L'École emportée m’a laissé une impression très mitigée. Je comprends son importance historique dans le manga d’horreur, mais la lecture m’a surtout paru étrange et décousue. Le récit donne souvent l’impression de passer brutalement d’une situation à une autre sans réelle logique ni transition naturelle. On enchaîne les événements absurdes, les réactions excessives et les retournements inattendus au point que j’ai eu du mal à m’impliquer émotionnellement dans l’histoire.
Les dessins n’aident pas non plus. Je sais que le style est ancien et représentatif de son époque, mais personnellement je l’ai trouvé daté et peu engageant. Les visages déformés, les expressions outrancières et le trait très chargé rendent la lecture parfois pénible plutôt qu’angoissante. Au lieu d’être happé par l’ambiance, j’avais surtout envie de décrocher.
Je n’ai pas aimé Nausicaä de la Vallée du Vent. Malgré sa réputation culte, j’ai trouvé le manga extrêmement pénible à lire. Le principal problème vient des dessins : les planches sont souvent surchargées, confuses, et l’action devient rapidement illisible. Entre les créatures, les machines, les décors détaillés et les mouvements esquissés dans tous les sens, j’avais constamment l’impression de devoir “déchiffrer” les pages plutôt que les lire.
Et surtout… que c’est mou. Le récit avance lentement, avec énormément de dialogues explicatifs et de passages contemplatifs qui cassent totalement le rythme. Là où certains verront une œuvre poétique et profonde, j’y ai surtout vu une narration interminable qui peine à captiver. Même les scènes censées être intenses manquent d’impact à cause du découpage confus et du rythme étiré.
Je comprends pourquoi le manga est admiré pour son univers et ses thèmes écologiques, mais personnellement, l’expérience de lecture a été laborieuse du début à la fin.
Si je ne me trompe pas, c'est la première bande dessinée de cet auteur que je lis et je n'ai pas trop envie de lire le reste de sa bibliographique...
Le dessin est pas trop mal même si la mise en scène est souvent plate avec des suites de cases qui se ressemblent hormis un ou deux changements. C'est un effet de style qui peut plaire à certains lecteurs, mais pas à moi. Ce sont des histoires courtes ayant pour thème le football et je n'ai pas beaucoup rigolé durant ma lecture et je me suis vite ennuyé. La faute en partie au fait que les histoires tiraient souvent en longueur. Je me demande peut-être si c'est un problème générationnel.
Je suis né au début des années 90, mais j'ai passé une bonne partie de ma jeunesse avec les vieux classiques de la BD Franco-Belge, une époque où les auteurs avaient un espace restreint pour s'exprimer et chez les plus grands auteurs on voit que chaque case est important et à un but précis . Maintenant on est pas obligé que chaque album fait 44 pages et cela permet plus de liberté aux auteurs, mais de plus en plus souvent j'ai l'impression qu'il y a trop de BD moderne où on prends inutilement son temps et cela casse le rythme. Ici, j'ai souvent eu l'impression qu'on prenait trop de cases pour raconter un gag qui aurait durer un ou deux pages si ça avait été produit dans les années 50-70.
Pas un album pour moi.
Cette BD adapte et illustre plusieurs chansons des Fatals Picards à travers une succession de petites histoires ou de simples mises en images des paroles du groupe.
Je connais assez mal les Fatals Picards en tant que groupe, mais je connaissais et appréciais la plupart des chansons reprises ici. Le problème, c'est que l'album se contente très souvent de les illustrer assez littéralement, sans apporter de relecture, de véritable scénario ou de valeur ajoutée.
L'humour absurde, satirique et très second degré du groupe reste évidemment présent, et certaines chansons fonctionnent toujours bien grâce à leurs idées de départ ou à leur ton volontairement idiot et décalé. Mais en dehors du plaisir de retrouver ces morceaux, l'album lui-même reste très limité. Les différentes histoires sont inégales, le rythme manque d'énergie, et graphiquement c'est d'un niveau amateur. Ce n'est pas catastrophique, mais c'est souvent trop simple et maladroit, avec une mise en scène sans impact ni personnalité.
Ça ressemble surtout à un petit produit dérivé fait par des fans amateurs pour des fans. Honnêtement, c'est parce que j'aime bien l'esprit du groupe et de leurs chansons que je n'ai pas trouvé l'ensemble nul, mais cela reste un album largement dispensable.
