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Les Ogres-Dieux

Note: 4.06/5
(4.06/5 pour 17 avis)

Du plus jeune et plus petit des Ogres, c'est toute l'histoire d'une famille et de ses membres qui est contée. Héritage, coutumes, tiraillements... Un superbe récit gothique autour du déterminisme familial.


Cannibalisme Hubert Les prix lecteurs BDTheque 2014 Soleil

Du plus jeune et plus petit des Ogres, c’est toute l’histoire d’une famille et de ses membres qui est contée. Héritage, coutumes, tiraillements... Un superbe récit gothique autour du déterminisme familial.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Décembre 2014
Statut histoire Une histoire par tome 3 tomes parus
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les notes (17)
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17/12/2014 | SkAmby
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Avis sur les trois premiers tomes sortis à ce jour. Une véritable fresque de fantasy épique et qui en même temps fait preuve d'une réelle sensibilité. L'univers est original, la narration idem : chaque tome est découpé en chapitres entre lesquels s'incrustent des nouvelles fort bien écrites et qui viennent contribuer très judicieusement à la compréhension et à l'atmosphère du récit. Les personnages sont également très charismatiques. L'histoire raconte la chute du royaume des Ogres-Dieux et le chaos qui en découle, où les humains de différents camps essaient de s'approprier l'héritier légitime du trône : Petit, fils du roi déchu, rejeté par sa famille car il avait presque la taille d'un humain (mais tout de même plus grand que la moyenne et doté d'une force surhumaine), et qui ne cherche lui qu'à protéger l'humaine qu'il aime et à trouver un clan reculé d'ogres dont il a appris l'existence, par-delà les montagnes qui ceinturent le royaume. Le tout est brillamment servi par le trait fin et élégant de Gatignol, qui maîtrise parfaitement le noir et blanc et les nuances de gris. J'aurais noté la série franchement bien sur la base des deux premiers tomes, mais le troisième m'incite à donner la note culte, car l'histoire y prend un tour inattendu et dantesque. J'étais happé comme jamais à sa lecture. La seconde partie du livre est vraiment étouffante et magistrale. Impossible de lâcher le livre. Les auteurs confirment tout le potentiel de leur univers. Une des très grandes séries du moment, et sans doute plus que cela quand les tomes suivants auront confirmé son rang. C'est grâce à des séries comme cela que l'on aime la bande dessinée.

25/09/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Pokespagne

Tome 2 : Demi-sang "Demi-sang" (second tome de la série des "Ogres-Dieux" que j'ai lu avant le premier, précisons-le) est l'un des livres les plus formellement impressionnants que j'aie vus depuis longtemps : l'incroyable élégance du dessin, réalisant une synthèse idéale entre les codes du manga et ceux de la ligne claire franco-belge, la beauté graphique de l'utilisation du noir et du gris pour composer des pages à la profondeur, à la complexité et à la lisibilité uniques, la perfection formelle de "l'objet livre" en général, tout cela fait de la lecture de "Demi-Sang" un grand (et rare) moment d'émotion esthétique. Mais bien sûr, ce ne serait rien sans la construction d'un univers aussi original que cohérent (disons une sorte de modernisation des contes de Perrault via "Game of Thrones"), rehaussé par de délicieux intermèdes "historiques", et l'histoire redoutablement machiavélique mais éternelle des ravages de l'ambition politique et de la soif de reconnaissance. Bref, une BD quasiment parfaite, à laquelle ne manque peut-être qu'un soupçon de folie pour atteindre la plus haute marche du podium. Tome 3 : Le Grand Homme Petite déception à la lecture du troisième volet des "Ogres-Dieux", l'extraordinaire saga d'heroic fantasy / contes de fées de Bertrand Gatignol et Hubert : autant les deux premiers tomes frôlaient la perfection, tant du point de vue formel que de ce qu'ils racontaient, autant ce "Grand Homme" se révèle bien lourd, voire ennuyeux, durant une bonne partie du trajet que nous effectuons avec Lours, Petit et leur bande, fuyant la fureur du Chambellan. Le problème n'est pas la beauté de l'objet, à nouveau spectaculaire, puisque les auteurs poursuivent leur travail de manière totalement cohérente avec les deux volumes précédents (même si le dessin accuse parfois des faiblesses dans la description de certains mouvements que l'on ne lui avait pas vu précédemment dans des scènes plus "hiératiques"...). Non, le problème est tout simplement qu'il est difficile d'accrocher à un enchaînement de péripéties peu enthousiasmantes : on reconnaît une forme de récit en Road Movie, si on ose dire, caractéristique de l'heroic fantasy, mais cela ne fonctionne tout simplement pas ici, faute peut-être d'une topographie qui fasse sens, ou même simplement d'une intrigue assez dynamique. Heureusement, tout change dans le dernier tiers du livre, quand nos "héros" et leurs poursuivants pénètrent dans une forêt terrifiante, où le graphisme en noir et blanc fait absolument merveille, et où Gatignol et Hubert créent enfin l'atmosphère surnaturelle que nous attendions. La toute dernière partie du "Grand Homme", conjuguant tragédie intime et grande scène psychédélique intelligemment mise en page, est extraordinaire, et permet de refermer le livre sur une impression extrêmement positive. Mieux encore, le terrible destin de Lours, être exceptionnel accumulant erreurs, mauvaises décisions et malchance au point de transformer son existence et celle de ceux qu'il aime en désastre absolu, nous hantera longtemps après avoir terminé la lecture.

