J'adorais Winnie l'Ourson lorsque j'étais jeune (la version Disney, n'ayant jamais lu les livres originaux) et la forêt des cents acres faisait partie des endroits de fictions où je voulais habiter. Même aujourd'hui je trouve que le premier long-métrage de Winnie est un des meilleurs films de Disney et les direct-to-video de Winnie que j'ai vus étaient meilleur que la plupart des suites que Disney sortait dans les années 1990-2000.
Alors j'avais quand même un bon apriori en commençant l'album, mais j'ai vite déchanté lorsque j'ai vu que c'était des strips à gag. On a donc droit aux défauts récurrents de ce type de comics : la plupart des chutes ne sont pas drôles, parfois je souriais un peu et sans plus. Cela devient vite répétitif vu qu'une bonne partie de l'humour tourne au fait que Winnie l'Ourson est un idiot avec une logique d'idiot. Si lire un strip dans le journal ça passe, c'est indigeste d'en lire plusieurs pages de suite dans un album.
De toute façon, je ne pense pas que le format gag marche pour l'univers de Winnie l'Ourson. Ce que j'adorais jeune et même encore aujourd'hui c'est de suivre les aventures d'une bande de personnages attachants. Selon moi, on aurait dû faire des strips à suivre axés sur des aventures inédites de Winnie et ses amis. Et ben ça tombe bien il y a des strips comme ça à la fin de l'album ! Des strips qui... adaptent les courts-métrages qu'on a rassemblés dans le premier film de Winnie... Alors ce sont des histoires que je connaissais déjà et comme c'est toujours le cas, la version papier semble fade si on a déjà vu le film.
Un album vraiment dispensable. À la limite empruntez-le si vous avez des jeunes enfants fans de l’ourson.
Des trois recueils d'histoires courtes de Foerster que je viens de lire d'affilée, c'est celui-là qui m'a le moins convaincu. Il n'y a qu'un ou deux récits parmi eux qu'il me semble avoir déjà lus dans Fluide Glacial quand j'étais jeune, mais ils ne m'avaient pas marqué, et cette relecture ne change pas vraiment la donne.
On retrouve évidemment tout l'esprit de Foerster : le noir et blanc très contrasté, les personnages aux expressions horrifiées, les trognes improbables, les décors tordus et étirés, et bien sûr ces histoires d'horreur légère à l'humour noir volontiers dérangeant. Son univers reste cohérent, fidèle à ce fantastique étrange fait de petites horreurs familières.
Mais ici, aucune des histoires ne m'a vraiment emballé. Mosquito ou celle du Père Noël logé chez un marin sortent un peu du lot, sans être totalement marquantes. Le principal défaut vient surtout, à mes yeux, d'un côté trop bavard : beaucoup de ces récits sont verbeux, parfois inutilement, au point que j'ai plusieurs fois survolé des blocs de texte pour aller à l'essentiel. Là où Foerster est souvent plus percutant dans la suggestion et la chute, j'ai trouvé l'ensemble plus lourd et moins efficace.
Ce n'est pas courant, mais pour une fois je dois bien dire que j'ai été déçu par un album de Foerster.
Dans cet album très personnel, Philippe Dupuy met en scène son quotidien avec son jeune fils inquiet de voir son père dessiner des femmes nues et découvrir que les musées en regorgent. De cette situation naissent des échanges sur l'art, la paternité, l'écologie et le monde que l'on laisse aux enfants, le tout mêlé de dessins à quatre mains et de réinterprétations d'œuvres célèbres.
Je n'ai pas aimé le graphisme. Dupuy opte pour un trait très lâché, volontairement brut, presque laissé à l'état de première intention. Je comprends la démarche, l'idée du carnet intime, du dessin spontané, du collage et du mélange des techniques. Mais visuellement, cela ne m'a pas plu du tout. Les réinterprétations de tableaux, les pages façon musée personnel, tout cela m'a surtout rappelé à quel point je ne suis pas sensible à l'art moderne ou conceptuel, à l'exception peut-être de certaines performances qui peuvent m'amuser et laisser un souvenir. Mais ici je n'ai ressenti ni émotion esthétique ni émerveillement. Je ne parle évidemment pas des dessins de son fils, touchants par nature, mais bien du parti pris graphique global que j'ai trouvé inesthétique.
