Je ne sais pas si j’aurais davantage apprécié cet album si je l’avais lu plus jeune (car ça s’adresse quand même en priorité, sinon exclusivement à un jeune lectorat je pense), mais l’adulte que je suis n’y a pas du tout trouvé son compte. Je ne connais pas la série Bec-en-fer, mais Sylvain et Sylvette du même Pesch (Belom l’ayant rejoint sur la fin) n’est clairement pas ma came, même si j’en avais lu quelques-uns, quand j’étais gamin (une relecture étant adulte m’avait rebuté).
Dans une sorte d’introduction, dans laquelle sont présentés les personnages principaux, il y a une claire volonté d’ancrer les gags dans l’Histoire. Mais ceci disparait rapidement. Il faut dire que la structure – des gags en deux ou trois cases – empêche clairement toute ambition « historique » réelle.
Mais ce moyen-âge pour de rire (on est au début du XVème siècle, au temps de la guerre de Cent ans, peu avant Azincourt) ne possède aucune des qualités développées par F’murr ou Peyo dans leurs séries. Les gags sont poussifs, l’humour ne fonctionne pas avec moi en tout cas. Il y a aussi quelques redites (voir le gag de la botte secrète par exemple).
Clairement pas ma came. Et cet album, en plus de mon expérience malheureuse avec Sylvain et Sylvette, ne m’a pas vraiment donné envie de découvrir les albums plus longs de Bec-en-fer !
Cette BD adapte en bande dessinée des anecdotes réelles recueillies par le blog lamarieeencolere.com, autour des galères, tensions et petites humiliations liées à l'organisation d'un mariage. Je ne le savais pas en commençant ma lecture et je m'attendais plutôt à une suite de gags construits, avec des personnages récurrents ou non.
Le dessin m'a relativement plu. Il m'a rappelé le style de Bernadette Després sur Tom-Tom et Nana : pas spécialement joli ni raffiné, mais expressif, lisible et efficace pour la comédie. J'aime aussi assez le style de cet encrage. Les premières pages m'ont d'ailleurs arraché quelques sourires : j'y retrouvais l'idée de petits gags courts, un peu vachards, qui croquent des situations du quotidien avant le mariage.
Mais plus j'avançais, plus l'intérêt s'est émoussé. Les sujets deviennent de plus en plus anecdotiques, parfois à peine amusants, et j'ai plusieurs fois eu l'impression qu'il n'y avait même plus de chute, simplement le récit d'un événement tel quel, sans véritable angle comique ni mise en scène particulière. Le rythme retombe alors, et ce qui devait ressembler à une succession de gags finit par donner l'impression d'un simple catalogue un peu plat.
Malgré un début plutôt engageant et un dessin sympathique, je me suis trop vite ennuyé. Ça ne tombe jamais dans le mièvre, mais ça manque trop souvent d'originalité ou de véritables trouvailles humoristiques pour vraiment intéresser ou amuser.
Eu égard à mes précédentes lectures de ces deux auteurs, j’attendais beaucoup de Lemire, et j’étais plus dubitatif concernant la participation de Kindt. J’étais en tout cas curieux de voir ce que leur collaboration pouvait donner au niveau scénario.
Eh bien je n’ai pas été convaincu ou captivé par cet album. Dessin et colorisation – pas exempts de défauts pour le premier – sont peut-être ce qui passe le mieux pour moi. Une ambiance SF/polar foutraque, avec un rendu très sombre, énormément de planches muettes où Rubin se lâche. Pas désagréable.
Mais pour ce qui est de l’intrigue, elle m’a laissé de côté. Déjà elle est quand même minimaliste, il ne se passe réellement pas grand-chose, le tout étant narré de façon très linéaire – malgré quelques artifices de pure forme.
Les magouilles des Dieux, et pas mal de détails m’ont aussi échappé. Mais j’avoue n’avoir pas fait d’effort pour tout raccrocher, tant ma lecture – rapide au demeurant, ç c’est déjà ça – m’a ennuyé.
Gros bof donc. Je n’ai à aucun moment retrouvé ce qui souvent chez Lemire dynamise ses récits, une certaine poésie, un étrange virant au merveilleux. Ça n’est pas ma came.
