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Aldobrando

Note: 3.88/5
(3.88/5 pour 8 avis)

Le récit d’initiation picaresque d'un jeune orphelin prénommé Aldobrando


Auteurs italiens Casterman Futurs immanquables Les coups de coeur des internautes Les prix lecteurs BDTheque 2020 One-shots, le best-of

Avant de « descendre combattre à la Fosse » le père d’Aldobrando sachant son heure venue, le confia à un mage. Celui-ci devrait le protéger et l’éduquer jusqu’à ce qu’il soit en âge de découvrir le vaste monde. Quelques années plus tard, voilà que la préparation d’une potion tourne au drame. Grièvement blessé à l’œil par un chat qui ne voulait pas bouillir, le mage demande à son jeune protégé d’aller en urgence lui quérir l’Herbe du loup. Mais comment peut-on se débrouiller en botanique alors que l’on n'a jamais mis un pied dehors et que l’on tombe nez à nez avec l’assassin du fils du Roi de Deux Fontaines ?

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Janvier 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Aldobrando
Les notes (8)
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22/02/2020 | Blue boy
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L'avatar du posteur ThePatrick

Aldobrando est un conte se déroulant dans une période médiévale imaginaire, sur le thème de la quête initiatique. Aldobrando est naïf, et il va se confronter au monde, ce qui ne se fera pas sans frictions. Ce qui m'a frappé immédiatement, c'est le dessin. Magnifique et complètement maîtrisé, il donne une vraie patte à cet album. La mise en couleur, encore plus, lui confère une identité absolument remarquable ! Les chapitres ont en effet chacun leur palette de couleurs propres, les identifiant très fortement. La galerie vous en convaincra : scène de pluie, le bleu et le gris créent l'ambiance; scène d'intérieur au coin du feu, les oranges et marron créent un univers douillet. Tout l'album est ainsi découpé, et le résultat est d'une lisibilité exemplaire. Les dialogues ont un rythme qui peut sembler étrange. Là encore, lisez la première scène, qui est déjà un petit bijou. Les personnages, souvent interrogatifs, font de l'anadiplose une habitude. Un peu déroutant, cela participe à créer le rythme un peu lent de l'histoire. De fait, elle se savoure en prenant son temps. N'attendez pas de grande bataille, ni de quête haletante, ce n'est pas le propos de cette histoire. Les personnages sont très archétypaux, mais cela ne pose aucun problème -- au contrait cela participe à l'histoire -- et on prend plaisir à les retrouver au fil des chapitres. Il y a peut-être tout de même quelques longueurs dans cet album, et le scénario mène à une fin qui ne sera guère surprenante. Néanmoins ce superbe album parvient à créer un univers cohérent qui nous emmène avec lui le temps de sa lecture. Il fut un véritable régal à lire, et je m'y replongerai avec grand plaisir.

22/02/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Yannou D. Yannou

C'est un conte. Et j'adore les contes, donc je ne suis pas très objectif. Outre les dessins, j'ai beaucoup aimé la douceur du personnage, qui donne du corps à l'ensemble du récit.

29/01/2021 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
L'avatar du posteur doumé

Aldobrando, un héros sans expérience part innocemment à la recherche d'une herbe magique et va découvrir le monde malgré lui. Gipi construit un univers fantasy pour présenter l'aventure d'un héros qui n'a que son abnégation et son courage pour s'opposer à la tyrannie d'un roi. Les personnages sont classiques dans le genre fantasy un héros attachant, un roi despotique qui vit entouré d'une cour obséquieuse et conspiratrice et une jolie princesse. Un héros qui passe de victime inexpérimentée à un homme courageux prêt à affronter tous les dangers, une évolution qui nous fait vivre le passage d'Aldobrando à l'âge adulte. Un scénario rythmé par des évènements qui s'enchainent sans temps mort , pendant 208 pages nous suivons le parcours de notre héros avec beaucoup de plaisirs et de surprises. Le dessin est remarquable, la scène du cavalier sous la pluie qui démarre notre histoire est très réussie, la retranscription de la pluie et la précision des traits des personnages atteignent l'excellence et reste constant tout au long de l'album. Pour accompagner le dessin , les deux coloristes ont réussi une vraie performance sur cet album. Des couleurs qui s'adaptent à chaque fois justement en fonction du récit, une alternance qui accentue les changements d'ambiance ou de lieu et qui participe au rythme du récit. Un bilan un peu mitigé par la déception provoquée par la fin de l'histoire trop prévisible à mon goût mais l'excellente surprise du dessin et des couleurs font de cette bd, une bd à découvrir.

