Il s'agit d'un exercice de style ou plutôt d'un défi : une BD peut-elle générer de la peur ?
Guillaume Sorel crée une histoire policière particulièrement macabre. Les crimes horribles s'enchaînent dans un village gallois de bord de mer, le serial killer s'annonce désireux de choquer via un spectaculaire revendiqué. Mais l'invraisemblance des crimes interroge : est-ce l’œuvre d'un déséquilibré (dans ce cas, comment s'y prend-t-il pour assassiner puis mettre en scène de la sorte ses perversités, sans être remarqué) ? Ou bien une vengeance divine ? Le fantastique s'invite peu à peu, à moins que ce ne soit la folie.
Avec son dessin toujours aussi puissant, Sorel ménage des respirations : la journée, un jeune scientifique enquête, parcourant la plage et les champs de blé aux coquelicots. Mais la tension s'immisce toujours rapidement, via une population locale inquiète et soupçonneuse ou des visions d'enfants déstabilisantes. La nuit, l'horreur reprend le dessus, un nouveau crime surgit, l'enquête avance dans une direction qui terrifie le héros.
Malheureusement, force est de constater que Sorel échoue dans son ambition initiale (générer de la peur) mais aussi dans celle minimale (entretenir un récit policier fantastique haletant). L'enquête avance rapidement et de manière fortuite, le fantastique devient évident et peu enthousiasmant (les éléments pertinents étant découverts trop tardivement pour enrichir l'intrigue).
Du côté de la peur, l'usage d'éléments purement cinématographiques interpellent : le plan de coupe sur l'enfant, les yeux brillants dans la nuit, la figuration des actes horribles ou leur volontaire mise hors-champ et la figuration de la terreur sur les visages des héros. Pourquoi ces éléments-là ne fonctionnent-ils pas ? Je crains qu'il ne faille pas uniquement accuser le "média BD" et l'impossibilité pour l'auteur de gérer le rythme de lecture de son lecteur. Sorel n'a pas assez misé sur son découpage, joué des changements de page pour suspendre l'horreur (visage horrifié en dernière case d'une page de droite, explication -ou non- après avoir tourné la page). Il n'a pas non plus essayé de créer une ambiance sonore particulière, sauf avec ces bulles en rose difficiles à interpréter en termes de voix et de décibels.
Un loupé très intéressant, fort bien dessiné : une lecture pertinente tout autant que décevante.
Les avis élogieux m'avaient poussé à intégrer cet album dans la liste de souhaits, un matériel de qualité, des couleurs chatoyantes, une promesse d'aventure, tant de choses qui partaient bien.
Et le premier récit rentre dans l'aventure avec des codes fantasy avec réussite. Les personnages parlent peu, la société matriarcale présentée donne envie de s'y intéresser plus mais nous ne pourrons pas car nous voici déjà en quête. les codes du genre sont là, il n'y a pas vraiment de surprise et difficile de s'attacher aux personnages, un peu quand même à ce paladin servant noblement la cause. Si l'on n'avait pas déjà compris, un peu de texte assez artificiel vient nous expliciter les piliers basés sur des faux semblants de la société que l'on a quitté, un survivant bien peu crédible étant donnés les dangers rencontrés offre un porte de sortie et sans qu'on l'ai vraiment compris notre héroïne accomplit son geste de bravoure avec une froideur qui fait peur et ne nous aide pas à l'apprécier. Le dessin a servi le propos, voyons maintenant l'autre facette.
Si le choix de l'autre personnage m'a surpris, la découverte de cet autre matriarcat est plus verbeux et hélas ce n'est pas une réussite car les textes sont remplis de redondances, très plats et franchement lourds par moments. On va retrouver tous les poncifs qu'il est de bon ton de promouvoir dans notre actualité : le patriarcat c'est moche, le lesbianisme c'est bien, les anciens raisonnent comme des fachos qui ne comprennent rien au monde actuel, sont trop ancrés sur leurs valeurs passéistes et corrompent une belle jeunesse pour qui la vérité doit se trouver en eux. Et on en ajoute des couches... Pff s'il n'y avait ce dessin magnifique en particulier un découpage franchement emballant, la mise en couleur étant réussie mais un poil trop saturée à mon goût, j'aurai fermé le livre depuis longtemps. Milles ans passent et c'est peu dire que de ire qu'on les sent bien passer en tant que lecteur, arrive ce qui unit les deux récits et même à ce moment où une attente d'amour aussi longue et idéale pourrait trouver un climax d'émotions, on n'a que des platitudes navrantes ce qui donne l’impression de voir des personnages qui surjouent. Enfin la chute qui réunit les deux récits et le vieux ringard qui dans un clin d’œil ultime avait bien raison dans sa prédiction à croire que tant d'effort pour montrer de magnifiques matriarcats finalement aussi remplis des mêmes limites que les autres modèles ! Mais là je m'égare et taquine un poil le manifeste qui ne veut probablement adouber cette interprétation.