Sur le fond, j'ai également eu du mal. L'ouvrage est d'une sincérité évidente, mais aussi d'un nombrilisme assez marqué. Les questionnements sur le fait d'être père à plus 50 ans, sur la peur de ne pas voir grandir son enfant, sur l'état du monde et la sixième extinction, prennent une place considérable. Tout cela est légitime, bien sûr, mais j'ai eu l'impression d'assister davantage à une introspection privée qu'à un propos véritablement universel. Cette volonté très affirmée de transmettre sa passion de l'art à son fils, presque comme si devenir artiste pouvait contribuer à guérir un monde qui l'angoisse, m'a semblé appuyée, voire pesante.
J'ai davantage eu le sentiment de feuilleter un album familial qu'une œuvre pensée pour un public large. Les échanges père-fils ont parfois de la tendresse, quelques scènes fonctionnent, mais l'ensemble m'a laissé dubitatif. Je ne suis clairement pas le public visé. Je reconnais la sincérité de la démarche, mais entre le graphisme qui me rebute et le propos très autocentré, je ne le conseillerais qu'à ceux que ces thématiques touchent profondément et qui sont sensibles à ce type d'approche artistique.
Mouais. J'ai clairement été moins convaincu par cet album que mes prédécesseurs.
Le travail de Clérisse est comme d'habitude original. Une colorisation tranchée, parfois flashy. Un trait stylisé et rétro, tendant parfois à l'abstraction. Pas forcément le style qui m'attire a priori, mais ça passe très bien, et surtout ça colle bien à la période "Guerre froide " durant laquelle se développe l'intrigue.
Mais c'est justement cette intrigue qui m'a laissé sur ma faim. Histoire et personnages manquent de profondeur, de densité. La narration est lente, et je me suis ennuyé à plusieurs reprises.
Et du coup le dessin, au lieu d'apporter de la fraîcheur, ne fait que renforcer une certaine mollesse.
Note réelle 2,5/5.
Après le catastrophique Duel du binôme Imbert/Gauckler, je persiste aujourd'hui avec Suicide commando, paru en 1983 aux humanoides associés. J'ai bon espoir puisque l'éditeur a choisi de publier cette fois-ci l'histoire dans la mythique collection Pied jaloux.
Espoir vite mis à mal puisque Charles Imbert trouve pertinent de nous honorer d'une préface. Résultat : quarante lignes de charabia digne d'un mec avec un entonnoir sur la tête.
Heureusement la voix off utilisée pour raconter ces péripéties sera ensuite à peu près compréhensible, on progresse.
Le scénario est assez sommaire : dans un univers post apo, des milices représentant chacun un élément (air, eau, terre...) luttent pour s'approprier les ressources.
Bon après dans les faits, on suit toujours un mec en jet pack avec des postures ridicules qui fait piou piou avec son pistolet laser.
Le dessin pop art est superbe mais comme dans Blue ou Duel, il n'y a aucun effet de mouvement, ce qui confère un air très rétro et kitsch à l'ensemble.
Pour les amateurs de curiosités ou les amoureux de l'aérographe.
La pensée et les idées de Pascal Boyer ne sont pas simples. J'ai lu certains de ses textes et, malgré quelques désaccords et son éclectisme excessif, je sympathise même avec l'auteur.
J'ai acheté et lu la BD il y a déjà quelque temps. Béhé a voulu faire un travail très complet (peut-être trop?). Le dessin est agréable et compétent, mais le texte aurait dû être résumé, rendu plus accessible pour le lecteur non spécialisé.
Oui, la religion a beaucoup de motivations et de raisons d'exister, mais ici nous nous perdons un peu... et, surtout, est-ce qu’on peut appliquer le même concept à tant de choses et croyances si différentes? Religions primitives, chamanisme, Dieu, les anges, la Bible et le père Noël. C'est trop, non?
À force de vouloir être exhaustif, le livre devient une lecture lourde, indigeste et presque insupportable!
Parfois, moins c'est plus, oui... Et il y a des exemples en adaptations d'autres œuvres théoriques qui fonctionnent bien en bande dessinée.