07/03/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Tome 1 : Petit Un lourd et bel écrin pour une œuvre atypique, en noir et blanc, dont le thème vient puiser dans les terreurs enfantines suscitées par les contes populaires, « Le Petit Poucet » étant le plus emblématique. Sauf qu’ici, « Petit » n’est pas un humain mais un ogre. Comme Poucet, il est de taille réduite par rapport à la norme. Comme Poucet, le père cherche à s’en débarrasser mais pour d’autres raisons, juste parce qu’il porte les signes de la consanguinité. Celui-ci devra se débattre entre les pulsions violentes propres à ses origines et l’humanisme enseigné par sa tante Desdée, mise à l’écart de la Cour pour avoir refusé de manger des humains. Le récit est structuré selon deux axes narratifs entrelacés, d’une part la BD, d’autre part des textes illustrés racontant la vie des différents souverains depuis le fondateur. Graphiquement, on est séduit d’emblée par ces à-plats noirs conférant une atmosphère gothique à l’histoire. Cadrage et dessin révèlent chez son auteur un sens incontestable du rythme et du mouvement. Par sa capacité à représenter la démesure de ces ogres gargantuesques, Bertrand Gatignol parvient à insuffler du souffle à la hauteur de ce récit dantesque où l’on assiste aux derniers soubresauts d’une dynastie fin de race dans une ambiance fin de règne. Un bémol très personnel toutefois. J’ai peu apprécié l’expression de certains personnages notamment la physionomie « manga » du jeune ogre (une tête d’enfant posée sur un corps d’athlète), moi qui ne suis pas spécialement client du genre à l’exception d’œuvres plus matures dans la lignée de Taniguchi ou plus poétiques comme les films d’animation de Miyazaki. Par ailleurs, l’histoire d’amour entre Petit et la jeune fille a des allures de bluette mais reste adaptée à ce conte. Cela étant dit, ce n’est pas un livre destiné aux enfants de par la violence et la crudité de certaines scènes. L’ensemble reste tout de même très correct, même si en deçà de mes attentes. Mais indéniablement les auteurs ont fait preuve d’originalité et d’audace avec cet album qui contient une grille de lecture philosophique : la question du déterminisme familial. Une œuvre qui sort du lot parmi les productions de 2014. Il s’agit apparemment du premier tome d’une série mais qui se lit néanmoins comme un one-shot. -------------------------- Tome 2 : Demi-Sang Lire une bande dessinée comme celle-ci sur tablette est un grand tort. Je l’ai compris en lisant ce tome en version imprimée, alors que j’avais lu le premier en version digitale. Le plaisir de lecture s’en trouve littéralement augmenté, non seulement par le format de l’album (et son magnifique tirage) mais aussi par le rendu des superbes à-plats noirs, bien meilleur sur papier, caractéristique notable de cet ouvrage aux accents gothiques. Par moments, on a l’impression que Bertrand Gatignol s’est fait graveur, et l’on reste tout bonnement admiratif. De plus, le scénario du second volet de cette fantasy médiévale paraît mieux construit, avec un personnage central plus complexe. L’histoire reste toujours aussi cruelle et sombre, mais l’intrigue est bien plus prenante et la conclusion beaucoup plus âpre, pour ainsi dire débarrassée des mièvreries fleur bleue et tics mangaesques que l’on pouvait déplorer dans « Petit ». Ici, on assiste éberlué à la transformation de Yori, jeune Rastignac prêt à tout pour devenir le nouveau chambellan du royaume des Ogres-Dieux, montrant ainsi à ses demi-frères et autres ennemis de quoi est capable le bâtard dont on a voulu se débarrasser. Adulé lorsque, pour survivre, il tombe dans la prostitution, il va prendre conscience de ses charmes et s’en servir pour gravir les marches du pouvoir, non sans y laisser quelques plumes, quelques os brisés, voire son âme. Car en agissant de la sorte, n’a-t-il pas pris le risque de devenir pire que ceux qui le méprisaient ? Avec « Demi-Sang », fable implacable sur l’ambition et le pouvoir, Bertrand Gatignol et Hubert confèrent à leur œuvre une dimension shakespearienne qui la place dans le best-of des séries de ces dernières années. De même, chacun des tomes est une histoire à part entière, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités ! Un bémol toutefois : on peut se demander si les courts récits illustrés consacrés aux chambellans du royaume et clôturant chaque chapitre apportent vraiment quelque chose, si ce n’est de renforcer l’aspect mythique de l’objet. On n’y voit pas forcément de lien direct avec la bande dessinée, et la profusion de personnages serait plutôt source de confusion. Cela étant dit, on pourra aisément en faire l’impasse si l’on craint de perdre en fluidité narrative. -------------------- Tome 3 : Le Grand Homme Fer de lance de la belle collection Métamorphose des Editions Soleil, la série des Ogres-Dieux trace depuis quatre ans son sillon, et ce de façon peu linéaire puisque ce troisième opus commence là où se terminait le premier, tandis que chaque volet est centré sur un personnage de la saga. Après Petit, Demi-Sang (Yori le chambellan), les auteurs nous proposent le portrait de Lours, le bien nommé, combattant nomade et clandestin pour la liberté et la justice : entré dans la rébellion après avoir été chassé des troupes du royaume, Lours était apprécié pour ses qualités de fin stratège mais fut une victime collatérale des luttes de pouvoir. En résistant à la tyrannie du chambellan, l’homme se livre parallèlement à une quête personnelle: obtenir la reconnaissance d’un père qui l’avait autrefois renié. Pour cela, il lui faudra traverser une immense forêt sombre et pleine de dangers, avant de rejoindre la tribu barbare où il a grandi. Si dans la forme on est plutôt dans le registre de l’aventure gothique teintée d’heroic fantasy, la trame de fond demeure l’étude psychologique de la nature humaine, les fameux ogres ne sont là que pour illustrer la cruauté et l’arbitraire d’un pouvoir tyrannique. Dans « Le grand homme », c’est une fois de plus, avec le besoin irrépressible de Lours d’être reconnu par son père, la question de la descendance présidant à la destinée d’un individu qui est abordée. Une question vieille comme le monde : pouvons-nous décider entièrement de notre destin ou sommes-nous immanquablement lesté par le contexte social et éducatif où nous avons grandi ? Cette fable œdipienne épique signée d’Hubert est comme toujours rehaussée par le graphisme unique de son compère Gatignol, lequel frappe par l’omniprésence de ce noir intense, parfaitement adapté au côté gothique de l’histoire. La séquence de la forêt est d’ailleurs emblématique de ce tome, faisant remonter avec délice nos peurs enfantines. Les troncs gigantesques et le feuillage inextricable y apparaissent extrêmement menaçants, semblant recouvrir mille dangers, telle une prophétie sinistre de ce qui attend Lours. Et en effet, le récit se terminera de manière saisissante, dans un tourbillon psychédélique de sang et de fureur, auquel succédera, contre toute attente, l’apaisement… Avec leurs Ogres-Dieux, Hubert et Gatignol, duo à la synergie rêvée, sont l’air de rien en train de construire une œuvre qui restera symbolique de cette décennie, une œuvre où la vigueur du manga vient flirter avec l’imagerie gothique européenne, où terreur et flamboyance côtoient l’épaisseur psychologique des protagonistes, où les contes d’antan rejoignent la puissance shakespearienne, le tout par une alchimie qui, on doit le reconnaître, se bonifie avec chaque album, monumentalisant toujours davantage cette épopée au souffle indéniable.

