelé « Les tueurs du Brabant », quelques vagues pistes jamais confirmées, et même peut-être étouffées, ont laissés entendre qu’il s’agissait de milice d’extrême droite constituées en partie de policiers. Mais rien n’a jamais pu être prouvé. Cela reste, encore aujourd’hui un des plus grands mystères de l’histoire de Belgique. Visiblement (cf. résumé), Bucquoy est de ceux qui pensent qu’il s’agissait de militants Otantiste (il existe une thèse qui dit que la CIA était dans le coup et que le but était de faire croire que c’était des attentats communistes). Face à cette escalade de la violence des deux extrêmes, on comprend bien dans quel état d’esprit Bucquoy a imaginé ceci. Mais ce qui me gêne grandement (ce qui explique mon deux étoiles), c’est que Bucquoy semble légitimer les CCC., il dit même d’eux qu’ils sont des fidèles lecteurs de ses bd (cf. résumé). Je trouve cette position très limite, un des attentats de CCC a provoqué la mort de deux pompiers. Au-delà de ce fait, je crois que cet album résolument original et subversif réjouira les amateurs de Bucquoy, même si à mon sens, ce récit est bien moins réussi que les deux premiers albums d’Alain Moreau que j’ai pu lire.

19/02/2003 (modifier)