Rien d'autres à ajouter de plus par rapport à l'avis précédent qui a déjà tout bien expliqué les problèmes de cet album.
J'ai rien contre les comics de super-héros qui ne sont que du pur divertissement, mais ici le scénario est un peu trop orientés sur les scènes d'actions. Alors il y a pleins de bastons au point où on a un peu oublié de vraiment développé le scénario. Il faut dire aussi qu'il y a trop de personnages et pas assez d'espaces pour tous bien les développés. J'aime bien la version dinosaure de Batman et sa relation avec les humains...et puis c'est à peu près tout.
Quant au dessin, j'ai bien aimé le premier dessinateur et beaucoup moins le second (le chapitre 3 au complet est vraiment moche à regarder). Un comics avec un gimmick à oublier rapidement.
J’avais énormément envie d’aimer Apparition dans le ciel de Berlin-Est. Rien que le titre me fascinait. Je m’attendais à une œuvre oppressante, étrange, avec cette sensation de guerre froide permanente, un Berlin-Est paranoïaque écrasé par le poids politique et la peur de l’inconnu. Les premières pages m’ont d’ailleurs vraiment accroché avec cette apparition gigantesque dans le ciel et cette ambiance de tension sourde.
Mais finalement, cette promesse-là disparaît assez vite.
Parce qu’en réalité, une grande partie du récit se déroule dans ce bunker, presque coupé du monde extérieur. Et du coup, tout ce sentiment de Berlin-Est sous pression, de ville enfermée dans la guerre froide, on le ressent finalement très peu passé le premier tiers du récit. C’est probablement ce qui m’a le plus frustré : le décor et le contexte historique semblaient être une force énorme du livre… mais ils deviennent presque secondaires.
L’histoire tourne alors surtout autour des discussions, des réactions face à cette apparition et des réflexions plus symboliques ou philosophiques. Je comprends totalement ce que la BD cherche à faire, mais personnellement, je suis resté à distance. Là où j’attendais une montée de tension, une vraie oppression psychologique ou un vertige fantastique, j’ai surtout eu le sentiment d’un récit très statique.
Et c’est étrange parce que l’idée de départ reste excellente. Cette apparition immense et incompréhensible au-dessus d’une ville enfermée politiquement, c’est un concept ultra fort. Mais j’ai trouvé que la BD exploitait finalement peu son propre potentiel. Elle préfère constamment suggérer plutôt que faire ressentir.
Même les personnages m’ont laissé assez froid. Ils servent surtout le propos et les dialogues, mais je n’ai jamais vraiment créé de lien émotionnel avec eux. Je regardais le récit avancer sans être happé dedans.
Visuellement pourtant, certaines planches fonctionnent très bien. Il y a une vraie maîtrise de l’ambiance, notamment au début avec cette apparition dans le ciel qui possède quelque chose de presque biblique. Mais là encore, j’ai trouvé l’ensemble trop contenu, trop retenu. Comme si la BD refusait d’aller au bout de son étrangeté ou de son émotion.
Au final, ce qui me reste surtout, c’est une frustration énorme. Celle d’un livre avec un titre incroyable, une idée de départ fascinante et un contexte historique ultra fort… mais qui choisit finalement une approche beaucoup plus froide et enfermée que ce que j’espérais.
Pas un mauvais livre. Mais clairement une œuvre dont l’idée m’a davantage marqué que sa lecture elle-même
Une jeune voleuse embarque à bord d’un équipage de pirates aussi incompétents que loufoques dans une chasse au trésor remplie de créatures fantastiques, de références anachroniques et de clins d'oeil à Pirates des Caraïbes et à d’autres univers du même genre.
L'album repose clairement sur une volonté de détourner les codes du récit de pirates avec un humour absurde et décalé. Le problème, c’est que cet humour m’a paru très lourdaud et souvent forcé, avec des blagues qui semblent plaquées artificiellement sur les scènes plutôt que réellement intégrées au récit. Les dialogues sonnent faux, les personnages passent leur temps à cabotiner, et malgré la volonté de faire du décalé ou de l’absurde, je n’ai quasiment jamais souri.
Le dessin donne pourtant une bonne première impression. Le trait est souple, vivant, assez séduisant au premier regard, avec une vraie énergie graphique et des couleurs agréables. Mais à la lecture, cela devient beaucoup plus brouillon. Les personnages ont des anatomies très cartoonesques qui m’ont souvent perturbé, notamment ces jambes étonnamment courtes et presque caoutchouteuses qui donnent parfois l’impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène elle-même paraît assez brinquebalante, avec un découpage confus et un rythme qui fonctionne mal.