Un célibataire un peu paumé enchaîne les échecs sentimentaux et professionnels et finit par en faire porter la faute à la gent féminine dans son ensemble. En face de chez lui, un salon d'onglerie où quatre jeunes femmes partagent leur quotidien, leurs discussions et une certaine solidarité. En parallèle, lui s'enferme peu à peu dans la frustration, les réseaux sociaux et les discours masculinistes, jusqu'à glisser vers une forme de radicalisation sourde.
Sur le plan graphique, je ne peux pas nier le soin apporté à l'ensemble. Le découpage audacieux, la gouache, les aplats, les jeux de lumière, les teintes rouges et orangées donnent une vraie identité visuelle. C'est travaillé, personnel, et certaines planches ont une présence presque picturale. On sent une recherche esthétique constante, une volonté d'autrice assumée.
Mais c'est justement là que le bât blesse. Cette mise en scène très "film d'art et d'essai" m'a vite paru rébarbative. J'ai eu l'impression que la forme passait avant le récit. Les cadrages sont tantôt trop serrés, tantôt étrangement placés, les scènes fragmentées en bribes, les dialogues hachés, les séquences étirées ou répétées sans que cela apporte de réelle clarté. Le résultat est très théorique, très démonstratif, mais peu lisible. Plutôt que de raconter une histoire, j'ai souvent eu le sentiment que l'autrice cherchait avant tout à "faire de l'art".
Côté scénario et message, pourtant, le sujet est important, presque glaçant d'actualité. La dérive masculiniste, l'influence des réseaux, la radicalisation ordinaire, tout cela mérite clairement d'être traité. Mais c'est abordé ici de manière distante, avec des personnages immédiatement antipathiques et une impression générale de manque de vie et d'expressivité. La partie centrée sur les femmes, plus nuancée et plus vivante, fonctionne mieux. Du côté d'Alexandre, en revanche, les motivations restent floues et les étapes trop elliptiques : d'un balourd médiocre, il passe brusquement au rejet global des femmes et à l'adhésion au discours haineux d'un proche puis aux actes lâches et violents, sans que j'aie vraiment vu la bascule s'installer. La construction volontairement déstructurée dilue les enjeux et brouille la narration. Je me suis senti davantage spectateur qu'impliqué, à devoir deviner plus que comprendre.
J'imagine qu'on peut saluer l'audace graphique et la portée sociétale du propos, mais j'ai trouvé la lecture assez pénible : un album respectable sur le fond, dont la mise en scène trop esthétisante m'a tenu à distance du début à la fin.
Un petit bouquin de 30 pages, quasi sans texte et histoire, c'est juste une suite d'onomatopées et de petites cases où il se passe peu de choses, comme un Dimanche en fait, le titre l'indique. Ce sont 2 gars qui jouent aux jeux vidéos sur un toit d'une banlieue quelconque et uniforme. On essaie de tuer le temps. Les échos des téléviseurs se font entendre. On a également 4 planches à la fin sur l'observation de la nature, respectivement les oiseaux anglais, les animaux des jardins (mulots, renards...), les animaux des étangs et rivières et enfin les papillons (c'est là-dessus que j'étais le moins connaisseur).
Mouais. C’est une série qui ne m’a pas vraiment convaincu. On y entre aisément, car le dessin est vraiment chouette, avec un trait fin, fluide, très plaisant.
Mais j’ai d’emblée été perdu au milieu de pas mal de personnages. Si l’intrigue m’avait au départ fait penser à un énième récit jouant sur l’ésotérisme au travers des âges, il bascule assez vite dans quelque chose de plus classique, d'aventure, entre espionnage et polar.
Un texte abondant – parfois trop – et trop de personnages (j’ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière pour m’y retrouver): on finit le premier tome un peu essoufflé. Mais les suivants – s’ils sont parfois plus « clairs », n’apportent pas grand-chose à une intrigue qui tourne en rond, jouant sur de l’aventure faussement rythmée.
Petit détail : je n’ai pas trop compris l’utilité de la chronologie placée en première page de chaque tome (certaines dates ayant peu de lien direct avec l’intrigue), si ce n’est que ça a encore compliqué ma lecture, car j’essayais de les relier à quelques actions des protagonistes.
Joliment dessiné, mais une intrigue qui m’a laissé de côté.
