Une BD d'action pour préados dans laquelle deux jeunes sont recrutés par une organisation secrète futuriste suréquipée en gadgets pour venir en aide à des enfants en danger.
Je n'ai pas été convaincu par cette série, qui m'a donné l'impression de lire une version BD d'un épisode très basique de dessin animé commercial. Le scénario est d'une grande pauvreté : tout est prévisible, stéréotypé, bourré de facilités et de raccourcis. On enchaîne les situations sans véritable construction, avec une accumulation de scènes d'action qui finissent par lasser plus qu'autre chose. On retrouve d'ailleurs ici un travers récurrent de JD Morvan : cette tendance à multiplier les courses-poursuites au détriment du fond.
Le traitement des thèmes, qui se veut ancré dans des problématiques réelles, reste très superficiel et parfois franchement maladroit. Certains éléments m'ont même mis mal à l'aise, notamment une représentation caricaturale des SDF roumains qui tombe dans des clichés assez gênants, même si l'intention semble vouloir aller dans le sens inverse. Cela manque clairement de nuance et de réflexion.
Les dialogues n'aident pas non plus, avec des formulations parfois étranges qui donnent l'impression d'une traduction approximative ou mal adaptée, ce qui nuit encore davantage à l'immersion.
Côté dessin, Wuye propose un style qui a une certaine énergie et un charme immédiat, avec un dynamisme évident dans les scènes d'action. Mais cela reste assez limité : les expressions des personnages manquent de subtilité, et la mise en scène comme le découpage ne sont pas toujours maîtrisés, ce qui rend certaines séquences confuses ou peu impactantes.
J'ai trouvé l'ensemble trop enfantin, trop téléphoné et trop peu inspiré pour réellement accrocher. Une lecture vite oubliée, qui explique sans doute pourquoi la série n'a pas connu de suite.
Les prémisses initiales de la série étaient assez bonnes. Le contexte historique, les conflits existants, le mélange d'ingrédients : guerre d'indépendance américaine, piraterie, choc des cultures...
J'ai tout acheté et j'ai commencé à lire. Mais à partir du troisième tome, l'intrigue partait dans toutes les directions, surtout absurdes. J'ai insisté, dans l'espoir que cela s'améliore, et je suis allé jusqu'à la fin, déjà démotivé et déçu.
Le dessin des personnages n'est ni attrayant ni très compétent, seuls les navires se distinguent. Les voiliers sont vraiment très beaux ! Mais je pense que cela ne justifie pas la lecture complète et encore moins l'achat.
Step up Love story est un manga qui se lit très facilement, qui est un peu drôle, un peu coquin, mais rien à fond. C'est un peu le problème mais aussi l'atout d'une série qui a quand même un sacré succès. Pour le coup ce n'est pas vulgaire comme beaucoup de mangas du genre, mais il y a beaucoup de scènes intimes entre les personnages. Bon c'est pas super olé olé non plus mais j'aime bien le trait.
Mais c'est vrai qu'au bout de quelques temps, passé le côté un peu sympa de la lecture (ça se lit a vitesse grand V et c'est pas spécialement désagréable), le problème c'est que c'est toujours toujours la même chose. Dans les quelques tomes que j'ai lus, les personnages sont stéréotypés, n'évoluent pas, le trait m'a l'air de ne pas évoluer des masses non plus.
Donc grosse lassitude au bout d'un moment et pas vraiment de raisons de continuer.
Quant aux statistiques, c'est sur que ça a un côté professoral et qui est pas spécialement adapté à un ouvrage "strictement pour adultes". Après perso j'ai trouvé ça un peu marrant, mais à prendre au 5e degré (je ne crois pas qu'il y ait aucune source à ces "stats", et certaines semblent complètement sorties du cul, pardonnez moi l'expression).
J'ai hésité entre 2 et 3/5, mais j'arrondis à l'inférieur tant je pense que j'aurais complètement zappé ce manga dans quelques temps.
Pas grand-chose à dire de cet album, que j’ai lu jusqu’au bout, mais qui jamais n’a réussi à me captiver.
L’analogie, le parallèle, entre l’histoire de Frankenstein et la situation de Bagdad sous les bombes des attentats terroristes et de l’occupation américaine post 2003 m’est rapidement apparu bancale, le type même de la fausse bonne idée. Ici, le mélange des deux édulcore et affaiblit les deux thèmes.