Mouais. J’ai lu le premier tome, et clairement ça n’est pas ma came. Et même, indépendamment des goûts de chacun, je trouve que cette série n’est pas bonne.
Seul le dessin passe. Pas très original, mais dans le genre comics moderne, il est plutôt bon, et lisible.
Une clarté qui manque franchement à l’histoire. En effet, à force de se mettre dans la peau d’un autre (avec en plus un « adjoint » qui fait la même chose), notre héros – qui se « métamorphose » en son client pour devenir à sa place une « cible » (et neutraliser le danger), on perd rapidement le fil de l’intrigue, ne sachant as forcément qui est qui. Ça m’a rapidement soulé. D’autant plus que tout manque de crédibilité : la façon dont notre « cible » échappe aux balles (voir la fusillade dans l’église par exemple), mais surtout le fait même de pouvoir se faire passer – y compris auprès de proche – pour n’importe qui (masque, corpulence, voix, etc.), je n’y ai pas cru un instant. Idem pour la tueuse qui se comporte et se rêve comme une mère de famille irréprochable (dans le genre, je préfère nettement Lady Killer !).
Enfin, l’histoire en elle-même n’est franchement pas emballante.
Ce n’est pas ce Thorgal qui va me faire changer d’avis.
Je me suis arrêté au tome 15 « Le Maitre des Montagnes », depuis, le souffle épique et trépidant a pour ma part totalement disparu, quel que soit l’opus lu.
Pourtant l’idée autour de la cité mouvante est très bonne (je ne vais pas spoiler) et l’enchevêtrement des deux intrigues qui finissent par se rejoindre bien fichu.
Mais l’écriture est trop sommaire, la narration, les dialogues un peu simplistes, un peu forcés par moment, ce qui ne rend pas la lecture fluide et prenante.
J’ai fini par tourner les pages plus rapidement pour tout de même connaître la fin.
Mohamed Aouamri est vraiment un excellent dessinateur, mais passer après Gregorz Rosisnski n’est pas évident, en comparaison, là, c'est un peu figé parfois.
Depuis Van Hamme, seul Thorgal Saga - Adieu Aaricia de Robin Recht m’a subjugué pour son dessin, avait aussi de bonnes idées, mais j’avais déjà trouvé le rythme et l’ensemble déséquilibré.
Je n'ai seulement lu que l'équivalent du premier tome et je n'ai pas trop envie de lire la suite des aventures de Jennifer Blood qui semble abandonné en français. Sachez qu'après que Garth Ennis a fini cette série il y en a eu d'autres scénarisé par différents scénaristes alors j'imagine que cette héroïne a rencontré un certain succès aux États-Unis.
Alors Ennis raconte encore une fois les aventures d'un personnage principal super-badass qui tue des méchants de manières bien gore et comme ce sont des méchants bien méchants ils le méritent bien ! Il y a un peu d'humour qui joue sur le décalage entre le fait que Jennifer soit une tueuse et qu'elle se fait passer pour la parfaite mère au foyer, mais ça je l'ai déjà vu dans d'autres séries. Je pense que mon plus gros problème est que tout est banal. Même le coté trash est moins amusant que dans d'autres séries d'Ennis. Et comme le scénario n'a pas la profondeur que l'on retrouve dans ces meilleurs séries du genre Preacher, on dirait que ça été écrit par un ado qui se trouve très mature et rebelle de dire pleins de gros mots et de décrire les scènes les plus gores possibles.
Peut-être que la suite est mieux, mais ce premier arc ne m'a pas du tout donné envie de lire la suite. Pour moi c'est vraiment Garth Ennis à son pire. C'est juste un gros délire peu intéressant et il y a clairement personne dans l'équipe éditorial qui lui a dit de se calmer un peu. Pour moi Ennis fait parti de ses auteurs qui ont du talent, mais il faut leur mettre la bride sous le coup parce que sinon ils finissent par tomber dans leur pire travers et donner un récit médiocre.
Un western avec des femmes en personnages principaux, je ne suis pas contre ! D'autant que j'ai toujours dis que ce genre d'histoires ne m'intéresse pas spécialement, le western restant un genre que j'aime peu.