Cette seconde partie est écœurante, j'ai rarement été aussi dégouté d'une BD et même certains ici m'ont semblé meilleurs.
Au final dur de donner un avis global, car autant la première partie serait entre un bof et un pas mal avec de bonnes choses sous exploitées au détriment d'autres sans intérêt tandis que la seconde me plonge dans une perplexité sur la vacuité en BD. Je n'ai vraiment pas aimé le scénario et les personnages ainsi que les textes, mais le dessin et l'environnement créé méritent mieux allons donc pour le bof, j'aurai tendance à penser que cet auteur devrait s'associer avec un scénariste pour donner le meilleur de lui même
Pas vraiment convaincu par cette BD ... C'est une réflexion sur la vie à l'aube de la cinquantaine, mais franchement c'est pas hyper intéressant lorsqu'on est pas concerné par le sujet.
Et je suis un peu déçu parce que j'avais un bon sentiment en ouvrant la BD. Ca commence bien sur cet homme largué dans sa vie qui remet en question ce qu'il a vécu et voit tout lui échapper. Sauf que très vite, ça devient des considérations personnelles notamment dans ses liens familiaux, il y a plein de petits moments sentimentaux sincères mais qui ne font pas avancer l'intrigue, il se tape la première femme qu'il recroise parce que c'était important de montrer un mec qui se tape une femme (je veux dire, quel autre état d'âme il aurait, ça reste un MEC, non ?). Le tout sans résolution réelle, avec pleins de détails qui manque. La question de son chômage forcé et sa peur de ne pas trouver de travail vu son âge et son statut, ça pourrait donner des considérations intéressantes sur le monde du travail. Mais on l'évoque à peine, de même sur la question des évolutions du couple, de la famille, de l'engagement pour la justice ou le climat ... Ces sujets existent en filigrane du récit mais on reste en surface et le personnage principal ne m'est pas particulièrement sympathique. De fait, je suis assez hermétique à ses problèmes qui ne me parlent pas et ne me concernent pas, de même que sa "dépression" est une petite baisse de moral passagère assez vite résolu. Au final, ça fait parenthèse de vie qui questionne ce qu'on a fait jusqu'à nos cinquante ans. Mais ce n'est ni mordant, ni particulièrement intéressant. Personnellement, ses états d'âmes ne me touchent pas et du coup, il ne reste pas grand chose du récit.
Niveau dessin Davodeau fait son style habituel, c'est propre mais ça ne rehausse pas l'ensemble. Pas sur qu'il y avait moyen de faire mieux, mais ça renforce l'aspect très "film d'auteur" du récit, qui n'arrive pas à m'intéresser. Je passe mon tour pour celle-là.
Je me suis plongé dans Une romance anglaise, la bande dessinée de Jean-Luc Fromental au scénario et Miles Hyman au dessin, qui s’inspire de l’affaire Profumo, ce scandale politico-sexuel qui a secoué l’Angleterre en 1963 – année de ma naissance ! Malheureusement, malgré le sujet prometteur, l’ensemble m’a laissé plutôt indifférent.
D’abord, le dessin : les couleurs sont trop vives, presque agressives, et le trait me semble grossier, manquant de finesse pour rendre l’atmosphère feutrée et sulfureuse de l’époque. Le découpage des planches, très classique, ne m’a pas surpris et m’a même paru stéréotypé, comme si on avait recyclé des codes sans vraiment les réinventer.
Ensuite, l’histoire : je me suis souvent perdu dans les méandres de l’intrigue, d’autant que les personnages se ressemblent visuellement beaucoup. Difficile de les distinguer, et donc de s’attacher à eux. Le scénario, pourtant inspiré d’un fait divers passionnant, ne parvient pas à captiver. On a l’impression de survoler les événements sans jamais s’y immerger.