Bizarre cet album, un peu fourre-tout, qui n’est pas vraiment ce que Cosey a pu faire de plus poétique ou engageant.
Nous avons d’abord droit à une présentation de l’histoire de la technique du papier découpé en Suisse (je me suis demandé ce que ça venait faire là – mais le héros de l’histoire de Cosey pratique cet art…). Puis un prologue en BD de Maou qui, à partir de son histoire personnelle, plante le décor des conséquences de la Loi de l’enfant unique en Chine (ça éclaire vaguement l’histoire de Cosey, en tout cas pour comprendre les deux jeunes chinoises que son héros rencontre successivement). Ensuite viennent quelques croquis et esquisses de Cosey (il a toujours un bon coup de crayon !).
Toujours est-il que l’histoire de Cosey n’arrive qu’après quarante page… ça a peut-être joué sur mon ressenti mitigé, car je ne comprenais pas vraiment à ce moment l’intérêt de ce que je venais de lire. Et hélas, si par la suite ces « préambules » prennent davantage sens, l’intrigue concoctée par Cosey ne m’a jamais captivé. La rencontre entre les Alpes suisses enneigées et l’Asie chères à cet auteur suisse reste du classique, mais là j’ai trouvé le récit lent, creux, ennuyeux.
Quant au dessin de Cosey, je l’ai trouvé ici lui aussi en deçà de ce que je connais de lui, surtout pour les décors, peu développés.
Bref, un album étrange, à réserver aux amateurs complétistes de Cosey je pense.
Note réelle 2,5/5.
Décidément, Komikku Editions semble être un éditeur spécialisé dans le feel good.
C'est donc un manga qui se passe au Moyen-âge avec comme vedette une fille qui se fait passer pour un garçon pour pouvoir devenir une chevalière. Le point de départ ainsi que le dessin avaient attiré mon attention sur cette série et au final le dessin est le point fort de cette série. Il est élégant et bien détaillé. Malheureusement, le scénario raconte encore une fois le quotidien du personnage principal où tout le monde est gentil et rien de vraiment méchant se produit. Même lorsqu'on parle de la guerre on dirait que ce n'est pas terrible ce qui est tout de même un peu malsain.
Alors il y a quelques scènes dans le tome 2 qui surnage du lot, mais tous mes espoirs que le scénario s'améliore sont anéanties par un tome 3 sans intérêt. L'histoire se termine brutalement, sans doute parce que la série a été annulé. Tout est tellement banal que je ne suis pas surpris qu'elle n'a pas été populaire au Japon.
Dommage parce que j'aimais vraiment le dessin.
Dans le monde de Calice, l'amour est littéralement une force magique. Les sentiments partagés donnent naissance à des liens surnaturels, permettant aux aimés de manipuler les aimants et d'accumuler une énergie dévotionnelle aux effets puissants. Ainsi, les souverains tirent leur légitimité de l'affection que leur porte le peuple, qu'ils entretiennent par le soin apporté à leurs sujets. Un royaume peut même en soumettre un autre si le monarque adverse tombe amoureux de son dirigeant. C'est dans ce contexte que la reine Lizaru, pourtant redoutable car aimé d'un peuple gigantesque, se retrouve menacée par un ennemi dissimulant soigneusement ses intentions, échappant inexplicablement à ses capacités de détection.
Le concept est original et donne naissance à un univers fantasy singulier, avec une organisation sociale et politique façonnée par la magie des sentiments. L'ensemble se distingue par sa richesse et sa capacité à renouveler les codes du genre. Pour accompagner le lecteur, des doubles pages explicatives viennent éclairer les particularités de ce monde, de ses règles aux rapports de force entre royaumes.
Visuellement, l'album laisse une impression plus mitigée. Le dessin fonctionne mais manque d'aisance technique. Les décors paraissent fâdes et un peu vides, les personnages figés, y compris dans les scènes censées transmettre de l'énergie ou du mouvement. Cette raideur nuit à l'immersion et affaiblit l'exotisme pourtant suggéré par l'univers.