13/01/2015 (MAJ le 16/02/2019) (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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Se lancer dans la lecture des "Ogres-Dieux" c'est retrouver le plaisir ambigu des contes cruels de notre enfance. Et quel plaisir ici, tant l'univers proposé est riche, tant dans le contenu que dans la forme ! En effet, la collection "Métamorphose" de chez Soleil cultive l'art du bel objet, et cette série ne fait pas exception à la règle. Il n'est qu'à voir le format de ces albums ! Rien ne semble assez grand pour faire rentrer ces ogres-dieux dans les cases. Ensuite, le trait remarquable de Bertrand Gatignol et sa somptueuse gestion des noirs donne à cette série toute la force et la noirceur nécessaire pour parfaire ces sombres histoires. Enfin, le découpage narratif en chapitres entrecoupés de courts récits écrits nous relatant l'histoire ancienne de personnages ayant eu un rôle important dans cet univers apporte encore un plus à cette série en étoffant de manière originale l'histoire de ces ogres tout puissants. A ce jour deux tomes constituent cette saga dantesque. "Petit", le premier tome, piochait allègrement du côté du Petit Poucet avec l'histoire de ce fils d'ogre qui nait "tout petit" et dont le père veut se débarrasser. Tous les ingrédients sont déjà là, du graphisme soigné aux décors majestueux où s'égayent ces ogres-dieux consanguins tous plus ou moins dégénérés à la cruauté sans pareil. Après un tel premier tome, la suite se faisait forcément attendre au tournant, et "Demi-sang" relève allègrement le pari de faire encore plus fort que "Petit". En effet, on retrouve ces décors démesurés alliant baroque et gothique qui confère à cet univers toute la noirceur et la grandeur, tout en attachant encore plus d'importance à la psychologie des personnages que l'on découvre ici, notamment celle de Yori, le personnage principal. Si le scénario est à mon sens encore plus affuté que le premier, le dessin n'est pas en reste et gagne lui aussi en puissance. Tout cela conjugué nous donne au final une série d’une rare richesse et puissance graphique comme on en lit trop peu souvent à mon goût. Un "must have" qui frise à mes yeux la perfection ; si la suite prévue est du même tenant, cette série basculera sans aucun doute dans mon petit panthéon des séries cultes. *** tome 3 *** Et bien voilà ! L'attente fût longue mais en valait vraiment la peine ! Quelle claque encore mes amis ! Avec ce troisième tome "Le Grand Homme", Hubert et Gatignol confortent pour ma part l'immense talent qui est le leur. Construit sur le même principe que les deux tomes précédents en alternant des chapitres de planches introduits par quelques pages de texte à la façon d'un conte, ils nous emmènent cette fois sur traces de Lours, un personnage qui n'a pas été sans me rappeler sans trop savoir pourquoi le Grands-Pas du Seigneur des Anneaux. Coutelier itinérant à la tête d'un groupe de résistants, il s'impose par son abnégation et son sens de la stratégie. La chute de la dynastie des Ogres va bouleverser tout ce petit univers et obliger Lours à faire face aux démons de son passé et soumettre sa résilience à rude épreuve. J'ai littéralement été happé par cet album qui monte progressivement en puissance. A chaque chapitre l'intrigue révèle un nouveau pan de l'histoire qui prend une profondeur impressionnante et d'une rare richesse. Wow !!! Quel background ! Quelle claque ! Bertrand Gatignol est quant à lui au dessin de plus en plus à l'aise avec cet univers et nous régale de planches toujours aussi sublimes dans un noir et blanc d'une rare élégance. Voilà un duo qui maîtrise parfaitement son sujet et nous régale d'un troisième album des plus aboutit ! Une cinquième étoile des plus méritée ! Bravo messieurs ! (Et vivement la suite !!!)