Le seul intérêt de cette BD, à mes yeux, est d’avoir éveillé ma curiosité sur l’affaire Profumo, que je ne connaissais pas. Pour ça, merci. Mais en tant qu’œuvre graphique et narrative, je reste sur ma faim. Pour résumer... bof !
On a un album indéniablement soigné sur le plan graphique. Le trait est élégant, les ambiances aquatiques sont travaillées, et certaines planches respirent une vraie sensibilité. On sent un auteur qui sait composer une image et donner de la matière à ses décors. Sur ce point, rien à dire : c’est joli, parfois même très beau.
Mais voilà… le récit, lui, m’a perdu en route. J’ai trouvé l’ensemble long, étiré, avec un rythme qui s’installe difficilement et des passages qui donnent l’impression de tourner en rond. Là où j’attendais une progression, de la tension ou simplement un plaisir de narration, je me suis retrouvé face à quelque chose d’assez ennuyeux.
Et c’est peut-être ce qui m’a le plus gêné : cette sensation que l’auteur se regarde un peu trop le nombril, au détriment du lecteur. Au final, malgré des dessins qui méritent le détour, ce n’était pas une lecture plaisante pour moi.
Je ne lirais probablement pas le tome 2, et le 1 ne va pas rester dans ma bibliothèque.
Mouais. J’ai lu la série dans l’intégrale. Je ne me suis pas ennuyé, mais l’intrigue ne m’a pas emballé plus que ça. Affaire de goûts sans doute.
L’histoire ressemble à une série B à l’américaine (quelques points communs avec cette île rassemblant les rebus de la société qui m’a fait penser à des films comme « New-York 1997 » de Carpenter, ou « Les guerriers de la nuit » de Hill), avec une lutte entre clans, lutte qui va se trouver dynamisée par l’arrivée d’une femme envoyée au milieu de ce panier de crabes par un laboratoire pharmaceutique à qui on a volé des produits secrets.
C’est assez dynamique donc, mais les combats (pas toujours très lisibles parfois) occupent parfois trop de place, et l’intrigue elle-même n’est pas de celles qui m’intéressent. La psychologie des personnages est aussi un peu légère.
Le dessin lui aussi m’a un peu laissé de côté. Même s’il possède de réelles qualités. J’ai bien aimé la colorisation (tous les tons employés donnent un rendu qui me plait). Les décors sont peu développés, mais les décors urbains en fond sont plutôt chouettes (avec cette belle colorisation en plus).
Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin des personnages. On est sur un style proche de certains comics, avec des corps bodybuildés pour les hommes, avec mâchoires carnassières, des femmes aux poitrines opulentes. Et surtout des corps très allongés, et des visages qui me paraissaient un peu petits par rapport au reste du corps.
Note réelle 2,5/5.
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit.
C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir.
D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendu confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdu. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir.
Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ?
C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens.
En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire.
Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais.
Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur.
Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement.
Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Dans le petit microcosme de la BD pour adultes, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier.
Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée.
Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée.
Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame.
On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage.
Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relever le niveau. Ouf.
Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vue des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
Le flic ? Insignifiant et les gags aussi et le dessin…Le seul individu avec un cerveau donnant lieu a des gags qui peuvent s'appeler des gags est le suicidaire récurent. C'est quand même très peu. Dans Spirou, plein de seconds rôles sont excellents, comme l'alcoolique et ivrogne qui voit de drôles de trucs… Vrais ! Personne ne le croit, souvent il ne se croit pas lui-même, c'est dire. Je n'ai jamais compris comment une série si nulle a pu survivre, même insérée dans le journal Spirou qu'on lit en commençant par le meilleur et qu'on finit par ça en espérant qu'il y aura le suicidé, qui seul donne un peu de vie à tout ça ! Sans suicidé, une étoile, avec, deux, on peut dire que je ne suis pas sévère.