Quant à l'intrigue, malgré un postulat intrigant et la présence d'une reine Lizaru charismatique et énigmatique, le récit peine à convaincre. Les autres personnages restent ternes, souvent cantonnés à des rôles trop simplistes. Difficile de s'attacher à ce garde du corps obstiné et violent, prêt à tout pour plaire à la souveraine, ou de se sentir réellement impliqué dans une traque à l'espion dont les enjeux demeurent flous. Après un premier tome déjà confus, le second et dernier confirme ces faiblesses. Les motivations manquent de clarté, la logique interne du monde paraît instable, tout semblant reposer sur une hiérarchie affective (aimer plus ou moins quelqu'un, consciemment ou non) dont les règles semblent évoluer au gré des besoins du scénario. Les pouvoirs donnent alors l'impression d'arriver de façon arbitraire, sans véritable cadre, ce qui empêche le lecteur de s'investir. Entre une enquête brouillonne et trop téléguidée, des personnages sans consistance (parfois proches de l'agacement) et une construction d'ensemble bancale, l'implication émotionnelle ne prend jamais. C'est d'autant plus regrettable que l'univers de départ, lui, regorgeait d'idées prometteuses.
Au final, une série au concept séduisant, mais dont l'exécution narrative ne parvient jamais à être à la hauteur de ses ambitions.
Bon, j’ai un temps voulu arrondir aux trois étoiles, parce que ça se laisse lire, et que le dessin est mignon. Mais voilà un album qui m’a quand même laissé sur ma faim.
Ça se laisse lire donc, d’ailleurs très rapidement. Car l’intrigue est des plus minces. Il y a certes quelques petits traits d’humour, dans les dialogues acerbes entre frangines, dans l’opposition – extrême – entre leurs amis, leurs goûts, etc.
Mais passé les quelques premières cases, je me suis vite lassé d’une histoire où tout est trop caricatural, prévisible – jusqu’à la fin – pour ma captiver. En fait, les dialogues monocordes m’ont anesthésié, et j’ai rapidement trouvé répétitives les oppositions, les disputes.
Ajoutons une petite touche de guimauve, et on aura un rendu dont je ne suis visiblement pas le cœur de cible.
Bof bof donc.
Note réelle 2,5/5.
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Bec-en-fer (Bélom/Pesch)
Je ne sais pas si j’aurais davantage apprécié cet album si je l’avais lu plus jeune (car ça s’adresse quand même en priorité, sinon exclusivement à un jeune lectorat je pense), mais l’adulte que je suis n’y a pas du tout trouvé son compte. Je ne connais pas la série Bec-en-fer, mais Sylvain et Sylvette du même Pesch (Belom l’ayant rejoint sur la fin) n’est clairement pas ma came, même si j’en avais lu quelques-uns, quand j’étais gamin (une relecture étant adulte m’avait rebuté). Dans une sorte d’introduction, dans laquelle sont présentés les personnages principaux, il y a une claire volonté d’ancrer les gags dans l’Histoire. Mais ceci disparait rapidement. Il faut dire que la structure – des gags en deux ou trois cases – empêche clairement toute ambition « historique » réelle. Mais ce moyen-âge pour de rire (on est au début du XVème siècle, au temps de la guerre de Cent ans, peu avant Azincourt) ne possède aucune des qualités développées par F’murr ou Peyo dans leurs séries. Les gags sont poussifs, l’humour ne fonctionne pas avec moi en tout cas. Il y a aussi quelques redites (voir le gag de la botte secrète par exemple). Clairement pas ma came. Et cet album, en plus de mon expérience malheureuse avec Sylvain et Sylvette, ne m’a pas vraiment donné envie de découvrir les albums plus longs de Bec-en-fer !
