Borgia

Note: 3/5
(3/5 pour 22 avis)

Sang, sexe et corruption ailleurs qu'à la maison blanche.


1454 - 1643 : Du début de la Renaissance à Louis XIII Auteurs Italiens Echo des Savanes Jodorowsky Les Borgia Manara Rome Vatican

1492. Pendant que Christophe Colomb, Italien de naissance s'en va découvrir l'Amérique pour le compte de la couronne d'Espagne, le Cardinal Borgia, originaire de Saragosse, dispose ses pièces à Rome afin d'être sur de succéder à Innocent VIII qui se meurt. Homme sans vertu, celui qui parviendra à ses fins et accédera à la papauté sous le nom d'Alexandre VI aligne les actes de cruauté et de corruption pour installer sa dynastie: et l'on peut dire qu'il a réussi, on en parle encore!

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 2004
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Borgia
Les notes (22)
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30/11/2004 | Don Lope
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L'avatar du posteur Noirdésir

Jodorowsky est quelqu’un d’original et talentueux, très éclectique, mais assez inégal dans sa – très – grande production. Manara est lui aussi très talentueux pour dessiner ses personnages, surtout lorsqu’ils sont féminins et peu farouches. La rencontre de ces deux « signatures » avait donc du potentiel, même si le pire pouvait côtoyer le meilleur. J’avoue n’avoir pas été convaincu par cette série, qui traine vraiment en longueur (même s’il n’y a que quatre tomes), se répète, et tourne trop rapidement et facilement aux coucheries sadiques sans relief. Elle est assez proche de la série éponyme produite récemment par Canal+ (et dont deux ou trois épisodes de la première saison avaient suffi à me lasser). En effet, le scénario s’effiloche, au point qu’on ne sait pas trop si Jodorowsky avait sous la manche quatre albums. Et comme Manara ne se renouvelle pas trop non plus, avec de jolies donzelles, certes, mais qui ont tendance à se ressembler… A emprunter en bibliothèque plus qu’à acheter !

07/04/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
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Jodorowsky et Manara sur une série, voila qui ne pouvait laisser indifférent. Au scénario le roi du mystico-religieux, des psychés tortueuses, avide de sexe, de meurtres, de sang et de relations incestueuses (j'en passe sur les autres turpitudes chéries par cet auteur). Au dessin Manara, qu'on ne présente plus, qui a aidé quelques générations d'ados à passer certains caps sur lesquels nous ne nous étendrons pas. Au bout du compte on se dit que ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Du coup chacun dans son domaine nous envoie du lourd. Je n'ai pas dit lourdingue car après tout depuis le temps on sait qu'avec un scénario de Jodorowsky, on sait plus ou moins ce sur quoi on va tomber ! La réalité historique est mise à mal, oui mais pas forcément là où on pourrait le penser ! L'époque n'était pas celle des Bisounours ! Cette série se lit sans déplaisir, (certes pas forcément pour tous les yeux) et puis il faut quand même reconnaître que Manara a un sacré talent, cela fait passer la pilule sur certains aspects outranciers du scénario. Pour les fans de ces deux auteurs.

21/08/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Très bonne série historique. Comme d'habitude chez Jodorowsky le scénario est de bonne qualité même si ce n'est pas son meilleur. Dans le même genre et du même auteur Le pape terrible est plus fort (j'ai toujours adoré la surenchère). J'ai trouvé finalement cet Alexandre VI pas si monstrueux que ça et j'aime assez peu le personnage de César Borgia. Je lui préfère Jules II tel que le dépeint Jodo dans Le pape terrible. Le tome 4 est un peu en dessous c'est dommage, c'est celui qui clôt la série. Le dessin ne m'a pas spécialement marqué que ce soit en bien ou en mal. Je ne sais pas pourquoi je n'accroche jamais au dessin des bd historiques même dans les séries que j'apprécie beaucoup comme Murena et Le pape terrible.