07/11/2016 (MAJ le 10/12/2018) (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Joli travail d’édition : les deux tomes de la série sont de très beaux objets ! Outre les magnifiques couvertures, il faut saluer le travail graphique de Bertrand Gatignol. Les dessins sont superbes, jouant habilement sur la différence de taille entre les ogres et les humains. Le gigantisme des ogres est admirablement rendu grâce à des plans audacieux et les décors complètement baroques fourmillant de détails. Le lecteur est littéralement écrasé par la masse des ogres et de leur extravagant château. Le rendu visuel est excellent, autant dans les décors que par les personnages. Bravo ! L’idée de faire deux volumes se déroulant en même temps, l’un chez les ogres et l’autre chez les humains avec les mêmes personnages se croisant d’un tome à l’autre fonctionne parfaitement grâce à une narration maitrisée. Cela illustre bien la séparation politique des deux races vivant l’une à côté de l’autre, avec pour chacune ses codes et sa propre organisation sociale. J’ai également bien aimé les courts chapitres sur les ogres-dieux et les chambellans. Cela donne plus de densité et de background au récit. L’histoire m’a tenu en haleine de bout en bout mais j’ai été un peu gêné par la narration parfois elliptique de Hubert. J’ai trouvé que l’enchainement de certaines scènes manquait de transition. Quoi qu’il en soit, ce conte très noir est une belle réussite !