Malgré un fond graphique pas inintéressant et une envie évidente de proposer une aventure humoristique déjantée, l’histoire ne prend jamais vraiment. Entre les références insistantes, les gags qui tombent à plat et une narration assez pénible à suivre, j’ai péniblement parcouru cet album sans décrocher un sourire.
Une professeure mariée à un homme lourdement handicapé entretient avec lui une relation intime singulière : elle rencontre d'autres hommes dans des clubs libertins, filme leurs rapports sexuels et partage ensuite ces vidéos avec son mari, jusqu'au jour où les sentiments viennent bouleverser cet équilibre fragile.
Comme toujours chez Axel, le sexe très explicite occupe une place centrale dans le récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps paraissent vrais, imparfaits, crédibles, et cela donne aux scènes une dimension plus humaine que fantasmée. Mais justement, dans le cas particulier de cet album, tout cela m'a davantage évoqué quelque chose de triste et de déprimant que réellement érotique.
Il parle surtout de solitude, de dépendance affective, de fidélité, du poids du handicap et de la manière dont un couple tente de survivre malgré une situation impossible. C'est traité sérieusement, avec une certaine justesse, sans voyeurisme gratuit, mais il en ressort une mélancolie permanente qui écrase un peu toute forme d'excitation ou de sensualité. Même les scènes de sexe finissent par dégager une impression de malaise ou de tristesse plus que de plaisir.
Le dessin fonctionne toujours bien, avec ce style réaliste un peu rugueux propre à l'auteur, et les personnages paraissent authentiques, ce qui aide à croire à leur relation. Mais l'histoire reste finalement assez simple et vite résumée, avec une progression assez courte et une conclusion qui m'a laissé un peu vide.
Je ressors donc de cette lecture davantage touché par son côté sombre et humain que réellement emballé. Ce n'est pas inintéressant, loin de là, mais ce n'est clairement pas un album qui m'a donné envie d'y revenir ou de le relire.
La dépression est un véritable fléau, qui gâche la vie de centaines de milliers de personnes, malades comme entourage.
Cette BD nous met à la place d'un psychiatre, le Dr David Gourion, qui anime des séances de dépressifs anonymes. L'album démarre avec l'arrivée d'une nouvelle personne au sein de ce cercle. L'occasion pour les participants de rappeler ce qui les a amenés là, avec la diversité de leurs expériences, leur façon différenciée de vivre leur affection, mais aussi l'accompagnement proposé par le médecin (et d'autres) pour les faire sortir de là. Alors certes, le sujet n'est pas joyeux, mais ma lecture fut rien moins qu'ennuyée. J'ai la chance de ne pas avoir de dépressifs dans mon entourage proche, mais je n'ai pas vraiment eu l'impression d'apprendre grand-chose. Je ne minimise pas du tout la portée de la dépression, et la souffrance de celles et ceux qui y sont confrontés, mais là c'était un plaisir de lecture très relatif.
Le dessin d'Elizabeth Holleville est dans un style naïf, mais sans relief ni inventivité (ici du moins), donc pas grand-chose à en retenir.
Quand je vois ma notation : "Bof, sans plus", je me dis que ça fait un peu dépressif comme réaction...
C’est une bien cruelle déception que cette revisite des aventures de Lucky Luke par un des auteurs humoristiques que je plaçais dans le haut du panier : Bouzard. Une déception comparable à celle que j’ai ressenti avec « Choco-boys », une autre variation de l’univers du célèbre cow-boy par le bédéaste allemand Ralf König.
Bouzard, qui m’avait tant amusé avec son « Autobiography of me too », est visiblement un fan de Lucky Luke, comme beaucoup d’entre nous. Il s’est attelé ici à la conception d’un scénario en essayant de marier l’univers du héros à sa propre sauce. Si on peut sourire au début des quelques vannes décalées (les digressions sur la brindille, la scène de l’ombre qui suit très lentement le cow-boy lorsqu’il sort du bureau du procureur…), tout cela s’essouffle assez vite au fil des pages. Les gags paraissent faciles et tombent à plat (par exemple les blagues autour du « daltonisme » des Dalton ou l’annonce du mariage de Ma Dalton avec son ravisseur, Phil Defer…).