Et surtout la narration est très saccadée, hachée, et l’intrigue ne m’a pas trop intéressé. On passe d’un personnage à l’autre, sans que rien ne soit clair ou précisé. Je ne sais pas si ça vient du roman (que je ne connais pas) ou de l’adaptation, mais ça m‘a laissé de côté.
Une lecture décevante en tout cas.
Cet album retrace le parcours d'Audie Murphy, jeune Américain frêle qui parvient à s'engager pendant la Seconde Guerre mondiale, devient l'un des soldats les plus décorés de son pays, avant de revenir marqué à vie par les horreurs du front.
Son destin a de quoi intriguer, entre ascension fulgurante, actes de bravoure et traumatisme durable. Mais dans les faits, j'ai eu beaucoup de mal à m'immerger dans le récit, en grande partie à cause de son traitement graphique et narratif.
Le dessin m'a posé problème. Il est globalement trop imprécis, avec des personnages qui se ressemblent beaucoup, d'autant plus qu'ils portent presque tous le même uniforme. Cela rend rapidement les scènes confuses, surtout dans les moments d'action. Les couleurs, assez ternes, n'aident pas non plus à distinguer les plans ou à donner du relief à l'ensemble.
La mise en scène accentue encore cette impression. Le découpage est assez haché, avec de nombreux sauts chronologiques qui désorientent plus qu'ils ne structurent le récit. On passe d'une situation à une autre sans toujours bien comprendre le contexte, et certaines scènes, notamment les combats, manquent clairement de lisibilité. Il devient alors difficile de suivre précisément ce qui se joue ou de mesurer l'importance des événements.
À cela s'ajoute un personnage principal que j'ai trouvé étonnamment lisse et insaisissable. Malgré son statut de héros, je n'ai jamais vraiment réussi à comprendre ce qui le motive, ni à ressentir son évolution. Son parcours est là, factuellement, mais il peine à prendre vie ou à susciter une véritable implication émotionnelle. Il faut attendre la scène finale, spectaculaire, pour entrevoir quelque chose de plus marquant, avec cet acte au sommet d'un tank qui évoque presque une forme de geste de vengeance désespérée, voire suicidaire. Mais cela arrive tard et ne suffit pas à compenser le manque d'incarnation du reste du récit.
Alors qu'il tente de rendre hommage à une figure héroïque, cet album m'a semblé échouer à transmettre ce qui faisait sa singularité, tant sur le plan narratif que visuel. Le fond est intéressant, mais la forme m'a empêché d'y adhérer.
J’aurais tellement voulu mieux noter et apprécier cette série. En effet, l’époque et les lieux dans lesquels se déroulent les histoires m’intéressent a priori beaucoup. Mais c’est frustré et globalement déçu que je suis sorti de cette lecture.
D’abord je n’apprécie généralement pas le changement de dessinateur au sein d’une même série. Et là, il y en a une multitude ! Beaucoup de styles se ressemblent, mais il y a quand même de notables différences parfois, et ça me gêne. De plus, ce dessin lui-même n’est franchement pas toujours clair, voir agréable à l’œil (affaire de goûts sans doute, mais souvent ça ne m’a pas convenu).
C’est l’utilisation du matériau historique qui m’a aussi déçu. En effet, des raids vikings aux Varègues à l’Est, en passant par tous les royaumes et principautés nordiques (Suédois, Danois, etc.), il y a matière. Les Francs, les royaumes saxons d’Angleterre, les Byzantins qui les côtoient (commerce et/ou guerre) ajoutent un arrière-plan au fort potentiel.
Et le fait de s’inspirer (avec moult citations) de sagas et autres textes anciens, du norois et de la culture nordique permettent d’ancrer le récit dans quelque chose d’intéressant.
Mais le rendu m’a laissé sur ma faim.
D’abord c’est souvent très brouillon, et personnages et intrigues ne sont pas toujours clairement développées (dès la première histoire, le sort du gamin saxon trahissant les siens, pour devenir ensuite un chef viking, j’ai senti un manque, une histoire « expédiée » sans qu’on puisse s’attacher aux personnages). C’est parfois trop court, d’autres fois trop long (le siège de Paris par exemple dans le troisième tome s’étale trop sur certains détails).