29/12/2020 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur grogro

On savait que l'école italienne était très en vue ces dernières années. J'ai personnellement l'impression d'avoir découvert d'un coup une génération spontanée d'auteurs de grand talent : Davide Reviati, Zerocalcare, Manuele Fior... Et là, voua !!!!! Une BD réalisée par deux ténors de la scène italienne !!! On n'osait même pas en rêver ! C'est Luigi Critone qui se colle au dessin. L'homme avait déjà commis les illustrations de Je, François Villon, superbe adaptation du roman de Jean Teulé sur une figure méconnue de la poésie française, sorte d'anarchiste bien avant la lettre. Son trait atteint avec Aldobrando un niveau de perfection quasi... parfaite ! Et on ne parlera pas de la mise en couleur (signée Francesco Daniele et Claudia Palescandolo ; ils s'y sont mis à deux !)... Son complice pour l'occasion, c'est Gipi, le type surdoué qui sait tout faire (crayonné, aquarelle...) avec la même virtuosité. Il délaisse ici ses pointes pour empoigner le scénario. Et quel scénario ! Une histoire d'Heroïc fantasy digne des meilleures intrigues de Denis Gerfaud, carrément ! Qui ? Ben Denis Gerfaud quoi !!! Le légendaire créateur du meilleur Jeu de Rôle jamais édité dans l'univers, j'ai nommé Rêve de Dragon. Ceux qui ont été comme moi des rolistes acharnés depuis leur prime jeunesse sauront de quoi je parle. Les autres pourront aller zieuter ce site (https://scriptarium.fr/fr/reve-de-dragon/) histoire de se faire une idée. Me resterais alors à leur souhaiter d'avoir le bonheur sans nom de faire un jour une partie entière de ce jeu hors normes. Aldobrando, c'est tout à fait ça : une atmosphère médiévale sans chevalier mais avec des pégus aussi baraqués que des coton-tige. Pas de grande quête avec gloire et richesse pour récompense, point de dragon (mais une princesse !)... Juste des personnages atypiques, voyageurs curieux ou largués qui s'accoquinent un peu par la force des circonstances, formant ainsi une petite communauté de parias jouissant d'une grande liberté, toujours prêts à prendre des risques afin de connaître une part du rêve qu'ils n'avaient pas imaginée, acceptant fatalités et contraintes avec une sorte d'humilité déterminée, juste pour le simple plaisir de raccommoder un monde qui part sérieusement en vrille. Bref ! Je ne vais pas m'étendre car d'autres l'ont fait mieux que moi, mais voici une BD à lire et à relire sans faim, qui m'aura accessoirement redonné l'envie folle de remettre le nez dans Rêve de Dragon. Bon, allez ! C'est décidé : ce weekend, je planche sur un scénar !...

13/11/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

Ouhhh le bel album que voilà ! Gipi joue pour une fois les scénaristes pour nous proposer un récit d'aventure médiévale proche du conte avec comme comparse au dessin Luigi Critone que j'avais découvert avec l'album Sept Missionnaires. Et pour ne rien gâcher mais plutôt sublimer ces planches, ils se sont adjoint les talents de Francesco Daniele et Claudia Palescandolo à la colorisation. Car l'une des réussites de cet album réside dans la beauté des planches et des ambiances qui en émane. Le jeune Aldobrando a été abandonné par son père quand il n'était encore qu'un tout jeune enfant. Sachant pertinemment qu'il allait mourir le lendemain dans l'arène servant de cours de justice au Royaume, il a donc confié son rejeton à un mage en compensation d'une dette que ce dernier avait contracté. A charge pour lui d'en faire un homme juste et de principes. C'est donc reclus avec ce vieux mage pendant des années qu'Aldobrando va grandir et se construire. Être frêle et pas trop futé, c'est lors de la réalisation d'un sortilège complexe que son maître va se blesser à l’œil et l'envoyer quérir l'herbe du Loup qui permettra de sauver son œil... Voilà donc notre jeune Aldobrando jeté sur les routes d'un parcours initiatique qui le mènera bien loin de son petit univers ridicule, armé de sa candeur et des principes qui lui ont été inculqués. On est rapidement happé par ce récit digne des frères Grimm, qui loin des récits d'héroïc fantasy qui pullulent, s'installe dans la simplicité et nous fait découvrir des personnages hauts en couleur, frôlant joyeusement la caricature. Souvent drôles, les péripéties pourtant tragiques qui émaillent ce récit nous embarquent dans les pas de ce jeune garçon ingénu qui avec toute sa naïveté et sa sincérité va soulever des montagnes. Un très bel album à découvrir sans tarder !

19/05/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Merci à Blue Boy d'avoir posté cet album qui nous éloigne de Mr Burns, c'est en effet grâce à son avis et aux images de la galerie que j'ai effectué cette lecture. Visuellement déjà l'album est une petite tuerie de colorisation, que ce soit dans les ambiances sombres toutes de bleu et de noir que dans les ambiances chaudes rehaussées par des tons de jaune et d'orangé. Alors oui l'histoire n'est pas révolutionnaire et relève plus du conte que de la fantasy, en outre elle possède un aspect rafraichissant, certains diraient naïf, j'en veux pour preuve ces deux histoires d'amour parallèles un peu improbables mais au final qui passent bien pour peu que l'on veuille se laisser porter par le récit. Celui-ci d'ailleurs se déroule tranquillement, les auteurs prenant le temps de fouiller leurs personnages. Pour ma part je suis preneur de ce genre de récit qui se laisse lire gentiment sans prise de tête. Un joli one-shot à découvrir.