22/05/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Quand je vois sur une couverture le nom de Jodorowsky, j'ai toujours tendance à me méfier, et là encore, j'avais raison. De son côté, Manara a trouvé enfin sa grande série, ça lui correspond tout à fait, il peut illustrer avec force les délires de Jodo qui peut jouer avec l'Histoire comme il le veut, même s'il ne la respecte pas à la lettre, faisant de cette famille sulfureuse une véritable mafia destinée à corrompre Rome. J'ai lu des bouquins sérieux sur les Borgia qui m'ont donné des clés pour approcher cette Bd, et je peux vous dire que beaucoup d'épisodes sont vrais, mais il y a autant sinon plus d'invraisemblances dues au désir de Jodo de noircir totalement le portrait des Borgia. Certes, ils étaient très loin d'être des saints, mais alors là, ils se vautrent dans le meurtre et le stupre avec délectation, et ça renvoie au feuilleton TV récent avec Jeremy Irons qui incarne le pape Alexandre VI d'une façon très voisine de cette version dessinée. Tous les grands acteurs de ce temps sont présents, certains révèlent un visage insoupçonné, tel le roi Charles VIII (qui n'était pas tel qu'il est décrit ici, c'est donc une vision à la Jodo, très exagérée). Comme toujours chez cet auteur, il y a un côté nauséeux qui plane tout au long de cette Bd ; il multiplie les détails graveleux, incestueux, trash et brutaux, alignant une succession de bacchanales orgiaques, de crimes atroces et d'empoisonnements, jalonnant ainsi avec une cruauté barbare et un côté outrancier une suite de situations et de séquences malsaines. C'est une série qui sent le soufre, avec un côté extrême qui amplifie l'image très négative des Borgia, et principalement Lucrèce, alors que celle-ci avait plutôt été réhabilitée ces dernières années par les historiens. Ceux-ci ont prouvé qu'elle n'était pas si putain que ça (sans être totalement innocente), mais qu'elle était plus un jouet dans les mains de son frère qui la mariait et la démariait pour les besoins de sa politique. Graphiquement, c'est magnifique, Manara réussit de belles images, même si la plupart du temps, elles sont violentes, et même d'une violence surprenante et exagérée, un peu trop axées sur le sexe souvent purement gratuit. Il soigne néanmoins ses arrière-plans et ses décors, ajoutant des détails parfois sordides (les mecs qui gerbent dans les bénitiers). Ses femmes sont toujours aussi belles, bien que trop ressemblantes en visages. Le constat d'après lecture fait que j'ai apprécié, je suis loin d'être choqué car en BD, j'ai vu souvent des trucs encore plus bizarres, mais je ne peux m'empêcher de penser que ces 2 grands auteurs auraient pu s'appliquer à pondre un meilleur produit. C'est donc à lire, mais pas à acheter, et surtout à déconseiller aux grenouilles de bénitier.

30/10/2013 (modifier)
Par bab
Note: 2/5
L'avatar du posteur bab

Jodorowsky au scénario et Manara au dessin, on pouvait attendre le meilleur. Mais c’est la déception qui est au rendez vous. Si les deux premiers tomes sont prometteurs et laissent entrevoir la personnalité machiavélique et conspiratrice des Borgia, très rapidement, on ne parvient plus à distinguer le vrai du faux, et les embrouilles deviennent redondantes. Manara au trait si habile s’enferme un peu dans ses dessins de femmes et le fait est qu’elles se ressemblent un peu toutes. Les scènes de cul deviennent rapidement gratuites et peu crédibles. Ce qui n’empêche pas certaines cases d’être de toute beauté. Il en ressort au final le sentiment d’une bd bâclée (sur les deux derniers tomes), comme si Jodorowsky s’ennuyait et avait hâte de finir. A lire, si on veut connaître l’histoire des Borgia sauce gonzo.

05/11/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je m'attendais à mieux de l'association entre Manara et Jodorowsky. Certes, il y a des bonnes idées dans le scénario, j'ai bien aimé voir les manipulations politiques du pape Borgia et le dessin de Manara est classe quoique je préfère lorsque c'est en noir et blanc. Toutefois, il y a quelques trucs qui m'ont agacé et qui ont fait en sorte que mon plaisir a diminué durant ma lecture. Je n'ai rien contre le sexe et donc ça ne me dérange pas d'en voir dans une bande dessinée, mais parfois je trouvais que c'était totalement gratuit et que ça cadrait mal avec ce qui s'était passé juste avant la scène de sexe. De plus, je trouve parfois que niveau violence on tombait tellement dans le n'importe quoi que je ne sais même pas si c'est possible ou non que le pape Borgia ait été aussi violent et ça m'énerve lorsque je lis des trucs soi-disant historiques et que je ne sais même pas si le scénario est proche de la réalité ou non.