Ensuite certains passages dévient vers du comics de super héros – même si ça ne sombre pas dans une revisite fantastique comme je l’ai un temps craint.
Note réelle 2,5/5.
J'aime beaucoup Vanyda, nettement moins la Fantasy. Aussi, il est à craindre que ce récit ne parvienne à me convaincre véritablement.
Les qualités sont là, indéniables : des illustrations charmantes, plus chargées de détails qu'à l'accoutumée, ce qui octroie aux personnages un air figé pas inintéressant au regard de l'univers décrit. Des personnages bien travaillés, généralement mystérieux, riches en ambiguïtés et capables pour nombre d'entre eux des plus viles machinations. Un univers crédible, vaguement steam punk, envahi par une magie dont les familles se partagent différentes spécificités bien particulières. Et ces éternelles quêtes de pouvoir au sein d'une cour comparable à la Versailles de l'Ancien Régime.
L'intrigue est particulièrement dense, mais néanmoins dynamique, notamment grâce à la mise en page originale, capable ici ou là de jeux pertinents entre les bordures des cases, et de décadrages ou gros plans surprenants. C'est très réussi, mais plutôt desservi par une édition ayant fait le regrettable choix d'un format légèrement inférieur à l'A4 nuisant quelque peu à la lisibilité générale.
L'adaptation est en tout point remarquable, mais le matériau originel me laisse des plus circonspects : cet univers rétrograde ne me fascine nullement, la magie des différents pouvoirs ne m'inspire aucune rêverie, les aspects pourtant indéniablement ludiques des illusions et des organisations de l'espace ne m'ont pas amusé, la perfidie des uns et des autres et la dramaturgie des intrigues machiavéliques m'ont laissé de côté.
Je ne pense pas être véritablement réfractaire à la Fantasy, mais force est de constater que l'ennui a une nouvelle fois accompagné ma découverte d'un récit de ce genre. Malgré ses incontestables qualités.
La série répond à toutes les exigences du genre porno et je l'ai trouvée grâce au magazine Kiss Comix. Le dessin n’est pas mal, et les situations très basiques ne sont qu’un prétexte pour le sexe explicite, avec des femmes faciles, toujours prêtes à l’action!
Cependant, si l’intention était d’exciter, cela laisse beaucoup à désirer. Malgré l’abondance des formes généreuses de Miss, les autres personnages sont trop grossiers et même grotesques parfois. Tout devient encore pire avec les dessins en couleur!
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot.
Le résumé laisse présager une belle histoire de tolérance et d'ouverture d'esprit entre deux cultures et au final Matteo Ricci a souvent l'air d'un type un peu arrogant qui tolère la culture chinoise vu comme des superstitions en attendant de convertir tous les chinois. La plupart des personnages chinois présents dans l'album peuvent être rattaché au stéréotype raciste du chinois fourbe, mais je pense que cela peut tout de même s'expliquer en parti du fait qu'en voit surtout Ricci côtoyé des gens de pouvoirs. Dans toute cour, la fourberie, l'arrogance et la manipulation sont malheureusement courante et je dois dire que ce qui m'a le plus intéressé était les difficultés de Ricci pour rencontrer l'empereur de Chine et les luttes entre différents personnages de l'état chinois. Le reste est beaucoup trop classique pour moi, y compris le dessin que j'ai souvent trouvé figé.
On dirait vraiment une vieille BD religieuse des années 50-60, du type que ce que faisait un auteur comme Jijé par exemple. Sauf que si je peux être indulgent avec ce que l'on peut retrouver dans une vieille BD, je le suis moins pour une BD sorti il y a seulement quelques années. Le fait que les auteurs aient été aidés dans leur biographie par les jésuites eux-mêmes n'aide pas trop à m'enlever l'idée que j'ai lu une BD de propagande religieuse.
Liberatore étant un gros paresseux (dixit mon bouquiniste qui connait la tante de son chien), Albin Michel a été obligé de racler les fonds de catalogue à l'époque, pour avoir quelque chose à proposer aux lecteurs français après Ranx.
Bon c'est très inégal évidemment, on a trois histoires courtes sympas ("terre contre saturne", "confiné" et "évitez les grandes émulsions"), le reste n'est pas terrible.
La couverture est bien cool.
C'est ok pour les fans mais n'en attendez pas la lune.