07/04/2017 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur Canarde

J'ai retrouvé l'étrangeté de Jeanne (Pistouvi) et ce qui m'avait séduit : une apparence de conte pour enfant dans un univers où une part de l'affaire nous échappe totalement. Ici, la cruauté, le jeu, l'esprit chevaleresque, la beauté et la laideur, se déchirent et s'entremêlent dans une saga sans couleur. La légèreté de Jeanne dans un paysage gratuit et sans menace, a laissé place à la peur et la gravité enfermée dans des architectures riches et sombres. Un petit coté "Le roi et l'oiseau", avec le monde d'en haut du château avec des ogres aux bouches bien dessinées et au teint de lait, et les tout petits qui triment en bas. Et le sentiment que la fin est proche. J'avoue que je n'ai pas lu les récits qui entrecoupent les chapitres, je suppose qu'ils expliquent ce qui justement m'échappe. Mais je n'apprécie pas ces coupures. et si on ne lit pas ces morceaux, on n'a qu'une demi-heure de lecture pour ces lourdes 174 pages. Après lecture de vos avis dithyrambiques, j'en attendais peut-être plus... à emprunter en tout cas mais c'est si vite lu ! Le tome 2 Le décor éclectique (au sens architectural, c'est-à dire où le baroque et le gothique s'accouplent), abrite une société opulente et arbitraire où se déploie la soif de vengeance du très beau héros aux grands yeux : Yori. J'ai plus apprécié cette deuxième partie, plus dense, plus fine psychologiquement à mes yeux. En fait plus humaine et moins divine ! Les décors sont époustouflants, et la technique des dessins où des parties sont tracées en blanc sur noir et d'autres en noir sur blanc sur la même case, donne une belle lumière, une élégance contrastée très réussie.

15/04/2015 (MAJ le 28/10/2016) (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui se laisse lire agréablement, même si je ne l’ai pas trouvée au final si originale que certains de mes prédécesseurs. L’habillage graphique est bon, avec un dessin classique, très clair et réussi, la colorisation jouant sur toutes les nuances de gris pour dynamiser le Noir et Blanc. Pour le reste, nous suivons les aventures d’une dynastie d’ogres – au milieu de leurs humains de compagnie, avec la maturation de l’un de ces ogres, « Petit », dans le premier album. Régulièrement, des « interludes » nous présentent les grands ancêtres ogres – une sorte de caste des méta-barons, le Roi-Dieu ressemblant quand même pas mal à Louis XIV. Nous suivons donc aussi l’ascension de ces ogres (une course vers le gigantisme et les débuts de l’anthropophagie), puis leur relative déchéance, avec perte de taille nécessitant de nouveaux croisements avec des humaines. C’est d’ailleurs un peu ça que je peux reprocher à cette série. C’est qu’une fois qu’on a assimilé que nous parlons d’ogres, il n’y a plus rien de bien original, même si cela se laisse lire, comme je l’ai dit. D’ailleurs, le deuxième album ne traite des ogres que par la bande, puisque nous suivons l’ascension d’un jeune homme ambitieux et revanchard – que nous avions déjà croisé dans le premier album (certaines scènes réapparaissent d’ailleurs, sous un autre éclairage du coup). On ne sait donc pas en l'état ce qu'il est advenu de "Petit". Les nombreux « intermèdes » (petites nouvelles de trois à quatre pages ressemblant à de longues notices biographiques), s’ils densifient la lecture (car pour la partie proprement bande dessinée cela se lit très vite, car beaucoup de cases sont sans dialogues), sont aussi un peu longs, hachent cette même lecture. C’est certes une édition soignée, mais si un emprunt est recommandé, je ne me vois pas acheter cette série.