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Deryn Du
Il s'agit d'un exercice de style ou plutôt d'un défi : une BD peut-elle générer de la peur ? Guillaume Sorel crée une histoire policière particulièrement macabre. Les crimes horribles s'enchaînent dans un village gallois de bord de mer, le serial killer s'annonce désireux de choquer via un spectaculaire revendiqué. Mais l'invraisemblance des crimes interroge : est-ce l’œuvre d'un déséquilibré (dans ce cas, comment s'y prend-t-il pour assassiner puis mettre en scène de la sorte ses perversités, sans être remarqué) ? Ou bien une vengeance divine ? Le fantastique s'invite peu à peu, à moins que ce ne soit la folie. Avec son dessin toujours aussi puissant, Sorel ménage des respirations : la journée, un jeune scientifique enquête, parcourant la plage et les champs de blé aux coquelicots. Mais la tension s'immisce toujours rapidement, via une population locale inquiète et soupçonneuse ou des visions d'enfants déstabilisantes. La nuit, l'horreur reprend le dessus, un nouveau crime surgit, l'enquête avance dans une direction qui terrifie le héros. Malheureusement, force est de constater que Sorel échoue dans son ambition initiale (générer de la peur) mais aussi dans celle minimale (entretenir un récit policier fantastique haletant). L'enquête avance rapidement et de manière fortuite, le fantastique devient évident et peu enthousiasmant (les éléments pertinents étant découverts trop tardivement pour enrichir l'intrigue). Du côté de la peur, l'usage d'éléments purement cinématographiques interpellent : le plan de coupe sur l'enfant, les yeux brillants dans la nuit, la figuration des actes horribles ou leur volontaire mise hors-champ et la figuration de la terreur sur les visages des héros. Pourquoi ces éléments-là ne fonctionnent-ils pas ? Je crains qu'il ne faille pas uniquement accuser le "média BD" et l'impossibilité pour l'auteur de gérer le rythme de lecture de son lecteur. Sorel n'a pas assez misé sur son découpage, joué des changements de page pour suspendre l'horreur (visage horrifié en dernière case d'une page de droite, explication -ou non- après avoir tourné la page). Il n'a pas non plus essayé de créer une ambiance sonore particulière, sauf avec ces bulles en rose difficiles à interpréter en termes de voix et de décibels. Un loupé très intéressant, fort bien dessiné : une lecture pertinente tout autant que décevante.
Fantasy - Yourcenar / Alma
Les avis élogieux m'avaient poussé à intégrer cet album dans la liste de souhaits, un matériel de qualité, des couleurs chatoyantes, une promesse d'aventure, tant de choses qui partaient bien. Et le premier récit rentre dans l'aventure avec des codes fantasy avec réussite. Les personnages parlent peu, la société matriarcale présentée donne envie de s'y intéresser plus mais nous ne pourrons pas car nous voici déjà en quête. les codes du genre sont là, il n'y a pas vraiment de surprise et difficile de s'attacher aux personnages, un peu quand même à ce paladin servant noblement la cause. Si l'on n'avait pas déjà compris, un peu de texte assez artificiel vient nous expliciter les piliers basés sur des faux semblants de la société que l'on a quitté, un survivant bien peu crédible étant donnés les dangers rencontrés offre un porte de sortie et sans qu'on l'ai vraiment compris notre héroïne accomplit son geste de bravoure avec une froideur qui fait peur et ne nous aide pas à l'apprécier. Le dessin a servi le propos, voyons maintenant l'autre facette. Si le choix de l'autre personnage m'a surpris, la découverte de cet autre matriarcat est plus verbeux et hélas ce n'est pas une réussite car les textes sont remplis de redondances, très plats et franchement lourds par moments. On va retrouver tous les poncifs qu'il est de bon ton de promouvoir dans notre actualité : le patriarcat c'est moche, le lesbianisme c'est bien, les anciens raisonnent comme des fachos qui ne comprennent rien au monde actuel, sont trop ancrés sur leurs valeurs passéistes et corrompent une belle jeunesse pour qui la vérité doit se trouver en eux. Et on en ajoute des couches... Pff s'il n'y avait ce dessin magnifique en particulier un découpage franchement emballant, la mise en couleur étant réussie mais un poil trop saturée à mon goût, j'aurai fermé le livre depuis longtemps. Milles ans passent et c'est peu dire que de ire qu'on les sent bien passer en tant que lecteur, arrive ce qui unit les deux récits et même à ce moment où une attente d'amour aussi longue et idéale pourrait trouver un climax d'émotions, on n'a que des platitudes navrantes ce qui donne l’impression de voir des personnages qui surjouent. Enfin la chute qui réunit les deux récits et le vieux ringard qui dans un clin d’œil ultime avait bien raison dans sa prédiction à croire que tant d'effort pour montrer de magnifiques matriarcats finalement aussi remplis des mêmes limites que les autres modèles ! Mais là je m'égare et taquine un poil le manifeste qui ne veut probablement adouber cette interprétation. Cette seconde partie est écœurante, j'ai rarement été aussi dégouté d'une BD et même certains
ici m'ont semblé meilleurs.