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Youth United
Une BD d'action pour préados dans laquelle deux jeunes sont recrutés par une organisation secrète futuriste suréquipée en gadgets pour venir en aide à des enfants en danger. Je n'ai pas été convaincu par cette série, qui m'a donné l'impression de lire une version BD d'un épisode très basique de dessin animé commercial. Le scénario est d'une grande pauvreté : tout est prévisible, stéréotypé, bourré de facilités et de raccourcis. On enchaîne les situations sans véritable construction, avec une accumulation de scènes d'action qui finissent par lasser plus qu'autre chose. On retrouve d'ailleurs ici un travers récurrent de JD Morvan : cette tendance à multiplier les courses-poursuites au détriment du fond. Le traitement des thèmes, qui se veut ancré dans des problématiques réelles, reste très superficiel et parfois franchement maladroit. Certains éléments m'ont même mis mal à l'aise, notamment une représentation caricaturale des SDF roumains qui tombe dans des clichés assez gênants, même si l'intention semble vouloir aller dans le sens inverse. Cela manque clairement de nuance et de réflexion. Les dialogues n'aident pas non plus, avec des formulations parfois étranges qui donnent l'impression d'une traduction approximative ou mal adaptée, ce qui nuit encore davantage à l'immersion. Côté dessin, Wuye propose un style qui a une certaine énergie et un charme immédiat, avec un dynamisme évident dans les scènes d'action. Mais cela reste assez limité : les expressions des personnages manquent de subtilité, et la mise en scène comme le découpage ne sont pas toujours maîtrisés, ce qui rend certaines séquences confuses ou peu impactantes. J'ai trouvé l'ensemble trop enfantin, trop téléphoné et trop peu inspiré pour réellement accrocher. Une lecture vite oubliée, qui explique sans doute pourquoi la série n'a pas connu de suite.
Black Crow
Les prémisses initiales de la série étaient assez bonnes. Le contexte historique, les conflits existants, le mélange d'ingrédients : guerre d'indépendance américaine, piraterie, choc des cultures... J'ai tout acheté et j'ai commencé à lire. Mais à partir du troisième tome, l'intrigue partait dans toutes les directions, surtout absurdes. J'ai insisté, dans l'espoir que cela s'améliore, et je suis allé jusqu'à la fin, déjà démotivé et déçu. Le dessin des personnages n'est ni attrayant ni très compétent, seuls les navires se distinguent. Les voiliers sont vraiment très beaux ! Mais je pense que cela ne justifie pas la lecture complète et encore moins l'achat.
Step up love story
Step up Love story est un manga qui se lit très facilement, qui est un peu drôle, un peu coquin, mais rien à fond. C'est un peu le problème mais aussi l'atout d'une série qui a quand même un sacré succès. Pour le coup ce n'est pas vulgaire comme beaucoup de mangas du genre, mais il y a beaucoup de scènes intimes entre les personnages. Bon c'est pas super olé olé non plus mais j'aime bien le trait. Mais c'est vrai qu'au bout de quelques temps, passé le côté un peu sympa de la lecture (ça se lit a vitesse grand V et c'est pas spécialement désagréable), le problème c'est que c'est toujours toujours la même chose. Dans les quelques tomes que j'ai lus, les personnages sont stéréotypés, n'évoluent pas, le trait m'a l'air de ne pas évoluer des masses non plus. Donc grosse lassitude au bout d'un moment et pas vraiment de raisons de continuer. Quant aux statistiques, c'est sur que ça a un côté professoral et qui est pas spécialement adapté à un ouvrage "strictement pour adultes". Après perso j'ai trouvé ça un peu marrant, mais à prendre au 5e degré (je ne crois pas qu'il y ait aucune source à ces "stats", et certaines semblent complètement sorties du cul, pardonnez moi l'expression). J'ai hésité entre 2 et 3/5, mais j'arrondis à l'inférieur tant je pense que j'aurais complètement zappé ce manga dans quelques temps.
Frankenstein à Bagdad
Pas grand-chose à dire de cet album, que j’ai lu jusqu’au bout, mais qui jamais n’a réussi à me captiver. L’analogie, le parallèle, entre l’histoire de Frankenstein et la situation de Bagdad sous les bombes des attentats terroristes et de l’occupation américaine post 2003 m’est rapidement apparu bancale, le type même de la fausse bonne idée. Ici, le mélange des deux édulcore et affaiblit les deux thèmes. Et surtout la narration est très saccadée, hachée, et l’intrigue ne m’a pas trop intéressé. On passe d’un personnage à l’autre, sans que rien ne soit clair ou précisé. Je ne sais pas si ça vient du roman (que je ne connais pas) ou de l’adaptation, mais ça m‘a laissé de côté. Une lecture décevante en tout cas.