Malheureusement, la BD n'est pas franchement bonne à mon gout. C'est une étrange histoire qui nous est raconté, mélange d'histoire familiale et de récit d'une utopie féministe. Enfin, féministe dans le sens où ce sont des femmes qui règnent seules et en maitresses dans ce village, sans pour autant poser des questions sur la place des femmes ou le rôle qu'elles s’octroient contre une société patriarcale. Peu d'hommes traversent le récit et la plupart sans aucune incidence dessus, ne mettant pas en lumière de réflexion ou de questions quant à ces sujets.
Pour le reste, le récit est finalement surtout orienté autour d'une histoire de famille, avec cette jeune femme protégée par les adultes qui va vivre plusieurs drames avant d'en provoquer un. Le récit m'a paru assez froid, notamment parce que je n'étais pas investi dans les relations humaines : lorsque des morts arrivent, je n'étais pas impliqué émotionnellement et j'ai même eu l'impression qu'au final ces morts sont négligées par le récit lui-même. Ce sont surtout des dialogues sur la question de la gestion de cette petite utopie, pas assez développé pour devenir le point central du récit tout en y prenant trop de place pour être anodin. De même la question familiale est étrangement implanté dedans, centrale puisque c'est cet arc qui conclue le récit, mais délaissant pas mal de personnages au final.
En fin de compte, j'ai surtout l'impression d'un récit qui va dans différentes directions mais sans réellement en développer une, avec un final qui ne m'a pas réellement satisfait notamment au vu de ce qui était préparé avant. En fait, j'étais déçu par rapport aux idées qui auraient pu émerger, mais dans ce récit je ne m'y suis pas spécialement retrouvé. C'est une histoire de famille dans un contexte précis de ville cachée avec uniquement des femmes. Je vois le parallèle avec les amazones mais je n'ai pas trouvé que ça apportait grand chose au récit, et finalement je suis assez certain que j'oublierais cette histoire une fois que j'aurais rendu la BD à la bibliothèque.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Winnie l'ourson - Anthologie
J'adorais Winnie l'Ourson lorsque j'étais jeune (la version Disney, n'ayant jamais lu les livres originaux) et la forêt des cents acres faisait partie des endroits de fictions où je voulais habiter. Même aujourd'hui je trouve que le premier long-métrage de Winnie est un des meilleurs films de Disney et les direct-to-video de Winnie que j'ai vus étaient meilleur que la plupart des suites que Disney sortait dans les années 1990-2000. Alors j'avais quand même un bon apriori en commençant l'album, mais j'ai vite déchanté lorsque j'ai vu que c'était des strips à gag. On a donc droit aux défauts récurrents de ce type de comics : la plupart des chutes ne sont pas drôles, parfois je souriais un peu et sans plus. Cela devient vite répétitif vu qu'une bonne partie de l'humour tourne au fait que Winnie l'Ourson est un idiot avec une logique d'idiot. Si lire un strip dans le journal ça passe, c'est indigeste d'en lire plusieurs pages de suite dans un album. De toute façon, je ne pense pas que le format gag marche pour l'univers de Winnie l'Ourson. Ce que j'adorais jeune et même encore aujourd'hui c'est de suivre les aventures d'une bande de personnages attachants. Selon moi, on aurait dû faire des strips à suivre axés sur des aventures inédites de Winnie et ses amis. Et ben ça tombe bien il y a des strips comme ça à la fin de l'album ! Des strips qui... adaptent les courts-métrages qu'on a rassemblés dans le premier film de Winnie... Alors ce sont des histoires que je connaissais déjà et comme c'est toujours le cas, la version papier semble fade si on a déjà vu le film. Un album vraiment dispensable. À la limite empruntez-le si vous avez des jeunes enfants fans de l’ourson.