Le constat est difficile à admettre quand on apprécie un auteur, mais Bouzard a clairement manqué d’inspiration ici, et on n’y retrouve aucunement la fantaisie dont on le sait capable. Etait-ce une œuvre de commande qui n’arrivait pas au bon moment ? Est-ce parce que l’auteur n’a pas su se fixer une ligne directrice en reprenant sa recette consistant justement à ne pas en avoir ? Avec un scénario totalement incohérent qui serait peut-être inapproprié dans le cas présent, renforçant l’écart avec les narrations si bien ficelées de Goscinny ? Tout cela nous amène à une question : peut-on faire une parodie d’une œuvre déjà humoristique au départ, surtout quand celle-ci est signée des « monstres » du neuvième art tels qu’Uderzo et le précité Goscinny ?
Comme je n’ai pas envie d’enfoncer Bouzard outre mesure, parce que je sais qu’il en a sous le capot, je serai compréhensif en avançant que même les champions se plantent parfois. « Jolly Jumper ne répond plus » est un ratage manifeste selon moi, et mon appréciation n’est relevée que par son style graphique toujours efficace. On notera que si les Dalton sont les copies quasi conformes (et un peu paresseuses) des personnages originaux, Lucky Luke est méconnaissable, doté d’un gros nez qui ne suffit pas à le rendre drôle, et dépourvu de sa brindille qui restait le seul substitut à son mythique mégot, avant que la loi liée à la cigarette n’impose ses diktats à la culture.
En conclusion, on pourrait presque se demander si Jolly Jumper n’a pas décidé de s’enfermer dans le silence parce qu’il désapprouvait le projet… D’autant que le titre est quelque peu trompeur, puisqu’en définitive, ce sont les Dalton qui sont au centre de l’histoire et non le cheval à la crinière blonde… Mais quand je dis que l’auteur en a sous le capot et que l’espoir n’est pas perdu, on pourra le vérifier avec le récent « L’Homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre ». Cette fois consacré au tournage de la série sur Lucky Luke, cet album nous permettra de retrouver l’humour si particulier de Bouzard.
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L'Ecole emportée
L'École emportée m’a laissé une impression très mitigée. Je comprends son importance historique dans le manga d’horreur, mais la lecture m’a surtout paru étrange et décousue. Le récit donne souvent l’impression de passer brutalement d’une situation à une autre sans réelle logique ni transition naturelle. On enchaîne les événements absurdes, les réactions excessives et les retournements inattendus au point que j’ai eu du mal à m’impliquer émotionnellement dans l’histoire. Les dessins n’aident pas non plus. Je sais que le style est ancien et représentatif de son époque, mais personnellement je l’ai trouvé daté et peu engageant. Les visages déformés, les expressions outrancières et le trait très chargé rendent la lecture parfois pénible plutôt qu’angoissante. Au lieu d’être happé par l’ambiance, j’avais surtout envie de décrocher.
Nausicaä de la vallée du vent
Je n’ai pas aimé Nausicaä de la Vallée du Vent. Malgré sa réputation culte, j’ai trouvé le manga extrêmement pénible à lire. Le principal problème vient des dessins : les planches sont souvent surchargées, confuses, et l’action devient rapidement illisible. Entre les créatures, les machines, les décors détaillés et les mouvements esquissés dans tous les sens, j’avais constamment l’impression de devoir “déchiffrer” les pages plutôt que les lire. Et surtout… que c’est mou. Le récit avance lentement, avec énormément de dialogues explicatifs et de passages contemplatifs qui cassent totalement le rythme. Là où certains verront une œuvre poétique et profonde, j’y ai surtout vu une narration interminable qui peine à captiver. Même les scènes censées être intenses manquent d’impact à cause du découpage confus et du rythme étiré. Je comprends pourquoi le manga est admiré pour son univers et ses thèmes écologiques, mais personnellement, l’expérience de lecture a été laborieuse du début à la fin.