Héros de guerre - Audie Murphy
Cet album retrace le parcours d'Audie Murphy, jeune Américain frêle qui parvient à s'engager pendant la Seconde Guerre mondiale, devient l'un des soldats les plus décorés de son pays, avant de revenir marqué à vie par les horreurs du front. Son destin a de quoi intriguer, entre ascension fulgurante, actes de bravoure et traumatisme durable. Mais dans les faits, j'ai eu beaucoup de mal à m'immerger dans le récit, en grande partie à cause de son traitement graphique et narratif. Le dessin m'a posé problème. Il est globalement trop imprécis, avec des personnages qui se ressemblent beaucoup, d'autant plus qu'ils portent presque tous le même uniforme. Cela rend rapidement les scènes confuses, surtout dans les moments d'action. Les couleurs, assez ternes, n'aident pas non plus à distinguer les plans ou à donner du relief à l'ensemble. La mise en scène accentue encore cette impression. Le découpage est assez haché, avec de nombreux sauts chronologiques qui désorientent plus qu'ils ne structurent le récit. On passe d'une situation à une autre sans toujours bien comprendre le contexte, et certaines scènes, notamment les combats, manquent clairement de lisibilité. Il devient alors difficile de suivre précisément ce qui se joue ou de mesurer l'importance des événements. À cela s'ajoute un personnage principal que j'ai trouvé étonnamment lisse et insaisissable. Malgré son statut de héros, je n'ai jamais vraiment réussi à comprendre ce qui le motive, ni à ressentir son évolution. Son parcours est là, factuellement, mais il peine à prendre vie ou à susciter une véritable implication émotionnelle. Il faut attendre la scène finale, spectaculaire, pour entrevoir quelque chose de plus marquant, avec cet acte au sommet d'un tank qui évoque presque une forme de geste de vengeance désespérée, voire suicidaire. Mais cela arrive tard et ne suffit pas à compenser le manque d'incarnation du reste du récit. Alors qu'il tente de rendre hommage à une figure héroïque, cet album m'a semblé échouer à transmettre ce qui faisait sa singularité, tant sur le plan narratif que visuel. Le fond est intéressant, mais la forme m'a empêché d'y adhérer.
Northlanders
J’aurais tellement voulu mieux noter et apprécier cette série. En effet, l’époque et les lieux dans lesquels se déroulent les histoires m’intéressent a priori beaucoup. Mais c’est frustré et globalement déçu que je suis sorti de cette lecture. D’abord je n’apprécie généralement pas le changement de dessinateur au sein d’une même série. Et là, il y en a une multitude ! Beaucoup de styles se ressemblent, mais il y a quand même de notables différences parfois, et ça me gêne. De plus, ce dessin lui-même n’est franchement pas toujours clair, voir agréable à l’œil (affaire de goûts sans doute, mais souvent ça ne m’a pas convenu). C’est l’utilisation du matériau historique qui m’a aussi déçu. En effet, des raids vikings aux Varègues à l’Est, en passant par tous les royaumes et principautés nordiques (Suédois, Danois, etc.), il y a matière. Les Francs, les royaumes saxons d’Angleterre, les Byzantins qui les côtoient (commerce et/ou guerre) ajoutent un arrière-plan au fort potentiel. Et le fait de s’inspirer (avec moult citations) de sagas et autres textes anciens, du norois et de la culture nordique permettent d’ancrer le récit dans quelque chose d’intéressant. Mais le rendu m’a laissé sur ma faim. D’abord c’est souvent très brouillon, et personnages et intrigues ne sont pas toujours clairement développées (dès la première histoire, le sort du gamin saxon trahissant les siens, pour devenir ensuite un chef viking, j’ai senti un manque, une histoire « expédiée » sans qu’on puisse s’attacher aux personnages). C’est parfois trop court, d’autres fois trop long (le siège de Paris par exemple dans le troisième tome s’étale trop sur certains détails). Ensuite certains passages dévient vers du comics de super héros – même si ça ne sombre pas dans une revisite fantastique comme je l’ai un temps craint. Note réelle 2,5/5.