Instants damnés
Des trois recueils d'histoires courtes de Foerster que je viens de lire d'affilée, c'est celui-là qui m'a le moins convaincu. Il n'y a qu'un ou deux récits parmi eux qu'il me semble avoir déjà lus dans Fluide Glacial quand j'étais jeune, mais ils ne m'avaient pas marqué, et cette relecture ne change pas vraiment la donne. On retrouve évidemment tout l'esprit de Foerster : le noir et blanc très contrasté, les personnages aux expressions horrifiées, les trognes improbables, les décors tordus et étirés, et bien sûr ces histoires d'horreur légère à l'humour noir volontiers dérangeant. Son univers reste cohérent, fidèle à ce fantastique étrange fait de petites horreurs familières. Mais ici, aucune des histoires ne m'a vraiment emballé. Mosquito ou celle du Père Noël logé chez un marin sortent un peu du lot, sans être totalement marquantes. Le principal défaut vient surtout, à mes yeux, d'un côté trop bavard : beaucoup de ces récits sont verbeux, parfois inutilement, au point que j'ai plusieurs fois survolé des blocs de texte pour aller à l'essentiel. Là où Foerster est souvent plus percutant dans la suggestion et la chute, j'ai trouvé l'ensemble plus lourd et moins efficace. Ce n'est pas courant, mais pour une fois je dois bien dire que j'ai été déçu par un album de Foerster.
Mon papa dessine des femmes nues
Dans cet album très personnel, Philippe Dupuy met en scène son quotidien avec son jeune fils inquiet de voir son père dessiner des femmes nues et découvrir que les musées en regorgent. De cette situation naissent des échanges sur l'art, la paternité, l'écologie et le monde que l'on laisse aux enfants, le tout mêlé de dessins à quatre mains et de réinterprétations d'œuvres célèbres. Je n'ai pas aimé le graphisme. Dupuy opte pour un trait très lâché, volontairement brut, presque laissé à l'état de première intention. Je comprends la démarche, l'idée du carnet intime, du dessin spontané, du collage et du mélange des techniques. Mais visuellement, cela ne m'a pas plu du tout. Les réinterprétations de tableaux, les pages façon musée personnel, tout cela m'a surtout rappelé à quel point je ne suis pas sensible à l'art moderne ou conceptuel, à l'exception peut-être de certaines performances qui peuvent m'amuser et laisser un souvenir. Mais ici je n'ai ressenti ni émotion esthétique ni émerveillement. Je ne parle évidemment pas des dessins de son fils, touchants par nature, mais bien du parti pris graphique global que j'ai trouvé inesthétique. Sur le fond, j'ai également eu du mal. L'ouvrage est d'une sincérité évidente, mais aussi d'un nombrilisme assez marqué. Les questionnements sur le fait d'être père à plus 50 ans, sur la peur de ne pas voir grandir son enfant, sur l'état du monde et la sixième extinction, prennent une place considérable. Tout cela est légitime, bien sûr, mais j'ai eu l'impression d'assister davantage à une introspection privée qu'à un propos véritablement universel. Cette volonté très affirmée de transmettre sa passion de l'art à son fils, presque comme si devenir artiste pouvait contribuer à guérir un monde qui l'angoisse, m'a semblé appuyée, voire pesante. J'ai davantage eu le sentiment de feuilleter un album familial qu'une œuvre pensée pour un public large. Les échanges père-fils ont parfois de la tendresse, quelques scènes fonctionnent, mais l'ensemble m'a laissé dubitatif. Je ne suis clairement pas le public visé. Je reconnais la sincérité de la démarche, mais entre le graphisme qui me rebute et le propos très autocentré, je ne le conseillerais qu'à ceux que ces thématiques touchent profondément et qui sont sensibles à ce type d'approche artistique.
Moonlight Express
Mouais. J'ai clairement été moins convaincu par cet album que mes prédécesseurs. Le travail de Clérisse est comme d'habitude original. Une colorisation tranchée, parfois flashy. Un trait stylisé et rétro, tendant parfois à l'abstraction. Pas forcément le style qui m'attire a priori, mais ça passe très bien, et surtout ça colle bien à la période "Guerre froide " durant laquelle se développe l'intrigue. Mais c'est justement cette intrigue qui m'a laissé sur ma faim. Histoire et personnages manquent de profondeur, de densité. La narration est lente, et je me suis ennuyé à plusieurs reprises. Et du coup le dessin, au lieu d'apporter de la fraîcheur, ne fait que renforcer une certaine mollesse. Note réelle 2,5/5.