La Mariée en colère
Cette BD adapte en bande dessinée des anecdotes réelles recueillies par le blog lamarieeencolere.com, autour des galères, tensions et petites humiliations liées à l'organisation d'un mariage. Je ne le savais pas en commençant ma lecture et je m'attendais plutôt à une suite de gags construits, avec des personnages récurrents ou non. Le dessin m'a relativement plu. Il m'a rappelé le style de Bernadette Després sur Tom-Tom et Nana : pas spécialement joli ni raffiné, mais expressif, lisible et efficace pour la comédie. J'aime aussi assez le style de cet encrage. Les premières pages m'ont d'ailleurs arraché quelques sourires : j'y retrouvais l'idée de petits gags courts, un peu vachards, qui croquent des situations du quotidien avant le mariage. Mais plus j'avançais, plus l'intérêt s'est émoussé. Les sujets deviennent de plus en plus anecdotiques, parfois à peine amusants, et j'ai plusieurs fois eu l'impression qu'il n'y avait même plus de chute, simplement le récit d'un événement tel quel, sans véritable angle comique ni mise en scène particulière. Le rythme retombe alors, et ce qui devait ressembler à une succession de gags finit par donner l'impression d'un simple catalogue un peu plat. Malgré un début plutôt engageant et un dessin sympathique, je me suis trop vite ennuyé. Ça ne tombe jamais dans le mièvre, mais ça manque trop souvent d'originalité ou de véritables trouvailles humoristiques pour vraiment intéresser ou amuser.
Cosmic detective
Eu égard à mes précédentes lectures de ces deux auteurs, j’attendais beaucoup de Lemire, et j’étais plus dubitatif concernant la participation de Kindt. J’étais en tout cas curieux de voir ce que leur collaboration pouvait donner au niveau scénario. Eh bien je n’ai pas été convaincu ou captivé par cet album. Dessin et colorisation – pas exempts de défauts pour le premier – sont peut-être ce qui passe le mieux pour moi. Une ambiance SF/polar foutraque, avec un rendu très sombre, énormément de planches muettes où Rubin se lâche. Pas désagréable. Mais pour ce qui est de l’intrigue, elle m’a laissé de côté. Déjà elle est quand même minimaliste, il ne se passe réellement pas grand-chose, le tout étant narré de façon très linéaire – malgré quelques artifices de pure forme. Les magouilles des Dieux, et pas mal de détails m’ont aussi échappé. Mais j’avoue n’avoir pas fait d’effort pour tout raccrocher, tant ma lecture – rapide au demeurant, ç c’est déjà ça – m’a ennuyé. Gros bof donc. Je n’ai à aucun moment retrouvé ce qui souvent chez Lemire dynamise ses récits, une certaine poésie, un étrange virant au merveilleux. Ça n’est pas ma came.
Rouge signal
Un célibataire un peu paumé enchaîne les échecs sentimentaux et professionnels et finit par en faire porter la faute à la gent féminine dans son ensemble. En face de chez lui, un salon d'onglerie où quatre jeunes femmes partagent leur quotidien, leurs discussions et une certaine solidarité. En parallèle, lui s'enferme peu à peu dans la frustration, les réseaux sociaux et les discours masculinistes, jusqu'à glisser vers une forme de radicalisation sourde. Sur le plan graphique, je ne peux pas nier le soin apporté à l'ensemble. Le découpage audacieux, la gouache, les aplats, les jeux de lumière, les teintes rouges et orangées donnent une vraie identité visuelle. C'est travaillé, personnel, et certaines planches ont une présence presque picturale. On sent une recherche esthétique constante, une volonté d'autrice assumée. Mais c'est justement là que le bât blesse. Cette mise en scène très "film d'art et d'essai" m'a vite paru rébarbative. J'ai eu l'impression que la forme passait avant le récit. Les cadrages sont tantôt trop serrés, tantôt étrangement placés, les scènes fragmentées en bribes, les dialogues hachés, les séquences étirées ou répétées sans que cela apporte de réelle clarté. Le résultat est très théorique, très démonstratif, mais peu lisible. Plutôt que de raconter une histoire, j'ai souvent eu le sentiment que l'autrice cherchait avant tout à "faire de l'art". Côté scénario et message, pourtant, le sujet est important, presque glaçant d'actualité. La dérive masculiniste, l'influence des réseaux, la radicalisation ordinaire, tout cela mérite clairement d'être traité. Mais c'est abordé ici de manière distante, avec des personnages immédiatement antipathiques et une impression générale de manque de vie et d'expressivité. La partie centrée sur les femmes, plus nuancée et plus vivante, fonctionne mieux. Du côté d'Alexandre, en revanche, les motivations restent floues et les étapes trop elliptiques : d'un balourd médiocre, il passe brusquement au rejet global des femmes et à l'adhésion au discours haineux d'un proche puis aux actes lâches et violents, sans que j'aie vraiment vu la bascule s'installer. La construction volontairement déstructurée dilue les enjeux et brouille la narration. Je me suis senti davantage spectateur qu'impliqué, à devoir deviner plus que comprendre. J'imagine qu'on peut saluer l'audace graphique et la portée sociétale du propos, mais j'ai trouvé la lecture assez pénible : un album respectable sur le fond, dont la mise en scène trop esthétisante m'a tenu à distance du début à la fin.