Au final dur de donner un avis global, car autant la première partie serait entre un bof et un pas mal avec de bonnes choses sous exploitées au détriment d'autres sans intérêt tandis que la seconde me plonge dans une perplexité sur la vacuité en BD. Je n'ai vraiment pas aimé le scénario et les personnages ainsi que les textes, mais le dessin et l'environnement créé méritent mieux allons donc pour le bof, j'aurai tendance à penser que cet auteur devrait s'associer avec un scénariste pour donner le meilleur de lui même
Les Couloirs aériens
Pas vraiment convaincu par cette BD ... C'est une réflexion sur la vie à l'aube de la cinquantaine, mais franchement c'est pas hyper intéressant lorsqu'on est pas concerné par le sujet. Et je suis un peu déçu parce que j'avais un bon sentiment en ouvrant la BD. Ca commence bien sur cet homme largué dans sa vie qui remet en question ce qu'il a vécu et voit tout lui échapper. Sauf que très vite, ça devient des considérations personnelles notamment dans ses liens familiaux, il y a plein de petits moments sentimentaux sincères mais qui ne font pas avancer l'intrigue, il se tape la première femme qu'il recroise parce que c'était important de montrer un mec qui se tape une femme (je veux dire, quel autre état d'âme il aurait, ça reste un MEC, non ?). Le tout sans résolution réelle, avec pleins de détails qui manque. La question de son chômage forcé et sa peur de ne pas trouver de travail vu son âge et son statut, ça pourrait donner des considérations intéressantes sur le monde du travail. Mais on l'évoque à peine, de même sur la question des évolutions du couple, de la famille, de l'engagement pour la justice ou le climat ... Ces sujets existent en filigrane du récit mais on reste en surface et le personnage principal ne m'est pas particulièrement sympathique. De fait, je suis assez hermétique à ses problèmes qui ne me parlent pas et ne me concernent pas, de même que sa "dépression" est une petite baisse de moral passagère assez vite résolu. Au final, ça fait parenthèse de vie qui questionne ce qu'on a fait jusqu'à nos cinquante ans. Mais ce n'est ni mordant, ni particulièrement intéressant. Personnellement, ses états d'âmes ne me touchent pas et du coup, il ne reste pas grand chose du récit. Niveau dessin Davodeau fait son style habituel, c'est propre mais ça ne rehausse pas l'ensemble. Pas sur qu'il y avait moyen de faire mieux, mais ça renforce l'aspect très "film d'auteur" du récit, qui n'arrive pas à m'intéresser. Je passe mon tour pour celle-là.
Une romance anglaise
Je me suis plongé dans Une romance anglaise, la bande dessinée de Jean-Luc Fromental au scénario et Miles Hyman au dessin, qui s’inspire de l’affaire Profumo, ce scandale politico-sexuel qui a secoué l’Angleterre en 1963 – année de ma naissance ! Malheureusement, malgré le sujet prometteur, l’ensemble m’a laissé plutôt indifférent. D’abord, le dessin : les couleurs sont trop vives, presque agressives, et le trait me semble grossier, manquant de finesse pour rendre l’atmosphère feutrée et sulfureuse de l’époque. Le découpage des planches, très classique, ne m’a pas surpris et m’a même paru stéréotypé, comme si on avait recyclé des codes sans vraiment les réinventer. Ensuite, l’histoire : je me suis souvent perdu dans les méandres de l’intrigue, d’autant que les personnages se ressemblent visuellement beaucoup. Difficile de les distinguer, et donc de s’attacher à eux. Le scénario, pourtant inspiré d’un fait divers passionnant, ne parvient pas à captiver. On a l’impression de survoler les événements sans jamais s’y immerger. Le seul intérêt de cette BD, à mes yeux, est d’avoir éveillé ma curiosité sur l’affaire Profumo, que je ne connaissais pas. Pour ça, merci. Mais en tant qu’œuvre graphique et narrative, je reste sur ma faim. Pour résumer... bof !