Suicide commando
Après le catastrophique Duel du binôme Imbert/Gauckler, je persiste aujourd'hui avec Suicide commando, paru en 1983 aux humanoides associés. J'ai bon espoir puisque l'éditeur a choisi de publier cette fois-ci l'histoire dans la mythique collection Pied jaloux. Espoir vite mis à mal puisque Charles Imbert trouve pertinent de nous honorer d'une préface. Résultat : quarante lignes de charabia digne d'un mec avec un entonnoir sur la tête. Heureusement la voix off utilisée pour raconter ces péripéties sera ensuite à peu près compréhensible, on progresse. Le scénario est assez sommaire : dans un univers post apo, des milices représentant chacun un élément (air, eau, terre...) luttent pour s'approprier les ressources. Bon après dans les faits, on suit toujours un mec en jet pack avec des postures ridicules qui fait piou piou avec son pistolet laser. Le dessin pop art est superbe mais comme dans Blue ou Duel, il n'y a aucun effet de mouvement, ce qui confère un air très rétro et kitsch à l'ensemble. Pour les amateurs de curiosités ou les amoureux de l'aérographe.
Et l'homme créa les dieux
La pensée et les idées de Pascal Boyer ne sont pas simples. J'ai lu certains de ses textes et, malgré quelques désaccords et son éclectisme excessif, je sympathise même avec l'auteur. J'ai acheté et lu la BD il y a déjà quelque temps. Béhé a voulu faire un travail très complet (peut-être trop?). Le dessin est agréable et compétent, mais le texte aurait dû être résumé, rendu plus accessible pour le lecteur non spécialisé. Oui, la religion a beaucoup de motivations et de raisons d'exister, mais ici nous nous perdons un peu... et, surtout, est-ce qu’on peut appliquer le même concept à tant de choses et croyances si différentes? Religions primitives, chamanisme, Dieu, les anges, la Bible et le père Noël. C'est trop, non? À force de vouloir être exhaustif, le livre devient une lecture lourde, indigeste et presque insupportable! Parfois, moins c'est plus, oui... Et il y a des exemples en adaptations d'autres œuvres théoriques qui fonctionnent bien en bande dessinée.
Human Target
Mouais. J’ai lu le premier tome, et clairement ça n’est pas ma came. Et même, indépendamment des goûts de chacun, je trouve que cette série n’est pas bonne. Seul le dessin passe. Pas très original, mais dans le genre comics moderne, il est plutôt bon, et lisible. Une clarté qui manque franchement à l’histoire. En effet, à force de se mettre dans la peau d’un autre (avec en plus un « adjoint » qui fait la même chose), notre héros – qui se « métamorphose » en son client pour devenir à sa place une « cible » (et neutraliser le danger), on perd rapidement le fil de l’intrigue, ne sachant as forcément qui est qui. Ça m’a rapidement soulé. D’autant plus que tout manque de crédibilité : la façon dont notre « cible » échappe aux balles (voir la fusillade dans l’église par exemple), mais surtout le fait même de pouvoir se faire passer – y compris auprès de proche – pour n’importe qui (masque, corpulence, voix, etc.), je n’y ai pas cru un instant. Idem pour la tueuse qui se comporte et se rêve comme une mère de famille irréprochable (dans le genre, je préfère nettement Lady Killer !). Enfin, l’histoire en elle-même n’est franchement pas emballante.
Thorgal Saga - La Cité mouvante
Ce n’est pas ce Thorgal qui va me faire changer d’avis. Je me suis arrêté au tome 15 « Le Maitre des Montagnes », depuis, le souffle épique et trépidant a pour ma part totalement disparu, quel que soit l’opus lu. Pourtant l’idée autour de la cité mouvante est très bonne (je ne vais pas spoiler) et l’enchevêtrement des deux intrigues qui finissent par se rejoindre bien fichu. Mais l’écriture est trop sommaire, la narration, les dialogues un peu simplistes, un peu forcés par moment, ce qui ne rend pas la lecture fluide et prenante. J’ai fini par tourner les pages plus rapidement pour tout de même connaître la fin. Mohamed Aouamri est vraiment un excellent dessinateur, mais passer après Gregorz Rosisnski n’est pas évident, en comparaison, là, c'est un peu figé parfois. Depuis Van Hamme, seul Thorgal Saga - Adieu Aaricia de Robin Recht m’a subjugué pour son dessin, avait aussi de bonnes idées, mais j’avais déjà trouvé le rythme et l’ensemble déséquilibré.