Hors-jeu
Si je ne me trompe pas, c'est la première bande dessinée de cet auteur que je lis et je n'ai pas trop envie de lire le reste de sa bibliographique... Le dessin est pas trop mal même si la mise en scène est souvent plate avec des suites de cases qui se ressemblent hormis un ou deux changements. C'est un effet de style qui peut plaire à certains lecteurs, mais pas à moi. Ce sont des histoires courtes ayant pour thème le football et je n'ai pas beaucoup rigolé durant ma lecture et je me suis vite ennuyé. La faute en partie au fait que les histoires tiraient souvent en longueur. Je me demande peut-être si c'est un problème générationnel. Je suis né au début des années 90, mais j'ai passé une bonne partie de ma jeunesse avec les vieux classiques de la BD Franco-Belge, une époque où les auteurs avaient un espace restreint pour s'exprimer et chez les plus grands auteurs on voit que chaque case est important et à un but précis . Maintenant on est pas obligé que chaque album fait 44 pages et cela permet plus de liberté aux auteurs, mais de plus en plus souvent j'ai l'impression qu'il y a trop de BD moderne où on prends inutilement son temps et cela casse le rythme. Ici, j'ai souvent eu l'impression qu'on prenait trop de cases pour raconter un gag qui aurait durer un ou deux pages si ça avait été produit dans les années 50-70. Pas un album pour moi.
Les Chansons des Fatals Picards en Bandes Dessinées
Cette BD adapte et illustre plusieurs chansons des Fatals Picards à travers une succession de petites histoires ou de simples mises en images des paroles du groupe. Je connais assez mal les Fatals Picards en tant que groupe, mais je connaissais et appréciais la plupart des chansons reprises ici. Le problème, c'est que l'album se contente très souvent de les illustrer assez littéralement, sans apporter de relecture, de véritable scénario ou de valeur ajoutée. L'humour absurde, satirique et très second degré du groupe reste évidemment présent, et certaines chansons fonctionnent toujours bien grâce à leurs idées de départ ou à leur ton volontairement idiot et décalé. Mais en dehors du plaisir de retrouver ces morceaux, l'album lui-même reste très limité. Les différentes histoires sont inégales, le rythme manque d'énergie, et graphiquement c'est d'un niveau amateur. Ce n'est pas catastrophique, mais c'est souvent trop simple et maladroit, avec une mise en scène sans impact ni personnalité. Ça ressemble surtout à un petit produit dérivé fait par des fans amateurs pour des fans. Honnêtement, c'est parce que j'aime bien l'esprit du groupe et de leurs chansons que je n'ai pas trouvé l'ensemble nul, mais cela reste un album largement dispensable.
Jurassic league
Rien d'autres à ajouter de plus par rapport à l'avis précédent qui a déjà tout bien expliqué les problèmes de cet album. J'ai rien contre les comics de super-héros qui ne sont que du pur divertissement, mais ici le scénario est un peu trop orientés sur les scènes d'actions. Alors il y a pleins de bastons au point où on a un peu oublié de vraiment développé le scénario. Il faut dire aussi qu'il y a trop de personnages et pas assez d'espaces pour tous bien les développés. J'aime bien la version dinosaure de Batman et sa relation avec les humains...et puis c'est à peu près tout. Quant au dessin, j'ai bien aimé le premier dessinateur et beaucoup moins le second (le chapitre 3 au complet est vraiment moche à regarder). Un comics avec un gimmick à oublier rapidement.
Apparition dans le ciel de Berlin-Est
J’avais énormément envie d’aimer Apparition dans le ciel de Berlin-Est. Rien que le titre me fascinait. Je m’attendais à une œuvre oppressante, étrange, avec cette sensation de guerre froide permanente, un Berlin-Est paranoïaque écrasé par le poids politique et la peur de l’inconnu. Les premières pages m’ont d’ailleurs vraiment accroché avec cette apparition gigantesque dans le ciel et cette ambiance de tension sourde. Mais finalement, cette promesse-là disparaît assez vite. Parce qu’en réalité, une grande partie du récit se déroule dans ce bunker, presque coupé du monde extérieur. Et du coup, tout ce sentiment de Berlin-Est sous pression, de ville enfermée dans la guerre froide, on le ressent finalement très peu passé le premier tiers du récit. C’est probablement ce qui m’a le plus frustré : le décor et le contexte historique semblaient être une force énorme du livre… mais ils deviennent presque secondaires. L’histoire tourne alors surtout autour des discussions, des réactions face à cette apparition et des réflexions plus symboliques ou philosophiques. Je comprends totalement ce que la BD cherche à faire, mais personnellement, je suis resté à distance. Là où j’attendais une montée de tension, une vraie oppression