La Passe-Miroir
J'aime beaucoup Vanyda, nettement moins la Fantasy. Aussi, il est à craindre que ce récit ne parvienne à me convaincre véritablement. Les qualités sont là, indéniables : des illustrations charmantes, plus chargées de détails qu'à l'accoutumée, ce qui octroie aux personnages un air figé pas inintéressant au regard de l'univers décrit. Des personnages bien travaillés, généralement mystérieux, riches en ambiguïtés et capables pour nombre d'entre eux des plus viles machinations. Un univers crédible, vaguement steam punk, envahi par une magie dont les familles se partagent différentes spécificités bien particulières. Et ces éternelles quêtes de pouvoir au sein d'une cour comparable à la Versailles de l'Ancien Régime. L'intrigue est particulièrement dense, mais néanmoins dynamique, notamment grâce à la mise en page originale, capable ici ou là de jeux pertinents entre les bordures des cases, et de décadrages ou gros plans surprenants. C'est très réussi, mais plutôt desservi par une édition ayant fait le regrettable choix d'un format légèrement inférieur à l'A4 nuisant quelque peu à la lisibilité générale. L'adaptation est en tout point remarquable, mais le matériau originel me laisse des plus circonspects : cet univers rétrograde ne me fascine nullement, la magie des différents pouvoirs ne m'inspire aucune rêverie, les aspects pourtant indéniablement ludiques des illusions et des organisations de l'espace ne m'ont pas amusé, la perfidie des uns et des autres et la dramaturgie des intrigues machiavéliques m'ont laissé de côté. Je ne pense pas être véritablement réfractaire à la Fantasy, mais force est de constater que l'ennui a une nouvelle fois accompagné ma découverte d'un récit de ce genre. Malgré ses incontestables qualités.
Miss 130
La série répond à toutes les exigences du genre porno et je l'ai trouvée grâce au magazine Kiss Comix. Le dessin n’est pas mal, et les situations très basiques ne sont qu’un prétexte pour le sexe explicite, avec des femmes faciles, toujours prêtes à l’action! Cependant, si l’intention était d’exciter, cela laisse beaucoup à désirer. Malgré l’abondance des formes généreuses de Miss, les autres personnages sont trop grossiers et même grotesques parfois. Tout devient encore pire avec les dessins en couleur!
Matteo Ricci - Dans la Cité Interdite
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot. Le résumé laisse présager une belle histoire de tolérance et d'ouverture d'esprit entre deux cultures et au final Matteo Ricci a souvent l'air d'un type un peu arrogant qui tolère la culture chinoise vu comme des superstitions en attendant de convertir tous les chinois. La plupart des personnages chinois présents dans l'album peuvent être rattaché au stéréotype raciste du chinois fourbe, mais je pense que cela peut tout de même s'expliquer en parti du fait qu'en voit surtout Ricci côtoyé des gens de pouvoirs. Dans toute cour, la fourberie, l'arrogance et la manipulation sont malheureusement courante et je dois dire que ce qui m'a le plus intéressé était les difficultés de Ricci pour rencontrer l'empereur de Chine et les luttes entre différents personnages de l'état chinois. Le reste est beaucoup trop classique pour moi, y compris le dessin que j'ai souvent trouvé figé. On dirait vraiment une vieille BD religieuse des années 50-60, du type que ce que faisait un auteur comme Jijé par exemple. Sauf que si je peux être indulgent avec ce que l'on peut retrouver dans une vieille BD, je le suis moins pour une BD sorti il y a seulement quelques années. Le fait que les auteurs aient été aidés dans leur biographie par les jésuites eux-mêmes n'aide pas trop à m'enlever l'idée que j'ai lu une BD de propagande religieuse.
Vidéo clips
Liberatore étant un gros paresseux (dixit mon bouquiniste qui connait la tante de son chien), Albin Michel a été obligé de racler les fonds de catalogue à l'époque, pour avoir quelque chose à proposer aux lecteurs français après Ranx. Bon c'est très inégal évidemment, on a trois histoires courtes sympas ("terre contre saturne", "confiné" et "évitez les grandes émulsions"), le reste n'est pas terrible. La couverture est bien cool. C'est ok pour les fans mais n'en attendez pas la lune.