Dimanche
Un petit bouquin de 30 pages, quasi sans texte et histoire, c'est juste une suite d'onomatopées et de petites cases où il se passe peu de choses, comme un Dimanche en fait, le titre l'indique. Ce sont 2 gars qui jouent aux jeux vidéos sur un toit d'une banlieue quelconque et uniforme. On essaie de tuer le temps. Les échos des téléviseurs se font entendre. On a également 4 planches à la fin sur l'observation de la nature, respectivement les oiseaux anglais, les animaux des jardins (mulots, renards...), les animaux des étangs et rivières et enfin les papillons (c'est là-dessus que j'étais le moins connaisseur).
Curiosity Shop
Mouais. C’est une série qui ne m’a pas vraiment convaincu. On y entre aisément, car le dessin est vraiment chouette, avec un trait fin, fluide, très plaisant. Mais j’ai d’emblée été perdu au milieu de pas mal de personnages. Si l’intrigue m’avait au départ fait penser à un énième récit jouant sur l’ésotérisme au travers des âges, il bascule assez vite dans quelque chose de plus classique, d'aventure, entre espionnage et polar. Un texte abondant – parfois trop – et trop de personnages (j’ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière pour m’y retrouver): on finit le premier tome un peu essoufflé. Mais les suivants – s’ils sont parfois plus « clairs », n’apportent pas grand-chose à une intrigue qui tourne en rond, jouant sur de l’aventure faussement rythmée. Petit détail : je n’ai pas trop compris l’utilité de la chronologie placée en première page de chaque tome (certaines dates ayant peu de lien direct avec l’intrigue), si ce n’est que ça a encore compliqué ma lecture, car j’essayais de les relier à quelques actions des protagonistes. Joliment dessiné, mais une intrigue qui m’a laissé de côté.
Yiyun
Bizarre cet album, un peu fourre-tout, qui n’est pas vraiment ce que Cosey a pu faire de plus poétique ou engageant. Nous avons d’abord droit à une présentation de l’histoire de la technique du papier découpé en Suisse (je me suis demandé ce que ça venait faire là – mais le héros de l’histoire de Cosey pratique cet art…). Puis un prologue en BD de Maou qui, à partir de son histoire personnelle, plante le décor des conséquences de la Loi de l’enfant unique en Chine (ça éclaire vaguement l’histoire de Cosey, en tout cas pour comprendre les deux jeunes chinoises que son héros rencontre successivement). Ensuite viennent quelques croquis et esquisses de Cosey (il a toujours un bon coup de crayon !). Toujours est-il que l’histoire de Cosey n’arrive qu’après quarante page… ça a peut-être joué sur mon ressenti mitigé, car je ne comprenais pas vraiment à ce moment l’intérêt de ce que je venais de lire. Et hélas, si par la suite ces « préambules » prennent davantage sens, l’intrigue concoctée par Cosey ne m’a jamais captivé. La rencontre entre les Alpes suisses enneigées et l’Asie chères à cet auteur suisse reste du classique, mais là j’ai trouvé le récit lent, creux, ennuyeux. Quant au dessin de Cosey, je l’ai trouvé ici lui aussi en deçà de ce que je connais de lui, surtout pour les décors, peu développés. Bref, un album étrange, à réserver aux amateurs complétistes de Cosey je pense. Note réelle 2,5/5.
