Le Pouvoir des innocents

Note: 3.92/5
(3.92/5 pour 49 avis)

Comment Steve Providence, petit gars du Bronx, grande gueule et impulsif, incarcéré à 13 ans a pu devenir 25 ans plus tard une star de la boxe, modèle pour toute la jeunesse ? Une troublante plongée dans les coins sordides de New York. Thrillerissime ! Voir aussi les deux suites : Les Enfants de Jessica et Car l'enfer est ici


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A New York, en pleine campagne électorale, la criminalité connaît une poussée subite. Une gigantesque manipulation est à l'oeuvre. Nul n'est plus touché par cette guerre secrète que Joshua Logan, qui a vu son fils tomber sous les balles d'un vigile. Interné dans un hôpital psychiatrique, Logan y a été torturé par la mafia, car il détient sans doute, à son insu, la clé du complot. Avec l'aide d'Amy, une petite fille autiste, il a réussi à s'échapper et erre maintenant sans but dans les rues de New York... Pendant ce temps, le boxeur le plus célèbre du moment, Stephen Providence, révèle qu'il doit sa carrière et son ascension à Jessica Rupert, la candidate populiste aux élections municipales.

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 1992
Statut histoire Série terminée (2 séries suites - voir ci-dessous) 5 tomes parus
Couverture de la série Le Pouvoir des innocents © Delcourt 1992

17/10/2001 | Kael
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Par Seube
Note: 2/5
L'avatar du posteur Seube

Voici une histoire qui aborde de nombreux thèmes. Trop peut-être ? Les couleurs et le dessin ne m’ont pas vraiment plus et je regrette le long flottement en milieu de récit. Dommage! Par contre je ne comprends pas les avis si élogieux, vraiment pas. C’est un ancien commando du Vietnam qui vit avec sa femme et son fils dans le Queens. Marqué par les horreurs de la guerre, il est instable. En parallèle, la campagne des candidats aux élections à la mairie de New-York est lancée, dans un climat où la criminalité monte en flèche. Enfin, un boxeur adoré du public remporte un match très médiatisé. Ces trois histoires vont lancer un thriller intéressant dans un environnement où de nombreux thèmes seront abordés : traumatisme et psychologie de l’individu, la vie en société, l’indignation, la mafia et la politique, le pouvoir d’influence des personnalités publiques, le racisme, la misère et la délinquance, les idéaux individuels et collectifs… Les thèmes sont abordés, mais pas décortiqués non plus. Aussi il sera facile de suivre le récit du début à la fin. La narration est claire, le passage d’un narrateur à l’autre ne me dérange pas du tout et l’écriture me plaît. J’ai lu un tome (T4) version réimprimée 2011 et ils ont eu la bonne idée d’améliorer 2 choses : 1° la typo : je bloquais souvent sur le texte qui avait une écriture trop serrée. 2° les couleurs : les premières éditions ont pris un gros coup de vieux en plus d’être, je trouve, trop imprécises. D’ailleurs les nouvelles couleurs ont rendu l’ambiance moins sérieuse, ça ne m’a pas vraiment convaincu non plus mais c’était déjà plus agréable. Mais tout ça n’enlève rien au problème quasi-principal pour moi qui est le dessin. Je vois une amélioration sur les derniers tomes mais franchement, il y a beaucoup trop d’irrégularités pour que je le considère réussi. J’ai sélectionné le pire rien que pour vous : jetez un coup d’œil sur l’avant-dernière case de la planche 41, tome 2. Franchement ce portrait difforme, désolé mais je vois un crapaud ! Bon, et l’intrigue dans tout ça… Ça commençait vraiment bien ! Le 1er tome annonçait, pour moi, un petit chef d’œuvre. J’y trouvais des similitudes à XIII avec certaines scènes, ces crapules dégeu’ et des bandits qui s’incrustent un peu partout. Et dans le 2ème tome, le scénariste prend un virage qui écarte complètement mes premières impressions pour créer une intrigue plus singulière, où notre Joshua deviendrait presque un antihéros tandis que le complot ambiant se dévoile un peu. Super prenant ! Sauf que la suite m’a calmé direct et j’ai perdu mon enthousiasme… C'est là où on doit dire si on aime ou pas... Et moi, j’avais pas du tout envie de lire ces scènes qui ont fait chuter le rythme pendant trop longtemps. Providence est devenu le cœur du récit, puisqu'il est au cœur de pas mal de trucs. Il y a un concentré de monologues, d’histoires qui traînent en longueur, bien que ces histoires amènent à justifier plein de choses derrière. Je comprends pas comment on peut lancer une histoire si violente/stressante et se retrouver au milieu de nulle part avec une histoire enfantine rédemptrice à la mords-moi le nœud. Et si l’épilogue réhausse le niveau et nous fait retrouver un peu de ce qu'il y avait dans les premiers tomes, je n’ai pas pu avoir cette montée de tension et d’adrénaline comme tout bon thriller qui se respecte. Et puis un dernier point important. L’auteur veut donner une ambiance réaliste pour apporter sa propre critique de la société américaine, et il le fait plutôt bien je trouve. Il en vient aussi à offrir une place importante sur l’existence d’un idéal de société. C’est très utopiste mais bon, pourquoi pas. L’idéal est personnifié au nom de Jessica Ruppert. Et là, horreur. J’ai l’impression d’avoir Jésus en personne. Sauf que j’crois pas en Jésus. Tous ces discours bienpensants et bien catho qui te balancent des leçons de vie bourrées de bons sentiments, d'altruisme et de solidarité… Ça m’a gavé de savoir que c’était finalement ça le moteur de l’histoire! S'il est en plus représenté par le parti démocrate américain, alors là on touche le pompon ! Ca a tout simplement ruiné l'aspect réaliste. Et puis aujourd’hui, je pense qu’à peu près tout le monde s’accorde à dire que les individus sont pas tout noir ni tout blanc, que chacun peut se trouver en contradiction avec ses idéaux… Sauf que là, il y un manichéisme omniprésent, sans nuance, qui m’a beaucoup cassé les pieds. Je déconseille l’achat sans avoir parcouru tout le récit ! Et je déconseille l'achat t'façon, ou bien prenez au moins les dernières éditions qui ont une coloration à jour (pas meilleure, mais à jour) et une typographie plus aérée. La note moyenne laisse à penser que cette série est incontournable, ce qui m’étonne énormément… Franchement on a vu tellement mieux, non ?