07/06/2012 (modifier)
Par dut
Note: 3/5

Jodorowsky au scénario et Manara au dessin ? Association de 2 noms de la BD ! C'est intéressant quand même ! Autant à la base je suis pas fan des production de Jodorowsky (je trouve qu'il part souvent trop loin dans ses histoires) autant j'apprécie vraiment le dessin de Manara (oui, rares sont ceux qui dessinent aussi bien les femmes ;)) Justement coté dessin, dans Borgia on est vraiment gâté ! Manara nous livre un dessin vraiment superbe, avec des couleurs chatoyantes. Comme quoi il sait faire autre chose que de la BD porno ! (Même si ça dérape souvent niveau fesses dans Borgia... :)) Côté histoire, je n'ai pas été vérifier si c'est cohérent historiquement, mais limite j’espère que Jodo a un peu exagéré le truc car sinon ça veut dire que c'était vraiment une période disons ''trouble'' dans la chrétienté ! Ici, l'histoire des Borgia est malsaine, violente, à base de sexe, d’inceste, de trahison, de meurtre, de complot, vous voyez le tableau ? Perso pour me choquer faut y aller, mais je peux comprendre que ça dérange un peu. Alors certes Borgia ça se lit très bien mais dans l'ensemble, l'histoire ne m'a pas passionné plus que ça ! Donc 3/5 en grand partie pour les dessins de Manara !

05/06/2012 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
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Amis du foutre, du malsain et du gore clérical, garde à vous ! Curieux de voir Manara aux commandes d’un véritable « scénario » j’appréhendais cette œuvre sur cette dynastie sulfureuse que furent les Borgia en leur temps avec une certaine hésitation. Bon à savoir si vous n’avez pas encore fui ce qui va suivre : je n’ai aucune aspiration particulière pour les curetons et ne connaissais les Borgia que de nom vu mon intérêt restreint pour l’histoire papale à scandales ou pas. N’ayant vu ni série ou film sur le sujet, c’est la baïonnette au canon que je m’empresse prudemment de lire une œuvre empruntée à un ami tombé sous le charme de la (jolie) édition intégrale… Jodo s’en donne à cœur joie en tirant à boulets rouges sur tout ce qui bouge et porte un titre ecclésiastique ou de pouvoir. Et le bougre n’y va pas avec le dos de la cuillère en exagérant grossièrement et vulgairement ses propos, desservi par un Manara qui s’amuse à reproduire son style figé et sensuel dans des couleurs dignes de peintures de la Renaissance. Alors certes toutes les femmes sont des objets et sont bâties comme des clones écervelés du Moulin Rouge, certes la considération historique n’est qu’un prétexte vu comme elle est malmenée et défigurée par l’orgueil des auteurs mais le pire c’est qu’on prend goût à ces escarmouches machiavéliques (dont l’auteur fait une apparition ici par ailleurs) en se demandant jusqu’où une telle escalade de violence gratuite et immorale peut aller. Dans From Hell, Alan Moore se servait du mythe de Jack l’éventreur afin d’en faire une métaphore sur la naissance du XXème siècle d’une façon étrange et malsaine MAIS documentée. Ici Jodo utilise la prise de pouvoir d’un pseudo Pape à des fins personnelles pour le comparer à la Mafia et à la dégénérescence de notre siècle. Il y reprend même la fameuse proposition qu’on ne peut refuser propre au Parrain incarné par Marlon Brando. Mais il n’y a rien qui tient debout et on peut même douter des intentions formelles d’une telle œuvre. Décapitations, humiliations et sévices corporels sont à l’honneur d’une fresque admirablement réalisée mais vaine car sans réflexion au bout du compte. Et je ne parle même pas des relations incestueuses qui deviennent un peu la marque de fabrique d’un Jodorowsky sûrement perturbé personnellement par de tels événements. Il n’y a aucune justification ou attrait. Rien n’est excitant et tout est grotesque voire ubuesque et quitte à choisir mieux vaut lire la saga des Spaghetti Brothers bien plus drôle et inventive... Oui mais Jodo sait tenir son public en haleine avec une bd qu'on peut dévorer comme un journal de gare. Les couleurs et les dessins méritent largement qu'on s'y attarde et je reconnais avoir lu sans lassitude ou déplaisir les 4 tomes d'une traite. La conclusion n'est certainement pas à la hauteur mais vu qu'il n'y a rien de réaliste là dedans (ou tout du moins je l'espère) finalement on s'en fiche pas mal mais au moins ça se termine (mal) y compris pour Michelotto l'assassin sanguinaire des Borgia et à contrario peut-être le personnage le moins antipathique de cette oeuvre). Borderline d'un bout à l'autre et de très mauvais goût, Jodo arrive néanmoins à rendre son oeuvre prenante et rythmée par l'art de sa propre misanthropie. On peut autant y dégueuler par la cruauté de certains actes que sourire à leur mise en scène grand guignolesque. Au final je reste circonspect et me demande encore si l'ensemble relève du génie ou de la sénilité, peut-être un peu des deux d'ailleurs... A ne mettre dans les mains que d'un public très très averti : Canis Canem Edit !