psychologique ou un vertige fantastique, j’ai surtout eu le sentiment d’un récit très statique. Et c’est étrange parce que l’idée de départ reste excellente. Cette apparition immense et incompréhensible au-dessus d’une ville enfermée politiquement, c’est un concept ultra fort. Mais j’ai trouvé que la BD exploitait finalement peu son propre potentiel. Elle préfère constamment suggérer plutôt que faire ressentir. Même les personnages m’ont laissé assez froid. Ils servent surtout le propos et les dialogues, mais je n’ai jamais vraiment créé de lien émotionnel avec eux. Je regardais le récit avancer sans être happé dedans. Visuellement pourtant, certaines planches fonctionnent très bien. Il y a une vraie maîtrise de l’ambiance, notamment au début avec cette apparition dans le ciel qui possède quelque chose de presque biblique. Mais là encore, j’ai trouvé l’ensemble trop contenu, trop retenu. Comme si la BD refusait d’aller au bout de son étrangeté ou de son émotion. Au final, ce qui me reste surtout, c’est une frustration énorme. Celle d’un livre avec un titre incroyable, une idée de départ fascinante et un contexte historique ultra fort… mais qui choisit finalement une approche beaucoup plus froide et enfermée que ce que j’espérais. Pas un mauvais livre. Mais clairement une œuvre dont l’idée m’a davantage marqué que sa lecture elle-même
Pyraths
Une jeune voleuse embarque à bord d’un équipage de pirates aussi incompétents que loufoques dans une chasse au trésor remplie de créatures fantastiques, de références anachroniques et de clins d'oeil à Pirates des Caraïbes et à d’autres univers du même genre. L'album repose clairement sur une volonté de détourner les codes du récit de pirates avec un humour absurde et décalé. Le problème, c’est que cet humour m’a paru très lourdaud et souvent forcé, avec des blagues qui semblent plaquées artificiellement sur les scènes plutôt que réellement intégrées au récit. Les dialogues sonnent faux, les personnages passent leur temps à cabotiner, et malgré la volonté de faire du décalé ou de l’absurde, je n’ai quasiment jamais souri. Le dessin donne pourtant une bonne première impression. Le trait est souple, vivant, assez séduisant au premier regard, avec une vraie énergie graphique et des couleurs agréables. Mais à la lecture, cela devient beaucoup plus brouillon. Les personnages ont des anatomies très cartoonesques qui m’ont souvent perturbé, notamment ces jambes étonnamment courtes et presque caoutchouteuses qui donnent parfois l’impression que les corps manquent totalement de structure. La mise en scène elle-même paraît assez brinquebalante, avec un découpage confus et un rythme qui fonctionne mal. Malgré un fond graphique pas inintéressant et une envie évidente de proposer une aventure humoristique déjantée, l’histoire ne prend jamais vraiment. Entre les références insistantes, les gags qui tombent à plat et une narration assez pénible à suivre, j’ai péniblement parcouru cet album sans décrocher un sourire.
Une femme fidèle
Une professeure mariée à un homme lourdement handicapé entretient avec lui une relation intime singulière : elle rencontre d'autres hommes dans des clubs libertins, filme leurs rapports sexuels et partage ensuite ces vidéos avec son mari, jusqu'au jour où les sentiments viennent bouleverser cet équilibre fragile. Comme toujours chez Axel, le sexe très explicite occupe une place centrale dans le récit, avec ce réalisme cru et naturaliste qu'il maîtrise bien. Les corps paraissent vrais, imparfaits, crédibles, et cela donne aux scènes une dimension plus humaine que fantasmée. Mais justement, dans le cas particulier de cet album, tout cela m'a davantage évoqué quelque chose de triste et de déprimant que réellement érotique. Il parle surtout de solitude, de dépendance affective, de fidélité, du poids du handicap et de la manière dont un couple tente de survivre malgré une situation impossible. C'est traité sérieusement, avec une certaine justesse, sans voyeurisme gratuit, mais il en ressort une mélancolie permanente qui écrase un peu toute forme d'excitation ou de sensualité. Même les scènes de sexe finissent par dégager une impression de malaise ou de tristesse plus que de plaisir. Le dessin fonctionne toujours bien, avec ce style réaliste un peu rugueux propre à l'auteur, et les personnages paraissent authentiques, ce qui aide à croire à leur relation. Mais l'histoire reste finalement assez simple et vite résumée, avec une progression assez courte et une conclusion qui m'a laissé un peu vide. Je ressors donc de cette lecture davantage touché par son côté sombre et humain que réellement emballé. Ce n'est pas inintéressant, loin de là, mais ce n'est clairement pas un album qui m'a donné envie d'y revenir ou de le relire.