24/10/2016 (modifier)
Par Don Lope
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Je me décide à écrire à un avis car je trouve les notes précédentes vraiment bien trop basses. Or il ne faudrait pas que le lecteur passe à côté de ce petit bijou : c'est bien simple, c'est certainement la meilleure BD que j'ai lue ces dernières années. Le tome 1 notamment, "Petit", est d'une ambition incroyable. Hubert a créé ici un univers formidablement riche, allant même jusqu'à nous raconter la généalogie des Ogres-Dieux entre chaque chapitre: pas avare le Hubert tant il y avait sûrement de quoi produire un tome supplémentaire pour chaque ancêtre. Le noir et blanc de Gatignol est somptueux, ce qui, ajouté au format et à la finition très travaillée de ces ouvrages, fait de chaque petit tome un bijou esthétique. Je suis parfois dubitatif sur le principe des collections tant elles regroupent parfois pépites et banalités mais force est de constater que les trois séries que j'ai lues de la collection Métamorphose (Billy Brouillard, Dans la forêt et donc "Les Ogres-Dieux") sont de franches réussites. Attention chef d'œuvre.

10/10/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Voila ce que l'on peut présenter comme de la belle ouvrage. Des albums luxueux, couverture magnifique, reliure de qualité, papier luxueux, interludes magnifiquement mis en page, bref du grand art. On en a pour son argent. Rares sont les BD à offrir un tel "contenu". L'histoire de ces géants consanguins est excellente. Aucun personnage n'est réellement positif. On s'attache à ces personnages auxquels ont ne peut (veut) s'attacher. J'ai adoré découvrir ces ogres déguster ici des membres et là des torses au point de cherche les assiettes. Le dessin est bien sûr d'excellente facture, ce noir et blanc aux 1000 nuances de gris (rien de SM ici sauf pour qui aime se manger un mollet) est somptueux et il profite à merveille de la qualité du papier et de l'encrage. C'est vraiment une BD à lire et à acquérir.

10/10/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Tout d'abord, j'ai été surpris par la taille des albums : plus grand que le format classique, ils sont aussi épais et denses. Du coup, ils reflètent très bien l'ampleur de leur contenu et bien entendu... de leurs personnages. Car ces ogres sont impressionnants et en même temps assez marquants. Géants de taille diverses en fonction de leur génération, ils sont conformes à l'idée médiévale de l'ogre gigantesque qui dévore les hommes comme de simples ailes de poulet. Nous sommes dans une ambiance à la Gargantua et Pantagruel, si ce n'est le côté dérangeant de voir ces grosses créatures d'aspect pourtant civilisé s'empiffrer de corps humains voire de boulotter l'un ou l'autre de leurs serviteurs quand l'envie leur en prend. C'est un peu malsain et effrayant et pourtant ce monde de fantasy tient la route car ces monstres se révèlent assez complexes et différents les uns des autres. Il n'y a pas de manichéisme flagrant malgré le côté monstrueux de ces ogres. Le récit est en outre mis en valeur par des textes insérés entre les chapitres qui racontent l'histoire de ces lieux et de ses protagonistes et qui donnent de la profondeur à cet univers. Le dessin est lui aussi très bon. Son trait et sa clarté narrative semblent avoir quelques influences issues de l'animation. Hormis quelques hésitations pour bien saisir la taille de chaque personnage, élément pourtant important de l'intrigue, c'est un dessin très beau et particulièrement agréable à la lecture, nullement handicapé par son absence de couleurs. Le scénario est très bon. On pourrait lui espérer un tout petit peu plus d'envergure et des développements un petit peu plus originaux et ouverts mais ils sont bons et profitent pleinement de cet univers original que les auteurs ont imaginé pour eux. Bref, c'est une très bonne série avec une belle personnalité.

30/09/2016 (modifier)