La Naissance d'une chevaleresse
Décidément, Komikku Editions semble être un éditeur spécialisé dans le feel good. C'est donc un manga qui se passe au Moyen-âge avec comme vedette une fille qui se fait passer pour un garçon pour pouvoir devenir une chevalière. Le point de départ ainsi que le dessin avaient attiré mon attention sur cette série et au final le dessin est le point fort de cette série. Il est élégant et bien détaillé. Malheureusement, le scénario raconte encore une fois le quotidien du personnage principal où tout le monde est gentil et rien de vraiment méchant se produit. Même lorsqu'on parle de la guerre on dirait que ce n'est pas terrible ce qui est tout de même un peu malsain. Alors il y a quelques scènes dans le tome 2 qui surnage du lot, mais tous mes espoirs que le scénario s'améliore sont anéanties par un tome 3 sans intérêt. L'histoire se termine brutalement, sans doute parce que la série a été annulé. Tout est tellement banal que je ne suis pas surpris qu'elle n'a pas été populaire au Japon. Dommage parce que j'aimais vraiment le dessin.
Scarlet Queen
Dans le monde de Calice, l'amour est littéralement une force magique. Les sentiments partagés donnent naissance à des liens surnaturels, permettant aux aimés de manipuler les aimants et d'accumuler une énergie dévotionnelle aux effets puissants. Ainsi, les souverains tirent leur légitimité de l'affection que leur porte le peuple, qu'ils entretiennent par le soin apporté à leurs sujets. Un royaume peut même en soumettre un autre si le monarque adverse tombe amoureux de son dirigeant. C'est dans ce contexte que la reine Lizaru, pourtant redoutable car aimé d'un peuple gigantesque, se retrouve menacée par un ennemi dissimulant soigneusement ses intentions, échappant inexplicablement à ses capacités de détection. Le concept est original et donne naissance à un univers fantasy singulier, avec une organisation sociale et politique façonnée par la magie des sentiments. L'ensemble se distingue par sa richesse et sa capacité à renouveler les codes du genre. Pour accompagner le lecteur, des doubles pages explicatives viennent éclairer les particularités de ce monde, de ses règles aux rapports de force entre royaumes. Visuellement, l'album laisse une impression plus mitigée. Le dessin fonctionne mais manque d'aisance technique. Les décors paraissent fâdes et un peu vides, les personnages figés, y compris dans les scènes censées transmettre de l'énergie ou du mouvement. Cette raideur nuit à l'immersion et affaiblit l'exotisme pourtant suggéré par l'univers. Quant à l'intrigue, malgré un postulat intrigant et la présence d'une reine Lizaru charismatique et énigmatique, le récit peine à convaincre. Les autres personnages restent ternes, souvent cantonnés à des rôles trop simplistes. Difficile de s'attacher à ce garde du corps obstiné et violent, prêt à tout pour plaire à la souveraine, ou de se sentir réellement impliqué dans une traque à l'espion dont les enjeux demeurent flous. Après un premier tome déjà confus, le second et dernier confirme ces faiblesses. Les motivations manquent de clarté, la logique interne du monde paraît instable, tout semblant reposer sur une hiérarchie affective (aimer plus ou moins quelqu'un, consciemment ou non) dont les règles semblent évoluer au gré des besoins du scénario. Les pouvoirs donnent alors l'impression d'arriver de façon arbitraire, sans véritable cadre, ce qui empêche le lecteur de s'investir. Entre une enquête brouillonne et trop téléguidée, des personnages sans consistance (parfois proches de l'agacement) et une construction d'ensemble bancale, l'implication émotionnelle ne prend jamais. C'est d'autant plus regrettable que l'univers de départ, lui, regorgeait d'idées prometteuses. Au final, une série au concept séduisant, mais dont l'exécution narrative ne parvient jamais à être à la hauteur de ses ambitions.
Deux sœurs
Bon, j’ai un temps voulu arrondir aux trois étoiles, parce que ça se laisse lire, et que le dessin est mignon. Mais voilà un album qui m’a quand même laissé sur ma faim. Ça se laisse lire donc, d’ailleurs très rapidement. Car l’intrigue est des plus minces. Il y a certes quelques petits traits d’humour, dans les dialogues acerbes entre frangines, dans l’opposition – extrême – entre leurs amis, leurs goûts, etc. Mais passé les quelques premières cases, je me suis vite lassé d’une histoire où tout est trop caricatural, prévisible – jusqu’à la fin – pour ma captiver. En fait, les dialogues monocordes m’ont anesthésié, et j’ai rapidement trouvé répétitives les oppositions, les disputes. Ajoutons une petite touche de guimauve, et on aura un rendu dont je ne suis visiblement pas le cœur de cible. Bof bof donc. Note réelle 2,5/5.