02/04/2021 (modifier)
Par Matagot
Note: 4/5

Une belle série maîtrisée de bout en bout. Les personnages sont un peu trop manichéens pour valider une note maximale mais l’histoire est prenante et le dessin agréable. C’est une série que je peux relire régulièrement après quelques année pour y chercher les détails oubliés. Certains éléments sont dérangeants, caricaturaux et archetypicaux, surtout le personnage de Xuan-Mei qui est parfois incohérent à force de rentrer dans les cases qui lui sont imposées, mais c’est probablement juste une marque de l’âge de la série et cela ne doit pas en détourner les potentiels lecteurs.

21/02/2021 (modifier)
Par CVI
Note: 4/5
L'avatar du posteur CVI

Voilà une bonne série, c'est du solide. Très bons scénario et dessin. Pour moi il n'y avait pas besoin de faire plusieurs cycles. Je recommande la lecture au moins du premier.

07/02/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Bon, voici encore une série trop largement surestimée et dont j'ai du mal à saisir le succès ; j'ai trouvé tout ça assez banal en y réfléchissant bien, et le sujet de base n'a rien pour m'attirer. Ce succès est dû sans doute au nom de Luc Brunschwig, scénariste lui aussi très surestimé comme le sont Frank Miller ou Alan Moore... Je reconnais qu'il écrit de bons trucs, mais ce scénario est un peu trop dense pour vraiment me passionner. Il se veut une charge au vitriol contre la société U.S., ça taille sec, le trait de Luc est très acéré, naviguant entre polar et réalité quotidienne, ce qui n'est pas pour me déplaire d'ailleurs, cette société américaine n'étant pas exempte de travers détestables. En fait, à travers un fil rouge qui est de dénoncer la violence de la vie urbaine, la BD brasse de nombreux thèmes : ravages de l'obsession de l'ordre, dangers des milices privées, écarts de conduite des groupes d'auto-défense, limites d'une politique axée sur la répression, bons sentiments exacerbés d'une fondatrice de centres d'hébergement, constat tragique d'un boxeur manipulé, souvenirs douloureux et morbides d'un vétéran du Vietnam ayant sombré dans la folie, racisme entre jeunes délinquants, implication de politiques dans des affaires douteuses chapeautées par la mafia... et au bout un gigantesque complot. Tout ceci est asséné en alternance et finit par me lasser et me submerger par sa surabondance, il y a trop de manipulations, trop de flash-backs, et la narration n'est pas toujours claire car elle est faite par plusieurs personnages, sans compter que les auteurs s'attardent beaucoup trop sur la jeunesse du boxeur Steven Providence. Bref ça pourrait être plus habile si c'était un peu allégé, mieux structuré, le début démarrant plutôt bien... A partir du tome 3, ça s'englue tellement et les personnages sont tellement nombreux que j'ai dû me faire violence pour aller au bout... Le dessin semble aléatoire, surtout sur le tome 1, je n'aime pas trop ce style, ça s'arrange de temps en temps, mais j'ai toujours eu l'impression d'un trait irrégulier, parfois bon sur certaines pages, et parfois très moyen sur d'autres. Or peut-être que ça m'aurait plus accroché si le dessin avait été plus couillu, plus joli et plus soigné. Il n'y a qu'à voir sur Il était une fois en France, le sujet ne m'emballait pas non plus, mais j'ai lu le tout sans ennui à cause du dessin beaucoup plus esthétique, soutenant avec force le sujet, donc ça compte, et ici c'est loin d'être le cas.. C'est donc une déception pour moi qui m'attendait à quelque chose d'exceptionnel au vu des notes favorables sur BDT...