L'Âge d'eau
On a un album indéniablement soigné sur le plan graphique. Le trait est élégant, les ambiances aquatiques sont travaillées, et certaines planches respirent une vraie sensibilité. On sent un auteur qui sait composer une image et donner de la matière à ses décors. Sur ce point, rien à dire : c’est joli, parfois même très beau. Mais voilà… le récit, lui, m’a perdu en route. J’ai trouvé l’ensemble long, étiré, avec un rythme qui s’installe difficilement et des passages qui donnent l’impression de tourner en rond. Là où j’attendais une progression, de la tension ou simplement un plaisir de narration, je me suis retrouvé face à quelque chose d’assez ennuyeux. Et c’est peut-être ce qui m’a le plus gêné : cette sensation que l’auteur se regarde un peu trop le nombril, au détriment du lecteur. Au final, malgré des dessins qui méritent le détour, ce n’était pas une lecture plaisante pour moi. Je ne lirais probablement pas le tome 2, et le 1 ne va pas rester dans ma bibliothèque.
Ghostface
Mouais. J’ai lu la série dans l’intégrale. Je ne me suis pas ennuyé, mais l’intrigue ne m’a pas emballé plus que ça. Affaire de goûts sans doute. L’histoire ressemble à une série B à l’américaine (quelques points communs avec cette île rassemblant les rebus de la société qui m’a fait penser à des films comme « New-York 1997 » de Carpenter, ou « Les guerriers de la nuit » de Hill), avec une lutte entre clans, lutte qui va se trouver dynamisée par l’arrivée d’une femme envoyée au milieu de ce panier de crabes par un laboratoire pharmaceutique à qui on a volé des produits secrets. C’est assez dynamique donc, mais les combats (pas toujours très lisibles parfois) occupent parfois trop de place, et l’intrigue elle-même n’est pas de celles qui m’intéressent. La psychologie des personnages est aussi un peu légère. Le dessin lui aussi m’a un peu laissé de côté. Même s’il possède de réelles qualités. J’ai bien aimé la colorisation (tous les tons employés donnent un rendu qui me plait). Les décors sont peu développés, mais les décors urbains en fond sont plutôt chouettes (avec cette belle colorisation en plus). Pour le reste, je ne suis pas fan du dessin des personnages. On est sur un style proche de certains comics, avec des corps bodybuildés pour les hommes, avec mâchoires carnassières, des femmes aux poitrines opulentes. Et surtout des corps très allongés, et des visages qui me paraissaient un peu petits par rapport au reste du corps. Note réelle 2,5/5.
Baume du tigre
Une BD sincère mais maladroite, qui m'a laissé sur un double sentiment : celui de ne pas avoir tout compris et celui de ne pas avoir été entrainé dans le récit. C'est une BD sur des immigrés chinois venus s'installer en France, avec les difficultés de la famille. Je dois dire que la thématique m'intéresse assez peu, mais la BD est surtout sur la famille assez problématique de ces quatre jeunes femmes. La violence domestique, l'autorité paternelle, les femmes rabaissées... C'est un bel étalage de cette violence sexiste qu'on constate malheureusement souvent. Et de fait, la fin avec une forme de réconciliation familiale alors que le grand-père n'a jamais fait le moindre pas en avant vers elles, ça me fait un peu mal à voir. D'autre part, la BD est assez confuse par moment, avec des chapitres sur d'autres personnes qui m'ont rendu confus avant que je ne comprenne et n'arrive à voir comment l'histoire se dessine. Bref, c'est assez difficile de dire que j'étais porté par l'histoire, avec quelques chapitres qui font des allers-retours temporels et m'ont perdu. D'ailleurs la temporalité est aussi difficile lorsque le temps accélère pour faire passer quelques années sans réellement nous montrer la façon dont elles s'en sortent, ce que j'aurais apprécié voir. Cela dit, la BD n'est pas désagréable à lire, c'est juste que je n'ai pas été porté par le récit et que je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire sur la famille. D'ailleurs la BD est sur des immigrés de deuxième génération, mais finalement la question de l'intégration sociétale est presque esquivée, on voit surtout les rapports familiaux et les liens entre ces membres. Et en fin de compte, j'ai peiné à finir et je n'ai pas spécialement envie de relire la BD. Donc pas conseillée.