09/04/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Aldobrando » est le genre d’album qui donne envie de lire de la bande dessinée, une invitation à découvrir et explorer. Graphiquement, c’est un véritable enchantement. Les planches aux tonalités chaudes et froides se succèdent sans fausse note. La mise en couleur est magnifique et chatoyante. Ça change de la mode actuelle des textures informatiques souvent froides et artificielles. Le lecteur est transporté dans l’univers des auteurs et ressent la douceur ambiante qui s’en dégage. Bravo ! Si les tribulations d’Aldobrando entrent effectivement dans la définition du récit d’aventure, le rythme et la poésie du scénario s’approchent davantage du conte. Douceur, innocence et pureté caractérisent Aldobrando, personnage qui tranche avec le monde médiéval dans lequel il évolue. C’est un peu là que le bas blesse pour moi. En effet, le développement naïf du scénario me semble assez peu crédible, même s’il est nettement plus enviable que la dure réalité, d’autant plus sévère avec les gentils faibles médiévaux. Le récit est dépaysant, joli et bien conduit, mais ne décolle jamais vraiment. Le lecteur reste bloqué dans une sorte de faux rythme. Certains y verront une qualité rafraîchissante, d’autres une forme de monotonie un peu décevante. Je ne vois à cette potentielle opposition qu’une seule manière de trancher : lire ce beau one shot ! Note réelle : 3.25/5

27/03/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Avec une couverture aussi évocatrice et un titre très bien trouvé, les auteurs ont tapé dans le mille, car celle-ci résume parfaitement son contenu. D’abord, ce jeune homme fluet galopant, épée à la main, dans un décor champêtre révélant un château fort à l’horizon, le tout dans d’apaisants tons orangés, constitue une véritable invitation au voyage dans un univers que l’on devine médiéval. Le titre de l’album ensuite. « Aldobrando », nom du jeune homme en question, un mot à la rythmique imparable qu’on adore prononcer et donne la cadence à cette aventure pleine de promesses. Découvrir au dessus du titre, en plus petit, les noms Gipi et Critone constituera indubitablement le dernier argument pour convaincre tout lecteur avisé de franchir le pas. Les auteurs italiens apparaissent depuis un moment comme des références dans le petit monde du neuvième art. Gian Alfonso Pacinotti alias Gipi s’était fait remarquer en 2006 pour le prix du meilleur album (Notes pour une histoire de guerre), et plus récemment avait reçu le prix de la critique pour La Terre des fils. Luigi Critone quant à lui nous a offert une adaptation réussie du roman magistral de Jean Teulé, Je, François Villon. Gipi abandonne cette fois les pinceaux à Critone pour se concentrer sur la narration. Le résultat est plutôt concluant, malgré des dialogues assez quelconques, compensés par le charme du trait délicat de Critone, qui opère rapidement. Ce dernier sait révéler la grâce ou le ridicule d’un visage, en glissant une dose de caricature quand il s’agit notamment de Brudagone, le roi tyrannique du Royaume des Deux Fontaines. Immédiatement identifiable, le personnage tout fluet d’Aldobrando est très attachant dans sa candeur et sa fragilité. La mise en couleurs de Francesco Daniele et Claudia Palescandolo est très réussie. On reste contemplatif devant ces superbes aquarelles produisant de chaleureuses atmosphères en clair-obscur. L’histoire est celle d’une quête initiatique assez classique, mais s’avère bien construite avec des retournements imprévus et pourtant sans esbroufe, sans dragons ni magiciens (ouf !) avec des ellipses judicieuses qui nous évitent les habituels combats interminables (la scène finale dans l’arène). Du coup, plutôt que de se plier aux canons habituels de l’heroic fantasy, cette quête au demeurant très sobre préfère puiser dans le roman de chevalerie traditionnel — si l’on exclue le fait qu’il y ait très peu de chevaux, Gipi ayant pris soin de détourner les clichés liés au genre —, s’appuyant sur une morale philosophique se résumant à cette formule : peu importe le trophée, seul compte le chemin emprunté pour le décrocher. De plus, l’amour n’a pas été oublié, avec deux histoires parallèles, celle d’Aldobrando et Beniamino, remettant malicieusement en question une pseudo théorie bêtasse sur les couples assortis. Pour toutes ces raisons, « Aldobrando » est un one-shot sympathique, très plaisant. Certes, cela ne va pas révolutionner la bande dessinée, mais le côté légèrement décalé de ce récit picaresque s’avère au final plutôt réjouissant.

22/02/2020 (modifier)