18/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

A l'heure de poster mon 700ème avis, il me fallait trouver une série qui sorte un peu de l'ordinaire. Quoi de mieux donc que de trouver, dans un genre que j’affectionne, cette histoire de Brunschwig et Hirn ? Le scénario, tout d'abord, est construit de manière très maligne en utilisant le procédé des flashbacks et en fouillant la personnalité des différents personnages. Ce récit est foisonnant de par le nombre de thèmes qu'il aborde. Des sans-abris aux laissés pour compte de la société américaine en passant par la collusion des deux principaux partis politiques avec le monde louche de la pègre qu'elle soit maffieuse ou non. Nous verrons également les affres de la réinsertion des anciens combattants du Vietnam au travers du personnage de Logan. Certains pourraient trouver que, justement, cette profusion de thèmes nuit à la compréhension de l'ensemble. Je trouve au contraire, et c'est ce qui fait le talent de Brunschwig, qu'il ne nous perd pas en route et surtout qu'il n'oublie pas son histoire. Je ne mets pas culte car quelques détails déjà notés par d'autres posteurs me font également un peu tiquer. C'est par exemple cette bonté surnaturelle de Jessica que je trouve un peu too much. Alors certes il y a un message derrière tout ça qui tendrait à exiger plus de vertu chez nos hommes politiques mais l'héroïne est par trop parfaite, limite naïve pour me convenir totalement. Cependant plus on avance dans l'histoire, et notamment grâce aux flashback, plus on s'aperçoit que les personnages ne sont pas aussi manichéens qu'il y parait (sauf la réserve Jessica ci-dessus). Au final nous avons donc un scénario d'une rigueur quasi militaire, millimétré et tiré au cordeau et qui jamais ne s'égare en digressions inutiles. Plus que divertissant, il éclaire sur les us et coutumes des puissants de ce monde tout en s'ancrant dans une réalité non fantasmée. J'ai bien apprécié le dessin de Laurent Hirn qui dans un style réaliste sait donner de l'expressivité aux personnages. Plus que recommandable donc. Si vous aimez les scénarios malins, cette série est à lire d'urgence.

01/06/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Bon, le moins que l’on puisse dire, c’est que Luc Brunschwig a su bâtir un scénario assez captivant, avec moult rebondissements, le tout entrecoupé de longs flash-back éclairant la personnalité torturée (sic) du personnage principal, le sergent Logan. Et ça démarre sur les chapeaux de roue, de manière très violente. Une violence qui semble gratuite (et qui s’espacera un tout petit peu ensuite, tout en devenant moins « gratuite »). On a donc là un bon thriller, genre blockbuster américain, qui sait maintenir en haleine le lecteur. Ceci étant dit, ce n’est pas pour moi le chef d’œuvre ultime que beaucoup y ont vu, et ce pour plusieurs raisons. D’abord le dessin. Il est bon, mais les couleurs sont datées je trouve, un peu trop criardes parfois. Pour ce qui est de l’histoire, elle est bien faite et menée, certes, mais parfois un peu trop caricaturale (si les discours des deux grands partis américains se distinguent un peu, la réalité les rapproche dans les faits beaucoup plus que ne le fait Brunschwig, qui les oppose ici de manière trop manichéenne). Le personnage de Jessica (visuellement fortement inspiré de la Jessica Fletcher de la série Arabesque, non ?) me paraît outrancièrement gentil, sans défaut, plein de bons sentiments : c’est trop pour moi ! Enfin, sans trop spoiler la fin de l’histoire, je n’ai pas du tout trouvé crédible le plan des « 508 » mené par Steven Providence. Ces quelques remarques (ainsi que la trop grande longueur de certains flash-back je trouve) m’empêchent de monter à quatre étoiles. Cela dit, cela reste un bon thriller à lire – et pourquoi pas à acheter. A noter la dernière page qui, en faisant un gros plan sur un indice laissé par Logan, laisse la porte ouverte à une éventuelle suite.