Les Dépressifs anonymes
La dépression est un véritable fléau, qui gâche la vie de centaines de milliers de personnes, malades comme entourage. Cette BD nous met à la place d'un psychiatre, le Dr David Gourion, qui anime des séances de dépressifs anonymes. L'album démarre avec l'arrivée d'une nouvelle personne au sein de ce cercle. L'occasion pour les participants de rappeler ce qui les a amenés là, avec la diversité de leurs expériences, leur façon différenciée de vivre leur affection, mais aussi l'accompagnement proposé par le médecin (et d'autres) pour les faire sortir de là. Alors certes, le sujet n'est pas joyeux, mais ma lecture fut rien moins qu'ennuyée. J'ai la chance de ne pas avoir de dépressifs dans mon entourage proche, mais je n'ai pas vraiment eu l'impression d'apprendre grand-chose. Je ne minimise pas du tout la portée de la dépression, et la souffrance de celles et ceux qui y sont confrontés, mais là c'était un plaisir de lecture très relatif. Le dessin d'Elizabeth Holleville est dans un style naïf, mais sans relief ni inventivité (ici du moins), donc pas grand-chose à en retenir. Quand je vois ma notation : "Bof, sans plus", je me dis que ça fait un peu dépressif comme réaction...
Lucky Luke - Jolly Jumper ne répond plus
C’est une bien cruelle déception que cette revisite des aventures de Lucky Luke par un des auteurs humoristiques que je plaçais dans le haut du panier : Bouzard. Une déception comparable à celle que j’ai ressenti avec « Choco-boys », une autre variation de l’univers du célèbre cow-boy par le bédéaste allemand Ralf König. Bouzard, qui m’avait tant amusé avec son « Autobiography of me too », est visiblement un fan de Lucky Luke, comme beaucoup d’entre nous. Il s’est attelé ici à la conception d’un scénario en essayant de marier l’univers du héros à sa propre sauce. Si on peut sourire au début des quelques vannes décalées (les digressions sur la brindille, la scène de l’ombre qui suit très lentement le cow-boy lorsqu’il sort du bureau du procureur…), tout cela s’essouffle assez vite au fil des pages. Les gags paraissent faciles et tombent à plat (par exemple les blagues autour du « daltonisme » des Dalton ou l’annonce du mariage de Ma Dalton avec son ravisseur, Phil Defer…). Le constat est difficile à admettre quand on apprécie un auteur, mais Bouzard a clairement manqué d’inspiration ici, et on n’y retrouve aucunement la fantaisie dont on le sait capable. Etait-ce une œuvre de commande qui n’arrivait pas au bon moment ? Est-ce parce que l’auteur n’a pas su se fixer une ligne directrice en reprenant sa recette consistant justement à ne pas en avoir ? Avec un scénario totalement incohérent qui serait peut-être inapproprié dans le cas présent, renforçant l’écart avec les narrations si bien ficelées de Goscinny ? Tout cela nous amène à une question : peut-on faire une parodie d’une œuvre déjà humoristique au départ, surtout quand celle-ci est signée des « monstres » du neuvième art tels qu’Uderzo et le précité Goscinny ? Comme je n’ai pas envie d’enfoncer Bouzard outre mesure, parce que je sais qu’il en a sous le capot, je serai compréhensif en avançant que même les champions se plantent parfois. « Jolly Jumper ne répond plus » est un ratage manifeste selon moi, et mon appréciation n’est relevée que par son style graphique toujours efficace. On notera que si les Dalton sont les copies quasi conformes (et un peu paresseuses) des personnages originaux, Lucky Luke est méconnaissable, doté d’un gros nez qui ne suffit pas à le rendre drôle, et dépourvu de sa brindille qui restait le seul substitut à son mythique mégot, avant que la loi liée à la cigarette n’impose ses diktats à la culture. En conclusion, on pourrait presque se demander si Jolly Jumper n’a pas décidé de s’enfermer dans le silence parce qu’il désapprouvait le projet… D’autant que le titre est quelque peu trompeur, puisqu’en définitive, ce sont les Dalton qui sont au centre de l’histoire et non le cheval à la crinière blonde… Mais quand je dis que l’auteur en a sous le capot et que l’espoir n’est pas perdu, on pourra le vérifier avec le récent « L’Homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre ». Cette fois consacré au tournage de la série sur Lucky Luke, cet album nous permettra de retrouver l’humour si particulier de Bouzard.