Star Fixion
À quoi ressemblerait Star Wars si son scénario était tombé entre les mains d'un producteur fauché, décidé à le transformer en porno sans en informer son jeune auteur, George Lucas ? C'est le point de départ de cette BD d'humour destinée à parler aux fans de Star Wars, en jouant sur le quiproquo permanent, les doubles sens et les malentendus, avec Obion au dessin et, forcément, à l'exercice de ses jeux de mots à double sens et autres glissements de sens. En tant qu'ancien fan de Star Wars, cet album avait tous les ingrédients pour me plaire, d'autant que j'aime beaucoup le dessin d'Obion, qui est ici encore très bon, porté par de chouettes couleurs. De même, la structure en deux gags par page me rappelle les très bons albums de Trondheim, capable de faire rire deux fois par page tout en racontant une véritable histoire. Hélas, cela ne fonctionne pas du tout aussi bien que je l'espérais. Certes, le scénario multiplie les références à Star Wars et les clins d'oeil à l'univers cinématographique entourant George Lucas et son ami Spielberg. Mais l'intrigue comme l'humour ne décollent jamais vraiment. Il y a bien quelques gags amusants, le plus souvent quand on sent la patte d'Obion et qu'il parvient à placer un bon jeu de mots, et l'ambiance reste globalement sympathique, mais les auteurs tirent clairement le concept trop en longueur. Les running gags se répètent excessivement, certains passages sont laborieux ou superflus, et le mécanisme comique devient prévisible à force de reposer toujours sur le même principe. On sent que l'idée de départ n'est pas assez solide pour porter un album entier sans essoufflement. Au final, ce n'est pas un ratage, notamment grâce au dessin et à quelques gags et jeux de mots qui fonctionnent plutôt bien, mais j'ai trop peu ri et je me suis même parfois ennuyé. Je reste donc sur une impression de potentiel mal exploité et d'une idée de départ trop faible, puis inutilement étirée.
Rendez-vous fatal
Dans le petit microcosme de la BD pour adultes, Manara fait référence. Il convenait donc de pouvoir lire au moins une de ses œuvres et donc lorsque l'occasion d'en acquérir une se présenta je ne me fis pas prier. Mais voilà , "Rendez-vous fatal" n'est pas vraiment son œuvre la plus inspirée. Comme souvent dans ce genre de production, le scénario est indigent Un homme d'affaires est endetté auprès d'un usurier. Comme il ne rembourse pas sa dette à temps, sa femme se fait violer par les gorilles du mafieux. Et pour être sûr que notre homme d'affaires comprenne la leçon, elle se fera violer chaque jour à 18h pétante tant qu'il n'aura pas fini de rembourser sa dette. Inutile de vous dire que la brave dame n'a pas fini d'être humiliée. Et c'est vraiment à ce niveau que le bât blesse. L'absence de consentement empêche complètement le lecteur de prendre du plaisir à la lecture (à moins d'être sadomasochiste). Les viols s'enchainent à chaque page et on n'a finalement qu'une hâte c'est d'en finir avec le calvaire de la pauvre dame. On est donc loin d'être émoustillé, ce qui est pourtant le but de ce genre d'ouvrage. Reste le dessin de Manara, qui est très soigné bien que daté, pour relever le niveau. Ouf. Donc voilà j'ai un ouvrage de Manara dans ma bibliothèque. L'expérience s'étant montrée peu concluante, et au vue des notes de ses autres albums, il est fort probable que ce soit le seul.
L'Agent 212
Le flic ? Insignifiant et les gags aussi et le dessin…Le seul individu avec un cerveau donnant lieu a des gags qui peuvent s'appeler des gags est le suicidaire récurent. C'est quand même très peu. Dans Spirou, plein de seconds rôles sont excellents, comme l'alcoolique et ivrogne qui voit de drôles de trucs… Vrais ! Personne ne le croit, souvent il ne se croit pas lui-même, c'est dire. Je n'ai jamais compris comment une série si nulle a pu survivre, même insérée dans le journal Spirou qu'on lit en commençant par le meilleur et qu'on finit par ça en espérant qu'il y aura le suicidé, qui seul donne un peu de vie à tout ça ! Sans suicidé, une étoile, avec, deux, on peut dire que je ne suis pas sévère.