25/10/2014 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5

Culte pour moi aussi ! Le Pouvoir des innocents impressionne par la qualité et la densité de son scénario. Luc Brunschwig, que j'avais déjà repéré dans L'Esprit de Warren, prouve qu'il est un scénariste surdoué. L'intrigue est impeccablement construite et littéralement addictive. Brunschwig casse la linéarité de son récit en introduisant nombre de flashbacks qui permettent de travailler et de densifier au maximum ses personnages principaux. Le développement de l'histoire des personnages, loin de casser le rythme, complexifie le scénario et donne une force incroyable à la série. L'imbrication des histoires personnelles et de la trame principale est un petit bijou de narration. L'univers, sombre et ultra-violent, tend vers la dystopie. Et pourtant, les auteurs ancrent leur saga dans un cadre réaliste et contemporain. Ils fleurtent au début avec un certain manichéisme mais c'est pour mieux surprendre le lecteur. Car progressivement, s'instaure un climat glauque et dérangeant qui « grise » les personnages comme les situations. Les dessins de Laurent Hirn sont particuliers et très expressifs. Ils s'améliorent tout au long de la série et donnent un certain cachet. Sombre, dérangeant et passionnant, Le Pouvoir des innocents est une série à lire absolument. Un très grand bravo aux auteurs !

27/01/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Voilà que je termine Le pouvoir des innocents et ce fût une excellente surprise. Premier atout et non des moindres : la noirceur pesante de certains passages. Bien dosée et bien exploitée au profit de la trame principale, elle vous laisse tout simplement pantois. C'est dans la trame principale justement que j'ai personnellement décelé la deuxième qualité de la série. Surpris par des retournements de situation finement amenés, le développement du récit m'a conduit avec beaucoup d'intérêt jusqu'au mot fin. Même si certains passages sont plus facultatifs et lents, l'histoire demeure fluide et fichtrement bien foutue! L'aspect graphique réaliste évolue au fil des tomes et le trait s'affine, se précise. La colorisation est bonne et sert l'ambiance générale du récit. Bref, cette série en cinq tomes mérite indéniablement que l'on s'y attarde. Je pense que je vais prolonger mon plaisir avec les "spin-offs" déjà parus. N.B: c'est moi ou le centre de Jessica est franchement inspiré du bouquin de Neill "Libres enfants de Summerhill"?

06/08/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Culte ! (Voilà, tout est dit) Mais, bon, avant de me faire jeter, je vais quand même étoffer cet avis. L’idée de départ est géniale. Les différents personnages sont longuement développés. Ils y gagnent en humanité et en profondeur. Les rebondissements sont multiples et les coups de théâtre ne manquent pas. L’ensemble est merveilleusement cohérent et se lit sans peine d’une traite. La fin, entrouverte, est également très bonne. Le dessin me laisse par contre dubitatif. Il est à mes yeux un peu trop surchargé et, à ses débuts, brouillon, mais, comme c’est souvent le cas avec moi, j’ai su passer outre ce détail dès que l’histoire m’a happé, pour finir par l’apprécier. Mais je ne sais toujours pas si je l’ai apprécié pour ses qualités propres (son dynamisme entre autres) ou parce qu’il illustre un scénario que j’ai adoré. La colorisation, enfin, n’est pas des plus joyeuses, mais le sujet non plus. Les deux vont donc bien ensemble. Mais quel scénario ! Et quelle richesse dans la palette des caractères. Culte, vous dis-je.

05/03/2009 (modifier)
Par Chéreau
Note: 2/5

Wouf, la grande baffe dans la gueule. Pourquoi vouloir faire aussi violent et aussi noir ? Côté charge contre la société américaine, c'est plutôt réussi. Trop peut-être. Ca manque un peu de nuance. Le scénario enchaîne des coups de théâtre qui finissent par tuer un peu la crédibilité de la série. A force d'ajouter un manipulateur derrière le manipulateur derrière le manipulateur, on s'y perd et on finit par ne plus croire en aucun personnage. A cause de cette méchanceté gratuite et de ce scénario improbable, je n'ai toujours pas réussi à finir la série. Je bute au tome trois. Les dessins ? Proches de Boucq, pas mal, mais trop gras, trop mous et trop colorés pour une série aussi violente.

29/11/2008 (modifier)