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Aldobrando

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Le récit d’initiation picaresque d'un jeune orphelin prénommé Aldobrando


Auteurs Italiens

Avant de « descendre combattre à la Fosse » le père d’Aldobrando sachant son heure venue, le confia à un mage. Celui-ci devrait le protéger et l’éduquer jusqu’à ce qu’il soit en âge de découvrir le vaste monde. Quelques années plus tard, voilà que la préparation d’une potion tourne au drame. Grièvement blessé à l’œil par un chat qui ne voulait pas bouillir, le mage demande à son jeune protégé d’aller en urgence lui quérir l’Herbe du loup. Mais comment peut-on se débrouiller en botanique alors que l’on n'a jamais mis un pied dehors et que l’on tombe nez à nez avec l’assassin du fils du Roi de Deux Fontaines ?

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Janvier 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Aldobrando
Les notes (2)
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22/02/2020 | Blue boy
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L'avatar du posteur Guillaume.M

« Aldobrando » est le genre d’album qui donne envie de lire de la bande dessinée, une invitation à découvrir et explorer. Graphiquement, c’est un véritable enchantement. Les planches aux tonalités chaudes et froides se succèdent sans fausse note. La mise en couleur est magnifique et chatoyante. Ça change de la mode actuelle des textures informatiques souvent froides et artificielles. Le lecteur est transporté dans l’univers des auteurs et ressent la douceur ambiante qui s’en dégage. Bravo ! Si les tribulations d’Aldobrando entrent effectivement dans la définition du récit d’aventure, le rythme et la poésie du scénario s’approchent davantage du conte. Douceur, innocence et pureté caractérisent Aldobrando, personnage qui tranche avec le monde médiéval dans lequel il évolue. C’est un peu là que le bas blesse pour moi. En effet, le développement naïf du scénario me semble assez peu crédible, même s’il est nettement plus enviable que la dure réalité, d’autant plus sévère avec les gentils faibles médiévaux. Le récit est dépaysant, joli et bien conduit, mais ne décolle jamais vraiment. Le lecteur reste bloqué dans une sorte de faux rythme. Certains y verront une qualité rafraîchissante, d’autres une forme de monotonie un peu décevante. Je ne vois à cette potentielle opposition qu’une seule manière de trancher : lire ce beau one shot ! Note réelle : 3.25/5

27/03/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Avec une couverture aussi évocatrice et un titre très bien trouvé, les auteurs ont tapé dans le mille, car celle-ci résume parfaitement son contenu. D’abord, ce jeune homme fluet galopant, épée à la main, dans un décor champêtre révélant un château fort à l’horizon, le tout dans d’apaisants tons orangés, constitue une véritable invitation au voyage dans un univers que l’on devine médiéval. Le titre de l’album ensuite. « Aldobrando », nom du jeune homme en question, un mot à la rythmique imparable qu’on adore prononcer et donne la cadence à cette aventure pleine de promesses. Découvrir au dessus du titre, en plus petit, les noms Gipi et Critone constituera indubitablement le dernier argument pour convaincre tout lecteur avisé de franchir le pas. Les auteurs italiens apparaissent depuis un moment comme des références dans le petit monde du neuvième art. Gian Alfonso Pacinotti alias Gipi s’était fait remarquer en 2006 pour le prix du meilleur album (Notes pour une histoire de guerre), et plus récemment avait reçu le prix de la critique pour La Terre des fils. Luigi Critone quant à lui nous a offert une adaptation réussie du roman magistral de Jean Teulé, Je, François Villon. Gipi abandonne cette fois les pinceaux à Critone pour se concentrer sur la narration. Le résultat est plutôt concluant, malgré des dialogues assez quelconques, compensés par le charme du trait délicat de Critone, qui opère rapidement. Ce dernier sait révéler la grâce ou le ridicule d’un visage, en glissant une dose de caricature quand il s’agit notamment de Brudagone, le roi tyrannique du Royaume des Deux Fontaines. Immédiatement identifiable, le personnage tout fluet d’Aldobrando est très attachant dans sa candeur et sa fragilité. La mise en couleurs de Francesco Daniele et Claudia Palescandolo est très réussie. On reste contemplatif devant ces superbes aquarelles produisant de chaleureuses atmosphères en clair-obscur. L’histoire est celle d’une quête initiatique assez classique, mais s’avère bien construite avec des retournements imprévus et pourtant sans esbroufe, sans dragons ni magiciens (ouf !) avec des ellipses judicieuses qui nous évitent les habituels combats interminables (la scène finale dans l’arène). Du coup, plutôt que de se plier aux canons habituels de l’heroic fantasy, cette quête au demeurant très sobre préfère puiser dans le roman de chevalerie traditionnel — si l’on exclue le fait qu’il y ait très peu de chevaux, Gipi ayant pris soin de détourner les clichés liés au genre —, s’appuyant sur une morale philosophique se résumant à cette formule : peu importe le trophée, seul compte le chemin emprunté pour le décrocher. De plus, l’amour n’a pas été oublié, avec deux histoires parallèles, celle d’Aldobrando et Beniamino, remettant malicieusement en question une pseudo théorie bêtasse sur les couples assortis. Pour toutes ces raisons, « Aldobrando » est un one-shot sympathique, très plaisant. Certes, cela ne va pas révolutionner la bande dessinée, mais le côté légèrement décalé de ce récit picaresque s’avère au final plutôt réjouissant.

22/02/2020 (modifier)