03/01/2012 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5

Sacré Jodo! Il en fait quand même toujours beaucoup, non ? Trop diront certains, alors que les autres reconnaîtront chez l’intéressé un scénariste décalé, original et audacieux dans ses choix. Je comprends par contre plusieurs lecteurs déçus par la série, étant donné la liberté prise par le scénariste dans l’absence du respect historique. Je pense être moins regardant, dans la mesure où la série ne m’est pas présentée comme étant strictement fidèle à l’Histoire. Me concernant, mon plaisir de lecture fut réel, même si le too much de l’auteur est indéniable. Ce même too much m'a laissé le sourire au coin de la bouche...Pire, il en remet une couche avec Le Pape Terrible, dans la même veine et présentant un personnage commun. Trahison, sexe, inceste, meurtre, corruption, voici autant de termes qui peuvent décrire l’ambiance générale de l’histoire des Borgia, première vraie famille mafieuse de Rome… Les dessins réalistes sont bons et les tons sont clairs. L’ensemble est cohérent et se laisse regarder. Seul bémol: le dernier tome, qui vient manifestement clôturer à la "va-vite" le récit. Des (énormes) ficelles sont prises par le scénariste pour faire buter "un tel", faire crever "une telle", déshériter et tuer "un autre"; bref, cela se laisse lire mais l'impression générale d'avoir voulu en terminer rapidement laisse un léger goût amer à la fermeture de l'album. Cela se laisse lire, certes, mais j'en ressors quand même déçu. En conclusion, Borgia est une bonne série, surprenante et exagérée dans tous les thèmes abordés. Si cela ne vous rebute pas, ou si l’auteur vous plait déjà, n’hésitez pas ! Sinon, passez votre chemin, au risque d’être dégouté par les choix du scénariste. Seul gros défaut de l'ensemble: une vrai fin, mais bâclée...

09/12/2009 (MAJ le 12/12/2010) (modifier)
Par Miranda
Note: 1/5
L'avatar du posteur Miranda

Après avoir lu Le Pape Terrible que j'ai fortement apprécié, je me suis lancée dans Borgia me disant que ça devait être du même acabit, mais c'est loin d'être le cas. Là où le premier utilise les scènes de sexe de façon drôle, subtile et avec une grande parcimonie, l'autre n'est que racolage vulgaire, avec des scènes de cul qui arrivent brutalement dans le récit sans crier gare. J'aime ici le travail de Manara et ses couleurs directes, qui bien qu'un peu vives ne m'ont pas dérangée ; les costumes sont magnifiques mais les décors restent un peu pauvres et ne sont souvent qu'esquissés, ils ne bénéficient pas du même travail que les personnages, mais cela reste très beau à regarder. Par contre, les femmes m'ont passablement gavée, toutes les mêmes, toutes sorties du même vagin, des salopes en chaleur qui n'attendent qu'une seule chose : qu'une bite leur passe à porté de main. Que dire de cette scène ô combien ridicule où deux sœurs se disputent et finissent par terre à se rouler des pelles et se caresser le minou, devant une bonne dizaine de religieuses toutes émoustillées et qui iraient bien les rejoindre. Et celle où l'une des sœurs se fait fouetter debout, toute nue et attachée, le cul rougi et lacéré elle garde une pose lascive, le popotin bien relevé, elle en veut encore la petite garce ! Tout ça est totalement débile dans un récit qui se veut historique, Manara a pris le dessus et le reste n'a plus de sens. Le clergé fait même des orgies en pleine rue, c'est totalement irréel ; certes cachés derrière leurs soutanes ils pouvaient forniquer à volonté, mais ils auraient perdu toute crédibilité s'ils s'étaient montrés publiquement. Il n'y a guère que pendant les grandes pestes que les gens, devant une mort peut-être imminente, perdaient toute contenance. Manara ne devrait faire que des bd de cul pour mâles qui s'imaginent que les femmes sont comme des chiennes, toujours en chaleur. Je me suis arrêtée au tome 1, ce n'est pas une bd de cul car ça ne baise pas à toutes les pages, et c'est une bd historique assez mauvaise, car ce côté est traité de façon un peu simpliste avec beaucoup de raccourcis scénaristiques. Comme celui où Alexandre VI achète son élection d'une façon déroutante de facilité et de rapidité. La psychologie des personnages est aussi légère que les jupes des femmes. Quant la cruauté du clergé il a fait bien pire dans toute sont Histoire. Le pire de tout, c'est que ça se prend au sérieux.

11/11/2009 (modifier)