Jennifer Blood
Je n'ai seulement lu que l'équivalent du premier tome et je n'ai pas trop envie de lire la suite des aventures de Jennifer Blood qui semble abandonné en français. Sachez qu'après que Garth Ennis a fini cette série il y en a eu d'autres scénarisé par différents scénaristes alors j'imagine que cette héroïne a rencontré un certain succès aux États-Unis. Alors Ennis raconte encore une fois les aventures d'un personnage principal super-badass qui tue des méchants de manières bien gore et comme ce sont des méchants bien méchants ils le méritent bien ! Il y a un peu d'humour qui joue sur le décalage entre le fait que Jennifer soit une tueuse et qu'elle se fait passer pour la parfaite mère au foyer, mais ça je l'ai déjà vu dans d'autres séries. Je pense que mon plus gros problème est que tout est banal. Même le coté trash est moins amusant que dans d'autres séries d'Ennis. Et comme le scénario n'a pas la profondeur que l'on retrouve dans ces meilleurs séries du genre Preacher, on dirait que ça été écrit par un ado qui se trouve très mature et rebelle de dire pleins de gros mots et de décrire les scènes les plus gores possibles. Peut-être que la suite est mieux, mais ce premier arc ne m'a pas du tout donné envie de lire la suite. Pour moi c'est vraiment Garth Ennis à son pire. C'est juste un gros délire peu intéressant et il y a clairement personne dans l'équipe éditorial qui lui a dit de se calmer un peu. Pour moi Ennis fait parti de ses auteurs qui ont du talent, mais il faut leur mettre la bride sous le coup parce que sinon ils finissent par tomber dans leur pire travers et donner un récit médiocre.
Hippolyte
Un western avec des femmes en personnages principaux, je ne suis pas contre ! D'autant que j'ai toujours dis que ce genre d'histoires ne m'intéresse pas spécialement, le western restant un genre que j'aime peu. Malheureusement, la BD n'est pas franchement bonne à mon gout. C'est une étrange histoire qui nous est raconté, mélange d'histoire familiale et de récit d'une utopie féministe. Enfin, féministe dans le sens où ce sont des femmes qui règnent seules et en maitresses dans ce village, sans pour autant poser des questions sur la place des femmes ou le rôle qu'elles s’octroient contre une société patriarcale. Peu d'hommes traversent le récit et la plupart sans aucune incidence dessus, ne mettant pas en lumière de réflexion ou de questions quant à ces sujets. Pour le reste, le récit est finalement surtout orienté autour d'une histoire de famille, avec cette jeune femme protégée par les adultes qui va vivre plusieurs drames avant d'en provoquer un. Le récit m'a paru assez froid, notamment parce que je n'étais pas investi dans les relations humaines : lorsque des morts arrivent, je n'étais pas impliqué émotionnellement et j'ai même eu l'impression qu'au final ces morts sont négligées par le récit lui-même. Ce sont surtout des dialogues sur la question de la gestion de cette petite utopie, pas assez développé pour devenir le point central du récit tout en y prenant trop de place pour être anodin. De même la question familiale est étrangement implanté dedans, centrale puisque c'est cet arc qui conclue le récit, mais délaissant pas mal de personnages au final. En fin de compte, j'ai surtout l'impression d'un récit qui va dans différentes directions mais sans réellement en développer une, avec un final qui ne m'a pas réellement satisfait notamment au vu de ce qui était préparé avant. En fait, j'étais déçu par rapport aux idées qui auraient pu émerger, mais dans ce récit je ne m'y suis pas spécialement retrouvé. C'est une histoire de famille dans un contexte précis de ville cachée avec uniquement des femmes. Je vois le parallèle avec les amazones mais je n'ai pas trouvé que ça apportait grand chose au récit, et finalement je suis assez certain que j'oublierais cette histoire une fois que j'aurais rendu la BD à la bibliothèque.